• Les lobbys de la viande s’entourent de « désinfluenceurs » pour discréditer les travaux scientifiques sur les régimes alimentaires
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/24/les-lobbys-de-la-viande-en-quete-d-influence-pour-contrer-les-travaux-scient

    Une analyse de l’ONG Changing Markets Foundation montre comment un réseau d’influenceurs a attaqué une étude d’envergure sur l’alimentation de 2019, perçue comme une menace pour les secteurs de l’élevage et de la viande.
    Par Mathilde Gérard


    Secteur de la viande au marché international de Rungis (Val-de-Marne), le 6 décembre 2022. STEFANO RELLANDINI/AFP

    A quelques jours de la publication très attendue d’un rapport sur la conciliation de la #santé et de l’environnement en matière d’#alimentation, une étude de l’organisation Changing Markets Foundation (CMF), publiée mercredi 24 septembre, éclaire comment la désinformation prospère sur le terrain alimentaire. Cette analyse met en évidence l’existence d’un réseau organisé de « désinfluenceurs » qui multiplient depuis 2019 les actions et les messages avec le soutien des secteurs de l’#élevage et de la #viande pour dénigrer les travaux de la commission scientifique EAT-Lancet.

    Cette commission, lancée par la fondation EAT avec la revue médicale The Lancet, réunit une quarantaine d’experts internationaux dans les domaines de la nutrition, du climat et des ressources naturelles. Elle est à l’origine d’une étude d’envergure sur le « régime de santé planétaire », publiée en janvier 2019, qui appelait à réduire la consommation de viande dans les pays riches et à augmenter les rations de fruits et légumes, de légumineuses et de fruits à coque, pour nourrir la population mondiale en préservant les ressources de la planète. Ces travaux s’apprêtent à être complétés et mis à jour, vendredi 3 octobre, dans une nouvelle étude, « EAT-Lancet 2.0 ».

    https://justpaste.it/cikfv

    si ça se trouve, Roussel est réellement membre d’une organisation ?

  • La France prévoit d’autoriser tous les éleveurs à tuer des loups pour défendre leur troupeau
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/23/la-france-prevoit-d-autoriser-tous-les-eleveurs-a-tuer-des-loups-pour-defend

    Après avoir poussé en faveur d’un changement de statut de l’espèce, « protégée » et non plus « strictement protégée », l’Etat entend passer d’un régime d’autorisation à un régime déclaratif pour les tirs de défense.
    Par Perrine Mouterde


    Vidéo, tournée le 2 décembre 2022 par un garde-moniteur au parc national des calanques, montrant des loups au sein du massif de Saint-Cyr Carpiagne (Bouches-du-Rhône), le 7 février 2023. ANTHONY MICALLEF POUR « LE MONDE »

    La France a été en première ligne pour réclamer, en 2024, l’abaissement du niveau de protection du loup, passée d’espèce « strictement protégée » à « protégée ». Quelques mois après l’entrée en vigueur de ce déclassement au niveau européen, l’Etat devait préciser, mardi 23 septembre, la manière dont il entend traduire ce changement de statut. Il devait annoncer, notamment, de nouvelles mesures visant à accorder le droit de tuer des loups à l’ensemble des éleveurs afin de défendre leur troupeau, sans condition. Très attendues, ces propositions ne satisfont en l’état ni les organisations représentatives agricoles ni les associations de protection de la nature, qui estiment que la France « piétine ses engagements internationaux » relatifs à la conservation du prédateur.
    La préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui pilote le dossier, devait confirmer ces orientations à l’occasion d’une réunion du « groupe national loups ». Cette instance informelle, censée permettre le dialogue entre l’ensemble des acteurs impliqués, est boycottée depuis deux ans par les associations environnementales, qui contestent les choix de l’Etat.

    https://justpaste.it/bpepm

    Pour préciser l’ambiance, on se souviendra que c’est Lecornu qui a convaincu Macron de baisser le prix du permis de chasse [à 31 € pour les mineurs et 46 € pour les majeurs, il est délivré par l’office national de la biodiversité]. Mais on ne peut pas draguer que des vieux, aussi nombreux soient-ils à voter. Alors voilà, on invente l’espèce protégée tuable à volonté.
    https://seenthis.net/messages/1133932

    #loup #espèce_protégée

  • Explosion des prix des médicaments : une menace directe pour l’accès aux soins.
    En 2024, l’Assurance maladie a dépensé plus de 2 milliards d’euros pour le Keytruda (anticancéreux vedette de Merck), soit plus de 5 % des remboursements de médicaments en France. Prix facial : 70 000 €/patient/an.

    Derrière ces chiffres, un modèle financiarisé où les prix reflètent la capacité des systèmes de santé à payer plutôt que la valeur réelle des traitements. Conséquence : ponction massive sur les budgets publics, fragilisation des hôpitaux, économies imposées sur les génériques, ruptures de stock (près de 400 en fin 2024).

    De l’UFC-Que Choisir à la Cour des comptes, de la Ligue contre le cancer à l’OMS et MSF, de plus en plus d’acteurs alertent. Tous pointent la nécessité de :

    = Transparence sur les prix réels et les brevets

    = Négociations au niveau européen

    = Usage des licences obligatoires en cas de prix abusifs

    = Relocalisation de la production

    Pourquoi ne pas aller plus loin avec la création d’un pôle public du médicament ?

    📎https://lenouveauparadigme.fr/lexplosion-des-prix-des-medicaments-menace-lacces-aux-soins

    #santé #médicaments #bigpharma #accès_aux_soins

  • Des dizaines de tonnes de pesticides présentes dans les nuages au-dessus de la France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/20/des-dizaines-de-tonnes-de-pesticides-presentes-dans-les-nuages-au-dessus-de-

    Jusqu’à 140 tonnes de substances actives, dont certaines sont interdites, sont dissoutes dans les nuages au-dessus du territoire métropolitain, selon une étude franco-italienne. Les écosystèmes éloignés des activités humaines sont exposés à ces molécules par les précipitations.

    Les nuages s’avèrent un réservoir de pesticides bien plus vaste qu’escompté, et, chaque jour, d’importantes quantités de substances actives (herbicides, insecticides, fongicides) sont précipitées sur terre avec la pluie. Dans une étude à paraître dans l’édition d’octobre de la revue Environmental Science & Technology, une équipe franco-italienne a estimé, pour la première fois, la quantité de substances actives (herbicides, insecticides, fongicides et leurs métabolites) présentes dans les nuages circulant au-dessus du territoire de la France métropolitaine.

    « En lançant ce projet, je m’attendais à ne trouver que quelques kilos », raconte Angelica Bianco, chercheuse au laboratoire de météorologie physique (CNRS, université Clermont-Auvergne), première autrice de ces travaux. In fine, les résultats sont très différents : selon la couverture nuageuse du moment, entre 6 et 140 tonnes de pesticides circulent dans le ciel français. Et qui peuvent, ainsi, être distribués à longue distance dans l’environnement.

    (...) « L’un des points les plus alarmants de ces résultats est que, dans au moins un tiers des échantillons, la concentration totale de pesticides est supérieure à la limite de qualité pour l’eau potable » [et ce sans que le glyphosate ait pu être recherché...]

    https://archive.ph/mAI1a

    quand il fait beau, particules fines, quand il pleut, pesticides. je veux mon bunker souterrain !

    #pesticides #écologie_capitaliste

  • Hexane : « Les produits végétariens sont particulièrement touchés » - Basta !
    https://basta.media/Un-carburant-l-hexane-cache-dans-nos-aliments-Les-produits-vegetariens-sont

    Nombre de consommateurs n’en savent rien – sa présence n’est pas mentionnée sur les étiquettes –, mais un solvant pétrochimique intervient dans la fabrication de leurs aliments. Son nom : l’hexane, un sous-produit pétrolier. L’industrie agroalimentaire utilise l’hexane pour extraire l’huile des graines oléagineuses (tournesol, colza, soja). Alors que les méthodes traditionnelles laissaient jusqu’à 20 % d’huile dans les graines, l’hexane permet d’en extraire jusqu’à 99 %. « L’agroalimentaire a adopté cet hydrocarbure pour augmenter le rendement de l’extraction d’huile et maximiser ses produits », relate Guillaume Coudray dans son nouveau livre, De l’essence dans nos assiettes. Enquête sur un secret bien huilé (La Découverte, 2025). « Dans les usines modernes, des colonnes d’extraction gigantesques brassent les oléagineux dans des piscines d’hexane », décrit-il.

    Guillaume Coudray est journaliste d’investigation et spécialiste des pratiques de l’industrie agroalimentaire. Il est notamment l’auteur de Cochonnerie. Comment la charcuterie est devenue un poison (La Découverte, 2017).
    Concrètement, les oléagineux (colza, tournesol, sésame...) sont broyés et aplatis en flocons. Ils sont généralement soumis à une première pression qui permet d’extraire une partie de l’huile. Puis, ils sont plongés dans un bain d’hexane chauffé autour de 60°C. Presque instantanément, l’hexane commence à dissoudre l’huile contenue dans les flocons. À la sortie du bain d’hexane, on obtient un mélange de solvant et d’huile appelé « miscella ». Ce mélange, composé à plus de 70 % d’hexane, est chauffé à plus de 100°C pour permettre l’évaporation de l’hexane et le séparer ainsi de l’huile. « En théorie, tout l’hexane est récupéré pour être réutilisé. En réalité la récupération totale de l’hexane est impossible. Les produits obtenus contiennent souvent de minuscules traces d’hexane », explique Guillaume Coudray.

    #agro-industrie #alimentation

    • Inquiétudes sur la contamination de l’alimentation par l’hexane, un solvant d’extraction des huiles végétales
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/22/inquietudes-sur-la-contamination-de-l-alimentation-par-l-hexane-un-solvant-d

      Des analyses commanditées par Greenpeace révèlent la présence d’hexane, un solvant issu du raffinage du pétrole, dans de nombreux produits alimentaires de consommation courante.
      Par Stéphane Foucart

      L’industrialisation de la production alimentaire est une source inépuisable de surprises. Dans un rapport rendu public lundi 22 septembre, Greenpeace attire l’attention sur une pratique méconnue des firmes agro-industrielles : l’extraction des huiles végétales d’oléoprotéagineux (colza, tournesol, soja…) grâce à un solvant issu du raffinage du pétrole, l’#hexane, #neurotoxique reconnu et suspecté de toxicité pour la reproduction.

      L’utilisation de ce solvant, généralisée depuis l’après-guerre, permet d’optimiser le processus de trituration des graines et de gagner ainsi quelques points de rendement, non seulement dans la production des huiles, mais aussi et surtout dans celle de leurs coproduits – les tourteaux utilisés pour l’alimentation animale. Ces méthodes d’extraction chimique sont quasi généralisées, à l’exception des huiles labellisées « bio », le cahier des charges de l’agriculture biologique proscrivant l’utilisation de ces substances.

      Les analyses commanditées par l’ONG sur une cinquantaine de produits achetés dans des supermarchés français (huiles, volaille, produits laitiers, laits infantiles) relèvent des concentrations d’hexane pouvant aller jusqu’à 80 microgrammes par kilogramme (µg/kg). Les #huiles testées sont les plus contaminées (de 50 à 80 µg/kg selon les références), suivies du beurre (de 20 à 60 µg/kg), des laits infantiles (de 20 à 50 µg/kg) et du lait de vache (jusqu’à 10 µg/kg).

      Sur les quatre références de volaille testées, trois ne contiennent aucun résidu d’hexane détectable, tandis que la dernière affiche 40 µg/kg. Ces résultats doivent toutefois être pris avec prudence : l’échantillonnage réalisé par l’association n’obéit pas aux critères appliqués par les autorités sanitaires dans leurs études d’alimentation, en termes de représentativité des produits choisis ou encore de répétition des mesures sur chacun.

      Une nouvelle évaluation du risque prévue

      Ces résultats attestent néanmoins, selon Greenpeace, de la présence fréquente d’hexane dans ces produits de consommation courante et offrent un ordre de grandeur de la contamination. Contactée par Le Monde, la Fédération nationale des industries de corps gras (FNCG) conteste néanmoins ces chiffres. Elle met en doute la validité de ces mesures, interrogeant les capacités d’analyse du laboratoire universitaire retenu par Greenpeace, qui n’est pas accrédité par des organismes officiels. « Un biais de mesure ne peut donc être exclu, précise la FNCG dans une déclaration transmise au Monde. Un “faux positif” est une hypothèse possible, liée à la méthode de mesure elle-même. »

      Les éléments de comparaison publiés dans la littérature scientifique sont rares. En 2008 toutefois, deux chimistes polonais ont publié des analyses de résidus d’hexane dans 16 échantillons de diverses huiles végétales, grâce à deux méthodes différentes. Leurs résultats sont comparables à ceux présentés par Greenpeace.

      La FNCG ajoute que l’ensemble des résultats présentés par l’association sont, de toute façon, inférieurs de plus d’un facteur 10 à la limite maximale de résidus (LMR) d’hexane, fixée en Europe à 1 milligramme par kilogramme (mg/kg) pour les produits analysés. C’est tout le nœud du problème. Dans son rapport, l’organisation écologiste estime qu’« on peut très largement s’interroger sur la méthode selon laquelle ces LMR ont été établies ». Greenpeace rappelle que la LMR en vigueur actuellement a été établie en 1996 par le Scientific Committee on Food (SCF), l’ancêtre de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), en se fondant sur une unique étude de quatre-vingt-dix jours sur des rats de laboratoire. De son propre aveu, souligne Greenpeace, le SCF avait fondé son appréciation sur une simple présentation de l’étude en question par les industriels du secteur qui l’avaient commanditée.

      Neurotoxique avéré

      Effectivement, l’EFSA a reconnu dans un rapport technique de septembre 2024 qu’il était nécessaire de « réévaluer la sûreté d’usage de l’hexane comme solvant d’extraction », les données de toxicité utilisées en 1996 n’étant « plus considérées comme suffisantes pour conclure de manière adéquate ». Une nouvelle évaluation du risque doit être lancée, prévue pour publication en 2027.

      Greenpeace rappelle néanmoins que l’hexane est un neurotoxique avéré, dont les effets par inhalation sur le système nerveux périphérique chez les travailleurs exposés dans certains environnements industriels sont documentés par de nombreuses études depuis un demi-siècle. Quant aux effets de l’exposition chronique à de faibles doses, par la voie alimentaire, ils demeurent incertains. Greenpeace souligne, dans sa bibliographie, plusieurs études suggérant des risques pour le système nerveux central ou des troubles du développement lorsque les expositions sont marquées pendant la période périnatale.

      En 2022, dans un article publié par la revue Foods, des chercheurs de l’Institut national pour la recherche en agriculture, alimentation et environnement (Inrae) et de l’université de Turin ont passé en revue l’ensemble des connaissances sur les effets délétères suspectés chez l’humain : maladie de Parkinson, troubles de la fertilité, troubles de l’immunité, etc., et plaident pour sa substitution. En février, la Slovénie a proposé d’inscrire le solvant sur la liste des « substances extrêmement préoccupantes » de l’Agence européenne des produits chimiques ; un mois plus tard, le député du Loiret (Les Démocrates) Richard Ramos déposait une proposition de loi pour bannir l’hexane de la chaîne alimentaire en France.

      Un pilier de l’écosystème agro-industriel

      La séquence actuelle autour de l’hexane doit surtout à la récente publication d’un livre enquête fouillé de l’essayiste et documentariste Guillaume Coudray (De l’essence dans nos assiettes. Enquête sur un secret bien huilé, La Découverte, coll. « Cahiers libres », 304 p., 20,90 euros). « Le rapport de Greenpeace est crucial en ce qu’il apporte des nouvelles données qui confirment la présence alarmante de résidus d’hexane dans de nombreux produits alimentaires consommés au quotidien par les Français, dit-il au Monde. En dépit des connaissances accumulées sur la toxicité de l’hexane, les autorités n’ont jamais fait d’investigation avec un niveau de détection approprié. » Sur les humains aussi, les données sont rares. Interrogée sur l’existence de données d’imprégnation de la population européenne par l’hexane, l’EFSA dit qu’elle n’est « pas au courant d’étude de biosurveillance en cours ».

      Inconnu du public, point aveugle de l’évaluation du risque sanitaire, l’hexane est pourtant le pilier d’un écosystème agro-industriel immense allant de la culture des oléoprotéagineux à l’alimentation animale, en passant par la transformation industrielle des graines. Cet écosystème est dominé en France par le groupe Avri l, un géant lui aussi méconnu, qui pèse pourtant 7,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et que Greenpeace met particulièrement en cause dans son rapport.
      Selon l’association, plus de la moitié des graines triturées en France pour en extraire l’huile le sont dans les usines d’Avril, 93 % de celles-ci étant triturées avec des procédés utilisant l’hexane. Interrogée, Avril ne commente pas ce chiffre, mais précise que 3 millions de tonnes de graines sont triturées chaque année dans cinq sites industriels utilisant de l’hexane, produisant de l’huile destinée à l’alimentation, « sans trace d’hexane au-dessus des limites de quantification des laboratoires accrédités ».

  • Le ministre de la Santé qui veut censurer les études qu’il n’aime pas | Agence Science-Presse
    https://www.sciencepresse.qc.ca/actualites-scientifiques/2025/08/19/ministre-sante-veut-censurer-etudes-aime

    Kennedy bien sur

    L’étude en question, financée par l’organisme subventionnaire de la recherche en santé du Danemark, consiste en une analyse des données de 1,2 million d’enfants pendant deux décennies. Elle cherchait une hypothétique corrélation entre ces vaccins et un risque accru de développer des maladies auto-immunes, des allergies ou des troubles neurodéveloppementaux, comme l’autisme. Le nombre élevé de données, en plus du fait que les chercheurs ont tenté d’identifier des liens avec pas moins de 50 conditions, en a fait une des études les plus approfondies sur la question.

    Mais cette publication arrive dans un contexte où Robert F. Kennedy (RFK), profitant de sa tribune de ministre de la Santé, a poursuivi ses déclarations et prises de position controversées sur les vaccins. On lui doit notamment, en juin, le limogeage des 17 experts du comité aviseur sur les vaccins du Centre de contrôle des maladies (CDC) pour les remplacer par des non-experts. Qui plus est, selon des reportages parus en juin, Kennedy envisagerait de lancer bientôt une revue de la littérature scientifique sur les vaccins contenant de l’aluminium.

    • « Trop politisée et inutile » : le gouvernement de Trump n’évaluera plus l’insécurité alimentaire aux Etats-Unis
      https://www.lesoir.be/700201/article/2025-09-21/trop-politisee-et-inutile-le-gouvernement-de-trump-nevaluera-plus-linsecurite

      Le gouvernement américain annonce qu’il va stopper le recensement sur la faim aux Etats-Unis.

      Basé sur un vaste sondage, le rapport estime la précarité alimentaire, c’est-à-dire le nombre de foyers qui n’ont pas un accès garanti à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes pour tous leurs membres.

      D’après la publication la plus récente, cela concernait 13,5 % des foyers en 2023 aux Etats-Unis, la proportion la plus élevée depuis 2014.

      Le plan de Robert Kennedy Jr pour « rendre sa santé à l’Amérique » épargne les aliments gras, salés et sucrés, omniprésents aux Etats-Unis
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/12/le-plan-de-robert-kennedy-jr-pour-rendre-sa-sante-a-l-amerique-epargne-les-a

      Le pays le plus riche du monde rend ses enfants malades, en a conscience, et ne compte pas faire grand-chose pour y remédier. (...) Le document de 20 pages était attendu par toute la communauté scientifique aux Etats-Unis. Il devait répondre à un rapport accablant publié au printemps par la même administration, qui décrivait par le menu « la sombre réalité du déclin de la santé des enfants américains ». Les données sont effarantes et les courbes sont toutes à la hausse : 40 % des 73 millions d’enfants américains (moins de 18 ans) ont une maladie chronique (asthme, allergies, obésité, maladies auto-immunes, troubles du comportement…).

      https://archive.ph/T0WWY

      C’est donner trop de pouvoir à une minorité que de s’intéresser à la précarité alimentaire. C’est imposer trop de restrictions alimentaires à une majorité que de diminuer le gras, le sucré et le salé.

      #USA #sciences #vaccins #santé #alimentation #sous-alimentation #stratégie_MAHA #maladies_chroniques

    • Tom Frieden, médecin américain : « Les Etats-Unis torpillent leur propre système de santé et renoncent à leur leadership mondial »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/22/tom-frieden-medecin-americain-les-etats-unis-torpillent-leur-propre-systeme-

      Dans une tribune au « Monde », un ancien directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies rappelle que, d’ici à 2030, la nouvelle politique sanitaire américaine pourrait provoquer la mort de plus de quatorze millions de personnes.

      Le système de santé publique états-unien est à l’agonie. L’administration Trump démantèle progressivement les infrastructures de santé publique et mène des politiques sanitaires toujours plus contraires à la rationalité scientifique. Ce faisant, elle met en danger la vie des Américains et des populations du monde entier.

      Depuis quatre-vingts ans, l’agence fédérale des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), que j’ai dirigée pendant huit ans, constitue un phare dans le monde de la santé aux Etats-Unis et ailleurs. Aujourd’hui, ce phare risque de s’éteindre. Le financement des CDC doit être drastiquement revu à la baisse, et 2 000 employés, dont la plupart de ses plus hauts cadres dirigeants, ont soit déjà démissionné, soit été licenciés. Plusieurs programmes essentiels de la prévention des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux (AVC), des blessures, des infections sexuellement transmissibles et de nombreux autres domaines ont été drastiquement limités ou purement et simplement abandonnés.

      Le Bureau du tabagisme et de la santé des CDC, supprimé en avril, a contribué à faire passer le taux de tabagisme de 42,6 % en 1965 à 11,6 % en 2022, sauvant des millions de vies d’un cancer du poumon, d’une maladie cardiaque ou d’un AVC. Aux Etats-Unis, le tabac demeure à l’heure actuelle la première cause de mort évitable. Or, l’administration Trump, alors même qu’elle prétend vouloir « rendre leur santé » aux Américains, comme il le clame avec son slogan « Make America Healthy Again », est bien déterminé à éliminer le Bureau du tabagisme.

      Rappelons qu’au printemps, lorsque l’Etat du Wisconsin a demandé l’aide des CDC pour gérer une vague de cas d’intoxication au plomb, ces derniers n’ont pas été, sans doute pour la première fois de leur histoire, en mesure de répondre positivement : tous les experts du plomb des CDC avaient été licenciés.

      En août, le ministre de la santé, Robert F. Kennedy Jr, a brutalement limogé la directrice des CDC, Susan Monarez, moins d’un mois après sa prise de fonction, semble-t-il parce qu’elle a refusé d’approuver sans discussion les recommandations vaccinales du nouveau comité consultatif. En signe de protestation, d’autres dirigeants de l’agence ont eux aussi démissionné.

      Cette purge des cadres dirigeants des CDC, qui sont des professionnels avec des dizaines d’années d’expérience dans la gestion des risques sanitaires, saborde des programmes essentiels contre les maladies infectieuses, les pathologies chroniques, les blessures et les violences.

      300 000 morts évitables

      En juin, Robert F. Kennedy Jr a également révoqué l’ensemble du comité consultatif sur les pratiques vaccinales, lequel conseille les médecins, les assureurs et le public, après avoir accusé à tort ses membres de conflits d’intérêts. Il a sans attendre nommé de nouveaux membres du comité, dont beaucoup sont dépourvus des compétences requises et affichent ouvertement des positions antiscience et antivaccins. Sans oublier que nombre de ces nominations posent des problèmes de conflits d’intérêts dont les autorités se gardent bien de parler. L’actuelle politisation du comité a d’ores et déjà conduit à des modifications des recommandations sur les vaccins contre le Covid-19, dénuées de tout fondement scientifique, et davantage de décisions limitant l’accès à d’autres vaccins sont attendues.

      Le programme Vaccins pour les enfants, qui est le fruit d’un large consensus politique et fournit la moitié des vaccins pédiatriques aux Etats-Unis, est en ligne de mire. Or, ce programme finance les vaccins recommandés par le comité consultatif. Si le nouveau comité revoit ses recommandations à la baisse, la moitié des enfants américains risquent de voir leur accès à la vaccination dangereusement restreint.

      Robert F. Kennedy Jr diffuse, en outre, de fausses informations sur les vaccins, minant la confiance des Américains en leur sûreté et en leur efficacité. En 2025, lors de la pire épidémie de rougeole qu’a connue le pays depuis plus de trente ans, il a fait la promotion de traitements dont l’innocuité et l’efficacité n’ont absolument pas été prouvées, et affirmé à tort que le vaccin contre la rougeole causait régulièrement des décès. Il a également relayé de fausses informations sur ceux à ARNm et opéré des coupes de 500 millions de dollars [426 millions d’euros] dans le budget octroyé à cette technologie, une erreur qui pourrait coûter extrêmement cher lors d’une prochaine pandémie.

      Les Etats-Unis ne se contentent pas de torpiller leur propre système de santé : ils renoncent à leur leadership mondial en la matière. L’administration Trump est en train de retirer le pays de l’Organisation mondiale de la santé et a coupé les financements américains à l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation, une organisation qui, à ce jour, a contribué à vacciner plus de 1 milliard d’enfants. Elle a également sabré les fonds destinés à de nombreuses initiatives internationales en faveur de la santé, ce qui suspend l’aide américaine à plusieurs programmes de vaccination, mais aussi de lutte contre le VIH-sida, la tuberculose et le paludisme.

      Ce retrait brutal des Etats-Unis met un terme à des dizaines d’années d’avancées sanitaires et aurait déjà causé au moins 300 000 morts évitables, selon une modélisation de l’université de Boston (Massachusetts). D’ici à 2030, la nouvelle politique sanitaire américaine pourrait provoquer la mort de plus de quatorze millions de personnes parmi les populations les plus vulnérables au monde, dont un tiers sont des enfants.

      Approche apolitique

      Les Etats-Unis abandonnent leur rôle historique de champion de la santé mondiale à un moment où la sécurité sanitaire a besoin d’une forte coordination internationale. L’épidémie d’Ebola en 2014 et la pandémie de Covid-19 ont montré avec quelle rapidité un problème de santé national peut provoquer une crise sanitaire globale en l’absence de dispositifs mondiaux de gestion de crise efficaces.

      La santé publique ne doit pas être une affaire de parti politique. Les agences américaines de santé publique, que ce soit sous des gouvernements républicains ou démocrates, ont jusqu’ici accompli des progrès remarquables en travaillant à partir de données solides. Cette approche a permis d’enrichir certains aliments en acide folique, évitant chaque année un millier de cas de malformation du tube neural chez le nouveau-né. Elle a également favorisé l’introduction des vaccins contre le rotavirus et les pneumocoques, grâce auxquels ces maladies mortelles chez l’enfant sont désormais sous contrôle. Elle a de surcroît contribué au déploiement rapide des vaccins contre le Covid-19, épargnant des centaines de milliers de vies aux Etats-Unis. Mais le gouvernement actuel est en train d’enterrer cette approche apolitique de la santé publique.
      Si rien ne peut évidemment remplacer un système fédéral de santé publique efficace, la société civile et les Etats américains peuvent cependant contribuer à limiter les conséquences funestes de sa faillite. Les Etats et les autorités sanitaires locales peuvent apporter des fonds pour combler les trous budgétaires.

      Les philanthropes et les entreprises privées peuvent accroître leurs investissements en faveur de la santé de la population. Les professionnels de la santé peuvent continuer de défendre la science et la vérité. A l’échelle internationale, là où les Etats-Unis se désengagent, d’autres pays peuvent prendre le relais en apportant des financements et en assurant un leadership dans la sécurité sanitaire mondiale.
      La voie à suivre est parfaitement claire : il faut d’urgence protéger notre santé en défendant la science et les compétences des professionnels de la santé. Il n’y a pas un instant à perdre.

      Traduit de l’anglais par Valentine Morizot.
      Tom Frieden est médecin, fondateur et président-directeur général de l’organisation Resolve to Save Lives, et ancien directeur des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (2019-2017). Il est l’auteur de l’ouvrage « The Formula for Better Health » (« La recette pour une meilleure santé »), à paraître le 30 septembre, aux éditions MIT Press (non traduit).

    • Donald Trump déconseille le paracétamol aux femmes enceintes, évoquant sans preuve un risque d’autisme pour leur enfant
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/23/donald-trump-deconseille-le-paracetamol-aux-femmes-enceintes-evoquant-sans-p

      La quasi-totalité des spécialistes de la question sont en désaccord avec le diagnostic délivré lundi par le président américain, qui s’en est aussi pris à la #vaccination des nourrissons.

      Robert Kennedy Jr, le ministre de la santé, a annoncé dans la foulée que la FDA, l’agence de régulation de l’alimentation et des médicaments, publierait une note sur le sujet à destination des médecins et lancerait le processus pour faire inscrire la mention sur les emballages. Concrètement, l’antidouleur ne sera pas interdit mais fortement déconseillé, et à prendre seulement en cas de nécessité absolue.

      Le président des Etats-Unis avait promis depuis plusieurs semaines des révélations majeures sur les causes de l’autisme. Mais point de découverte scientifique en ce lundi 22 septembre… A la place, Donald Trump a livré depuis la Maison Blanche une de ces longues logorrhées dont il a le secret, mêlant propos antivax, recommandations médicales toutes personnelles, et digressions sur la bonne santé des amish.

      Trump (...) a expliqué avoir toujours eu « des convictions profondes sur l’autisme, comment ça arrive, d’où ça vient ». « Nous [lui et RK] comprenions cela beaucoup mieux que la plupart des gens qui l’étudiaient », s’est-il vanté, ajoutant que ces chercheurs « ne disaient pas au public ce qu’ils savaient ».

      (...) « Ils injectent tellement de choses dans ces beaux petits bébés, c’est une honte. (…) Je pense que c’est vraiment mauvais. On dirait qu’ils sont en train de faire des injections à un cheval. »

      #tylenol #paracétamol #violences_faites_aux_femmes