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  • Je n’arrive pas à me faire à l’idée que la bonne vieille technique [consistant à faire fuiter une (fausse) mesure moisie d’un projet de loi qu’il suffira de nier avec véhémence pour mieux faire passer le reste de l’immonde laxatif] fonctionne encore sur nos esprits aguerris.

    Épargne salariale : le spectaculaire revirement du gouvernement
    https://www.latribune.fr/article/economie/20637814797362/epargne-salariale-le-spectaculaire-revirement-du-gouvernement

  • Opsci.ai, une plateforme et un podcast pour traquer les guerres de l’information
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/73288930377271/opsci-ai-une-plateforme-et-un-podcast-pour-dissequer-les-guerres-de-linfor

    NOUVEAUX SALONS 3/4. Face à l’explosion des campagnes de désinformation, Opsci.ai développe une plateforme inédite mêlant sciences cognitives et sociales, intelligence artificielle et analyse des données. Et un podcast qui informe le public sur les mécanismes de diffusion des idées à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux. Son ambition : devenir l’un des pionniers européens d’une nouvelle discipline, la « science des propagations ».

    Pendant longtemps, les crises informationnelles ont été considérées comme du bruit de fond. Des polémiques éphémères, des phénomènes de hype regardés de haut, des campagnes de désinformation dont on mesure mal la portée. Puis sont arrivés Cambridge Analytica et le scandale de la manipulation via Facebook de l’élection présidentielle américaine de 2016 et du Brexit.

    Puis l’intensification des ingérences russes, le Covid-19 et son épidémie de désinformation, ou encore le rachat de Twitter par Elon Musk et la transformation du réseau en relais d’influence au bénéfice de l’extrême droite. Depuis quatre ans, l’IA générative a renforcé la production et la diffusion de fausses informations, et brouillé les frontières du réel. Bref, en quelques années, les espaces numériques sont devenus le terrain privilégié d’une véritable bataille culturelle, idéologique et géopolitique.

    Cette évolution, Justin Poncet, 46 ans, affirme l’avoir pressentie bien avant qu’elle ne s’impose dans le débat public. Dès 2014, il fonde Opsci.ai – « une contraction antinomique des mots ’opinion’ et ’science’ », précise-t-il –, avec Jordan Ricker et le sociologue Joël Gombin. À l’époque, rares sont ceux qui s’intéressent sérieusement aux dynamiques sociales qui émergent sur Internet. « Il y avait un fossé énorme entre les productions d’études sur le social media et une société numérique mal racontée, dont les émergences étaient mal analysées », résume-t-il.

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    • opsci.ai
      https://www.opsci.ai/fr

      PURE PLAYER DES MENACES INFORMATIONNELLES

      Dans un monde post-Internet et post-vérité, les paniques sociales s’intensifient.

      De l’incompréhension au retour de bâton, cibles des ingérences, les batailles culturelles saturent l’espace médiatique, enveniment le débat public, et attisent les peurs.

      Opsci.ai est un cabinet d’études et laboratoire d’intelligence numérique spécialisé dans la compétition narrative.

      ÉQUIPE
      Notre équipe de chercheurs et de consultants développe des méthodologies data-driven & AI-powered pour décrypter la société numérique.
      […]

      PARTENAIRES
      Poursuivant l’espoir d’une démocratie numérique utile et résistante aux menaces informationnelles, nous croyons en une approche « whole-of-society ». Nous développons des projets conjoints avec des universités, des laboratoires de recherche, des médias, des ONG, des entreprises et des institutions, financés par des fonds publics et privés.
      […]
      EXPERTISES
      INTELLIGENCE OUVERTE
      Opsci.ai investigue et cartographie les dynamiques d’opinion en ligne, de la propagation des narratifs et des mécaniques communautaires, à partir de la social et de l’open data.

      INTELLIGENCE HUMAINE
      Opsci.ai conseille les organisations désirant détecter les signaux émergents, pour identifier et réagir aux risques informationnels.

      INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
      Opsci.ai accompagne la transformation des organisations par l’IA générative : conception, entraînement, alignement et sécurisation de LLM sur mesure.
      […]
      ACTUALITÉS
      (la plus récente date de mars 2026)

  • Mark Zuckerberg rejette l’idée d’une IA qui « détruirait la plupart des emplois »
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/13849386520888/mark-zuckerberg-rejette-lidee-dune-ia-qui-detruirait-la-plupart-des-emploi

    Le fondateur de Meta, Mark Zuckerberg, a publié ce lundi un long texte sur le site de son entreprise, afin de défendre sa nouvelle stratégie, mêlant modèles d’intelligence artificielle (IA) ouverts et investissements dans les villes accueillant des centres de données.

    Mark Zuckerberg rejette l’idée d’une IA qui « détruirait la plupart des emplois et le but même de l’humanité ». « L’idée que l’IA est tellement dangereuse que seule une concentration extrême de son pouvoir entre les mains de quelques-uns est le chemin le plus sûr » n’a pas de sens, a estimé le fondateur de Meta dans un long texte sur le site de son entreprise ce lundi.

    Selon Mark Zuckerberg, il ne fait aucun doute que « les gens disposeront d’une superintelligence dépassant les capacités humaines » dans les toutes prochaines années, et le défi consiste à s’assurer que son accès soit le plus large possible.
    Le patron des réseaux sociaux Facebook, Instagram et WhatsApp veut mettre en avant une approche positive de l’IA, et de ses potentiels bienfaits, alors que l’opposition aux États-Unis est de plus en plus vive, notamment vis-à-vis de l’implantation de centres de données.

    Une meilleure protection des données
    Face aux risques de sécurité, qu’il reconnaît, il propose que les entreprises « développant une IA avancée apportent des ressources techniques importantes pour aider le gouvernement à protéger les infrastructures essentielles ».

    Alors que les fondateurs de ses concurrents Anthropic et OpenAI ont déjà défendu l’idée d’une régulation au niveau mondial sous l’impulsion des États-Unis, Mark Zuckerberg propose, lui, de donner au gouvernement américain « un accès anticipé aux modèles les plus puissants et une armée d’ingénieurs afin de régler les problèmes de sécurité ».

    Par ailleurs, il souhaite une meilleure protection des données, « auxquelles ni Meta ni aucun autre fournisseur de service ne puisse accéder », tout en proposant une « collaboration plus forte » entre entreprises et gouvernement « pour l’application [des] lois et [de la] sécurité ».

    Plus largement, le patron de Meta a défendu la stratégie de son entreprise, qui consiste à donner le plus large accès possible à ses modèles IA, en « open source », assurant que leur « objectif, depuis la création de Meta, était de donner le pouvoir aux utilisateurs ».

    Une nouvelle gamme de modèles IA ouverts
    Le texte accompagne le lancement lundi par Meta d’une nouvelle gamme de modèles IA ouverts (ou « open source », dont le code de base est accessible à tous), Muse Glimmer, capables de fonctionner sur des ordinateurs portables.

    Le groupe envisage également d’amener son modèle le plus puissant, Muse Spark 1.2, vers de l’« open source », après avoir longtemps défendu les modèles fermés.

    Dans le même temps, Mark Zuckerberg a annoncé la création d’un fonds pour les villes accueillant des centres de données du groupe afin de « permettre un développement durable à travers tout le pays ». Selon le Wall Street Journal, ce fonds devrait s’élever à un milliard de dollars. Meta a annoncé vouloir investir 145 milliards de dollars dans la construction de centres de données cette année, une somme qui devrait atteindre 600 milliards de dollars d’ici à 2028.

    (Avec AFP)

  • Arbres ou panneaux solaires ? En agriculture, la nouvelle quête d’ombre face au soleil brûlant
    https://www.latribune.fr/article/climat/51655661204421/arbres-ou-panneaux-solaires-en-agriculture-la-nouvelle-quete-dombre-face-a


    En Charente-Maritime, la ferme de Brouage pratique l’agroforesterie en bio sur un domaine de 4 hectares.
    MG / La Tribune

    Entre l’urgence climatique et la nécessité économique, les méthodes pour ombrager les exploitations divergent. En Nouvelle-Aquitaine, les promesses financières du photovoltaïque concurrencent les bénéfices environnementaux, mais plus lents, de l’arbre.

    À l’orée du marais de Brouage, en Charente-Maritime, la ferme maraîchère bio qui porte le même nom offre un accueil rafraîchissant. Sur une centaine de mètres, l’allée centrale est cernée de deux rangées de pommiers d’ornement qui apportent ombre et air frais. Derrière le feuillage, on devine déjà des carrés potagers délimités par des arbres clairsemés, qui ne dépassent pas trois à quatre mètres de hauteur.

    Autour d’un container bardé de bois, un ouvrier agricole dépose des cagettes gorgées de fruits et légumes. Carottes panachées, tomates charnues, prunes violacées, fenouil en friche : l’explosion de couleurs détonne avec la fournaise estivale qui assèche et ternit toute la végétation. Les canicules aussi vives que précoces laissent quand même leurs stigmates. « Il n’y a pas tant de tomates que ça », réfute le saisonnier. « On en sort 40 kilos cette semaine alors qu’on devrait être à 200. Les pieds ont arrêté de produire à cause de la chaleur, mais ça va repartir maintenant qu’il fait meilleur », prédit-il.

    Les essences plantées il y a sept ans sur ce domaine de quatre hectares aident à atténuer les emballements du climat. Que ce soit face au vent violent, à la sécheresse, aux brûlures du soleil ou au gel, à chaque fois l’arbre fait tampon. Sur ces anciennes prairies à l’abandon, l’initiative est le fruit de la reconversion et des envies d’Hanh et Antoine Lévêque. Le couple a planté pour créer une symbiose.


    Hanh et Antoine Lévêque se sont installées sans être issus du monde agricole.
    Crédits : MG / La Tribune

    « Nos parcelles font 20 mètres par 30, elles sont entrecoupées de lignes d’arbres et d’aromates », trace le maraîcher. « Les arbres ont été plantés par strates. Là on a des cerisiers, puis des noisetiers et en-dessous des arbousiers. C’est un principe de culture dite syntropique, qui vise la densité de végétation et la variété de hauteurs », expose-t-il à l’ombre d’un chalef d’automne (un arbuste persistant) où l’on ressent une sensation de fraîcheur en ce milieu de matinée. Des associations qui multiplient les ombrages, les apports nutritifs, les échanges dans le sol ou les habitats pour la faune et la flore.

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    • « L’agroforesterie serait une incohérence à cet endroit »

      Les cimes ne protègent même pas un hectare de cultures maraîchères sur le domaine. Mais cela suffit pour dégager 100 000 euros de revenus par an et générer trois emplois et demi. La ferme fournit les restaurants prestigieux de la région, qui trouvent ici des qualités gustatives intéressantes. Face aux assauts du climat, rien n’est pourtant gagné. « Les arbres de plus de trois ans se protègent les uns les autres. Pour les arbustes et plantes, c’est plus compliqué. On aimerait que les arbres soient plus hauts pour mieux protéger, mais il ne faut pas non plus trop d’ombre », montre le cultivateur. Problème, plus les arbres sont massifs, plus ils pompent la ressource en eau.

      C’est justement ce qui a dissuadé Christian Daniau d’en faire de même en Charente, dans le département voisin. La nature de son exploitation n’a rien à voir avec la ferme de Brouage. Le céréalier pratique, lui, l’agriculture intensive sur près de 240 hectares, avec un sol calcaire « à très faible potentiel » qui retient peu l’eau. Ici l’arbre boirait tout. « L’agroforesterie serait une incohérence totale à cet endroit-là. Beaucoup sont en même temps en train de mourir car ils manquent d’eau », observe-t-il.

      Lui aussi en quête d’ombrage et de protection, cet ancien président de la chambre d’agriculture et figure du syndicat productiviste FNSEA a opté pour une autre forme d’ombrage : le panneau photovoltaïque. Une canopée solaire est en cours d’installation sur trois hectares. La structure est composée de pieux en acier reliés par des câbles où sont fixés les panneaux noirs producteurs d’électricité. Le taux de couverture ne dépasse pas 35 %, afin de laisser passer une grande partie de la lumière. En plus de générer une énergie renouvelable, ils permettront d’apporter du répit aux cultures face au climat sévère.

      « Les panneaux solaires ne pomperont pas l’eau et ils feront de l’ombre. Je suis convaincu que ça va apporter un plus et protéger nos cultures », croit-il. « Ici, les rendements sont très moyens voire mauvais. J’aurais bien voulu le tester dès cette année », appuie-t-il quelques jours après avoir bouclé une campagne de moissons historiquement précoce. La saison prochaine, il testera sous les panneaux la culture de blé et de soja. L’installation a été dimensionnée pour permettre aux tracteurs de passer en dessous.

      Le problème de l’ombre d’hiver

      C’est le développeur d’énergies renouvelables TSE qui porte ce concept de canopée photovoltaïque. Il dispose de six installations en France, au-dessus de cultures végétales et de prairies d’élevage, et compte bien décupler l’effectif. « Il y a moins d’évapotranspiration des plantes, moins d’évaporation de l’eau du sol. La canopée tempère les extrêmes de température, basses comme hautes. Les végétaux comme les animaux sont moins en stress et la pousse de l’herbe est meilleure », déroule Frédéric Imbert, agronome et chargé de projet pour TSE.

      L’installation énergétique est aussi source de rentes pour les agriculteurs. Mais la loi encadre strictement les pratiques agrivoltaïques en imposant le maintien des cultures et de leurs rendements sous les panneaux. L’énergie ne doit pas aller sans l’agriculture dans ce domaine. Les solutions d’ombrage restent en tout cas dérisoires à l’échelle française puisque seule 1 % de la surface agricole utile pourrait être couverte de panneaux à terme, tandis que l’agroforesterie ne pèse pas plus de 1 à 2 % des surfaces.

      Les systèmes sont tout de même multiples puisque le photovoltaïque s’invite même désormais sur les serres maraîchères pour créer de l’ombre. Différents développeurs proposent des modèles adaptés facilement intégrables. À Gémozac, en Charente-Maritime, Bertrand Gazeau, installé en polyculture bio, a fait ce choix. Sa serre a été raccordée en 2024. Depuis, l’ombre est une alliée de circonstance. « Incontestablement la serre photovoltaïque est une protection, mais j’ai du mal à me dire que c’est un avantage en termes de création d’ombre, sauf à des moments d’ensoleillement très intenses comme cela a été le cas dernièrement », note-t-il. La lumière reste au fondement du besoin de la plante pour pouvoir effectuer la photosynthèse.

      Il n’empêche que l’outil a permis d’éviter des dégâts majeurs pendant les canicules. « Ce qui relevait de l’inconvénient en hiver est devenu un avantage en été », plaide Bertrand Gazeau. En plus, une large partie de la construction a été prise en charge par le développeur Reden Solar. Le bénéfice ne peut pas être négligeable dans ces métiers où les revenus sont très serrés.

      Temps court ou temps long

      Gain économique, facilité d’entretien, entreprises survoltées : les arguments du solaire ont de quoi séduire. Alors, la course à l’énergie relèguerait-elle les arbres capables de rendre de nombreux services environnementaux ? Pour beaucoup, l’instantanéité des bénéfices photovoltaïques est plus abordable que les promesses à long terme de l’agroforesterie. « L’arbre est l’élément le plus naturel, le plus complémentaire et celui qui remplit le plus de fonctions pour un prix dérisoire. Il est au centre des lois de la nature », défend le maraîcher Antoine Lévêque. « Pourtant, on voit que tout le monde est encouragé à trouver d’autres méthodes pour le remplacer », regrette-t-il.

      Seuls les plus téméraires s’aventurent à faire cohabiter arbres et plantes à une époque où beaucoup de connaissances en la matière ont été perdues. « On n’a pas une réponse immédiate en agroforesterie », prévient Eric Cirou. L’homme est chargé de mission sur le sujet depuis 30 ans pour la chambre d’agriculture de Charente-Maritime et Deux-Sèvres. « Le temps que les arbres se développent, il faut compter cinq à dix ans pour obtenir des effets significatifs. Ce n’est pas une réponse miraculeuse, c’est un investissement », enseigne-t-il. Si l’arbre a besoin d’eau pour sa croissance, il peut aussi la puiser en profondeur et la restituer au sol superficiel lorsqu’il a atteint une certaine maturité. Une affaire de patience avant tout.

      Dans le département maritime, ultra-spécialisé entre viticulture et céréales, les haies et les cultures mélangées avec les arbres n’ont cessé de disparaître depuis des dizaines d’années. Ce qui a créé des problèmes d’accès à l’eau et amplifié les effets du dérèglement climatique. Des groupements d’agriculteurs en viennent ainsi à porter des projets de retenues d’eau XXL tandis que l’irrigation en viticulture, toujours prohibée, se pose aujourd’hui comme une question sérieuse.

      « Ce n’est pas simple de développer le sujet ici », témoigne Eric Cirou. « Il faut voir l’agroforesterie comme une réponse multifonction, où on travaille sur les ressources, les sols, la biodiversité, les paysages...Il ne faut plus tarder car on met en place aujourd’hui des systèmes qui porteront leurs fruits dans 15 ans », mobilise-t-il. Il n’est pas trop tard, mais bienheureux sont ceux qui ont su anticiper avant l’état d’urgence.

  • « Ça m’a tellement dégoûté que j’hésite à changer de secteur » : la révolution brutale de l’IA pour la génération Z
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/39802648873256/ca-ma-tellement-degoute-que-j-hesite-a-changer-de-secteur-la-revolution-br

    Les jeunes et l’emploi (2/5). Selon plusieurs études récentes, les profils juniors pâtissent du déploiement des modèles de langage dans les entreprises. Alors que les tâches de début de carrière peuvent être de plus en plus automatisées, les recruteurs privilégieraient désormais des profils expérimentés. Mais les jeunes ont aussi une carte à jouer.

    « Ça m’a tellement dégoûté que j’hésite à changer de secteur », lance Louka avec amertume. Diplômé d’une licence en web design en 2024, ce jeune de 23 ans multiplie les emplois alimentaires en attendant de décrocher le poste de ses rêves. Mais dans son secteur, créer un site internet avec des plateformes telles que Claude Code ou ChatGPT est désormais devenu accessible au commun des mortels. « Maintenant, les entreprises avec un budget moindre passent par l’IA et quand elles ont les moyens, elles recrutent des seniors », se désole-t-il. « Plus le temps passe, et moins il y a d’offres sur le marché ».

    Parmi les métiers les plus menacés par l’IA, le développement de site web et le web design sont en tête de liste, souligne un index développé par l’université américaine de Tufts. Les progrès à toute allure des modèles de langage effraient les cols blancs qui pourraient voir leur métier remplacé d’ici quelques années. Et les jeunes en seraient les premières victimes.

    Dans une étude publiée fin 2025, des chercheurs de l’université de Stanford estiment que les travailleurs de 22 à 25 ans, qui sont positionnés sur des métiers fortement exposés à l’IA, ont connu une baisse de 16 % du taux d’emploi. Une des explications tiendrait au fait que les tâches effectuées par les juniors sont plus facilement remplaçables par les modèles de langage (LLM).

    Cette étude a néanmoins reçu de nombreuses critiques. Les statistiques montrent bien une corrélation entre l’arrivée de l’intelligence artificielle et la hausse du chômage chez les jeunes diplômés, mais la relation de causalité est, elle, beaucoup plus difficile à démontrer. Les conséquences seraient ainsi, à ce stade, faibles et discrètes, relèvent des chercheurs de la Réserve fédérale américaine de Dallas. D’après l’OCDE, le chômage des nouveaux entrants aurait même commencé bien avant l’arrivée des modèles de langage.

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  • Télétravail : « S’il n’y a pas au moins un jour, c’est mort », les jeunes entre besoin de flexibilité et difficultés à s’intégrer
    https://www.latribune.fr/article/economie/1210878433042314/s-il-n-y-a-pas-au-moins-un-jour-de-teletravail-c-est-mort-les-jeunes-entre

    Les jeunes et l’emploi (3/5). Depuis la crise sanitaire, le travail à distance s’est démocratisé dans les entreprises. Si les jeunes diplômés en font un critère de recrutement incontournable, sa gestion pose d’importants défis d’intégration et d’employabilité pour les organisations.

    « Je trie clairement les offres d’emploi en fonction du télétravail et s’il n’y a pas au moins un jour, c’est mort », confie Agathe. Cette responsable événementiel de 26 ans sait ce qu’elle veut quand il s’agit de pouvoir télétravailler. « Je le mentionne en entretien dans mes conditions et ça peut être une raison de refuser un job », affirme-t-elle.

    Le travail à distance s’est massivement imposé dans les entreprises depuis la crise sanitaire de 2020 et les multiples confinements. Si en 2019, 4 % des salariés pratiquaient ce mode d’organisation au moins une fois par mois, ce nombre est passé à 22 % en 2024, soit un salarié sur cinq, d’après une étude de l’Insee. Une pratique démocratisée en majorité chez les cadres et dans le secteur de la finance ou de l’information et de la communication.

    • « La massification du télétravail s’est imposée par contrainte avec la pandémie et s’est ensuite prolongée à l’issue du Covid avec les accords d’entreprises », analyse Anne-Sophie Maillot, docteure en psychologie du travail. « Les jeunes sont entrés à l’époque sur le marché du travail dans un contexte spatial et temporel particulier », ajoute-t-elle.

      Slack est la pièce maîtresse de notre communication aujourd’hui.

      Gain de temps sur le trajet, meilleure concentration, équilibre vie professionnelle et personnelle… Les jeunes sont d’ailleurs nombreux à vanter les bénéfices de travailler en « remote ». « Pour moi, le télétravail est devenu indispensable : quand je n’en ai pas, je sens la différence au niveau de la fatigue », témoigne Marianne, cheffe de projet de 27 ans dans le e-commerce. « Même le gouvernement préconise de rester à la maison dans certains cas, comme en période de canicule », rappelle-t-elle.

      Pour les organisations, le travail à distance leur a surtout permis d’améliorer leur marque employeur. « En 2017, quand on n’était encore qu’une start-up, on avait du mal à garder nos talents », explique Amélie Schieber, présidente et cofondatrice de Tiime, logiciel de facturation électronique et de gestion. « On a fait de notre société une entreprise libérée et nos salariés télétravaillent quand ils veulent depuis 2017, bien avant le Covid », précise-t-elle.

      Les salariés de Deel, société spécialisée dans les technologies et les services RH, sont, eux, 100 % en distanciel depuis la création de l’organisation. « Slack est la pièce maîtresse de notre communication aujourd’hui », lance Maxime Hoff, le directeur commercial et porte-parole de Deel en France. Mais il l’affirme : « La génération Z cherche des avantages chez les employeurs, et les jeunes veulent venir chez nous en partie pour notre approche du télétravail ».

      Difficultés d’intégration
      Pourtant, des grandes entreprises ont fait marche arrière concernant leur politique de télétravail. Le géant du e-commerce Amazon a demandé à ses équipes de revenir sur site cinq jours par semaine dès 2025, tout comme la banque américaine JPMorgan. Le mastodonte californien Google a, lui, demandé à ses employés d’être présents au moins trois jours par semaine.

      Les PDG de ces groupes ont notamment argué que les équipes étaient plus innovantes et collaboraient davantage en présentiel. La problématique de l’intégration des nouvelles recrues a également été soulignée : « Je ne me moque pas de Zoom, mais les plus jeunes sont laissés pour compte », avait alors défendu l’année dernière Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan.
      « Juste après le Covid, les jeunes sont entrés dans un monde du travail difficile, les conditions d’accueil étaient détériorées » avec le risque qu’ils « se sentent isolés, et n’arrivent pas à réaliser leurs tâches », analyse Anne-Sophie Maillot. « Alors qu’avant ça, ils étaient intégrés dans une équipe, ils pouvaient apprendre leur métier, leur rôle dans le collectif, comprendre les valeurs de l’entreprise, et trouver du soutien en cas de difficultés », complète-t-elle.

      Le plus dur concerne l’aspect social, je n’ai pas de pause-café pour discuter avec les collègues et je suis seul lors de mes pauses déjeuner.

      Chez les nouveaux actifs, certains privilégient d’eux-mêmes le retour au bureau. C’est notamment le cas d’Axel, développeur de 24 ans : « Je n’ai pas le même équipement à la maison qu’au bureau, et je me sens aussi moins motivé », raconte-t-il. « Mais le plus dur concerne l’aspect social, je n’ai pas de pause-café pour discuter avec les collègues et je suis seul lors de mes pauses déjeuner », déplore-t-il.

      Une étude sur le télétravail de l’université américaine de Stanford démontre d’ailleurs que les individus dans leur vingtaine veulent réseauter et être mentorés dans l’apprentissage de leur métier, ce qui nécessite des interactions sociales. Ils attachent ainsi davantage d’importance à la socialisation. En France, la Dares, la direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques, souligne aussi que « les plus jeunes déclarent davantage que le télétravail entrave la collaboration entre collègues et avec les supérieurs ».

      Le télétravail pourrait même expliquer en partie les difficultés d’employabilité des primo-entrants sur le marché. Selon une étude de la Réserve fédérale de New York, l’essor du travail à distance expliquerait 64 % de la hausse du chômage des jeunes diplômés aux États-Unis. La principale raison ? Les groupes privilégieraient les profils seniors au détriment des juniors à cause des difficultés d’intégration à distance.
      « Les entreprises peuvent être inquiètes d’une jeunesse qui est trop à distance pour intégrer les valeurs de l’organisation et bien intégrer leur formation, donc elles se reportent sur des profils avec de l’expérience, mais cela traduit un manque du côté de leur onboarding (le processus d’intégration des nouveaux employés, NDLR) », indique Sébastien Van Dyk, directeur général de ManpowerGroup Talent Solutions.

      Créer de bonnes conditions d’accueil
      Amélie Schieber de Tiime reconnaît que les rares salariés qui sont en full remote (100 % en télétravail, NDLR) ont des profils « spécifiques » avec de « l’expérience », mais ce n’est « pas forcément voulu ». L’organisation ne se passe pas des jeunes pour autant et prête un soin particulier à leur onboarding. « On embauche des juniors qui sortent d’école, et au début on leur demande de venir au bureau pour s’imprégner de notre culture et connaître les collaborateurs », indique-t-elle.

      Les managers doivent être formés car c’est une compétence de gérer du personnel à distance.

      Deel, l’entreprise 100 % en distanciel, a également un système d’intégration : « Quand on recrute un nouveau salarié, il a un programme de formation avec des rendez-vous planifiés et un fil conducteur sur les deux à trois semaines suivantes », décrit Maxime Hoff, « et on est très proactif avec les jeunes profils ».

      Plus largement, Sébastien Van Dyk de ManpowerGroup Talent Solutions livre des conseils aux organisations afin de veiller au bon fonctionnement du travail à distance. « Les équipes ont besoin d’un cadre, de règles claires, et les managers doivent être formés car c’est une compétence de gérer du personnel à distance, d’envoyer des messages à travers un écran ou encore de prêter attention aux signaux faibles comme les risques d’isolement », expose-t-il. D’après lui, il est primordial d’organiser des moments où le collectif se retrouve en présentiel.

      Chez Deel, les équipes sont éparpillées dans une centaine de pays dans le monde. Mais des événements sont organisés annuellement et des enveloppes sont également mises à disposition des salariés pour qu’ils puissent voyager et retrouver des collègues.

      Pour la génération Z, « ce qui porte davantage dans leur exigence, c’est la flexibilité », souligne la chercheuse Anne-Sophie Maillot. D’après elle, s’ils aiment rester chez eux pour s’organiser et être davantage productifs, venir au bureau est primordial pour voir leurs collègues. Ce besoin de flexibilité ne s’exprime pas uniquement dans le besoin de télétravailler mais aussi dans les types de contrats de travail que les jeunes privilégient de plus en plus.

  • Immobilier : à quoi ressemblera le bureau de demain avec l’IA ?
    https://www.latribune.fr/article/economie/biens-d-equipement-btp-immobilier/48174770387028/immobilier-a-quoi-ressemblera-le-bureau-de-demain-avec-lia

    RÉVOLUTION IA (2/5). Et si l’IA accélérait la redéfinition des stratégies immobilières ? C’est la question à laquelle le gestionnaire d’immobilier commercial JLL a tenté de répondre, en menant une étude de terrain auprès de deux hubs d’innovation, aux États-Unis et en Inde. Avec, selon lui, de quoi changer la donne dans la gestion des espaces de bureaux.

    C’est une étude qui se veut non pas quantitative, mais qualitative. Et qui a choisi la voie de la prospective, plutôt que celle du bilan. Il n’empêche : en conduisant deux missions d’une semaine chacune sur deux territoires aux deux extrémités du globe (à savoir le hub d’innovation de San Francisco aux États-Unis et celui de Bangalore, en Inde), sélectionnés pour être les avant-postes des mutations à venir, le gestionnaire en immobilier commercial JLL comptait réfléchir aux différents scénarios qui repenseront l’immobilier de demain. Et ce, face à une révolution bien particulière : celle de l’IA.

    Au total, les équipes Recherche & prospective de JLL ont rencontré près de 100 personnes issues de plus de 40 organisations, parmi lesquelles des grandes entreprises, des industriels, des chercheurs et têtes pensantes du monde académique, des urbanistes et designers ou encore des investisseurs pour chercher à comprendre comment l’IA appellera à reconfigurer les futurs bâtiments.

    « L’IA n’est pas un sujet nouveau, mais on s’interrogeait beaucoup sur la manière de l’aborder, car on avait le sentiment que l’on parlait beaucoup des impacts de l’IA dans le domaine du travail, mais que nous n’allions pas assez loin pour déterminer les impacts concrets que pourrait avoir cette technologie sur notre immobilier », expose Diana Naït-Belkacem, consultante senior Recherche et Prospective chez JLL et co-auteur de cette étude.

    #paywall, mais l’original JLL est accessible

    • The future of corporate real estate in the AI age
      From Bengaluru to San Francisco. Designing workspaces for human-AI collaboration – JLL – Insights
      https://www.jll.com/en-us/insights/the-future-of-corporate-real-estate-in-the-ai-age

      Key highlights
      • AI is reshaping work and business operations dramatically and this will have an inevitable impact on real estate over the next decade, from the world’s leading innovation hubs and gateway cities to global capability centers in emerging markets.
      • The pace of business change will accelerate and corporate real estate portfolios will evolve to accommodate uncertainty and continuous change. Location decisions will increasingly factor in power availability, infrastructure security and AI regulatory frameworks, in addition to talent, cost and scalability.
      • As AI takes on more routine tasks, workplaces will evolve into spaces that support teams of human experts orchestrating complex AI systems. Creativity-focused environments that enhance cognitive performance, partnership zones for external collaboration and smart workstations enabling seamless human-AI agent interaction will be in high demand.

      The future of work isn’t being written in boardrooms or strategy documents. It’s being lived right now in the bustling tech corridors of the San Francisco Bay Area in the United States and the innovation labs of Bengaluru in India, where organizations are grappling with AI transformation in real-time.

      Through intensive learning expeditions to these two AI epicenters, our JLL Future Vision team conducted field research with over 40 senior executives, entrepreneurs and academics, leveraging our global network of 500+ researchers. What we discovered highlights a significant shift taking place: the AI revolution isn’t just changing how people work – it is impacting where they work, how they organize and what they need from their physical environments.

  • Facturation électronique : les entreprises ne seront pas toutes prêtes au 1er septembre et Bercy le sait
    https://www.latribune.fr/article/economie/65378356626007/facturation-electronique-les-entreprises-ne-seront-pas-toutes-pretes-au-1e

    À partir du 1er septembre, l’ensemble des 11 millions d’entreprises françaises devront pouvoir recevoir leurs factures par voie électronique. Moins d’une sur cinq est prête.

  • Dépassé par la pollution perpétuelle des mines d’or, Orano prépare un nouveau projet de stockage
    https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/86439098738456/depasse-par-la-pollution-perpetuelle-des-mines-d-or-orano-cherche-comment-

    L’entreprise assume la dépollution des eaux autour de ses anciennes mines d’or au sud du Limousin. Le procédé génère quantité de boues chargées en métaux lourds, si bien que les fosses de stockage sont arrivées à saturation. Les déchets sont exportés en attendant de trouver une solution sur place.

  • Rapports, présentations, tableaux de bord, veille... L’étude qui révèle les vrais usages de l’IA en entreprise
    LD (avec AFP)
    https://www.latribune.fr/article/tech/21931737264033/rapports-presentations-tableaux-de-bord-veille-letude-qui-revele-ce-que-le

    En analysant 1,2 million de sessions de Claude, Anthropic dévoile pour la première fois une cartographie des usages dans les entreprises. Verdict : l’IA sert d’abord à regrouper l’information, préparer des documents et alimenter le reporting.

    Pendant des mois, le débat sur l’intelligence artificielle générative s’est focalisé sur les développeurs et l’écriture de code. Mais la réalité des usages de l’IA en entreprise est pourtant bien différente. Dans une étude publiée par Anthropic, l’éditeur de Claude dévoile, pour la première fois à grande échelle, les usages « réels » de son assistant IA au sein des organisations. Principal enseignement de cette étude : l’IA est d’abord mobilisée pour accomplir tout ce qui gravite autour du cœur de métier plutôt que pour le remplacer. A ce stade.

    L’analyse, qui met de côté l’utilisation de Claude Code dédié aux développeurs, repose sur 1,2 million de sessions anonymisées de Claude Cowork, réalisées entre le 11 et le 31 mai 2026 dans plus de 600.000 organisations. L’objectif étant de comprendre, concrètement, quelles tâches les salariés délèguent à leur assistant IA.

    Le premier enseignement est sans appel : 33,4 % des usages concernent les processus métiers et les tâches périphériques – mais indispensables – qui les accompagnent. Il s’agit par exemple de rassembler des informations éparses pour rédiger un rapport, consolider des données chiffrées, établir des check-lists ou suivre l’avancement de projets.

    En d’autres termes, l’IA est moins mobilisée pour réaliser le cœur d’un métier que pour alléger toute la charge administrative et organisationnelle qui l’entoure, donc dans une logique assumée de performance. Sans surprise, les fonctions finance, ressources humaines et administration figurent parmi les plus fortes utilisatrices dans ce domaine.

    Vient ensuite la « création de contenus » (16,4 % des usages selon Anthropic), avec la rédaction de notes, de présentations, de propositions commerciales ou encore de publications internes. Le développement logiciel, souvent présenté comme le principal terrain de jeu de l’IA générative, n’arrive qu’en troisième position avec 8,7 % des usages sur Claude Cowork (dont ce n’est pas la spécialité), devant l’ingénierie logicielle et la gestion des infrastructures informatiques (7 %), la recherche d’informations, la veille et l’intelligence économique (6,4 %), l’extraction et l’analyse de données (5,8 %), et enfin les opérations commerciales (4 %).

    L’IA s’attaque au « travail autour du travail »
    Pour Anthropic, cette photographie révèle un phénomène jusqu’ici peu documenté : les entreprises utilisent avant tout l’IA pour automatiser ce que l’éditeur appelle « le travail autour du travail », c’est-à-dire toutes ces tâches administratives ou de coordination indispensables mais rarement considérées comme le cœur d’un métier. « Près de la moitié des usages concerne ce ’travail autour du travail’, ces tâches qui font partie d’un grand nombre de métiers mais constituent rarement la responsabilité principale d’une personne », estime ainsi Anthropic.

    Autrement dit, un recruteur demande à l’IA de synthétiser des entretiens, un responsable d’équipe de préparer une présentation, un juriste de mettre en forme des documents ou un chef de projet de compiler des rapports d’avancement. L’assistant ne remplace pas leur expertise ; il prend en charge les tâches de préparation, de consolidation et de communication. « Nos données suggèrent que les utilisateurs se servent de l’IA pour assembler et structurer les informations qui leur permettront ensuite de mettre leur expertise en action », résume Anthropic, qui trouve là un bon argument pour éviter d’ouvrir le débat sensible sur le « grand big bang RH de l’IA » chez les cols blancs.

    Reste que ces tâches « périphériques », de plus en plus absorbées par l’IA, représentent un terrain de jeu bien identifié au sein des entreprises : celui des juniors. En regroupant les données, en les traitant puis en les synthétisant, les jeunes diplômés faisaient généralement - jusqu’alors - leurs armes dans les organisations avant de basculer dans l’expertise métier. Une voie d’intégration qui risque, de facto, de se transformer en... impasse.

    Des gains de productivité… mais aussi des risques
    Ces usages croissants de l’intelligence artificielle dans l’univers des entreprises suscitent une autre interrogation fondamentale, celle de la « délégation cognitive ». Plusieurs travaux scientifiques récents mettent ainsi en garde contre les effets d’une dépendance excessive à l’IA générative dans une cadre professionnel, même pour des missions périphériques.

    Une étude américano-britannique, menée notamment par des chercheurs de l’université Carnegie Mellon et dont l’évaluation par les pairs est toujours en cours, montre que l’assistance de l’IA améliore, certes, les performances immédiates mais réduit aussi les capacités d’apprentissage à long terme et, plus grave encore, la capacité à persévérer si l’assistance IA est retirée. « Ces résultats sont particulièrement préoccupants, car la persévérance est au cœur de l’acquisition de compétences et constitue l’un des meilleurs indicateurs de l’apprentissage sur le long terme », écrivent les auteurs de cette recherche, menée auprès de 1.222 participants et dévoilée sous la forme d’une prépublication en avril.

    « Le risque de délégation cognitive excessive est réel, en particulier si l’IA est utilisée pour automatiser des tâches qui servent aussi à développer des compétences », reconnaît même Microsoft, qui indique avoir intégré dans Copilot des avertissements invitant notamment les utilisateurs à conserver un regard critique sur les réponses générées.

    Pour les entreprises, le défi ne consiste donc plus seulement à déployer massivement des outils IA, dont la facture peut vite exploser. Il s’agit aussi de déterminer quelles tâches peuvent être déléguées sans éroder, à terme, les compétences humaines qui font encore la différence.

  • Les véhicules électriques d’occasion : l’angle mort du plan d’électrification
    https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/energie-environnement/1733389017163/les-vehicules-electriques-d-occasion-le-grand-angle-mort-du-plan-d-electri

    Le marché du véhicule électrique d’occasion reste largement absent du plan d’électrification présenté par le gouvernement au printemps, malgré son rôle déterminant dans la diffusion de la mobilité électrique. Plusieurs acteurs, dont l’Union française de l’électricité (UFE), appellent à mettre en place des mesures spécifiques afin d’accélérer son développement.
    C’est un impensé du plan d’électrification présenté par l’exécutif au printemps dernier. Le dispositif gouvernemental visant à diminuer sensiblement l’exposition des ménages et des entreprises aux énergies fossiles, pour des enjeux de pouvoir d’achat, de décarbonation et de souveraineté, a largement mis l’accent sur la mobilité électrique. Mais sur les 22 mesures qui le composent, seule une concerne les véhicules électriques d’occasion. Et ce, alors que le marché de la seconde main représente l’immense majorité des ventes de véhicules dans l’Hexagone. « Il y a 3,5 fois plus de voitures d’occasion vendues en France que de voitures neuves », souligne Olivier Flavier, directeur général Leboncoin Automobile, premier vendeur de véhicules d’occasion dans l’Hexagone.

    « C’est un vrai trou dans la raquette », estime l’Union française de l’électricité (UFE), qui s’apprête à publier une note regroupant une série de recommandations pour stimuler ce marché. Selon l’organisation, c’est bien le marché de l’occasion qui permettra de massifier l’électrification du parc automobile, en proposant des véhicules à des prix accessibles au plus grand nombre. « Mais le prix moyen d’un véhicule électrique d’occasion de moins de 3 ans c’est 33 000 euros, alors que le budget moyen qu’un ménage souhaite consacrer à l’achat d’un véhicule d’occasion est de 20 000 euros », pointe Youenn Rougetet, directeur électrification des usages et fourniture d’électricité d’UFE.

    #paywall

  • Patrimoine : la France gagne 34.600 nouveaux millionnaires en un an
    La Tribune Dimanche l Publié le 01 juillet 2026 à 03:00
    https://www.latribune.fr/article/economie/20009985539374/patrimoine-la-france-gagne-34-600-nouveaux-millionnaires-en-un-an

    La France conserve une place solide parmi les pays les plus riches : le patrimoine moyen par adulte atteint 341.359 dollars, ce qui place le pays au quinzième rang mondial.

    La France conserve une place solide parmi les pays les plus riches : le patrimoine moyen par adulte atteint 341.359 dollars, ce qui place le pays au quinzième rang mondial.

    Portés par la faiblesse du dollar et la hausse des actifs financiers et immobiliers, les patrimoines des Français poursuivent leur envolée, faisant de la France l’un des pays qui a créé le plus de nouveaux millionnaires en 2025.

    La France continue de fabriquer des millionnaires. Portée par la flambée des marchés financiers et la bonne tenue de l’immobilier, elle a vu apparaître 34.604 nouveaux millionnaires en dollars en 2025, se classant parmi les pays les plus dynamiques au monde derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et loin devant de nombreuses économies développées. Mais derrière cette embellie patrimoniale se cache une réalité plus contrastée : la richesse progresse, sans profiter à tous de la même manière. (...)

    #Service_Plusriche

  • L’État généralise « L’Assistant », son ChatGPT interne, à plus d’un million d’agents de la fonction publique
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/35642872558018/l-etat-generalise-l-assistant-son-chatgpt-interne-a-plus-d-un-million-agen

    Tous les agents dotés d’un ordinateur auront désormais accès à une IA conversationnelle interne développée avec Mistral et testée depuis 10 mois. Celle-ci permet de réduire, sans éliminer, l’utilisation d’outils jugés non souverains et non sécurisés.

    Exit (en théorie) ChatGPT et autre Claude : les agents de l’État seront priés d’utiliser « L’Assistant ». Cette IA conversationnelle, construite par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) à partir d’un modèle de Mistral et hébergée chez le français Outscale sur une infrastructure qualifiée SecNumCloud, sera déployée à l’ensemble des agents munis d’un poste informatique y auront accès, soit, selon le cabinet du ministère de la fonction publique, plus d’un million d’utilisateurs, sur les 2,6 millions d’agents de la fonction publique d’État (une grande partie des autres ne disposant pas de postes de bureau connectés au réseau interministériel). 

    L’Assistant a d’abord été testé pendant dix mois auprès de 10 000 agents issus de six ministères : Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, ainsi que les Services du Premier ministre. Sa généralisation est l’annonce phare du plan sur l’IA dans l’État, présenté ce mardi 16 juin à Bercy par le ministre David Amiel. Les autres aspects prévoient la généralisation d’autres outils IA pour la retranscription de réunion (Transcripts) ou la traduction automatique (DiploIA) et un plan de formation renforcée, notamment auprès des managers de la fonction publique.

    « L’Assistant » n’élimine pas l’IA clandestine, mais le diminue

    #paywall

  • La justice américaine déclare la guerre aux hallucinations de l’IA
    https://www.latribune.fr/article/tech/89885458690946/la-justice-americaine-declare-la-guerre-aux-hallucinations-de-l-ia

    Fausses jurisprudences, citations inventées et références inexistantes : confrontée à une explosion des erreurs générées par l’intelligence artificielle dans les procédures, la justice américaine commence à sanctionner les avocats négligents.

    LT (avec AFP)

    L’intelligence artificielle s’est imposée en quelques mois dans les cabinets d’avocats comme un nouvel assistant de recherche, de rédaction et de synthèse. Mais à mesure que son usage se banalise, un phénomène inquiète de plus en plus les tribunaux : les « hallucinations » générées par les modèles d’IA, ces informations inventées de toutes pièces mais présentées avec une apparence de parfaite crédibilité.

    Aux États-Unis, la justice commence désormais à répondre par des sanctions. Le dernier signal fort est venu de Floride. Depuis ce lundi, une nouvelle règle adoptée par la Cour suprême de l’État autorise les juridictions inférieures à sanctionner les auteurs de mémoires ou plaidoyers s’appuyant sur de faux précédents judiciaires générés par l’intelligence artificielle. Une mesure qui illustre l’ampleur prise par le phénomène dans les prétoires américains.

    Les exemples se multiplient. En début d’année, un juge fédéral de Louisiane a découvert que sept décisions de justice citées dans un dossier de préjudice corporel étaient soit inexistantes, soit déformées. L’avocat concerné, pourtant expérimenté, a reconnu avoir utilisé Claude, le chatbot développé par Anthropic, pour rédiger puis corriger son mémoire. Convaincu que les références fournies étaient exactes, il n’avait pas procédé aux vérifications nécessaires avant le dépôt du document.

    La sanction a été immédiate. « L’ignorance des risques liés à l’utilisation de l’IA n’est plus une excuse », a tranché le juge Jerry Edwards Jr. L’avocat a été condamné à une amende de 1.000 dollars et devra suivre une formation spécifique sur la pratique juridique assistée par l’intelligence artificielle.

    Interdiction de plaider pendant deux ans
    Quelques mois plus tard, une autre affaire est venue confirmer que le problème ne relève plus de l’incident isolé. Dans le Mississippi, le juge fédéral Sharion Aycock a sanctionné des avocats représentant les deux parties d’un même litige civil après avoir constaté la présence de précédents judiciaires inexistants dans leurs mémoires rédigés avec l’aide de l’IA. Quatre avocats ont écopé au total de 8.000 dollars d’amendes et deux d’entre eux se sont vu interdire de plaider devant ce tribunal pendant deux ans.

    Ces dossiers ne constituent que la partie visible d’un phénomène devenu mondial. Selon une base de données constituée par Damien Charlotin, avocat français et chercheur associé à HEC Paris, environ 1.600 cas d’hallucinations détectées dans des documents judiciaires ont été recensés depuis avril 2023. Si les États-Unis concentrent l’essentiel des affaires, des incidents similaires ont déjà été identifiés dans 35 autres pays. Plus préoccupant encore, leur fréquence s’accélère. D’après les données compilées par le chercheur, le nombre de cas recensés au cours des douze derniers mois a été multiplié par huit par rapport à l’année précédente.

    L’explication réside dans la nature même des grands modèles de langage. L’IA est « une technologie qui aime suivre les modèles », explique Damien Charlotin. Le raisonnement juridique repose précisément sur des structures hautement répétitives : citations de jurisprudence, références doctrinales, argumentaires standardisés. Les systèmes génératifs excellent à reproduire ces formes. Ils peuvent ainsi produire des textes qui semblent irréprochables sur le plan formel tout en contenant des références totalement fictives.

    Chatbots grand public
    Le danger est d’autant plus grand que ces erreurs passent souvent inaperçues à première lecture. Certaines affaires continuent même d’être gagnées malgré la présence d’hallucinations. « Il y a des affaires où les avocats gagnent quand même », malgré deux ou trois hallucinations, « parce qu’ils avaient raison sur le fond », observe Damien Charlotin.

    Pour les magistrats, les conséquences dépassent toutefois la simple erreur de procédure. Dans une décision rendue en janvier, la juge Linda Kevins, de la Cour suprême de l’État de New York, soulignait que ces pratiques entraînent des pertes de temps et des coûts supplémentaires pour les parties comme pour les tribunaux. Elles peuvent également « porter potentiellement atteinte à la réputation des juges et des juridictions dont les noms sont faussement invoqués comme auteurs de décisions fictives ».

    Les cas recensés montrent par ailleurs que les principaux responsables sont rarement les outils spécialisés utilisés dans les grands cabinets. Les erreurs proviennent le plus souvent de chatbots grand public, notamment ChatGPT d’OpenAI, employés comme moteurs de recherche juridique sans contrôle suffisant. Or, dans le droit, la confiance ne dispense jamais de la vérification. « Personne d’entre nous connaît toutes les affaires qui existent. La seule façon de savoir si [un précédent juridique cité par un chatbot] existe, c’est de le vérifier », rappelle Damien Charlotin.

    Un principe élémentaire que certains praticiens semblent avoir oublié. Pour Scott Schlegel, membre du groupe de travail de l’American Bar Association consacré au droit et à l’intelligence artificielle, le problème est moins technologique que professionnel. « Qu’ils arrêtent. Qu’ils fassent simplement leur travail et lisent les décisions. Franchement ! », lance-t-il.

    • Hallucinations de l’IA : la base mondiale qui alerte la justice
      https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/75702282898654/la-base-de-donnees-qui-recense-les-mensonges-des-ia-devant-les-juges

      En deux ans, une base de données tenue par le chercheur français Damien Charlotin a recensé plus de 1 500 décisions de justice confrontées à des citations inventées par des IA génératives. De la Floride au Delaware, les juges commencent à sanctionner les avocats qui délèguent trop à ces outils, sans jamais renoncer à la vérification humaine.
      Depuis avril 2023, une base de données publique, tenue par le chercheur français Damien Charlotin, a recensé 1 524 décisions de justice confrontées à des contenus générés par l’IA, dont des citations inventées ou des jurisprudences déformées. En quelques mois, cette base est devenue un observatoire des « hallucinations » juridiques des IA, alors que les tribunaux, des États-Unis au Canada, commencent à sanctionner les avocats et justiciables qui s’y fient sans vérifier.

      La base « AI Hallucination Cases » ne recense pas toutes les rumeurs d’erreurs liées à l’IA : elle ne retient que les décisions où le juge constate explicitement, ou laisse clairement entendre, qu’une partie a utilisé des contenus halluciné, en particulier des citations de jurisprudence inexistantes ou des extraits de décisions inventés. Chaque entrée précise la juridiction, la date, la partie utilisant l’IA, l’outil en cause, la nature de l’hallucination (jurisprudence fabriquée, norme mal citée, faux extraits) et le type de sanction retenu. Le tableau, mis à jour régulièrement, atteint 1 524 cas au 2 juin 2026, avec un flux de nouvelles décisions quasi quotidien et des références à cette base dans certains jugements et dans la presse spécialisée.

      L’outil assume une ambition quasi exhaustive pour ce qui est des décisions publiées, tout en rappelant qu’il s’agit d’un travail en cours, alimenté à la fois par une veille de jurisprudence et par des signalements d’avocats, de chercheurs ou de journalistes. Sur cette base, Charlotin a développé un vérificateur automatisé de références, PelAIkan, qui exploite la même logique : comparer les citations présentes dans des documents à des corpus de décisions pour repérer les références douteuses ou inexistantes, avec des rapports accessibles sur certains cas emblématiques.

      Où l’IA hallucine le plus : États-Unis en tête, mais plus de trente pays concernés
      En parcourant la base, un premier constat s’impose : la majorité des décisions recensées provient des États-Unis, ce qui tient à la fois à la diffusion rapide des outils d’IA générative dans les cabinets et à l’accès facilité aux décisions via des bases comme PACER ou les sites des juridictions d’appel fédérales et des États. Les entrées couvrent des cours suprêmes d’États (comme la Pennsylvanie ou l’Oklahoma), des cours d’appel fédérales, des tribunaux de district et même des juridictions spécialisées comme les tribunaux de faillite.

      Mais la carte ne se limite pas à l’Amérique : la base recense aussi des décisions de tribunaux canadiens, de juridictions britanniques (y compris la Chancery Division), de tribunaux australiens, brésiliens ou encore de juridictions européennes, pour un total de plus de trente pays concernés. Des tribunaux comme le Civil Resolution Tribunal au Canada ou des autorités comme le Capital Markets Tribunal ont ainsi déjà confronté des mémoires ou écritures contenant des décisions inventées.

  • Pétrole : les stocks mondiaux s’approchent d’un seuil critique avant le pic de l’été
    https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/energie-environnement/25826938586344/petrole-les-stocks-mondiaux-s-approchent-d-un-seuil-critique-avant-le-pic-

    Alors que les stocks mondiaux de pétrole s’érodent rapidement sous l’effet de perturbations persistantes de l’offre, l’Agence internationale de l’énergie met en garde contre un possible passage en zone critique avant le pic saisonnier de la demande estivale.

    Les stocks mondiaux de pétrole pourraient entrer dans une zone de tension critique à l’approche de l’été, alors que les perturbations persistantes de l’offre continuent de vider les réserves à un rythme soutenu et que la demande saisonnière s’apprête à atteindre son pic dans l’hémisphère Nord, alerte l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

    Dans un contexte déjà fragilisé par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations du détroit d’Ormuz, l’agence met en garde contre un possible point de rupture. Les prélèvements sur les stocks restent élevés, au moment même où la consommation de carburants doit traditionnellement s’intensifier avec les déplacements estivaux.

    « Nous observons une poursuite des prélèvements à l’approche de l’été, avec la possibilité voire la probabilité que nous tombions à des niveaux critiques ou encore des planchers historiques juste avant le pic de la demande estivale », a déclaré Toril Bosoni, responsable de la division industrie et marchés pétroliers de l’AIE.

    Un marché sous contrainte
    La mécanique de marché apparaît de plus en plus déséquilibrée. D’un côté, les producteurs du Golfe ont perdu environ 14 millions de barils par jour depuis fin février selon l’AIE, sous l’effet des perturbations logistiques et géopolitiques. De l’autre, les producteurs des Amériques — États-Unis, Brésil, Argentine ou encore Venezuela — compensent partiellement la baisse, avec une croissance attendue de 1,5 million de barils par jour en 2026.
    Mais ces ajustements restent insuffisants pour absorber les pertes liées aux ruptures d’approvisionnement. Résultat : les stocks mondiaux se contractent rapidement, accentuant la sensibilité du marché à tout choc supplémentaire.

    Le détroit d’Ormuz, variable clé
    Au cœur des tensions, le détroit d’Ormuz reste un point névralgique. Sa réouverture complète, en cas d’accord entre l’Iran et les États-Unis, prendrait dans le meilleur des cas six à huit mois, selon l’AIE. Un horizon trop lointain pour stabiliser rapidement le marché.

    Dans ce contexte, l’hypothèse de nouvelles libérations de stocks d’urgence n’est pas écartée, mais elle reste limitée dans son efficacité. Environ la moitié des 400 millions de barils déjà mobilisés en mars n’a pas encore atteint le marché, réduisant la marge de manœuvre à court terme.

    « Dans tous les cas, les libérations de stocks d’urgence ne constituent qu’une mesure transitoire : elles ne résoudront pas ce problème. L’ampleur des pertes d’offre est telle que l’ajustement devra se faire du côté de la demande », a souligné Toril Bosoni.

    Vers un ajustement par les prix et la demande
    L’AIE observe déjà des signes d’ajustement côté consommation, sous l’effet combiné de la hausse des prix et du ralentissement économique. La “destruction de la demande” — lorsque des prix élevés contraignent les consommateurs à réduire leurs achats — devient un mécanisme central de rééquilibrage. « Les principaux facteurs d’ajustement observés sur les marchés proviennent du côté de la demande », a insisté Toril Bosoni.

    Les données confirment cette tendance : les importations chinoises de brut ont reculé de 6 millions de barils par jour en mai par rapport à mars, contribuant à modérer les tensions sur les prix malgré les perturbations d’offre. Sur les marchés, le baril de Brent s’échangeait récemment juste sous les 94 dollars, un niveau supérieur à celui d’avant-crise mais encore éloigné des sommets atteints plus tôt dans l’année, au-delà de 126 dollars. Cette relative stabilité s’explique précisément par la faiblesse de la demande mondiale, qui amortit partiellement le choc d’offre.

    Dans son dernier rapport, l’AIE souligne que, malgré une reprise de la production dans les Amériques, les gains attendus ne suffisent pas à compenser les volumes perdus ou détournés en raison des tensions géopolitiques.

    (les données disponibles sur le site de l’AIE s’arrêtent à février 2026 (rapport de mai 2026)
    https://www.iea.org/data-and-statistics/data-product/monthly-oil-statistics#

  • Alerte rouge sur le foncier économique en France : la saturation arrive beaucoup plus tôt que prévu
    https://www.latribune.fr/article/entreprises-finance/13574041386397/alerte-rouge-sur-le-foncier-economique-en-france-la-saturation-arrive-beau


    Le risque d’atteindre la saturation des parcs d’activités économiques s’est grandement accru, anticipé désormais en 2027 contre 2030 auparavant.
    © Agathe Perrier, La Tribune

    Les zones d’activités économiques sont presque à saturation en France. De nombreux projets d’implantation sont refusés faute de foncier disponible et le risque d’une pénurie de surface pourrait intervenir dès l’année prochaine.

    Le foncier économique se fait de plus en plus rare en France. Plus de huit intercommunalités sur dix (81 %) – échelon en charge du développement économique avec les régions – ont indiqué l’année dernière manquer de terrains disponibles pour accueillir de nouveaux projets et être contraintes de les refuser, d’après le troisième Baromètre du foncier économique publié mercredi par l’association Intercommunalités de France, la Banque des Territoires et le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).

    Si ce phénomène n’est pas récent, il s’est fortement accéléré. Car moins de sept intercommunalités sur dix (67 %) s’étaient déclarées dans cette position en 2022. Soit une hausse de 14 points en seulement trois ans.

    C’est aussi le risque d’atteindre la saturation des parcs d’activités économiques qui s’est grandement accru. Alors que cette situation était jusqu’à présent anticipée d’ici à 2030, elle pourrait finalement intervenir dès… 2027. Autrement dit demain.


    Si le manque de foncier économique n’est pas récent, il s’est accéléré en seulement cinq ans.
    Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune

    « L’extinction de l’offre foncière économique à l’horizon 2027 constitue un signal particulièrement alarmant, préviennent les auteurs de l’étude. Il fragilise directement les capacités locales d’accueil et de développement des entreprises, compromet les projets d’implantation et pèse sur les objectifs nationaux de réindustrialisation. Il affecte également la capacité des territoires à accompagner la croissance des entreprises existantes ».

    Manque de foncier « prêt à l’emploi »
    Le manque de surfaces disponibles n’explique pas à lui seul la pénurie qui guette. Quand les hectares sont bel et bien là, ils sont parfois inadaptés aux besoins de l’acteur économique intéressé (problème de taille, de configuration, de desserte, de viabilisation). Les auteurs du baromètre relèvent ainsi une pénurie de foncier « qualitatif », qu’ils définissent comme des sites aménagés et viabilisés, prêts à accueillir une implantation.

    La concrétisation des projets est en outre freinée par les délais liés aux procédures d’urbanisme et environnementales et aux autorisations nécessaires. Ces étapes, en plus d’« allonger les calendriers » et de « fragiliser les projets », représentent « un véritable défi pour les collectivités dans leur capacité à proposer du foncier aux entreprises », estiment les auteurs.

    Parmi les autres difficultés rencontrées : les coûts du foncier, l’acceptabilité du projet ou encore le manque d’attractivité du territoire.

    Tendance aux petites surfaces
    Il ressort du Baromètre 2026 que les besoins des industriels ne sont pas les mêmes aujourd’hui qu’il y a cinq ans. En termes de surface, la tendance est à des projets plus petits, inférieurs à 50 hectares. « Il y a une forte attente de petits fonciers, de moins de 5 ou 2 hectares, de la part d’entreprises qui souhaiteraient par exemple rajouter un atelier pour répondre aux commandes de leurs clients. Et c’est là que c’est compliqué, parce que les zones d’activité économiques sont souvent déjà saturées », explique Thomas Raulet, de la Banque des Territoires, interrogé par Les Échos.

    La nature des terrains recherchés a aussi changé, ce qui traduit une « recomposition profonde des activités économiques », relèvent les auteurs du Baromètre. Les demandes en faveur de fonciers industriels et d’artisanat restent dominantes – représentant respectivement 36 % et 30 % des besoins en 2025 – mais en léger repli (-2 points et -1 point comparé à 2020).

    Celles liées au commerce ont fortement reculé (passant de 17 % à 7 %), tout comme les besoins de bureaux, dont la demande est tombée à zéro dans les intercommunalités (11 % en 2022, 0 % en 2025). C’est surtout la logistique qui tire son épingle du jeu, représentant 14 % des demandes contre 7 % cinq ans plus tôt.

    De nouvelles aspirations ont en outre émergé, comme la demande pour sortir de terre des centres de données. Si cette dernière demeure pour l’heure marginale (5 % en 2025), elle témoigne d’une évolution des attentes.


    La nature des terrains recherchés a changé par rapport à 2022, ce qui traduit une « recomposition profonde des activités économiques », d’après les auteurs du Baromètre.
    Crédits : © Agathe Perrier, La Tribune

    Concurrence accrue
    Tout ce contexte ne rend pas attractif le développement de projets économiques. D’autant plus que d’autres acteurs lorgnent les surfaces disponibles pour y ériger des logements, des activités culturelles ou de loisirs…

    Ils ont d’ailleurs déjà réussi à grappiller des mètres carrés. Sur les cinq dernières années, les communautés de communes ont ainsi déclassé en moyenne 13 hectares de surface économique au profit d’autres usages (logements, infrastructures ou équipements). Soit l’équivalent d’environ 17 terrains de football par intercommunalité.

    « En matière de planification et de stratégie foncière, la tendance d’éviction du foncier économique s’est installée dans la durée », confirment les auteurs. Et d’alerter : « Cette dynamique d’éviction du foncier économique est particulièrement préoccupante pour le renforcement de l’économie productive des territoires ».

  • Climat : le coût astronomique des vagues de chaleur en Europe
    https://www.latribune.fr/article/climat/36002459271601/climat-le-cout-astronomique-des-vagues-de-chaleur-en-europe

    Les vagues de chaleur ne sont plus seulement un enjeu sanitaire ou environnemental : elles deviennent un choc économique majeur pour les pays. Baisse de productivité, ralentissement industriel, hausse des dépenses publiques… Plongée dans cette nouvelle réalité.

    Les climatologues appellent ce phénomène un « flip thermique », soit une forte variation de température en l’espace d’une seule journée. C’est ce que subit l’Europe depuis quelques jours, avec des températures bien au-dessus des normales saisonnières, et déjà huit départements en vigilance orange canicule mardi.

    Ces épisodes « de chaleur précoce et remarquable », comme le note Météo France dans son dernier bulletin, ont toujours existé, mais selon la revue scientifique Nature, ils sont aggravés par le réchauffement climatique. Avec des variations brutales de température, à la fois plus intenses, plus fréquentes et plus rapides. De sorte que l’exposition de la population mondiale à ces « flips thermiques » va plus que doubler d’ici la fin du siècle.

    « Un choc macro-économique »
    Avec des conséquences concrètes sur les économies des pays, notamment les plus riches. Car ces vagues de chaleur anormales ont en effet un coût, certains spécialistes n’hésitant pas à parler de « choc macro-économique ». Parue en septembre 2025, l’étude la plus récente sur cet enjeu a beaucoup fait parler d’elle.

    Premier chiffre à retenir de ces travaux, menés par des chercheurs de l’université de Mannheim et de la Banque centrale européenne : combinées, les vagues de chaleur, les sécheresses et inondations de l’été 2025 auraient coûté 43 milliards d’euros à l’économie européenne.

    Ce n’est pas tout, selon les auteurs : l’impact économique pourrait persister, avec une facture qui pourrait monter à 126 milliards d’euros d’ici 2029. En clair, les températures extrêmes amputent directement la croissance des économies européennes.

    #paywall

  • Transparence salariale : pourquoi ce texte en faveur de l’égalité femmes-hommes traîne tant
    https://www.latribune.fr/article/economie/7812149281154514/transparence-salariale-pourquoi-ce-texte-en-faveur-de-legalite-femmes-homm

    Le gouvernement espère que le projet de loi transposant en droit français la directive européenne sur la transparence salariale puisse être présenté au Conseil des ministres en juin. La France ne respectera pas l’échéance pour la transposition de ce texte.

    Enfin. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a dit en fin de semaine dernière espérer que le projet de loi transposant en droit français la directive européenne sur la transparence salariale, qui vise à améliorer l’égalité entre femmes et hommes, puisse être présenté au Conseil des ministres au mois de juin.

    « Mon intention – et je fais tout pour y arriver, mais je ne suis pas seul à décider – c’est de pouvoir présenter un projet de loi (…) en Conseil des ministres pendant le mois de juin, ce qui permettrait d’avoir une perspective de vote dans le courant de l’année », a expliqué Jean-Pierre Farandou lors d’un échange avec des journalistes. L’échéance pour la transposition de cette directive européenne est fixée au 7 juin, un délai que la France ne respectera pas.

    « Ça fait trois ans que cette directive a été adoptée au plan européen, ça fait trois ans que la France refuse de la mettre en œuvre, alors que les femmes en France sont toujours payées 25 % de moins que les hommes », a critiqué la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, interrogée sur Franceinfo.

    Des divergences entre syndicats et patronat
    La numéro un de la CFDT Marylise Léon, s’est aussi dite il y a quelques jours inquiète du retard pris par cette transposition. « L’Europe, souvent critiquée, nous permet d’avancer sur ce sujet fondamental des inégalités salariales entre hommes et femmes. Le calendrier est connu depuis longtemps et on ne s’est pas beaucoup pressé », avait-elle déclaré le 16 mai.

    « On me dit qu’il y a un embouteillage parlementaire, mais c’est inaudible pour les femmes qui subissent des discriminations. Donc, j’ai une suggestion : on retire le projet de loi sur le 1ᵉʳ Mai, car, franchement, ce n’est pas une urgence, et on met à l’agenda des textes qui intéressent véritablement les travailleurs », exhorte la dirigeante de la CFDT.

    Outre la difficulté de trouver une place dans l’agenda parlementaire chargé pour ce texte « volumineux », Jean-Pierre Farandou a fait état de divergences difficiles à surmonter entre attentes des organisations syndicales et patronales. « Le monde syndical trouve que ça ne va pas assez loin », tandis que « le monde patronal est très inquiet » des changements d’organisation qu’implique cette transposition, a-t-il résumé.

    Pour rappel, en mars, syndicats et patronat étaient sortis insatisfaits d’une réunion sur la transposition de cette directive, dénonçant respectivement une sous-transposition et une sur-transposition et, des deux côtés, le manque du volet concernant la fonction publique.

    Le seuil de 10 salariés pointé par les syndicats
    À l’issue de cette réunion, l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC avait dénoncé dans un communiqué un projet de loi qui « traduit imparfaitement certaines obligations de la directive et manque de transparence avec un renvoi excessif aux décrets d’application ».

    Les syndicats pointaient le renvoi à des décrets de points jugés essentiels, comme les « seuils d’effectifs dans une entreprise permettant de refuser l’information à un salarié ».

    La directive prévoit qu’un salarié puisse demander des informations sur les niveaux de rémunération moyens, ventilés par sexe, des catégories de travailleurs accomplissant un travail « de même valeur » que le sien. Un seuil de 10 salariés par catégorie a été mentionné pour que cette obligation soit appliquée, ce qui exclurait « presque la totalité des entreprises », s’inquiète la secrétaire confédérale de la CGT Myriam Lebkiri.

    Quant aux sanctions prévues, elles ne sont pas « proportionnées et dissuasives » comme le prévoit la directive, selon les syndicats, car trop faibles et ne portant que sur les manquements aux obligations déclaratives des entreprises, pas sur les écarts de rémunérations constatés.

    Le Medef pointait une « sur-transposition »
    Du côté du Medef, on se disait également « pas du tout satisfait du contenu du projet de loi ». « Originellement, le texte de cette directive ne nous convient pas », soulignait-on au sein de la première organisation patronale, rappelant que l’organisation patronale européenne BusinessEurope a demandé une pause dans son application.

    Le Medef pointait la « sur-transposition » d’un texte imprécis, via notamment son application aux entreprises de plus de 50 salariés et non 100, et craint qu’il ne fasse « que complexifier la vie des entreprises et des salariés ». Medef comme syndicats indiquaient encore attendre des informations sur la transposition de la directive dans la fonction publique.