• Face au blocage d’Ormuz, un « plan Marshall » transforme le désert en autoroute mondiale du fret
    (si vous aimez les photos de files de camions…)
    https://www.latribune.fr/article/economie/international/61098663719890/face-au-blocage-dormuz-un-plan-marshall-transforme-le-desert-en-autoroute-


    Ce sont désormais les camions qui absorbent les chocs dans le Golfe, et maintiennent, tant bien que mal, la circulation des marchandises.
    STR / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

    La fermeture du détroit d’Ormuz et les tensions en mer Rouge désorganisent les routes du commerce mondial et déplacent les flux vers de nouveaux hubs régionaux. Dans le désert du Golfe, les conteneurs quittent la mer pour la route, portés par des flottes de camions devenues essentielles à la logistique internationale.

    Le désert ne sert plus seulement de décor. Il est devenu une artère logistique à part entière. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz fin février et la désorganisation des routes maritimes en mer Rouge, les flux mondiaux de marchandises se sont déplacés, fragmentés, recomposés — et, surtout, ils roulent désormais.
    Dans cette nouvelle géographie contrainte du commerce international, les conteneurs ne prennent plus la mer avant de réapparaître dans les ports du Golfe. Ils s’arrêtent, sont déchargés, puis prennent la route. Et ce sont des milliers de camions qui absorbent désormais le choc géopolitique.


    A Banias, en Syrie, des centaines de camions attendant avant de décharger dans le port.
    Crédits : Anadolu via AFP - 2026 Anadolu - IZZ ALDIEN ALQASEM

    Un désert saturé
    Désormais, une part croissante des marchandises transite par la mer Rouge et le canal de Suez avant de toucher terre sur la façade occidentale de la péninsule Arabique. De là, tout change de nature. À Jeddah, les grues tournent sans interruption. Le port saoudien, longtemps tourné vers son arrière-pays régional, s’est transformé en plateforme de redistribution vers le Golfe. Les navires des géants mondiaux du transport maritime y déversent leurs cargaisons. Les conteneurs y changent de monde : de la mer au bitume.

    Car la mer ne suffit plus. Les cargaisons repartent aussitôt vers l’intérieur des terres, par convois routiers, sur des autoroutes qui traversent des centaines de kilomètres de désert pour rejoindre Sharjah, Bahreïn ou le Koweït — désormais privés d’accès maritime direct.

    Le règne discret des corridors terrestres
    Plus à l’ouest et au sud, d’autres ports jouent les points de rebond. Sohar à Oman, Fujairah et Khor Fakkan aux Émirats arabes unis sont devenus des portes d’entrée alternatives, hors de la zone d’instabilité du détroit. Mais ces ports ne sont que des étapes. 


    A Fujaïrah, aux Émirats arabes unis, les files de camions circulent jour et nuit.
    Crédits : ZEUS - ZUMA Press Wire via Reuters Conn - Represented by ZUMA Press, Inc. - Elke Scholiers

    Khor Fakkan incarne peut-être le mieux cette mutation silencieuse. Un port secondaire devenu, presque du jour au lendemain, un nœud critique. Le trafic routier y a explosé : d’une centaine de camions par jour à près de 7 000 aujourd’hui rapporte le Wall Street Journal. Les quais débordent, les camions s’enchaînent, les conteneurs circulent sans interruption entre mer et désert.
    À mesure que les flux s’éloignent du maritime pur, les corridors terrestres deviennent des infrastructures vitales. L’Arabie saoudite tente d’en structurer plusieurs, combinant routes et rail pour relier la mer Rouge au Golfe et jusqu’à la frontière jordanienne. Une ambition stratégique, mais déjà sous pression.

    Sur le terrain, le changement est visible à l’œil nu. Les files de camions s’étirent à perte de vue. Les relais logistiques se multiplient. Les temps de trajet s’allongent. À Aqaba, en Jordanie, les conteneurs débarqués prennent la route vers l’Irak. Bagdad et Bassorah sont désormais alimentées par des itinéraires hybrides. Plus au nord, la Turquie sert elle aussi de passage pour certains flux vers le territoire irakien.


    Les infrastructures locales sont débordées par ce nouveau trafic, créant des files de camions sur des dizaines de kilomètres.
    Crédits : Anadolu via AFP - 2026 Anadolu - IZZ ALDIEN ALQASEM

    Même des infrastructures encore en construction sont intégrées à cette nouvelle carte. A l’image de Neom, projet futuriste devenu malgré lui maillon logistique, participe à cette redistribution improvisée des flux.

    Une logistique plus coûteuse
    Dans les centres de décision des armateurs, le constat est le même : le système tient, mais au prix fort. Les trajets s’allongent de près de deux semaines entre l’Asie et l’Europe. Les navires sont plus nombreux, les soutes consomment davantage. Les chaînes logistiques, désormais fragmentées, perdent en efficacité.

    Un constat partagé par Yves Guillo, expert des chaînes d’approvisionnement au cabinet Efeso. « Les temps de transport se sont allongés entre l’Asie et l’Europe, de deux semaines en moyenne, les coûts ont augmenté, parce qu’il faut 30 à 50 % de carburant en plus, et 10 à 20 % de bateaux supplémentaires pour assurer les mêmes fréquences de passage », détaille-t-il. Le coût d’un conteneur standard de 40 pieds a ainsi augmenté de 14 % entre avril 2025 et avril 2026, selon l’indice Drewry.


    Ces corridors routiers mobilisent des dizaines de milliers de camions dans toute la région.
    Crédits : ZEUS - ZUMA Press Wire via Reuters Conn - Represented by ZUMA Press, Inc. - Elke Scholiers

    Ce qui se joue ici dépasse largement la région. C’est une transformation brutale du commerce mondial : un système historiquement maritime qui, sous contrainte géopolitique, se recompose en réseau hybride. Entre les ports et les marchés, ce sont désormais les camions qui absorbent les chocs, prolongent les chaînes, et maintiennent, tant bien que mal, la circulation des marchandises. Dans le silence du désert, la logistique mondiale a changé de rythme. Et elle roule.

  • Affaire Hegseth : Tentative d’investissement dans le secteur militaire avant l’offensive, soupçons de fuites à Washington
    https://www.latribune.fr/article/economie/international/18195059024815/affaire-hegseth-le-secretaire-americain-a-la-defense-accuse-de-paris-finan

    Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, se retrouve au centre d’une controverse financière après des révélations sur une tentative d’investissement massif dans le secteur de l’armement juste avant des frappes en Iran. Ce dossier, mêlant soupçons de délit d’initié et démentis formels, interroge la porosité entre haute fonction publique et marchés financiers.

    Source : Financial Times

  • Le transporteur Cosco annonce une reprise partielle des réservations de fret vers le Golfe
    https://www.msn.com/fr-be/finance/actualite/le-transporteur-cosco-annonce-une-reprise-partielle-des-r%C3%A9servations-de-fret-vers-le-golfe/ar-AA1ZlZ49

    Le géant chinois du transport maritime Cosco a annoncé mercredi reprendre les réservations de conteneurs de fret à destination de la plupart des pays du Golfe.

    Cette reprise « avec effet immédiat » s’applique aux conteneurs de fret « général » à destination des Emirats Arabes Unis, de l’Arabie Saoudite, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de l’Irak, dit Cosco dans un communiqué. La liste ne comprend donc pas l’Iran.

    Cosco a annoncé début mars suspendre ses services vers et en provenance du Golfe à cause de la guerre. Son communiqué de mercredi n’évoque pas le fret en provenance de la région.

    @simplicissimus : je suppose que cela veut dire qu’ils se sont mis d’accord avec l’Iran ???

    • probable…

      pour rappel, le détroit est " ouvert ", mais pas à tout le monde (cf. le communiqué de mardi soir, dans l’article de La Tribune ci-dessous, communiqué APF repris dans le message ci-dessus)

      il y a quand même pas mal de conditions, avec, très certainement, déclaration complète des cargaisons (les connaissements) suivie d’inspections du chargement à bord, signalement du navire lors du franchissement, respect des instructions sur place et paiement du tarif requis – il se dit que celui-ci serait payable en yuans…

      Trump évoque un « très gros cadeau » de l’Iran, Cosco reprend le fret vers le Golfe… Téhéran desserre l’étreinte sur Ormuz
      https://www.latribune.fr/article/economie/international/58689541096050/trump-evoque-un-tres-gros-cadeau-de-liran-cosco-reprend-le-fret-vers-le-go

      Téhéran rouvre partiellement le détroit
      L’Iran a justement déclaré plus tard dans la soirée que les « navires non hostiles » pouvaient emprunter le détroit d’Ormuz à condition de respecter les règles de sûreté et de sécurité, selon un communiqué transmis à l’Organisation maritime internationale (OMI). L’OMI a précisé que ce document, daté de dimanche, avait été émis par le ministère iranien des Affaires étrangères, avec la demande qu’il soit diffusé par l’OMI. L’organisation l’a communiqué à ses États membres et aux ONG, a-t-elle ajouté.

      Le communiqué souligne que « tout actif appartenant aux agresseurs – à savoir les États-Unis et le régime israélien – ainsi qu’aux autres participants à l’agression ne peuvent prétendre à un passage pacifique ou non hostile ». Il précise que la responsabilité de « toute perturbation, insécurité ou montée en flèche des risques dans cette voie maritime cruciale » incombe aux États-Unis et à Israël, accusés de livrer une « guerre illégale et déstabilisatrice contre l’Iran ».

      Cosco annonce une reprise partielle des réservations de fret vers le Golfe
      Selon le communiqué, ces deux pays ont « mis en péril la paix et la stabilité régionales et exposé le transport maritime international à des menaces sans précédent ». Pour rappel, l’Iran a quasiment fermé ce détroit stratégique, par lequel transite près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures, depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, qui ont déclenché le conflit et provoqué une envolée des prix mondiaux du pétrole et du gaz.

      Cosco semble déjà avoir profité de cette réouverture partielle. Le géant chinois du transport maritime a annoncé ce mercredi reprendre les réservations de conteneurs de fret à destination de la plupart des pays du Golfe. Cette reprise « avec effet immédiat » s’applique aux conteneurs de fret « général » à destination des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de l’Irak, dit Cosco dans un communiqué. La liste ne comprend donc pas l’Iran.

    • la crise semble être un puissant accélérateur pour la mise en place de liens commerciaux et politiques ainsi que de circuits financiers hors de la sphère états-unienne que son grand leader, sous couvert de restaurer sa grandeur, a l’air de saborder avec entrain

      Quos vult Jupiter perdere, dementat prius.

      J.-F. Boissonade de Fontarabie
      (traduisant Euripide)

      interprété par Racine

      Daigne, daigne, mon Dieu, sur Mathan et sur elle
      Répandre cet esprit de vertige et d’erreur,
      De la chute des rois funeste avant-coureur !

      Athalie

      (merci à Nénufar qui met en ligne Le petit Larousse illustré (éd. 1906) et probablement, ses #pages_roses – je ne sais pas si elles l’étaient déjà à l’époque)
      https://nenufar.huma-num.fr/?article=68544

    • Cosco @ Ormuz, le feuilleton continue…

      Two Chinese Container Ships From Cosco Attempt Hormuz Exit Again
      https://gcaptain.com/two-chinese-container-ships-from-cosco-attempt-hormuz-exit-again

      Mar 30, 2026 (Bloomberg) –Two container ships linked to China’s state-owned Cosco Shipping Corp. are trying again to exit the Persian Gulf through the Strait of Hormuz, according to ship-tracking data compiled by Bloomberg News, just days after aborting a previous attempt.

      The CSCL Indian Ocean and CSCL Arctic Ocean began sailing northeast from waters off Dubai on Monday morning, heading toward a channel in between Iran’s Larak and Qeshm islands, near the narrow opening of the strait, the data showed. They are listed as part of Cosco Shipping Lines Co.’s fleet, according to the website of the company, which is a subsidiary of Cosco Shipping Corp. 

      In retaliation to US-Israeli strikes, Iran has choked off the Strait of Hormuz, a crucial passage for global trade, and only some Tehran-approved vessels including liquefied petroleum gas carriers have transited recently.

      Both ships were signaling Chinese ownership and crew onboard in an apparent effort to ensure safe passage through the waterway. The vessels used the same tactics on Friday, when they U-turned near Iran. It was not immediately clear why they motored back instead of leaving the Gulf.

      The two vessels, each with the capacity to transport about 19,000 twenty-foot equivalent containers, were seen taking the same route on Monday. They have been stuck in the Persian Gulf for more than a month since the US and Israel launched the war against Iran.

  • Groenland : pourquoi l’UE est impuissante face à l’offre de rachat de Donald Trump
    https://www.latribune.fr/article/economie/international/1668796894752215/achat-du-groenland-le-detail-juridique-qui-paralyse-bruxelles

    Alors que les ricanements accueillaient la proposition de Donald Trump de « racheter » le Groenland, le ton a changé en ce début d’année 2026. L’offre — désormais chiffrée — de 10 000 à 100 000 dollars pour chacun des 57 000 habitants de l’île n’est plus une boutade, mais le cheval de Troie d’une stratégie de séduction agressive. Car il y a un angle mort juridique que Bruxelles feint d’ignorer : le Groenland n’a pas besoin de l’aval de l’Union européenne pour changer de destin.

    Le premier paradoxe réside dans le statut de l’île. Bien que le Danemark soit un pilier de l’UE, le Groenland a quitté l’organisation dès 1985. Aujourd’hui simple « pays et territoire d’outre-mer » (PTOM), le territoire n’est lié à Bruxelles que par un accord d’association. Sur le plan du droit pur, si Nuuk décide de modifier son statut international, l’UE n’a aucun pouvoir de veto. La compétence est strictement bilatérale entre la capitale groenlandaise et Copenhague. Les Européens pourraient se retrouver spectateurs d’une transaction qui leur échappe sur leur propre flanc arctique, sans le moindre levier juridique formel pour l’interdire.

  • Arabie saoudite : « Les métaux sont en effet le nouveau pétrole », selon le vice-ministre des mines
    https://www.latribune.fr/article/economie/international/17399844488063/arabie-saoudite-les-metaux-sont-en-effet-le-nouveau-petrole-selon-le-vice-

    INTERVIEW. « Les métaux sont le nouveau pétrole » : c’est l’ambition affirmée par le vice-ministre du Développement minier d’Arabie saoudite, Turki A. Al-Babtain. De l’or au cuivre, en passant par le phosphate et les terres rares, le royaume diversifie son économie et engage d’importantes réformes pour attirer les investisseurs. Il explique sa stratégie et les objectifs de la Vision 2030.

    Cette année, le sommet diplomatique du Paris Peace Forum a réuni plus de 3 000 participants parmi lesquels des chefs d’État et de gouvernement, des ONG et des entreprises. Le thème de cette édition 2025 appelait à de « nouvelles coalitions pour la paix, les peuples et la planète » et approfondissait la question des enjeux miniers. À cette occasion, le vice-ministre du Développement minier d’Arabie saoudite, Turki A. Al-Babtain, était présent au Trocadéro. Ingénieur de formation, formé chez Saudi Aramco, il a rejoint le ministère en 2020, alors que le royaume pétrolier développe rapidement ses capacités minières et industrielles. Pour La Tribune, il revient sur la grande ambition saoudienne en matière de minéraux.

    LA TRIBUNE. Le ministre Al-Mudaifer a récemment déclaré que l’Arabie saoudite « est en train de devenir un pôle mondial pour les minéraux ». Comment définissez-vous concrètement cette ambition ?
    TURKI A. AL-BABTAIN. Dans le cadre du plan Vision 2030 de l’Arabie saoudite, notre secteur minier et métallurgique devient progressivement le troisième pilier de l’économie nationale. Pour vous donner une idée de nos objectifs, nous prévoyons de doubler la contribution du secteur minier au PIB, qui s’élevait à environ 36 milliards de dollars en 2024. Parmi nos principales réformes figure la refonte de la loi sur les investissements miniers, qui simplifie les procédures d’octroi de licences et d’autorisations. Nous avons également lancé une base de données géologique nationale, offrant aux investisseurs l’accès à 80 années de données géologiques historiques, et menons, en parallèle, l’une des plus vastes campagnes géophysiques et géochimiques au monde. Cette dernière couvre 700 000 km2 du Bouclier arabique [situé sur les rivages de la mer Rouge]. Environ 80 % de cette étude est désormais achevée et publiée pour les investisseurs et les explorateurs.

    Quels types de gisements ont fait l’objet d’actualisation ou de découvertes ?
    L’Arabie saoudite possède une gamme vaste et diversifiée de ressources minérales. Les données géologiques recensent plus de 48 types de minéraux, parmi lesquels les plus prioritaires sont l’or, le cuivre, le zinc, le phosphate, les terres rares ainsi que la bauxite. Le potentiel minéral total estimé du royaume, d’après les études et relevés récents, s’élève à environ 2 500 milliards de dollars. L’Arabie saoudite ayant mis la priorité sur des secteurs tels que l’automobile, les énergies renouvelables, l’industrie militaire, la machinerie et la transformation alimentaire, la demande en minéraux dans le royaume devrait croître fortement. Notre stratégie consiste donc à préparer le marché local pour répondre à cette demande croissante, tout en garantissant la résilience des chaînes d’approvisionnement pour les minéraux non disponibles sur le territoire.

    Le phosphate semble également occuper une place particulière dans la stratégie saoudienne ?
    Le phosphate est très important. L’Arabie saoudite dispose déjà de l’une des plus grandes industries d’engrais phosphatés au monde et en est le deuxième exportateur mondial. Nous prévoyons de tripler nos capacités d’ici à 2040, passant de 6 à environ 18 millions de tonnes, ce qui est crucial pour la sécurité alimentaire mondiale.
    Vous menez, parallèlement à l’extraction, de grands projets industriels. L’objectif est-il de couvrir toute la chaîne de valeur ?
    Oui, depuis la bauxite jusqu’aux feuilles d’aluminium finies. L’un des principaux succès est que les grands constructeurs automobiles européens ont adopté l’aluminium saoudien dans leur production. De même pour le titane dans l’aéronautique. En Arabie saoudite, nous avons déjà construit de grandes zones industrielles spécifiquement consacrées au traitement des minéraux. Par exemple, la cité industrielle de Ras Al-Khair, sur la côte Est, est l’une des plus vastes. Nous y avons mis en place une chaîne de valeur intégrée complète pour l’aluminium, depuis l’extraction de la bauxite jusqu’au raffinage de l’alumine, à la fonderie, puis au laminage.

    La question des ressources humaines est un enjeu pour beaucoup de pays. misez-vous sur l’attraction d’experts internationaux ou sur la formation de talents locaux ?
    Les deux. Le secteur minier est assez particulier : il existe une pénurie mondiale de professionnels qualifiés, et une grande partie de cette main-d’œuvre est vieillissante. Nous adoptons donc une approche duale : attirer des experts internationaux tout en transférant leurs connaissances et en développant nos propres compétences locales au sein du royaume. Nos décennies d’expérience dans le pétrole, le gaz, la pétrochimie et la chimie nous donnent une base très solide. Ces industries nous apportent un avantage considérable pour développer le potentiel minier, car elles mobilisent des compétences d’ingénierie, de logistique et techniques similaires. Nous renforçons nos efforts de formation et de développement des compétences à travers plusieurs programmes académiques et professionnels. Par exemple, nous avons lancé un programme de sciences et d’ingénierie minières à la King Fahd University of Petroleum and Minerals, l’une de nos institutions les plus prestigieuses, afin de former la nouvelle génération de géologues et d’ingénieurs miniers. Nous disposons également du Saudi Mining Polytechnic, qui rencontre un grand succès et diplôme chaque année des centaines d’étudiants.

    Où en est le projet de Bourse saoudienne des métaux ?
    La Bourse des matières premières, ou Bourse des métaux, fait partie des initiatives à fort potentiel que nous étudions. Le projet est encore en phase de conception, mais nous voyons un fort avantage compétitif pour l’Arabie saoudite à introduire un nouveau modèle innovant de commerce de matières premières, fondé sur la stabilité, la transparence et la confiance des investisseurs.

    Le développement durable et l’acceptabilité sont-ils des critères importants pour le royaume ?
    Bien sûr. Nous intégrons la responsabilité et la durabilité à toutes les étapes du développement, de l’exploration à l’extraction, jusqu’au traitement des minerais. Par exemple, notre nouvelle loi sur l’investissement minier impose des normes ESG strictes, rend obligatoire la concertation avec les communautés locales et exige une réhabilitation environnementale complète de la part de chaque investisseur, aussi bien pour l’exploration que pour l’exploitation et le raffinage.

    Le royaume met également en œuvre plusieurs programmes de décarbonation et de réduction de l’empreinte carbone. L’ensemble de ces initiatives contribue à assurer la durabilité à long terme du secteur minier et métallurgique.

    L’ensemble de ces efforts et évolutions récentes sont-ils le signe d’une volonté de l’Arabie saoudite de ne pas compter que sur le gaz et le pétrole ?
    L’un des objectifs principaux du développement du secteur minier, et de la Vision 2030 dans son ensemble, est de diversifier notre économie au-delà du pétrole et du gaz. Nous pensons que le secteur minier sera un moteur clé de cette diversification. Pour vous donner une idée de nos objectifs : nous prévoyons de doubler la contribution du secteur minier au PIB, en passant d’environ 36 milliards de dollars aujourd’hui à 75 milliards d’ici à 2035. Cela revient pratiquement à doubler le PIB du secteur. Environ 70 % à 80 % de cette croissance devraient provenir du traitement des minerais, à la fois intermédiaire et en aval.

    Iriez-vous jusqu’à dire que le métal est le nouveau pétrole ?
    Oui, je le pense. Les métaux sont en effet le nouveau pétrole, non pas au sens fiscal, mais en tant que moteur de diversification économique. Nous considérons le secteur minier en Arabie saoudite non pas simplement comme une source de revenus, mais comme un levier stratégique de développement économique et industriel.

  • Aaron Slodov / X – any product containing >0.1% chinese rare earth materials needs beijing’s approval before re-export
    https://x.com/aphysicist/status/1976272490172231701

    CHINA JUST WEAPONIZED THE ENTIRE RARE EARTH SUPPLY CHAIN

    get used to reading chinese MOFCOM bulletins because they’re writing american industrial policy now.

    announced today: any product containing >0.1% chinese rare earth materials needs beijing’s approval before re-export to third countries.

    doesn’t matter if you manufactured it in taiwan, vietnam, or texas.

    chinese dysprosium in your magnet? chinese gallium in your chip? beijing gets veto power over the sale.

    this is the nuclear option. US spent 3 years trying to deny china access to advanced chipmaking tools. china just responded with chokehold on literally every semiconductor fab, AI data center, defense contractor, and EV manufacturer on earth.

    everything runs on chinese rare earths. building alternative supply chains takes 5-10 years minimum.

    we don’t have 5-10 years. effective december 1st.

    the AI boom just hit a hard ceiling and we’re still pretending we can offshore our way to prosperity.

    time to reindustrialize like our lives depend on it. because they do.

    • China expands rare earth restrictions, targets defence, semiconductor users | Reuters
      https://www.reuters.com/world/china/china-tightens-rare-earth-export-controls-2025-10-09

      • China curbs export of five new rare earth elements
      • New rules come weeks ahead of Trump-Xi meeting
      • Foreign producers who use Chinese tech, material required to comply
      • Foreign semiconductor users will face more scrutiny

      BEIJING, Oct 9 (Reuters) - China dramatically expanded its rare earths export controls on Thursday, adding five new elements and extra scrutiny for semiconductor users as Beijing tightens control over the sector ahead of talks between Presidents Donald Trump and Xi Jinping.
      The world’s largest rare earths producer also added dozens of pieces of refining technology to its control list and announced rules that will require compliance from foreign rare earth producers who use Chinese materials.

      The Ministry of Commerce’s announcements follow U.S. lawmakers’ call on Tuesday for broader bans on the export of chipmaking equipment to China.
      They expand controls Beijing announced in April that caused shortages around the world, before a series of deals with Europe and the U.S. eased the supply crunch.
      “The White House and relevant agencies are closely assessing any impact from the new rules, which were announced without any notice and imposed in an apparent effort to exert control over the entire world’s technology supply chains,” a White House official told Reuters on Thursday.
      The new curbs come ahead of a scheduled face-to-face meeting between Trump and Xi in South Korea at the end of October.

      “This helps with increasing leverage for Beijing ahead of the anticipated Trump-Xi summit in (South) Korea later this month,” said Tim Zhang, founder of Singapore-based Edge Research.
      China produces over 90% of the world’s processed rare earths and rare earth magnets. The 17 rare earth elements are vital materials in products ranging from electric vehicles to aircraft engines and military radars.

      Exports of 12 of them are now restricted after the ministry added five - holmium, erbium, thulium, europium and ytterbium - along with related materials.

      Foreign companies producing some of the rare earths and related magnets on the list will now also need a Chinese export licence if the final product contains or is made with Chinese equipment or material. This applies even if the transaction includes no Chinese companies.
      The regulations mimic rules the U.S. has implemented to restrict other countries’ exports of semiconductor-related products to China.
      It was not immediately clear how Beijing intends to enforce its new regime, especially as the U.S., the European Union and others race to build alternatives, opens new tab to the Chinese rare earth supply chain.

      “We’re likely entering a period of structural bifurcation — with China localizing its value chain and the U.S. and allies accelerating their own,” said Neha Mukherjee, a rare earths analyst with Benchmark Mineral Intelligence.

    • Terres rares : la Chine renforce son contrôle des exportations mondiales
      https://www.latribune.fr/article/economie/international/9345853546532/terres-rares-la-chine-renforce-son-controle-des-exportations-mondiales


      Des échantillons de minéraux de terres rares (à gauche, oxyde de cérium, bastnasite, oxyde de néodyme et carbonate de lanthane) sont exposés à Mountain Pass, en Californie.
      /FW1FP/Sandra Maler - REUTERS - David Becker

      Les annonces de Pékin sont lourdes de conséquence pour les chaînes d’approvisionnement déjà fragilisées : désormais, n’importe quel produit, composant, ou technologie incorporant des terres rares ou savoir-faire chinois, devra obtenir une licence de Pékin pour être exporté, y compris si le produit se trouve déjà hors de Chine et si l’expédition se fait entre deux pays tiers.

      En 3 ans, plus de 140 entités chinoises ont été ajoutées à la liste noire américaine des entreprises sous sanction. Pour elles, impossible de s’approvisionner en puces de dernière génération, semi-conducteurs et logiciels de conception. À chaque vague de sanction, Pékin répond au coup par coup : mise en place de licences d’exportation sur le graphite, puis l’antimoine, le germanium et enfin, en avril, sur les terres rares.

      Cette semaine, la donne semble changer.
      La Chine n’a pas attendu les annonces officielles de Washington pour dégainer des méthodes coercitives. À peine des sénateurs américains avaient-ils appelé, mardi, à durcir les sanctions, que le ministère chinois du Commerce annonçait déjà des mesures d’envergure sur les terres rares.

    • commentaire du premier tweet

      Bill Bishop / X
      https://x.com/niubi/status/1976319737173856447

      I did a translation of all 6 related announcements here. Today’s actions go way beyond semiconductors. You company needs drill bits for oil and gas drilling? You will need a PRC license... The PRC just showed that it can control the supply chains for “new quality productive forces” globally. I am skeptical this is just signalling as part of US-China negotiations. This seems more like the PRC saying “enough, no more screwing around”, and calling the US bluff. How the Trump admin responds is going to be interesting, the US does have areas of real leverage with the PRC, but so far has been unwilling to exercise that leverage, and if they do now the escalation cycle is going to accelerate and get increasingly painful
      https://sinocism.notion.site/October-9-2025-Ministry-of-Commerce-Export-Control-actions-28784ec
      Today’s announcements are numbered 55, 56 ,57, 58, 61 and 62. They issue these in sequence, so there must be a 59 and a 60, but those have not been publicized. What are they?

    • Donald Trump et la Chine repartent en guerre : les prix des produits chinois pourraient doubler et la bourse s’effondre - Numerama
      ça a pas trop l’air d’intéresser les grands médias…
      https://www.numerama.com/politique/2092569-donald-trump-et-la-chine-repartent-en-guerre-les-prix-des-produits

      Alors que la bourse ne cesse de battre des records depuis le début d’année, en grande partie grâce à l’IA et à la tech, le président américain a publié plusieurs tweets assassins contre la Chine, à qui il reproche sa nouvelle politique sur les exportations de terres rares. D’ici au 1er novembre, Donald Trump compte imposer 100 % de taxes douanières supplémentaires.

      On pensait la guerre économique entre les États-Unis et la Chine en pause, voilà qu’elle repart de plus belle. La Chine, le 9 octobre, a annoncé une nouvelle terrible pour les industries du monde entier : l’exportation de terres rares et de produits qui contiennent des terres rares est désormais soumise à une approbation du gouvernement. Un coup dur pour toute l’industrie de l’électronique, qui ne peut quasiment rien fabriquer sans ces matériaux. Face à des États-Unis qui taxent et interdisent, la Chine se lance dans une guerre de matériaux.

      Donald Trump, sur Truth Social, n’a pas tardé à réagir à la décision chinoise. Le président américain dénonce « des choses très bizarres qui se passent en Chine » et fait mine de ne pas comprendre pourquoi la Chine, avec qui il entretient « une très bonne relation depuis six mois », décide de faire ça. « Personne n’a jamais rien vu de tel, cela reviendrait essentiellement à « boucher » les marchés », indique Donald Trump. En réaction à ce message alarmiste, les fameux marchés se sont effondrés. Le S&P500 a perdu 2,71 % en une journée, avec des actions comme Apple (-3,45 %), ARM (-9,26 %) ou Nvidia (-4,91 %) dans le rouge. D’autres industries sont concernées, notamment dans le textile, puisque Donald Trump veut taxer toutes les exportations chinoises en représailles.

    • Donald Trump relance l’offensive commerciale contre la Chine
      https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20251010-donald-trump-relance-l-offensive-commerciale-contre-la-chine

      Les nouveaux contrôles annoncés jeudi par Pékin concernent l’exportation des technologies liées à l’extraction et la production de ces matériaux, selon un communiqué du ministère chinois du Commerce. « Cela a été une vraie surprise », a admis le président américain. « Je devais rencontrer le président Xi dans deux semaines au sommet de l’Apec (Coopération économique Asie-Pacifique) en Corée du Sud mais il ne semble plus y avoir de raison » pour le faire, a encore écrit le dirigeant républicain.

    • C’est vrai qu’on pourrait trouver cocasse cette partie de bras de fer entre un « empereur incendiaire » et cet autre, imperturbable, de « l’Empire du Milieu ». Sauf que notre problème à nous, les « Européens », c’est qu’on se retrouve fatalement entre un marteau hyperactif et une enclume solide qui a la capacité d’encaisser les coups et de les rendre. On peut le déplorer mais pour l’instant, nos dirigeants sont contraints de s’arc-bouter sur des postures souverainistes pour se soustraire aux #impérialismes et leur hubris. Et vu le court-termisme et l’impéritie de nos élites falotes, ce n’est pas demain que l’on verra émerger un « monde tripolaire ». Ce n’est sûrement pas souhaitable non plus vu que les seules options disponibles dans le logiciel des dirigeants européens, ce sont celles de la militarisation et de la guerre.