• Opsci.ai, une plateforme et un podcast pour traquer les guerres de l’information
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/73288930377271/opsci-ai-une-plateforme-et-un-podcast-pour-dissequer-les-guerres-de-linfor

    NOUVEAUX SALONS 3/4. Face à l’explosion des campagnes de désinformation, Opsci.ai développe une plateforme inédite mêlant sciences cognitives et sociales, intelligence artificielle et analyse des données. Et un podcast qui informe le public sur les mécanismes de diffusion des idées à l’ère d’Internet et des réseaux sociaux. Son ambition : devenir l’un des pionniers européens d’une nouvelle discipline, la « science des propagations ».

    Pendant longtemps, les crises informationnelles ont été considérées comme du bruit de fond. Des polémiques éphémères, des phénomènes de hype regardés de haut, des campagnes de désinformation dont on mesure mal la portée. Puis sont arrivés Cambridge Analytica et le scandale de la manipulation via Facebook de l’élection présidentielle américaine de 2016 et du Brexit.

    Puis l’intensification des ingérences russes, le Covid-19 et son épidémie de désinformation, ou encore le rachat de Twitter par Elon Musk et la transformation du réseau en relais d’influence au bénéfice de l’extrême droite. Depuis quatre ans, l’IA générative a renforcé la production et la diffusion de fausses informations, et brouillé les frontières du réel. Bref, en quelques années, les espaces numériques sont devenus le terrain privilégié d’une véritable bataille culturelle, idéologique et géopolitique.

    Cette évolution, Justin Poncet, 46 ans, affirme l’avoir pressentie bien avant qu’elle ne s’impose dans le débat public. Dès 2014, il fonde Opsci.ai – « une contraction antinomique des mots ’opinion’ et ’science’ », précise-t-il –, avec Jordan Ricker et le sociologue Joël Gombin. À l’époque, rares sont ceux qui s’intéressent sérieusement aux dynamiques sociales qui émergent sur Internet. « Il y avait un fossé énorme entre les productions d’études sur le social media et une société numérique mal racontée, dont les émergences étaient mal analysées », résume-t-il.

    #paywall

    • opsci.ai
      https://www.opsci.ai/fr

      PURE PLAYER DES MENACES INFORMATIONNELLES

      Dans un monde post-Internet et post-vérité, les paniques sociales s’intensifient.

      De l’incompréhension au retour de bâton, cibles des ingérences, les batailles culturelles saturent l’espace médiatique, enveniment le débat public, et attisent les peurs.

      Opsci.ai est un cabinet d’études et laboratoire d’intelligence numérique spécialisé dans la compétition narrative.

      ÉQUIPE
      Notre équipe de chercheurs et de consultants développe des méthodologies data-driven & AI-powered pour décrypter la société numérique.
      […]

      PARTENAIRES
      Poursuivant l’espoir d’une démocratie numérique utile et résistante aux menaces informationnelles, nous croyons en une approche « whole-of-society ». Nous développons des projets conjoints avec des universités, des laboratoires de recherche, des médias, des ONG, des entreprises et des institutions, financés par des fonds publics et privés.
      […]
      EXPERTISES
      INTELLIGENCE OUVERTE
      Opsci.ai investigue et cartographie les dynamiques d’opinion en ligne, de la propagation des narratifs et des mécaniques communautaires, à partir de la social et de l’open data.

      INTELLIGENCE HUMAINE
      Opsci.ai conseille les organisations désirant détecter les signaux émergents, pour identifier et réagir aux risques informationnels.

      INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
      Opsci.ai accompagne la transformation des organisations par l’IA générative : conception, entraînement, alignement et sécurisation de LLM sur mesure.
      […]
      ACTUALITÉS
      (la plus récente date de mars 2026)

  • Mark Zuckerberg rejette l’idée d’une IA qui « détruirait la plupart des emplois »
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/13849386520888/mark-zuckerberg-rejette-lidee-dune-ia-qui-detruirait-la-plupart-des-emploi

    Le fondateur de Meta, Mark Zuckerberg, a publié ce lundi un long texte sur le site de son entreprise, afin de défendre sa nouvelle stratégie, mêlant modèles d’intelligence artificielle (IA) ouverts et investissements dans les villes accueillant des centres de données.

    Mark Zuckerberg rejette l’idée d’une IA qui « détruirait la plupart des emplois et le but même de l’humanité ». « L’idée que l’IA est tellement dangereuse que seule une concentration extrême de son pouvoir entre les mains de quelques-uns est le chemin le plus sûr » n’a pas de sens, a estimé le fondateur de Meta dans un long texte sur le site de son entreprise ce lundi.

    Selon Mark Zuckerberg, il ne fait aucun doute que « les gens disposeront d’une superintelligence dépassant les capacités humaines » dans les toutes prochaines années, et le défi consiste à s’assurer que son accès soit le plus large possible.
    Le patron des réseaux sociaux Facebook, Instagram et WhatsApp veut mettre en avant une approche positive de l’IA, et de ses potentiels bienfaits, alors que l’opposition aux États-Unis est de plus en plus vive, notamment vis-à-vis de l’implantation de centres de données.

    Une meilleure protection des données
    Face aux risques de sécurité, qu’il reconnaît, il propose que les entreprises « développant une IA avancée apportent des ressources techniques importantes pour aider le gouvernement à protéger les infrastructures essentielles ».

    Alors que les fondateurs de ses concurrents Anthropic et OpenAI ont déjà défendu l’idée d’une régulation au niveau mondial sous l’impulsion des États-Unis, Mark Zuckerberg propose, lui, de donner au gouvernement américain « un accès anticipé aux modèles les plus puissants et une armée d’ingénieurs afin de régler les problèmes de sécurité ».

    Par ailleurs, il souhaite une meilleure protection des données, « auxquelles ni Meta ni aucun autre fournisseur de service ne puisse accéder », tout en proposant une « collaboration plus forte » entre entreprises et gouvernement « pour l’application [des] lois et [de la] sécurité ».

    Plus largement, le patron de Meta a défendu la stratégie de son entreprise, qui consiste à donner le plus large accès possible à ses modèles IA, en « open source », assurant que leur « objectif, depuis la création de Meta, était de donner le pouvoir aux utilisateurs ».

    Une nouvelle gamme de modèles IA ouverts
    Le texte accompagne le lancement lundi par Meta d’une nouvelle gamme de modèles IA ouverts (ou « open source », dont le code de base est accessible à tous), Muse Glimmer, capables de fonctionner sur des ordinateurs portables.

    Le groupe envisage également d’amener son modèle le plus puissant, Muse Spark 1.2, vers de l’« open source », après avoir longtemps défendu les modèles fermés.

    Dans le même temps, Mark Zuckerberg a annoncé la création d’un fonds pour les villes accueillant des centres de données du groupe afin de « permettre un développement durable à travers tout le pays ». Selon le Wall Street Journal, ce fonds devrait s’élever à un milliard de dollars. Meta a annoncé vouloir investir 145 milliards de dollars dans la construction de centres de données cette année, une somme qui devrait atteindre 600 milliards de dollars d’ici à 2028.

    (Avec AFP)

  • « Ça m’a tellement dégoûté que j’hésite à changer de secteur » : la révolution brutale de l’IA pour la génération Z
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/39802648873256/ca-ma-tellement-degoute-que-j-hesite-a-changer-de-secteur-la-revolution-br

    Les jeunes et l’emploi (2/5). Selon plusieurs études récentes, les profils juniors pâtissent du déploiement des modèles de langage dans les entreprises. Alors que les tâches de début de carrière peuvent être de plus en plus automatisées, les recruteurs privilégieraient désormais des profils expérimentés. Mais les jeunes ont aussi une carte à jouer.

    « Ça m’a tellement dégoûté que j’hésite à changer de secteur », lance Louka avec amertume. Diplômé d’une licence en web design en 2024, ce jeune de 23 ans multiplie les emplois alimentaires en attendant de décrocher le poste de ses rêves. Mais dans son secteur, créer un site internet avec des plateformes telles que Claude Code ou ChatGPT est désormais devenu accessible au commun des mortels. « Maintenant, les entreprises avec un budget moindre passent par l’IA et quand elles ont les moyens, elles recrutent des seniors », se désole-t-il. « Plus le temps passe, et moins il y a d’offres sur le marché ».

    Parmi les métiers les plus menacés par l’IA, le développement de site web et le web design sont en tête de liste, souligne un index développé par l’université américaine de Tufts. Les progrès à toute allure des modèles de langage effraient les cols blancs qui pourraient voir leur métier remplacé d’ici quelques années. Et les jeunes en seraient les premières victimes.

    Dans une étude publiée fin 2025, des chercheurs de l’université de Stanford estiment que les travailleurs de 22 à 25 ans, qui sont positionnés sur des métiers fortement exposés à l’IA, ont connu une baisse de 16 % du taux d’emploi. Une des explications tiendrait au fait que les tâches effectuées par les juniors sont plus facilement remplaçables par les modèles de langage (LLM).

    Cette étude a néanmoins reçu de nombreuses critiques. Les statistiques montrent bien une corrélation entre l’arrivée de l’intelligence artificielle et la hausse du chômage chez les jeunes diplômés, mais la relation de causalité est, elle, beaucoup plus difficile à démontrer. Les conséquences seraient ainsi, à ce stade, faibles et discrètes, relèvent des chercheurs de la Réserve fédérale américaine de Dallas. D’après l’OCDE, le chômage des nouveaux entrants aurait même commencé bien avant l’arrivée des modèles de langage.

    #paywall

  • L’État généralise « L’Assistant », son ChatGPT interne, à plus d’un million d’agents de la fonction publique
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/35642872558018/l-etat-generalise-l-assistant-son-chatgpt-interne-a-plus-d-un-million-agen

    Tous les agents dotés d’un ordinateur auront désormais accès à une IA conversationnelle interne développée avec Mistral et testée depuis 10 mois. Celle-ci permet de réduire, sans éliminer, l’utilisation d’outils jugés non souverains et non sécurisés.

    Exit (en théorie) ChatGPT et autre Claude : les agents de l’État seront priés d’utiliser « L’Assistant ». Cette IA conversationnelle, construite par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) à partir d’un modèle de Mistral et hébergée chez le français Outscale sur une infrastructure qualifiée SecNumCloud, sera déployée à l’ensemble des agents munis d’un poste informatique y auront accès, soit, selon le cabinet du ministère de la fonction publique, plus d’un million d’utilisateurs, sur les 2,6 millions d’agents de la fonction publique d’État (une grande partie des autres ne disposant pas de postes de bureau connectés au réseau interministériel). 

    L’Assistant a d’abord été testé pendant dix mois auprès de 10 000 agents issus de six ministères : Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, ainsi que les Services du Premier ministre. Sa généralisation est l’annonce phare du plan sur l’IA dans l’État, présenté ce mardi 16 juin à Bercy par le ministre David Amiel. Les autres aspects prévoient la généralisation d’autres outils IA pour la retranscription de réunion (Transcripts) ou la traduction automatique (DiploIA) et un plan de formation renforcée, notamment auprès des managers de la fonction publique.

    « L’Assistant » n’élimine pas l’IA clandestine, mais le diminue

    #paywall

  • La justice américaine déclare la guerre aux hallucinations de l’IA
    https://www.latribune.fr/article/tech/89885458690946/la-justice-americaine-declare-la-guerre-aux-hallucinations-de-l-ia

    Fausses jurisprudences, citations inventées et références inexistantes : confrontée à une explosion des erreurs générées par l’intelligence artificielle dans les procédures, la justice américaine commence à sanctionner les avocats négligents.

    LT (avec AFP)

    L’intelligence artificielle s’est imposée en quelques mois dans les cabinets d’avocats comme un nouvel assistant de recherche, de rédaction et de synthèse. Mais à mesure que son usage se banalise, un phénomène inquiète de plus en plus les tribunaux : les « hallucinations » générées par les modèles d’IA, ces informations inventées de toutes pièces mais présentées avec une apparence de parfaite crédibilité.

    Aux États-Unis, la justice commence désormais à répondre par des sanctions. Le dernier signal fort est venu de Floride. Depuis ce lundi, une nouvelle règle adoptée par la Cour suprême de l’État autorise les juridictions inférieures à sanctionner les auteurs de mémoires ou plaidoyers s’appuyant sur de faux précédents judiciaires générés par l’intelligence artificielle. Une mesure qui illustre l’ampleur prise par le phénomène dans les prétoires américains.

    Les exemples se multiplient. En début d’année, un juge fédéral de Louisiane a découvert que sept décisions de justice citées dans un dossier de préjudice corporel étaient soit inexistantes, soit déformées. L’avocat concerné, pourtant expérimenté, a reconnu avoir utilisé Claude, le chatbot développé par Anthropic, pour rédiger puis corriger son mémoire. Convaincu que les références fournies étaient exactes, il n’avait pas procédé aux vérifications nécessaires avant le dépôt du document.

    La sanction a été immédiate. « L’ignorance des risques liés à l’utilisation de l’IA n’est plus une excuse », a tranché le juge Jerry Edwards Jr. L’avocat a été condamné à une amende de 1.000 dollars et devra suivre une formation spécifique sur la pratique juridique assistée par l’intelligence artificielle.

    Interdiction de plaider pendant deux ans
    Quelques mois plus tard, une autre affaire est venue confirmer que le problème ne relève plus de l’incident isolé. Dans le Mississippi, le juge fédéral Sharion Aycock a sanctionné des avocats représentant les deux parties d’un même litige civil après avoir constaté la présence de précédents judiciaires inexistants dans leurs mémoires rédigés avec l’aide de l’IA. Quatre avocats ont écopé au total de 8.000 dollars d’amendes et deux d’entre eux se sont vu interdire de plaider devant ce tribunal pendant deux ans.

    Ces dossiers ne constituent que la partie visible d’un phénomène devenu mondial. Selon une base de données constituée par Damien Charlotin, avocat français et chercheur associé à HEC Paris, environ 1.600 cas d’hallucinations détectées dans des documents judiciaires ont été recensés depuis avril 2023. Si les États-Unis concentrent l’essentiel des affaires, des incidents similaires ont déjà été identifiés dans 35 autres pays. Plus préoccupant encore, leur fréquence s’accélère. D’après les données compilées par le chercheur, le nombre de cas recensés au cours des douze derniers mois a été multiplié par huit par rapport à l’année précédente.

    L’explication réside dans la nature même des grands modèles de langage. L’IA est « une technologie qui aime suivre les modèles », explique Damien Charlotin. Le raisonnement juridique repose précisément sur des structures hautement répétitives : citations de jurisprudence, références doctrinales, argumentaires standardisés. Les systèmes génératifs excellent à reproduire ces formes. Ils peuvent ainsi produire des textes qui semblent irréprochables sur le plan formel tout en contenant des références totalement fictives.

    Chatbots grand public
    Le danger est d’autant plus grand que ces erreurs passent souvent inaperçues à première lecture. Certaines affaires continuent même d’être gagnées malgré la présence d’hallucinations. « Il y a des affaires où les avocats gagnent quand même », malgré deux ou trois hallucinations, « parce qu’ils avaient raison sur le fond », observe Damien Charlotin.

    Pour les magistrats, les conséquences dépassent toutefois la simple erreur de procédure. Dans une décision rendue en janvier, la juge Linda Kevins, de la Cour suprême de l’État de New York, soulignait que ces pratiques entraînent des pertes de temps et des coûts supplémentaires pour les parties comme pour les tribunaux. Elles peuvent également « porter potentiellement atteinte à la réputation des juges et des juridictions dont les noms sont faussement invoqués comme auteurs de décisions fictives ».

    Les cas recensés montrent par ailleurs que les principaux responsables sont rarement les outils spécialisés utilisés dans les grands cabinets. Les erreurs proviennent le plus souvent de chatbots grand public, notamment ChatGPT d’OpenAI, employés comme moteurs de recherche juridique sans contrôle suffisant. Or, dans le droit, la confiance ne dispense jamais de la vérification. « Personne d’entre nous connaît toutes les affaires qui existent. La seule façon de savoir si [un précédent juridique cité par un chatbot] existe, c’est de le vérifier », rappelle Damien Charlotin.

    Un principe élémentaire que certains praticiens semblent avoir oublié. Pour Scott Schlegel, membre du groupe de travail de l’American Bar Association consacré au droit et à l’intelligence artificielle, le problème est moins technologique que professionnel. « Qu’ils arrêtent. Qu’ils fassent simplement leur travail et lisent les décisions. Franchement ! », lance-t-il.

    • Hallucinations de l’IA : la base mondiale qui alerte la justice
      https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/75702282898654/la-base-de-donnees-qui-recense-les-mensonges-des-ia-devant-les-juges

      En deux ans, une base de données tenue par le chercheur français Damien Charlotin a recensé plus de 1 500 décisions de justice confrontées à des citations inventées par des IA génératives. De la Floride au Delaware, les juges commencent à sanctionner les avocats qui délèguent trop à ces outils, sans jamais renoncer à la vérification humaine.
      Depuis avril 2023, une base de données publique, tenue par le chercheur français Damien Charlotin, a recensé 1 524 décisions de justice confrontées à des contenus générés par l’IA, dont des citations inventées ou des jurisprudences déformées. En quelques mois, cette base est devenue un observatoire des « hallucinations » juridiques des IA, alors que les tribunaux, des États-Unis au Canada, commencent à sanctionner les avocats et justiciables qui s’y fient sans vérifier.

      La base « AI Hallucination Cases » ne recense pas toutes les rumeurs d’erreurs liées à l’IA : elle ne retient que les décisions où le juge constate explicitement, ou laisse clairement entendre, qu’une partie a utilisé des contenus halluciné, en particulier des citations de jurisprudence inexistantes ou des extraits de décisions inventés. Chaque entrée précise la juridiction, la date, la partie utilisant l’IA, l’outil en cause, la nature de l’hallucination (jurisprudence fabriquée, norme mal citée, faux extraits) et le type de sanction retenu. Le tableau, mis à jour régulièrement, atteint 1 524 cas au 2 juin 2026, avec un flux de nouvelles décisions quasi quotidien et des références à cette base dans certains jugements et dans la presse spécialisée.

      L’outil assume une ambition quasi exhaustive pour ce qui est des décisions publiées, tout en rappelant qu’il s’agit d’un travail en cours, alimenté à la fois par une veille de jurisprudence et par des signalements d’avocats, de chercheurs ou de journalistes. Sur cette base, Charlotin a développé un vérificateur automatisé de références, PelAIkan, qui exploite la même logique : comparer les citations présentes dans des documents à des corpus de décisions pour repérer les références douteuses ou inexistantes, avec des rapports accessibles sur certains cas emblématiques.

      Où l’IA hallucine le plus : États-Unis en tête, mais plus de trente pays concernés
      En parcourant la base, un premier constat s’impose : la majorité des décisions recensées provient des États-Unis, ce qui tient à la fois à la diffusion rapide des outils d’IA générative dans les cabinets et à l’accès facilité aux décisions via des bases comme PACER ou les sites des juridictions d’appel fédérales et des États. Les entrées couvrent des cours suprêmes d’États (comme la Pennsylvanie ou l’Oklahoma), des cours d’appel fédérales, des tribunaux de district et même des juridictions spécialisées comme les tribunaux de faillite.

      Mais la carte ne se limite pas à l’Amérique : la base recense aussi des décisions de tribunaux canadiens, de juridictions britanniques (y compris la Chancery Division), de tribunaux australiens, brésiliens ou encore de juridictions européennes, pour un total de plus de trente pays concernés. Des tribunaux comme le Civil Resolution Tribunal au Canada ou des autorités comme le Capital Markets Tribunal ont ainsi déjà confronté des mémoires ou écritures contenant des décisions inventées.

  • Gigafactory IA : Scaleway fédère six gros acteurs de plus pour construire “une usine à token”
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/18211999444814/gigafactory-ia-scaleway-federe-six-gros-acteurs-de-plus-pour-construire-un

    Bull, Orange, EDF, Ardian, Capgemini et Artefact rejoignent le consortium AION pour candidater à l’appel d’offres européen de gigafactory IA. Une démonstration de force qui pourrait attirer d’autres grands noms.

    Cet été, en plein cœur de la Coupe du monde de football, une compétition d’un autre genre devrait se dérouler à fleurets mouchetés. Celle de l’appel d’offres de la Commission européenne pour faire sortir de terre des gigafactory IA. On attend toujours le coup d’envoi de la procédure d’ici la fin du printemps. Mais « l’équipe de France est prête », d’après Jérôme Berger, directeur de la stratégie et du capital-investissement d’Orange.

    Car l’opérateur vient de rejoindre le consortium AION lancé l’année dernière par Scaleway, la filiale cloud de son rival Iliad, la maison mère de Free. Outre Orange, le champion européen des supercalculateurs Bull, l’énergéticien EDF, le fonds d’infrastructure Ardian, le groupe de services numériques Capgemini et l’entreprise de conseil en data et IA Artefact ont annoncé eux aussi leur ralliement ce 20 mai. « Un moment fondateur », veut croire Thomas Reynaud, le directeur général d’Iliad.

    Nous refont-ils le coup du cloud souverain supposé concurrencer Google et Amazon ? Plein d’argent investit en vain dans des structures qui n’en demandaient pas tant, que de pouvoir doucher leurs actionnaires de dividendes, en ne produisant rien qui ne dure... pendant que des vrais acteurs économiques, comme OVH, doivent aller gagner leurs vrais clients à la dure.

  • Le grand défi de ChatGPT et Gemini pour 2026 : apprendre sans oublier
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/1300339186640715/le-grand-defi-de-chatgpt-et-gemini-pour-2026-apprendre-sans-oublier


    Des chercheurs s’intéressent de près à l’idée de permettre aux modèles d’apprendre en continu
    Générée par IA via Gemini 3

    Les grands modèles de langage (type ChatGPT ou Gemini) sont très savants mais ne progressent pas avec l’expérience. Chaque nouvelle version de ChatGPT ou Gemini repose encore sur un réentraînement massif, énergivore et coûteux. Pour sortir de cette impasse, un champ de recherche revient sur le devant de la scène : le continual learning, ou l’art d’apprendre sans tout oublier.

    ChatGPT est un élève étrange. Il a appris par cœur un nombre astronomique de leçons à un instant T, mais ne sait pas s’instruire au fur et à mesure des exercices. La connaissance des grands modèles de langage, moteurs de l’IA dite générative, reste figée, contrairement à un cerveau humain, qui s’affûte d’expérience en expérience, d’interaction en interaction, de livre en livre… Dans leur quête pour se rapprocher d’une intelligence artificielle identique à celle des humains, les têtes pensantes de l’industrie se penchent donc sur ce sujet appelé « continual learning » dans le jargon.

    Ce thème était particulièrement présent lors de la conférence NeurIPS qui a réuni les scientifiques spécialistes de l’apprentissage automatique à San Diego en décembre dernier. « Les modèles doivent pouvoir se souvenir de leurs interactions et s’améliorer avec l’expérience. Toute l’industrie travaille sur ce sujet », nous expliquait Aidan Gomez, co-auteur de l’article scientifique fondateur de l’IA dite générative et à la tête de la start-up canadienne Cohere, il y a quelques mois.

    #paywall

  • IA : LinkedIn utilise vos données pour entraîner ses modèles, voici comment l’en empêcher
    https://www.latribune.fr/article/tech/intelligence-artificielle/26588332956765/ia-linkedin-utilise-vos-donnees-pour-entrainer-ses-modeles-voici-comment-l

    Depuis le 3 novembre 2025, LinkedIn exploite les données de ses utilisateurs européens pour muscler ses outils d’IA générative, sans leur demander de consentement explicite. La firme de Microsoft s’appuie sur la base juridique controversée de « l’intérêt légitime », mais il est possible de s’y opposer en quelques clics.

    Le passage en force est acté. Tout comme Meta l’avait fait pour ses réseaux Facebook, Instagram et Threads, LinkedIn, propriété de Microsoft, a décidé d’utiliser les données personnelles de ses millions de membres européens pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Cette politique, effective depuis ce lundi 3 novembre 2025, se passe d’un consentement clair et préalable.
    Pour justifier cette collecte massive, le réseau social professionnel invoque « l’intérêt légitime », une exception prévue par le RGPD. Une manœuvre juridique qui lui évite de devoir vous demander votre avis pour une utilisation qui dépasse très probablement les attentes que vous aviez en créant votre profil.

    Ce que Microsoft récupère sur votre profil×
    L’étendue des données collectées est vaste. LinkedIn puise dans votre profil (nom, photo, poste, formation, compétences, localisation, recommandations) mais aussi dans tous vos contenus publiés (posts, articles, commentaires).
    Votre historique d’activité est également aspiré : le fil d’actualité que vous consultez, les pages visitées, les vidéos regardées et vos recherches d’emploi. S’ajoutent les données techniques (adresse IP, identifiant d’appareil) et, logiquement, toutes vos interactions avec les outils d’IA de la plateforme, comme les questions posées au chatbot.

    LinkedIn assure toutefois laisser de côté vos messages privés et les données relatives aux salaires. Une protection spécifique est aussi prévue pour les utilisateurs mineurs ou présumés tels, comme les étudiants en établissement secondaire : leurs données ne seront pas utilisées, même si l’option semble activée dans leurs paramètres.

    IA : la course à l’opt-out
    Il est possible de refuser cette exploitation. Deux actions sont nécessaires pour une protection maximale. La première consiste à désactiver l’option dans vos paramètres de compte.
    • Cliquez sur votre onglet « Vous » (ou votre photo de profil sur mobile).
    • Allez dans « Préférences et confidentialité ».
    • Ouvrez l’onglet « Confidentialité des données ».
    • Cherchez la ligne « Données pour l’amélioration de l’IA générative ».
    • Désactivez le bouton « Utiliser mes données pour entraîner des modèles d’IA de création de contenu ».

    Pour renforcer ce refus, LinkedIn met à disposition un second formulaire d’opposition (TS-DPRO). Il est accessible via le centre d’aide du site (https://linkedin.com/help/linkedin/ask/TS-DPRO ). Il suffit de sélectionner « S’opposer au traitement pour l’entraînement des modèles d’IA générative de contenu » et de valider l’envoi.

    Mais comme LinkedIn le précise : l’opt-out n’est pas rétroactif. Les données déjà collectées et intégrées aux modèles y resteront indéfiniment.

    « L’intérêt légitime », le tour de passe-passe juridique
    L’utilisation de « l’intérêt légitime » (article 6 du RGPD) est loin d’être anodine. Cette base légale impose à l’entreprise de prouver que son intérêt est justifié, nécessaire et proportionné, via un « test d’équilibre » documenté. Une démonstration qui s’annonce complexe.

    La CNIL, le régulateur français, veille au grain et précise que la conformité de tels traitements dépend des « garanties et solutions techniques mises en œuvre (…) afin d’empêcher que des données personnelles ne soient mémorisées puis divulguées par les modèles d’IA ». L’instruction du dossier est actuellement pilotée par l’autorité irlandaise, LinkedIn ayant son siège européen à Dublin.

    Ce n’est pas la première fois que le réseau social joue avec les limites du RGPD. En octobre 2024, LinkedIn a été sanctionné d’une amende de 310 millions d’euros pour des violations liées, déjà, à l’utilisation de l’intérêt légitime dans un contexte publicitaire.
    Accepter ou refuser : ce que vous risquez vraiment
    Laisser faire (l’option activée par défaut) revient à céder le contrôle sur votre propriété intellectuelle. Vos publications, vos analyses stratégiques et vos idées alimenteront une machine dont vous ne contrôlez ni l’usage, ni les retombées commerciales, et ce, sans aucune rémunération en retour.

    En contrepartie, LinkedIn met en avant des bénéfices : une meilleure visibilité auprès des recruteurs grâce à l’IA, une assistance à la rédaction de posts ou une recherche d’emploi plus performante.

    Refuser permet de protéger votre vie privée et votre propriété intellectuelle. Vous garderez l’accès à toutes les fonctionnalités d’IA de la plateforme. LinkedIn suggère toutefois que cette désactivation pourrait réduire la visibilité de votre profil auprès des recruteurs. Un chantage à peine voilé à la performance.

    Dirigeants, free-lances, recruteurs : qui doit refuser en priorité ?
    L’enjeu n’est pas le même pour tous les profils.
    Pour les dirigeants, cadres et free-lances, l’opposition est fortement recommandée. Le risque est majeur : voir ses analyses stratégiques, sa propriété intellectuelle ou pire, des informations confidentielles liées à des clients (souvent sous accord de confidentialité, ou NDA) aspirées et exploitées. La protection de ces données prime sur un gain hypothétique de visibilité.
    Pour les recruteurs et professionnels RH, le refus est également conseillé. Ils manipulent les données de candidats et s’exposent à des risques juridiques liés au RGPD si ces données sont mal protégées. Si les outils d’IA leur promettent des gains de temps (jusqu’à 30 % sur le repérage/screening), ils peuvent les utiliser sans pour autant nourrir la machine avec leurs propres données sensibles.
    Pour les chercheurs d’emploi, l’arbitrage est plus délicat. En recherche active, les bénéfices d’une meilleure visibilité et d’une aide à la rédaction de CV peuvent compenser les risques d’exposition accrue de leurs données.

    • Pour les dirigeants, cadres et free-lances, l’opposition est fortement recommandée. Le risque est majeur : voir ses analyses stratégiques, sa propriété intellectuelle ou pire, des informations confidentielles liées à des clients (souvent sous accord de confidentialité, ou NDA) aspirées et exploitées. La protection de ces données prime sur un gain hypothétique de visibilité.

      Les données sont déjà analysées, déjà partagées, forcément, et sans paranoïa excessive. Par contre, cette exploitation ne peut pas se retrouver dans la nature, dans les réponses publiques de ces perroquets stochastiques.

      Or, c’est bien l’objectif de cette nouvelle exploitation, faire en sorte que Chat GPT et cie puissent répondre à des questions issues de ce qu’il se trouve sur ce réseau social, comme si tout ce qui s’y trouve était totalement public, digne d’intérêt, etc. Le débat est permis, OK, et certains doivent y voir un intérêt, mais... en fait... c’est la participation même à ce genre de réseau qui devrait être discutée.

    • La firme de Microsoft s’appuie sur la base juridique controversée de « l’intérêt légitime »

      Je passe mon temps à désactiver les «  intérêts légitimes  » sur les cookie walls, et j’ai à chaque fois l’impression d’être un enculeur de mouche faisant un travail de fourmi… ça me rassure qq part de constater que a servirait théoriquement à qq chose.