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  • À propos des mails dévoilés de Jeffrey Epstein, cet article (accessible seulement ce week-end) a le mérite de poser les mots sur ce que nous pressentions depuis fort longtemps en explicitant une collusion entre des acteurs de tout bord et de toute « profession », celles ou ceux que nous appelons communément les « élites ».
    Petite remarque : quand dans l’article on nous parle de « capital intellectuel » chez ces gens-là, je préfèrerais lire « capital lucratif » au service d’un réseau de connivences.

    Ce que les e-mails de Jeffrey Epstein révèlent d’une élite américaine qui a perdu pied
    https://www.courrierinternational.com/long-format/analyse-ce-que-les-e-mails-de-jeffrey-epstein-revelent-d-une-

    Ce que ces correspondants avaient en commun, c’était d’appartenir à une élite résolument contemporaine : une classe dirigeante pour qui le nomadisme à 10 000 mètres de hauteur, la citoyenneté mondiale et les retours fréquents de Dubaï tiennent lieu d’enracinement, comme les attaches locales autrefois ; une sphère où le capital intellectuel universitaire vaut ce que valait jadis le pedigree ; où les anciennes frontières de caste se sont dissoutes, permettant d’alterner – ou de cumuler – les rôles de gouvernant, d’investisseur, de penseur et de bienfaiteur. Certains, comme Larry Summers, baignent dans toutes ces dimensions ; d’autres, un peu moins.

    https://archive.is/0vW7b

    Constat aisément transposable à de nombreuses « démocraties » de l’Occident global.

    Cet article du Courrier International est une traduction en français d’un article de Anand Giridharadas paru initialement dans le NYT le 23/11/2025 :
    https://archive.is/BO6IK

    • Tourner en ridicule ceux qui croient aux complots revient à mépriser ce qu’ils tentent d’exprimer : qu’ils ne se sentent plus associés à la décision collective, plus concernés par le choix de leur avenir. Qu’il s’agisse du prix des œufs ou de l’importance accordée aux violences sexuelles sur mineurs, ils perçoivent une indifférence hautaine. Une propension à détourner le regard.

      Et voilà que ceux qui ont capitalisé sur la révolte contre l’indifférence de l’élite sont au pouvoir. Surprise : ils se révèlent encore plus indifférents que leurs prédécesseurs. Le marchandage entre initiés et la moralité à géométrie variable de la “classe Epstein” sont devenus les piliers de la philosophie qui gouverne les États-Unis.

    • Foire à la farfouille, Chomsky qui signe Noam et raconte des potins de riches sur les Blair en Arabie Saoudite.

      I read what his ghost-writer said about him. Pretty scary.

      Reminds me of something I was told by Jon Snow, one of England’s most sensible newsmen. He was with the press entourage accompanying Tony Blair on his visit to Saudi Arabia, and walking around one of the palaces one day, he saw Blair sitting in a room with a book in his lap, which greatly surprised him — until he came over to talk. It was the New Testament.

      And then Blair started telling about how delighted he and Cheri were with the gold door handles,....

      I notice that your prediction was right about Trump’s avoiding the White House as far too primitive. Must be driving the Secret Service up the wall.

      I’ll keep in mind what you say about Trump’s tweets, but they are hard to ignore. Whatever he may think, others here and abroad can’t help considering the meaning of the words, and take action accordingly.

      About meaning, It’s not clear to me how to distinguish the meaning of “New York” (however it is correctly specified) from the concept. Still don’t see how to work out field models.

      Noam

      Epstein qui répond à Peter Thiel

      jeffrey E.
      toPeter Thiel <███████████>
      Sep 09, 2014 11:53 AM

      13 th afternoon you and I . then bill burns . the diplmats diplomat. eveing dinner with woody all casual.. if you choose we can bring in kathy ruemmler. former obama counsel for 5 years. and or sen Bob kerrey, former senate intellignece

    • Au cœur du récit : un criminel sexuel, ses victimes et ses liens avec le président Trump. Mais cette histoire est aussi celle d’un puissant écosystème grâce auquel certains, selon ce qu’ils savaient, ont pu fermer les yeux sur les souffrances dont ils avaient connaissance, parce qu’ils avaient appris à le faire par le passé sur quantité d’autres abus : les crises financières qu’ils avaient contribué à déclencher, les guerres hasardeuses qu’ils avaient encouragées, la crise des opioïdes qu’ils avaient facilitée, les monopoles qu’ils avaient défendus, les inégalités qu’ils avaient alimentées, la crise du logement dont ils avaient profité, les citoyens qu’ils n’étaient jamais parvenus à protéger contre les technologies. L’affaire Epstein touche un public bien plus large que la plupart des scandales actuels, ce qui en crispe plus d’un dans certains cénacles.

    • @touti
      Je crois savoir que tu avais des problèmes de captcha avec archive.ph. C’est pour cela que j’ai changé la nationalité du nom de domaine.
      Avec Firefox, j’ai désormais des captcha sur archive.ph mais pas avec archive.is. C’est compliqué la « navigation sur la toile », non ?

    • Je ne sais pas ce que tu veux dire par

      C’est compliqué la « navigation sur la toile », non ?

      Je pointe un problème politique et pas personnel, ou alors je suis politique. Simplement je trouve anti démocratique de devoir se fader des scripts google et d’entrainer leur saloperie d’IA tout en leur laissant prélever des infos sur les IP.

    • @touti : Tu as raison de pointer le problème politique en l’occurrence la grosse machinerie déployée par l’industrie de la surveillance et de la captation des données. Je n’en ai pas forcément conscience, l’essentiel pour moi étant de relayer des infos. Et c’est désormais techniquement compliqué d’avoir une navigation « safe ».

    • It is unclear whether Chomsky sent the letter to anyone. Nonetheless, it exalts Epstein for teaching Chomsky “about the intricacies of the global financial system” in a way “the business press and professional journals” had not been able to do. It boasted about how well connected Epstein was.

      “Once, when we were discussing the Oslo agreements, Jeffrey picked up the phone and called the Norwegian diplomat who supervised them, leading to a lively interchange,” the letter read. The letter recounted how Epstein had arranged for Chomsky – a political activist, too – to meet with someone he had “studied carefully and written about”: the former Israeli prime minister Ehud Barak.

      Epstein had – “with limited success” – aided efforts from Chomsky’s second wife, Valeria, to introduce him “to the world of jazz and its wonders”, the letter continued.

      It concluded, “The impact of Jeffrey’s limitless curiosity, extensive knowledge, penetrating insights and thoughtful appraisals is only heightened by his easy informality, without a trace of pretentiousness. He quickly became a highly valued friend and regular source of intellectual exchange and stimulation.”

      Another notable communication involving Chomsky and Epstein is a 2015 email in which the latter offers the former use of his residences in New York and New Mexico.

      The emails don’t indicate whether Chomsky took advantage of the offer, whose particulars surfaced as certain officials are striving to investigate allegations of crimes by Epstein at a ranch compound he owned outside Santa Fe, New Mexico.

    • Sauf que les défenseurs de Chomsky persistent à banaliser son soutien (sans adhésion) au négationisme du génocide nazi, parfaitement démontré par Pierre Vidal-Naquet dans l’article cité.

      Par ailleurs, un article critique de Paolo Virno met en cause ses conceptions les plus fondamentales

      Histoire naturelle. Le débat entre Chomsky et Foucault sur la « nature humaine »
      https://shs.cairn.info/revue-rue-descartes-2015-4-page-84?lang=fr

      Le fait que le rapport entre la faculté de langage et l’action politique qu’il propose soit sans fondement, ne témoigne pas contre sa politique, mais plutôt contre sa manière de concevoir la faculté de langage (et, donc, la nature humaine invariante). La question philosophiquement considérable est la suivante : quels aspects de la linguistique chomskyenne bouchent dès le début la possibilité d’articuler un rapport fiable entre l’inné et l’acquis, l’invariant et le variable, le métahistorique et l’historique ? Quels aspects de cette linguistique se révèlent incompatibles, donc, avec une historiographie naturaliste ?

      [...]

      Et nous en venons à la deuxième question. Chomsky et les sciences cognitives établissent un court-circuit pernicieux entre l’espèce et l’individu isolé. Ils n’ont aucune hésitation, bien au contraire, à identifier sans restes les deux termes. À ce sujet, qu’ils le sachent ou non, ils sont très chrétiens : « Le paganisme ne voyait dans l’individu qu’un membre distinct et dépendant de l’espèce ; le christianisme, au contraire, l’identifiait avec l’espèce, ne le comprenait que dans une unité immédiate et sans différence avec elle […] Pour le chrétien, Dieu est le concept de l’espèce considérée en tant qu’individu. » (Feuerbach 1841, p. 165 sq.) L’erreur n’est pas, bien entendu, dans le fait de prendre comme point de départ l’esprit linguistique unique, mais dans le fait de méconnaître ou d’enlever ses caractères transindividuels. Attention : par « transindividuel » il ne faut pas entendre l’ensemble de qualités qui rapprochent l’individu des autres individus, mais ce qui concerne uniquement la relation entre individus, sans appartenir solidairement à aucun d’eux en particulier. La transindividualité est la manière dont s’articule, à l’intérieur du même esprit individuel, l’écart entre l’espèce et l’individu. Elle est un espace potentiel encore vide, non pas un ensemble de propriétés positives : ces dernières, loin de se situer dans un « entre », constitueraient en effet le patrimoine exclusif d’un certain Moi. Dans le particulier, dans l’individu, les aspects transindividuels de la faculté de langage, à savoir de la nature humaine, se présentent inévitablement comme incomplétude, lacune, potentialité. Et alors, ces caractères défectifs, et cependant innés, signalent que la vie de l’esprit est, depuis le début, une vie publique. Ayant négligé la dimension transindividuelle, Chomsky et les cognitivistes croient que l’intellect de chacun est autosuffisant et, donc, dépolitisé. Dans leur scénario, la pratique sociale ne monte sur scène que dans le deuxième acte, lorsque des esprits déjà complets en eux-mêmes interagissent, des esprits essentiellement privés. La sphère publique est donc un élément optionnel dont on peut toujours se passer. L’« animal qui a le langage » n’est pas, en tant que tel, un « animal politique ». Le vacarme de l’histoire ne plonge pas ses racines dans la nature humaine : voire, c’est au nom de cette dernière qu’il faut s’efforcer d’atténuer ce vacarme, en amoindrissant les dissonances.

      3 – Invariance biologique et horizon religieux

      L’histoire naturelle vise à recenser les formes très différentes sous lesquelles les présupposés biologiques de notre espèce émergent en tant que tels sur le plan empirique, en s’incarnant dans des phénomènes sociopolitiques absolument contingents. Elle prête une attention spéciale à la manière dans laquelle les conditions phylogénétiques qui garantissent l’historicité de l’animal humain prennent parfois l’apparence de faits historiques bien déterminés. Elle défend avec fermeté, donc, aussi bien l’invariance de l’invariant, que la variabilité du variable, en excluant des compromis qui ne sont judicieux qu’en apparence. Pour faire valoir ses instances propres, l’histoire naturelle doit repousser en bloc les orientations opposées et symétriques qui se heurtèrent dans la discussion de 1971. Elle doit repousser l’une et l’autre orientation, mais surtout l’alternative qu’elles représentent ensemble : ou bien dissolution de la métahistoire dans l’histoire empirique (Foucault), ou bien réabsorption de l’histoire dans la métahistoire (Chomsky). Tant que le domaine des choix possibles semblera saturé par ces deux polarités, l’histoire naturelle restera un migrant clandestin sans droit de citoyenneté.