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  • « Pour expliquer la poussée nationale-populiste dans le Land de Saxe-Anhalt, on aurait tort de sous-estimer le facteur démographique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/09/pour-expliquer-la-poussee-nationale-populiste-dans-le-land-de-saxe-anhalt-on

    « Pour expliquer la poussée nationale-populiste dans le Land de Saxe-Anhalt, on aurait tort de sous-estimer le facteur démographique »
    Gilles Paris, Editorialiste au « Monde »
    Comme à chacune de ses manifestations, la poussée nationale-populiste qui vient de se vérifier spectaculairement, le 6 septembre, en Allemagne, dans le Land de Saxe-Anhalt, a été expliquée en bonne partie par le facteur migratoire. Du moins sur un aspect de la migration. De l’ex-Allemagne de l’Est à l’Italie, où la présidente du conseil, Giorgia Meloni (extrême droite), vient de battre un record de longévité au pouvoir, les constats souvent dressés à la truelle portent toujours sur ceux qui arrivent, rarement sur ceux qui partent. On aurait pourtant bien tort de les sous-estimer.
    Le Land de Saxe-Anhalt affiche en effet un bilan démographique à valeur d’exemple. Parce que la population d’origine étrangère est en hausse (plus de la moitié venant de pays tels que l’Ukraine, la Pologne et la Roumanie), même si cette population reste presque deux fois moins nombreuse que la moyenne fédérale. Et parce que la région figure au deuxième rang en Allemagne, après la Thuringe, en matière de baisse de la population. L’effondrement de la natalité en est l’un des moteurs avec la migration, car les villes-Etats de Berlin, de Brême et de Hambourg voient, elles, le nombre de leurs habitants progresser.
    Ce second point n’a rien d’anecdotique. Une étude réalisée en Suède et publiée en 2024 sous l’égide de l’Immigration Policy Lab, qui rassemble l’université Stanford, aux Etats-Unis, et l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, a mis au contraire en évidence, au sein de municipalités suédoises, une corrélation entre émigration et hausse du vote en faveur du parti Démocrates de Suède (extrême droite).
    La croissance de cette formation peut s’expliquer non pas seulement par l’augmentation de la part de la population d’origine étrangère, passée dans le pays de 11 % en 2000 à 20 % en 2020, mais aussi par le fait que 51 % des municipalités suédoises ont vu leur population décliner pendant la même période. L’examen de cinq cycles électoraux a montré que chaque baisse de 1 point de pourcentage du nombre d’habitants s’est accompagnée d’une hausse de 0,5 % de la part du vote en faveur des Démocrates de Suède. Ces derniers ont sabordé en août la coalition gouvernementale mal en point constituée avec la droite conservatrice pour espérer devenir, après les législatives du 13 septembre, la première force d’opposition.
    Le dépeuplement agit en effet à deux niveaux. Le débat ouvert en France sur les conséquences de la baisse de la natalité sur le maillage scolaire rappelle qu’il produit une détérioration de la qualité des services, qu’ils soient d’ailleurs privés ou publics. S’y ajoute un puissant sentiment d’abandon et de déclassement. Aux Etats-Unis, le rapport qui avait révélé, en 2015, un an avant la première élection de Donald Trump à la présidence, la surmortalité des Américains blancs, également désignés comme les « morts de désespoir », dans la zone en déclin des Appalaches, notamment sous l’effet d’une véritable épidémie de drogues de synthèse, en était déjà une traduction.
    Ces transformations ne constituent évidemment pas l’unique facteur permettant de comprendre ce que l’extrême droite s’efforce de présenter comme une vague irrésistible prête à emporter partout le « système » et les « castes ». On peut néanmoins s’inspirer de la formule restée culte de James Carville, l’ancien stratège du candidat démocrate Bill Clinton à l’élection présidentielle de 1992 aux Etats-Unis – « It’s the economy, stupid ! » (« c’est l’économie qui compte, idiot ! ») –, pour assurer que désormais « c’est la démographie, crétin ! », qui permet autant que l’économie de comprendre les ressorts des mouvements électoraux.
    L’« internationale réactionnaire », qui rassemble des partis d’extrême droite aux profils et aux stratégies souvent disparates, est aussi une internationale de l’anxiété face à un phénomène démographique dont on ne mesure pas plus clairement l’ampleur et les conséquences que ceux du réchauffement climatique. Ces partis d’extrême droite profitent de l’incapacité des partis de gouvernement à trouver des réponses aux déséquilibres auxquels ils sont confrontés. Sans vouloir absoudre ces derniers de tous leurs manquements et faiblesses, la fracture qui relève de la démographie est gigantesque compte tenu de la très grande inertie des comportements à côté de laquelle le pilotage d’un porte-conteneurs se rapproche de celui d’un kayak.
    La longévité de Giorgia Meloni en Italie n’a pas empêché la publication, le 31 août, de nouvelles statistiques alarmantes qui montrent qu’en 2047 les couples sans enfant seront plus nombreux que les couples avec progéniture. Nicholas Eberstadt, spécialiste de la démographie mondiale au cercle de réflexion American Enterprise Institute, proche du Parti républicain, a estimé, dans une note publiée en août, que, avec seulement 355 000 naissances en 2025, « il est tout à fait possible que le territoire italien actuel n’ait pas connu un nombre de naissances aussi faible depuis le début du XVIe siècle : l’époque de Léonard de Vinci et de Michel-Ange ».
    Le temps ne fait rien à l’affaire. Les seize ans de la politique nataliste conduite en Hongrie par l’ancien premier ministre Viktor Orban (2010-2026) n’ont pas permis non plus d’enrayer le dépeuplement du pays, qui a perdu un demi-million d’habitants pendant la même période.Cet échec n’est sans doute pas pour rien dans la défaite de celui que le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, était venu porter à bout de bras à la veille des élections hongroises, en avril. Car si la réponse nataliste de l’extrême droite ne produit pas de résultats, la guerre totale qu’elle entend mener contre l’immigration ne peut qu’accélérer les « hivers » démographiques comme celui que traverse déjà le Land de Saxe-Anhalt. Bannir tous les étrangers ou garantir le bon fonctionnement des hôpitaux, des maisons de retraite et des entreprises déjà confrontées à une pénurie de main-d’œuvre, il faudra choisir.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#extremedroite#etranger#immigration#demographie#suede

  • Le dépopulation d’une région est un facteur entrainant la montée du vote pour l’extrême droite.

    « Pour expliquer la poussée nationale-populiste dans le Land de Saxe-Anhalt, on aurait tort de sous-estimer le facteur démographique »
    Gilles Paris

    Si beaucoup analysent le résultat de l’élection dans cette région allemande par le prisme de l’immigration, il faut rappeler que ce territoire observe une baisse de sa population. Or, dépeuplement et progression de l’extrême droite vont de pair , souligne, dans sa chronique, Gilles Paris, éditorialiste au « Monde ».

    Pour lire l’article :

    https://archive.is/OaXo9

    Merci à gonzo

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/09/pour-expliquer-la-poussee-nationale-populiste-dans-le-land-de-saxe-anhalt-on

  • PISA 2025 : alerte globale sur les savoirs des enfants
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/08/classement-pisa-alerte-globale-sur-les-savoirs-des-enfants_6768341_3232.html

    La part des adolescents en difficulté, elle, a doublé en vingt-cinq ans, passant de 15 % à 33 % à l’écrit et de 15 % à 36 % en mathématiques.

    [...]

    PISA établit que les élèves ne sont plus que 20 % à 30 % (selon les usages) à ne pas recourir à l’intelligence artificielle (#IA). Les bons scores en sciences sont corrélés à une moindre utilisation de l’IA et à un emploi maîtrisé des appareils numériques à des fins d’apprentissage.

    edit

    #école #élèves

  • En Italie, la politique migratoire du gouvernement Meloni devenue le levier d’une dérive illibérale
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/05/en-italie-la-politique-migratoire-du-gouvernement-meloni-devenue-le-levier-d

    En Italie, la politique migratoire du gouvernement Meloni devenue le levier d’une dérive illibérale
    Allan Kaval
    Remise en cause du travail des magistrats, contournement du Parlement, mise sous surveillance de la presse, marginalisation des droits humains… La surenchère continue de la présidente du conseil italien conduit à la fragilisation de l’Etat de droit.
    En septembre 2022, Giorgia Meloni remportait les élections législatives avec sa coalition dominée par l’extrême droite, au terme d’une campagne axée essentiellement sur le dossier migratoire. Dans l’histoire de l’Italie républicaine, elle devenait ainsi la première présidente du conseil issue de la famille néofasciste. A l’approche du scrutin qui doit se tenir en 2027, lors duquel elle briguera le renouvellement de son mandat, la question reste centrale dans les discours de son camp. Cependant, elle a évolué au gré d’une surenchère sur le thème de l’accélération des expulsions. Les plus radicaux portent l’aspiration d’une homogénéisation ethnique du pays en usant d’un slogan identitaire qui s’est installé dans le débat public – la « remigration ».
    Mme Meloni entend désormais montrer qu’elle se situe à l’avant-garde en Europe. De fait, elle souhaite réduire le droit d’asile à sa plus simple expression, tout en organisant l’éloignement d’étrangers en situation irrégulière vers des pays situés hors de l’Union européenne, où ils n’ont pas nécessairement d’attaches, comme le fait déjà, aux Etats-Unis, l’administration de Donald Trump, dans des conditions brutales. Cette approche, contestée par les organisations de défense des droits humains, gagne du terrain au sein d’autres gouvernements européens, qui prévoient la création de plateformes de retour. Dans la Péninsule, parallèlement, le dossier migratoire est devenu le laboratoire de la remise en cause des contre-pouvoirs et des garanties démocratiques.
    En France, l’immigration figure au cœur d’un projet de référendum constitutionnel promu par le Rassemblement national, dont les implications, pour les piliers de la démocratie, dépassent de loin la question migratoire. De son côté, Mme Meloni n’a pas eu besoin d’avoir recours à une mesure aussi spectaculaire pour que le thème s’impose progressivement comme le terrain d’expression privilégié d’une conception du pouvoir fondée sur la prééminence de l’exécutif et sur le primat de la légitimité électorale par rapport au fonctionnement de l’Etat de droit. Mais aussi sur la mise en œuvre d’une pratique politique rétive à toute transparence et peu regardante en matière de respect des droits humains.
    L’invalidation par la justice italienne de certaines décisions migratoires de Mme Meloni a ainsi pu donner à son exécutif l’occasion de remettre en cause le travail de magistrats considérés comme « politisés » et présentés comme illégitimes au regard d’un gouvernement issu des urnes. Cette rhétorique a été utilisée notamment lors de la campagne pour le référendum sur la réforme de la magistrature – que la présidente du conseil a perdu en mars – et dénoncée par les partisans du non, qui y ont vu une tentative de mise au pas de l’institution.
    Des attaques de cette nature ont également été menées au sujet de la suspension temporaire par la justice de l’utilisation que fait le gouvernement de centres de détention pour étrangers installés en Albanie. Perçu comme un modèle à suivre par un nombre croissant de responsables européens dans un contexte d’escalade xénophobe, ce projet a été critiqué par Amnesty International, dans un rapport paru le 20 août. L’organisation non gouvernementale estime qu’il est porteur de graves atteintes à l’Etat de droit, en particulier du fait de l’opacité organisée autour du fonctionnement de ces centres.
    Des jeunes migrants à bord d’un voilier de l’ONG allemande ResQship, dans l’attente des opérations de transfert au port de Lampedusa (Italie), le 21 avril 2026.
    Fondé sur un accord informel passé entre Rome et Tirana, et non sur un traité dont la ratification aurait impliqué le Parlement, il contribue à normaliser, dans la vie publique transalpine, des exigences de transparence dégradées. C’est aussi le cas des accords passés par Rome sur le contrôle des flux migratoires venus d’Afrique avec le président autoritaire de la Tunisie, Kaïs Saïed, et les diverses autorités qui se partagent le contrôle de la Libye. La coopération avec ces acteurs, responsables d’exactions documentées contre des personnes migrantes, induit le renoncement à toute considération pour le respect des droits humains, au nom de la fermeture des routes migratoires irrégulières.
    Manifestation marquante de cette approche, le gouvernement Meloni avait organisé, en 2025, l’exfiltration vers Tripoli du Libyen Osama Almasri Najim, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre et crime contre l’humanité, alors qu’il se trouvait en Italie. Accusé d’homicides, de tortures et de violences sexuelles, ce responsable d’un site de détention pour migrants était partie prenante du système d’externalisation du contrôle frontalier consolidé, en Libye, par le gouvernement de Mme Meloni.
    C’est toujours à la question migratoire, qui apparaît dorénavant comme un levier efficace de transformation illibérale, qu’ont été liées certaines atteintes sérieuses à l’autonomie de la société civile. En 2025, des journalistes couvrant la situation des migrants en Méditerranée ont ainsi révélé avoir été avertis par Meta – la maison mère de Facebook et d’Instagram – que leurs téléphones avaient été infectés par un logiciel espion de la société israélienne Paragon (utilisé par Rome), de même que ceux de membres d’ONG de sauvetage en mer, tel le prêtre Mattia Ferrari, de Mediterranea Saving Humans.
    Ces organisations, visées par des procédures judiciaires et des réglementations pensées pour restreindre leur action de manière draconienne, ont servi au gouvernement pour tester des procédés efficaces de contrôle et de pression sur la société civile. D’ailleurs, il n’a pas réagi aux attaques armées perpétrées en Méditerranée, à partir de 2025, contre certains de ses bateaux par des hommes en armes libyens à partir de vedettes militaires livrées par Rome. Là encore, c’est en lien avec les questions migratoires qu’une autre limite a été franchie du point de vue de ce qui peut, aujourd’hui, être jugé acceptable en démocratie.

    #Covid-19#migration#migrant#italie#remigration#sante#droit#immigration#libye#albanie#tunisie#humanitaire

  • Changement climatique : « Les menaces à venir renforcent la peur du déclassement et les stratégies d’ascension sociale individuelles »

    Les chocs climatiques comme les incendies ne changent pas nécessairement les modes de vie, rappelle l’historienne Béatrice Cherrier dans sa chronique au « Monde » : la lutte contre le réchauffement ne se joue pas seulement dans la prise de conscience de celui-ci.

    Plus de 115 000 hectares ont déjà brûlé en 2026. L’année restera comme la pire de l’histoire récente des #incendies en France. Au Porge (Gironde), 175 maisons ont été détruites ; à Correns (Var), le feu est entré dans le village. Beaucoup espèrent que ce choc produira ce que près de quarante ans de rapports du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du #climat n’ont pas obtenu : une prise de conscience collective, un changement de comportement et l’inscription des questions environnementales à l’agenda de l’élection présidentielle. La thèse d’anthropologie politique qu’Elise Boutié a soutenue en 2024 à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, « La maison brûle. Cultiver le déni du changement climatique après un mégafeu en Californie du Nord », invite à en douter.

    Que se passe-t-il après le feu ? Pour répondre à cette question, Elise Boutié a partagé sept mois de la vie des habitants du comté de Butte, en Californie, entre 2019 et 2021. Ceux-ci avaient subi en novembre 2018 le « Camp Fire », l’incendie le plus meurtrier jusqu’alors de l’histoire de cet Etat : il détruisit six communes, fit 85 morts, provoqua l’évacuation de plus de 50 000 personnes, et 62 000 hectares et 19 000 bâtiments partirent en fumée. L’anthropologue a suivi la reconstruction, les réunions de quartier et les commémorations, des assemblées de propriétaires jusqu’aux services forestiers.

    Elle en tire une conclusion contre-intuitive : deux ans plus tard, ces habitants de la classe moyenne vivent un « nouveau normal où rien ne change ». Loin de souder un collectif, démontre-t-elle, la catastrophe peut conduire chacun à consolider sa position sociale et matérielle. Ceux qui avaient une assurance solide ont reconstruit leur pavillon, mais plus grand, et selon des choix qui disent le statut plutôt que la sécurité : la large baie vitrée ouverte sur les arbres, l’étage ajouté qui domine les parcelles voisines, la surface habitable comme mesure de la réussite. Autrement dit, les menaces à venir renforcent la peur du déclassement et les stratégies d’ascension sociale individuelles.

    Mécanique du déni

    L’anthropologue démonte la mécanique du #déni : dès le premier anniversaire, les commémorations sont organisées de manière à nier le caractère systémique de la catastrophe. Si la #sécheresse est attribuée au réchauffement climatique, l’incendie, lui, est expliqué soit par la rupture d’une ligne à haute tension et par la responsabilité de l’électricien, soit par la négligence des voisins ; par un concours de circonstances, ou par la volonté de Dieu.

    Les séquelles physiques et psychologiques de l’incendie font le reste : les troubles de la mémoire et du sommeil sont si répandus qu’un terme local les désigne, le fire brain (« cerveau du feu »). Le comté de Butte vote républicain, mais cet effacement est transpartisan. Il tient à un attachement de classe que le pavillon incarne et au rapport à la nature qu’il trahit : une forêt que l’on contemple de son salon et que l’on tient à distance.

    Bien sûr, le contexte français est différent : une religion moins prégnante, une violence de classe moins frontale, une classe politique moins climatosceptique. Le processus, pourtant, reste le même. On ne peut compter sur l’émotion des sinistrés, car la catastrophe est absorbée par les structures mêmes qui ont fabriqué la vulnérabilité. Quelques semaines après le feu, les protagonistes des incendies en Gironde sont déjà engagés dans une guerre des récits : quelle part de responsabilité revient aux inégalités territoriales, aux services publics, à la gestion des forêts ?

    Plutôt qu’une source de pessimisme, cette enquête invite donc à s’interroger sur les liens entre changements écologique, culturel, politique et économique, et à prêter l’oreille aux dimensions vite effacées par les récits en cours de formation. Si le déni n’est pas simplement affaire de politique ou d’information mais d’attachements économiques, alors la lutte contre le réchauffement ne se joue pas tant dans la « prise de conscience » que dans la transformation de structures économiques : crédit immobilier, assurance, économie forestière, inégalités.

    ¶Béatrice Cherrier est historienne de l’économie, directrice de recherche au Centre de recherche en économie et statistique (CREST-CNRS) et à l’Ecole polytechnique.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/02/changement-climatique-les-menaces-a-venir-renforcent-la-peur-du-declassement

  • Donald #Trump s’attaque à la science américaine et prend le risque qu’elle soit distancée par la Chine
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/01/donald-trump-s-attaque-a-la-science-americaine-et-prend-le-risque-qu-elle-so

    Vu de Paris, cela ressemble à un mystère. Comment les Etats-Unis, qui depuis près d’un siècle donnent le tempo de la science mondiale, peuvent-ils détruire méthodiquement leur position dominante, et, surtout, pourquoi le font-ils ? Pourquoi le pays renonce-t-il à un instrument fondamental de son soft power, alors qu’il semble obsédé par sa propre puissance ? Jusqu’où peut-il laisser des pans entiers de sa recherche s’effondrer, au risque de laisser à son premier concurrent, la Chine, le nouveau leadership planétaire ?

    Dès son retour aux affaires, en janvier 2025, le président américain, Donald Trump, a pris plusieurs décrets afin de s’attaquer à une science selon lui rongée par le gauchisme et par l’« idéologie woke ». Les programmes de diversité, équité et inclusion, qui encadraient l’organisation universitaire, ont été supprimés. Plus de 350 mots ou expressions, parmi lesquels « crise climatique », « mixité », « pollution » ou encore « femme », ont été prohibés, sous peine de retrait de financement. Des centaines de bases de données ont vu leur accès bloqué, quand elles n’étaient pas simplement détruites.

    Les agences fédérales ont toutes vu leurs têtes tomber, des départements entiers disparaître dans la recherche sur le climat, les discriminations, l’environnement. Près de 300 000 emplois ont été supprimés en dix-huit mois. L’administration Trump a annoncé une saignée budgétaire pour 2026 : − 24 % pour l’agence spatiale (la NASA), − 40 % pour les Instituts nationaux de la santé (NIH), et même − 56,9 % pour la National Science Foundation, qui finance la recherche universitaire. Cette fois, ce ne sont plus des domaines précis qui sont visés pour leur portée idéologique, mais la science dans son ensemble.

    Des dégâts déjà visibles
    Au Congrès, les élus démocrates, mais aussi de nombreux républicains, sont sous le choc. La #Constitution de 1787 n’a-t-elle pas pris soin d’inclure, dès son article premier, une clause visant à « promouvoir le progrès de la #science et des arts utiles » ? Depuis le projet Manhattan sur la bombe atomique jusqu’à la conquête spatiale, la science a rythmé l’histoire des Etats-Unis. Les parlementaires ont fini par rétablir l’essentiel des crédits, mais l’administration ne s’avoue pas vaincue. Elle a bloqué la distribution des fonds fédéraux et annoncé une réforme du bureau chargé de l’exécution budgétaire (Office of Management and Budget, #OMB). Ce ne sont plus des commissions de #chercheurs qui désormais décideront des projets à soutenir – leur avis ne sera plus que consultatif –, mais un représentant de l’OMB. Son rôle : s’assurer de la « #conformité des #recherches avec les priorités gouvernementales ».

    Le président américain, Donald Trump, au centre spatial Lyndon B. Johnson de la NASA, à Houston (Texas), le 28 août 2026. WIN MCNAMEE/AFP
    La réforme doit s’appliquer le 1er octobre. D’ici là, l’OMB devra examiner les 496 000 commentaires qui se sont déversés sur son site – dont 95 % sont opposés à la #réforme, selon un examen par la presse américaine des 52 000 premiers commentaires publiés. Outre le #contrôle_politique, ces messages dénoncent l’« interdiction de fonds fédéraux pour les #collaborations_étrangères », explicitement prévue par le texte, la possibilité d’interrompre à tout moment un soutien fédéral, ou encore l’accès limité aux conférences et aux #publications scientifiques, pourtant au cœur du processus de #recherche.

    « Les Etats-Unis ont bâti la plus grande entreprise scientifique de l’histoire de l’humanité sur une idée simple : financer les meilleures idées, choisies par les meilleurs experts, et ne pas s’en mêler, écrit ainsi David Miller, physicien de l’université de Chicago, dans un commentaire repris par le site d’enquête Propublica. Ce n’est pas un principe partisan. C’est le principe qui a donné naissance au transistor, à Internet, au GPS, à l’IRM et à tous les vaccins modernes. (…) Ce projet de règlement démantèle entièrement ce principe. »

    D’ores et déjà les dégâts sont visibles. Le nombre d’entrées en thèse a diminué de 15 % cette année dans les 55 principales universités américaines. Les meilleurs étudiants étrangers ne veulent plus se confronter à l’arbitraire du système des visas. Des sociétés savantes américaines délocalisent leurs congrès à l’étranger pour accueillir la fine fleur de la science mondiale.

    L’annonce, début juillet, par le Jordano-Palestinien Omar Yaghi, Prix Nobel de chimie 2025, qu’il quittait l’université de Californie à Berkeley pour l’université Tsinghua, à Pékin, a fait sensation. La Chine supplante désormais les Etats-Unis dans de nombreux domaines scientifiques. Depuis 2019, elle est passée au premier rang mondial dans les dépôts de brevet ; depuis 2023, elle domine le Nature Index des publications scientifiques et ne cesse de creuser l’écart. En 2024, elle a aussi dépassé les Etats-Unis dans les dépenses de recherche et développement. Un déclin amorcé avant le second mandat de Donald Trump, qui promet de s’accélérer.

    Alors pourquoi un tel sabordage ? Par bêtise, disent certains. Inutile de financer la recherche en biologie, puisque les nouveaux médicaments seront découverts grâce à l’intelligence artificielle, a ainsi expliqué le secrétaire américain à la santé, Robert Kennedy Jr. Présidente de #Stand_Up_for_Science, le mouvement d’opposition à l’offensive gouvernementale né en janvier 2025, la psychologue Colette Delawalla rappelle que le secteur des sciences, technologies et médecine représente 39 % du produit intérieur brut des Etats-Unis.

    Le business devrait donc, au contraire, conduire les trumpistes à soutenir la science… mais une autre dimension intervient. « A leurs yeux, embrasser la science revient à s’éloigner de Dieu, explique-t-elle. Leur vision nationaliste chrétienne du monde ne laisse aucune place à une réalité où la science et la religion pourraient coexister. » Le puritanisme contre la science : une vieille histoire à laquelle les Etats-Unis offrent une nouvelle jeunesse.

  • « Le débat qui oppose « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du réel »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/30/voila-ce-que-pourrait-etre-une-politique-migratoire-mediterraneenne-organise

    « Le débat qui oppose « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du réel »
    Tribune Hakim El Karoui
    Fondateur du Comité d’action pour la Méditerranée
    Après la crise à Ceuta, cet été, l’essayiste Hakim El Karoui note, dans une tribune au « Monde », les incohérences de la politique migratoire en Europe, en s’appuyant sur les données du dernier rapport du Comité d’action pour la Méditerranée, dont il est le fondateur.
    La crise survenue cet été à Ceuta [enclave espagnole située au Maroc], marquée par l’arrivée subite de 72 000 personnes en territoire européen, a ravivé la peur migratoire. Pourtant, le prochain grand tournant de la politique du Vieux Continent en la matière ne sera pas celui que l’on croit. Alors que le débat public porte sur la manière de réduire l’immigration, la principale question qui se posera aux gouvernements européens sera bientôt de savoir comment attirer les travailleurs étrangers, dont leurs économies auront besoin. D’ailleurs, ce basculement a déjà commencé.
    L’Italie en offre sans doute l’illustration la plus spectaculaire. En juin 2022, Giorgia Meloni, à l’époque encore dans l’opposition (elle allait devenir présidente du conseil en octobre), venait soutenir, en Andalousie, la candidate espagnole d’extrême droite de Vox, dénonçant au passage l’« immigration massive » et réclamant des frontières sécurisées. Neuf mois plus tard, à Cutro [en Calabre], après la mort en Méditerranée de 94 personnes, elle justifiait le rétablissement du decreto flussi [décret sur les flux migratoires] par les besoins du « monde productif » italien. Le dispositif devait permettre l’arrivée de 452 000 travailleurs étrangers entre 2023 et 2025, puis de près de 500 000 autres entre 2026 et 2028. Depuis que Mme Meloni est au pouvoir, l’immigration dans la Péninsule a crû de plus de 10 %.
    L’ancien premier ministre hongrois Viktor Orban (de 2010 à 2026) a suivi, avec moins de publicité encore, une trajectoire comparable. Celui qui avait fait de la lutte contre l’immigration l’un des piliers de son pouvoir a largement ouvert son pays aux « travailleurs invités ». Selon Eurostat, le nombre de nouveaux permis de séjour y est passé de 20 751 en 2015 à 87 624 en 2024, soit, rapporté à la population, plus que la moyenne européenne et presque deux fois le niveau français.
    Quant au gouvernement social-démocrate danois, vanté en général par l’extrême droite pour sa « politique migratoire intransigeante et dissuasive », il a délivré en moyenne trois fois plus de permis de séjour que la France en 2024 – 1,43 % de sa population, soit 86 000 nouveaux immigrés (pour une population de 6 millions d’habitants), 50 % de ceux-ci étant issus de pays n’appartenant pas à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]. La seule baisse des flux au Danemark concerne ceux liés à l’asile, qui a été presque supprimé (11 000 réfugiés en 2015, 875 en 2025). Drôle de conception de la social-démocratie !
    On peut se moquer de l’incohérence des dirigeants européens et de leur double discours. Il est plus intéressant de comprendre les raisons de cette politique. Ils font, une fois au pouvoir, ce que leur démographie leur impose. En 2024, le taux de fécondité dans l’Union européenne est tombé à 1,34 enfant par femme. Sans immigration, la population européenne en âge de travailler pourrait diminuer de 20 % d’ici à 2050 (une baisse de 287 millions à 227 millions des 15-64 ans) – avec un recul de 31 % en Italie et de 29 % en Espagne. Les politiques natalistes peuvent atténuer cette tendance, de même que l’augmentation du taux d’activité des femmes et des seniors. La robotisation, quant à elle, supprimera certains besoins de main-d’œuvre. Toutefois, aucune de ces réponses ne suffira.
    Surtout, les pénuries ne touchent plus seulement quelques métiers peu qualifiés, dont on imaginerait facilement l’automatisation. Elles frappent désormais l’ensemble de l’économie. Dans le secteur de la construction, un travailleur sur quatre est étranger en Allemagne et en Espagne ; plus de 15 % des médecins exerçant outre-Rhin et en France ont été formés à l’étranger ; en Italie, 70 % des auxiliaires à domicile sont étrangers. Les besoins concernent également les ingénieurs, les informaticiens, l’hôtellerie, les travailleurs saisonniers et les personnels de santé. La proportion de diplômés parmi les métiers européens en pénurie augmente elle-même. L’immigration de travail n’est donc plus une hypothèse destinée à répondre au vieillissement futur : elle est déjà constitutive du fonctionnement de nos économies.
    De ce point de vue, le débat qui oppose invariablement « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du problème réel. La bonne question n’est pas de décider s’il y aura ou non une immigration de travail (il y en aura), mais plutôt de savoir si elle continuera à se faire dans le désordre ou si nous déciderons enfin de l’organiser, et ce, dans l’intérêt de toutes les parties.
    En effet, une immigration nécessaire n’est pas toujours une immigration réussie. L’Espagne en apporte une démonstration utile. Après la réforme de 2022, le nombre de travailleurs immigrés a progressé dans les secteurs en pénurie, mais plus encore dans ceux où il y avait déjà un surplus de main-d’œuvre. En Italie, la bureaucratie du decreto flussi produit une autre absurdité : en 2025, moins de 8 % des quotas ouverts ont effectivement abouti à l’obtention d’un titre stable. De ce fait, des étrangers sélectionnés pour un emploi stable peuvent se retrouver en situation irrégulière avant même d’avoir pu l’occuper.
    Ceuta, Lampedusa, les naufrages en Méditerranée et les campements improvisés sont les différentes manifestations d’un même échec. Nous avons organisé la fermeture des frontières beaucoup plus sérieusement que les voies permettant de les franchir légalement. Et nous nous étonnons que la mobilité s’organise elle-même, par les passeurs et par le marché noir du travail.
    Il existe pourtant une autre voie, comme le suggère l’Allemagne. Son accord avec l’Inde va au-delà de l’annonce d’un quota d’entrées puisqu’il a pour objectif de construire une filière. Des dispositifs évaluent les qualifications en amont, facilitent la reconnaissance des diplômes et orientent les travailleurs vers les domaines qui recrutent. Environ 90 000 travailleurs indiens arrivent ainsi chaque année en Allemagne. Leur salaire médian est supérieur de 1 200 euros par mois à celui des travailleurs allemands et leur insertion se concentre sur les secteurs en tension. Les demandes d’asile, elles, ont été divisées par deux depuis 2021. C’est ce passage de la migration subie à la mobilité organisée qui devrait inspirer la politique européenne.
    Néanmoins, il faut aller plus loin, car attirer les médecins, les ingénieurs ou les informaticiens dont nous avons besoin peut résoudre un problème européen, et en aggraver un autre de l’autre côté de la Méditerranée. Les pays d’Afrique du Nord connaissent toujours une croissance démographique positive et peinent souvent à offrir un emploi à leur jeunesse diplômée. Ils n’ont pas pour autant intérêt à financer la formation de médecins ou d’ingénieurs immédiatement recrutés à Paris, à Berlin ou à Milan. La fuite des cerveaux représente déjà une perte considérable. Le rapport du Comité d’action pour la Méditerranée, paru le 1er juillet, estime le seul coût annuel de formation des médecins et ingénieurs expatriés entre 172 millions et 214 millions d’euros pour le Maroc, de 420 millions à 510 millions pour l’Algérie, et autour de 325 millions pour la Tunisie. En Egypte, 120 000 des 220 000 médecins enregistrés auprès de l’ordre exerçaient à l’étranger en 2024.
    Une politique qui consisterait simplement à piller les compétences du Sud ne serait ni juste ni durable. Tôt ou tard, les Etats d’origine chercheraient à retenir leurs diplômés, et l’Europe se retrouverait en concurrence avec le Golfe, les Etats-Unis ou le Canada pour attirer une ressource de plus en plus rare. C’est ici que doivent s’exprimer les « solidarités de fait ». Elles consistent à ne plus traiter séparément les besoins européens de main-d’œuvre et les besoins méditerranéens de formation, mais à construire des mécanismes dans lesquels chacun trouve son compte.
    L’Europe souhaite plus de médecins ? Dans ce cas, qu’elle contribue à en former davantage au Sud, pour les systèmes de santé locaux comme pour les siens. Elle manque d’ingénieurs ? Eh bien, qu’elle investisse, de concert avec les universités marocaines, tunisiennes, égyptiennes ou algériennes, dans des filières qui forment plus d’ingénieurs qu’elle n’en recrute. Les pays du Sud veulent des emplois pour leurs diplômés et des moyens accrus pour leurs universités ? La mobilité peut précisément devenir l’un des instruments de leur financement.
    Lorsqu’un joueur de football professionnel change de club, la fédération internationale organise automatiquement une compensation au profit des structures qui l’ont encadré. Pourquoi ne pas imaginer un mécanisme comparable pour le capital humain ? Un « passeport des talents » retracerait le parcours d’un médecin ou d’un ingénieur et, lorsqu’il serait recruté par une entreprise ou un hôpital européen, une contribution alimenterait l’institution qui l’a formé, avec un seul objectif : permettre au pays d’origine de former davantage.
    On peut y ajouter des échanges « dette contre formation ». Si ne serait-ce que 10 % de certaines créances bilatérales détenues par les grands Etats européens étaient converties en investissements éducatifs, le rapport estime que l’on pourrait financer, au Maroc, la formation de 16 000 ingénieurs supplémentaires. Le mécanisme n’a rien d’utopique : l’Egypte pratique depuis longtemps des conversions de dette avec l’Allemagne et l’Italie, dont une partie finance déjà l’éducation et la formation professionnelle.
    Voilà ce que pourrait être une politique migratoire méditerranéenne : non plus négocier quelques visas contre la surveillance d’une frontière, mais organiser ensemble la formation, le recrutement, la circulation et, lorsque cela est possible, le retour des compétences, dans l’intérêt partagé des pays du Nord et des pays du Sud. Cartographier chaque année les pénuries, métier par métier, territoire par territoire ; former en amont ; apprendre la langue du pays d’accueil ; reconnaître les diplômes ; donner aux étudiants étrangers formés en Europe une voie claire vers les métiers en tension ; permettre la mobilité circulaire ; associer entreprises, universités et Etats à son financement : tout cela serait moins spectaculaire qu’un sommet consacré à la « maîtrise des flux », mais beaucoup plus efficace. Ce serait, en outre, une façon élégante et efficace de retirer aux pays du Sud le levier politique consistant à menacer d’une crise migratoire les pays européens qui sont en désaccord avec eux.
    La construction européenne elle-même n’a pas commencé par une déclaration abstraite d’unité. Elle a commencé par la mise en commun du charbon et de l’acier, c’est-à-dire par la mutualisation d’intérêts suffisamment concrets pour produire de l’interdépendance. Le charbon et l’acier d’aujourd’hui pour l’Europe vieillissante, ce sont la jeunesse et la formation. Dans la Méditerranée du XXIe siècle, le capital humain peut être le fondement d’une « CECA [Communauté européenne du charbon et de l’acier] migratoire », où l’investissement commun dans la jeunesse et la formation permettra d’organiser les mobilités, au bénéfice des deux rives. C’est ainsi que l’on remplacera progressivement l’anarchie des migrations par une mobilité organisée, et que Ceuta cessera d’être l’horizon de la relation entre les deux côtés de la Méditerranée.
    Hakim El Karoui est fondateur du Comité d’action pour la Méditerranée et l’auteur du rapport « La Méditerranée par le travail : un partenariat pour l’avenir », paru le 1er juillet.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#crisemigratoire#mobilite#politiquemigratoire

  • Animaux sauvages : « Nous sommes le seul pays à détruire systématiquement une espèce en prévention des dégâts qu’elle pourrait occasionner »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/29/animaux-sauvages-nous-sommes-le-seul-pays-a-detruire-systematiquement-une-es

    Près de deux millions d’animaux catégorisés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » [ESOD] sont tués chaque année (...).

    Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’existe pas de preuve que les destructions d’ESOD permettent de réduire les dommages. A l’heure de l’évaluation des politiques publiques, aucune n’a été menée sur les effets de la réglementation. Dans le cadre d’une étude parue en avril, des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, ont analysé sept années de données officielles et n’ont trouvé aucun lien de corrélation entre le nombre d’animaux tués durant une année donnée et les dégâts de l’année suivante.

    Services écosystémiques

    Tuer plus d’animaux ne fait pas baisser les pertes économiques et inversement, tuer moins d’animaux ne fait pas augmenter ces pertes. Rien n’indique que ces destructions apportent un quelconque bénéfice économique ou écologique, alors qu’elles peuvent coûter jusqu’à huit fois plus cher que les dommages imputés aux espèces incriminées.
    Une synthèse bibliographique conduite par la Fondation pour la recherche sur la #biodiversité et publiée en 2023 aboutit à une conclusion similaire. Les mesures de gestion de ces espèces ne se fondent pas sur la science et n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Comme elles ne sont pas soumises à une obligation de suivi, il est impossible d’en mesurer l’utilité sur le terrain. Les destructions ne sont ni proportionnées, ni adéquates à l’objectif de réduction des dommages et leurs effets collatéraux négatifs ne sont pas pris en compte. Comme elles sont généralement réalisées de manière opportuniste, sans stratégie rigoureuse ni coordination au niveau du territoire, elles ne réduisent pas les densités des animaux et chaque individu détruit est rapidement remplacé par un autre.

    [...]

    Ainsi, les petits carnivores sont utiles à l’agriculture en consommant une grande quantité de rongeurs. Le renard contribue à la prévention des pullulations de campagnols, en ralentissant la croissance de leurs effectifs. Les corvidés et l’étourneau consomment de grandes quantités d’insectes, de larves, de vers blancs et de limaces qui ravagent les cultures. Le geai et la pie dispersent des graines, notamment des glands, participant activement à la régénération des forêts.

    https://justpaste.it/ewt6u

    #Animaux_sauvages #tuerie

  • Immigration : le piège de l’extrême droite se referme sur les Européens
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/27/immigration-le-piege-de-l-extreme-droite-se-referme-sur-les-europeens_675834

    Immigration : le piège de l’extrême droite se referme sur les Européens
    Éditorial
    Les campagnes électorales de la rentrée en Europe – législatives en Suède, régionales en Allemagne, présidentielle en France – illustrent à quel point le piège tendu par les surenchères de l’extrême droite sur l’immigration fonctionne.
    En Suède, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), en perte de vitesse, a décidé de savonner la planche de ses alliés de la coalition – Libéraux, conservateurs et Chrétiens-démocrates. Le SD appelle ses électeurs à ne plus soutenir les Libéraux, alors que leur cheffe de file avait annoncé qu’elle accepterait des ministres d’extrême droite au gouvernement. Après avoir poussé avec succès ces dernières années les démocrates à serrer la vis de la politique migratoire suédoise, le SD se radicalise, nourrissant une montée du discours raciste et antimusulman dans le pays.
    En Allemagne, le chancelier conservateur, Friedrich Merz, fragilisé dans son camp, tablait sur une fermeture de l’immigration pour contenir l’extrême droite, mais celle-ci reste en embuscade. La tête de liste du parti Alternative für Deutschland pour le scrutin du 6 septembre en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, pourrait devenir le premier gouverneur d’extrême droite d’un Land. Séducteur et affable, il prône une accélération des expulsions, l’obligation de travaux d’intérêt général pour les demandeurs d’asile et la création de classes spéciales pour les enfants de réfugiés dans les écoles.
    L’ancien premier ministre français Edouard Philippe, candidat de droite issu du bloc central, a pu prendre de court une partie de son camp en se déclarant favorable à la création, en Afrique, d’un centre de retour pour les immigrés illégaux de Mayotte. La France reste opposée à ce projet contestable de plateformes hors d’Europe, inscrit dans le règlement européen en cours d’adoption sur les migrants irréguliers.
    L’illusion consiste à croire qu’une fois l’extrême droite satisfaite, elle pourrait observer une pause dans ses exigences. A Bruxelles, la pression exercée par l’Italienne Giorgia Meloni, alliée à la sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen, ne faiblit pas, après avoir entraîné 22 des 27 Etats membres à dénoncer la négligence supposée de l’Espagne lors de la crise de Ceuta en juillet, quand 50 000 Marocains ont pénétré dans l’enclave espagnole. Dans le cadre des négociations qui reprennent sur le budget commun, les deux dirigeantes demandent que l’Union finance les plateformes de retour pour les migrants. Or, la Commission a toujours indiqué qu’il ne lui reviendrait pas de payer.
    A chaque victoire – participation au gouvernement ou adoption de législations anti-étrangers compatibles avec sa stratégie du bouc émissaire –, l’extrême droite entend très logiquement aller plus loin sur son terrain et s’affiche de plus en plus ouvertement xénophobe. L’exemple offert par le président américain, Donald Trump, et sa brutale police de l’immigration l’encourage. Avec, en ligne de mire, la « remigration ». La surenchère des conservateurs ne peut conduire qu’à l’ingestion de ce concept identitaire flou par les politiques européennes, les conduisant à passer des étrangers irréguliers aux immigrés réguliers, puis aux citoyens jugés inassimilables selon des critères raciaux. Les démocrates, convaincus de la nécessité d’une meilleure protection des frontières de l’Europe, sont mis au défi de proposer une alternative à l’inacceptable.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#extremedroite#immigration#remigration#politiquemigratoire#droit#sante#migrationirreguliere

  • Présidentielle 2027 : la nécessité d’une alternative à gauche
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/21/presidentielle-2027-la-necessite-d-une-alternative-a-gauche_6751911_3232.htm

    Pétrifiés face au début de campagne réussi de Jean-Luc Mélenchon, les sociaux-démocrates et les écologistes ne parviennent toujours pas à incarner une alternative à la candidature de l’ancien sénateur socialiste. C’est pourtant indispensable : à défaut, la présidentielle de 2027 se résumera à une opposition des formations antisystème. Il reste très peu de temps à la gauche non mélenchoniste pour surmonter ses différences, travailler à des propositions structurantes – pour rassembler d’abord son camp politique, puis une majorité des Français – et désigner une personnalité pour porter celles-ci.

  • « La France et le Royaume-Uni doivent agir ensemble pour faire respecter le droit international en Palestine » : l’appel d’anciens ambassadeurs français et britanniques
    Publié le 22 août 2026 | Le Monde
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/la-france-et-le-royaume-uni-doivent-agir-ensemble-pour-faire-respecter-le-dr

    Devant la politique d’occupation et de destruction menée par Israël, une centaine d’anciens représentants diplomatiques de la France et du Royaume-Uni, deux nations qui ont joué un rôle historique dans le façonnement du Moyen-Orient, expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi ils appellent leurs gouvernements à agir à travers une série de sanctions visant à préserver l’Etat de droit.

    Le Royaume-Uni et la France partagent des valeurs et une vision du monde. Membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), engagés à faire respecter le droit international, nos deux pays estiment que les responsables de crimes de guerre et contre l’humanité doivent rendre des comptes. C’est seulement ainsi que nos gouvernements pourront réfuter l’accusation du deux poids-deux mesures. C’est pourquoi ils doivent agir ensemble pour faire respecter le droit international en Palestine.

    Nos pays ont joué un rôle décisif dans le façonnement du Moyen-Orient. Ils doivent faire cause commune face au déni d’égalité des droits entre Israéliens et Palestiniens. La paix naît de l’égalité.

    En 2025, la France et le Royaume-Uni ont enfin reconnu l’Etat de Palestine. Ce geste tant attendu appelle maintenant une action urgente pour concrétiser le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, alors que le gouvernement israélien cherche à détruire toute perspective d’un Etat palestinien indépendant, affichant son mépris du droit, des décisions de la Cour internationale de justice et d’innombrables résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

    Nos gouvernements sont attachés à la sécurité d’Israël tout comme ils sont révoltés par les souffrances du peuple palestinien sous occupation. Le Hamas a commis des crimes odieux le 7 octobre 2023, mais rien ne justifie la politique systématique de destruction de Gaza et de sa population. L’assertion de Benyamin Nétanyahou selon laquelle Israël doit vivre par l’épée est moralement erronée et contre-productive. Elle ne laisse aucune place à la négociation et met en péril sa sécurité. Dès lors, le monde ne voit plus Israël comme une véritable démocratie : il n’y a rien de démocratique à priver autrui de ses droits et de sa terre.

    A Gaza, 2 millions de Palestiniens sont parqués sur 30 % d’un territoire dévasté, affamés, privés de médicaments et de logement. Plus de 1 200 Palestiniens ont été tués depuis le prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025. A Jérusalem-Est et ailleurs en Cisjordanie, les destructions de maisons et la violence généralisée des colons – avec la connivence de l’armée et de la police israéliennes – relèvent d’un nettoyage ethnique. La Palestine s’efface sous nos yeux.
    Cette politique d’occupation et de destruction s’étend au Liban, où de nombreux villages ont été rasés, et à la Syrie. Elle est une tache sur la conscience de l’humanité et commande que le Royaume-Uni et la France agissent.
    Alternative à la violence
    Les Palestiniens doivent veiller à ce que l’Etat reconnu par plus des deux tiers des pays soit démocratique et respecte la loi, malgré l’occupation. Gaza et la Cisjordanie doivent être réunifiées politiquement, administrativement et économiquement. Les élections prévues pour novembre doivent être libres et équitables et permettre un renouveau démocratique avec une direction palestinienne représentative et fonctionnelle.
    Nos deux gouvernements peuvent faire beaucoup pour aider la Palestine à devenir un Etat démocratique pleinement fonctionnel, et notre priorité doit être de répondre à l’action systématique d’Israël qui va à l’encontre de cet objectif.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Dans Gaza dévastée, les « zones pilotes », un simulacre de reconstruction qui ne convainc pas les habitants
    Nous formulons les recommandations d’action commune suivantes : faire respecter les décisions de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale ; suspendre l’accord d’association Union européenne-Israël et l’accord commercial et de partenariat Royaume-Uni-Israël pour violation des dispositions relatives aux droits humains ; suspendre les transferts d’armes vers et depuis Israël et toute coopération militaire bilatérale ; exiger un accès inconditionnel à l’aide pour Gaza, sous l’égide de l’UNRWA [l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens], des autres agences de l’ONU et des organisations non gouvernementales internationales, ainsi qu’aux journalistes, diplomates et parlementaires ; interdire tout commerce avec les colonies : biens, investissements, assurances et autres services financiers ; avertir les soumissionnaires potentiels pour tout financement et/ou construction de colonie, en particulier dans la zone dite « E1 »[à l’est de Jérusalem, dans les territoires occupés], qui est une ligne rouge, que leurs intérêts dans nos pays en subiront les conséquences ; faire de l’achat par nos citoyens de biens immobiliers sur des terres palestiniennes volées une infraction et retirer le statut caritatif aux « organisations caritatives » finançant les colonies.
    Ces mesures, accompagnées de sanctions en cas d’infraction, visent à préserver l’Etat de droit et à montrer qu’il existe une alternative à la violence : la mise en œuvre, avec des garanties internationales, de l’égalité des droits, l’autodétermination, la justice et la sécurité pour les Palestiniens comme pour les Israéliens.
    Quels que soient les résultats des élections cet automne en Israël et en Palestine, l’asymétrie de puissance entre eux nous impose de faire respecter le droit international. Ensemble, la France et le Royaume-Uni doivent entraîner les pays partageant les mêmes idées en Europe, au Moyen-Orient, dans le Sud global, au sein de la francophonie et du Commonwealth. Ces propositions reflètent notre attachement partagé au droit international et à l’égalité des droits. Il y va de notre intérêt : là où il n’y a pas de loi, personne n’est en sécurité.

    Premiers signataires : Charles-Henri d’Aragon, ancien ambassadeur en Arabie saoudite ;
    Bruno Aubert, ancien ambassadeur en Irak ;
    Yves Aubin de la Messuzière, ancien ambassadeur et directeur d’Afrique du Nord et du Moyen Orient ;
    Bernard Bajolet, ancien ambassadeur en Jordanie ;
    Frédéric Desagneaux, ancien consul général à Jérusalem ;
    Sir Vincent Fean, ancien consul général à Jérusalem ;
    Ann Grant, ancienne haute-commissaire en Afrique du Sud ;
    Sir Jeremy Greenstock, ancien ambassadeur auprès des Nations unies ;
    Patrice Paoli, ancien ambassadeur et directeur d’Afrique du Nord et du Moyen Orient ; Sir William Patey, ancien ambassadeur en Afghanistan. (...)

  • « Une #minorité privilégiée sacrifie la planète afin de préserver ses richesses et son #pouvoir »

    Le rejet de l’#écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des #énergies_fossiles, déplorent trois spécialistes d’#écologie_politique, dans une tribune au « Monde ».

    L ’été 2026, en Europe, n’est pas seulement celui des #canicules à répétition, des #mégafeux et des #sécheresses désastreuses pour l’agriculture et la biodiversité, qui confirment avec une particulière #violence les #alertes de longue date des scientifiques et des écologistes. Il consacre également le déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée, dont les défenseurs ‒ associatifs, politiques, scientifiques, fonctionnaires, tous mélangés ‒ sont accusés d’être à l’origine des maux qu’ils annonçaient, voire de participer d’un complot des « élites » utilisant le climat pour asservir le « peuple ». Comment peut-on comprendre une telle dynamique ?

    Ce #rejet de l’écologie reflète des tendances déjà à l’œuvre depuis les années 1980, mais il prend de l’ampleur au moins depuis la pandémie de #Covid-19 et il est à présent devenu mondial. Paradoxalement, on peut y voir la conséquence de l’#échec, désormais ressenti dans nos chairs, des gouvernements à enrayer le #réchauffement_climatique, en dépit de l’ambition affichée lors de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015.

    D’un côté, les promesses technosolutionnistes d’écologisation de l’économie n’ont jamais pu substantiellement résorber les dégâts environnementaux causés par la consommation d’énergies fossiles. Exemple emblématique, l’#intelligence_artificielle (#IA) générative, brandie comme apportant des solutions inédites en dépit de son impact extrêmement polluant, promet en fait, et d’abord, de doper l’extraction du pétrole, du gaz et du charbon.

    De l’autre, les attaques contre l’écologie sont la réaction d’acteurs et de groupes d’#intérêts_financiers et technologiques qui baignent encore dans des rêves de puissance virile et suprémaciste. Les changements « rapides et profonds dans tous les secteurs et tous les systèmes », nécessaires pour « garantir un avenir viable et durable pour toutes et tous », selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [#GIEC], sont matériellement possibles, mais un Peter Thiel ou un Elon Musk n’en veulent pas.

    Depuis les années 1980, si ce n’est depuis les colonisations, une #minorité_privilégiée a choisi de faire sécession de l’#avenir_commun, de sacrifier une partie de la planète et la majorité de l’humanité afin de préserver ses richesses et son pouvoir. Ce qui est nouveau, dans la séquence actuelle, c’est que ce « programme » cynique soit devenu celui de gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, tel celui de Donald Trump aux Etats-Unis, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, de l’extraction d’hydrocarbures à l’agro-industrie.

    En France comme en Europe, l’#extrême_droite et une grande partie de la droite œuvrent désormais ensemble pour détricoter de façon massive des orientations environnementales pourtant insuffisantes, le dénigrement des « écologistes » étant devenu leur point de ralliement.

    #Contre-récit hélas efficace

    Comment expliquer une possible adhésion à de tels #discours, tellement contraires à l’#universalisme_humaniste et à l’intérêt de la majorité ? Au-delà de la confusion argumentaire des #réseaux_sociaux, entretenue par une presse et une édition aux mains de quelques milliardaires, on peut observer une confiscation des débats sous les invectives et, sous le couvert d’écologie « réaliste » ou « pragmatique », un contre-récit hélas efficace.

    L’#empathie pour les victimes des ravages environnementaux est empreinte de #fatalisme : la reconnaissance de l’échec de #politiques_publiques insuffisantes justifie l’abandon de toute nouvelle tentative. Cet échec est attribué aux politiques écologiques, alors qu’aucun programme à la hauteur des enjeux n’a jamais été appliqué – ne serait-ce que les propositions de la #convention_citoyenne_sur_le_climat mise en place en 2019. Certains poussent même la #mauvaise_foi jusqu’à prétendre que la France a pratiqué la #décroissance.

    L’#adaptation, faute d’avoir été vraiment préparée ‒ c’est pour beaucoup une des révélations douloureuses du moment ‒, devient un mot d’ordre néolibéral : à l’individu de s’adapter, par exemple pour « gérer son #écoanxiété », comme le recommandait le gouvernement le 23 juillet, sans jamais toucher aux causes systémiques et politiques. Or l’adaptation sans atténuation efficace aura toujours un train de retard et ne sera même plus possible, car la situation « exceptionnelle » de cet été n’est pas seulement la norme d’un #nouveau_régime_climatique, mais une étape vers le pire tant qu’on n’arrête pas la #fuite_en_avant. Les #mégabassines, dont la #loi_d’urgence_agricole prévoit de faciliter le développement plutôt que de repenser le #modèle_agricole, le montrent bien.

    L’#anti-écologisme n’est pas le simple résultat de lobbys qui réussiraient à manipuler l’opinion. Car le désaveu de l’écologie est aussi le fait d’une partie de la population à qui l’on fait croire qu’elle a davantage à y perdre qu’à y gagner. Les complicités sont étendues par les chaînes d’interdépendances qui nous attachent au monde de l’énergie fossile, et les transformations des façons de vivre sont à juste titre redoutées tant qu’elles sont prétextes à accroître les #inégalités.

    A contrario, un changement de système pour respecter les #limites_planétaires, décidé par des processus de #démocratie_délibérative et placé sous le signe de l’#égalité et de la #justice, permettrait à plus de 90 % de la population de vivre mieux, selon le Global Justice Report du [laboratoire de recherche international] World Inequality Lab. Mais ce #récit peine à concurrencer celui, simpliste et irresponsable, qui s’est imposé pour discréditer les alertes du #Club_de_Rome [groupe de réfléxion] qui, en 1972 [avec le #rapport_Meadows sur les #limites_de_la_croissance], prévoyait l’effondrement de nos sociétés si elles poursuivaient la #croissance_économique : enrichissons-nous quitte à ravager la planète, les générations futures trouveront bien des solutions si elles sont plus riches. Depuis plus de cinquante ans qu’elles se font attendre, les technopromesses de la #croissance_infinie nous mènent tout simplement au #chaos.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/une-minorite-privilegiee-sacrifie-la-planete-afin-de-preserver-ses-richesses
    #Steve_Hagimont #riches #richesse #techno-solutionnisme #agriculture

    • Ne doutons pas que Zaka veut toucher le maximum de monde par ses publications mais ce consensus m’énerve au plus haut point. Bien évidemment que le sujet « écologie » est éminemment politique puisqu’il s’agit de préserver les ressources naturelles que nous offre notre environnement proche pour assurer notre subsistance, la plus importante étant la production de nourriture et ce sont bien les plus démunis qui seront exposés aux pénuries alimentaires accès à l’eau potable inclus. De par le monde, certaines de ces populations sont entrées dans le dur depuis un bon moment surtout pour un accès équitable à l’eau.

    • D’une certaine façon, dire « c’est politique » ou « c’est apolitique », c’est parfois dire la même chose. Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous. Et pour d’autres, nous ici en particulier, dire « c’est politique », c’est une façon de signifier que ça nous concerne tous.

      Le terme politique est très lourdement connoté, et ça en devient une insulte, un mot péjoratif, ça en est devenu ce que les possédants veulent que ça devienne : un sujet sale, qui ne concerne personne, sauf eux, bien évidemment, qui sauront comment traiter le sujet, loin de nos regards et de nos conversations.

      Je sors moi aussi d’une cousinade, de plusieurs repas de famille, et parvenir à atteindre le niveau de discussion où on est d’accord pour dire que la politique, c’est le sujet noble qui concerne tout le monde, c’est long et ça ne tient pas dans le temps de cerveau disponible entre la viande et le fromage.

    • Oui j’entends ça (et je connais des gens très politisés qui ne supportent pas le mot politique) mais bien souvent quand on déclare quelque chose d’apolitique c’est qu’on imagine (souvent naïvement) un consensus mou autour de la question, sans remettre en cause les privilèges d’une minorité, en gros c’est business as usual modulo quelques ajustements pour corriger les « excès ». Le fait de dire que quelque chose est politique, c’est aussi induire que tout le monde n’est pas d’accord et qu’à un moment y aura des conflits à régler.

    • Et donc, remettons sur le métier le vieil adage qui veut que :
      « si tu n’occupes pas de politique, la politique, elle, s’occupe de toi » . ;-)
      Toutes ces discussions « en famille » (ou pas) à propos de ce sujet, encore une belle illustration de la #loi_de_Brandolini.

      En dernier lieu, on sait depuis un bout de temps sur quoi débouchent le plus souvent les postures « apolitiques » : #chacun_pour_sa_gueule

      Voir par ici ; https://seenthis.net/messages/1187588

      [edit]

      Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous.

      Oui, enfin, relativisons : on ne se sent pas concerné de la même manière suivant qu’on habite « sous les toits » ou qu’on déblatère sur un plateau TV climatisé et protégé de la honte par « un déo qui tient ».

  • Renards, fouines, corbeaux : le gouvernement publie la liste des « nuisibles » pouvant être tués - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/environnement/renards-fouines-corbeaux-le-gouvernement-publie-la-liste-des-nuisibles-po

    Le gouvernement a publié au Journal officiel la liste des espèces « nuisibles » pouvant être chassées, piégées ou capturées en France ces trois prochaines années. Renards, fouines et corbeaux sont concernés.

    Renards, fouines ou encore corbeaux : le gouvernement a publié vendredi au Journal officiel la liste des espèces jugées nuisibles qui peuvent être tuées ces prochaines années en France.

    Tous les trois ans, le gouvernement publie une liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) », permettant de chasser, piéger, capturer ou déterrer ces dernières toute l’année pour éviter des dégâts pénalisant notamment certaines activités agricoles.

    Dans un arrêté publié vendredi, le ministère de la Transition écologique fixe une liste des espèces d’animaux, parfois assortie de conditions ou limitée à certaines communes, selon les départements.
    Irritation des scientifiques

    La belette, la fouine et la martre peuvent ainsi « être piégées toute l’année » mais « uniquement à moins de 250 m d’un bâtiment ou d’un élevage particulier ou professionnel ou sur des terrains consacrés à l’élevage avicole, ou apicole dans le cas de la martre ». D’autres cas de figure permettant de tuer ces animaux sont précisés.

    Sont également concernés, avec des conditions variables, le renard, le corbeau freux et la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet.

    « Au-delà de l’irrationalité biologique qui condamne injustement ces espèces, de l’avis même des scientifiques, cet arrêté est un non-sens économique puisque l’éradication des ESOD coûte 4 fois plus cher que les prétendus dégâts », a réagi Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dans un message transmis à l’AFP.

    L’association a indiqué son intention de porter « un recours devant le Conseil d’État contre cet arrêté ».

    L’élimination massive des animaux jugés nuisibles en France ne réduit pas les pertes économiques qui leur sont attribuées et pour certaines espèces ne contribue pas non plus à la baisse des effectifs, selon une étude du Muséum national d’histoire naturelle publiée en mars dans la revue Biological Conservation.

    • Des espèces nuisibles, le gouvernement ne nous donne qu’un panel très limité. Les « premiers écologistes de France » devraient retourner leurs flingues vers les commanditaires de cet #écocide (la FNSEA ? la coordination rurale ?) puis, pour finir la besogne, contre eux-mêmes.

    • L’année dernière dans les petites rues touristiques du vieux Caen, il y avait un homme debout, un corbeau sur l’épaule.
      Je les ai croisé en marchant et quand j’ai réalisé que ce grand animal noir avec des plumes tirant sur le bleu était vivant et libre et m’avait regardé attentivement je suis revenue sur mes pas. L’homme faisait la manche, quand je lui ai parlé il a dit je l’ai sauvé et maintenant je dois la protéger mais c’est rare que nous venions en ville car elle a peur. La corbeau ne voulait pas être caressée, elle tremblait, elle a caché sa tête dans les cheveux longs de l’homme en caressant doucement son cou avec son bec.

      –-
      voila, c’était la page de poésie devant les fusils.
      –—

      Sinon savez-vous comment on appelle la femelle corbeau ?
      https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/corbeaux-savez-vous-vraiment-on-appelle-femelle-corbeau-25288

    • Peut-être que c’est aux mâles corbeau de s’appeler Corbos ? mais c’est juste le titre de l’article qui posait cette question.
      Ça souligne surtout que cet animal si mal aimé est ancré aux sortilèges et aux femmes sorcières que les femelles corbeaux n’ont pas de nom tout autant que l’Histoire efface les femmes. C’est un oiseau au plumage non genré qui a plus de tendresse que toutes ces grosses bouses du gouvernement inféodés aux assassins.

    • Je ne mets pas le titre de l’article englué dans le ridicule.
      On y apprend que dès le 13 septembre, date d’ouverture de la chasse, c’est tout les jours que les renards pourront être tués. Demain c’est à peine à 20km de Toulouse dans la zone commerciale de la ville de Verfeil qu’aura lieu la battue aux renards hors période, décrété par la préfecture, pas loin de l’intermarché. #sanguinaires

      L’annonce d’une battue aux renards dérape dans un village près de Toulouse
      https://actu.fr/occitanie/verfeil_31573/rien-ne-peut-justifier-les-insultes-l-annonce-d-une-battue-aux-renards-derape-d

      Ce jeudi 27 août 2026, une battue aux renards doit être organisée à partir de 16h30 à Verfeil en Haute-Garonne. L’annonce a suscité des réactions et des dérapages.

    • Il fait bon vivre en France… pour les chasseurs ! Le pays des 300 fromages détient le record européen du nombre d’espèces chassables : 90 espèces dont 64 espèces d’oiseaux, dont 50 migratrices.
      En clair, la France abat des oiseaux qui sont protégés chez les voisins. C’est aussi ça l’Europe.
      Notre pays détient aussi le record du nombre de chasseurs : 975 000 Nemrods arpentent la campagne de septembre à février, pour 160 jours de big gang bang. Seule l’Allemagne fait davantage (180 jours, mais avec 2,5 fois moins de chasseurs et des lois plus strictes).
      Située au croisement des grands couloirs de migration ouest-européens, la France possède une riche diversité d’habitats (littoraux, zones humides, montagnes, forêts…). Cela attire beaucoup d’espèces résidentes et migratrices.
      Au lieu de faire de la France la tête de pont de la protection, d’enfin devenir le « grand frère de la biodiversité » au lieu d’en être le bourreau, nos politiques maintiennent les massacres d’espèces sauvages pour le plaisir. La France est un pays de cocagne pour les passionnés de la gâchette, qui défendent leurs « traditions », en déphasage complet avec ce qu’il se passe. Les chasseurs ne représentent que 1,4% de la population française. Ce sont pourtant eux et leurs copains politiques et autres obligés qui font la loi, les lois.
      👉🏻STOP , ça suffit !
      Bien sûr que les associations de protection du Vivant ont raison de demander un moratoire sur la chasse en raison des incendies et des canicules à répétition. Il n’y a pas besoin d’être Allain Bougrain Dubourg (coucou Allain !) pour en avoir sinon le cœur, au moins l’intuition !
      Contrairement à l’Allemagne ou à la Grande-Bretagne où la chasse est historiquement réservée à de grands domaines (et pratiquée par des élites fortunées), la chasse française est beaucoup plus populo (donc impactante car plus de chasseurs). Elle intègre une multitude de « traditions » régionales, perçues comme des fiertés alors que ce sont des barbaries qui datent d’avant l’esclavage et autres joyeusetés féodales.
      👉🏻Tout ce qui est séculaire voire millénaire n’est pas bon à défendre.
      La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) représente plus de 900 000 pratiquants actifs (le plus grand contingent d’Europe). Ce surpoids, cette obésité électorale et politique continue de freiner le retrait d’espèces affaiblies de la liste des gibiers chassables.
      👉🏻En dépit du bon sens et surtout des rapports scientifiques.
      👉🏻Les chasseurs ne veulent rien lâcher. ils sentent que la fin de la récré est proche.
      Ils ont beau jeu de prétendre que leur « gestion adaptative » et ses moratoires temporaires suspendent progressivement la chasse effective de plusieurs de ces espèces (Courlis cendré, la Barge à queue noire ou la Tourterelle des bois).
      👉🏻Ce sont des cache-misère , des miroirs… aux alouettes (- 30% en 30 ans selon le programme STOC)

      https://www.facebook.com/baleinesousgravillon/posts/pfbid02m5LjnFPoimbHFrcjFN3yKckLvQuaotZbBfWiYfTmiAm5C2VeqAcLKnxF4xtiHNffl

    • Animaux sauvages : « Nous sommes le seul pays à détruire systématiquement une espèce en prévention des dégâts qu’elle pourrait occasionner »
      Tribune
      Collectif

      Près de deux millions d’animaux catégorisés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » sont tués chaque année, sans que rien ne prouve le bénéfice économique ou écologique de ces destructions, dénonce un collectif de défenseurs de l’environnement dans une tribune au « Monde ».

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/29/animaux-sauvages-nous-sommes-le-seul-pays-a-detruire-systematiquement-une-es

  • Piratage du site des impôts : « Peu de ministères sont au niveau requis » pour faire face aux cyberattaques, reconnaît Sébastien Lecornu
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/19/piratage-du-site-des-impots-peu-de-ministeres-sont-au-niveau-requis-face-aux

    « Il y a urgence à concevoir et conduire sans délai une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte aux cyberattaques que l’Etat rencontre actuellement. Il faut reprendre l’initiative sur le terrain », a écrit le chef du gouvernement dans un courrier adressé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, dont les services chapeautent l’Anssi.

    « Je vous demande de constituer une équipe de contact composée d’agents de l’Anssi et chargée d’intervenir en première ligne en cas de suspicion d’atteinte grave à l’intégrité du système d’information de l’Etat », a détaillé M. Lecornu dans ce courrier. « Elle sera engagée en amont de crises potentielles dès la violation d’accès sensibles, pendant la crise et à l’issue », et sera chargée d’adresser « systématiquement » au premier ministre « une analyse après action afin de tirer tous les enseignements de ces attaques ».

    Le premier ministre a reconnu et déploré qu’en termes de cybersécurité « peu de ministères so[ie]nt au niveau requis » en France. « Ce n’est pas acceptable », a-t-il ajouté.
    Deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet

    Le chef du gouvernement a en outre demandé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale de lui présenter pour vendredi « une proposition d’organisation et de règle d’engagement de cette nouvelle unité cyber, ainsi que les moyens qui lui sont alloués et le chef » qu’il désignera à sa tête. « J’attends un engagement total de l’Anssi dans cette mission de crise », a conclu le premier ministre dans son courrier.

    ouloulou, avec le vol de données du trésor public, c’est la guerre ! il ne fallait pas toucher aux infos sur de gros proprios et gros contribuables (dont bon nombre se font vendre des services d’avocats suite à cette affaire).

    • Piratage du site des impôts : « La crédibilité de l’Etat français est mise à mal quand il échoue à protéger l’une de ses forteresses les plus régaliennes », Jean-Baptiste Soufron, Avocat et ancien secrétaire général du Conseil national du numérique, qui est devenu le Conseil de l’IA et du numérique.
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/20/piratage-du-site-des-impots-la-credibilite-de-l-etat-francais-est-mise-a-mal

      Un homme est entré, le 26 juin, dans le système d’information de la direction générale des finances publiques (#DGFiP). Il y est resté. Le 12 août, il a mis en vente les données de 678 000 contribuables. L’administration fiscale l’a reconnu le 13.
      Retenons la date du 21 juillet. Après un intense lobbying du gouvernement et de l’Elysée, le Parlement adoptait la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Les données fiscales étaient déjà sorties depuis près d’un mois. Voilà les deux termes du bilan de dix ans de numérique en France. D’un côté, des mois de débats pour être les premiers en Europe à interdire les réseaux aux adolescents. De l’autre, une #fuite_de_données massive en raison de l’impréparation de l’administration et des errements du politique.

      Puis vint le 13 août. Ce jour-là, l’administration fiscale reconnaissait l’intrusion. Par un hasard du calendrier, le lendemain, le Conseil constitutionnel, saisi fin juillet par des députés de gauche, censurait l’article 1er de la loi sur les réseaux sociaux pour « atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication ».
      Quasi simultanément donc, l’Etat avouait qu’il n’avait pas su garder les données des contribuables et perdait le texte qui devait lui tenir lieu de bilan numérique.

      Le motif de la censure du Conseil constitutionnel mérite d’être lu. Notamment en contrôlant l’âge des usagers, la loi aurait constitué le plus grand fichier d’identité du pays, au même moment où l’Etat se révélait incapable d’empêcher la fuite du revenu déclaré de 678 000 particuliers ou professionnels.
      Depuis, nous discutons pour savoir si l’attaque était prévisible, si le mot de « passoire » est excessif ou si des solutions techniques auraient dû être mises en place. Mais le sujet semble plus politique que technique ou réglementaire, l’absence de capacité de l’Etat à prendre conscience du sujet étant apparue publiquement dès la déclaration du ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, qualifiant l’attaque de « particulièrement sophistiquée », alors qu’elle a consisté à utiliser des identifiants comme il s’en vend pour quelques centimes.

      Certes, il ne s’agit pas une passoire, c’est un défaut de contrôle d’accès, comme si un badge d’entrée d’immeuble avait été perdu et qu’un voleur en avait profité. Mais, dans un immeuble bien conçu, un badge perdu ouvre la porte d’entrée et rien d’autre, pas les 300 appartements [foi de bourgeois]

      Transparence et responsabilité

      L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (#Anssi), l’instance qui protège les systèmes de l’Etat, relève du premier ministre par la chaîne de la défense et de la sécurité nationale. Le financement du secteur dépend de Bpifrance, une société détenue par l’Etat et la Caisse des dépôts et consignations. Les systèmes de la DGFiP relèvent de Bercy, comme ceux de chaque ministère relèvent de leur propre ministre, si bien qu’aucune norme de sécurité n’est opposable à l’ensemble de l’Etat. Et le numérique est confié à une ministre déléguée [Anne Le Hénanff, chargée de l’intelligence artificielle et du numérique] auprès du ministre de l’économie – trois niveaux de hiérarchie sous le premier ministre –, septième titulaire du portefeuille depuis 2017 et sans administration propre. On ne réunit ces mondes que lors de la constitution des cellules interministérielles de crise, ce qui témoigne assez que la coordination n’existe pas en régime ordinaire.

      En parallèle, faute de décision politique, la transposition de la directive européenne dite « NIS2 » (sécurité des réseaux et des systèmes d’information), qui aurait contraint l’administration à adopter des mesures de sécurité, n’a jamais été inscrite en séance depuis 2024, le gouvernement ne voulant pas de l’article par lequel les parlementaires refusaient d’autoriser les citoyens à chiffrer leurs données de façon sécurisée. Le 8 juillet, la Commission européenne a décidé de renvoyer la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour défaut de transposition de la directive dans le droit français.
      D’ici à un ou deux ans, des contribuables recevront peut-être l’appel d’un faux inspecteur du fisc qui connaîtra leur taux de prélèvement exact, leur adresse, leur historique, et ils se laisseront convaincre de lui verser quelques milliers d’euros – le préjudice moyen était de 3 000 euros en 2025.

      En Suède, en juillet 2017, deux ministres ont quitté le gouvernement en une semaine après une attaque similaire. En France, en 2026, cinquante-deux jours après l’intrusion, le premier courriel aux victimes a enfin pu partir.

      Si elles ne sont pas techniques, les solutions existent. Inscrire la transposition de la #directive_NIS2 au calendrier de la rentrée parlementaire et cesser de reposer la question du #chiffrement comme si l’on était encore en 1999. Donner à un ministre de plein exercice le pouvoir d’imposer une norme à une administration qui n’en veut pas, plutôt que de fabriquer une autorité de plus. Et adopter une attitude de transparence et de responsabilité en garantissant, sinon la sécurité maximale – à l’impossible nul n’est tenu –, mais la réactivité la plus diligente et l’information la plus claire.

      A côté des discours sur la « start-up nation », la crédibilité de l’Etat français est mise à mal quand il échoue à protéger l’une de ses forteresses les plus régaliennes. Et que penser du manque de vision d’un gouvernement qui a préféré passer plusieurs mois à débattre sur la question de l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, mobilisant administration, secteur privé, acteurs associatifs et tout le banc du corps politique, le tout pour se voir censurer sans ambages par le Conseil constitutionnel, et ce alors que les fuites de données étaient en train de se dérouler dans ses propres services.

      La souveraineté numérique n’a jamais désigné autre chose qu’une forme de projet collectif à l’échelle d’un pays. Non pas la possession d’une technologie, mais l’existence d’une autorité capable de déterminer une vision, de faire des choix et d’arbitrer. Tant au niveau administratif qu’au niveau politique, et naturellement au niveau industriel. Si la France veut effacer ce bilan et reprendre sérieusement sa place sur la question numérique, ce sont les décisions qu’il faudra prendre dans les années à venir.

      Piratage du fisc : protéger le pacte républicain et le consentement à l’#impôt
      https://archive.ph/l5oA2#selection-5161.0-5627.145

      edit

      #cyberattaque

  • Vincent Lemire, historien : « En Cisjordanie, c’est bien l’inaction des gouvernements occidentaux qui permet à la violence de se déchaîner »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/18/vincent-lemire-historien-en-cisjordanie-c-est-bien-l-inaction-des-gouverneme

    Dans les territoires occupés, ces deux derniers mois, les scènes de pillage et de meurtre se sont multipliées. A l’approche des élections législatives en Israël, fin octobre, et en Palestine, fin novembre, l’historien appelle, dans une tribune au « Monde », la France à prendre des sanctions.

    #Palestine

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

    • « L’usage des grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation », Samuel Bonvoisin (Ingénieur agronome), Charlène Descollonges (Ingénieure hydrologue) et Simon Ricard (Ingénieur hydrologue)
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/19/l-usage-des-grands-reservoirs-artificiels-temoigne-d-une-meconnaissance-des-

      Face aux sécheresses intensifiées par le changement climatique, trois spécialistes de l’eau appellent, dans une tribune au « Monde », à renforcer la résilience hydrique en développant des pratiques agroécologiques et en stockant l’eau de pluie dans les nappes phréatiques et la végétation.

      L ’année 2026 est marquée par des extrêmes hydriques, #crues majeures survenues en hiver et sécheresse de l’été, qui dépasse désormais le record de 2022. En passant d’un extrême à un autre en seulement quelques mois, la situation pose la question du #stockage_de_l’eau pour l’agriculture : pourquoi ne pas prélever et stocker une partie des excédents de l’hiver afin d’irriguer quand elle vient à manquer l’été ? Si l’idée semble relever du bon sens, des confusions subsistent et peuvent conduire, de manière contre-intuitive, à une aggravation des pénuries.

      En quête d’exemple transposable à la France, le monde agricole se tourne vers le modèle espagnol. Depuis 1950, l’Espagne a abondamment investi dans la construction de #réservoirs_artificiels, réutilisant les eaux usées traitées et dessalant l’eau de mer. En dépit de ces lourds investissements, la sécheresse historique ayant touché la péninsule Ibérique entre 2021 et 2024 a provoqué une chute du niveau d’eau dans ces réservoirs artificiels. Face à un taux de remplissage critique (inférieur à 16 %), les autorités ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques, entraînant des pertes agricoles considérables. Mais cette « catastrophe naturelle » et les impacts économiques qui lui sont associés sont-ils uniquement imputables au manque de pluie ?

      D’après une étude parue en mai dans Nature, l’Espagne figure parmi les régions du monde où le stockage artificiel destiné à l’irrigation ne protège pas nécessairement d’une pénurie d’eau – il peut même l’aggraver. Les scientifiques appellent cela l’« effet réservoir » ou le « paradoxe du développement sûr », lorsque « le renforcement des mesures de sécurité entraîne, paradoxalement, une aggravation des dégâts en cas de pénurie ».

      Cette étude révèle que les grands réservoirs destinés à l’irrigation sont les plus à risque parce que les sécheresses compromettent leur alimentation et que, en confortant l’« offre », ils soutiennent une forte demande en eau. Avec des sécheresses qui s’intensifient sous l’effet du changement climatique et une demande croissante pour l’irrigation, les scientifiques soulèvent une question cruciale : ces réservoirs resteront-ils viables s’ils deviennent de plus en plus vulnérables ?

      Une solution de « bon sens » en apparence s’avère moins évidente que prévu et requiert une analyse critique. Outre les enjeux écologiques, l’usage de ces grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation. Nous peinons à faire les liens entre les catastrophes dites « naturelles » que sont les inondations, les coulées de boue, les incendies, les sécheresses, et leurs causes structurelles d’origine anthropique que sont l’appauvrissement des sols agricoles, l’assèchement des milieux humides, l’exploitation intensive des forêts, l’artificialisation des sols et des hydrosystèmes.
      En clair, nous héritons de systèmes rendus vulnérables aux extrêmes hydriques tandis que ces aléas sont amenés à s’intensifier avec le dérèglement climatique. Plutôt que de poursuivre un investissement sans limite dans des réservoirs dont la viabilité n’est plus assurée, peut-être devrions-nous nous orienter vers des voies plus robustes.

      Des territoires pionniers

      En s’attaquant aux causes profondes de l’assèchement, l’hydrologie régénérative vise la résilience hydrique des territoires. Dans la pratique, elle fédère un ensemble de techniques suivant des principes d’aménagement : ralentir, infiltrer, stocker l’eau de pluie en priorité dans les paysages, c’est-à-dire dans les sols et les nappes, mais aussi dans la végétation (forêts et zones humides) plus dense et diversifiée.
      Ces principes s’articulent autour d’un triptyque sol-arbre-eau, qui se décline dans les milieux aquatiques, agricoles, forestiers et urbains. En contexte agricole par exemple, ces approches combinent des pratiques agroécologiques (sol), de l’agroforesterie (arbre) et des micro-ouvrages hydrauliques (eau) afin de répartir et d’infiltrer l’eau dans les parcelles, ce qui permettrait de réduire – dans une certaine mesure – la dépendance à l’irrigation. Adaptées aux contextes locaux, ces pratiques contribuent non seulement à régénérer la fertilité des sols, mais aussi à renforcer la résilience des cultures face aux vagues de chaleur, aux manques comme aux excès d’eau.

      Dans l’Ain, la Drôme et l’Ardèche, des territoires pionniers ont fait le choix de soutenir des dizaines d’agricultrices et d’agriculteurs pour implémenter et tester des pratiques d’hydrologie régénérative dans leurs parcelles. Forts des premiers retours d’expérience, ces territoires souhaitent aller plus loin, en soutenant d’autres exploitants et en élargissant le périmètre d’action aux forêts, aux rivières et aux espaces urbains. Par ailleurs, l’association Pour une hydrologie régénérative souhaite poursuivre ces démarches pilotes dans toute la France.

      La nécessité de stocker plus d’eau pour l’agriculture offre aussi l’occasion de fédérer un ensemble d’acteurs autour de projets locaux dans une recherche des bénéfices mutuels, tant pour les activités humaines que pour les milieux naturels. Ces projets pilotes ont montré qu’il était possible de dépasser les clivages autour du stockage en choisissant des alternatives aux grandes réserves de substitution. Loin d’être antinomique avec l’irrigation, l’hydrologie régénérative s’inscrit dans une vision plus large de résilience hydrique des territoires dont font partie les agrosystèmes.

      Si le stockage artificiel doit être envisagé, il est pensé comme un complément à la régénération des capacités de rétention naturelle des paysages tout en composant avec les limites des hydrosystèmes et la réalité économique des exploitations agricoles. Cette nouvelle perspective intéresse aussi bien les chambres d’agriculture que les exploitants en vue de sortir de l’impasse implacable que représente la sécheresse historique que nous vivons.

      Plus globalement, l’hydrologie régénérative nous exhorte à changer nos représentations, nos organisations et nos postures pour développer des modèles plus robustes dans un monde fluctuant. Puissent ces événements tragiques nous conduire, au-delà des seules logiques d’adaptation, vers la régénération hydrique des territoires afin de mieux les préparer aux prochaines fluctuations.

      #cycles_de_l’eau #hydrologie_régénérative #agroforesterie #agroécologie

    • « un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20% de la consommation d’eau du pays [ ! ?]. La loi d’urgence agricole prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035

      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      C’est sous paywall, et je trouve pas le rapport de France stratégie qui citerait cette proportion himalayenne, seulement
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      qui n’évoque l’évapotranspiration qu’en note.

      edit trouvé l’article de O-F :
      https://justpaste.it/g87g2

      #loi_d’urgence_agricole #LUA #Florence_Habets

    • dans le résumé de la Note d’analyse, n°134, d’avril 2024 de France Stratégie
      Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et usages ? | Haut-commissariat à la stratégie et au plan
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/prelevements-consommations-deau-enjeux-usages

      Passer des prélèvements aux consommations nécessite de faire des hypothèses sur les « facteurs de consommation », réexaminés ici. En 2020, les consommations sont estimées à plus de 4,4 milliards de m3, l’irrigation agricole en représentant près des deux tiers (irrigation des cultures destinées à l’alimentation humaine et animale notamment, principalement concentrée dans le sud et l’ouest de la France). Les stockages d’eau artificiels – hydroélectricité, retenues agricoles, plans d’eau d’agrément, etc. – ne sont aujourd’hui pas considérés comme consommateurs. Une première estimation du phénomène d’évaporation montre que ces stockages pourraient engendrer des consommations de l’ordre d’un milliard de m3 par an, élevant donc la consommation annuelle à 5,4 milliards de m3.

      note :

      Les opinions exprimées engagent leurs auteurs et n’ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

      (la lecture du document lui-même est dense…)

    • « Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance de l’eau », Sara Fernandez, géographe
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/26/secheresse-notre-principal-defi-est-d-abord-de-renoncer-a-l-illusion-de-l-ab

      Nous sommes confrontés à un changement de régime hydroclimatique, face auquel nos systèmes de régulation des usages et de répartition de l’eau ne sont plus adaptés. Nos instruments de planification et de financement, comme nos infrastructures, sont fondés sur une stabilité hydrologique historique qui ne se vérifie plus. Les normes de qualité des cours d’eau et d’encadrement des rejets s’appuient sur des débits passés que l’on observe plus difficilement aujourd’hui.

      [...]

      En moyenne, un agriculteur en zone vulnérable aux nitrates agricoles est contrôlé tous les quatre-vingts ans. Une station d’épuration l’est tous les dix ans.

      [...]
      [La LUA qui va] Accélérer le développement de ces nouveaux usages [irrigation, nucléaire, data centers] et des infrastructures associées ne peut être une réponse à un #cycle_de_l’eau qui s’accélère, avec des étés de plus en plus chauds et des niveaux qui baissent de plus en plus. De telles politiques de l’offre, fondées sur le mythe d’une eau abondante que l’on pourrait diriger et apporter où l’on veut, sont une impasse.

      Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance pour être plus attentifs aux limites environnementales. Non pas seulement en se focalisant sur les indicateurs de débit des rivières, mais aussi en questionnant l’utilité des usages et leur capacité à aggraver les phénomènes extrêmes – par leurs émissions de gaz à effet de serre, les pollutions ou l’artificialisation des sols – ou à les atténuer, par exemple par la façon dont ils ralentissent le cycle de l’eau ou limitent les pollutions diffuses. Contenir le réchauffement climatique et les événements extrêmes qui vont avec passe d’abord par une politique d’atténuation.

    • Sécheresse : les limites des retenues d’eau défendues par la ministre de l’Agriculture
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-jeudi-27-aout-2026-3557028
      https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/70a62267-8edc-42d0-9810-dc55d6a90e5a/1200x680

      Ont-elles fait leurs preuves alors ces retenues d’eau face à la #sécheresse ? Beaucoup sont déjà à sec ou pas loin, comme dans les Pays de Loire, berceau des bassines. Si je prends la plus ancienne, Mauzé sur le Mignon, écoutez bien : elle était à 240.000m3 d’eau en mars, à la sortie de l’hiver, après pompage dans les #nappes_phréatiques. Et la voilà aujourd’hui à 1000m3. Donc en gros tout a été utilisé, et la saison n’est évidemment pas terminée. Pour la plus récente cette fois, Priaires, c’est pire : on part de 160.000m3 en mars et on est à ZERO depuis.... le 7 aout !!! Tout est parti avant même la fin de l’été.

      La seule qui a encore un stock digne de ce nom aujourd’hui c’est Sainte Gemme La Plaine, avec il faut le dire un bon gros 870.000m3 à la sortie de l’hiver, mais on a dix fois moins aujourd’hui, 89.000, et là encore, saison pas terminée.

      D’ailleurs la filière #maïs (pour laquelle cette eau est très utilisée) désespère : 35% de production en baisse attendus cette année.

      Quant à la célèbre retenue de Sainte-Soline, elle a été jugée illégale en décembre 2024. Donc à part les 400.000m3 qui étaient déjà dedans et que les douze agriculteurs raccordés ont eu le droit d’utiliser dans la foulée (donc en gros l’an dernier), interdiction de la remplir ou de l’utiliser. Mais devinez quoi ? Les niveaux indiquaient 56.000m3 d’eau à la fin de l’hiver. L’eau de pluie, tombée à l’intérieur car elle n’a toujours pas été démontée. Et le 21 juillet : Nada. Plus rien, zéro, bassine à sec.

      Revoir les systèmes agricoles et les priorités d’usages de l’eau

      Des opposants avancent l’#évaporation. Phénomène documenté, un milliard de mètres cube d’eau s’évaporent chaque année des retenues françaises (l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays, c’est beaucoup).

      Mais les gestionnaires de Sainte Soline assurent que là, si la bassine est vide, c’est que l’eau a été utilisée par deux agriculteurs, avec autorisation de la préfecture début mai. Sauf que la préfecture m’écrivait hier soir par mail :

      « La préfecture des Deux-Sèvres n’a pas délivré d’autorisation de prélèvement. »

      Quoi qu’il en soit, ces retenues d’eau sont « un pari risqué sur l’avenir et une fuite en avant » comme le dit au Nouvel Obs l’hydrologue Yves Tremblay de l’Institut de recherche et développement.

      Peut-être que la question de vie ou de mort serait plutôt de revoir les systèmes agricoles, et les priorités des usages de l’eau.

      #bassines #mégabassines

  • Au-delà des catastrophes, le changement climatique fragilise nos sociétés
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/au-dela-des-catastrophes-le-changement-climatique-fragilise-nos-societes_674

    L’agriculture, l’accès à l’eau, l’économie reposent sur des conditions physiques et biologiques que nous avons longtemps considérées comme acquises. Cette stabilité est désormais remise en cause par le réchauffement.

    Il y a eu un moment où on avait l’impression qu’au niveau européen quelque chose bougeait, pour sortir des énergies fossiles en particulier, et au moins acter qu’il était possible de prendre une direction en conformité avec les faits. Puis depuis environ deux ans, et le renouvellement des institutions européennes, on a vu le mouvement opposé se mettre en oeuvre. Fin des aides pour les véhicules électriques, fin des aides pour la recherche sur l’usage de l’hydrogène dans l’industrie, reprise des projets d’exploitation des énergies fossiles... et j’en passe.

  • « La fermeture des élevages intensifs devrait être planifiée rapidement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/la-fermeture-des-elevages-intensifs-devrait-etre-planifiee-rapidement_674378

    (...) l’élevage est un secteur en faillite, maintenu aujourd’hui à larges coups de subventions publiques. Le dérèglement climatique coûte déjà à la France près de 2 milliards d’euros par an en dommages assurés, sans compter les pertes agricoles, les impacts sanitaires et les atteintes aux écosystèmes. Dans la perspective d’une poursuite des tendances actuelles, on estime que ce coût pourrait augmenter de 40 % à 120 % d’ici à 2050, dont de 30 % à 60 % du seul fait du changement climatique.

    Quant aux éleveurs, leurs revenus actuels sont en grande partie issus des subventions publiques perçues pour faire fonctionner leurs exploitations, et la situation pourrait être encore aggravée par les crises météorologiques à répétition. Ils auraient donc tout intérêt à engager une reconversion vers une activité écologiquement vertueuse, porteuse d’espoir et rémunérée à sa juste valeur.

    https://justpaste.it/h7ftf

    #élevage #viande #agriculture

  • #Crise_climatique : vous ne souffrez pas d’éco-anxiété, mais de lucidité

    https://www.liberation.fr/societe/sante/crise-climatique-vous-ne-souffrez-pas-deco-anxiete-mais-de-lucidite-20260

    Chaque jour, je constate les conséquences de cette #canicule sur les humains. Les conséquences physiques, les conséquences psychiques. Et le gouvernement, enfermé dans le déni pervers de son inaction qui lui permet de s’absoudre de toute responsabilité, pond, non pas un numéro vert cette fois-ci, mais un laïus délirant sur sa page Instagram pour faire face aux angoisses face au changement climatique. « Comprendre cette souffrance, repérer les signaux d’alerte, agir. » On est au-delà de 1984, on est au-delà d’Orwell. Les mots n’ont plus aucun sens. « L’éco-anxiété est une réponse légitime au regard de la crise environnementale. Le problème apparaît lorsque cette inquiétude devient envahissante. » Traduit en français, cet élément de langage infect signifie : oui, vous avez raison de vous inquiéter parce que nous n’avons rien fait pour lutter contre le changement climatique, à part tirer au LBD sur des écoterroristes et gazer des pompiers que nous vous demandons aujourd’hui d’applaudir à vingt heures, MAIS cette inquiétude ne doit en aucun cas vous paralyser et affecter votre rendement au service du système qui vous envoie tous dans le mur en klaxonnant.

    Et le décompte qui suit est aussi lunaire que cet aveu de je-m’en-foutisme : 6,3 millions de Français seraient moyennement éco-anxieux, « avec de premiers symptômes à ne pas laisser s’aggraver » ; 2,1 millions seraient fortement éco-anxieux « avec des symptômes commençant à menacer leur santé mentale » ; 2,1 millions supplémentaires seraient « très fortement éco-anxieux, avec des symptômes intenses et chroniques, à risque fort pour leur santé mentale » ; enfin 420 000 « ont leur santé mentale en réel danger ». Je ne sais pas si on mesure le niveau scientifique et médical risible de cette énonciation probablement pondue par ChatGPT.

    https://justpaste.it/f3al4

    edit quoi qu’en ait le docteur, il arrive que le pessimisme de la raison ne s’abouche pas à l’optimisme de la volonté, que la lucidité accroisse l’anxiété, mécanique que ni l’oubli du présent (ça revient lorsqu’en ce moment on apprécie quelques degrés celsius en moins) ni le déni ne parviennent plus guère à éviter.

    #changement_climatique #contestation #écologie #psychiatrisation (douce)

  • « Avec ses résumés rédigés par l’IA, Google ne vous redirige plus : il vous garde chez lui grâce à la marchandise des autres »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/06/avec-ses-resumes-rediges-par-l-ia-google-ne-vous-redirige-plus-il-vous-garde

    Depuis le 22 juillet en France, les « aperçus IA » s’affichent en haut de chaque page de résultats du moteur de recherche. En captant la valeur produite par d’autres, le géant numérique se livre à une pratique parasitaire, explique l’avocat Cédric Dubucq, dans une tribune au « Monde ».