Qu’est-ce qui fait encore obstacle aux 24 heures d’électricité par jour au Liban ?

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  • Qu’est-ce qui fait encore obstacle aux 24 heures d’électricité par jour au Liban ? - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1506693/quest-ce-qui-fait-encore-obstacle-aux-24-heures-delectricite-par-jour


    Le journaliste Philippe Hage-Boutros consacre un long papier à l’analyse du surplace ou quasi du ministre en charge de l’électricité Jo Saddi, lié aux Forces Libanaises (droite extrême). Il met en avant quatre arguments :
    – la géopolitique régionale : l’instabilité décourage les investisseurs privés d’engager de l’argent à long terme, avec une incertitude sur la capacité à long terme de l’Etat/EDL de payer l’achat du courant, que ce soit à des investisseurs privés ou à des vendeurs internationaux (Jordanie, et pour la première fois la Turquie, sont citées).
    – même si les besoins sont d’une ampleur considérée comme relativement modestes (de l’ordre de 5 MM$), le financement disponible est très limité du fait que l’Etat est en défaut de paiement partiel. Toute aide internationale du FMI ou de la Banque mondiale est conditionnée à des réformes auxquelles s’opposent divers groupes d’intérêts.
    – la complexité des règles bureaucratiques libanaises mais surtout la corruption, et le clientélisme politico-confessionnel sont des obstacles à de nombreuses décisions rationnelles mais qui font des perdants au sein de l’élite économique et politiques (par exemple les importateurs de fuel, les gérants d’abonnements aux générateurs...).
    – l’absence de compétences et de motivation au sein de l’administration est également citée, bien que ce point soit relativisé par Marc Ayoub, principal interviewé dans l’article : on ne sait pas vraiment ce que sous-entend l’auteur de l’article par cela. Il ne mentionne pas la véritable destruction des compétences d’EDL et du ministère, au nom du mantra de la privatisation mis en avant par les bailleurs de fonds et une partie de la classe politique à partir de 2000, sous l’impulsion de Hariri.
    Pour appuyer dans le sens de cette omission significative, on peut relever que l’article commet une erreur factuelle. Ce n’est pas depuis la fin de la guerre civile qu’aucune centrale n’a été construite, mais depuis la livraison des turbines à gaz de Beddaoui (près de Tripoli, dans le nord) et de Zahrani (près de Saïda dans le Sud). C’est à dire que l’Etat, pendant la période dite de reconstruction, a su mobiliser des financements, principalement arabes, pour étendre la capacité de production d’électricité. Certes, ces travaux étaient entachés par la corruption, bénéficiant aux amis et alliés de la Syrie. Mais c’est ensuite, après la loi de 2000 sur la privatisation, que tout s’est bloqué.
    Le modèle fondé sur la privatisation, privilégié par le ministre Saddi, après beaucoup d’autres, est-il adapté à la situation d’un pays privé de souveraineté ? N’a-t il pas finalement accru l’endettement de l’Etat, soit par le paiement de primes de risque très forte aux acteurs privés, soit en bloquant la situation et obligeant à recourir à des expédients ruineux (barges, fuel lourd) ?