• « Avec l’“affaire Etienne Klein”, les exigences d’intégrité scientifiques prennent le dessus sur la notoriété »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/21/avec-l-affaire-etienne-klein-les-exigences-d-integrite-scientifiques-prennen

    Début juin 2026, la section disciplinaire de l’université Paris Cité retirait à Etienne Klein son doctorat en philosophie des #sciences pour cause de #plagiat et lui interdisait de se réinscrire en doctorat. Ces sanctions, révélées le 11 juin par le média Arrêt sur images, sont l’épilogue de mises en cause anciennes du physicien-philosophe-vulgarisateur scientifique, chercheur au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Aujourd’hui comme hier, l’intéressé admet des maladresses de citations, tout en les présentant comme excusables, et de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux relativisent les manquements à l’intégrité scientifique au nom des indéniables talents de vulgarisateur d’Etienne Klein. C’est ce point qui nous intéresse : peut-on incarner la méthode scientifique lorsqu’on dévie d’un de ses principes les plus fermes, citer ses sources ?

    #paywall
    #cea #étienne_klein

    déjà signalé sur seenthis : https://seenthis.net/messages/1176801

  • « Tout converge pour faire de la société civile l’observateur impuissant de la dégradation d’un bien commun irremplaçable, l’#eau »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/14/tout-converge-pour-faire-de-la-societe-civile-l-observateur-impuissant-de-la

    Comment réagiront les populations qui ne recevront plus d’#eau_potable à leur robinet ou dont l’accès à l’eau sera régulièrement interrompu ? Cette question n’est plus tout à fait théorique. L’été 2025, des #arrêtés_sécheresse ont été pris dans près de 95 % des départements et quelque 2 000 communes ont été privées d’eau courante. Non seulement un nombre croissant de territoires et de foyers sont concernés, mais les textes réglementaires et législatifs adoptés depuis deux à trois ans – ainsi que d’autres en cours d’examen – construisent avec constance, pièce par pièce, les conditions d’une dégradation inéluctable de la disponibilité et de la #qualité_de_l’eau.

    Sur cette question, le détricotage du droit de l’environnement ne consiste pas seulement à affaiblir les normes, il démantèle aussi, peu à peu, le cadre d’exercice de la démocratie locale en ôtant à la société civile et aux collectivités le peu de moyens légaux dont elles disposent pour ralentir ou entraver un désastre déjà bien engagé.
    Le projet de loi d’urgence agricole , adopté le 2 juin par l’Assemblée nationale, est à cet égard emblématique. Il prévoit par exemple de modifier la composition des commissions locales de l’eau, ces petits parlements chargés de décider de la gestion, des usages et de la protection des #ressources_hydriques à l’échelle des territoires. L’équilibre des forces y serait rompu, réduisant le poids des collectivités au profit de l’Etat et des usagers (au nombre desquels les agriculteurs et les industriels).

    https://justpaste.it/6sij7

    #loi_d’urgence_agricole #agriculture #industrie

    • Si tu as moins de 20 ans tu risques de ne pas connaitre la longue histoire d’accaparement des ressources par vivendi et messier. Sache que 25 ans après l’eau à toulouse c’est bolloré via veolia masqué derrière eau-toulouse-metropole.
      #clientelisme

  • Yazid Sabeg, ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances : « La France ne peut plus penser l’immigration comme un phénomène extérieur »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/12/yazid-sabeg-ancien-commissaire-a-la-diversite-et-a-l-egalite-des-chances-la-

    Yazid Sabeg, ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances : « La France ne peut plus penser l’immigration comme un phénomène extérieur »
    Tribune
    Yazid Sabeg Ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances (2008-2012)
    L’immigration est devenue l’un des faits constitutifs de la France contemporaine. La nier, c’est mentir au pays ; la subir sans ordre, c’est l’abandonner aux tensions et aux troubles ; la célébrer sans exigence, c’est manquer de sérieux.
    Il faut à cet égard saluer « Trajectoires et origines 2 » (TeO2), une enquête de l’Institut national d’études démographiques (INED) et de l’Insee menée auprès de 27 000 personnes, et l’ouvrage dirigé par Cris Beauchemin, Mathieu Ichou et Patrick Simon qui en présente les résultats [Editions de l’INED, 616 pages, 29 euros]. Avant TeO2 (2019-2020), il y eut TeO1 (2008-2009), dans un climat controversé. Il faut saluer le travail des chercheurs et chercheuses Cris Beauchemin, Christelle Hamel, François Héran, Mathieu Ichou, Patrick Simon, des équipes de l’INED et de l’Insee, ainsi que celui de Jean-Luc Tavernier, pour ce service rendu à la République.
    Le grand penseur des Lumières Nicolas de Condorcet (1743-1794) aurait reconnu là l’une des plus hautes fonctions de la connaissance : éclairer la décision publique. Or, l’immigration est devenue un théâtre : menace pour la droite extrême, morale antiraciste impuissante, lois sans doctrine. L’Etat a beaucoup parlé, mais il a mal distingué et souvent mal tenu parole.
    L’enquête TeO2 oblige à changer de logiciel. La France ne peut plus penser l’immigration comme un phénomène extérieur, temporaire ou administratif. Elle a produit des générations, des familles, des unions mixtes, des descendants français, des appartenances multiples et des enracinements durables. La question migratoire demeure une question de souveraineté aux frontières, qui appelle une régulation claire des flux, des statuts et les sorties. Mais le fait post-migratoire engage l’école, le travail, le logement, la reconnaissance et la cohésion du pays.
    Toute l’erreur française tient à la confusion de ces deux objets : durcir les flux pour masquer l’échec de l’intégration ; invoquer l’intégration pour éviter de réguler. La frontière relève de l’Etat souverain ; les générations installées relèvent de la république sociale. Les mélanger, c’est échouer deux fois.L’enquête TeO2 est bouleversante parce qu’elle montre une société plus mûre que ses controverses : une France brassée, entremêlée, traversée d’identités à trait d’union, de familles mixtes, de pratiques convergentes. La société ne se défait donc pas ; elle se transforme, incorpore, produit du commun. Mais l’intégration culturelle existe sans suffire.
    C’est le paradoxe français : la France intègre plus qu’elle ne le croit, mais reconnaît moins qu’elle ne le devrait. Elle intègre par la langue, l’école, les diplômes, les unions, le sentiment national ; mais laisse l’emploi, le logement, la santé et l’accès aux responsabilités trier encore selon le nom, l’adresse, l’origine supposée ou la couleur de peau.
    Le fait central n’est donc plus seulement l’immigration ; c’est la descendance de l’immigration. La France compte des millions de femmes et d’hommes nés ici, formés ici, parlant sa langue, inscrits dans son destin – et pourtant renvoyés à une histoire migratoire qu’ils n’ont pas vécue. La première génération relève du séjour et de l’intégration ; la deuxième de l’égalité réelle ; la troisième pleinement de la nation. Continuer à parler de ces générations comme d’une survivance migratoire, c’est demander à des Français de prouver indéfiniment qu’ils le sont.
    La ligne est simple : la frontière gouverne les entrées ; la République gouverne les générations. Elle permet de sortir de deux mensonges : la panique, qui transforme l’immigration en menace totale ; le déni, qui refuse les tensions nées de la concentration territoriale, de la précarité, des insuffisances du français, des défaillances de l’école, des discriminations et de l’échec partiel des politiques d’intégration. Gouverner, ce n’est ni dramatiser pour conquérir ni minimiser pour se rassurer. C’est regarder lucidement, distinguer exactement, puis agir justement.
    L’enjeu est désormais que l’ordre politique et étatique s’empare de ces conclusions, informe l’opinion, rétablisse les catégories, refuse les amalgames et évite les surenchères. Il faut dire toute la vérité : maîtriser les flux, protéger l’asile, combattre l’irrégularité organisée, rendre l’Etat capable de décider mieux ; mais aussi reconnaître que la France est déjà une société post-migratoire, que les descendants ne sont pas des immigrés, que les discriminations brisent la promesse républicaine et que l’école, le logement, le travail et la santé sont au cœur du sujet.
    Il faut une politique d’Etat qui tienne ensemble l’autorité et la justice : maîtriser les flux, stabiliser le séjour, sanctionner l’irrégularité organisée, protéger l’asile. Ce n’est pas la brutalité ; c’est la dignité de l’Etat. On ne construit ni travail, ni famille, ni intégration sur la précarité administrative ; on ne combat pas l’irrégularité en laissant prospérer les filières, les employeurs prédateurs et les marchands de
    Il faut faire du français une grande cause nationale, du travail le pivot de l’intégration, reconnaître les qualifications, ouvrir les stages, les réseaux, les concours et les carrières. Il faut combattre les discriminations, parce qu’une République qui disqualifie ses talents se trahit et s’appauvrit. Il faut refuser tous les séparatismes, majoritaires ou minoritaires : ceux qui enferment dans des communautés closes comme ceux qui réservent la nation à une origine, une apparence ou une mémoire unique. Il faut refuser les amalgames : un Etat juste ne confond pas l’étranger irrégulier, le réfugié, le travailleur, le croyant, le délinquant, le binational et le citoyen français.
    Un Etat adulte ne détourne pas le regard devant les peurs du pays ; il les éclaire et les ramène à la raison publique. Il ne courtise pas les colères ; il les transforme en volonté de justice et d’ordre. Il ne fait pas des enfants de l’immigration des suspects à perpétuité ou des sauvages ; il les reconnaît pour ce qu’ils sont : une part de la France. Il ne confond pas la souveraineté avec la brutalité, ni l’autorité avec l’arbitraire ; il décide justement, première dignité de l’Etat.
    L’enquête TeO2 donne les instruments d’une République enfin adulte face à l’immigration. Elle ne supprime pas les difficultés ; elle les rend intelligibles. Elle ne dicte pas une politique ; elle interdit de penser faux. Après elle, l’ignorance n’est plus une excuse. L’instrumentalisation de l’ignorance serait une faute. La République sait mieux ce qu’elle est devenue. Il lui reste à décider si elle sera à la hauteur de cette vérité.

    #Covid-19#migration#migrant#france#integration#politiquemigratoire#sante#droit#immigration

  • L’impuissance de Donald Trump face au piège iranien
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/09/l-impuissance-de-donald-trump-face-au-piege-iranien_6700134_3232.html

    Les échéances électorales israéliennes poussent Benyamin Nétanyahou dans une surenchère belliqueuse. Celles qui attendent en novembre le président des Etats-Unis, lesté par cette guerre impopulaire dès le premier jour, impliquent des choix politiques diamétralement opposés. Donald Trump a beau opposer sa durée encore relative à celles des bourbiers vietnamien, afghan et irakien, elle est en train de saper sérieusement les bases de son second mandat.

  • L’externalisation des expulsions d’étrangers est incompatible avec les valeurs de l’Europe
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/04/l-externalisation-des-expulsions-d-etrangers-est-incompatible-avec-les-valeu

    L’externalisation des expulsions d’étrangers est incompatible avec les valeurs de l’Europe
    Éditorial
    Un nouveau règlement européen doit confier, contre rémunération, à des Etats pauvres et peu respectueux des droits humains la tâche de reprendre les sans-papiers inexpulsables dans leur pays. Cette politique inacceptable constitue une démission de l’Union européenne au regard des principes humanitaires qui la fondent.
    S’il fallait une preuve que la question de l’immigration est au cœur des recompositions en cours du paysage politique européen, l’alliance formée par la droite et l’extrême droite au Parlement européen pour engager un durcissement sans précédent de la politique des Vingt-Sept en la matière la fournit. Voté le 9 mars par les eurodéputés, le règlement visant à accélérer les retours de migrants en situation irrégulière a fait l’objet, lundi 1er juin, d’un accord entre les Etats, le Parlement européen et la Commission européenne. Le texte issu de ce compromis doit encore faire l’objet d’une validation formelle. Il complète le « pacte sur la migration et l’asile » qui, lui, doit entrer en vigueur le 12 juin, et introduit plus de solidarité entre les Etats membres.
    Certes, le principe de libre circulation dans l’espace Schengen et la nécessité de contrôler les frontières extérieures de l’Union européenne (UE) supposent une meilleure coopération entre Etats. Mais le nouveau règlement sur les expulsions revient à construire celle-ci par le bas, par l’affichage de mesures non seulement inacceptables au regard des principes des droits humains, mais à l’efficacité douteuse.
    Le texte, censé permettre d’améliorer le taux d’exécution des décisions d’éloignement – 28 % en moyenne –, multiplie les moyens de pression. Il autorise la saisie des documents d’identité des étrangers en situation irrégulière refusant de quitter le territoire et l’allongement jusqu’à deux ans de la durée de rétention. Le règlement crée aussi un « ordre européen de retour », formulaire commun destiné à faciliter la reconnaissance mutuelle des décisions d’expulsion. Surtout, il permet la création, hors de l’UE, de « plateformes de retour » où pourraient être renvoyés les étrangers refusés par leur pays d’origine.
    Pareilles orientations résultent de la droitisation du Parlement européen aux élections de 2024. Elles consacrent l’inquiétant ralliement des conservateurs à l’extrême droite déjà constaté en matière environnementale. Et reflètent aussi le cynisme du Rassemblement national qui, depuis le vote du nouveau règlement, est passé de la dénonciation de l’« Europe passoire » à l’hommage à une UE bouclier.
    L’inclusion des « plateformes de retour » dans le règlement – sur laquelle Emmanuel Macron s’est dit « sceptique » – doit être dénoncée avec vigueur. Elle revient à confier, contre rémunération, à des Etats pauvres et peu respectueux des droits humains comme le Rwanda, l’Ouganda ou l’Ouzbékistan, la tâche de reprendre les sans-papiers inexpulsables dans leur pays.Cette « externalisation », considérée comme dissuasive par certains Etats, constitue à la fois une démission de l’Union européenne au regard des principes humanitaires qui la fondent, et l’affichage démagogique d’une vaine « solution ». En attestent aussi bien l’abandon par le Royaume-Uni de l’inefficient, illégal et coûteux projet de renvoi des illégaux en Rwanda, l’échec du « plan Albanie » de Giorgia Meloni en Italie, mais aussi la faible efficacité des accords comparables de renvoi passés par Donald Trump avec des pays d’Amérique latine et d’Afrique.
    Si l’Europe a besoin d’une politique d’immigration harmonisée, elle a aussi besoin de discours de vérité et de mesures réalistes. Pour faire admettre aux opinions que l’effectivité des expulsions dépend moins de mesures juridiques ou d’effets d’annonce que d’un patient travail diplomatique et politique de coopération avec les pays d’origine, dans un monde où les immigrés sont devenus des moyens de pression et des monnaies d’échange.

    #Covid-19#migration#migrant#france#UE#politiquemigratoire#hubderetour#droit#sante#externalisation#expulsion

  • « La majorité des émissions de PFAS en Europe provient des climatiseurs et des pompes à chaleur, pourtant fers de lance de la décarbonation »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/06/03/la-majorite-des-emissions-de-pfas-en-europe-provient-des-climatiseurs-et-des

    L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) vient de rendre deux avis très importants sur les substances per- et polyfluoroalkylées (#PFAS). Les experts soutiennent la demande des agences environnementales de l’Allemagne, des Pays-Bas, de la Suède, de la Norvège et du Danemark de restreindre drastiquement leur utilisation. Ces avis démentent le discours rassurant, voire « rassuriste », distillé depuis deux ans dans le débat public français, notamment par l’ex-ministre de la transition écologique (2018-2019) François de Rugy [vice-président du conseil régional des Pays de la Loire depuis 2025].

    Là où il plaide pour une subtile distinction entre « bons » et « mauvais » PFAS, l’ECHA tranche : c’est l’ensemble de cette famille chimique qui doit être appréhendée comme un problème systémique. Le rapport souligne le caractère vain d’une approche « substance par substance ». Evaluer la toxicité de plus de 10 000 molécules différentes – quand moins de 50 ont été sérieusement étudiées à ce jour – relève de la chimère réglementaire. Cette méthode offre aux industriels une stratégie d’esquive perpétuelle, leur permettant de remplacer une molécule interdite par un clone chimique tout aussi suspect.

    Trois constats implacables imposent cette restriction. Premièrement, la quasi-indestructibilité de ces composants. Ce qui fait leur intérêt technique produit aussi leur danger : ils s’accumulent de manière irréversible dans la #biosphère, augmentant mécaniquement, jour après jour, notre exposition et les #risques_sanitaires qui lui sont liés. Deuxièmement, les propriétés de ces substances étant très appréciées, leur utilisation devrait tripler d’ici à 2050. Troisièmement, l’illusion technologique de la dépollution. « Une fois les PFAS présents dans l’environnement, leur retrait de l’eau, des sédiments ou de la biomasse est extrêmement difficile et coûteux, voire impossible », note l’agence européenne.

    Prenez l’#eau_potable. Les technologies de filtration actuelles ne détruisent rien : elles séparent. L’osmose, la technologie disponible la plus efficace, produit d’un côté de l’eau pure, de l’autre un concentré hautement toxique dont on ne sait que faire, hormis le diluer ou le rejeter en aval, comme s’apprête à le faire le Syndicat des eaux d’Ile-de-France, déplaçant ainsi le problème [Veolia conserve l’énorme contrat de distribution de l’eau en Ile-de-France https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/01/25/veolia-conserve-l-enorme-contrat-de-distribution-de-l-eau-en-ile-de-france_6. Face à cette impasse, une seule issue : il faut couper le flux des PFAS à la source.

    Et, sur ce point encore, le rapport de l’ECHA est très instructif. Si le débat public s’est cristallisé en France autour de certains objets emblématiques – le fart des skis et les poêles Tefal en particulier –, le document montre une bien plus grande variété de sources : pesticides, mousses à incendie, électronique, etc. Il révèle aussi que la majorité des émissions de PFAS en Europe provient des #gaz_fluorogénés (39 000 t/an sur 68 000 t/an) c’est-à-dire principalement des climatiseurs et des #pompes_à_chaleur. Le paradoxe est cruel. Ces machines, devenues les fers de lance de la décarbonation pour remplacer le fioul et le gaz, ou parfois indispensables pour s’adapter aux canicules anthropiques, ne sont pas non plus innocentes. Les #gaz_fluorés qu’elles utilisent se dégradent dans l’atmosphère en acide trifluoroacétique (TFA), un PFAS ultra-mobile que l’on retrouve désormais de l’eau de pluie européenne jusqu’aux glaces de l’Antarctique.

    Certes, des alternatives existent, comme le propane. Mais celui-ci réintroduit le risque d’inflammabilité et d’explosion. Le biologiste américain Barry Commoner rappelait dès les années 1970 une loi fondamentale de l’écologie : « Il n’y a pas de repas gratuit. » La « solution » technologique, sans #externalité_négative, n’existe pas.
    Au terme d’une analyse des substitutions possibles, l’agence trace deux chemins. Le premier, au vu des risques, prévoit une interdiction totale sous dix-huit mois, promettant une baisse des émissions de 96 %. Le second, plus pragmatique, dessine une interdiction générale assortie de dérogations transitoires de cinq à douze ans pour les secteurs critiques, permettant une réduction de 82 %. Quelle que soit la voie choisie, l’ECHA a le mérite d’inaugurer un nouveau temps du débat sur les PFAS. L’enjeu n’est plus les risques qu’ils posent, mais de définir démocratiquement ce qu’est un usage « essentiel » à la société qui justifierait de continuer à en émettre.

    Jean-Baptiste Fressoz (Historien, chercheur au CNRS)

    #climatisation