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  • Fortes chaleurs : cette médiathèque parisienne mise sur la #low-tech plutôt que sur la clim

    Face aux fortes chaleurs, tous les bâtiments publics ne se valent pas. À Paris, la médiathèque James Baldwin, conçue par #Philippe_Madec – pionnier d’une architecture écoresponsable –, dans l’ancien lycée Jean-Quarré, montre comment la low-tech peut aider à garder un lieu respirable : #ventilation_naturelle, patio, ombre, réemploi, bois et #terre_crue.

    Quand le thermomètre grimpe, certains bâtiments deviennent vite invivables. Trop vitrés, trop minéraux, trop dépendants de systèmes techniques énergivores, ils révèlent brutalement leurs limites. À Paris, dans le XIXe arrondissement, la médiathèque James Baldwin propose une autre voie : celle d’un bâtiment public bas-carbone, pensé dès sa conception pour limiter le recours à la climatisation, favoriser la ventilation naturelle et utiliser au maximum l’existant. Installée à deux pas de la place des Fêtes, dans l’ancien lycée hôtelier Jean-Quarré, cette nouvelle médiathèque, livrée à l’été 2024 et conçue par l’atelier Philippe Madec, est un concentré d’#architecture_écoresponsable. Structure en béton conservée, matériaux réemployés sur place, patio central à ciel ouvert, résille en bois pour créer de l’ombre, murs en terre crue, isolation biosourcée, apports de lumière naturelle : tout concourt à faire de ce lieu un #démonstrateur de #frugalité appliquée. Rien de punitif ou d’austère, mais une manière de construire autrement, avec moins de matière neuve, moins d’énergie et davantage d’#intelligence_climatique.

    La médiathèque James Baldwin répond aussi à un besoin local : le XIXe arrondissement ne disposait jusqu’ici d’aucune médiathèque de cette ampleur. Mais elle va plus loin. Elle forme, avec la Maison des réfugiés, un équipement hybride, à la fois culturel, social et écologique. Un lieu où l’on peut emprunter des livres, travailler, apprendre le français, assister à des ateliers, se poser dans un jardin ou simplement trouver un peu de fraîcheur lorsque la ville suffoque.

    Un bâtiment qui travaille avec l’#air

    Dans beaucoup de bâtiments récents, le confort d’été reste encore pensé après coup. Lorsque la chaleur entre, on compense. Lorsque l’air devient lourd, on ventile mécaniquement. Lorsque les façades surchauffent, on ajoute des équipements. À la médiathèque James Baldwin, la logique est différente : l’architecture elle-même organise une partie du #rafraîchissement. Le geste le plus visible se trouve au cœur de l’ancien lycée. Les circulations verticales existantes ont été supprimées pour créer un #patio_végétalisé autour d’un Charme commun. Ce #vide agit comme un poumon. Il apporte de la lumière naturelle au centre du bâtiment, facilite l’évacuation de l’air chaud et évite l’effet de masse que pouvait produire la structure d’origine, très répétitive, en poteaux, poutres et panneaux préfabriqués.

    Certains planchers ont aussi été démolis afin de créer des doubles hauteurs. Là encore, il ne s’agit pas seulement d’un choix esthétique. Ces percées permettent à l’air de mieux circuler, aux regards de traverser les niveaux et aux espaces de perdre leur caractère fermé. Le bâtiment devient plus lisible, plus lumineux, plus vivant. Cette approche résume bien l’esprit low-tech du projet pensé par Philippe Madec, pionnier d’une #architecture_low-tech et écoresponsable. La solution ne consiste pas à ajouter toujours plus de machines, mais à réduire les besoins dès le départ. Créer de l’#ombre avant de refroidir. Ventiler naturellement avant de climatiser. Tirer parti de l’#inertie, des #vides, de l’#orientation, des #matériaux et des #usages. En période de fortes chaleurs, cette #sobriété n’a rien d’un renoncement : elle devient une condition de #confort.

    Et, effectivement, quand on se promène à l’intérieur du bâtiment, par 38 degrés en extérieur, les zones fraîches – là où s’organisent la lecture ou la consultation de contenus multimédias, les cours d’informatique ou encore l’espace de coworking pour association – contrastent avec des zones plus chaudes, pensées uniquement pour la circulation. Apporter de la fraîcheur là où c’est nécessaire, s’en passer là où l’humain n’est que de passage. Évidemment, plus on monte dans les étages, plus la température est difficile à maîtriser mais l’ensemble reste malgré tout supportable. Beaucoup plus qu’un appartement passoire thermique d’un des immeubles alentour.

    Certes, la ventilation naturelle atteint ses limites lorsque les températures dépassent durablement 35 à 38 °C, surtout si les nuits ne permettent plus au bâtiment de se décharger de la chaleur accumulée. Mais c’est précisément là que l’approche low-tech garde son intérêt : elle ne promet pas de transformer un bâtiment en frigo, elle réduit les besoins, retarde la surchauffe, améliore le confort ressenti et limite le recours systématique à la #climatisation.

    Philippe Madec, l’architecte du “faire avec”

    Cette manière de concevoir un bâtiment public porte la signature de Philippe Madec. Architecte, urbaniste, écrivain, il défend depuis des décennies une architecture attentive aux lieux, aux climats, aux usages et aux ressources disponibles. Cofondateur du mouvement de la “#frugalité_heureuse_et_créative”, il plaide pour une transformation profonde du secteur : moins de démolitions, moins de béton neuf, plus de #réhabilitation, de matériaux bio et géosourcés, de #sobriété_énergétique et d’#intelligence_collective.

    Dans un entretien accordé à WE DEMAIN, il résumait cette urgence par une formule directe : “N’attendons pas de notre gouvernement la possibilité de faire autrement ! Faisons !” À la médiathèque James Baldwin, ce “faisons” prend une forme très concrète. Il ne s’agit pas d’un manifeste théorique, mais d’un bâtiment ouvert au public, inscrit dans un quartier dense, confronté aux mêmes contraintes que le reste de la ville : chaleur, manque d’espace, besoin d’équipements, pression sur les ressources.

    Lors du Forum de l’Économie Légère, Philippe Madec invitait aussi à poser la question “to build or not to build”. Faut-il toujours construire ? Faut-il repartir de zéro ? Ou peut-on d’abord regarder ce qui existe, le réparer, le prolonger, le transformer ? La médiathèque James Baldwin répond clairement : dans une ville déjà largement bâtie, l’avenir passe aussi par l’art de composer avec l’existant.

    Faire du bâtiment sa propre matière première

    L’ancien lycée Jean-Quarré aurait pu être rasé. C’est souvent ainsi que l’on traite les bâtiments jugés obsolètes. On démolit, on évacue, on reconstruit, en oubliant que chaque mur contient déjà de la matière, de l’énergie grise et une histoire. Ici, l’atelier Philippe Madec a choisi une autre méthode : conserver, transformer, réemployer avec une philosophie : faire du bâtiment “sa propre matière première”. Budget total de la création de la médiathèque et de la Maison des réfugiés ? Environ 21 millions d’euros.

    Concrètement, la déconstruction a été très sélective. Des dalles industrielles, des panneaux, des éléments de façade ou de structure ont été déposés, découpés, broyés ou réutilisés sur place. Certains matériaux servent aux cheminements, d’autres à des murs ou à des aménagements. Le bâtiment devient ainsi une carrière de lui-même. Ce qui aurait pu finir en gravats retrouve une fonction.

    Ce geste est essentiel à l’heure où la construction reste l’un des grands secteurs consommateurs de ressources. Réhabiliter plutôt que démolir permet de limiter les déchets, de réduire la quantité de matériaux neufs, mais aussi de préserver une part de la mémoire du site.

    Entre les deux bâtiments du site, une nouvelle structure joue un rôle central. Elle porte un nom simple : “Le Lien”. Elle connecte la médiathèque et la Maison des réfugiés, accueille les circulations principales et donne au projet sa silhouette la plus reconnaissable. Sa résille en bois forme une sorte de mantille courbe, à la fois signal architectural et pare-soleil autoportant. Ce “Lien” n’est pas qu’une belle image. Il incarne l’un des principes du projet : relier plutôt que séparer. Relier les bâtiments, les usages, les publics, les fonctions. Il accueille, selon les niveaux, des espaces de cafétéria, de tisanerie ou des lieux associés à la lecture. Il organise les passages et rend visible la transformation de l’ancien lycée dans le tissu urbain.

    La terre crue joue elle aussi un rôle important. Utilisée sous forme de terre coulée (technique encore expérimentale), elle permet de reprendre les outils et savoir-faire de la construction en béton, mais avec un matériau géosourcé, moins transformé, à plus faible énergie grise. Des panneaux préfabriqués en terre coulée, c’est-à-dire de la terre crue coulée dans un coffrage, ont été expérimentés sur le chantier, avec l’idée de tester ce procédé et d’en faire, demain, une technique plus courante. Là encore, la low-tech n’est pas un bricolage : c’est une innovation par la sobriété.
    Des jardins pour rafraîchir et relier

    La réponse aux fortes chaleurs ne se joue pas seulement à l’intérieur du bâtiment. Elle se joue aussi dehors. Le projet accorde une place importante à la #végétalisation : jardins en pleine terre, espaces plantés, toitures végétalisées, terrasses, jardins partagés, espaces de lecture en extérieur. Ces lieux ne sont pas de simples ornements paysagers. Ils participent au confort, à la biodiversité, à l’infiltration, à l’ombre et à la qualité d’usage.

    Dans un quartier dense, ces respirations comptent. Elles prolongent la #rénovation de la place des Fêtes et étendent son aire d’influence vers l’est. Elles donnent aux habitants des espaces où se poser sans consommer, lire dehors, attendre un rendez-vous, discuter, cultiver, traverser. Elles contribuent aussi à faire du site un équipement public plus poreux, moins fermé, plus accueillant.

    La végétalisation ne remplacera pas, à elle seule, une politique ambitieuse d’adaptation des villes aux fortes chaleurs. Mais elle en constitue un maillon essentiel, surtout lorsqu’elle est pensée avec le bâtiment, et non ajoutée après coup. À la médiathèque James Baldwin, les jardins, le patio, la mantille en bois, les matériaux et la ventilation naturelle forment un même système. Un système discret, mais cohérent.

    Un #refuge_climatique et démocratique

    À l’heure où les vagues de chaleur se multiplient, les #bâtiments_publics vont devoir changer de rôle. Ils ne seront plus seulement des écoles, des bibliothèques, des gymnases, des mairies ou des centres sociaux. Ils devront aussi devenir des #refuges_climatiques, des lieux capables d’accueillir les habitants lorsque les logements surchauffent, lorsque les places minérales deviennent impraticables, lorsque les plus fragiles cherchent un espace respirable.

    La médiathèque James Baldwin montre une piste. Elle prouve qu’un équipement public peut être pensé autrement : avec moins de béton neuf, plus de réemploi, des matériaux moins énergivores, une ventilation naturelle, des espaces ombragés, des jardins et une attention réelle aux usages. C’est peut-être cela, la leçon la plus forte du projet. La ville de demain ne sera pas seulement une ville bardée de capteurs, de climatiseurs et de solutions techniques sophistiquées. Elle devra aussi réapprendre des gestes simples : ouvrir, ventiler, ombrager, planter, réutiliser, ménager. Non par nostalgie, mais par lucidité.

    https://www.wedemain.fr/maison-responsable/fortes-chaleurs-cette-mediatheque-parisienne-mise-sur-la-low-tech-plutot-qu

    #alternative #architecture #canicule #fraîcheur

    • Mouvement pour la frugalité heureuse et créative dans l’architecture et le #ménagement_du_territoire

      https://www.youtube.com/watch?v=tgHKSrluVss

      Le « Mouvement pour une Frugalité heureuse et créative » dans l’architecture et le ménagement des territoire promeut la frugalité à travers l’architecture frugale et le ménagement des territoires.

      Il est né du Manifeste du même nom, lancé le 18 janvier 2018 par Dominique Gauzin-Müller (architecte-chercheur), Alain Bornarel (ingénieur) et Philippe Madec (architecte et urbaniste). Reconnaissant « la lourde part des bâtisseurs » dans les désastres en cours, ce manifeste appelle à développer des établissements humains frugaux en énergie, en matière et en technicité, créatifs et heureux pour la terre et l’ensemble de ses habitants, humains et non humains.

      En réponse à cet appel, des groupes locaux ou thématiques se sont créés pour mobiliser les signataires du manifeste, puis de grandes rencontres nationales ont été organisées. Le mouvement s’anime aujourd’hui de multiples initiatives décentralisées, proposant visites, conférences, ateliers, formations, publications, partages d’expériences, et de nombreux outils de développement tels que ce site web ou encore la cartographie collaborative des ressources frugales.

      Le mouvement est ouvert à toutes et à tous, aux professionnels engagés dans la « métamorphose de l’acte de construire » et la « révolution du ménagement« , mais aussi à tous les citoyens désireux de voir se développer d’autres façons d’habiter nos territoires.

      C’est un réseau engagé et bienveillant qui repose entièrement sur les initiatives bénévoles des signataires s’investissant dans les groupes locaux, qui décident en toute autonomie de leurs activités, et qui sont le cœur vivant et actif du mouvement.

      L’association, gérée par un conseil collégial, a vocation à assurer la logistique et le financement des projets, notamment grâce à la redistribution des ressources des dons et des adhésions.

      Il est encore temps, il est toujours temps de nous rejoindre : bienvenue à vous, bifurquons ensemble sur les chemins de la Frugalité !


      https://frugalite.org

    • Associer

      Une architecture engagée, libre

      Vers une #habitabilité des mondes heureuse et équitable

      Dans un monde fini, à toutes les échelles de projet, notre atelier s’engage dans la métamorphose des établissements humains, entendus comme milieux garants d’une coexistence heureuse entre les hommes et avec les mondes du vivant. Au début des années 1980, Philippe Madec mène un travail théorique pour se libérer de l’opposition modernisme / postmodernisme, et pour fortifier son engagement écoresponsable. Ce travail émancipateur a ouvert un passage du modernisme au durable et donné sens aux pratiques professionnelles des quelques 35 architectes et urbanistes qui collaborent aujourd’hui au sein de l’atelier.

      Après plus de trois décennies d’existence, l’atelierphilippemadec est devenu (APM)&associés en 2022 puis « associer » en 2025. Comme de nombreux ateliers nés dans les années 1990, construits autour d’une personnalité qui l’incarne, nous avons enclenché une mutation. Moment délicat qui peut se lire comme un projet à part entière. Ce dernier ouvre sur la pérennisation d’un outil de travail tissé de valeurs partagées, mais aussi la reconnaissance de la nature essentiellement collective du travail des architectes et urbanistes, en l’occurrence réunis autour d’une personnalité fédératrice. Ce projet relève d’une transmission entre générations unies dans leur compréhension des conditions contemporaines de vie. Il tient aussi et surtout du désir d’être en mesure de s’engager, aujourd’hui, pour continuer de proposer des alternatives aux modes conventionnels de penser et de faire l’architecture, la ville et les territoires.

      De cette histoire collective, il résulte en 2025 le nom d’atelier « associer » qui fait référence à ce qui nous tient à cœur au quotidien dans notre travail : associer sociétés, climats, territoires, écologies, matières et savoir-faire.

      À l’heure où la notion de sobriété s’impose dans le débat public, l’atelier porte en étendard celle de frugalité, par son engagement dans le Manifeste éponyme, comme au jour le jour de son travail. Le débat n’est pas terminologique : il impose de se questionner sur notre capacité collective à agir dans des conditions de plus en plus complexes et contraignantes. Face aux bouleversements environnementaux, nous portons la conviction qu’un projet partagé et désirable permet d’éviter l’expression unilatérale de contraintes restrictives, voire inéquitables. Une architecture qui peut être à l’avant-garde d’un nécessaire ré-enchantement du monde.

      https://associer.archi

    • https://mamot.fr/@n1k0/116826744529879889

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      Canicule : À Grabels, près de Montpellier, cette école perd 7 °C face à la chaleur

      Face aux fortes chaleurs, l’école maternelle Jean Ponsy à Grabels teste des solutions simples pour améliorer le confort des élèves. Résultat : jusqu’à 7 °C ressentis en moins.

      https://actu.fr/occitanie/grabels_34116/canicule-a-grabels-cette-ecole-perd-7-c-face-a-la-chaleur_64449580.html

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      #Projet_racine

      La canicule, un enjeu majeur pour les #écoles

      Face à l’intensification des vagues de chaleur, le sujet de l’adaptation des écoles primaires est central. Les périodes de canicule peuvent entraîner des conséquences graves sur la santé, en particulier pour les enfants, qui font partie des publics vulnérables.

      L’intensification des périodes caniculaires, d’année en année, amène ce sujet à un point particulièrement critique, avec notamment la fermeture des établissements scolaires dans les moments les plus chauds.

      Du fait du dérèglement climatique, les vagues de chaleur sont amenées à être plus intenses, plus longues, et à survenir sur une période de l’année plus étendue, de mai à octobre, dans l’ensemble des régions (scénario +4°C de la TRACC).

      D’année en année, la situation devient de plus en plus préoccupante.
      Les écoles publiques, pour la plupart très peu adaptées aux épisodes climatiques extrêmes, nécessitent une attention particulière.

      Ce sont souvent des bâtiments anciens, peu isolés, mal ventilés, dont l’inertie thermique est faible. Les conditions d’accueil y deviennent rapidement inconfortables, voire dangereuses, en période de forte chaleur.
      Adapter les bâtiments et les usages pour maintenir l’activité

      En appliquant des gestes simples mais efficaces, comme la protection solaire, la ventilation nocturne et l’utilisation de brasseurs d’air, il est possible de limiter la montée en température dans les locaux et d’améliorer le confort des enfants. Ces leviers permettent d’assurer un environnement plus supportable pour toutes et tous et de limiter l’impact des canicules sur les activités scolaires.

      Au-delà des solutions matérielles, une bonne organisation (décalage des horaires de cours, migration des activités dans des zones plus fraîches de l’école ou de la cour) peut également permettre d’assurer la continuité pédagogique, même pendant les pics de chaleur.

      Ces solutions existent, elles sont éprouvées. Pourtant, leur mise en œuvre reste rare. Les vagues de chaleur sont encore trop peu anticipées, et les réflexes d’adaptation encore peu intégrés dans le fonctionnement quotidien des écoles. Car les freins à l’adaptation ne sont pas seulement d’ordre technique ou budgétaire, ils sont souvent organisationnels. C’est précisément le cœur du projet RACINE : identifier ces freins organisationnels, en comprendre les mécanismes, et tester des méthodes concrètes pour les dépasser.

      https://programme-cee-actee.fr/programmes/projet-racine

    • Façade en forme de vagues, murs ajourés... Dans cet immeuble de Montpellier, tout a été conçu pour limiter la chaleur

      Comment l’#architecture_bioclimatique peut-elle réduire la température intérieure de 8 degrés sans climatisation ? À Montpellier, des bâtiments utilisent l’effet Venturi et des moucharabiehs modernes pour créer des courants d’air naturels et protéger les appartements du soleil brûlant.

      35 degrés(Nouvelle fenêtre) cet après-midi-là à Montpellier. La ville suffoque, mais quand cette habitante rentre chez elle, elle respire. Dans son appartement tout neuf et traversant, Adia Guasproca n’a pas la climatisation. « Niveau fraîcheur, franchement, on est bien là. En ressenti, on a quoi ? 23, 25 degrés ? », indique-t-elle.

      Deux étages plus haut, même impression agréable, y compris sur la terrasse. Grâce à ce mur ajouré, inspiré des moucharabiehs orientaux, le lieu est à la fois ventilé et ombragé. Car dans cet ensemble immobilier, tout a été conçu pour limiter la chaleur. Sur cet immeuble, par exemple, très bien isolé, les façades font des vagues. Ce choix n’est pas seulement esthétique. Les courbes agissent comme un parasol géant qui limite l’entrée du soleil dans les appartements. Malgré les 33 degrés mesurés dans le patio, Eliott Mio peut profiter de la terrasse. « Dans notre précédent appartement, c’est vrai qu’on avait un balcon qui servait à rien parce qu’il était en plein soleil et il faisait trop chaud. Là, ici, c’est clair que ça fait vraiment une pièce de vie supplémentaire. La plupart de la journée, vraiment jusqu’à 17 heures, on est à l’ombre. Bon, il fait chaud, mais c’est quand même agréable. Il y a beaucoup d’air », confie-t-il.
      Une architecture rafraîchissante

      À l’intérieur, 8 degrés de moins que dehors. Le logement est très bien ventilé. Et en effet, cette ventilation ne doit rien au hasard, mais tout à l’architecture. Le vent marin, plus frais, rentre au cœur des habitations, dopé par les courbes de la façade.

      « Cette architecture finement biseautée en courbe permet aussi d’accentuer la vitesse du vent et de créer des mini-dépressions et des mini-turbulences. C’est ce qu’on appelle l’effet Venturi. Par exemple, si on se promène au pied des tours à la Défense à Paris, on a souvent des bourrasques de vent ou même dans le métro des différentes villes françaises. À ce moment-là, on tourne derrière un pilier et on a une bourrasque de vent. C’est exactement ce qui se passe », explique Vincent Callebaut, architecte spécialisé en architecture bioclimatique. Enfin, d’ici quelques années, les arbres et les végétaux plantés dans la cour et sur les terrasses feront de ce lieu un îlot de fraîcheur.

      https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/vagues-de-chaleur-canicules/architecture-des-immeubles-ou-tout-a-ete-concu-pour-limiter-la-chaleur_80

      #effet_venturi

    • Dans le Sud, le village de #Castillon-du-Gard suffoque sous la chaleur… sauf son école et son « ambiance de fraîcheur »

      Alors que le thermomètre remonte ces jours-ci avec sept départements en vigilance orange canicule, les enfants et enseignants de la petite commune gardoise se félicitent de l’établissement inauguré l’an dernier, et de son architecture écologique dernier cri.

      Dans la salle polyvalente accolée à l’école Rosa-Bonheur de Castillon-du-Gard, qui sert exceptionnellement de lieu de récréation, Nolan, 10 ans, est lucide : « On sait qu’on vit l’été le plus froid de notre vie. » Ce vendredi 4 septembre, le département du Gard est placé en vigilance orange canicule. Les membres du personnel de l’établissement scolaire ne sont pas toutes raccord sur la température – « 38 °C à l’ombre », « 40 au soleil », « hier il faisait 41 °C » –, mais toutes s’accordent : dehors, on suffoque. Et dans cette fournaise qui n’en finit pas depuis mai, l’école est un havre de fraîcheur. Le tout sans clim.

      « On est très bien dans les classes, il fait bon, on n’a pas à se plaindre, nos conditions de travail sont exceptionnelles. Les collègues d’autres écoles qui viennent ici pour des réunions me disent qu’on a une chance inouïe », résume la directrice. Ici la canicule, c’est « comme les autres jours », ça n’a « pas d’impact » sur les élèves, poursuit-elle.
      Ventilateurs à l’arrêt

      Dans la salle aux stores baissés, des avions en papier volent dans un joyeux brouhaha. Dans moins d’une heure, c’est le week-end. Les élèves de CM2 glissent un mot sur leur école, avant de retrouver leur classe : « cool », selon Louison, « chouette », pour Layel. Et bien mieux que la précédente : « C’était dur, on transpirait. » Vétuste, trop petite, pas aux normes, l’ancienne école est un lointain souvenir. Désormais, dans l’établissement flambant neuf inauguré en mai 2025, le thermomètre oscille autour de 25 °C, grâce à la géothermie et à un ingénieux système de circulation de l’air.

      Au plafond, les ventilateurs sont à l’arrêt. « On n’en a pas vraiment besoin l’été, ils servent surtout l’hiver à rabattre la chaleur, explique la maire de la commune, Muriel Dherbecourt, réélue en mars pour un second mandat. « Sans étiquette, en tant que maire », elle est aussi conseillère départementale Les Républicains. Et VRP passionnée de ce bâtiment, dont la construction avait été décidée par son prédécesseur, avant qu’elle ne reprenne le dossier en 2020.

      Outre la salle communale, il accueille cinq classes, pour 110 élèves, un réfectoire, mais aussi une bibliothèque, et une salle des profs cosy avec petit sofa. Derrière chaque porte, un petit air frais, et une maîtresse pour dire qu’elle est « contente de venir à l’école » ou combien « la classe est agréable, avec cette ambiance de fraîcheur. C’est mieux qu’une clim ». Même discours à la cantine : « Même en cuisine quand le four est allumé, c’est supportable », dit une agente.
      « Reins solides »

      L’édile vante les trouvailles et autres ingéniosités pensées par l’architecte : ici un puits de lumière, orienté nord, là des fenêtres qui s’ouvrent automatiquement la nuit, 400 m² de panneaux photovoltaïques sur le toit, l’isolation acoustique, la récupération d’eau de pluie qui permet d’avoir des pelouses toutes vertes.

      Labellisé « bâtiment durable Occitanie or » pour sa réalisation et sa conception écologique et économique, la bâtisse conçue par l’architecte Daniel Fanzutti se distingue par ses larges « casquettes » protégeant les baies vitrées et ses matières isolantes biosourcées. Dont la pierre locale, extraite de la carrière voisine. Autonome en énergie, il bénéficie d’un éclairage naturel − « On n’allume quasiment pas les lumières », précise la maire. Surtout, il intègre un système de géothermie permettant d’aller chercher la fraîcheur dans le sol.

      Coût de l’opération : près de 6,5 millions d’euros, financée à environ 50 % par des subventions de l’Etat, de l’Ademe, de la région et du département. « Ce n’est pas possible partout, nous sommes une commune qui a les reins solides », reconnaît l’élue.
      « Parcours du combattant » pour la commune

      La visite se poursuit. Sous le préau, les mèches de cheveux collent au front des maternelles. Ici, le mercure grimpe un peu. « On n’est pas ravis d’être sous le préau, mais on sait que c’est mieux que d’autres écoles », dit une maîtresse. Puis, direction la salle technique. Ici, des gros tuyaux gris partent dans tous les sens. Et la maire prévient : « Ne nous demandez pas trop d’infos… C’est très technique. » Et c’est d’ailleurs un peu « la contrepartie » de ce type de projet, souligne-t-elle : la commune ne peut se passer d’un contrat d’entretien avec une société spécialisée, pour un coût d’environ 1 200 euros par an. Elle vient notamment pour faire les paramétrages lors des changements de saison. « Ce sont des réglages compliqués, on a mis une année à trouver l’équilibre. Là, cette année, c’est super », poursuit-elle.

      Avant que la sonnerie ne retentisse. Devant le portail, les parents récupèrent leurs enfants au compte-goutte. L’école ? Ils la trouvent « au top », « bien étudiée », félicitent la maire. « Merci, car j’ai beaucoup galéré », répond l’intéressée qui remonte le temps : le projet lancé avant le Covid, les aides publiques obtenues puis retirées, les coups de fil pour aller chercher des subventions ou auprès de la préfecture pour éviter un nouveau retard lié à des fouilles archéologiques. « On est une petite mairie, parfois on se sent seule. Il faut tout savoir faire. C’est le parcours du combattant. J’y ai laissé une partie de moi », résume Muriel Dherbecourt.

      Place à d’autres projets. Devant l’école, les enfants goûtent sur le trottoir, à l’ombre. L’édile projette d’ajouter des bancs en pierre – une demande de longue date formulée par des parents, disent certains d’entre eux – et une « canopée », en plantant deux arbres. « Les arbres, c’est super, mais ça fera de l’ombre dans vingt ans », commente un père de famille dans un petit groupe qui papote sur un bout de bitume. Il s’interroge sur le coût de cette école qu’il juge surdimensionnée, alors qu’elle ne serait pas à l’abri d’une fermeture de classe. « Il manque un voile d’ombrage dans la cour », dit une autre, qui trouve dommage que les enfants de l’élémentaire restent enfermés dans une salle, pour les récrés les jours de canicule. « Mais on reste des privilégiés », reconnaissent-ils. « En vivant dans les lieux, on se rend compte des améliorations à apporter, dit de son côté la maire. On ne peut pas tout faire d’un coup. »

      https://www.liberation.fr/environnement/climat/dans-le-sud-le-village-de-castillon-du-gard-suffoque-sous-la-chaleur-sauf

    • « 36 °C dehors, 26 °C dans les classes » : ces écoles s’adaptent aux canicules grâce aux low-tech

      C’est un fait : très peu d’écoles sont adaptées aux vagues de chaleur. Face à l’urgence, certaines communes expérimentent des solutions low-tech et peu chères. Résultat, près de Montpellier : jusqu’à -10 °C de différence dans les classes.

      Au premier abord, l’école maternelle de Grabels coche toutes les cases de la passoire thermique. Une cour goudronnée, de grandes baies vitrées, et un bâtiment conçu il y a plus de vingt-cinq ans. « On pouvait monter à 33 °C dans les classes », confirme Yann Issard, directeur jeunesse à la mairie. S’il emploie le passé, c’est que de petits aménagements ont radicalement changé la donne cette année.

      Brasseurs d’air dans les classes, ombrières dans la cour, aération nocturne… Résultat, lors de la canicule de juin, « quand il faisait 36 °C dehors, on était à 26 °C dans les salles, se réjouit-il. Avec des mesures simples, on peut sacrément améliorer le quotidien des élèves et des enseignants ».

      À l’origine de cette transformation, le projet Racine, auquel participe une trentaine d’établissements à travers tout le territoire. « On veut montrer qu’on peut s’adapter aux canicules sans détruire et reconstruire toutes les écoles », résume Guillaume Perrin, directeur des programmes à l’Actee, la fédération d’élus à l’origine du programme. Car il y a urgence : « Près des trois quarts du bâti scolaire sont dépassés face aux chaleurs, alors que nous vivons les années les plus fraîches du reste de nos vies. »

      Or les communes n’ont bien souvent ni les moyens ni l’expertise pour se lancer dans des travaux d’ampleur. Résultat, la rénovation des écoles patine. Le 31 août, en pleine rentrée scolaire, le gouvernement a annoncé que 2 500 écoles jugées « vulnérables » bénéficieront ainsi d’un plan d’adaptation accéléré et qu’un plan de gestion des vagues de chaleur sera renforcé d’ici au printemps. En attendant, le projet Racine permet lui, déjà, de faire baisser le thermomètre en déployant des solutions low-tech — simples et peu énergivores.

      Ventilateurs de plafond et aération nocturne

      Pour ce faire, les villes et villages sélectionnés doivent expérimenter une méthode, en trois axes. Premier pilier, « ne pas faire entrer le soleil, indique Guillaume Perrin, car une fenêtre qui laisse passer le soleil, c’est l’équivalent d’un chauffage qu’on laisse ouvert ». Volets, stores, persiennes… À Grabels, la cour de récréation s’est parée de toiles en fibre de coco, notamment le long des coursives donnant sur les classes.

      « Ça fait des rideaux qui créent de l’ombre tout en laissant passer l’air, explique Yann Issard. Et on peut les humidifier pour rafraîchir l’atmosphère. » Ensuite, il s’agit de faire circuler l’air, avec des ventilateurs de plafond. Deux classes ont été équipées chacune de quatre brasseurs d’air. Avec succès : « On a fait baisser la température ressentie de 2 à 4 °C », observe le directeur.

      « On a fait baisser la température ressentie de 2 à 4 °C »

      Dernier point, et non des moindres : la ventilation nocturne. « Il faut profiter de la nuit pour évacuer la chaleur accumulée dans la journée, explique Guillaume Perrin. Ça paraît simple, mais c’est le plus compliqué à mettre en place. » Par peur des insectes ou des intrusions, nombre de collectivités rechignent en effet à ouvrir les fenêtres la nuit. « On peut mettre des barreaux devant les vitres, mais ça ne plaît pas trop », ajoute-t-il.

      La commune héraultaise a pour sa part embauché un gardien pendant les semaines de canicule, qui ouvrait les fenêtres et veillait. Et cerise sur le gâteau glacé, dans une des ailes de l’école dotée de fenêtres en hauteur, un imposant destratificateur a été installé, sorte de brasseur d’air XXL qui tourne à l’envers et fait ainsi remonter l’air vers les ouvertures. Ailleurs, « ce sont les élus eux-mêmes ou des retraités qui se sont relayés bénévolement pour ouvrir les fenêtres la nuit », complète Guillaume Perrin.

      « Il ne faut pas s’arrêter là »

      En parallèle de ces petits chantiers, l’école de Grabels a fait son introspection. Enseignantes, Atsem, élus, parents d’élèves ont réfléchi à toutes les réorganisations possibles. Proposer des repas froids à la cantine, organiser des jeux d’eau l’après-midi, nettoyer les salles quand elles ne sont pas au soleil pour éviter de faire entrer trop de chaleur… « L’adaptation n’est pas que technique, il s’agit aussi de changer les usages », remarque Yann Issard.

      Forte de ce succès, la municipalité envisage désormais de déployer les brasseurs d’air, de végétaliser la cour de récréation, d’installer la clim dans la salle de motricité « pour avoir une zone refuge ». Coût total de l’opération : 400 000 euros répartis sur trois ans, pour un établissement accueillant 160 élèves. « Pour nous, c’est bien plus abordable qu’une rénovation d’ampleur », glisse l’employé municipal.

      Côté Racine, le projet de recherche-action devrait donner lieu à une thèse, afin de mesurer l’efficacité des différents dispositifs et d’identifier les freins à l’adaptation. « On pense ces solutions comme une première étape, mais la rénovation reste essentielle, surtout l’isolation des bâtiments, insiste Guillaume Perrin. Il ne faut pas s’arrêter là. »

      https://reporterre.net/36-oC-dehors-26-oC-dans-les-classes-ces-ecoles-s-adaptent-aux-canicules-