Rima Hassan on X : « đŸ‡”🇾 Tribune : le dĂ©lit de Palestine Plus de 210 personnalitĂ©s issues du monde de la culture, de la politique et de la sociĂ©tĂ© civile, en France et Ă  l’international, m’apportent leur soutien Ă  la veille de mon procĂšs, ce mardi 7 juillet. Il s’agit de la 22ᔉ procĂ©dure engagĂ©e https://t.co/pLbmMFQmoK » / X

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  • « Non au dĂ©lit de Palestine » : plus de 200 personnalitĂ©s apportent leur soutien Ă  Rima Hassan, jugĂ©e pour apologie du terrorisme
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    Le 7 juillet, l’une des voix les plus emblĂ©matiques du mouvement de solidaritĂ© avec la Palestine, dĂ©putĂ©e europĂ©enne d’opposition, comparaĂźtra devant la justice pour « apologie du terrorisme ». Son crime ? Avoir publiĂ© sur le rĂ©seau social X une citation rappelant un principe pourtant inscrit au cƓur du droit international : le droit des peuples Ă  rĂ©sister Ă  la colonisation et Ă  l’occupation de leur territoire par une armĂ©e Ă©trangĂšre.

    Au moment mĂȘme oĂč Gaza est dĂ©vastĂ©e sous les yeux du monde, oĂč des familles entiĂšres sont ensevelies sous les dĂ©combres, oĂč la famine est utilisĂ©e comme arme de guerre, oĂč les organisations internationales alertent sans relĂąche sur l’ampleur des crimes commis contre la population civile, un renversement des responsabilitĂ©s s’est installĂ© dans le dĂ©bat public.

    Ce ne sont ni les auteurs de ces violences ni ceux qui les justifient qui se retrouvent aujourd’hui mis en cause, mais celles et ceux qui Ă©lĂšvent la voix pour demander que cessent les massacres et que soient enfin appliquĂ©s les principes les plus Ă©lĂ©mentaires du droit international.

    Depuis le dĂ©but du gĂ©nocide toujours en cours Ă  Gaza, les expressions de solidaritĂ© avec le peuple palestinien font l’objet d’une rĂ©pression croissante : les procĂ©dures judiciaires se sont multipliĂ©es, les campagnes de dĂ©nigrement ont gagnĂ© en intensitĂ©, des confĂ©rences ont Ă©tĂ© interdites par voie administrative, tandis que des pressions croissantes s’exercent sur les institutions culturelles, universitaires et associatives. Ce qui pouvait d’abord apparaĂźtre comme une sĂ©rie d’évĂ©nements isolĂ©s dessine dĂ©sormais une tendance plus gĂ©nĂ©rale.

    D’un bout Ă  l’autre du pays, des milliers de citoyens, d’universitaires, d’artistes, de syndicalistes, de militants ou de simples tĂ©moins se heurtent Ă  des formes diverses d’intimidation, de disqualification ou de rĂ©pression. L’un des signes les plus alarmants de cette dĂ©rive apparaĂźt dans le dĂ©placement progressif de lĂ©gislations d’exception, Ă©laborĂ©es pour rĂ©pondre Ă  la menace terroriste, vers le contrĂŽle de paroles et d’engagements qui relĂšvent pourtant du dĂ©bat politique, de l’engagement militant ou de la simple conscience civique.

    La finalitĂ© de telles procĂ©dures ne rĂ©side pas seulement dans la sanction d’individus dĂ©terminĂ©s. Il s’agit Ă©galement de produire un effet plus durable sur l’ensemble du corps social. En faisant peser sur certaines prises de parole la menace de poursuites judiciaires, ces mĂ©thodes contribuent Ă  installer un rĂ©gime de dissuasion oĂč chacun est invitĂ© Ă  mesurer le coĂ»t d’un engagement, Ă  anticiper les consĂ©quences d’une solidaritĂ© affichĂ©e, et parfois Ă  prĂ©fĂ©rer le silence Ă  l’exercice de sa libertĂ© de conscience.

    Le traitement judiciaire, politique et mĂ©diatique rĂ©servĂ© aujourd’hui Ă  l’eurodĂ©putĂ©e franco-palestinienne Rima Hassan constitue l’une des manifestations les plus significatives de cette dĂ©rive. Qu’une Ă©lue de la RĂ©publique puisse faire l’objet d’une telle mise en cause pour avoir exprimĂ© des positions politiques relatives Ă  une question internationale majeure rĂ©vĂšle l’état de nos libertĂ©s publiques. À travers son cas, c’est notre capacitĂ© collective Ă  dĂ©battre librement, Ă  contester l’ordre Ă©tabli, Ă  exprimer notre solidaritĂ© avec les peuples opprimĂ©s et Ă  dĂ©fendre les principes universels du droit qui se trouve aujourd’hui piĂ©tinĂ©e.

    La question qui nous est posĂ©e dĂ©passe donc largement le cadre de cette procĂ©dure et touche Ă  la conception mĂȘme que nous nous faisons de la dĂ©mocratie. Voulons-nous d’une sociĂ©tĂ© oĂč les dĂ©saccords se confrontent dans le cadre du dĂ©bat contradictoire et de la dĂ©libĂ©ration dĂ©mocratique ? Ou d’une sociĂ©tĂ© oĂč l’arĂšne judiciaire se substitue Ă  l’espace politique pour dĂ©terminer quelles opinions peuvent encore ĂȘtre exprimĂ©es ?

    Rappelons-le : les libertĂ©s publiques n’ont pas Ă©tĂ© conçues pour protĂ©ger les opinions dominantes mais pour garantir le droit d’exprimer des positions contestĂ©es, minoritaires ou dĂ©rangeantes. Cela constitue la sĂšve mĂȘme de la dĂ©mocratie : aucune opinion ne doit ĂȘtre disqualifiĂ©e par la contrainte lorsqu’elle peut ĂȘtre combattue par l’argument. Chaque fois qu’une sociĂ©tĂ© renonce Ă  cette exigence, elle altĂšre silencieusement les conditions mĂȘmes de sa libertĂ©.

    Cette Ă©volution est d’autant plus alarmante qu’elle intervient dans un moment de bascule historique. Partout en Europe, les forces d’extrĂȘme droite poursuivent leur ascension ; en France, leur accession au pouvoir n’apparaĂźt plus comme une hypothĂšse lointaine mais comme une menace dĂ©sormais tangible.

    L’histoire nous enseigne que les libertĂ©s ne disparaissent jamais d’un seul coup mais s’effacent progressivement, au fil des renoncements accumulĂ©s. Les voix qui s’élĂšvent pour la Palestine en font actuellement l’expĂ©rience. Mais qui peut sĂ©rieusement croire que cette dynamique s’arrĂȘtera lĂ  ?

    Rien ne garantit que, demain, d’autres engagements, d’autres solidaritĂ©s et d’autres contestations ne soient pas Ă  leur tour frappĂ©s du mĂȘme soupçon. Les projets de durcissement lĂ©gislatif dĂ©jĂ  annoncĂ©s, Ă  commencer par la loi Yadan, ne font que confirmer cette trajectoire.

    Face Ă  cela, notre responsabilitĂ© est Ă  la fois politique et historique. De Paris Ă  Londres, de GĂȘnes aux campus amĂ©ricains, partout se lĂšvent de nouvelles gĂ©nĂ©rations qui, en exprimant leur solidaritĂ© avec la Palestine, ravivent le flambeau d’une longue histoire de combats pour la justice, la libertĂ© et le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes. L’histoire n’est pas façonnĂ©e seulement par la force des puissants mais aussi par la persĂ©vĂ©rance de celles et ceux qui, contre les vents contraires de leur Ă©poque, ont su maintenir vivante l’exigence de justice et de dignitĂ©.

    C’est de cette fidĂ©litĂ© que nous nous rĂ©clamons aujourd’hui. La fidĂ©litĂ© aux libertĂ©s et aux principes dĂ©mocratiques que d’autres ont conquis avant nous et dont nous disposons aujourd’hui. Notre responsabilitĂ© est dĂ©sormais de nous montrer dignes de cet hĂ©ritage et de le transmettre intact Ă  celles et ceux qui viendront aprĂšs nous.

    • đŸ‡”đŸ‡ž Tribune : le dĂ©lit de Palestine

      « Plus de 210 personnalitĂ©s issues du monde de la culture, de la politique et de la sociĂ©tĂ© civile, en France et Ă  l’international, m’apportent leur soutien Ă  la veille de mon procĂšs, ce mardi 7 juillet. Il s’agit de la 22ᔉ procĂ©dure engagĂ©e contre moi en raison de mes opinions et positions politiques en lien avec mon mandat d’élue.

      Ensemble, elles dĂ©noncent la rĂ©pression de la solidaritĂ© avec la Palestine en France et alertent sur le glissement de l’État de droit et le rĂ©trĂ©cissement de nos libertĂ©s fondamentales.

      Parmi elles figurent notamment Christiane Taubira, Xavier Dolan, Annie Ernaux, Virginie Despentes, Guillaume Meurice, Ilhan Omar, Camille Étienne, Judith Butler, Roger Waters, Benjamin Biolay, Anna Mouglalis, Mohammed El-Kurd, Yanis Varoufakis, Pomme ou encore Rokhaya Diallo. » Rima Hassan

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