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  • Badr Al-Boussaïdi, ministre des affaires étrangères d’Oman : « La guerre contre l’Iran a révélé à quel point la politique d’endiguement était un mythe »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/13/badr-al-boussaidi-ministre-des-affaires-etrangeres-d-oman-la-guerre-contre-l

    Depuis 1979, la sécurité du Golfe s’est organisée autour de ce que l’on appelait le « containment » (l’« endiguement »). Cette doctrine, principalement fondée sur l’exclusion, considérait que l’objectif premier de l’architecture sécuritaire régionale était de protéger le Golfe arabe – ainsi que les intérêts occidentaux qui s’y rattachent – contre la menace existentielle incarnée par l’Iran. Or, cette prémisse était profondément erronée. Téhéran ne constituait pas une menace existentielle. L’accumulation de dépenses militaires considérables dans la région, l’expansion des bases américaines dans le Golfe et le maintien d’une présence militaire de protection à distance ont été développés et entretenus au prix d’efforts colossaux, mais sans avoir de véritable utilité.

    La guerre a révélé à quel point la politique d’endiguement était un mythe, un fait désormais reconnu même par ceux qui considéraient, il y a peu encore, que plus de quarante-cinq ans d’un coûteux containment constituaient un mal nécessaire.

    Les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur la sécurité du Golfe ne proviennent pas de la région elle-même, mais de décisions prises en dehors de celle-ci, avant tout à Tel-Aviv. Ce constat ne fait désormais plus guère de doute. Il reste alors une question essentielle : quelles conséquences tirer de cette nouvelle lecture de la réalité ? Comment repenser dans son ensemble l’architecture de sécurité du Golfe ?
    [...]
    Cette guerre est une catastrophe. Dépourvue de mandat des Nations unies, elle n’a atteint aucun des objectifs qui lui étaient officiellement assignés. Néanmoins, si elle permet enfin d’enterrer le mythe de l’endiguement dans le Golfe, alors il existe une raison d’espérer : celle de voir émerger un système plus juste, plus réaliste et plus efficace, corrigeant ainsi près d’un demi-siècle d’erreurs stratégiques.