La Parabole du semeur — Wikipédia

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  • Depuis quelques décennies, nous vivons une dystopie politique mais un journaliste du Monde impacté par un biais de mémoire à court terme préfère évoquer une "dystopie climatique".

    « Nous sommes coincés dans une dystopie climatique, un scénario de comédie noire, où le grotesque le dispute à la farce orwellienne »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/12/nous-sommes-coinces-dans-une-dystopie-climatique-un-scenario-de-comedie-noir

    Florilège :

    Le gouvernement Lecornu dépose, le 24 juin, un projet de loi qui doit remettre 700 000 passoires thermiques sur le marché locatif.

    Une semaine plus tard, Matignon dissout le groupement d’intérêt public Europe des projets architecturaux et urbains, chargé de piloter plus de 200 projets de recherche destinés à adapter le bâti et les territoires au climat de demain.

    En région, ce sont les conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement, chargés d’aider les particuliers et les collectivités à relever les défis climatiques et environnementaux, qui sont menacés par une réforme de leur financement. Deux d’entre eux ont déjà été liquidés. Quant au fonds vert, destiné à financer l’adaptation des collectivités territoriales, il est amputé des deux tiers.

    Réponse : planter plus d’arbres, bien sûr ! Mais le plan d’Emmanuel Macron pour le renouvellement forestier, lancé en 2022 (« Planter 1 milliard d’arbres en dix ans »), subventionne les coupes rases sur de vieilles forêts diversifiées, et leur remplacement par des quasi-monocultures de résineux, hautement inflammables. Un peu partout en France, de l’argent public contribue à vulnérabiliser les territoires au risque d’incendie.

    On le sait aussi, la complexité des paysages et le bocage sont des puits de carbone en même temps que des éléments de résilience climatique. Sur ce point, l’action de l’exécutif a été couronnée par un doublement du rythme de destruction des haies depuis 2017, avec plus de 20 000 kilomètres de linéaire qui disparaissent chaque année, comme le note le Haut Conseil pour le climat dans son dernier rapport, publié en juillet. La réponse à ce qui est unanimement considéré comme un échec est un décret entré en vigueur en juin : simplifier les autorisations de destruction du bocage.

    Les élevages hors-sol enregistrent des surmortalités parfois considérables depuis le début de la canicule, au point que, dans le Grand Ouest, les équarrisseurs ne peuvent plus faire face. Les lois agricoles successives favorisent depuis deux ans l’ultraconcentration de la production animale, et renforcent non seulement ses émissions mais aussi sa vulnérabilité aux chocs

    Il existe ainsi un large consensus pour dire que l’agroécologie est l’un des leviers d’adaptation de l’agriculture au réchauffement. Or, non seulement l’agriculture biologique n’a pas augmenté ces dernières années, contrairement aux ambitions de la stratégie nationale bas carbone, mais la France est le seul grand pays agricole européen à avoir perdu des surfaces conduites en agriculture biologique. L’Hexagone était le premier pays de l’Union européenne pour ce qui est du nombre d’hectares bio ; il a été devancé par l’Espagne en 2023.

    Devant son incapacité à atteindre les objectifs de la stratégie nationale bas carbone (désormais hors d’atteinte), le gouvernement tient le cap : à Bruxelles, Paris s’oppose à la Commission européenne pour que les aides à l’agriculture biologique ne soient pas inscrites dans la prochaine politique agricole commune. « La stratégie française de développement de la bio n’a pas fonctionné, mais la France semble vouloir y entraîner toute l’Europe », résume la Fédération nationale d’agriculture biologique.L’exécutif n’est, au demeurant, pas isolé dans ce déni de facto du risque climatique. Le Sénat tient la corde. Devant le constat d’une pénurie rampante de la ressource hydrique, ses élus ont ainsi voté sans trembler, le 3 juillet, la destruction pure et simple des principes qui fondent les instances de la démocratie locale de l’eau, au bénéfice de quelques irrigants.

    "Qui aurait pu prédire ?"

    • Je vois pas trop l’allusion entre comédie noire et farce orwellienne mais l’article de S. Foucart est excellent et sa recension fout la trouille surtout quand tu sais qui est aux manettes.

      On voit aujourd’hui la clientèle de certains supermarchés en venir aux mains pour emporter les derniers ventilateurs en rayon : que se passera-t-il quand c’est l’eau qui viendra à manquer ? Il se trouvera alors, sans doute, quelqu’un pour demander : « Qui aurait pu prédire ? » Or l’avenir n’est pas seulement prévisible ; il est en train d’être écrit.

      Après la défaite des fascismes historiques, Orwell prédisait : "Lorsque les fascistes reviendront, ils auront le parapluie bien roulé sous le bras et le chapeau melon" . En ces temps de fascisme climatique, c’est des bob cochonou pour tout le monde et le parapluie n’est que pour les nantis et t’avise pas d’essayer de te glisser dessous. Les mêmes ont voté une loi qui autorise les flics à tirer à vue et il faudra que tu prouves que t’as pas essayé de piquer le parapluie pour obtenir réparation si t’es pas mort. J’arrête par là car je sens que c’est moi qui vais partir dans la fable dystopique.
      https://seenthis.net/messages/1181673
      avec le lieng d’aurelieng en voilà un autre qui est aussi dans l’article de Foucart :
      http://archive.today/2026.07.05-215644/https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/03/projet-de-loi-d-urgence-agricole-le-durcissement-par-le-senat-des-article

    • ¿Quién podría haberlo previsto?
      https://www.elsaltodiario.com/almeria/mayor-incendio-andalucia-deja-momento-once-fallecidos-gallardos-almer

      El devastador incendio forestal declarado en la tarde del jueves en Los Gallardos ha provocado al menos 12 víctimas mortales, varios heridos y cientos de personas desalojadas. Mientras, el Infoca sigue denunciando falta de efectivos y la Junta de Andalucía deja sin utilizar 120 millones de euros para prevenir incendios forestales.

    • « Farce orwellienne » c’est pour le gouvernement qui passe son temps à prétendre qu’il agit, que c’est sa priorité alors qu’il fait tout le contraire et sabote même le peu qui existe. Très bon article, je trouve ça un peu mesquin de prétendre que Foucart ne verrait pas le problème politique alors qu’il ne parle que de cela.

    • Pour les vacances, un conseil lecture :
      Octavia Butler, La parabole du semeur (https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Parabole_du_semeur) et sa suite, La parabole des talents

      Résumé
      En 2024, la société américaine s’est en grande partie effondrée en raison du changement climatique, de l’inégalité croissante des richesses et de la cupidité des entreprises. Lauren Oya Olamina est une adolescente noire de quinze ans atteinte d’hyperempathie, qui a la capacité de ressentir les sensations d’autrui quand elle en est le témoin. Alors qu’elle grandit près de Los Angeles dans les vestiges d’une communauté protégée de la violence et de la sauvagerie par un mur d’enceinte entourant plusieurs maisons, elle commence à développer un nouveau système de croyances, qu’elle appelle « Semence de la Terre ». Anticipant un destin funeste pour elle et ses proches, elle se prépare à survivre toute seule, cherchant à apprendre tout ce qui pourrait plus tard l’aider.

      Peu avant ses dix-huit ans, en juillet 2027, son quartier est attaqué, les maisons sont incendiées, sa famille et quasiment tous les membres de sa communauté sont sauvagement assassinés. Lauren parvient à échapper au massacre et elle rencontre peu après deux survivants, un jeune homme blanc de son âge, ami d’enfance, ainsi qu’une femme noire. En leur compagnie, elle voyage vers le nord, cherchant une terre d’accueil propice à la survie. Lauren pense que le destin de l’humanité est de voyager au-delà de la Terre et de vivre sur d’autres planètes. « Semence de la Terre » est pour elle un moyen de fédérer des personnes afin de se préparer à ce destin. Au fur et à mesure de son voyage, elle rassemble autour d’elle une dizaine d’adeptes et, une fois arrivée le 26 septembre 2027 dans le nord de la Californie, elle fonde la première communauté « Semence de la Terre » dans un endroit qu’ils décident tous d’appeler « Espoir ».

    • un peu dans le même sens que ton conseil de lecture @rumor quoi que je n’ai pas encore pris le temps de regarder ce documentaire en entier. Le monde a besoin de plus de magiciens
      sur Arte.tv.fr | duré 1h30
      https://www.arte.tv/fr/videos/114224-000-A/le-monde-a-besoin-de-plus-de-magiciens

      S’extrayant d’une voiture après un accident, une fillette, étrangement sereine, ramasse une tortue et lui explique avec placidité l’origine et la marche du monde. Voici Moon, 9 ans, petite aventurière à la bouille chiffonnée et à la vive curiosité. Entreprenant une longue errance, elle croise sur son chemin, entre territoires arides, forêts et bâtiments en ruine, d’autres enfants savants et polyglottes, comme cette jeune érudite et son interprète, réfugiées dans une cabane de montagne. S’exprimant avec la sagesse de mille vies, ils se désolent de l’état de la planète dont ils ont hérité. Porteurs de la mémoire d’un passé disparu, ils semblent, avec de rares animaux, les seuls survivants d’un événement apocalyptique lié au changement climatique, qui a détruit les terres mais enrichi leur vision intérieure. Une gravité percée d’insouciance.

      Adaptant librement la pièce Le mot pour dire neige de l’écrivain américain Don DeLillo, le cinéaste expérimental anglais Ben Rivers mêle fiction et documentaire pour signer un poème cinématographique onirique sur la nature de l’existence et la fin du monde. Découpée en chapitres – que la jeune Moon inscrit à la craie sur un tableau –, et alternant la couleur et le noir et blanc, cette fable futuriste à l’énigmatique beauté, réflexion sur le désastre écologique en cours, dégage un charme hypnotique autour de sa communauté d’enfants, vieilles âmes en quête de sens à l’enveloppante douceur.

      Sinon un auteur classique de la SF : James Graham Ballard
      https://fr.wikipedia.org/wiki/J._G._Ballard
      #science_fiction