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  • #TotalEnergies engrange 11,2 #milliards de dollars de #bénéfice en six mois, sur fond de #guerre au #Moyen-Orient
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/07/23/totalenergies-engrange-11-2-milliards-de-dollars-de-benefice-en-six-mois-sur

    Qu’ils soient libellés en dollars ou en euros, voilà de nouveaux milliards qui nourriront le débat politique sur la redistribution des richesses. Bientôt cinq mois après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, fin février, alors même que les prix à la pompe grèvent le porte-monnaie des automobilistes français, TotalEnergies continue d’afficher des profits colossaux, profitant de la flambée des cours de l’or noir, sur fond de perturbations dans l’approvisionnement mondial en pétrole.

    La major du pétrole a annoncé, jeudi 23 juillet, un résultat net de 5,4 milliards de dollars (4,7 milliards d’euros) au deuxième trimestre. C’est le double d’une année sur l’autre. Et ce, après un premier trimestre qui s’était déjà soldé par un bénéfice net de 5,8 milliards de dollars (+ 51 % d’une année sur l’autre), en sachant que les affrontements entre la coalition israélo-américaine et l’Iran n’avaient commencé que depuis un mois. Sur l’ensemble du premier semestre, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, en très forte hausse de 72 % sur un an.

    Certes, la guerre a eu un impact sur la production de TotalEnergies dans le golfe Arabo-Persique, empêchant l’extraction de pétrole ou de gaz au Qatar, en Irak ou aux Emirats arabes unis. Mais l’effet est moins important qu’attendu. Initialement, la firme s’attendait à des pertes de l’ordre de 360 000 barils équivalent pétrole par jour en moyenne au deuxième trimestre. Finalement, elles se sont élevées à 210 000 barils chaque jour.

    Surtout, la flambée des cours mondiaux du pétrole a amplement compensé ces barils en moins. Référence internationale pour le brut, le brent de mer du Nord a grimpé à près de 104 dollars par baril en moyenne au deuxième trimestre, contre 81 dollars au trimestre précédent. De quoi rendre l’activité « exploration-production » de TotalEnergies très largement bénéficiaire. Autre secteur en forte hausse, l’activité « raffinage-chimie ».

    Sans surprise, les autres acteurs de l’industrie pétrolière tirent aussi profit de l’envolée des cours. Détenu majoritairement par l’Etat norvégien, Equinor a par exemple multiplié par 3,7 son bénéfice net au deuxième trimestre par rapport à la même période en 2025, à 4,8 milliards de dollars.

    « Profits indécents »
    Les résultats de TotalEnergies permettent au groupe de choyer encore plus ses actionnaires, avec la distribution d’un deuxième acompte sur dividende en hausse de 5,9 % par rapport à 2025. De quoi provoquer les critiques d’un collectif d’organisations non gouvernementales de défense de l’environnement, dont Greenpeace, le Réseau Action Climat et Oxfam France. « Alors que la France suffoque sous des canicules successives, causées par le changement climatique dont l’industrie du pétrole et du gaz est largement responsable, ces profits apparaissent particulièrement indécents », a réagi le collectif par communiqué dans la matinée du jeudi 23 juillet, réitérant leur appel à « taxer les géants du pétrole et du gaz pour financer l’action climatique ».

    Le 29 mai, c’était à l’occasion de l’assemblée générale de la major pétrogazière que le Parti communiste français avait organisé un rassemblement, devant les tours du quartier d’affaires de la Défense (Hauts-de-Seine), militant, comme par ailleurs La France insoumise, pour la nationalisation de TotalEnergies. « Assez de profits sur la crise », dit le texte de sa pétition en ce sens.

    Comme pour faire taire les polémiques, dès mercredi 22 juillet, à la veille de ses résultats trimestriels, TotalEnergies a annoncé remettre en place « la politique de plafonnement [des prix à la pompe] qui était en vigueur jusqu’en juin ». Soit, dans ses quelque 3 300 stations-service en France, un tarif à 1,99 euro par litre d’essence et 2,25 euros par litre de gazole.

    Manière de faire passer le message au gouvernement, Patrick Pouyanné a déjà clairement fait entendre un avertissement, dans un entretien au quotidien Sud Ouest mis en ligne le 5 mai : le PDG de TotalEnergies ne pratiquera plus de telles ristournes en cas de taxation sur des surprofits effectués en temps de guerre. « Odieux chantage », avait commenté la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier. Le 17 juin, auditionné par la commission des finances de l’Assemblée nationale, le patron de la compagnie pétrolière estimait jusque-là à environ 200 millions d’euros le manque à gagner de son geste commercial depuis le 12 mars. Soit 4 % des bénéfices du groupe lors du premier trimestre.

    Adrien Pécout