À l’opposé du fascisme
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Je n’ai jamais su comment agir politiquement. Ni quoi faire, ni avec qui. C’est un problème banal : quand on veut tout changer, par où commencer ? Quel moyen d’action choisir, qui serait utile tout en respectant les contraintes personnelles du moment ?
Je comprends l’intérêt de signer des pétitions, d’écrire des tribunes, ou de se présenter à des élections. Je suis même parfois content que d’autres personnes s’y collent, mais à force de ne voir aucun résultat depuis 20 ans, j’ai du mal à y croire, à m’impliquer. Limiter les dégâts, faire acte de présence, ça ne me suffit plus. J’ai longtemps observé des collectifs, des partis, des syndicats, en espérant trouver un groupe à rejoindre. Aucun ne m’a convaincu. Pour certains, le problème, c’était la ligne politique, pour d’autres les actions ou la stratégie. Parfois, l’ambiance apparente ne donnait pas envie d’y aller.
Heureusement, il y a eu des mouvements sociaux. Se mobiliser pour un objectif clair, être dans une foule qui avance ensemble, discuter et chanter avec des inconnus, y croire le temps de la manif : mon engagement politique, ça a surtout été ça. Je me suis senti à ma place parmi les Gilets Jaunes, pendant un temps. Mais la dernière fois que j’ai participé à un mouvement social qui s’est terminé par une victoire, c’était en 2006, contre le CPE[1]. Ça fait du bien de se rappeler qu’on n’est pas seul.e, d’être des milliers ensemble dans la rue, mais ces derniers temps on n’a pas obtenu beaucoup de résultats. Et la question demeure : que faire entre deux crises sociales ?
