Pour la reconnaissance du génocide des Roms et des Voyageurs

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  • La voix et le combat d’une sœur
    https://lundi.am/La-voix-et-le-combat-d-une-soeur
    https://leseditionsduboutdelaville.com/wp-content/uploads/2026/07/Garand-carre_2026-V032.mp4

    Le 8 juillet 2026 au tribunal judiciaire de Paris, les magistrats ayant à charge de juger Ritchy Thibault pour diverses prises de paroles publiques portant « atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation » selon le ministre l’intérieur, suspendent soudainement l’audience. Les juges estiment que les 16 témoins prévus par la défense n’auront pas le temps d’être entendus et qu’il faut reporter l’audience. Les avocats s’agacent, Ritchy Thibault prend la parole, exige d’être jugé et que l’on respecte le temps pris par tous ces témoins pour se rendre à l’audience. Il sort son téléphone et diffuse au micro du tribunal le témoignage pré-enregistré d’un témoin incarcéré dont les juges n’ont pas réussi à organiser la visioconférence. Suspension d’audience, donc, les juges s’enfuient au milieu d’un énorme brouhaha. Une cinquantaine de policiers occupent la salle et se tiennent entre le public et leurs sièges laissés vacants. #Aurélie_Garand s’approche de la barre, saisit le micro et harangue la foule, la police et les juges absents. Cette même justice qui lui refusé un procès pour la mort de son frère sous les balles des gendarmes refuse ce jour-là encore de lui donner la parole. Elle ne partira pas. Dans sa voix comme dans ses mains qui s’accrochent au pupitre, on perçoit toute la force dramatique d’une vie qui résiste, toute la puissance de ce subtil passage de l’humiliation à la dignité. C’est tout cela que raconte « Depuis qu’ils nous ont fait ça » dont une version augmentée vient de paraître aux éditions du bout de la ville et que recense ici Ritchy Thibault.

    https://leseditionsduboutdelaville.com
    #Angelo_Garand #ACAB

    • Pour la reconnaissance du génocide des Roms et des Voyageurs
      https://contre-attaque.net/2025/04/11/pour-la-reconnaissance-du-genocide-des-roms-et-des-voyageurs
      https://seenthis.net/messages/1109220
      Un témoignage video (insta) de Maiwenn Hageman, petite-fille du résistant Raymond Gurême pour le collectif ZOR

      « Nous, jeunes Gitans, Voyageurs, Manouches, Sinti, Roms et Yéniches passons à l’action pour lutter contre l’antitsiganisme et obtenir de la République Française qu’elle reconnaisse le génocide dont ont été victimes nos anciens.

      Au moment où l’extrême droite menace de revenir au pouvoir, au moment où monte en puissance le racisme antitsigane, nous adressons 14 lettres à 14 députés membres de l’Assemblée nationale.

      Pendant la Seconde Guerre mondiale, nos ancêtres, depuis les camps où ils étaient internés, depuis les résidences où ils étaient assignés, ont écrit des lettres aux autorités de l’État Français : aux maires, aux ministres, au Maréchal, aux préfets. Elles sont à jamais restées sans réponse.

      Aujourd’hui, 80 ans après, le racisme qui nous frappe se banalise à nouveau, comme en atteste l’exécution au fusil de chasse d’une maman rom de 27 ans par des sympathisants du Rassemblement National, en juin dernier, ou encore la loi Albertini soumise au vote de l’Assemblée le 3 avril dernier et qui vise à faire de notre mode de vie un crime pour mieux nous réprimer.

      C’est dans ce contexte que nous, jeunes descendants d’internés roms et voyageurs, réunis au sein du collectif Zor, renvoyons les lettres de nos anciens aux députés pour leur demander de passer à l’action ! De lutter contre le retour de l’extrême droite et la contagion de son idéologie antitsigane ! De reconnaitre le génocide des Roms et des Voyageurs ! Et de nous recevoir !

      Parce que #NosViesDeGitansComptent

    • C’est ce constat qui l’a motivée à participer à la fondation du collectif romani et voyageurs auto-organisé, ZOR, dont elle est aujourd’hui une des principales animatrices. Et elle l’explique très bien, au sein de ce collectif : « On a quelque chose en commun, un vécu, une violence subie, de l’État, dans laquelle on se reconnaît. » (p. 113) Elle est fière de se battre avec ce collectif, d’avoir permis en particulier à Maria-Louise Bony, l’arrière-grand-mère de ses neveux et nièces, rescapée des camps de concentration pour Nomades, d’avoir pris la parole pour raconter son histoire et demander avec le collectif qu’enfin 80 ans après le déni cesse et que la République reconnaisse sa responsabilité dans le génocide des Voyageurs et des Roms.

      Le combat d’Aurélie n’est pas près de s’arrêter. Chaque année depuis qu’Angelo a été abattu par les hommes du GIGN elle allait le 30 mars pour l’anniversaire de sa mort, déverser du faux sang sur le tribunal de Blois, « maintenant ce sera le 17 juillet. C’est plus logique de fêter l’anniversaire de sa vie que l’anniversaire de sa mort. » (p. 121) À chaque fois que je pense au combat de cette femme qui pourrait être ma mère, je me dis que de là où il est l’Angelo il doit être très fier d’elle. Ses enfants aussi ont de quoi être fiers d’elle et elle peut être fière de l’éducation qu’elle leur a donnée. À la fin du livre elle nous raconte qu’alors qu’elle attend sur le parking des magasins son dernier fils parti acheter des mangues, il l’appelle et lui dit : « Il y a un problème. » (p. 122) Quand elle lui demande quoi, il répond : « Bah il a écrit Israël sur la pancarte. » Il demande à sa mère quoi faire, elle répond que c’est à lui de voir et alors il dit : « Non, c’est bon, j’en veux pas de leurs machines de ses morts ! » (p. 122)

      Après nous avoir livré cette histoire, Aurélie à son habitude formule les choses avec une grande justesse : « Il y en a qui diraient qu’ils ne voient pas le rapport entre la mort d’Angelo et le génocide en Palestine. Mais le rapport c’est l’humanité… » (p. 123).

      #voyageurs #génocide #solidarité #Palestine