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  • « Le débat qui oppose « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du réel »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/30/voila-ce-que-pourrait-etre-une-politique-migratoire-mediterraneenne-organise

    « Le débat qui oppose « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du réel »
    Tribune Hakim El Karoui
    Fondateur du Comité d’action pour la Méditerranée
    Après la crise à Ceuta, cet été, l’essayiste Hakim El Karoui note, dans une tribune au « Monde », les incohérences de la politique migratoire en Europe, en s’appuyant sur les données du dernier rapport du Comité d’action pour la Méditerranée, dont il est le fondateur.
    La crise survenue cet été à Ceuta [enclave espagnole située au Maroc], marquée par l’arrivée subite de 72 000 personnes en territoire européen, a ravivé la peur migratoire. Pourtant, le prochain grand tournant de la politique du Vieux Continent en la matière ne sera pas celui que l’on croit. Alors que le débat public porte sur la manière de réduire l’immigration, la principale question qui se posera aux gouvernements européens sera bientôt de savoir comment attirer les travailleurs étrangers, dont leurs économies auront besoin. D’ailleurs, ce basculement a déjà commencé.
    L’Italie en offre sans doute l’illustration la plus spectaculaire. En juin 2022, Giorgia Meloni, à l’époque encore dans l’opposition (elle allait devenir présidente du conseil en octobre), venait soutenir, en Andalousie, la candidate espagnole d’extrême droite de Vox, dénonçant au passage l’« immigration massive » et réclamant des frontières sécurisées. Neuf mois plus tard, à Cutro [en Calabre], après la mort en Méditerranée de 94 personnes, elle justifiait le rétablissement du decreto flussi [décret sur les flux migratoires] par les besoins du « monde productif » italien. Le dispositif devait permettre l’arrivée de 452 000 travailleurs étrangers entre 2023 et 2025, puis de près de 500 000 autres entre 2026 et 2028. Depuis que Mme Meloni est au pouvoir, l’immigration dans la Péninsule a crû de plus de 10 %.
    L’ancien premier ministre hongrois Viktor Orban (de 2010 à 2026) a suivi, avec moins de publicité encore, une trajectoire comparable. Celui qui avait fait de la lutte contre l’immigration l’un des piliers de son pouvoir a largement ouvert son pays aux « travailleurs invités ». Selon Eurostat, le nombre de nouveaux permis de séjour y est passé de 20 751 en 2015 à 87 624 en 2024, soit, rapporté à la population, plus que la moyenne européenne et presque deux fois le niveau français.
    Quant au gouvernement social-démocrate danois, vanté en général par l’extrême droite pour sa « politique migratoire intransigeante et dissuasive », il a délivré en moyenne trois fois plus de permis de séjour que la France en 2024 – 1,43 % de sa population, soit 86 000 nouveaux immigrés (pour une population de 6 millions d’habitants), 50 % de ceux-ci étant issus de pays n’appartenant pas à l’OCDE [Organisation de coopération et de développement économiques]. La seule baisse des flux au Danemark concerne ceux liés à l’asile, qui a été presque supprimé (11 000 réfugiés en 2015, 875 en 2025). Drôle de conception de la social-démocratie !
    On peut se moquer de l’incohérence des dirigeants européens et de leur double discours. Il est plus intéressant de comprendre les raisons de cette politique. Ils font, une fois au pouvoir, ce que leur démographie leur impose. En 2024, le taux de fécondité dans l’Union européenne est tombé à 1,34 enfant par femme. Sans immigration, la population européenne en âge de travailler pourrait diminuer de 20 % d’ici à 2050 (une baisse de 287 millions à 227 millions des 15-64 ans) – avec un recul de 31 % en Italie et de 29 % en Espagne. Les politiques natalistes peuvent atténuer cette tendance, de même que l’augmentation du taux d’activité des femmes et des seniors. La robotisation, quant à elle, supprimera certains besoins de main-d’œuvre. Toutefois, aucune de ces réponses ne suffira.
    Surtout, les pénuries ne touchent plus seulement quelques métiers peu qualifiés, dont on imaginerait facilement l’automatisation. Elles frappent désormais l’ensemble de l’économie. Dans le secteur de la construction, un travailleur sur quatre est étranger en Allemagne et en Espagne ; plus de 15 % des médecins exerçant outre-Rhin et en France ont été formés à l’étranger ; en Italie, 70 % des auxiliaires à domicile sont étrangers. Les besoins concernent également les ingénieurs, les informaticiens, l’hôtellerie, les travailleurs saisonniers et les personnels de santé. La proportion de diplômés parmi les métiers européens en pénurie augmente elle-même. L’immigration de travail n’est donc plus une hypothèse destinée à répondre au vieillissement futur : elle est déjà constitutive du fonctionnement de nos économies.
    De ce point de vue, le débat qui oppose invariablement « ouverture » et « fermeture » des frontières est de plus en plus déconnecté du problème réel. La bonne question n’est pas de décider s’il y aura ou non une immigration de travail (il y en aura), mais plutôt de savoir si elle continuera à se faire dans le désordre ou si nous déciderons enfin de l’organiser, et ce, dans l’intérêt de toutes les parties.
    En effet, une immigration nécessaire n’est pas toujours une immigration réussie. L’Espagne en apporte une démonstration utile. Après la réforme de 2022, le nombre de travailleurs immigrés a progressé dans les secteurs en pénurie, mais plus encore dans ceux où il y avait déjà un surplus de main-d’œuvre. En Italie, la bureaucratie du decreto flussi produit une autre absurdité : en 2025, moins de 8 % des quotas ouverts ont effectivement abouti à l’obtention d’un titre stable. De ce fait, des étrangers sélectionnés pour un emploi stable peuvent se retrouver en situation irrégulière avant même d’avoir pu l’occuper.
    Ceuta, Lampedusa, les naufrages en Méditerranée et les campements improvisés sont les différentes manifestations d’un même échec. Nous avons organisé la fermeture des frontières beaucoup plus sérieusement que les voies permettant de les franchir légalement. Et nous nous étonnons que la mobilité s’organise elle-même, par les passeurs et par le marché noir du travail.
    Il existe pourtant une autre voie, comme le suggère l’Allemagne. Son accord avec l’Inde va au-delà de l’annonce d’un quota d’entrées puisqu’il a pour objectif de construire une filière. Des dispositifs évaluent les qualifications en amont, facilitent la reconnaissance des diplômes et orientent les travailleurs vers les domaines qui recrutent. Environ 90 000 travailleurs indiens arrivent ainsi chaque année en Allemagne. Leur salaire médian est supérieur de 1 200 euros par mois à celui des travailleurs allemands et leur insertion se concentre sur les secteurs en tension. Les demandes d’asile, elles, ont été divisées par deux depuis 2021. C’est ce passage de la migration subie à la mobilité organisée qui devrait inspirer la politique européenne.
    Néanmoins, il faut aller plus loin, car attirer les médecins, les ingénieurs ou les informaticiens dont nous avons besoin peut résoudre un problème européen, et en aggraver un autre de l’autre côté de la Méditerranée. Les pays d’Afrique du Nord connaissent toujours une croissance démographique positive et peinent souvent à offrir un emploi à leur jeunesse diplômée. Ils n’ont pas pour autant intérêt à financer la formation de médecins ou d’ingénieurs immédiatement recrutés à Paris, à Berlin ou à Milan. La fuite des cerveaux représente déjà une perte considérable. Le rapport du Comité d’action pour la Méditerranée, paru le 1er juillet, estime le seul coût annuel de formation des médecins et ingénieurs expatriés entre 172 millions et 214 millions d’euros pour le Maroc, de 420 millions à 510 millions pour l’Algérie, et autour de 325 millions pour la Tunisie. En Egypte, 120 000 des 220 000 médecins enregistrés auprès de l’ordre exerçaient à l’étranger en 2024.
    Une politique qui consisterait simplement à piller les compétences du Sud ne serait ni juste ni durable. Tôt ou tard, les Etats d’origine chercheraient à retenir leurs diplômés, et l’Europe se retrouverait en concurrence avec le Golfe, les Etats-Unis ou le Canada pour attirer une ressource de plus en plus rare. C’est ici que doivent s’exprimer les « solidarités de fait ». Elles consistent à ne plus traiter séparément les besoins européens de main-d’œuvre et les besoins méditerranéens de formation, mais à construire des mécanismes dans lesquels chacun trouve son compte.
    L’Europe souhaite plus de médecins ? Dans ce cas, qu’elle contribue à en former davantage au Sud, pour les systèmes de santé locaux comme pour les siens. Elle manque d’ingénieurs ? Eh bien, qu’elle investisse, de concert avec les universités marocaines, tunisiennes, égyptiennes ou algériennes, dans des filières qui forment plus d’ingénieurs qu’elle n’en recrute. Les pays du Sud veulent des emplois pour leurs diplômés et des moyens accrus pour leurs universités ? La mobilité peut précisément devenir l’un des instruments de leur financement.
    Lorsqu’un joueur de football professionnel change de club, la fédération internationale organise automatiquement une compensation au profit des structures qui l’ont encadré. Pourquoi ne pas imaginer un mécanisme comparable pour le capital humain ? Un « passeport des talents » retracerait le parcours d’un médecin ou d’un ingénieur et, lorsqu’il serait recruté par une entreprise ou un hôpital européen, une contribution alimenterait l’institution qui l’a formé, avec un seul objectif : permettre au pays d’origine de former davantage.
    On peut y ajouter des échanges « dette contre formation ». Si ne serait-ce que 10 % de certaines créances bilatérales détenues par les grands Etats européens étaient converties en investissements éducatifs, le rapport estime que l’on pourrait financer, au Maroc, la formation de 16 000 ingénieurs supplémentaires. Le mécanisme n’a rien d’utopique : l’Egypte pratique depuis longtemps des conversions de dette avec l’Allemagne et l’Italie, dont une partie finance déjà l’éducation et la formation professionnelle.
    Voilà ce que pourrait être une politique migratoire méditerranéenne : non plus négocier quelques visas contre la surveillance d’une frontière, mais organiser ensemble la formation, le recrutement, la circulation et, lorsque cela est possible, le retour des compétences, dans l’intérêt partagé des pays du Nord et des pays du Sud. Cartographier chaque année les pénuries, métier par métier, territoire par territoire ; former en amont ; apprendre la langue du pays d’accueil ; reconnaître les diplômes ; donner aux étudiants étrangers formés en Europe une voie claire vers les métiers en tension ; permettre la mobilité circulaire ; associer entreprises, universités et Etats à son financement : tout cela serait moins spectaculaire qu’un sommet consacré à la « maîtrise des flux », mais beaucoup plus efficace. Ce serait, en outre, une façon élégante et efficace de retirer aux pays du Sud le levier politique consistant à menacer d’une crise migratoire les pays européens qui sont en désaccord avec eux.
    La construction européenne elle-même n’a pas commencé par une déclaration abstraite d’unité. Elle a commencé par la mise en commun du charbon et de l’acier, c’est-à-dire par la mutualisation d’intérêts suffisamment concrets pour produire de l’interdépendance. Le charbon et l’acier d’aujourd’hui pour l’Europe vieillissante, ce sont la jeunesse et la formation. Dans la Méditerranée du XXIe siècle, le capital humain peut être le fondement d’une « CECA [Communauté européenne du charbon et de l’acier] migratoire », où l’investissement commun dans la jeunesse et la formation permettra d’organiser les mobilités, au bénéfice des deux rives. C’est ainsi que l’on remplacera progressivement l’anarchie des migrations par une mobilité organisée, et que Ceuta cessera d’être l’horizon de la relation entre les deux côtés de la Méditerranée.
    Hakim El Karoui est fondateur du Comité d’action pour la Méditerranée et l’auteur du rapport « La Méditerranée par le travail : un partenariat pour l’avenir », paru le 1er juillet.

    #Covid-19#migrant#migration#mediterranee#crisemigratoire#mobilite#politiquemigratoire

  • Animaux sauvages : « Nous sommes le seul pays à détruire systématiquement une espèce en prévention des dégâts qu’elle pourrait occasionner »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/29/animaux-sauvages-nous-sommes-le-seul-pays-a-detruire-systematiquement-une-es

    Près de deux millions d’animaux catégorisés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » [ESOD] sont tués chaque année (...).

    Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’existe pas de preuve que les destructions d’ESOD permettent de réduire les dommages. A l’heure de l’évaluation des politiques publiques, aucune n’a été menée sur les effets de la réglementation. Dans le cadre d’une étude parue en avril, des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, ont analysé sept années de données officielles et n’ont trouvé aucun lien de corrélation entre le nombre d’animaux tués durant une année donnée et les dégâts de l’année suivante.

    Services écosystémiques

    Tuer plus d’animaux ne fait pas baisser les pertes économiques et inversement, tuer moins d’animaux ne fait pas augmenter ces pertes. Rien n’indique que ces destructions apportent un quelconque bénéfice économique ou écologique, alors qu’elles peuvent coûter jusqu’à huit fois plus cher que les dommages imputés aux espèces incriminées.
    Une synthèse bibliographique conduite par la Fondation pour la recherche sur la #biodiversité et publiée en 2023 aboutit à une conclusion similaire. Les mesures de gestion de ces espèces ne se fondent pas sur la science et n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. Comme elles ne sont pas soumises à une obligation de suivi, il est impossible d’en mesurer l’utilité sur le terrain. Les destructions ne sont ni proportionnées, ni adéquates à l’objectif de réduction des dommages et leurs effets collatéraux négatifs ne sont pas pris en compte. Comme elles sont généralement réalisées de manière opportuniste, sans stratégie rigoureuse ni coordination au niveau du territoire, elles ne réduisent pas les densités des animaux et chaque individu détruit est rapidement remplacé par un autre.

    [...]

    Ainsi, les petits carnivores sont utiles à l’agriculture en consommant une grande quantité de rongeurs. Le renard contribue à la prévention des pullulations de campagnols, en ralentissant la croissance de leurs effectifs. Les corvidés et l’étourneau consomment de grandes quantités d’insectes, de larves, de vers blancs et de limaces qui ravagent les cultures. Le geai et la pie dispersent des graines, notamment des glands, participant activement à la régénération des forêts.

    https://justpaste.it/ewt6u

    #Animaux_sauvages #tuerie

  • Immigration : le piège de l’extrême droite se referme sur les Européens
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/27/immigration-le-piege-de-l-extreme-droite-se-referme-sur-les-europeens_675834

    Immigration : le piège de l’extrême droite se referme sur les Européens
    Éditorial
    Les campagnes électorales de la rentrée en Europe – législatives en Suède, régionales en Allemagne, présidentielle en France – illustrent à quel point le piège tendu par les surenchères de l’extrême droite sur l’immigration fonctionne.
    En Suède, le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède (SD), en perte de vitesse, a décidé de savonner la planche de ses alliés de la coalition – Libéraux, conservateurs et Chrétiens-démocrates. Le SD appelle ses électeurs à ne plus soutenir les Libéraux, alors que leur cheffe de file avait annoncé qu’elle accepterait des ministres d’extrême droite au gouvernement. Après avoir poussé avec succès ces dernières années les démocrates à serrer la vis de la politique migratoire suédoise, le SD se radicalise, nourrissant une montée du discours raciste et antimusulman dans le pays.
    En Allemagne, le chancelier conservateur, Friedrich Merz, fragilisé dans son camp, tablait sur une fermeture de l’immigration pour contenir l’extrême droite, mais celle-ci reste en embuscade. La tête de liste du parti Alternative für Deutschland pour le scrutin du 6 septembre en Saxe-Anhalt, Ulrich Siegmund, pourrait devenir le premier gouverneur d’extrême droite d’un Land. Séducteur et affable, il prône une accélération des expulsions, l’obligation de travaux d’intérêt général pour les demandeurs d’asile et la création de classes spéciales pour les enfants de réfugiés dans les écoles.
    L’ancien premier ministre français Edouard Philippe, candidat de droite issu du bloc central, a pu prendre de court une partie de son camp en se déclarant favorable à la création, en Afrique, d’un centre de retour pour les immigrés illégaux de Mayotte. La France reste opposée à ce projet contestable de plateformes hors d’Europe, inscrit dans le règlement européen en cours d’adoption sur les migrants irréguliers.
    L’illusion consiste à croire qu’une fois l’extrême droite satisfaite, elle pourrait observer une pause dans ses exigences. A Bruxelles, la pression exercée par l’Italienne Giorgia Meloni, alliée à la sociale-démocrate danoise Mette Frederiksen, ne faiblit pas, après avoir entraîné 22 des 27 Etats membres à dénoncer la négligence supposée de l’Espagne lors de la crise de Ceuta en juillet, quand 50 000 Marocains ont pénétré dans l’enclave espagnole. Dans le cadre des négociations qui reprennent sur le budget commun, les deux dirigeantes demandent que l’Union finance les plateformes de retour pour les migrants. Or, la Commission a toujours indiqué qu’il ne lui reviendrait pas de payer.
    A chaque victoire – participation au gouvernement ou adoption de législations anti-étrangers compatibles avec sa stratégie du bouc émissaire –, l’extrême droite entend très logiquement aller plus loin sur son terrain et s’affiche de plus en plus ouvertement xénophobe. L’exemple offert par le président américain, Donald Trump, et sa brutale police de l’immigration l’encourage. Avec, en ligne de mire, la « remigration ». La surenchère des conservateurs ne peut conduire qu’à l’ingestion de ce concept identitaire flou par les politiques européennes, les conduisant à passer des étrangers irréguliers aux immigrés réguliers, puis aux citoyens jugés inassimilables selon des critères raciaux. Les démocrates, convaincus de la nécessité d’une meilleure protection des frontières de l’Europe, sont mis au défi de proposer une alternative à l’inacceptable.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#extremedroite#immigration#remigration#politiquemigratoire#droit#sante#migrationirreguliere

  • Présidentielle 2027 : la nécessité d’une alternative à gauche
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/21/presidentielle-2027-la-necessite-d-une-alternative-a-gauche_6751911_3232.htm

    Pétrifiés face au début de campagne réussi de Jean-Luc Mélenchon, les sociaux-démocrates et les écologistes ne parviennent toujours pas à incarner une alternative à la candidature de l’ancien sénateur socialiste. C’est pourtant indispensable : à défaut, la présidentielle de 2027 se résumera à une opposition des formations antisystème. Il reste très peu de temps à la gauche non mélenchoniste pour surmonter ses différences, travailler à des propositions structurantes – pour rassembler d’abord son camp politique, puis une majorité des Français – et désigner une personnalité pour porter celles-ci.

  • « La France et le Royaume-Uni doivent agir ensemble pour faire respecter le droit international en Palestine » : l’appel d’anciens ambassadeurs français et britanniques
    Publié le 22 août 2026 | Le Monde
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/la-france-et-le-royaume-uni-doivent-agir-ensemble-pour-faire-respecter-le-dr

    Devant la politique d’occupation et de destruction menée par Israël, une centaine d’anciens représentants diplomatiques de la France et du Royaume-Uni, deux nations qui ont joué un rôle historique dans le façonnement du Moyen-Orient, expliquent, dans une tribune au « Monde », pourquoi ils appellent leurs gouvernements à agir à travers une série de sanctions visant à préserver l’Etat de droit.

    Le Royaume-Uni et la France partagent des valeurs et une vision du monde. Membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), engagés à faire respecter le droit international, nos deux pays estiment que les responsables de crimes de guerre et contre l’humanité doivent rendre des comptes. C’est seulement ainsi que nos gouvernements pourront réfuter l’accusation du deux poids-deux mesures. C’est pourquoi ils doivent agir ensemble pour faire respecter le droit international en Palestine.

    Nos pays ont joué un rôle décisif dans le façonnement du Moyen-Orient. Ils doivent faire cause commune face au déni d’égalité des droits entre Israéliens et Palestiniens. La paix naît de l’égalité.

    En 2025, la France et le Royaume-Uni ont enfin reconnu l’Etat de Palestine. Ce geste tant attendu appelle maintenant une action urgente pour concrétiser le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, alors que le gouvernement israélien cherche à détruire toute perspective d’un Etat palestinien indépendant, affichant son mépris du droit, des décisions de la Cour internationale de justice et d’innombrables résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

    Nos gouvernements sont attachés à la sécurité d’Israël tout comme ils sont révoltés par les souffrances du peuple palestinien sous occupation. Le Hamas a commis des crimes odieux le 7 octobre 2023, mais rien ne justifie la politique systématique de destruction de Gaza et de sa population. L’assertion de Benyamin Nétanyahou selon laquelle Israël doit vivre par l’épée est moralement erronée et contre-productive. Elle ne laisse aucune place à la négociation et met en péril sa sécurité. Dès lors, le monde ne voit plus Israël comme une véritable démocratie : il n’y a rien de démocratique à priver autrui de ses droits et de sa terre.

    A Gaza, 2 millions de Palestiniens sont parqués sur 30 % d’un territoire dévasté, affamés, privés de médicaments et de logement. Plus de 1 200 Palestiniens ont été tués depuis le prétendu cessez-le-feu d’octobre 2025. A Jérusalem-Est et ailleurs en Cisjordanie, les destructions de maisons et la violence généralisée des colons – avec la connivence de l’armée et de la police israéliennes – relèvent d’un nettoyage ethnique. La Palestine s’efface sous nos yeux.
    Cette politique d’occupation et de destruction s’étend au Liban, où de nombreux villages ont été rasés, et à la Syrie. Elle est une tache sur la conscience de l’humanité et commande que le Royaume-Uni et la France agissent.
    Alternative à la violence
    Les Palestiniens doivent veiller à ce que l’Etat reconnu par plus des deux tiers des pays soit démocratique et respecte la loi, malgré l’occupation. Gaza et la Cisjordanie doivent être réunifiées politiquement, administrativement et économiquement. Les élections prévues pour novembre doivent être libres et équitables et permettre un renouveau démocratique avec une direction palestinienne représentative et fonctionnelle.
    Nos deux gouvernements peuvent faire beaucoup pour aider la Palestine à devenir un Etat démocratique pleinement fonctionnel, et notre priorité doit être de répondre à l’action systématique d’Israël qui va à l’encontre de cet objectif.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Dans Gaza dévastée, les « zones pilotes », un simulacre de reconstruction qui ne convainc pas les habitants
    Nous formulons les recommandations d’action commune suivantes : faire respecter les décisions de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale ; suspendre l’accord d’association Union européenne-Israël et l’accord commercial et de partenariat Royaume-Uni-Israël pour violation des dispositions relatives aux droits humains ; suspendre les transferts d’armes vers et depuis Israël et toute coopération militaire bilatérale ; exiger un accès inconditionnel à l’aide pour Gaza, sous l’égide de l’UNRWA [l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens], des autres agences de l’ONU et des organisations non gouvernementales internationales, ainsi qu’aux journalistes, diplomates et parlementaires ; interdire tout commerce avec les colonies : biens, investissements, assurances et autres services financiers ; avertir les soumissionnaires potentiels pour tout financement et/ou construction de colonie, en particulier dans la zone dite « E1 »[à l’est de Jérusalem, dans les territoires occupés], qui est une ligne rouge, que leurs intérêts dans nos pays en subiront les conséquences ; faire de l’achat par nos citoyens de biens immobiliers sur des terres palestiniennes volées une infraction et retirer le statut caritatif aux « organisations caritatives » finançant les colonies.
    Ces mesures, accompagnées de sanctions en cas d’infraction, visent à préserver l’Etat de droit et à montrer qu’il existe une alternative à la violence : la mise en œuvre, avec des garanties internationales, de l’égalité des droits, l’autodétermination, la justice et la sécurité pour les Palestiniens comme pour les Israéliens.
    Quels que soient les résultats des élections cet automne en Israël et en Palestine, l’asymétrie de puissance entre eux nous impose de faire respecter le droit international. Ensemble, la France et le Royaume-Uni doivent entraîner les pays partageant les mêmes idées en Europe, au Moyen-Orient, dans le Sud global, au sein de la francophonie et du Commonwealth. Ces propositions reflètent notre attachement partagé au droit international et à l’égalité des droits. Il y va de notre intérêt : là où il n’y a pas de loi, personne n’est en sécurité.

    Premiers signataires : Charles-Henri d’Aragon, ancien ambassadeur en Arabie saoudite ;
    Bruno Aubert, ancien ambassadeur en Irak ;
    Yves Aubin de la Messuzière, ancien ambassadeur et directeur d’Afrique du Nord et du Moyen Orient ;
    Bernard Bajolet, ancien ambassadeur en Jordanie ;
    Frédéric Desagneaux, ancien consul général à Jérusalem ;
    Sir Vincent Fean, ancien consul général à Jérusalem ;
    Ann Grant, ancienne haute-commissaire en Afrique du Sud ;
    Sir Jeremy Greenstock, ancien ambassadeur auprès des Nations unies ;
    Patrice Paoli, ancien ambassadeur et directeur d’Afrique du Nord et du Moyen Orient ; Sir William Patey, ancien ambassadeur en Afghanistan. (...)

  • « Une #minorité privilégiée sacrifie la planète afin de préserver ses richesses et son #pouvoir »

    Le rejet de l’#écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des #énergies_fossiles, déplorent trois spécialistes d’#écologie_politique, dans une tribune au « Monde ».

    L ’été 2026, en Europe, n’est pas seulement celui des #canicules à répétition, des #mégafeux et des #sécheresses désastreuses pour l’agriculture et la biodiversité, qui confirment avec une particulière #violence les #alertes de longue date des scientifiques et des écologistes. Il consacre également le déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée, dont les défenseurs ‒ associatifs, politiques, scientifiques, fonctionnaires, tous mélangés ‒ sont accusés d’être à l’origine des maux qu’ils annonçaient, voire de participer d’un complot des « élites » utilisant le climat pour asservir le « peuple ». Comment peut-on comprendre une telle dynamique ?

    Ce #rejet de l’écologie reflète des tendances déjà à l’œuvre depuis les années 1980, mais il prend de l’ampleur au moins depuis la pandémie de #Covid-19 et il est à présent devenu mondial. Paradoxalement, on peut y voir la conséquence de l’#échec, désormais ressenti dans nos chairs, des gouvernements à enrayer le #réchauffement_climatique, en dépit de l’ambition affichée lors de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015.

    D’un côté, les promesses technosolutionnistes d’écologisation de l’économie n’ont jamais pu substantiellement résorber les dégâts environnementaux causés par la consommation d’énergies fossiles. Exemple emblématique, l’#intelligence_artificielle (#IA) générative, brandie comme apportant des solutions inédites en dépit de son impact extrêmement polluant, promet en fait, et d’abord, de doper l’extraction du pétrole, du gaz et du charbon.

    De l’autre, les attaques contre l’écologie sont la réaction d’acteurs et de groupes d’#intérêts_financiers et technologiques qui baignent encore dans des rêves de puissance virile et suprémaciste. Les changements « rapides et profonds dans tous les secteurs et tous les systèmes », nécessaires pour « garantir un avenir viable et durable pour toutes et tous », selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [#GIEC], sont matériellement possibles, mais un Peter Thiel ou un Elon Musk n’en veulent pas.

    Depuis les années 1980, si ce n’est depuis les colonisations, une #minorité_privilégiée a choisi de faire sécession de l’#avenir_commun, de sacrifier une partie de la planète et la majorité de l’humanité afin de préserver ses richesses et son pouvoir. Ce qui est nouveau, dans la séquence actuelle, c’est que ce « programme » cynique soit devenu celui de gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, tel celui de Donald Trump aux Etats-Unis, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, de l’extraction d’hydrocarbures à l’agro-industrie.

    En France comme en Europe, l’#extrême_droite et une grande partie de la droite œuvrent désormais ensemble pour détricoter de façon massive des orientations environnementales pourtant insuffisantes, le dénigrement des « écologistes » étant devenu leur point de ralliement.

    #Contre-récit hélas efficace

    Comment expliquer une possible adhésion à de tels #discours, tellement contraires à l’#universalisme_humaniste et à l’intérêt de la majorité ? Au-delà de la confusion argumentaire des #réseaux_sociaux, entretenue par une presse et une édition aux mains de quelques milliardaires, on peut observer une confiscation des débats sous les invectives et, sous le couvert d’écologie « réaliste » ou « pragmatique », un contre-récit hélas efficace.

    L’#empathie pour les victimes des ravages environnementaux est empreinte de #fatalisme : la reconnaissance de l’échec de #politiques_publiques insuffisantes justifie l’abandon de toute nouvelle tentative. Cet échec est attribué aux politiques écologiques, alors qu’aucun programme à la hauteur des enjeux n’a jamais été appliqué – ne serait-ce que les propositions de la #convention_citoyenne_sur_le_climat mise en place en 2019. Certains poussent même la #mauvaise_foi jusqu’à prétendre que la France a pratiqué la #décroissance.

    L’#adaptation, faute d’avoir été vraiment préparée ‒ c’est pour beaucoup une des révélations douloureuses du moment ‒, devient un mot d’ordre néolibéral : à l’individu de s’adapter, par exemple pour « gérer son #écoanxiété », comme le recommandait le gouvernement le 23 juillet, sans jamais toucher aux causes systémiques et politiques. Or l’adaptation sans atténuation efficace aura toujours un train de retard et ne sera même plus possible, car la situation « exceptionnelle » de cet été n’est pas seulement la norme d’un #nouveau_régime_climatique, mais une étape vers le pire tant qu’on n’arrête pas la #fuite_en_avant. Les #mégabassines, dont la #loi_d’urgence_agricole prévoit de faciliter le développement plutôt que de repenser le #modèle_agricole, le montrent bien.

    L’#anti-écologisme n’est pas le simple résultat de lobbys qui réussiraient à manipuler l’opinion. Car le désaveu de l’écologie est aussi le fait d’une partie de la population à qui l’on fait croire qu’elle a davantage à y perdre qu’à y gagner. Les complicités sont étendues par les chaînes d’interdépendances qui nous attachent au monde de l’énergie fossile, et les transformations des façons de vivre sont à juste titre redoutées tant qu’elles sont prétextes à accroître les #inégalités.

    A contrario, un changement de système pour respecter les #limites_planétaires, décidé par des processus de #démocratie_délibérative et placé sous le signe de l’#égalité et de la #justice, permettrait à plus de 90 % de la population de vivre mieux, selon le Global Justice Report du [laboratoire de recherche international] World Inequality Lab. Mais ce #récit peine à concurrencer celui, simpliste et irresponsable, qui s’est imposé pour discréditer les alertes du #Club_de_Rome [groupe de réfléxion] qui, en 1972 [avec le #rapport_Meadows sur les #limites_de_la_croissance], prévoyait l’effondrement de nos sociétés si elles poursuivaient la #croissance_économique : enrichissons-nous quitte à ravager la planète, les générations futures trouveront bien des solutions si elles sont plus riches. Depuis plus de cinquante ans qu’elles se font attendre, les technopromesses de la #croissance_infinie nous mènent tout simplement au #chaos.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/une-minorite-privilegiee-sacrifie-la-planete-afin-de-preserver-ses-richesses
    #Steve_Hagimont #riches #richesse #techno-solutionnisme #agriculture

    • Ne doutons pas que Zaka veut toucher le maximum de monde par ses publications mais ce consensus m’énerve au plus haut point. Bien évidemment que le sujet « écologie » est éminemment politique puisqu’il s’agit de préserver les ressources naturelles que nous offre notre environnement proche pour assurer notre subsistance, la plus importante étant la production de nourriture et ce sont bien les plus démunis qui seront exposés aux pénuries alimentaires accès à l’eau potable inclus. De par le monde, certaines de ces populations sont entrées dans le dur depuis un bon moment surtout pour un accès équitable à l’eau.

    • D’une certaine façon, dire « c’est politique » ou « c’est apolitique », c’est parfois dire la même chose. Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous. Et pour d’autres, nous ici en particulier, dire « c’est politique », c’est une façon de signifier que ça nous concerne tous.

      Le terme politique est très lourdement connoté, et ça en devient une insulte, un mot péjoratif, ça en est devenu ce que les possédants veulent que ça devienne : un sujet sale, qui ne concerne personne, sauf eux, bien évidemment, qui sauront comment traiter le sujet, loin de nos regards et de nos conversations.

      Je sors moi aussi d’une cousinade, de plusieurs repas de famille, et parvenir à atteindre le niveau de discussion où on est d’accord pour dire que la politique, c’est le sujet noble qui concerne tout le monde, c’est long et ça ne tient pas dans le temps de cerveau disponible entre la viande et le fromage.

    • Oui j’entends ça (et je connais des gens très politisés qui ne supportent pas le mot politique) mais bien souvent quand on déclare quelque chose d’apolitique c’est qu’on imagine (souvent naïvement) un consensus mou autour de la question, sans remettre en cause les privilèges d’une minorité, en gros c’est business as usual modulo quelques ajustements pour corriger les « excès ». Le fait de dire que quelque chose est politique, c’est aussi induire que tout le monde n’est pas d’accord et qu’à un moment y aura des conflits à régler.

    • Et donc, remettons sur le métier le vieil adage qui veut que :
      « si tu n’occupes pas de politique, la politique, elle, s’occupe de toi » . ;-)
      Toutes ces discussions « en famille » (ou pas) à propos de ce sujet, encore une belle illustration de la #loi_de_Brandolini.

      En dernier lieu, on sait depuis un bout de temps sur quoi débouchent le plus souvent les postures « apolitiques » : #chacun_pour_sa_gueule

      Voir par ici ; https://seenthis.net/messages/1187588

      [edit]

      Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous.

      Oui, enfin, relativisons : on ne se sent pas concerné de la même manière suivant qu’on habite « sous les toits » ou qu’on déblatère sur un plateau TV climatisé et protégé de la honte par « un déo qui tient ».

  • Renards, fouines, corbeaux : le gouvernement publie la liste des « nuisibles » pouvant être tués - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/environnement/renards-fouines-corbeaux-le-gouvernement-publie-la-liste-des-nuisibles-po

    Le gouvernement a publié au Journal officiel la liste des espèces « nuisibles » pouvant être chassées, piégées ou capturées en France ces trois prochaines années. Renards, fouines et corbeaux sont concernés.

    Renards, fouines ou encore corbeaux : le gouvernement a publié vendredi au Journal officiel la liste des espèces jugées nuisibles qui peuvent être tuées ces prochaines années en France.

    Tous les trois ans, le gouvernement publie une liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) », permettant de chasser, piéger, capturer ou déterrer ces dernières toute l’année pour éviter des dégâts pénalisant notamment certaines activités agricoles.

    Dans un arrêté publié vendredi, le ministère de la Transition écologique fixe une liste des espèces d’animaux, parfois assortie de conditions ou limitée à certaines communes, selon les départements.
    Irritation des scientifiques

    La belette, la fouine et la martre peuvent ainsi « être piégées toute l’année » mais « uniquement à moins de 250 m d’un bâtiment ou d’un élevage particulier ou professionnel ou sur des terrains consacrés à l’élevage avicole, ou apicole dans le cas de la martre ». D’autres cas de figure permettant de tuer ces animaux sont précisés.

    Sont également concernés, avec des conditions variables, le renard, le corbeau freux et la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet.

    « Au-delà de l’irrationalité biologique qui condamne injustement ces espèces, de l’avis même des scientifiques, cet arrêté est un non-sens économique puisque l’éradication des ESOD coûte 4 fois plus cher que les prétendus dégâts », a réagi Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dans un message transmis à l’AFP.

    L’association a indiqué son intention de porter « un recours devant le Conseil d’État contre cet arrêté ».

    L’élimination massive des animaux jugés nuisibles en France ne réduit pas les pertes économiques qui leur sont attribuées et pour certaines espèces ne contribue pas non plus à la baisse des effectifs, selon une étude du Muséum national d’histoire naturelle publiée en mars dans la revue Biological Conservation.

    • Des espèces nuisibles, le gouvernement ne nous donne qu’un panel très limité. Les « premiers écologistes de France » devraient retourner leurs flingues vers les commanditaires de cet #écocide (la FNSEA ? la coordination rurale ?) puis, pour finir la besogne, contre eux-mêmes.

    • L’année dernière dans les petites rues touristiques du vieux Caen, il y avait un homme debout, un corbeau sur l’épaule.
      Je les ai croisé en marchant et quand j’ai réalisé que ce grand animal noir avec des plumes tirant sur le bleu était vivant et libre et m’avait regardé attentivement je suis revenue sur mes pas. L’homme faisait la manche, quand je lui ai parlé il a dit je l’ai sauvé et maintenant je dois la protéger mais c’est rare que nous venions en ville car elle a peur. La corbeau ne voulait pas être caressée, elle tremblait, elle a caché sa tête dans les cheveux longs de l’homme en caressant doucement son cou avec son bec.

      –-
      voila, c’était la page de poésie devant les fusils.
      –—

      Sinon savez-vous comment on appelle la femelle corbeau ?
      https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/corbeaux-savez-vous-vraiment-on-appelle-femelle-corbeau-25288

    • Peut-être que c’est aux mâles corbeau de s’appeler Corbos ? mais c’est juste le titre de l’article qui posait cette question.
      Ça souligne surtout que cet animal si mal aimé est ancré aux sortilèges et aux femmes sorcières que les femelles corbeaux n’ont pas de nom tout autant que l’Histoire efface les femmes. C’est un oiseau au plumage non genré qui a plus de tendresse que toutes ces grosses bouses du gouvernement inféodés aux assassins.

    • Je ne mets pas le titre de l’article englué dans le ridicule.
      On y apprend que dès le 13 septembre, date d’ouverture de la chasse, c’est tout les jours que les renards pourront être tués. Demain c’est à peine à 20km de Toulouse dans la zone commerciale de la ville de Verfeil qu’aura lieu la battue aux renards hors période, décrété par la préfecture, pas loin de l’intermarché. #sanguinaires

      L’annonce d’une battue aux renards dérape dans un village près de Toulouse
      https://actu.fr/occitanie/verfeil_31573/rien-ne-peut-justifier-les-insultes-l-annonce-d-une-battue-aux-renards-derape-d

      Ce jeudi 27 août 2026, une battue aux renards doit être organisée à partir de 16h30 à Verfeil en Haute-Garonne. L’annonce a suscité des réactions et des dérapages.

    • Il fait bon vivre en France… pour les chasseurs ! Le pays des 300 fromages détient le record européen du nombre d’espèces chassables : 90 espèces dont 64 espèces d’oiseaux, dont 50 migratrices.
      En clair, la France abat des oiseaux qui sont protégés chez les voisins. C’est aussi ça l’Europe.
      Notre pays détient aussi le record du nombre de chasseurs : 975 000 Nemrods arpentent la campagne de septembre à février, pour 160 jours de big gang bang. Seule l’Allemagne fait davantage (180 jours, mais avec 2,5 fois moins de chasseurs et des lois plus strictes).
      Située au croisement des grands couloirs de migration ouest-européens, la France possède une riche diversité d’habitats (littoraux, zones humides, montagnes, forêts…). Cela attire beaucoup d’espèces résidentes et migratrices.
      Au lieu de faire de la France la tête de pont de la protection, d’enfin devenir le « grand frère de la biodiversité » au lieu d’en être le bourreau, nos politiques maintiennent les massacres d’espèces sauvages pour le plaisir. La France est un pays de cocagne pour les passionnés de la gâchette, qui défendent leurs « traditions », en déphasage complet avec ce qu’il se passe. Les chasseurs ne représentent que 1,4% de la population française. Ce sont pourtant eux et leurs copains politiques et autres obligés qui font la loi, les lois.
      👉🏻STOP , ça suffit !
      Bien sûr que les associations de protection du Vivant ont raison de demander un moratoire sur la chasse en raison des incendies et des canicules à répétition. Il n’y a pas besoin d’être Allain Bougrain Dubourg (coucou Allain !) pour en avoir sinon le cœur, au moins l’intuition !
      Contrairement à l’Allemagne ou à la Grande-Bretagne où la chasse est historiquement réservée à de grands domaines (et pratiquée par des élites fortunées), la chasse française est beaucoup plus populo (donc impactante car plus de chasseurs). Elle intègre une multitude de « traditions » régionales, perçues comme des fiertés alors que ce sont des barbaries qui datent d’avant l’esclavage et autres joyeusetés féodales.
      👉🏻Tout ce qui est séculaire voire millénaire n’est pas bon à défendre.
      La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) représente plus de 900 000 pratiquants actifs (le plus grand contingent d’Europe). Ce surpoids, cette obésité électorale et politique continue de freiner le retrait d’espèces affaiblies de la liste des gibiers chassables.
      👉🏻En dépit du bon sens et surtout des rapports scientifiques.
      👉🏻Les chasseurs ne veulent rien lâcher. ils sentent que la fin de la récré est proche.
      Ils ont beau jeu de prétendre que leur « gestion adaptative » et ses moratoires temporaires suspendent progressivement la chasse effective de plusieurs de ces espèces (Courlis cendré, la Barge à queue noire ou la Tourterelle des bois).
      👉🏻Ce sont des cache-misère , des miroirs… aux alouettes (- 30% en 30 ans selon le programme STOC)

      https://www.facebook.com/baleinesousgravillon/posts/pfbid02m5LjnFPoimbHFrcjFN3yKckLvQuaotZbBfWiYfTmiAm5C2VeqAcLKnxF4xtiHNffl

    • Animaux sauvages : « Nous sommes le seul pays à détruire systématiquement une espèce en prévention des dégâts qu’elle pourrait occasionner »
      Tribune
      Collectif

      Près de deux millions d’animaux catégorisés « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » sont tués chaque année, sans que rien ne prouve le bénéfice économique ou écologique de ces destructions, dénonce un collectif de défenseurs de l’environnement dans une tribune au « Monde ».

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/29/animaux-sauvages-nous-sommes-le-seul-pays-a-detruire-systematiquement-une-es

  • Piratage du site des impôts : « Peu de ministères sont au niveau requis » pour faire face aux cyberattaques, reconnaît Sébastien Lecornu
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/19/piratage-du-site-des-impots-peu-de-ministeres-sont-au-niveau-requis-face-aux

    « Il y a urgence à concevoir et conduire sans délai une réponse opérationnelle plus réactive et plus forte aux cyberattaques que l’Etat rencontre actuellement. Il faut reprendre l’initiative sur le terrain », a écrit le chef du gouvernement dans un courrier adressé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, dont les services chapeautent l’Anssi.

    « Je vous demande de constituer une équipe de contact composée d’agents de l’Anssi et chargée d’intervenir en première ligne en cas de suspicion d’atteinte grave à l’intégrité du système d’information de l’Etat », a détaillé M. Lecornu dans ce courrier. « Elle sera engagée en amont de crises potentielles dès la violation d’accès sensibles, pendant la crise et à l’issue », et sera chargée d’adresser « systématiquement » au premier ministre « une analyse après action afin de tirer tous les enseignements de ces attaques ».

    Le premier ministre a reconnu et déploré qu’en termes de cybersécurité « peu de ministères so[ie]nt au niveau requis » en France. « Ce n’est pas acceptable », a-t-il ajouté.
    Deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet

    Le chef du gouvernement a en outre demandé au secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale de lui présenter pour vendredi « une proposition d’organisation et de règle d’engagement de cette nouvelle unité cyber, ainsi que les moyens qui lui sont alloués et le chef » qu’il désignera à sa tête. « J’attends un engagement total de l’Anssi dans cette mission de crise », a conclu le premier ministre dans son courrier.

    ouloulou, avec le vol de données du trésor public, c’est la guerre ! il ne fallait pas toucher aux infos sur de gros proprios et gros contribuables (dont bon nombre se font vendre des services d’avocats suite à cette affaire).

    • Piratage du site des impôts : « La crédibilité de l’Etat français est mise à mal quand il échoue à protéger l’une de ses forteresses les plus régaliennes », Jean-Baptiste Soufron, Avocat et ancien secrétaire général du Conseil national du numérique, qui est devenu le Conseil de l’IA et du numérique.
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/20/piratage-du-site-des-impots-la-credibilite-de-l-etat-francais-est-mise-a-mal

      Un homme est entré, le 26 juin, dans le système d’information de la direction générale des finances publiques (#DGFiP). Il y est resté. Le 12 août, il a mis en vente les données de 678 000 contribuables. L’administration fiscale l’a reconnu le 13.
      Retenons la date du 21 juillet. Après un intense lobbying du gouvernement et de l’Elysée, le Parlement adoptait la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Les données fiscales étaient déjà sorties depuis près d’un mois. Voilà les deux termes du bilan de dix ans de numérique en France. D’un côté, des mois de débats pour être les premiers en Europe à interdire les réseaux aux adolescents. De l’autre, une #fuite_de_données massive en raison de l’impréparation de l’administration et des errements du politique.

      Puis vint le 13 août. Ce jour-là, l’administration fiscale reconnaissait l’intrusion. Par un hasard du calendrier, le lendemain, le Conseil constitutionnel, saisi fin juillet par des députés de gauche, censurait l’article 1er de la loi sur les réseaux sociaux pour « atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication ».
      Quasi simultanément donc, l’Etat avouait qu’il n’avait pas su garder les données des contribuables et perdait le texte qui devait lui tenir lieu de bilan numérique.

      Le motif de la censure du Conseil constitutionnel mérite d’être lu. Notamment en contrôlant l’âge des usagers, la loi aurait constitué le plus grand fichier d’identité du pays, au même moment où l’Etat se révélait incapable d’empêcher la fuite du revenu déclaré de 678 000 particuliers ou professionnels.
      Depuis, nous discutons pour savoir si l’attaque était prévisible, si le mot de « passoire » est excessif ou si des solutions techniques auraient dû être mises en place. Mais le sujet semble plus politique que technique ou réglementaire, l’absence de capacité de l’Etat à prendre conscience du sujet étant apparue publiquement dès la déclaration du ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, qualifiant l’attaque de « particulièrement sophistiquée », alors qu’elle a consisté à utiliser des identifiants comme il s’en vend pour quelques centimes.

      Certes, il ne s’agit pas une passoire, c’est un défaut de contrôle d’accès, comme si un badge d’entrée d’immeuble avait été perdu et qu’un voleur en avait profité. Mais, dans un immeuble bien conçu, un badge perdu ouvre la porte d’entrée et rien d’autre, pas les 300 appartements [foi de bourgeois]

      Transparence et responsabilité

      L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (#Anssi), l’instance qui protège les systèmes de l’Etat, relève du premier ministre par la chaîne de la défense et de la sécurité nationale. Le financement du secteur dépend de Bpifrance, une société détenue par l’Etat et la Caisse des dépôts et consignations. Les systèmes de la DGFiP relèvent de Bercy, comme ceux de chaque ministère relèvent de leur propre ministre, si bien qu’aucune norme de sécurité n’est opposable à l’ensemble de l’Etat. Et le numérique est confié à une ministre déléguée [Anne Le Hénanff, chargée de l’intelligence artificielle et du numérique] auprès du ministre de l’économie – trois niveaux de hiérarchie sous le premier ministre –, septième titulaire du portefeuille depuis 2017 et sans administration propre. On ne réunit ces mondes que lors de la constitution des cellules interministérielles de crise, ce qui témoigne assez que la coordination n’existe pas en régime ordinaire.

      En parallèle, faute de décision politique, la transposition de la directive européenne dite « NIS2 » (sécurité des réseaux et des systèmes d’information), qui aurait contraint l’administration à adopter des mesures de sécurité, n’a jamais été inscrite en séance depuis 2024, le gouvernement ne voulant pas de l’article par lequel les parlementaires refusaient d’autoriser les citoyens à chiffrer leurs données de façon sécurisée. Le 8 juillet, la Commission européenne a décidé de renvoyer la France devant la Cour de justice de l’Union européenne pour défaut de transposition de la directive dans le droit français.
      D’ici à un ou deux ans, des contribuables recevront peut-être l’appel d’un faux inspecteur du fisc qui connaîtra leur taux de prélèvement exact, leur adresse, leur historique, et ils se laisseront convaincre de lui verser quelques milliers d’euros – le préjudice moyen était de 3 000 euros en 2025.

      En Suède, en juillet 2017, deux ministres ont quitté le gouvernement en une semaine après une attaque similaire. En France, en 2026, cinquante-deux jours après l’intrusion, le premier courriel aux victimes a enfin pu partir.

      Si elles ne sont pas techniques, les solutions existent. Inscrire la transposition de la #directive_NIS2 au calendrier de la rentrée parlementaire et cesser de reposer la question du #chiffrement comme si l’on était encore en 1999. Donner à un ministre de plein exercice le pouvoir d’imposer une norme à une administration qui n’en veut pas, plutôt que de fabriquer une autorité de plus. Et adopter une attitude de transparence et de responsabilité en garantissant, sinon la sécurité maximale – à l’impossible nul n’est tenu –, mais la réactivité la plus diligente et l’information la plus claire.

      A côté des discours sur la « start-up nation », la crédibilité de l’Etat français est mise à mal quand il échoue à protéger l’une de ses forteresses les plus régaliennes. Et que penser du manque de vision d’un gouvernement qui a préféré passer plusieurs mois à débattre sur la question de l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, mobilisant administration, secteur privé, acteurs associatifs et tout le banc du corps politique, le tout pour se voir censurer sans ambages par le Conseil constitutionnel, et ce alors que les fuites de données étaient en train de se dérouler dans ses propres services.

      La souveraineté numérique n’a jamais désigné autre chose qu’une forme de projet collectif à l’échelle d’un pays. Non pas la possession d’une technologie, mais l’existence d’une autorité capable de déterminer une vision, de faire des choix et d’arbitrer. Tant au niveau administratif qu’au niveau politique, et naturellement au niveau industriel. Si la France veut effacer ce bilan et reprendre sérieusement sa place sur la question numérique, ce sont les décisions qu’il faudra prendre dans les années à venir.

      Piratage du fisc : protéger le pacte républicain et le consentement à l’#impôt
      https://archive.ph/l5oA2#selection-5161.0-5627.145

      edit

      #cyberattaque

  • Vincent Lemire, historien : « En Cisjordanie, c’est bien l’inaction des gouvernements occidentaux qui permet à la violence de se déchaîner »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/18/vincent-lemire-historien-en-cisjordanie-c-est-bien-l-inaction-des-gouverneme

    Dans les territoires occupés, ces deux derniers mois, les scènes de pillage et de meurtre se sont multipliées. A l’approche des élections législatives en Israël, fin octobre, et en Palestine, fin novembre, l’historien appelle, dans une tribune au « Monde », la France à prendre des sanctions.

    #Palestine

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

    • « L’usage des grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation », Samuel Bonvoisin (Ingénieur agronome), Charlène Descollonges (Ingénieure hydrologue) et Simon Ricard (Ingénieur hydrologue)
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/19/l-usage-des-grands-reservoirs-artificiels-temoigne-d-une-meconnaissance-des-

      Face aux sécheresses intensifiées par le changement climatique, trois spécialistes de l’eau appellent, dans une tribune au « Monde », à renforcer la résilience hydrique en développant des pratiques agroécologiques et en stockant l’eau de pluie dans les nappes phréatiques et la végétation.

      L ’année 2026 est marquée par des extrêmes hydriques, #crues majeures survenues en hiver et sécheresse de l’été, qui dépasse désormais le record de 2022. En passant d’un extrême à un autre en seulement quelques mois, la situation pose la question du #stockage_de_l’eau pour l’agriculture : pourquoi ne pas prélever et stocker une partie des excédents de l’hiver afin d’irriguer quand elle vient à manquer l’été ? Si l’idée semble relever du bon sens, des confusions subsistent et peuvent conduire, de manière contre-intuitive, à une aggravation des pénuries.

      En quête d’exemple transposable à la France, le monde agricole se tourne vers le modèle espagnol. Depuis 1950, l’Espagne a abondamment investi dans la construction de #réservoirs_artificiels, réutilisant les eaux usées traitées et dessalant l’eau de mer. En dépit de ces lourds investissements, la sécheresse historique ayant touché la péninsule Ibérique entre 2021 et 2024 a provoqué une chute du niveau d’eau dans ces réservoirs artificiels. Face à un taux de remplissage critique (inférieur à 16 %), les autorités ont dû prendre des mesures de restrictions drastiques, entraînant des pertes agricoles considérables. Mais cette « catastrophe naturelle » et les impacts économiques qui lui sont associés sont-ils uniquement imputables au manque de pluie ?

      D’après une étude parue en mai dans Nature, l’Espagne figure parmi les régions du monde où le stockage artificiel destiné à l’irrigation ne protège pas nécessairement d’une pénurie d’eau – il peut même l’aggraver. Les scientifiques appellent cela l’« effet réservoir » ou le « paradoxe du développement sûr », lorsque « le renforcement des mesures de sécurité entraîne, paradoxalement, une aggravation des dégâts en cas de pénurie ».

      Cette étude révèle que les grands réservoirs destinés à l’irrigation sont les plus à risque parce que les sécheresses compromettent leur alimentation et que, en confortant l’« offre », ils soutiennent une forte demande en eau. Avec des sécheresses qui s’intensifient sous l’effet du changement climatique et une demande croissante pour l’irrigation, les scientifiques soulèvent une question cruciale : ces réservoirs resteront-ils viables s’ils deviennent de plus en plus vulnérables ?

      Une solution de « bon sens » en apparence s’avère moins évidente que prévu et requiert une analyse critique. Outre les enjeux écologiques, l’usage de ces grands réservoirs artificiels témoigne d’une méconnaissance des cycles de l’eau et des causes de leur dégradation. Nous peinons à faire les liens entre les catastrophes dites « naturelles » que sont les inondations, les coulées de boue, les incendies, les sécheresses, et leurs causes structurelles d’origine anthropique que sont l’appauvrissement des sols agricoles, l’assèchement des milieux humides, l’exploitation intensive des forêts, l’artificialisation des sols et des hydrosystèmes.
      En clair, nous héritons de systèmes rendus vulnérables aux extrêmes hydriques tandis que ces aléas sont amenés à s’intensifier avec le dérèglement climatique. Plutôt que de poursuivre un investissement sans limite dans des réservoirs dont la viabilité n’est plus assurée, peut-être devrions-nous nous orienter vers des voies plus robustes.

      Des territoires pionniers

      En s’attaquant aux causes profondes de l’assèchement, l’hydrologie régénérative vise la résilience hydrique des territoires. Dans la pratique, elle fédère un ensemble de techniques suivant des principes d’aménagement : ralentir, infiltrer, stocker l’eau de pluie en priorité dans les paysages, c’est-à-dire dans les sols et les nappes, mais aussi dans la végétation (forêts et zones humides) plus dense et diversifiée.
      Ces principes s’articulent autour d’un triptyque sol-arbre-eau, qui se décline dans les milieux aquatiques, agricoles, forestiers et urbains. En contexte agricole par exemple, ces approches combinent des pratiques agroécologiques (sol), de l’agroforesterie (arbre) et des micro-ouvrages hydrauliques (eau) afin de répartir et d’infiltrer l’eau dans les parcelles, ce qui permettrait de réduire – dans une certaine mesure – la dépendance à l’irrigation. Adaptées aux contextes locaux, ces pratiques contribuent non seulement à régénérer la fertilité des sols, mais aussi à renforcer la résilience des cultures face aux vagues de chaleur, aux manques comme aux excès d’eau.

      Dans l’Ain, la Drôme et l’Ardèche, des territoires pionniers ont fait le choix de soutenir des dizaines d’agricultrices et d’agriculteurs pour implémenter et tester des pratiques d’hydrologie régénérative dans leurs parcelles. Forts des premiers retours d’expérience, ces territoires souhaitent aller plus loin, en soutenant d’autres exploitants et en élargissant le périmètre d’action aux forêts, aux rivières et aux espaces urbains. Par ailleurs, l’association Pour une hydrologie régénérative souhaite poursuivre ces démarches pilotes dans toute la France.

      La nécessité de stocker plus d’eau pour l’agriculture offre aussi l’occasion de fédérer un ensemble d’acteurs autour de projets locaux dans une recherche des bénéfices mutuels, tant pour les activités humaines que pour les milieux naturels. Ces projets pilotes ont montré qu’il était possible de dépasser les clivages autour du stockage en choisissant des alternatives aux grandes réserves de substitution. Loin d’être antinomique avec l’irrigation, l’hydrologie régénérative s’inscrit dans une vision plus large de résilience hydrique des territoires dont font partie les agrosystèmes.

      Si le stockage artificiel doit être envisagé, il est pensé comme un complément à la régénération des capacités de rétention naturelle des paysages tout en composant avec les limites des hydrosystèmes et la réalité économique des exploitations agricoles. Cette nouvelle perspective intéresse aussi bien les chambres d’agriculture que les exploitants en vue de sortir de l’impasse implacable que représente la sécheresse historique que nous vivons.

      Plus globalement, l’hydrologie régénérative nous exhorte à changer nos représentations, nos organisations et nos postures pour développer des modèles plus robustes dans un monde fluctuant. Puissent ces événements tragiques nous conduire, au-delà des seules logiques d’adaptation, vers la régénération hydrique des territoires afin de mieux les préparer aux prochaines fluctuations.

      #cycles_de_l’eau #hydrologie_régénérative #agroforesterie #agroécologie

    • « un milliard de mètres cubes d’eau disparaît par #évapotranspiration chaque année avec les retenues françaises, soit l’équivalent de 20% de la consommation d’eau du pays [ ! ?]. La loi d’urgence agricole prévoit le doublement de ce type de stockage à l’horizon 2035

      https://www.ouest-france.fr/environnement/eau/mega-bassine/sainte-soline-ou-est-passee-leau-de-la-megabassine-d8034a6c-9b07-11f1-b

      C’est sous paywall, et je trouve pas le rapport de France stratégie qui citerait cette proportion himalayenne, seulement
      L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-06-25%20-%20NA%20156%20-%20L%27eau%20en%202050/HCSP-2025-NA156-Eau-25juin.pdf
      qui n’évoque l’évapotranspiration qu’en note.

      edit trouvé l’article de O-F :
      https://justpaste.it/g87g2

      #loi_d’urgence_agricole #LUA #Florence_Habets

    • dans le résumé de la Note d’analyse, n°134, d’avril 2024 de France Stratégie
      Prélèvements et consommations d’eau : quels enjeux et usages ? | Haut-commissariat à la stratégie et au plan
      https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/prelevements-consommations-deau-enjeux-usages

      Passer des prélèvements aux consommations nécessite de faire des hypothèses sur les « facteurs de consommation », réexaminés ici. En 2020, les consommations sont estimées à plus de 4,4 milliards de m3, l’irrigation agricole en représentant près des deux tiers (irrigation des cultures destinées à l’alimentation humaine et animale notamment, principalement concentrée dans le sud et l’ouest de la France). Les stockages d’eau artificiels – hydroélectricité, retenues agricoles, plans d’eau d’agrément, etc. – ne sont aujourd’hui pas considérés comme consommateurs. Une première estimation du phénomène d’évaporation montre que ces stockages pourraient engendrer des consommations de l’ordre d’un milliard de m3 par an, élevant donc la consommation annuelle à 5,4 milliards de m3.

      note :

      Les opinions exprimées engagent leurs auteurs et n’ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

      (la lecture du document lui-même est dense…)

    • « Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance de l’eau », Sara Fernandez, géographe
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/26/secheresse-notre-principal-defi-est-d-abord-de-renoncer-a-l-illusion-de-l-ab

      Nous sommes confrontés à un changement de régime hydroclimatique, face auquel nos systèmes de régulation des usages et de répartition de l’eau ne sont plus adaptés. Nos instruments de planification et de financement, comme nos infrastructures, sont fondés sur une stabilité hydrologique historique qui ne se vérifie plus. Les normes de qualité des cours d’eau et d’encadrement des rejets s’appuient sur des débits passés que l’on observe plus difficilement aujourd’hui.

      [...]

      En moyenne, un agriculteur en zone vulnérable aux nitrates agricoles est contrôlé tous les quatre-vingts ans. Une station d’épuration l’est tous les dix ans.

      [...]
      [La LUA qui va] Accélérer le développement de ces nouveaux usages [irrigation, nucléaire, data centers] et des infrastructures associées ne peut être une réponse à un #cycle_de_l’eau qui s’accélère, avec des étés de plus en plus chauds et des niveaux qui baissent de plus en plus. De telles politiques de l’offre, fondées sur le mythe d’une eau abondante que l’on pourrait diriger et apporter où l’on veut, sont une impasse.

      Notre principal défi est d’abord de renoncer à l’illusion de l’abondance pour être plus attentifs aux limites environnementales. Non pas seulement en se focalisant sur les indicateurs de débit des rivières, mais aussi en questionnant l’utilité des usages et leur capacité à aggraver les phénomènes extrêmes – par leurs émissions de gaz à effet de serre, les pollutions ou l’artificialisation des sols – ou à les atténuer, par exemple par la façon dont ils ralentissent le cycle de l’eau ou limitent les pollutions diffuses. Contenir le réchauffement climatique et les événements extrêmes qui vont avec passe d’abord par une politique d’atténuation.

    • Sécheresse : les limites des retenues d’eau défendues par la ministre de l’Agriculture
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-jeudi-27-aout-2026-3557028
      https://www.radiofrance.fr/pikapi/images/70a62267-8edc-42d0-9810-dc55d6a90e5a/1200x680

      Ont-elles fait leurs preuves alors ces retenues d’eau face à la #sécheresse ? Beaucoup sont déjà à sec ou pas loin, comme dans les Pays de Loire, berceau des bassines. Si je prends la plus ancienne, Mauzé sur le Mignon, écoutez bien : elle était à 240.000m3 d’eau en mars, à la sortie de l’hiver, après pompage dans les #nappes_phréatiques. Et la voilà aujourd’hui à 1000m3. Donc en gros tout a été utilisé, et la saison n’est évidemment pas terminée. Pour la plus récente cette fois, Priaires, c’est pire : on part de 160.000m3 en mars et on est à ZERO depuis.... le 7 aout !!! Tout est parti avant même la fin de l’été.

      La seule qui a encore un stock digne de ce nom aujourd’hui c’est Sainte Gemme La Plaine, avec il faut le dire un bon gros 870.000m3 à la sortie de l’hiver, mais on a dix fois moins aujourd’hui, 89.000, et là encore, saison pas terminée.

      D’ailleurs la filière #maïs (pour laquelle cette eau est très utilisée) désespère : 35% de production en baisse attendus cette année.

      Quant à la célèbre retenue de Sainte-Soline, elle a été jugée illégale en décembre 2024. Donc à part les 400.000m3 qui étaient déjà dedans et que les douze agriculteurs raccordés ont eu le droit d’utiliser dans la foulée (donc en gros l’an dernier), interdiction de la remplir ou de l’utiliser. Mais devinez quoi ? Les niveaux indiquaient 56.000m3 d’eau à la fin de l’hiver. L’eau de pluie, tombée à l’intérieur car elle n’a toujours pas été démontée. Et le 21 juillet : Nada. Plus rien, zéro, bassine à sec.

      Revoir les systèmes agricoles et les priorités d’usages de l’eau

      Des opposants avancent l’#évaporation. Phénomène documenté, un milliard de mètres cube d’eau s’évaporent chaque année des retenues françaises (l’équivalent de 20 % de la consommation d’eau du pays, c’est beaucoup).

      Mais les gestionnaires de Sainte Soline assurent que là, si la bassine est vide, c’est que l’eau a été utilisée par deux agriculteurs, avec autorisation de la préfecture début mai. Sauf que la préfecture m’écrivait hier soir par mail :

      « La préfecture des Deux-Sèvres n’a pas délivré d’autorisation de prélèvement. »

      Quoi qu’il en soit, ces retenues d’eau sont « un pari risqué sur l’avenir et une fuite en avant » comme le dit au Nouvel Obs l’hydrologue Yves Tremblay de l’Institut de recherche et développement.

      Peut-être que la question de vie ou de mort serait plutôt de revoir les systèmes agricoles, et les priorités des usages de l’eau.

      #bassines #mégabassines

  • Au-delà des catastrophes, le changement climatique fragilise nos sociétés
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/au-dela-des-catastrophes-le-changement-climatique-fragilise-nos-societes_674

    L’agriculture, l’accès à l’eau, l’économie reposent sur des conditions physiques et biologiques que nous avons longtemps considérées comme acquises. Cette stabilité est désormais remise en cause par le réchauffement.

    Il y a eu un moment où on avait l’impression qu’au niveau européen quelque chose bougeait, pour sortir des énergies fossiles en particulier, et au moins acter qu’il était possible de prendre une direction en conformité avec les faits. Puis depuis environ deux ans, et le renouvellement des institutions européennes, on a vu le mouvement opposé se mettre en oeuvre. Fin des aides pour les véhicules électriques, fin des aides pour la recherche sur l’usage de l’hydrogène dans l’industrie, reprise des projets d’exploitation des énergies fossiles... et j’en passe.

  • « La fermeture des élevages intensifs devrait être planifiée rapidement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/la-fermeture-des-elevages-intensifs-devrait-etre-planifiee-rapidement_674378

    (...) l’élevage est un secteur en faillite, maintenu aujourd’hui à larges coups de subventions publiques. Le dérèglement climatique coûte déjà à la France près de 2 milliards d’euros par an en dommages assurés, sans compter les pertes agricoles, les impacts sanitaires et les atteintes aux écosystèmes. Dans la perspective d’une poursuite des tendances actuelles, on estime que ce coût pourrait augmenter de 40 % à 120 % d’ici à 2050, dont de 30 % à 60 % du seul fait du changement climatique.

    Quant aux éleveurs, leurs revenus actuels sont en grande partie issus des subventions publiques perçues pour faire fonctionner leurs exploitations, et la situation pourrait être encore aggravée par les crises météorologiques à répétition. Ils auraient donc tout intérêt à engager une reconversion vers une activité écologiquement vertueuse, porteuse d’espoir et rémunérée à sa juste valeur.

    https://justpaste.it/h7ftf

    #élevage #viande #agriculture

  • #Crise_climatique : vous ne souffrez pas d’éco-anxiété, mais de lucidité

    https://www.liberation.fr/societe/sante/crise-climatique-vous-ne-souffrez-pas-deco-anxiete-mais-de-lucidite-20260

    Chaque jour, je constate les conséquences de cette #canicule sur les humains. Les conséquences physiques, les conséquences psychiques. Et le gouvernement, enfermé dans le déni pervers de son inaction qui lui permet de s’absoudre de toute responsabilité, pond, non pas un numéro vert cette fois-ci, mais un laïus délirant sur sa page Instagram pour faire face aux angoisses face au changement climatique. « Comprendre cette souffrance, repérer les signaux d’alerte, agir. » On est au-delà de 1984, on est au-delà d’Orwell. Les mots n’ont plus aucun sens. « L’éco-anxiété est une réponse légitime au regard de la crise environnementale. Le problème apparaît lorsque cette inquiétude devient envahissante. » Traduit en français, cet élément de langage infect signifie : oui, vous avez raison de vous inquiéter parce que nous n’avons rien fait pour lutter contre le changement climatique, à part tirer au LBD sur des écoterroristes et gazer des pompiers que nous vous demandons aujourd’hui d’applaudir à vingt heures, MAIS cette inquiétude ne doit en aucun cas vous paralyser et affecter votre rendement au service du système qui vous envoie tous dans le mur en klaxonnant.

    Et le décompte qui suit est aussi lunaire que cet aveu de je-m’en-foutisme : 6,3 millions de Français seraient moyennement éco-anxieux, « avec de premiers symptômes à ne pas laisser s’aggraver » ; 2,1 millions seraient fortement éco-anxieux « avec des symptômes commençant à menacer leur santé mentale » ; 2,1 millions supplémentaires seraient « très fortement éco-anxieux, avec des symptômes intenses et chroniques, à risque fort pour leur santé mentale » ; enfin 420 000 « ont leur santé mentale en réel danger ». Je ne sais pas si on mesure le niveau scientifique et médical risible de cette énonciation probablement pondue par ChatGPT.

    https://justpaste.it/f3al4

    edit quoi qu’en ait le docteur, il arrive que le pessimisme de la raison ne s’abouche pas à l’optimisme de la volonté, que la lucidité accroisse l’anxiété, mécanique que ni l’oubli du présent (ça revient lorsqu’en ce moment on apprécie quelques degrés celsius en moins) ni le déni ne parviennent plus guère à éviter.

    #changement_climatique #contestation #écologie #psychiatrisation (douce)

  • « Avec ses résumés rédigés par l’IA, Google ne vous redirige plus : il vous garde chez lui grâce à la marchandise des autres »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/06/avec-ses-resumes-rediges-par-l-ia-google-ne-vous-redirige-plus-il-vous-garde

    Depuis le 22 juillet en France, les « aperçus IA » s’affichent en haut de chaque page de résultats du moteur de recherche. En captant la valeur produite par d’autres, le géant numérique se livre à une pratique parasitaire, explique l’avocat Cédric Dubucq, dans une tribune au « Monde ».

  • « La loi Ripost poursuit l’objectif d’éradiquer la culture, la façon d’habiter et le mode de vie des “gens du voyage” »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/la-loi-ripost-poursuit-l-objectif-d-eradiquer-la-culture-la-facon-d-habiter-

    Adopté le 21 juillet, le texte durcit notamment la répression des « occupations illicites ». Les associations de défense des citoyens itinérants français demandent, dans une tribune au « Monde », que l’Etat leur garantisse une « égalité de droit avec tous les citoyens ».

    La République française repose sur un principe fondateur : nul n’est au-dessus de la loi. Ce principe vaut pour les citoyens comme pour l’Etat, les collectivités territoriales et les pouvoirs publics. Pourtant, ce principe fondamental vient d’être gravement atteint par la #loi_Ripost, adoptée par le Parlement le 21 juillet.

    La loi dite « Besson II » du 5 juillet 2000, dont l’équilibre initial est déjà peu favorable aux #Voyageurs et Voyageuses [pour désigner la communauté des #gens_du _voyage], impose aux collectivités concernées de créer des places désignées – dites « aires d’accueil » – prévues par les schémas départementaux. Pourtant, seuls 12 départements sur 96 respectent pleinement leurs obligations d’accueil, selon un rapport sénatorial de 2024.

    Cela signifie donc que depuis vingt-cinq ans, les collectivités locales, communes, intercommunalités et départements n’ont pas créé les #espaces_d’accueil que la loi leur impose. Elles sont donc responsables du #stationnement_illicite et ne peuvent pas se poser en victimes. Elles peuvent encore moins solliciter l’aggravation de la répression de ce stationnement. La première mesure à mettre en place pour pacifier la situation serait de prévoir une pénalité financière des collectivités qui ne respectent pas la loi. Un tel mécanisme existe en cas d’insuffisance de logements HLM.

    Outre la faillite des collectivités à remplir leurs obligations vis-à-vis de la loi, la loi du 5 juillet 2000 sur « l’accueil et l’habitat des gens du voyage » crée structurellement une pénurie de lieux autorisés. Celle-ci interdit la totalité du territoire à l’habitat mobile des Voyageurs et Voyageuses hormis un nombre limité de lieux désignés, inadaptés à la vie en famille et majoritairement implantés dans des zones impropres à l’habitat.

    https://justpaste.it/57rqa

    edit z’ont qu’à rentrer chez eux et, s’il faut, créer un État.

    #racisme #surenchère_pétainiste #pétainisme #fascisation #la_France_des_propriétaires #habitat

    • Reportage « C’est pas chez vous ici, monsieur » : en Vendée, Gabriel Attal dénonce les occupations illégales des gens du voyage
      https://www.liberation.fr/politique/cest-pas-chez-vous-ici-monsieur-en-vendee-gabriel-attal-denonce-les-occup

      Poursuivant sa tournée d’été, l’ex-Premier ministre a réaffirmé ce mardi 4 août sa volonté de lutter contre les installations illégales d’une partie des membres de la communauté.

      La veille, dans le Figaro, l’ancien Premier ministre estimait nécessaire de devoir « prévenir les installations, faire payer les occupants et non les contribuables, et prononcer des sanctions fermes et exemplaires ». Il y proposait également « la création d’un registre national obligatoire dès 20 caravanes », et la volonté de facturer les emplacements « au minimum au prix d’un camping ». Amoureux des phrases chocs en deux parties, Attal en a trouvé une nouvelle : « Tu dégrades, tu paies. »

      [...]

      Attal propose de « saisir les véhicules » des gens du voyage en cas d’infraction : « C’est ce qui peut faire le plus mal. »

      A sa sortie, il réitère son mécontentement face à l’occupation des terrains privés, affirmant que « 80 % des aires prévues par la loi Besson [de 2000] sont déjà installées ». Pourtant, les derniers chiffres officiels de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) affirment que seuls 12 départements sur 95 respectent les prescriptions prévues.

    • Sur ces derniers chiffres, le type (qui #sans_vergogne se vante d’avoir déjà atteint 80% de l’objectif 25 ans après le vote de la loi) n’a pas complètement tort.
      Libé cite bizarrement les données de 2024. Le bilan de la Dihal au 31 décembre 2025 dit

      • 1 088 aires permanentes d’accueil et 26 579 places ont été réalisées et sont effectivement disponibles sur les 1 328 aires et 32 726 places prescrites. Le taux de réalisation des prescriptions en matière d’aires permanentes d’accueil se porte à 81 % du total des prescriptions des schémas départementaux. Seuls 21 départements respectent leurs obligations tant en matière de places que d’équipements.
      • S’agissant des aires de grand passage, sur les 377 aires prescrites, 244 sont disponibles. Au 31 décembre, le taux de réalisation en nombre de places est de 67%, avec 34 816 places disponibles sur les 52 092 prescrites. 36 % des aires de grands passages ouvertes ont fait l’objet d’une dérogation par le préfet à la surface de 4 hectares. Seuls 30 départements sont à jour de leurs obligations à la fois vis-à-vis du nombre d’aires et vis-à-vis du nombre de places prévues par les schémas.

      Mise en œuvre des schémas départementaux d’accueil et d’habitat des gens du voyage - Bilan au 31 décembre 2025
      https://www.info.gouv.fr/upload/media/mixed/0001/16/797c99b440dcd4d7626117be031e7102585e1e6a.pdf

      Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement
      https://www.info.gouv.fr/organisation/delegation-interministerielle-a-l-hebergement-et-a-l-acces-au-logement/renforcer-l-inclusion-des-gens-du-voyage

  • Catherine Wihtol de Wenden, politiste : « Le Maroc a pris conscience depuis longtemps de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/catherine-wihtol-de-wenden-politiste-le-maroc-a-pris-conscience-de-la-place-

    Catherine Wihtol de Wenden, politiste : « Le Maroc a pris conscience depuis longtemps de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations »
    Tribune Catherine Wihtol de Wenden Directrice de recherche émérite au CNRS

    Une fâcheuse concordance des temps s’est invitée, une fois de plus, dans la gestion des migrations irrégulières entre l’Espagne et le Maroc entre le 30 et le 31 juillet, à Ceuta, conduisant à mêler la question migratoire à la diplomatie dans la région. Rappelons trois faits récents : au début du mois, la Cour suprême espagnole a rendu un arrêt interdisant le refoulement immédiat de migrants tentant d’atteindre les enclaves espagnoles du Maroc de Ceuta et Melilla par la mer. En avril, le gouvernement de Pedro Sanchez annonçait la régularisation de 500 000 sans-papiers jusqu’à la fin de l’année. Enfin, les mobilisations pour l’anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI, à la toute fin du mois de juillet, ont pu entraîner une baisse des effectifs déployés par le Maroc à la frontière espagnole.
    Ainsi ont eu lieu 50 000 entrées par la mer, d’après les estimations, après le franchissement forcé de la ligne de démarcation entre les faubourgs de la ville marocaine de Fnideq et la plage de Ceuta. Cette arrivée massive s’est aussi soldée par au moins 72 morts [selon les autorités espagnoles], déclenchant une crise politique et sécuritaire en Espagne et en Europe, car il s’agit du franchissement d’une frontière externe de l’Union européenne.
    Mais le décryptage de cette crise est peut-être ailleurs. Le gouvernement espagnol affiche avec fierté sa croissance économique. Le 20 juillet, fort de la victoire de l’Espagne au Mondial de football, le premier ministre s’est rendu en visite officielle en Algérie, son premier fournisseur de gaz, pour la première fois depuis 2020. Or, en 2022, Madrid était sorti de sa neutralité et avait soutenu le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, ce qui avait provoqué la colère d’Alger. Le conflit algéro-marocain autour du Sahara occidental demeure l’un des principaux points d’achoppement entre les deux pays, entre lesquels la frontière est fermée. Déjà, en 2021, alors qu’un dirigeant du Front Polisario (défenseur des Sahraouis, appuyé par l’Algérie) avait été accueilli en Espagne pour raisons médicales, le Maroc avait laissé passer par les enclaves espagnoles les candidats marocains à l’exil pour marquer son mécontentement. Environ 8 000 personnes étaient parvenues à entrer à Ceuta et le Maroc avait été accusé de faire pression sur l’Espagne dans le dossier du Sahara occidental.
    S’agit-il alors d’une nouvelle marque de mécontentement marocain face au rapprochement entre Madrid et Alger ? On a l’impression que le scénario de 2021 se reproduit à Ceuta, fragilisant le gouvernement espagnol dans sa politique intérieure, face aux partis sécuritaires et notamment Vox (extrême droite), bien que le gouvernement ait exclu de recourir à l’état d’urgence, considérant que les flux migratoires n’en étaient pas une. Face à l’Europe, au lendemain de l’adoption du Pacte européen sur l’immigration et l’asile entré en vigueur en juin 2026, l’Espagne est isolée avec une politique migratoire qui défend le bien-fondé d’une régularisation massive, en s’appuyant sur des arguments économiques, alors que l’essentiel du dispositif européen repose sur la dissuasion et la répression des flux irréguliers.
    En Italie, Giorgia Meloni a appelé à suspendre l’accord de Schengen avec l’Espagne, et le ministre des affaires étrangères espagnol a annoncé la convocation de l’ambassadeur d’Italie à Madrid pour protester contre cette prise de position. Rappelons qu’au printemps, Bruno Retailleau, chef de file du parti Les Républicains, avait appelé à fermer la frontière franco-espagnole quand l’Espagne avait annoncé la régularisation des sans-papiers, au motif que cette décision risquerait de provoquer un « appel d’air » de ces derniers vers la France. Mais pourquoi des travailleurs insérés sur le marché du travail espagnol auxquels on annonce une régularisation de leur statut iraient-ils tenter leur chance en France dans la précarité, alors qu’il s’agit surtout de Latino-Américains hispanophones ? Toute crise migratoire est bonne pour agiter des arguments sécuritaires.
    Depuis longtemps, le Maroc a pris conscience de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations. Seulement 13 kilomètres séparent Gibraltar de la côte marocaine et les villes d’Andalousie comptent beaucoup de sans-papiers, y compris des mineurs venus isolément dans les camions et par bateau : des associations à Cadix et à Grenade œuvrent à leur insertion scolaire et professionnelle sur le territoire espagnol. L’accord bilatéral de 2023 signé entre le Maroc et l’Espagne pour lutter contre l’immigration irrégulière a eu pour effet de diminuer les entrées irrégulières en Espagne en 2026. Faisant suite à une série d’accords entre ces deux pays, il résulte en une frontière qui n’est plus exclusivement située sur les points de passage, mais qui « s’épaissit » sur l’ensemble du territoire, avec des contrôles aléatoires à l’encontre des sans-papiers, subsahariens notamment.
    Ces « transmigrants » (selon l’expression du chercheur Mehdi Alioua) ont déjà pris d’assaut à plusieurs reprises les grillages séparant les enclaves espagnoles du territoire marocain. En revanche, le Maroc reste réticent à la signature d’accords multilatéraux avec l’ensemble des pays européens qui l’obligeraient à reprendre les sans-papiers ayant transité par son territoire car il veut conserver les meilleures relations auprès de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest qu’il a intégrée pour y jouer un rôle-clé. Il est donc pris en étau entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest sur la question migratoire mais cherche à en tirer le meilleur parti.
    En 2018, c’est au Maroc qu’a été signé le pacte sur l’immigration et l’asile, dit pacte de Marrakech, à l’initiative des Nations unies, le pays se faisant ainsi le porte-parole du multilatéralisme dans la gouvernance mondiale des migrations. Quelques années auparavant, il avait organisé un colloque sur la signature de la Convention des Nations unies de 1990 sur les droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, signée seulement par une soixantaine de pays, tous du Sud, car elle garantit certains droits aux sans-papiers.
    Cette stratégie rappelle celle de la Turquie, menée début 2020 vers l’Union européenne, quand le gouvernement d’Ankara, mécontent que l’Europe ne réponde pas à toutes ses revendications dans l’accord signé en 2016 avec l’Union européenne (facilitation des visas pour les Turcs et reprise des négociations sur la candidature turque), avait affrété des bus pour traverser la frontière grecque – le Covid-19 y avait mis fin. Un autre exemple, avec la Biélorussie, de la prise de conscience de la place géostratégique par un pays frontalier de l’Europe, utilisant les migrations comme enjeu de haute diplomatie.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#ceuta#crisemigratoire#UE#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante#droit

  • Réarmement démographique : La ministre de la Santé enterre un rapport sur la #mortalité_infantile | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-i

    Stéphanie Rist refuse de publier un rapport qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France. A raison : ce document pourrait bien plomber l’optimisme du plan de lutte contre l’infertilité lancé par Emmanuel Macron.

    Redresser la courbe de la natalité  : c’était l’une des priorités du second quinquennat d’Emmanuel Macron. En février, un plan de lutte contre l’infertilité a été lancé, assorti de 16 mesures, dont l’une (le nouveau congé de naissance) est applicable depuis le 1er juillet. Encore faudrait-il que les promoteurs de ce «  réarmement démographique  » ne cachent pas les réalités du «  désarmement infantile  »  !

    Car le constat est désolant  : selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1 000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661 822 naissances, 2 709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

    edit @allanbarte.bsky.social

    • Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités
      https://www.liberation.fr/societe/sante/un-rapport-interroge-les-causes-de-la-forte-mortalite-infantile-en-france

      Le document a dormi dans les tiroirs de l’exécutif pendant huit mois, puis a été publié discrètement le 4 août après un article du « Canard Enchaîné » révélant son existence. Il dresse quelques pistes, et ne juge pas pertinent de poursuivre la politique de fermeture des petites structures, suivie depuis plusieurs décennies.

      [...]
      La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.

      Qu’en est-il du rôle de la fermeture des petites maternités, trajectoire entamée sujet bien souvent débattu ? Nombre d’élus locaux refusent d’arrêter les accouchements dans celles qui ne prennent en charge que quelques centaines de naissances par an, mesure qu’ils présentent comme cause d’une dégradation des soins. Tandis que les sociétés de médecins estiment que ces établissements, par manque d’activité, ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les femmes enceintes et leurs bébés.

      L’#Igas ne suit aucun de ces arguments. La politique, suivie depuis des décennies, consistant à fermer les plus petites structures au profit de plus grands pôles « n’explique pas à elle seule cette dégradation ». Dans le même temps, « il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale optimale des maternités puisse être mis en avant de façon convaincante ». Car des pays observent de meilleures performances tant en ayant, pour certains comme la Suède, concentré les naissances dans des grandes maternités que, pour d’autres comme l’Italie, en conservant de petits établissements. « Dès lors, proposer, en 2026 […] la seule hausse du seuil minimal d’activité des maternités », c’est-à-dire le nombre de naissances au-dessous duquel un établissement doit arrêter les accouchements, « constituerait une réponse mécanique, datée » à ce problème global de santé publique, estiment les auteurs du document.

      « L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue » d’abord lors de la grossesse, « dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque » et après l’accouchement, dans celle « à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie ».

      https://justpaste.it/aji6m

      #maternités #fermetures_de_maternités #soins_périnataux #sages-femmes

    • « Personne n’a soutenu que la taille d’une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/personne-n-a-soutenu-que-la-taille-d-une-maternite-determine-mecaniquement-l

      Trois gynécologues-obstétriciens dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont l’inspection générale des affaires sociales a négligé le rôle de la fermeture des petites maternités dans la hausse de la mortalité infantile en France.

      Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la mortalité infantile a été rendu public le 5 août, six mois après sa rédaction. Ce calendrier en dit plus sur sa nature que ses 300 pages. La France compte 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Elle est passée du troisième rang européen au vingt-troisième en moins de vingt-cinq ans. Si elle atteignait la moyenne européenne, 529 enfants ne seraient pas morts en 2025 ; 1 057 enfants ne l’auraient pas été non plus si elle avait atteint le niveau de l’Italie ou du Portugal. Ces chiffres figurent dans le rapport de l’IGAS.

      Le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2023 [Yves Ville, l’un des signataires de cette tribune, est l’auteur principal du rapport 23-05 sur la planification de la politique de périnatalité en France] proposait deux volets indissociables : regrouper les maternités réalisant moins de 1 000 accouchements par an avec les structures de niveau supérieur, et transformer les sites libérés en centres de prise en charge dirigés par des sages-femmes, équipés de télémédecine, de dossiers partagés et de protocoles d’escalade vers l’obstétricien de référence. L’IGAS réduit cette proposition à une « fermeture sèche » des petites maternités. Elle extrait de notre rapport uniquement la partie sur la concentration, ignorant le réseau de proximité et la complémentarité ville-hôpital. Elle oppose à un prétendu projet de désert sanitaire sa propre proposition de centres périnataux de proximité, sans aucune recommandation opérationnelle.

      L’IGAS affirme que les restructurations de maternités n’ont pas d’effet démontrable sur la mortalité. Elle reconnaît pourtant elle-même que cette démonstration est « méthodologiquement inaccessible ». Elle omet de neutraliser les facteurs de confusion – précarité, âge maternel, obésité –, qu’elle identifie par ailleurs comme déterminants. Elle ignore que les maternités de haut niveau accueillent les grossesses les plus complexes, ce qui gonfle mécaniquement leurs taux bruts et masque leur effet propre.

      #paywall

    • Tiens c’est marrant je me souviens d’Emmanuel Todd qui disait il y a un certain nombre d’années que l’indicateur principal qui lui avait permis de « prédire » la chute de l’URSS était l’augmentation notable de la mortalité infantile.

  • Le tonton fils-à-papa-facho-gênant du Télégramme nous chante sa chanson de fin de repas

    [Édito] La faillite de l’écologisme | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/edito-la-faillite-de-lecologisme-7094835.php

    Notre éditorialiste, Hubert Coudurier, nous livre son point de vue (...)

    Toujours hostiles au nucléaire qui offre une énergie décarbonée, à la climatisation s’avérant désormais nécessaire et au débroussaillage permettant de mieux circonvenir les feux de l’été, les écolos s’enferment dans un discours intellectuel gauchisant.

    Hubert Coudurier — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubert_Coudurier

    Hubert Coudurier débute à l’Agence France-Presse (1983-1985). Il est ensuite grand reporter, notamment à France 3 (1985-1990), puis chroniqueur de politique étrangère à I-télé.

    En 1986, Hubert Coudurier rejoint Le Télégramme dirigé par son père, en qualité de secrétaire général adjoint. Il devient plus tard directeur de l’information du quotidien et administrateur du Groupe Télégramme. Son frère Edouard Coudurier, né en 1961, devient président du conseil d’administration en décembre 2001, succédant à son père Jean-Pierre Coudurier décédé en novembre 2001. Edouard représente la quatrième génération Coudurier à la tête du Télégramme[1].

    Au printemps 2007, Hubert Coudurier fait partie des journalistes qui suivent et starifient le couple Sarkozy[2]. En septembre 2008, il publie le livre Amours, ruptures et trahisons dans lequel il fait quelques révélations sur la vie amoureuse du président français[3],[4].

    Hubert Coudurier est un ancien auditeur (quarante-cinquième session) de l’IHEDN.

    Il est, depuis son lancement en novembre 2009, président de Télévision Bretagne Ouest (Tébéo), après avoir été vice-président de Nantes 7.

    Depuis la rentrée 2021, il intervient comme chroniqueur radio dans la pré-matinale Le Cinq sept de France Inter, il y tient une chronique d’Histoires politiques[5].

    En mai 2025, un édito défendant le milliardaire Vincent Bolloré face à des militants écologistes lui a valu un conflit avec la Société des Journalistes du Télégramme (SJT). Il lui a notamment été reproché d’omettre son activité de chroniqueur régulier de CNews, chaîne du groupe Bolloré

  • Les IA vont-elles tuer les liens hypertextes, ces briques fondamentales du Web ?
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/02/les-ia-vont-elles-tuer-les-liens-hypertextes-ces-briques-fondamentales-du-we

    (...) pourquoi cliquer sur ces [liens] puisque tout peut être servi à votre porte ? Le 22 juillet, Google a déployé en France ses « aperçus IA » (« AI Overviews »). Quand elle est activée, la fonctionnalité relègue l’antique liste des « 10 premiers liens » au fond de la première page de résultats du moteur de recherche et la remplace par un résumé, écrit automatiquement par l’intelligence artificielle (#IA) Gemini.

    Résultat : de nombreux éditeurs de sites Internet craignent pour l’avenir de leurs activités en ligne. En Allemagne, où l’option était déjà en place, la société de référencement Sistrix enregistrait une chute de 6,6 % du nombre de clics en provenance du Google. Mais plus encore qu’une problématique de modèle économique pour les sites Internet, la question est presque philosophique. Le #Web s’est bâti sur le concept même de #liens qui, par leur multiplication, forment ce qu’on appelle communément la « Toile ». Si ces liens ne sont plus parcourus, ont-ils encore une raison d’exister ?

    [...]

    « Les hyperliens et l’hypertexte [la technologie qui les sous-tend] ont été mis au défi par le tournant commercial du Web », complète Valérie Schafer, évoquant la transformation d’un « réseau de pages et documents » en un « réseau de services et plateformes, où sont incorporés de multiples outils, contenus et liens cliquables dont certains sont fournis par les plateformes, ou encore générés par des machines ».
    En parallèle, d’autres mécanismes mettent à mal les principes initiaux de l’hypertexte.
    « Les réseaux sociaux, les applications mobiles, les environnements derrière un paywall… ont érodé la notion de liens ouverts, souvent pour des raisons uniquement commerciales »_, explique au Monde Alberto Di Meglio, responsable de la stratégie numérique du CERN. Les choix de développement de ces plateformes ont, souvent, consisté à faire rester le plus longtemps possible leurs utilisateurs dans leur environnement, et dévalorisé les liens externes permettant de s’en échapper.
    Et cette tendance se poursuit : les utilisateurs qui conversent avec les agents conversationnels comme ChatGPT (OpenAI) ou qui se voient proposer les résumés par IA de Google n’ont en théorie plus de raison de cliquer sur des liens puisque les réponses à leurs interrogations leur sont fournies clés en main.

    https://justpaste.it/abrgm

    #hypertexte #hyperliens

    • Pour une fois que les femmes ne disparaissent pas de l’histoire du web note l’apparition bienvenue de ces chercheuses :
      #Anne_Helmond, de l’université d’Utrecht (Pays-Bas) Historiographie de l’hyperlien » parue en 2018
      #Olia_Lialina, artiste russe parmi les pionnières de l’art en ligne
      #Valérie_Schafer, historienne des télécommunications, de l’informatique et des cultures numériques

    • Avec l’introduction des « aperçus IA », « le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation numérique »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/avec-l-introduction-des-apercus-ia-le-web-et-les-applications-mobiles-pourra

      Est-il imaginable que les #médias ferment leurs contenus aux fournisseurs d’IA, comme la plateforme Reddit semble désormais vouloir le faire aux Etats-Unis ? Peu d’acteurs disposent d’un tel pouvoir de négociation. Pour la plupart des médias, le dilemme est redoutable : accepter que leurs #contenus alimentent ces nouveaux systèmes au risque de perdre leur audience, ou s’en retirer au risque de devenir progressivement invisibles dans les interfaces qui structureront demain l’accès au #savoir. Et dans cette lutte, il n’est pas certain que Google gagne à ne pas rémunérer équitablement les producteurs d’information.

      En effet, si les interfaces d’IA promettent de rendre l’information plus accessible que jamais, leur succès conduit à fragiliser ceux qui produisent cette information. Elles risquent de compromettre, à terme, la ressource dont elles se nourrissent. Une société qui ne finance plus la production des faits ne pourra pas longtemps bénéficier de la qualité de leurs synthèses.

      Déplacement du pouvoir

      Ce que l’introduction des AI Overviews traduit, c’est l’effacement du Web, qui avait lui-même remplacé une partie des médiations traditionnelles. Il devient une infrastructure invisible, tout comme les applications mobiles qui s’effacent également derrière des interfaces conversationnelles. Le Web et les applications mobiles pourraient n’avoir été qu’une étape intermédiaire dans la transformation #numérique.

      https://justpaste.it/dtnq8

  • « Les #mégafeux, comme celui en Gironde, ouvrent une dimension inconnue de l’histoire humaine de la vie sur Terre »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/02/les-megafeux-comme-celui-en-gironde-ouvrent-une-dimension-inconnue-de-l-hist

    Un mégafeu présente des caractéristiques qui le séparent des feux antérieurs par les nuages qu’il génère, les pyrocumulonimbus (aussi appelés « orages de feu »). La chaleur libérée au sol est telle qu’une colonne d’air chaud s’élève, jusqu’à franchir parfois la barrière de la tropopause (vers 12 kilomètres d’altitude dans nos régions) et pénétrer la stratosphère. Se forme alors un nuage orageux typique, le pyrocumulonimbus, qui constitue un milieu sui generis ; le feu s’oriente alors en fonction de sa dynamique propre, de façon changeante et imprévisible. Les flammes peuvent dépasser la centaine de mètres de haut.

    Quant à la masse d’eau composant le nuage, elle se condense bien et retombe en pluie, mais s’évapore avant même d’atteindre le sol. Ce sont ainsi des orages secs, qui, par les braises qu’ils projettent au loin, propagent rapidement l’incendie. Ces caractéristiques rendent les mégafeux incontrôlables. Ils peuvent s’approcher des villes jusqu’à les détruire ou les endommager. Après avoir ravagé les villes de Paradise en Californie (2018), Lytton au Canada (2021), Lahaina à Hawaï (2023) et en partie Los Angeles (2025), ils ont fait peser une menace sur la ville de Bordeaux.

    #climat