« Ça m’a tellement dégoûté que j’hésite à changer de secteur » : la révolution brutale de l’IA pour la génération Z
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Les jeunes et l’emploi (2/5). Selon plusieurs études récentes, les profils juniors pâtissent du déploiement des modèles de langage dans les entreprises. Alors que les tâches de début de carrière peuvent être de plus en plus automatisées, les recruteurs privilégieraient désormais des profils expérimentés. Mais les jeunes ont aussi une carte à jouer.
« Ça m’a tellement dégoûté que j’hésite à changer de secteur », lance Louka avec amertume. Diplômé d’une licence en web design en 2024, ce jeune de 23 ans multiplie les emplois alimentaires en attendant de décrocher le poste de ses rêves. Mais dans son secteur, créer un site internet avec des plateformes telles que Claude Code ou ChatGPT est désormais devenu accessible au commun des mortels. « Maintenant, les entreprises avec un budget moindre passent par l’IA et quand elles ont les moyens, elles recrutent des seniors », se désole-t-il. « Plus le temps passe, et moins il y a d’offres sur le marché ».
Parmi les métiers les plus menacés par l’IA, le développement de site web et le web design sont en tête de liste, souligne un index développé par l’université américaine de Tufts. Les progrès à toute allure des modèles de langage effraient les cols blancs qui pourraient voir leur métier remplacé d’ici quelques années. Et les jeunes en seraient les premières victimes.
Dans une étude publiée fin 2025, des chercheurs de l’université de Stanford estiment que les travailleurs de 22 à 25 ans, qui sont positionnés sur des métiers fortement exposés à l’IA, ont connu une baisse de 16 % du taux d’emploi. Une des explications tiendrait au fait que les tâches effectuées par les juniors sont plus facilement remplaçables par les modèles de langage (LLM).
Cette étude a néanmoins reçu de nombreuses critiques. Les statistiques montrent bien une corrélation entre l’arrivée de l’intelligence artificielle et la hausse du chômage chez les jeunes diplômés, mais la relation de causalité est, elle, beaucoup plus difficile à démontrer. Les conséquences seraient ainsi, à ce stade, faibles et discrètes, relèvent des chercheurs de la Réserve fédérale américaine de Dallas. D’après l’OCDE, le chômage des nouveaux entrants aurait même commencé bien avant l’arrivée des modèles de langage.