• Police prédictive : la prédiction des banalités | InternetActu
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2015/06/27/police-predictive-la-prediction-des-banalites

    Pourtant, on trouve peu d’études critiques sur les résultats mêmes de #Predpol. Notamment parce que si la société communique beaucoup, elle livre bien peu de données. Comme si son algorithme secret devait être parfait parce que secret.

    D’où l’idée d’Ismaël Benslimane, qui dans le cadre d’un master en physique à l’université Joseph-Fourier de Grenoble et en tant que membre du CorteX, un collectif d’enseignement et de recherche en esprit critique, de s’attaquer aux résultats mêmes de Predpol - Cortex est une association de chercheurs qui cherche à créer du débat public par l’analyse critique et scientifique.

    Bien sûr, le chercheur grenoblois n’a pas eu accès aux données de Predpol. Mais il a utilisé des données accessibles comparables et la rare littérature grise publiée par les scientifiques de Predpol pour construire un modèle similaire et l’interroger avec d’autres types d’algorithmes. Dans son remarquable et très accessible article (voir également cette présentation .pdf et cet article plus technique (.pdf)), Ismaël Benslimane dresse une très convaincante critique des limites de Predpol, en soulignant que l’algorithme de la société américaine prédit surtout de bien piètres banalités. A l’heure où se profile un PredPol à la française, comme le révélait il y a peu Mediapart, voilà l’occasion de nous intéresser concrètement aux limites de ces outils.

    L’article « simple » et sa conclusion
    Predpol : prédire des crimes ou des banalités ? | Collectif de Recherche Transdisciplinaire Esprit Critique & Sciences
    http://cortecs.org/mathematiques/predpol-predire-des-crimes-ou-des-banalites

    Conclusion
    Les résultats obtenus avec l’analyse rétrospective, nous permettent d’avoir de sérieux doutes sur l’efficacité propre de Predpol en condition réelle. Ceci amène à continuer l’investigation en recontactant les auteurs des études (Predpol Inc, 2013 et Mohler, 2014) afin de les confronter à nos résultats. D’autres suites seront envisageables selon leur réponse.
    Au-delà des aspects les plus techniques, on peut se demander, si la démarche de Predpol ne désyncrétise pas la question de la criminalité en laissant penser qu’il suffit de prédire les délits pour en diminuer le nombre. Predpol et sa médiatisation véhiculent ainsi une idée répandue, « simple » et séduisante oubliant de facto les facteurs sociologiques amenant aux comportements délictueux. La question fondamentale des inégalités de répartition des richesses est, par exemple, rarement débattue. En effet, cette réflexion est beaucoup plus impliquante à long terme qu’un logiciel spectaculaire.

    L’article « technique »
    http://cortecs.org/wp-content/uploads/2014/10/rapport_stage_Ismael_Benslimane.pdf
    (avec la même conclusion)

  • Comme la police prédictive est ce qui arrive bientôt à la DGSE, grâce aux excellentes lois sur le renseignement (si elles n’existaient pas, il faudrait les inventer, y’a pas de #hashtag pour ça ?). Voici un joli article en français qui parle de la version américaine.
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2015/06/27/police-predictive-la-prediction-des-banalites

    PredPol, pour moi, c’est un algorithme de droite. Il permet de réduire les dépenses publiques, les effectifs dans la police, de faire des économies. En plus, il s’appuie sur l’idée qu’on agit auprès des plus pauvres. Or quand on organise l’action sociale auprès d’une minorité, et seulement d’une minorité, c’est une conception libérale. Les sociologues qui critiquent PredPol ont une approche d’État social solidariste, alors que la protection des victimes via PredPol correspond à une approche plus libérale.

    80% des délits ont lieu dans 20% du territoire... ou la démonstration du principe de Pareto

  • La batterie d’Elon Musk peut-elle tout changer ? | InternetActu
    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2015/06/20/la-batterie-delon-musk-peut-elle-tout-changer

    Le marketing du Powerwall s’illustre via le modèle de l’habitat pavillonnaire californien… Mais tout le monde n’a pas un garage assez grand pour y mettre une ou plusieurs batteries et voitures. Pourrons-nous acheter et louer ces batteries dans un modèle communautaire à l’image des infrastructures d’énergie renouvelables allemandes qui appartiennent à des individus ou des communautés plutôt qu’à des sociétés d’énergie traditionnelles ? Pour le dire autrement, cette décentralisation a-t-elle du sens si elle ne provoque aucune mise en commun ? Bref, pouvons-nous ignorer l’idéologie et le mode de vie que promeut Tesla et proposer depuis une technologie similaire d’autres idéologies et d’autres modes de vie ?

    Enfin, le modèle promu par Tesla pose aussi des questions sur l’épuisement de métaux critiques utilisés par les batteries lithium. Celles-ci ne sont pas si écologiques que cela : à l’usine géante de Tesla qui sort de terre, répond une extraction, une prédation et une disparition accrue des métaux rares qui ne sont pas sans conséquences pour notre planète. Y’aura-t-il assez de lithium sur notre planète pour nous équiper tous de batteries ? Et plus encore pour les renouveler ?...

    #énergie #renouvelable #lithium