Intersectionnalité — Wikipédia

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  • Houria Bouteldja : "Allahou akbar ! est pour moi une ouverture sur une autre « universalité » : celle des damnés de la terre"
    http://contre-attaques.org/magazine/article/houria

    Rencontre avec Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République, autour de son livre Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire (La Fabrique, 2016). Votre livre Les Blancs, les Juifs et nous a été l’objet d’une attaque en règle, sur un plateau de télévision, où un « expert » appelé Thomas Guénolé, vous a accusée de #Racisme, d’antisémitisme et d’homophobie. Que dites-vous de ces attaques ? Ces attaques engagent la responsabilité morale de leur auteur (...)

    #Magazine

    / #carousel, #Interviews, Racisme, #Colonialisme, #Femmes, #Islam

    "http://www.liberation.fr/debats/2016/03/27/faire-de-l-islam-l-ennemi-absolu-c-est-organiser-le-marketing-de-daech_14"
    "https://fr.wikipedia.org/wiki/Intersectionnalit%C3%A9"
    "http://indigenes-republique.fr/race-classe-et-genre-une-nouvelle-divinite-a-trois-tetes-2"
    "http://rue89.nouvelobs.com/2013/02/11/les-indigenes-de-la-republique-et-lhomosexualite-suite-239506"

  • « #Michel_Onfray, philosophe de la normalité opprimée »
    http://hyperbate.fr/castagne/2015/07/29/michel-onfray-philosophe-de-la-normalite-opprimee

    Onfray est devenu un philosophe pour retraités qui s’ennuient après le journal télévisé de Jean-Pierre Pernaut et avant celui du soir. C’est son créneau.

    (...)

    Comme tout réactionnaire de deux-mille-quinze, il fustige l’héritage post-soixante-huitard, dont il est, avec bien d’autres « résistants » à cet épisode de l’histoire politique et intellectuelle du pays, un bénéficiaire et un produit. C’est assez banal, mais il se distingue de ses confrères philosophes médiatiques1 par une méthode qui consiste, sous le masque du cours d’histoire des idées, à réduire des pensées complexes à quelques traits choisis (de préférence ceux qui nous semblent aujourd’hui ridicules ou excessifs), à des attaques ad hominem, à des anecdotes croustillantes, le tout emballé dans un storytelling à la louche, généralement anachronique et ignorant, où tous les pires procédés rhétoriques sont employés : si-ce-n’est-toi-c’est-donc-ton-frère, y’a-pas-de-fumée-sans-feu, qui-vole-un-œuf-vole-un-bœuf, etc.

    (...)

    Onfray nous explique que la norme doit être l’homme blanc hétérosexuel, et que ne pas donner suffisamment de place à cette norme, c’est faire du mal à la vraie gauche !

    (...)

    Le réquisitoire fait par Onfray est malhonnête et augmente l’ignorance de l’auditeur tout en lui faisant croire qu’on l’instruit.

    Et de façon concomitante, dans le @mdiplo d’août : « Michel Onfray ou l’amour de l’ordre » (mais y a un #paywall)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/07/PIEILLER/53220

    A en croire l’auteur, le dernier ouvrage de Michel Onfray serait à la fois son premier livre et son grand œuvre ; sa pensée y aurait enfin trouvé à s’accomplir pleinement. Cette philosophie « solaire » a séduit en se présentant comme un rationalisme joyeux, en opposition à tous les conformismes. Or, au nom de cette opposition, « Cosmos » renoue avec un discours qui exalte l’irrationnel et la tradition.

    Via @lirographe

    • Au motif que Dassault et Séguéla sont des hommes blancs hétéros, on a tendance à considérer que l’homme blanc hétéro a du pouvoir. Mais nombre d’hommes blancs hétéros sont aussi chômeurs ou précaires, endettés, sous-éduqués, sans capital social, exploités dans leurs quelques emplois précaires, bref malheureux, et tout blanc, mâle et hétéro qu’ils soient, Dassault, Séguéla ou Antoine De Caunes ne les représentent aucunement. Pas la même classe sociale, pas la même culture, pas le même monde. Le gouffre entre les deux populations est bien plus important qu’entre un blanc pauvre et un noir pauvre.

      Et le soucis c’est que ces gens là, la gauche n’a plus rien à leur proposer. Aujourd’hui, la gauche leur dis « désolé messieurs, mais vous n’êtes plus assez à plaindre, on préfère garder notre énergie pour ceux qui sont vraiment à plaindre : les femmes et les minorités. Merci de votre visite, veuillez refermer la porte derrière vous. Ah au fait : si vous êtes pas content de la réponse, EN PLUS ça fait de vous un raciste doublé d’un misogyne. Au revoir. »

      Voir le commentaire que Marcel a laissé le 31 juillet 2015 à 2h45.

    • Encore un extrait intéressant du commentaire de Marcel :

      Aux États-Unis on viens de voir la même chose, au travers d’un domaine un peu inattendu : le jeu vidéo. Ça a pris le nom de « Gamergate » – ah les américains et leurs gates… Pour la faire courte : à la suite d’un N-ème drama à la con sur internet (une histoire d’accusation de coucheries contre une couverture favorable d’un jeu dans la presse spécialisée), la presse vidéoludique américaine, très ancrée gauche culturelle justement, s’est mise à accuser le milieu gamer d’être une bande de réacs’ misogynes doublés d’une bande d’enfants gâtés. Ceux-ci en ont été indignés, parce que le milieu gamer s’est au contraire toujours considéré comme de gauche, progressiste… c’est un milieu traditionnellement ouvert aux droits des homos, antiraciste etc. – même si c’est vrai que c’est un milieu excessivement masculin qui sent un peu la chambre d’ado mâle qui se néglige…
      S’en est suivi une escalade des accusations et une fâcherie générale… que la droite et l’extrême droite américaine se sont empressés de récupérer ! Les gamers, boudés voire bannis par leur propre famille politique, sont allés se réfugier dans les bras des libertariens républicains qui les ont accueilli à bras ouverts, certains white supremacists essayant même de tirer leur épingle du jeu.

      Je pense qu’on assiste réellement à la même chose en France avec la gauche culturelle. Je pense qu’Onfray a raison là-dessus. Je pense qu’en se concentrant quasi-exclusivement sur les minorités, les communautés et les questions de genre, la gauche a abandonné des populations qui ont toujours besoin d’elle parce qu’ils ne sont pas si bien lotis qu’il n’y paraît, et qu’au contraire même, la gauche est désormais devenue leur principal tourmenteur, en affichant vis-à-vis d’eux un mépris qui confine d’ailleurs parfois au mépris de classe (« ha ces andouilles de beaufs sexistes, ils ont jamais fait de sociologie et ils parlent, qu’ils sont pitoyables… » – ben oui ils ont pas fait de sociologie parce qu’ils se sont arrêtés au CAP, ces gosses de pauvres issus de régions sinistrées) et une floppée d’injure permanente (« racistes », « sexistes », « misogynes », « réacs »…).

      #critique_de_la_gauche #stratégie_politique

    • #renversionite
      Voire ici pour la notion http://www.radiorageuses.net/spip.php?article434

      Par rapport au gamegate et au résumé qu’en fait le Marcel que tu cite @la_taupe
      Je ne comprend pas comment on peut dire que le milieu des jeux vidéos est un milieu de gauche ou un milieu progressiste. que les joueurs se soient fantasmé à travers Hollywood comme des nerds boutonneux et frustré sexuellement c’est une chose mais c’est un fantasme. Avec le gamegate on peu voire le véritable visage de ces gameurs, #nice_guy et malade du #male_entitlement #droit_aquis_lésé

    • merci @mad_meg, j’avais pas trop le courage de répondre...

      @la_taupe : je suis d’accord avec le commentaire de @mad_meg, donc, et j’ajouterais simplement que le fait de ne pas avoir tous les privilèges mais seulement une partie n’empêche pas d’exercer, consciemment ou non, une domination sur celles et ceux qui n’en ont pas
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Intersectionnalit%C3%A9

      #le_sanglot_de_l'homme_blanc

    • Ce que l’homme blanc doit comprendre, c’est que la gauche ne l’a pas volontairement abandonné (quoique...). Il n’est que la victime collatérale de l’abandon du concept de #lutte_des_classes par la #gauche_gouvernementale. De cette façon, seuls les représentants des #minorités capitalisto_compatibles - idées d’égalité des chances au détriment de l’égalité de traitement, par exemple - sont susceptibles d’être défendus. Bien sûr la réalité de la domination veut que les dominations de genre, de couleurs, d’orientations sexuelles, etc. double la domination de classe, cependant lutter contre les premières n’a de sens qu’au sein de la lutte contre cette dernière.

    • @intempestive @mad_meg merci pour cette discussion et les concepts auxquels vous me renvoyez ; en résumé je suis pour l’union des luttes contre toutes les différentes formes d’asservissement, d’exploitation ou de domination, ce qui renvoie à l’idée d’intersectionnalité. Mais pour moi c’est une erreur de situer l’exploité-e ou l’oppressé-e à partir de sa couleur, de son sexe, ou de ses orientations sexuelles. Ce qui me fait penser à Peau noire, masques blancs de Frantz Fanon, livre que je n’ai pas lu mais que j’entends souvent cité.

      Concernant Onfray, je ne suis pas sûr qu’il soit homophobe , raciste ou contre les minorités , je ne suis pas sûr non plus qu’il soit sexiste ou mysogine , mais c’est vrai qu’il utilise des formules plutôt ambigües qui laissent place à une mauvaise interprétation par les minorités opprimées. Mais parcontre la sensibilité politique d’Onfray me questionne, son adhésion au #libertarianisme et le faite qu’il n’adhère pas au concept de #lutte_des_classes. Et là je rejoins et adhère entièrement à ce que dit @cazueladepolo dans son commentaire.

    • Bien d’accord que la lutte des classes est la question centrale, et que son abandon par la gauche de gouvernement est ce qui fait qu’elle a abandonné une politique de gauche précisément. En revanche, je ne considère pas les luttes des minorités (femmes, non-Blanc⋅hes, handis, etc.) comme secondaires : elles ont permis (ou elles devraient permettre) à la lutte de classes de se décentrer d’un faux universalisme.

    • @intempestive il y a une chose qui me gêne dans la lutte des classes, c’est qu’il s’agit de la lutte des travailleurs contre les patrons. Dans cette configuration, où mettre la solidarité des travailleurs avec les exclus de la société, les chômeurs par exemple ? (pourquoi les syndicats de gauche n’ont de solidarité qu’avec le travailleur-exploité, mais jamais avec ceux privés d’emploi ?). Et comme autre exemple, que penser du salarié-actionnaire (Daniel Mermet en avait fait quelques émissions à ce sujet) ?

      Bien sûr la lutte des minorités opprimées n’est pas secondaire. Mais ce qui manque est de pouvoir unir ces luttes au-delà des particularités et des frontières... qu’elles puissent se rencontrer (converger) comme en Espagne sur la place de la Puerta Del Sol, ou à travers des assemblées.

      Pour l’instant je trouve la lutte des différentes catégories opprimées, réduites à des secteurs et à des particularités. En un sens certaines structures participent directement à créer cette division, comme les syndicats (ou probablement aussi la gauche d’aujourd’hui, dans le sens de ce que dit Onfray).

    • Ah mais c’est là où on n’a pas la même conception alors : la lutte des classes est bien plus large que la lutte des travailleurs contre les patrons, c’est la lutte entre les classes privilégiées et les classes défavorisées. Donc cela englobe bien toutes les formes d’oppression.

      Sur Wikipedia tu as cette définition :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Lutte_des_classes

      On trouve les notions de classes et de lutte des classes employées dans des contextes historiques très variés :

      – lutte entre les esclaves et les maîtres dans les sociétés esclavagistes ou métèques et esclaves des sociétés antiques,
      – lutte entre plèbe et propriétaires terriens, illustrée par les Gracques,
      – lutte entre le Tiers état et la noblesse à la veille de la Révolution française,
      – lutte entre les salariés et leurs employeurs dans la société capitaliste moderne,
      – lutte entre hommes et femmes dans les sociétés patriarcales, où l’exploitation domestique est le nerf de la hiérarchie sociale6,
      – castes en Inde,
      – séparation entre colons et indigènes dans les colonies,
      – dichotomie marquée entre pays du Nord et pays du Sud,
      – ségrégations raciales et/ou socio-culturelles dans les métropoles,
      – lettrés-fonctionnaires dans la Chine ancienne, mais aussi lettrés contre l’Empereur si besoin selon les recommandations de Lao Tseu, - etc.

    • bien vu et merci pour le lien @intempestive.
      Du coup, dans ton commentaire un peu plus haut, quand tu dis :

      En revanche, je ne considère pas les luttes des minorités (femmes, non-Blanc⋅hes, handis, etc.) comme secondaires : elles ont permis (ou elles devraient permettre) à la lutte de classes de se décentrer d’un faux universalisme.

      tu pensais à « se décentrer » de quoi ? (de quel faux universalisme ?)

    • Je parle du faux universalisme de l’homme blanc, justement. Pour parler concrètement, « Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? », c’est un slogan féministe qui a visé précisément à faire prendre conscience de cela : que la femme était (est encore très largement) la prolétaire de l’homme, que ce dernier soit riche ou pauvre. Et cet exemple se décline pour toutes les formes d’oppression : une femme noire lesbienne pauvre n’a pas les mêmes intérêts ni la même façon de lutter qu’un homme blanc hétéro tout aussi pauvre. Ca ne signifie pas que la lutte de ce dernier n’est pas légitime, mais qu’elle doit prendre en considération des oppressions qu’il ne subit pas.

      Chacun⋅e de nous a des privilèges à traquer. Rien que le fait de vivre au Nord, d’avoir des routes, des magasins approvisionnés, un système de santé, un ordinateur personnel, etc., tout cela s’appuie notamment sur la domination du Sud, l’exploitation humaine, territoriale, minière, des richesses du Sud. De le prendre en compte ne fragmente pas la lutte, mais impose au contraire de la rendre globale. Les luttes des minorités (qui sont d’ailleurs bien souvent numériquement des majorités) sont là pour dire : attention, ce que vous défendez ce n’est pas forcément le bien commun, mais votre bien commun, qui ne fait pas du tout avancer les choses de notre côté et au contraire vous entérinez d’autres formes de domination qui nous concernent nous. Ca demande de retravailler une perspective qu’on pensait « neutre » et qui était très biaisée, et de réfléchir à des transformations plus générales.

      Si jamais tu parles anglais, une féministe noire expliquait cela de façon imagée dans cette vidéo, à travers une explication de l’intersectionnalité par la pizza (avec toutes les limites qu’a la comparaison...) :

      https://www.youtube.com/watch?v=FgK3NFvGp58

    • On m’a dit que cela se passait toujours ainsi, les « universités populaires », et si c’est vrai, je comprends mieux la dérive de Michel Onfray : tout show-man est amené à devenir ce que son public projette sur lui.

      Je ne sais pas comment c’est à l’@universite_populaire de Toulouse, mais à Bordeaux, c’est vraiment une initiative qui vient d’en bas, qui est… pas anti-universitaire mais complètement à côté, et qui est vraiment lié au grand courant de l’éducation populaire et tous ses merveilleux outils plus horizontaux que les conférences (qui ne sont qu’une petite partie du programme par chez nous).

    • À propos de lutte de classe on a trop oublié que la contestation pratique de l’hégémonie dans le Mouvement ouvrier (institué) de l’adulte mâle #qualifié a été le fait dès les 60’ de jeunes prolos, de femmes ouvrières et d’immigrés (y compris immigrés de l’intérieur, « nationaux », comme le montrait l’exemple italien), tous considérés comme non qualifiés. Il ne s’agissait pas tant de se présenter en victime sollicitant attention que d’affirmer un pouvoir.

      ici :

      nulle égalité, un supposé sachant administrant un (son) discours, à rebours de tout autre acte que sa capacité à capter l’auditoire. Le contraire de l’émancipation.

    • @colporteur d’où le fait pour certaines UP (ici en tout cas) de minimiser les conférences (sans les supprimer complètement non plus), en s’inscrivant au maximum dans le vrai courant d’éducation populaire, et tous ses outils qui ont été créés au fil des années : ateliers, débats mouvants, conférences gesticulées, grodébats, arpentages (vraiment bluffant), etc.

      Sid et Hugo racontent ça dans leur conférence qui fait l’histoire de l’UP : dans les tous premiers temps, après une conférence ardue un ouvrier leur a dit « c’est sûrement très intéressant, mais tu sais les savoirs, c’est pas pour moi ». Et ça a tout cassé. Ils ont alors tout revu autrement, petit à petit.

      http://upbordeaux.fr/Les-savoirs

      Du coup on a créé une université populaire. L’université populaire c’est l’université idéale,non ? Le savoir pour tous et gratuit. De la philosophie, de l’histoire, de la sociologie, le tout accessible à tous et en débattant.

      Sauf qu’on avait pas tout le monde et surtout pas les classes populaires dans notre université. Et puis la diffusion des savoirs d’accord mais pourquoi faire ?

      Nous on a arrêté de croire que le savoir était émancipateur par nature. Des fois il sert précisément à l’inverse. Il sert à faire taire, à déposséder, à dominer. C’est pas par hasard que certains pensent qu’ils ne savent rien, que réfléchir c’est pas pour eux. Ceux qui se pensent crétins, idiots ou cancres. Ceux qu’on écoute jamais, ceux qui sont invisibles, ceux qui sont racontés, ceux qui sont expliqués. Les illégitimes.

      Depuis on fait autrement tout en continuant à se poser plein de questions.

      Si vous avez l’occasion de les rencontrer et de voir leur conf…
      https://www.youtube.com/watch?v=PAmgXW0cIyU