Marseille Infos Autonomes - Site collaboratif d’infos & luttes à Marseille

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  • Chronique du système policier français : traque d’antifascistes, des auxiliaires de police tuent, gazage, grenadage, éborgnage, tirs, prison pour une manif ou un tag de craie, réservistes, pré-fascisme...
    https://ricochets.cc/Chronique-du-systeme-policier-francais-traque-d-antifascistes-des-auxiliai

    Les brutalités policières et les lois sécuritaires s’accumulent. Mais, au-delà des faits les plus scandaleux et spectaculaires, le pire du système policier ne serait-il pas la partie la moins visible, la partie immergée de l’iceberg ? C’est bien la routine du contrôle, du fichage, des pressions, de l’habituation à l’extension partout du domaine policier et de tout type d’agents (sécurité privée commerciale, SNCF, RATP, présence dans les établissements scolaires, publicité...), des QR codes, de la (...) #Les_Articles

    / Autoritarisme, régime policier, démocrature..., #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire, Violences (...)

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature... #Violences_policières
    https://fb.watch/7Yj1V7QESC
    https://rebellyon.info/Coup-de-filet-en-cours-dans-le-milieu-23380
    https://rebellyon.info/Acharnement-politique-contre-les-23389
    https://nantes-revoltee.com/allemagne-bloc-contre-le-fascisme-a-leipzig
    http://blogyy.net/2021/09/22/deux-membres-de-rouvikonas-menaces-de-prison-a-vie
    https://paris-luttes.info/antiterrorisme-lettre-ouverte-au-15301
    https://t.co/62rZHDGdWh?amp=1
    https://www.lutte-ouvriere.org/breves/darmanin-roussel-et-les-forces-de-lordre-174678.html
    https://www.revolutionpermanente.fr/VIDEO-A-Anemasse-la-police-gifle-et-frappe-un-jeune-homme-menot
    https://desarmons.net/2021/09/16/inventaire_eborgnes/https://desarmons.net/2021/09/16/inventaire_eborgnes
    https://reporterre.net/Proces-de-Bure-deux-militants-antinucleaires-condamnes-a-de-la-prison-fe
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/09/23/l-assemblee-nationale-adopte-le-projet-de-loi-relatif-a-une-reforme-de-l-irr
    https://mars-infos.org/clarification-avec-les-5929
    https://fb.watch/82OzR2K64-
    https://fb.watch/88zUVa6jaq
    https://fb.watch/89iEBD1FS_

  • Investigation et téléphonie mobile - Marseille Infos Autonomes
    https://mars-infos.org/investigation-et-telephonie-mobile-5863

    Un bouquin pour « informer les avocats, les professionnels du droit sur les techniques d’investigation déployées par les enquêteurs et les services de renseignements ». C’est écrit par un ex-flic mais c’est intéressant.

    Haurus est le pseudo d’un ancien keuf passé par la DGSI. Il a bientôt un procès pour avoir revendu sur le (dark)net des données (fadettes, géolocalisations, etc) obtenues grâce son taf. En début d’année il a sortir ce bouquin « Investigation & téléphonie mobile : Le guide à l’usage des avocats » , expliquant que ni les juges ni les avocat.es ne comprennent ce que font les flics des données numérique qu’ils siphonnent et mettent en forme dans leurs enquête. […]

    Sur le livre

    Évidemment on n’y apprendra rien d’extraordinaires ni de secret. Haurus est un flic un peu repenti, pas un camarade.

    Mais son livre est une excellente base pour comprendre ce que les flics arrivent à faire, quelles données ils recherchent sur les supports numériques et les téléphones, quels outils ils utilisent, comment ils enquêtent à partir des fadettes, etc. On y retrouve dans un format simple et accessible quelques conseils pour conserver de bonnes pratiques, les erreurs classiques à éviter, les pratiques qui mettent de gros obstacles à leurs investigations, et des pistes pour contester les dossiers d’enquêtes.

    Je me suis dit que ça valait le coup de rendre ce bouquin gratos. Bonne lecture et bon partage.

    Le livre en PDF : https://mars-infos.org/IMG/pdf/investigations-telephonie-mobile-up.pdf

    #police #surveillance #renseignement #téléphonie #données_numériques #fadettes #Mercure #géolocalisation #Deveryware #écoutes_téléphoniques #IMSI_catcher #keylogger #messageries_sécurisées #signal #telegram

  • Mobilisation exceptionnelle et exaspération généralisée contre le pass sanitaire, le fichage et la surveillance partout
    https://ricochets.cc/Mobilisation-exceptionnelle-et-exasperation-generalisee-contre-le-pass-san

    LES RENSEIGNEMENTS S’INQUIÈTENT D’UNE « MOBILISATION EXCEPTIONNELLE » ET D’UNE « EXASPÉRATION GÉNÉRALISÉE » Une note des services de renseignements à propos des mobilisations en cours contre le « Pass sanitaire », imposé à marche forcée par le gouvernement autoritaire de Macron, a fuité dans la presse : ➡ La police politique qui prend la température sociale s’inquiète d’une « exaspération de plus en plus généralisée face à des mesures considérées comme liberticides » et pointe un « risque de radicalisation » de la (...) #Les_Articles

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/07/20/covid-19-le-gouvernement-envisage-de-nouvelles-restrictions-locales-pour-fai
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/07/20/les-emissions-mondiales-de-co2-devraient-atteindre-un-niveau-jamais-vu-d-ici
    https://mars-infos.org/l-extreme-droite-n-a-rien-a-faire-5860

    • Je ne suis pas un dessinateur comme ceux de Charlie Hebdo ou Hara-Kiri mais je suis leur frère. J’admire ce qu’ils font. Cette irrévérence noble. Ce talent pour tordre l’actualité, pour la violenter, je dirais même pour la violer parfois. Ce sont des compagnons de l’audace, de l’humour gras, des blagues foireuses. On peut trouver que ce n’est pas toujours bon mais c’est la loi du genre, c’est salubre, et il y a de la vie dans ce qu’ils font. À travers cet événement, c’est donc toute la liberté d’expression qui est en sursis. Un combat de tant de siècles…

      Puis qq instants après...

      « Modestement, je dirais qu’il faut combattre la pensée simpliste (…) et toujours viser la complexité. L’ambition peut être modeste mais elle doit être la boussole de l’humanité.

      Alors, faut les défendre ou pas à Charlie Hebdo ? Faudrait savoir !

      (je me réponds, des fois que ce soit nécessaire de se situer dans ce bazar, personnellement moi même, je dis fortement et distinctement que personne ne mérite de mourir pour un dessin, et... c’est tout, ne m’en demandez pas plus, c’était pas le sujet à vrai dire, mais pourquoi il se sent de devoir revenir sur ce sujet Bilal, il y a tellement d’autres choses plus passionnantes et complexes, et enthousiasmantes que ce journal simpliste, simplificateur, hermétique et traitre à la pensée complexe).

    • Oui, OK, j’ai pas assez noté qu’il évoquait aussi Hara-Kiri, et que de cette simple mention, cela signifiait qu’il faisait référence au XXème siècle plutôt qu’au XXIème et à la gouvernance « Valls ». Mais... Nan. Il parle bien de l’évènement du XXIème siècle. Bref. Désolé pour le bruit :-))

  • Les flics équipés d’une appli de reconnaissance faciale : Appel à témoignages
    https://mars-infos.org/les-flics-equipes-d-une-appli-de-5632

    La legal team recherche des témoignages de contrôles d’identités lors desquels les flics auraient utilisé une application de reconnaissance faciale sur leur téléphone pour pouvoir mieux comprendre comment elle marche, et développer des stratégies pour la contrer. Et si vous avez des infos sur l’appli elle-même, ça serait super ! Depuis l’automne, on a eu plusieurs retours d’une application de reconnaissance faciale qui commencerait a être utilisée par les keufs. On ne connaît ni le nom de cette (...)

    #algorithme #biométrie #police #facial #reconnaissance #surveillance #LaQuadratureduNet

  • Un journalisme naufragé | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/fabfaber/blog/280121/un-journalisme-naufrage

    Ce mercredi 27 janvier, Aude Lancelin recevait sur sa web-TV, dans une émission intitulée « Pourquoi censurer la parole sur le Covid ? », le Dr #Louis_Fouché, médecin webo-médiatique (Youtube, FranceSoir, CNews, SudRadio, RT...) pro-hydroxychloroquine et résistant auto-proclamé au « déferlement totalitaire » du Gouvernement.

     Quasi-monologue de 2h30, cet entretien illustre le naufrage navrant de ce journalisme sans rigueur que l’on retrouve à tous les niveaux de la sphère médiatique. De BFMTV...à QG donc, la même incompétence, la même paresse intellectuelle conduisent au même résultat : un degré zéro de l’analyse (scientifique, sociale, politique...) qui se dissimule mal derrière une « liberté de parole » idéalisée, et le plus souvent exploitée dans le seul espoir d’augmenter son audience.

     Avant de rentrer dans le vif du sujet, je dois avoir l’honnêteté de dire ceci : j’ai toujours trouvé Aude Lancelin piètre intervieweuse. Ses questions imprécises ou balbutiantes (souvent interminables) et ses relances pataudes se contentent le plus souvent de laisser ses interlocuteurs (l’intellectuel est essentiellement masculin chez Aude Lancelin...) dérouler tranquillement leurs argumentaires.
    Reconnaissons-lui néanmoins le « talent » de choisir des invités qui, pour la majorité d’entre eux, maîtrisent les sujets sur lesquels ils sont invités à débattre. Ce qui distingue très nettement QG de BFMTV, quand même...
    En revanche, avec un personnage comme Louis Fouché, la carence journalistique de Aude Lancelin va se révéler plus que problématique...

     Reconnaissons-le, Louis Fouché est un orateur habile. Il a le verbiage facile et ses logorrhées laissent peu de place à l’interruption. Surtout, sachant dans quel « écosystème » médiatique il se trouve, il s’applique à distiller consciencieusement le lexique idoine. Et tout y passe : « néolibéralisme », « démocratie », « résistance citoyenne », « déferlement totalitaire », « activisme », « environnement », « ZAD », « éco-lieux », « monnaie libre », « dette », « partage du pouvoir », « RIC », « citoyens constituants », « municipalisme libertaire », « transhumanisme technolibéral géré par des mondialistes », « contrat social »... Il coche scrupuleusement toutes les cases. Evidemment, rien n’est jamais défini, ni explicité, mais cela permet de mettre en confiance son auditoire, qu’il suppose sensible à ce lexique « de gauche ». Et en effet, A.Lancelin sera, tout au long de l’émission, dans un état d’apathie cognitive totale, et il suffit à L.Fouché de citer A.Damasio, pour qu’un petit rictus de satisfaction apparaisse sur le visage de la journaliste, signe que l’anesthésie opère : après tout, s’il cite Socrate, A.Damasio ou H.Arendt, il ne peut pas être bien mauvais, le bougre...

     C’est dans la seconde partie que l’invité va laisser remonter à la surface la nature de l’idéologie décousue, confuse et pour le moins inquiétante qui est la sienne. Il faut dire qu’il est assuré de l’absolue magnanimité d’A.Lancelin à son égard qui déclare (à 1h30min37) "vos prises de paroles (sont) audacieuses et courageuses !" (même l’intéressé semble gêné par tant de flagornerie) et pousuit "D.Raoult est un « infectiologue extrêmement connu (sic), le Dr Perrone est un chef de service qui est très populaire (re-sic). L’un est sous le coup d’une enquête, l’autre a été démis de ses fonctions : il y a une intimidation énorme contre le corps médical qui se rebelle et qui est comme vous hétérodoxe. »
    Lorsque l’on connait les manquements patents à la déontologie scientifique dont ont fait preuve l’un et l’autre, on est sidéré par cette indulgence et ce manque total de recul journalistique !

    #Reinfo_covid

    • le post mediapart du FabFaber conclu avec ça :

      Le macronisme, et le capitalisme dont il [Fouché ?] est l’un des serviles portiers, peuvent être sereins avec des « adversaires » de cet acabit.

      (je zappe les 3 dernières phrases de sa conclusion)

      alors je dis pas que j’ai tout vu ni tout compris du phénomène Fouché, mais là, je vois pas bien sur quoi il se base pour écrire un truc pareil ; on a pas dû voir les même vidéos, ou alors les bandes son étaient différentes. De ce que j’ai entendu dans les vidéos de Fouché que j’ai vues, le mec est clairement, explicitement, anti-Macron et anti-capitaliste ; le traiter de servile portier me semble tout simplement contraire aux faits et un brin ridicule ; à mon avis, le FabFaber donne dans la crypto-parano exacerbée.

    • ah oui, #merci :-) @simplicissimus ; je rajoute un ? dans mon texte :-p

      ceci-dit, le FabFaber fait quand même un procès à charge du méchant Fouché ; du bashing légèrement biaisé à mon avis ; de ce que je vois, Fouché est le porte parole du collectif reinfocovid, il fait son job de porter la parole de ce groupe ; de ce que j’ai vu, eux se bougent, se sont regroupés, et se tapent la vraie vie de l’opposition concrète au macronisme ; c’est pas comme écrire un post dans son petit blog de médiapart dans son coin.

    • et sinon, pour finir le trollage anti-anti-raoult-fouché-et-leurs-amis, je suis tombé sur cette vidéo de mi-octobre publiée par l’IHU (dont je ne savais pas qu’ils avaient monté et publicisé un conseil scientifique alternatif) :

      https://www.youtube.com/watch?v=bBvcf89ngkg

      Bien évidemment, si on sait lire entre les lignes, ce Mr Laurent Mucchielli est clairement un dangereux manipulateur à la solde de l’IHU, y a qu’a voir comme il sait parler et comme il défend l’indéfendable dans une « démonstration » objectivement pseudo-scientifique de sociologue « de gauche » aux amitiés douteuses :-P

    • C’est juste un confusionniste complotiste qui sait employer un vocabulaire « de gauche » ou « critique » pour séduire et brouiller les cartes, comme le firent Doriot, Soral et Dieudonné avant lui. Il suffit d’entendre en fin d’entretien comment il justifie sa tolérance pour les fascistes au sein de leur reopen (un nom qui signe excellemment la démarche) pour en avoir la confirmation.

      Pour ce qui est de l’état du journalisme, Lancelin fournit un indice de plus du degré de complaisance qui prévaut. Toute la presse vient à la suite de l’Agence Falsification Permanente de reprendre sans guillemets l’expression « pro-migrant » à propos du politicien tué par le néo nazi allemand qui vient d’être jugé.

      #complotisme.

    • Muchielli ? ! Il a publié sur son blog chez mediapart un article de Touboul pronant une "remise en cause"
      https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/230121/crise-du-coronavirus-l-urgence-d-une-remise-en-cause,

      Déni : " agent infectieux, certes contagieux (...) dont la létalité n’excède pas celle de la grippe" Laquelle de grippe ? celle de 1918 - 1920 ? ! ? Ça nous laisse de la marge du coup. Et ça ne nous dit rien d’autre que "tout le pouvoir au virus !

      Fatalisme : « La maitrise de l’échange, il faut le reconnaitre , appartient bel et bien au coronavirus qui nous impose son tempo et peut seul décider la fin de partie".

      Face à un phénomène d’une telle ampleur, le toubib bardé de titres (beaucoup d’autorité pour stimuler la soumission) plaide pour la "liberté de prescrire" comme les patrons plaident pour la liberté d’entreprendre, et ne prend même pas la peine d’éviter des mensonges plus gros que le Medef avant de nous enjoindre de manière répétée à "respecter les méthodes traditionnelles" (l’enterrement des victimes ?) face à un virus qui comme aucun avant lui s’est diffusé à l’échelle mondiale très rapidement.

      La technique est toujours la même, dire que l’on combat la doxa et entrelarder un baratin délétère de quelques évidences partagées.

      " La vie doit reprendre ses droits dans notre pays, toute latitude étant restituée à l’activité socio-économique" . C’est un point de vue "de gauche" ou c’est macrono compatible ?
      C’est un discours libéral qui nous est adressé, c’est la défense d’une politique qui a pour nom économie et qui est la politique du capital.

      Tout ce que défend l’article c’est le laisser-faire. "Protéger les plus vulnérables en attendant", c’est ce qu’ils font déjà d’eux mêmes, et ce n’est pas ça qui les empêchera d’être contaminés car ils ne vivent pas en vase clos, qu’ils sont eux aussi des animaux sociaux.

      "L’individu retrouvant quant à lui dans son quotidien les ingrédients qui le motivent et le structurent. En somme une existence libre, sans peur et ouverte sur l’avenir." Qu’est-ce qu’un tel propos peut bien signifier d’autre qu’une réconciliation avec le capitalisme, son individu, sa société de concurrence ? Qu’il faut comme Raoult être climatosceptique ? propager le déni des effets radicalement destructeurs du capitalocène ? Qu’il faut être courageux façon viril Rambo et assaillants du Capitole, peu importe les faiblards pas assez doués pour le survivalisme ?

    • Et pourtant quand Aude Lancelin intransigeante qualifiait le Blog La Sociale , de « lieu de fermentation fascisante désormais bien répertorié » (suite aux propos de Denis Collin) et ensuite en y associant Jacques Cotta lui refuse l’animation d’une émission au Média sur « l’Italie, la péninsule des paradoxes »
      Il finira par donner sa démission...
      http://la-sociale.viabloga.com/news/les-raisons-de-mon-depart-du-media

      Aude Lancelin m’indique que « le Média ne sera jamais le lieu pour amorcer l’union du souverainisme de gauche et du populisme de droite ». Elle fait donc siens les éléments de langage commun à la presse main-stream, à la macronie, et à la plupart des représentants de la « gauche ». Voilà qui m’interpelle directement. Si cela n’était dérisoire, je me contenterais de demander si je me retrouve ipso facto rangé parmi « les souverainistes de gauche » ou parmi les « populistes de droite ». En réalité, l’important est ailleurs. Il m’est juste indiqué par cette simple formulation qu’un sujet où pourraient être tenus des propos qui par hypothèse ne rentreraient pas dans les normes de la nouvelle responsable du média, qui ne colleraient pas à sa vision idéologique, à ses positions, indépendamment de l’intérêt et de l’importance journalistique, n’a pas à être abordé. Le Média passe ainsi « d’organe de presse » rigoureux qui demande l’analyse et les échanges de points de vue, parfois contradictoires, à un simple lieu de propagande. Mais pour qui et au compte de qui ?

      Etrange de devoir rappeler ici qu’une pratique rigoureuse de notre profession, notamment au sein d’un média qui a affirmé l’ambition de donner une information différente, qui en a fait son identité, qui s’en est revendiqué, nécessite de ne pas se limiter à traiter ce qui nous est confortable et rassurant, mais de partir des faits, de la vie, de la réalité pour l’exposer, tenter de lui donner sens, permettre de l’appréhender, de comprendre. Un projet de presse sérieux nécessite la pluralité, l’opposition, la diversité, l’ouverture, la synthèse. Telle était du moins l’ambition du magazine DLGL dans ses tentatives répétées de quitter l’entre-soi, d’accueillir des points de vue différents, sans langue de bois ni complaisance.

      https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/131018/jacques-cotta-quitte-le-media-il-devient-un-simple-lieu-de-propagand

      Encore un journaliste, et non des moindres, qui quitte le Média. Jacques Cotta s’en explique. Il met en cause, principalement, l’autoritarisme, le refus de tout dialogue, de l’actuelle direction, qui a prétendu lui interdire, sans même en discuter avec lui, de réaliser un reportage sur l’Italie. Des méthodes effarantes...

    • @olaf tu n’étais peut-être pas encore là au premier confinement, mais nous avons ici plein de ressources et commentaires sur la non-science de Mucchielli (et le fait qu’il commente en dehors de son champ de compétence) et sur ses liens d’amitié avec la famille Raoult (le fils Raoult fait partie de son labo, c’est pas juste quelqu’un qui donne un avis externe quoi, sisi la famille).

      À commencer donc par celui-là, de la toujours rigoureuse Odile Fillod :
      https://seenthis.net/messages/850833
      ou plus récemment :
      https://seenthis.net/messages/886430

      https://seenthis.net/tag/laurent_mucchielli

      quand à tout ce qui commence par « reinfo » c’est suspect de base… non pas qu’il ne faille pas écouter (et vérifier ensuite), mais c’est forcément suspect de base, c’est littéralement le terme majeur de toute la complosphère depuis des années (et sans faire de godwin hein, pas forcément les complotistes de droite, le mot « reinfo » est employé par toute la mouvance complotiste, de l’extrême droite ou pas).

    • #Reinfo_covid : proposition thérapeutique pour soigner la Covid-19 en phase précoce (santé libre), sur touiteur

      Loin des injonctions de l’État, la Coordination Santé Libre (réunissant des milliers de médecins sans conflits d’intérêts) a mis au point un PROTOCOLE DE SOINS CONTRE LA COVID 19 EN PHASE PRÉCOCE...Femme travaillant dans le secteur de la santéHomme travaillant dans le secteur de la santé

      Nathan Peiffer-Smadja sur touiteur

      https://twitter.com/nathanpsmad/status/1356710128964300805

      L’anticoagulation curative peut entraîner des hémorragies sévères et est probablement inutile

      L’oxygène à domicile n’est pas recommandé à la phase d’aggravation de la maladie, il est nécessaire de consulter et d’être orienté vers un service d’hospitalisation.

      Je ne parle même pas des vitaminothérapies, zinc ou autres thérapies bidons.

      (...) c’est vraiment surfer sur la détresse des gens en leur donnant de faux espoirs, en refoulant leur camelote ET, et c’est de loin le pire, en les mettant en DANGER.

      Post vérité partout, #santé_publique nulle part du gouvernement à France soir en passant par Santé libre et ce Fouché de Reinfo covid ?

    • Lettre à propos de ReinfoCovid
      https://mars-infos.org/lettre-a-propos-de-reinfocovid-5764

      Le 29 avril 2021 Louis fouché prend la parole à Nîmes lors d’un rassemblement anti-masque comptant plusieurs centaine de personnes. Au milieu de son discours au style évangélique bien particulier qui distingue ceux qui sont éveillés de ceux qui ne le sont pas il lance un clin d’oeil appuyé à la tribune fasciste des généraux paru 8 jours avant dans Valeurs Actuelles et qui, au moment où il parle, fait le buzz médiatique : « On peut jouer à plein de jeux différents. Je vous invite à ouvrir plein de possible dans les jeux. Le jeu de rejoindre les collectifs. Le jeu de rassembler les collectifs. Le jeu de les aider à reprendre le pouvoir. Le jeu de changer de système monétaire et de créer des monnaies locales. Le jeu de vous remettre en amitié avec les policiers et policières municipaux, les CRS. Et il y en a plein là, peut être même parmi nous. Je vous l’ai déjà dit mais dans le collectif il y a des généraux, des amiraux. Il y a des gens qui sont dans l’armée. »
      Il finira son intervention en demandant au public d’ovationner la police.

    • Des Nouvelles Des Conspis : Faut il séparer le Fouché du facho ?
      https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=219969706598797&id=100057573060908

      Louis Fouché® et Hayssam Hoballah™ sont a l’initiative d’un appel à la constitution de listes électorales en vue des prochaines élections départementales et régionales. C’est au travers du collectif Réinfo Covid qu’ils ont mis en place des outils informatifs (sous forme de fiches pratiques), organisationnels (forum, messagerie), ainsi qu’une charte commune et des visuels de propagande électorale.
      Hayssam Hoballah, à la tête du collectif Réinfo Libertés, est directement en charge du développement de ces outils. Réinfo Libertés c’est un des multiples "comités" qui a essaimé à partir de la structure mère Réinfo Covid.
      Hoballah, de ses dires ex trader à Wall Street devenu "coach bien-être santé holistique", est aussi un militant d’extrême droite, proche du Comité National de Transition, un groupuscule faf qui promeut des thèses conspis antisémites et appelle de ses vœux un coup d’état militaire. Ce mouvement fondé par le naturopathe Éric Fiorile, gravite idéologiquement entre les thèses antisémites de Soral, l’intégrisme religieux de Pierre "affreux jojo" Jovanovic, la mouvance identitaire, le New age, le souverainisme et bien sûr la nébuleuse "médecine alternative" (vitrine et porte d’entrée de la fachosphère conspi).
      Hoballah organise régulièrement des vidéoconférences avec des invités aussi prestigieux chez les fafs que :
      – Étienne Chouard,
      – Rémy Daillet-Wiedemann (Président de l’association "L’école à la maison", proche de la Dissidence, Qanon notoire et grand promoteur de la théorie des réseaux juifs satanistes pédophiles, il est depuis peu recherché par Interpol dans l’affaire de l’enlèvement de la petite Mia...),
      – Carlo Alberto Brusa (l’avocat du réalisateur intégriste catho du film « Hold-Up » et escroc notoire),
      – Chloé Frammery (l’Info En Question, chaîne qui invite des négationnistes et délire autour des dimensions parallèles et du transit d’une partie "consciente" de l’humanité vers ces dîtes dimensions),
      – Valérie Bugault (ex candidate UPR Asselineau, encore une proche de La Dissidence, elle promeut une société organisée en trois ordres corporatistes : société civile /patronat/ spirituel),
      – Farida Belghoul, Fabrice Di Vizio, Abdel Zahiri...
      Que du beau linge chez Hayssam : la fine fleur émergente de l’ultra droite. Les membres influents de Réinfo covid sont avant tout des militants de groupuscules réactionnaires ou ultra religieux. On peut donner l’exemple de Alexandra Henrion Caude, militante anti-avortement proche de Civitas, qui participe aux rassemblements de Philippot et à la Manif Pour Tous.
      Et Loulou dans tout ça ? Un gentil toubib post baba alternatif ?
      Lors de la vidéo de présentation des outils de coordination pour la constitution de listes électorales, Fouché et Hoballah ont pu deviser tranquillement "organisation et programme" entre deux partages d’écran du site identitaire Français De Souche et de la Lettre ouverte aux généraux (un monument de racisme et d’appel à la guerre civile) parue dans Valeurs Actuelles.
      Jamais de rififi chez Loulou.
      Fouché de son côté c’est un politicard malin, il sait que pour plaire aux masses il faut avant tout ne pas déplaire. Alors il prend toujours bien garde d’avoir des paroles fédératrices vides de sens afin de ne pas polariser sur des questions pratiques ou politique. Il peut donc déblatérer d’amour universel en laissant passer du FDS ou un appel à buter du "rebeu de quartier" #amour #bienveillance. Alors on peut lire l’article que Mars actu lui a consacré ou l’article de tiko skep paru sur le blog Fact and Furious, mais rien n’y fait, il a beau discuter avec le dernier des négationnistes où le pire des fachos, Louis, tel un Pierre Rabhi (qu’il admire ça alors quelle surprise) reste toujours au-dessus de la mêlée et ne s’occupe pas du vulgus séculier. Pourtant le petit Loulou il a ses préférences bien marquées : dans son combat politique il ne côtoie exclusivement que du catho intégriste, du conspi antisémite et du faf. Le coeur de Fouché Louis à ses raisons que la raison de Louis Fouché n’ignore pas.
      #Bouddha #Jésus Christ #Jean Moulin #Louis Fouché
      De simple caution médicale de la sphère conspi et porte flingue de Raoult, Louis Fouché est devenu en quelques mois, la figure tutélaire d’un réseau constitué de micro cellules activistes autonomes. Monument de sagesse pour ses adeptes, il entretient cette posture avec beaucoup d’énergie ainsi que l’argent des donateurs de Réinfo Covid. À ce propos, il faut absolument visionner le documentaire panégyrique "Après la pluie" réalisé par son asso Reinfo covid : on est jamais si bien servi que par soi-même.
      Les liens étroits et directs qu’entretiennent les membres fondateurs ou influents de Réinfo Covid avec les différentes mouvances d’ultra droite sont publics. Le fond idéologique réactionnaire est basé sur un discours naturalisant / essentialiste, la promotion du spencerisme (darwinisme social) et des théories conspis qui tirent leur jus de l’antisémitisme. Leur objectif affiché : fonder une société basée sur une fourre-tout idéologico-spirituel "les lois universelles du vivant" dont Fouché et sa bande de potes sont bien entendu les détenteurs.
      RÉINFO COVID est un mouvement politique réactionnaire constitué d’une nébuleuse de fafs, d’intégristes religieux et d’escrocs New age, qui ont fait cause commune à des fins politiciennes ou de bizness. Autrement dit : Mettez dans une poubelle Raël et Pétain, ajoutez quelques gouttes d’huiles essentielles de carotte bio, secouez vigoureusement et, miracle de l’Immaculée conception, sortez en un Louis Fouché tout chaud.

  • QUEL NOËL POUR LES PRISONNIERES DE LA MAF DES BAUMETTES A MARSEILLE ? – L’envolée
    https://lenvolee.net/quel-noel-pour-les-prisonnieres-de-la-maf-des-baumettes-a-marseille

    Toujours plus d’isolement !

    Le comité de riverains qui a dénoncé des « nuisances » liées à la prison est largement responsable de la progressive disparition des rares espaces de liberté et d’entraide gagnés au fil du temps par les prisonnières. Depuis l’installation de fenêtres antibruit dans les cellules, les échanges sont devenus quasiment impossibles (voir L’Envolée N°52 : ) : finis les échanges de nourriture ou de petits mots de fenêtre à fenêtre au moyen de « Yoyos », finies les discussions de cellule à cellule, finis les parloirs sauvages avec les proches venus crier leur amour ou leur soutien de la rue. De plus, la vie en cellule est devenue intenable à cause de la chaleur et du manque d’aération.

    Violences pénitentiaires

    Pour éviter que les prisonnières ne contestent les conditions de survie qui leur sont imposées, la gestion de la détention s’est durcie. Sous couvert de lutte contre le terrorisme, les prisonnières ont notamment subi une « fouille sectorielle » d’une extrême violence dans la nuit du 3 au 4 novembre dernier. Les Eris (équipes régionales d’intervention et de sécurité, créées en 2003 pour militariser le maintien de l’ordre dans les prisons) ont insulté, frappé, humilié et fouillé les prisonnières à nu ; et aussi saccagé les cellules.

    Fouilles abusives et humiliantes

    Les prisonnières des Baumettes dénoncent aussi les pratiques plus quotidiennes des ELSP (équipes locales de sécurité pénitentiaire). Intégrées à la prison, ces équipes directement inspirées du modèle des Eris sont venues remplacer les Elac (équipes locales d’appui et de contrôle) en 2019, faisant encore monter d’un cran la militarisation. Depuis des mois, les fouilles à nu sont les violences les plus régulièrement dénoncées par les prisonnières. Elles sont en effet fréquentes depuis mars, et presque quotidiennes depuis quelques semaines.

    #lenvolée #violences_pénitentiaires #prison #Marseille

  • À la veille d’une nouvelle manifestation, Maria raconte son agression par des policiers à Marseille en 2018
    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/a-la-veille-d-une-nouvelle-manifestation-maria-raconte-son-agression-par-

    https://twitter.com/afpfr/status/1337827055078010883

    Le 8/12/2018, Maria, 19 ans, est frappée par des policiers en marge d’une manifestation marquée par des incidents à Marseille. 2 ans + tard, malgré la vidéo d’un voisin, l’enquête se dirige vers un non-lieu, laissant la jeune fille à ses cauchemars.

    https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/retour-sur-deux-ans-apres-l-enquete-sur-des-violences-policieres-sur-maria-

    Ce samedi de 2018, une semaine après la mort de Zineb Redouane, une octogénaire décédée après avoir été touchée de plein fouet, à sa fenêtre, par une grenade lacrymogène tirée par un policier, l’ambiance est très tendue. « Gilets jaunes », militants contre le logement insalubre et manifestants pour le climat ont envahi la Canebière.

    « La situation était insurrectionnelle », décrira le chef d’état major Jean-Marc Luca, directeur du service d’ordre ce jour-là, devant l’IGPN, la police des polices.

    Quand Maria (un prénom d’emprunt, NDLR) quitte la boutique où elle travaille en alternance, à quelques mètres de là, plusieurs commerces ont déjà été vandalisés. Il est 18H30, la jeune femme est avec son ami et veut acheter à manger avant de rentrer dans le foyer pour jeunes travailleurs où elle vit.

    Coincée entre les échauffourées d’un côté, vers le Vieux-Port, et un groupe de policiers qui se met à charger vers les incidents, elle se réfugie dans une ruelle. Là, touchée par un tir de lanceur de balles de défense (LBD) à la cuisse droite, elle s’effondre.

    « J’ai cru que j’avais perdu ma jambe », explique Maria à l’AFP. Mais elle ne sait toujours pas pourquoi elle a été ciblée. Tout juste se souvient-elle avoir lancé quelques petits pétards - des « claque-doigts » - avant les faits, mais jamais les policiers ne lui en parleront.

    – « Enquête +Canada Dry+ » -

    Tombée à terre, elle reçoit un coup de pied en plein visage, d’un homme chaussé de rangers. Et une pluie d’autres coups, de pieds, de matraques, qui lui fracturent le crâne : « J’avais les yeux ouverts, j’étais consciente, mais à un moment j’ai cru que j’allais lâcher ».

    Une photo prise à l’hôpital témoigne de la violence des coups : la tête partiellement rasée, elle porte sur le crâne deux énormes cicatrices.

    Ce dossier est « une non-affaire », expliquera Jean-Marc Luca, nommé depuis directeur départemental de la Sécurité publique de Vaucluse, dans un document consulté par l’AFP.

    Quant aux agresseurs, une quinzaine de policiers, dont au moins une femme, filmés par un voisin avec son téléphone, aucun n’a été identifié par l’IGPN.

    « C’est un artifice d’enquête, une enquête +Canada Dry+ », s’insurge Me Brice Grazzini, l’avocat de Maria, auprès de l’AFP.

    Interrogée par l’AFP, la Direction générale de la police nationale n’a pas souhaité faire de commentaire.

    Après l’avis de fin d’information du juge d’instruction en août, le premier vice-procureur de Marseille a signé un réquisitoire aux fins de non-lieu, le 2 septembre.

    Pour le représentant du parquet, l’information judiciaire a « démontré que ces violences illégitimes avaient été perpétrées par des fonctionnaires de police ». Et qu’elles n’étaient « ni absolument nécessaires au regard des circonstances, ni proportionnées à un comportement qui serait imputable » à Maria.

    Mais il n’y a personne à renvoyer devant un tribunal et c’est une ordonnance de non-lieu que devrait rendre le juge d’instruction d’ici à quelques jours, s’insurge Me Grazzini, pour qui « Maria a été victime d’une meute qui n’a rien à faire dans la police ».

    « Ils savent très bien qui c’était », lâche la jeune femme : « Je ne crois plus à un procès. A l’IGPN, quand j’ai raconté ce que j’avais vécu, c’était plus un interrogatoire qu’une déposition... Ils auraient au moins pu s’excuser, mais même pas ! »

    – « J’ai été abandonnée » -

    Quand Maria dépose une plainte le 19 décembre 2018 sur la plateforme de l’IGPN, à sa sortie de l’hôpital, les images des caméras de vidéosurveillance de la ville, conservées 10 jours, ont déjà été « écrasées ».

    Les échanges radios entre les policiers sur le terrain sont eux stockés deux mois, mais ils n’ont jamais été demandés avant l’ouverture de l’enquête préliminaire fin avril.

    Quant au logiciel Pegase, qui enregistre le positionnement de chaque brigade lors d’une intervention, un trou de près de neuf heures, entre 14H37 et 23H21 le jour des faits, rend son exploitation inutile. « Un bug informatique », affirme-t-on au Centre d’information et de commandement (CIC).

    « J’ai été abandonnée. Ils n’ont rien cherché », accuse Maria qui a depuis décroché son bac pro, mention très bien. Mais « les cauchemars sont toujours là », comme les cachets contre les migraines, les insomnies, les crises de colère, les troubles de la vue à l’oeil droit, les douleurs à la jambe.

    « Je survis, mais je n’y arrive plus. Je me demande si je suis folle. Je ne sors plus, je ne fais plus rien », explique-t-elle, craignant de perdre son travail une nouvelle fois : « J’aimerais juste faire mon deuil de ce jour là, je veux juste vivre ».

    #violences_policières #impunité #omerta

    • Violences policières sur Maria : le procureur de Marseille demande un non-lieu
      16 décembre 2020 Par Pascale Pascariello

      En marge d’une manifestation des « gilets jaunes » à Marseille, des policiers avaient fracassé le crâne de Maria∗, 19 ans, lui blessant gravement le cerveau. Alors que notre enquête avait révélé la partialité de l’IGPN, le réquisitoire du procureur conclut au non-lieu, aucun des agresseurs n’ayant été retrouvé.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/161220/violences-policieres-sur-maria-le-procureur-de-marseille-demande-un-non-li

      e 8 décembre 2018, Maria rentrait tranquillement chez elle après sa journée de travail. Mais ce maudit 8 décembre était aussi une journée de mobilisation des « gilets jaunes » et de manifestation contre les logements insalubres. Sur son chemin, elle croisa des policiers, qui, pour une raison inexpliquée, se jetèrent sur elle, la rouèrent de coups. Et changèrent le cours de sa vie.

      Dans un réquisitoire définitif révélé ce mercredi par l’AFP, le procureur de Marseille évoque ces « violences illégitimes » commises sur « une plaignante dont il ne ressort nulle part qu’elle ait manifesté une quelconque violence justifiant l’intervention des policiers ». Ce réquisitoire conclut cependant au non-lieu : aucun des agresseurs n’a été mis en cause. « Les investigations très poussées réalisées par le juge d’instruction n’ont pas permis d’identifier les auteurs, qui demeurent inconnus », conclut le parquet de Marseille.

      « Très poussées » les investigations ? Il faut relire notre enquête (ci-dessous) pour s’en faire une idée plus juste. Deux autres articles complétaient l’enquête :

      – Maria : « Les policiers m’ont enlevé ma vie »

      – Le 8 décembre à Marseille, un dispositif « de guerre » face aux « gilets jaunes »

      *

      Blanchir les policiers. Dédouaner les responsables. Et ne retrouver sous aucun prétexte les auteurs du tir et des coups qui ont changé la vie de Maria, 19 ans, qui rentrait chez elle après sa journée de travail à Marseille, le 8 décembre 2018, samedi de mobilisation des « gilets jaunes » et de manifestation contre les logements insalubres. À la lecture des pièces du dossier, que Mediapart a pu consulter, ce sont les seuls objectifs que semble s’être donnés l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices.

      Le 30 avril, le procureur de la République de Marseille a ouvert une enquête préliminaire pour « violences aggravées » par trois circonstances : elles auraient été commises par des personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion et armées. Dans ce cadre, l’IGPN a été saisie, puis son enquête versée à l’information judiciaire enclenchée fin juillet.

      Il y a quelques jours, le 31 octobre, le ministère de l’intérieur vantait encore la transparence de l’IGPN en annonçant que sur les 313 enquêtes judiciaires pour violences policières pour lesquelles elle avait été saisie, la police des polices avait transmis les deux tiers à la justice. Mais transmis quels éléments ? Après quelles enquêtes ?

      Aucune mesure n’a à ce jour été prise à l’encontre du moindre policier. Cet été, déjà, la cheffe de l’IGPN, Brigitte Jullien, réfutait « le terme de violences policières » et déclarait au Parisien que s’il n’y avait pas de policier suspendu, c’était « parce qu’aucune enquête n’a[vait] permis de conclure que la responsabilité d’un policier était engagée à titre individuel ».

      À la lecture de « l’enquête » menée à Marseille, on comprend mieux comment il est possible de ne jamais aboutir.

      Le fait que ce soit la section marseillaise de l’IGPN qui ait été saisie et non une antenne délocalisée (comme celle de Paris ou de Lyon) a-t-il accentué ce manque d’empressement à identifier les responsables ? Pour rappel, c’est déjà à Marseille que tout a été fait pour que le policier ayant causé la mort de Zineb Redouane le 1er décembre 2018, une semaine avant le drame de Maria, ne soit jamais identifié (à lire ici).

      Dans le cas de Maria, l’autoprotection des policiers a commencé par une obstruction. La jeune femme de 19 ans se serait d’abord vu opposer deux refus de dépôt de plainte dans deux commissariats en décembre, à sa sortie de l’hôpital. Elle n’a pu le faire qu’en avril. (voir et entendre ici son récit complet).

      L’IGPN est alors saisie. Mais près de cinq mois après les faits, les images de vidéosurveillance de la ville ont été écrasées selon les délais d’usage, de même que les écoutes des échanges radio de la police (Acropol), qui sont, elles, conservées deux mois.

      Maria à terre entourée de policiers, aux alentours de 18 h 40, le 8 décembre. Maria à terre entourée de policiers, aux alentours de 18 h 40, le 8 décembre.
      L’IGPN dispose donc seulement de deux vidéos et de quelques photos prises par des témoins.

      Le problème est que d’autres preuves, qui auraient pu être exploitées par la justice, ont disparu : le précieux rapport informatique faisant état de l’ensemble des mouvements et des interventions des policiers la journée du 8 décembre a été tronqué entre 14 h 37 et 23 h 21. Plus un mot de disponible.

      Auditionnée sur ce dysfonctionnement majeur, la fonctionnaire en charge de ce logiciel policier nommé Pegase, n’en revient pas : « C’est particulièrement étonnant. Cela fait deux ans que je suis au CIC [centre d’information et de commandement – ndlr] et c’est la première fois que je vois une fiche avec un tel défaut. Je ne suis jamais tombée sur une fiche qui présentait un tel “trou” dans les commentaires ». Selon cette fonctionnaire, il ne peut en aucun cas s’agir d’un bug informatique. Seulement d’une intervention humaine.

      Pourtant la conclusion que l’IGPN livre au procureur de la République est radicalement différente : le « rapport de synthèse Pegase […] apparaissait comme tronqué sur la tranche horaire 14 h 37-23 h 21 en raison d’un dysfonctionnement informatique, incident s’étant produit ponctuellement par le passé ».

      Interrogée par Mediapart sur cette contre-vérité, l’IGPN est restée silencieuse sur ce point, se réfugiant derrière « un nombre important d’auditions et d’actes d’enquête ». Comme si le volume du dossier d’enquête pouvait en masquer les incohérences.

      D’autres dysfonctionnements apparaissent vite. Alors que Maria a reçu un tir de LBD dans la cuisse, Philippe Combaz, le commissaire divisionnaire, qui supervise les opérations sur le terrain, concède n’avoir « peut-être même pas fait de sommations » ce samedi 8 décembre. Selon le code de la sécurité intérieure (ici et là) et le code pénal, il lui incombe pourtant impérativement de le faire avant que la force ne soit employée. Seule exception, si les policiers sont violemment attaqués et en danger – cas de figure qu’exclut la vidéo de Maria.

      Au cours des auditions, les responsables de police disculpent les agents placés directement sous leur commandement. Plusieurs d’entre eux rejettent la faute sur des policiers appartenant aux « compagnies de marche ». (lire ici notre article Un dispositif de « guerre »). Reconstituées à l’occasion des mouvements des gilets jaunes, ces brigades sont composées de huit à dix agents, en tenue ou en civil et recrutés dans différentes unités, comme la brigade anticriminalité (BAC), le service de sécurité des transports en commun, des fonctionnaires de bureaux, ou de la sûreté départementale.

      Certains policiers portent donc un brassard et un casque identifiable. D’autres n’ont ni insigne ni brassard, ont le visage masqué et sont affublés de matériels non réglementaires comme des casques de skate. Leur hiérarchie va se dire incapable de les authentifier.

      Lorsqu’il est auditionné, l’ami de Maria∗ rappelle qu’il a essayé de lui venir en aide, lorsqu’elle était rouée de coups, à terre, mais que d’autres policiers « l’ont poussé contre le mur […] et [lui] ont donné un coup de genou dans la tête ». Quand il a enfin pu porter secours à son amie, « consciente. Elle tremblait. Elle était pleine de sang, sa veste était pleine de sang. On voyait qu’elle était blessée gravement. Aucun policier n’est venu pour l’aider […] ou pour appeler des secours ».

      Il précise que si « les trois policiers du début qui donnent des coups de pied étaient en civil […] portaient des jeans, certains avec des rangers, d’autres des chaussures normales », ils ont ensuite été rejoints « par des policiers » identifiables à leur casque qui, eux aussi « ont frappé » Maria.

      Une partie des difficultés est là : certains des policiers ont sciemment masqué leur visage et ne portaient aucun signe indiquant leur appartenance à la police comme les y oblige pourtant le Règlement général d’emploi (RGE) de la police nationale.

      Faire porter la responsabilité aux « compagnies de marche » est dès lors pratique pour la haute hiérarchie policière.

      Loin de les disculper, les principaux chefs d’unité répondent souvent « je ne sais pas ». Impossible, par exemple, de savoir s’ils avaient des casques personnels. Ni de quel type d’armes ils disposaient. « C’est possible qu’ils aient été porteurs de grenades, mais je n’en suis pas sûr du tout. »

      Au terme de l’enquête préliminaire ouverte le 30 avril pour « violences aggravées par personnes dépositaires de l’autorité publique, en réunion, avec arme », le procureur de la République de Marseille a requis, le 25 juillet, l’ouverture d’une information judiciaire pour que soit saisi un juge d’instruction. Cette instruction a aussi été ouverte pour « non-assistance à personne en danger » et « violences aggravées ».

      Brice Grazzini, l’avocat de Maria, n’est pas rassuré pour autant. Il souhaite que les investigations ne soient plus menées par l’IGPN. « Quand on entre dans le détail, on s’aperçoit que les questions qui fâchent ne sont pas toujours posées, que les personnes “ambiguës” ne sont pas toujours interrogées ! Après avoir essuyé deux refus de plainte, une enquête partiale de l’IGPN, il faut continuer à se battre même au niveau judiciaire. J’ai dû de nouveau porter plainte pour tentative de meurtre contre les policiers… »

      Interrogé par Mediapart, le ministère de l’intérieur est catégorique : « L’IGPN déploie toutes les investigations pour faire la lumière sur cette affaire. » Le ministère assure aussi que l’IGPN a pris des mesures administratives sans préciser lesquelles.

      Des sanctions peut-être ? Le chef d’état-major Jean-Marc Luca, principal responsable de ce dispositif, en salle de commandement au moment des faits, a bien connu une évolution de carrière au cours de l’enquête. Mais pas celle qu’on aurait pu imaginer. Il a été promu directeur départemental de la sécurité publique du Vaucluse , le lundi 3 juin, en cours d’enquête.

    • Deux lycéennes portent plainte pour violences et humiliation sexuelle lors de leur arrestation, mais ce sont elles qui sont mise en examen
      https://mars-infos.org/deux-lyceennes-portent-plainte-5530

      Ce 23 décembre, une des deux lycéennes de 15 ans arrêtées et blessées par les flics à la manif du 12 décembre a été replacé en garde à vue. Toutes deux avaient initialement été relâchées sans charge, en effet la première avait dû être hospitalisée, et la garde à vue de la seconde était bourrée de trop d’irrégularités. Non seulement elles avaient été blessée, l’une d’entre elle souffrant d’un trauma crânien et de blessures à la mâchoires, mais aussi traitées de « petite pute », de « salope », menacées de fouille au corps par les policiers hommes.

      Et, comme par hasard, une semaine après leur dépôt de plainte respectif pour violences et humiliation sexuelle par les flics, les voilà mise en examen pour violences et rébellion. Une tactique tristement classique des flics qui ont « dérapé ». Dissuader leurs victimes de porter plainte en attendant qu’elles portent plainte pour le faire à leur tour, en sachant pertinemment qu’une plainte de keuf a plus de poids.

      Joyeuses #ACAB !

  • Interview de la mère d’Idir, mort au mitard | La petite cuillère
    https://blogs.radiocanut.org/petitecuillere/2020/11/05/la-petite-cuillere-emission-du-5-novembre-2020

    On vous a causé de × Idir, un prisonnier mort à Corbas en septembre 2020, c’est sa mère qui nous parle de l’affaire. × le covid en prison × le système carcéral aux états unis Durée : 59 min. Source : Radio Canut

    https://blogs.radiocanut.org/petitecuillere/podpress_trac/web/983/0/petitecuillere2020-11-05.mp3

  • Délire islamophobe : au moins 6 élèves en garde-à-vue ! - Marseille Infos Autonomes
    https://mars-infos.org/delire-islamophobe-au-moins-6-5407

    L’anti-terro est en roue libre complète ! Lundi, des collégiens et lycéens à Marseille, Miramas, Strasbourg et Paris ont été arrêtés chez eux par les flics, leurs maisons perquisitionnés, et sont pour certains déjà passé au tribunal pour « apologie du terrorisme » ! Tout ça pour un mot de travers pendant l’hommage à Samuel Paty, au nom de la liberté d’expression bien sûr...


    https://larueourien.tumblr.com/post/630425269871722496

  • Incendie au CRA de Marseille ! - Marseille Infos Autonomes
    https://mars-infos.org/incendie-au-cra-de-marseille-5406

    Le feu a pris au 1er étage vers 12h30, 3 cellules ont pris feu. Les autres bâtiment ont manifesté en criant liberté. La police cherche des responsables : ils ont déboulé avec matraque, chien et boucliers, en fouillant tous les prisonniers. Les retenus craignent la répression pénale.

    Faites tourner l’info !

    Communiqué des retenus du CRA de Marseille, publié le 30 octobre 2020
    https://mars-infos.org/communique-des-retenus-du-cra-de-5387

    Nous sommes actuellement plusieurs personnes, dont des pères de familles dont les enfants résident en France, à être « retenus » au Centre de Rétention du Canet à Marseille. Nous souhaitons alerter la population sur nos conditions de rétention en cette période d’épidémie de Covid-19, ainsi que sur l’iniquité de cette rétention, alors même que les frontières internationales sont fermées et que toute expulsion sera donc impossible.

    La plupart d’entre nous sont des personnes qui ont effectué toute leur scolarité en France et ont obtenus des diplomes français, qu’il s’agisse du CAP, du BEP, ou même du BAC.

    Moi-même, M. Ayari Lotfi, suis arrivé en France en 1992, à l’âge de 2 ans. J’ai grandi auprès des services de l’aide sociale à l’enfance. Aujourd’hui, cela fait 30 ans que je réside en France.
    Etant arrivé avant mes 13 ans et étant depuis plus de 20 ans sur le territoire, je devrai être protégé par certains articles de lois. Pourtant, la justice française m’a délivré une ITF, une intrediction du territoire français, pendant 5 ans. Contre cette ITF, j’ai lancé un reccours au TGI de Nîmes il y a plus d’un an. Et je n’ai toujours pas d’audience. C’est inadmissible. Les autorités compétentes ont dit à mon avocate que je n’étais pas une priorité. Ce qui paradoxallement ne les empêche pas de vouloir m’expulser. C’est à n’y rien comprendre. Je suis donc retenu au Centre de Rétention du Canet depuis le 29 aôut, soit plus de 25 jours. Le temps est long et le climat anxiogène.

    Nous sommes nombreux à nous sentir en détresse à l’heure actuelle entre ces murs. Nous vivons avec la peur du virus en permanence. Certains retenus sont arrivés au centre de rétention porteur du virus. Certains surveillants ont également été testés positifs au Covid-19 tout en continuant à travailler. Par trois fois il y a eu des débuts de contaminations générale dans le centre de rétention. Pourtant aucune mesure n’est prise pour nous protéger.

    Deux personnes sont également actuellement extrêmement malades. L’un des deux, un père de famille de 5 enfants, a subi deux infarctus. A la suite de chacune de ces crises cardiaque, cette personne a été conduite à l’hopital, puis de nouveau rammenée au centre de rétention. Les faits sont graves et cela fait peur. L’autre personne est un jeune adulte de 20 ans qui est épileptique. Ces deux personnes sont installées depuis longtemps en France. Ils ont de la famille, un hébergement stable. Ces personnes n’ont selon nous rien a faire ici et devraient être libérées.

    Mais il y a plus grave encore. Le 28 octobre, à 20h, monsieur le président de la république a fait une allocution en relation avec l’épidémie de Covid-19. Dans cette allocution il précise que TOUTES les frontières seront fermées à l’international. Il affirme que tous les établissements qui ne sont pas indispensables seront également fermés. Puisqu’aucune expulsion ne peut être réalisée, et puisque les établissements non-indispensables doivent fermer, pourquoi garde t-on les Centre de Rétention ouverts ?

    #CRA #migrants

  • Val Susa (Italie) : un été de lutte contre le TGV Lyon-Turin
    https://fr.squat.net/2020/08/15/val-susa-italie-un-ete-de-lutte-contre-le-tgv-lyon-turin

    Même si on en parle encore peu côté français, la lutte contre le projet de TGV Lyon-Turin a repris de plus belle depuis début juillet ! Alors que les habitant·es du Val Susa se battent depuis une vingtaine d’années contre la destruction de leur vallée, la lutte vient d’entrer dans une nouvelle phase. À partir de […]

    https://mars-infos.org/a-sara-dura-un-ete-de-mobiisation-5205
    https://notav.info
    https://www.notav.info/post/il-movimento-no-tav-e-giovane

  • Biélorussie : les anarchistes au sein de la révolte contre la dictature - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Bielorussie-les-anarchistes-au-sein-de-la-22515

    Dans la nuit du dimanche 9 août, en réponse à une élection largement considérée comme truquée, un mouvement de protestation massif a éclaté en #Biélorussie contre Alexandre Loukachenko, l’homme fort qui dirige le pays depuis plus d’un quart de siècle. La police a arrêté des milliers de personnes, tiré à balles réelles et assassiné des manifestant.es. De dimanche à mardi, le gouvernement de Loukachenko a apparemment fermé l’internet et les téléphones fixes dans l’espoir d’étouffer les protestations, tout en affirmant que le black-out était l’œuvre de forces extérieures à la Biélorussie. La candidate de l’opposition biélorusse, Svetlana Tikhanouskaya, a été arrêtée et apparemment forcée à lire un script déclarant que Loukachenko avait gagné les élections et exhortant les gens à « respecter la loi » et à se tenir à l’écart des manifestations de rue avant de fuir en Lituanie. Malgré cela, les protestations continuent. Dans un contexte où l’État a réprimé toute forme d’opposition politique, les anarchistes sont parmi les seuls groupes organisés encore capables de participer à des manifestations de rue. Pour comprendre les événements qui se déroulent, nous avons interrogé de nombreux.ses anarchistes du pays.

    https://mars-infos.org/bielorussie-les-anarchistes-au-5248
    source : https://fr.crimethinc.com/2020/08/12/bielorussie-les-anarchistes-au-sein-de-la-revolte-contre-la-dictature
    #mouvement_anarchiste

  • « La réalité de l’agriculture française, ce sont des hommes et des femmes qui se cassent le dos »
    https://reporterre.net/La-realite-de-l-agriculture-francaise-ce-sont-des-hommes-et-des-femmes-q

    Main-d’œuvre à bas coût, logements indignes... Un avocat et un sociologue spécialistes du travail agricole détaché détaillent à Reporterre comment, en glorifiant le made in France, « on promeut alors des marchandises qui ne sont pas produites de manière différente qu’en Espagne ou au Maroc ».

    [...]

    "Certains travailleurs sont sédentaires en France, qu’ils soient Français ou d’origine étrangère. D’autres viennent d’ailleurs pour compléter les effectifs, parce qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre en France. Dans ceux-ci, deux types de profils se dégagent : ceux employés dans des conditions tout à fait normales, qui viennent pour une mission et puis repartent. Et ceux qui ne sont pas en mesure de dire non à une proposition beaucoup plus floue. Ils sont souvent à la disposition d’une société intérimaire [étrangère] mais également des exploitants français et travaillent dans les conditions qu’on leur désigne, là où on leur dit, avec parfois des journées de plus de douze heures, des conditions d’hébergement déplorables et un salaire en-dessous du minimum légal, sans revendication possible."

    [...]

    "Les conditions de travail des saisonniers ne se sont pas améliorées et j’aurais tendance à dire que ça a empiré avec la concurrence exacerbée qui existe entre les zones de production, entre le sud de la France, le sud de l’Espagne, le sud de l’Italie et le Maroc notamment. Par ailleurs, la mécanisation dans le secteur a très peu avancé, parce qu’il y a accès à de la main-d’œuvre pas chère. L’arbitrage capital-travail est toujours le même : ça me coûte plus cher de mettre une machine que de mettre un homme au travail."

    #agriculture #exploitation

  • Communiqué - Collectif de Défense des travailleur-euses étranger-ères dans l’agriculture - Marseille Infos Autonomes
    #Covid-19#migrant#migration#france#travail#agriculture#solidarite

    https://mars-infos.org/communique-collectif-de-defense-5051

    Créé en 2003, les objectifs du CODETRAS restent la lutte contre l’exploitation de la main-d’œuvre étrangère, contre les dénis de droits, contre les discriminations et contre toutes formes d’exploitation dans l’agriculture. Il associe en son sein des paysans, des syndicats, des associations, des militants, des chercheurs.ses, des journalistes, des avocats et juristes…

  • #Police, #États-Unis, France, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 2 juin 2020)
    https://blog.mondediplo.net/police-etats-unis-france

    Comme toujours, les #institutions font porter à ceux qui en ont assez de parler dans le vide le poids de leur #surdité à elles. Expérience de pensée (ou sujet du bac de français créatif) : « À partir de l’hypothèse d’un commissariat de #Seine-Saint_Denis entièrement incendié, vous tenterez de composer l’éditorial du journal Le Monde ou la chronique matinale de Thomas Legrand ». Or, nous le savons, un jour en #France, ça va partir. Comme c’est en train de partir depuis #Minneapolis. Et ce sera au moins aussi justifié. Étonnamment cependant, on pressent que les médias français ne se pencheront pas sur le cas domestique avec la même intelligence des causes que sur le cas américain (la fenêtre oui, le miroir non !).

    [...]

    Vient alors la pièce finale du dispositif d’ensemble de la #dénégation : les médias. Car si l’idée que la police est violente, voire commence à « poser un problème » dans la société française, a fini — au bout de quatre ans de répression forcenée — par connaître un début de lumière, celle d’un #racisme systémique, #institutionnel, continue d’y faire l’objet d’un parfait refus d’obstacle. Dont l’indice nous est donné a contrario par la vitesse avec laquelle la presse #mainstream en France sait porter la plume dans la plaie des autres : « Les Noirs américains se révoltent contre des violences policières qui semblent aussi inévitables que le racisme structurel qui plombe l’Amérique ». Vous voyez qu’on est capable de le dire : il y a du racisme structurel ! En Amérique. Et, finalement, dit comme ça, on comprendrait presque que les Noirs aient des raisons de se révolter. Alors, voyons : que disait L’Obs quand la police se détendait dans les quartiers pendant le confinement, et que, comme aux États-Unis aujourd’hui, les jeunes, à force de tabassés et d’estropiés, ont décidé que ça commençait à bien faire ? Eh bien… rien. On a parlé de « tensions », « d’échauffourées », et surtout bâtonné de la dépêche AFP. #Rien.

    [...]

    Il y aurait d’ailleurs une sorte de satisfaction politique à ce que, comme aux États-Unis, ce soit dans la brèche ouverte par la révolte contre l’injustice raciste que s’engouffrent, à sa suite, toutes les autres révoltes.

    • « Et maintenant, vous entendez ? »

      Il ne faut pas attendre que les institutions de la surdité générale — pouvoir, police, médias — tirent en France les leçons de ce qui se passe aux États-Unis. Tous les relais de parole institutionnels ayant fait faillite, si les gens ont un message à faire passer ici, il va falloir procéder comme là-bas : avec des décibels et, en plus, le « petit quelque chose ». Avec également de la peinture et un pinceau pour le commentaire : « Et maintenant, vous entendez ? »


      https://mars-infos.org/minneapolis-maintenant-deux-camps-5108

    • A noter qu’à Lyon, on te relaie les anecdotes concernant Vaulx en Velin et le Mas du taureau, où les rodéos et les méchouis à l’air libre à 50 auraient eu lieu quotidiennement, avec la Police à laquelle on demandait de laisser faire. Ce sont des habitants sur place qui auraient relayé ces anecdotes. Et donc, quand on leur parle de Seine Saint Denis et de banlieue parisienne, on te relativise tes informations et tes histoires de violences policières systématiques et racistes.

    • Le problème structurel de la police offre alors un étonnant parallèle, quoique à front renversé, avec celui de la finance : dans les deux cas on cherche l’exception pour racheter la structure. Mais dans la finance, l’exception, c’est la bad apple, alors que dans la police c’est la good ! Parce que le trader fou est fou, on ne doit pas douter que la structure générale des marchés soit saine. Dans la police à l’inverse, c’est la good apple qui doit prouver que tout le panier est de qualité. On comprend que la « démonstration par l’exception » soit moins bien partie pour la police que pour la finance : il est plus difficile de racheter le panier quand presque toutes les pommes sont pourries. On comprend surtout qu’un genou à terre ne changera rien à l’analyse.