Après les attentats, échapper au climat d’urgence

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  • Après les attentats, échapper au climat d’#urgence, édito Le Monde
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/11/24/sortir-de-l-urgence_4816580_3232.html

    Mais le plus inquiétant réside dans la volonté présidentielle de réviser la #Constitution pour y inscrire le principe de l’#état_d’urgence. Cela reviendrait à institutionnaliser l’urgence au lieu de mettre en place les moyens d’y échapper, au lieu de limiter au maximum ces périodes de réaction au plus grand danger.

    ...les services (...) Manquent-ils encore de moyens ? Sont-ils mal organisés ? Ont-ils, à tort, délaissé le renseignement humain pour se noyer dans les données de la #surveillance_généralisée ? (...)

    Refuser l’urgence comme seule réponse, c’est aussi examiner en profondeur les racines du « djihadisme français », ou comment des centaines de jeunes hommes et femmes ont choisi, délibérément, de rejoindre les rangs de l’Etat islamique. Dans ces colonnes, Olivier Roy parle de « révolte générationnelle et nihiliste » pour décrire l’engagement de ces jeunes radicalisés et considère qu’il s’agit, non pas de « la radicalisation de l’islam mais de l’islamisation de la radicalité ». La France fournit plus du tiers des djihadistes européens en Syrie. Quel que soit leur impact, les bombardements sur l’EI ne constituent donc qu’une partie de la réponse.
    Sur le théâtre extérieur, la stratégie de Hollande chef de guerre a, elle aussi, été contaminée par l’urgence. Les attentats du 13 novembre ont fait sauter tous les principes établis depuis trois ans : le « ni Assad ni EI » comme la défiance à l’égard de la Russie. Comme s’il avait fallu attendre les tueries de Paris pour réévaluer une tactique invalidée par les faits depuis longtemps. La France participe, à raison, à la coalition contre l’Etat islamique. Mais les frappes ne suffiront pas pour briser l’EI. Une intervention occidentale au sol n’est pas non plus souhaitable. Il faudra bien que des forces locales se déploient et pour cela clarifier nos relations avec les acteurs régionaux.
    Au Proche-Orient, pour construire une vraie stratégie de long terme, la France devra reconsidérer l’ensemble de ses alliances, devenues, ces derniers temps, passablement illisibles. Et se poser notamment la question de sa relation privilégiée avec l’Arabie saoudite, si riche et si proche, par son fondamentalisme religieux, des mouvements les plus radicaux de l’islam sunnite. La sortie de l’urgence est au prix de quelques révisions douloureuses.

    #temporalité

    constitution :
    http://seenthis.net/messages/430312