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  • Justin Trudeau perd le contrôle de la campagne électorale qu’il a déclenchée Ludovic Hirtzmann, Montréal
    https://www.letemps.ch/monde/justin-trudeau-perd-controle-campagne-electorale-quil-declenchee

    A dix jours des législatives, le premier ministre canadien est dépassé dans les sondages par son rival conservateur. Il est aussi la cible de militants anti-vaccins, dont certains lui ont jeté des pierres lundi

    Le temps de la « Trudeaumania » et des selfies auprès de ses partisans est bien fini pour Justin Trudeau. Depuis le début de la campagne, les manifestants anti-vaccins traquent le dirigeant – dont le gouvernement soutient une obligation vaccinale pour les fonctionnaires fédéraux – lors de ses rassemblements électoraux. Si ces groupes contestataires sont certes minoritaires, ils sont aussi parfois violents. Une cinquantaine de militants antivax présents lundi à London, en Ontario, ont même jeté des cailloux sur le premier ministre.


    Justin Trudeau face à des manifestants lundi 6 septembre à Brantford, dans l’Ontario. — © REUTERS/Carlos Osorio

    Ces élections ressemblent de plus en plus à la campagne de Russie pour le leader du Parti libéral (PLC), alors que tout avait véritablement commencé en fanfare… chez le barbier. A l’aube de la fête nationale du Canada, le 1er juillet, le chef du gouvernement avait rasé sa barbe grisonnante et coupé ses cheveux longs, ainsi portés depuis le début de la crise sanitaire. Avec l’été, les mauvais jours de la pandémie semblaient enterrés. Et le candidat flamboyant paraissait de retour.

    #canada #justin_trudeau #libéraux #covid-19 #santé #international #trudeau #pass_sanitaire #coronavirus #confinement #crise_sanitaire #en_vedette #vaccination #pandémie

  • En Australie, selfies et vidéos en direct deviennent un outil de surveillance des personnes en quarantaine
    https://www.letemps.ch/monde/australie-selfies-videos-direct-deviennent-un-outil-surveillance-personnes-q

    Vous avez été mis en quarantaine ?
    Vous avez 15 minutes pour vous connecter à l’application de l’Etat d’Australie méridionale et prouver que vous êtes bien chez vous, grâce à la reconnaissance faciale et la géolocalisation.
    Un dispositif-test orwellien qui pourrait être déployé au niveau national

    Pour s’assurer du respect des mesures de quarantaine imposées dans le pays, un Etat australien impose à ses citoyens de se plier à un contrôle atypique : une application développée par le gouvernement, Home Quarantine SA, doit être installée pour s’assurer que chacun et chacune se trouve bien en isolement à l’adresse indiquée.

    Souriez, vous êtes filmés
    La personne contrôlée est contactée par SMS, de manière aléatoire, et dispose de quinze minutes pour montrer son visage devant la caméra de son smartphone. La date, l’heure et sa localisation sont alors vérifiées. Ceci pour prouver que le sujet filmé en direct est bien à son domicile. Mais ce n’est pas tout : ses traits sont également scrutés par un logiciel de reconnaissance faciale afin de déterminer s’ils correspondent bien au profil de la personne enregistrée. . . . . . .

    La suite payante, mais est ce bien nécessaire ?

    #contrôle #surveillance #smartphone #algorithme #vidéo-surveillance #biométrie #facial #santé #bigdata #géolocalisation #reconnaissance #police #coronavirus #pandémie #Australie

  • La Cour suprême américaine lève le moratoire sur les expulsions de locataires
    https://www.letemps.ch/monde/cour-supreme-americaine-leve-moratoire-expulsions-locataires

    L’extension du moratoire jusqu’au 3 octobre a été prise, début août, par les autorités sanitaires américaines. La Cour suprême s’est rangée du côté des propriétaires qui se disaient victimes de mesures injustifiées

    La Cour suprême des Etats-Unis a levé, jeudi soir, le moratoire sur les expulsions de locataires prévu jusqu’en octobre, mettant fin aux protections accordées à des millions de personnes en difficultés financières en pleine pandémie.

    La plus haute cour américaine s’est rangée du côté des propriétaires qui se disaient victimes de mesures injustifiées et a argué que toute nouvelle reconduction d’un moratoire devait être décidée par le Congrès et non par les autorités sanitaires - qui étaient jusqu’ici à l’origine de ces mesures.

    Un moratoire passé en force
    Un premier moratoire sur les expulsions de locataires avait été décidé en 2020, lorsque les Etats-Unis étaient frappés de plein fouet par la pandémie, et un taux de chômage vertigineux. Lorsque le moratoire avait expiré fin juillet, l’administration du président Biden avait exhorté les parlementaires américains à légiférer en urgence pour le prolonger. Ce que les élus n’étaient pas parvenus à faire avant que le Congrès ne cesse ses travaux pour la pause estivale.

    Sous pression de l’aile gauche de son parti, - une élue de la Chambre, Cori Bush avait campé plusieurs jours devant siège du Congrès - les autorités sanitaires de l’administration Biden avaient fini par décréter de par elles-mêmes un nouveau moratoire. Elles s’étaient appuyées sur les risques pour la santé publique pour justifier leur décision.

    « Si un moratoire d’expulsion imposé par les autorités fédérales doit se poursuivre, le Congrès doit l’autoriser spécifiquement », a balayé la Cour suprême, à majorité conservatrice, dans un argument d’une quinzaine de pages.

    La Maison-Blanche s’en remet aux villes et aux Etats
    La Maison-Blanche a immédiatement fait part de sa « déception ». « A cause de cette décision, des familles vont devoir faire face à des expulsions douloureuses, et des communautés à travers le pays vont être confrontées à un risque accru d’exposition au Covid-19 », a déploré la porte-parole du président américain, Jen Psaki.

    « Le président Biden appelle une fois de plus toutes les entités qui le peuvent - des villes et des Etats aux tribunaux locaux, en passant par les propriétaires et les agences ministérielles - à agir de toute urgence pour empêcher les expulsions », a-t-elle ajouté.

    L’exécutif américain s’attendait à ce que ce moratoire soit contesté en justice mais espérait ainsi laisser du temps supplémentaire pour verser aux locataires des fonds alloués pour les aider à payer leurs loyers, mais dont les versements avaient été considérablement ralentis - notamment à cause de la bureaucratie.

    #usa #moratoire #logement #expulsions #inégalités #pauvreté #précarité #chômage #répression #covid-19 #Bush

  • Affaire Epstein : une Américaine porte plainte contre le prince Andrew pour abus sexuels
    https://www.letemps.ch/monde/affaire-epstein-une-americaine-porte-plainte-contre-prince-andrew-abus-sexue

    Une Américaine, qui accuse le prince britannique Andrew d’abus sexuels sous l’emprise du financier Jeffrey Epstein quand elle était mineure, a déposé une plainte, lundi, à New York, a indiqué la plaignante avec son avocat. Elle était âgée de 16 ans au moment des faits reprochés.

    La plainte, consultée par l’AFP, affirme que le duc d’York, deuxième fils de la reine d’Angleterre, est « l’un des hommes puissants » à qui la plaignante a été « remise dans un but sexuel », quand elle a été la victime entre 2000 et 2002 du vaste trafic sexuel pour lequel le financier Jeffrey Epstein a été inculpé et incarcéré. Ce dernier s’est donné la mort dans une prison de Manhattan, à l’été 2019.


    La plaignante Virginia Roberts Giuffre quitte le tribunal fédéral de New York, le 27 août 2019. — © EPA /ALBA VIGARAY

    La plainte a été déposée lundi au tribunal fédéral de Manhattan, en vertu d’une loi de l’Etat de New York sur les victimes mineures, qui donne un délai d’un an pour intenter une action pour abus sexuels, sans règle de prescription. Cette loi, entrée en vigueur en août 2019, laisse encore quelques jours aux victimes potentielles pour agir.

    Appel à la mobilisation des victimes du prince Andrew
    Le prince Andrew a déjà rejeté ces allégations. Il est accusé dans la plainte d’avoir « agressé sexuellement » la plaignante, alors mineure, à trois reprises : à Londres chez une très proche d’Epstein, Ghislaine Maxwell, et dans les propriétés de l’homme d’affaires à New York et dans les îles Vierges.

    « Je tiens le prince Andrew responsable de ce qu’il m’a fait. Les puissants et les riches ne sont pas exempts de rendre des comptes. J’espère que d’autres victimes verront qu’il est possible de ne pas vivre dans le silence et la peur », a indiqué l’accusatrice dans une déclaration transmise aux médias.

    Le duc plongé dans la tourmente
    Aujourd’hui âgé de 61 ans, le prince Andrew avait « catégoriquement » démenti de telles accusations dans une interview jugée calamiteuse à la BBC en novembre 2019. Il avait notamment émis des doutes sur l’authenticité d’une photographie très médiatisée le montrant avec la plaignante et, à l’arrière-plan, Ghislaine Maxwell, qui reste incarcérée dans l’affaire Epstein.

    Malgré ses dénégations, sa fréquentation de l’homme d’affaires américain l’avait plongé dans la tourmente et contraint à se retirer de la vie publique.

     #actualités_internationales #viol #jeffrey_epstein #epstein #pédophilie #culture_du_viol #ghislaine_maxwell #femmes #violophilie #grand_homme #prince_andrew #Angleterre

  • La Pologne fait un pas décisif vers un « Polexit juridique »

    En pleine bataille avec l’Union européenne sur la question de l’Etat de droit, le Tribunal constitutionnel polonais, proche du pouvoir, refuse de se soumettre aux décisions de la Cour de justice de l’UE.

    La Pologne et l’Union européenne se sont livrées à un bras de fer par tribunaux interposés, ce mercredi, sur la question de l’Etat de droit, qui empoisonne les relations entre Varsovie et la Commission depuis l’arrivée au pouvoir de Droit et Justice, le parti ultraconservateur dirigé par Jaroslaw Kaczynski, en 2015.

    C’est la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui a tiré la première. Vers 15h, la juridiction suprême de l’UE, à Luxembourg, a demandé la suspension immédiate de la Chambre disciplinaire de la Cour suprême polonaise, institution qui n’est pas conforme au droit de l’Union. Une heure plus tard, à Varsovie, le Tribunal constitutionnel, après une courte journée de débats houleux, jugeait que les décisions de la CJUE sur la Chambre disciplinaire étaient incompatibles avec la Constitution polonaise.

    Autrement dit, le Tribunal constitutionnel ne reconnaît plus l’autorité judiciaire de l’Union européenne en matière d’Etat de droit, qui est pourtant l’élément fondateur des traités européens, analyse Laurent Pech, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Middlesex à Londres, et spécialiste de la Pologne. Autrement dit, le Tribunal constitutionnel polonais, avec ses pseudo-juges, vient de créer les conditions d’un non-respect systématique du droit de l’Union, c’est un Polexit juridique. »
    . . . . . . . .

    La suite gratuite : https://www.letemps.ch/monde/pologne-un-decisif-vers-un-polexit-juridique

    #pologne #Polexit #CJUE #ue #union_européenne #lois #indépendance_judiciaire

  • Rapport spécial 08/2021 : Soutien de Frontex à la gestion des frontières extérieures : pas assez efficace jusqu´ici

    Dans le cadre de l’#audit objet du présent rapport, nous avons cherché à déterminer si Frontex avait exercé de manière efficace quatre de ses six activités principales afin de contribuer à la mise en oeuvre d’une #gestion_européenne_intégrée_des_frontières, aidant ainsi les États membres à prévenir et détecter l’immigration illégale et la criminalité transfrontalière et à réagir en conséquence. Nous avons également examiné dans quelle mesure Frontex était préparée à remplir le nouveau mandat élargi qui lui a été conféré en 2019.

    Nous sommes parvenus à la conclusion que le soutien apporté par Frontex aux États membres de l’UE/pays associés à l’espace Schengen dans la lutte contre l’immigration illégale et la criminalité transfrontalière n’était pas suffisamment efficace. Nous avons observé que Frontex ne s’était pas pleinement acquittée du mandat qui lui a été confié en 2016, et nous avons mis en évidence plusieurs risques liés à son mandat de 2019.

    Rapport spécial de la Cour des comptes européenne présenté en vertu de l’article 287, paragraphe 4, deuxième alinéa, du TFUE.

    Pour télécharger le rapport :
    https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR21_08/SR_Frontex_FR.pdf

    Et le communiqué de presse :
    https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/INSR21_08/INSR_Frontex_FR.pdf

    https://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=58564

    #rapport #cour_des_comptes #cour_des_comptes_européenne #Frontex #frontières #migrations #asile #réfugiés #efficacité

    ping @isskein @karine4 @_kg_

    • L’action de Frontex mise en cause par la Cour des comptes européenne

      La Cour des comptes européenne dénonce son manque d’efficacité dans la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale. L’agence admet que des « améliorations » sont nécessaires.

      L’agence Frontex, déjà visée par des accusations de refoulements illégaux de migrants, voit son action mise en cause lundi par la Cour des comptes européenne, qui dénonce son manque d’efficacité dans la lutte contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale. « Notre opinion, basée sur des faits, est que Frontex ne s’acquitte pas de cette tâche de manière efficace actuellement. C’est d’autant plus inquiétant à un moment où elle se voit confier des responsabilités accrues », a déclaré le responsable d’un rapport publié lundi, Leo Brincat.

      L’agence européenne, créée en 2004, a vu son mandat élargi en 2016, pour aider les Etats membres à lutter contre l’immigration illégale et la criminalité transfrontalière. Ce mandat a encore été renforcé en 2019, en prévoyant la mise en place d’un contingent permanent de 10 000 membres d’ici 2027 - alors que ses effectifs n’étaient que de 750 en 2019 - et un budget moyen d’environ 900 millions d’euros par an pour la période 2021-2027. Les auditeurs pointent notamment « des lacunes et des incohérences » dans les systèmes d’échange d’informations entre Frontex et les Etats membres.

      La nécessité d’un « cadre adéquat »

      Ils ont « noté que, bien qu’un cadre fonctionnel pour l’échange d’informations ait été mis en place pour soutenir la lutte contre l’immigration illégale, il ne fonctionnait pas suffisamment bien pour fournir un tableau exact, complet et actualisé de la situation aux frontières extérieures de l’UE ». Et qu’un « cadre adéquat pour l’échange d’informations aux fins de la lutte contre la criminalité transfrontalière n’a pas encore été institué ».

      « Cela affecte la capacité de Frontex et des États membres à surveiller les frontières extérieures et, le cas échéant, à réagir rapidement aux menaces détectées », estiment-ils. « Nous pensons que Frontex a connu trop de changements trop vite », a commenté Léo Brincat, rappelant que la décision de renforcer son mandat avait été prise par les Etats membres.

      L’audit, décidé par la Cour en 2019, ne porte toutefois pas sur les accusations de refoulements de migrants en mer Egée dont fait l’objet Frontex depuis la publication d’une enquête dans plusieurs médias en octobre 2020. Accusée d’être impliquée avec les garde-côtes grecs dans ces agissements illégaux, Frontex est visée par plusieurs enquêtes, notamment de l’Office européen de lutte antifraude, l’Olaf.

      Frontex, dirigée par le Français Fabrice Leggeri, a indiqué dans un communiqué être « consciente que des améliorations sont nécessaires et travaille dur pour rendre l’agence plus forte et encore plus efficace ». « Bon nombre des problèmes soulevés sont liés à des facteurs externes qui échappent au contrôle de l’agence », a affirmé un porte-parole de l’agence, ajoutant que la mise en oeuvre des recommandations du rapport « requiert un effort combiné de Frontex, de la Commission européenne et des autorités nationales ».

      https://www.letemps.ch/monde/laction-frontex-mise-cause-cour-comptes-europeenne

    • Union européenne et immigration : Frontex jugée inefficace pour contrôler les frontières, les ONG dénoncent l’invisibilisation des migrants à Paris

      La Cour des comptes européenne épingle Frontex, dont le budget a été multiplié par 47 en 15 ans, pour son inefficacité contre le crime transfrontalier & l’immigration illégale. L’UE parle migrations à Luxembourg. La France est critiquée pour ses choix politiques qui poussent des migrants à se cacher.

      Des ONG accusaient déjà Frontex de refouler illégalement des migrants hors d’Europe. L’agence de garde-frontières et de garde-côtes est désormais critiquée pour son manque global d’efficacité et c’est la Cour des comptes européenne qui monte au créneau : Selon elle, Frontex n’arrive pas à lutter contre la criminalité transfrontalière et l’immigration illégale, alors que son budget a été multiplié par 47 en quinze ans. A sa création, ce corps de garde-frontières censé aider à sécuriser les frontières extérieures, était dotée de 19 millions d’euros par an, 900 millions d’euros aujourd’hui. Frontex est devenue la plus grosse agence de l’Union européenne, avec de lourdes responsabilités et un budget de 11 milliards d’euros pour la période 2021-2027. Mais l’argent du contribuable européen n’est pas forcément utilisé à bon escient, selon un audit de la Cour des comptes de l’Union européenne. Rapport sévère contre Frontex, analysé par Marie-Pierre Vérot.

      Les frontières extérieures de l’Union, il en sera aussi question lors d’une réunion à Luxembourg. L’occasion pour les ONG et la Défenseure des droits d’alerter sur des choix politiques pour rendre les migrants invisibles. A force de démanteler leurs campements de fortune et faute d’hébergement durable, certains vont se cacher dans des buissons, sous les ponts du périphérique parisien. La question migratoire et les règles aux frontières extérieures des Vingt-Sept seront au cœur d’une réunion des ministres européens de l’Intérieur et de la Justice, aujourd’hui, à Luxembourg. En France, la pandémie, les confinements successifs et les décisions politiques de ces derniers mois ont aggravé la situation des migrants, alerte la Défenseure des droits Claire Hédon. En Ile-de-France, les campements de fortune sont systématiquement évacués, comme fin novembre, à Saint-Denis, où 3 000 personnes dormaient sous des tentes ou à même le sol. La Défenseure des droits, les demandeurs d’asile et les associations sur le terrain dénoncent une invisibilisation de ces exilés. Reportage, à Paris de Théo Sire. Contactée, la préfecture d’Ile-de-France n’a pas répondu à nos sollicitations.

      https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-7-h/journal-de-7h-du-mardi-08-juin-2021

    • La Cour des comptes de l’UE critique quant au rôle, à l’efficacité et à la gestion de Frontex

      L’organisme européen estime que l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes ne soutient « pas toujours » les Etats membres dans leur gestion des frontières extérieures.

      Instrument essentiel dans le projet de « pacte global » pour la migration déposé par la Commission européenne en 2020 ainsi que pour ses récents plans de réforme de l’espace Schengen, l’agence Frontex est-elle, actuellement, capable d’exercer ses missions de contrôle des frontières extérieures de l’Union et de lutte contre la migration illégale et la criminalité ? La réponse est négative et, cette fois, elle ne vient pas d’ONG ou de médias mais de l’une des institutions les plus importantes de l’Union, à savoir la Cour des comptes européenne.

      Basée à Luxembourg, cette instance est chargée de contrôler les organisations qui gèrent des fonds de l’UE et publie des recommandations afin d’améliorer leur fonctionnement. Le rapport, publié lundi 7 juin, qu’elle consacre à l’activité de l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes ne passera pas inaperçu.

      La Cour estime, en effet, que Frontex ne soutient « pas toujours » les Etats membres dans leur gestion des frontières extérieures, ce qui s’avère « particulièrement préoccupant », étant donné que cette agence établie à Varsovie va voir ses moyens, son budget, et ses tâches enfler considérablement au cours des prochaines années.

      Quant à la lutte contre le crime transfrontalier, autre mission-clé de Frontex, elle occupe une place trop limitée dans ses activités, relève le rapport. On manque, à cet égard, de données sur ses performances et le coût de ses agents. Les décideurs ne sont, dès lors, pas informés correctement. La Cour des comptes relève qu’aucune analyse d’impact n’a précédé la décision de faire de l’agence le premier corps armé de l’Union. Le dernier examen externe de son fonctionnement remonte d’ailleurs à 2015.
      Une action « pas assez efficace »

      C’est ensuite en 2016 et 2019 que ses compétences ont été progressivement élargies et qu’elle est passée d’un rôle de soutien et de coordination aux pays membres à un rôle vraiment opérationnel. Pour cela, l’organisation dirigée par le Français Fabrice Leggeri disposera, d’ici à 2027, d’un contingent de 10 000 agents et d’un budget annuel de quelque 900 millions d’euros.

      Or, aujourd’hui déjà, son action n’est « pas assez efficace », relèvent les auditeurs de la Cour : Frontex ne s’est pas pleinement acquittée de son mandat de 2016 et celui de 2019 présente « plusieurs risques ». Notamment parce que l’agence n’a pas adapté son organisation et accumule trop de lacunes dans l’utilisation des ressources humaines, l’analyse des risques ou la communication entre ses différentes unités.

      Autre critique : l’augmentation exponentielle des ressources décidée « a été approuvée alors que les besoins et l’impact sur les Etats membres n’avaient pas été quantifiés » et qu’en fait l’efficacité de Frontex n’a pas été mesurée depuis l’arrivée massive de migrants en 2015-2016. L’impression que la Commission et le Conseil ont assez largement improvisé l’extension du rôle de l’agence, au plus fort de la crise migratoire déclenchée voici plus de cinq ans, est confirmée par d’autres observations du rapport.

      Tentant de parer au plus pressé pour éviter une nouvelle crise et rassurer l’opinion quant à leur capacité de gérer la question migratoire, les décideurs ont, par exemple, prévu un cadre pour l’échange d’informations, mais, en réalité, il n’offre pas une vision précise de la situation aux frontières extérieures. La réelle surveillance de celles-ci et une réaction rapide à d’éventuelles menaces sont donc improbables. Jusqu’ici, seule la Grèce, en première ligne, a d’ailleurs activé (à quatre reprises) le mécanisme d’intervention rapide de Frontex -d’autres Etats, comme l’Italie, se gardent d’en appeler à cet embryon de force paneuropéenne.
      Statistiques non harmonisées

      L’efficacité du cadre d’échanges fixé est, en outre, entravée par des contraintes juridiques liées à l’exploitation des données. Certaines capitales ne livrent pas des informations suffisamment exhaustives ou qualitatives. Et si d’autres le sont, leur format fait que, pour des raisons techniques, elles restent inaccessibles à d’autres pays. Globalement, les statistiques sur des situations problématiques ne sont, elles, ni harmonisées ni comparables. Quant aux équipements mis en commun pour le contrôle des passages aux frontières, ils ne sont pas toujours interopérables.

      En concluant la cinquantaine de pages de son rapport, la Cour des comptes formule des recommandations qui alimenteront notamment les débats du Parlement européen, où de nombreux élus de gauche et du centre sont d’ores et déjà très remontés contre l’agence. Les eurodéputés ont refusé récemment de donner leur quitus au budget 2019 de l’agence et ils enquêtent toujours sur le rôle présumé de Frontex -qui rejette les accusations- dans des refoulements illégaux de migrants (ou « pushbacks ») dans différents pays de l’Union, à commencer par la Grèce.

      Le rapport n’évoque pas, il faut le noter, cette question du respect des droits fondamentaux. Elle « sortait du cadre de cet audit », indique le Cour, mais sera sans doute étudiée plus tard, dans le cadre d’une analyse sur la politique de l’Union en matière de retour des migrants et de lutte contre les trafics. En 2019, les opérations de retour représentaient 28 % des coûts opérationnels de Frontex.

      Dans l’immédiat, les auditeurs de Luxembourg prônent l’amélioration du cadre européen pour l’échange d’informations et le renforcement du rôle opérationnel de Frontex, avec la définition d’une méthodologie, des exercices en commun et une analyse du coût et de la pertinence des opérations menées. Ou encore une réforme en profondeur de l’organisation interne. « Il n’est pas certain que le contingent permanent [de 10 000 hommes] puisse fonctionner comme prévu », conclut le rapport, dans un sous-entendu lourd de sens. Dans l’immédiat, Frontex se dit cependant « consciente de [ses]lacunes » et prête à appliquer ces « conseils ».

      https://www.lemonde.fr/international/article/2021/06/07/la-cour-des-comptes-de-l-ue-critique-quant-au-role-a-l-efficacite-et-a-la-ge

  • #mdr Débloquage de 12% du transport maritime mondial

    . . . . . Selon la société néerlandaise Smit Salvage mandatée par l’exploitant du navire Evergreen Marine Corp, basé à Taïwan, pour aider à dégager le navire, l’opération pourrait prendre « des jours voire des semaines ». Evergreen a sollicité Smit Salvage et l’entreprise japonaise Nippon Salvage pour mettre en place « un plan plus efficace » de sauvetage du navire. Les premiers experts devraient arriver jeudi. . . .

    Source : https://www.letemps.ch/monde/canal-suez-pourrait-bloque-jours-voire-semaines

    #capitalisme #suez #transport #container #suez #mondialisation

  • Le suffrage féminin, en Suisse et dans le monde, en dates et en chiffres

    https://www.letemps.ch/monde/suffrage-feminin-suisse-monde-dates-chiffres

    Il y a 50 ans, les femmes obtenaient le droit de vote en Suisse, bien après celles de nombreux pays. Panorama de la question en quelques cartes et graphiques.

    au palmarès, pour la vieille Europe :

    France : 1871 (2 mois),
    Funland : 1906, Norvège : 1913,
    Portugal : 1931,
    France : 1944, Italie : 1945, Belgique : 1948,
    Suisse : 1971, Portugal : 1974,
    Liechtenstein : 1984,
    Moldavie : 1993

    la Moldavie était en URSS avant 93 donc sans doute déjà pourvue du droit de vote des femmes depuis 1917

  • Le #Royaume-Uni va investir massivement dans sa défense - Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/royaumeuni-va-investir-massivement-defense

    « La situation internationale est plus périlleuse et intensément compétitive que jamais depuis la guerre froide et la Grande-Bretagne doit être fidèle à son histoire et se tenir aux côtés de ses alliés », a-t-il ajouté, soulignant l’occasion pour le pays de mettre fin à une « ère de repli », de « renforcer son influence dans le monde », « d’être pionnier dans les nouvelles technologies et défendre notre pays et notre mode de vie ».

    Cet engagement permettra au Royaume-Uni « d’investir dans des technologies de pointe » selon Downing Street et le premier ministre doit annoncer « une nouvelle agence dédiée à l’intelligence artificielle » et la création d’une force contre les attaques informatiques et un « nouveau commandement spatial capable de lancer notre première fusée en 2022 ». L’ensemble de ces projets permettra de créer jusqu’à 10 000 emplois par an, affirme le gouvernement.

    #investissements

  • La #RTS, #Darius_Rochebin et la loi du silence

    Gestes déplacés, propos salaces, utilisation de fausses identités sur les réseaux sociaux : de nombreux témoignages font état de dysfonctionnements au sein de la RTS. Parmi les figures épinglées, l’ancien présentateur phare Darius Rochebin

    Genève, décembre 2017. A l’intérieur de la tour de verre qui abrite la RTS, il est environ 20h. Dans un enregistrement transmis au Temps, deux journalistes discutent hors antenne de la bombe médiatique du moment : l’affaire Yannick Buttet (PDC/VS). En pleine vague #MeToo, le politicien valaisan quitte le parlement à la suite de l’ouverture d’une procédure pénale à son encontre après le dépôt d’une plainte pour harcèlement sexuel. La polémique est nationale.

    « Je trouve que c’est l’arbre qui cache la forêt, dit une première voix, celle d’une présentatrice du service public. En tant que nana… on est là, on s’étonne. Tu te dis, excusez-moi, mais ici, c’est quand qu’on la fait, l’enquête ? » Son collègue rebondit : « C’est un autre débat, ça. Qui c’est qui plaque contre les murs ici ? » Elle rétorque : « Darius, il fait ça. »

    En une phrase, le mythe vacille. Darius Rochebin aurait-il outrepassé ses droits ? La suite de l’enregistrement laisse par ailleurs entendre qu’il n’est pas le seul. Le Temps a mené l’enquête. Fruits de plusieurs mois de travail, nos recherches ont permis de lever le voile sur des comportements pour le moins problématiques de la part de plusieurs collaborateurs du service public. Survenus à partir du début des années 2000, certains de ces faits étaient connus à l’interne mais n’ont jamais été révélés publiquement.

    Connivence entre cadres, personnalités influentes, taille de l’entreprise publique permettant à certains départements de déplacer les personnes mises en cause plutôt que de les sanctionner, crainte d’un dégât d’image dans le cadre de la votation « No Billag », peur de représailles professionnelles : les raisons du silence sont nombreuses.

    Pourquoi le briser maintenant ? A la faveur d’une libération historique de la parole ces dernières années et à la suite du départ en France de Darius Rochebin, une chape de plomb semble progressivement se lever à la RTS. A une exception près, les personnes qui apparaissent dans l’article ont toutefois souhaité que leur nom soit modifié. Certaines d’entre elles sont en effet encore en poste, tout comme celles qu’elles désignent.

    Lire aussi : Harcèlement sexuel au travail : de quoi parle-t-on ?
    1. Des dysfonctionnements depuis le début des années 2000

    Trois cas emblématiques témoignent de l’inaction aujourd’hui dénoncée. Le premier concerne un cadre toujours en poste – appelons-le Robert*. « Cette affaire représente environ dix ans de dysfonctionnement de la part d’un manager envers ses subordonnés en position de faiblesse et autant d’alertes ignorées par la direction », témoigne Pierre*, un collaborateur de la RTS.

    Entre 2005 et 2015, une quinzaine d’employés du service public se plaignent tour à tour de ce dernier : mobbing, harcèlement sexuel, envoi intempestif de lettres « vicieuses », SMS suggestifs pendant et en dehors des heures de bureau. Des subalternes affirment sortir « abîmés » de séances d’évaluation en sa compagnie. Le climat de travail est si mauvais qu’un collaborateur en vient presque aux mains avec lui au bureau. L’idée d’une plainte collective auprès de la police est même évoquée, avant que le front commun ne se délite. Pierre l’affirme : Robert est à l’origine de plusieurs burn-out et d’au moins deux démissions. « Il sait se rendre aimable avec ses égaux et ses supérieurs, dit-il. Mais une fois dans son pré carré, il réduit les gens en bouillie. »
    « Dans un placard doré »

    Pendant plusieurs années, la gravité de la situation est régulièrement signalée à la direction, sans effet. Au milieu des années 2010, un mail explosif parvient aux ressources humaines : une employée a récolté toutes les preuves (lettres, SMS) du harcèlement sur plus d’un an de la part de Robert à son encontre et demande des actes. La RTS tente de la raisonner et propose une médiation aux deux collaborateurs. Elle refuse. A sa demande, elle sera finalement mutée dans une autre ville. Selon une source proche du dossier, la RTS lui signifie en outre de « respecter la confidentialité la plus stricte » sur la situation. Robert aurait quant à lui reçu un simple avertissement.

    Quatre mois plus tard, il refait parler de lui : une autre de ses subalternes est mise en arrêt maladie à la suite de ce qu’elle estime être du mobbing. La direction est de nouveau interpellée et traite le problème à sa façon : en 2015, Robert est promu. « Placé dans un placard doré. » L’expression revient chez la demi-douzaine de personnes qui ont témoigné à son sujet. « Il n’a plus le droit d’avoir de subordonnés directs, mais jouit d’un statut confortable au sein de la hiérarchie, souligne Pierre. C’est malheureusement trop souvent ainsi que fonctionne la gestion des ressources humaines à la RTS. Tant qu’il n’y a pas de scandale public, les problèmes sont étouffés. »

    « De manière générale, il n’y a pas de prévention du harcèlement à la RTS, corrobore une autre de ses anciennes subalternes, qui a, depuis, changé d’employeur. J’ai essayé d’alerter mes supérieurs, mais personne n’a voulu m’écouter. Robert a été couvert et défendu par la hiérarchie. J’ai eu l’impression que le même profil du mâle alpha quinquagénaire se retrouvait à tous les échelons de la direction. La politique de management est rétrograde et ce type de comportement est protégé. »
    « La main baladeuse »

    L’enregistrement évoquant Darius Rochebin en début d’article mentionne un deuxième cas problématique : celui de Georges*, employé de longue date à la télévision romande, connu à l’interne pour avoir « la main baladeuse ». Son comportement est cependant allé plus loin. Selon nos informations, il a embrassé plusieurs fois l’une de ses anciennes subalternes sans son accord, avant d’insister par SMS à de nombreuses reprises. Cette dernière a confié son histoire au Temps, tout en souhaitant limiter l’exposé des détails afin de se préserver autant que possible.

    « J’aurais dû lui foutre une claque plus tôt, dit-elle. Mais il y avait une relation de pouvoir et j’avais honte. » Elle n’osera pas en informer ses supérieurs. Ceux-ci étaient-ils au courant ? Sans pouvoir le confirmer, cette ancienne employée de la RTS répond qu’après avoir raconté ce qu’il lui était arrivé à ses collègues, on l’avait avisée qu’il « avait déjà fait ce genre de choses auparavant ». Si ce n’est de la direction, l’affaire était connue d’un bon nombre d’employés. « La RTS est une maison où les collaborateurs se cramponnent à leur siège, juge cette ancienne collaboratrice. Certains sont là depuis trois décennies et se soutiennent les uns les autres. » Comme Robert, Georges est toujours en poste.

    Contactée par Le Temps, au sujet de ces deux collaborateurs, la direction de la RTS a fourni la réponse suivante : « Nous ne pouvons pas commenter les cas particuliers en raison de la protection de la personnalité. Lorsqu’un cas survient, nous le traitons toujours avec diligence et fermeté. »

    Les personnes qui se confient aujourd’hui sont nombreuses à évoquer la honte et la crainte que leur vécu ne soit ramené à une simple affaire de « drague lourde ». Pourtant, la loi est claire, comme le rappelle Sylvie Durrer, la directrice du Bureau fédéral de l’égalité : « Tout comportement importun de caractère sexuel ou tout autre comportement fondé sur l’appartenance sexuelle, qui porte atteinte à la dignité de la personne sur son lieu de travail, relève du harcèlement sexuel, selon l’article 4 de la loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes. » Il n’existe pas de définition exhaustive dudit harcèlement, qui peut se manifester sous diverses formes : « contacts physiques, attouchements non souhaités, avances ou encore pressions ». « Les comportements qui contribuent à créer un climat de travail hostile, par exemple des plaisanteries déplacées, peuvent aussi représenter du harcèlement sexuel », précise la directrice.

    Les responsabilités de l’employeur sont également encadrées par la loi, souligne-t-elle : « En plus de son obligation d’instaurer des mesures de prévention contre le harcèlement sexuel, l’entreprise est tenue de prendre au sérieux les signalements de tels harcèlements et doit établir les faits. Les rumeurs et allusions doivent aussi donner lieu à une enquête. »

    Autour de Darius Rochebin, un silence assourdissant

    Des bruits de comportements déplacés, il en existe depuis des années au sujet d’un autre employé du service public : Darius Rochebin, présentateur phare de la RTS jusqu’à l’été 2020. Au-delà de ses compétences professionnelles incontestables, sa réputation, à l’interne, le précède : mains glissées sous les chemises de collègues masculins, allusions salaces récurrentes ou encore proximité avec de jeunes hommes sont régulièrement évoquées. Au sein de la chaîne publique, on raille volontiers sa conduite, sans toujours en mesurer les conséquences.

    Depuis que le présentateur a quitté la chaîne nationale pour LCI, plusieurs témoins commencent à évoquer ce qu’ils ont vécu, même si des craintes demeurent. Comme deux faces d’une même médaille, Darius Rochebin renvoie une image assurée à l’écran mais peut se comporter de manière inadéquate une fois les caméras éteintes. D’anciens ou d’actuels collaborateurs de la RTS rapportent ainsi le malaise, la sidération même, ressentis lors de conversations banales qui dérapent subitement sur le terrain sexuel ou intime. La parole a même fait place aux actes, comme en témoignent Aurore* et Clémence*.

    Un comportement « ahurissant et totalement déplacé »

    Avant l’incident, Aurore, employée de la RTS depuis une dizaine d’années, n’avait eu que des contacts épisodiques et toujours strictement professionnels, avec Darius Rochebin. « On se croisait dans les couloirs, parfois dans des séances, on s’échangeait un ou deux e-mails par année », précise la quinquagénaire. Un soir de 2014, elle quitte son bureau pour se rendre à une réunion. « J’ai croisé Darius Rochebin qui sortait de l’ascenseur, raconte-t-elle. On a fait quelques pas ensemble dans un couloir vide en discutant du boulot. Subitement, il a pris mon visage dans ses mains et a essayé de m’embrasser. Je l’ai immédiatement repoussé. Il est parti de manière furtive, sans me regarder ni présenter d’excuses. » Sous le choc, Aurore arrive « décalquée » à sa séance. « J’étais interloquée par son comportement que je jugeais ahurissant et totalement déplacé. J’ai pris ça pour un coup de folie. » Par la suite, leurs rares échanges professionnels se sont déroulés comme si de rien n’était. « J’ai voulu oublier cet épisode, confie Aurore, qui n’a jamais averti sa hiérarchie. Si ça s’était répété, j’aurais sans doute réagi différemment. »

    Collaboratrice de la RTS, Clémence relate des faits analogues. Au cours de sa carrière, cette mère de famille côtoie régulièrement Darius Rochebin. Peu après le Nouvel An 2006, à quelques heures du journal télévisé, c’est l’effervescence en salle de maquillage. « Tout le monde s’embrassait et s’échangeait des vœux pour la nouvelle année », se souvient Clémence. Darius Rochebin est là, aux côtés d’autres collègues. « Il s’est approché de moi, je l’ai pris par l’épaule pour lui faire la bise, il a saisi ma main libre et l’a fermement posée sur ses parties génitales », raconte Clémence. Les autres personnes présentes dans la salle ne réagissent pas. « Je ne sais pas si elles ont vu la scène », souligne la journaliste, qui relate l’incident à des collègues proches et à son mari, mais pas à sa hiérarchie de l’époque. C’est seulement à l’automne 2017, en pleine vague #MeToo, qu’elle en informe son supérieur. « Il est tombé des nues et a dit qu’il allait lui parler. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Je crois que c’est allé plus haut, mais je n’ai pas eu d’écho direct, je n’ai plus voulu me mêler de cette histoire.
    Un « malaise » apparaît

    Un autre témoignage illustre la marge de manœuvre dont bénéficiait Darius Rochebin au sein de la RTS : celui d’Antoine*, 22 ans au moment des faits. En mai 2012, Darius Rochebin entame une conversation privée avec le jeune homme sur le réseau social Twitter. A l’époque, le Genevois est un étudiant en lettres qui tente de percer dans le journalisme et voit en Darius Rochebin « un mentor inespéré » dans un milieu très compétitif. « Les conversations ont commencé de manière anodine, raconte Antoine. J’étais flatté qu’une telle star s’adresse à moi. Le ton était ambigu et est rapidement devenu aguicheur. J’étais surpris, mais intrigué. »

    Quelques jours plus tard, Darius Rochebin propose à Antoine un café, puis un dîner. « Il me disait qu’il devait tester de grands restaurants pour des articles et payait à chaque fois pour nous deux, précise l’étudiant. J’étais impressionné par ce faste, et évidemment par son statut. Lors de notre troisième rencontre, quelques semaines après notre première conversation, nous sommes allés en voiture dans la campagne genevoise. Au restaurant, il m’a présenté comme un jeune journaliste prometteur. »

    C’est sur le trajet du retour qu’Antoine raconte avoir eu « de premières appréhensions », termes qu’il utilise pour retranscrire son malaise dans un journal intime. « Il s’est arrêté au bord de la route. Il a initié un rapport sexuel, je ne l’ai pas repoussé. Je n’avais pas envie d’aller plus loin, mais j’avais l’impression de ne plus pouvoir revenir en arrière. En partant, il a dit qu’il m’enverrait le contact d’un rédacteur en chef qui pourrait m’offrir un stage. Son mentorat prenait implicitement une dimension transactionnelle, et je m’y suis plié. » Peu après, le présentateur met comme promis l’étudiant en relation avec un éminent producteur de la RTS et lui propose une visite des locaux de la télévision publique.
    « Une mission sur mesure »

    Quelques mois après leur premier échange sur Twitter, Darius Rochebin intervient directement auprès de la direction de la RTS pour mettre en place une collaboration avec Antoine : « Il m’a créé une mission sur mesure en tant que photographe. Il m’emmenait partout, du Festival de Cannes aux conférences du dalaï-lama », se souvient l’étudiant.

    Interrogée au sujet de cette mission, la direction de la RTS répond qu’en 2012, « Darius Rochebin a collaboré avec un photographe free-lance. Cette collaboration ponctuelle n’était pas effectuée dans le cadre du mandat de production de l’émission Pardonnez-moi, mais a eu lieu à l’occasion d’un événement pour le 10e anniversaire de l’émission. Pour cette exposition uniquement, la RTS a rémunéré le photographe sur la base des tarifs de droits d’auteur. »

    Des documents en notre possession laissent pourtant supposer qu’Antoine n’a pas été rémunéré uniquement sur la base des droits d’auteur. Selon la facture adressée par le jeune homme à la direction de la RTS, la rémunération est par ailleurs arrêtée à 800 francs, avec mention « forfait indiqué par M. Darius Rochebin ».

    Au fil des mois, la relation entre la star et l’étudiant se tend. « Plus j’étais distant, plus il devenait jaloux, inquisiteur, raconte ce dernier. Je redoutais les conséquences de mes refus sur ma situation professionnelle. Je ne savais plus comment mettre fin à cette relation. C’était une lutte continuelle. J’ai pris peur. » Antoine finit par couper les ponts et ignorer les relances du présentateur, avec qui il n’a aujourd’hui plus aucun lien.

    Des aspirants journalistes fascinés

    Alexandre* et Hugo*, deux jeunes hommes qui ont travaillé directement avec le présentateur, racontent eux aussi ses multiples tentatives d’immixtion dans leur vie privée : allusions déplacées, questions lubriques pendant et en dehors des heures de bureau, rapports de pouvoir ambigus. Fascinés, les jeunes journalistes peinent à réagir.

    Le premier, Alexandre, 24 ans au moment des faits, a travaillé à la RTS lorsqu’il était étudiant. En 2014, Darius Rochebin lui propose un soir d’aller manger. « Au restaurant, on discutait de choses et d’autres, et puis, soudain, il m’a demandé : « Mais toi Alexandre, tu te branles souvent ? » Choqué, le jeune étudiant élude. « Sur le moment, j’ai paniqué, j’ai fait une petite crise d’angoisse », raconte-t-il. Par la suite, Alexandre reçoit régulièrement des messages de Darius Rochebin sur Facebook : « ah, mais tu es tellement beau », « tu m’avais manqué », « ta bizarrerie brillante est trop attachante », « on se refait un dîner ? » Des sollicitations auxquelles le jeune homme répond peu, tentant de contenir les rapports au niveau strictement professionnel.

    Le deuxième, Hugo, a également travaillé à la RTS durant ses études entre 2011 et 2015. Dès leur premier contact, Darius Rochebin l’ajoute sur Facebook. « Lorsque l’on est stagiaire et qu’il s’agit de la star de la rédaction, c’est flatteur », souligne Hugo, 22 ans à l’époque. Darius Rochebin lui envoie ensuite des messages privés ambigus puis à caractère sexuel sur les réseaux sociaux. Le jeune étudiant décrit un malaise : « C’est comme s’il avait une double personnalité : l’une brillante, l’autre pas assumée, perverse. Plusieurs autres journalistes m’ont parlé de leur gêne lorsqu’ils étaient seuls avec lui en plateau et qu’ils ne pouvaient plus vraiment le côtoyer sans y penser. J’ai été surpris de voir à quel point cette facette du présentateur était connue dans son environnement professionnel, mais pas hors de la RTS. Une omerta à la mesure de l’épaisseur du personnage. »
    2. De fausses identités sur les réseaux sociaux

    Des alertes, la direction de la RTS en a pourtant reçu. « Tout le monde sait, mais personne ne fait rien » : c’est l’intuition qui anime Thomas Wiesel en 2017 lorsque le mouvement #MeToo libère la parole des victimes d’abus. Le jeune humoriste a rencontré Darius Rochebin en 2015 alors qu’il débutait dans le métier. « Quand il m’a contacté professionnellement, il faisait des remarques sur mon physique, me proposait de se voir pour une émission ou un verre, voulait mon numéro de téléphone plutôt que mon e-mail. Plusieurs personnes m’avaient mis en garde. J’ai immédiatement mis des barrières et il n’a pas insisté. »

    S’il ne s’est pas senti lui-même en danger, Thomas Wiesel craint que d’autres personnes ne restent silencieuses par peur des conséquences ou par honte de s’être laissé amadouer. D’autant que le Vaudois s’interroge depuis longtemps sur l’utilisation des réseaux sociaux par Darius Rochebin : alerté par plusieurs personnes, il soupçonne le présentateur d’avoir créé de faux comptes de femmes sur Facebook pour entrer en contact avec de jeunes hommes, dont certains de ses amis. Pour en avoir le cœur net, l’humoriste commence à enquêter.
    Une campagne « No Billag » très sensible

    A l’automne 2017, peu avant la votation sur l’initiative « No Billag » qui visait à supprimer la redevance radio-TV, Thomas Wiesel contacte le nouveau directeur de la RTS, Pascal Crittin, en poste depuis quelques mois seulement, afin de l’interpeller sur le sujet. Que savait la direction de la réputation de Darius Rochebin et de l’alerte formelle lancée par Clémence ? « Affirmant n’être au courant de rien, Pascal Crittin a fait part de son étonnement, raconte l’humoriste. Il m’a toutefois assuré qu’il ferait toute la lumière sur l’affaire et que Darius Rochebin serait suspendu si une plainte contre lui était déposée. »

    La direction de la RTS confirme aujourd’hui ces échanges. « Nous avons pris très au sérieux les propos de Thomas Wiesel et l’avons invité à nous fournir des éléments concrets, ainsi qu’à inciter les personnes concernées à prendre contact avec la justice, souligne Pascal Crittin. Toutefois et à ce jour, nous n’avons reçu aucune preuve, aucun document, ni aucun témoignage direct. » Pour Thomas Wiesel, il est « surprenant que l’entreprise n’ait jamais cherché à enquêter elle-même en profondeur, suite aux rumeurs qui circulaient depuis des années et encore plus suite à ce signalement ».

    Après l’intervention de l’humoriste, le nouveau directeur convoque néanmoins Darius Rochebin, une information confirmée par la direction de la RTS : « Nous lui avons fermement et formellement rappelé nos règles professionnelles concernant la présence sur les réseaux sociaux. » Selon nos informations, l’intéressé aurait reconnu, lors de l’entretien, l’existence de ces comptes Facebook mais affirmé qu’ils étaient gérés par des amis. Aujourd’hui, ces comptes Facebook ont été nettoyés.

    Si l’éventualité que les faux comptes mentionnés par Thomas Wiesel aient été gérés par des personnes voulant nuire à la réputation de Darius Rochebin a longtemps été évoquée, Le Temps a aujourd’hui la preuve qu’il n’en est rien. C’est bien l’ancien présentateur de la RTS qui a usé de fausses identités créées de toutes pièces pour entrer en contact tant avec des collègues qu’avec des inconnus. Il s’en est notamment servi pour obtenir des informations sur leur vie privée et orchestrer des rendez-vous. Une dizaine d’entre eux, contactés par Darius Rochebin entre 2009 et 2017, nous ont livré leur récit. L’un était mineur au moment des faits. Par souci de concision, tous ces témoignages n’ont pas été reproduits ici.
    Les mystérieuses Laetitia Krauer et Lea Magnin

    Sur Facebook, le présentateur a créé au moins deux fausses identités formellement identifiées : Laetitia Krauer et Lea Magnin. La première ayant de loin été la plus active. Toutes deux sont supposées être étudiantes à l’Université de Genève. Sur leur photo de profil, dont on ignore la provenance, elles semblent très jeunes.

    Dans plusieurs conversations en ligne datant de 2012 que Le Temps a pu obtenir, Darius Rochebin évoque ouvertement son stratagème. « Tu veux voir l’un de mes avatars ? » questionne le présentateur, avant d’ajouter : « Regarde Laetitia Krauer, elle t’a envoyé un message », le tout accompagné d’une capture d’écran. « Sur Facebook, si Lea Magnin poste ça va ? Ou tu la trouves faux profil ? » poursuit Darius Rochebin dans une autre conversation. « J’ai aussi le code de mon ex mais je l’utilise pas trop, écrit-il encore. Les plus malins voient qu’il n’y a pas de vraie activité normale, mais si une fois tu veux sonder des gens (...) c’est génial comme les gens se livrent... » Le compte à travers lequel il s’exprime a été créé à partir de son ancienne adresse mail professionnelle de la RTS.

    Juriste en droit des technologies, Mikhaël Salamin précise que « l’utilisation d’une photo de profil – une donnée personnelle – pourrait être considérée comme une usurpation d’identité » puisque celle-ci est définie comme « l’usage abusif de données personnelles d’une tierce personne permettant son identification ». « L’usurpation d’identité en tant que telle ne figure pour l’instant pas dans le Code pénal suisse et ne peut donc être réprimée que si elle est liée à d’autres méfaits, comme l’atteinte à l’honneur, la violation de la personnalité, voire le harcèlement, détaille le juriste. Elle devrait néanmoins être introduite d’ici deux ans à la faveur d’une révision complète de la loi sur la protection des données, en l’absence d’un référendum populaire. »

    Une systématique précise

    Le procédé mis en place par Darius Rochebin obéit à une systématique précise, tant sur l’approche que sur les personnes ciblées. Ce sont, pour la plupart, de jeunes étudiants, stagiaires journalistes ou engagés en politique. Des individus qui, un jour ou l’autre, pourraient avoir besoin des médias et qui, de prime abord, ont toutes les raisons d’être flattés que Darius Rochebin s’intéresse à eux. Les conversations avec l’animateur débouchent d’ailleurs régulièrement sur des invitations à venir visiter les locaux de la RTS, voire à intervenir sur le plateau du téléjournal.

    Le premier contact intervient souvent après une première et modeste apparition à l’antenne, un événement ou encore un débat estudiantin auquel Darius Rochebin participe en tant qu’invité de marque. La plupart du temps, les internautes contactés croient parler à deux personnes distinctes : Darius Rochebin et une jeune étudiante – soit Laetitia Krauer, soit Lea Magnin. Ils ignorent que le présentateur mène en réalité ces deux discussions en même temps. Systématiquement, le présentateur star, dissimulé sous les traits de ces jeunes femmes, invite son interlocuteur à répandre des rumeurs à son propre sujet : « tu sais que Darius a une mini-bite ? », « son mini-kiki ne dépasse pas la taille de sa main en pleine action », « un dé à coudre » – et insiste sur la nécessité d’en parler.

    Une fois le domaine de la sexualité mis en avant, les questions de Laetitia Krauer ou de Lea Magnin au sujet de l’anatomie de leurs interlocuteurs s’enchaînent. Elles sondent les pratiques et les préférences sexuelles de ces derniers, demandent leur avis au sujet de Darius Rochebin. Sous les traits de Laetitia Krauer et de Lea Magnin, le présentateur cherche même à entraîner ses interlocuteurs sur le terrain de la critique insultante envers lui-même. Dans quel dessein tente-t-il de susciter de telles accusations ? Que fait-il des informations ainsi récoltées ? Ces questions restent ouvertes.

    Au fil des années, le procédé commence à éveiller des soupçons. Certaines cibles, alertées par d’autres, font rapidement le rapprochement entre Lea Magnin, Laetitia Krauer et Darius Rochebin et mettent un terme à la discussion. Pensant parler à une vraie femme, d’autres poursuivent en revanche l’échange et « se livrent ».

    A noter qu’une certaine Laetitia Krauer intervient également dans les médias pour saluer les performances de Darius Rochebin. Dans Télétop Matin en 2007 : « Merci à Darius Rochebin pour le merveilleux moment de « Pardonnez-moi » avec Mimie Mathy. A la fois drôle, piquant, émouvant à certains moments. » Idem en 2013, dans le guide TV et cinéma encarté dans La Liberté : « Sympa, l’initiative. J’adore Darius Rochebin qui est classe avec une pointe d’humour. »
    Un mineur trompé par un faux profil

    Plusieurs jeunes hommes révèlent avoir été visés par ces doubles approches en ligne. Samuel* a 16 ans lorsqu’il rencontre pour la première fois Darius Rochebin. Le collégien genevois s’intéresse à la politique, aux médias, et milite dans la section jeune d’un parti. A ses yeux, l’animateur est un modèle de réussite, une icône. En avril 2012, il est contacté sur Facebook par une certaine Laetitia Krauer qui lui parle immédiatement du petit pénis de Darius Rochebin, cherche à savoir ce qu’il pense de lui et lui demande son âge. Samuel répond qu’il a 17 ans – arrondissant son âge à la hausse, à quelques mois de son anniversaire. Le lendemain, l’adolescent reçoit une invitation Facebook de Darius Rochebin lui-même. Troublé par cette coïncidence, il en fait état au présentateur. Ce dernier lui répond que Laetitia Krauer est une « copine de son ex », « chaude comme la braise » et l’incite à tenter sa chance.

    Par la suite – la conversation durera plus d’un an – Darius Rochebin s’intéresse à la vie de Samuel, lui propose de visiter les coulisses de la RTS avec des camarades, promet de lui donner des conseils professionnels. « Il a instauré une forme de camaraderie entre nous, il adoptait le langage d’un pote, me donnait des conseils de drague », souligne Samuel, alors mis en confiance. En parallèle, Laetitia Krauer lui suggère de répandre les rumeurs précitées quant à l’anatomie de Darius Rochebin et s’évertue par tous les moyens à connaître la taille du sexe de Samuel, ce qu’elle n’obtiendra pas. Au fil du temps, Samuel commence à douter de l’identité de Laetitia Krauer qui l’inonde de messages, et s’en ouvre à Darius Rochebin. Le présentateur rassure immédiatement le collégien, tout en se distanciant de Laetitia Krauer : « Je pense qu’elle existe, mais elle est instrumentalisée par mon ex », dit-il.

    Samuel ne répondra plus aux sollicitations de Laetitia Krauer, mais acceptera trois rendez-vous avec Darius Rochebin. A deux reprises, le présentateur le convie au pied de la tour RTS. Le jour du premier rendez-vous, l’adolescent est impatient de partager un moment privilégié avec une star de l’audiovisuel. S’attendant à retrouver le présentateur pour un café à la RTS, il est étonné d’être invité à monter dans sa voiture garée dans un parking souterrain, après avoir marché quelques minutes dans la rue. « Je l’ai suivi mécaniquement sans poser de questions, raconte Samuel. J’étais intimidé, mais exalté. Avec le recul, je me dis que des alertes auraient dû sonner. » Ils roulent pendant quinze minutes avant que Darius Rochebin ne le dépose devant un hôtel proche de la gare. En rentrant chez lui, Samuel, « interloqué et un peu honteux », esquive les questions de ses parents, curieux de savoir comment s’est déroulée la rencontre avec celui qu’ils voient comme un modèle pour leur jeune fils.

    Le lendemain, Darius Rochebin s’excuse pour la brièveté du rendez-vous et lui propose un café. Lors de cette rencontre et de la suivante, le présentateur tient des propos salaces au jeune homme toujours mineur : « C’est vrai que les collégiennes sucent de bon cœur ? » « Tu baises qui en ce moment ? » Des questions qui achèvent de dérouter Samuel, au stade de ses premières expériences sexuelles. Avec le recul, il peine encore à mettre des mots sur ce qu’il a ressenti : un mélange de dégoût, de gêne, mais surtout le sentiment d’avoir été piégé.
    « J’ai l’impression d’avoir été manipulé »

    Dylan* et Sébastien* ont eux aussi été contactés par Darius Rochebin et son avatar Laetitia Krauer, respectivement en 2009 et 2011. Pour Dylan, 18 ans à l’époque, qui rêve de devenir journaliste, Darius Rochebin est un « modèle de réussite ». Lorsque le présentateur entame la discussion, l’adolescent déchante : « J’ai immédiatement senti une ambiguïté dans sa manière de me parler, il n’avait pas l’air détaché, mais au contraire très intéressé. » Très vite, Darius Rochebin lui propose un rendez-vous, que Dylan annule au dernier moment, prétextant une grippe. « Une star de son envergure qui invite un jeune étudiant à boire un verre, je ne le sentais pas, j’avais peur. J’en avais parlé à mes parents qui avaient aussi été intrigués par l’invitation et m’avaient conseillé de décliner. » A l’époque, un autre indice avait aussi alerté Dylan : les étranges conversations avec Laetitia Krauer qui ne cesse d’évoquer l’anatomie de Darius Rochebin. « J’ai discuté avec elle durant des mois, sans jamais la voir. Lorsque je proposais un rendez-vous, elle esquivait toujours, elle jouait à un jeu malsain. J’ai vraiment l’impression d’avoir été manipulé. »

    Avec Sébastien, Darius Rochebin évoque d’emblée Laetitia Krauer, « amie commune » sur Facebook, dont il se sert pour justifier un premier échange. « Il m’a dit qu’il avait appris que cette fille me parlait et qu’il ne fallait pas que je rentre dans son jeu. J’ai trouvé cette approche très bizarre. J’étais agacé par ces histoires qui ne me regardaient pas. » Alors qu’ils se connaissent à peine, Darius Rochebin lui propose d’intervenir dans le cadre d’un débat à la RTS. « Ça m’a semblé étrange comme proposition, se souvient Sébastien. Comme s’il mélangeait les casquettes privée et professionnelle. Par la suite, il m’écrivait souvent pour me proposer de boire des cafés. Il m’a recontacté quand j’ai commencé dans le métier, pour me reparler de Laetitia Krauer, parfois jusqu’à 3h ou 4h du matin. Au point que ma copine de l’époque l’a remarqué. J’ai fini par couper les ponts. En en parlant autour de moi, j’ai réalisé que d’autres jeunes étaient concernés, à Genève et au-delà. »
    Les médias, un monde comme les autres

    Entre les personnes contactées, le mot circule en effet largement. A tel point qu’à l’aube de la votation sur l’initiative « No Billag », en 2018, plusieurs médias romands s’intéressent de près aux mystérieux avatars de Darius Rochebin. Selon plusieurs sources concordantes, la direction va alors jusqu’à mettre en place une stratégie de communication de crise pour parer à l’éventualité d’un scandale. Sans que celle-ci doive, pour finir, être actionnée.

    Contacté, Darius Rochebin a répondu par l’intermédiaire de son avocat. Il « conteste fermement s’être livré à des actes pénalement répréhensibles » et précise n’avoir « jamais fait l’objet d’une plainte pénale, ni a fortiori d’une quelconque condamnation pénale ».

    Baiser de force, main placée sur les parties génitales, propos déplacés, allusions sexuelles : la direction de la RTS était-elle au courant de tels comportements ? « Tout comportement déplacé et blessant dans le cadre professionnel, de quelque nature que ce soit, est incompatible avec les valeurs de notre entreprise et la RTS les condamne avec force, précise Pascal Crittin. Lorsque des cas sont portés à notre connaissance, ils sont immédiatement traités, le cas échéant avec une enquête externe indépendante. Selon les conclusions de l’enquête, des sanctions sont prises allant jusqu’au licenciement immédiat. »

    En novembre 2017, Darius Rochebin saluait lui-même la « libération de la parole » liée au mouvement #MeToo. Née dans le monde du cinéma, la vague de dénonciations s’est étendue à tous les secteurs. Dans l’univers médiatique toutefois, certains tabous continuent de persister, mais comme partout ailleurs, des voix commencent à s’élever.

    https://www.letemps.ch/suisse/rts-darius-rochebin-loi-silence
    #Suisse #sexisme #me_too #harcèlement_sexuel #MeToo #silence #omerta #dysfonctionnement #mobbing #plainte_collective #harcèlement #confidentialité #main_baladeuse #Laetitia_Krauer #fausse_identité #Lea_Magnin #avatars

    • #MeToo : mis en cause dans une enquête, Darius Rochebin se met en retrait de #LCI « quelques jours »

      L’ex-présentateur phare du journal télévisé suisse est accusé de comportements déplacés par une enquête du Temps.

      Trois ans après l’affaire #MeToo, une enquête du média suisse Le Temps vient ébranler une nouvelle icône médiatique. Ce samedi 31 octobre, un article du quotidien a mis en lumière des comportements sexistes et troublants au sein de RTS, la Radio télévision suisse. Après plusieurs mois de recherches, les trois auteurs de l’enquête dénoncent « des comportements pour le moins problématiques de la part de plusieurs collaborateurs du service public ». Ces actions sont survenues « à partir du début des années 2000 » et certaines étaient connues par les équipes de RTS, ajoutent les journalistes.

      Le cas le plus frappant concerne une « star » du petit écran helvétique, Darius Rochebin. Le journaliste, ancien présentateur du journal télévisé de RTS et désormais sur LCI est soupçonné de comportements « inadéquats », dont des « mains glissées sous les chemises de collègues masculins, allusions salaces récurrentes ou encore proximité avec de jeunes hommes ».

      Une collaboratrice l’ayant croisé dans un couloir raconte : « subitement, il a pris mon visage dans ses mains et a essayé de m’embrasser. Je l’ai immédiatement repoussé. Il est parti de manière furtive, sans me regarder ni présenter d’excuses ». Une autre se souvient d’un moment survenu peu après le Nouvel an 2006 : « Il s’est approché de moi, je l’ai pris par l’épaule pour lui faire la bise, il a saisi ma main libre et l’a fermement posée sur ses parties génitales ».

      Le présentateur est aussi accusé d’utiliser son influence pour rencontrer des étudiants d’une vingtaine d’années, avec lesquels il a des relations ambiguës. Il aurait également créé de faux profils de jeunes femmes sur Facebook pour « entrer en contact avec de jeunes hommes ». Il se serait servi de ces profils pour « obtenir des informations sur leur vie privée et orchestrer des rendez-vous », révèle Le Temps. Les conversations pouvaient aussi prendre une autre tournure : « Sous les traits de [ces faux comptes], le présentateur cherche même à entraîner ses interlocuteurs sur le terrain de la critique insultante envers lui-même », ajoute l’enquête.
      Darius Rochebin se met à l’écart « quelques jours » de LCI

      Visé par ces accusations, Darius Rochebin a répondu aux journalistes par l’intermédiaire de son avocat, contestant « fermement s’être livré à des actes pénalement répréhensibles ». « Jamais je n’ai fait l’objet d’une plainte. Jamais je n’ai eu de relation non consentie ou illicite. Je me battrai donc contre les amalgames, les ragots ou les insinuations dont je suis victime et j’examine avec mon avocat la suite judiciaire que je donnerai », a-t-il réagi, se disant « choqué par le récit malveillant » du Temps, qu’il juge « émaillé de propos anonymes ». « Jamais je n’en ai fait une position de pouvoir. Je n’ai d’ailleurs jamais exercé d’autorité hiérarchique. C’est dire combien il est faux que j’ai pu obtenir des échanges de faveurs et imposer une loi du silence pour couvrir des comportements illicites, s’ils avaient existé », conteste-t-il.

      Actuellement présentateur d’une émission sur LCI, Le 20h de Darius Rochebin, diffusée du lundi au jeudi entre 20h et 21h15, le journaliste ajoute avoir « demandé à LCI de [le] libérer quelques jours pour être auprès de [sa] famille ». « L’expérience de l’actualité m’a appris que tout pathos est inutile mais je tiens à dire combien je suis blessé par des attaques injustes. J’en suis d’autant plus déterminé », conclut-il.

      De son côté, le groupe TF1 a expliqué au Figaro n’avoir eu connaissance d’« aucun incident de cette nature » signalé au sein de la rédaction de LCI à l’encontre du journaliste. Le média « rappelle être très attaché à la présomption d’innocence, suit très attentivement cette affaire et prendra les mesures qui s’imposent selon son évolution. L’entreprise, qui sensibilise régulièrement ses collaborateurs, rappelle mener une politique active contre toute forme de harcèlement ».
      La direction de RTS se dit « consternée par la gravité et l’ampleur des faits reprochés »

      Parmi les exemples repérés par les auteurs figure également « Robert », un cadre toujours en poste et accusé, entre 2005 et 2015, de nombreux actes répréhensibles par « une quinzaine d’employés du service public ». Harcèlement sexuel, SMS suggestifs, envoi de lettres « vicieuses »... Les actions de ce cadre entraînent une dégradation du cadre de travail, provoquent des burn-out d’employés et il finit par être écarté par sa direction dans un « placard doré », après qu’une employée assure avoir « récolté toutes les preuves (lettres, SMS) du harcèlement sur plus d’un an de la part de Robert à son encontre et demande des actes ».

      La direction de RTS, quant à elle, nous assure être « consternée par la gravité et l’ampleur des faits reprochés. Si ces faits sont avérés, la RTS les condamne avec la plus grande fermeté. » Elle ajoute : « La RTS rejette fermement toute accusation de laxisme dans la gestion des cas de harcèlement ou de protection de ses collaborateurs. Les cas portés à la connaissance de la direction sont toujours traités avec diligence et de manière professionnelle, y compris avec le recours à des enquêtes externes. »

      Concernant Darius Rochebin, la direction indique avoir été uniquement informée « des faux profils ». « Nous allons vérifier toutes les informations figurant dans cet article, réexaminer ses processus internes et prendre toutes les mesures nécessaires pour les améliorer le cas échéant », ajoute notre source, défendant les outils mis en place au sein de l’entreprise pour « libérer la parole (...) et signaler tous cas problématiques ».

      « Plusieurs rédactions ont travaillé ces dernières années sur les manquements de l’institution RTS au sujet d’affaires similaires, sans jamais toutefois aboutir. Si nous y parvenons aujourd’hui, c’est au prix d’un travail acharné et d’une minutieuse collecte de faits », explique Le Temps dans un édito cinglant. Le quotidien, qui défend ses « trois courageux journalistes », juge que leur enquête a un « intérêt public » : « tout a été fait pour mettre sous cloche des comportements inacceptables » au sein de RTS, et le journaliste Darius Rochebin, l’une des anciennes figures de proue du groupe, n’a « pas été à la hauteur » de sa réputation de « modèle pour la profession et le grand public ».

      https://www.lefigaro.fr/medias/plusieurs-figures-du-media-suisse-rts-accusees-de-comportements-deplaces-20

    • Entre Darius Rochebin et la France, la désillusion

      La presse française relaie avec stupéfaction l’enquête du « Temps » sur les agissements du présentateur vedette, aujourd’hui en poste à LCI. Il annonce se mettre en retrait « quelques jours »

      Après le concert de louanges, la stupéfaction. Samedi, la presse française a découvert avec effarement les révélations du Temps sur le présentateur vedette Darius Rochebin, accusé d’avoir eu des comportements déplacés pendant sa carrière à la RTS. « Il était la curiosité de la rentrée médiatique française », rappelle le quotidien Libération dans un article relatant les faits. De son côté, Le Parisien juge que cette enquête « va faire de gros remous à LCI », en référence à la chaîne française qui a réalisé le transfert surprise de l’intervieweur suisse.

      Prévue à 14 heures ce samedi, son émission de « grands entretiens » a été remplacée par une discussion entre David Pujadas et le professeur controversé Didier Raoult. LCI s’apprête-t-elle à tirer la prise ? Contacté par Le Figaro, le groupe TF1, propriétaire de la chaîne, assure n’avoir eu connaissance d’« aucun incident de cette nature » au sein de la rédaction de LCI.
      « Des attaques injustes »

      Le média français « rappelle être très attaché à la présomption d’innocence, suit très attentivement cette affaire et prendra les mesures qui s’imposent selon son évolution. L’entreprise, qui sensibilise régulièrement ses collaborateurs, rappelle mener une politique active contre toute forme de harcèlement ». Egalement sollicité par Le Figaro, Darius Rochebin indique se mettre en retrait « quelques jours ». « L’expérience de l’actualité m’a appris que tout pathos est inutile mais je tiens à dire combien je suis blessé par des attaques injustes. J’en suis d’autant plus déterminé », indique-t-il, examinant avec son avocat « la suite judiciaire » à donner.

      En septembre, son arrivée a au départ intrigué le landerneau médiatique parisien, peu habitué à intégrer de nouvelles recrues en provenance de l’étranger. L’animateur occupe la tranche du soir sur LCI. Son nom figure en majesté dans le titre de l’émission : Le 20H de Darius Rochebin. A une heure hautement concurrentielle, le journaliste reçoit des personnalités de premier plan pour commenter l’actualité. Dernier en date : l’ancien président socialiste François Hollande.
      Des compétences professionnelles reconnues

      Cette confiance, il la doit au patron de la chaîne d’information en continu, Thierry Thuillier, séduit par son intervention virale dans une émission de David Pujadas en novembre 2019. « Darius possède à la fois une immense culture politique et historique de notre pays et, en tant qu’étranger, il nous regarde avec beaucoup de décalage. On avait besoin de cette distance amusée qu’il nourrit sur nos querelles, nos passions », expliquait-il à Libération dans un portrait consacré au présentateur.

      Dans ce texte, le quotidien saluait son ton modéré, qui tranche avec le traditionnel désordre des plateaux de télévision français. Ce talent devait l’amener à suivre de près l’élection présidentielle de 2022. Libération l’imaginait alors en modérateur du débat de l’entre-deux-tours, moment décisif dans la vie démocratique du pays. L’enquête du Temps pourrait-elle mettre un coup d’arrêt à sa récente et fulgurante carrière française ?

      https://www.letemps.ch/monde/entre-darius-rochebin-france-desillusion

    • Suite aux révélations du Temps, la RTS « réfute toute accusation de laxisme »

      La direction de la chaîne publique a réagi samedi au contenu de l’enquête du jour faisant état de plusieurs comportements problématiques visant notamment l’ancien présentateur phare Darius Rochebin. Les collaborateurs ont par ailleurs été informés par un message interne

      « La RTS rejette fermement toute accusation de laxisme dans la gestion des cas de harcèlement ou de protection de ses collaborateurs. » Samedi matin, la direction du service public a réagi, par voie de communiqué, à l’enquête du Temps faisant état de comportements problématiques de la part de plusieurs collaborateurs dont l’ancien présentateur phare Darius Rochebin. Elle réfute fermement avoir eu connaissance des faits évoqués.

      Comportements déplacés, allusions salaces, utilisation de fausses identités sur les réseaux sociaux : notre article rapporte plusieurs dysfonctionnements de la part du journaliste qui travaille aujourd’hui pour la chaîne française LCI. A son propos, la direction de la RTS poursuit : « Si les témoignages concernant les comportements de Darius Rochebin sont confirmés, la RTS fait part de sa consternation et condamne avec force tout manquement ou écart de conduite. »

      Trois outils pour « libérer la parole »

      La chaîne publique insiste par ailleurs sur sa politique en matière de gestion des cas de harcèlement : « Les cas portés à la connaissance de la direction sont toujours traités avec diligence et de manière professionnelle, y compris avec le recours à des enquêtes externes. » Par quels moyens un collaborateur peut-il effectuer une dénonciation ? « Outre la communication auprès de la hiérarchie directe, la RTS dispose de trois outils efficaces propices à libérer la parole, en vigueur depuis plusieurs années. » Le communiqué de presse mentionne d’une part une « plateforme de whistleblowing », d’autre part un « groupe de médiation interne » et, enfin, une « directive précise » qui concerne tout type de harcèlement.

      Un dispositif certifié

      Enfin, la direction de la RTS rappelle que cet arsenal fait l’objet de la certification Edge (certification de standard international Edge sur les entreprises favorisant l’égalité des genres). « La RTS invite toute personne concernée à utiliser ces différents moyens, en tout temps, afin qu’elle puisse agir rapidement et fermement, dans le respect de la protection de la personnalité et améliorer encore la gestion de tels cas. »

      Un message interne

      Les collaborateurs de la chaîne publique ont par ailleurs reçu ce matin un message à propos de ces révélations, dont la teneur est proche du communiqué de presse. Pascal Crittin, directeur de la RTS, sera présent à l’émission Forum de RTS La Première (18h-19h) et au 19h30, très probablement pour revenir sur l’affaire.

      https://www.letemps.ch/suisse/suite-aux-revelations-temps-rts-refute-toute-accusation-laxisme

    • La RTS réagit après l’annonce de cas de harcèlement dans ses murs

      Le quotidien Le Temps publie samedi une enquête sur de supposés cas de harcèlement au sein de la RTS. Les faits relatés concerneraient plusieurs collaborateurs, dont l’ancien présentateur du 19h30 Darius Rochebin. La RTS a réagi en prenant acte de l’enquête et en condamnant fermement les agissements décrits s’ils sont vérifiés.

      Selon les témoignages recueillis par le quotidien, l’ex-présentateur du 19h30 aurait eu des gestes déplacés envers des collègues hommes et femmes. Des cas de harcèlement impliquant d’autres collaborateurs de la RTS sont également mentionnés dans l’article du Temps.

      La RTS a réagi samedi en rejetant fermement toute accusation de laxisme dans la gestion des cas de harcèlement ou de protection de ses collaborateurs et collaboratrices. Les cas portés à la connaissance de la direction sont toujours traités « avec diligence et de manière professionnelle, y compris avec le recours à des enquêtes externes », explique-t-elle dans un communiqué.

      Interrogé dans l’émission Forum, le directeur de la RTS, Pascal Crittin, s’est dit « consterné » par ces révélations. « Si ces faits sont avérés, ils sont graves. Ces agissements sont totalement inacceptables et contraires aux valeurs et aux pratiques de la RTS », a-t-il expliqué.

      Concernant le cas de l’ancien présentateur du 19h30, « il y a eu beaucoup de rumeurs », concède Pascal Crittin. « Le problème pour nous, c’est de pouvoir agir sur des témoignages, et pas des rumeurs. Si nous avions eu un seul des témoignages parus dans Le Temps, nous aurions pu agir avec une enquête externe », développe le directeur de la RTS.
      Améliorer les outils

      La RTS précise qu’elle va vérifier toutes les informations figurant dans l’article du Temps, réexaminer ses processus internes et prendre toutes les mesures nécessaires pour les améliorer le cas échéant.

      Outre la communication auprès de la hiérarchie directe, la RTS rappelle qu’elle dispose d’outils « propices à libérer la parole ». Ainsi, la SSR a mis en place une plateforme anonyme d’annonce de cas. En outre, la RTS dispose depuis 1998 d’un groupe de médiation paritaire à l’interne et d’une directement certifiée concernant le harcèlement.

      Mais au regard des révélations du Temps, « on voit que tout le dispositif qui est en place ne fonctionne pas encore suffisamment bien », admet Pascal Crittin dans Forum.

      Le directeur de la RTS indique que ces procédures seront réexaminées et des mesures seront prises pour les améliorer.

      https://www.rts.ch/info/suisse/11717841-la-rts-reagit-apres-lannonce-de-cas-de-harcelement-dans-ses-murs.html
      #abus_de_pouvoir

  • Amnesty International : la répression en France menace sérieusement le droit de manifestation et d’expression
    https://ricochets.cc/Amnesty-International-la-repression-en-France-menace-serieusement-le-droit

    Voici le rapport accablant d’Amnesty contre la France, le gouvernement, les systèmes policiers et judiciaires : France : Comment des milliers de manifestants pacifiques ont été arbitrairement arrêtés et poursuivis - Depuis fin 2018, en France, la répression des manifestations a été d’une ampleur inédite. Manifester pacifiquement expose au risque de violences policières, mais aussi à celui de finir en garde-à-vue. En effet, les autorités ont instrumentalisé des lois contraires au droit international pour (...) #Les_Articles

    / #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire

    https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/france-milliers-de-manifestants-pacifiques-arbitrairement-arretes-et-poursui
    https://www.letemps.ch/monde/amnesty-international-accable-france-acharnement-contre-manifestants
    https://twitter.com/brutofficiel/status/1310835865233633280
    https://www.frustrationmagazine.fr/frederic-lordon-cette-police-est-foutue-raciste-a-coeur-hors-de-
    https://lepoing.net/agora/incroyable-mais-vrai-un-militant-poursuivi-a-montpellier-pour-jet-de-feuill

  • Trump a admis minimiser la menace de la COVID, révèle le journaliste Bob Woodward | Coronavirus | Radio-Canada.ca
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1732561/rage-livre-woodward-trump-admission-minimiser-menace-covid-19-portr


    Le livre « Rage » de Bob Woodward sera publié le 15 septembre.
    PHOTO : AP VIA SIMON & SCHUSTER

    Le président Donald Trump a admis dès l’hiver, au cours d’entrevues avec Bob Woodward, qu’il savait que le virus était « mortel » et pire que la grippe, et qu’il minimisait la situation, révèle le légendaire journaliste d’enquête dans son nouveau livre, Rage.

    Pendant des mois, le président américain a banalisé l’état de la pandémie aux États-Unis, mais ses conversations montrent qu’il considérait la situation plus sérieuse qu’il ne le disait publiquement, indique le livre, qui paraîtra le 15 septembre et qu’ont obtenu CNN et le Washington Post, pour lequel Bob Woodward agit comme rédacteur en chef adjoint.
    […]
    Bob Woodward a ainsi pu interviewer le président à 18 reprises, entre décembre 2019 et juillet 2020, et ce dernier lui a permis d’enregistrer leurs conversations. Autant le Washington Post que CNN ont publié des extraits audio sur leur site.

    Vous n’avez même pas besoin de toucher des choses [pour contracter le virus]. Vous ne faites que respirer l’air et c’est comme ça que ça se transmet, déclarait ainsi Donald Trump lors d’un appel téléphonique avec le journaliste le 7 février. C’est aussi plus mortel que la grippe, peut-être cinq fois plus.

    C’est un truc mortel, martelait-il. Ça se transmet tellement facilement, vous ne le croiriez même pas, ajoutait-il deux mois plus tard. À l’époque, il affirmait pourtant en public que la grippe était bien plus meurtrière et que le coronavirus disparaîtrait rapidement.

    Déjà, le 28 janvier, le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien prévenait le président au cours d’une réunion sur le renseignement hautement confidentiel que le coronavirus serait la plus grande menace à la sécurité nationale de [sa] présidence. Son adjoint avait renchéri, comparant la situation à la grippe espagnole de 1918, qui avait tué environ 50 millions de personnes, et soulignant l’importance de la transmission asymptomatique en Chine. À cette date, les États-Unis recensaient moins d’une douzaine de cas de coronavirus.

    • Donald Trump a sciemment minimisé la dangerosité du covid, raconte Bob Woodward - Le Temps
      https://www.letemps.ch/monde/donald-trump-sciemment-minimise-dangerosite-covid-raconte-bob-woodward

      Surprise : pourtant pourfendeur du locataire de la Maison-Blanche, le journaliste Bob Woodward a eu accès à Donald Trump de décembre 2019 à juillet 2020. Il révèle que le président a volontairement nié l’importance de la pandémie, pour ne pas déstabiliser l’économie du pays
      […]
      Eviter une panique
      Bob Woodward ne se base pas que sur des on-dit. Il tient l’information de Donald Trump lui-même. Le 28 janvier déjà, lors d’un briefing avec des membres du renseignement, le président avait été averti, par son conseiller à la Sécurité nationale, Robert O’Brien, de l’état de la menace.

      Dix jours plus tard, le 7 février, Donald Trump appelle Bob Woodward et lui confie que la situation est plus grave que ce qu’il a exprimé en public. « Il suffit de respirer l’air et c’est comme ça qu’il se transmet. Et c’est donc très délicat. C’est une question très délicate. C’est aussi plus mortel que la grippe », lui a-t-il déclaré. Le 19 mars, il lui confirme avoir toujours voulu minimiser la pandémie pour ne pas créer de panique. La conversation a été enregistrée et rendue accessible. 

      Le parallélisme avec la grippe
      Eviter la panique ? C’est plus que cela. Le président a été bien plus loin, puisqu’il a réclamé la fin du confinement dans plusieurs Etats américains, pressé de relancer l’économie à quelques mois de l’élection, n’a cessé de répéter que le virus n’était pas plus dangereux qu’une grippe saisonnière, et a été jusqu’à provoquer une polémique en insinuant qu’avaler de l’eau de javel serait une solution pour « terrasser le virus ».

    • Woodward defends decision to withhold Trump’s virus comments
      https://apnews.com/99916044401d8f8e24eb7bedfec1d5d2

      Bob Woodward, facing widespread criticism for only now revealing President Donald Trump’s early concerns about the severity of the coronavirus, told The Associated Press on Wednesday that he needed time to be sure that Trump’s private comments from February were accurate.

      […]

      “He tells me this, and I’m thinking, ‘Wow, that’s interesting, but is it true?’ Trump says things that don’t check out, right?” Woodward told the AP during a telephone interview. Using a famous phrase from the Watergate era, when Woodward’s reporting for the Post helped lead to President Richard Nixon’s resignation, Woodward said his mission was to determine, “What did he know and when did he know it?”

  • La Sicile défie Rome en décidant de fermer tous ses centres de migrants

    Le président de la région Sicile, #Nello_Musumeci, a défié dimanche le gouvernement italien en publiant un arrêté de fermeture sur son territoire de tous les centres d’accueil de migrants, qu’il juge propices à la diffusion du coronavirus.

    https://twitter.com/Musumeci_Staff/status/1297247841807749127?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

    Des sources du ministère italien de l’Intérieur ont immédiatement précisé que cette mesure régionale était invalide, car de la #compétence de l’#Etat. « D’ici demain minuit, tous les migrants présents dans les « hot spots » et dans tous les centres d’accueil de Sicile devront être impérativement transférés vers des installations situées en dehors de l’île », peut-on lire dans l’arrêté d’une trentaine de pages.

    Interdiction d’entrer même avec des ONG

    Le texte ambitionne aussi d’interdire à tout migrant d’« entrer, de transiter et de faire escale sur le territoire de la région sicilienne avec des embarcations, grandes et petites, y compris celles des ONG ».

    Le président de Sicile explique sa décision par le fait qu’il « n’est pas possible de garantir le séjour sur cette île dans le respect des #mesures_sanitaires de prévention de la #contagion ».

    Dans un commentaire sur les réseaux sociaux, M. Musumeci (élu président de région grâce à une alliance de droite et d’extrême-droite) a estimé que "la Sicile ne peut pas être envahie pendant que l’Europe détourne le regard et que le gouvernement ne procède à aucune expulsion". Une prise de position qui lui a valu le soutien de Matteo Salvini, le chef de La Ligue (extrême droite) et ex-ministre de l’Intérieur qui s’était employé à empêcher les débarquements de migrants dans les ports italiens.

    1200 migrants à Lampedusa

    De nombreuses petites embarcations de migrants, essentiellement des Tunisiens, continuent d’accoster sur l’île de Lampedusa, au sud de la Sicile. Il y avait dimanche environ 1 200 migrants à Lampedusa, après le transfert d’environ 300 personnes depuis vendredi vers des structures d’accueil en Sicile.

    Le navire Sea-Watch 4, appartenant à une ONG allemande, a fait savoir dimanche qu’il avait actuellement à son bord 104 migrants dont 37 mineurs, retrouvés samedi et dimanche en mer au large des côtes libyennes.

    Des dizaines de migrants hébergés dans les centres siciliens se sont avérés positifs au coronavirus ces dernières semaines.

    https://www.letemps.ch/monde/sicile-defie-rome-decidant-fermer-centres-migrants

    #villes-refuge #Sicile #Italie #asile #migrations #réfugiés #covid-19 #centres_pour_réfugiés #centres_d'accueil #contamination #coronavirus #pandémie #fermeture #hotspots

    Une #résistance qui n’est pas celle de l’accueil, mais celle qui se fonde sur la rhétorique de l’invasion...

    ping @thomas_lacroix @isskein @karine4

    • Sicile : la #justice italienne rejette un #arrêté #anti-migrants

      La justice italienne a rejeté jeudi un récent décret du président régional de la Sicile ordonnant la fermeture de tous les centres d’accueil de migrants, ont rapporté les médias italiens. Les mesures annoncées par le gouverneur « semblent dépasser le cadre des compétences conférées aux régions », a estimé le tribunal.

      Dans une décision rendue jeudi 27 août, la justice italienne est allée à l’encontre de la volonté du président régional de la Sicile, #Nello_Musumeci. Saisi par le gouvernement, le tribunal administratif de Sicile a ordonné la suspension d’un arrêté ordonnant la fermeture de tous les centres d’accueil de migrants de Sicile (https://www.infomigrants.net/fr/post/26812/le-president-de-la-region-de-sicile-ordonne-la-fermeture-de-tous-les-c).

      Le 23 août, le gouverneur de Sicile Nello Musumeci, avait publié cet arrêté, effectif sur le territoire de l’île qui s’étend jusqu’à Lampedusa, jugeant que les centres d’accueil de migrants contribuaient à la diffusion du coronavirus.

      L’arrêté exigeait le transfert de tous les migrants présents dans les hotspots et les centres d’accueil en Sicile « vers des installations situées en dehors de l’île », et entendait leur interdire d’entrer, de transiter et de faire escale" dans la région « avec des embarcations, grandes et petites, y compris celles des ONG ».
      Pas d’’’aggravation concrète de la propagation du Covid-19’’

      Dans sa décision, le tribunal administratif a estimé « qu’aucune enquête rigoureuse n’a démontré l’existence d’une aggravation concrète (...) de la propagation du Covid-19 au sein de la population locale du fait du phénomène migratoire ».

      Les mesures annoncées par le gouverneur Musumeci « semblent dépasser le cadre des compétences conférées aux régions » dans la gestion du risque sanitaire lié au Covid-19. Elles ont par ailleurs « un impact décisif sur l’organisation et la gestion du phénomène migratoire sur le territoire italien, qui relève de la compétence exclusive de l’État (...) », toujours selon le tribunal.

      Ce tribunal doit se réunir à nouveau le 17 septembre, à la demande de la région de Sicile qui entend présenter d’autres documents pour plaider sa cause.
      Des dizaines de migrants hébergés dans les centres siciliens se sont avérés positifs au coronavirus ces dernières semaines. De nombreuses petites embarcations de migrants, essentiellement des Tunisiens, continuent d’accoster sur l’île de Lampedusa, au sud de la Sicile.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/26931/sicile-la-justice-italienne-rejette-un-arrete-anti-migrants

    • Le président de la région de Sicile ordonne la #fermeture de tous les centres d’accueil

      Invoquant « une invasion » et des risques sanitaires dans le cadre de la pandémie de coronavirus, le président de la région Sicile, en Italie, a ordonné, dimanche, l’évacuation et la fermeture immédiate de tous les hotspots et centres d’accueil pour migrants sur son territoire, y compris ceux sur l’île de Lampedusa. Une mesure « non valide » selon Rome.

      « La Sicile ne peut pas continuer à subir cette invasion de migrants. » Le président de la région Sicile, Nello Musumeci, a déclaré, samedi 22 août sur sa page Facebook, qu’il faisait évacuer et fermer tous les hotspots et centres d’accueil de son territoire, débordés, dit-il, par l’afflux de migrants. Ces infrastructures sont également, selon lui, propices à la diffusion du coronavirus puisqu’il n’y est actuellement pas possible de garantir le respect des mesures sanitaires et gestes barrières.


      https://twitter.com/Musumeci_Staff/status/1297247841807749127

      « D’ici demain minuit, tous les migrants présents dans les hotspots et dans tous les centres d’accueil de Sicile devront être impérativement transférés vers des installations situées en dehors de l’île », peut-on lire dans l’arrêté publié dimanche.

      En date du 23 août, quelque 1 200 migrants se trouvaient sur la seule île de Lampedusa, au sud de la Sicile, qui voit accoster de nombreuses embarcations de fortune avec à leur bord essentiellement des Tunisiens. Environ 300 autres personnes avaient déjà été transférées 48 heures plus tôt vers des structures d’accueil en Sicile.

      Des sources du ministère italien de l’Intérieur ont immédiatement précisé que cette mesure régionale de fermeture des centre d’accueil et hotspots n’était pas valide, car il s’agissait d’une compétence de l’État, indique l’AFP.

      Mais alors que des dizaines de migrants hébergés dans les centres siciliens se sont avérés positifs au coronavirus ces dernières semaines, Nello Musumeci accuse le gouvernement national et l’Union européenne de « détourner le regard » sur les récents afflux de migrants « largement sous-estimés », a-t-il encore écrit sur Facebook. Le dirigeant appelle Rome à fermer ses ports aux navires humanitaires ayant secouru des migrants comme l’avait décrété l’année dernière l’ex-ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. Ce dernier s’est d’ailleurs fendu de plusieurs tweets pour exprimer toute sa solidarité avec le président sicilien.

      https://twitter.com/matteosalvinimi/status/1297485230933184512

      Le navire Sea Watch 4, de l’ONG allemande éponyme, a fait savoir dimanche qu’il avait actuellement à son bord 104 migrants dont 37 mineurs, secourus samedi et dimanche en mer au large des côtes libyennes. L’équipage pourrait rapidement demander leur débarquement en Italie et à Malte.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/26812/le-president-de-la-region-de-sicile-ordonne-la-fermeture-de-tous-les-c

  • Le dinosaure onusien #UIT vient de publier des documents sur « l’Internet du futur » https://www.itu.int/en/ITU-T/studygroups/2017-2020/13/Documents/Internet_2030%20.pdf où ils annoncent un nouvel Internet, et critiquent l’actuel. L’approche proposée (purement « vaporware » à cette étape) est celle de la table rase.

    Un résumé en français https://www.letemps.ch/monde/chine-exacerbe-bataille-controle-dinternet Bien plus médiocre, cet article qui présente la proposition UIT comme achevée alors qu’il ne s’agit que de PowerPoints https://siecledigital.fr/2020/03/31/huawei-et-la-chine-proposent-un-nouveau-protocole-internet

    Commme #Huawei est derrière, il y a eu des réactions parfois assez chauvines, notamment aux États-Unis. Article du Financial Times derrière un paywall : https://www.ft.com/content/ba94c2bc-6e27-11ea-9bca-bf503995cd6f Milton Muller a critiqué ces réactions https://www.internetgovernance.org/2020/03/30/about-that-chinese-reinvention-of-the-internet

    L’#IETF a fait une réponse cinglante et très détaillée à ce projet https://datatracker.ietf.org/liaison/1677

    L’ETSI, traditionnelle émanation des industriels de la téléphonie s’y met aussi, en se prétendant en charge de concevoir le nouvel Internet https://www.etsi.org/newsroom/press-releases/1749-2020-04-etsi-launches-new-group-on-non-ip-networking-addressing-5g-new-se Leur projet ne mentionne pas l’UIT et semble distinct (bien que le discours soit identique).

    Notez que le communiqué de l’ETSI parle d’un groupe de travail NGP qui aurait produit analyse et identification de technologies possibles (aucun lien fourni sur ces analyse et identifictaion) mais quand on regarde la page du groupe NGP à l’ETSI, on a… 404.

    • ce passage de la réponse de l’IETF est hilarant : “We also note
      that any real-time systems requiring sub-millisecond latency inevitably have limited scope because of the constraints of the speed of light.”
      Ils les auraient traités directement d’abrutis ça aurait été pareil !

    • Ci-après la partie que le CI n’a pas traduite (curieusement les derniers paragraphes sont en français)

      The new IP presentation paints a picture of a digital world in 2030 where virtual reality, holographic communication and remote surgery are omnipresent – and for which our current network is unsuitable. The traditional IP protocol is described as “unstable” and “largely insufficient”, with “many security, reliability and configuration issues”.

      The documents suggest that a new network should rather have a “top-down design” and promote data sharing systems between governments “thus serving AI, Big Data and all kinds of other applications”. Many experts fear that under the new IP, Internet service providers, usually state-owned, will control and supervise all devices connected to the network and be able to monitor and control individual access.

      The system is already under construction by engineers from “industry and academia” in “several countries,” Huawei team leader Sheng Jiang told the group in September, although he will not reveal who they were due to commercial sensitivities. Spectators included ITU veterans, including government officials from the United Kingdom, the United States, the Netherlands, Russia, Iran, Saudi Arabia and China.

      For some participants, the very idea is anathema. If the new IP address was legitimized by the ITU, state operators could choose to implement a Western or Chinese Internet, they say. The latter could mean that everyone in these countries would need permission from their internet provider to do anything over the internet – whether it’s downloading an app or accessing a site – and administrators might have the power to deny access on a whim.

      Rather than a unified global network, citizens may be forced to connect to a patchwork of national internet, each with its own rules – a concept known in China as cyber sovereignty.

      In recent periods of civil unrest, Iran and Saudi Arabia have cut internet connectivity for long periods, with the exception of some
      In recent periods of civil strife, Iran and Saudi Arabia have cut internet connectivity for long periods, with the exception of some “essential” services © Alexander Glandien

      Recent events in Iran and Saudi Arabia provide a glimpse of what it would look like. These governments blocked global internet connectivity for long periods during the civil unrest, allowing only limited access to essential services such as banking or healthcare. In Russia, a new Internet sovereign law adopted in November enshrined the government’s right to monitor web traffic closely and showed the country’s ability to separate from the global web – a capacity that Chinese companies, including Huawei, have helped the Russians build.

      Experts now wonder whether China’s vision of Internet governance could shift from a defensive vision, in which the government wanted to be left alone to impose authoritarian Internet controls at home, to a more assertive approach, in which the country openly advocates for others. follow his example.

      The creators of New IP say that parts of the technology will be ready for testing next year. Efforts to convince delegations of its value will culminate in an important ITU conference to be held in India in November. To persuade the ITU to approve it within the year, so that it can be officially “normalized”, representatives must reach an internal consensus, freely based on a majority agreement. If delegates fail to agree, the proposal will be put to a closed-door vote in which only member countries will be able to participate, cutting off the views of industry and civil society.

      The rapid timetable is causing particular concern to Western delegations and requests have been made to slow the process down, according to documents consulted by the FT. A participant in the Dutch delegation wrote in an official response, leaked to the FT by several sources, that the “open and adaptable nature” of the Internet – both its technical structure and its mode of governance – was fundamental to its success and that he was “particularly concerned” that this model departed from this philosophy.

      Another scathing reprimand from a British delegate, also leaked to the FT, said: “It is far from clear that technically sound justifications have been provided for taking such a drastic step. Unless these are to come, the reasonable basis for future work or even ongoing research activities on these topics is, at best, weak or nonexistent. “

      Patrik Fältström, a non-conformist engineer with long hair, known in his native Sweden as one of the fathers of the Internet, is one of the most vocal critics of the new intellectual property. In the early 1980s, Fältström was a math student in Stockholm when he was hired to build and test the infrastructure for a new technology that the US government called the Internet.

      His job was to write a series of protocols that allowed computers to send text to each other. “In Europe, we were maybe 100 people in Sweden, 100 in the United Kingdom, 50 here, 20 there, we all knew each other. We used to joke that if there was a problem, you knew who to call, ”he says.

      Today, Fältström is a digital advisor to the Swedish government and its representative to most major Internet standards organizations, including the ITU. Thirty years after helping to assemble the building blocks of the Internet, it embodies the Western cyber-libertarian ideals that were woven into its foundation.

      “The Internet architecture makes it very, very difficult, almost impossible for anyone providing Internet access to know or regulate the use of Internet access,” he says. “It is a problem for law enforcement and others who would like an ISP to control it, so it is not used for illegal activities such as film pirating or child abuse.

      “But I am ready to accept that there will be criminals who will do bad things and the police will be unable to fight [all of] he. I accept this sacrifice. “

      For Fältström, the beauty of the Internet is its nature “without permission”, as demonstrated by the Arab Spring. “We have to remember,” he says, “it’s a balance between being able to communicate and to control, but people who have a voice are always more important.”

      A stark contrast to this view can be found in a river village called Wuzhen near Shanghai, which is emptied every fall to make room for technical executives, academics and policy makers attending the ambitious world conference of the Internet. The event was created by the China Cyberspace Administration in 2014, a year after President Xi Jinping came to power. A row of world flags greets visitors – a nod to Xi’s vision of creating “a shared future community in cyberspace”.

      Tim Cook, CEO of Apple, at the 2017 World Internet Conference in China. Foreign participation has declined in recent years as the technology war between the United States and China has intensified and leaders feared to be too aligned with Beijing
      Tim Cook, CEO of Apple, at the 2017 World Internet Conference in China. Foreign participation has declined in recent years as the technology war between the United States and China intensified and leaders feared being too aligned with Beijing © Getty

      Tech executives, from Tim Cook of Apple to Steve Mollenkopf of Qualcomm, spoke at the event, crediting Xi’s attempts to bring together the international tech elite. But in recent years, foreign participation has declined American-Chinese Technological War intensifies and leaders fear being too closely aligned with Beijing.

      There is a precedent for such fears. During the first year of the event, the organizers slipped a draft joint declaration under the doors of the guests’ hotels at midnight, setting out Xi’s point of view on each nation’s right to “cyber sovereignty” . Customers were invited to return with any changes before 8 a.m. After the protests, the organizers dropped the case completely. But the fact that management attempted such a move reflected Xi’s digital ambitions.

      In the early 1990s, the Chinese government began to develop what is now known Large firewall, a system of internet controls that prevent citizens from connecting to banned foreign websites – from Google to the New York Times – as well as blocking politically sensitive national content and preventing mass organization online.

      Beijing technical controls are supported by large teams of government censors as well as those hired by private tech companies such as Baidu and Tencent. Although anyone in the world can technically host their own website using just a computer and an Internet connection, in China you need to apply for a license to do so. Telecommunications providers and Internet platforms are also required to assist the police in monitoring “crimes”, which may include actions such as calling Xi “steamed bun” in a private discussion group , an act punishable by two years in prison.

      Chinese President Xi Jinping at the World Internet Conference in 2015, where he told participants that each nation should have independent authority over its own Internet
      Chinese President Xi Jinping at the 2015 World Internet Conference, where he told participants that each nation should have independent authority over its own Internet © Getty

      Despite this, the Chinese Internet is not 100% effective in blocking content deemed sensitive or dangerous by the government. “The leaking global internet remains frustrating for Chinese censors, and they have dealt with it at great cost and effort, but if you could make these problems go away almost completely using a more automated and technical process, maybe like New IP, that would be fantastic for them, “says James Griffiths, author of The Great Firewall of China: How to Create and Control an Alternative Internet Version.

      “Building a new version of the Internet could prevent more people from acquiring politically dangerous knowledge, thereby saving a great deal of effort, money and manpower on the censorship side. They can choose the commands they want, integrate them with technology and deploy them. “

      The establishment of a sophisticated alternative to the Western Internet would also fit in with China’s ambitions to expand its digital footprint on a global scale. “At the very beginning of the Internet, China was a follower and did not recognize, like many other countries, how disruptive the Internet would be,” said Julia Voo, research director for the China Cyber ​​Policy Initiative at the Harvard University in Belfer. Center.

      “As they realized how important it was, [they] channeled more resources into technology development. . . and we can see their influence increased in many standards bodies like the ITU in the past two or three years.

      “But the United States and others have made a strategic mistake by failing to see the value of growing infrastructure in developing markets,” she added. “There is still a lot of infrastructure to provide and over the past 10 years, Chinese companies have been at their disposal, especially in Africa.”

      Beijing has signed memoranda of understanding on building a “digital silk road” – or advanced IT infrastructure system – with 16 countries. Huawei says it has 91 contracts to supply 5G wireless telecommunications equipment worldwide, including 47 in Europe – despite US warnings that Huawei’s involvement amounted to giving Chinese access to national security secrets, an allegation denied by the society.

      “By proving that you can control and monitor your home internet intensely and prevent it from being used as a tool to rally people against the government, combined with the economic success of its businesses, China has made this vision incredibly attractive to regimes – autocratic and others – all over the world, ”says Griffiths.

      ITU was created 155 years ago, making it one of the oldest international organizations in the world, even before the United Nations. It is installed in a group of glazed buildings on Place des Nations in Geneva. On the 10th floor is the airy office of Bilel Jamoussi, the head of ITU study groups, born in Tunisia – the units that develop and ratify technical standards.

      The room is lined with a huge library from which Jamoussi draws a dusty blue book – his doctoral thesis, written 25 years ago, on traffic passing through the Internet. At the time, there was a desire to build a new networking protocol to meet the growing base of Internet users. Ultimately, the engineers opted for a layer on top of the existing TCP / IP infrastructure. Technology, invented in the late 1970s by computer engineers working for the United States Department of Defense, was a means of transmitting messages between computers at the speed of light, using a special addressing system.

      Bilel Jamoussi, Head of ITU study groups, which ratify technical standards.
      Bilel Jamoussi, Head of ITU study groups, which ratify technical standards. “Twenty years ago, it was Europe and North America that dominated the development of products, solutions and standards, we now have an eastward orientation” © YouTube

      “Twenty-five years ago we had this conversation as a community – is it TCP / IP or is it something else – and then a lot of design and development came to a kind of rescue [it]Explains Jamoussi. “We are now, I think, at another turning point, saying, is this enough, or do we need something new?”

      In its early days, the ITU oversaw the first international telegraph networks. Since then, it has grown from 40 countries to 193 and has become de facto the standardization body for telecommunications networks. The standards produced there legitimize new technologies and systems in the eyes of some governments – especially those in developing countries that do not participate in other Internet organizations. In the end, they give a business advantage to the companies that have built the technology on which they are based.

      Over the past 21 years, Jamoussi has witnessed a geopolitical shift. “The pendulum has tilted to the east, and now we see more participation from China, Japan, Korea,” he said. “Twenty years ago, it was Europe and North America that dominated the development of products, solutions and standards, we now have an eastward orientation.”

      On one of the marble walls of the ITU, backlit flags are hung, showing the largest donor countries. The Chinese flag – currently number five – was not there at all a few years ago, said an employee, but it is progressing gradually.

      New intellectual property is the latest grenade launched in the ITU arena, but it is not the first Internet-related standard to be offered as an alternative to the original Western-style system. The governments of Russia, Saudi Arabia, China and Iran have been pushing the idea of ​​alternative networks for years, according to participants who wanted to remain anonymous.

      “In the early 2000s, once you saw widespread use of the Internet, you suddenly had this idea of ​​democratization, which is basically to give people more control and more information. For authoritarian governments, it was something they were not happy with, ”said a member of the British delegation. “And so the work started, around the beginning of the 2000s, especially in China, then a little later in Iran and Russia, on how to create an alternative to the standards and technologies that were still being developed mainly by Americans. “

      But in recent years, Chinese companies have switched to new intellectual property. “There is a new paradigm, it is not voice and text and video and people talking, it is real-time control of something remotely, or telepresence, or holograms”, explains Jamoussi. “These new applications require new solutions. And now it’s more doable, it’s no longer science fiction, it’s almost a reality. “

      Cutting-edge projects for a new IP is Richard Li, chief scientist at Futurewei, Huawei’s R&D division located in California. Li worked with Huawei engineers based in China, as well as state-owned telecommunications companies China Mobile and China Unicom, with the explicit support of the Chinese government, to develop the technology specifications and the proposal for standards.

      Having Huawei at the helm will sound the alarm for many in Europe and the United States, where governments are concerned that Chinese technology is being developed as a vehicle for state espionage. The advent of 5G – a much higher bandwidth network that will serve as the digital backbone for a more automated world – has raised growing concern that products developed by Huawei will be built with “backdoors” for consumers. spies in Beijing.

      Richard Li, chief scientist at Futurewei, Huawei’s R&D division. Li worked with the explicit support of the Chinese government to develop technology that would allow
      Richard Li, chief scientist at Futurewei, Huawei’s R&D division. Li worked with the explicit support of the Chinese government to develop the technology that would allow “cyber sovereignty” © YouTube

      Last year, the United States excluded Huawei from sale in its market, and the British government is involved in a parliamentary battle over the company’s involvement in its basic telecommunications infrastructure.

      The FT contacted Li to discuss the new IP, but Huawei declined the opportunity to explain the idea in more detail. The company said in a statement, “The new IP aims to provide new IP technology solutions that can support. . . future applications such as the Internet of Everything, holographic communications and telemedicine. New IP’s research and innovation is open to scientists and engineers from around the world to participate and contribute. “

      Critics argue that the technical claims made in the New IP documentation are false or unclear and represent a “solution to the search for a problem”. They insist that the current IP system is suitable for use, even in a fast-scanning world. “The way the Internet has grown is through modular and weakly coupled building blocks, it’s the brilliance of it,” says Alissa Cooper, president of the Internet Engineering Task Force (IETF), an organization industry-dominated standardization in the United States. .

      In November, Li introduced himself to a small group at an IETF meeting in Singapore, which Cooper attended. “[The current infrastructure] is in stark contrast to what you see in the new IP proposition, which is this type of top-down monolithic architecture that wants to tightly couple applications to the network. This is exactly what the internet was not designed for, “she said.

      The implications for the average user could be enormous. “You push control into the hands of [telecoms] public operators, “said a member of the British ITU delegation. “Therefore [it means] now you can not only control access to certain types of online content, or track that content online, but you can actually control a device’s access to a network. “

      For internet pioneer Patrik Fältström, the beauty of the Internet is its
      For internet pioneer Patrik Fältström, the beauty of the Internet is its “unlicensed” nature. “We have to remember,” he says, “it’s a balance between being able to communicate and controlling, but people who have a voice are always more important” © Alexander Glandien

      China is already in the process of setting up a credit rating system for its people, based on online and offline behavior and past “crimes”, noted the member of the delegation. “Donc, si le score de crédit social d’une personne est tombé en dessous d’un certain montant parce qu’il publiait trop sur les réseaux sociaux, vous pourriez en fait empêcher ce téléphone de se connecter au réseau.”

      Les opérateurs de télécommunications chinois disposent de nombreuses données sur leurs abonnés. Selon la loi, les clients doivent s’inscrire pour un numéro de téléphone ou une connexion Internet en utilisant leur vrai nom et identification, qui est ensuite accessible par d’autres sociétés telles que les banques. La loi du pays sur la cybersécurité stipule également que tous les «opérateurs de réseaux», y compris les sociétés de télécommunications, doivent tenir des «journaux Internet» – bien que ce que cela implique ne soit pas clair.

      Jamoussi fait valoir que ce n’est pas à l’UIT de juger si les propositions pour une nouvelle architecture Internet sont «descendantes» »ou pourraient être utilisées à mauvais escient par des gouvernements autoritaires. «Bien sûr, tout ce que vous construisez est une épée à double tranchant. Vous pouvez utiliser n’importe quoi pour le bien ou pour le mal, et c’est la décision souveraine de chaque État membre », dit-il. “À l’UIT, nous ne nous engageons pas dans ce mauvais usage potentiel de la technologie, nous nous concentrons uniquement sur” en voici quelques-uns. . . problème de la technologie de la communication, voici une aspiration, en tant que communauté, construisons une solution pour y parvenir. “Mais la façon dont les gens l’utilisent est vraiment à eux.”

      Les ambitions de Pékin de renforcer les contrôles dans l’infrastructure Internet ne sont pas perçues par tout le monde comme un problème – simplement comme le prochain chapitre de son évolution.

      «Internet était censé être une infrastructure neutre, mais il est devenu un bras de contrôle politisé. De plus en plus, l’infrastructure Internet est utilisée à des fins politiques – pour réprimer les gens économiquement et physiquement – nous l’avons vu au Cachemire, au Myanmar et dans les révélations de Snowden », explique Niels ten Oever, ancien délégué néerlandais à l’UIT.

      «Pour moi, la question primordiale est: comment construire un réseau public sur des infrastructures privées? C’est le problème avec lequel nous nous débattons. Quel est le rôle de l’État par rapport au rôle des entreprises? “

      Selon lui, les entreprises conçoivent des technologies principalement dans un but lucratif. «Internet est dominé par les entreprises américaines, toutes les données y circulent. Alors, bien sûr, ils veulent garder ce pouvoir », dit-il. «Nous avons peur de la répression chinoise. Nous faisons des caricatures des Chinois d’une manière impérialiste-raciste limite. Mais la gouvernance d’Internet ne fonctionne pas aujourd’hui. Il y a de la place pour une alternative. “

      Partout où notre avenir numérique se construit actuellement, il semble y avoir un accord mondial pour dire que le moment est venu pour une meilleure version du cyberespace. “Je pense [some] les gens diraient que notre modèle actuel d’Internet est profondément défectueux, sinon cassé. À l’heure actuelle, il n’existe qu’un seul autre modèle vraiment complet et pleinement réalisé, celui de la Chine », écrit Griffiths dans Le grand pare-feu de Chine.

      «Le risque est que si nous ne parvenons pas à trouver un troisième modèle – un qui autonomise les utilisateurs et accroît la démocratie et la transparence en ligne, et réduit les pouvoirs des services de sécurité des grandes technologies et du gouvernement – alors de plus en plus de pays pencheront vers les Chinois modèle, plutôt que de faire face aux retombées de l’échec de la Silicon Valley. “

      Aujourd’hui le “Déclaration d’indépendance du cyberespace»- le principe directeur d’Internet – commence à ressembler de plus en plus à une relique. Le manifeste, écrit en 1996 par John Perry Barlow, co-fondateur de la fondation américaine sans but lucratif Electronic Frontier Foundation et parolier de Grateful Dead, était un appel aux armes.

      «Gouvernements du monde industriel, vous, géants las de chair et d’acier, je viens du cyberespace, la nouvelle maison de l’esprit», commence le document. «Au nom de l’avenir, je vous demande du passé de nous laisser seuls. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez aucune souveraineté là où nous nous réunissons. “

      Cette opinion est maintenant devenue un retour à une époque antérieure à la capitalisation boursière de billions de dollars dans l’industrie de la technologie, disent les critiques. Mais il y a encore de l’espoir – et peut-être une troisième alternative à nos deux internets d’aujourd’hui.

      «Ce qui nous différencie de la Chine maintenant, c’est qu’à l’ouest, le public peut toujours se mobiliser et avoir son mot à dire. Une grande partie de cette responsabilité incombe désormais aux législateurs de protéger la démocratie à l’ère de la surveillance, qu’elle soit dictée par le marché ou autoritaire », a déclaré Zuboff. «Le géant endormi de la démocratie est enfin en train de remuer, les législateurs se réveillent, mais ils ont besoin de sentir le public dans leur dos. Nous avons besoin d’un Web occidental qui offrira le genre de vision d’un avenir numérique compatible avec la démocratie. C’est l’œuvre de la prochaine décennie. “

      Madhumita Murgia est la correspondante technologique européenne du FT. Anna Gross est journaliste aux marchés FT. Reportage supplémentaire par Yuan Yang et Nian Liu

  • Témoignages de Wuhan, loin de l’image diffusée par les médias chinois | Tracy Wen Liu
    https://www.letemps.ch/monde/temoignages-wuhan-loin-limage-diffusee-medias-chinois

    Un cardiologue, une infirmière et une anesthésiste de Wuhan témoignent de leur calvaire pour traiter les malades du Covid-19 au plus fort de la crise. Tracy Wen Liu, une Chinoise résidant au Texas, a recueilli leurs récits durant des semaines. Elle met en garde son pays d’accueil sur une réalité qui a été pour l’essentiel cachée. Source : Le Temps

  • http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-pour-une-responsable-des-restos-du-coeur-la-detresse-des-sdf-est-ef

    Un article sur la situation parisienne. On y retrouve un certain nombre de thèmes et d’expressions similaires à la couverture médiatique suisse.

    Des descriptions de villes fantomatiques : « Les silhouettes fantomatiques des sans-abri errent dans les rues désertes de la capitale. » Un sans-abri dans un reportage vidéo inséré dans l’article « Ça me fait rire moi, ça me rappelle le film Resident Evil, c’est devenu Zombieland, c’est Paris fantôme ! ».

    Aussi, le changement de repas chaud à repas froid, ainsi que le problème de l’âge des bénévoles :

    [...] en grande majorité des retraités plus vulnérables face au Covid-19 - sont moins nombreux et distribuer des repas chauds dans la rue n’est plus possible

    Les besoins, connus depuis longtemps, sont rappelés et les appels à la solidarité du public et des entreprises :

    Aujourd’hui, 2 000 salades composées conditionnées en barquettes sont fabriquées par huit établissements parisiens. « Il nous faut encore trouver une solution pour enrichir les paniers repas d’un sandwich ou d’une tarte salée car les salades ne sont pas suffisamment consistantes. Les SDF ont besoin d’un apport de nourriture une fois et demi-supérieure à des personnes ayant un toit », explique la bénévole qui a bon espoir que son message soit entendu « il y a une chaîne de solidarité extraordinaire ».

    Solidarité affichée qui est couverte dans un article cité par celui-ci. http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-des-restaurateurs-se-mobilisent-pour-nourrir-les-sans-abri-29-03-20

    • https://www.letemps.ch/monde/strasbourg-confinee-peur-nuits-desertes

      Un autre exemple de description de villes fantomatiques, ici Strasbourg :

      Un climat de peur

      La veille, la municipalité leur a encore promis de trouver des logements pour les quelque 300 vagabonds de la métropole. Le confinement, pour ces SDF, rime avec abandon et ville déserte. [...] Strasbourg est une ville morte. [...] Pagaille. Echauffourée. Igor est Russe, échoué là depuis quelques années sans savoir expliquer comment, dans un français très approximatif. Un vieux monsieur sénégalais, sorti de son repaire de couvertures et de cartons, tente de calmer le jeu. L a scène est inquiétante. Pas un policier à l’horizon. La bagarre peut à tout moment dégénérer. A quelques mètres de la sortie du magasin, d’où s’échappent un par un les rares clients. Près de la gare, alors que la nuit est tombée, un autre groupe de clochards renverse le contenu des poubelles par terre , au croisement de la rue du Maire Kuss. [...] « Il va falloir s’habituer à notre ville désertée. On va devoir, à la fin, sortir d’une forme de néant. » Sur la place Kléber, l’obscurité règne comme une chape de plomb. Pas un piéton. Rien. Juste un bruit : un SDF qui, dans une ruelle, hurle contre son chien. L’Alsace s’enfonce dans sa nuit confinée.

  • « Il y a encore une chance de contenir le Covid-19 en Afrique » - Le Temps

    Dans la moitié des pays africains infectés, il n’y a pas encore de transmission locale, avance la Dr Matshidiso Moeti, directrice du bureau africain de l’OMS

    https://www.letemps.ch/monde/y-une-chance-contenir-covid19-afrique


    #Covid-19#Migration#Migrant#Afrique

  • Le monde après le coronavirus, vu par Yuval Noah Harari - Le Temps
    https://www.letemps.ch/monde/monde-apres-coronavirus-yuval-noah-harari

    Société de surveillance, démission démocratique, nations désunies : l’orage va passer mais les choix que la crise actuelle nous amène à faire pourraient altérer nos vies, alerte dans le « Financial Times » l’historien et humaniste israélien, auteur du best-seller « Sapiens. Une brève histoire de l’humanité » L’humanité fait face à une crise globale, commence l’historien, et à l’heure des choix, il faut considérer non seulement la meilleure façon de vaincre la menace actuelle, mais aussi ce à quoi devrait (...)

    #algorithme #bracelet #CCTV #smartphone #biométrie #domination #facial #législation #reconnaissance #vidéo-surveillance #écoutes (...)

    ##surveillance