• Pontoise, Melun, il est temps d’affirmer qu’un #enfant de 11 ans ne consent pas librement à des relations sexuelles ! | Droits des enfants
    http://jprosen.blog.lemonde.fr/2017/11/12/pontoise-melun-il-est-temps-daffirmer-quun-enfant-de-11-ans-ne-

    Ne pas retenir la violence ou la contrainte, au moins psychique, de l’adulte sur l’enfant, laisse à penser que ces gamines de 11 ans ont accepté les relations sexuelles comme une femme mature y consent. C’est tout simplement aberrant.

    En écho au débat suscité par les révélations de toutes ces femmes qui dénoncent les violences sexuelles de toutes nature qu’elles ont pu supporter, on trouve dans les affaires de Pontoise et de Melun une autre preuve du rapport qui existe dans nos sociétés entre les hommes et les femmes. Par définition, et de tous temps, une femme ne peut qu’accepter qu’on cherche à la séduire, qu’on lui mette la main aux fesses (5), qu’on lui propose un avancement-canapé, qu’on l’amène à des relations sexuelles. Somme toute la limite tient au fait qu’elle crie ! D’ailleurs, à la réflexion, il n’est pas sûr que si elle se débat ce ne soit pas par le plaisir donné par la situation, sinon par le mâle qui l’étreint !

    Il est grand temps d’affirmer haut et fort qu’avant un certain âge – 13 ans pourquoi pas qui est l’âge où la loi admet la sanction pénale contre l’auteur d’une infraction – un enfant peut certes avoir une sexualité, mais ne consent pas à des relations avec des adultes. Il faut poser une relation irréfragable, c’est-à-dire qui ne soit pas susceptible être remise en cause, de violence psychique lié au déséquilibres qui existe entre l’adulte et ce jeune enfant. Après tout, ne développons pas l’idée que la relation amoureuse, sinon sexuelle, est fondée sur la réciprocité des désirs et des plaisirs ? Qui oserait affirmer que dans le rapport entre un homme de 28 ans ou même de 22 ans avec une gamine de 11 ans il y a égalité ? Où est le consentement éclairé d’une gamine de 11 ans à des actes sexuels comme ceux dont on parle ?
    Une pétition lancée par le journal Marianne circule pour que le parlement introduise cette présomption comme d’autres pays l’ont déjà fait.

    #culture_du_viol

  • stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles : Article de Muriel Salmona 2016 : La grossesse à l’épreuve des violences conjugales : une urgence humaine et de santé publique
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/08/article-de-muriel-salmona-2016-la.html

    L’accès à une contraception efficace, la possibilité de faire une interruption volontaire de grossesse, les progrès considérables de la médecine obstétricale et péri-natale, font qu’en 2016 la grossesse est perçue comme un choix et comme une période de bonheur et d’épanouissement pour une femme. Et si les intenses bouleversements physiologiques, affectifs et corporels de la grossesse, ainsi que la lourde responsabilité envers une vie en développement, rendent les femmes enceintes plus vulnérables, elles sont censées pouvoir compter sur un suivi médical régulier et de qualité, sur des droits spécifiques et sur la protection, l’affection et l’attention de leur entourage, tout particulièrement de leur conjoint. Une femme enceinte est donc considérée par notre société comme une personne précieuse dont la sécurité est assurée.

    C’est vrai pour la majorité des femmes, mais pas pour celles - et elles sont loin d’être rares - qui sont victimes de violences conjugales. Subir des violences pendant sa grossesse est une grave atteinte à leurs droits, à leur sécurité et à leur intégrité psychique et physique et à celle de l’enfant à venir. Les violences peuvent entraîner de lourdes conséquences sur le déroulement de leur grossesse, de leur accouchement, et sur leur santé et celle de leur enfant.

    Ces femmes victimes devraient bénéficier de protection et de soins spécifiques. Assurer leur sécurité est un impératif, mais c’est très loin d’être systématiquement le cas. La grande majorité des femmes enceintes victimes de violences de violences conjugales, ne sont pas identifiées, et les conséquences traumatiques physiques et psychiques sur leur santé et celle de leur enfant ne sont pas reconnues comme telles (Salmona M, 2008).

    Que se passe-t-il pour que ces femmes soient abandonnées sans protection ni soins avec les conséquences graves que cela entraîne ?

    Et que se passe-t-il chez ces hommes pour que des impératifs moraux aussi forts et aussi unanimement reconnus, ceux de la protection des femmes enceintes et de la mère et son nouveau-né, puissent être ainsi transgressés ? Et quelles en sont les conséquences pour la mère et l’enfant à naître ?

    #domination_masculine #violence_masculine #grossesse #victimologie

  • Nouvel article de la Dre Muriel Salmona : Pour toutes les victimes de violences sexuelles, nous nous tairons pas !… 15 mai 2016
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/05/nouvel-article-de-la-dre-muriel-salmona.html

    Depuis le séisme crée par la publication lundi 9 mai 2016 par Médiapart et France-inter des témoignages de 8 femmes dont quatre élues révélant avoir été agressées et harcelées sexuellement par Denis Baupin député et vice-président de l’Assemblée Nationale, l’onde de choc tout au long de la semaine qui a suivi, non seulement n’a pas faibli pas mais de nombreuses répliques ont secoué le déni, la loi du silence et toutes les complicités dont bénéficient les agresseurs dans le milieu politique (comme toujours beaucoup savaient et les victimes avaient parlé mais n’avaient pas été entendues, ni protégées) : Denis Baupin a démissionné de la vice-présidence de l’Assemblée, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire, d’autres élues ont fait des révélations concernant d’autres hommes politiques, une hotline juridique éphémère a été lancée par la Fondation des femmes, une tribune de femmes politiques et une pétition (plus de 15000 signataires) ont été publiées ainsi qu’un un rassemblement à l’appel d’associations féministes a eu lieu devant l’Assemblée pour libérer la parole, contre l’omerta des violences sexuelles et du sexisme en politique, et enfin ce dimanche 15 mai un appel dans le JDD de 17 femmes ex-ministres « Nous ne nous tairons pas » pour dénoncer les comportements et les remarques sexistes et pour que cesse enfin l’impunité.

    Une parole qui se libère enfin ?

    Nous toutes, qui luttons contre les violences faites aux femmes, nous ne pouvons que nous réjouir et remercier toutes ces femmes courageuses qui ont pris publiquement la parole et tous ces journalistes qui leur ont offert et nous offrent une tribune médiatique inouïe pour dénoncer les violences sexuelles ainsi qu’une culture du viol et du silence qui invisibilise ces violences, impose le silence aux victimes et organise une presque totale impunité pour les agresseurs dans tous les milieux (1).

    Mais combien d’autres victimes condamnées à se taire…

    Chaque année en France 84 000 femmes, 16 hommes, 124 000 filles, 30 000 garçons subissent un viol ou une tentative de viol (2), c’est à dire un crime, un acte cruel, destructeur, assimilable à de la torture qui avoir de graves conséquences sur leur santé mentale et physique…

    Et ce sont 20 % des femmes qui subissent dans leur vie une agression sexuelle et 16% un viol ou une tentative de viol (2), principalement en tant que mineure : 71% des violences sexuelles sont subies avant 18 ans, 51% avant 11 ans, 21% avant 6 ans, 18% des filles, 7,5% des garçons subissent des violences sexuelles (3)…

    Or lors de l’enquête de notre association Mémoire traumatique et Victimologie en 2015 Impact des violences sexuelles de l’enfance à l’âge adulte 83% des victimes de violences sexuelles déclarent qu’elles n’ont jamais été ni protégées, ni reconnues (3) !

    #féminisme #victimologie #violence_masculine #viol #culture_du_viol

  • Camille Laurens : « Sur Facebook, vous mentez, vous manipulez… » - Culture / Next
    http://next.liberation.fr/livres/2016/01/15/camille-laurens-sur-facebook-vous-mentez-vous-manipulez_1426763

    Et celle de la femme qui tombe du vingt-cinquième étage, vous la connaissez ? On la trouve dans Celle que vous croyez, le nouveau roman de Camille Laurens. « Elle est rattrapée au vingtième par un homme à son balcon qui lui dit : "Tu baises ?" Elle dit non, il la lâche. Au quinzième étage, elle est rattrapée par un homme qui lui demande : "Tu suces ?" Non, bégaie-t-elle. Il la laisse tomber. Elle continue sa chute, mais au dixième étage, elle est arrêtée par un homme. "Je baise, je suce", bredouille-t-elle précipitamment. "Salope !" dit le type, et il la lâche dans le vide. »

    Roman très fort, très noir, qui forcément lui a valu d’être traitée de "féministe victimaire" :

    Ce n’est pas de l’ordre de la plainte, ni du récit victimaire, comme cela m’a été reproché, dans une émission de télé, par un homme.

    (Cela dit, les types de son roman sont particulièrement odieux, et il faudra quand même qu’on m’explique un jour cette fascination féminine apparemment très répandue pour les mufles et les salauds)

    #sexisme #jeunisme

    • Ta dernière remarque me dérange @mona je trouve qu’elle porte la responsabilité des violences faites aux femmes sur les victimes et dédouane les hommes de leur actes. Les femmes ne choisissent pas de salauds, elles choisissent des hommes qu’elles croient être gentils.

      En tout cas le bouquin à l’air bien, même si il risque pas de calmer ma colère contre les hommes et leur monde immonde. Cette phrase me semble si vrai : « "Va mourir" ; c’est ce que le monde dit aux femmes ». Merci pour le signalement et la future lecture.

    • @mad_meg Oui tu as raison, ce n’était pas terrible. C’est une fascination que j’ai eue aussi très jeune, et je crois que j’ai réussi à m’en débarrasser, alors maintenant je fais genre comme si c’était simple (et comme si on pouvait se croire immunisée pour l’éternité). Je ne renverserai jamais l’ordre des responsabilités, mais ça me désespère de voir autant de femmes autour de moi sous l’emprise de mufles manipulateurs qui les exploitent et les maltraitent, même quand elles ont des bons boulots (voire meilleurs qu’eux), qu’elles sont parfaitement lucides sur la situation et qu’elles pourraient se barrer quand elles veulent.

      Je pense que c’est parce que dans beaucoup de milieux (y compris très cultivés, ça va sans dire), le sexisme n’est tout simplement pas une grille de lecture des situations - et c’est aussi là que tu vois les ravages du discours sur le « féminisme victimaire », qui empêche beaucoup de femmes de se reconnaître victimes et, du coup, de se libérer. Récemment, avec une amie, on a enfin mis un mot sur le malaise que nous inspirait une connaissance commune : c’est un misogyne, voilà. On a mis vingt ans...

    • Oui on est malheureusement jamais immunisé, je parle en connaissance de cause. Je me reveil moi même de 20 ans de grosse cécité à ce sujet.

      Sur le reproche de « féminisme victimaire », je ne le comprend pas du point de vue des femmes. Le féminisme est forcement victimaire vu qu’il prend le parti d’un groupe discriminé, donc par essence victime de discriminations. Je ne voie pas comment des femmes peuvent prétendre lutter contre des discriminations si elles ne sont pas capable de se reconnaitre victime de ces discriminations. Si elles ne sont pas victimes, pourquoi lutter ??? Je pense que le problème est cette haine intégré pour les victimes, qui fait qu’on perd sa fierté à se reconnaitre victime et qu’on a l’impression qu’on est marqué à vie du stigmate de la loose. C’est une mentalité patriarcale de considéré les victimes comme déshonorées, il y a du travail à faire la dessus.

      Cette expression de « féminisme victimaire » sonne vraiment comme du révisionnisme masculiniste, ca sous entend que les femmes sont de fausses victimes et que les féministes font du cinéma.

      #victime #victimaire #victimisation

    • Je ne crois pas non plus que « les femmes » choisissent forcément « des hommes qu’elles croient gentils ». J’ai quelques exemples encore récents dans les copines autour. Dont une qui sait parfaitement que c’est un connard, qui arrête pas de le dire ("mais quel connard !") et cela dès les deux premières semaines, et qui pourtant est obnubilée par lui, fini par le laisser venir dès qu’il veut, etc. Ou une autre qui dit qu’un gars trop gentil ça fait pas assez viril.

      Bref, ce que je veux dire c’est que ce n’est pas juste le cas de Poire qui de son point de vue d’homme trouve que tel concurrent est un connard alors que lui il est super gentil : il y a aussi un certain nombre de femmes qui cherchent explicitement le bad boy (et un bon pourcentage de celles qui le cherche le disent explicitement = ce n’est pas une interprétation d’une tierce personne).

      Ce qui ne dédouane en rien les actes connards, mais ça explique quand même un certain cercle vicieux puisqu’il y a aussi demande explicite, non ? Socialisation, éducation, évidemment…

      Moi quand j’entends ces propos je sais jamais comment réagir… (à part me dire que je dois aussi être un connard sur d’autres points, mais clairement pas les points abordés par ces expériences entendues dans l’entourage…)

    • C’est vrai que j’ai un peu évacué la question du gout pour les bad boys d’un coup, ca me semble très marginal chez les femmes mais ma perception est probablement biaisé là dessus.

      Pour expliqué ce phénomène je pense à deux - trois choses :

      Premièrement, ca me semble faire partie des exemples d’inversion de valeurs classique dans les système de domination (capitalisme, hétéro-patriarcat, colonialisme...). La même inversion qui fait qu’on stigmatise et culpabilise les victimes et pas les agresseur·e·s. C’est ce mécanisme qui fait qu’on aime souvent les méchant·e·s dans les films et que dire de quelqu’un·e qu’ille est gentil·le est souvent péjoratif.

      Deuxièmement, « ce sont 20 % des femmes qui subissent dans leur vie une agression sexuelle et 16% un viol ou une tentative de viol, principalement en tant que mineure : 71% des violences sexuelles sont subies avant 18 ans, 51% avant 11 ans, 21% avant 6 ans, 18% des filles, 7,5% des garçons subissent des violences sexuelles ». 90% des agressions sur mineurs sont causées par un proche, à 94% un homme. (source : http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/05/nouvel-article-de-la-dre-muriel-salmona.html ) Ceci signifie qu’une quantité astronomique de femmes ont commencer leur vie sexuelle par un viol, une agressions sexuelle ou/et l’inceste, infligé par un homme (mineur lui aussi dans 25% des cas) dont elles étaient proche et qui n’a jamais été reconnu ni soigné. Un des effets du traumatisme est de chercher à revivre l’événement traumatique. Il y a des explications sur ca sur le blog de la Docteure Muriel Salmona. Du coup c’est logique que les bad boys aient la cote avec ce contexte de culture du viol.

    • Oui oui, je n’ai pas trop de doute sur la logique sous-jacente. :(
      Après pour la marginalité, j’en sais vraiment rien, je n’ai pas de stats ou quoi que ce soit non plus, c’est juste basé sur les trucs entendus dans les copines autour, et ça ne me semblait pas si marginal que ça (et plus encore hors des milieux militants/alter/etc).

  • POUR EN FINIR AVEC LE DÉNI ET LA CULTURE DU VIOL en 12 points de Muriel Salmona
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/01/pour-en-finir-avec-le-deni-et-la.html

    Pour bien trop de personnes encore, qu’elles soient ou non des professionnelles susceptibles de prendre en charge des victimes, il y a un véritable refus à penser les violences sexuelles, à en reconnaître la réalité et les conséquences, mais également à les entendre lorsqu’elles sont révélées. Imposer le silence aux victimes, les culpabiliser leur permet de se débarrasser très facilement du problème : plus besoin de remettre en cause l’opinion favorable qu’elles peuvent avoir des personnes désignées comme
    agresseurs, et du monde dans lequel elles pensent vivre en sécurité.

    #viol #déni #société

  • stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles : Enquête « Les français-e-s et les représentations sur le viol et les violences sexuelles » = le règne du déni, de la culture du viol, de l’impunité et de l’abandon des vicimes
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/03/enquete-les-francais-e-s-et-les.html

    Avec cette grande enquête nationale : « Les Français et les représentations sur le viol et les violences sexuelles » conduite par IPSOS à la demande de notre association Mémoire Traumatique et Victimologie, il s’agit, pour la première fois en France, d’établir une photographie précise des représentations que les français-e-s peuvent avoir sur le viol et les violences sexuelles. Notre but était de comprendre pourquoi la loi du silence, le déni, l’impunité, l’absence de reconnaissance, de protection et l’abandon des victimes de violences sexuelles règnent encore en maître, et d’analyser sur quels axes prioritaires les efforts doivent être développés pour mieux lutter contre ces violences, et pour mieux protéger, soigner et rendre justice aux victimes.

    Car, malgré les nombreux efforts du milieu associatif féministe et de la protection de l’enfance, malgré les deux plans triennaux gouvernementaux de lutte contre les violences sexuelles depuis 2011, et les actions de formation de la MIPROF (Mission Interministérielle de lutte contre les violences faites aux femmes et de lutte contre la traite des êtres humains) depuis 2013, malgré tout un ensemble de recherches et d’enquêtes qui ont permis de mieux évaluer la fréquence, la réalité et la gravité des conséquences sur la santé des violences sexuelles (1). Force est de reconnaître que sur le terrain tout se passe malheureusement très différemment.

    Les chiffres des viols, évalués chaque année par les enquêtes de victimation ne diminuent pas : 84 000 femmes et 16 000 hommes âgé-e-s de 18 à 75 ans sont victimes de viols ou tentatives de viol, auxquels il faut rajouter les chiffres concernant les mineurs, encore plus importants estimés à 124 000 filles et 30 000 garçons. 83% des victimes de violences sexuelles rapportent n’avoir jamais été ni reconnues, ni protégées. Et alors que l’impact sur leur santé mentale et physique est majeur, le viol et les violences sexuelles faisant partie, avec la torture des pires traumatismes : 78% n’ont pas reçu de soins d’urgence et 1 victime sur 3 n’a pas pu trouver de psychothérapeutes formés. Et les rares victimes qui osent parler courent le risque d’être mises en cause et maltraitées, d’ailleurs seules 10% des victimes osent porter plainte suite à un viol ou une tentative de viol, de nombreuses plaintes seront classées ou aboutiront à un non-lieu, de nombreux viols seront déqualifiés en agressions sexuelles, et au final, seuls 1% des viols feront l’objet d’une condamnation.

    Pourquoi les droits des victimes de violences sexuelles sont-ils à ce point bafoués ? Pourquoi cette absence de protection, de soins, et ce manque de solidarité perdurent-ils ?

    #culture_du_viol #statistique #enquête #victimologie

  • stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles : POUR EN FINIR AVEC LE DÉNI ET LA CULTURE DU VIOL en 12 points de Muriel Salmona
    http://stopauxviolences.blogspot.fr/2016/01/pour-en-finir-avec-le-deni-et-la.html

    Pour bien trop de personnes encore, qu’elles soient ou non des professionnelles susceptibles de prendre en charge des victimes, il y a un véritable refus à penser les violences sexuelles, à en reconnaître la réalité et les conséquences, mais également à les entendre lorsqu’elles sont révélées. Imposer le silence aux victimes, les culpabiliser leur permet de se débarrasser très facilement du problème : plus besoin de remettre en cause l’opinion favorable qu’elles peuvent avoir des personnes désignées comme agresseurs, et du monde dans lequel elles pensent vivre en sécurité. Le refus d’intégrer que de telles violences aient lieu dans des espaces que ces personnes veulent continuer à penser comme protecteurs et fiables, le sentiment d’horreur face à des crimes et des délits qui les rendent impensables et inconcevables, la peur des conséquences d’une dénonciation des violences, font que par angoisse, lâcheté ou complicité, tout sera mis en place pour dénier les violences. Et c’est comme cela que la grande majorité des victimes se retrouvent abandonnées à leur sort et à leurs souffrances, sans protection ni réconfort, et souvent maltraitées.

    De fait, nous sommes dans une société où le déni du viol - « et si ce n’était pas un viol ? » - et la mise en cause de la victime - « et si la victime n’en était pas une ? » - sont encore très répandus, trop de personnes y adhèrent et diffusent des idées fausses qui nuisent gravement aux victimes et garantissent l’impunité aux agresseurs.

    Ce système organisant le déni et la mise en cause des victimes, on le nomme « culture du viol ». La culture du viol est définie comme l’adhésion d’une société à de nombreux mythes sur le viol. Lonsway et Fitzgerald (1994) ont défini les mythes sur le viol comme étant des : « Attitudes et croyances généralement fausses, mais répandues et persistantes, permettant de nier et de justifier l’agression sexuelle masculine contre les femmes » mais c’est valable pour toutes les victimes : femmes et hommes, adultes et enfants.
    On peut regrouper ces attitudes et croyances en trois grandes catégories :

    « Il ne s’est rien produit » : un certain nombre de mythes promeuvent l’idée que les femmes accusent souvent les hommes à tort de viol.
    « Elle était en fait consentante, elle l’a voulu ou elle a aimé ça » : il s’est bien passé quelque chose mais ce n’est pas de la violence sexuelle, c’est de la sexualité consentie. Ce sont les mythes particulièrement pervers qui prétendent qu’une femme qui dit « non » pense « oui » ; que la violence est sexuellement excitante pour les femmes ; que la victime aurait pu et su résister si elle n’était pas consentante.
    « Elle l’a bien mérité, elle est responsable de ce qui s’est passé » : ce sont les mythes comme « Elle était habillée de manière trop sexy » ou « Elle marchait seule la nuit », et c’est elle qui a provoqué la violence qui s’est abattue sur elle, violence qu’elle aurait pu éviter si elle s’était protégée.`

    #féminisme #culture_du_viol #traumatologie #victimologie