Toile Libre | Hébergement d’images

http://pix.toile-libre.org

    • Un grand Merci aux abstentionnistes qui ont juste conforté Macron le grand Guignol en chef à un point du RN seulement ; seul le conservatisme aura gagné devant l’abstention...

      Et Macron accélère. L’oligarchie peut juste continuer de se cacher tranquillement derrière les couettes de Greta pour finir de saccager allègrement la planète.
      J’espère que Jadot et les verts européens se rendront compte de leur responsabilité historique.

      Tic tac tic tac... ?

      Et vous avez perdu un œil ?
      Vous allez perdre le deuxième.
      Le grand débat : vaste blague !
      L’élection de ce soir : moi ou le chaos 2.
      Le reste du quinquennat : lacrymo bienveillante pour ceux qui ne serait pas d’accord et partages des richesses entre amis.

      Bon dimanche.

    • Les écolos ont fait un bon chiffre parce qu’ils représentent des valeurs positives, et qu’ils ne sont pas dans le conflit assumé. Sauf avec le reste de la gauche évidemment. Mais ça, les électeurs ne le voient pas.

      La FI morfle parce que... explications au doigt mouillé... ses sympathisants se sont abstenus. Et parce qu’en aucun cas, le vote FI est un vote rassurant. La FI assume le conflit. Les électeurs qui ne s’intéressent à la politique qu’une fois tous les 1000 jours ne veulent pas d’un parti dont la tête d’affiche est systématiquement montré vociférante.

      Cela fait 60 ans que les forces de gauche sont incapables de se rassembler, 60 ans qu’elles sont accusées d’erreur stratégiques historiques. Et à chaque fois, tu découvres que celui ou celle qui crie à la dictature interne est finalement recyclé dans un gruyère...

      J’adhère totalement à la vision de @monolecte. Les inners votent, et ils se foutent des surnuméraires et de notre responsabilité collective.

      Hier, j’ai été repris (sur FB) parce que j’évoquais 50% de vote d’extrême-droite. Personne ne semble s’être aperçu que nous étions déjà dans un pays dominé par des idées, des lois et des individus d’extrême-droite. Valls est d’extrême droite et son parti a mené une politique d’extrême droite. LR est d’extrême droite. Le parti qui est composé de membre de ces deux partis est d’extrême droite. Le RN est d’extrême droite.

      Je n’ai pas encore repris la discussion sur Le Média et sur le gachis et la leçon qu’il représente. Là de suite je préfèrerais être sur un radeau avec un Yannis, qu’avec un Denis... ou n’importe quel autre des cloportes qui a foutu le bronx dans ce média.

    • Trouvé sur twitter"

      Les résultats définitifs c’est 5 269 559 de voix pour le RN contre 7 678 491 au premier tour de l’élection présidentielle. 5 018 676 de voix pour LREM contre 8 656 346 à la présidentielle.
      https://elections.interieur.gouv.fr/europeennes-2019/FE.html
      Le scrutin a donc été une dégringolade pour tout le monde. En donnant les pourcentages, on occulte totalement la réalité du scrutin qui a rassemblé beaucoup de monde sur des listes de moins de 5%.
      4 067 051, soit 17,26% des votants ont choisit une liste qui a fait moins de 5%. Si on rajoute 550 155 de blancs et 523 512 de nuls, ça fait 5 140 718 de votants qui ne seront pas représentés à cause du mode de scrutin.
      Pour mettre les chiffres à côté :
      5 269 559 : Liste RN
      5 140 718 : Listes de moins de 5% & blancs et nuls
      5 018 676 : Liste LREM...
      Source : https://twitter.com/DavidLibeau/status/1132888686004178945

      Ça me sidère de lire sur seenthis une inversion des responsabilités aussi caricaturale que « c’est la faute aux abstentionnistes »
      https://youtu.be/Ig4MZPt4gzI

      Si tu ajoutes à la non-expression et non-representation des petites listes la grosse galère de devoir imprimer son bulletin, rien que techniquement déjà tu as de bonnes raisons de ne pas tomber dans cette ineptie.
      Mais plus flagrant encore quand tu compares avec les précédentes élections européennes, l’augmentation du nombre de votants prouve que, ho wait, ... c’est la faute aux votant-e-s !!!

    • @BigGrizzly : je te confirme que ton député LREM est un nul : un vrai cigare, impossible d’en profiter à scooter ! Si on aime ça, on le déguste... (Et je ne te dis rien de l’art de la cendre qui s’envole en fumée, c’est le cas de le dire !)

    • Ce député n’a pas peut-être pas de « Rolex » mais roule à scooter en fumant le cigare. Le scooter, symbole de la mobilité moderne et « cool » (peut-être même électrique, le scooter, si ça s’trouve) et le cigare, un symbole phallique. Quoiqu’il en soit, ce mec est une un gros naze car le cigare se déguste dans un salon douillet avec un verre de « fine champagne ». Oui, je sais, c’est peut-être élitiste par ces temps de « crise » mais c’est le seul bon souvenir que m’évoque cette discussion. Et ça fait bien longtemps que je n’ai pu m’adonner à ce genre de vice capitaliste (quoique le Lider Maximo ne dédaignait pas un bon havane). Les dégâts collatéraux du déclassement, sûrement ...

    • Un bon résumé des chiffres ici : https://www.les-crises.fr/resultats-des-europeennes-2019
      Faire la morale sur l’abstention c’est vraiment nul (surtout que faudrait qu’on m’explique à quoi sert le parlement européen à part faire joli dans le décor, c’est encore pire que notre assemblée nationale, c’est dire). D’ailleurs la loi des grands nombres me permet d’affirmer que si tout le monde avait été voter, les résultats seraient malheureusement sensiblement les mêmes donc pas de quoi vraiment se rassurer. Regardez juste qui s’est abstenu, alors certes la FI aurait eu + de voix mais sans que ce soit déterminant (elle aurait peut-être doublé LR) car l’abstention est relativement forte chez les sympathisants de tout le monde.

    • Mouais, pour les présidentielles de 2018 au Venezuela, le taux de participation était digne d’une démocratie : 46,07%, soit 53,93% d’abstention.

      Mais il est vrai que l’opposition, à quelques exceptions près, avait appelé au boycott du scrutin. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut le qualificatif de « président illégitime », repris régulièrement par elle et les médias qui la soutiennent.

      En 2013 (première élection de Maduro) participation de 79,69%. Et l’année d’avant, pour un Chávez déjà malade, 80,56%

    • Pour les élections parlementaires, celles de 2015 dont est issue l’Assemblée nationale actuelle, présidée par Juan Guaidó, la participation était de 74,17%. L’opposition unie ayant remporté 45,3% des suffrages exprimés et 112 des 167 sièges.

      Ce qui avait abouti à l’élection de l’Assemblée nationale constituante en 2017, boycottée par l’opposition donnant donc un petit 41,53% de participation et aboutissant à un raz-de-marée rouge. À noter que pour l’opposition, le « vrai » nombre de votants aurait été entre 12% et 18% des inscrits… Et résultats non reconnus par une grande partie de la communauté internationale.

    • Oui, j’évoquais bien ces élections là, à 80% de participation. En Russie, la participation aux élections présidentielles est de 65% environ. Quand tu lis les articles sur ce sujet, tu ne peux qu’être étonné par les formulations et les sous-entendus. Nos journaux sont confis de propagande, c’est toujours aussi surprenant. On te cause de l’opposant truc-muche qui publie des photos sans contextualisation sur Twitter et on te traite ça comme une information de première main, et on te fait le clin d’oeil que vraiment, ces dictatures ;-) ;-)... Comme si pour la France, on te relayait toutes les publications de Dupont-Aignant afin de démontrer que la dictature française est bien une dictature...

    • Site sous SPIP = avoir un hébergement sous la main. Si l’une des personnes ou un collectif ami en a un, c’est alors assez rapide et simple ensuite (et permettra une meilleure collaboration entre les intervenant⋅e⋅s, avec une meilleure répartition des droits, sûrement plus égalitaire). Mais si vous n’avez pas d’hébergement… Demander à @rezo ? Ou @paris @rebellyon @ari ?

      Si vraiment pas d’hébergement, ça me parait quand même beaucoup mieux de créer un compte blog gratuit chez Wordpress.com, plutôt qu’un Facebook. Car au moins
      1) les gens sont proprios du contenu, sans pouvoir le perdre
      2) suivant l’évolution des choses, on peut à tout moment récupérer TOUT le contenu du Wordpress (articles, utilisateurices, etc) : soit pour le transférer sur un autre Wordpress perso ailleurs, soit pour migrer le contenu dans un autre logiciel (SPIP ou autre, si vous trouvez un hébergement plus tard). Enfin bon généralement pour une mobilisation (et non pas mouvement sur le long, ou très long terme), on change rarement d’outil une fois qu’on a démarré (pas comme une association, ou autre groupe politique quelconque, qui est le même sur le long terme). Mais rien que le point 1 est suffisant, si jamais Facebook ferme le compte, etc.

      Par contre, ça peut quand même être bien d’avoir un compte Facebook et Twitter, et de balancer les notifications de nouveaux articles (titre, intro, image), sur ces comptes, depuis le vrai site dont les gens sont propriétaires. Par exemple avec IFTTT ou autre service du même genre (il y a aussi parfois des plugins des logiciels web qui permettent de faire ça directement, sans service intermédiaire).

    • @colporteur @rastapopoulos il manque toujours un service pour lancer facilement un site sous Spip sans avoir d’hébergement.

      Dans l’immédiat, prendre un espace sur lautre.net par ex., uploader et configurer basiquement un Spip ça prend moins d’une heure.

      Par rapport à Facebook ou Wordpress, il me semble que le principal argument pour Spip reste celui de la collaboration / coopération rendue possible par Spip grâce à son interface privée (aspect il me semble trop souvent oublié par ses principaux promoteurs !) Un point je crois plus concret que la propriété de ses données, qui importe peut-être pas tant pendant une période speed comme une mobilisation.

      Concernant Twitter ou Facebook, il me semble que se contenter d’être un pur émetteur via les flux pendant un mouvement social, c’est passer à côté de beaucoup de choses très riches (point à développer, j’avoue !)

    • @ari, ce service existe, c’est très très facile, mais ce n’est pas gratuit. Car ça demande des machines, et du temps humain, pour que ce soit facile (càd sans que les gens gèrent ni l’hébergement adminsys, ni l’installation logiciel CMS, ni les mises à jour).

      Un point je crois plus concret que la propriété de ses données, qui importe peut-être pas tant pendant une période speed comme une mobilisation.

      Si Facebook ferme le compte (à cause de plein de signalements anonymes par ex, cela arrive très vite !) : tu dis plus la même chose. Un vrai site, seule la police/justice peut demander à le fermer, en gros. Donc à mon avis la propriété est importante, dès le début.

      Concernant Twitter ou Facebook, il me semble que se contenter d’être un pur émetteur via les flux pendant un mouvement social, c’est passer à côté de beaucoup de choses très riches (point à développer, j’avoue !)

      Si tu es émetteur, c’est que tu as un compte sur lequel émettre. Donc que les contributeurices du compte peuvent s’y connecter pour répondre aux commentateurices.

      Donc ce n’est pas juste émettre des flux, c’est aussi échanger dans les coms. L’aspect « community management » de la mobilisation quoi. :D
      La grande différence c’est de ne pas publier des contenus sources sur ces réseaux. Les comptes-rendus et les agendas (yora telles actions tel jour, etc) doivent être sur le site perso central, toujours le plus à jour, et avec 100% des infos. Sur les réseaux, on y met des notifs (coupées donc) et/ou des copies (entières), suivant les cas, suivant la longueur…
      Mais cela n’empêche en rien de répondre aux coms, et aussi de partager/liker/RT des contenus externes supplémentaires.

    • Et pour l’hébergement des images il y a https://framapic.org et http://pix.toile-libre.org

      Pour l’hébergement des fichiers il y a https://framadrop.org et Bittorent-Transmission https://www.transmissionbt.com

      Un fil Seenthis n’est pas incompatible avec un fil Facebook - celui-ci peut être utilisé juste pour rediffuser l’info dans le réseau social.

      Et sinon, pour réaliser une base de connaissance collaborative, https://www.dokuwiki.org est très bien (plein de plugins utiles) et il y a des hébergement clefs en main il me semble (pas testé) https://www.dokuwiki.org/hosting

    • @rastapopoulos @monolecte @colporteur je me permets d’insister sur l’aspect collaboratif de Spip (ce qui n’est pas le cas de Seenthis ni d’aucun autre CMS à ma connaissance et le principal intérêt par rapport à un réseau social). Je trouve ça dommage que ça soit très peu mis en avant (et c’est encore le cas dans ce fil) alors que c’est l’une des principales raisons pour les collectifs de se servir de Spip.

      D’autant qu’en période de lutte où il faut être sur la brèche, c’est précieux, ça permet de gérer un outil à plusieurs, de se corriger, de modifier facilement les articles, de discuter d’un texte avant parution, etc. Pour ce qui est du coût, les tarifs du Nursit (si tu parlais de cet hébergement @rastapopoulos) me paraissent tout à fait adaptés pour une mobilisation par rapport au prix de tracts, affiches, etc.

    • Mine de rien c’est super questionnant que la plupart des mouvements / groupes finissent de toute façon par informer, et, pire, s’organiser principalement sur face de bouc au lieu de chercher, pour une poignée d’heures en plus, des moyens d’une autonomisation des infos, diffusées seulement ensuite sur les réseaux sociaux.
      Pour avoir questionné des militant-e-s dans le coin de Nantes, y’a aussi le bruit qui circule comme quoi « facebook aurait refusé de donner les noms des gestionnaires des pages à la justice ». Quand c’est des personnes « charismatiques » qui expliquent ça, tu as beau démontrer que l’argument est fragile, tu passes pour la chieuse de service. Et ce malgré l’exemple local de la zad... #groumph

    • Assez d’accord avec Fil sur le côté déprimant (mainstream partout).
      Mais par ailleurs, je comprends/sais pas grand chose aux question techniques et n’ose m’imaginer ce qu’il peut en être d’étudiants peu versés dans le domaine qui arriveraient sur ce post que je leur ait conseillé...

      Ok bien sûr avec Arno, pour avoir appris à utiliser Spip et en connaitre quelques avantages, mais je l’ai fait a minima, pour publier, actualiser, pas capable de créer un site, je reculerais a priori devant l’effort (archi cybernouille, par ex. pressé, je suis même pas aller chercher ce que peut vouloir dire « logiciel CMS »).

      Oui, en cas de mayonnaise qui prend vite (que l’on veut voir prendre vite) et d’urgence de lutte, les impliqués ont mille choses à faire autres que de bloquer du temps sur la conception d’un site. La rue, la boite/fac/quartier, les autres lieux en lutte, etc. ça compte.
      L’apprentissage collectif, c’est une poignée d’heures, puis des poignées de temps à faire exister chez nombre de gens (cf les expli sur comment publier sur un site collaboratif, démarche qui ne va « vite » qu’à le faire ensemble, à installer des rédacteurs sur un site, progressivement).
      La maîtrise technique est un enjeu encore plus emmerdant. Il existe des sites collaboratifs où des dizaines de rédacteurs ont pu publier et qui se retrouvent avec un seul connaisseur de l’architecture, un seul apte à modifier le site. L’inverse de la démarche. En tout cas un pb dirimant.
      Regress : Il existe des collectifs où le passage à face book est intervenu après la confection d’un site collaboratif spip, avec une logique audimat / image/ désintérêt pour les textes et leur élaboration collective.

      @valk, tu as un compte oiseau bleu, fais une demande publique en ce sens, c’est en tout cas ce que je ferais. Pour ma part, ce n’est pas à la sorbonne que je passe, sauf, peut-être, si elle venait à être occupée.

    • @ari, calomnie !
      Je m’auto-cite : premier paragraphe, première phrase, première chose que je mets en avant :D

      SPIP il faut un hébergement mais ensuite c’est rapide et simple et ça permettra une meilleure collaboration entre les intervenant⋅e⋅s, avec une meilleure répartition des droits, sûrement plus égalitaire

      Sinon oui, je parlais de Nursit (72 € TTC en sous-domaine donc « machin.nursit », et le double avec un domaine dédié et plus de trafic) qui donc s’occupe entièrement de la technique (hébergement, mise à jour, etc). Moi non plus je ne trouve pas spécialement énorme @ari, mais ça reste quand même un gros pas à faire, en ces temps de blogs gratuits partout et de réseaux sociaux (mais bon dans une grosse AG, si chacun donne 2 euros c’est bon pour 1 an voire plus en 5min hein). Ya juste à créer le site, créer les utilisateurices qui vont contribuer, et se mettre à rédiger-publier.

      @val_k et ouais, Facebook c’est à peu près juste un flux. Donc ensuite pour retrouver du contenu après-coup… un tract, un compte-rendu, etc, c’est quasiment impossible. Ça peut aller pour prévenir de choses, et pour discuter (en encore, avec la surveillance et les recoupages que ça permet…), mais pour rédiger + publier + garder en mémoire des contenus, ça n’a aucun sens.

      @colporteur « CMS » ça veut dire « logiciel de gestion de contenus » (web à priori). Donc Wordpress, SPIP, Drupal, etc, toutes ces logiciels (la plupart libres) qui te permettent d’éditer puis publier des contenus.

    • Ok, @rastapopoulos
      pour ce que je sais, un autre souci - si il s’agit de se censurer le moins possible -est de trouver un hébergement hors hexagone afin de mettre un peu de distance avec les flics et la justice de notre beau pays, comme là je fais autre chose, je regarde même pas si les propositions d’hébergement évoquées sont hors France.
      Il existe peut-être des tutos sur monter un site collaboratif sans s’emmerder avec la france et (trop avec) l’argent :)

    • Ce qui me déprime, c’est qu’après des années de travail intensif pour développer des outils permettant d’échapper à toute cette merde, ça ne marche toujours pas assez bien et de façon assez simple pour des gens qui « aimeraient bien » que ça marche, et ne souhaitent/peuvent pas faire l’effort supplémentaire qu’on leur demande. Donc oui pour moi c’est un constat d’échec.

    • Plus facile de commencer quelque chose dont on a déjà incorporé l’habitude individuelle... c’est à dire socialement déterminée. Ce qui se fait hors et contre la sorcellerie capitaliste est magique. Là, la magie qui est tentée, c’est de sortir de l’atomisation dépolitisée, concurrentielle, et tout ne marche pas de front, des temps différents qui s’articuleront, ou pas.

    • @fil ça dépend du moment, mais il y a eu des seuils importants de dépassés. À un moment SPIP (et quelques autres), c’est devenu plus facile à la fois à installer et surtout à éditer et publier, que les autres outils proprios pourris qui existaient. Mais ensuite Facebook a explosé en devenant plus qu’un simple copainsdavant international, mais ensuite Blogspot, mais ensuite Tumblr, mais ensuite Wordpress.com, etc. Tous ces trucs gratuits ET sans aucune installation à gérer ET facile à rédiger-publier ET avec du public et des partages.

      C’est pour ça que plus haut, je conseillais, s’il n’y a ni l’envie ni le temps de gérer un SPIP, d’au moins utiliser Wordpress.com ! Ça prend 5min de créer un compte, c’est gratuit, et au moins c’est un logiciel libre derrière dont on peut récupérer tous les contenus plus tard pour quand on aura le temps d’être ailleurs. Ça me parait pour l’instant vraiment la « moins pire » solution plutôt que de publier uniquement sur Facebook.

    • Tous ces trucs gratuits ET sans aucune installation à gérer ET facile à rédiger-publier ET avec du public et des partages.

      Et pour ça, pour les trucs militants « dans l’urgence », on ne peut absolument pas lutter contre ces autres outils, en tant que devs de SPIP ou d’un autre logiciel.

      Le seul moyen que je vois de lutter contre ça n’est pas technique mais humain. Ça veut dire obligatoirement avoir des collectifs (informels ou vraies associations) qui maintiennent des serveurs et des infrastructures de type Nursit ou du genre mais pour les trucs militants dont on est proche (ou plus large pour celleux qui ont plus de moyen et qui peuvent se permettre d’héberger plus). C’est-à-dire mettre à dispo un SPIP en 1h maxi, et que les gens n’aient plus qu’à cliquer, rédiger, publier (et pouvoir partager facilement sur les réseaux, c’est indispensable).

    • La vraie difficulté, c’est le manque de culture informatique d’une très très grande partie de la population, y compris et surtout les prétendus digital natives qui sont surtout de gros pousse-boutons et considèrent que l’informatique qui marche, c’est celle qui fait tout en 2 clics.

      Ce qu’il y a derrière ces deux clics, ils s’en foutent grave. Ils sont donc très dépendants et ça aussi, ils s’en foutent grave… bon, jusqu’au jour où ils sont coincés, censurés, jetés des plateformes commerciales sans leurs archives, mais en attendant, ils s’en foutent.

      Du coup, les hébergeurs proposent des installations Wordpress en pousse-boutons, avec thèmes et plugins préselectionnés, parce que sinon, y en a trop.

      Pour bien paramétrer un CMS, il te faut facilement une semaine de boulot, parce que l’utilisateur pousse-boutons ne veut rien savoir de ce qui se passe dans l’arrière-boutique, par contre, il sait très bien ce qu’il veut en devanture. Et si c’est le merdier à gérer, il s’en fout.

      Donc SPIP, c’est très bien, mais il faudrait aussi des install pousse-boutons prédéployées chez des hébergeurs à l’étranger. Avec un assortiment de squelettes de base et de plugins et hop, les pousse-boutons seraient contents.

      Pour l’hébergement sûr, si mes souvenirs sont bons, les Islandais ont justement prévu d’être un asile informatique…

    • @fil Je pense que les choses évoluent dans le bon sens. Faire Spip et les autres CMS était une première pierre indispensable.

      Aujourd’hui, les étapes suivantes sont des projets comme https://yunohost.org et https://wiki.debian.org/FreedomBox Yunohost fonctionne déjà, est stable. C’est un progrès immense. Même si le « paquet » Spip n’est pas finalisé https://yunohost.org/#/apps_in_progress_fr il y en a plein d’autres qui permettent de faire un site https://yunohost.org/#/apps_fr

      La conférence Internet Libre ou Minitel 2.0 aura 10 ans l’année prochaine. http://www.fdn.fr/actions/confs/internet-libre-ou-minitel-2-0 Même si tout n’est pas encore en place, le progrès est réel, en plus des projets logiciels énoncés ci-dessus il y a maintenant : https://www.raspberrypi.org et le Pidrive https://www.raspberrypi.org/blog/meet-314gb-pidrive et depuis longtemps (mais plus cher) : https://fitpc.com

      @rastapopoulos Concernant les collectifs humains il y a http://www.lautre.net et la fédération https://www.ffdn.org et surtout Framasoft qui se déploie avec son projet de dégooglisation https://degooglisons-internet.org D’ailleurs, à quelques mois près leur service d’hébergement de site web aurait pu répondre à la demande https://degooglisons-internet.org/liste#2016

      Sinon @colporteur tu pourrais peut-être contacter
      IT Crowd Rebellyon qui a déjà installé les sites de rebellyon, paris-luttes et iaata

      Et pour le futur, le regain d’intérêt pour xmpp est rassurant, notamment sur smartphone avec https://conversations.im & https://www.xabber.com

      Enfin on peut regretter qu’un projet comme https://login.persona.org soit abandonné, c’était une voie particulièrement intéressante il y avait d’ailleurs des volontés de mixer Personna-BrowserID avec Xmpp http://xmpp.org/2012/05/browserid-meet-xmpp et https://github.com/nikhilm/browserid-xmpp

      Actuellement un des points les plus difficile à gérer reste le DNS, il manque des interfaces d’administration simple, pour newbies. Et les problèmes de censures auxquels il reste exposé pourrait être résolus par le Gnu Name System... si un jour il sera possible de le faire fonctionner.

      Mais le point de blocage majeur semble celui de la découvrabilité sociale décentralisée déjà pointé sur http://seenthis.net/messages/452745#message452917 Mais est-ce si difficile à faire avec xmpp ?

    • Je pense qu’il est difficile de comparer une page facebook et un site aujourd’hui, en ce qui concerne la diffusion « virale », les interactions possibles etc. A ce stade, je rejoins le constat d’échec. Ça n’est pas seulement plus rapide etc. c’est surtout que ça marche , les infos circulent, les gens viennent à ce que tu organises etc. #déprimant, oui.

    • @supergeante bah oui mais faut pas tout mélanger : d’un côté ya l’aspect prévenir ou notifier, qu’il se passe telle ou telle chose, ainsi que l’aspect échange, discussion, et aussi le partage en chaîne de ce qui a été notifié ; et d’un autre côté ya les contenus eux-mêmes (événements, càd chose ayant une date prévenue en avance, ou article, tract, compte rendus, pas forcément datés).

      Mais j’ai l’impression qu’on a une génération de gens qui s’en battent les gonades d’archiver les contenus produits, et qui ne fonctionnent QUE par flux, que par « on envoie 4 lignes ou une image qui frappe », et on organise des événements. Donc pour les événements c’est très bien, c’est pas forcément impératif d’archiver ça. Mais pour tout le reste… Le problème c’est : y a-t-il encore de ce « reste » ? Si la réponse est « oui », alors je suis désolé mais Facebook ne marche pas pour ça, on peut envoyer un texte ou un lien vers un texte, mais ensuite impossible de le retrouver après coup, et quand c’est pas un truc daté… le collectif et les gens intéressés perdent leur mémoire. Il n’y a plus que du « en avant toute ! »

      Dire « ça marche », il faudrait quand même préciser ça marche pour quoi. Si c’est juste pour prévenir d’événements ou de news volatiles, oui ça marche, je suis bien d’accord.

    • Oui c’est très dur de retrouver quelque chose sur facebook, par rapport à un site (info) ou un forum (discussion). Et pour avoir eu mon compte supprimé (transformé en page) et avec toutes les discussions j’avais lancées (et donc yc les réponses), j’ai des réserves sur la pérennité de la chose :)

    • Merci pour ces échanges et les bouées pour pousse boutons au bord de la noyade qu’il contiennent.

      Pour ce qui est de déprimer, il existe même des collectifs qui sont foutus de pas voir la nécessité et l’intérêt que leur fb soit public et qui répondent à la question posée sur ce paramètre, « il suffit de s’inscrire pour accéder... »
      Même lorsque l’on est un tant soit peu au courant des enjeux, il n’est pas toujours facile de passer à la pratique (libre, thor, etc.), sauf grand volontarisme individuel ou pli particulier, cela demande de participer à une collectivité plus ou moins lâche dans laquelle ces enjeux sont présents, traités, au moins partiellement. Que, comme Fourrier et son concept d’attraction passionnée invite à le penser, on puisse faire fond sur une division des tâches qui émerge à partir de penchants multiples ; plutôt que de viser l’abolition en tous points de cette division, que cela fasse l’objet d’agencements, modifiables. Là, le regress (dépressif) peut éventuellement reculer.

    • Et ce qui est également déprimant, c’est cette saloperie de non partage, cette névrose sécuritaire autour du libre, cette sorte d’égo démesuré définissait déjà ceux qui œuvraient soit disant pour un réseau des sites alternatifs pour surtout une et une seule stratégie politique, la leur. Des communicants professionnels surtout masculins d’ailleurs qui n’ont pas hésité à faire tomber le serveur. Non, le réseau des développeurs et développeuses SPIP ne s’investit pas pour promouvoir un quelconque accaparement mais pour que des outils d’expressions demeurent un bien pour tous. Alors, oui, j’avoue m’être mal remise de ces années là. Et j’ai beau cherché, les sites de https://mutu.mediaslibres.org ne partagent même pas leur super squelette, et les headers n’indiquent rien. Tiens, parlons de privatisation …
      /me en colère

    • oui @aude_v c’est dingue. Et quand on voit les réactions des consommateurs de facebook à ceux qui soulignent ce problème, c’est absolument pas encourageant.
      Petit comparatif autour du cas Nantes Revoltée à Nantes https://www.facebook.com/Nantes.Revoltee : sur sa page autour d’une « affaire » récente que j’avais « libérée » par là http://seenthis.net/messages/485938 on lit beaucoup de commentaires critiques anticapitalistes sur les medias, mais je n’ai pas vu de commentaires anticapitaliste sur le support facebook qui est leur plateforme principale pour l’instant.
      par contre quand le sujet est repris sur un media libre, là ça se lâche et ça se défend en mordant : https://nantes.indymedia.org/articles/34387
      Mais j’imagine que comme Nuit Debout y’a des personnes en interne qui doivent réfléchir à la manière de sortir de facebook, enfin de pas lui offrir la primeur des luttes et encore moins leur organisation... enfin j’espère !

    • Ha j’avais pas vu ! Bon en même temps j’y passe rarement !
      Pour ma part j’utilisais (et continue de « promouvoir ») l’excellent portail sedna des medias libres : http://mediaslibres.org/spip.php?page=sedna mais comme je trouvais pas facilement les infos les plus locales pour moi (je pige pas trop la méthode de mise à jour du portail) j’ai fini par me faire récemment un flux rss automatique depuis nantes.indymedia et zad.nadir sur mon second compte twitter : bah c’est super pratique ! Et du coup j’ai remarqué que les infos publiées sur la partie « breves » de indymedia nantes passait directement dans le flux : voilà qui va remotiver ma tentative de faire de la publication dessus (parce que pour une photographe c’est pas le site idéal, faut reconnaitre !)
      Sachant qu’en plus sur ce site y’a moyen de faire des groupes (j’en ai fait un pour mon collectif Bon pied bon oeil) et même de la publication collective privée avant mise en ligne, j’avoue ne vraiment pas piger pourquoi les gens ne s’en emparent pas quand on leur en parle. Bon y’a des bugs, certes, mais... c’est une plateforme libre, autogérée et plutôt chouette sur ses bases politiques... Rha la la la mauvaise foi des fois hein !

  • Comme il y a une expo Gonzine au Shaff, place du Jeu de Balle, à Bruxelles, je reprends les ciseaux pour faire une nouvelle série !
    Vous pourrez y voir toutes ces images dès le 7 avril 2016 au soir :

    Le budget de tuer la nappe

    parle pas la bouche

    mon profil de rêve

    les grands hommes

    pature spectacle

  • Notre république détruite,....façon boucher
    La fusion des communes rurales prépare une nouvelle fracture territoriale !
    Par Céline Blampain
    Fusion ou regroupement ?
    Chantage financier
    Concentration des services publics

    « Doit-on se réjouir de la réduction du nombre de conseillers municipaux ? Ce statut qui, loin du consumérisme et de l’individualisme rampant des grandes villes, permet à n’importe quel citoyen de s’engager en faveur de l’intérêt général et de prendre part au débat public. Les habitants vont perdre le lien de proximité qui les unissait avec leur maire et leurs conseillers municipaux. Au nom de quelle modernité mettons-nous fin à deux cents ans de tradition républicaine ? »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/11/la-fusion-des-communes-rurales-prepare-une-nouvelle-fracture-territoriale_48

  • récolte du festival d’Angoulême 2016

    1) Comme chaque année, je passe prendre la dernière production du frère Thierry de Bethune ; pas grand-chose cette année - un simple jeu perpétuel sur une carte postale, entre le recto et le verso - en attendant avec impatience le grand oeuvre de l’année prochaine dont notre bénédictin de génie, moins congelé que l’année dernière (on lui a fait une place à St Martial, nettement moins jolie mais mieux chauffée que la cathédrale), m’a montré le prototype : un plateau de jeu narratif, avec des dés verbeckiens proposant une double lecture des figures dessinées. (vhttp://www.du9.org/chronique/frere-thierry-de-bethune-oeuvres-completes)

    2) et 2b) Ami de Musturi auquel par bien des aspects il renvoie (violence des masses de couleurs arbitraires, confuses, destructrices d’espaces, obscénité des corps traités commes des poches ventrues en voie de crevaison), Benjamin Bergman présente dans cette série de livrets - ici « Trolls » III et IV - publiés par Kutikuti des récits de genre (des histoires de trolls, donc) terriblement malades, « hideusement beaux », qui hantent l’esprit dès qu’on les as refermés, comme une valse de phosphènes entêtants derrière des paupières. La raison chancèle à suivre ces histoires dont le déroulement est un paradoxe, visiblement linéaire et pourtant incompréhensible, aux objets fuyants, aux enjeux insaisissables. Il me faut vite les deux premiers volumes ! https://kutikutisf.wordpress.com/category/news

    3), 3b) et 3c) Un festival spécial Léo Quiévreux :
    – un beau livre sérigraphié du Dernier Cri , « Cocaïne 14 », dont les pliages savants en panoramas imbriqués donnent l’impression d’une lecture infinie nichée dans les plis d’un carnaval d’hybridations. Une retenue bienvenue des gammes chromatiques ( une bichromie rose et bleue et une trichro plus froide) et un très riche éventail graphique étendu entre le mécanique des trames et les filets nerveux de la plume.
    – « Anyone 40 », chez Arbitraire ; sous une couverture sérigraphiée, un grand cahier bleu layette saturé de cut-ups, de samplings, tissu troué, déchiqueté, rapiécé d’histoires cousues ensemble par un frankenstein scopique particulièrement dégénéré. Tout argument narratif n’est convoqué que pour être illico refoutu à la porte.
    – Et enfin, le gros « Programme immersion » très impressionnant sorti chez Matière, dont je ne vous dis rien de plus que ceci : lisez Leo en parler dans le septième numéro de Pré Carré ! Amen. http://precarre.rezo.net/?p=1699
    http://www.lederniercri.org
    http://www.arbitraire.fr
    http://www.matiere.org

    4) et 4b) Jeff Goarnisson , « le flip de Paris », publié par Ab Irato , la maison d’édition de Barthelemy Schwarz et Eve Mairot qui produisent depuis le début des années 90 toutes sortes d’objets éditoriaux qui s’indéfinissent en diaprant les nuances supposées tranchées des espaces poétiques et politiques (dont la très chouette revue « L’échaudée »). Ce « Flip de Paris » est une de ces zones de transit éditorial sur fond d’autobiographie. Les questions que s’y pose l’auteur me sont complètement étrangères (un rapport historicisé à la modernité et à l’art et la constitution de soi devant leurs figures principales), mais le mode narratif et les procédés plastiques qui le composent établissent un lien charnel évident avec les références qui en sont le fond (surréalisme, lettrisme, situationnisme).

    « L’échaudée » (4b) mérite le détour ; cette revue accomplit sans collure apparente cette hybridation nécessaire entre les champs du politique et du poétique en les tenant pour un seul et même problème, celui de l’utopie en marche, comme ils furent autrefois unis dans l’extraordinaire magazine « Le fou parle ». Une réponse à l’écueil des revues militantes et de leur manque d’imagination. N’attendez pas de la trouver dans un kiosque, la revue est hélas trop discrète, commandez-la sur le site : https://abiratoeditions.wordpress.com/category/lechaudee-revue

    5) Dernière publication de la riche collection Ion que Benoit Préteseille a ouvert au dessin depuis six ans, ce « Renaissance » de Claude Cadi désarticule, dans une bichromie bleue et dorée comme un maphorion, quelques tableaux flamands et italiens emblématiques des XVe et XVIe, allant de fragments de la bataille de San Romano à la Babel de Brueghel en passant par Fra Angelico ou Bosch. Je ne sais pas encore ce que j’en pense, je réserve mon avis pour une prochaine fois, mais disons au moins que ça me laisse perplexe, ce qui n’est pas tout-à fait rien.
    http://ionedition.net

    6) « Flugblatt #1 » La bande dessinée n’a été inventée un jour par Töpffer que pour venir s’échouer un jour chez Bertoyas et s’y autodétruire en beauté ; presque tous les livres sont inutiles à côté de ceux-là.
    Dans ce dernier opus Kobé (ses propres comics autopubliés), Bertoyas revient aux déréglements graphiques violents de ses premiers récits, après une série de livres plus homogènes plastiquement, et plus linéaires (« Nicy », « Parzan », « Norak ») ; ici, les fuites graphiques, bavochures, patouillages dégueulasses, caviardages de tout poil ont repris leurs droits pour accompagner un récit bousculé qui s’offre le plaisir des digressions à la Sterne dans un espace pourtant extrèmement court. On oublie souvent, par paresse, par désir de ranger son travail dans les cordes rock’n’roll de cette connerie d’underground, de souligner combien le travail de Bertoyas est soutenu par des enjeux politiques et esthétiques puissants. Ce dernier Bertoyas est un doux rappel.
    http://kobeblog-bertoyas.blogspot.fr

    7) Clément Vuiller , « Canicule » : qui ne s’agace pas du chichi des livres et de la course aux effets de luxe, de pliages savants, de matériaux divers, purement décoratifs et tape à l’oeil ? Le livre de Clément Vuiller, modestement, arrache le pliage en accordéon à ses effets de mode pour en faire le mouvement le plus hypnotique et multiplement signifiant qui puisse accompagner un incendie dont la croissance et la dévoration sont tout le récit de ce livre.
    http://www.3foisparjour.com

    8) Dernier volume de l’énorme revue annuelle de Hoochie Coochie avec, comme toujours, plein de très belles choses à son menu, et bien peu de déchets. « Turkey Comix » reste la plus chouette revue française de bandes dessinées (je n’ai pas encore pu lire le dernier numéro de « Nicole », dont le premier volume m’avait vraiment beaucoup plu l’année dernière, et qui pourrait être la seule concurrente sérieuse - et donc stimulante - à T.C.) Un envoutant petit Vanoli sur St Jérôme, une très jolie fable cruelle de Yoann Constantin , un brouillard absorbant de Thomas Gosselin , une brillante série de pages de Mazen Kerbaj , et parmi les petits nouveaux qui apparaissent régulièrement dans Turkey magazine , des pages étourdissantes de Largier , un récit de Loïc Gaume entre cartographie et plan, des planches arides, tranchantes, de Noémie Lothe . Je finirai en soulignant les pages de Odo Barrio et Barbara Meuli dont je découvre le travail et celles (enfin imprimées ailleurs que dans sa cave) de Lucas Taïeb .

    9) Idir Davaine , « Cavale » : quand on voit les efforts développés par certains pour produire des formes de narration qui se vendent pour minimalistes quand elles ne sont que paresseuses ou pauvres, on est émerveillé par la capacité de ce petit livre à atteindre aux fondamentaux du récit en affirmant, pourtant, s’y soustraire : Idir Davaine dit que, depuis quelques temps, il ne fait que des peintures et plus des bandes dessinées. Pourtant ce ne sont pas les murs qu’il choisit pour elle, des formats hétérogènes, des espaces distendus, mais un livre, qui les rassemble dans une échelle commune pour le regard, les lie linéairement par la collure des pages. Et apparait le récit, richement, visiblement, sans aucun doute.
    http://www.3foisparjour.com

    10) Copieuse, belle, toujours suprenante, en couleurs, c’est encore un magnifique numéro de « Mekanik Copulaire », la revue incroyable de Bill Noir, qui n’en finit pas de démontrer par les rencontres qu’il nous offre que le collage est tout sauf une discipline du passé.
    http://www.mekanikcopulaire.tumblr.com

    11) Pionir : épaisse revue croate anglophone visiblement destinée à présenter les auteurs de ce collectif (mais est-ce vraiment un collectif ?) ; j’en retiens pour l’instant surtout le travail de Bernharda Xilko ( http://www.krekhaus.com ), faute de pouvoir m’enquiller autant de pages en anglais et d’en avoir compris clairement la nature et les enjeux.

    12) Si « Quoi de plus normal qu’infliger la vie ? », de Oriane Lassus , traite d’un sujet d’une banalité épuisante - le désir d’enfant - c’est en revanche d’un point de vue libérateur et rare qu’il l’aborde, taillant une route transversale dans le paysage obsessionnel qui crispe une société entière sur le sacre de l’enfant et la procréation. L’enfantement comme horizon de toute vie accomplie et le pédophile comme croquemitaine occupant tout l’espace de la hantise sociale, sont les deux facettes d’une même idée fixe infantile généralisée. Se soustraire au petit cirque généalogique coûte cher, tous ceux qui ne veulent pas d’enfant en connaissent le prix ; il n’y a pas un péquenaud qui ne se sente légitime de donner une leçon de morale et de vie à qui ne veut pas, comme lui, sanctifier le jeu grotesque de papamaman. Oriane Lassus parvient à écrire un livre déclaratif, positionné, sans produire un système surplombant, sans bousiller le travail du récit et de sa diversité. Exercice périlleux que celui de dire quelque chose de précis sans étouffer la narration sous la ligne droite du discours énonciatif, auquel elle parvient à trouver pas à pas une voix intéressante, par une sorte de pointillisme des situations, des voix, agencées dans une belle polyphonie. Un excitant livre Arbitraire sous une jolie couverture de carton gris sérigraphiée.

    13), 13b) et 13c) Je ramène trois merveilles de Loïc Largier cette année, un travail de longue haleine que je défend partout où je le peux depuis la découverte de « Des combats » à la fin de 2012 (mis en ligne dans le Terrier à cette période ici http://www.le-terrier.net/largier/index.htm, et dont nous attendons avec impatience désormais la publication sur papier qu’il mérite par les jeunes éditions Adverse ).
    À partir d’un processus très rudimentaire de citations morcelées, en couches, en juxtapositions, imbrications, Largier compose pas à pas, en se renouvelant continuellement (ce qui n’est pas la moindre des surprises que réserve son travail) une sorte d’archéologie vivante de la bande dessinée, équivalent, dans notre discipline, des « Histoire(s) du cinéma » de Godard.
    Parmi ces trois livres de mes emplettes, une tentative étrange, très différentes des autres livres de L. Largier , un drame amoureux par le dessin, au cours duquel la question du changement formel est soumise à des déréglements minimaux (redessin quotidien, altération de la reproduction d’un même dessin, croissance graduelle d’un autre).
    https://www.flickr.com/photos/loiclargier
    http://www.revue1-25.com

    14) Mythique revue de la fine fleur des auteurs finlandais, « Kutikuti » a déjà atteint son 35ème numéro. Allelujah ! Je ne vous fais pas l’affront de vous la décrire, mais je peux vous évoquer le deuxième étrange journal distribué cette année par l’équipe de « Kutikuti » :

    14b) Avec des traductions en finnois et en anglais, ce grand format présente quelques planches du « Fabulas Panica » de Jodorowski qu’il dessinait dans les années 60 ( http://fabulaspanicas.blogspot.fr). Ses planches personnelles, pour le peu que je comprends des textes (posés sur la pages en espagnol, langue que je ne parle pas), sont sensiblement de la même farine que ses films, souffrant des mêmes défauts et présentant à peu près les mêmes qualités. Qu’il s’agisse des textes paniques coincés quelque part dans un post surréalisme juvénile embarrassant (« Les araignées sans mémoire »), des grands films (« El topo »), des films péniblement hystéros (« Santa Sangre ») ou des scénarios de bande dessinée, Jodorowski se tient toujours tendu dans un mouvement contradictoire : entre la nullité philosophique et les intuitions géniales, la bouillie syncrétique et les raccourcis conceptuels féconds, la bêtise expressionniste et les fulgurances poétiques, le travail de Jodorowski me navre plus souvent par ses clichés psychologisants, sa quincaillerie ésotérique, qu’il ne m’emporte par ses indéniables inventions, notamment dans le domaine de la SF. C’est souvent très con, parfois très beau, toujours fumeux et confus, mais les lecteurs de bandes dessinées, je crois, lui doivent tous quelques précieuses illuminations.

    15) « L’avis des bulles », revue de chroniques consacrée aux bandes dessinées et à destination des médiathèques. Cette année, des exemplaires ont été mis à la disposition des éditeurs sur les stands. Pas mal fichue du tout (difficile d’en dire plus, sa destination même exige d’elle une ouverture à laquelle je n’aspire évidemment pas pour mes propres lectures, mais les textes sont mieux étoffés que ceux de la plupart des revues critiques qu’on trouve en kiosque ou en ligne).
    http://avisdesbulles.com

    16) Un bon numéro de « Gorgonzola », la revue de l’Égouttoir , avec Léo Quiévreux, Baladi, Turunen, Mancini, une belle lecture du Week-End de Godard par Pascal Tessier et un dossier consacré à Malher. Ayant mis très longtemps à trouver sa forme, « Gorgonzola » devient depuis quelques numéros un fanzine qui se tient vraiment, autant par la régularité de certaines participations qui lui donnent sa couleur personnelle que par la volonté de s’ouvrir à des dossiers thématiques (Imagex, Poirier, Malher). Ça me fait mal au cul de dire du bien de ce casse-burnes de Maël, mais son insistance est porteuse et son fanzine réussi. On attend le 22 avec impatience.
    http://legouttoir.free.fr

    17) Il nous est toujours trop rarement donné de voir l’étendue et la richesse du travail plastique et narratif de Matti Hagelberg , encore trop peu connu et publié en France ; ce gros volume publié à l’Association (le sixième qu’il publie chez eux après ses publications françaises au Dernier cri ) rend la justice qui s’impose à cette merveilleuse machine de mélancolie ravageuse, la terrible machine Hagelberg, et à la diversité de ses modalités graphiques et compositionnelles. « Silvia Regina » est le genre de livre qui déjoue à chaque lecture l’impression qu’il vous avait laissée à la précédente et qui justifie pleinement l’abattage massif d’arbres centenaires, l’usage de colle toxique, de film plastique imputrescible et d’encre cancérigène pour encombrer votre bibliothèque du compagnon à vie de votre dépression.

    18) (et dessous, 18b) Deux petits fascicules de Antoine Marchalot dont l’humour branque déjoue complètement les frontières entre raffinement et lourdeur, entre poème et blague, et également entre bouffonnerie et tragédie. « La chambre 14025 » est assez exemplaire de son aptitude à foutre en l’air jusqu’a notre rapport au dessin, par un usage incongru des effets informatiques. Il conduit cette incongruité jusqu’à la beauté aussi certainement qu’il conduit le nonsense dans des franges inattendues du drame. Encore une publication Arbitraire , dont les lignes de force éditoriales ne cessent décidément de s’accentuer par leur exigence.

    19) C’est peu dire que d’évoquer la variété et la singularité des publications de Hécatombe ( http://hecatombe.ch/blog.php ) ; du récent collectif consacré au film « Undergronde » qui rassemblait positions et expériences personnelles en bandes dessinées jusqu’aux merveilleux livres uniques sérigraphiés à la racle de Thomas Perrodin, en passant par ce volume D du fanzine carré, consacré à la bande dessinée abstraite, le travail éditorial de Yannis la Macchia et de ses collaborateurs est une source de surprises et de joies. C’est à l’explosion des sillages de lectures à la surface d’une page que se livrent Thomas Perrodin , Ibn Al Rabin et Yannis la Macchia lui-même. Un très beau volume dont l’expérience de lecture enivre vite.
    http://unfanzine.com/un-fanzine-carre-numero-d

    20) et 20b) Le travail de Paul Creus , publié par les jeunes éditions Proche , est ma plus jolie découverte de ce festival. Il y a quelque chose de profondément déréglé et de beau aux mondes de ce « Trucs & Tricks » qui emprutent à la physique des particules leurs notions et leurs catégories, jusqu’au mode de dessin aigrelet des schémas : c’est à leur prétention à résoudre toute ambiguïté que Paul Creus doit, parce qu’il ne cesse de s’y soustraire dans des dégagements poétiques et burlesques, la force de son magnifique petit livre.
    Le second volume, consacré au caillou, confronte l’amateur de dessin au vertige métaphysique quotidien du dessinateur que hante la représentation de l’amorphe, de l’indécidable, de l’indéfini. Damisch nous avait donnée une théorie du nuage, P aul Creus nous offre une éthologie du caillou. Je regrette seulement le prix légèrement exagéré des publications Proche qui me prive du plaisir de vous parler du troisième livre de Paul Creus.
    https://www.facebook.com/editionsproche

    21) Scalp : voici la dernière production de Thierry Bourgallé ( Factotum ) qui propose, en regard du travail maniaque d’ingénierie éditoriale auquel il s’adonne expérimentalement pour « Prurit » (trois numéros à ce jour, graduellement de plus en plus invraisemblables), ce fanzine rudimentaire, petit A5 agrafé et photocopié. La seule coquetterie qu’il s’autorise est le travail de ronéo de la couverture, derrière laquelle s’enchaînent quatre récits, quatre feuilletons qui s’ouvrent ( Aurélien Leif, Noémie Lothe, C. de Trogoff, L.L. de Mars ). Prix libre, site en rade (http://www.terricole.fr), pas de distribution ni de salons, on peut dire que ce garçon est aimanté par la réussite sociale.

    22) Le festival est aussi l’occasion de découvrir deux de mes propres bouquins que je n’avais pas encore eus entre les mains : « Le secret », publié à la cinquième couche , qui aura comme à peu près tous mes livres connu de si longs déboires avant de devenir un objet de papier que je ne sais même plus quoi en penser, et le travail commencé en 2012 lors de la session Kibboutz filmée ici : https://vimeo.com/74977262

    , sur les planches de Jack Kirby (23).
    « Le secret » aborde d’une autre façon que « Docilités », plus carnavalesque, la vision politique qui se dessine entre mon affection historique pour le communisme familial et mon mépris sans nuance d’une de ses valeurs centrales, le travail. C’est une fable très littéralement hallucinogène, brodée autour d’une substance puissante sur les effets de laquelle repose une hypnose politique généralisée.
    http://www.5c.be
    Quand au « Jack Kirby walked through broken porticoes », il s’agit d’un exercice de métastase, dont chaque planche prend pour objet un des multiples aspects de l’étrange monde plastique de Kirby, ouvre ses vannes, y greffe des cellules monstrueuses, laisse libre court à la pousse d’excroissances erratiques, malades, sur le papier.
    http://adverse.livre-avenir.org/#jack-kirby-ll-de-mars

    23), 23b) 23c) et 23d) Naissance des éditions _ Adverse _ , qui publient ce « Jack Kirby walked through broken porticoes » . Alexandre Balcaen — dont les lecteurs des éditions Hoochie Coochie savent ce qu’elles lui doivent d’ouverture à des mondes insoupçonnés de la bande dessinée ( Danko, Bicéphale, Hagelberg, Muzotroimil, Bertoyas, Varlez etc.) — lance sa propre maison d’édition ; l’assurance de voir son entreprise marquer le même goût pour la singularité et les expériences limites est appuyée par la formulation très claire dans un « Manifeste » ( http://adverse.livre-avenir.org/#manifeste-des-editions-adverse ) de l’horizon éditorial visé ainsi que le désaveu d’une grande partie des pratiques actuelles de l’édition. Je ne connais encore de ce manifeste que sa première courte moûture, publié dans Pré Carré 5, mais j’aurai sûrement l’occasion de vous en recauser dès que j’aurai lu cette version nettement enrichie. Cette première salve de livres Adverse élargit l’horizon de lecture du travail de Guillaume Chailleux : à la série des petits gaufriers carrés de « Tricoter » (Pré Carré), ce « Fils » ajoute des compositions dépliées étonnantes, tryptiques de planches savantes qui exposent comme rarement toute la richesse qu’offre la bande dessinée par la croisée de lectures tabulaires et linéaires dans le même espace.

    24) Ma première leçon de norvégien. Déclinaison narrative suprenante du principe de l’imagier, « Omrokering » est fait de telle façon qu’il est à peu près compréhensible par n’importe quel lecteur du monde ; c’est le principe même d’association d’une forme, d’un objet, à un mot, qui produit un comique à la fois subtil et lumineux ouvrant à une douce mélancolie domestique. L’univers graphique est homogène à ce jeu pédagogique et emprunte aux perspectives cavalières et aux plans de montages son univers de formes simples articulées.
    http://www.jippicomics.com

    25) Le O de « Obi » fait le trou noir de ce livre, publié à la cinquième couche , dans lequel s’engouffrent toutes les tentatives de parler : Sophie Telen met en pages cet étrange mouvement par lequel, autour d’une expérience personnelle, toute tentative de description, d’élucidation, est vaine, ridiculement impuissante à rendre compte de la complexité d’un monde, d’un couple, d’une histoire. Les pages sont tiquetées de perforations noires qui sont autant de points sur lesquels vient bégayer un récit qui n’en finit par de se retenter, de partir d’ailleurs, d’un autre moment, d’un autre point de vue, depuis toutes les origines possibles pour aborder son objet, sans qu’aucun mouvement ne puisse s’achever. Récit d’une précieuse déception.

    26) L’année dernière, je vous parlais de ma joie à découvrir le « Belvédère » de Luca Retraite et Fabio Viscogliosi ; hé bien les éditions Gargarismes ont la bonne idée de publier cette année un deuxième volume de ce travail envoûtant.
    https://gargarismes.com

    27) « Biscoto » : un exemplaire opportunément oublié sur leur stand de ce très chouette journal pour les lardons de Suzanne Arhex et Julie Staebler me le fait découvrir dans les détails. Mensuel, thématique, c’est joli, c’est drôle, c’est pas con loin s’en faut, c’est pas nunuche, c’est varié, on s’étonne qu’une entreprise aussi peu calibrée et réussie arrive à son trente-cinquième numéro sans que son existence ne fasse plus de bruit. Enfin, on s’étonne... Pas vraiment en fait... Si les bonnes choses soulevaient l’enthousiasme des foules, ça se saurait.
    biscotojournal.com/
    Un second magazine destiné aux adultes et consacré à la poésie est publié par la même équipe, mais je n’arrive pas à foutre la main sur l’exemplaire qui m’a été gentiment donné et, du coup, je ne pourrai rien vous dire pour l’instant sur « Jelly Rodger »...

    28) « MLQ » (Mon Lapin Quotidien). Ce journal, ici présenté sous la forme d’un appel aux rédacteurs, pourrait bien être la prochain forme de Lapin, la revue changeante (formellement) de l’Association . Il s’agirait d’un trimestriel de 32 pages, en noir et blanc, dans lequel des auteurs réguliers viendraient occuper des espaces précis sous la forme d’une rubrique personnelle, textuelle, dessinée, bandessinée.

    29) « Bathroom » : un très joli livre de Maï Li Bernard , dans ses propres micro éditions (où elle publie également les dessins de Céline Guichard ), mettant en scène le dégré 1 de toute narration, la croissance d’un état A à un état B ; doubles pages dont le récit formel est celui d’un collage de papiers découpés en cours, dont la page de gauche est à la fois le squelette (la première découpe de papier, visible dans le résultat) et l’origine (le premier état). Indéniablement de la bande dessinée.
    http://sempiternellesritournelles.blogspot.fr/2014/01/blog-post_27.html
    http://mai-li-bernard.tumblr.com

  • Ami-e-s rebelles, révolté-e-s, keupons, b-boys, rastas, teufers, toi qui aime le son d’en bas, celui qui vient du fond du caniveau, celui qui te prend aux tripes et te fait lever le poing une bière dans l’autre main, le REBEL SOUNDS FEST 1er du nom est pour toi !
    Co prod avec Blackmout Prod et Les Graillouteurs Asso, On vous donne RDV le 9 avril Salle Emeraude, Bressuire 79 !

  • Quelques éléments complémentaires, en vrac, notamment l’ensemble des tableaux que j’ai réalisés :

    Les régionales 2015
    L’année 2015 a été marquée par deux séries d’attentats particulièrement traumatisants et par des réactions du gouvernement socialiste et de l’opposition de droite qui confortent les thèses de l’extrême droite. Ainsi les régionales qui ont eu lieu après ces événements ont été marquées par une forte mobilisation de l’électorat d’extrême droite (encore plus au second tour, non visualisé ici). On peut noter que malgré ce contexte le score de l’extrême droite, bien que très haut, n’a pas « explosé ». Mais il reste très haut et au second tour, à 15 %, il dépasse presque le score des présidentielles de 1995 lorsqu’on prend en compte de Villiers.


    http://pix.toile-libre.org/?img=1451155580.png

    Les sénatoriales comme révélateur
    Souvent le faible score de l’extrême droite aux municipales et expliqué par l’existence d’élus d’extrêmes droites non-étiquetés comme tel. Mais le score de l’extrême droite aux sénatoriales (en mélangeant les différentes séries) permet d’infirmer cette idée.

    Et d’autres, je ferrai sûrement une analyse plus large plus tard.

    • Ce soir en écoutant les discussions de la soirée Médiapart, je me suis demandé à quoi ressemblait vraiment l’évolution du vote FN depuis quatre décennies. Toutes les figures que j’ai consulté montraient une ligne en forme de yo-yo et je trouvais un peu bizarre cette « instabilité » électorale encore qu’elle aurait pu venir illustrer ce que les personnalités politiques disent trop souvent : que c’est un vote de « colère », donc volatile.

      Mais en réalité, le vote FN est relativement stable si on le visualise par type d’élection, mais il n’augmente pas de manière linéaire partout. Il y a surement matière à débattre sur la forme des graphiques, sur la chute de la période 2000-2008... et sur l’effrayante remontée de 2014-2015. On pourra y revenir.

      J’ai composé cette figure à l’arrache, il manque encore quelques détails et quelques notes de bas de page. Par ailleurs, le temps de formater la feuille de calcul, nous la publierons dans les jours qui viennent. En attendant les commentaires sont bienvenus.

    • @freakonometrics En fait, j’ai le nombre de vote dans la feuille excel. C’est juste une question de temps mais oui, je suis d’accord, et dès que je trouve une fenêtre, je vais essayer de produire une image avec le nombre de voix (et d’en comparer l’évolution avec les autres partis).

      Par ailleurs, ce que le graphique de synthèse ne montre pas, c’est les concentrations locales du vote FN. Des communes de plus en plus nombreuses connaissent des scores FN de 40 et 50 + % ... C’est pas très réjouissant, mais il faudra aussi revisiter la carte des élections 2015 par commune.

    • @reka  : Toutes les figures que j’ai consulté montraient une ligne en forme de yo-yo et je trouvais un peu bizarre cette « instabilité » [...] le vote FN est relativement stable si on le visualise par type d’élection

      Oui c’est une des raisons qui m’ont amené à réalisé mes tableaux élections par élections. La principale variable de ces différences de niveaux entre élections est le nombre de scrutins.

      J’ai rassemblé quelques éléments qui à mon avis caractérisent une élection :

      - nombre de scrutins
      - nombre d’élus
      - présupposés idéologiques (présidentielles -> homme providentiel ; Européennes -> union supra-nationale ; législatives -> représentants du peuple ; municipales -> vie locale)
      - principales médiations (médias nationaux ou locaux etc ; militants de terrains ou stars nationales ; réseaux d’amitiés, connaissances directes, etc.)
      - mode de scrutin
      - pouvoir en jeu (exécutifs, legislatifs, executif local dominé par le national, législatif transnational et fantoche etc.)

      Cela donne par exemple à la louche :

      Présidentielles :
      - 1 seul scrutin
      - 1 seul.e élu.e
      - homme providentielle, roi soleil guidant le peuple, homme fort
      - médias nationaux fortement mobilisés, militants mobilisés
      - 500 parrainage puis suffrage universel uninominal direct
      - exécutif autoritaire (peut défaire le parlement, décide des lois au niveau européen)

      Permets les meilleurs score de l’extrême droite : 14 à 15%

      Municipales :
      - 36 000 scrutins
      - entre 210 000 et 520 000 conseillers municipaux
      - gestion des affaires locales
      - médias locaux, militants locaux, relations amicales
      - un sacré bazar https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_municipale_en_France#Les_modes_de_scrutin
      - exécutif local en partie sous tutelle de l’État.

      Permet les score les plus bas de l’extrême droite : 3%

    • @reka par contre je pense que c’est une erreur de représenter avec des bâtonnets, surtout si on souhaite comparer le pourcentage des inscrits au pourcentage des votants.

      D’une part je trouve que ça coupe l’idée de continuité entre chaque date électorale, d’autre part ça me paraît moins lisible.

      J’avais fait ça dans un premier temps mais pour comparer l’extrême droite à l’abstention. ça rend bien compte des différences de niveau et des différences de variation, mais je trouvais que ça rend mal compte de l’existence de « autre vote » et son évolution, ceux qui ne votent pas extrême droite et ne s’abstiennent pas :

      Et à mon avis, comme je le disais dans ma première publication, il ne faut pas prendre en compte que le Front national pour comprendre l’évolution de l’électorat « extrême droite »

      @freakonometrics le nombre de voix ça peut être intéressant, mais si c’est pour une analyse dans la durée il faut faire attention car la population croît de manière importante. C’est notamment ce que je disais dans cette analyse http://seenthis.net/messages/360906

      Quant à l’analyse en nombre de voix, elle masque l’accroissement de la population. Aux élections présidentielles, on est ainsi passé de 36,4 millions d’inscrits en 1981 à 41,2 en 2002 et 46 millions en 2012.

    • @koldobika Le problème avec ces cartes c’est qu’elles ne sont pas anamorphosées en fonction de la population des régions.
      http://elections.interieur.gouv.fr/regionales-2015/11/11.html

      La région Île de France est très petite mais a une population de 7 086 172 d’inscrits dont seulement 8,19% votent extrême droite

      Alors que la région Paca est grande mais n’a que 3 525 272 inscrits dont 21% votent extrême droite

      Pareil pour la Nord-Pas-de-Calais - Picardie elle n’a que 4 237 939 inscrits et 22% d’entre eux votent extrême droite.

    • @reka je mets à disposition ma feuille de calcul qui m’a permis de réaliser ces graphiques. Il y a trois onglet, le troisième est un début de travail avorté pour voir l’évolution spécifique en Nord Pas de Calais.

      Voici le lien torrent :

      magnet : ?xt=urn:btih:53832b530272d3c9a77eaf6674d2c09fba9362be&dn=%C3%89volution%20vote%20extr%C3%AAme%20droite%20et%20abstention%20-%20longue%20p%C3%A9riode%20-%20Apichat&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.openbittorrent.com%3A80&tr=udp%3A%2F%2Fopen.demonii.com%3A1337&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.coppersurfer.tk%3A6969&tr=udp%3A%2F%2Ftracker.leechers-paradise.org%3A6969

      Et lien http:

      https://framadrop.org/r/7lntkOEFUF#JzxCYUyW2niKrUu+PlBH9c/wEtYjToL7m6fDxSMaX5M=

      Pour les données j’ai plusieurs sources :
      http://data.gouv.fr
      http://www.france-politique.fr
      http://elections.interieur.gouv.fr
      https://fr.wikipedia.org

      Par ailleurs avec une copine on a pour projet de continuer le travail, dans plusieurs mois, pour voir quelle tendance perd ou gagne sur la longue période dans ce qui apparaît actuellement que comme le bloc jaune :

      - « bloc droite » (UMP, UDF, UDI etc.)
      - "bloc centre gauche (PS, éventuellement Verts etc.)
      - gauche de gauche (PCF, LCR, LO, PG, etc.)

    • @apichat merci beaucoup pour les liens et la feuille excel, c’est très précieux et j’apprécie énormément la mise en commun de cette recherche commune. De mon côté, je suis en train - doucement - de rassembler les données « en nombre de voix » à partir desquelles on calcule les pourcentages. L’idée est de voir aussi comment on pourrait donner une idée du « volume » d’électeurs même si je comprends bien que la croissance de la population électorale fausse un peu la visu. Cela dit, il y a peut-être un truc à chercher et à trouver :)

      En tout cas, à suivre !

    • Avec plaisir @reka !

      Dans la feuille de calcul il y a justement les données en nombre de voix.

      Oui ça serait intéressant de voir l’évolution du volume d’électeur ainsi que celle du volume d’inscrits. La données la plus difficile à obtenir mais qui est évoqué à juste titre par l’article « Ce que s’abstenir veut dire » de Céline Braconnier & Jean-Yves Dormagen dans le diplo c’est le pourcentage, si possible pour chaque rendez-vous électoral, de non-inscrits mais en âge de voter.

      Dans ma feuille de calcul, le premier onglet correspond aux données structurées de tel manière qu’il est facile de faire un tableau pouvant comparer toutes les élections. Comme les courbes ci-dessus ou encore celles-ci :

      On voit d’ailleurs que l’abstention augmente fortement à toutes les élections, sauf aux présidentielles depuis l’après 21 avril 2002 (sur les courbes, c’est le seul rendez-vous électoral où j’ai aussi mis le score du 2ème tour) qui a connu une très forte baisse de l’abstention (mais celle-ci remontait déjà en 2012 et risque d’être très forte en 2017)

      Le deuxième onglet isole plus chaque élection et permet de faire les tableau que j’ai principalement publiés jusqu’à présent.

    • @sandburg ces informations sont dans ma feuille de calcul qui est disponible ici : https://framadrop.org/r/7lntkOEFUF#JzxCYUyW2niKrUu+PlBH9c/wEtYjToL7m6fDxSMaX5M=

      Sur le graphique ci-dessus on voit qu’en gros « blancs+nuls » est assez stable et plutôt faible. Sauf aux législatives dans les années 90 et à mon avis aux seconds tours (là on le voit pour la présidentielle en 2002).

      Mais j’ai fait le choix de ne pas représenter les seconds tours car ce sont des situations extrêmement diverses et variables, beaucoup moins stables et analysable que l’évolution des premiers tours. Mais ne serait-ce que pour l’abstention et surtout les votes blancs et nuls (c’est à dire des personnes profondément attachées à la participation aux élections mais qui refusent de choisir entre les candidats qu’il reste) ce serait intéressant de faire un travail similaire et dédié aux second tour... personnellement je n’ai pas le temps pour.

      L’autre situation que je n’ai absolument pas travaillé mais qu’il serait très intéressant de visualiser c’est la proportion des personnes ayant le status pour voter mais qui ne sont pas inscrites.

      Cette situation est très bien décrite dans cet article :

      Ce que s’abstenir veut dire - par Céline Braconnier & Jean-Yves Dormagen

      http://www.monde-diplomatique.fr/2014/05/BRACONNIER/50381

    • Il y a quelques années, au début de la mort de le presse papier, Le Soir avait osé le slogan « Le soir se lève... » Il se levait un peu contre tout ce contre quoi se lève lagochbobo. Là, c’est l’aboutissement. « le soir pédale... ». Électrique.