Ces branchés qui débranchent

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  • Pourquoi Steve Jobs et Cie ont gardé leurs enfants éloignés des iPads (Express.be)
    http://fr.express.live/2014/09/17/pourquoi-steve-jobs-et-cie-ont-garde-leurs-enfants-eloignes-des-ipads-e

    Beaucoup de cadres d’entreprises de Google, Yahoo, Apple et eBay semblent en effet avoir inscrit leurs enfants à la Waldorf School dont la philosophie ne laisse aucune place à la technologie qui selon la direction, représente une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des élèves.

    #éducation #TICE #NTIC #écrans

    • Les enfants monstrueux du numérique

      http://www.article11.info/?Les-enfants-monstrueux-du

      Pierre, Olivier, Loumia et Marie-Louise ont compris qu’à l’ère du déferlement technologique, il n’est pas bon de saturer l’espace mental d’un enfant avec les stimulations de l’informatique. On sent la contradiction qui les anime : d’un côté vendre des tablettes au nom du sacro-saint principe de croissance, et de l’autre prendre soin de ses enfants, être présent, tendre et leur parler. Bref, les aimer comme un robot ne pourra jamais le faire. Pierre, Olivier, Loumia et Marie-Louise savent sûrement cela, comme tout parent, mais préfèrent se comporter en salauds 2.0 et vanter les mérites de gadgets high-tech dont la seule raison d’être se trouve dans l’économie de marché et le culte du progrès technique. Un précieux article du Monde dévoilait d’ailleurs le double jeu mené par les élites de l’économie numérique dans leur rapport à l’éducation de leurs enfants :

      « Pas un ordinateur, pas une télé, pas le moindre petit ou grand écran à la Waldorf School of the Peninsula. En revanche, on a trouvé un four à pain dans le jardin, que les petites classes utilisent chaque semaine, des chaussettes faites main – les cours de tricot, pour filles comme pour garçons, commencent en CP –, des tableaux noirs et des craies de couleur. (…) Cette école privée – environ 20 000 dollars de frais de scolarité annuels – de la Silicon Valley recommande aux parents de limiter l’exposition aux écrans jusqu’à l’équivalent de la sixième et n’introduit l’outil informatique qu’en quatrième. Un comble pour un établissement qui compte dans son voisinage Google, Apple et une pléiade de start-ups hyperconnectées. Surtout quand on sait que les trois quarts des parents d’élèves de cette école travaillent dans les nouvelles technologies. »

      Les fabricants de camelote numérique savent que ce que l’on appelle la « dématérialisation » de l’éducation provient d’un phénomène hypermatériel : l’informatisation du monde repose non seulement sur un système d’objets aussi polluant qu’énergivore et sur une économie capitaliste débridée, mais surtout sur une conception matérialiste de la société. L’imagination, la sensibilité ou l’attention aux autres s’atrophient au profit d’échanges de type cybernétique. L’article du Monde cite ainsi les paroles de Pierre Laurent, l’un de ces parents qui ont choisi de préserver ses enfants de ce qu’il fabrique par ailleurs, en les mettant dans une école sans ordinateur : « Pour apprendre à écrire, il est important de pouvoir effectuer de grands gestes. Les maths, ça passe par la visualisation dans l’espace. L’écran gêne l’enseignement. Il diminue les expériences physiques et émotionnelles. » En bon père, Pierre Laurent ne souhaite sûrement pas qu’à cause de son gagne-pain immatériel, ses enfants développent ce qu’il est devenu commode d’appeler des « Troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDA/H) », comme l’ont démontré des chercheurs de l’université de l’Iowa. Pierre Laurent n’a sûrement pas envie de gaver ses bambins de comprimés de Ritaline pour trouver un peu de paix.

      http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2012/04/27/ces-branches-qui-debranchent_1691531_4497319.html

    • L’article de l’Express évacue totalement la dimension sectaire des écoles #Steiner #Waldorf. Outre des aspects mystiques particulièrement développés (cf. les travaux de #Grégoire_Perra sur son blog), la religion steinerienne s’avère très proche politiquement parlant des projets libertariens de la Silicon Valley.

      Bref, c’est pas pour ouvrir une polémique sur Steiner & co, mais pas sûr que dans le cas des milliardaires de l’informatique, il ne s’agisse que d’un intérêt marqué pour l’absence d’ordinateurs.