• Le vaccin divise aussi les artistes - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/vaccin-divise-artistes

    Quel est le point commun entre Eric Clapton, le rappeur Akhénaton (IAM) et le cabarettiste zurichois Marco Rima ? Tous trois se sont récemment positionnés contre le vaccin. Le premier annonçait le mois dernier qu’il ne jouerait plus dans les salles exigeant le passe covid ; le second, positif au Covid-19, a fait un passage remarqué à l’hôpital début août après s’être déclaré « contre le passeport sanitaire et la vaccination obligatoire » sur Twitter ; quant au troisième, il figure parmi les membres du comité d’initiative « Pour la liberté et l’intégrité (STOP à la vaccination obligatoire) », aux côtés de la conseillère nationale UDC Yvette Estermann notamment.

    Ces exemples rappellent que, si la vaccination a souvent été érigée en graal, voire brandie comme une bouée de sauvetage pour les milieux culturels, elle n’y fait pas pour autant l’unanimité. A l’image du reste de la société, il s’y creuse de sérieux clivages, comme l’illustrait encore au début du mois le cas de Peter Prada. Dans un post Instagram, le batteur des Offspring annonçait avoir été évincé du groupe de punk-rock américain pour avoir refusé de se vacciner – sur conseil de son médecin, précise-t-il.

  • #bretzel_liquide

    Nikita Mandryka, le créateur du Concombre masqué, est mort à l’âge de 80 ans - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/nikita-mandryka-createur-concombre-masque-mort-lage-80-ans

    L’auteur de bande dessinée Nikita Mandryka, créateur du personnage comique le Concombre masqué, est mort à 80 ans, a-t-on appris lundi auprès de ses éditeurs.

    Le site officiel du célébrissime concombre :

    http://leconcombre.com

  • Il y a 40 ans sortait « The Burning », premier film produit par Harvey Weinstein, concentré de la culture du viol  Nicolas Dufour

    Première production de Harvey Weinstein avec son frère Bob, le film d’horreur « The Burning » sortait le 8 mai 1981. Slasher dans le sillage de « Halloween », il comprenait aussi des échos de l’idéologie d’assaut sexuel de l’époque

    Elles s’agitent dans la prairie à jouer au baseball en petite tenue. Elles se trémoussent en courant. La caméra serre les jeunes poitrines et fesses. Sur un bord du terrain, les garçons se mettent en appétit en se chambrant sur leurs prochaines audaces, leurs hypothétiques consommations charnelles.

    Après une scène d’ouverture horrifique, ainsi commence The Burning (Carnage), un film de Tony Maylam sorti il y a juste 40 ans, le 8 mai 1981. Il s’agit du premier long métrage produit par Harvey Weinstein, et il est impossible, aujourd’hui, de ne pas le voir en pensant à la tempête #MeToo déclenchée par les révélations sur le producteur, en 2017. Certains amateurs ont (re)découvert le film en 2018, lors d’une soirée spéciale au Festival du film fantastique de Neuchâtel.

    Les Weinstein veulent entrer au cinéma
    A l’orée des années 1980, Harvey Weinstein et son frère Bob cherchent à tout prix à entrer dans le business du cinéma. Enfin, à bas prix surtout : il faut trouver le moyen de produire un film bon marché qui rapporte un maximum d’argent. Ils viennent de créer leur première société, Miramax, et s’intéressent à un genre montant, le slasher, film de tueurs en série en général circonscrits à un lieu ou une ville. En 1978, John Carpenter avait fait peur au monde entier avec Halloween , dont une suite se préparait alors. En 1980, Sean S. Cunningham avait dupliqué l’expérience dans Vendredi 13 , dans lequel Jason Voorhees trucidait des ados dans un camp de vacances. Pour une mise de moins de 600 000 dollars, le long métrage faisait jackpot – à cette heure, il aurait rapporté plus de 58 millions de dollars.

    Pourquoi ne pas retenter le coup ? Les Weinstein se lancent. Harvey se souvient d’une légende urbaine sur un gardien d’un camp de loisir qui aurait agressé des jeunes dans l’Etat de New York. L’histoire est toute trouvée, c’est celle de Cropsy, le concierge à qui des gamins ont mis le feu en voulant lui faire peur, que la médecine a sauvé et qui veut se venger.

    Quelques valeurs sûres
    Malgré tout, les frères se donnent les moyens de leurs ambitions. Quelques jeunes talents – le film révèle notamment Holly Hunter et Jason Alexander – sont dirigés par l’Anglais Tony Maylam, que les Weinstein connaissent pour avoir acheté les droits de films sur Genesis qu’il a réalisés. A la musique, donc aux synthétiseurs, un Anglais aussi : Rick Wakeman, pape du rock progressif passé par Yes. Au montage, Jack Sholder, qui fera l’un des films de la franchise Freddy, Hidden puis Arachnid . Aux effets spéciaux, Tom Savini, déjà une vedette, qui a fait les grimaces et les jets de sang de Zombie de George A. Romero et qui est passé par le tournage de Vendredi 13.

    Le film dépeint de manière bien particulière les relations entre garçons et filles. Réaliste, peut-être, pour les années 1980, mais avec le « bigger than life » cinématographique. Jusqu’à la caricature prémonitoire, s’agissant d’une œuvre « créée par Harvey Weinstein » – le producteur est ainsi crédité au générique.

    A-t-on raison après coup ?
    Bien sûr, il est facile de se donner raison après coup. Mais à voir certaines scènes de The Burning, il est impossible de ne pas penser aux sordides révélations qui tomberont près de quatre décennies plus tard.
    Certes, les filles du Carnage ne sont pas dépeintes comme des sottes. Elles résistent aux jeunes mâles, se rient de leurs maladresses, poussent à l’eau le playboy musclé qui prend d’abordage leur plateforme, sur le lac au bord duquel se trouve le camp. Pourtant, The Burning reflète bien une culture masculine apposée sur ses personnages boutonneux.

    L’obsession de l’assaut sexuel
    Dans la scène du baseball, le dragueur principal, celui qui ose aborder les filles, reluque les fesses de la blonde qu’il convoite en lançant qu’elle lui « appartient de droit divin ». Il rigole, mais est-ce un gag ? Peu après, le maladroit du groupe fait le voyeur dans les douches. Il est enguirlandé par le musclé, celui de la plateforme, pas pour ce qu’il a fait, mais parce qu’il l’a fait en épiant sa présumée copine.

    Plus tard, le musclé, encore lui, n’est pas loin de violer sa soi-disant amie. Dans l’eau, elle se refuse en lui rappelant qu’il « a promis » de se tenir correctement. Mais « elle l’a laissé l’approcher », se défend-t-il, elle « en a envie ». Il la colle, l’enlace avec force. Elle s’en dégage – elle se défile, donc.

    Entre eux, les garçons digressent sur les manières de conquérir les filles, au sens plutôt littéral : les prendre d’assaut, les assiéger, afin d’obtenir l’objet de leurs obsessions.
    Source : https://www.letemps.ch/culture/y-40-ans-sortait-the-burning-premier-film-produit-harvey-weinstein-concentre

    #balancetonporc #culture_du_viol #viol #harcèlement_sexuel #violences_sexuelles #femmes #sexisme #weinstein #harcèlement #féminisme #domination_masculine #harvey_weinstein #cinéma #médias #déni #film #slasher

    • A lire aussi : Harvey Weinstein, vu par ses proies
      https://www.letemps.ch/societe/harvey-weinstein-proies

      Réalisé par Ursula Macfarlane, le documentaire « Untouchable » donne la parole aux femmes victimes du producteur d’Hollywood, dont le procès pour viol et agression sexuelle débutera en septembre à New York.

      https://www.youtube.com/watch?v=b-1fKna9l38

      Un prédateur sexuel assoiffé de pouvoir, aux méthodes de shérif. Untouchable, le documentaire réalisé par la Britannique Ursula Macfarlane, livre un portrait sans concession de Harvey Weinstein. Des témoignages, glaçants, constituent son fil rouge. Des femmes victimes de ses agressions sexuelles se confient, mais également des journalistes, d’anciens collaborateurs et sa secrétaire.

    • Ce qui est parlant aussi c’est le succès de ces films violophiles. Les phallosophe appelent ca « la catharsis », une soit disant purge de l’âme, mais en fait c’est seulement le plaisir sadique des dominants à se donner des idées de sévices à faire subir aux dominées.

  • 24 février 2021, mort cette nuit de Philippe Jaccottet.

    depuis tellement longtemps lu, lecture décisive je m’en serai rendu compte, remercié silencieusement, évoqué, le vaste unilivers découvert par lui ; dans l’article du Temps https://www.letemps.ch/culture/philippe-jaccottet-sen-alle-chemins-terre-mots touché aussi d’y lire le nom d’Anne Perrier).

    ici en hommage, tiré de dès les débuts de L’Effraie , premier lu :

    ᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞ▁▁▁▁▁▁

    Je sais maintenant que je ne possède rien,
    pas même ce bel or qui est feuilles pourries,
    encore moins ces jours volant d’hier à demain
    à grands coups d’ailes vers une heureuse patrie.

    Elle fut avec eux, l’émigrante fanée,
    la beauté faible, avec ses secrets décevants,
    vêtue de brume. On l’aura sans doute emmenée
    ailleurs, par ces forêts pluvieuses. Comme avant,

    je me retrouve au seuil d’un hiver irréel
    où chante le bouvreuil obstiné, seul appel
    qui ne cesse pas, comme le lierre. Mais qui peut dire

    quel est son sens ? Je vois ma santé se réduire,
    pareille au feu bref au-devant du brouillard
    qu’un vent glacial avive, efface... Il se fait tard.

    ᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞ▁▁▁▁▁▁

    ᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞPortovenere

    La mer est de nouveau obscure. Tu comprends,
    c’est la dernière nuit. Mais qui vais-je appelant ?
    Hors l’écho, je ne parle à personne, à personne
    Où s’écroulent les rocs, la mer est noire, et tonne
    dans sa cloche de pluie. Une chauve-souris
    cogne aux barreaux de l’air d’un vol comme surpris,
    tous ces jours sont perdus, déchirés par ses ailes
    noires, la majesté de ces eaux trop fidèles
    me laisse froid, puisque je ne parle toujours
    ni à toi, ni à rien. Qu’ils sombrent, ces « beaux jours » !
    Je pars, je continue à vieillir, peu m’importe,
    sur qui s’en va la mer saura claquer la porte.

    ᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞ▁▁▁▁▁▁

    et puis juste après lu, lu dans L’Ignorant ,
    La patience, La voix,

    et ce poème
    ..

    ᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞL’inattendu

    Je ne fais pas grand-chose contre le démon :
    je travaille, et levant les yeux parfois de mon
    travail, je vois la lune avant qu’il fasse clair.

    Que reste-t-il ainsi qui brille d’un hiver ?
    A la plus petite heure du matin je sors,
    la neige emplit l’espace jusqu’aux plus fins bords,
    l’herbe s’incline devant ce muet salut,
    là se révèle ce que nul n’espérait plus.

    ᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞᅞPhilippe Jaccottet

  • Marc Atallah : « On a besoin de l’imaginaire pour donner forme à l’impensable » - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/marc-atallah-on-besoin-limaginaire-donner-forme-limpensable

    Ce n’est pas son rôle. Les récits de science-fiction apocalyptiques et post-apocalyptiques ont plutôt pour vocation de pointer les fragilités de nos sociétés ou de nos comportements qui, en soi, sont les réelles catastrophes. Quand je parle de « fragilités », je pense notamment à notre illusion de maîtriser la nature ou aux dangers de l’« hybris » humaine. On a par exemple oublié, en Occident, qu’un virus est une des formes de vie les plus répandues, et qu’en tant qu’entités biologiques, nous y sommes particulièrement sensibles. On a aussi oublié la fragilité intrinsèque à la nature humaine en croyant qu’on était protégé de tout.

  • Le philosophe Bernard Stiegler disparaît subitement - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/philosophe-bernard-stiegler-disparait-subitement

    La mort a figé sa vie en roman. Sans bac, tenancier d’un bar à jazz à Toulouse, il a les finances difficiles. Qu’à cela ne tienne, il va régler cela lui-même en décidant d’aller braquer une banque. Ça marche, et il y prend goût. C’est le quatrième braquage à main armée qui lui sera fatal, et lui vaudra 5 ans de prison. C’est là que, grâce à un professeur de philosophie (Gérard Granel) qui l’avait pris en amitié dans son bar, il découvre les grands auteurs, qu’il dévore avec passion.

    Dès sa sortie de prison, il ira à la rencontre de Jacques Derrida ; il se fait remarquer, et sa carrière s’enclenche alors, insolite, hétérodoxe, multiforme mais pas incohérente : professeur de technologie à Compiègne, directeur adjoint de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) de 1996 à 1999, fondateur de l’association Ars Industrialis depuis 2005, professeur en Chine, directeur d’un centre de recherche au Centre Pompidou depuis 2006, il voulait dans tous ces domaines combattre la bêtise culturelle que le marché imposait à tous.

    • https://www.youtube.com/watch?v=999kzydPHGgLa

      société automatique, par Bernard Stiegler

      •15.09.2014
      InriaChannel

      Bernard Stiegler , Philosophe, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Georges-Pompidou . Présentation par Pascal Guitton , Directeur de la recherche Inria.

      La #numérisation_généralisée qui est en cours conduit à l’ #automatisation intégrale, et ce fait emporte des questions épistémologiques aussi bien qu’économiques, sociales et politiques de première grandeur. Cette conférence s’attachera tout d’abord à esquisser le contexte de cette métamorphose des sociétés — qui se décline aussi bien du côté du calcul intensif et de la #smart_city que de la #production_robotisée, de la #neuro-économie, du corps et de la transformation des conditions de la décision dans tous les domaines. Elle tentera ensuite de montrer que toute l’organisation économique qui s’était concrétisée au cours du XXè siècle autour de l’organisation fordiste et keynésienne de la production et de la #consommation s’en trouve compromise. Elle soutiendra enfin qui, d’une part, loin d’être le contraire de l’automatisation, la capacité de décision la suppose, et d’autre part, seule l’automatisation qui permet la désautomatisation est productrice de valeur durable — c’est à dire de néguentropie.

      Biographie :

      Sous la direction de Jacques Derrida, Bernard Stiegler soutient sa thèse à l’École des hautes études en sciences sociales en 1993 et obtient un doctorat de philosophie. Il axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles — sociales, politiques, économiques, psychologiques — portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques. En 1987, il conçoit l’exposition « Mémoires du futur » et en assure le commissariat au centre Georges Pompidou. A partir de 1988, il enseigne à l’Université de technologie de Compiègne (UTC), et y devient directeur d’une unité de recherche qu’il fonde en 1993, « Connaissances, organisations et systèmes techniques ». Il lance en 1989 le projet LECAO (« lecture et écriture critiques assistées par ordinateur ») avec le soutien du ministère de la Recherche ; il crée et lance également le séminaire de sciences et technologies cognitives de Compiègne, qui se poursuit depuis chaque année au cours de la dernière semaine de janvier, et qui aura reçu plus de mille doctorants et chercheurs français et étrangers ; il lance le programme OPEN (« outil personnalisable d’édition numérique ») puis conçoit la station de lecture audiovisuelle (SLAV) du dépôt légal de l’autiovisuel pour l’INA. Bernard Stiegler devient directeur général adjoint de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) en 1996, directeur général de l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique (Ircam) en 2001, puis il fonde l’Institut de recherche et d’innovation au Centre Pompidou en 2006, d’où il anime le réseau international digital studies network. Il a été professeur à l’université de Londres de 2008 à 2014, et visiting professor à Northwestern, Cambrige et Zurich. Il est fellow des universités de Lüneburg et de Dublin, et il enseignera à partir de 2015 à l’université Humboldt de Berlin.

      Bernard Stiegler est fondateur et président depuis 2005 d’ARS INDUSTRIALIS, une association d’étude et de réflexion transdisciplinaire sur le nouveau monde industriel qui émerge avec le numérique. Posant qu’il n’y pas de vie de l’esprit sans instruments spirituels, Ars Industrialis s’est fixé pour but de concevoir un nouveau type d’agencement entre culture, technologie, industrie et politique autour d’un renouveau de la vie de l’esprit. Inscrite dans cette démarche, s’est ouverte en septembre 2010 l’école de philosophie d’Epineuil-le-Fleuriel, où Bernard Stiegler propose des cours de philosophie en ligne (www.pharmakon.fr) et anime un séminaire doctoral en visioconférence qui rassemble quarante chercheurs de quinze pays.

      Bernard Stiegler est membre du Conseil national du numérique, du comité de prospective de l’Arcep, du comité d’orientation d’Etalab, du comité d’orientation stratégique France univesité numérique, de l’institut Diderot et de l’Institut de la mémoire B2V. Il est l’auteur de trente ouvrages.

  • De l’amour des cartes (et du territoire)

    Comment se désorienter pour mieux se retrouver

    (…)

    « Ainsi de Mappa Insulae aux éditions marseillaises Parenthèses. Qui a œuvré à cette réussite où plaisir de l’œil et joie de l’esprit se
    combinent ? Un collectif baptisé du nom de l’auteur de L’Ile aux
    trésors, Stevenson, et qui réunit trois philosophes, un artiste et un
    architecte. Collectionneurs de cartes, passionnés par les îles et tout
    cet océan d’imaginaire et de littérature qui les entoure, ils ont mis
    en commun leurs trésors.

    (…)

    L’occasion, à chaque page, de mesurer la distance (ludique, poétique,
    malgré les apparences du sérieux) entre la carte et le territoire,
    entre le réel et sa transposition. Ce qui fait remonter à la mémoire
    une autre pépite, l’Atlas des égarements de Bertrand Westphal. Le
    professeur en littérature générale et comparée de l’Université de
    Limoges y guette les moyens de se désorienter, c’est-à-dire d’ouvrir
    l’esprit à d’autres façons de voir ou de penser. Avec son équipe de
    recherche, il a fondé la géocritique ou l’exploration des relations
    entre espaces, fiction et réel (lire aussi La Géocritique, Minuit,
    2007.) Avec les écrivains et les artistes pour défricheurs, il propose
    de quitter les balises des normes imposées par les vainqueurs (de
    l’histoire, des batailles, etc.). Un autre voyage, le plus important
    de tous sans doute. »

    Mappa Insulae, Stevenson, Parenthèses.

    https://www.letemps.ch/culture/lamour-cartes-territoire

    • Mappa insulae - Editions Parenthèses
      https://www.editionsparentheses.com/Mappa-Insulae

      Dans l’univers sans fin des cartes, les cartes d’îles possèdent un charme tout particulier. Les deux mondes, des cartes et des îles, s’y croisent, laissant émerger des formes riches et colorées.

      Cinq artistes, collectionneurs, chercheurs ont formé le collectif Stevenson pour en explorer et en célébrer les beautés, les incongruités, les fantaisies autant que la précision et la finesse.

      De la mise en commun de leurs trésors cartographiques chinés, dénichés, inhumés et patiemment amassés, est né Mappa insulae. Les îles s’y montrent parfois dans leur isolement absolu, cerclées d’une épaisseur bleue qui les sépare du reste du monde ; parfois en archipel, éparpillées « comme autant de pépins crachés dans l’eau » ; parfois encore simplement suggérées, récifs tapis sous des noms calligraphiés sur les flots. 
      De carte en carte, d’île en île, de pensées en poèmes, nous voilà embarqués pour une traversée érudite et insolite.
      //////////////
      « On me dit que certains ne s’intéressent pas aux cartes ; j’ai peine à le croire… Quand bien même la carte ne serait pas toute l’intrigue, comme dans L’Île au trésor, elle se révélera toujours une mine de suggestions. »
      Robert Louis Stevenson

  • Le cosplay : un outil d’émancipation féminine ? - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/cosplay-un-outil-demancipation-feminine

    Armures, sceptres, masques, épées… Tels sont les outils de travail des cosplayeurs. Créatifs débordant d’imagination, ils créent habilement des costumes à enfiler lors de conventions ou de salons dédiés à la pop culture. Comme des acteurs de théâtre, ils incarnent des personnages en adoptant leur comportement et leur apparence. Ce week-end, une vingtaine d’entre eux seront à l’honneur à Bâle, à l’occasion de Fantasy Basel, et des centaines d’autres arpenteront les allées sous les traits du super-héros Iron Man, de l’héroïne de jeux vidéo Zelda ou encore de la « Mère des dragons » Daenerys.

    Si beaucoup le pratiquent, peu en connaissent la genèse de cette pratique. Le cosplay, mot-valise dérivé de « costume » et de « playing », est née dans années 1930, lors de rassemblements de fans aux Etats-Unis. Mais le terme lui-même vient du Japon, rappelle Antoine Chollet, maître de conférences en sciences de gestion à l’Université de Montpellier et chercheur autour des jeux vidéo : « Le mot a été inventé en 1983 par Nobuyuki Takahashi, un journaliste japonais qui se rendait à une convention sur la science-fiction aux Etats-Unis. Il a transformé le terme américain « costuming » en « cosplay » pour coller davantage à la culture japonaise. » Etonnamment, le cosplay était donc déjà pratiqué avant même d’avoir un nom.

    La communauté, très exigeante sur la qualité des cosplays réalisés, reste plutôt inclusive et bienveillante, du point de vue de Mélanie Bourdaa, maître de conférences en information et communication à l’Université Bordeaux Montaigne : « Ce sont avant tout des espaces dans lesquels se rencontrent des pairs qui ont les mêmes passions et références culturelles. Cependant, comme toute communauté, il est possible que des tensions et des clivages émergent. C’est ce que l’on appelle le toxic fandom. Sous couvert d’authenticité, les publics décrètent alors que tel ou tel cosplayeur ne peut pas incarner tel ou tel personnage. Ce qui est pointé est en général la couleur de peau, le genre ou le poids, donc le corps. » Une analyse confirmée par Lowena, qui dénonce les personnes extérieures à la communauté : « Ce sont elles qui ont les comportements et les remarques les plus sexistes. Celles qui en souffrent le plus sont les femmes qui sortent de la norme du patriarcat, comme les personnes noires ou transgenres. Elles sont souvent poussées à arrêter le cosplay très tôt, et ça prive la communauté d’une plus grande inclusivité. »
    Grandir et s’accepter

    Dans cet univers aussi patriarcal que la société elle-même, les cosplayeuses parviennent tout de même à tirer leur épingle du jeu et à s’émanciper des normes. La mise en valeur de leurs personnalités à travers des personnages de fiction peut ainsi être l’occasion de se réapproprier leurs propres corps. Lowena, comme Juno Stevens, témoignent toutes deux de l’impact du cosplay sur leur relation à leur féminité au quotidien.

    #Cosplay #Fan_studies #Mélanie_Bourdaa

  • Rachid Taha, la triste fin d’un passe-muraille - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/rachid-taha-triste-fin-dun-passemuraille
    https://assets.letemps.ch/sites/default/files/styles/share/public/media/2018/09/12/file71v630qhhnt14uh13nh.jpg.png?itok=WcpSlEAY

    Rachid Taha incarne ce moment beur en France, avant que le débat sur l’islam mais aussi le terrorisme n’accaparent le récit national. Très au-delà du slogan, avec la constance du cascadeur, le musicien ne cesse de refuser les identités assignées, la petite place qui lui est abandonnée. Ailleurs qu’en France, il aurait peut-être été célébré comme une sorte de Brian Eno rabelaisien. « Il était un visionnaire de la production », dit encore de lui Martin Meissonnier. Ses rencontres avec un autre ressortissant de Sainte-Marie-aux-Mines, Rodolphe Burger, ses derniers albums d’électronique cosmopolite, de guitares brandies, plaident pour lui. Il était l’outrance et la joie, l’ici vu d’ailleurs, et sa vilaine voix de conteur ouvrait dans ce pays postcolonial des terres inconnues.

  • La #cartographie ? Une histoire de #point_de_vue - Le Temps

    https://www.letemps.ch/culture/cartographie-une-histoire-point-vue

    On a déjà signalé cette xposition, mai comme c’est une merveille, on en rajoute !

    https://assets.letemps.ch/sites/default/files/styles/share/public/media/2018/08/07/file71clj4m03eag282054x.jpg.png?itok=8yyvOYeP

    C’est devenu un réflexe. Placé face à une carte du monde, notre œil automatiquement se dirige vers ce qu’il connaît. La Suisse et plus largement l’Europe pour la plupart d’entre nous. L’Amérique, l’Afrique, l’Asie, on y pense bien sûr, mais dans un second temps. Et si l’on changeait ? Et si, une fois n’est pas coutume, on se glissait dans le regard et la pensée des autres pour découvrir Le monde vu d’Asie ?

    Une superbe exposition nous y engage. Conçue notamment par les spécialistes Pierre Singaravélou et Fabrice Argounès, accompagnée d’un magnifique catalogue, elle est à admirer au Musée national des arts asiatiques - Guimet à Paris, jusqu’au 10 septembre. Un voyage à s’offrir à son rythme, en rêvant ou en méditant devant des plans et des cartes qui relèvent autant de l’œuvre d’art que du document.

    #cartoexpériment #imaginaire #asie #exposition #Musée_guimet

  • Politis | Erri de Luca “Porter secours n’est pas un choix mais un devoir”
    https://asile.ch/2018/05/25/politis-erri-de-luca-porter-secours-nest-pas-un-choix-mais-un-devoir

    Selon Erri De Luca, quand la fraternité est illégale, il faut désobéir. L’écrivain italien a lancé un appel en soutien aux « trois de Briançon », une Italienne et deux Suisses qui encourent dix ans de prison pour avoir aidé des migrants à passer la frontière. Dans cet entretien de la revue Politis, il évoque […]

  • En Europe et au-delà, des radios-TV publiques en crise | Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/europe-audela-radiostv-publiques-crise

    Le scrutin helvétique du 4 mars prochain est unique. De mémoire d’experts, jamais une population n’a été consultée en votation populaire à propos de l’existence même du service public audiovisuel, par le biais de la redevance.

    Le courant porté par les partisans de « No Billag » illustre une crispation croissante à propos du financement obligatoire de l’audiovisuel. En Europe, les systèmes de service public sont remaniés, voire remis en cause, dans plusieurs pays. Souvent décrits comme des ensembles qui ont trop grandi, des géants incontrôlables, les diffuseurs publics sont placés au régime. Dans un climat général mélangeant montée en puissance des fausses nouvelles et hostilité à l’égard des médias traditionnels, les radios et TV publiques sont sur la sellette. Tour d’horizon du paysage européen, et au-delà.

    #audiovisuel_public #Suisse #États-Unis #Royaume-Uni #France #Japon #Belgique #Grèce

  • Vous mentez... et Google le sait - Le Temps
    https://www.letemps.ch/culture/2017/10/27/mentez-google-sait

    Sexualité, boulot, loisirs... On passe notre temps à enjoliver la réalité sur les réseaux sociaux. Le chercheur Seth Stephens-Davidowitz s’est immergé dans le moteur de recherche de Google. Et a tiré un livre de ces petits arrangements avec la vérité

    « Sur les réseaux sociaux, chacun est heureux en ménage, en vacances dans les Caraïbes et lit la presse quotidienne. Dans le monde réel, beaucoup sont en colère, en train de faire la queue au supermarché, un œil sur un tabloïd et ignorant l’appel d’un conjoint avec qui ils n’ont pas couché depuis des années », affirme Seth Stephens-Davidowitz. On se doutait de cette dichotomie entre mythe personnel et réalité, mais ce data analyst a passé quatre ans immergé dans les recherches Google de ses contemporains pour en mesurer l’ampleur. Et publier ses conclusions, fin juin, aux Etats-Unis, dans un ouvrage intitulé Everybody lies, big data, new data, and what the internet can tell us about who we really are (Tout le monde ment, big data, nouvelles données, et ce qu’Internet peut nous apprendre sur ce que nous sommes vraiment).

    #google #réseaux_sociaux

    • Seth Stephens-Davidowitz voulait nommer son livre Quelle est la taille de mon pénis ?, l’une des requêtes les plus populaires et qui l’étonne encore : « Que les hommes fassent appel à Google plutôt qu’à un mètre pour obtenir une réponse à cette question représente la quintessence de notre ère numérique. » L’éditeur a refusé la proposition, mais la sexualité occupe une large place dans son ouvrage puisque, bien sûr, « tout le monde est obsédé par le sexe, et ceux qui disent le contraire mentent… »

      C’est très androcentrique, je suis pas certaine que tant de femmes que ca demandent à google quelle est la taille de leur penis.
      #mâle_alphisme #androcentrisme

      L’un de ses chocs reste néanmoins la découverte de ce qui suivait la phrase « Je veux coucher avec… ». Lui pensait tomber sur « Mon patron », « la femme de mon meilleur ami », « mon thérapeute ». Il a découvert une majorité de « mon fils », « ma sœur », « mon cousin » « mon père »…

      Il trouve pas « ma fille » ni « ma belle-fille » ni « ma petite fille » ca me surprend au vue des statistiques des #violences_sexuelles intra-familliales.
      #inceste

      Ses données révèlent aussi la persistance de la misogynie puisque les parents sont 2,5 fois plus susceptibles de demander si leur fils « est un génie » que si leur fille est supérieurement intelligente. Pour les demoiselles, les géniteurs préfèrent demander si elles ne sont pas « en surpoids » (deux fois plus fréquent que pour les garçons).

      #sexisme #grossophobie #intelligence #genre

      Plus distrayante, sa déconstruction du mythe amoureux : ainsi, sur les réseaux sociaux, si les qualificatifs utilisés par les femmes pour décrire leur mari sont « incroyable », « le meilleur » et « tellement mignon », elles préfèrent, sur Google, les termes « irritant », « méchant » et « con ». Quant aux hommes, « ils se préoccupent secrètement de savoir si leur femme est folle », assure l’analyste,...

      La aussi c’est distrayants pour les hommes uniquement, se demandé pourquoi ton compagnon est méchant de la part des femmes c’est pas trop distrayant.

      Et puis on ne saura pas comment les hommes parlent de leurs compagnes dans les réseaux sociaux. Ca m’étonnerais pas qu’ils les traitent ouvertement de folles sans grand écart avec leurs requets google parceque je peu pas dire que les hommes se retiennent de traiter les femmes de folles en publique.

      #amour #misogynie #hypocrisie #déni

  • Sur les traces des Suisses au service de l’infernal Congo de #Léopold_II

    C’est un épisode peu étudié de la migration suisse dans le monde. Dès le début du XXe siècle, un nombre croissant d’Helvètes s’engagent au service de l’État indépendant du Congo, propriété exclusive du roi des Belges Léopold II. L’architecte du #CICR#Gustave_Moynier – en fut le premier consul général en Suisse.

    Riche protestant genevois, Gustave Moynier se laisse séduire par Léopold II qui crée une Association internationale du Congo, comme paravent, pour se « procurer une part de ce magnifique gâteau africain », comme le confie le roi à un de ses agents basé à Londres en 1872.

    Pour le richissime Gustave Moynier, il n’y avait donc guère de contradiction à construire la première agence internationale de secours aux victimes de la guerre, tout en participant à l’établissement de l’EIC. Les deux projets s’inscrivaient dans une vision partagée par les élites européennes, soit un combat pour la paix et la civilisation du monde portée par la science triomphante de l’époque, le libre-échange économique et l’#évangélisation.

    Mais c’est un autre agent suisse de l’Etat Indépendant du Congo qui va pousser les Suisses à s’engager au Congo. Consul de Belgique à Neuchâtel, #Jean_Boillot-Robert publia de nombreuses annonces, multiplia les conférences en Suisse romande pour recruter des Suisses. L’opération connut un succès croissant durant les années 1900, alors même que la campagne dénonçant l’exploitation outrancière du Congo battait son plein.

    Quant à la campagne contre l’administration de Léopold II au Congo qui préfigure les mobilisations internationales de la société civile que nous connaissons aujourd’hui, elle finit par trouver des relais à Genève dès la fin du XIXe siècle. C’est le cas du journaliste #René_Claparède se mobilise et devient pour ce faire président de la Ligue suisse pour la défense des indigènes et du Bureau international pour la défense des droits des peuples.

    Jusque-là hostile à cette campagne de dénonciation, le Journal de Genève prend ses distances avec l’œuvre congolaise du roi des Belges en publiant dans ses éditions des 17 (http://www.letempsarchives.ch/page/JDG_1906_11_17/1/article/6637874/%22Etat%20Ind%C3%A9pendant%20du%20Congo%22) et 18 (http://www.letempsarchives.ch/page/JDG_1906_11_18/1/article/6637942/%22Etat%20Ind%C3%A9pendant%20du%20Congo%22) novembre 1908 un texte de René Claparède intitulé « La civilisation au Congo » qui commence ainsi : « Depuis quelques années, mais surtout depuis quelques mois nous arrivent, avec persistance, d’étranges rumeurs sur l’Etat indépendant du Congo. Pour obtenir du caoutchouc un rendement princièrement rémunérateur, fonctionnaires du gouvernement, agents des compagnies concessionnaires pressurent, dit-on, l’indigène de la manière la plus atroce. »


    http://www.swissinfo.ch/fre/philanthropie-et-colonisation_sur-les-traces-des-suisses-au-service-de-l-infernal-congo-de-l%C3%A9opold-ii-/43325184
    #Suisse #histoire #colonialisme #Congo #colonisation

  • La passion de punir

    En #France et aux #Etats-Unis, jamais le taux d’#incarcération n’a été aussi élevé. Mais cela ne s’explique pas par une hausse de la #criminalité qui est en constant recul. Alors, pourquoi punit-on ? demande #Didier_Fassin dans un essai dérangeant

    https://www.letemps.ch/culture/2017/01/27/passion-punir
    #livre #prisons #punir

    Le livre :
    Punir. Une passion contemporaine

    Au cours des dernières décennies, la plupart des sociétés se sont faites plus répressives, leurs lois plus sévères, leurs juges plus inflexibles, et ceci sans lien direct avec l’évolution de la #délinquance et de la criminalité. Dans ce livre, qui met en œuvre une approche à la fois généalogique et ethnographique, Didier Fassin s’efforce de saisir les enjeux de ce moment punitif en repartant des fondements mêmes du #châtiment.
    Qu’est-ce que punir ? Pourquoi punit-on ? Qui punit-on ? À travers...


    http://www.seuil.com/ouvrage/punir-didier-fassin/9782021327083
    #répression

  • « Le recul de la culture est un recul de la pensée »

    François Cheval a fait du musée Nicéphore Niepce un acteur important de la photographie en France. Il quitte son poste mardi, après vingt ans comme conservateur en chef, suite à une baisse conséquente des subventions publiques
    https://www.letemps.ch/culture/2016/12/17/recul-culture-un-recul-pensee

    “C’est une crise financière mais aussi culturelle : le politique a défini aujourd’hui d’autres priorités. Il y a eu un consensus après la Libération autour de l’idée que le réveil de la Nation française passerait aussi par la culture. Un peuple fort est un peuple cultivé. Le projet communiste des maisons de culture a alors été repris par Malraux qui en a disséminées sur tout le territoire. A partir de là, le maillage a englobé des bibliothèques, des musées, des cinémas… Nous avons atteint l’apogée de cette volonté avec Jack Lang. Le personnel politique actuel reconsidère cette question, en particulier à droite. Ces gens sont formés différemment, ils n’ont pas fait leurs humanités et ne voient le redémarrage de la France qu’à travers le développement économique. Mais les intervenants culturels ont failli également.

    –En quel sens ?

    – Les institutions ont oublié pour qui elles travaillaient. 50% de la population ne trouve aucun intérêt aux propositions culturelles, la démocratisation ne s’est pas faite. Nous avons oeuvré pour la bourgeoise locale, pour les convaincus, alors que l’argent mis dans la culture était un investissement énorme de la part des autorités. Ce n’est pas un hasard si le vote Front national atteint aujourd’hui de telles proportions. Ces électeurs cherchent des boucs émissaires et des solutions faciles. Or la culture est une quête de complexité, une analyse critique. On assiste à un recul et à une droitisation de la pensée.„