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  • À propos de Redon - Liberté Party
    https://archive.org/details/liberte-party

    Alors qu’a été franchi un nouveau cap dans la répression des fêtes libres lors de la free party de Redon du 18-19 juin, où un jeune a été mutilé à vie, un large collectif de musicien-ne-s et d’oeuvrier-e-s de la culture (dont moi-même) revient sur la criminalisation de la musique et de la culture populaire et lance un appel « à la multiplication des fêtes libres ».
    Publié chez les invités de Mediapart le 26 juillet 2021

    Lors de la free party du 18-19 juin à Redon, un nouveau cap a été franchi dans la répression des fêtes libres. Toutes nos pensées vont aux victimes de cette répression féroce, et particulièrement au jeune homme mutilé à vie. Mais pour saisir la pleine mesure de l’événement, il faut encore rapporter la violence physique qui s’y est déchaînée à son contexte et sa signification. Et ne pas négliger la portée des symboles.

    Cette free party était organisée en hommage à Steve Maia Caniço, tué deux ans auparavant par une charge de police lors d’une précédente free party, le 21 juin 2019 à Nantes. C’est précisément cette fête commémorative qui a été choisie pour frapper les corps et les esprits. En ces temps de radicalisation assumée du pouvoir policier, il est permis de supposer que la violence inouïe déployée contre les teufeurs à Redon constitue volontairement, du côté policier, une sorte plus sinistre de commémoration anniversaire des événements de 2019.
    /.../
    Plus que jamais, nous défendrons la musique, les voies de traverse, les portes de sortie – et en particulier les free parties passées, présentes et à venir.
    Moins que jamais nous ne voulons revendiquer l’utilité de nos pratiques artistiques pour le maintien d’une « cohésion sociale » qui prend de plus en plus ouvertement la forme d’une terreur généralisée.

    Nous appelons à la multiplication des fêtes libres, et y prendrons part.
    Comme le disait un fameux morceau des Spiral Tribe :
    YOU MIGHT STOP THE PARTY, BUT YOU CAN’T STOP THE FUTURE !
    (Vous pouvez peut-être arrêter la fête, mais vous ne pouvez pas arrêter le futur)

    Lire le texte complet, enrichi de liens et la liste des signataires : http://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260721/propos-de-redon-liberte-party

    FREE PARTY – La Nuit des Meutes : « Appel à l’union résistante et festive contre la répression »
    Puisque la « free party est une grande famille », celle-ci revendique de « rester soudée coûte que coûte pour ne pas laisser le gouvernement l’éradiquer » dans un communiqué. C’est rassemblé sous cette bannière morale et intègre que le mouvement underground de la musique électronique, actif depuis plus de 30 ans, se rallie à un week-end de festivité globale le 31 juillet 2021 sur tout le territoire français.
    Lire la suite : https://mouvanceslibres.org/2021/06/29/free-party-la-nuit-des-meutes-appel-a-lunion-resistance-festive-con

    Faire un don à Fonds de Soutien Juridique des Sons / Association pour la defense des Sound System : https://www.helloasso.com/associations/fonds-de-soutien-juridique-des-sons

    Photo d’illustration : @val_k ~ ValK.
    "FREE ! Sticker niché dans un poteau de béton citadin."
    Nantes, 25 juillet 2021.

    ¤ autres photos : vu.fr/valkphotos
    (i) infos : twitter.com/valkphotos
    ¿ audios : frama.link/karacole
    ☆ oripeaux : frama.link/kolavalk
    ◇ rdv locaux : 44.demosphere.net
    ♤ me soutenir : liberapay.com/ValK

    #audio/opensource_audio #repression

  • Violence et harcèlement dans le monde du travail : la jeunesse dit stop !
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/210721/violence-et-harcelement-dans-le-monde-du-travail-la-jeunesse-dit-sto
    « Ratification minimaliste pour un Président qui se dit féministe. » Si le 22 juillet, les parlementaires discuteront du projet de loi de ratification de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail sur la violence et le harcèlement, le système juridique français « est complaisant au harcèlement et à l’invisibilisation du vécu d’1 femme sur 3 », fustigent étudiant·e·s, stagiaires, alternant·e·s, futur·e·s salarié·es et entrepreneur·ses. Ils et elles se rassemblent le 21 juillet devant l’Assemblée. « Les travailleur·euses et la jeunesse du pays vous regardent » !

    En France, 1 femme sur 3 a déjà été harcelée ou agressée sexuellement sur son lieu de travail. Les femmes lesbiennes ou bisexuelles sont deux fois plus harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail que les personnes hétérosexuelles. Les personnes en situation de handicap, migrantes, ou vulnérables sont plus souvent victimes de harcèlement et de violences : pourtant, aucune mesure spécifique ne les protège. En 2019, au moins 146 femmes (152 selon #NousToutes) ont été tuées par leur partenaire ou ex-partenaire : pourtant, le droit du travail n’accompagne pas les personnes victimes de violences conjugales.

    Quand il se félicite de la création d’emplois en France, Emmanuel Macron a-t-il conscience des conditions qui les accompagnent ? Elisabeth Borne se rend-elle compte qu’en acceptant une offre d’emploi, les françaises s’exposent au risque de faire partie de ces statistiques ?

    Ce 22 juillet, les parlementaires discutent du projet de loi de ratification de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail sur la violence et le harcèlement. Si nous saluons la décision du gouvernement de ratifier une Convention que l’on sait ambitieuse et nécessaire pour faire évoluer le monde du travail, nous lui demandons de ne pas s’en tenir à des mots ni à des effets d’annonce. ONGs, syndicats, militant·es, tous·tes s’accordent à dire qu’il n’y aura pas d’évolution majeure sans changement du droit français. Car aujourd’hui, c’est bel et bien le système juridique français qui est complaisant au harcèlement, aux agressions et à l’invisibilisation du vécu d’1 femme sur 3. Pourtant, à l’agenda de ce gouvernement, rien de tel de prévu. Rien.

  • #Redon : la préfecture a empêché les pompiers de secourir les blessés
    30 juin 2021 - Par Pascale Pascariello | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/300621/redon-la-prefecture-empeche-les-pompiers-de-secourir-les-blesses

    Lors de la free party organisée à Redon les 18 et 19 juin, les gendarmes ont gravement blessé des teufeurs, dont un a eu la main arrachée par une grenade. Les pompiers, qui auraient pu intervenir pour secourir des jeunes dans un état sanitaire dramatique, en ont été empêchés par la préfecture.

    « J’ai honte d’être pompier. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir. » Lors de la free party qui s’est déroulée les 18 et 19 juin à Redon (Ille-et-Vilaine), un jeune homme de 22 ans a perdu sa main. D’autres ont été gravement blessés. Mais, selon les documents et témoignages recueillis par Mediapart, la préfecture a bloqué les pompiers à l’entrée du site. Mettant ainsi des vies en danger.

    Cette nuit-là, responsable de la mise en œuvre des secours, la préfecture motive son refus par le fait qu’aucun plan d’évacuation des blessés n’a été anticipé, et que l’accès au site n’est donc pas sécurisé pour les pompiers. L’argument révèle un très haut niveau d’amateurisme dans la préparation de l’événement, un manque de discernement évident dans l’appréciation de la gravité de la situation. Mais aussi une bonne part de mauvaise foi selon le même pompier, bouleversé : « Quand il s’agissait d’aller chercher des gendarmes blessés à l’intérieur, il n’y avait pas de problème, d’autres gendarmes nous escortaient. »

    Ce n’est que le lendemain, le 19 juin, aux alentours de 18 heures, que les pompiers auront accès directement au site afin de secourir des jeunes dont deux, signalés comme « urgence absolue », et « plusieurs tombés à l’eau ». /.../

    #violences_policieres #maintien_de_l'ordre #mutilation #crime_d'etat

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      Dans la nuit du 18 au 19, 400 gendarmes mobilisés pour empêcher une fête qui n’a pas été autorisée font face à des jeunes venus rendre hommage à Steve, décédé deux ans plus tôt lors de la fête de la musique après une intervention policière. « À partir de minuit, nous avons commencé à recevoir de nombreux appels de jeunes qui étaient sous les tirs de grenades lacrymogènes », nous confie un pompier. « Certains étaient pris de panique, d’autres suffoquaient », poursuit-il.

      « Nous suivions ce qu’il se passait sur les réseaux sociaux. Cela en dit long sur notre absence d’information », précise un autre secouriste.

      À 2 h 45, les pompiers reçoivent un appel pour « un blessé main arrachée par grenade ». Il s’agit d’une « urgence vitale ». Quatorze minutes plus tard, le camion des pompiers arrive à quelques centaines de mètres du site, mais privé d’accès sécurisé, il reste immobilisé sur un rond-point.

      À l’entrée du site sont aussi bloqués depuis minuit deux responsables de l’association Techno+, Ombline Pimond et Sébastien Petit. Près de l’ancien hippodrome, ils suivent à distance la situation de gendarmes qui tentent d’empêcher l’organisation de la fête.

      « Depuis 1995, nous intervenons notamment sur les free parties et les raves. Nous sommes une association reconnue par le ministère de la santé et notre mission consiste à réduire les risques liés aux pratiques festives, à la prise de drogue ou d’alcool. » Cette fois, l’accès leur est donc refusé par les gendarmes. « Nous avons appelé la préfecture du Morbihan, département voisin qui était initialement prévu pour l’organisation d’une free party. Nous avons alors demandé à être mis en contact avec une personne de la préfecture d’Ille-et-Vilaine et nous avons également appelé l’Agence régionale de santé [ARS]. »

      Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes

      Sébastien Petit, un des responsables de l’association Techno+

      Il est 2 h 33 lorsque la personne d’astreinte à l’ARS décroche et découvre alors la situation. « “Je vais appeler la préfecture”, nous a-t-elle dit. Elle n’avait été informée ni de la free party ni de l’intervention des gendarmes », explique Ombline Pimond.

      Alors que les forces de l’ordre intensifient les tirs de LBD, de grenades lacrymogènes, de grenades de désencerclement et de type GM2L (à composition pyrotechnique), les volontaires de Techno+ restent toujours bloqués.

      Quand la situation de la main arrachée se confirme, les gendarmes ne permettent toujours pas aux pompiers d’accéder au site pour secourir le jeune mutilé. Ils laissent passer l’association pour qu’elle aille chercher le blessé. « Quels ordres a donnés la préfecture ? En tout cas, elle a interdit l’accès aux pompiers pour secourir les jeunes, selon l’un des responsables de Techno+, Sébastien Petit. C’est une hérésie de nous avoir demandé d’aller le secourir compte tenu de l’extrême gravité de sa blessure », déplore-t-il.

      « Tout le monde à ce moment-là autour de nous parlait de cette mutilation. Je ne parvenais pas à imaginer que ce soit possible », rapporte la présidente de Techno+, Ombline Pimond, qui tient cependant à préciser : « Si certains volontaires se forment aux premiers secours, nous ne sommes pas des secouristes. Nous n’intervenons que dans des fêtes et nous ne sommes absolument pas formés à ce genre de blessures ni pour intervenir au milieu de tirs de grenades. »

      À tel point que seuls dix d’entre eux décident d’aller sur la zone des tirs. « Je suis la seule infirmière de l’association sur le site à ce moment-là, donc je n’ai pas hésité, bien sûr. Mais je devais également protéger les autres volontaires de l’association. C’est pourquoi nous avons formé un petit groupe plus aguerri pour aller secourir les jeunes. »

      J’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais

      Thomas, 30 ans, venu en aide au jeune mutilé

      Le problème est qu’au milieu des gaz lacrymogènes, sans être guidés et sans expérience, les bénévoles de Techno+ ne trouvent pas le jeune mutilé.

      Au même moment, Thomas∗, un ingénieur du son de 30 ans venu de Toulouse avec son amie pour faire la fête, se retrouve coincé à bord de son camion, en file indienne derrière d’autres véhicules, sur un petit chemin menant vers l’entrée de l’hippodrome, à quelques dizaines de mètres des tirs des gendarmes.

      « L’air était irrespirable. On y voyait presque rien. » Après avoir mis à l’abri son amie dans la cour d’une ferme, Thomas retourne près de son camion. « Il y a toute ma vie dedans. Depuis le Covid, nous y habitons avec mon amie pour des raisons financières. » Après des tirs incessants de grenades lacrymogènes, « d’autres à fortes détonations explosaient à intervalles réguliers. J’attendais que ça passe avec la boule au ventre. C’était effrayant. »

      Il retrouve Armel∗, un de ses amis, et ensemble ils patientent alors près du camion. Lorsqu’il entend soudain « quelqu’un hurler “Ne regardez pas” ». Il voit deux personnes en train de soutenir un « jeune qui semblait en état de choc, sonné ,et j’ai regardé hélas vers le bas de son bras, en lambeaux. C’était hyper choquant. Une mutilation de guerre que je n’oublierai jamais. »

      Près de l’ancien hippodrome, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021. © DR Près de l’ancien hippodrome, à Redon, dans la nuit du 18 au 19 juin 2021. © DR

      « Au cours de la soirée, certains disaient que les pompiers ne pouvaient pas venir », précise-t-il. Thomas et Armel décident donc de dégager un chemin pour que le véhicule à bord duquel le jeune homme a été installé puisse rejoindre au plus vite la route. « Certains avaient quitté leur voiture en laissant les clefs sur le contact. On en a profité. D’autres non, et nous les poussions à la main. Mais tout m’a semblé rapide, peut-être parce que nous étions dans un état d’une telle urgence que rien d’autre ne semblait exister. »

      Anéanti, Thomas est aujourd’hui encore traumatisé. « Comment peut-on arriver à perdre autant d’humanité ? Détruire une vie pour interdire une fête alors que nous n’étions pas une menace... »

      Heureusement, une jeune femme a réussi à conduire le jeune homme mutilé à l’hôpital. Les pompiers l’apprennent à 3 h 30. « C’était un soulagement mais qui n’efface pas la colère », nous raconte un pompier. À 3 h 48, Sébastien de Techno+ échange à nouveau avec l’Agence régionale de santé sur la situation dangereuse et sur le besoin de faire venir des secours.

      Aux alentours de 4 heures, les volontaires de l’association prennent en charge un premier blessé. Une jeune fille qui a reçu des éclats de grenade à la cheville. « Aidée par une de ses amies, elle a quitté les lieux en empruntant un chemin dans les ronces. Depuis, nous l’avons eue au téléphone. Elle nous a expliqué s’être rendue aux urgences par ses propres moyens. Elle a eu un traumatisme de la malléole et une infection de la jambe due à sa prise en charge tardive », déplore Ombline.

      À 4 h 8, les pompiers reçoivent un appel d’un « gendarme blessé » léger. Deux minutes plus tard, il est pris en charge, et conduit à l’hôpital où il est admis vers 4 h 30. Lorsque les gendarmes sont pris en charge, l’ambulance est parfois « encadrée par un groupe d’intervention de gendarmerie spécialisé dans la récupération des GD [gendarmes] blessés », précisent les pompiers.

      Jeune homme blessé, ancien hippodrome de Redon, 19 juin 2021. © Association Techno + Jeune homme blessé, ancien hippodrome de Redon, 19 juin 2021. © Association Techno +
      Vers 6 heures, « alors que le jour se levait, la situation a commencé à s’apaiser et nous avons pu arriver vers une autre partie du site, un autre champ où nous avons pu commencer à souffler », explique la présidente de Techno+.

      L’association monte alors une tente pour continuer de venir en aide aux jeunes, mais « il fallait une unité de soins avec des secours ». L’infirmière doit soigner une personne qui « semble avoir reçu un tir de LBD entre les deux yeux. Là encore, ce sont ses amis qui l’ont évacuée. »

      À 7 h 29, puis à 8 h 28 et encore à 9 h 36, l’association réclame à nouveau à l’ARS des équipes de secours. En vain. Pourtant, à 8 h 25, les pompiers sont intervenus. Mais c’était, de nouveau, pour venir soigner un gendarme dont l’état ne nécessitera pas son évacuation.

      Vers 9 h 40, les pompiers s’apprêtent à envoyer des équipes. Ils prévoient de mettre en place un poste médical avancé (PMA) mais aussi, « en prévision d’interventions des forces de l’ordre », ils préparent 3 bateaux ainsi que des plongeurs « pour la fin d’après-midi ».

      Mais à 12 h 12, toujours rien. La présidente de Techno+ demande des précisions au sous-préfet Jacques Ranchère. « “Il faut qu’on s’organise”, m’a-t-il dit. »

      À 16 heures, alors que la rumeur d’une nouvelle charge des gendarmes s’amplifie, la présidente de l’association interroge de nouveau le sous-préfet et l’alerte sur les dangers que représente une telle opération, certains jeunes étant alors épuisés, alcoolisés et « le site étant en bordure de rivière ». Mais il la rassure et « lui garantit qu’aucune charge n’est prévue », rapporte-t-elle. Les pompiers, eux, s’y préparent depuis le matin.
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      Et effectivement, vers 17 heures, des tirs de grenades lacrymogènes recommencent. Une jeune femme reçoit des éclats de grenade au visage. Cette fois sur place, les pompiers la prennent en charge vers 18 h 30 ainsi que « cinq raveurs dont deux en urgence absolue » et « plusieurs personnes tombées à l’eau ». Dix gendarmes seront également pris en charge, « classés urgence relative ».

      Mediapart a pu consulter des documents de secouristes d’Ille-et-Vilaine ainsi que les alertes lancées à la préfecture et à l’Agence régionale de santé (ARS) par l’association de prévention Techno+. Difficile de savoir combien de jeunes ont été blessés puisqu’ils sont nombreux à avoir dû se débrouiller par leurs propres moyens comme ça a été le cas pour le jeune homme dont la main a été arrachée.

      L’association Techno+ a cependant réalisé un premier bilan qui chiffre à 22 le nombre de jeunes auxquels elle a pu apporter les premiers soins. Deux étaient en état de détresse psychologique et vingt autres blessés. Parmi les blessures, l’association a notamment relevé une joue transpercée et une mâchoire touchée par des éclats de grenade, des traumatismes, certainement causés par des tirs de lanceurs de balle de défense (LBD), notamment au front. Sur ces 22 blessés, seuls quatre ont pu être pris en charge par les pompiers, entrés sur le site le 19 juin, vers 18 heures.

      L’un des pompiers que nous avons interrogé reste encore choqué par cette soirée. « Nous ne pouvions pas nous engager en tant que pompiers dans cette zone. C’était trop dangereux. Mais la préfecture comme la gendarmerie n’ont pas réfléchi à la mise en danger qu’ils faisaient courir à ces jeunes. C’est si inquiétant de voir cela. Ce sont nos enfants. »

      « J’ai eu l’impression d’être isolée et enfermée en criant à l’aide sans être vraiment entendue », explique Ombline, qui déplore que le ministère de la santé ne l’ait pas rappelée « alors qu’il nous soutient et nous finance ».
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      Contactée par Mediapart, la préfecture d’Ille-et-Vilaine déclare qu’« à 1 h 51, un chef de groupe, un infirmier et une ambulance ainsi qu’un engin-pompe étaient sur place. Des moyens supplémentaires ont été engagés à plusieurs reprises au cours de la nuit pour prendre en charge des victimes, dont certaines s’étaient entre-temps rendues à l’hôpital par leurs propres moyens ». Mais la préfecture n’apporte aucune réponse concernant l’absence de plan d’évacuation des blessés ou d’accès sécurisé pour les pompiers.

      Elle ne livre pas plus d’explications sur l’absence de prise en charge de nombreux blessés, parmi lesquels le jeune homme mutilé.

    • Mais la préfecture comme la gendarmerie n’ont pas réfléchi à la mise en danger qu’ils faisaient courir à ces jeunes. C’est si inquiétant de voir cela. Ce sont nos enfants.

      La gendarmerie a au contraitre tres bien reflechit et elle sais très bien ce qu’elle fait lorsqu’elle pousse dans l’eau les fêtards qui commémorent la noyade de Steve Caniço. Elle sais aussi tres bien ce qu’elle fait lorsqu’elle arrache la main d’une personne et la prive de soins. Elle sait aussi tres bien ce qu’elle fait lorsqu’elle tire des grenades entre les yeux des gamins...

      On est au stade de l’homicide prémédité et de sa tentative car les gendarmes savent parfaitement que leurs méthodes tuent puisqu’ils ont deja tué Steve Caniço comme cela et ils recommence dans le but de tuer des jeunes teufeurs le jour de la mémoire du dernier jeune qu’ils ont assassinés par noyade. Ce jour là donc ils s’efforce de noyer d’autres jeunes et c’est par une récidive de tentative de meurtre qu’ils fetent le dernier meurtre qu’ils ont commis avec exactement le meme mode opératoire. Le préfet aurais déjà du être incarcéré pour homicide et tentative d’homicide, il est en récidive et sera surement récompensé pour cette tentative de meurtre de masse des jeunes teufeurs par noyade.

      En Macronie les gendarmes sont payés par nos impôts pour amputé et noyé vos enfants, les préfets sont des assassins multirécidivistes et le gouvernement leur distribue les primes si ils mutilent des enfants.

    • Autre complément : l’Asso Techno+ met à disposition de toute personne, victimes, avocats, médias, curieux·ses, le témoignage collectif des 43 volontaires de l’association de santé communautaire et de réduction des risques lors du #teknival de #Redon du 19 juin 2021.
      >> 43 volontaires témoignent
      >> Déroulement heure par heure des évènements depuis l’intérieur de la nasse policière
      >> Liste des 22 victimes prises en charge par l’association

      https://technoplus.org/fete-libre/repression-teuf/6703-teknival-de-redon-du-19-juin-2021-techno-temoigne

    • « J’ai honte d’être pompier. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir. »

      Je ne suis pas pompier mais je suis né à Redon et je connais bien ce pays. Le pays de r’don où y’a des marrons dans la gueule qui se perdent. J’ai honte d’être français et j’en peu plus de cette république en mocassins.

    • https://seenthis.net/messages/921023

      D’après ton expérience et avec le recul dont tu disposes, que penses-tu des évènements qui viennent de se dérouler à Redon, où les gendarmes et les CRS semblent avoir déployé un niveau de violence rare face à une « rave party » illégale ? Quelle est ta réaction ? Que peux-tu nous en dire par rapport à ce que tu as pu vivre, notamment dans les années 1990 ?

      Bonne question, ce regain de répression en cours est vraiment inédit. À la grande époque des interdictions dans les années 1990, nous n’avons pas vécu ce niveau de violence, ces charges policières, ce gazage massif, des destructions de matériel et de murs de sons. À l’époque, on se contentait d’une saisie. Et tout cela pour un évènement qui commémorait justement la mort d’un raver à Nantes, dans des circonstances peu flatteuses pour les autorités. Qu’est-ce que le jeune raver étudiant, qui cherche à occuper ses week-ends avec ses potes, peut représenter comme danger potentiel pour l’ordre public ? Est-ce que ça nécessite des interventions dignes des manifestations les plus réprimées, comme s’il s’agissait de terroristes ou de casseurs des blacks blocs ?

      Les priorités de ce ministère de l’intérieur m’échappent, cela va de pair avec leur déni flagrant à l’encontre des scènes musicales pendant la pandémie, clubs en tête. Les conditions qui sont accordées aux festivals, cet été, sont tellement draconiennes qu’elles remettent en cause leur seuil de rentabilité et la tenue de fêtes où l’on peut danser. On peut dire ce que l’on veut des gouvernements conservateurs de Grande-Bretagne ou d’Allemagne, mais ils sont moins féroces avec la fête, les jeunes et les concerts.

      Il y a quelques années, nous n’aurions pas imaginer qu’on puisse mourir noyé ou avoir sa main arrachée parce qu’on a voulu transgresser des lois qui sont systématiquement transgressées depuis des années au moment de la fête de la musique. En plus, toutes les études réalisées de Barcelone à Liverpool, ont démontré qu’aucun cluster ne s’est développé pendant ces évènements. Donc, la répression qui est en cours est parfaitement inique, tenant du délit de faciès, d’un racisme anti-jeune et dans le rejet de cette contre-culture qui, j’en suis convaincu , est une sous-culture rebelle a leurs yeux.

      Je n’ai aucun souvenirs de blessés lors des premiers #teknivals, tout au plus quelques gardes à vue et des saisies de matériel.

    • https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/redon-polemique-autour-de-la-rave-les-pompiers-empeches
      (dsl, @val_k, je te l’ai piqué sur ta TL chez Gazouillis-Land)

      Suite à la rave party de Redon, qui s’est tenue les 18 et 19 juin dernier, les polémiques ne cessent d’enfler sur la violence de l’intervention des forces de l’ordre. Médiapart publie un article avec les témoignages de pompiers, affirmant avoir été empêchés d’intervenir. La préfecture dément.

      Le préfet « dément » prétend qu’il fallait « neutraliser le son » :
      https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rave-party-de-redon-pour-le-prefet-il-fallait-neutralis

      Huit murs de son fracassés

      « A priori, le préfet préfère avoir des gens mutilés que des gens qui s’amusent » s’énerve un teufeur sur une vidéo de l’évacuation qu’il a postée sur Twitter.

      Les sonos ont été brisées à coup de masse. « Il fallait neutraliser le son », répète le préfet, « c’était la seule solution pour faire cesser la rave. »

      (Le rêve de tout préfet qui se respecte : faire cesser les « raves »)

    • rave party à Redon. Matériel détruit, violences… Les teufeurs annoncent des dépôts de plaintes.
      https://www.ouest-france.fr/bretagne/redon-35600/rave-party-a-redon-materiel-detruit-violences-les-teufeurs-annoncent-de

      Ce mardi 6 juillet, des participants à la rave de Redon et associations en soutien, ont indiqué que des plaintes allaient être déposées, notamment auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, pour le matériel détruit et les violences, lors des affrontements avec les forces de l’ordre, le 18 juin. Un jeune homme avait eu la main arrachée. « L’association Freeform a saisi l’IGGN (Inspection Générale de la Gendarmerie Nationale) concernant la destruction du matériel, avec pour objectif une saisine de l’IGA (Inspection générale de l’administration). »

      l’IGGN étant la cousine de l’IGPN, il ne faut pas en attendre grand chose. Vu la récente déclaration du procureur de Rennes sur l’heure de la mort de Steve Maia Caniço, deux ans plus tôt. Ce que tout le monde savait déjà.
      https://www.amnesty.fr/presse/blesse-grave-a-redon-amnesty-international-france

    • Une tribune par un large collectif de musicien-ne-s et d’oeuvrier-e-s de la culture (dont moi-même) revient sur la criminalisation de la musique et de la culture populaire et lance un appel « à la multiplication des fêtes libres ».
      Publié chez les invités de Mediapart le 26 juillet 2021 https://seenthis.net/messages/924156
      lien direct : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/260721/propos-de-redon-liberte-party

  • Ne « soutenons » pas les artistes, rémunérons les travailleuses et travailleurs de l’art !
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/110521/ne-soutenons-pas-les-artistes-remunerons-les-travailleuses-et-travai

    Afin de « faire sortir les travailleur·euses de l’art de la précarité et de la dépendance à des dispositifs de soutien », quatre collectifs et syndicats proposent un ensemble de mesures concrètes, dont l’obtention d’un statut qui reconnaisse le travail dans toutes ses dimensions. Pour « desserrer l’emprise des logiques marchandes sur les vies des travailleur·euses de l’art », ils appellent à un changement des structures économiques.

    Cette tribune propose des solutions concrètes visant à faire sortir les travailleur·euses de l’art de la précarité et de la dépendance à des dispositifs de soutien. Cela passe par l’obtention d’un statut qui reconnaisse le travail dans toutes ses dimensions.

    Pourquoi parler de travailleur·euses de l’art ?

    Ce terme de « travailleur·euses », inhabituel dans le champ de l’art, permet de reconnaître la dimension universelle de la production d’une valeur non réductible aux processus de marchandisation capitaliste. Toute activité produit une valeur d’usage et est de ce fait légitime à obtenir une reconnaissance sociale et des droits afférents. Pris dans ce sens élargi, ce terme de « travailleur·euses » permet d’échapper à la position de demandeur·euses d’aides ou de subventions, comme si le travail réalisé ne produisait rien par lui-même.

    Aides d’urgences, pour qui ?

    Le monde de l’art d’avant la crise sanitaire était déjà économiquement invivable pour une majorité de personnes qui y travaillent. L’absence de droits protecteurs et les inégalités de revenus sont particulièrement fortes dans le champ de l’art, au point qu’il peut être considéré comme figure de proue du néolibéralisme. La crise du Covid n’a fait qu’accroître ces inégalités et les rendre plus visibles.

    Cette absence de reconnaissance d’une partie des activités artistiques et la faiblesse des rémunérations condamnent beaucoup d’artistes à une polyactivité subie. Affirmer que nous sommes tous·tes producteur·ices de valeurs économiques permettrait de refuser ce bricolage institutionnel délétère entre différents statuts (artistes-auteur, auto-entrepreneurs, CDD, etc...) n’offrant pas les mêmes droits. Ne plus séparer arbitrairement les activités dites principales des activités dites accessoires permettrait également d’échapper à cette hiérarchisation qui n’est pas en accord avec la diversité du travail dans le champ de l’art. L’écriture d’un texte, l’accrochage d’une œuvre, la présentation du travail, l’organisation d’un atelier ou la médiation sont des activités tout aussi légitimes que la création.

    Les dispositifs de soutien actuel étant fondés sur une définition limitante du travail, ils ne font que perpétuer les inégalités préexistantes, aussi bien économiques, sociales, que symboliques. À titre d’exemple, les acquisitions publiques du CNAP et des différents Frac en 2019 concernent à peine 400 artistes alors que la MDA recense 62 645 artistes-auteur·ices. De la même façon, seulement 2% des artistes-auteur·ices potentiellement éligibles au fond de solidarité pour les TPE en bénéficient.

    Indépendant·es ultra dépendant·es :

    L’activité des travailleur·euses de l’art est soumise à des logiques marchandes (vente d’œuvres, vente de prestations, etc.) et à des mécanismes de compensation (bourses, appels à projets, prix, résidences, etc.), ce qui engendre une concurrence permanente entre les individus. La reconnaissance du travail dépend du bon vouloir de certaines institutions qui disposent ainsi d’un pouvoir de vie et de mort sociale exorbitant. Dans ce cadre, penser qu’il suffit de financer les institutions pour "soutenir" les artistes relève d’une théorie du ruissellement qui a tout d’une fiction économique. Enfin, la naturalisation de la notion de talent individuel permet de faire accepter cette logique du « tous contre tous » par ceu·lles-là mêmes qui la subissent.

    Augmenter le budget des institutions et rémunérer tous·tes les travailleur·ses de l’art :

    Il ne faut pas opposer de façon manichéenne les travailleur·euses et les institutions de la culture, lesquelles sont diverses et pour beaucoup dans un rapport de dépendance à des financements publics largement insuffisants. Repenser le niveau et les modalités d’attribution des financements publics (en particulier la tarification à l’activité) n’est pas contradictoire avec la mise en place d’un statut décent pour tous·tes les travailleur·euses de l’art. Il n’existe pas, en effet, d’activité de création sans dispositifs de monstration, et les travailleur·euses de l’art ont aussi intérêt à un secteur culturel démocratique et bien financé. Mais, les institutions ne peuvent jouer leur rôle d’accueillir et de diffuser des pratiques artistiques sur un territoire qu’à condition de s’engager à faire de l’art un milieu viable pour les personnes qui y travaillent. Autrement dit, oui, les institutions artistiques doivent être mieux financées, mais à condition de repenser un fonctionnement du champ de l’art qui permettrait d’obtenir une meilleure répartition des pouvoirs et des revenus.

    C’est ainsi qu’il est possible d’envisager :

    • Un statut permettant d’assurer la continuité des revenus pour les artistes-auteur·ices et les travailleur·euses indépendant·es du secteur artistique malgré la discontinuité des engagements, et ainsi de desserrer l’emprise des logiques marchandes sur les vies des travailleur·euses de l’art. Concrètement, pour les artistes-auteur·ices, ce nouveau droit pourrait être justifié par une cotisation symbolique des intéressé·es (2 % du bénéfice, par exemple) et par une augmentation de la contribution diffuseur à hauteur de la part employeur de la cotisation chômage (soit 1,1 % + 4,05 % = 5,15 %). Si les diffuseur·euses souhaitent “soutenir les artistes”, l’un des moyens les plus efficaces serait de verser du salaire socialisé à la caisse d’assurance-chômage.

    • Une entrée dans ce statut à partir d’un seuil d’affiliation bas : 3000 euros par an, avec la possibilité de cumuler tous les revenus artistiques (activités principales et accessoires), pour un minimum de rémunération de 1500 € / mois. En 2018, le Ministère de la Culture nous apprenait que 75 % des artistes-auteur·ices perçoivent des revenus inférieurs à 5000 euros par an. Ce qui montre la nécessité d’instaurer un seuil d’entrée bas pour que le plus grand nombre de travailleur·euses bénéficient également des droits attachés à ces revenus, à savoir l’assurance-maladie et un droit à la retraite.

    • Une augmentation des tarifs de rémunération pour les commandes, ateliers, articles, conférences, traductions, droits d’expositions, médiation, etc. : ce qui permettrait d’accéder plus facilement au seuil d’entrée dans ce statut. On ne peut pas vivre en cumulant 150 € par-ci par-là, ni même atteindre le seuil d’entrée des 3000 € par an. Il faut arrêter de « préconiser » l’augmentation des rémunérations (différents collectifs / syndicats témoignent que beaucoup de diffuseur·euses n’appliquent pas ces préconisations), et par exemple mettre en place une conditionnalité des subventions aux institutions qui appliqueraient les tarifs recommandés par les collectifs et syndicats d’artistes-auteur·ices. Pour les grilles tarifaires, le mieux est souvent de se référer aux associations professionnelles et organismes comme Réseau Astre, DCA, le CNAP pour l’art contemporain ; la charte des auteurs jeunesse ; l’ATLF pour l’édition ; L’Œuvrière pour le montage d’exposition. Une autre possibilité serait d’imaginer un affichage clair des budgets des structures et d’envisager une rémunération au prorata de ceux-ci. Il faut que ces conditions soient réévaluées et généralisées pour tous les domaines de la création, ce qui permettrait d’envisager un statut général de travailleur·euses de l’art, de la même façon qu’après-guerre le taux unique de cotisation a permis de créer une sécurité sociale universelle.

    Ces réflexions sur le statut de l’activité, qui permettraient d’autres modes de rémunération et de meilleurs droits, sont portées par une partie de plus en plus importante des acteur·ices du champ de l’art (les artistes, les syndicats d’artistes-auteur·ices, les curateur·ices, les personnes travaillant dans la médiation culturelle, les collectifs d’accrocheur·euses, graphistes...). Elles reposent sur le même principe d’une reconnaissance pleine et entière de la qualité de travailleur·euses, à même de fonder un champ de production culturelle plus ouvert, démocratique et diversifié. Un tel changement des structures économiques constituerait également une contribution décisive pour lutter contre les autres formes de discrimination qui y prennent appui, qu’elles soient raciales, de sexe, de genre, d’orientation sexuelle ou validiste.

    Signataires :

    La Buse
    Le STAA
    Le SNAP CGT
    L’Œuvrière

    Pour signer, c’est ici.
    https://framaforms.org/ne-soutenons-pas-les-artistes-remunerons-les-travailleurses-de-lart-1618

  • Une fois de plus le droit de légitime défense est refusé aux femmes !

    Anaëlle est une jeune femme de 26 ans, déscolarisée à 15 ans, en situation de prostitution depuis ses 17 ans.

    Rappelons que le droit applicable définit le fait de recourir à la prostitution d’autrui, comme une violence sexuelle (loi 2016) et comme une atteinte portée à la dignité Humaine de l’autre (Convention des Nations-Unies de 1949).

    Un de ses « clients réguliers » était un homme de 52 ans. Cet homme l’a violée le 16 août 2017 avec un sextoy. Pour s’arracher à ce viol qu’elle était en train de subir, Anaëlle a saisi un couteau et a porté plusieurs coups, dont son client décèdera. Se défendre était nécessaire et légitime. Ce droit lui sera pourtant refusé par la justice.

    Vulnérable, exploitée, elle est poursuivie pour meurtre. À l’issue d’un procès d’une rare violence, elle vient d’être condamnée dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 mai à dix ans de prison par la Cour d’assises de l’Ain.

    Il est indubitable que la situation de prostitution d’Anaëlle a influencé la cruauté de ce verdict. Y aurait-il un régime dérogatoire pour les femmes les plus vulnérables, contre qui tout est possible ? L’argent exonère-t-il du crime de viol ? La domination masculine est-elle fondée en droit ?

    La justice a commis une faute lourde car Anaëlle est victime.

    Rappelons les obligations qui s’imposent à l’institution judiciaire s’agissant des victimes de viols : Le droit international, la Cour Européenne des Droits de l’Homme notamment, est clair : le viol est un « acte grave, qui met en jeu des valeurs fondamentales et des aspects essentiels de la vie privée ». La CEDH oblige les institutions judiciaires des Etats à protéger les femmes et tout particulièrement les personnes vulnérables.

    Un viol est un crime, « un viol c’est un meurtre psychique » pour reprendre les termes de Gisèle Halimi.

    Le droit international impose également aux juges d’interpréter la loi à la lumière des connaissances actuelles dont la société dispose sur les réactions et les conséquences traumatiques des viols sur les victimes.

    Les juges doivent connaître et maîtriser la victimologie, les notions de trauma, de dissociation, de décorporalisation notamment. C’est leur travail. Un procès d’assises n’est pas un comptoir de bar tabac ! Ils ne peuvent se faire les porte-voix d’idéologies sexistes et de faux savoir arriérés sans commettre une faute lourde et engager la responsabilité de l’Etat.

    L’obligation positive de ne pas faire subir aux femmes victimes de violences de « victimisation secondaire » lors des procédures emporte des conséquences très claires.

    Or, dans cette affaire le droit a été bafoué !

    L’avocat général, qui représente le peuple, l’intérêt de la société, a commis une faute lourde en tenant ces propos inacceptables : « Dire qu’elle est violée sauvagement et faire l’amour trois jours après… » : pour l’avocat général, son comportement signerait un « cynisme incompatible avec son récit victimaire ».

    Une telle méconnaissance de la question est effrayante et honteuse en 2021, alors que toute la société depuis 5 ans ne parle que de ça et que de gros progrès ont été faits en victimologie et dans la compréhension de ces faits par les spécialistes depuis plus longtemps encore !

    Alors que la Convention d’Istanbul qui date de 2011 apporte des éclairages scientifiques sur les conséquences des viols, alors que la jurisprudence de la CEDH mais aussi de la Cour de Cassation le précisent clairement depuis plus de dix ans.

    Près de 50 % des crimes jugés aux assises sont des viols, et il existe encore des magistrats incompétents sur ces questions.

    Dans quel monde vivons-nous pour que de tels propos soient tenus dans l’enceinte d’un lieu où la justice est supposée s’exercer pour défendre les faibles et les victimes ?

    Le sens de cette décision est inacceptable et surtout contraire à tous les droits : Les femmes doivent-elles laisser les hommes les violer ?

    Nous demandons au Ministère Public, de présenter des excuses à Anaëlle pour ces propos innommables et qui couvrent de honte la Justice.

    Nous exigeons que le Parquet général se désolidarise et forme appel de cette décision afin de requérir l’acquittement d’Anaëlle qui est victime dans cette affaire. Il a 10 jours pour le faire à compter de la date de la décision, soit jusqu’au 16 mai : il y a urgence !

    La légitime défense est un droit naturel et imprescriptible. Ce droit ne saurait être interdit aux femmes contre les violences masculines.

    Nous demandons à Monsieur Éric Dupond-Moretti de condamner ces propos de l’Avocat général, et de respecter les obligations de formation initiale et continue des magistrats et des experts à la victimologie et à la traumatologie, pour que de tels propos ne soient plus jamais entendus dans une cour d’assises ou ailleurs !

    Anaëlle a été contrainte de se défendre contre l’homme qui la violait en le tuant. Elle est victime. Elle doit être protégée et respectée.

    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/080521/une-fois-de-plus-le-droit-de-legitime-defense-est-refuse-aux-femmes

    #prostitution #misogynie #putophobie #viol #culture_du_viol #injustice #légitime_défense

  • « Quand il n’y a plus d’égalité possible, il reste la protection factice de l’ordre. Quand il n’y a plus de république ni de démocratie, il reste la soumission devant le képi »
    http://www.regards.fr/politique/societe/article/lettre-des-generaux-un-texte-seditieux-qui-menace-la-republique

    La lettre des généraux publiée par Valeurs actuelles n’a, pour le moment, pas suscité de réaction de l’Élysée. Pourtant, à travers ce texte séditieux, c’est bien la République qui est visée. Et menacée.

    60 ans jour pour jour après le putsch raté d’Alger, une vingtaine de généraux à la retraite, et un millier de militaires, prennent la plume pour « un retour de l’honneur de nos gouvernants ». Le choix de la date vaut en lui-même message et alerte.

  • Deux historiens relaxés face à Philippe de Villiers | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/120421/deux-historiens-relaxes-face-philippe-de-villiers

    William Blanc et Christophe Naudin, deux historiens médiévistes attaqués pour diffamation par Philippe de Villiers et l’Association pour la mise en valeur du Château et du pays du Puy du Fou, en 2016, suite à une tribune où ils avaient émis des doutes sur l’authenticité de l’anneau de Jeanne d’Arc racheté par Philippe de Villiers et analysé l’instrumentalisation du mythe de la Pucelle d’Orléans, ont été relaxés. Ils appellent à la création d’un «  vaste service public de l’histoire  ».

    #histoire (réactionnaire) #historicité #recherche_historique #preuve_scientifique vs #propagande_patriotique

  • La tribune qui a conduit à la démission de Muriel Pénicaud | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/220321/la-tribune-qui-conduit-la-demission-de-muriel-penicaud


    Niki de Saint Phalle, I woke up last night , 1994
    https://awarewomenartists.com

    En quelques jours, 260 signataires d’une tribune se mobilisent pour exiger la démission de #Muriel_Pénicaud à la présidence d’AWARE, association dont l’objectif est la valorisation de la place des femmes dans l’histoire de l’art. « Nous souhaitons empêcher ces phénomènes d’instrumentalisation politique, de précarisation et de monopolisation de nos terrains de lutte, de recherche et de savoir » protestaient-ils. Informée de l’imminence de la publication, M. Pénicaud a démissionné.

  • Regagnons nos libertés par la stratégie Zéro Covid Solidaire !
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/300321/regagnons-nos-libertes-par-la-strategie-zero-covid-solidaire

    À l’initiative du Collectif Zéro Pandémie Solidaire, plus d’une centaine de personnes au profil très divers - psychologues, sociologues, philosophes, médecins, économistes, biologistes, soignants, enseignants ou simples citoyens - appellent à la mise en place d’une stratégie « zéro covid solidaire » pour « sortir efficacement et rapidement de la crise sanitaire et de ses lourdes répercussions ». Ils proposent une stratégie détaillée afin de « convaincre et rassembler pour un retour rapide à une vie digne de ce nom ».

    Contre le virus et son monde, nous proposons ici une stratégie zéro Covid solidaire offrant des perspectives de sortie de crise. Cette stratégie sera la clé pour reconquérir nos libertés individuelles et collectives afin de retrouver une véritable vie sociale et culturelle. Soyons nombreux à signer et relayer cette tribune.
    https://www.change.org/p/la-population-regagnons-nos-libertés-par-la-stratégie-zéro-covid-solidaire?r

    Déjà une année s’est écoulée depuis le début de la pandémie. Pourtant, toute l’Europe se trouve encore dans une situation très critique. Des milliers de personnes continuent de mourir et des dizaines de milliers d’autres sont contaminées et subissent des covids longs. Les nouveaux variants du virus se multiplient et se propagent encore plus rapidement entraînant désormais un sentiment d’impuissance tandis que la vaccination peine encore à produire ses effets.

    Dans ce contexte délétère, les mesures gouvernementales se révèlent bien insuffisantes : elles se contentent de ralentir la pandémie au lieu de chercher à en éliminer les causes. Elles mettent donc nos vies en danger parce qu’elles se satisfont d’un « vivre avec le virus » au lieu de chercher à l’éliminer.

    La stratégie d’atténuation qui entendait contrôler la pandémie en « aplanissant la courbe » a échoué. Elle met durablement nos existences à l’épreuve sans pour autant empêcher au final des millions de contaminations et des dizaines de milliers de morts supplémentaires. Elle fragilise les liens sociaux, produit de graves dommages psychologiques, renforce les inégalités et suscite une défiance de plus en plus massive. Ce qu’il faut maintenant, c’est donc changer radicalement de stratégie : Il n’est plus question de seulement contrôler l’évolution de la pandémie, mais d’en finir avec elle. L’objectif ne peut plus être 20 000, 5000 ou 1000 nouveaux cas de Covid chaque jour, mais impérativement zéro cas.

    Parce qu’il devient insupportable de ne plus avoir de perspectives avec ce « stop and go » sans fin (couvre-feu, réouvertures, reconfinements...). Les conséquences psychologiques, sanitaires, sociales et économiques sont en effet de plus en plus intenables sur le long terme.

    Il devient urgent de mettre en œuvre une stratégie commune à toute l’Europe. Notre responsabilité est de la mettre en place à l’échelle de la France. C’est seulement ainsi que l’on pourra combattre efficacement la pandémie. Les vaccinations ne suffiront pas à elles seules pour gagner la course de vitesse contre la multiplication des variants du virus. D’autant moins si les mesures de confinement se bornent à des restrictions sans fin du temps libre sans stopper conjointement l’activité économique. Il faut qu’immédiatement les contaminations par la Sars-Cov-2 soient réduites au point que, chaque cas puisse être tracé individuellement, car la campagne de vaccination est tout simplement trop lente pour ralentir effectivement l’épidémie.

    #Zéro_Covid #covid-19

  • #recherche
    Derrière la polémique sur l’« islamo-gauchisme », la ministre #Vidal isolée comme jamais - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220321/derriere-la-polemique-sur-l-islamo-gauchisme-la-ministre-vidal-isolee-comm

    "Ses conseillers lui avaient promis de marquer, enfin, l’agenda politique. De ce point de vue, l’opération est réussie. Absente du débat public depuis le début de la crise sanitaire, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal a provoqué un tollé en déclenchant, en pleine pandémie, un débat sur « l’islamo-gauchisme » dans les universités.

    [...]

    Pour dénoncer les attaques faites aux #libertés_académiques et le manque de dialogue social avec le ministère, les syndicats ne s’adressent d’ailleurs plus à Frédérique Vidal mais passent directement par le premier ministre. Même chose pour les décisions pour lutter contre la précarité étudiante, qui sont annoncées depuis l’Élysée.

    Toutes les organisations de l’arc syndical ont écrit, au moins à trois reprises, à Matignon sur l’unique mois de novembre 2020. "

    Frédérique Vidal n’est déjà plus notre ministre | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190321/frederique-vidal-nest-deja-plus-notre-ministre
    Cette #tribune comporte un appel à un rassemblement devant Matignon le 25, à l’occasion de la remise des 22 000 signatures de la #pétition.

  • Sénégal - Il faut que cesse l’impunité internationale du régime de Macky Sall | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/100321/senegal-il-faut-que-cesse-l-impunite-internationale-du-regime-de-mac

    Un collectif d’une centaine d’artistes, d’universitaires et de divers citoyens sénégalais lance un appel pour que cessent la répression que mène actuellement le régime du président Macky Sall, et l’impunité internationale dont il bénéficie. Face à l’ampleur de la répression, « de simples déclarations ne suffisent plus » !

    #Sénégal

  • Inceste : « Des victimes sont en colère parce que ça va moins vite quand on ne s’appelle pas Camille Kouchner »
    https://www.franceinter.fr/justice/inceste-des-victimes-sont-en-colere-parce-que-ca-va-moins-vite-quand-on-

    Car au cabinet de Marie Grimaud, la majorité des dossiers d’inceste concernent des enfants jeunes, souvent âgés de 3 à 7 ans, qui ont dénoncé des faits, presque immédiatement, sans se murer dans le silence. « Entre trois et sept ans, c’est un âge où les enfants parlent facilement » explique Me Grimaud. « La majorité des dossiers que nous avons, ce sont des enfants qui, à cet âge-là, ont été capables de dire : ’papa me fait ça, grand-père me fait ça, tonton me fait ça’ ». Et dans beaucoup de ces dossiers concernant des bambins encore aux prises avec leur agresseur présumé, les enquêtes stagnent, selon Me Grimaud. Elle regrette que toutes les auditions qu’elle estime urgentes n’aient pas toujours eu lieu dans les brigades des mineurs, souvent submergées. Les enquêtes ne sont pas toutes jugées prioritaires. Et il y a tant de dossiers qu’il est parfois difficile de savoir lequel prioriser, reconnaissent en aparté plusieurs enquêteurs spécialistes. Alors, dans son cabinet, Marie Grimaud sent souffler en ce moment ce vent de colère. « On est submergés par la colère de nos clients qui disent, mais enfin, moi je m’appelle pas Camille Kouchner ou Coline Berry et parce que je n’ai pas ce nom-là, on ne réagit pas quand je dépose une plainte, on me dit que les services sont débordés et en même temps, ces femmes-là vont avoir dans les trois jours une audition ! »

    (...)
    Marie Grimaud alerte sur le risque de créer « une rupture entre victimes » au coeur de cette déferlante #MeTooInceste et post-Familia Grande, pourtant porteuse de tant d’espoirs.

    • Je me demandais comment des enfants de 3 à 7 ans pouvaient être en colère de ne pas voir leurs dires aussi rapidement suivis d’actes de procédures que dans le cas de personnes fameuses. il semble, à lire l’article, que ce soit plutôt le cas de mère séparées, dont les enfants (petites filles inclues) ont subis des violences incestueuses.

      La célérité du binôme police/justice est directement liée à une notion subjective le « trouble à l’ordre public » (plus important lorsqu’une fille d’acteur célèbre s’exprime en presse, par exemple) ; à ce compte là, il faudrait que cette avocate ait pour clientes des mères ex-conjointes de célébrités ou autre types très honorablement connus pour que le traitement subi par un, une enfant (des violences incestueuses récentes) fasse l’objet d’attention ?

      J’aimerais imaginer que dans de tels cas (mères séparées avec enfants agressés), il y ait au moins des mesures de protection (pas de droit de garde, pas de rencontre sans travailleur social ou je sais pas qui).

    • Il y en a des mesures de protéctions, mais elles sont faites pour les pères et contre les mères. J’ai été horrifié de voire que Paul Bensussan est toujours expert auprès des tribunaux et qu’il propage toujours sont #SAP qui est toujours enseigné dans les facs de droit.

      extrait d’un article sur le procès de Julie, violée entre ses 13 à 15 ans par 20 pompiers

      L’expert psychiatrique, Paul Bensussan, déclare lui : « Le concept d’état de stress post-traumatique est né de la psychiatrie de guerre et des victimes de catastrophes : il semble donc assez mal adapté à la notion exacte d’acte sexuel imposé par un individu jusqu’ici familier, alors qu’on pourrait l’observer dans le cas d’un viol par un inconnu ». Il nie les conséquences psychotraumatiques d’un viol si celui-ci est perpétré par un homme qu’on connaît. Les victimes d’inceste et de viols pédocriminels, commis dans une immense majorité par des hommes de l’entourage, apprécieront ! C’est totalement faux selon la définition de l’état de stress post-traumatique du DSM 5 [le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux – ndlr].

      L’expert psychiatrique Paul Bensussan fait par contre référence à l’ « hystérie » à la « Charcot », évoque même des états « de transe et de possession ». L’hystérie a été retirée du DSM 4 en 1952. Cette expertise est une honte !

      https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/010221/justicepourjulie-quand-la-justice-protege-20-pompiers-accuses-de-vio

  • L’islamophobie d’Etat à son paroxysme – Le blog de Christine Delphy
    https://christinedelphy.wordpress.com/2020/12/12/lislamophobie-detat-a-son-paroxysme
    https://blogs.mediapart.fr/collectif-du-10-novembre-contre-lislamophobie/blog/091220/lislamophobie-detat-son-paroxysme

    Le projet de loi « confortant les principes républicains » est une machine de guerre contre les musulmans. Après la loi sécurité globale, l’Etat de droit est en train d’être démantelé. Contre ces lois liberticides, meeting en ligne ce soir 19H avec des historiens, avocats, religieux, militants antiracistes. Retransmission en direct sur Mediapart et le BondyBlog.


    https://supertraceroyale.fr/categorie-produit/cartes-postales

    La fermeture d’associations qui ne respecteraient pas les principes et « valeurs » de la République est inique. Qui décide des valeurs de ladite République ? Le ministre de l’intérieur ? Macron ? Zemmour respecte-t-il les valeurs de la République ? Las, il s’agit en fait de terroriser toute une partie de la population afin qu’elle se « tienne tranquille ». * La dissolution inique du CCIF (qui conteste cette décision au Conseil d’Etat), est un signal annonciateur des objectifs du gouvernement que cette loi lui permettra de systématiser. Il n’y a rien dans le dossier du CCIF que des faits grossièrement fallacieux. Sur le fond, ce qu’on lui reproche c’est de contester l’islamophobie et d’aider les citoyens à défendre leurs droits, ce qui est considéré par le ministre de l’intérieur comme une incitation au terrorisme. On en est là.

    #islamophobie

  • Mineurs à la rue : hommes et femmes politiques, cessez de fuir vos responsabilités
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/121220/mineurs-la-rue-hommes-et-femmes-politiques-cessez-de-fuir-vos-respon

    À Montreuil, les lieux militants accueillent les mineur·e·s étranger·e·s, qui font les frais de l’abandon et de la violence de l’État. Un ensemble d’associations interpelle le gouvernement et les élu·e·s concerné·e·s : « c’est à vous, hommes et femmes politiques, en charge de l’État, des départements et des villes, de prendre vos responsabilités. C’est-à-dire de loger ces jeunes victimes d’une violence systémique qui les laisse sans protection, à la rue. »
    Lettre à Emmanuel Macron, président de la République, Stéphane Troussel, président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, Anne Hidalgo, présidente du Conseil général de Paris et maire de Paris
    Patrice Bessac, maire de Montreuil, ainsi qu’à toute personne a priori élu·e et a priori responsable d’avoir laissé à la rue d’une quinzaine de jeunes personnes migrantes mineures en Île-de-France, et pour tou·te·s les autres, ici ou ailleurs, avec ou sans papier, majeures ou non.

    Après deux théâtres, ce sont des lieux militants de #Montreuil – La Maison Ouverte puis La Parole Errante – qui accueillent depuis quelques jours une quinzaine de #migrants mineurs pour qu’ils ne soient pas remis à la rue en plein hiver. Ils sont accompagnés par l’association « Les midis du MIE » (#mineurs_isolés_étrangers) qui depuis deux ans, va de lieux en lieux pour mettre à l’abri ces jeunes. A Paris 18e, c’est la Maison Verte qui s’apprête à accueillir des mineurs accompagnés par l’association Utopia 56. Des centaines d’entre eux sont hébergés chez des particuliers. Mais combien de milliers d’autres sont à la rue ? Combien d’entre eux se retrouvent en centre de rétention ?

    Sollicités par l’association « les midis du MIE », nous avons décidé d’organiser une chaîne de solidarité concrète et locale, même si cet énième accueil provisoire n’est pas la solution pérenne à laquelle ces jeunes ont droit. Nos lieux d’activité et d’organisation n’apportent pas une solution de logement, et en ce sens cet accueil n’est qu’une étape supplémentaire dans un provisoire qui, pour ces jeunes, n’en finit pas de durer.

    En dépit de cela, requis par l’urgence de la situation, et comme le font de plus en plus de collectifs, d’associations et d’individus, nous avons décidé d’agir à l’endroit où vous fuyez vos responsabilités : tout vaut mieux que la rue surtout pour ces jeunes vulnérables.

    #accueil #solidarité

  • Déclaration sur l’antisémitisme et la question de Palestine
    30 nov. 2020 Par Les invités de Mediapart | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/301120/declaration-sur-l-antisemitisme-et-la-question-de-palestine

    Cent vingt-deux intellectuels et intellectuelles palestiniens et arabes répondent à la définition de l’antisémitisme promue par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste qui est utilisée, dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique, pour réprimer le soutien aux droits palestiniens. Cette Déclaration est publiée conjointement en arabe par Al-Quds (Londres) et Al-Ayyam (Ramallah), en hébreu par Haaretz (Tel-Aviv), en anglais par The Guardian (Londres), en allemand par Die Tageszeitung (Berlin) et en français par Mediapart.

  • NON À LA RÉINCARCÉRATION DE JEAN-MARC ROUILLAN !

    Depuis le 9 juillet dernier, Jean-Marc Rouillan est en détention à domicile. Il accomplit actuellement une peine de huit mois fermes pour « apologie de terrorisme ».

    Alors qu’il ne lui reste que quelques semaines avant de terminer sa condamnation le parquet anti-terroriste demande son incarcération en milieu fermé. La décision définitive sera prise par le tribunal de l’application des peines en audience, au tribunal d’Auch, le 25 novembre prochain, dans un climat de surenchère répressif encouragé et exercé par le gouvernement.

    Le Parquet justifie sa demande sur la base de deux incidents techniques du bracelet électronique. Le premier, le 18 août, est le résultat d’un choc involontaire ; le second, le 24 octobre, est dû à un décrochage du bracelet. A chaque fois, l’administration pénitentiaire a constaté la présence du détenu à son domicile et a pu communiquer avec lui. Il n’y a jamais eu de rupture de la détention. I

    ll faut signaler que durant cette peine, le détenu n’a bénéficié d’aucune permission – professionnelle ou familiale – ni d’aucune RPS (jours de réduction de peine). Aujourd’hui la demande du Parquet relève de l’acharnement. Un acharnement que Jean-Marc Rouillan connaît bien : l’État n’a de cesse de prendre tous les prétextes pour l’isoler, le fragiliser et relancer incessamment la détention.

    Jean-Marc Rouillan souffre d’une maladie auto-immune orpheline grave qui affaiblit son système immunitaire. L’envoyer en pleine épidémie de la Covid 19 dans un lieu fermé particulièrement pathogène est une réelle mise en danger. Jean-Marc Rouillan répond aux critères de vulnérabilité tels qu’ils ont été établis par le gouvernement.

    Nous, signataires de cet appel, demandons au tribunal de l’application des peines la continuité de la mesure de détention à domicile jusqu’à la fin de sa peine.

    – pour signer cet appel ou prendre contact : stop-acharnement@protonmail.com

    https://www.stop-acharnement.fr
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/201120/non-lacharnement-contre-jean-marc-rouillan

  • La menace de l’autoritarisme académique
    7 nov. 2020 Par Les invités de Mediapart | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/071120/la-menace-de-l-autoritarisme-academique

    Alors que l’université française est en train de subir des attaques majeures contre les libertés académiques, de nombreux universitaires du monde entier manifestent leur solidarité avec leurs collègues en France. « Dans l’intérêt d’une réelle liberté de parole et de conscience, nous sommes aux côtés des éducatrices et des éducateurs français menacés par cette attaque idéologique portée par des politiques, des éditorialistes et même des universitaires ». (...)

  • Une victime de violences écope de 7 ans de prison : il faut protéger, pas incarcérer !
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/261020/une-victime-de-violences-ecope-de-7-ans-de-prison-il-faut-proteger-p

    Adriana Sampaïo a voulu protéger sa fille aînée, que son conjoint battait. Après l’avoir poignardé pour se défendre, elle fut condamnée à 7 ans de prison. Un ensemble de militant·e·s et de collectifs féministes déplorent que l’État, au lieu de les protéger, inflige aux victimes de violences une « double peine en les traitant comme des coupables quand elles n’ont plus d’autre choix que celui que la société leur a laissé : se défendre d’elles-mêmes ». Source : Relevé sur le Net...