/2012

  • Dub Incorporation est un groupe de reggae français qui se signale par sa notoriété relativement importante dans le public — qui se constate dans les festivals par exemple — et leur médiatisation quasi nulle. Je découvre un documentaire diffusé l’an dernier, Rude Boy Story , qui met en avance le fonctionnement au quotidien de Dub Inc, indépendant des majors et oublié des médias.

    À l’époque de sa sortie, Le Monde n’y avait rien appris, et se contentait de justifier le silence des ses confrères :
    http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/12/11/rude-boy-story-un-documentaire-sans-relief-sur-un-groupe-de-reggae-de-saint-

    L’absence de couverture médiatique s’explique largement par la nature de la musique du groupe, certes sympathique et festive, mais qui n’apporte rien de nouveau dans le domaine du reggae.

    De son côté, Jean Gadrey relevait plusieurs points intéressants :
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2012/09/11/propos-altermondialistes-sur-%C2%AB-rude-boy-story-%C2%BB-d

    Ou comment on peut se faire connaître et reconnaître sans se coucher devant les multinationales des musiques actuelles et les « majors » de la musique.
    [...]
    – Le choix de la démocratie interne totale (pas de leader, décisions collégiales sur tout) et de l’égalité totale des rémunérations des membres.
    – Le refus de l’embrigadement dans la société du marketing et le choix de l’indépendance et de l’autonomie des créateurs. Avec comme conséquences ce qui suit.
    – Le choix de la polyvalence presque intégrale, condition de l’indépendance par l’autoproduction. Du coup, ils se sont mis eux-mêmes à créer leur label, à gérer leurs problèmes pratiques, de gros sous, juridiques, et bien entendu musicaux, le choix de leurs concerts et déplacements, etc. Avec juste un « tourneur », lui aussi indépendant des majors, pour faciliter les tournées. Ils me font penser à ces agriculteurs qui, eux aussi, veillent à tout sur leurs terres, font les marchés, et refusent de se plier aux lois des « majors » de l’agro-alimentaire et de la grande distribution. Quant au réalisateur, Kamir Meridja, lui aussi Stéphanois, il a adopté la même démarche, assurant lui-même, en collaboration avec le groupe, la réalisation, le tournage et le montage.
    [...]
    Qui aurait parié il y a quelques années sur leur succès et leur inscription dans la durée compte tenu de leur « modèle » alternatif ? Qui aurait parié sur les 310 000 spectateurs en deux ans pour leur tournée « Hors contrôle » (titre de leur album de 2010) ? Mais qui aurait parié sur les 250 000 exemplaires vendus du livre de Serge Halimi « Les nouveaux chiens de garde », sans aucun recours aux médias de masse ? Sur les plus de 200 000 entrées du film du même titre de Gilles Balbastre et ses amis, sans recours non plus à ces médias, peu enclins à inviter ceux qui dénoncent leur collusion avec les milieux d’affaires ? Qui aurait parié sur le succès d’initiatives « indépendantes » (du système dominant) comme celles des AMAP ou de la finance solidaire ?
    [...]

    À noter qu’un autre article du Monde en début d’année se montre moins hermétique à Dub Inc et Rude Boy Story : http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/01/11/reggae-silence-radio-succes-public_1815239_3246.html

    Plus d’infos :
    – le site officiel de Dub Inc : http://www.dub-inc.com
    – le site officiel de Rude Boy Story : http://www.rudeboystory.com

    #Dub_Inc #musique #majors #reggae