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  • Réparer son vélo électrique, une mission bientôt impossible
    https://reporterre.net/Reparer-son-velo-electrique-une-mission-bientot-impossible

    En étant de plus en plus technologiques, les vélos électriques sont plus difficiles à réparer. Le secteur pourrait ainsi prendre le chemin de celui de l’auto, avec le passage indispensable chez le garagiste.
    [...]
    la FUB a fait part de ses réserves quant à un modèle économique du tout industriel : « Notre vision du vélo est celle de la liberté et d’une certaine autonomie de l’usager, le vélo doit rester à la main de l’usager. Il faut s’assurer que la question de la réparabilité, et donc de la circularité, soit au centre de la filière économique. Or, on sent qu’il y a une tendance à vouloir l’insérer dans une sorte d’économie linéaire et industrielle. »

  • La SEULE question qui importe : le nombre de personnes déterminées qui s’engagent
    https://ricochets.cc/La-SEULE-question-qui-importe-le-nombre-de-personnes-determinees-qui-s-eng

    La mégamachine et ses ravages sociaux, écologiques, climatiques, politiques... avance sans cesse. Les petites minorités qui luttent avec acharnement ne peuvent pas du tout l’arrêter, même en se mettant en burn out. Au mieux elles peuvent stopper/ralentir parfois certains projets locaux et certains projets gouvernementaux. Car la civilisation industrielle (Etat, productivisme, capitalisme, système techno-industriel, société de masse, « vie » connectée....) a l’argent, le pouvoir, les flics, (...) #Les_Articles

    / #Ras-le-bol, #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle, La civilisation, la civilisation (...)

    #La_civilisation,_la_civilisation_industrielle
    https://reporterre.net/Comment-le-beton-a-recouvert-la-France

  • Après l’action défensive en urgence du Front Populaire : vague de fond offensive de la rue ?
    https://ricochets.cc/Apres-la-defensive-du-Front-Populaire-ni-capitalisme-liberal-ni-patriotism

    Après avoir détruit tout espoir à coup de grenades et de lois anti-sociales, et amplifié la précarité/pénibilité induite par le capitalisme, les macronistes essaient de fourguer un peu d’aide sociale à la dernière minute pour essayer de limiter l’ampleur de leur crash. Face à la possibilité d’une victoire de gauche, les bourgeois et grands capitalistes sont prêts larguer quelques miettes, et à miser au final sur le RN qui sert mieux leurs intérêts écocidaires et égoïstes. Les extrêmes qui (...) #Les_Articles

    / #Politique,_divers, #Luttes_sociales

    https://rebellyon.info/Juin-1936-Le-Front-populaire-au-secours-26071
    https://www.vie-publique.fr/fiches/273931-les-pouvoirs-exceptionnels-definis-par-larticle-16-de-la-constit
    https://blog.mondediplo.net/sale-tartine
    https://reporterre.net/Appels-du-18-juin-contre-l-abstention-ils-passent-17-000-coups-de-fils-e
    https://reporterre.net/Pour-un-front-commun-des-medias-contre-l-extreme-droite
    https://www.partage-le.com/2024/06/20/de-lancien-au-nouveau-front-populaire-un-meme-culte-mortifere-de-lindust
    https://reporterre.net/Un-gouvernement-RN-etoufferait-les-luttes-ecolos
    https://lundi.am/50-nuances-de-fafs
    https://reporterre.net/Vote-RN-Beaucoup-d-electeurs-se-disent-qu-ils-n-expriment-pas-leur-meill
    https://reporterre.net/A-Nimes-un-PMU-transforme-en-bar-des-luttes
    https://reporterre.net/Irrealiste-le-programme-du-Nouveau-Front-populaire-On-a-verifie


    https://ricochets.cc/IMG/pdf/temps-critiques_interventions_26_livret.pdf

  • Front Populaire (phase 2) : renverser la table du banquet des patrons, des politicards et des technocrates ?
    https://ricochets.cc/Front-Populaire-phase-2-renverser-la-table-du-banquet-des-patrons-des-poli

    Des actus, analyses, réflexions... Pour aider à garder le sang froid et à s’extraire du déferlement merdiatique des extrêmes droites et de leurs alliés objectifs. Pour résister vraiment au capitalisme punitif et à l’autoritarisme au carré. Pour une écologie sociale qui « punit » le train de vie des riches et qui met au piquet le techno-capitalisme et les médias toxiques des milliardaires. Pour l’exclusion des puissants déconnectés, et pour le pouvoir partagé des anonymes. Quelques (...) #Les_Articles

    / Révoltes, insurrections, débordements..., Démocratie directe, communes libres..., #Luttes_sociales

    #Révoltes,_insurrections,_débordements... #Démocratie_directe,_communes_libres...
    https://paris-luttes.info/pour-un-antifascisme-desirable-18414
    https://paris-luttes.info/contre-la-politique-revolution-18407
    https://reporterre.net/Face-a-la-montee-de-l-extreme-droite-les-jeunes-prets-a-monter-au-front
    https://bonpote.com/lextreme-droite-et-lextreme-gauche-est-ce-vraiment-la-meme-chose
    https://reporterre.net/En-terres-RN-la-gauche-veut-rallier-les-abstentionnistes
    https://paris-luttes.info/licenciement-de-guillaume-meurice-18404
    https://reporterre.net/Le-difficile-travail-de-porte-a-porte-pour-rallier-les-abstentionnistes
    https://iaata.info/Contre-le-Front-populaire-l-extreme-droite-le-systeme-electoral-et-la-politi
    https://lundi.am/Tous-et-toutes-en-Belgique
    https://lundi.am/Points-d-etape-sur-une-sequence-suspendue

  • Alerte à la fraude : de l’huile de palme vendue comme carburant « durable »
    https://reporterre.net/Derriere-les-biocarburants-pour-les-avions-un-trafic-massif-d-huile-de-p

    Ce trafic présumé est au cœur d’une enquête de la Commission européenne, dont les résultats préliminaires doivent être publiés vendredi 28 juin. Ce mardi 18 juin, une nouvelle expertise étayant les forts soupçons a été rendue publique par l’ONG Transport et environnement (T&E). Avec l’aide du cabinet Stratas Advisors, l’ONG a analysé les données du commerce mondial et démontre que la Malaisie exporte trois fois plus d’huile usagée qu’elle ne déclare en collecter sur son sol. De quoi renforcer l’hypothèse d’une fraude systémique de ce pays connu comme un important producteur d’huile de palme.

    Les données publiées par la Chine, qui est de loin le premier exportateur d’huile usagée, sont moins suspectes à première vue. Les quantités collectées et celles qui partent à l’export sont comparables. Mais cela n’éclipse pas les soupçons d’après l’analyse de T&E. Au contraire, les chiffres officiels de la collecte devraient être supérieurs à ceux de l’export, car la Chine héberge un important marché noir intérieur d’huile de seconde main, dite « d’égout », qui devrait se lire, en creux, dans les données officielles. « Cela soulève de forts soupçons quant au fait que de l’huile végétale [de palme] soit étiquetée à tort comme étant des huiles usagées », conclut T&E.

    Autre signe d’une probable fraude : l’annonce de l’ouverture d’une enquête par la Commission européenne, au second semestre 2023, a entraîné une baisse de 26 % des importations de biodiesel chinois vers l’Europe. Les autorités chinoises auraient réagi à la menace d’un scandale.

  • Endetté, un petit pêcheur breton fait plier sa banque
    https://reporterre.net/Un-petit-pecheur-sauve-de-la-faillite-par-une-mobilisation-populaire


    La banque s’est goinfré + de 2 fois le montant prêté quand même.
    Dans le bled, la méthode à l’époque pour les paysans qui se faisaient saisir l’exploitation et donc leur maison en passant, c’était d’attendre la vente aux enchères.
    Le collectif prenait place et personne ne renchérissait (y avait des gros bras pour y veiller) : le lot partait à que dalle et était rendu à la famille, dette bancaire épurée, y avait plus qu’a rembourser le pot commun pour la ferme suivante. Le Crédit agricole y perdait un fric fou. Je suppose qu’ils ont trouvé un moyen d’empêcher ça.

    En quelques jours, l’équipe a réussi le tour de force de programmer un concert de soutien — et de lancer une cagnotte qui a permis de récolter, in fine, 4 000 euros. Et ce, malgré quelques obstacles, dont le non soutien de la mairie de Plougastel qui a poussé le collectif à trouver refuge dans une ville voisine. « S’il avait été producteur de fraise, la mairie l’aurait sans doute plus aidé ! » tacle Jean-Paul Hellequin, en référence à la culture omniprésente sur la commune. Et même déménagé, l’événement fait peur. « La sous-préfecture et les gendarmeries étaient en alerte », raconte le collectif. La soirée a finalement réuni 250 personnes et une cinquantaine de bénévoles.

    De la Confédération paysanne à Pleine mer, ils étaient plusieurs à prendre la parole ce soir-là pour soutenir Claude Herry et la pêche responsable. « L’idée était de faire du bruit autour de l’histoire, on savait que la banque tenait à sa réputation », explique Lionel, voisin du pêcheur. « On n’a jamais lâché ! » ajoute Cécile, une autre habitant.

    Sous pression, le Crédit maritime a accepté de renégocier la dette du pêcheur. Soit des échéances de 560 euros par mois pendant six ans, auquel s’ajoutent 40 000 euros prêtés par des proches du pêcheur ainsi que le montant de la cagnotte.

  • Bétonner les plages, le projet désastreux de l’extrême droite brésilienne
    https://reporterre.net/Le-fils-de-Bolsonaro-reve-de-privatiser-les-plages-du-Bresil

    Copacabana, Ipanema, Leblon… Les plages brésiliennes font rêver les touristes, mais aussi l’extrême droite locale, biberonnée au néolibéralisme. Dernière idée en date : un projet d’amendement de la Constitution (PEC) qui permettrait de céder des parties des zones proches des plages à des mairies, des États régionaux… ou à des acteurs privés. L’État est aujourd’hui propriétaire des 7 500 kilomètres de littoral brésilien. En première ligne pour promouvoir l’idée, Flávio Bolsonaro, sénateur et fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, au pouvoir de 2018 à 2022.

  • Une dissolution de l’assemblée qui offre le pouvoir sur un plateau à l’extrême droite - Quel front populaire ?
    https://ricochets.cc/Une-dissolution-de-l-assemblee-qui-offre-le-pouvoir-sur-un-plateau-a-l-ext

    En France et dans à peu près tous les autres pays d’Europe, les partis de l’Ordre, de l’écocide planétaire, de la poursuite de ce qui cause les catastrophes climatiques, de la domination capitaliste mortifère, de la précarité et de l’autoritarisme sont en tête des élections européennes. En France, l’extrême droite fait un très haut score (ce qui était prévu, ...et préparé de longue date par les médias dominants et nombre d’oligarques de droite), et le tyran Macron dissous l’assemblée (...) #Les_Articles

    / #Politique,_divers, Autoritarisme, régime policier, démocrature...

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://reporterre.net/dissolution-assemblee-situation-de-grave-danger
    https://reporterre.net/Une-seule-solution-l-union
    https://reporterre.net/A-Montpellier-l-effroi-des-electeurs-de-gauche-se-transforme-en-action
    https://www.contretemps.eu/vote-fn-rn-lepen-bardella-extreme-droite-racisme-faury

  • Des zadistes accueillis dans leur jardin : comment une famille lutte contre l’A69
    https://reporterre.net/Des-zadistes-accueillis-dans-leur-jardin-comment-une-famille-lutte-contr

    Alexandra et sa famille sont les derniers habitants sur le tracé de l’autoroute A69, et un caillou dans la chaussure pour le concessionnaire.

    En Haute-Garonne, une famille refuse de quitter sa maison située sur le tracé de l’autoroute A69. Elle a même accueilli des zadistes dans son jardin, ce qui retarde le chantier.

    « On les appelle des écoterroristes, mais ce sont les zadistes qui nous permettent de nous sentir en sécurité ici. » Aux abords de la maison qu’ils louent, à la sortie de Verfeil en Haute-Garonne, Alexandra et Thomas papotent avec leurs nouveaux colocataires. « J’ai aménagé ici en 2013 et j’ai appris par hasard durant le printemps 2020 que l’autoroute allait passer sur notre terrain. J’étais enceinte à ce moment-là et c’était un vrai choc », rembobine Alexandra devant les quelques militants opposés à l’autoroute A69 qui se sont installés sur son terrain. Depuis fin mars, il est devenu une zad.

    « Cela m’a fait un bien fou de les voir arriver. Je me demandais souvent ce que je ferais si les machines de NGE [le concessionnaire de l’A69] arrivaient sur le terrain alors que j’étais seule à la maison, surtout avec mon genou en vrac. J’avais vraiment peur », poursuit celle qui est en arrêt depuis plus d’un an après un accident du travail.

    Des arbres fruitiers, des saules, des tilleuls, des herbes hautes… La parcelle de 8 000 m² qui borde la maison est laissée en friche depuis que la famille sait que cette terre sera tôt ou tard terrassée et goudronnée. « Autant laisser la nature vivre librement », glisse Alexandra. En rentrant de l’école, son garçon de 4 ans explore cette petite jungle accompagné de ses deux chiens, ses poules et du bouc qui vivent également sur place.

    Un cadre idyllique alors qu’à quelques mètres de là, cachés par d’imposants arbres, les engins de NGE continuent leur travail. Un pont tout neuf sur lequel s’affairent des salariés est sorti de terre il y a quelques mois et fait désormais partie du paysage. Les champs autour ont été terrassés, laissant une terre nue et poussiéreuse. D’énormes machines bruyantes font des va-et-vient sur ces sols sans vie, parfois recouverts d’une couche de géotextile. Le chantier de l’autoroute A69 en impose lorsqu’on sort de ce village de Haute-Garonne par la route départementale 20 en direction de Castres.

    Protégée par une barricade naturelle, la maison de 180 m² que louent Alexandra et sa famille est toujours debout. Une maison qu’ils louent et qu’ils peuvent occuper légalement jusqu’au 1er novembre 2025, comme le spécifie leur bail. Ce sont les derniers habitants sur le tracé de l’autoroute, et un caillou dans la chaussure pour le concessionnaire.

    Visite du concessionnaire avant Noël

    Fin 2021, le groupe NGE a remporté la concession au terme d’un appel d’offres pour exploiter la future autoroute A69 qui doit relier Verfeil à Castres. Dans la foulée, il s’est mis à exproprier le plus rapidement possible les propriétaires qui se trouvent sur le tracé. En tout, environ 820 personnes, dont de nombreux agriculteurs et leurs parcelles, seraient concernés. Le concessionnaire annonçait détenir 80 % du foncier nécessaire à la construction de l’autoroute fin 2023.

    « Une semaine avant Noël, en 2021, nous avons eu la visite d’un salarié de NGE », se souvient Alexandra, qui se fraye un chemin à travers les herbes hautes de son jardin. « On nous a dit qu’on avait un an pour partir. On était seuls, sans conseil, on s’est sentis pris à la gorge. » Cette injonction ne se base alors sur aucune base légale, puisque l’expropriation d’un locataire pour un projet reconnu d’utilité publique, comme c’est le cas pour l’autoroute A69, ne peut se faire que contre une « indemnité d’éviction » et des propositions de relogement.

    Une grosse année plus tard, en mars 2023, les travaux de l’autoroute débutaient. Le même mois, la maison et le terrain étaient vendus au concessionnaire. « Personne ne nous a mis au courant. Ni l’agence immobilière ni le propriétaire lui-même. » Un nouvel « intermédiaire » du groupe NGE-Atosca leur a alors rendu visite, et leur a proposé un relogement en HLM, en échange d’un départ rapide. « On vit dans une grande maison avec un jardin énorme. C’est cela que j’ai envie d’offrir à mon fils, pas un petit appartement où il ne pourra plus s’amuser dehors. On paye 800 euros de loyer par mois, et à ce prix-là, on ne trouvera rien d’aussi bien », raconte Alexandra.
    Des militants, que l’on appelle des écureuils, sont venus en soutien à la famille en se perchant dans les arbres menacés d’abattage.

    Quelques mois après, le chantier entrait dans sa phase active à quelques mètres de chez eux, à la sortie de Verfeil. Depuis, « la maison vibre du matin au soir, de 7 h 30 à 18 h 30. Quand tu te lèves, tu bois ton café, tu fumes ta clope, tout vibre, tout le temps. Parfois, tu te demandes si la maison ne va pas s’écrouler. Je suis ici toute la journée depuis que j’ai eu cet accident au travail, et cela me rend très anxieuse, je suis retournée voir le psychiatre », dit-elle, alors que Billy le bouc joue avec l’un de ses chiens juste à côté.

    « C’est parfois compliqué de respirer »

    En plus des vibrations, Alexandra souligne également les fortes odeurs dégagées « notamment lorsqu’ils utilisent de la chaux sur le chantier. C’est tellement fort que c’est parfois compliqué de respirer. Quand c’est le cas, même mon garçon se met à tousser quand il joue dans le jardin ».

    Ces nuisances s’ajoutent à la pression que subit la famille depuis le début des travaux, selon son compagnon Thomas. « Il y a eu plusieurs survols en hélicoptère, notamment une fois quand on faisait un barbecue dehors. Des demi-tours de voitures de police ou d’engins de chantier juste devant la maison aussi, et en novembre dernier, on a eu un mois entier sans internet puisqu’un câble avait été sectionné par erreur sur le chantier », détaille-t-il. « On a parfois l’impression qu’on est des terroristes, mais ce n’est pas nous qui saccageons la nature, on veut juste vivre tranquille. »

    Des militants perchés dans les arbres

    En mars 2023, peu de temps avant la fin de la période réglementaire de coupe des arbres, le couple a reçu un courriel d’un nouvel intermédiaire du groupe NGE-Atosca. « On nous a proposé 6 000 euros et un relogement en HLM », détaille Thomas. « 3 000 euros de dédommagement et 3 000 euros pour les frais de déménagement. Il n’y avait aucun papier officiel, aucune garantie, juste un mail. » Contacté par Reporterre, le groupe NGE-Atosca n’a pas donné suite à nos demandes d’interviews.

    Face à ce qu’il estime comme du « mépris », le couple a donc décidé d’envoyer la capture d’écran à des militants anti-A69. « Quelques jours plus tard, des personnes ont sonné à la maison. Ils étaient en baudrier [harnais pour faire de l’escalade] et m’ont expliqué vouloir monter dans les arbres du jardin pour les protéger », raconte-t-elle.
    Cette nouvelle zad a été baptisée « Le Verger », en référence aux nombreux arbres fruitiers présents sur le terrain.

    Ces « écureuils » se sont ainsi installés sur le terrain d’Alexandra et Thomas et cohabitent depuis fin mars avec la petite famille.

    « On ne savait pas du tout comment ils allaient réagir quand on est arrivés chez eux », explique Ed [*], l’un des zadistes qui habitent le lieu. « Alexandra nous a dit que sa famille n’en pouvait plus de mener ce combat seule, ils voulaient se sentir acteurs et arrêter de subir. Tout est fait pour que les expropriés se sentent isolés et démunis face à la machine Atosca. »

    Le lendemain, une voiture de police est entrée sur le terrain pour prendre des photos des zadistes présents sur place et questionner Alexandra. « J’ai dit que c’était des invités que j’accueillais chez moi, et c’est le cas », déclare-t-elle en pointant du doigt le portail de l’entrée qui reste fermé depuis cet épisode.
    Le concessionnaire souhaite régler le cas d’Alexandra et sa famille au plus vite pour éviter un enlisement de la situation.

    Ses « invités » sont désormais ses colocataires. « On a réaménagé leur potager, on s’occupe du jardin, on construit des cabanes dans les arbres, tout se passe bien entre nous et je crois que les animaux n’ont jamais reçu autant de câlins », sourit Ed.

    « C’est une lutte écologiste mais aussi sociale »

    Sur place pour défendre la nature et les arbres, les zadistes occupent le lieu « surtout pour soutenir Alexandra et sa famille. C’est une lutte écologiste mais également une lutte sociale. NGE-Atosca fait preuve d’un vrai mépris de classe, notamment en leur proposant des sommes dérisoires pour quitter toute leur vie. Cela fait déjà quatre ans qu’ils savent qu’ils doivent partir, et leur courage est incroyable. Pour nous, c’est clair que leur bien-être passe avant l’autoroute », dit Ed. « Le jour où ils s’en vont, on sera quand même là pour défendre la maison, le jardin, le poulailler et les arbres. »

    Cette nouvelle zad a été baptisée « Le Verger », en référence aux nombreux arbres fruitiers présents sur le terrain et vient s’ajouter aux deux autres occupations déjà présentes dans le Tarn contre l’autoroute.

    Dans le même temps, des négociations confidentielles se poursuivent entre la famille d’Alexandra et le groupe NGE-Atosca. Le concessionnaire souhaite régler ce cas au plus vite pour éviter un enlisement de la situation et tenter de terminer son autoroute à temps, même si les militants anti-A69 pointent d’ores et déjà les nombreux retards du chantier.

  • Manifestation contre l’A69 : l’État prépare les esprits à une répression brutale

    Pour d’autres, ces leviers sont plus difficiles à saisir : « La désobéissance civile n’a jamais été dans notre ADN, admet Peter, porte-voix des douze collectifs antibitume du Tarn. Beaucoup d’entre nous sont des habitants du territoire, sans véritable histoire militante. » Du moins, jusqu’à présent : « Aujourd’hui, la politique de Darmanin nous pousse de plus en plus à désobéir. Nous sommes beaucoup plus déterminés qu’il y a quelques mois, je dirais même en rage. »

    https://reporterre.net/Manifestation-contre-l-A69-l-Etat-prepare-les-esprits-a-une-repression-b

  • Légalement ou illégallement, les flics répriment des écolos pour défendre les entreprises écocidaires
    https://ricochets.cc/Legalement-ou-illegallement-les-flics-repriment-des-ecolos-pour-defendre-l

    Si on était en démocratie, un niveau élevé de contestation serait toléré (y compris de la casse et de la désobéissance), voire encouragé, surtout concernant des questions collectives vitales. Mais on est en France, en régime politicier autoritaire allié au totalitarisme économique écocidaire, et la flicaille radicalisée se déchaîne en toute impunité pour humilier, blesser, terroriser... des protestations écologistes basiques. Le contraste, on le sait, est énorme avec la tolérance (...) #Les_Articles

    https://lundi.am/Contre-TotalEnergies-600-militants-s-invitent-dans-les-bureaux-d-Amundi
    https://reporterre.net/Enfermes-sans-eau-et-sans-WC-a-Greendock-et-Amundi-le-calvaire-des-milit

  • sur les agriculteurs « intimidés ». Toujours les mêmes mensonges pour criminaliser et justifier la répression. Débunkage 🧶

    https://threadreaderapp.com/thread/1798061717869789355.html

    👉 Premièrement, l’#A69 n’est pas massivement soutenue par la population locale, bien au contraire : elle s’y oppose franchement (61%) et demande l’organisation d’un référendum local (82%).
    L’#A69 ne sert pas le bien public ou à « désenclaver » Castres, mais à générer de juteux profit pour ses promoteurs (au premier rang Pierre Fabre), avec l’aide de l’État et de la région - dont Carole Delga soutien infaillible de ce projet et qui n’a jamais dénoncé la répression.
    Ces petits arrangements au sein de la bourgeoisie locale et conflits d’intérêts ne passent pas inaperçus et ont fait l’objet de nombreuses enquêtes journalistiques.
    👉 Deuxièmement, les recours juridiques sont loin d’être purgés. Actuellement, on compte : des recours au fond dont le jugement est attendu pour fin 2024, 5 requêtes administratives et 4 plaintes au pénal. Les promoteurs et l’État passent donc en force.
    👉 Troisièmement, sur les saisies d’armes, il s’agit d’une technique fallacieuse employée systématiquement pour criminaliser les manifestants.
    Cela consiste à réaliser de très nombreux contrôles de véhicules, avec des réquisitions très large sur une vaste zone et plusieurs jours avant la manif.
    Ainsi, le moindre outil (hachette, marteau), bidon d’essence, boule de pétanque trouvé dans les véhicules des conducteurs non avertis de ses contrôles sera comptabilisé comme « arme par destination » et pris en photo par la préfecture afin de nourrir son récit criminalisant.
    Exemple à Sainte-Soline, en mars 2023 : 24 010 contrôles de véhicules, pour 62 couteaux, 67 boules de pétanque, 13 haches, 5 matraques saisies entre le 18 et le 24/03, en zone rurale et sur plusieurs départements.

    Si des agriculteurs sont bien « intimidés », c’est par la police qui les traquent et harcèlent ceux qui osent s’opposer aux expropriations, aux centaines d’ha bétonnés, aux exploitation coupées en deux, etc.

    Alors, face à ce projet catastrophique et injuste, face aux intimidations du vilain Darmanin, ce weekend rejoignons massivement la mobilisation « Roue libre » et faisons que le Tarn se soulève !

  • Planter 1 milliard d’arbres : comment le plan de Macron rase des forêts
    https://reporterre.net/Planter-1-milliard-d-arbres-comment-le-plan-de-Macron-rase-des-forets

    Le projet du gouvernement de planter 1 milliard d’arbres est « une supercherie », dénoncent des associations. D’après des documents obtenus par Reporterre, il servirait à financer des coupes rases et à industrialiser la filière.

  • Coup d’arrêt au photovoltaïque de Boralex qui ravageait la montagne de Lure
    https://ricochets.cc/Coup-d-arret-au-photovoltaique-de-Boralex-qui-ravageait-la-montagne-de-Lur

    Avec Boralex, au-delà du greenwashing des énergies industrielles dites renouvelables, on trouve la dévastation des milieux naturels. Mais à Lure la résistance est là, et Boralex est également bloquée par la justice : Boralex a perdu : fini le parc photovoltaïque sur la montagne de Lure C’est un tournant dans la lutte. La justice a donné raison aux écologistes face à la multinationale canadienne Boralex. Alors que cette dernière est en train de construire un vaste projet photovoltaïque sur (...) #Les_Articles

    / #Ecologie, #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle

    https://reporterre.net/Boralex-a-perdu-fini-le-parc-photovoltaique-sur-la-montagne-de-Lure

  • L’hypothèse Gaïa, itinéraire d’un regard sur la Terre
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/05/17/l-hypothese-gaia-itineraire-d-un-regard-sur-la-terre_6233885_3232.html

    Enquête En 1974, le sulfureux chimiste James Lovelock formulait, avec la biologiste Lynn Margulis, une théorie comparant la Terre à un super-organisme capable de s’autoréguler. Disqualifiée dans les milieux scientifiques, cette approche imprègne en profondeur la pensée philosophique et écologique actuelle.

    Notre XXe siècle compte un Galilée oublié. Oui, vous avez bien lu. Et l’affirmation ne vient pas d’un obscur disciple, mais d’une sommité de la pensée écologique : le philosophe Bruno Latour en personne. Ce Galilée contemporain se nomme James Lovelock, chimiste britannique disparu en 2022, à 103 ans. « A la Terre qui se meut de Galilée, pour être complet, il fallait ajouter la Terre qui s’émeut de Lovelock », s’émerveillait Bruno Latour, non pas dans un post de réseau social, mais dans son grand livre de réflexion écologique Face à Gaïa (La Découverte, 2015).

    Dispo en version archivée ici : https://archive.ph/RD4cM

    Ne pas hésiter à ouvrir les liens présents sur la page pour approfondir le sujet.

    #hypothèse_Gaïa #James_Lovelock #Bruno_Latour

    Cependant,

    Pour le philosophe des sciences Bruno Latour, « la proposition théorique de Lovelock a la même importance dans l’histoire de la connaissance humaine que celle de Galilée ». Ce qui n’a pas empêche Lovelock de défendre les CFC, l’insecticide DDT, le gaz de schiste ou l’énergie nucléaire — ses liens professionnels avec les industriels expliquent largement ses positions publiques. Il n’en reste pas moins que l’hypothèse Gaïa reste fondatrice et stimulante.

    https://reporterre.net/James-Lovelock-l-inventeur-de-la-revolutionnaire-hypothese-Gaia-est-mort

    « Hypothèse stimulante » pour les séides de la #géo-ingénierie et des gros délires technos sûrement ...

    Quoi qu’il en soit, pas de quoi fouetter un capitaliste puisque James Lovelock expert en thermodynamique et en science des « systèmes-terres » ne pense un seul instant remettre en cause l’orgie énergétique plébiscitée par les économies de marché globalisées.
    http://archives.lesechos.fr/archives/2007/Enjeux/00235-055-ENJ.htm#
    (cet article repêché sur « les Échos » rendu quasiment illisible par une mauvaise interprétation du navigateur Firefox concernant les caractères spéciaux)
    Quant à son « optimisme », il a en effet de quoi séduire les échos-suprémacistes qui ont pris la précaution de se bunkériser en attendant que le darwinisme fasse son œuvre.

  • Les milices du Capital et de l’Etat à l’oeuvre : nasse illégale de 8 heures, tabassage dans un immeuble...
    https://ricochets.cc/Les-milices-du-Capital-et-de-l-Etat-nasse-illegale-de-8-heures-tabassage-d

    « La-démocratie » est une invention géniale, car les dominés et exploités financent les agents qui les répriment et maltraitent à tour de bras. Et toute atteinte sérieuse à l’Ordre établi devient de la délinquance terroriste et factieuse envers la « république-démocratique » puisque les dominants et les milliardaires répètent qu’on « est en démocratie » ! Sous le régime de la tyrannie macroniste, la flicaille se déchaîne encore plus et franchit chaque année, chaque mois, voir chaque (...) #Les_Articles

    / #Procès,_justice,_répression_policière_ou_judiciaire, Autoritarisme, régime policier, démocrature...

    #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature...
    https://reporterre.net/Repression-policiere-des-militants-ecolos-La-France-est-le-pire-pays-d-E
    https://reporterre.net/Des-opposants-a-l-A69-en-garde-a-vue-pour-des-motifs-delirants
    https://rebellyon.info/1er-mai-a-Lyon-la-police-a-t-elle-le-26018

  • En #Bretagne, une #mine d’#Imerys accapare et pollue la ressource en #eau

    La multinationale française Imerys souhaite ouvrir une nouvelle fosse d’extraction dans sa mine à ciel ouvert, située à #Glomel, en Bretagne. Plusieurs associations dénoncent des conséquences majeures sur l’eau.

    « Regardez ce qu’Imerys a fait du périmètre de protection de notre captage d’#eau_potable », commente Jean-Yves Jégo, conseiller municipal de Glomel et membre de l’association #Douar_Bev (« Terre vivante »). Il faut dire que la vue est spectaculaire. Au milieu des champs, nous contemplons la « fosse n°3 », un trou large comme 30 terrains de football et profond comme 5 immeubles haussmanniens superposés. On y extrait de l’andalousite, un minéral résistant aux très hautes températures utilisé pour produire des fours, des têtes de missiles ou des blocs moteurs de camions. Imerys prévoit de creuser bientôt une nouvelle fosse, la quatrième, comme celle-ci : « Incompatible avec la préservation de l’eau ! » dénoncent une partie des riverains et les associations.

    « Nous sommes ici sur le château d’eau de la région, en tête de deux bassins versants, indique Dominique Williams, de l’association Eau et Rivières, celui de l’Ellé, qui se jette dans l’océan à Quimperlé, et celui du Blavet, qui coule jusqu’à Lorient. » Ces têtes de bassins sont formées de ce que les hydrologues appellent un « chevelu », à l’image des innombrables petits traits qui les représentent sur une carte : les petits ruisseaux qui font les grandes rivières. Ce sont les sites à préserver en priorité pour protéger les nappes phréatiques et les captages d’eau en aval. Cette sensibilité est plus forte encore en Bretagne, qui « dispose de très peu de ressources en eau souterraine et dépend des eaux de surface pour son alimentation », ajoute Dominique Williams.

    « Imerys ne maîtrise pas les impacts de cette mine »

    Exploitée depuis les années 1970, la mine de Glomel, 1 300 habitants, est longtemps passée inaperçue — peut-être parce qu’elle n’est, du point de vue de l’administration, qu’une carrière [1]. Pourtant, son fonctionnement est celui d’une mine : le minerai contenant 15 % d’andalousite est acheminé vers l’usine toute proche où il est concassé, broyé et concentré dans des bains d’acide sulfurique et autres réactifs. Sa transformation produit chaque année plus de 1 million de tonnes de déchets boueux ou solides, ces derniers formant, tout autour de nous, ces collines grises de 300 mètres de haut.

    Pour creuser il y a trente ans cette troisième fosse dans la zone de protection d’un captage d’eau, Imerys avait bénéficié d’un miracle : une dérogation de la préfecture. Et ce, malgré un risque de pollution connu, puisque la roche excavée ici contient de la pyrite : au contact de l’eau, elle génère un jus acide qui draine des polluants métalliques. En 2004, la cour d’appel de Nantes saisie par un agriculteur a annulé cette dérogation : le périmètre de protection devait être remis en état. Mais quand ? Contacté par Reporterre, Thomas Louvet, responsable projets miniers chez Imerys Glomel, indique que la réhabilitation est bien prévue, mais « en fin d’exploitation, entre 2040 et 2045 ».

    « Force est de constater qu’Imerys ne maîtrise pas les impacts de cette mine, affirme Armelle Renault, ingénieure agronome vivant à moins de 1 kilomètre du site qui participe depuis deux ans à un groupe de veille citoyenne sur la mine. On a découvert par hasard que l’un des piézomètres, appareil qui mesure les niveaux d’eau et leur composition, avait détecté des concentrations de métaux très anormales dans les eaux souterraines. » Sur la plaquette imprimée en couleurs qui justifie l’ouverture de la fosse n°4, Imerys assure n’avoir « aucun impact sur les eaux souterraines et superficielles ».

    Pourtant, interrogée par Reporterre, l’entreprise a admis l’existence de ce problème de concentration de métaux. Elle y répondra « par la pose de quatre nouveaux piézomètres », mais « n’en connaît pas la cause ». L’appareil de mesure se trouve au pied d’une montagne de déchets miniers (la « verse Roscoat »), juste à côté du précédent site d’extraction (la fosse n°2) désormais utilisé par Imerys pour déverser ses déchets liquides. Sous ses allures de lac de montagne, il reçoit en continu les boues de traitement de l’usine d’andalousite, contenant des taux très élevés de métaux cancérigènes comme le cadmium et le cobalt. Résultat : la fosse n°2 est un lac d’eau acide et de déchets toxiques qui peuvent s’infiltrer dans les eaux souterraines.

    Des volumes d’eau immenses

    Derrière le conflit autour de la mine de Glomel, se cache l’eau nécessaire à son activité. La consommation est dissimulée et minimisée par Imerys depuis des décennies. « À cette question, on obtient toujours des réponses partielles et embrouillées, raconte Armelle Renault. En réunion de comité de suivi, le représentant de l’entreprise a expliqué que la mine ne consommait que 6 000 m3 d’eau pris sur le réseau. » En réalité, c’est le volume nécessaire pour les usages sanitaires et le réfectoire pour la centaine d’employés du site. Dans ses études d’impact, Imerys écrit qu’« il n’est pas effectué de prélèvement d’eau dans le milieu naturel pour alimenter les installations du site » et que son usine « fonctionne en circuit fermé ».

    Pour y voir plus clair, Reporterre a demandé par écrit à Imerys quelle était la consommation d’eau annuelle du site de Glomel. La réponse fut tout autre, et encore plus mystérieuse : « La consommation du site correspond aux pertes par évaporation estimées à environ 100 000 m3/an. »

    Il faut éplucher les 2 900 pages du dossier d’enquête publique pour comprendre les véritables besoins en eau du site. L’usine nécessite à elle seule 1,9 million de m³ par an, ce qui équivaut à la consommation d’une ville de 35 000 habitants. Et comme son « circuit fermé » ne recycle que 57 % de l’eau, il faut y injecter chaque année au moins 800 000 m³. Pour ce faire, Imerys pompe directement dans la nappe phréatique (l’exhaure) et collecte toutes les eaux de ruissellement sur plus de 250 hectares. Chaque année, elle dispose ainsi gratuitement d’une gigantesque réserve de plus de 3 millions de m³, l’équivalent de plusieurs mégabassines prélevées au détriment des zones humides, des tourbières et des nappes souterraines.
    « On est en contentieux quasi-permanent avec Imerys depuis quinze ans »

    « Le comble, c’est qu’Imerys se vante en disant que c’est grâce à la mine qu’il y a assez d’eau en été dans les rivières, s’insurge Jean-Yves Jégo. C’est le monde à l’envers ! » En effet, le site rejette chaque année plus de 1 million de m³ d’eaux industrielles. De ce fait, l’entreprise se flatte d’avoir un « impact positif puisque les volumes rejetés constituent une bonne partie du débit et de la qualité de ce cours d’eau et un important soutien en période d’étiage ». Selon Jean-Yves Jégo, « si Imerys adapte ses rejets d’eau au niveau des rivières en été, c’est avant tout pour diluer ses propres pollutions et les maintenir sous un seuil acceptable ».

    En aval de la mine se trouvent deux stations de pompage d’eau potable gérées par Eau du Morbihan, et Imerys a les plus grandes difficultés à transformer ses eaux industrielles acides et chargées en métaux en eau brute destinée à la consommation humaine. Elles passent dans deux stations de traitement, puis dans une nouvelle usine mise en service en avril dernier par Imerys, « moyennant 6 millions d’euros d’investissement » pour réduire la pollution au manganèse, mais leur teneur en sulfates reste sept fois supérieure aux valeurs seuil.

    « On est en contentieux quasi-permanent avec Imerys depuis quinze ans, résume Dominique Williams, de l’association Eau et Rivières de Bretagne. Imerys bénéficie d’une bienveillance effarante de la part des services de l’État, qui lui délivrent des arrêtés préfectoraux manifestement contraires à l’intérêt général. » En 2015, le tribunal administratif de Rennes a annulé un arrêté, jugeant qu’Imerys avait minoré les conséquences de son activité sur les zones humides et Natura 2000 situées à proximité en produisant « une étude d’impact entachée d’une insuffisance qui a nui à l’information tant de l’autorité administrative que du public ». En 2018, Imerys a été condamnée par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc pour un déversement sauvage d’eaux chargées de métaux dans un affluent de l’Ellé, constaté en 2013 par des inspecteurs de l’environnement.

    L’Autorité environnementale dira avant l’été si elle autorise l’ouverture d’une quatrième fosse. Le 15 avril dernier, dans la salle des fêtes de Glomel, 150 personnes étaient présentes à l’occasion du lancement de la coalition contre le projet ; elle réunit huit associations. « Année après année, les gens ont vu la mine s’étendre, analyse Camille, la trentaine, membre du collectif Bascule Argoat. Le fait qu’elle passe désormais de l’autre côté de la route a été un choc. On n’imaginait pas les répercussions que ça aurait sur l’environnement. Imerys présente tellement bien ! Ceux qui se font avoir, maintenant, ce sont les habitants de l’Allier, avec le projet de mine de #lithium. Notre expérience doit servir d’exemple. »

    https://reporterre.net/En-Bretagne-une-mine-d-Imerys-accapare-et-pollue-la-ressource-en-eau
    #extractivisme #France #pollution #résistance

  • La #Seine et les fleuves européens contaminés par un « #polluant_éternel » passé sous les radars

    Les analyses menées par le Réseau européen d’action contre les pesticides dans dix pays de l’Union montrent une présence généralisée de l’#acide_trifluoroacétique, qui appartient à la famille des #PFAS, à des niveaux élevés.

    Près de 1,5 milliard d’euros d’investissements, quatre ouvrages d’assainissement créés, dont un bassin de rétention des eaux usées et pluviales d’une capacité équivalente à 20 piscines olympiques… L’Etat et les collectivités n’ont pas ménagé leurs efforts pour rendre la Seine baignable pour les Jeux olympiques puis pour le public à partir de 2025. La « #baignabilité » de la Seine renseigne seulement sur sa qualité bactériologique à travers la surveillance de deux familles de bactéries (Escherichia coli et entérocoques). Une autre pollution, d’origine chimique, passe sous les radars. Un rapport publié lundi 27 mai révèle une « contamination généralisée » des cours d’eau en Europe par l’acide trifluoroacétique (TFA), un « polluant éternel » aussi peu connu que réglementé, issu notamment de la dégradation des pesticides appartenant à la grande famille des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS).

    (#paywall)

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/05/27/la-seine-et-les-fleuves-europeens-contamines-par-un-polluant-eternel-passe-s

    #rivières #fleuves #Europe #pollution

    • #Polluants_éternels : toutes les rivières d’Europe sont contaminées aux PFAS

      Seine, Oise, Aisne, Somme – mais aussi l’Elbe et le Danube : tous ces cours d’eau sont fortement contaminés par un polluant éternel. Lundi 27 mai, plusieurs associations européennes ont alerté sur des niveaux alarmants d’un PFAS « peu connu et largement non règlementé » dans les rivières du continent : l’acide trifluoroacétique, ou #TFA pour les intimes.

      Le TFA est un #métabolite : il provient de certains #désherbants et #fongicides (le #flufenacet notamment), ou des #gaz_fluorés réfrigérants. « Il est également le produit de dégradation terminal persistant d’environ 2 000 PFAS », selon le rapport du réseau européen d’action contre les pesticides (Pan Europe), à l’origine de l’alerte.

      Le réseau a donc cherché cette substance chimique dans vingt-trois échantillons puisés dans des cours d’eau et nappes. Et là, banco, dans 100 % de leurs analyses. Leurs résultats sont alarmants : « Les concentrations trouvées dans les échantillons d’eau étaient en moyenne de 1 180 nanogrammes par litre (ng/l), décrit Générations futures, membre de Pan Europe. C’est 70 fois plus élevé que la concentration moyenne de tous les autres PFAS examinés combinés. »

      En France, les concentrations sont particulièrement fortes : 2 900 ng/l à Paris dans la Seine ; 2 400 ng/l dans l’Aisne à Choisy-au-Bac ; 1 900 ng/l dans l’Oise à Clairoix ; 1 500 ng/l dans la Somme à Glisy. « Les cours d’eau français sont parmi les plus contaminés d’Europe, constate François Veillerette. Et ces pollutions sont directement liées à des activités agricoles intensives. »

      « Le TFA est la substance la plus persistante dans l’environnement que je connaisse »

      Malgré cette large contamination, très peu de pays se sont penchés sur le problème. Et pour cause : le TFA n’est pas considéré comme un produit dangereux à contrôler par les autorités européennes. Plus précisément, en 2003, l’agence chimique européenne (Echa) a conclu que le TFA était un « métabolite non pertinent », tout en reconnaissant que les informations toxicologiques disponibles étaient insuffisantes. Conclusion, il y a vingt ans : pas besoin de le surveiller ni de le réglementer.

      Autre problème, « sa toxicité reste incertaine », précise Pauline Cervan, de Générations futures. Très peu d’études scientifiques se sont en effet intéressées à la molécule, et l’immense majorité provient de l’industrie chimique. En 2021, une des rares études indépendantes a noté des malformations sur les lapereaux issus de mères exposées au TFA.

      En France, des riverains d’une usine gardoise produisant, entre autres, du TFA, ont développé des cancers — sans que le lien de causalité ait été établi. Jusqu’à 7,6 millions de nanogrammes par litre (ng/L) de TFA ont été mesurés dans les cours d’eau voisins de l’usine.

      « Le TFA est la substance la plus persistante dans l’environnement que je connaisse, insiste Pauline Cervan, toxicologue. Rien que cette donnée devrait faire primer le principe de précaution. » Les associations demandent donc que le TFA soit classé comme un « métabolite pertinent » – ce qui entraînerait sa surveillance dans les eaux et obligerait à revoir la commercialisation des pesticides le contenant.

      Contactées par Générations futures, l’Anses et la Direction générale de la Santé ont indiqué ne pas faire évoluer leurs positions. Pour le moment.

      https://reporterre.net/Polluants-eternels-toutes-les-rivieres-d-Europe-sont-contaminees-aux-PFA

    • TFA in Water: Dirty PFAS Legacy Under the Radar

      In February 2024, a joint research by the European Pesticide Action Network (PAN Europe) and its members revealed a sharp increase in the contamination of European fruit and vegetables with pesticides from the problematic chemical group of PFAS, also known as ’forever chemicals’. The current report focuses on their terminal degradation product, the highly persistent chemical trifluoroacetic acid (TFA). We analysed 23 surface water and six groundwater samples from ten EU countries for TFA residues and other PFAS.

      https://www.pan-europe.info/resources/reports
      #rapport