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  • Nantes Révoltée

    « Il y a 40 ans, Bové militait dans les cercles anarchistes anti-militaristes

    Il y a 20 ans, il démontait des Mc Do, fauchait des OGM et faisait de la taule

    En 2022, il signe une tribune néolibérale d’une rare violence aux côté des pires raclures de la classe politique

    Sinistre. »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/07/jean-paul-besset-jose-bove-et-daniel-cohn-bendit-l-accord-des-verts-avec-la-

    Les trois anciens députés européens élus sous la bannière Europe Ecologie en 2009 dénoncent, dans une tribune au « Monde », un pacte qu’ils accusent de trahir les valeurs fondatrices du parti Europe Ecologie-Les Verts et de sacrifier le principe démocratique au nom « d’obscures tractations électorales ».

    https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1523092715675602944?cxt=HHwWgMCi3aqwjqMqAAAA

    "Un accord validé par 80% des adhérents votants d’EELV qui « sacrifie le principe démocratique » je vois qu’on a cogné la tête contre le mur. Surtout Cohn-Bendit, qui lui soutient Macron, le pharaon suprême qui valide selon son bon vouloir tous les candidats de son parti, puis qui nous parle de « principe démocratique. »

    • Les tièdes, les éléphants, les has-beens qui ont baissés les bras… un écolo toujours vert a un message pour vous…
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/05/10/noel-mamere-les-politiques-radicales-sont-necessaires-a-la-lutte-contre-les-

      Quelle n’a pas été ma stupeur en découvrant cette effarante tribune de mes amis José Bové et Daniel Cohn-Bendit dans Le Monde, qualifiant la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) d’« escroquerie », rien de moins ! Ils accusent les écologistes d’avoir vendu leur âme en signant un pacte faustien avec le diable Mélenchon.

      Ces vieux routiers de la politique, qui se disent si attachés à la qualité du débat public, devraient savoir que la caricature portée à son incandescence ne fait que contribuer à attiser les haines sur lesquelles prospèrent les extrêmes. Selon eux, les écologistes seraient devenus les « complices » de Poutine, assis à la droite du « père Ubu du Kremlin », une bande de vendus qui « sacrifient le principe démocratique » et la liberté, qui « immolent » une « histoire collective » et une « espérance » pour « d’obscures tractations électorales ».

      Comment le « héros » de 1968 et l’icône de la désobéissance civile ont-ils pu en arriver là ? Pourquoi le révolutionnaire des dernières décennies du XXe siècle et le farouche opposant au référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005 sont-ils devenus « réactionnaires » en utilisant les mêmes mots que ceux qu’ils ont combattus si longtemps ? Je ne comprends plus.
      « Eléphants » fatigués

      Ils ont dissous la « radicalité » qu’ils incarnaient et dans laquelle nous avons été nombreux à nous reconnaître, dans un réformisme que le capitalisme s’est empressé d’annexer. En hurlant avec les louveteaux de la Macronie, les « éléphants » fatigués d’un PS old school, ils participent à un acharnement contre les politiques forcément radicales et à l’évidence nécessaires à la lutte contre les inégalités sociales et environnementales.

      Vingt ans après le Forum social de Porto Alegre (2001), constater que Mélenchon et les siens reprennent le slogan « un autre monde est possible », qui était notre bannière commune, doit être difficile à accepter. Dix-huit ans après avoir poussé des milliers de militants à devenir des faucheurs volontaires d’OGM pour combattre la cartellisation de l’agriculture mondiale par les multinationales et défendre le vivant, il doit être insupportable de voir le concept de désobéissance réactivé par les signataires de la Nupes. Quand nous avons participé à ces actions, nous n’avions pas le sentiment de trahir notre idéal européen mais, au contraire, de conforter l’Etat de droit fixé par les traités pour mieux lutter contre la domination des multinationales.

      Nos visionnaires du XXe siècle, deviendraient-ils aveugles ? En dénonçant l’extrémisme d’un accord qui répond à l’attente d’une immense majorité de la gauche et de l’écologie, ils n’ont « visiblement rien compris aux évolutions du capitalisme et aux défis sociaux et environnementaux auxquels nous faisons face depuis plusieurs décennies » , comme l’a écrit l’économiste Thomas Piketty dans une chronique au Monde. Ils n’ont pas entendu l’exigence d’une génération qui ne se contente plus des « petits pas », comme l’a décrite Nicolas Hulot, coauteur avec Muriel Douru de la bande dessinée Les petits pas ne suffisent pas ! (Rustica, 2021), mais qui attend de cette coalition qu’elle inverse les priorités auxquelles nous ont habitués les politiques du néolibéralisme et de la social-démocratie.

  • INFERTILITÉ TOTALE EN 2045

    Dans un livre récemment paru, le duo de scientifiques Shanna H. Swan et Stacey Colino montre que le nombre de spermatozoïdes produits dans les pays occidentaux a chuté de 59 % entre 1973 et 2011. Si la trajectoire actuelle se poursuit, ce chiffre pourrait atteindre zéro dès 2045. 

    La pandémie va-t-elle faire chuter le taux de fécondité  ? D’après l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), en tout cas, le nombre de naissances enregistrées en France en janvier a chuté de 13 % par rapport à janvier 2020. Une baisse inédite depuis 1975, dans un contexte « de crise sanitaire et de forte incertitude, [qui] a pu décourager les couples de procréer ou les inciter à reporter de plusieurs mois leurs projets de parentalité », selon l’Institut d’études statistiques. Certes, le nombre de naissances en France est en baisse constante depuis six ans, mais l’Insee note que la chute observée en janvier est « sans commune mesure avec les baisses qui ont pu être observées dans le passé ».
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/serie/000436391

    Une tendance qui reste à confirmer, donc… et à laquelle pourrait bien s’ajouter un autre phénomène encore plus global. Celui de la présence, dans notre organisme, de certaines substances chimiques aux effets nocifs sur la fertilité. C’est ce que met en évidence le duo de scientifiques Shanna H. Swan et Stacey Colino dans un nouveau livre récemment paru en anglais, Count Down – How Our Modern World Is Threatening Sperm Counts, Altering Male and Female Reproductive Development, and Imperiling the Future of the Human Race.
    https://www.simonandschuster.com/books/Count-Down/Shanna-H-Swan/9781982113667

    Dans une étude qu’elle avait co-signée en 2017, Swan montrait en effet que le nombre de spermatozoïdes produits dans les pays occidentaux avait chuté de 59 % entre 1973 et 2011. Si cette courbe poursuit sa trajectoire actuelle, prévient-elle aujourd’hui, ce chiffre pourrait atteindre zéro dès 2045. Dans le détail, Count Down démontre que ce sont les « substances chimiques du quotidien » que l’on trouve dans les emballages alimentaires, les jouets, les cosmétiques ou encore les pesticides qui affectent durablement notre système endocrinien. Les phtalates et le bisphénol A sont plus particulièrement visés par les deux auteurs « car ils font croire au corps humain qu’il dispose de suffisamment d’hormones – testostérone ou œstrogènes – et qu’il n’a donc pas besoin d’en fabriquer davantage ». La taille et la forme des organes génitaux seraient aussi affectées.
    https://academic.oup.com/humupd/article/23/6/646/4035689
    https://usbeketrica.com/fr/article/la-baisse-de-la-fertilite-masculine-menace-l-humanite
    https://www.theguardian.com/us-news/2021/feb/26/falling-sperm-counts-human-survival
    https://sante.lefigaro.fr/mieux-etre/environnement/phtalates/quels-risques-pour-sante
    https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/chimie-bisphenol-6185
    https://www.independent.co.uk/life-style/health-and-families/pollution-penis-shrink-sperm-count-b1821863.html

    « Les phtalates abaissent les taux de testostérone et ont donc une influence particulièrement mauvaise côté masculin, par exemple en provoquant la diminution du nombre de spermatozoïdes, détaille Swan dans son interview au Guardian. Le bisphénol A, lui, imite les œstrogènes et est donc particulièrement nocif côté féminin, augmentant les risques de problèmes de fertilité. Mais il peut également faire chuter la qualité du sperme, la libido et provoquer des taux plus élevés de dysfonction érectile. »

    « Une grande partie de l’exposition à ces matières se produit in utero, lorsque le fœtus se forme pour la première fois » Shanna H. Swan

    Le constat est d’autant plus inquiétant que l’exposition à ces substances commence… avant même la naissance. « Une grande partie de l’exposition à ces matières se produit in utero, lorsque le fœtus se forme pour la première fois, renchérit Swan. Les effets se poursuivent ensuite pendant l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte. C’est un phénomène cumulatif : un fœtus femelle, in utero, développe déjà les ovules qu’il utilisera pour avoir ses propres enfants. »

    Preuve de l’étendue du problème, une enquête publiée par Santé publique France en 2019 révélait que la présence de bisphénols et de phtalates dans le corps est généralement plus importante chez les enfants que chez les adultes. « L’alimentation participerait à 90 % de l’exposition totale », précisait à l’époque Santé publique France. Seules manières de minimiser les risques à l’échelle individuelle, selon Shanna H. Swan : manger, « dans la mesure du possible », des aliments non transformés comme « des carottes ou des pommes de terre cuisinés naturellement »  ; éviter les poêles qui contiennent du téflon ou des molécules toxiques  ; et « ne pas passer de matières plastiques au micro-ondes ».
    https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/esteban

    https://usbeketrica.com/fr/article/l-occident-pourrait-devenir-totalement-infertile-en-2045
    https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-lundi-18-avril-2022
    https://www.facebook.com/franceinter/posts/5333622433339500
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  • Partir sans passeport d’Ukraine...

    8 mars, #Marlène_Schiappa : « Ceux qui sont partis sans passeport, il y aura évidemment de la souplesse, ce sont après tout des gens qui fuient la guerre, on ne va pas les bloquer avec des formalités administratives. L’humanité c’est de ne pas ajouter des formalités aux formalités. »
    30 mars, journal de 8h, France Inter, entre 1.06.10 et 1.07.50
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9/le-7-9-du-mercredi-30-mars-2022

    Préfecture de Lozère : pour avoir un titre de séjour protection temporaire, des réfugiées ukrainiennes entrées en France sans passeport biométrique sont invitées à retourner à la frontière ukrainienne chercher un tampon Schengen.
    Après insistance auprès de la préfecture, elles obtiennent un titre de séjour de trente jours : mais, pour le prolonger, elles devront fournir d’ici un mois un certificat de domicile en Ukraine
    Leur ville de provenance, Kharkiv, est sous les bombes
    ci-dessous 1) Le bâtiment de la faculté d’économie de l’Université nationale de Kharkiv 2) photo du 25/3/22

    [via @isskein qui a lu sur une liste associative]
    https://www.facebook.com/isabelle.saintsaens/posts/10225963117369551

    #France #passeport #réfugiés_ukrainiens #Ukraine #asile #migrations #réfugiés #mensonge #Schiappa #les_sans_passeport #formalités_administratives #humanité #titre_de_séjour #protection_temporaire #administration #passeport_biométrique #tampon_Schengen #certificat_de_domicile #migrations #asile #réfugiés #protection_temporaire

    ping @karine4

  • La #goutte_de_poison , par #Anna_Colin_Lebedev sur twitter

    La goutte de poison. J’avoue être épuisée de devoir encore et encore, pour la millième fois depuis 2014, faire le point sur l’extrême-droite et les "néonazis" en Ukraine. Des dizaines d’articles et d’interventions de multiples chercheurs. Et il faut recommencer.
    Le régime russe excelle dans la tâche de susciter notre indignation et notre doute. Son arme la plus puissante est de nous emmener sur son terrain, de nous imposer son agenda et ses grilles de lecture. La récente affaire « BHL à Mariupol » a ravivé la flamme.
    Back to basics. Le discours russe sur les « néonazis ukrainiens » se développe à partir de 2014. Il tombe sur le terreau fertile de nos stéréotypes sur les Ukrainiens qui seraient intrinséquement antisémites, qui auraient collaboré avec les nazis.
    Même Boris Cyrulnik s’y colle hier sur France Inter, en parlant des Ukrainiens : « Pourtant, pendant la guerre, ils n’étaient pas très bien engagés, mais leurs enfants ne sont pas responsables des crimes de leurs parents ». Entendre ça est désespérant.
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-17-mars-2022
    Rappelons les faits. La très grande majorité des soldats ukrainiens ont combattu les nazis au sein de l’Armée rouge (plus de 4 millions) . Environ 200 000 ont combattu aux côtés de l’Allemagne nazie. Ça fait maximum 5% de pro-nazis parmi les combattants.
    La collaboration arrive dans le contexte particulier des politiques répressives de Moscou sur les territoires ukrainiens. Il s’agit pour bcp d’Ukrainiens de choisir le moins pire des deux maux : l’URSS et l’Allemagne. Leurs motivations sont diverses.
    https://www.jstor.org/stable/26624533
    Je ne cherche pas à justifier. Je constate simplement que notre raisonnement suit la logique de la goutte de poison qui contamine tout le liquide où elle est versée. 5% des hommes en armes ukrainiens ont combattu aux côtés des nazis -> l’Ukraine était toute entière collabo.
    Oui, lorsque l’Ukraine indépendante se constitue, il y a parmi ses symboles les personnages ambigus que sont les nationalistes du milieu du XXe. Côté pile, ils luttaient pour l’indépendance de l’Ukraine. Côté face, beaucoup ont collaboré.
    Le récit historique est porteur de cette mémoire complexe. On commémore à la fois la participation des Ukrainiens à la lutte contre le nazisme et le combat nationaliste contre l’URSS. Mais le débat intellectuel est ouvert en Ukraine, la société travaille sur son passé.
    A l’inverse, en Ru, la question de la collaboration avec les nazis est un sujet tabou. On réduit la collaboration à quelques personnages diabolisés (Vlasov), mais sans quantifier et surtout sans s’interroger sur les motivations et le lien avec les répressions staliniennes.
    La logique de la goutte de poison revient dans le récit russe, puis dans le nôtre, dès 2014. Les médias russes poussent l’idée que la révolution du Maïdan est ultra-nationaliste, en donnant pour preuve des portraits du nationaliste Stepan Bandera présents sur la place.
    Or, le Maïdan est une mobilisation inclusive, autour d’un objectif commun : le départ du président en place et le rejet du projet de société qu’il incarne. Des citoyens idéologiquement très divers se retrouvent dans ce mot d’ordre. Oui, les nationalistes sont aussi là.
    La logique de la goutte de poison fait que puisqu’on a repéré l’extrême droite dans la foule, la manifestation entière est contaminée. Comme si l’on disait : puisque Marine Le Pen était dans les manifestations « Je suis Charlie », ces manifestations sont d’extrême droite.
    Or, le Maïdan est divers, multilingue (et plutôt russophone d’ailleurs), valorisant cette pluralité. Les portraits de Bandera ne plaisent pas à tout le monde, mais on laisse faire, au nom de l’inclusion de tous et de la lutte commune.
    La logique de la goutte de poison atteint son paroxysme lorsqu’on parle des bataillons qui se sont formés à partir de 2014. 2 sont sur toutes les lèvres : Azov et Pravy Sektor. « Bataillon ultranationaliste », ça fait frémir. Le pouvoir russe utilise notre frémissement.
    Oui, le bataillon Azov et le bataillon Pravy Sektor (2 sur une trentaine) ont été formés par des groupes politiquement ultranationalistes. Mais même dans ceux-là, de nombreux combattants ne partageaient pas l’ancrage politique du bataillon.
    J’ai fait des entretiens en 2016-2017 avec plusieurs combattants de Pravy Sektor. Un bataillon très décentralisé, où chaque groupe vit un peu sa vie. Je n’ai pas détecté d’idéologie particulière ; les gens s’y engagent parce que ce bataillon est non affilié à l’Etat.
    Azov est plus idéologisé et porteur d’idées ultranationalistes, mais en 2014-2015, beaucoup de combattants se retrouvent dans Azov sans motivation idéologique. Chacun de ces bataillons compte quelques centaines de personnes. Voir mon rapport.
    https://t.co/R30AHj9Nel
    Aidar (récemment revenu dans nos radars grâce à BHL) est un bataillon sans idéologie autre que l’engagement patriotique. Un bataillon ouvert qui a accueilli des combattants sans faire trop de tri.
    https://connexion.liberation.fr/autorefresh?referer=https%3a%2f%2fwww.liberation.fr%2fchecknews
    Oui, Aidar a pu compter des membres porteurs d’idées nationalistes, conséquence logique d’un recrutement ouvert. Mais aucune idée extrémiste n’y était officiellement promue. Plusieurs Aidar ont été auteurs de crimes, mais pas de crimes motivés par la langue ou l’ethnie.
    Il est logique qu’un conflit armé attire entre autres des personnes idéologiquement radicales. Ce qu’il faut regarder, c’est le bilan. Amnesty, l’OSCE, l’OFPRA ont relevé (des deux côtés) des crimes de guerre. Mais pas d’exactions de masse ou de nettoyages ethniques.
    La logique de la goutte de poison nous fait dire que l’armée ukrainienne entière aurait été contaminée par le néo-nazisme promu par quelques membres. Que doit-on dire alors de nos propres forces de l’ordre qui votent volontiers pour l’extrême droite ?
    https://www.ouest-france.fr/politique/marine-le-pen/presidentielle-44-des-policiers-et-militaires-prets-a-voter-pour-marine
    Il n’est pas impossible d’ailleurs que je sois en train de donner une idée au Kremlin. Dans un prochain discours, Poutine pourra dire, chiffres à l’appui, que l’armée française est néo-nazie. Et par extension, que le pouvoir français est néo-nazi. Une seule goutte suffit.
    Lorsque l’Etat a intégré les bataillons volontaires (sauf Pravy Sektor, marginalisé), cela a été fait dans une logique de reprise de contrôle. Plus facile de gérer les trublions dedans que dehors. Ça n’a pas très bien marché pour Azov qui a continué à se développer.
    Mais les forces politiques ultra-nationalistes sont en constante diminution en Ukraine depuis 2014. Il n’y a pas de parlementaires d’extrême droite dans le parlement ukrainien. C’est aussi parce que le nationalisme soft, nourri par l’agression russe, est devenu mainstream.
    Ce nationalisme civique contient un fort attachement à une identité ukrainienne, plutôt européenne, et l’idée que cette identité est en permanence menacée un ennemi extérieur, l’Etat russe. Je ne vois pas comment cette vision pourrait faiblir dans un proche avenir.
    Il y a une chose qu’on ne trouve pas dans le nationalisme soft ukrainien : c’est l’antisémitisme. Ni dans la population en général, ni dans le pouvoir, ni même dans les groupes d’extrême droite. L’ennemi, c’est aujourd’hui l’envahisseur russe.
    https://www.jpost.com/diaspora/article-692443
    L’Ukraine qui a longtemps négligé l’histoire de l’Holocauste sur son territoire, a changé depuis 10-15 ans. Baby Yar, site de la Shoah par balles, est visité annuellement par chaque président ukrainien. L’Holocauste est enseignée. Les ? douloureuses sont posées.
    La Russie a bien plus de chemin à faire dans ce domaine (j’en parlais dans un billet de blog en 2012) , même si je pense que la population russe n’est pas aujourd’hui particulièrement antisémite.
    https://blogs.mediapart.fr/anna-colin-lebedev/blog/030412/regards-sur-la-russie-contemporaine-l-holocauste-une-colle
    Mais une seule goutte de poison nous a suffi pour que le soupçon pèse sur l’Ukr. Je ne le répéterai jamais assez : les blindés russes s’embourbent sur le terrain, mais le pouvoir russe sait très bien venir nous chercher, appuyer et désinformé là où ça nous fait mal.

    https://twitter.com/colinlebedev/status/1504856940568055828
    #Ukraine #extrême_droite #nazis #néo-nazis

  • Vive ma liberté - #lofofora lyrics : Arno Hitjens
    https://www.youtube.com/channel/UCHoLcq_fhUH11gpL6cPs69Q
    https://yt3.ggpht.com/ytc/AKedOLSio4btClrZYmMEfSbNQUQMk7RCm-RQZJeXPP-yeA=s900-c-k-c0x00ffffff-no-rj

    Quel bruit fait mon cerveau quand je pense à rien Je n’suis pas malheureux mais je n’suis pas bien Merci, bonjour, salut, ça va ? Je suis jaune, vert, bleu, lilas La vie des autres c’est pas une vie pour toi Je chante une chanson de n’importe quoi Vive ma liberté, yeh, yeh, yeh Vive ma liberté, yoh, yoh, yoh Vive ma liberté, yeh, yeh, yeh Vive ma liberté Aili ailo je ne suis pas méchant Mais le pire de tout je suis content Je suis des boules de pétanque Qui se touchent en dansant le tour des romances La vie des autres c’est pas une vie pour toi Je chante une chanson de n’importe quoi Vive ma liberté, yeh, yeh, yeh Vive ma liberté, yoh, yoh, yoh Vive ma liberté, yeh, yeh, yeh Vive ma liberté Je chante une bête chanson à la française Avec des mots bêtes et artificiels Avec des mots branchés et intellectuels Je chante une bête chanson à la… Vive ma liberté, yeh, yeh, yeh Vive ma liberté, yoh, yoh, yoh Vive ma liberté, yeh, yeh, yeh Vive ma liberté Pour toi et le monde entier Pour toi et le monde entier.


    https://www.lofofora.com/medias

  • Le mythe du geek autiste - épisode 1 : la grande Histoire, entretien avec Marion Coville | Xavier De La Porte
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-code-a-change/le-mythe-du-geek-autiste-episode-1-la-grande-histoire

    Un jour, Marion Coville a fait une série de tweets très énervés à propos d’un article du Monde diplomatique qui faisait une critique des relations humaines à l’ère numérique sur le mode “les geeks sont des autistes. Ce sont eux qui ont fabriqué les plateformes sur lesquelles nous communiquons. Nous vivons donc dans un monde d’autistes, nous devenons asociaux.” Marion avait l’air hyper énervé par ce raisonnement. En quelques tweets, elle donnait des arguments, des références, des expériences. J’ai appris à cette occasion qu’elle était autiste. Ni une ni deux, je lui ai envoyé un message. Parce que je crois que j’y ai souvent succombé à ce lieu commun du geek autiste, et que j’aimerais qu’elle m’explique pourquoi je me suis trompé. Source : France (...)

  • Combattre les Russes jusqu’au dernier européen
    #états-unis
    #leadership
    #sans_vergogne

    Le risque de « co-belligérance » freine l’aide de l’Otan à l’Ukraine
    https://www.franceinter.fr/emissions/geopolitique/geopolitique-du-vendredi-11-mars-2022

    Les États-Unis ont d’abord proposé que la Pologne livre à l’Ukraine ses vieux avions de combat de fabrication russe, un héritage de l’ère soviétique, qui seraient immédiatement utilisables par des pilotes ukrainiens déjà formés. La Pologne a initialement refusé, mais s’est révisée en proposant de les donner aux Américains sur une base en Allemagne, libre à Washington de les offrir à l’Ukraine. Cette fois, ce sont les États-Unis qui ont refusé, […]

    • Par contre, je ne vois pas bien la différence entre un don par la Pologne, et un don par les États-Unis : la Pologne est dans l’Otan depuis 1999. Donc si la Pologne est considérée comme co-bélligerante et subit des représailles russes, alors c’est bien tout l’Otan qui se retrouve engagée.

    • Il se dit que l’Article 5 n’a jamais vraiment été testé, et qu’à l’occasion de la guerre en Syrie, il ne se serait peut-être rien passé si les russes et les turques avaient décidé d’en venir aux mains. Les Etats-Unis nous disent, d’une certaine façon, que peut-être que les Polonais pourraient rester sans soutien, s’ils faisaient un pas en avant de leur propre initiative.

  • Aujourd’hui en voiture je suis tombé sur le Affaires sensibles consacré au naufrage du Koursk en 2000 (rediffusion d’une émission de 2016) :
    https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-jeudi-10-mars-2022

    Alors si c’était pas France Inter, j’aurais eu des gros doutes sur le sérieux de ce qui s’y raconte. (Affaires sensibles, c’est un peu comme Rendez-vous avec X, des fois je sais pas trop.) Mais cette émission, pfiou…

    Je vois que le documentaire de l’intervenant sur ce sujet, datant de 2005, est en ligne sur Canal-U (avec logo République française, je ne sais pas ce qu’est ce site) :
    https://www.canal-u.tv/chaines/cerimes/koursk-un-sous-marin-en-eaux-troubles

  • Le Libéria tente de sauver le Pangolin
    https://www.franceinter.fr/emissions/sous-les-radars/le-bruit-du-monde-sous-les-radars-du-mercredi-02-mars-2022

    Le #pangolin cet animal accusé d’avoir été le point de départ de la pandémie de COVID 19 (ce qui n’a jamais été prouvé) est en danger ! Cette petite boule d’écailles consommée depuis toujours pour sa viande tendre au goût sucré est aussi l’objet d’un juteux trafics en Asie. Les écailles sont utilisées en médecine traditionnelle même si leur efficacité n’est pas avérée. Elles s’arrachent donc et en moyenne le kilo d’écailles est revendu quelques centaines d’euros. Une grosse somme pour les libériens, pays en proie aux crises et dont le simple fait de se nourrir est parfois un challenge.

    https://monpangolindavril.tumblr.com/post/617749136798892032

  • Poutine dit vouloir « dénazifier » l’Ukraine mais bombarde à côté d’un mémorial juif
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-monde-d-apres/le-monde-d-apres-de-jean-marc-four-du-mercredi-02-mars-2022

    Même si de nouveaux pourparlers sont annoncés, les combats continuent en #Ukraine. Et hier on a vu une frappe russe sur la zone d’un #mémorial_juif à #Kiev. Un acte qui renvoie un miroir très troublant aux propos de #Poutine sur la « dénazification » de l’Ukraine.

    https://twitter.com/HolocaustMuseum/status/1498792214230712326

    We stand with the Ukrainian people and condemn the continued Russian attacks on innocent lives. Russia’s distortion of the Holocaust as a pretext to invasion and today’s damage inflicted on #BabynYar are grave threats to #Holocaust_memory.

    https://encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/kiev-and-babi-yar

    On September 19, 1941, German forces entered the city of Kyiv (Kiev), the capital of Ukraine. Along with a large part of German-occupied Ukraine, the city was incorporated into the Reichskommissariat Ukraine which had been established on September 1 with Erich Koch as administrator (Reichskommissar).

    Before the German invasion, some 160,000 Jews resided in Kyiv. This was approximately 20 percent of the total population of the capital. Following the start of Operation Barbarossa in June 1941, approximately 100,000 Jews fled Kyiv or were already serving in the Soviet military. By the time the Germans occupied Kyiv, there were about 60,000 Jews remaining in the city. Most of those who remained had been unable or unwilling to flee earlier. This included mostly women, children, the elderly, and those who were ill.

    #Shoah #néonazis

  • La modération : défis et dilemmes
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-code-a-change/la-moderation-defis-et-dilemmes

    La haine en ligne, quand on la subit, ça fait un drôle d’effet. Xavier de la Porte a dû attendre 15 ans de réseaux sociaux pour que ça lui arrive.

    La haine en ligne, quand on la subit, ça fait un drôle d’effet.

    Jusque-là, quand je m’étais fait insulter, je m’en étais toujours sorti, soit par la diplomatie (ça marche dans la plupart des cas, il faut le noter), soit en faisant semblant de ne pas voir (le déni est une activité que je pratique à merveille dans plein d’autres parties de ma vie… ça marche très bien aussi).

    Je crois n’avoir jamais insulté personne en retour. Pas du tout par amour de l’humanité, mais à cause d’une sorte de réflexe aristocratique qui rendrait certains propos indignes de moi. Je ne suis pas fier de ce réflexe, mais c’est comme ça.

    L’émission souligne les enjeux et questions autour de la modération en ligne.

    #SNT #NSI #EMC #Réseauxsociaux #Internet

  • Caroline Michel-Aguirre - Matthieu Aron : « Emmanuel Macron parle comme les consultants, il pense comme eux »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-15-fevrier-2022

    « Les infiltrés », ce sont les consultants qui ont pris, selon les auteurs de cette enquête, ont pris le contrôle de l’État et mis les ministères sous emprise. Matthieu Aron parle d’un « putsch rampant » et d’un « suicide assisté de l’État ». Pourquoi est-ce si grave ? « D’abord parce qu’on n’est pas au courant, c’est un système qui s’est mis en place sur une quinzaine d’années : comment on a confié la stratégie, l’organisation, toutes les clés de la maison à des cabinets de conseil. D’une part, on ne le sait pas ; d’autre part, ces cabinets n’ont aucune légitimité démocratique. On ne va pas voter en avril prochain pour tel ou tel cabinet de conseil », dit le grand reporter.

    #consulting #corruption #impéritie (des élu·es mandaté·es par le « suffrage universel »)

    https://www.nouvelobs.com/politique/20220214.OBS54458/les-infiltres-revelations-sur-l-emprise-des-cabinets-de-conseil-sur-l-eta

    #paywall

    • « Les Infiltrés » : révélations sur l’emprise des cabinets de conseil sur l’Etat
      https://www.nouvelobs.com/politique/20220214.OBS54458/les-infiltres-revelations-sur-l-emprise-des-cabinets-de-conseil-sur-l-eta

      Dans « les Infiltrés », Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, grands reporters à « l’Obs », lèvent le voile sur le monde aussi secret que puissant des consultants qui ont pris le pouvoir au coeur de la Santé, la Défense, l’Education, et dans bien d’autres secteurs stratégiques. Le livre sort le 17 février. Extraits exclusifs.

      C’est le récit d’un putsch progressif. L’histoire cachée d’un renoncement. Celui de l’Etat, obligé de recourir à des cabinets de conseil privés pour mener à bien ses missions. Tout cela à cause des économies budgétaires, préconisées et mises en oeuvre par... ces mêmes cabinets de conseil. Jamais un livre n’avait encore mis au jour ce système. En juin 2021, Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre avaient fait la une de « l’Obs » avec leurs premières révélations sur « la République des consultants ». Depuis, une commission d’enquête du Sénat a été ouverte, le nom de l’un de ces cabinets - McKinsey - est devenu le synonyme du désengagement de l’Etat et le gouvernement qui craint que ce thème ne devienne un sujet de campagne a promis en catastrophe de réduire l’enveloppe allouée à ces dépenses. Nos deux journalistes ont poursuivi leurs investigations et multiplié les découvertes. Ils en tirent un ouvrage effarant, intitulé « les Infiltrés » (Allary Editions, en librairie le 17 février).

      Extraits exclusifs (les intertitres sont de la rédaction).

      Des dépenses secret-défense

      Les ministères ne communiquent pas sur leurs frais en consulting. En mai 2021, c’est à Amélie de Montchalin, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, chargée de superviser les plus importants marchés, que nous demandons le montant de ces dépenses. Sa réponse est aussi simple que courte : elle n’en sait fichtrement rien. [...] De longues journées ont été consacrées à éplucher, un à un, les appels d’offres lancés par l’Etat. Ont ainsi défilé sous nos yeux des milliers de contrats portant sur des conseils pour la refonte de services publics, pour la rationalisation du système de santé, pour la réduction d’effectifs dans l’administration... Compte tenu de leur diversité, il nous a été impossible d’agréger cette constellation de marchés avec une absolue précision. On peut juste donner une fourchette : les sommes versées aux cabinets de conseil oscillent entre 1,5 et 3 milliards d’euros par an. Soit, au plus haut de cette moyenne, l’équivalent du budget du ministère de la Culture. La lutte anti-Covid sous tutelle de McKinsey Les Français ont découvert le général Jean-Claude Gallet, son visage gris de fatigue, sa voix lasse mais ferme, le 15 avril 2019, au soir de l’incendie de Notre-Dame. Près d’un an plus tard, le gouvernement le rappelle au chevet de la nation. Le général doit, en extrême urgence, trouver des masques, répertorier les respirateurs et décider dans quels hôpitaux les positionner au plus près des besoins. Au petit matin du 13 mars, le sauveur de Notre-Dame débarque au ministère de la Santé. « Effroi », racontera-t-il plus tard. Le pays traverse un tsunami sans précédent, les services de réanimation risquent la saturation, l’officier s’attend à trouver une atmosphère de ruche bourdonnante. Il découvre des bureaux déserts. [...] A la place des cadres qu’il espérait, on lui impose deux consultants d’un grand cabinet de conseil. Ils doivent l’accompagner dans sa mission, l’aider à établir l’ordre du jour de ses réunions. Le militaire, déstabilisé par cette interférence, tente de résister à cette intrusion du secteur privé. « Et puis, nous raconte l’un de ses proches, il a fini par comprendre que c’était impossible. Il lui a semblé que dans ces conditions il ne pouvait se rendre utile, il a fini par partir. » Ce grand cabinet de conseil américain, positionné au coeur des décisions stratégiques de l’Etat français, c’est McKinsey. Son implication aux côtés du gouvernement va rester l’un des secrets les mieux gardés de la République pendant presque un an. [...] En décortiquant ces 47 commandes passées [par le ministère de la Santé à sept grands cabinets, NDLR] en dix-huit mois, en analysant leur nature, les dates, leur rythme, on reste hagard. On peut quasiment suivre au jour le jour l’immixtion des cabinets de conseil dans la manière dont l’Etat a géré la crise. Macron, le président-consultant « Emmanuel Macron ? C’est l’idole des consultants ! Tout simplement parce qu’il est comme eux. » Alain Minc nous livre ce diagnostic en octobre 2021, lorsque nous l’interrogeons sur le rapport singulier du chef de l’Etat avec les « infiltrés ». Paroles de connaisseur ? L’essayiste libéral, qui murmure depuis cinquante ans à l’oreille des politiques et des grands patrons, a presque vu grandir « Emmanuel ». [...] « Au ministère de l’Economie, se souvient-il, il les fait déjà rêver. Il s’habille comme eux, il pense comme eux, il connaît leurs codes, les fondements de leurs métiers... » Emmanuel Macron, superconsultant ? Sa pensée politique, disent ceux qui ont essayé - souvent en vain - de la définir, est avant tout une méthode de gouvernance, un pragmatisme, un process, un « en même temps » qui s’embarrasse peu d’idéologies ou plus exactement prétend en faire fi. [...] Devenu président, Emmanuel Macron parachève cette posture, comme s’il en devenait l’une des formes les plus abouties. Une boîte à idées sous influence La chose est peu connue mais les consultants ont aussi investi l’un des think tanks les plus réputés de la place : l’Institut Montaigne. Ce cercle d’inspiration libérale, dirigé par l’essayiste Laurent Bigorgne, soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne de 2017 et ami de longue date du président, est en partie financé par les dons défiscalisés d’une quinzaine de grands cabinets dont Accenture, Advancy, Bearing Point, Capgemini, Eurogroup Consulting, Kearney, KPMG, Mazars, McKinsey, Roland Berger, Boston Consulting Group, ou Wavestone. Peu connu aussi, à moins de lire la presse spécialisée, le fait que ces cabinets réalisent certaines études estampillées par l’Institut. Pour ces cabinets, « Montaigne » fait tout autant office de label que de caisse de résonance. En certifiant leurs réflexions, le think tank en facilite la « reprise médias ». Certaines problématiques surgissent ainsi dans le débat public. Selon le site spécialisé (et très bien informé) Consultor, les entreprises de consulting ont été à l’origine de 20 % des travaux publiés par le think tank entre juillet 2019 et juillet 2020 : le BCG s’est penché sur l’emploi en Seine-Saint-Denis, Roland Berger sur l’équilibre du système de retraite, Kearney sur la spécificité du mutualisme à la française. Pour sa part, McKinsey a cogité sur la numérisation de la santé, dessinant un avenir radieux pour les entrepreneurs du numérique et anticipant un marché à venir de 22 milliards par an. L’aspirateur à futures élites A Polytechnique, Centrale ou HEC, les cabinets de conseil rivalisent de moyens pour attirer les meilleurs. Et ça marche. La CGE, la conférence des grandes écoles, qui examine chaque année le devenir des étudiants des établissements les plus prestigieux, indique qu’en 2020 30 % d’entre eux ont opté pour le consulting, à l’issue de leur scolarité. Près d’un tiers, c’est énorme et c’est aussi, à bas bruit, une mini-révolution. En 2007, seulement 7 % de ces diplômés choisissaient ce domaine d’activité. Le métier de consultant est l’un des plus prisés, supplantant les carrières offertes par la banque ou la finance, et loin devant les secteurs « traditionnels » de la construction, des transports, de l’énergie ou des services publics. Pour attirer les jeunes générations, certains cabinets, dotés d’un budget « grandes écoles » de plusieurs centaines de milliers d’euros annuels, se sont, pour ainsi dire, installés au coeur des établissements, nouant avec eux divers partenariats ou incitant leurs partners à donner des cours. Ainsi, Karim Tadjeddine, l’associé de McKinsey, si actif dans la campagne d’Emmanuel Macron, a non seulement participé à la préfiguration de l’Ecole des Affaires publiques - une émanation de Sciences Po -, mais il y dispense aussi aujourd’hui l’enseignement sur « la conduite du changement ».

      Entrer dans un ministère, guide pratique

      Mettre un pied dans la porte, tisser sa toile, se rendre indispensable. C’est le b.a.-ba du métier. Arnaud Montebourg a pu constater, quand il était au gouvernement entre 2012 et 2014, comment les consultants ont investi les couloirs des cabinets ministériels : « Ils ont des idées tous les jours. Et toujours un truc à vendre. "Tiens, tu devrais faire cette politique". Ou alors ils s’adressent aux directeurs de cabinet à coups de slides, de PowerPoint... Ils sont comme les banquiers d’affaires en quête de deals. » Véronique B., rigoureuse haute fonctionnaire qui était jusqu’à récemment à la tête de l’une des directions les plus emblématiques de l’Etat, témoigne de la même infiltration. « Ils viennent vous faire des propositions en permanence. Ils vous font miroiter des solutions miracles, alors on finit par craquer. On leur commande des micro-études, qu’on s’arrange pour payer moins de 40 000 euros [le seuil qui oblige l’Etat à rendre public un marché]. Ensuite, quand ils nous rendent leurs premières conclusions, la proposition est toujours belle et, là, la mécanique s’enclenche pour un contrat en bonne et due forme avec à la clé un marché plus conséquent. Forcément, on va choisir le consultant qui nous a fait la première offre. Donc, il n’y a pas réellement de concurrence. » Arnaud Montebourg se montre encore plus critique. Même si, en tant que ministre, il a lui aussi payé des cabinets, il voit désormais dans cette montée en puissance du consulting rien de moins qu’« une forme d’escroquerie ». Quand Véran copie McKinsey Connaissez-vous la médecine des 5 P ? C’est celle qui doit « permettre à la France de se projeter dans le futur », explique Olivier Véran, le 18 octobre 2021, en présentant son plan de 650 millions d’euros pour la santé numérique. Une « médecine des 5 P : Personnalisée, Préventive, Prédictive, Participative et des Preuves », détaille le ministre. Mais où a-t-il été pioché pareil slogan ? Chez McKinsey ! Un an plus tôt, dans une étude intitulée « E-santé : augmentons la dose ! », réalisée pour l’Institut Montaigne, le cabinet américain préconisait, en effet, pour faire des milliards d’économie, de s’engager à fond dans « la médecine des 4 P : Prédictive, Préventive, Personnalisée et Participative ». Le ministre se sera donc contenté d’ajouter un P... Le général qui passe à l’ennemi En mars 2018, l’information n’a pas fait les gros titres. Et pourtant... Ce printemps-là, Pierre de Villiers, l’inflexible général qui, huit mois plus tôt, a dit non à Emmanuel Macron et démissionné - du jamais-vu depuis un demi-siècle ! - de son poste de chef d’état-major des armées pour protester contre la nouvelle cure d’austérité imposée aux militaires, l’apôtre de la souveraineté nationale intègre... un cabinet privé américain. Le voilà qui devient senior advisor au sein de l’un des plus grands groupes de conseil du monde, le Boston Consulting Group. [...] Le Boston Consulting Group paie 5 000 euros chacune de ses demi-journées de travail, à raison d’un jour de présence en moyenne par semaine. Le général y restera près de trois ans, jusqu’en février 2021. [...] En avril 2019, sur le site spécialisé Consultor, il explique que son changement d’orientation professionnelle a été validé par la commission de déontologie et qu’il ne « traite avec aucun groupe lié à la Défense ». Le Cinq-Etoiles laisse échapper quelques intéressantes confidences : « Entre 2008 et 2015, l’armée a supprimé 50 000 postes de fonctionnaires, c’est-à-dire 60 % du total de la suppression des postes de fonctionnaires au sein des services de l’Etat. » [...] « 50 000 postes, ce n’est pas rien », poursuit l’interviewé qui, dans la foulée, confesse : « Je me suis fait aider par des experts venus de l’extérieur, car il est par instant indispensable d’avoir un regard neuf. » Ainsi, l’ex-Cema [chef d’état-major des armées], qui a claqué la porte avec un tonitruant communiqué sur le manque de moyens alloués aux militaires, se pose soudain en défenseur de cabinets de conseil - lesquels ont, tout au long de ces quinze dernières années, anticipé, pensé, programmé puis accompagné la « modernisation » de l’armée. C’est-à-dire la réduction de ses effectifs, corrélée, comme dans une ronde infernale, à la présence accrue des consultants.

      Kafka à la communication gouvernementale

      Parmi la kyrielle de contrats que nous avons examinés, celui qui a été enregistré au « Journal officiel » le 19 août 2020 mérite un coup de projecteur. Cette histoire surréaliste, qui n’a jamais été racontée, résume assez bien les errements du 20, avenue de Ségur [l’adresse du Service d’Information du Gouvernement, le SIG]. « A l’origine de cette commande, nous confie une ancienne fonctionnaire du SIG, il y a le traumatisme provoqué par la crise des "gilets jaunes". » Marion Burlot, à l’époque numéro 2 du SIG, propose donc à son directeur, Michaël Nathan, de mettre sur pied un petit groupe de personnalités, toutes choisies en dehors de l’administration. Cet aréopage, lui dit-elle, devra plancher sur les ratés de la communication gouvernementale et plus globalement sur la fracture démocratique. Pour constituer cette mini-assemblée, Marion Burlot, qui a aussi été responsable du service de presse de François Hollande, prévoit de s’appuyer sur son carnet d’adresses et sur celui des membres du SIG. Elle veut organiser des rencontres avec des chefs d’entreprises, des associatifs, des universitaires, des syndicalistes, etc., sans que cela ne coûte un sou aux contribuables, sauf peut-être, quelques notes de frais à 50 euros, pour des déjeuners au restaurant. Michaël Nathan trouve cette idée excellente, à une nuance près : le Service d’Information du Gouvernement est selon lui débordé et il juge plus rationnel de solliciter un cabinet de conseil pour sélectionner les personnalités invitées à réfléchir sur la fracture qui coupe la France en deux. Aussitôt dit, un appel d’offres est lancé au printemps 2020. Montant de la facture ? Astronomique. 1,8 million d’euros !

      « Les Infiltrés », par Matthieu Aron et Caroline Michel-Aguirre, Allary Editions

  • À l’assaut des #abysses !
    https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-09-fevrier-2022

    […] les abysses représentent aujourd’hui un eldorado. Les grands fonds regorgent de ressources minières enfouies parfois à 6 kilomètres sous l’eau. Des nodules polymétalliques, qui contiennent du fer et du manganèse, du cuivre, du cobalt et du nickel ; des encroûtements cobaltifères qui contiennent du cobalt mais aussi des métaux précieux ou rares... De quoi pallier à l’épuisement des #ressources terrestres.

    Pour les industriels, c’est donc une formidable opportunité, surtout à l’heure où la transition énergétique va demander de plus en plus de ressources, notamment pour les batteries des voitures électriques. Pour les ONG, ce soudain engouement pour les abysses pourrait avoir des conséquences importantes et potentiellement irréversibles sur les écosystèmes des fonds marins.

    À l’heure actuelle, l’exploitation de ces ressources n’a pas encore commencé. L’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) délivre au compte-gouttes des permis d’exploration, afin de pouvoir juger des risques éventuels de forages miniers pour la biodiversité marine. Aucun permis d’exploitation ne sera accordé tant qu’un code minier ne sera pas établi. Et celui-ci se fait attendre, au gré de négociations qui trainent.

    Et pendant que les ONG appellent à un moratoire sur l’extraction de ressources minières en eaux profondes, des pétroliers se positionnent déjà pour se lancer à l’assaut des abysses.

  • « Ma femme a du crédit » : documentaire éclairant sur le crédit social en Chine
    https://www.franceinter.fr/emissions/capture-d-ecrans/capture-d-ecrans-du-lundi-07-fevrier-2022


    Lulu Cheng et son mari, le journaliste Sébastien Le Belzic. © Hikari / LCP

    Sébastien Le Belzic est un journaliste français installé en Chine et marié à une femme chinoise. Il montre, dans un documentaire en immersion dans leur vie quotidienne, comment fonctionne la surveillance de masse en Chine. A voir sur LCP.

    ce soir à 20h30 sur LCP

  • La théorie de l’immunité naturelle et les dangers du discours eugéniste – France Inter – Baptiste Beaulieu, 07/02/2022
    https://www.franceinter.fr/emissions/alors-voila/alors-voila-de-baptiste-beaulieu-du-lundi-07-fevrier-2022

    On devrait dire « les systèmes immunitaires » car il y en a autant que d’individus. Nous n’avons pas tous le même système immunitaire et l’idée qu’il peut se réparer tout seul, à condition de rompre avec notre mode de vie actuel, est une idée essentialisante et dangereuse…

  • Histoire de
    par Patrick Boucheron
    dimanche 30 janvier 2022

    Un trou de mémoire à Jérusalem
    https://www.franceinter.fr/emissions/histoire-de/histoire-de-du-dimanche-30-janvier-2022

    Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem . C’est le titre du livre de Vincent Lemire qui établit contre la thèse officielle, que la destruction du quartier maghrébin, a été programmée et planifiée par les Israéliens dans la nuit du 10 au 11 juin 1967.


    Vincent Lemire, Au pied du mur. Vie et mort du quartier maghrébin de Jérusalem (1187-1967), Seuil, 2022.
    #Jerusalem #1967