#é-u

  • « La façon dont Trump utilise la présidence pour capter de manière flagrante de la richesse pour sa famille et lui n’a pas de précédent », selon l’historien Richard White
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/30/la-facon-dont-trump-utilise-la-presidence-pour-capter-de-maniere-flagrante-d

    Le retour à la Maison Blanche du milliardaire républicain rappelle l’époque des barons voleurs, au XIXᵉ siècle, lorsque des industriels bâtissaient des empires grâce à la #corruption, explique Richard White, professeur d’histoire émérite à l’université Stanford, en Californie.

    Lorsque, à l’automne 2025 Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, a repris du service diplomatique pour son beau-père entre Israël et les pays du Golfe, tout en menant ses #affaires avec les politiques et familles régnantes de la région, bien peu se sont offusqués. De même, l’Amérique est restée indifférente, début mars, lorsque furent révélés les investissements des fils du président, Don Jr et Eric, dans des sociétés de drones susceptibles de recevoir des commandes du Pentagone. Les sommes en jeu ne sont pourtant pas minces. Les actions de Don Jr dans la société Unusual Machines, dont il est devenu conseiller à la fin de l’année 2024, et acquises pour 200 000 dollars (173 000 euros), en valent, si elles n’ont pas été revendues, 4 millions depuis que la société a décroché un contrat du Pentagone. Comme si #népotisme, conflits d’intérêts et #délits_d’initiés étaient devenus acceptables aux Etats-Unis sous Donald Trump.

    « Il y a déjà eu énormément de corruption par le passé, ce n’est pas nouveau, mais la façon dont Trump utilise la présidence pour capter de manière flagrante de la richesse pour sa famille et lui n’a pas de précédent », s’afflige Richard White, professeur d’histoire émérite à l’université Stanford (Californie) et spécialiste de la corruption au XIXe siècle. Sans cesse, l’ère Trump rappelle celle de « l’âge doré » (Gilded Age) dont le président a la nostalgie – ou plutôt « l’âge doré en toc », pour reprendre l’expression narquoise de l’écrivain Mark Twain (1835-1910), cette période d’#enrichissement et de corruption qui s’étend de la guerre de Sécession (1861-1865) au sursaut progressiste de Théodore Roosevelt (1901-1909).

    [...]

    La conquête du monde numérique et de l’intelligence artificielle a un goût de déjà-vu : elle rappelle la conquête de l’Ouest, par le chemin fer, avec l’exploitation de terres et de ressources immenses, qui va donner aux politiciens un pouvoir considérable. Cette époque de corruption et de partage fut qualifiée de « grand barbecue » par l’historien progressiste Vernon Parrington (1871-1929). « C’est exactement ce qui se produit aujourd’hui, bien que le processus soit plus sophistiqué », estime Richard White.

    Il cite le transfert vers le privé du programme spatial américain, à Elon Musk (SpaceX) et à Jeff Bezos (Blue Origin) ou le développement de toutes sortes de technologies concédées sous licence à des acteurs privés qui les utilisent pour « bâtir d’immenses fortunes privées ». « Il s’agit là de l’échec de la sphère politique – et de l’échec du peuple américain – à prendre conscience que ce qui relève du domaine public mérite une certaine préservation », accuse Richard White.

    https://justpaste.it/ndh0t

    #É-U #riches #usines_à_fric : #armement #immobilier #technologies #IA

  • Multipolarity, Diego Garcia, and the PGM Revolution
    https://www.un-diplomatic.com/p/multipolarity-diego-garcia-and-the

    There has been a technological shift toward precision-guided munitions (PGMs, drones and missiles) over the past 30 years. It’s a global shift that the US spearheaded. And it makes every clever military capable of cheaply countering traditional techniques of power projection.

    [...]

    Some call this military-technical shift a “revolution in military affairs,” but I think it’s better understood as a shift toward a multipolar distribution of global power. And we’re seeing what that looks like in two aspects of #Iran’s military strategy.

    The first is the ease with which a highly degraded Iranian military has been able to exercise control of the Strait of Hormuz.

    Using precision-guided munitions (drones and short-range missiles), Iran struck only 16 ships and was able to declare itself in control of the Strait, holding at risk enemy ships and allowing safe passage of ships that met their terms (which were, incidentally, denominating transactions in Chinese Yuan, thereby routing around US dollar supremacy, which has historically been a pillar of US primacy). Without PGMs, Iran could not exercise control over the Strait. It could not degrade US air defenses. It could not harass US ships. It’s all counter to American power projection and anathema to American primacy.

    The second aspect of Iranian military strategy that illustrates the price of primacy under conditions of multipolarity is the latest news: Iran launched two intermediate-range ballistic missiles at #Diego_Garcia, a base that hosts US B-52 nuclear-capable bombers some 3,800km away. As Israeli Chief of Staff Zamir just reported: “Yesterday, Iran launched a two-stage intercontinental ballistic missile [should say IRBM] with a range of 4,000 kilometers toward an American target on Diego Garcia Island. These missiles are not intended to strike Israel. Their range reaches European capitals—Berlin, Paris, and Rome are all within direct threat range.

    These missiles are not intended to strike Israel” is right. They’re intended to hold at-risk outside powers who have enough hubris to project power from far away lands into the Middle East. The US can’t fight from standoff range with impunity if enemy IRBMs can potentially hit something as strategically valuable as B-52 bomber bases 3,800km away.

    The world is awash in drones, missiles, sensors, lasers, and GPS technology. That fundamentally affects the ability to “dominate” and changes what kind of politics are possible. The technological landscape has shifted the distribution of power in concrete ways.

    My point is this: America’s share of global power is less than at any point since the Cold War. The reality of multipolarity does not permit US primacy, even though that’s unambiguously what the United States continues to pursue. The US can adapt to multipolarity peacefully, or it can fight in (and probably lose) high-casualty wars.

  • Dans une « cuisine communautaire » de New York, aux premières loges de la crise du pouvoir d’achat aux Etats unis
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/12/12/dans-une-cuisine-communautaire-de-new-york-aux-premieres-loges-de-la-crise-d


    La cheffe Sheri Jefferson aide à la préparation de repas chauds, dans la « cuisine communautaire » de la Food Bank NYC à Harlem, située au 252 West 116th Street, à New York, le 3 décembre 2025. PAOLA CHAPDELAINE POUR « LE MONDE »

    Dans la première puissance économique mondiale, où les prix des biens de consommation, comme ceux de l’alimentation, ont explosé depuis l’époque du Covid-19, 41 millions de personnes dépendent de coupons, versés par l’Etat, pour manger à leur faim tous les jours.

    [...]

    Selon les chiffres du rapport annuel [de la Food Bank for NYC, la plus grosse association d’aide alimentaire de la ville], quelque 1,3 million d’habitants, sur les 8 millions que compte l’agglomération la plus riche du monde, bénéficient d’une façon ou d’une autre d’une assistance de cette organisation.

    https://justpaste.it/lv1oq

    #reportage_photot #pauvreté #É-U #alimentation #coupons_alimentaires

  • See the White House’s East Wing demolition from satellite images | CNN
    https://www.cnn.com/2025/10/23/us/east-wing-white-house-satellite-photos-invs
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/october-28-2024.jpg
    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/october-23-2025.jpg
    The White House on October 28, 2024 and on Thursday.
    Planet Labs PBC

    As excavators dug into the side of the White House this week, photos and videos made clear just how dramatically President Donald Trump’s plans to build a new ballroom will affect the historic structure.

    Now, satellite images offer a new perspective on the scope of the work.

    A satellite image taken Thursday morning shows the entire East Wing of the White House has been demolished. Piles of debris outline where the building, which traditionally served as the office of the First Lady, once stood.

    In a spot that previously housed a portico, an excavator can be seen consolidating the rubble to be hauled away. The colonnade that led from the Executive Residence to the East Wing has also been nearly removed, with only the last section, which touches the Residence, remaining.

    Nearby, construction for the ballroom that will replace the East Wing is already underway. A small area that could be part of the new building’s foundation has been excavated, and a cement mixer can be seen waiting in front of the Treasury Department.

    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/ap25296603874064.jpg
    Construction workers, bottom right, stand atop the US Treasury building and watch as demolition work continues on the East Wing of the White House, on Thursday, October 23. The demolition is part of President Donald Trump’s plan to build a ballroom on the eastern side of the White House.
    Jacquelyn Martin/AP

    (la galerie contient 13 photos)

    • ... c’est sous Theodore Roosevelt, en 1902, que l’aile Est a pris la forme qu’on lui a connue ces dernières décennies. Puis Franklin D. Roosevelt ajouta en 1942 de nouveaux bureaux pour accompagner l’explosion du personnel présidentiel — décision elle aussi controversée car prise en pleine Seconde Guerre mondiale. FDR profita aussi de cette extension pour creuser un refuge souterrain : le Presidential Emergency Operations Center. (...)

      [...]

      Les historiens regrettent quant à eux, au-delà de l’absence de décision collective et d’implication du Congrès, le changement de nature de l’édifice. « C’est contraire à la vision des Pères Fondateurs de l’Amérique », a ainsi averti dans nos colonnes Edward Lengel, historien, ancien responsable (2016 à 2018) de la White House Historical Association, la fondation privée qui veille à la préservation de l’histoire de la #Maison_Blanche.

      « Avant d’être un lieu de pouvoir, la Maison Blanche a d’abord été une résidence pour les Présidents, mais aussi symboliquement la maison du peuple, poursuit l’historien. Jusqu’à la guerre civile (1861-1865), elle était accessible aux Américains, qui pouvaient y entrer sans aucun contrôle de sécurité. Elle avait été pensée comme un contraste au palais de Versailles. Elle ne devait pas être au-dessus des gens. En faire un lieu pour distraire les dignitaires et les élites est à l’opposé de ce que la Maison Blanche symbolise pour les Américains. »

      https://www.leparisien.fr/international/etats-unis/bureaux-de-la-premiere-dame-cinema-bunker-cetait-quoi-laile-est-de-la-mai

      Trump, hors-la-loi, en son bunker
      https://www.leshumanites-media.com/post/trump-hors-la-loi-en-son-bunker

      Donald Trump aussi connaît l’endroit. Le 29 mai 2020, en plein mouvement Black Lives Matter, alors que des milliers de manifestants se rassemblaient devant les grilles de la Maison-Blanche et que plusieurs affrontements avaient éclaté à Lafayette Square, le Secret Service avait décidé d’évacuer le président, ainsi que Melania et Barron Trump, vers le PEOC par mesure de sécurité.​ Selon plusieurs sources de presse (AP, New York Times, CNN, Washington Post), Trump serait resté dans le #bunker environ une heure, avant de regagner ses appartements.

      Un laps de temps suffisant pour lui donner des idées ? D’après plusieurs sources de CBS News citées depuis le 22  octobre  dernier, le bunker situé sous l’aile Est de la Maison-Blanche sera modernisé dans le cadre du vaste chantier de reconstruction lancé par Trump. Les journalistes de CBS (notamment Jennifer  Jacobs, correspondante à la Maison-Blanche) ont confirmé que la White House Military  Office supervise directement cette "rénovation", parallèlement à la démolition complète de l’aile  Est et à la construction de la nouvelle salle de bal présidentielle. On n’en saura pas plus : c’est « secret défense ». Après les journalistes, même les membres du Congrès seront tenus à l’écart. Après avoir entrepris de purger l’armée de tout élément déloyal, le secrétaire d’État à la Guerre, Peter Hegseth e exigé le 15 octobre que toute interaction avec les membres du Congrès, leurs collaborateurs ou les médias soit validée par l’Office of Legislative Affairs du département de la Défense. Le texte stipule que «  toute communication non autorisée pourrait compromettre les priorités du Département essentielles à l’atteinte de nos objectifs législatifs  »

      On n’en saura pas davantage sur les plus 70 millions de dollars d’« armes légères, munitions et accessoires de munitions » affectés à l’ICE (police de l’immigration) depuis le 20 janvier. Gaz lacrymogènes, balles en poivre ? Que recouvrent exactement les « armes chimiques » qui figurent parmi les ordres de commande ? S’agit-il d’aller débusquer le narcotrafiquant dans la jungle amazonienne ou colombienne ? De traquer le migrant clandestin dans la jungle urbaine de Chicago, Los Angeles ou New York ? Ou, plus vraisemblablement, de mater l’« ennemi intérieur » qui s’époumone en « No Kings » ? Car, selon toute vraisemblance, ce redoutable « ennemi intérieur » s’apprête à remporter dans les grandes largeurs les prochaines élections de mi-mandat (midterms) dans un an, le 23 novembre 2026. Donald Trump ne peut pas perdre ces élections ; il perdrait alors sa majorité au Congrès. Mais il ne peut non plus les gagner. Seule solution : les annuler, en invoquant un cas de force majeure (une insurrection ?) qu’il aura lui-même provoqué. Réfugié dans son bunker archi-sécurisé et modernisé de la Maison-Blanche, il tiendra jusqu’au bout du bout.

      #É-U

    • « L’extravagante salle de bal que veut créer Trump à la Maison Blanche cristallise son exercice clinquant et brutal du pouvoir », Michel Guerrin, rédactrice-rédac chef
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/12/l-extravagante-salle-de-bal-que-veut-creer-trump-a-la-maison-blanche-cristal

      On peut s’attendre à tout avec Donald Trump, mais de là à faire subir un tel sort à la #Maison_Blanche… Le président américain vient de détruire une aile entière au bulldozer dans le but de la remplacer, d’ici à 2029, par une salle de bal grande comme un terrain de football. L’opacité du projet, sa rapidité, sa brutalité, et l’on en passe, tout cela dit beaucoup des méthodes du président américain, de sa personnalité, de ses goûts. Et de la façon dont ce pays considère son patrimoine architectural.
      Car dans un pays neuf, où le droit d’auteur est relatif et le patrimoine tout autant, on gomme aisément pour construire autre chose. Cette fois, pourtant, l’émoi aux Etats-Unis est grand. Plusieurs sondages montrent que les deux tiers, voire plus, de la population s’indignent d’une Maison Blanche amputée de son aile est, celle de droite quand on admire la façade. C’est lié au choc des photos, publiées le 20 octobre. Deux étages réduits à des gravats.

      La Maison Blanche est le bâtiment le plus célèbre du pays, un des plus aimés aussi. Des associations d’architectes et d’historiens ont pris la plume pour dire leur indignation. Et pour rappeler l’histoire de la Maison Blanche en général, et celle de son aile est en particulier, construite en 1902, rénovée en 1942, qui abritait de multiples bureaux dont celui de la première dame, avec un bunker en sous-sol, sans avoir le prestige de son pendant, à l’ouest, abritant le bureau Ovale – que Donald Trump a redécoré de manière clinquante.

      La destruction vaut constat stupéfiant, expliqué par le Wall Street Journal du 27 octobre. Il existe une loi américaine de 1966 sur la préservation du #patrimoine_historique et des commissions diverses veillant sur les flambeaux du pays, mais la Maison Blanche (et d’autres bâtiments fédéraux) y échappe. Autrement dit, les bâtiments moyens du pays sont mieux protégés que les exceptionnels. La raison est merveilleuse : le président américain, en lien direct avec les électeurs, est plus légitime à décider du sort de la Maison Blanche qu’une obscure commission.

      Les anciens présidents prenaient néanmoins l’habitude de consulter les experts avant d’ériger un balcon, un portique, un jardin, une piscine, un bowling ou un court de tennis. Harry Truman (1884-1972) a même demandé l’accord du Congrès avant de lancer de gros travaux dans les années 1940. Trump, lui, s’assoit sur des décennies de bonnes pratiques en toute légalité, ne demandant l’avis de personne. Il pourrait détruire la Maison Blanche tout entière s’il le voulait. Il ne se comporte plus en locataire mais en propriétaire d’une « Maison du peuple » qui ne l’est plus vraiment.

      Coût en constante augmentation

      Trump avait promis que son projet n’affecterait pas la structure globale. Mais le mensonge est un ressort de son ancien métier de #promoteur_immobilier – détruire pour reconstruire, sans larmes pour le passé. A New York, en 1980, afin d’ériger sa Trump Tower sur la Ve Avenue, il démolit un superbe immeuble Art déco et les bas-reliefs qu’il avait pourtant promis de donner au Metropolitan Museum of Art.


      Le président américain, Donald Pig Trump, montre une représentation de sa proposition de salle de bal à la Maison Blanche, lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à Washington, le 22 octobre 2025. ALEX WONG / GETTY IMAGES VIA AFP

      Venons-en au projet de salle de bal. Il est légitime sur le principe. La Maison Blanche ne pouvant accueillir que 140 convives, des tentes temporaires sont plantées sur la pelouse sud pour les gros dîners d’Etat, avec cuisine extérieure, chauffage d’appoint et toilettes portables – indigne d’une superpuissance, dit-on, y compris chez les démocrates.

      Pas grand-chose à dire, non plus, sur l’esthétique de la future salle de réception, dans la logique néoclassique du bâtiment : en forme de temple grec, avec colonnes, caissons au plafond, fenêtres cintrées, boiseries, lustres, dorures du sol au plafond – non sans lien avec le « nouvel âge d’or », surnom que Trump donne à son règne. L’architecte du projet, James McCrery, est à l’unisson : un trumpiste convaincu, qui place son travail au service de Dieu, et qui a surtout construit des églises.

      Mais voilà, la salle de bal ne cesse de grossir depuis la divulgation du projet, au milieu de l’été, sans en connaître tous les ressorts ni les plans. On est passé d’une capacité de 650 sièges à 1 000 le 15 octobre, 1 350 aujourd’hui. Le coût est à l’unisson : 200 millions de dollars, puis 300 millions, maintenant 350 millions de dollars (environ 298 millions d’euros), apportés un peu par Trump, beaucoup par des donateurs privés, bénéficiant par ailleurs de contrats avec l’Etat fédéral.

      Tout cela peut encore évoluer, d’autant que Trump, véritable maître d’ouvrage de la salle de bal, vient de changer d’architecte, en nommant Shalom Baranes, le premier ne partageant pas sa folie des grandeurs (Washington Post du 5 décembre). Le président des Etats-Unis ne devrait pas plus être contrarié par la Commission nationale de planification de la capitale, qui devrait examiner les plans définitifs, puisqu’il en a récemment changé la plupart des membres [...].

      Mais déjà le projet de Trump est si disproportionné qu’il menace l’intégrité d’une Maison Blanche conçue en 1792 par l’architecte James Hoban : un corps central dominant deux ailes plus basses. Son aile festive sera en effet de 8 360 mètres carrés, soit bien plus que la structure centrale (5 110 mètres carrés). Or, l’âme des lieux repose sur la symétrie classique. Et sur la modestie. La Maison Blanche a été voulue familiale, avec des pièces modestes, exemplaire d’une démocratie, loin des folies de palais présidentiels, royaux ou dictatoriaux. Trump veut au contraire son « moment Louis XIV », écrit Debbie Millman, professeure à la School of Visual Arts, dans le New York Times du 3 octobre, avec un projet extravagant qui cristallise son exercice #clinquant et brutal du pouvoir.

      L’ancien magnat de l’immobilier s’assoit sur l’histoire pour dessiner son image de grand architecte du pays. Sur la forme, il contourne la bureaucratie, faisant de la vitesse une nouvelle norme. Sur le fond, la salle de bal fait écho à son décret pour la « promotion d’une belle architecture civique fédérale », visant à mettre fin à tout geste actuel dans les bâtiments gouvernementaux et au-delà. Et en amputant la Maison Blanche, il fragilise les emblèmes du passé partout dans les villes américaines, qu’ils soient classiques, modernes ou contemporains.

      #architecture

    • Mouvement « No Kings » face à Donald Trump : des manifestations joyeuses, massives mais un aveu d’impuissance
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/19/mouvement-no-kings-face-a-donald-trump-des-manifestations-joyeuses-massives-

      Sept millions de participants, selon les organisateurs, ont défilé samedi lors de 2 600 rassemblements à travers les Etats-Unis pour protester contre les dérives du président républicain.

      [...]

      Il y a dans la légèreté du jour une forme d’aveu d’impuissance, face à un président réélu haut la main il y a moins d’un an, et dont la popularité baisse mais ne s’effondre pas. Les manifestants venus par milliers à San Francisco le reconnaissent : l’Amérique descend dans la rue, mais la bascule n’est pas encore là. « Donald Trump est plus puissant que jamais. Les gens voudraient croire qu’on a touché le fond, mais on est encore sur la pente descendante », estime Edward Emery, 26 ans, artiste peintre, ajoutant que la seule chose qui peut arrêter le président est « une crise cardiaque géante ». « Les gens doivent gérer leur vie au jour le jour, note-t-il. L’administration persécute ceux qui critiquent et pour agir il faut avoir un certain niveau de sécurisation. » Le jeune homme reste pantois face à Donald Trump, un « égoïste, qui est parvenu à vendre l’histoire qu’il défend les laissés-pour-compte ». « Nous devons faire plus, je suis furieuse, renchérit Renee, 30 ans, qui refuse de donner son nom. On n’est même pas à un an, et voyez tout ce que Trump a fait. »

      « Après l’élection, beaucoup de gens ont abandonné, déplore Daniel Johnson, archiviste de 57 ans déguisé en père fondateur de l’Amérique. Lorsque quelqu’un est élu président, on ne l’impeache jamais. On ne peut qu’espérer traverser les quatre ans qui suivent. Mais j’espère que les gens vont se réveiller et que ce week-end va servir de rappel aux Etats-Unis. » Même doute chez David Grosof, scientifique biomédical de 63 ans : « Cela prend du temps avant que les gens ne réagissent. Cela monte, mais je ne sais pas si c’est suffisant. »

      Le président se met en scène en « King Trump »

      Le diagnostic sur le trumpisme est désormais résumé en un mot, fascisme, employé de plus en plus communément. « C’est une prise de pouvoir fasciste, déplore Anita White, photographe retraitée. Nous avons connu des phases dures, [comme le maccarthysme], mais j’ai le sentiment que cette fois c’est pire et c’est un phénomène mondial. » A court terme, elle appelle à approuver la proposition de redécoupage électoral de la Californie pro-démocrate pour faire pendant à celui du Texas pro-républicain, et qui sera soumis au vote des Californiens début novembre.

      [...]

      Donald Trump avait réagi en amont de la manifestation, vendredi sur Fox News, pour contester le mot d’ordre. « Ils disent qu’ils me qualifient de roi. Je ne suis pas un roi. » Le président, qui passait le week-end dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, a changé de registre samedi soir, pour verser dans la vulgarité. Dans une vidéo générée par intelligence artificielle publiée sur son réseau social, il se met en scène, couronne sur la tête, au volant d’un avion estampillé « King Trump », en train de déverser des monceaux d’excréments sur la foule des manifestants.

      #No_Kings #É-U

  • Au Texas, deux suspects poursuivis pour l’attaque d’un centre de rétention inculpés en tant qu’« antifas »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/16/au-texas-deux-suspects-poursuivis-pour-l-attaque-d-un-centre-de-retention-in

    Deux personnes inculpées en juillet pour l’attaque d’un centre de rétention d’immigrés du Texas sont désormais également poursuivies pour « soutien au terrorisme », à la suite de la désignation par Donald Trump de la mouvance « antifa » comme « organisation terroriste », ont annoncé les autorités, , jeudi 16 octobre.
    Initialement, 10 personnes avaient été inculpées pour l’attaque, le 4 juillet, jour de la fête nationale américaine, d’un centre de rétention de la police de l’immigration (ICE) à proximité de Dallas pendant laquelle un policier a été blessé au cou. Elles faisaient l’objet de 6 chefs d’accusation, dont celui de tentative de meurtre d’un agent fédéral pour 3 d’entre elles.

    « Pour la toute première fois : le FBI a arrêté des extrémistes anarchistes violents affiliés à Antifa, et des poursuites pour terrorisme ont été engagées pour l’attaque contre ICE le 4 juillet à Prairieland, au Texas », a commenté sur X le directeur de la police fédérale (FBI), Kash Patel. « Comme le président des Etats-Unis l’a annoncé, Antifa est une organisation terroriste de gauche. Ils seront poursuivis en tant que tels », a renchéri la ministre de la justice, Pam Bondi, sur le même réseau.

    Selon les autorités judiciaires, un des assaillants du centre de l’ICE a tiré 20 à 30 coups de feu en direction des agents pénitentiaires non armés, et plusieurs fusils, gilets pare-balles et talkies-walkies ont été retrouvés sur place.

    Bon, je me trumpe pas sur tout, terrorisme et soutien au terrorisme, c’est pareil.

  • Sylvie Laurent, historienne : « Le maccarthysme était une version mineure de ce qui se joue aujourd’hui aux Etats-Unis »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/10/sylvie-laurent-historienne-le-maccarthysme-etait-une-version-mineure-de-ce-q

    En réalité, #McCarthy est loin d’être hérétique. La « chasse aux sorcières » menée par l’Etat américain, faite de fabrication de preuves, d’aveux arrachés, de procédures expéditives et d’intimidations policières, avait débuté dès 1919. Après que des anarchistes italiens avaient menacé des élus, le FBI de J. Edgar Hoover et un procureur avaient en effet orchestré une série de raids punitifs dans 11 villes américaines, ciblant les immigrants italiens et juifs d’Europe de l’Est. Cette opération se solda par plus de 6 000 arrestations. Dans le même esprit, le Congrès se dota en 1938 d’une commission sur les activités antiaméricaines, destinée à réprimer militants noirs, pacifistes ou socialistes.

    [...]

    La différence principale réside surtout dans la nature et l’amplitude du pouvoir maccarthyste à l’époque : simple sénateur soumis aux règles procédurales du Parlement, McCarthy fut critiqué par les autres hauts fonctionnaires, entravé par le département de la justice, sommé de se justifier et finalement censuré par ses collègues. Les institutions ont été éprouvées, ont parfois cédé aux menaces, mais elles ont tenu.

    Aujourd’hui, l’ensemble des pouvoirs exécutif et législatif, ainsi que l’échelon suprême du judiciaire, les représentants les plus importants du capitalisme américain et les grands groupes médiatiques participent à une purge du corps social. Des listes de professeurs et d’étudiants sont remises au gouvernement, des visas sont révoqués, des journalistes [notamment lors des manifestations à Los Angeles, en juin] et des élus violentés.

    La raison d’Etat invoquée par Donald Trump pour justifier cette répression évoque, davantage que le maccarthysme, la politique répressive du début des années 2000 lorsque le Patriot Act, voté par le Congrès, légalisa la chasse aux « terroristes » et légitima la rétraction des libertés et des protections civiles. Par ailleurs, c’est à la faveur de la guerre en Irak que l’on redécouvrit les travaux d’un autre anticommuniste de la guerre froide, l’ancien d’Algérie David Galula, invité aux Etats-Unis au début des années 1960, pour théoriser la contre-insurrection.

    Pourtant, même face à de telles comparaisons, la politique actuelle est inédite. Loin du légalisme de George W. Bush, Trump discipline la société civile en brandissant l’acte d’insurrection de 1807, instituant l’#état_d’urgence_permanent. Au nom d’un risque imminent à la sécurité nationale, il peut punir, licencier, déporter, embastiller. Surtout, il applique la #stratégie_contre-insurrectionnelle à sa propre nation.

    Ce n’est pas une idéologie étrangère qu’il prétend extirper mais la vieille tradition libérale américaine. Les persécutions du maccarthysme relevaient d’une « politique » policière. Nous sommes aujourd’hui témoins d’un « régime » policier. Aucun appel à la décence ne pourra réparer la démocratie américaine ce coup-ci.

    https://justpaste.it/bbyw2

    #É-U #histoire #fascisme

  • Donald Trump instrumentalise la violence d’extrême gauche pour justifier l’intervention de l’armée dans les grandes villes américaines
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/09/donald-trump-instrumentalise-la-violence-d-extreme-gauche-pour-justifier-l-i

    Le président américain a réuni, mercredi 8 octobre, une table ronde sur la mouvance antifa, qu’il a désignée comme terroriste le 22 septembre. La ministre de la justice, Pam Bondi, a promis de « détruire l’organisation entière du sommet à la base ».

    Si Mélenchon parlait moins fort, Trump n’aurait pas de mauvaise excuse pour faire intervenir l’armée. Tu vois. C’est Le Monde qui le dit. C’est tout de la faute à Mélenchon.

    (dans la réalité, l’article est incapable de décrire les violences auxquelles les fascistes se réfèrent pour justifier leurs actions illégales et inconstitutionnelles)

    • Secrétaire à la sécurité intérieure, Kristi Noem a osé le parallèle avec l’organisation Etat islamique, le Hamas et le Hezbollah. « Ils ont infiltré notre pays entier », a-t-elle assuré au sujet des antifas.

      [...]

      Dans une note publiée en mars par le cercle de réflexion libéral Cato Institute, l’analyste Alex Nowrasteh soulignait que 3 597 personnes ont été tuées dans le pays depuis 1975 dans des attaques terroristes, dont 83 % le 11 septembre 2001. La violence d’extrême droite a fait 391 victimes ; celle d’extrême gauche, 65. Il n’existe pas de base de données incontestable en matière de violences politiques aux Etats-Unis. C’est à la fois dû à un problème de typologie et aux motivations de certains auteurs isolés, souvent confuses, à l’instar de Thomas Crooks, qui a tenté d’assassiner Donald Trump à Butler (Pennsylvanie), en juillet 2024.

      [...]

      Les auteurs relèvent une autre particularité à cette violence d’extrême gauche : elle est « de façon écrasante non létale et bien moins létale que [celle des] autres orientations idéologiques ».

      [...]

      La Maison Blanche a besoin d’ennemis de l’intérieur, et de l’extérieur, comme les cartels de la drogue, pour redéfinir les paramètres du pouvoir exécutif et les termes de la sécurité nationale. Dans le même temps, ni la violence d’extrême droite ni la libre circulation des armes à feu ne la préoccupent.

      [...]

      La droite cesse de faire la moindre distinction entre démocrates et frange violente. Le 7 octobre, Donald Trump a qualifié les démocrates d’« insurrectionnistes ». Aux yeux du monde MAGA (Make America Great Again), il n’y a plus qu’« eux » et « nous », ceux qui commettent ou promeuvent les crimes et ceux qui s’y opposent.

      https://justpaste.it/5pwx9

      Le journal ne dit pas que Mélenchon, un équivalent à la Sanders ou tout autre démocrate U.S soit « à l’origine » de « la violence d’extrême gauche ». Ils ne sont pas dépourvus d’idée sur l’électoralisme.

      #É-U #fascisme #ennemi_intérieur

    • Encore un discours plein de confusion. Les antifascistes pourraient être qualifiés d’organisation terroriste étrangère. Et les démocrates sont eux-aussi une 5eme colonne, dont on peut vietnamiser le nom (un nom qui a déjà une consonance juive pour vous dire si il est louche)

      Donald Trump réclame une enquête contre un sénateur démocrate
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/08/donald-trump-reclame-une-enquete-contre-un-senateur-democrate_6645298_3210.h

      « Richard “Da Nang Dick” [en référence à la ville stratégique de Da Nang durant la guerre du Vietnam] Blumenthal, peut-être la plus grande “blague” du Sénat des Etats-Unis, est de retour ! », a écrit le président américain sur sa plateforme, Truth Social.

    • On a pas ici un président qui attaque nommément des élus et prétend faire lancer contre eux des enquêtes. Les média qui s’en chargent, éventuellement. Le fascisme a plusieurs visages. Et ici, nous n’en sommes pour l’instant qu’à une fascisation (à elle seule, la reconnaissance si pauvrement symbolique d’un État palestinien, le montre : il reste encore au sommet de rares manières de reconnaitre « ceux qui ne sont rien »).

    • On a pas ici un président qui attaque nommément des élus et prétend faire lancer contre eux des enquêtes. Les média qui s’en chargent, éventuellement. Le fascisme a plusieurs visages. Et ici, nous n’en sommes pour l’instant qu’à une fascisation.
      À elles seules, la déclarations sur la santé qui n’est pas une marchandise comme les autres, lors des premiers mois du covid, ou la reconnaissance si pauvrement symbolique d’un État palestinien, le montrent : il reste encore au sommet de rares manières de reconnaitre « ceux qui ne sont rien ». Quant au projet reporté ou avorté de cohabitation institutionnelle avec le RN, on ne peut pas le lire seulement comme une convergence idéologique ou une soumission politique puisque c’était aussi une manière d’essayer de reprendre un peu de hauteur (façon Mitterand face à Chirac 1er ministre), de pouvoir jouer la « défense des valeurs républicaines » face au RN plutôt que de continuer à être systématiquement tributaire de ses votes à l’A.N et du poids de ses thèses dans le débat public (officiel).

  • Trump 2.0 : un changement d’époque ? - Réalité
    https://realite.world/2025/07/03/trump-2-0-un-changement-depoque

    Au niveau de ses facteurs immédiats, Trump 2.0 est le produit des trois principaux échecs bien tangibles de la part de l’administration Biden : 1) ne pas avoir réussi à infliger une « défaite stratégique » à la Russie dans le conflit ukrainien : celui-ci a au contraire favorisé un rapprochement ultérieur de Moscou avec Pékin, ainsi qu’avec une grande partie du Sud global ; 2) avoir raté l’objectif du découplage sélectif avec la Chine, c’est-à-dire du blocage de sa modernisation technologique et de sa remontée dans les chaînes de valeur globales ; 3) ne pas avoir enrayé la détérioration du contexte social interne (malgré les engagements déclarés en faveur d’une politique étrangère pour la middle class et les tentatives de relocalisation, qui se sont en réalité arrêtées au seuil du « friendshoring » dans de pays comme le Mexique et le Vietnam). À la lumière de ces seuls facteurs, il n’était pas difficile d’imaginer que la parenthèse n’allait pas être Trump, mais bien Biden (dont les mesures se sont inscrites, sans surprise, dans la foulée protectionniste de Trump 1.0, sanctions comprises). Ce n’est pas tout. Les échecs de l’administration démocrate ne représentent pas des erreurs contingentes, mais l’épuisement d’un long cycle de la politique américaine et mondiale, celui de la mondialisation ascendante, déjà durement secoué par la crise de 2008.

    Un cycle qui touche aujourd’hui à sa fin parce qu’il a rendu les États-Unis plus dépendants du monde que pourtant ils dominent, mais avec des coûts économiques de plus en plus lourds (désindustrialisation relative et déficit commercial irrépressible), une polarisation et une désagrégation sociale croissantes, et le risque, qui n’est plus seulement hypothétique, que la Chine échappe avec une certaine chance de succès au mécanisme encore dominant de la ponction impérialiste du roi dollar. Telles sont les causes profondes de la crise de plus en plus évidente de l’ordre international (c’est-à-dire de la Pax Americana), renversement dialectique de la domination du seul impérialisme au sens propre qui reste sur la scène internationale, capable de combiner investissements directs étrangers, seigneuriage monétaire mondial, contrôle global des mers et de l’espace grâce à une prédominance militaire full-spectre et un appareil d’État largement projeté à l’étranger.

    La réaction à cette situation aux États-Unis se situe à la croisée des chemins entre les poussées qui viennent des entrailles de la société, et celles provenant de fractions importantes du capitalisme yankee. Il s’agit des fractions jusqu’ici moins favorisées par la projection mondiale américaine (secteurs industriels basés sur des technologies « anciennes »), ou qui nécessitent d’un rapport renforcé avec l’État (une partie de la Silicon Valley, Elon Musk, etc.), alors qu’il sont en conflit avec certains grands opérateurs financiers. Il serait toutefois illusoire de se focaliser exclusivement sur cet aspect des choses. La poussée venant d’en bas – et allant bien au-delà du mouvement MAGA – est un facteur déterminant du tournant qui est en train de se dérouler : une poussée certainement interclassiste (en particulier, les classes moyennes appauvries), mais qui exprime également les demandes sociales de secteurs importants du prolétariat (pas seulement « blanc ») de plus en plus insatisfaits des retombées négatives de la mondialisation. Cet assemblage trumpiste n’est pas encore un bloc social homogène, et pourrait ne jamais le devenir ; mais pour l’instant, qu’on le veuille ou non, il canalise également les demandes prolétariennes favorables à un nationalisme économique défensif qui comble le vide laissé par l’ancien réformisme héritier du New Deal.

    #É-U

  • Trump to create religious office in White House, target ’anti-Christian bias’ | Reuters
    https://www.reuters.com/world/us/trump-says-he-will-sign-order-targeting-anti-christian-bias-2025-02-06

    • Trump’s task force will target ’anti-Christian bias’ within federal government President will create a religious office at the White House
    • Trump forms a new commission on religious liberty

    U.S. President Donald Trump said on Thursday he would create a White House faith office and direct Attorney General Pam Bondi to lead a task force on eradicating what he called anti-Christian bias within the federal government.

    Trump delivered remarks at the National Prayer Breakfast at the U.S. Capitol and used his speech to call for “unity”, telling lawmakers his relationship with religion has “changed” after a pair of failed assassination attempts last year.

    At a second prayer breakfast in Washington, Trump struck a more partisan tone, took a victory lap for getting “rid of woke over the last two weeks” and announced steps to protect Christians from what he said was religious discrimination.
    “The mission of this task force will be to immediately halt all forms of anti-Christian targeting and discrimination within the federal government, including at the DOJ, which was absolutely terrible, the IRS, the FBI and other agencies,” Trump said.

    He vowed his attorney general would work to “fully prosecute anti-Christian violence and vandalism in our society and to move heaven and earth to defend the rights of Christians and religious believers nationwide.”

    The president did not cite specific examples of anti-Christian bias during his remarks but has previously claimed that the Biden administration used the federal government to target Christians specifically.

  • Alors un peu plus de ce que dit la BBC

    Et si c’est la BBC qui l’écrit, comment ne pas croire à ce qui est totalement incroyablement uncredible :

    1. He suggest that Canada could become a US state to avoid tariffs "They do almost 90% of their business with the United States, whereas with us it’s the opposite."

    2. Trump says he believes US will ’get Greenland, he renewed his appeal for Denmark to relinquish control of Greenland to the US - saying it’s an "absolute necessity" for international security. "I think we’re going to have it," he added.

    3. US president called Gaza a “demolition site”, (it has to be cleaned) saying he had spoken to King Abdullah II of Jordan about the possibility of his country and Egypt taking in displaced Palestinians. Trump has suggested relocating Gazans to Arab countries such as Egypt and Jordan.

    4. US Air Force removing material on the role of black and female pilots during World War Two from its training programmes. Donald Trump’s move to block diversity, equity and inclusion (DEI) initiatives led military officialto take "immediate steps" to remove material to "ensure compliance" with the US president’s order

    5. Trump orders 25% tariffs on Colombia after US planes deporting migrants turned back.

    Sans vouloir nécessairement passer le point G. - avec les deux saluts fascistes de l’autre abruti - ça fait quand même un peu nazi ses trucs de cette semaine

    #trump_en_décadence

    • 1. He suggest that Canada could become a US state to avoid tariffs “They do almost 90% of their business with the United States, whereas with us it’s the opposite.”

      2. Trump says he believes US will ’get Greenland, he renewed his appeal for Denmark to relinquish control of Greenland to the US - saying it’s an “absolute necessity” for international security. “I think we’re going to have it,” he added.

      3. US president called Gaza a “demolition site” , (it has to be cleaned) saying he had spoken to King Abdullah II of Jordan about the possibility of his country and Egypt taking in displaced Palestinians. Trump has suggested relocating Gazans to Arab countries such as Egypt and Jordan.

      4. US Air Force removing material on the role of black and female pilots during World War Two from its training programmes . Donald Trump’s move to block diversity, equity and inclusion (DEI) initiatives led military officialto take “immediate steps” to remove material to “ensure compliance” with the US president’s order

      5. Trump orders 25% tariffs on Colombia after US planes deporting migrants turned back.

    • Merci @monolecte (que ne l’ai-je point fait...)

      Imposer 25% de droits de douane [https://seenthis.net/messages/1094438#message1094668] à la Colombie, c’est pas la même que d’appliquer ce même taux à la Chine, au Mexique ou même au Canada. À suivre...

      #É-U #droits_de_douane

      edit : ce que ne dit pas la BBC c’est que

      Bogota a interdit l’entrée d’avions militaires américains transportant des migrants expulsés. Après le Brésil, la Colombie a exigé des Etats-Unis qu’ils traitent avec « dignité » les migrants expulsés.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/26/donald-trump-annonce-des-sanctions-contre-la-colombie-sur-la-question-des-mi

      Les autres États (la Chine en particulier) seront probablement conduits à jouer la « diplomatie transactionnelle », comme l’indiquent les annonces d’éventuelles mesures de réciprocité en cas de brusqueries étasuniennes au Canada.

    • La Colombie a cédé mais avant son président s’est tout de même vivement exprimé :

      L’affaire donne lieu à une riposte d’une violence inédite de la part du président colombien. « On m’informe que vous imposez un droit de 50 % sur les fruits de notre labeur pour entrer aux Etats-Unis, et je fais de même », rétorque le président Gustavo Petro, en se lançant dans une violente diatribe anti-Trump.

      « Je n’aime pas ton pétrole, Trump ; tu vas anéantir l’espèce humaine à cause de ta cupidité », a d’abord lancé le dirigeant colombien, avant d’accuser son homologue américain de le considérer, lui, mais aussi ses compatriotes comme « une race inférieure ».

      « Tu peux essayer de provoquer un coup d’Etat avec ta force économique et ton arrogance, comme [en 1973 avec le président chilien] Allende. Mais je mourrai avec la loi de mon côté ; j’ai résisté à la torture et je te résisterai, poursuit le président Petro. Tu me tueras, mais je survivrai dans mon peuple, qui a précédé le tien dans les Amériques. Tu n’aimes pas notre liberté, d’accord. [Pour ma part], je ne serre pas la main des esclavagistes blancs ; je serre la main des héritiers libertaires blancs de Lincoln et des paysans noirs et blancs des Etats-Unis. »

      Le matin même, Gustavo Petro avait révoqué l’autorisation diplomatique de transport donnée la veille par son gouvernement, forçant les avions américains – deux C17 pouvant transporter 80 passagers –, à faire demi-tour en vol.

      « Les Etats-Unis ne peuvent pas traiter les migrants colombiens comme des criminels. Je refuse l’entrée sur notre territoire des avions américains les transportant. [Washington doit] établir un protocole pour leur traitement digne », a tweeté le président colombien, en précisant plus tard : « Nous n’avons jamais refusé d’accueillir des migrants et nous avons essayé de stopper l’immigration… Mais n’exigez pas que j’accepte des personnes expulsées des Etats-Unis, menottées et dans des avions militaires. Nous ne sommes la colonie de personne. »

      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/27/donald-trump-provoque-une-rocambolesque-crise-diplomatique-avec-la-colombie_

  • Les Etats-Unis expulsent des centaines de Guatémaltèques et évoquent des vols vers le Mexique
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/25/les-etats-unis-expulsent-des-centaines-de-guatemalteques-et-evoquent-des-vol

    Les Etats-Unis expulsent des centaines de Guatémaltèques et évoquent des vols vers le Mexique
    Le Monde avec AFP
    Deux cent soixante-cinq personnes expulsées des Etats-Unis ont atterri, vendredi 24 janvier, au Guatemala, selon les autorités locales, après que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a promis une « opération d’expulsions » de masse pour réprimer l’immigration illégale. Selon la Maison Blanche, quatre avions transportant des immigrés expulsés sont aussi partis pour le Mexique, ce que Mexico n’a pas confirmé.
    Deux avions militaires et un avion privé ont atterri au Guatemala, selon plusieurs sources. Un premier vol transportant 80 Guatémaltèques (31 femmes, 48 hommes et un adolescent) est arrivé, a communiqué l’Institut guatémaltèque des migrations vendredi. Puis, un deuxième vol transportant 17 hommes et 63 femmes, avant qu’un troisième, privé, rapatrie 11 femmes, 89 hommes et cinq mineurs. « Nous pouvons confirmer que, cette nuit, deux avions du ministère de la défense ont effectué des vols de rapatriement des Etats-Unis vers le Guatemala », a confirmé à l’Agence France-Presse (AFP) une source au Pentagone.
    Le gouvernement guatémaltèque n’a pas confirmé si le groupe comprenait quelques-uns des 538 « migrants criminels illégaux » arrêtés, ou si ses ressortissants faisaient partie des « centaines » d’immigrés que la Maison Blanche a dit jeudi soir avoir expulsés. « Ce sont des vols post-investiture Trump », a sobrement déclaré à l’AFP un responsable de la vice-présidence du Guatemala.
    Donald Trump avait promis une vaste offensive contre les migrants clandestins durant sa campagne ; il a entamé son second mandat, lundi 20 janvier, avec une série de décrets destinés à enrayer leur afflux aux Etats-Unis. Il a ainsi déclaré « un état d’urgence nationale » à la frontière sud, avec le Mexique, et a annoncé le déploiement de troupes tout en promettant l’expulsion des « étrangers criminels ».
    « Le Mexique a accepté hier [jeudi] un nombre record de quatre vols d’expulsion en une journée ! », s’est réjouie la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, dans un message sur X. Dans un communiqué, le ministère des affaires étrangères mexicain a souligné qu’il « accept[ait] toujours l’arrivée de Mexicaines et de Mexicains sur [son] territoire à bras ouverts ».

    Le gouvernement mexicain n’a confirmé ni l’arrivée de vols ni un accord pour recevoir un nombre défini d’avions transportant des personnes expulsées, alors que des médias américains ont rapporté que l’arrivée d’un vol vers le Mexique avait été refusée.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Aux Etats-Unis, l’immigration au cœur des premières nominations de Donald Trump
    « Les vols d’expulsion ont commencé », se félicite la Maison Blanche
    Durant la semaine, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a proposé de fournir une « assistance humanitaire » puis d’organiser le « rapatriement » des étrangers cibles des premières mesures de l’administration de Donald Trump.« Ces mesures s’ajoutent aux reconduites illimitées à la frontière terrestre, à l’expulsion des non-Mexicains » et au rétablissement d’un programme américain encourageant les migrants à rester au Mexique en attendant une réponse à leur demande d’asile, avait souligné Mme Leavitt.
    Tôt vendredi, la Maison Blanche a publié sur X une photo d’hommes menottés entrant dans un avion militaire, avec pour légende suivante : « Les vols d’expulsion ont commencé. » En déplacement, M. Trump a déclaré à la presse que ces vols avaient pour but d’expulser « les criminels les plus méchants et les plus endurcis ». Sous l’administration Biden, quelque 270 000 personnes ont été expulsées en 2023, un chiffre annuel jamais atteint durant le premier mandat de M. Trump (2017-2021).

    #Covid-19#migration#migrant#etatsunis#mexique#frontiere#expulsion#politiquemigratoire#guatemala#sante

  • L’apocalypse de Donald Trump selon Peter Thiel | Le Grand Continent, via Jean-Marc Adolphe, https://www.leshumanites-media.com
    https://legrandcontinent.eu/fr/2025/01/10/lapocalypse-de-donald-trump-selon-peter-thiel

    Dans un texte aux tonalités eschatologiques qui vient de paraître dans le Financial Times, #Peter_Thiel, l’une des personnes les plus puissantes de l’Amérique de Trump au cœur de l’accélération réactionnaire, annonce la venue d’un temps nouveau : « des questions sombres émergeront dans les dernières semaines crépusculaires de notre interrègne ».

    Nous le commentons ligne à ligne.

    Il disait voici déjà plus de vingt ans : « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles ». Au moins, c’est clair…, Jean_Marc Adolphe.

    #É-U #libertariens #Palentir #fascisme #eschatologie #idéologue

    • Cette inauguration de la deuxième présidence Trump n’a rien à voir avec la précédente. Texte de Quentin Rodiguez (reçu par mel)

      Oubliez Trump. C’est un fou dangereux bien sûr. Et depuis 2016, immense différence, il a transformé le Parti républicain en mouvement authentiquement fasciste – les principaux historiens américains du fascisme le disent désormais (notamment Timothy Snyder et Robert Paxton, pour les plus célèbres).

      Mais avec cette nouvelle présidence Trump, nous assistons surtout à un pacte entre ce nouveau mouvement fasciste et la majeure partie de la #classe_capitaliste des #milliardaires propriétaires de l’#économie_numérique. Je ne veux pas tout ramener aux années 30, Trump n’est pas Hitler, on ne sort pas d’une guerre mondiale, etc. soyons clairs. Mais il y a un phénomène précis des années 30 qui se reproduit presque à l’identique aujourd’hui, c’est ce ralliement stratégique de la grande bourgeoisie industrielle allemande qui, face au risque de prise de pouvoir de la gauche socialiste et communiste qui menaçait sérieusement ses intérêts, choisit de parier sur le parti nazi, en le finançant massivement, et en mettant les #médias qu’elle contrôle au service de leur propagande électorale.

      Tant que la grande bourgeoisie peut garantir ses intérêts en s’accomodant d’un système démocratique, ça ne pose pas de problème. Mais si ce même système démocratique menace réellement leur position dominante, alors invariablement, ils sacrifient la démocratie sur l’autel du capitalisme. C’est ce que le principal penseur libertarien adulé de la nouvelle bourgeoise de l’économie numérique, Friedrich Hayek, expliquait posément en 1981, commentant son soutien au régime fasciste d’Augusto Pinochet : "Personnellement je préfère un dictateur libéral plutôt qu’un gouvernement démocratique manquant de libéralisme."

      Nous venons d’assister trait pour trait au même mouvement d’allégeance envers le mouvement trumpiste que les industriels allemands des années 30. Sur la photo du premier rang des invités d’honneur de la cérémonie, on voit ici #Elon_Musk, bien sûr, le véritable numéro 2 de l’administration Trump, qu’on ne présente plus, et à sa gauche #Jeff_Bezos, le PDG d’Amazon, et #Mark_Zuckerberg, le patron de Facebook. Les trois personnes les plus riches des États-Unis. Mais ils sont loin d’être les seuls : un mouvement profond s’est enclenché. On peut citer aussi #David_Sacks, autre capitaliste milliardaire de la Silicon Valley, qui vient d’être nommé par Trump en charge d’une politique de développement des cryptoactifs (#Bitcoin et cie), et à la tête du conseil du président pour la science et la technologie.

      L’administration Biden, sans être d’obédience socialiste, a voulu renouer avec une vieille tradition américaine "keynésienne-progressiste", disparue du paysage politique depuis Reagan, consistant à taxer fortement les plus riches, à soumettre les entreprises de taille critique pour l’économie à un contrôle étatique fort, et à démanteler les plus gros groupes monopolistiques considérés comme une menace pour la démocratie. Biden a donc rompu avec la politique de copinage avec la finance et la "Silicon Valley" cultivée par les Démocrates depuis Bill Clinton. Il a validé des accords internationaux sur une imposition mondiale minimale des multinationales, il a soumis les géants d’internet à un contrôle réel de son administration, a encouragé la syndicalisation dans ces entreprises (notamment chez Amazon et Tesla), et a engagé des procédures judiciaires très importantes contre ces entreprises, en exhumant les #lois_anti-trust du début du XXe siècle qui autorisent la justice américaine à démanteler des grandes entreprises lorsqu’elles sont devenues monopolistiques, en les vendant à la découpe. C’est notamment le sort qui était officiellement recherché contre #Google, avec une poursuite engagée par les procureurs de 50 États, ce qui faisait trembler toute la Silicon Valley.

      Je ne suis pas en train de dire que Biden était anticapitaliste, pas le moins du monde, mais enfin il a considéré que le poids et l’autonomie d’action acquises par les géants de l’économie numérique étaient arrivées à un stade critique pour la démocratie américaine, et s’est ouvertement attaqué à leur domination, distandant les liens antérieurs entre ladite "Silicon Valley" et le Parti démocrate. En social-libéral conséquent, il pensait certainement qu’un équilibre devait (et pouvait) être maintenu dans le système capitaliste pour qu’il continue à avancer de pair avec un système démocratique. C’est ce point précis qui explique la rupture de cette classe capitaliste avec les leaders démocrates (au sens premier du terme), pour prêter allégeance collectivement à un leader fasciste. Plutôt un dictateur libéral qu’un démocrate voulant brider le libéralisme économique, pour paraphraser Hayek.

      Là où Trump a été habile politiquement, c’est qu’au cours de la campagne, il n’a pas tendu les bras à ces milliardaires. Il aurait pu dire "Qu’est-ce que ces Démocrates sont ingrats avec vous, moi je serai reconnaissant si vous me soutenez !" Pas le moins du monde. Il a continué à s’en servir comme épouvantail politique pour ses électeurs, en les pointant du doigt comme des agents au service du parti démocrate et du "virus woke", insistant sur le libéralisme culturel qui unissait ces capitalistes californiens au Parti démocrate jusqu’à la présidence Biden. Durant toute l’année 2024, les Jeff Bezos, les Mark Zuckerberg et consorts, se sont retrouvés conspués de toutes parts – pour des raisons différentes. Pris entre le marteau et l’enclume, ils ont été mis sous une pression inédite. C’est pourquoi le retournement est si spectaculaire : quand les deux camps veulent ton scalp, tu as intérêt à t’aligner franchement avec l’un des deux camps, et de préférence celui qui pourra l’emporter, car rester pris entre les deux feux est ce qu’il y a de pire. On l’a vu dans la théâtralisation guignolesque de Zuckerberg, jurant la main sur le cœur qu’il était devenu un conservateur sincère, un vrai bonhomme macho anti-diversité, anti-inclusion, contrairement au portrait que la campagne Trump faisait de lui. C’était en fait contre son gré, forcé par le méchant Biden, qu’il défendait les valeurs opposées il y a encore 3 mois 🤡 Le zèle des transfuges, qui doivent donner des gages à leur nouvelle famille de la solidité de leur fidélité, à défaut de pouvoir convaincre sur la sincérité de leurs convictions. De façon moins pathétique, mais plus significative, Jeff Bezos avait signalé son ralliement en novembre, en censurant la publication d’un éditorial du Washington Post (le quotidien centriste n° 1 du pays), dont il est propriétaire, qui devait appeler à voter contre Trump. Un autre milliardaire de la "tech" californienne, Patrick Soon-Shiong, a fait de même au Los Angeles Times. Le LA Times est le "plus à gauche" des grands quotidiens du pays. Lorsque Soon-Shiong rachète le journal en 2018, il est encore connu pour être un soutien du Parti démocrate, et un donateur important de la campagne d’Hillary Clinton contre Trump. En novembre dernier, en censurant l’éditorial contre Trump, il licencie par la même occasion l’ensemble du comité de rédaction, et annonce que le journal fera désormais "plus de place" aux "opinions conservatrices".

      Derrière l’arrivée au pouvoir d’un mouvement fasciste, se cache en fait un deal consistant à mettre l’État américain dans les mains d’une oligarchie capitaliste, qui a fait le deuil d’une position conciliante avec la démocratie. C’est ce que disait déjà en 2009 l’un de ces nouveaux oligarques, encore un milliardaire de la Silicon Valley, Peter Thiel. Comme Musk et la plupart de ces gens, il se disait depuis longtemps "libertarien". Aux États-Unis, cette étiquette politique permet à une partie des élites économiques de défendre le libéralisme économique tout en se prétendant "neutres" politiquement, "ni droite ni gauche". Comme le RN... ou LREM 🤷 Être libertarien aux US, c’est surtout être "pro-business", et proclamer qu’on se fout des questions de valeurs, qu’elles soient démocratiques, progressistes, religieuses, conservatrices... en soutenant un coup un Démocrate, un coup un Républicain. Dans un article intitulé "L’éducation d’un libertarien", Peter Thiel fait alors une véritable confession : comme la plupart de ses congénères libertariens, il a longtemps prétendu être fermement pro-démocratie, mais c’est fini. Et il se fixe désormais pour tâche de convaincre ses coreligionnaires qu’il faut désormais lutter contre la démocratie, activement.
      Je cite : « I still call myself “libertarian.”
      But I must confess that over the last two decades, I have changed radically on the question of how to achieve these goals. Most importantly, I no longer believe that freedom and democracy are compatible. By tracing out the development of my thinking, I hope to frame some of the challenges faced by all classical liberals today. »

      https://www.cato-unbound.org/.../education-libertarian
      (Je me désigne toujours comme un "libertarien". Mais je dois avouer avoir radicalement changé d’avis au cours des deux dernières décennies sur la façon d’atteindre cet objectif. Pour l’essentiel, je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles. En retraçant l’évolution de mes idées à ce sujet, j’espère fournir un cadre aux défis que rencontrent tous les libéraux classiques aujourd’hui.)

      S’ensuit une lamentation sur la racine du mal : le suffrage universel. Lorsqu’il fut accordé aux femmes, et aux "bénéficiaires des aides sociales" (c’est-à-dire les Noirs), ça a été le début de la fin pour les États-Unis, selon Thiel.
      Peter Thiel a joué le rôle de poisson pilote pour cette classe de milliardaires. C’est le premier à faire son "coming-out" antidémocrate, et le premier à soutenir Trump dès 2016. Musk fut le suivant, rallié par Thiel au cours du mandat de Biden. Derrière la figure publique de Musk, c’est Thiel, beaucoup plus secret et beaucoup plus #idéologue, qui a en réalité le plus de réseaux dans le camp Trump. C’est lui qui a placé #J.D._Vance comme vice-président auprès de Trump. Vance est, littéralement, un employé de Thiel. Thiel le recrute en 2016 pour diriger son fonds d’investissement personnel Mithril Capital. C’est encore lui qui le lance en politique en finançant sa première campagne électorale en 2021. C’est enfin lui qui le présente à Donald Trump, et qui convainc le candidat, avec l’aide de Musk, de le prendre comme vice-président, alors que son profil n’était électoralement pas très intéressant.

      Le deal est signé, Musk se lance à corps perdu dans la campagne pour Trump à l’instant où Vance est choisi.

      Thiel, Musk, et Sacks constituent la fraction la plus idéologisée et la plus réactionnaire de cette classe de milliardaires, dont l’essentiel suit le mouvement par pur intérêt tactique. Ils ne sont donc pas représentatifs de tout leur groupe social, mais leur activisme, désormais au cœur du pouvoir, mérite qu’on s’y attarde.

      Les trois compères font partie de ce que les médias US ont baptisé la "mafia Paypal", car ils ont noué des liens proches au lancement de #Paypal, et continuent à se rendre des services depuis, avec une stratégie d’infiltration de l’État américain (via #SpaceX pour Musk, via la société de renseignement Palantir pour Thiel). Il est intéressant de noter qu’ils ont tous trois grandi au sein de la #bourgeoisie_blanche raciste de l’#Afrique_du_Sud de l’#apartheid. (Un article très bien fait le point à ce sujet : https://www.humanite.fr/en-debat/donald-trump/elon-musk-peter-thiel-david-sacks-et-roelof-botha-les-autres-sud-africains-). Musk et Sacks sont nés en Afrique du Sud, Thiel est Allemand, mais a grandi là-bas car son père travaillait pour la principale mine d’uranium du pays. Le père de Musk était quant à lui déjà millionnaire, propriétaire d’une mine de diamants ; durant l’apartheid, donc autant dire qu’il était esclavagiste de profession. Tous trois ont donc baigné dans l’environnement intellectuel du Parti national afrikaner, fondé notamment par des sympathisants nazis déclarés (Hetzog), qui professaient l’inégalité des races, la pureté génétique, et le droit par onction divine à la domination des autres races.

    • Elon Musk : Peter Thiel, David Sacks et Roelof Botha, les autres sud-africains de l’équipe Trump, Jacqueline Dérens, ancienne militante contre l’apartheid, autrice.
      https://www.humanite.fr/en-debat/donald-trump/elon-musk-peter-thiel-david-sacks-et-roelof-botha-les-autres-sud-africains-

      Tous trois ont uni leurs talents pour lancer la plateforme de paiement Paypal, qui au début n’employait ni femmes, ni Noirs, reflet de leur aversion commune pour le multiculturalisme.

    • La société post-apartheid de Anton Kannemeyer & Conrad Botes, nés respectivement en 67 et 69, deux têtes pensantes de la BD underground sud-africaine, ont créé la revue de bande dessinée « Bitterkomix », alors que l’apartheid était encore en vigueur. Critique acerbe du conservatisme et du racisme.
      https://www.du9.org/entretien/anton-kannemeyer


      https://www.cornelius-boutique.com/product/le-pays-de-judas
      #bandes_dessinées

    • Quand même, on découvre maintenant l’influence de Peter Thiel qui a pourtant toujours conceptualisé à partir de Ayn Rand la philosophie fasciste des GAFAMS ?

      Maintenant qu’on est jusqu’au cou dans leur fosse à purin, que tous les médias ont trouvé formidable d’utiliser FB et consorts depuis presque 20 ans, il faudrait penser à cesser de gazouiller comme des veaux sur X et FB ?

      Ne reste qu’à rire jaune.

      Aucun d’eux ne s’est jamais caché de ses ambitions.

  • William McKinley, référence de « l’âge d’or » américain vantée par Donald Trup
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/20/william-mckinley-reference-de-l-age-d-or-americain-vantee-par-donald-trup_65


    Le juge en chef Melville Weston Fuller fait prêter serment au président élu William McKinley lors de son inauguration à Washington, le 4 mars 1897, alors que le président sortant, Grover Cleveland se tient derrière M. McKinley. AP

    Président de 1897 à 1901, le républicain avait augmenté fortement les droits de douane et conduite une politique extérieure expansionniste.
    Par Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)

    « L’âge d’or de l’Amérique commence maintenant. » Lorsqu’il fait cette proclamation dans son discours d’investiture, lundi 20 janvier, Donald Trump fait référence à une période qu’il affectionne. Surnommée the Gilded Age, littéralement l’âge doré, en toc, où le brillant cache la misère, cette période américaine a suivi la guerre de sécession. Elle fut faite de fortunes mirobolantes, d’empires industriels, de corruption politique généralisée, de violents combats sociaux, de ségrégation dans le Sud, de presse inféodée.

    Celui qui incarne cette période est le président William McKinley (1897-1901), mort assassiné en 1901 et dont le successeur fut l’icône américaine Theodore Roosevelt (1901-1909). Après le populiste Andrew Jackson (1829-1837), général d’origine modeste né dans les Appalaches, anti-establishment et promoteur des déplacements des Amérindiens, c’est lui qui est en passe de devenir la référence du second mandat Trump.
    Dans son discours d’investiture, M. Trump lui a rendu hommage, annonçant qu’il allait « restaurer le nom d’un grand président, William McKinley, qui nous a rendus très riches », en redonnant son nom au plus haut sommet des Etats-Unis, en Alaska, qui culmine à 6 190 mètres d’altitude. Le Mont McKinley avait été rebaptisé Denali en 2015 par Barack Obama, comme le souhaitaient les natifs américains.

    Protectionniste et impérialiste

    William McKinley est à la fois un grand protectionniste et un grand impérialiste, comme Donald Trump ambitionne de l’être en voulant conquérir le Groenland et reprendre le contrôle du canal de Panama. Sur son instigation, lorsque McKinley était sénateur de l’Ohio, les Etats-Unis instaurèrent des tarifs douaniers, en 1890, qui passèrent en moyenne de 38 % à près de 50 % et il les augmenta de nouveau une fois élu président. Donald Trump rêve de ce modèle, qui permettait de financer plus de la moitié du budget fédéral. « Quand nous étions un pays intelligent, dans les années 1890 – c’est à cette époque que le pays était relativement le plus riche de son histoire – il y avait tous les droits de douane [imaginables]. Il n’y avait pas d’impôt sur le revenu », a déclaré Donald Trump pendant la campagne électorale.

    Le nouveau président ne dit qu’une partie de l’histoire : le poids des dépenses gouvernementales, tout compris, était à l’époque équivalent à 5,5 % du produit intérieur brut alors qu’il est de 36 % aujourd’hui. Il est mécaniquement impossible de les substituer à l’impôt sur le revenu actuel. Surtout, ces droits de douane furent extrêmement impopulaires car ils ont renchéri le coût de la vie, conduisant à une défaite majeure des républicains dès les élections de 1890, note le Peterson Institute de Washington, centre de réflexion atlantiste de Washington, qui rappelle que McKinley finit par changer d’avis : « Les guerres commerciales ne sont pas rentables. Une politique de bonne volonté et des relations commerciales amicales empêcheront les représailles. », déclara-t-il peu avant son assassinat.

    Cet âge doré, fut marqué par la toute-puissance des John D Rockefeller (pétrole), Andrew Carnegie (acier), J.P. Morgan (banque et chemins de fer), Thomas Edisson (électricité), dont les pouvoirs et la fortune étaient dignes de celles d’Elon Musk, Jeff Bezos et Bill Gates aujourd’hui. Donald Trump, qui avait convié les magnats de la tech à son investiture, leur semble désormais plus favorable qu’en 2016. Son modèle McKinley fut aussi indulgent : il n’appliqua guère la loi antitrust Sherman de 1890, faisant une distinction entre les « bons » et les « mauvais » monopoles.

    Il faut attendre son successeur, Teddy Roosevelt, pour que la politique antitrust soit mise en œuvre avec vigueur, conduisant au démantèlement de l’empire Rockefeller en 1913. Le mandat McKinley ne fut pas marqué par de grandes grèves, comme celles, violentes et meurtrières, de Carnegie en 1892 à Pittsburgh et de Pullman (1894) à Chicago, notamment parce que son mandat fut très prospère après la panique financière de 1893.

    Autre différence avec Donald Trump, McKinley resta très prudent sur les immigrés en une période de tensions sociales et communautaires sur fond de concurrence salariale entre migrants et natifs, catholiques, juifs et protestants. Lors de sa nomination comme candidat du Parti républicain en 1896, M. McKinley s’opposa à l’entrée aux Etats-Unis des « classes dégradées et criminelles du Vieux Monde », à savoir les anarchistes venus d’Europe qui voulaient effectivement renverser le système, notamment à Chicago, mais louait les immigrants qui avaient produit de la richesse et qui étaient attachés aux valeurs du pays.

    McKinley, c’est surtout la naissance de l’impérialisme à l’aube de ce qui allait être le « siècle américain ». Il met en pratique la doctrine du président James Monroe (1817-1825), qui avait expliqué en 1823 que les Européens n’avaient plus à intervenir dans l’hémisphère américain, via la colonisation ou des régimes fantoches. Ce concept défensif, inventé lorsque la jeune République était faible, fut mis en œuvre de manière offensive lorsque les Etats-Unis furent en mesure, en 1898, de bouter l’Espagne hors de ses colonies. La guerre, dont le futur président Theodore Roosevelt fut un héros dans la bataille de San Juan Hill à Cuba, permit aux Etats-Unis de coloniser Cuba, Porto Rico, porte d’entrée de Caraïbes, mais aussi de Guam et des Philippines, maîtrisant effectivement l’hémisphère occidental.

    Il réalisa à l’époque l’annexion d’Hawaï, colonisé d’abord par des pasteurs puis des planteurs américains. C’est ce néo-impérialisme que Donald Trump veut remettre au goût du jour, cherchant à rebaptiser le golfe du Mexique en golfe de l’Amérique, conquérir le Groenland, pendant oriental de l’Alaska acheté aux Russes en 1867, et le Canal de Panama, creusé sous l’égide du président Theodore Roosevelt. Ce dernier était sans doute trop progressiste pour servir d’icône à Donald #Trump.

    #É-U

  • RIP David Lynch
    https://www.theguardian.com/film/2025/jan/16/david-lynch-twin-peaks-and-muholland-drive-director-dies-aged-78

    Lynch ploughed a highly idiosyncratic furrow in American #cinema: from his beginnings as an art student making experimental short films, to the cult success of his surreal first feature Eraserhead, and on to a string of award-winning films including Blue Velvet, Wild at Heart and Mulholland Drive, as well as the landmark TV show Twin Peaks. He received three best director Oscar nominations (for Blue Velvet, The Elephant Man and Mulholland Drive), and was given an honorary lifetime achievement Oscar in 2019; he won the Palme d’Or at the Cannes film festival for Wild at Heart in 1990.

    • https://www.arte.tv/fr/videos/117724-000-A/david-lynch-une-enigme-a-hollywood

      Créateur d’une absolue liberté, David Lynch a construit son œuvre comme une énigme à déchiffrer entre rêve et réalité. Réalisateur culte dès ses premiers films ("Eraserhead", « Elephant Man »), Lynch bouleverse à jamais l’univers de la télévision avec sa série « Twin Peaks », avant de s’attaquer aux mensonges d’Hollywood dans « Mulholland Drive ». Retraçant la vie du cinéaste le plus influent de sa génération, ce documentaire explore le sens caché d’une filmographie implacablement cohérente et plonge sous la surface sombre et grouillante de l’American Dream.

      En 1990, avec Twin Peaks, David Lynch révolutionne l’univers des séries, captivant quelque 34 millions de téléspectateurs à travers le monde. La Palme d’or à Cannes qu’il remporte la même année pour Sailor et Lula achève de révéler ce maître de l’étrange qui intrigue autant que ses films. Comment ce cinéaste en marge d’Hollywood est-il devenu l’un des plus influents de sa génération, imposant sa vision surréaliste sur les écrans mais aussi dans le monde de l’art ? Peintre des profondeurs de l’âme humaine, David Lynch fait une entrée fracassante au cinéma avec deux films désormais cultes : Eraserhead (1977) et Elephant Man (1980). Avec Blue Velvet, il ancre ses images dans la nostalgie de l’enfance et révèle la part d’ombre du rêve américain. À partir de Twin Peaks : Fire Walk with Me, le génial cinéaste s’emploie à dynamiter les codes de la narration classique pour mieux dénoncer les faux-semblants d’Hollywood dans Lost Highway et Mulholland Drive. Avec bienveillance, David Lynch invite le spectateur/détective à déchiffrer ses intrigues, inscrivant la quête de sens au cœur de l’expérience humaine. En lutte constante pour sa liberté de création, le réalisateur s’affranchira des contraintes d’Hollywood avec l’aide de producteurs français. Avec Inland Empire et surtout Twin Peaks : The Return en 2017, David Lynch repousse alors toutes les limites et interroge la possibilité d’une œuvre expérimentale dans le cinéma contemporain.

      Jeu(x) de piste
      Tout au long d’une fascinante enquête, ce documentaire collecte les clés que le réalisateur, disparu le 16 janvier, a semées dans chacun de ses films afin de résoudre l’énigme David Lynch. Au cœur de la célèbre Chambre rouge de Twin Peaks s’ouvre un gigantesque jeu de piste avec, pour principaux guides, ses acteurs fétiches, Laura Dern, Kyle MacLachlan, Isabella Rossellini, Naomi Watts... Un portrait inédit dans lequel témoignent aussi les ex-épouses de l’artiste, la comédienne Peggy Reavey et la monteuse Mary Sweeney, Mel Brooks ou encore Thierry Jousse, pour revisiter son œuvre si singulière, entre mystère et élégance.

    • « David Lynch auscultait une Amérique en proie au mal », Thierry Jousse
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/01/25/david-lynch-auscultait-une-amerique-en-proie-au-mal_6515034_3232.html

      En disparaissant, David Lynch [1946-2025], comme Fellini ou Tati, deux cinéastes qu’il admirait beaucoup, nous a légué non seulement une œuvre, mais aussi et surtout un monde. Ce qui signifie qu’un ensemble d’images, de signes et d’affects s’est imprimé dans le cerveau de très nombreux cinéphiles mais aussi de simples amateurs de cinéma qui ont été, à un moment ou à un autre, touchés par la grâce de cet univers à la fois très cohérent et totalement proliférant.

      Quand on évoque le monde de Lynch, tout le monde a plus ou moins une idée du sujet dont on parle. Mais cette idée se réduit le plus souvent à quelques figures du mystère et de l’étrange qui, si l’on n’y prend pas garde, virent très rapidement au cliché. Dans ce registre, le cinéaste est souvent assimilé à un artiste tout-puissant, une sorte de démiurge excentrique qui accumulerait les bizarreries et les visions plus ou moins incompréhensibles. Et, de ce point de vue, David Lynch est le cinéaste idéal, lui qui a toujours renvoyé les spectateurs et les spectatrices de ses films à leur propre interprétation, sans jamais donner la sienne.

      Eu égard à l’énorme littérature herméneutique générée par Mulholland Drive [2001], Lost Highway [1997] ou les trois saisons de la série Twin Peaks [1990-1991, puis 2017], on peut affirmer qu’il est, à égalité avec Stanley Kubrick, le cinéaste le plus fantasmé de l’histoire du cinéma. Par ailleurs, David Lynch a souvent été assimilé à un artiste de la pure sensation, qui aurait congédié toute forme de signification. Certains allant même jusqu’à affirmer que la séduction de ce cinéma très sensoriel dissimulerait un vide sidéral, une absence totale de sens. Autrement dit, cette œuvre est perçue comme sursignifiante ou, à l’inverse, insignifiante, c’est-à-dire littéralement sans signification. On a parlé à son sujet de surréalisme, manière superficielle de désigner un monde autonome qui échappe à toute compréhension.

      Elargissement de la notion de réalité

      Même si j’ai été, moi aussi, traversé par la sensorialité de cet univers et par son caractère énigmatique, cette vision d’un cinéma totalement coupé de notre réalité m’a toujours un peu gêné. D’abord, il me semble que cette dimension sensorielle est d’abord, pour David Lynch, un moyen d’établir une connexion avec son spectateur. Les moyens mis en œuvre par le cinéaste, visuels, sonores et musicaux, sont une manière de le mettre en condition pour exciter sa perception, la rendre plus fine, plus aiguë, de mobiliser des flux perceptifs plus subtils, et de réveiller certaines zones un peu anesthésiées de notre cerveau.

      Autrement dit, la sensorialité, chez Lynch, c’est une façon d’envisager la réalité comme une totalité, physique et mentale, consciente et inconsciente, en intégrant, par exemple, le fantasme et le rêve dans la représentation. Pas une négation, donc, mais un élargissement de la notion de réalité, avec comme instrument privilégié le cinéma en tant qu’art total.

      Ensuite, si l’on y regarde de près, les sujets des films de David Lynch sont finalement assez simples et surtout pas coupés de notre réalité. Les angoisses d’un couple face à un bébé, vu comme un alien dont les pleurs sont insupportables, dans Eraserhead, son premier long-métrage [sorti en 1980 en France]. L’inceste et le féminicide, produits du refoulé puritain américain, dans Twin Peaks : Fire Walk with Me [1992]. La schizophrénie comme moyen d’échapper au crime (encore un féminicide !) dans Lost Highway. Une histoire d’amour entre deux femmes qui tourne mal et les fantasmes générés par Hollywood, lieu de pouvoir, dans Mulholland Drive.

      Il y a même un côté pré-#MeToo dans le cinéma de Lynch, par sa façon de cartographier sans anesthésie les meurtres de femme, et même, dans Mulholland Drive, de montrer la domination des vieux producteurs qui plient l’industrie, et plus particulièrement les actrices, à leur pouvoir et à leurs fantasmes. Tout cela est mis en œuvre dans une forme très stylisée, mais cette stylisation, loin d’affaiblir le sujet, la renforce au contraire, car elle nous plonge dans la perception de situations vues de l’intérieur.

      La fable idéale

      Si David Lynch est un cinéaste visionnaire, ses visions sont donc loin d’être les fantasmes d’un esthète confortablement installé dans sa tour d’ivoire, ivre de la gratuité de son art. Au contraire, avec son œuvre ultime, Twin Peaks : The Return, sa vision a pris une dimension quasi politique. A travers la figure de l’agent Dale Cooper, diffractée en plusieurs incarnations, Lynch ausculte une Amérique en proie au mal. Mais ce mal n’est pas si abstrait qu’on pourrait le croire, car il se manifeste de manière très concrète, à travers, par exemple, la mort d’un enfant, violemment renversé par un jeune chauffard – une des scènes les plus traumatisantes de toute l’œuvre du cinéaste.

      D’autre part, dans Twin Peaks : The Return, Lynch montre une Amérique appauvrie, en proie à une crise morale et économique très violente. Il y a dans cette œuvre inclassable, qui fait l’effet d’une véritable déflagration, une contamination du mal qui en est le véritable sujet profond. Dans l’épisode 8, d’une puissance assez stupéfiante, Lynch se paie même le luxe de désigner l’intrusion de la bombe H comme origine de cette contamination, qui coïncide évidemment avec la fin d’une certaine innocence. Twin Peaks : The Return a été diffusée en 2017, alors que Donald Trump avait déjà commencé son premier mandat.

      Loin de moi l’idée de considérer ce chef-d’œuvre terminal comme une critique très directe du trumpisme, même si Lynch était un fervent partisan de Bernie Sanders. Mais la vision très sombre qui se dégage de ce troisième volet de Twin Peaks entre forcément en relation avec une Amérique en proie à des démons bien concrets, au point d’en faire la fable idéale pour les temps ô combien troubles que nous vivons. Si bien que, paradoxalement, Lynch apparaît comme un cinéaste profondément réaliste, au sens où Godard, dans Les Carabiniers, faisait dire à Brecht : « Le réalisme, ce n’est pas comment sont les choses vraies, mais comment sont vraiment les choses. »

      Thierry Jousse est réalisateur, ancien rédacteur en chef des « Cahiers du cinéma » et producteur de l’émission « Ciné Tempo » sur France Musique. Il est l’auteur du livre David Lynch (Le Monde/Cahiers du cinéma, 2007).

    • Pour approfondir l’auscultation de maître Jousse se procurer ce hors-série n°2 et le livre
      https://www.cahiersducinema.com/boutique/produit/pack-hors-serie-david-lynch-livre-david-lynch
      https://www.cahiersducinema.com/boutique/produit/david-lynch-4
      avec la combine de @cdb_77 https://seenthis.net/messages/1094736
      voici la mixtape de Ciné Tempo
      David Lynch, puissance de la musique !
      https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18123-18.01.2025-ITEMA_24000181-2025M29522S0018-25.m4a
      ça marche mieux ici : https://seenthis.net/messages/1093598#message1094654
      https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/cine-tempo/david-lynch-puissance-de-la-musique-9112618

      https://www.arte.tv/fr/videos/052443-022-A/blow-up-david-lynch-par-thierry-jousse
      Sur le site de l’émission il y a un Blow up - David Lynch par Thierry Jousse impossible à trouver sur youtube mais en voici un autre sur Blue Velvet (1986) un de mes préféré de Lynch avec Denis « maboul » Hopper dont le film ressuscita la carrière atone. Incarnation du mal vissé à son masque à oxygène, et qui aurait inhaler du poppers afin que son visage s’empourpre dans d’hallucinantes poussées de violence sexuelle.
      https://www.youtube.com/watch?v=Gnt6l2qzFVA

    • Huit thèses politiques sur Twin Peaks
      https://lundi.am/Huit-theses-politiques-sur-Twin-Peaks

      David Lynch n’a jamais eu l’image d’un artiste politique. En apparence, la valeur de son œuvre est essentiellement esthétique et plastique, ou encore psychologique, morale, mystique. C’est le Magicien d’Oz en guise de théorie critique. Ne masque-t-il pas les rapports de pouvoir sous un discours manichéen, sous une fausse conscience où le bien et le mal semblent s’affronter dans une lutte aussi abstraite qu’interminable (nihilisme négatif), et où le mal, regardé en face comme un abîme sans fond, exerce sur nous sa séduction morbide vertigineuse (nihilisme réactif) ? Lynch ne nous invite-t-il pas, face à la violence du monde, à pratiquer la méditation transcendantale comme seul refuge, à laisser être et à accepter le réel tel qu’il est (nihilisme passif) ?

      Il aura fallu attendre 2017, avec la Partie 8 de la saison 3 de Twin Peaks, pour voir surgir une référence explicitement politique dans le cinéma de Lynch : une origine terrestre y est assignée à Bob, l’esprit malfaisant qui, sorti de Black Lodge, a tué Laura Palmer au terme d’une lutte terrible. Le mal a surgi le 16 juillet 1945 à 5:29 du matin, lors du premier essai nucléaire américain à White Sands, dans le désert du Nouveau-Mexique, trois semaines avant les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Cette périodicité est décisive : Twin Peaks ne parle pas du mal comme d’un principe métaphysique général et abstrait, mais d’un mal politique, sublunaire. Le sujet de Lynch a toujours été l’Amérique. Non pas seulement l’Amérique en tant que réalité sociale et politique, mais l’Amérique en tant que projet métaphysique, l’Amérique en tant que force attractive et productive dans le destin moderne du monde.

      #É-U

  • Anthem Blue Cross Blue Shield calls off surgery anesthesia cap
    https://www.axios.com/2024/12/05/blue-cross-blue-shield-anesthesia-anthem-connecticut-new-york

    A major health insurance company is backing off of a controversial plan to limit coverage of anesthesia, according to public officials.

    Why it matters: Anthem Blue Cross Blue Shield recently decided to “no longer pay for anesthesia care if the surgery or procedure goes beyond an arbitrary time limit, regardless of how long the surgical procedure takes,” according to the American Society of Anesthesiologists, which opposed the decision.
    The decision covered plans in Connecticut, New York and Missouri.
    The insurer had based the move on surgery time metrics from the Centers for Medicare and Medicaid Services, NPR reported.
    Friction point: The decision was controversial at the time — but outrage erupted this week after the murder of UnitedHealthcare CEO Brian Thompson in New York City cast a spotlight on divisive insurance decisions.

    The latest: “After hearing from people across the state about this concerning policy, my office reached out to Anthem, and I’m pleased to share this policy will no longer be going into effect here in Connecticut,” Connecticut Comptroller Sean Scanlon said Thursday on X.

    “We pushed Anthem to reverse course and today they will be announcing a full reversal of this misguided policy,” New York Gov. Kathy Hochul said Thursday in a statement. “Don’t mess with the health and well-being of New Yorkers — not on my watch.”

    [...]

    On social media, critics drew a direct line from controversial coverage decisions to the death of Thompson.

    “When you shoot one man in the street it’s murder. When you kill thousands of people in hospitals by taking away their ability to get treatment you’re an entrepreneur,” an X user wrote.

    https://seenthis.net/messages/1086181

    #É-U #assurance_maladie #assurances_privées #santé

  • L’administration la plus antipalestinienne de l’histoire des Etats-Unis
    https://www.lemonde.fr/un-si-proche-orient/article/2024/11/24/l-administration-la-plus-antipalestinienne-de-l-histoire-des-etats-unis_6411

    Trump n’a conservé aucun de ses collaborateurs de 2017-2021 pour gérer le Moyen-Orient, soit de manière spécifique, soit dans le cadre d’un portefeuille plus général. Même son gendre Jared Kushner, qu’il avait chargé d’élaborer « l’accord du siècle » de 2020, n’est pas reconduit. Cet accord, signé entre les seuls Trump et Nétanyahou à la Maison Blanche, réduisait la future Palestine à n’être qu’un Etat croupion sur une portion de la Cisjordanie et sans aucune continuité territoriale. Le président américain n’avait pas manqué de souligner alors l’opportunité qu’un tel « deal » offrait à ses amis promoteurs, du fait du réseau complexe de ponts, de tunnels et de voies de contournement que ce dépeçage de la Palestine permettait d’envisager. Mais Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, avait osé refuser un plan négocié sans lui et contre lui. Du fait de cet échec, Donald Trump vient de nommer comme envoyé spécial au Moyen-Orient, non plus son gendre, mais son partenaire de golf, Steven Witkoff, un promoteur immobilier sans la moindre expérience diplomatique. Nul doute que « l’art du deal », dont M. #Trump se veut un expert, avec cette fois M. Witkoff à la manœuvre, conduira à imposer aux Palestiniens un diktat encore plus brutal qu’en 2020.

    https://justpaste.it/ctac8

    #É-U #Israël

    • Sur la même page : Avec la nomination de l’ambassadeur Yechiel Leiter, Benyamin Nétanyahou place l’un de ses hommes auprès de Donald Trump

      Le premier ministre israélien n’a pas tardé à nommer, à Washington, un ambassadeur issu de l’extrême droite la plus radicale et installé dans une colonie de Cisjordanie.

  • Peter Turchin, anthropologue : « Aux Etats-Unis, le mécontentement des classes populaires s’accumule depuis trente ans »


    L’anthropologue Peter Turchin, à Chaplin (Connecticut), en 2023. OLGA TURCHIN/EDITIS

    Cela s’est accompagné, expliquez-vous, d’une « surproduction d’élites ». De quoi s’agit-il ?
    Le nombre d’individus aspirant à intégrer l’élite financière ou académique – et accumulant les diplômes pour y parvenir – a considérablement augmenté sur la période. Problème : en face, le nombre de postes de pouvoir auxquels ils peuvent prétendre n’a, lui, pas augmenté. Cela génère une grande frustration et des fractures au sommet de l’échelle sociale, avec l’émergence d’une contre-élite antisystème – celle qu’incarnent Donald Trump ou Elon Musk.

    Cette surproduction d’élites est une source de tensions politiques fréquemment observée avant les crises. La contre-élite joue un rôle-clé, car c’est elle qui est susceptible de cristalliser les mécontentements et d’organiser la révolte. Dans l’histoire, cela a notablement été le cas d’avocats en colère : Robespierre, Lénine, Castro…

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/11/25/peter-turchin-anthropologue-aux-etats-unis-le-mecontentement-des-classes-pop

    https://justpaste.it/fxh8w

    #ploutocratie #É-U

  • Amount of Israeli bombs dropped on Gaza surpasses that of World War II
    https://www.aa.com.tr/en/middle-east/amount-of-israeli-bombs-dropped-on-gaza-surpasses-that-of-world-war-ii/3239665

    Israel has dropped more than 70,000 tons of bombs on the Gaza Strip since last October, far surpassing the World War II bombings of Dresden, Hamburg, and London combined during World War II.

    In late April, Euro-Med Human Rights Monitor estimated that approximately 70,000 tons of bombs were dropped on Gaza, covering the six-month period between Oct. 7 and April 24.

    “It is estimated that Israel has dropped more than 70,000 tons of explosives on the Gaza Strip in addition to its bulldozing operations, resulting in the destruction of all buildings at a distance of up to one kilometer in the east and north of the Strip in order to create a so-called buffer zone,” according to the Geneva-based human rights monitor organization.

    The Germans bombed London, dropping around 18,300 tons of bombs between 1940 and 1941, according to various estimates, including archives from the New York Times.

    The Allies dropped 8,500 tons of bombs on Hamburg in the summer of 1943, said Hendrik Althoff, a research fellow at the Department of History at the University of Hamburg.

    The Allies also used 3,900 tons of bombs on Dresden in February 1945, according to historical records.

  • España participará finalmente en la misión de EEUU en el Mar Rojo, en representación de la UE
    https://www.huffingtonpost.es/politica/espana-participara-finalmente-mision-eeuu-mar-rojo-representacion-ueb

    En fin de compte, si, l’Espagne participeraà la coalition Prosperity Guardian en Mer rouge. Mais en fait, pas réellement. Enfin si, un peu tout de même.
    Ca ne fait pas très sérieux cette coalition...

    Al final, sí. España colaborará, a través de la Operación Atalanta de la Unión Europea, con la Operación Guardián de la Prosperidad, liderada por Estados Unidos, para velar por la seguridad de los buques en el Mar Rojo, tal y como Washington anunció hace dos días. Un proyecto con el que se trata de proteger una ruta marítima esencial para Occidente, amenazada ahora por los hutíes de Yemen, aliados de Hamás, que están atacando buques para presionar ante los ataques de Israel a Gaza.

    En un mensaje en sus redes sociales, el vicealmirante Ignacio Villanueva Serrano, comandante de la misión Atalanta, la operación naval europea de lucha contra la piratería en el océano Índico, lo ha confirmado en redes. España negó de inicio su participación, anunciada en público por el Pentágono, y afirmó que sólo colaboraría en esa coalición internacional bajo el paraguas de la OTAN o de la UE, en palabras de la ministra portavoz, Pilar Alegría, en el Consejo de Ministros. Al final hay paraguas, el de Bruselas, y por eso España está dentro, indica la Cadena SER.

    La duda queda despejada después de que el pasado lunes el secretario de Defensa de EEUU, Lloyd Austin, anunciara en un comunicado que España participaría junto a Reino Unido, Bahréin, Canadá, Francia, Italia, Países Bajos, Noruega y Seychelles en una alianza para abordar conjuntamente los desafíos de seguridad en el sur del Mar Rojo y el Golfo de Adén.

    Josep Borrell, el jefe de la diplomacia comunitaria, ha confirmado en las últimas horas que esa decisión se ha adoptado en una reunión extraordinaria del Comité Político y de Seguridad, celebrada este miércoles. En ese foro, donde está representado el Servicio Europeo de Acción Exterior, los Estados Miembro han acordado contribuir en esa coalición liderada por EEUU en el Mar Rojo y lo harán a través de la Operación Atalanta, que lucha contra la piratería en el océano Índico.

    Esa misión está ahora mismo justamente liderada por España, el comandante de esa misión es español, y de hecho, el cuartel general está en Rota. Ese comandante es el vicealmirante Ignacio Villanueva, quien puso un mensaje en sus redes pero que luego ha borrado.

    Fuentes militares aclaran a la SER que el hecho de que la operación Atalanta vaya a desplegarse también en el Mar Rojo no significa que España vaya a movilizar a uno de sus buques a la zona. Esa decisión, insisten, aún no está tomada. De hecho, el único que tiene ahora mismo en esa misión en el Indicio, es la fragata Victoria, que desde hace día está dando soporte al carguero búlgaro que fue secuestrado por unos piratas hace ya una semana.

    El Estado Mayor de Defensa ha publicado un mensaje en X, antes Twitter, en esta línea: «España tomará en su momento y valorando todas las circunstancias concurrentes, particularmente en el marco de la UE, las decisiones oportunas respecto a una posible participación en la Operación ’Prosperity Guardian’».

  • Le conflit israélo-palestinien bouscule les facs américaines
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-transition-de-la-semaine/le-conflit-israelo-palestinien-bouscule-les-facs-americaines-4772312

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16740-09.12.2023-ITEMA_23578802-2023C49329S0343-21.mp3

    [...]
    Pourquoi l’affaire est-elle remontée jusqu’au Congrès ? "Le soutien très clair en faveur de la Palestine et une difficulté parfois à condamner ouvertement les événements du 7 octobre ont dérangé. L’usage du mot « Intifada » aussi a posé beaucoup de problèmes aux élus du Congrès qui ont demandé à des présidents d’universités d’expliquer l’usage de ce terme."
    [...]

    Et uniquement dans le podcast, vient :

    l’usage de ce terme [intifada] est vu [par les membres du congrès] comme une forme d’antisémitisme

    Le problème dans cette affaire est, me semble-t-il, l’amalgame opéré entre intifada et antisémitisme.

    Un amalgame qui n’est remis en question ni par les directrices d’université (visiblement) ni par les commentateurs, les « spécialistes » et les journalistes. S’agirait-il de la résurgence de nouvelles formes de maccarthysme ?

    • Partant de cet amalgame, l’interview déballe ensuite tranquillement les pires énormités : « appeler au génocide des juifs », référence aux défilés nazis aux USA dans les années 30...

    • quand on trouve pas d’antisémitisme à instrumentaliser, on l’invente. et voilà que les accusé.e.s elleux-mêmês ne récusent pas la prémisse fallacieuse dont relève leur procès...
      au delà de la situation en Palestine, [et puisqu’il s’agit du mot Intifada] c’est toute révolte, tout soulèvement qui sont visés. l’obscurité enveloppe ce monde.

    • Comment la guerre Israël-Hamas a déchiré Harvard
      https://www.lemonde.fr/international/article/2023/12/17/comment-la-guerre-israel-hamas-a-dechire-harvard_6206253_3210.html

      Interrogée le 5 décembre sur les débordements antisémites sur les campus, avec ses collègues de Penn University, Elizabeth Magill, et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Sally Kornbluth, Claudine Gay, 53 ans, est incapable de répondre clairement à la question posée par la représentante au Congrès, la républicaine Elise Stefanik. « Est-ce que l’appel au génocide des juifs viole le code de conduite » des universités en matière de harcèlement et d’intimidation ? « Cela peut être le cas, selon le contexte, comme cibler un individu », répond Claudine Gay, à l’instar de ses deux collègues.

      Obsédées par la défense de leur règlement intérieur sur la liberté d’expression, les trois présidentes restent rivées aux éléments de langage préparés par les juristes. « Cela ne dépend pas du contexte. La réponse est oui, et c’est pourquoi vous devriez démissionner », lance Elise Stefanik. Précision notable : cette représentante trumpiste avait démarré l’audition en assimilant le fait d’appeler à l’Intifada (« soulèvement » en arabe) à celui de « commettre un génocide contre les juifs en Israël et au niveau mondial ». Cette définition toute personnelle, non contestée en séance, a fait basculer le débat du soutien à l’Intifada à la question du génocide.

      https://jpst.it/3vwZp

      La pratique de la critique politique étant désormais durablement colonisée par les milieux universitaires, et cela, en particulier, dans le pays de l’oncle Sam, on en vient à considérer qu’il est plus important de mener des guerres de position que de défendre la rationalité factuelle, quant au fond ; à savoir, la non réfutation de l’amalgame entre « intifada » et « antisémitisme », évoquée dans mon précédent message. Une non réfutation qui pose de sérieux problème sur la capacité de cette personne à mener une méthodologie d’argumentation sur des bases scientifiques, me semble-t-il.

      Le plus important pour ces milieux, n’est visiblement pas la réalité factuelle - en particulier, ce qui se passe en Palestine - mais l’avenir de l’institution universitaire, à savoir :
      1) les profils des membres des directions, (sont-ils représentatifs de la « diversité » ?) ;
      2) le discours qui doit s’y tenir (doit-il y avoir un distinguo entre le discours scientifique des enseignants et la liberté d’expression des étudiants ?) ;
      3) et, surtout, le financement.

      Du rôle des intellectuels ?

    • Harvard Is Ignoring Its Own Antisemitism Experts
      https://jewishcurrents.org/harvard-is-ignoring-its-own-antisemitism-experts?token=5WMIOB4HE85XG

      But while Gay’s letter suggests that the task force will explore what she casts as a worrisome relationship between antisemitism and activism for Palestinian rights, none of its members have conducted scholarly research into this supposed intersection. Most notably absent from the advisory group was Derek Penslar, the director of Harvard’s Center for Jewish Studies and a leading scholar of Zionism and its critics. His acclaimed recent book, Zionism: An Emotional State, includes a chapter entitled “Hating Zionism,” on the different motivations that have driven Zionism’s opponents since its creation. Given the relevance of his scholarship, Penslar would have seemed an obvious choice for the advisory group. But according to four faculty members familiar with Jewish studies at Harvard who requested anonymity to discuss internal university affairs, not only was he not selected, he wasn’t even consulted. One professor compared snubbing Penslar to “creating a task force on AI without consulting the chair of the department of computer science.”
      Why wasn’t Penslar chosen? One likely factor is that he signed the Jerusalem Declaration on Antisemitism (JDA), which states that “criticizing or opposing Zionism” is not necessarily antisemitic. By contrast, most of the people appointed to the advisory group—none of whom have Penslar’s expertise—have made public statements alleging that anti-Zionism is antisemitic, or are affiliated with organizations that hold that view. Though Gay’s email claims that the advisory group is committed to “bringing our teaching and research mission” to bear in the fight against antisemitism, the group’s composition suggests that its members were selected less for their scholarly credentials than for their political beliefs, which align with those of influential donors, some of whom have already withdrawn funding or have threatened to do so.
      The advisory group’s composition suggests that its members were selected less for their scholarly credentials than for their political beliefs, which align with those of influential donors.
      Harvard is not the only university where political considerations have trumped scholarly ones in the wake of October 7th. The presidents of New York University and the University of Pennsylvania have also responded to alumni pressure to define anti-Zionism as Jew-hatred with initiatives designed to validate that view. In so doing, they are not only threatening pro-Palestinian speech; they are undermining their universities’ academic integrity. “Scholars with a more nuanced view of antisemitism know that challenging the activities of a government, or even questioning its legitimacy, is not antisemitism,” Lior Sternfeld, an associate professor of history and Jewish studies at Penn State, told me. “Yet their expertise is rejected or sidelined because it is not what the donors and the Jewish establishment want. They don’t want a more scholarly conversation about antisemitism.”

      Intellectuels, certes, mais avant tout employés jetables d’institutions universitaires dépendantes de fonds privés qui ne financent pas « la critique » mais la reproduction d’une élite. La prise en compte des titres et qualification intellectuelles ou scientifiques en dépend. Les rapports de forces politiques sont au centre du gouvernement de ces facs.

      #universités_américaines #antisémitisme #antisionisme #E-U

      edit

      In addition to Penslar, Harvard boasts Sara Roy, who in addition to being one of the world’s leading experts on Hamas and the political economy of the Gaza Strip, is a child of Holocaust survivors who has written powerfully about how the humiliation she witnessed in Gaza helped her understand her parents’ experience of antisemitism in Europe .

      #uprising #intifada #soulèvement #révolte #université #institutions

    • Que les universités aient pour principale fonction de reproduire les élites (et non de produire une quelconque forme de critique sociale effective), cela ne fait absolument aucun doute pour moi. C’est pour cela que j’ai indiqué que la critique politique était actuellement colonisée par les milieux universitaires, y compris en France où l’on ne manque jamais de faire références à telle ou telle « critique radicale » issue des universités étasuniennes.

    • Non, les universités n’ont pas pour principale fonction de reproduire les élites, sinon il n’y aurait pas 2 millions d’étudiants en France. On parle là d’universités d’élite (qui fabriquent aussi des salariés ordinaires), comme on parlerait ici de grandes écoles ou de filères de luxe (il serait plus que temps d’en finir y compris avec le discours sur les « chiens de garde la bourgeoisie » à propos dune université dont les effectifs se sont massifiés à un tel point). Mais ce n’était pas le point que je soulevais qui était plutôt d’observer comment cette madame Gay, et d’autres, peuvent passer pour complaisants avec l’antisémitisme (attaque des conservateurs) et tout faire, y compris sans aucun scrute intellectuel, jusqu’à exclure la critique du sionisme, pour tenter d’éviter que ce soit le cas, afin de ne pas perdre des postes de « direction » dont les bureaux et CA des universités décident.

    • Ah oui ! faut distinguer « élite » et « élites » ;-)

      Le fait qu’il y ait une massification n’est pas contradictoire avec la finalité de la construction sociale des élites (je maintiens), même si le choix des filières et le placement dans les grandes écoles constituent les critères déterminants.

      Alors, qu’il y ait massification des universités, oui mais combien d’étudiants ne dépassent pas 3 ans d’étude, faute d’avoir les moyens de suivre le parcours complet ? Certaines filières sont si peu valorisée qu’elle ne permettent pas objectivement aux étudiants BAC+5 de rejoindre socialement et financièrement la classe des privilégiés. Oui.

      Que l’université, depuis longtemps, soit aussi cette fabrique de « salariés ordinaires », comme tu le dis, c’est indéniable.

      Pour autant, c’est la même institution universitaire qui (re)produit aussi, en partie, la classe qui détient le pouvoir.

      La classe sociale dominante, qu’on le veuille ou non, est toujours constituée de ces personnes ayant traversé avec succès ces lieux d’apprentissage du pouvoir - notamment, les « bonnes filières universitaires », celles qui sont suffisamment compétitives. Ce sont ces anciens étudiants qui ont été socialement et financièrement en capacité d’aller au terme du « bon » cursus.

      Mais effectivement, dans le sujet qui nous occupe ici, le problème principal n’est pas là. Pour moi, c’est l’attitude pitoyable de ces directions d’université aux USA qui ne sont pas capables de tenir un minimum de rigueur et de cohérence théorique dans leur argumentaire, et cela, uniquement pour continuer de garder leurs postes et le financement des établissements.

    • La présidente de l’université Harvard, Claudine Gay, a démissionné à la suite d’accusations de plagiat et de débordements antisémites sur le campus
      https://www.lemonde.fr/international/article/2024/01/02/la-presidente-de-l-universite-harvard-claudine-gay-annonce-sa-demission-a-la


      La présidente de Harvard, Claudine Gay, lors de son audition devant le Congrès, le 5 décembre 2023. MARK SCHIEFELBEIN / AP

      La présidente de l’université Harvard, Claudine Gay, a démissionné à la suite d’accusations de plagiat et de débordements antisémites sur le campus

      Nommée en juillet, elle était vivement critiquée depuis une audition au Congrès en décembre, au cours de laquelle elle n’avait pas explicitement condamné les appels au génocide des juifs.

      Le Monde avec AP

      Claudine Gay, présidente de l’université de Harvard, a finalement annoncé sa démission, mardi 2 janvier. Cette professeure de sciences politiques, devenue en juillet la première présidente noire de l’université Harvard, située près de Boston, était depuis quelques semaines sous le feu des critiques. Visée par des accusations de plagiat liées à ses travaux universitaires, alimentées par un site conservateur, elle était surtout critiquée depuis une audition au Congrès, sur la lutte contre l’antisémitisme sur les campus, où elle n’avait pas condamné clairement des appels au génocide des juifs.

      « C’est le cœur lourd mais avec un profond amour pour Harvard que je vous écris pour vous annoncer que je vais quitter mon poste de présidente », a déclaré Claudine Gay, 53 ans, dans une lettre de démission publiée mardi. « Il est devenu clair pour moi qu’il est dans l’intérêt de Harvard que je démissionne afin que notre communauté puisse traverser cette période de défi extraordinaire en se concentrant sur l’institution plutôt que sur ma personne », explique-t-elle.

      Depuis l’attaque sanglante du Hamas en Israël le 7 octobre, suivie de représailles meurtrières de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le conflit déchaîne les passions dans les universités américaines les plus renommées. Mardi 5 décembre, dans une ambiance tendue, Claudine Gay et ses homologues de l’université de Pennsylvanie (Penn) et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Elizabeth Magill et Sally Kornbluth, avaient répondu cinq heures durant aux questions d’élus de la Chambre des représentants.
      Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment la guerre Israël-Hamas a déchiré Harvard

      Elles avaient notamment été interrogées sans ménagement par l’élue républicaine Elise Stefanik, qui a assimilé les appels de certains étudiants à l’« Intifada » à une incitation à « un génocide contre les juifs en Israël et dans le monde ». Lorsque Mme Stefanik avait demandé si « appeler au génocide des juifs violait le règlement sur le harcèlement à Harvard, oui ou non ? », Mme Gay avait répondu : « Cela peut, en fonction du contexte », avant d’ajouter : « Si c’est dirigé contre une personne. » « Si le discours devient acte, cela peut devenir du harcèlement, avait répondu Mme Magill à la même question. C’est une décision qui dépend du contexte. »

      Leurs réponses, devenues virales, avaient provoqué un tollé jusqu’à la Maison Blanche, dont un porte-parole, Andrew Bates, avait jugé « incroyable que cela doive être dit : les appels au génocide sont monstrueux ».

      « Il a été pénible de voir mis en doute ma détermination à lutter contre la haine et à faire respecter la rigueur scientifique – deux valeurs fondamentales qui sont pour moi essentielles – et effrayant d’être soumise à des attaques personnelles et à des menaces alimentées par du racisme », souligne Mme Gay dans sa lettre de démission, appelant la communauté de Harvard à « lutter contre les préjugés et la haine sous toutes ses formes ».

      La deuxième présidente de l’Ivy League à démissionner

      Après son audition au Congrès, Mme Gay avait présenté des excuses, déclarant au journal étudiant The Crimson qu’elle s’était laissée entraîner dans un échange houleux et qu’elle n’avait pas dénoncé correctement les menaces de violence à l’encontre des étudiants juifs. « Ce que j’aurais dû avoir la présence d’esprit de faire à ce moment-là, c’est de revenir à la vérité qui me guide, à savoir que les appels à la violence contre notre communauté juive – les menaces contre nos étudiants juifs – n’ont pas leur place à Harvard et qu’ils ne resteront jamais sans réponse », avait-elle déclaré.

      Cet épisode a entaché le début du mandat de Mme Gay à Harvard et a semé la discorde sur le campus. Plus de 70 parlementaires, dont deux démocrates, ainsi que des anciens étudiants et des donateurs de renom avaient réclamé le départ de Mme Gay. La présidente avait toutefois reçu le soutien de la communauté éducative et avait été maintenue mi-décembre dans ses fonctions.

      Elle devient la deuxième présidente de l’Ivy League, qui rassemble huit universités d’élite, à démissionner. En décembre, Elizabeth Magill, de l’université de Pennsylvanie, avait annoncé son départ face aux pressions.

      La commission parlementaire avait annoncé qu’elle enquêterait sur les politiques et les procédures disciplinaires en vigueur à Harvard, au MIT et à Penn. Des enquêtes fédérales distinctes sur les droits civils ont déjà été ouvertes à Harvard, à Penn et dans plusieurs autres universités à la suite de plaintes déposées auprès du ministère de l’éducation américain.

      « Attaques personnelles »

      L’instance dirigeante de l’université Harvard, qui a accepté mardi la démission de Mme Gay, a salué sa « résilience remarquable face à des attaques continues et profondément personnelles ». « Si une partie de cette affaire a eu lieu de façon publique, une grande partie a pris la forme d’attaques immondes et dans certains cas racistes contre elle via des emails et des appels téléphoniques honteux », précise l’institution dans un communiqué.

      La républicaine Elise Stefanik a de son côté qualifié sur le réseau social X cette démission de « très tardive », assurant qu’il s’agissait du « début de ce qui constituera le plus grand scandale de toute l’université dans l’histoire ».

      « Résilience remarquable » ou esprit de sacrifice, peut importe les mots permettant de décrire une position défensive personnelle qui traduit avant tout la défaite de l’expression politique anticolonialiste et antiraciste - notamment, la cause palestinienne - sur les campus étasuniens, c’est à dire, là où elle est censée (selon ses détracteurs) être la plus répandue et la plus influente. Il ne faudra pas oublier de remarquer le rôle de l’administration politique démocrate dans cette affaire.

  • La guerre de Gaza et la situation mondiale. Vincent Présumey, 23/10/2023
    https://aplutsoc.org/2023/10/24/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale-vincent-presumey-le-23-10-2023

    Il est indispensable d’intégrer ce qui est pour l’instant la #guerre de #Gaza mais pourrait devenir plus et pire, depuis les 7-8 octobre 2023, à l’analyse globale de la crise mondiale contemporaine. Le plus grand danger intellectuel, et par voie de conséquence politique et moral, serait de croire à un feuilleton déjà connu, tant les forces en présence dans cette région du monde sont observées, mythifiées, assimilées dans les consciences depuis des décennies. Ce danger est aggravé par le fait que la question en surplomb dans la situation mondiale, c’est celle de la #guerre_mondiale. Devant un théâtre où tout le monde croit reconnaître les siens, et devant un danger que l’on préfère souvent ne pas nommer, grande est la tentation de fuir sans phrases, fuir la démarche qui consiste à analyser pour trouver comment agir en intégrant le nouveau et pas en répétant seulement le connu ou ce que l’on croit connaître.

    Réciter les slogans et s’y réfugier n’est plus que conservatisme devant la catastrophe et ne conjure rien du tout. Le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté, inséparables, devraient être de rigueur.

    Le tournant du 7 octobre 2023 est l’évènement le plus retentissant, au plan mondial, depuis le 24 février 2022. Il ne nous ramène nullement à l’avant 24 février. Au contraire, il nous engage plus encore dans le XXI° siècle des guerres et des révolutions.

    Plan du texte :

    Le cadre dans lequel cette guerre survient.
    « Sud global » contre « Occident », ou le discours de l’impérialisme multipolaire.
    La balance de la justice, vraiment ?
    Le sens historique des #pogroms des 7-8 octobre.
    La nature de la guerre israélienne contre Gaza.
    La place de l’#Iran.
    A propos du « deux poids deux mesures ».
    Le positionnement de Washington et la possibilité sous-jacente de la guerre mondiale.

    ... Qu’il soit nécessaire, pour analyser la place de la guerre engagée le 7 octobre, d’une analyse mondiale intégrant la guerre en Ukraine et reliant les deux guerres, semble [...] tout à fait inenvisageable, voire impensable. Sud global contre Occident impérialiste, telle est la représentation idéologique qui doit submerger tout autre discours, toute autre réflexion

    ... plus riches des dures leçons de l’histoire et des combats anticolonialistes, sont les réflexions de nos camarades ukrainiens propalestiniens, que les pogroms révulsent et qui s’écrient, comme Hanna Perekhoda : « Notre Hamas, nous l’avons eu ! », c’était l’OUN, et cela pourrait être Azov : ces camarades, aux premiers rangs de la lutte de libération nationale, récusent ces organisations, leurs méthodes et leurs crimes, antisémites et antipolonais, récusent tout amalgame mythique entre leur lutte à eux, la guerre de libération actuelle, et la tradition « bandériste », et savent combien la nation ukrainienne a payé et paie cher ces crimes et cet amalgame, « nazi-ukrainien », cette équation raciste que, s’agissant des Palestiniens, Gilbert Achcar croit conjurer en dénonçant leur « nazification », mais qu’il conforte en fait, en montant un échafaudage idéologique pour nous expliquer que les crimes du Hamas, dans sa petite « balance de la justice » qui ne serait soi-disant « pas métaphysique » et pas occidentale, sont des crimes de bonne qualité puisque ce sont des crimes commis du bon côté.

    .... « S’il y a une leçon à tirer de la guerre de libération algérienne, c’est bien que le terrorisme contre les civils dessert les luttes des opprimés et des exclus (...) » - écrivait Mohamed Harbi, qui sait de quoi il parle, dans Hommes et libertés, n°117, janvier-mars 2002.

    .... Pas plus que le Hamas ne combattait l’oppression nationale et coloniale israélienne les 7 et 8 octobre, l’armée israélienne ne « riposte » ou n’exerce des « représailles » visant à « détruire le Hamas » à Gaza. Il s’agit de la plus monstrueuse opération menée contre cette population civile emprisonnée dans un immense ghetto

    .... Beaucoup de commentateurs parlent d’une « seconde #Nakba ». Là encore soyons clairs : c’est pire. L’histoire n’est pas répétition, et tant que le capitalisme conduit biosphère et genre humain à l’abîme, elle est aggravation. C’est pire parce que de plus grande dimension, parce que la population gazaouie n’a pas où aller, l’Égypte fermant ses portes, l’errance au Sinaï, ce vieux mythe n’est-ce pas, signifiant la décimation, pire aussi parce que le nettoyage ethnique en Cisjordanie pourrait bien être le corollaire.

    ... l’Iran. Engagé dans une fuite en avant par peur de la révolution, peur de « Femmes, Vie, Liberté », la caste oligarchique ultra-réactionnaire des mollahs a un programme, un programme de réaction sur toute la ligne, et le génocide du peuple judéo-israélien en fait partie. Il en fait partie, à côté de la répression sauvage en Iran, de l’écrasement des kurdes, de la vassalisation de l’Irak, de l’inféodation du #Liban aux structures mafieuses du #Hezbollah, et du charcutage de la Syrie avec l’expulsion des arabes sunnites d’une grande partie du territoire.

    ... Le rôle contre- révolutionnaire de l’Iran lui a permis d’avoir la tolérance états-unienne, contre la révolution syrienne, et l’alliance russe. .....

    en pdf
    https://aplutsoc.files.wordpress.com/2023/10/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale_vp_2023-10-23.p

    #campisme #Israël #E-U #U.S.A #impérialisme_multipolaire #guerre_en_Ukraine #internationalisme #Gilbert_Achcar #Franz_Fanon #pogroms (by both sides) #Jewish_Voice_for_Peace #crimes_contre_l’humanité #gazaouis

    • “Obviously, statistics from Gaza are subject to bias, so we can’t use them to determine when the number of dead Palestinians has reached a sufficient level. Perhaps when the fog of war has cleared, we’ll realize Israel has killed more Gazans than was necessary, but now is not the time to ease up.”

      [hum hum : un « nombre de morts suffisants » ?! il parlerait aussi crûment à des journalistes ? il manque des mots « terroristes du Hamas » ? ]

      How does Gaza’s health ministry calculate casualty figures ?
      Chris McGreal
      https://www.theguardian.com/world/2023/oct/27/how-does-gazas-health-ministry-calculate-casualty-figures

      Israel and Joe Biden have shown scepticism about accuracy of rising death toll but others point to historical reliability of data

      [...]

      On Thursday, the [health] ministry said the Israeli bombing of Gaza had killed 7,028 Palestinians, including 2,913 children, in the nearly three weeks since Hamas killed about 1,400 Israelis and abducted more than 200 others in its cross-border attack.

      In a move to head off allegations of fabrication, the ministry also issued a 212-page list of the names and identity numbers of every Palestinian it says has been killed in the Israeli bombardment.

      The Council on American-Islamic Relations called on Biden to apologise for his “shocking and dehumanising” remarks.

      The council’s director, Nihad Awad, said: “Journalists have confirmed the high number of casualties, and countless videos coming out of Gaza every day show mangled bodies of Palestinian women and children and entire city blocks levelled to the ground.

      [...]
      Omar Shakir, the Israel and Palestine director at Human Rights Watch, said he saw no evidence that the numbers were being manipulated.

      “We have been monitoring human rights abuses in the Gaza Strip for three decades, including several rounds of hostilities. We’ve generally found the data that comes out of the ministry of health to be reliable,” he said.

      “When we have done our own independent investigations around particular strikes, and we’ve compared those figures against those from the health ministry, there haven’t been major deviations.

      “Their numbers generally are consistent with what we’re seeing on the ground in recent days. There have been hundreds of airstrikes per day in one of the most densely populated areas of the world.

      “We’ve looked at satellite imagery. We’ve seen the number of buildings, and the numbers that are coming out are in line with what we would expect with what we’re seeing on the ground. So you put all those things together and we’re quite confident in the overall casualty numbers.”

      Shakir said a grey area was differentiating combatants from civilians among the dead, but the large proportion of women and children killed was indicative of high civilian casualties. He also said there was a need to draw a distinction between the immediate casualty numbers that came out quickly on any given day and those compiled over time, when there was more clarity.

      [...]

      A UN official who declined to be publicly identified said his agency had used and checked Gaza health ministry data for years.

      “I have seen nothing that says to me they are making the numbers up. We looked at some of the Israeli bombings and the numbers of deaths the ministry is claiming for a particular attack are broadly in line with what we have seen in previous wars.”

      He said the reason for the higher overall casualty figures was that the attacks were “much bigger than anything we’ve seen in previous wars. It’s not that they’re inflating the numbers.”

      Shakir said the health ministry had got caught up in the broader battle for public opinion in which Israel has faced its own accusations of manipulating casualty figures to downplay civilian deaths and of falsely claiming that unarmed Palestinians killed by the army in the West Bank were combatants.

      “Unfortunately, when reality is too difficult to stomach, Israel and so many of its allies prefer to deny it or bury their head in the sand,” Shakir said.

      “As long as they can create a fog of war and misinformation about what’s taking place, it provides cover for this to continue. To continue to have 100-plus Palestinian children killed every day.”

      #Gaza #brouillard_de_guerre #désinformation #Israël

    • Pour dissiper un malentendu potentiel : ma remarque n’a rien à voir avec du fact checking. Elle était là pour indiquer que The Onion est parodique. Isoler le titre du contenu qu’il publie annule cet effet, que je trouve, pour ma part, bien plus pertinent pour dénoncer le folie furieuse exprimée par Biden.

    • c’est le ridicule à 3h du mat’, j’en mourrais pas, mais stp n’y voit pas offense.
      lisant ailleurs des articles qui mettaient en doute le nombre de gazouis tués, j’ai pris au sérieux le post, d’abord sans m’arrêter au "enough" , cherché des éléments étayés sur le bilan humain des frappes israéliennes, puis lu en cours de publication ici le papier de The Onion (que je ne connaissait pas, tout le monde l’aura compris). ça aurait pu être un dérapage réel (on a vu hier que B. n’a pas attendu le grand âge dans ce domaine https://seenthis.net/messages/1023128), quel était le contexte etc. finalement, éberlué, j’ai ajouté l’extrait de The Onion et indiqué entre [ ] mon étonnement.
      lecture approximative puis littérale, plutôt confiant quant à tes posts, je n’ai nullement pensé à toi @kassem (si l’info avait été réelle, tu l’aurais sans doute commentée).
      une idiotie et un malentendu qui m’aura permis de lire et citer cet article du Guardian qui, sur l’ampleur de la boucherie en cours et sauf informations qui viendraient le contredire, fait un sort à la prudence qui peut (doit) accompagner toute info sur la guerre, prudence dont j’ai pu manquer à propos du déroulé de l’attaque du 7 octobre [ https://seenthis.net/messages/1023110#message1023165], qui reste obscur sur bien des points

    • Compter les victimes par temps de guerre

      https://www.lemonde.fr/international/live/2023/10/28/en-direct-guerre-israel-hamas-la-bande-de-gaza-soumise-a-un-black-out-est-la

      Compter les victimes, par temps de guerre, n’est pas seulement un recensement statistique et la mesure de drames humains. Il s’agit aussi d’une donnée politique, parfois dissimulée, parfois exagérée, par empressement ou manipulation. Dans le cas de la bande de Gaza, l’impossibilité de procéder à des vérifications indépendantes conduit à une situation paradoxale : la seule source est le ministère de la santé dans le territoire palestinien, de facto sous le contrôle du Hamas, maître des lieux. Tous les grands médias, les organisations non gouvernementales ou encore l’ONU reprennent ses bilans provisoires s’agissant du nombre de Palestiniens tués, comme ils le faisaient au cours des cycles d’affrontements précédents à Gaza.

      L’#Autorité_palestinienne (AP), à Ramallah, en revendique aussi la paternité et la véracité. Elle verse les salaires des fonctionnaires qui compilent ces données à Gaza et assure les contrôler. Le ministère de la santé sur place est un mélange entre employés recrutés depuis que le Hamas est au pouvoir dans l’enclave et anciens fonctionnaires affiliés au Fatah, le parti rival, qui gouverne l’Autorité palestinienne, dont l’adjoint de Mai Al-Kaila, la ministre de la santé à Ramallah.

      Pourtant, de façon inattendue, la Maison Blanche elle-même a mis en cause ces bilans. S’exprimant le 25 octobre, le président Joe Biden a souligné qu’il n’avait pas « confiance » dans les chiffres avancés, explique[nt] les journalistes Clothilde Mraffko et Piotr Smolar dans cet article : Le bilan réel des morts dans la bande de Gaza, une controverse très politique
      https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/28/bilan-des-morts-a-gaza-une-controverse-tres-politique_6196975_3210.html

      « Je suis sûr que des innocents ont été tués, et c’est le prix à payer quand on mène une guerre. » [Biden] Le contraste est saisissant entre la mise à distance de ces morts civiles et l’empathie sincère des responsables américains pour les victimes israéliennes de l’attaque du Hamas.

      « On ne peut rien prendre au pied de la lettre venant du Hamas, notamment le supposé ministère de la santé », a renchéri le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, John Kirby, le 26 octobre, tout en « ne contestant pas » que des milliers de Gazaouis aient été tués. La réponse de cet officiel à une question sur les violations éventuelles des lois de la guerre par l’armée israélienne a été révélatrice du positionnement américain. « Nous n’allons pas réagir en temps réel aux événements se déroulant sur le champ de bataille, à chaque allégation et chaque frappe », a-t-il noté.

      ... l’autorité de santé [de Gaza] rappelle que ce décompte ne comprend ni les corps encore sous les décombres, ni ceux « qui ont été enterrés directement sans avoir été transportés à l’hôpital [ou] ceux dont les hôpitaux n’ont pas pu terminer leurs procédures d’enregistrement ». Le rapport en conclut que « plusieurs centaines » de personnes tuées ne figurent probablement pas sur la liste.

      ... Selon [Richard Peeperkorn, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les territoires palestiniens], des estimations évoquent autour d’un millier de corps encore sous les gravats à Gaza. « Je trouve que c’est une question un peu cynique qui revient encore et encore. S’il se trouve que c’est un millier de plus ou un millier de moins, est-ce que cela change le débat ? »

      https://archive.ph/6cNX4

      #Gazaouis #E-U #massacre

    • Le Monde est bien gentil.

      De nos jours, je me dis que les infos de terrain remontées par les journalistes indépendants, MSF, l’UNICEF ou la population, bien que partielles, bien que « non officielles », doivent pouvoir servir à faire des estimations statistiques fiables. T’en dit quoi @simplicissimus ?

      Que font les fact-checkers des journaux occidentaux ?

    • merci @olaf, mais je suis bien incapable de dire quoi que ce soit. Je connais – un peu et de loin – la production de données, suffisamment pour savoir que faire tourner, en situation normale, un état-civil est un processus assez lourd et donc pour m’interroger sur ce qui peut en subsister dans le chaos absolu dans lequel se trouvent les administrations gazaouies.

      Quant aux sources ouvertes, avec des biais aussi violents, je ne pense pas qu’on puisse en tirer une estimation, en tous cas, en aucun cas statistique, comme tu le dis.

      Peut-être, après coup, sera-t-il possible d’avancer une estimation du résultat du massacre, mais, même là, c’est pas gagné, tant la partie massacrante est déterminée à décrédibiliser toute estimation, minimiser un décompte de non humains, nier l’idée même qu’il puisse y avoir des victimes de leur fait (cf. la notion de « bouclier humain »).

      cf les victimes civiles en Irak, en Syrie, …
      en 2017, p. ex.
      Victimes civiles des frappes américaines en Irak : les chiffres faux du Pentagone
      https://www.tf1info.fr/international/victimes-civiles-des-frappes-americaines-en-irak-les-chiffres-faux-du-pentag

    • Israel security source claim 20,000 killed in Gaza
      https://www.middleeastmonitor.com/20231105-israel-security-source-claim-20000-killed-in-gaza

      A senior Israeli security source has disclosed that an estimated 20,000 people were killed in occupation airstrikes in the Gaza Strip. Itamar Eichner, the diplomatic correspondent of Yedioth Ahronoth wrote today that the security source added that: “Hundreds were killed in the rubble of the tunnels. The pressure on Hamas is increasing, and only when they feel the sword on their necks will they offer a deal to release the abductees in order to save their skins.”
      It must be recalled that last week US President Biden questioned the 7,000 dead figure released by the Ministry of Health in Gaza. Biden said he had “no confidence in the number that the Palestinians are using.” He added, “I have no notion that the Palestinians are telling the truth about how many people are killed.”
      It would be interesting to hear what President Biden’s opinion is about the current Israeli security estimate. Perhaps he would now accept the Palestinian figures.

  • Guerre à Gaza : Israël inondera les tunnels du Hamas de gaz neurotoxiques sous la supervision de la marine américaine
    Par David Hearst | Published date : Jeudi 26 octobre 2023 | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/guerre-palestine-gaza-israel-tunnels-hamas-gaz-neurotoxiques-marine-a

    Les groupes de la résistance palestinienne à Gaza s’attendent à ce qu’Israël inonde les tunnels du Hamas de gaz neurotoxiques et d’armes chimiques sous la surveillance des commandos américains de la Delta Force dans le cadre d’une attaque surprise contre la bande côtière, a déclaré à Middle East Eye une source arabe de haut niveau proche de ces groupes.

    Israël et les États-Unis espèrent obtenir un effet de surprise afin de pénétrer dans les tunnels du Hamas, sauver environ 220 otages et tuer des milliers de combattants des Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, a indiqué la source dans un communiqué, notant que l’information provenait d’une fuite aux États-Unis.

    Middle East Eye n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations contenues dans la fuite.

    « Le plan repose sur l’élément de surprise afin de gagner la bataille de manière décisive, en utilisant des gaz interdits sur le plan international, en particulier des gaz neurotoxiques, et des armes chimiques. De grandes quantités de gaz neurotoxiques seraient pompées dans les tunnels », a indiqué la source.

    La Delta Force américaine supervisera « le pompage de grandes quantités de gaz neurotoxiques dans les tunnels du Hamas, capables de paralyser les mouvements corporels pendant une période comprise entre six et douze heures ».

    « Pendant cette période, les tunnels seraient infiltrés, les otages sauvés et des milliers de soldats d’al-Qassam tués », a-t-elle ajouté.

    Middle East Eye a contacté la Maison-Blanche et le Département américain de la Défense mais n’a obtenu aucun commentaire.

    Les États-Unis collaborent avec Israël au sujet de son invasion prévue de Gaza. (...)

    #7oct23

    • « Inonder les tunnels de gaz », comme c’est joliment euphémisé. Ça avance comme la guerre de Corée. A la fin, y-a un général qui va proposer d’envoyer une bombe atomique. Mais ils se contenteront de tout aplatir à coup de bombes traditionnelles, au point que les survivants seront ceux qui auront réussi à se terrer dans les grottes et les sous-sols. Et après, on ne comprendra pas pourquoi le territoire est dirigé par des paranoïaques notoires.

      (on écrit Mélenchon ;-) )

    • c’était un grand progrès pour les nazis que d’avoir inventé les chambres à gaz pour mettre en oeuvre une tuerie de masse, quotidienne, décentralisée et sur le long terme de personnes prisonnières dans leurs camps, conjointement au flux continu de crémations que cela exigeait.
      utiliser pour tenter de préserver des otages des gaz incapacitants pour ensuite flinguer un par un des combattants est aussi une toute autre scène, de guerre, de combat, que l’extermination industrielle à quoi aboutira(it) une prolongation des bombardements sur Gaza (un Hiroschima-Nagasaki au ralenti et sans emploi du nucléaire).
      on nous promet une guerre toujours plus technique, enfin ciblée, humanitaire et utopique. ça a tout d’une diversion destinée à afficher une attention aux vies des civils.

    • « Prochaines étapes » des combats en préparation : l’armée israélienne face aux tunnels de la bande de Gaza | Le Grand Continent
      https://legrandcontinent.eu/fr/2023/10/27/prochaines-etapes-des-combats-en-preparation-larmee-israelienne-fac

      L’armée israélienne a annoncé au matin du 26 octobre avoir mené un raid « ciblé » au sol dans la bande de Gaza, « en préparation des prochaines étapes du combat ». La forme que pourrait prendre une offensive terrestre de l’armée israélienne reste encore incertaine. L’armée fait face au défi stratégique posé par le réseau de tunnels traversant la bande de Gaza.

    • A Jabaliya a eu lieu une forme de résumé du conflit en cours. L’armée israélienne a privilégié les notions opérationnelles. (...) Le coût humain et politique d’opérations similaires risque de devenir difficilement acceptable aux yeux des soutiens d’Israël. L’ancien conseiller national à la sécurité, Eyal Hulata, désormais à l’Institut national du contre-terrorisme de l’université Reichman, à Tel-Aviv, en est convaincu : « Nous sommes face à un compte à rebours, en termes diplomatiques. Le temps nous est compté. »

      Pour autant, la situation de piège dans laquelle se trouve l’armée israélienne n’est peut-être pas complètement gelée. D’une part, le réseau des tunnels, s’il est en partie endommagé, peut empêcher la coordination entre les différents groupes du Hamas. Les conduits sont équipés de moyens de #communication, mais la section des câbles qui courent sur leurs parois aurait pour effet d’isoler les combattants, cassant leur #coordination. De plus, dans un réseau en profondeur, l’alimentation en #oxygène est vitale. Sans renouvellement de l’air, les combattants terrés dans les conduits seraient peu à peu asphyxiés. A mesure que le réseau s’est étendu, les besoins pour y renouveler l’#air se sont accrus. Techniquement, il faut des moteurs pour opérer cette circulation, et donc du carburant pour les faire fonctionner. Le Hamas a stocké des quantités importantes de carburant en prévision de cette confrontation, mais cette capacité n’est pas infinie. Selon plusieurs sources, elle accorde au groupe armé et à ses alliés une autonomie qui se compterait en semaines. Ensuite, si le carburant devait faire défaut et le système d’aération s’arrêter, le résultat serait simple : « Les combattants seraient obligés de sortir comme des lapins, et nous, nous les attendrons  », assure une source militaire israélienne.

      [...]

      « Il n’y a aucune technique miracle pour venir à bout de ce réseau [de tunnels]. Il faudra sans doute procéder par quadrillages, et utiliser toute une gamme de techniques pour détruire ses différents tronçons, en fonction des conditions », avertit Daphné Richemond-Barak.

      https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/02/frapper-le-hamas-parmi-la-population-civile-l-impossible-strategie-de-l-arme

      https://archive.ph/qAgzz

      #tunnels

    • Personne n’arrêtera l’état sioniste et ce dernier n’arrêtera pas tant qu’il n’aura pas subi de très lourdes pertes.

      A ce moment là et à ce moment là seulement il prétendra que c’est sous la pression de ses alliés qu’il s’est arrêté, ces derniers se hâtant de confirmer en fumistes sans vergogne qu’ils sont.