• Anna Muzychuk est la championne du monde d’échecs, elle est dans l’actualité pour avoir refusé de jouer en Arabie saoudite malgré la perte de ses deux titres mondiaux pour cette décision, elle a déclaré qu’elle allait défendre ses principes et n’a pas l’intention de jouer dans un endroit où elle doit porter un hijab et ne peut sortir qu’avec quelqu’un d’autre.

    Elle a déclaré dans une interview que le plus décevant de tous est que personne ne s’en soucie, là vous vous trompez, bien sûr c’est important et beaucoup de femmes apprécient votre geste, c’est le féminisme, la fraternité et la lutte pour l’égalité, MERCI.

    Source : https://www.facebook.com/groups/batiamourtsou/permalink/10159095736771125

    #Femme #Arabie_saoudite #international #Anna_Muzychuk #Echecs #hijab #féminisme #Luttes

  • Macron roi

    Alors que le #Parlement est en ce jour transformé en une chambre d’enregistrement des désirs du Roi, il importe de revenir sur le bilan d’une année de gouvernement-covid. Est-ce la pandémie qui est hors de contrôle, ou bien notre président ? Les deux certainement.

    « Le président a acquis une vraie #expertise sur les sujets sanitaires. Ce n’est pas un sujet inaccessible pour une intelligence comme la sienne. » #Jean-Michel_Blanquer, Le Monde, le 30 mars 2021

    « Ce n’est pas Macron qui manque d’#humilité, c’est l’humilité qui n’est pas à la hauteur », #EmmanuelMacronFacts

    « Père Ubu – Allons, messieurs, prenons nos dispositions pour la bataille. Nous allons rester sur la colline et ne commettrons point la sottise de descendre en bas. Je me tiendrai au milieu comme une citadelle vivante et vous autres graviterez autour de moi » Alfred Jarry, Ubu roi, Acte IV, scène 3

    Je serai bref. On écrit bien trop sur Macron. Les trois épigraphes ci-dessus disent à peu près tout. Il faudrait juste ajouter que dans certaines versions de la mythologie grecque Hybris est l’un des enfants de la Nuit et d’Érèbe, une divinité des Enfers. L’#hybris désigne la #démesure, l’#excès_de_pouvoir et le vertige auquel il conduit. La Vème République est une détestable machine à produire de l’hybris. Des présidents hors de contrôle.

    En ce 31 mars 2021, Macron roi préside un #Conseil_de_défense_sanitaire où ne siège autour de lui qu’une petite grappe de ministres choisis par ses soins. Conseil opaque, soumis au secret et échappant à tout #contrôle_législatif . Le soir du même jour, il annonce ses décisions à ses sujets, au nom d’un « nous », dont on ne saura jamais s’il est de majesté ou s’il renvoie aux choix collectifs et débattus d’un #exécutif. Ce « je-nous » annonce donc le #reconfinement de toute la métropole, avec la fermeture des écoles. Je propose de déduire de ces décisions les trois #échecs de Macron, qui correspondent à trois #fautes, lesquelles sont directement en rapport avec la démesure qui caractérise le personnage, #démesure encouragée par la fonction et notre #constitution épuisée. Quand faire le #bilan d’une politique se résume, de facto, à la caractérologie de son Auteur, on se dit qu’il est grand temps de changer de République et d’en finir avec le #présidentialisme.

    Le premier échec de Macron roi, c’est le reconfinement de toute la métropole avec ses conséquences en termes de #santé_mentale, de #précarisation accrue pour les plus pauvres et les classes moyennes, et d’aggravation de la #crise_économique. L’engagement pris à de multiples reprises de ne pas reconfiner nationalement n’a jamais été accompagné de la politique qu’un tel choix exigeait. Macron a mis tout le pays dans une #impasse. Le reconfinement est la conséquence directe de ce choix. La décision de laisser filer l’#épidémie fin janvier, - dans un contexte de diffusion des variants, avec l’exemple anglais sous les yeux, et contre l’avis de toute la #communauté_scientifique -, a été, littéralement, criminelle. Macron était parfaitement informé de la flambée qui aurait lieu mi-mars. Nous y sommes.

    Le second échec de Macron roi, distrait et appuyé par son fou préféré dans son obstination à ne #rien_faire pour sécuriser sérieusement l’#Éducation_nationale, aura été la #fermeture contrainte des #écoles et le prolongement du semi-confinement des étudiant.es, qu’il convient de ne pas oublier : les dégâts sont pour elle et eux sans fin, que certain.es aident à réparer : https://blogs.mediapart.fr/parrainer-un-e-etudiant-e/blog/260221/parrainer-un-e-etudiant-e-pour-entrer-dans-le-monde-dapres-appel-ten. En plus des scandales des #masques, des #tests et des #vaccins, Macron et son gouvernement sont en effet directement comptables d’une #inaction incompréhensible. Monté sur son « cheval à phynances », Macron roi a certes arrosé les entreprises de centaines de milliards, mais n’en a dépensé aucun pour l’#Hôpital, l’École, l’#Université, la #Recherche et plus généralement la #sécurisation_sanitaire des #lieux_publics, parmi lesquels tous les lieux de #culture.

    Or, depuis bientôt un an, des chercheurs font la démonstration que des solutions existent (voir ici : https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/120121/rendre-l-universite-aux-etudiants-sans-attendre-les-decideurs ) et que la stratégie « #Zéro_Covid » est certainement la plus efficace et la plus propre à protéger des vies : voir par exemple les propositions concrètes de Rogue-ESR (https://rogueesr.fr/zero-covid). Pourquoi donc « une intelligence comme la sienne » ne parvient-elle pas à s’élever jusqu’à la compréhension que la #détection de la saturation en #CO2 d’un lieu fermé et l’utilisation de #filtres_Hepa sont des dispositifs techniques simples, efficaces et susceptibles de limiter la propagation du #virus ? Même des esprits infiniment plus bornés que le sien – Wauquiez par exemple (https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/covid-l-efficacite-des-purificateurs-d-air-contre-le-sa), qui dégage 10 millions pour des #purificateurs_d’air dans les écoles et lycées - ont parfaitement saisi au bout de 6 mois ce que Macron-Roi mettra deux ans à reconnaitre.

    Le troisième échec de Macron roi, le plus terrible, est le nombre de #morts, de vies brisées, de souffrances psychiques et physiques que des années de soins peineront à soulager. Bientôt 100 000 morts. Des légions de "covid longs", des enfants, des adolescents et des étudiants habités par l’angoisse de contaminer leur parents … Question : combien de milliers de vies auraient pu être épargnées, non pas seulement par des décisions énergiques fin janvier 2021, mais par un véritable #plan_d’action visant à apporter une sécurité sanitaire digne de ce nom, à toute la population ? Pourquoi 3000 #lits de #réanimation supplémentaires seulement maintenant et pas à l’été 2020, avant la seconde vague ? Pourquoi Zéro mesure technique et financière pour les #universités quand des étudiants se suicident ? Pourquoi Zéro vaccin pour protéger les enseignants ? Pourquoi faire si peu de cas de « La valeur d’une vie » (https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/260121/la-valeur-d-une-vie) ?

    L’analyse des causes de ces #échecs montre que ce ne sont pas des #erreurs, mais des #fautes politiques. Tout d’abord une gestion présidentialiste et autocratique de la #crise_sanitaire, couplée avec un virage idéologique vers l’extrême droite. Ensuite le refus de toute #politique_d’anticipation, qui est à concevoir comme une conséquence du « #en-même-temps » : le #laisser_faire néolibéral du macronisme se conjugue avec un retrait massif de l’#Etat et un affaiblissement de la #Fonction_publique. Enfin la #gestion_sanitaire de Macron roi a pris lors de cette épidémie la forme d’un #pari : s’accoutumer au virus, #vivre_avec, le laisser filer permettra peut-être d’éviter un #confinement. Le pari au lieu de la #raison et de la #délibération, le jeu avec la science, le rêve de devenir un savant, l’adulation de Raoult, Macron roi devenu « l’expert », l’épidémiologiste en chambre. La limite de cette folie est éthique : un #pouvoir, quel qu’il soit, ne peut pas parier des vies comme dans une partie de poker.

    A ces trois fautes correspondent trois marqueurs de l’identité politique de Macron roi : l’#opportunisme, le #jeu et le #cynisme. Macron est certainement le président le plus dangereux que nous ayons eu depuis Pétain. Il est le président qui aura consenti à la mort de dizaines de milliers de citoyen.ne.s, qui aura fait le lit de l’#extrême_droite et aura remplacé la politique par un jeu de roulette russe. Président hors de contrôle, il est devenu à lui seul le haut comité médical qu’il a institué. Il est devenu à lui seul tout le Parlement. Il est devenu sa propre caricature. Le Roi et le fou du Roi. Seul en son Palais, "divertissant son incurable ennui en faisant des paris avec la vie de ses sujets"*.

    Pascal Maillard

    Père Ubu s’interrogeait ainsi : « Le mauvais droit ne vaut-il pas le bon ? ». Il parait que sous la plume de Jarry cette question rhétorique renvoyait au cynisme politique de Bismarck.

    * L’expression est de l’écrivain Yves Charnet, dans un livre à paraître.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/010421/macron-roi

    #macronisme #Macron #France #covid #coronavirus #Blanquer

  • La #centralisation, coupable de la mauvaise gestion française du #Covid-19 ?

    L’argument revient souvent : la centralisation française serait responsable de certains #échecs en terme de politique sanitaire. L’Allemagne, ultra-décentralisée, ne gère-t-elle pas mieux la crise du Covid-19 ? La réalité n’est pas aussi tranchée.

    « Notre État pyramidal, un des plus centralisés du monde, a failli. » Depuis le début de la crise liée au Covid-19, certaines personnes, comme le journaliste Michel Henry dans une tribune, ont des mots durs contre la centralisation française. Celle-ci serait ainsi responsable d’une mauvaise coordination entre les différents échelons du pouvoir, de la cacophonie entourant l’imposition de mesures différenciées, et du manque de légitimité de celles-ci. Les preuves abondent. Ce sport national qu’est la comparaison avec l’Allemagne le prouve bien : nos amis d’outre-Rhin et leur système politique largement décentralisé, n’ont-ils pas largement mieux géré la crise ? N’en jetez plus.

    Malgré les multiples lois de décentralisation depuis les années 1980, et l’inscription du principe dans la Constitution, le pouvoir central, lui-même de plus en plus présidentiel, conserve la majeure partie du pouvoir décisionnel. À l’inverse, les Länder allemands –les États fédérés du pays– possèdent bien plus de marge de manœuvre que ce soit en terme de santé et d’imposition. Quand la chancelière Angela Merkel peut se permettre de tracer un cadre large pour l’ensemble de ses citoyen·nes, le gouvernement français se retrouve à détailler, point par point, les mesures prises pour lutter contre la pandémie.

    Alors, la centralisation française a-t-elle favorisé la diffusion du Covid-19 sur le territoire ? « S’il est un peu tôt pour prouver quoi que ce soit, certains indices nous permettent de dire que oui, la centralisation a eu un impact sur la gestion de la crise », explique Raul Magni-Berton, professeur de science politique à Sciences Po Grenoble et auteur d’un récent rapport appelant à plus de décentralisation.

    Comparaisons sélectives

    Les systèmes politiques décentralisés s’en sortiraient-ils forcément mieux ? « Il faut faire attention aux comparaisons que l’on fait, parce qu’elles sont sélectives, prévient Patrick Le Lidec, chargé de recherche au CNRS. Si vous prenez l’Espagne ou les États-Unis, il y a des débats là-bas sur le fédéralisme et le besoin d’un État plus fort en terme de santé. » Pour preuve, le récent imbroglio à Madrid, où la justice a cassé un confinement local décidé par le gouvernement espagnol, arguant que cette compétence revenait aux régions.

    Dès lors, il faudrait mieux comparer l’investissement fait dans l’hôpital public et le nombre de lits de réanimation disponibles, que l’organisation politique des pays. Et de ce point de vue, l’Allemagne dépasse largement la France. À l’inverse, l’Espagne, pourtant décentralisée, a souffert d’un désinvestissement massif dans son système de soins ces dernières années. Résultat : avec plus de 33.000 morts, il connaît l’un des plus forts taux de mortalité lié au Covid-19 en Europe.

    D’autant qu’en matière sanitaire, le niveau local n’est pas forcément le plus pertinent pour prendre des décisions, note Patrick Le Lidec. « Les régions font parfois la taille d’États européens et sont souvent extrêmement hétérogènes, précise le chargé de recherche au CNRS. Ce cadre n’est pas forcément le plus adapté, puisque le Covid-19 est d’abord une maladie métropolitaine. »
    Les systèmes décentralisés favorisent la confiance

    Reste tout de même la question de l’acceptabilité et de la légitimité des mesures sanitaires prises par le gouvernement central ou les autorités locales. Si depuis cet été l’État prend des décisions différenciées pour chaque territoire, celles-ci sont toujours décidées d’en haut. Par exemple, on peut se demander si la population marseillaise aurait mieux accepté l’obligation de porter les masques si celle-ci avait été décidée au niveau de la mairie ou de la région.

    « Les préfets sont plus importants que les élus locaux. C’est quelque chose d’inconcevable en Allemagne. »

    Raul Magni-Berton, professeur de science politique

    « Il y a un critère qui joue dans la crise sanitaire, dans son efficacité et aussi dans l’application des mesures : c’est la confiance générale dans le système, note Raul Magni-Berton. En terme de confiance, la France se positionne très bas et l’Allemagne assez haut. Et on sait qu’un pays décentralisé augmente la confiance de sa population. »

    À Marseille, la mairie a indiqué vouloir créer son propre conseil scientifique, afin de ne plus dépendre de Paris. Difficile de voir quel rôle pourrait avoir une telle organisation à l’heure actuelle, mais le symbole est fort. Les groupes favorables à la centralisation rétorqueront que l’application des mesures liées à la santé sont bel et bien prises au niveau local : par les préfets. Création bonapartiste, ces fonctionnaires sont chargés de représenter l’État « uni et indivisible » en région et ne sont pas élus mais choisis à Paris. Difficile de faire moins local.

    « La figure du préfet, c’est l’un des chaînons qui définit la France comme centralisée, souligne Raul Magni-Berton. Les préfets sont plus importants que les élus locaux. C’est quelque chose d’inconcevable en Allemagne. Quand vous avez un élu local, celui-ci est responsable devant son électorat, pas un préfet. La relation est donc différente. »

    Souvent, comme à Marseille, mais aussi à Paris ou à Lyon, les décisions prisent par les préfèt·es, comme celle de fermer les bars et restaurants, ont été rejetées par les élu·es locaux. La preuve d’un manque d’écoute des besoins des populations locales ? « Il y a beaucoup plus de discussion que l’on ne pense entre les autorités locales et les préfets, donc l’État, temporise Patrick Le Lidec. Mais au final, cela permet aussi de se défausser, il faut se méfier des postures politiciennes. »
    L’échec de la décentralisation à la française

    Au-delà des questions de responsabilités et d’échelons, se pose celle de la décentralisation à la française. De nombreuses lois ont de fait transféré des compétences, y compris sanitaires, au niveau local ces quarante dernières années. Mais l’État l’a de plus souvent fait sans transfert d’argent ou de pouvoir décisionnel. En exemple, la gestion catastrophique du stock de masques lors de la dernière décennie : « L’État a confié aux régions, aux hôpitaux et même aux entreprises la responsabilité de constituer des réserves de masques ; sans fournir ni les budgets ni ordonner les contrôles », souligne sur France Culture le journaliste politique Frédéric Says.

    En France, « la décentralisation ne marche pas, argue Raul Magni-Berton. Les collectivités locales ne sont plus de grosses administrations publiques. Il y a une confusion entre décentraliser une compétence et décentraliser le pouvoir politique. Au final, les élus locaux sont des bureaucrates. »

    Malade ou non de son ultra-centralisation, la France devra de toute façon composer avec son organisation politique pour gérer le reste de la crise. « Décentraliser la santé avec des fonds qui partent du centre vers la périphérie, cela ne marchera pas », assure le professeur de science politique.

    Que faire ? Probablement mieux coordonner les efforts entre élu·es locaux, préfèt·es et pouvoir central. « Il faudrait aussi corriger le défaut de coordination entre les agences régionales de santé et le système préfets/élus », ajoute Patrick Le Lidec. Et réinvestir massivement dans le système de santé, sur l’ensemble du territoire français.

    http://www.slate.fr/story/195998/covid-19-france-centralisation-mauvaise-gestion-sanitaire
    #coronavirus #gestion #France #coordination

  • Ivan Illich et la déscolarisation de la société 1/2
    https://topophile.net/savoir/ivan-illich-et-la-descolarisation-de-la-societe-1-2

    La pensée d’Ivan Illich (1926-2002), figure inclassable et incontournable de la critique de la société industrielle, se révèle toujours aussi stimulante et pertinente. Elle a nourri et continue de nourrir nombre de mouvements écologistes ainsi que cette humble revue. Illich démontre que les institutions passées un certain seuil deviennent contre-productives, c’est-à-dire se retournent contre leur... Voir l’article

  • Documenting the Myths of Modernism.
    https://failedarchitecture.com/documenting-the-myths-of-modernism

    Since the beginning of the medium, documentary filmmakers have been fascinated by cases of architectural and urban failure. The personal stories of those affected, reflected in the backdrop of ruins and urban decay, provides fertile ground for documentary filmmaking. The films produced now provide us with a rich source of material for the analysis of architectural failure during the 20C. Not only the individual cases of failure but also the wider narratives that have shaped architectural and urban thinking throughout the century.

    At its core, this narrative was that the overcrowded dilapidated 19C city was no longer fit for modern man and needed to be replaced with a well-designed alternative. Not only the quality of the housing was called into question but the whole city form needed to be altered to meet the demands of modern society, “death to the street” being the prevailing quote from the time. The alternative to this city was found in the design of high-rise estates and suburban new towns connected by new road networks. With such a strong narrative of the liberating power of design what could possibly go wrong?

    The slums were real. Poverty, dilapidated buildings and inner-city overcrowding were genuine urban problems that had to be dealt with. There was no simple solution and in the spirit of the times, those solutions favoured held firm to the belief that design would solve all problems. Many of the early documentaries did not question this logic, and were produced almost as propaganda pieces advocating the ideologies of the architects, planners and developers of the day.

    https://vimeo.com/4950031


    https://www.youtube.com/watch?time_continue=58&v=opqn-w_4DgA

  • Le #développement_personnel est-il vraiment l’#arnaque du siècle ? (Jean-Laurent Cassely, Slate)
    http://www.slate.fr/story/166196/societe-happycratie-bonheur-developpement-personnel-pensee-positive

    Dans la période post-crise 2008, durant laquelle les #inégalités se creusent, les chances de #mobilité_sociale s’aménuisent, le fonctionnement du #marché_du_travail se durcit, l’appel à faire preuve d’#enthousiasme, de #positivité et d’#autonomie contribue à faire porter sur les individus la #responsabilité de tout ce qui dysfonctionne.

    Des phénomènes structurels lourds comme les variations du taux de #chômage ou la #dette des États peuvent passer au second plan ou même être occultés au profit de l’encouragement à devenir l’#entrepreneur de #soi-même, à rebondir et à faire de ses #échecs des #opportunités – autant de maximes qui forment un néo-bouddhisme absurde, une « #pornographie_émotionnelle » que les adeptes des fils d’actualité du réseau Linkedin ne connaissent malheureusement que trop bien.

    […]

    Le véritable débat concerne peut-être moins l’efficacité des techniques du mieux-être que la vision du monde qu’elles véhiculent. Sur le plan individuel, toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à être riches, heureux, en bonne santé, épanouis et débordants d’énergie sont soupçonnés de ne pas avoir fait suffisamment d’#efforts –et donc quelque part de vouloir et de mériter leur sort. Ils cumulent leur #souffrance avec un sentiment de #culpabilité.

  • Mexico 2018,
    un mot au sujet de l’élection présidentielle à venir

    Georges Lapierre

    https://lavoiedujaguar.net/Mexico-2018-un-mot-au-sujet-de-l-election-presidentielle-a-venir

    La course à l’élection présidentielle a commencé il y a déjà quelque temps, un peu comme une voiture qui a pris la route et qui accélère progressivement. À partir d’aujourd’hui, 1er avril, jour des innocents, la course est lancée. Les quatre candidats, tout chauds comme des œufs fraîchement pondus vont se lancer dans une course éperdue où tout est permis, coups de coude, croche-pied, coups bas et que le premier gagne ! Enfin, c’est l’idée et c’est aussi ce qu’on veut nous montrer, le spectacle ! Et si tout se jouait dans les coulisses ? Et si tout était déjà joué ? Comme au jeu d’échecs, une stratégie semble déjà prendre tournure dès le début du jeu. Les premiers déplacements de pions ne sont jamais innocents, ils cachent une tactique qui n’apparaîtra qu’à la fin par un « échec et mat ».

    Quel est l’enjeu de la partie ? L’enjeu est le Mexique comme nourriture de la bête insatiable et c’est bien ce qui se décidera dans cette partie. La bête insatiable n’a pas du tout l’intention de voir cette délicieuse nourriture lui passer sous le nez ou lui échapper en partie. Elle veut continuer à dévorer tout cru le Mexique comme elle le fait actuellement. (...)

    #Mexique #2018 #élection_présidentielle #échecs #Andrés_Manuel_López_Obrador #non-dit #narcotrafic #désastre_social

  • Lupita Nyongo’s Queen of Katwe movie inspired Ugandan students to perform better on exams — Quartz
    https://qz.com/1084791/lupita-nyongos-queen-of-katwe-movie-inspired-ugandan-students-to-perform-better-

    In the study, 1,500 secondary students in Kampala were taken to the cinema to watch either Queen of Katwe or a placebo film, Miss Peregrine’s Home for Peculiar Children, about children with supernatural abilities. Queen of Katwe is based on the true story of Phiona Mutesi, a teenager from the Kampala slum of Katwe, who through persistence and determination, goes from selling corn on the street to getting into a top school in the capital so she can play chess.
    The students in the study watched the film between one week and one month before taking their national qualifying exams.

    Those completing their final year of school who watched Queen of Katwe showed an improvement of 0.13 standard deviations from a previous mock exam and were 6 percentage points more likely to get a place at a public university. Younger

    #échecs #film (très chouette) et #selon_une_étude_récente #Disney

  • Lisez « Un Monde en pièces », BD politique d’#anticipation en GIF animés | Slate
    https://www.slate.fr/grand-format/un-monde-en-pieces-148983

    Voici le premier épisode d’Un Monde en pièces, une saga à dérouler qui nous transporte sur un immense plateau d’#échecs où pions, fous, cavaliers, tours et migrantes originaires d’un jeu de dames se démènent. Nous suivons une partie se déroulant sur plusieurs saisons, entre jeux de pouvoir, chasse à l’homme, histoire d’amour et montée progressive du #totalitarisme. Les principaux personnages sont Caïn, le cavalier ; Idisse, la dame qui travaille avec la police pour ne pas être expulsée ; Jaiseth, la tour qui conseille le pouvoir ; Détroit, le pion ; Acathe, la journaliste qui travaille pour l’hebdomadaire Le Pion.

    #bande_dessinée #GIF

  • Teenage Iranian chess master banned from national team for refusing to wear a headscarf - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/news/early-lead/wp/2017/02/21/teenage-iranian-chess-master-banned-from-national-team-for-refusing-

    [stupid] didn’t have a problem with Derakhshani’s play, but her headwear. [Dorsa] Derakhshani wore a simple headband in her long hair, instead of a hijab, Iran’s traditional headscarf, which became a compulsory accessory for women after the 1979 revolution. As a result, [stupid] announced on Monday that Derakhshani would be kicked off of the national team.

    Il n’est peut-être pas indispensable de retenir le nom de cet imbécile, apparatchik iranien qui, tout spécialiste d’échecs qui soit, n’a visiblement pas la moindre notion de #stratégie… alors que l’#Iran produit des #femmes au top niveau en #mathématiques et au jeu d’#échecs, [stupid] pense qu’il est de son devoir de les opprimer au nom de l’"#intérêt_national".

    #stupidité #voile

  • Dana Reizniece-Ozola, ministre des Finances de Lettonie, bat Hou Yifan Championne du Monde au tour 4
    [Lettonie - Francija : Informations, actualités, échanges, coopération, amitiés France- Latvija]

    http://www.lettonie-francija.fr/dana-reizniece-ozola-ministre-finances-echecs-1227?lang=fr

    Dana Reizniece-Ozola, ministre des Finances de Lettonie, bat Hou Yifan Championne du Monde au tour 4

    A Baku, capitale de l’Azerbaijan, lors des Olympiades d’échecs, Dana Reizniece-Ozola, Ministre des Finances de la Lettonie a battu au jeu d’Echecs la championne du Monde Hou Yifan. Bientôt à Bruxelles, d’autres combats attendent la Grand Maître Lettone des Échecs avec les ministres des finances, pour défendre le pays le moins endetté d’Europe.

    http://www.lettonie-francija.fr/local/cache-vignettes/L120xH135/d.r.ozola-a3e9c-a3692.jpg?1473168436
    Dana Reizniece-Ozola joue aux échecs depuis longtemps en Lettonie. Née le 6 novembre 1981 à Kuldīga dans le Kurzeme, une « destination européenne d’excellence », à 18 ans elle était déjà championne d’Europe dans l’équipe nationale lettone d’échecs.

    Devenue « Grand Maitre Mondial » des Échecs il y a quinze ans, Dana Reizniece-Ozola a battu au quatrième tour Hou Yifan, la championne du Monde chinoise.

    Ce n’est pas simple de participer aux compétitions des Olympiades du jeu d’échecs, et être à la fois Ministre des Finances de Lettonie. Ce pays balte est l’un des pays au taux de pauvreté parmi les plus élevés en Europe, mais il est aussi le moins endetté, avec un taux de croissance jalousé par de nombreux autres pays.

    Dana Reizniece-Ozola a trouvé le temps de venir aux Olympiades d’Echecs à Baku en représentant avec succès la Lettonie. Elle a marqué avec doigté et précision, ce qui est sans doute le meilleur résultat individuel de toute sa carrière de joueuse d’échecs.

    http://www.lettonie-francija.fr/local/cache-vignettes/L521xH448/echecs-2016-09-06_10-03-45r-3aac0.jpg?1473163386

    Ce 9 Septembre aura lieu la réunion mensuelle des ministres des Finances de tous les pays membres de l’UE, pour discuter des graves questions économiques de l’Europe.

    C’est un autre jeu d’adresse et de réflexion que faire gagner la Lettonie dans sa lutte contre la pauvreté en Europe.

    Probablement la partie la plus importante d’un jeu politique à jouer !

    Nous souhaitons voir gagner durablement la Lettonie et tous les habitants d’Europe contre toutes les pauvretés.

    #Lettonie, #finances, #europe, #échecs,

  • Learning Chess at 40 - Issue 36: Aging
    http://nautil.us/issue/36/aging/learning-chess-at-40

    My 4-year-old daughter and I were deep into a game of checkers one day about three years ago when her eye drifted to a nearby table. There, a black and white board bristled with far more interesting figures, like horses and castles. “What’s that?” she asked. “Chess,” I replied. “Can we play?” I nodded absently. 
There was just one problem: I didn’t know how. I dimly remembered having learned the basic moves in elementary school, but it never stuck. This fact vaguely haunted me through my life; idle chessboards in hotel lobbies or puzzles in weekend newspaper supplements teased me like reproachful riddles. And so I decided I would learn, if only so I could teach my daughter. The basic moves were easy enough to pick up—a few hours hunched over my smartphone at kids’ birthday parties or waiting in (...)

  • South Sudan’s Agony - The New York Times
    http://www.nytimes.com/2015/06/28/opinion/sunday/south-sudans-agony.html

    South Sudan must rank among the most astounding failures in Africa, [...]

    What makes the South Sudan tragedy all the more astounding is that the country was initially hailed as a triumph of American foreign policy.

    #échecs #Politique_étrangère #Etats-Unis #réalités #Sud_soudan

    Un échec mortel pour le pays censé en bénéficier si ce n’est pour les « intérêts étasuniens »

  • Super article sur #Magnus_Carlsen

    http://abonnes.lemonde.fr/sport/article/2014/04/05/magnus-carlsen-terreur-et-legende-des-echecs_4395332_3242.html

    Il pleut sur Oslo ce jour-là et, dans les luxueux locaux de la banque d’investissement Arctic Securities, un feu agréable brûle. A côté du foyer, un échiquier rappelle que l’établissement s’enorgueillit d’être un des sponsors du nouveau champion du monde d’échecs, Magnus Carlsen, 23 ans. Ce dernier, affalé sur un canapé, un pan de la chemise sorti du pantalon, picore des cacahuètes. Avec son éternelle moue renfrognée, effet d’un important prognathisme, il attend la première question du journaliste.

    On l’avait laissé en 2008 adolescent et grand espoir du jeu, « Mozart des échecs » selon la formule du Washington Post. Ecrire son portrait, à l’époque, c’était retracer la trajectoire classique d’un enfant prodige doté d’une mémoire phénoménale. Il venait de gagner un des plus forts tournois de la planète, à Wijk-aan-Zee (Pays-Bas), un exploit que personne n’avait jamais réalisé à 17 ans. L’ancien champion du monde russe Vladimir Kramnik osait une prédiction : « A mon avis, la question n’est pas de savoir si Carlsen sera champion du monde, mais juste de savoir quand il le deviendra. »

    On retrouve en 2014 un Magnus Carlsen adulte qui, en battant l’Indien Viswanathan Anand, le 22 novembre 2013, a accompli la prophétie de Kramnik. Comme si les choses écrites devaient toujours se produire. Pourtant, devenir numéro un mondial n’a pas été si simple. Dans la deuxième moitié de 2008, les résultats de Mozart ne sont plus aussi prodigieux. Et un an plus tard, curieusement, tout repart.

    UNE COLLABORATION AVEC GARRY KASPAROV

    Dans l’intervalle, le Norvégien a utilisé son joker. Un certain Garry Kasparov. Le contact avec le meilleur joueur d’échecs du XXe siècle, champion du monde entre 1985 et 2000, est noué fin 2008 par l’intermédiaire de Frederic Friedel, patron de ChessBase, société allemande spécialisée dans les logiciels d’échecs. « Cela faisait longtemps qu’il incitait Garry à m’entraîner mais celui-ci n’était pas convaincu par cette idée », explique Magnus Carlsen. L’ancien champion russe et son ego surdimensionné ont toujours eu du mal à se dire que leur temps était passé. D’un autre côté, accepter l’offre, c’était, pour Garry Kasparov, montrer au petit monde des 64 cases quel joueur était vraiment digne de lui succéder dans l’histoire. Et puis un très gros chèque, à 5 voire 6 zéros, a fini de le convaincre.

    L’agent de Magnus Carlsen, Espen Agdestein, se démène pour trouver des sponsors afin de financer la demi-douzaine de sessions d’entraînement qui s’étaleront tout au long de 2009. Pendant plusieurs mois, la collaboration reste secrète. Puis, l’info sort en septembre 2009. ChessBase publie des photos du stage que Magnus Carlsen a effectué dans la résidence d’été de Garry Kasparov en Croatie. On y voit un Garry Kasparov en tee-shirt Marcel, les poils des épaules au garde-à-vous, les yeux rivés sur son écran d’ordinateur en train de vérifier les variantes, tandis que Magnus Carlsen et son cerveau triment devant l’échiquier.

    Pendant ces séances avec Garry Kasparov, Magnus Carlsen travaille ce qu’il n’a jamais vraiment creusé à fond, les ouvertures. Mais, surtout, le Russe lui ouvre sa boîte à trésors, son analyse de la psychologie des autres grands maîtres. « J’étais parfois surpris de voir à quel point il connaissait ses adversaires, avoue Magnus Carlsen. Même chez des joueurs considérés comme imprévisibles comme le Russe Morozevitch ou l’Ukrainien Ivantchouk, il arrivait à trouver des tendances dans leur jeu. Et avec des champions de premier plan comme Kramnik ou Anand, il savait quelle position ils aimaient jouer et celles où ils ne se sentaient pas à l’aise. »

    A l’ère des logiciels qui aplanissent les différences ayant pu jadis exister entre les préparations des champions, on voit que les joueurs ont changé de méthode. Il ne s’agit plus tant de submerger l’autre par des variantes répétées à la maison que de l’emmener dans sa zone d’inconfort, là où il commettra la petite erreur de trop.

    « ON N’A JAMAIS VU UN JOUEUR FAIRE AUSSI PEU DE FAUTES »

    Cette approche convient au style de Magnus Carlsen, que décortique le numéro un français Maxime Vachier-Lagrave : « Il est très patient ! C’est un joueur universel qui s’adapte à tous. Il ne va pas forcément chercher le K.-O. mais plutôt construire méthodiquement sa position. Il crée un problème à droite, un problème à gauche pour provoquer la faute et vous faire craquer sous la pression. Et en plus de cela, il commet très peu d’erreurs lui-même. En fait, je crois qu’on n’a jamais vu un joueur faire aussi peu de fautes. »

    Magnus Carlsen ne peut qu’acquiescer, lui qui résume sa stratégie ainsi : « J’essaie de jouer 40 ou 50 bons coups et je défie mon adversaire d’en faire autant. Même si la position est simple ou semble simple, je tente de rester concentré et créatif, de trouver les possibilités qui s’y cachent. » Il conclut : « Je fais juste la même chose que les autres, mais en un peu mieux. » Pour le grand maître français Laurent Fressinet, qui a aidé Magnus Carlsen en 2013 à se préparer pour le championnat du monde, il ne faut voir nulle arrogance dans cette phrase mais l’expression d’une confiance inébranlable : « En plus d’un talent extraordinaire pour sentir où les pièces doivent se placer, ce qui fait la différence, c’est ce mental exceptionnel qu’il a. C’est un mental de tueur : s’il pense qu’il peut gagner, il n’aura aucune pitié pour ses adversaires. »

    En 2009, Kasparov remet donc Carlsen sur les rails et celui-ci ne va plus en sortir. Le 1er janvier 2010, il s’installe en tête du classement par points. Il ne lui reste plus qu’une épreuve : arracher le titre suprême à Vishy Anand qui, né en 1969, pourrait être son père. Ce sera presque une formalité. Alors que la compétition se dispute dans sa ville natale, à Chennai, et que son adversaire n’a aucune expérience des matches en un contre un, l’Indien, sur le déclin depuis quelques années, joue la peur au ventre. Il est parti pour un marathon de souffrance car il sait que Magnus Carlsen ne lâche jamais rien, qu’il est capable de faire saigner une pierre en la serrant dans son poing. Vishy Anand a perdu avant de commencer.

     SA RÉPUTATION, UN ATOUT

    Si le Norvégien fait aujourd’hui figure de joueur hors norme, c’est aussi pour cette raison. Contre lui, certains joueurs semblent partir avec un handicap. Tout comme Bobby Fischer et Garry Kasparov écrasaient les autres par leur simple présence devant l’échiquier, il y a un neuvième pion dans la manche de Magnus Carlsen : sa réputation. Ainsi que le résume le grand maître néerlandais Anish Giri, aux échecs, « d’abord vous jouez pour votre nom, ensuite votre nom joue pour vous ». Magnus Carlsen est-il conscient de cette aura ? « Ce n’est pas mon problème. C’est celui de mes adversaires. »

    A 23 ans, Magnus Carlsen est donc déjà une terreur et une légende. Au point que le grand maître américain Hikaru Nakamura l’a surnommé Sauron, ce personnage maléfique du Seigneur des anneaux, représenté dans les films de Peter Jackson par un oeil immense dans le ciel, qui voit tout. En février, au tournoi de Zurich, Hikaru Nakamura a la possibilité de terrasser Sauron. Dans une partie où il a pris trop de risques, Magnus Carlsen est confronté à une attaque dévastatrice. Comme un boxeur groggy, il tente de tenir un coup de plus, puis un autre, de ne jeter l’éponge que quand la défaite sera flagrante. L’Américain sait qu’il tient le champion du monde.

    Mais la pendule tourne et Magnus Carlsen, bien que dans les cordes, tend toujours des pièges. L’erreur est là, tentante, attendant d’être commise et, comme c’est si souvent le cas face au Norvégien, elle s’impose à Hikaru Nakamura. Il entrebâille la porte de secours et Magnus Carlsen s’y engouffre avec une contre-attaque précise, impitoyable. Le combat était perdu, le voilà gagné. La marque des grands est de savoir provoquer la chance ou, au moins, en extraire tout le jus quand elle se présente.

    UN HOMME « NORMAL »

    Lorsqu’on l’interroge sur lui, Magnus Carlsen se voit comme « un homme normal ». Depuis septembre, il n’habite plus chez papa-maman. Son père, Henrik, a depuis des années quitté son travail dans l’industrie pétrolière pour s’occuper de Magnus Chess, la société qui gère la carrière et les avoirs du fiston. Il ne voit pas de grand changement avec le Magnus d’avant : « Il passe du temps avec ses amis, il fait beaucoup de sport. Il n’a pas besoin de travailler trop ses échecs : il les a toujours à l’esprit et ses idées mûrissent sans qu’il y pense réellement. »

    Après son titre, Magnus Carlsen est entré dans le maelström des vedettes. Il est mannequin pour une marque de vêtements. Il a donné le coup d’envoi d’un match de football du Real Madrid, une leçon d’échecs à Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, et une raclée à Bill Gates. Le fondateur de Microsoft a été humilié, maté en 9 coups et seulement 79 secondes. Mais Magnus Carlsen, s’il sait que les médias peuvent populariser son sport, ne court pas après le ramdam. Il pense plutôt à son prochain défi : remettre sa couronne en jeu. Après tout, il ne sait rien faire d’autre qu’être roi du jeu des rois, l’homme normal. En novembre, il affrontera de nouveau Viswanathan Anand qui est rené de ses cendres en remportant le tournoi des candidats le 29 mars.

    L’entretien est fini. Magnus Carlsen regarde une émission de sport sur un ordinateur en attendant la prochaine interview. Espen Agdestein me présente une application pour téléphone portable avec laquelle on peut jouer contre Magnus à différents âges. Sans lever les yeux de son écran, le champion du monde dit : « A 8 ans, je suis encore prenable facilement. » Sous-entendu par un « patzer », un joueur du dimanche tel que ce journaliste doit l’être. La partie se déroule rapidement et se termine par un avantage écrasant. « Magnus, je crains bien de vous avoir battu. » Il ne relève pas. Oui Magnus, je vous ai battu, et c’est bon.

    #echecs #kasparov #anand #paywall

  • Pourras-t-on un jour croire que le tumulte et les vociférations de notre temps n’auront pas raison de notre raison ?
    Le fond de l’air est rouge (1977) de Chris Marker

    http://www.dvdclassik.com/critique/le-fond-de-l-air-est-rouge-marker

    Chris Marker retrace l’émergence de la nouvelle #gauche dans les années soixante et soixante-six à travers une série d’événements historiques. De la #guerre du #Vietnam à la mort du #Che, de Mai #68 au Printemps de #Prague, du #Watergate au coup d’Etat du #Chili, le #cinéaste dépeint les #luttes #idéologiques, les mouvements de #protestation et de #répression, les #espoirs et les #échecs d’une #génération #politique. Surtout, il critique de manière acide les #Pouvoirs et écrit la synthèse désenchantée de nombreuses années de militantisme, sans prétendre aucunement à l’exhaustivité et revendiquant à chaque minute la subjectivité de son essai.

    Ici nous est présenté la deuxième partie : Les mains coupés
    http://www.youtube.com/watch?v=RhZSqyroi_k

    Entièrement constitué d’images d’#archives, #Le_Fond de l’air est rouge est un film charnière dans l’œuvre de Chris Marker qui signe le bilan d’une décennie de militantisme. Au cours de la décade 1967-1977, le cinéaste se préoccupe de l’émergence de la nouvelle gauche et des différents mouvements de contestation qui embrasent les capitales du monde entier. Mais l’engagement politique de #Chris_Marker est en réalité bien antérieur à 1967. D’une certaine manière, ce #documentaire éclaire rétrospectivement les premiers pas de Chris Marker en tant que cinéaste. Dans les années cinquante, il entreprend de nombreux voyages dans les pays #communistes, qu’il a immortalisés sur les documentaires Un Dimanche à Pékin et Lettre de Sibérie. A l’image d’autres cinéastes français comme Agnès Varda, il part également filmer #Cuba peu de temps après l’arrivée au pouvoir de #Castro au début des années soixante (Cuba Si). Chris Marker a longtemps refusé de se justifier sur ses positions politiques d’avant 1962, parfois critiquées pour leur trop grande complaisance à l’égard des #dictatures communistes. De crainte que le public contemporain interprète mal ses premières œuvres ou ne les sorte de leur contexte, Chris Marker s’est finalement décidé à s’expliquer en 1998, année au cours de laquelle il remanie une nouvelle fois le montage du Fond de l’air est rouge :
    « Depuis longtemps, je limite le choix des programmes qu’on a la bonté de me consacrer aux travaux d’après 1962, année du Joli Mai et de La Jetée, et comme cette préhistoire inclut des titres concernant l’U.R.S.S., la #Chine et Cuba, j’ai capté ici ou là, avec l’émouvante empathie qui caractérise la vie intellectuelle contemporaine, l’idée qu’en fait c’était une manière de faire oublier des enthousiasmes de jeunesse – appelons les choses par leur nom : une autocensure rétrospective. Never explain, never complain ayant toujours été ma devise, je n’ai jamais cru utile de m’expliquer là-dessus, mais puisque l’occasion se présente, autant le dire une bonne fois : je ne retire ni ne regrette rien de ces films en leur temps et lieu. Sur ces sujets, j’ai balisé mon chemin le plus clairement que j’ai pu, et Le Fond de l’air est rouge tente d’en être une honnête synthèse » (1).

    #Marxisme #Communisme #Utopie #Révolution #Contre-révolution #Capitalisme #Vidéo #Documentaire

    • « Never explain, never complain », dit-il. Soit. Il faut pourtant reconnaître nos erreurs ?
      Et aucun regret, ajoute-il. Ca m’impressionne, moi qui en ais tant.

  • Vers l’homme simplifié ? - France Culture
    http://www.franceculture.fr/emission-place-de-la-toile-vers-l-homme-simplifie-2013-01-05

    ça cause du #livre de Jean-Michel Besnier, "L’Homme simplifié" (2013)

    Quelques extraits :

    – celui-ci, qui me fait penser à Gilles Châtelet :

    Le mot « Liberté » ne renverra plus aux idéaux proclamés par les Constitutions républicaines, mais n’aura d’autre sens que celui de dénoter la simple non-opposition (...), l’absence de résistance au mouvement, la non-rencontre d’obstacles extérieurs dans le jeu mécanique des forces.

    – sur la différence fondamentale entre la compréhension et le calcul :

    on ne parle pas chinois si l’on ne sait pas la langue qu’on parle (...), on ne produit pas du sens sur la seule base de la syntaxe de symboles dont on ne connaît pas la signification.

    (...)

    [La] conclusion [de Garry Kasparov, battu aux #échecs par une machine] parut d’abord lumineuse : il n’est plus temps de vouloir battre la machine mais plutôt de tenter de faire alliance avec elle, de jouer en tandem — ce que Kasparov a fait plusieurs fois dans des parties baptisées “advanced chess”, avant de découvrir que la stratégie humaine associée à la tactique de l’ordinateur se révélait surtout favorable aux joueurs moyens — comme si l’alliance avec la machine se soldait pour les joueurs humains par un nivellement par le bas (http://www.courrierinternational.com/article/2010/06/17/le-maitre-et-la-machine)

    (j’ignore s’il faut en tirer des généralisations : par exemple, si une alliance entre un “conducteur moyen” et une machine permet d’éviter les accidents de voiture, est-ce un “nivellement par le bas” ?)

    Besnier cite aussi “Walden 2, communauté expérimentale”, de Skinner, roman qui met en scène une société comportementaliste (béhavioriste ; http://www.cairn.info/article.php?REVUE=bulletin-de-psychologie&ANNEE=2006&NUMERO=3&PP=336), ce qui devrait ravir @philippe_de_jonckheere

    En conclusion, et ça résume le ton du livre :

    Mobilisées pour doper les performances intellectuelles, les neurosciences semblent favoriser pour l’instant une #robotisation plutôt qu’une complexification de l’humain (...) Il aura donc fallu attendre l’extension des #technologies dites intelligentes pour prendre la mesure de l’aspiration à la bêtise qui habite les hommes dans les sociétés développées. Que les neurosciences et les techniques d’imagerie cérébrale servent par exemple l’entreprise d’un neuromarketing, sans susciter la révolte des consommateurs, en dirait long sur cette aspiration.

  • Quelle sorte de cyborg voulez-vous être ? | Xavier Delaporte
    http://owni.fr/2011/06/03/homme-machine-intelligence-sorte-cyborg-voulez-vous-etre

    Qui, de l’homme ou de la machine, est le plus intelligent ? Cette question fondamentale mérite d’être reformulée, en prenant en compte le fait que c’est la collaboration entre les deux qui s’avère le plus efficace.

    #Science #Cyborg #Deep_Blue #échecs #IBM #Kasparov #wired