• Veronika Bennholdt-Thomsen et Maria Mies, Subsistance et économie mondialisée, 1997
    https://sniadecki.wordpress.com/2022/11/18/perspective-subsistance-fr

    Nouvelle traduction et publication aux éditions La lenteur de « La perspective de subsistance » renommé en français en « La Subsistance, une perspective écoféministe ». Ici l’intro du livre.

    Si nous rapportons cette histoire, c’est parce qu’elle montre en quelques mots la différence de perspective entre Hillary Clinton et les villageoises de Maishahati. Leur perspective est une perspective d’en bas, qui se fonde sur ce qui est nécessaire à la vie ; c’est une perspective de la subsistance.

    Si l’on observe le monde depuis cette perspective, toutes les choses et toutes les relations nous apparaissent sous un autre jour. Il en va de même pour ce qui fonde une vie bonne : pour Mme Clinton et la plupart de ses sœurs riches au Nord, une vie bonne ne peut se fonder que sur beaucoup d’argent et une abondance de marchandises et de produits luxueux que l’on ne trouve que dans les pays du Nord ou au sein des classes les plus aisées dans le reste du monde. Pour elles, tous les autres modes de vie relèvent de la misère.

    La rencontre à Maishahati a sans doute été un choc culturel pour Mme Clinton. Elle s’attendait probablement à ce que les villageoises lui demandent humblement un peu d’argent pour l’un ou l’autre de leurs projets et qu’elles la regardent avec admiration, elle, l’épouse de l’homme le plus puissant au monde, venue du pays le plus riche du monde.

    Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. Les femmes de Maishahati n’ont pas adopté la perspective par en haut de Hillary Clinton. Par leurs questions, elles montrent qu’elles se font une idée différente de la richesse et de la pauvreté. Elles n’ont pas besoin de supermarchés remplis de marchandises importées. Elles nous montrent l’absurdité de nos conceptions de la pauvreté, de la richesse et de ce qui fait une vie bonne.

    […]

    La crise actuelle nous permet aussi de comprendre que toutes les affirmations au sujet de la stabilité du système économique en place ne tiennent pas. Il ne peut plus nous échapper que l’accumulation des richesses entre les mains d’un nombre toujours réduit de personnes s’accompagne d’une pauvreté et d’un chômage toujours plus importants, qui touche de plus en plus de gens, même dans le Nord.

    Mais si on regarde le monde depuis le point de vue des villageoises du Bangladesh (et elles représentent la majorité des habitants de la planète), alors on se retrouve immunisé contre cette tendance au désespoir apocalyptique. Ce désespoir est le luxe d’une minorité choyée dans le Nord, qui empêche surtout cette minorité de comprendre que ses privilèges sont fondés sur le pillage et qu’une vie bonne pour tous (ce que nous appelons la subsistance) ne nécessite pas de tels privilèges. Les gens qui partagent cette orientation vers la subsistance n’attendent pas de grands changements sociaux de la part des institutions situées en dehors et au-dessus d’eux. Ils sont conscients de leur propre pouvoir et sont capables d’agir à la fois individuellement et au sein d’une communauté.

    #subsistance #écoféminisme #féminisme #femmes #sud #anti-industriel #économie #Éditions_La_Lenteur #Marie_Mies #Veronika_Bennholdt-Thomsen

    • « Apa [sœur aînée], as-tu des vaches ?

      — Non, je n’ai pas de vaches.

      — Apa, as-tu un revenu personnel ?

      — Eh bien, avant, j’avais un revenu personnel. Mais comme mon mari est devenu président et a déménagé à la Maison- Blanche, j’ai arrêté de gagner de l’argent.

      — Combien d’enfants as-tu ?

      — Une fille.

      — Tu aimerais avoir plus d’enfants ?

      — Oui, j’aimerais bien avoir un ou deux enfants de plus, mais nous sommes très heureux avec notre fille Chelsea. »

      Les femmes de Maishahati se regardèrent et murmurèrent :

      « Pauvre Hillary ! Elle n’a pas de vache, pas de revenu personnel et elle n’a qu’une seule fille. »

      Aux yeux des femmes de Maishahati, Hillary Clinton n’était pas autonome. Elles avaient de la peine pour elle.

  • « Madame la première ministre, donnez à la ville de Bagnolet les moyens de sauver l’Ilot Pêche d’Or-Bergerie ! »

    Dans une tribune (...), un collectif de mères habitant Bagnolet (Seine-Saint-Denis) exhorte Elisabeth Borne à sauvegarder la bergerie des Malassis, « endroit magique de rencontre avec la nature et le vivant », fréquenté en particulier par des femmes et des enfants. Le lieu est menacé par un projet de complexe scolaire géant.

    Madame la première ministre,

    Les travaux qui menacent l’îlot Pêche d’Or-Bergerie dans le quartier populaire des Malassis à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) sont imminents. Sans une intervention rapide de votre part, il sera trop tard dans quelques jours pour sauver ce lieu si important pour le quartier et en particulier pour nous, femmes et mères de ce quartier.
    A une époque où garantir une place juste et sûre aux femmes dans l’espace public émerge enfin comme un enjeu majeur, il serait aberrant de détruire un lieu public fréquenté majoritairement par des femmes de tous les âges, des mères de famille, des assistantes maternelles. Un lieu qu’elles plébiscitent.

    En effet, en tant que femmes et mères, nous trouvons à la bergerie des Malassis un havre de paix et de sécurité ouvert à toutes et tous. Depuis onze ans que des rencontres, des concerts, des festivités diverses amènent de la joie et de la convivialité dans notre quartier, nous n’avons jamais eu à déplorer de comportements déplacés, sexistes ou d’agressions sexuelles – pourtant si fréquents dans la plupart des rassemblements festifs. Pour des raisons qu’il serait bon de laisser aux sociologues le temps d’éclaircir, ce lieu est « safe ».

    Recoins, cabanes, chèvres et poules

    Pour nos enfants, qui grandissent à nos corps défendants dans le béton et le tout-numérique, c’est un endroit magique de rencontre avec la nature et le vivant. Le sol de fleurs et d’herbes hautes est le plus beau tapis d’éveil pour les bébés. Ici, celles qui allaitent le font sans gêne ni crainte : le lieu offre à chacune la possibilité de s’installer comme elle le souhaite, sans l’injonction à se cacher qui règne dans la majorité des espaces publics de notre pays.
    Nous y avons réappris le geste simple de cueillir avec parcimonie les framboises et les baies de cynorhodon pour nos enfants. Ces derniers y jouent ensemble avec délectation, trouvant dans les recoins et les cabanes du lieu des aires de jeux poétiques et mixtes. L’espace est fait de telle sorte qu’il est nécessairement partagé et ne peut être confisqué par une partie de ballon – qui ailleurs relègue bien souvent les filles aux marges des aires de jeux.

    Les chèvres et les poules les émerveillent inlassablement. Ici, les écrans n’existent pas : on n’y pense même pas. Dans la lutte menée depuis onze ans sous l’égide de l’association Sors de terre pour défendre ce lieu et dans les soutiens actifs de la bergerie des Malassis, ce n’est donc pas un hasard si on compte une grande majorité de femmes. Aux côtés du berger, qui est la voix et le visage de la bergerie pour le grand public, ce sont des femmes qui permettent à ce lieu d’exister.

    Le sentiment d’attachement collectif

    A l’image des tissages que la talentueuse artiste Matrupix réalise avec la laine des moutons de la bergerie, nous tissons des liens entre nous et avec le vivant qui nous entoure. S’il faut les prononcer, les mots « sororité » et « écoféminisme » trouvent ici leur parfaite illustration : mais ce sont des réalités que nous avons vécues avant de savoir qu’elles avaient un nom.

    Si l’îlot Pêche d’Or est rasé comme le prévoit le projet architectural, nous aurons face à nous un complexe scolaire géant et impersonnel, de béton et de verre. Nous aurons un jardin public ordinaire, où tout ce qui nous protégeait aura disparu : les arbres, les cabanes, la présence apaisante des animaux, le sentiment d’attachement collectif.

    Madame la première ministre, une association de citoyens et de citoyennes du quartier vous a récemment adressé un courrier, des citoyens et des citoyennes vont ont interpellée pour vous demander de donner les moyens à la ville de Bagnolet de sauver cet endroit. Nous appuyons cette demande de tout notre cœur.

    Les premières signataires de cette tribune sont : Nina Abou, psychologue, mère d’Elio, habitante du quartier ; Aïcha Bathily, étudiante, habitante du quartier ; Ginette Brulin, assistante administrative, habitante du quartier ; Mariama Camara, auxiliaire de vie, mère d’Aïcha, habitante du quartier ; Dienaba Djigo, cuisinière, habitante du quartier ; Nelly Fournet, épidémiologiste, mère de Diego, habitante du quartier ; Nathalie Gabaudan, habitante du quartier ; Nadia Hassani, étudiante, habitante du quartier ; Ndiaye Kebe, assistante bilingue juridique, mère de Tidjani, habitante du quartier ; Florence Robin, enseignante, mère de famille, habitante du quartier.

    Liste intégrale des signataires : https://sauvonslilotpechedorbergerie.fr/signataires-de-la-tribune-feministe-de-soutien-a-la-ber
    Collectif

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/07/11/madame-la-premiere-ministre-donnez-a-la-ville-de-bagnolet-les-moyens-de-sauv t

    edit

    Le quartier populaire des Malassis à Bagnolet (93) défend sa bergerie, 24 Juin 2021
    https://www.humanite.fr/videos/le-quartier-populaire-des-malassis-bagnolet-93-defend-sa-bergerie-712356

    Oui à la ferme-école de Bagnolet
    https://www.ouialafermeecoledebagnolet.fr/la-bergerie-des-malassis

    #Bagnolet #écoféminisme #enfance #écologie_urbaine #écologie_populaire

  • 7 juillet de 18h à 20h30 : La dette, une arme patriarcale Nos vies valent plus que leurs crédits // Rencontre avec Camille Bruneau
    
C’est à la librairie L’Affranchie, 6 place sébastopol 59000 Lille, France

    Dettes et féminismes : deux mots qui déclenchent des réactions presque allergiques chez de nombreuses personnes. Deux mots qui, pour d’autres, ne suscitent rien du tout. Pourtant dettes et féminismes constituent deux des plus grands défis croisés de notre temps.
    
Partout dans le monde, les femmes subissent les décisions sexistes et colonialistes d’États et d’institutions se préoccupant plus du remboursement des dettes que du sort des humain·es et de la planète. Austérité et incitation à l’endettement privé touchent plus fortement les femmes, sabrent les droits sociaux, paupérisent et accentuent les inégalités aux dépens des conquêtes féministes.

    Les autrices explorent les luttes actuelles qui souhaitent « remettre la vie au centre » et s’en inspirent pour déployer un argumentaire implacable pour un non-paiement féministe des dettes, publiques comme privées. Une analyse écoféministe indispensable pour insuffler un nouvel élan à l’économie et privilégier la durabilité de la vie à celle des marchés.

    Rentrer dans les cases n’a jamais été simple pour Camille Bruneau, ni son ambition d’ailleurs. Les milieux punks et plusieurs voyages en Afrique l’ont vite amenée à questionner le système dominant occidental, se révolter face aux inégalités et rechercher des alternatives hors-norme. S’ensuivent des études critiques en anthropologie, sociologie rurale et « développement » en parallèle à une vie en squats et occupations, habitats légers et écolieux où elle rencontre les milieux anarcha-féministes et antispécistes. Elle s’implique aussi dans des dynamiques associatives telles que le CADTM (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes), à l’origine de nombreuses synergies et rencontres militantes, en Europe et ailleurs. Ces mobilisations et expériences collectives et autogérées ont été le lieu de remises en question bénéfiques, notamment grâce au dialogue avec des féministes queer ou décoloniales, tout autant que de répression et frustrations. Nourrie des écoféminismes et de l’anarchisme, elle s’intéresse aux logiques communes aux dominations, et est convaincue de la nécessaire pluralité des autres possibles et modes de résistance.

    Les réservations sont conseillées, le taux de désistements est assez important, n’hésitez pas à vous présenter à la librairie dès 18h30. Ouverture de la billetterie le jeudi 16 juin à midi : https://www.eventbrite.fr/e/billets-nos-vies-valent-plus-que-leurs-credits-rencontre-avec-camille-bru

    #dette #patriarcat #livre #sexisme #féminisme #colonialisme #austérité #inégalités #écoféminisme #domination #CADTM #Résistance #capitalisme

  • Le Féminisme ou la mort, Françoise d’Eaubonne
    https://www.youtube.com/watch?v=2UE_WGDosC0

    Avec notamment un commentaire du fils de Françoise d’Eaubonne épinglé en tout premier dessous.

    Et donc cette chaine de vulgarisation de textes uniquement théoriques de philosophie, autour des féminismes et des écologies :
    https://www.youtube.com/c/GameOfHearth/videos

    Comme des recensions mais avec pas mal de schémas didactiques tout au long des explications. Je ne sais pas si je suis toujours d’accord, mais rien que sur le plan de la compréhension c’est bien fichu je trouve, pour comprendre l’essentiel des livres choisis.

    Toutes ses vidéos sont aussi sur Peertube :
    https://skeptikon.fr/c/goh/videos

    Ça a encore niqué ma journée pfff… :(

    #vulgarisation #philosophie #féminisme #écologie #écoféminisme #Françoise_d'Eaubonne #recension #livre

    • Françoise d’Eaubonne fait partie des signataire de la pétition de Madzneff sur l’abolition de la majorité sexuelle. Je dit pas que ca disqualifie ce qu’elle a fait et dit, ni qu’on peu pas s’interessé à son œuvre, simplement c’est un fait que je rappel pour pas faire d’idéalisation hagiographique.

  • En ligne : Françoise d’Eaubonne
    https://www.imec-archives.com/matieres-premieres/blogs/blog/en-ligne-francoise-d-eaubonne

    Il y a quelques années encore, la présence du nom de Françoise d’Eaubonne dans les fonds d’archives de l’IMEC ne retenait pas l’attention ou suscitait des questions : mais qui pouvait donc bien être cette inconnue ? Pourquoi conserver ses archives ? Avec les travaux de nombreuses chercheuses comme ceux de Caroline Goldblum, et grâce à la nouvelle vague féministe, cette romancière, poétesse, militante et essayiste écoféministe est désormais connue et reconnue en France où elle était tombée dans l’oubli. Source : Institut Mémoires de l’édition contemporaine

  • TV : Tintin au pays de l’Or bleu

    Annoncé à grand son de trompe, la Cinquième a diffusé le dimanche 26 septembre dernier à 20h55 un documentaire de 52 mn intitulé « Au Front. Guerre de l’eau en France », réalisé par la nouvelle jeune icône écolo-bobo, un certain Hugo Clément, le fils caché de Nicolas Hulot et Mike Horn, dont la propagande télévisuelle nous assène que, frappé la grâce, il a décidé de dédier sa vie à « sauver la planète ». Au cas d’espèce, ledit documentaire s’avère être un invraisemblable tissu d’aneries sans queue ni tête, truffé d’approximations douteuses, d’omissions significatives, comme de contre-vérités manifestes. Un naufrage.

    http://www.eauxglacees.com/TV-Tintin-au-pays-de-l-Or-bleu?var_mode=calcul

    • Présentation générale de « Sur le front » - france.tv
      https://www.france.tv/france-5/sur-le-front

      Des caméras de qualité cinématographique sont utilisées à terre et sous l’eau, une large place est accordée aux images aériennes de drones via notamment des plans zénithaux (la caméra se trouve à la verticale juste au dessus de l’action en train de se dérouler). Dans sa manière d’incarner ces documentaires, Hugo Clément reprend des codes du numérique : il partage son ressenti, souligne des éléments clefs de l’enquête en se filmant sur le mode selfie. De leur côté, les combattant(e)s s’expriment parfois face caméra, droit dans les yeux, comme ils pourraient le faire face à un smartphone.

      le dimanche précédent sur cette même chaîne était diffusé 2 documentaires dans la série « Vert de rage » de Martin Boudot :
      « Engrais maudits » et « Du charbon dans les poumons ».
      https://www.france.tv/france-5/vert-de-rage/vert-de-rage-saison-2/2759971-engrais-maudits.html

      Les engrais phosphatés sont indispensables à l’agriculture moderne, notamment pour la culture de la pomme de terre, un des aliments préférés des Français. Au Maroc, le pays qui détient les plus grandes réserves de phosphate, des habitants se plaignent des impacts de la production d’engrais sur leur environnement et leur santé. Pour les aider à rassembler des données scientifiques, le journaliste Martin Boudot et son équipe, en collaboration avec des biologistes, partent à la recherche des preuves de cette contamination, au Maroc, mais aussi en France.

    • Ce bouffon de #Hugo_Clément va remettre les prix 2021 aux Assises du #Journalisme à Tours que La Déferlante boycotte en raison de la participation de Nicolas Hulot, accusé de viol (accusation suivie d’un non lieu pour prescription).

      Nicolas Hulot a-t-il commis un viol ? Jean-Michel Aphatie apporte un nouvel éclairage
      https://reporterre.net/Nicolas-Hulot-a-t-il-commis-un-viol-Jean-Michel-Aphatie-apporte-un-nouve

      L’histoire a commencé en juin 1997. Pascale Mitterrand, 19 ans, était une toute jeune photographe stagiaire de l’agence de presse Sipa. Nicolas Hulot, 42 ans, était un présentateur célèbre de l’émission Ushuaïa, sur TF1. Il venait d’acheter une grande maison en Corse et proposa à l’agence l’exclusivité des clichés de la demeure. La jeune femme s’y rendit seule en reportage pendant une semaine. À la suite de ce séjour, la jeune femme, bouleversée par ce qui s’y était passé, abandonna le photojournalisme et changea de vie.

      (...) Vous retracez dans votre livre l’omerta médiatique à propos de cette affaire. Comment l’expliquez-vous ?

      [J-M Aphatie] Quand on évoque les violences faites aux femmes, il y a un soupir de lassitude dans les rédactions. Au fond, la pensée générale, c’est qu’il n’y a pas mort d’homme.

      Manque de bol, ce soir, suite à une interruption collective et des prises de parole, Hulot s’est esbignée de la soirée honorifique.

      #prédation #écoféminisme

  • Sandrine, Yannick, et les autres | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/albin-wagener/blog/200921/sandrine-yannick-et-les-autres

    d’un côté, nous avons un Yannick Jadot représenté comme le candidat « rationnel », « crédible », chantre rassurant et capitalisto-compatible de « l’écologie de gouvernement », l’homme qui planifie et veut « porter l’écologie au pouvoir » en « tenant compte de la société actuelle ». Bref, une présentation d’un profil plutôt social-démocrate, comme il y en a déjà eu des dizaines - des profils souvent peu capables de s’imposer dans le débat public, car à force d’être compatible avec le néolibéralisme, les tenants de ce courant préféreront toujours l’original à la copie (et on ne peut pas leur en tenir rigueur, d’ailleurs).
    de l’autre, Sandrine Rousseau dispose d’un traitement nettement moins tendre : elle est présentée comme « écoféministe », « radicale », cantonnée à une « écologie d’influence » qui « défend les femmes et les racisé.e.s » afin de « peser dans les débats ». Un sous-texte qui décrédibilise ostensiblement la candidate en mobilisant des représentations péjoratives autour de la femme : irrationnelle, irréaliste, incapable de gouverner. Bref, un profil qui serait trop radical, qui effraierait les électeurs, et qui surtout rejoue encore la terrible musique méprisante et discriminatoire de la femme politique qui, face à l’homme politique, ne serait que bien peu de choses.

    #écologie #élection_présidentielle #medias #écoféminisme

  • « L’écoféminisme invite à dépasser les dualismes », entretien avec Jeanne Burgart Goutal | Tiphaine Guéret
    http://cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser

    Au sein des luttes pour la défense des terres, une constante : la présence massive de femmes. Et parmi elles, des écoféministes considérant qu’il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n’aurait pas « affaire à des phénomènes sans aucun rapport, mais plutôt à deux aspects d’un seul et même système » Source : CQFD

  • Intellectuels de tous les pays, dé-trumpez-vous !

    La détestation que tentent de susciter les penseurs conservateurs envers les concepts critiques de #genre, #race ou d’#intersectionnalité est l’écho direct de la politique de Trump dont l’administration a combattu les « #gender_studies ».

    Il est amusant de voir converger le #sensationnalisme des médias et les éructations de leurs « #intellectuels » attitrés, fixés sur une série de mots-clés : #gender, #woke, intersectionnalité, #décolonial, #race… Mais ce sont aujourd’hui des mots vides qu’on agite, les mêmes sur les couvertures des magazines ou tabloïds et dans les chroniques ou tribunes. #Luc_Ferry dénonce « l’#écoféminisme » allié à « l’#islamo-gauchisme » « pour former la ”#cancel-culture-woke” ». #Isabelle_Barbéris accuse les #recherches sur le genre et l’intersectionnalité d’être des « #pseudo-sciences », mais serait bien en peine de donner des arguments scientifiques en ce sens. Les mêmes dénoncent la « #chape_de_plomb » et l’atteinte aux #libertés que constituerait l’existence même de recherches d’universitaires qui, de leur côté, n’ont jamais empêché leurs collègues de mener les leurs.

    Alors pourquoi une certaine génération d’intellectuels, que l’on a beaucoup entendue ces derniers temps, se sent-elle menacée ? Si on écarte la thèse des pathologies mentales engendrées par la pandémie – que révèlent, entre autres, les bagarres autrement plus graves entre bandes de jeunes –, on peut analyser cela en termes de stratégies de #pouvoir_académique. Nous assistons à la #radicalisation d’attitudes que les spécialistes du domaine du genre ont connue de longue date : la volonté politique de #déconsidérer, et si possible de #criminaliser, des recherches qui sont largement développées et légitimes ailleurs, par exemple en accusant ladite « théorie du genre » de ne pas être scientifique – en dépit du fait rappelé dans le journal du CNRS qu’il s’agissait de thématiques de recherche reconnues dans les programmes de l’Union européenne, et développées également dans les sciences « dures ».

    De fait, ces thèmes ont toujours été honnis par l’#extrême_droite, et les chercheurs qui s’y investissent sont régulièrement la cible des sites, médias, militants de cette obédience. Mais l’attaque du gouvernement est une #radicalisation_électoraliste qui permet à des figures opportunistes d’essayer de reprendre pied dans le milieu universitaire resté relativement imperméable aux idées d’extrême droite. La réaction quasi unanime aux déclarations polémiques des ministres #Vidal et #Blanquer (demande de démission de Vidal signée par 24 000 universitaires) est une preuve de plus de cette difficulté que rencontre cette partie ultraréactionnaire du monde intellectuel, qui a une place bien installée dans les médias, et a clairement l’oreille du pouvoir… mais ne domine pas vraiment dans les #universités ni dans les organismes de #recherche. Ce petit milieu s’est senti pousser des ailes lorsque le #pouvoir_politique a repris les idées de l’extrême droite et son agenda classique, la #chasse_aux_intellectuels qui travaillent sur le genre, la race, le #décolonial.

    Mais le mouvement reste limité : les signataires de tribunes dénonçant l’« islamo-gauchisme » qui gangrène les universités en lien bien sûr avec le « gender », sont en réalité éloignés du #monde_académique – retraités, bénéficiaires de positions protégées dans des institutions où ils n’enseignent pas ou peu, au rayonnement très faible dans la recherche. Leur seule chance d’exister dans un monde universitaire internationalisé est donc de déconsidérer leurs collègues pour tenter de les priver de ressources, par exemple en manipulant les outils d’évaluation ; d’où leur nouvel intérêt pour le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres), institution dont le gouvernement a récemment pris le contrôle direct.

    Tout cela au nom de la défense du « #pluralisme ».

    Ce croisement fétide entre enjeux intellectuels et politicards n’a pas lieu par hasard. Les concepts de genre, de race et d’intersectionnalité ont été forgés dans et par de nouveaux #mouvements_sociaux et dans l’#activisme (1) qui a permis de mettre en avant de nouvelles catégories d’#oppression. Ce sont des concepts critiques, des outils qui servent à voir et analyser les #inégalités présentes dans les sociétés contemporaines. Ce qui en fait des concepts perturbants pour la pensée ultraconservatrice, qui les a constamment ciblées. Les recherches sur l’intersectionnalité ont fait voir des formes extrêmes de #discrimination et de #vulnérabilité sociales : celles subies par les femmes noires aux Etats-Unis et apparues au grand jour avec la pandémie.

    La détestation « animale » que tentent de susciter les penseurs ultraconservateurs envers les mots même de genre, race… est l’écho direct de la politique de Trump. David Chavalarias, dans un remarquable article synthétisant l’étude quantitative de la diffusion du terme « islamo-gauchisme » sur Internet et les réseaux sociaux, note que ce vocable y a été remobilisé par le gouvernement suivant les méthodes de l’#altright trumpiste (de #Steve_Bannon), de façon à déconsidérer simultanément des recherches… et des #mouvements_émancipateurs. Ce que proposent nos ministres français s’apparente au programme « éducatif » de #Trump dont l’administration a combattu les gender studies et interdit l’usage des mots tels « #fœtus » et « #transgenre » dans les institutions de santé. Trump avait créé une commission pour promouvoir « l’#éducation_patriotique » et revenir sur l’histoire de l’#esclavage, « dangereuse et erronée » selon lui. Il dénonçait, digne précurseur de nos génies nationaux, la « théorie raciale » et les études afro-américaines. Sa secrétaire à l’éducation #Betsy_DeVos avait engagé une réécriture des #manuels_d’histoire pour glorifier le passé esclavagiste et promouvoir une nouvelle version de l’#histoire des Noirs, contre les « #radicalo-gauchistes ».

    Trump voulait ainsi consolider sa politique et son discours sexistes et racistes. Et l’on sait que la mobilisation des minorités a été essentielle dans la récente élection présidentielle. Sans les activistes, Biden ne l’aurait jamais emporté par plus de 7 millions de voix d’écart sur Trump. C’est bien par une prise de conscience – ce qu’on appelle, ici avec dérision, le woke – des injustices, parfois mortelles, que promouvait et créait sa politique que la catastrophe a été évitée. Une majorité des citoyens américains a ainsi su s’appuyer sur une culture minoritaire, dans un contexte de pandémie où beaucoup plus de citoyens ont pu participer au vote.

    L’enjeu désormais en Amérique est de préserver cet acquis, contre les tentatives actuelles des républicains de réduire l’accès au vote, seul moyen qu’ils parviennent à envisager pour accéder au pouvoir. En #France aussi, ce sont les nouvelles générations, d’étudiants et de lycéens, eux-mêmes plus sensibles aux #injustices_sociales et au #racisme déguisés en « #laïcité » (2), qui redonnent espoir, contre tous ceux, intellectuels comme politiques, qui veulent les priver des moyens de connaissance et d’accès aux nouvelles idées qui ont pu aider à la victoire de Biden. Le woke, qu’on veut nous présenter comme une nouvelle dictature, c’est l’éveil de cette force, et la meilleure protection de la #démocratie.

    (1) Voir Albert Ogien, Politiques de l’activisme, sous presse.

    (2) Voir l’enquête sur la laïcité.

    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/opinions/intellectuels-de-tous-les-pays-de-trumpez-vous-20210312_W6BYMYYMSZDIHBAO7

    #Sandra_Laugier

  • L’imaginaire Écoféministe contre la société patriarcale
    https://www.socialter.fr/article/l-imaginaire-ecofeministe-contre-la-societe-patriarcale

    Susan Griffin, une poétesse états-unienne, a écrit que l’essentialisme était un épouvantail contenant toutes les peurs de ceux qui portent cette accusation, bien plus qu’un trait spécifique à l’#écoféminisme. Cela me semble très juste. Qu’il y ait parmi les écoféministes des personnes qui tiennent parfois des propos essentialistes, c’est tout à fait ­possible… Mais ce n’est pas très grave, tant qu’elles n’empêchent pas les autres de penser et de vivre autrement. Il faut en finir avec cette maladie occidentale de la pureté, et notamment de la pureté théorique. La bonne question à mon avis est  : à qui profite cette accusation  ? On en a fait un débat entre féministes, mais qui compte les points  ? S’il y a bien un discours violemment essentialiste, nous expliquant depuis nos premiers souffles que les hommes sont forts et plus intelligents par nature, et les femmes plus émotives et stupides parce que dotées d’un utérus, c’est cette idéologie naturaliste avec laquelle on se débat tou.te.s. C’est d’ailleurs un comble d’accuser d’essentialisme celles qui cherchent à récupérer des compétences naturalisées comme la maternité ou la question de la reproduction en général, des sujets en réalité archi-contrôlés par l’État. Ou plutôt  : c’est bien joué, mais cela ne marche plus. Le fait que cette accusation d’essentialisme soit aujourd’hui en train de disparaître, ou du moins n’impressionne plus les nouvelles générations, nous indique que c’est de ce côté là qu’il faut aller.

    • Au lieu de rejeter pour la millième fois les religions (Dieu est mort à tellement de reprises  !), elles souhaitent se réapproprier collectivement cette dimension de l’existence. C’est une chose de critiquer les religions monothéistes pour leur incroyable misogynie et leur abandon du monde vivant autre qu’humain en général, c’est autre chose de jeter toute forme de rapport spirituel au monde. Une partie des écoféministes considère que c’est une dimension fondamentale de l’existence et qu’il n’y a aucune raison de s’en passer. Cette position est très difficile à comprendre en ­France car nous héritons d’une histoire religieuse extrêmement violente, que l’on pense aux guerres des religions ou à l’Inquisition. Pour le dire simplement, les écoféministes proposent de se réapproprier ce rapport à l’invisible qui a été capturé par une bande d’hommes blancs siégeant aujourd’hui au Vatican. Elles réaffirment que le sacré n’est pas qu’une valeur masculine, qu’il est essentiel de le rouvrir à des formes féminines, queer ou plus qu’humaines (animaux, rivières, montagnes dans les religions polythéistes par exemple) qui ont toujours existé, mais que les monothéismes ont cherché à éradiquer tout au long de leur histoire. Si cette dimension de l’écoféminisme est si critiquée, c’est qu’elle fait très peur. Ce qui est plutôt bon signe car elle touche à la question du partage du pouvoir. En l’occurrence ici, du pouvoir de l’invisible. Qui est légitime pour entrer en lien avec l’invisible  ? Et que font les collectifs de leurs liens avec l’invisible  ?

      quelque peu en contradiction avec l’inventeuse du terme qui n’avait rien à voir avec le spirituel, et qui était plutôt écolo-anar à tendance action directe contre l’industrie et l’hétéro-patriarcat…
      https://seenthis.net/messages/905404
      https://information.tv5monde.com/terriennes/et-francoise-d-eaubonne-l-amazone-verte-crea-l-ecofeminisme-39

      L’écoféminisme... Ce n’est pas du féminisme sans pesticide. (…) Ce n’est pas manger bio en lisant Simone de Beauvoir ou Virginie Despentes. (…) Ce n’est pas non plus boire son sang menstruel, danser nue à la Pleine lune ou se déclarer sorcière sur son compte Instagram.

  • Et Françoise d’Eaubonne, « l’Amazone verte », créa l’écoféminisme
    https://information.tv5monde.com/terriennes/et-francoise-d-eaubonne-l-amazone-verte-crea-l-ecofeminisme-39

    A neuf ans, elle s’autoproclame féministe. Nous sommes en 1929... Militante et écrivaine, Françoise d’Eaubonne aura à coeur tout au long de sa vie et de son oeuvre de se placer toujours du côté des femmes. Visionnaire, elle invente le terme d’écoféministe, prônant le croisement des luttes. Malgré une reconnaissance internationale, la France, elle, l’a oubliée. Elise Thiébaut lui consacre un roman sous forme de réhabilitation, bien nécessaire. Source : Terriennes

  • Des révoltées contre le poubelien supérieur ou l’androcapitalocène

    « Notre époque est frappée par des destructions environnementales considérables : extinction massive d’espèces animales, réduction de la bio- diversité cultivée et sauvage, déforestation à large échelle, dégel du pergélisol et émission concomitante de méthane, fonte des glaciers, montée des eaux, émissions croissantes de gaz à effets de serre à cause de l’utilisation intempestive des énergies fossiles et à l’élevage intensif, réchauffement climatique presque incontrôlable, épisodes récurrents de sécheresse, d’inondation ou de cyclones, maladies infectieuses émergentes dues à la destruction des écosystèmes, etc ».

    Note sur : Catherine Albertini : Résistances des femmes à l’Androcapitalisme
    Le nécessaire écoféminisme

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/04/des-revoltees-contre-le-poubelien-superieur-ou-landroca

    #ecoféminisme

  • Casse-rôles n°13, l’écoféminisme : une approche
    vivifiante

    Selon la philosophe Emilie Hache, il faut lire les textes écoféministes non pas comme « l’affirmation d’une essence et la réitération du discours patriarcal » mais « comme des actes de guérison et d’émancipation empowerment), des tentatives pragmatiques de réparation culturelle face à des siècles de dénigrement des femmes et de reconnexion à la terre nature. »
    Si ces textes dérangent et font sourire, c’est aussi que leurs styles et leurs registres sont d’une grande variété ; loin de se limiter aux discours académiques et argumentatifs, beaucoup relèvent de la poésie, de la fiction voire du sacré.

    http://casse-roles.revolublog.com/le-n-13-a197193800
    #ecofeminisme

    • Le terme « écoféminisme », forgé par #Françoise_d’Eaubonne en 1974, est associé à un mouvement social anglophone né aux États-Unis et au Royaume-Uni dans les années 1970-80, et continue à essaimer aujourd’hui. L’objectif militant de l’écofeminisme consiste à éveiller les consciences sur les deux grandes questions intrinsèques à son concept : la crise environnementale et le féminisme.

      Selon la Déclaration d’unité de #WLOE (#Women_for_Life_on_Earth) en 1980, les écoféministes affirment voir « des liens entre l’#exploitation de la terre et de ses populations et la #violence physique, économique et psychologique perpétrée envers les #femmes », et veulent « comprendre et surmonter les divisions historiques basées sur la différence de race, de degré de pauvreté, de classe sociale, d’âge et de sexe ».

      La visée du mouvement est donc double : la #prise_de_conscience de l’équation « domination des femmes/domination de la nature », et sa traduction en exigences de « réinvention de l’histoire » et de « #réappropriation de la place des femmes dans le monde ». Y compris la réappropriation de leurs qualités présupposées féminines et pour cela trop souvent dénigrées ou peu valorisées (du soin des proches à la maternité, du rapport aux plantes à la sensibilité…).

      Un angle d’étude insolite

      Aborder l’écoféminisme (certains l’appellent « #féminisme_écologique ») sous l’angle anthropologique permet de montrer ces dynamiques même au cœur des groupes humains étudiés. Être anthropologue, voire ethnographe dès lors qu’il s’agit d’appliquer directement la méthode d’investigation anthropologique dans la proximité côte à côte avec ses interlocuteurs de terrain, ce n’est pas observer du haut d’une tour d’ivoire mais bien s’insérer dans une population donnée, en faire partie au quotidien pour une période plus ou moins longue, et y découvrir, chemin faisant, des aspects des phénomènes qui intéressaient au préalable au chercheur, ou en découvrir de nouveaux. C’est l’« observation participante ».

      Dès lors, il s’agit de définir, pour chaque culture, ses propres « systèmes symboliques qui rendent le monde signifiant ». Par exemple, le célèbre anthropologue C. Lévi-Strauss avait compris que la conformation du village de Kejara des indigènes Bororo (au Brésil), où la maison des hommes (baitemannageo) et les maisons possédées par les femmes sont situées respectivement au centre et à la périphérie circulaire de l’espace habité, servait à séparer les individus non seulement d’un point de vue physique, mais aussi en termes symboliques, en leur attribuant de différents rôles sociaux selon les catégories. Ainsi, les femmes sont exclues des rites religieux réservés aux hommes dans leur « maison », tandis qu’elles ont à cœur la gestion de la résidence et de la vie conjugale.

      En anthropologie, il faut en particulier distinguer les données relevant du point de vue affirmé par les interlocuteurs de celles inhérentes aux analyses et interprétations du chercheur.

      C’est de cette façon que j’ai travaillé avec les deux associations en territoire vaudois de mon terrain : les femmes de la Maison pour agir et à Bricologis revendiquent des valeurs et pratiques participatives relatives aux champs de l’« écologie », la « solidarité » et du « bricolage » pour l’amélioration du cadre de vie de proximité.

      En entrant dans les coulisses de ces associations, j’y ai découvert des représentations révélatrices de traits féministes. Alors, comment ces femmes se révèlent-elles comme écoféministes ? Comment, d’ailleurs, se comporte l’ethnographe face à elles, et vice-versa ?
      S’émanciper de la nature…

      Ces femmes mettent en place une série d’actions collectives mettant en avant un éthos écologique commun et aux saveurs locales : des ateliers de cuisine anti-gaspillage alimentaire (au premier rang) à ceux de cosmétiques « faits soi-même » ; mais aussi les repas partagés, occasions de goûter des soupes aromatiques ou des cakes truffés de fruits et légumes « glanés » (récupérés des magasins), tout en entretenant des amitiés de quartier de longue date.

      Alors, s’enchaînant, selon les journées, les phases méticuleuses et conviviales de création de masques à l’argile verte, de « pâtes à tartiner » à partir du mixage de dattes, miel et lait, de déodorants composés de cires naturelles et d’huiles essentielles, de tartines de ratatouille à base de poivrons, courgettes et aubergines étalés sur un fond léger de crème chantilly.

      Le tout rythmé par des moments de dégustation ou d’échange de récits de vie ou d’impressions éclatantes. « Oh que c’est bon ce jus de pomme ! » ; « mes enfants ils seraient venus, ils adorent cuisiner » ; « on est bien ici, entre nous… » ; « c’est malheureux mais c’est ça en fait, on a toujours mis les femmes à la cuisine alors que les meilleurs pâtissiers c’est les hommes. Les pâtissiers c’est les mecs ! ».

      C’est là que le noyau dur de l’écoféminisme se construit au fil des rencontres. Puisque la « nature » n’est pas fixe, mais changeante, elle se recrée dans les recettes. Et parce que ce sont des femmes qui la transforment grâce à leur créativité et leur maîtrise technique, elles s’émancipent de ce naturalisme millénaire, conception masculine dominatrice, qui associe les femmes à une idée de nature passive et inférieure à la culture.

      Elles mêlent librement autonomie personnelle et coopération, mais aussi tradition et innovation en reproduisant des recettes du passé, de l’époque de leurs parents, à l’aide d’outils électromécaniques modernes (blenders, mixeurs plongeants, toasters). La nature est de ce fait culturalisée, elle devient une élaboration active dans un vocabulaire écologique qui lie les membres du groupe ; elle est proche finalement de la vision féminine du « #care », qui critique à bas bruit le stigmate naturaliste de la passivité.

      Travailler dans un groupe féminin

      Étant presque le seul homme dans les groupes des deux associations, il me fallait combattre un double « danger » hantant les milieux féministes : celui de rejouer la domination masculine, mais aussi celui, statutaire, que représentait ma casquette de chercheur. On sait qu’un des défis de toute enquête ethnographique est de réussir à réduire le fossé social séparant l’enquêteur des enquêtés, de sorte que ceux-ci ne soient pas instrumentalisés en « simples représentants de leur culture ».

      Pour travailler dans de bonnes conditions, je devais donc prendre part aux actions, sans être ni intrusif ni tout à fait distancié, écouter et m’intégrer aux conversations, cuisiner, grignoter « écolo ».

      J’ai pu vivre de l’intérieur cette volonté, entre « sœurs », à impacter, même à petite échelle, le microcosme local par des habitus plus écologiques. Ce sont là encore des empreintes du « care », ce phénomène transfrontalier qui appelle à unir les femmes militantes dans une quête de connaissances partagées, de tissage de réseaux, de combat face aux catastrophes environnementales ; une quête qui aspire à abattre les frontières entre les être vivants et les non-vivants, entre les femmes et les hommes.
      Un déplacement de perspective

      Le pouvoir d’agir, indépendamment des fronts où on agit, n’est pas le monopole des hommes. Du seul « privilège » accolé à l’Homme de changer le monde à la possibilité pour chaque femme, pour elle-même et pour les autres, de s’approprier le monde, c’est ce déplacement de perspective très concret que m’a appris ce terrain.

      Ce féminisme écologique est un carburant qui vise au bien-être de tous, hommes et femmes, en rejetant les grandes divisions par le biais d’une écologie fluide qui mêle sensibilité et rationalité, tradition et innovation, nature et culture, « ego » et « nous », féminin et masculin. C’est cela que voulaient dire Médaline, Radhia et Olympe en me déclarant non sans emphase : « Ici, Alessandro, tout est relié ».

      #écoféminisme

  • Être écoféministe | Jeanne Burgart Goutal
    Les Éditions L’échappée
    https://www.lechappee.org/collections/versus/etre-ecofeministe

    Je souhaitais en savoir plus sur l’#écoféminisme, Aude (#merci) m’a recommandé ce #livre. En plus de l’avoir trouvé très intéressant, j’ai appris des choses, l’approche et les arguments avancés résonnent bien avec mes propres ressentis.

    #Oppression des #femmes et #destruction de la #nature seraient deux facettes indissociables d’un modèle de #civilisation qu’il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l’écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de #pensées et de #pratiques_militantes.
    Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd’hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du #capitalisme et de la #technoscience, redécouverte des sagesses et #savoir-faire traditionnels, réappropriation par les femmes de leur #corps, #apprentissage d’un rapport intime au #cosmos
    Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l’auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l’aventure de la vie en autonomie, jusqu’au nord de l’Inde, chez la star du mouvement #Vandana_Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d’alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et #politiques, et #luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

    #colonialisme #agriculture #intersectionnalité

  • Etre écoféministe. Théories et pratiques

    #Oppression des #femmes et destruction de la #nature seraient deux facettes indissociables d’un modèle de civilisation qu’il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l’écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes.
    Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd’hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des #théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du #capitalisme et de la #technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, #réappropriation par les femmes de leur #corps, apprentissage d’un rapport intime au cosmos…
    Dans ce road trip philosophique alternant reportage et analyse, l’auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l’aventure de la vie en autonomie, jusqu’au nord de l’Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d’alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

    https://www.lechappee.org/collections/versus/etre-ecofeministe
    #écoféminisme #éco-féminisme #livre #écologie #féminisme #philosophie #ressources_pédagogiques

  • What can we learn from ecofeminists?
    https://www.gendercampus.ch/de/blog/post/what-can-we-learn-from-ecofeminists

    Some of the most striking movements of the past years emerged around feminist topics on the one hand and ecological themes on the other. The Women’s marches, MeToo or women’s strikes opened up new and powerful ways of addressing gender inequalities in many places around the world. At the same time, Fridays for Future, Extinction Rebellions or Climate Justice were taking up the streets in order to point out the urgency of ecological change. But how are the burning questions of these movements connected?

    #feminism #ecofeminism #covid #écologie

  • BALLAST | L’#écoféminisme en question — par Janet Biehl
    https://www.revue-ballast.fr/lecofeminisme-en-question-par-janet-biehl

    En 1991, l’es­sayiste éta­su­nienne Janet Biehl fai­sait paraître son livre Rethinking Ecofeminist Politics : une cri­tique réso­lue du mou­ve­ment éco­fé­mi­niste. Bien que consciente de la diver­si­té des cou­rants qui tra­versent ce der­nier, l’au­trice y per­çoit un renon­ce­ment glo­bal à cer­tains des idéaux du fémi­nisme. Dans l’ex­trait que nous tra­dui­sons ici, Biehl dénonce tout par­ti­cu­liè­re­ment la réha­bi­li­ta­tion de l’oikos — la mai­son —, du « foyer » et du « care » pour mieux louer la Cité, la chose publique, bref, la poli­tique, enten­due sous sa plume comme radi­ca­le­ment démo­cra­tique et éco­lo­gique. Face à ce qu’elle per­çoit comme des « replis mys­tiques régres­sifs » et un « déni­gre­ment direct ou indi­rect de la rai­son », l’é­co­lo­giste sociale enjoint à tra­vailler à « un ensemble d’i­dées anti­hié­rar­chique, cohé­rent, ration­nel et démo­cra­tique ».

    • ah bé c’est marrant, je venais juste d’enfin lire ya quelques heures le dernier chapitre de Sorcières, où @mona l’évoque à quelques pages de la fin :

      Mais cet essentialisme, peut-on vraiment se satisfaire de le récuser, comme le fait par exemple Janet Biehl, qui fut proche du théoricien écosocialiste Murraya Mookchin ? Selon la philosophe Catherine Larrère, « pour libérer les femmes de la domination qui pèse sur elles, il ne suffit pas de déconstruire leur naturalisation pour les rapatrier du côté des hommes - celui de la culture. Ce serait ne faire le travail qu’à moitié, et laisser la nature en plan. La cause de la nature y perdrait, mais tout autant celle des femmes ». Les écoféministes, explique Émilie Hache, veulent pouvoir se réapproprier, investir et célébrer ce corps qui a été diabolisé (c’est le cas de le dire), dégradé et vilipendé pendant des siècles ; et elles veulent aussi pouvoir questionner le rapport guerrier à la nature qui s’est développé en parallèle. Le problème qui se pose à elles pourrait se résumer ainsi : « Comment (re)construire un lien avec une nature dont on a été exclue ou dont on s’est exclue parce qu’on y a été identifiée de force et négativement ? ».

      Dans le même temps, elles refusent que la « nature » serve de prétexte pour leur imposer un destin ou un comportement normés tels que la maternité ou l’hétérosexualité. L’expérience méconnue du « retour à la terre » de communautés séparatistes lesbiennes dans les années 70 en Oregon témoigne bien de cette attitude (en plus d’avoir de quoi rentre catatoniques ceux qui, en France, sortent de leurs gonds à la simple idée que des femmes - ou des victimes du racisme - organisent une réunion non mixte de deux heures). "Pourquoi laisser aux hétérosexuels le monopole d’une sexualité « naturelle » et penser que les mouvements queer n’ont pu se développer que dans les villes, loin de la nature et contre celle-ci ?" interroge Catherine Larrère, qui ne voit « pas de raison de construire le féminisme sur le déni de la nature ».

      Alors oui, mais du coup j’ai l’impression que c’est sans lien avec la critique de Janet Biehl évoquée au début du passage, puisque justement elle est écosocialiste…

      Alors je ne sais pas si du coup elles parlent (@mona et Biehl) des mêmes écoféministes, puisqu’il y a plusieurs courants, et si on est capable de déterminer lesquelles sont les plus connues, les plus lues, les plus influentes ? Là dans l’article Biehl évoque Hamilton en disant qu’elle est une exception, mais que (c’est moi qui souligne)

      pour l’essentiel, les écrits écoféministes sont remarquablement dépourvus de référence à la démocratie. L’approche la plus courante ignore complètement la question de la polis

      […]

      Les nombreuses écoféministes qui ignorent complètement le sujet de la démocratie semblent penser que les « valeurs féminines » de « care et d’éducation » constituent une alternative pleine d’empathie naturelle à l’idéal démocratique, supposé froid, abstrait, individualiste et rationaliste — voire carrément « masculin »

      #féminisme #éco-féminisme #éco-socialisme #care #démocratie #essentialisme (ou pas) #débat #Janet_Biehl
      @antonin1

    • Dans Être écoféministe, Jeanne Burgart Goutal parle de cette diversité : les essentialistes, les matérialistes, les intersectionnelles... À la fin on a tout mélangé mais l’autrice nous dit que c’est pas grave. Elle mentionne Janet Biehl et est un peu critique envers elle mais ne l’assassine pas. J’ai le bouquin de Biehl chez moi mais je ne l’ai pas encore ouvert. Donc : pas d’avis !

      Voir aussi
      https://ecorev.org/spip.php?article711
      pour le texte de Biehl

      https://www.lechappee.org/collections/versus/etre-ecofeministe
      (Plein d’interv en lien.)

    • « Dans cette période de privatisation massive, nous ne pouvons pas permettre que ce qui subsiste de la sphère politique démocratique soit souillé par des penchants privatistes, particularistes, ou repliés sur l’oikos. Nous devons nous réapproprier la tradition politique de la démocratie radicale, nous battre pour la préserver et la généraliser. »

      Le problème étant que la « démocratie radicale » ne peut exister que sur la base d’une réappropriation de la #subsistance par des communautés autonomes, et donc aussi en partie sur le « foyer ». Une fois de plus les progressistes oublient la base matérielle sur lesquelles leurs constructions politiques reposent...

      Voir : http://sniadecki.wordpress.com/tag/subsistance

    • Il me semble que c’est bien ce que professe généralement le courant écosocialiste (Biehl c’est courant Bookchin) donc ya pas d’oubli. Sauf que non pas au niveau d’un « foyer » même un peu étendu, mais plutôt à l’échelle d’une commune + des communes liées (et pour l’instant je ne pense pas non plus que là de nos jours, avec les ressources actuelles, les compétences des gens, etc, on puisse subvenir à tous les besoins de base, habitat + nourriture + habits, etc, au niveau d’un « foyer » seulement, alors qu’au niveau d’une commune ça s’imagine quand même). Mais donc au niveau d’une commune ça nécessite une démocratie non basée uniquement sur le foyer et le « care ». Enfin c’est ce que je comprends.

  • Instagram Live | Jeanne Burgart Goutal - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=pPmc6HBjj_E

    Oppression des femmes et destruction de la nature seraient deux facettes indissociables d’un modèle de civilisation qu’il faudrait dépasser : telle est la perspective centrale de l’écoféminisme. Mais derrière ce terme se déploie une grande variété de pensées et de pratiques militantes. Rompant avec une approche chic et apolitique aujourd’hui en vogue, ce livre restitue la richesse et la diversité des théories développées par cette mouvance née il y a plus de 40 ans : critique radicale du capitalisme et de la technoscience, redécouverte des sagesses et savoir-faire traditionnels, réappropriation par les femmes de leur corps, apprentissage d’un rapport intime au cosmos…

    Dans ce road trip philosophique alternant reportages et analyses, l’auteure nous emmène sur les pas des écoféministes, depuis les Cévennes où certaines tentent l’aventure de la vie en autonomie, jusqu’au Nord de l’Inde, chez la star du mouvement Vandana Shiva. Elle révèle aussi les ambiguïtés de ce courant, où se croisent Occidentaux en quête d’alternatives sociales et de transformations personnelles, ONG poursuivant leurs propres stratégies commerciales et politiques, et luttes concrètes de femmes et de communautés indigènes dans les pays du Sud.

    via @gata
    #écoféminisme #philosophie

  • Pas de communs sans communauté

    Maria Mies

    https://lavoiedujaguar.net/Pas-de-communs-sans-communaute

    L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenu. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours contemporain sur « les biens communs ». Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un battage médiatique, notamment le mythe d’Internet comme bien commun et source de nouvelles communautés. Dans cet article, je pose plusieurs questions : Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de « nouveaux biens communs » ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ?

    Tout d’abord, je tiens à souligner qu’aucun bien commun ne peut exister sans une communauté. Les anciens biens communs étaient entretenus par une communauté clairement définie dont les membres s’engageaient à accomplir un travail communautaire pour subvenir à leurs besoins. (...)

    #Maria_Mies #communs #communauté #Allemagne #_enclosures_ #arbre #autonomie #écoféminisme #brevet #technocritique #Internet #Papouasie #Inde #Vandana_Shiva #développement #numérique

  • Prendre soin, penser en féministes le monde d’après
    « Être vulnérables ensemble, c’est une force »
    Un podcast à soi | ARTE Radio :
    https://www.arteradio.com/son/61664127/prendre_soin_penser_en_feministes_le_monde_d_apres_26

    Extrêmement touchée par ce #podcast, comme si tant de plaies-silences étaient enfin en contact avec l’air et allaient, peut-être, pouvoir commencer à cicatriser... Alors même s’il a déjà été seenthisé par @rezo ici https://seenthis.net/messages/860142 je me permets de le remettre en valeur comme ça.
    Et puis, retrouver encore ce morceau, Vivir Quintana - Canción sin miedo, qui revient, sans cesse, la demande de Justice pour la place des femmes
    https://www.youtube.com/watch?v=VLLyzqkH6cs


    Dont on parlait déjà avec @sinehebdo ici https://seenthis.net/messages/846953 et avec @colporteurhttps://seenthis.net/messages/846641 où la notion de complexité dans la nécessaire solidarité ressurgit...

    #feminisme #solidarité #care #ecofeminisme #douceur #force #pouvoir #complexité

  • « NOUS DETRUISONS LA PLANETE ? Les mensonges de l’écologie patriarcale | « Irrédentiste !
    https://sporenda.wordpress.com/2020/04/10/nous-detruisons-la-planete-les-mensonges-de-lecologie-patriarcal

    Durant les deux dernières décennies, j’ai entendu d’innombrables femmes déplorer par exemple que « nous détruisons la couche d’ozone » ou « nous détruisons la planète ! » Surprise, je leur ai demandé comment elles s’y prenaient pour faire ça. Est-ce qu’elles et leurs amies se réunissent et planifient comment produire davantage de voitures qui polluent l’atmosphère ? Est ce qu’elles se mettent en bandes pour massacrer davantage de forêts, de rivières et d’océans ? Non. Alors pourquoi le « nous » ? Pourquoi sont-elles si désireuses de s’impliquer dans ces accusations ?

    Parce que ça exonère les hommes en tant qu’espèce. La plupart des femmes, stockholmées au point d’avoir perdu leur faculté de réflexion, croient tout ce que les hommes leur disent. Les hommes le savent, et ils en profitent. Par exemple, pour conditionner les femmes à partager la responsabilité de leurs actes, les savants et les journalistes de sexe masculin et les auteurs de livres déclarent invariablement que « nous sommes en train de tuer les océans », et « nous détruisons l’environnement », l’emploi de « nous » plaçant la responsabilité de ces destructions également sur les hommes et sur les femmes. Les hommes n’envisagent absolument pas de dire la vérité : « nous les hommes, et nous seulement sommes coupables de la destruction de la planète ».

    C’est pas "les hommes" non plus mais des intérêts bien compris d’une petite part de la population masculine, une organisation sociale appelée capitalisme. Et une culture patriarcale et prédatrice assez genrée sous-tend cette merde...
    #écoféminisme #écologie #capitalocène

  • Reconquête écoféministe ▲ 𝕾𝖔𝖗𝖈𝖎𝖊̀𝖗𝖊𝖘 : Espace 29 : Free Download, Borrow, and Streaming : Internet Archive
    https://archive.org/details/reconquete-ecofeministe-sorcieres

    https://archive.org/download/reconquete-ecofeministe-sorcieres/Conference_Export.mp3

    Cette soirée est proposée autour de la sorcière comme figure écoféministe, afin de soutenir ces cercles d’empuissancement réhabités autant par les chercheur.se-s, les militant-e-s que par les artistes, pour créer une alliance des causes écologiques et féministes contre le patriarcat, le capitalisme et la mondialisation. Projection de l’entretien de Starhawk réalisé par Camille Ducellier.

    Je n’arrive pas à jouer l’#audio mais #sorcières #écoféminisme #femmes #nature

    • Anne Querrien ⚫️ Camille Ducellier ⚫️ Suzanne Husky ⚫️ Noémie Keren
      Modératrice : Vanessa Desclaux (responsable du Pôle des Attentions du Frac Nouvelle-Aquitaine)
      Curateur : Pierre-Antoine Irasque

      Cette soirée est proposée autour de la sorcière comme figure écoféministe, afin de soutenir ces cercles d’empuissancement réhabités autant par les chercheur.se-s, les militant-e-s que par les artistes, pour créer une alliance des causes écologiques et féministes contre le patriarcat, le capitalisme et la mondialisation. Projection de l’entretien de Starhawk réalisé par Camille Ducellier.

      Noémie Keren proposera à la suite de l’échange une méditation ; « Gestation » est une performance ritualisée d’une durée d’une dizaine de minutes. Par la réalisation d’un tracé immaculé au sol à base de lessive en poudre, il s’agit de renouer avec les enjeux symboliques et spirituels que recèlent les gestes quotidiens d’aseptisation. Cette performance invite les spectateurs à pénétrer les arcanes du lessivable, en se laissant absorber par la concentration et la précision que convoquent les gestes de la performeuse. A cheval entre créature mythologique et prêtresse contemporaine, Noémie Keren fait peu à peu émerger une figure mi-arbre, mi-utérus dans une atmosphère méditative portée par une création sonore induisant un état contemplatif. Au fil du tracé, des éléments de tissu blanc symbolisant des végétaux s’élèvent de manière quasi-imperceptible, simulacre de croissance.

      Anne Querrien
      Sociologue, urbaniste française, et codirectrice de la revue Multitudes, ses recherches portent sur la politique de la ville et du logement social, mais aussi sur l’école comme « espace à libérer », ou encore sur le genre ou la dualité sexuelle. Animatrice entre autres du Mouvement du 22 mars à Nanterre et à Paris en 1968, elle a été secrétaire générale du CERFI (Centre d’Études, de Recherches et de Formation Institutionnelles) créé par Félix Guattari dans les années 1970, où elle se lia d’amitié avec, entre autres, Guy Hocquenghem. Enseignante aux universités Paris 8 et Paris 1, et anciennement à l’université d’Evry, elle est membre de l’AITEC. Elle participe à la rédaction des revues Annales de la recherche urbaine, Chimères et Multitudes. Elle a traduit sous le pseudo « Morbic » Rêver l’obscur. Femmes, magie et politiques de Starhawk à la demande d’Isabelle Stengers et des éditions Les empêcheurs de penser en rond, et a coordonné le dossier de la revue Multitudes sur l’écoféminisme, ainsi qu’auparavant un autre dossier intitulé « Gouines rouges et virago vertes », intermédiaire entre les deux moments.

      Camille Ducellier
      Née en 1985, elle est artiste plasticienne multimédia, vidéaste et auteure française. Camille Ducellier vit et travaille à Paris. Diplômée de l’HEAR Strasbourg et du Le Fresnoy, elle se passionne pour la variété des corps, des genres et des cultures minoritaires. Depuis 2010, elle poursuit un cycle thématique autour de la sorcière engagée dans l’histoire et la réappropriation contemporaine de cette figure, ainsi que dans le féminisme et l’identité de genre. Camille Ducellier se revendique également Sorcière. Si les formes artistiques peuvent varier – documentaire, art interactif, création sonore – , les sorts sont bien toujours les mêmes : rêver l’obscur, dévoiler les corps, relier le politique au spirituel. Elle favorise les rencontres et travaille parfois avec des adolescents. Les sorcières, les corps, l’écoféminisme sont ses sources d’inspiration. Sorcières, mes soeurs (2010), Le Guide du voyageur astral (2015), Reboot me (Prix « web art » 2016), Sorcières Queer et Sorcière Wicca, La lune Noire et Le guide du voyageur astral (2016), Sorcière Queer (2017)... Camille Ducellier est également auteure d’un ouvrage préfacé par Starhawk, Le Guide Pratique du Féminisme Divinatoire (Collection Sorcières des Éditions Cambourakis) en 2018.

      Suzanne Husky
      Artiste franco-américaine qui vit et travaille à Bazas et San Francisco (USA), Galerie Alain Gutharc – Paris. Sa pratique est pluridisciplinaire et va de la conception de jardins, à la céramique en passant par la sculpture et la vidéo. Elle explore des problématiques liées à la relation complexe entre les hommes et la nature. Parfois ce sont les matériaux qu’elle choisit, qui évoquent une histoire du paysage, en lien avec l’exploitation de territoires comme des pots en boue de forage, des faïences en terre locale ou des sculptures en matériaux trouvés. Ses pièces engagent des rencontres et des collaborations variées avec des historiens, habitants et artisans de chaque lieu. Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, et en paysagisme horticole du Merritt college à Oakland, Suzanne Husky a également enseigné le paysage à l’ESAD d’Orléans. Formée en art, paysagisme horticole, permaculture et actuellement en herboristerie, l’urgence de réactiver notre lien au végétal et à la terre est au coeur de sa vie et de son art.

      Noémie Keren
      Diplômée de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, elle puise dans divers domaines liés aux pensées alternatives, aux phénomènes irrationnels qu’elle trouve dans l’histoire de l’art, les mythologies, les croyances New Age, les sciences, les langages, les philosophies, les contes... Noémie Keren se positionne en héritière de Starhawk, Jodorowsky et des mouvements écoféministes. Incarnant la sorcière ménagère, ses projets opèrent une saisie du quotidien en interaction avec des dispositifs de ritualisation et de performance. L’exposition se fait ainsi dans un espace qui est encore ou déjà plus un lieu de culte, oscillant entre intérieur et extérieur. La lessive devient matière première afin de réaliser des tracés au sol de grands formats à l’aide d’un entonnoir magique. Engagée dans un combat pour le vivant, le détournement de la lessive toxique se veut une provocation vis-à-vis de gestes quotidiens qui nous semblent anodins. Les plantes ont également une place privilégiée dans sa pratique artistique : objets de collection vivants mais captifs dans la serre et dans nos maisons, il s’agit de s’interroger sur notre relation à ces déracinées. Son travail sur le geste dans le champ de la performance l’amène à explorer la pratique de la calligraphie. En liant le poids des mots et des symboles au rythme calligraphique, il s’agit de donner forme aux sortilèges en conservant une pratique ritualisée.

      Vanessa Desclaux
      Diplômée de Sciences Po Paris (2004) et Goldsmiths, Université de Londres (2005), Vanessa Desclaux est titulaire d’un doctorat en Curating (Goldsmiths, Université de Londres) depuis 2016. Commissaire assistante la Tate Modern de 2006 à 2009, elle a chapeauté de nombreux projets d’expositions et de performances. De 2009 à 2010, elle a été en charge du programme d’expositions du Bloomberg Space à Londres à titre de commissaire d’exposition indépendante. Elle a également été curatrice associée auprès d’Emilie Renard à La Galerie, centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec et commissaire d’exposition associée pour l’exposition « Michael Jackson : On The Wall » au Grand Palais en 2018. Elle est aussi professeur d’histoire de l’art à l’école nationale supérieure d’art (ENSA) de Dijon et auteur d’essais sur l’art. Sa nomination comme responsable du Pôle des Attentions du Frac Nouvelle-Aquitaine accompagne le déménagement du Frac dans le nouveau bâtiment de la Méca, conçu par l’architecte danois Bjarke Ingels. Composé d’un plateau d’exposition de 1200 m², de réserves de 900 m² et d’un auditorium, ce nouveau bâtiment accueillera également des résidences et des ateliers techniques de production. Au sein de l’équipe dirigée par Claire Jacquet, Vanessa Desclaux sera en charge de développer une stratégie innovante dans le champ de la médiation et de la programmation culturelle (performances, conférences, projections, etc.).