• Apartheid-era school names: ’What’s in a name?’

    Despite little movement from Western Cape schools around addressing apartheid-era school names, many were left asking whats in a name, and why do we need to change it?

    On Monday, the Cape Argus reported that Western Cape schools in no rush to change apartheid-era names, following the news that learners at #Rietondale_High_School in #Gauteng, formerly known as #Hoërskool_Hendrik_Verwoerd, celebrated their new school name.

    Since 2015, schools in the province have had the option to change their colonial or apartheid-era school names but none within the province have done so.

    In response, many were left asking why would a name change even be necessary?

    Maria Machelm: “What’s in a name? Why change names? Do you know how many lifetimes of memories, is in that name? How many first days, tears, joy, your first bestie, oh goodness your entire life is in that name.....Why change it? Apartheid was bad we all know that,but not everything or name has left us with bad memories...”

    Thina Nelo: “We have more important things to worry about seriously!!”

    Zeenat Khan: “Change the name and then? Will the students suddenly become independent thinkers and know how to file taxes? Will students become better citizens? Will violence come to an end? It’s time the authorities step out for their plush offices, paid for by taxpayers, and into the REAL world.”

    Yoland van der Byl: “Actually a pointless exercise. Days gone by everything named Rhodes was changed to Voortrekker, Voortrekker to Nelson Mandela. The time will come when everything Nelson Mandela will be changed to Julius Malema or who knows. An absolute waste of money.”

    Sherry Skibbe: “Maybe change names to things like integrity or and grace or hope high school names that mean something that people can be positive about.”

    Edward Nemutamvuni: “It’s useless exercise. We must forgive and move on. I don’t have any problem with names and infrastructure of the past.”

    Anton Dirk Bester: “Let those who pay the school bloody fees decide if the name should be changed.”

    Keith Harvey: “Remember when we were told airports were to change their names to something neutral and were not to be named after politicians aligned to any political party? It did not last long.”

    Kate Parr: “Don’t bother changing names...they will soon be burnt down anyway.”

    Claudine Botha: “They must stand as a reminder to us of how little they thought of a vast majority of our nation and against that constant reminder we must prove them wrong by striving to be successful. Also, we have more important things to spend money on than changing names.”

    Caitlin Cloete: “While I get why people feel the name change is necessary, It would be disingenuous to change the name of an Afrikaans school to the name of an indigenous/African person, if there are only like 3 black pupils at the school, as often is the case at Afrikaans schools. Maybe change the name to the name of the surrounding area. Don’t just change it if there is no intent behind it to become more integrated.”

    https://www.iol.co.za/capeargus/news/apartheid-era-school-names-whats-in-a-name-32744380
    #toponymie #Afrique_du_Sud #apartheid #école

  • Écoles-usines
    https://www.survivalinternational.fr/sur/ecoles-usines

    Dans ces écoles, les enfants sont coupés de leur foyer, de leur famille, de leur langue et de leur culture ; ils subissent souvent des abus moraux, physiques ou sexuels. Rien que dans l’État indien du Maharashtra par exemple, près de 1.500 enfants autochtones sont morts dans des écoles-usines entre 2001 et 2016, dont environ 30 par suicide.

    Ces #pensionnats_d’assimilation enseignent aux enfants que les croyances et le savoir de leur propre peuple sont « arriérés », inférieurs ou mauvais.

    Des millions d’#enfants autochtones sont dissuadés ou se voient interdire de parler leur langue maternelle à l’école. Cela menace la survie des langues autochtones. La principale cause expliquant l’extinction des #langues est le fait que les enfants ne parlent plus la langue de leurs parents. C’est une catastrophe car les langues autochtones sont fondamentales pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, qui nous sommes vraiment et ce dont les humains sont réellement capables. [...]

    De grandes entreprises et les industries extractives financent souvent les #écoles-usines. Ces entreprises veulent profiter des #terres, du #travail et des #ressources #autochtones : les écoles-usines sont un moyen bon marché de s’assurer de cela sur le long terme.

    #peuples_autochtones

  • New Zealand history will be compulsory in all schools by 2022

    Within the next three years, New Zealand history will be taught in all schools and kura, Prime Minister Jacinda Ardern announced this morning while unveiling a plaque commemorating the New Zealand Wars.

    The reset is expected to include:

    The arrival of Māori to #Aotearoa New Zealand
    First encounters and early colonial history of Aotearoa New Zealand
    Te Tiriti o Waitangi / Treaty of Waitangi and its history
    Colonisation of, and immigration to, Aotearoa New Zealand, including the New Zealand Wars.
    Evolving national identity of Aotearoa New Zealand in the late 19th and early 20th Centuries
    Aotearoa New Zealand’s role in the Pacific
    Aotearoa New Zealand in the late 20th century and evolution of a national identity with cultural plurality.

    https://www.rnz.co.nz/news/national/398599/new-zealand-history-will-be-compulsory-in-all-schools-by-2022
    #histoire #manuels_d'histoire #colonisation #peuples_autochtones #Maori #Nouvelle_Zélande #éducation #écoles #traité_de_Waitangi #identité #identité_nationale #pluralité_culturelle

  • C’est la rentrée de Jef Klak

    L’École de la Grève de Burston
    1914-1939

    Par Anonyme

    La plus longue grève de l’histoire d’Angleterre ne fut pas une grève de mineurs, quoiqu’à ses débuts, en 1914, ses acteurs et actrices principales n’avaient pas encore atteint l’âge de la majorité légale. À Burston, petite bourgade anglaise, suite au renvoi d’un couple de profs par une alliance d’élites locales et de propriétaires terriens à la tête de l’école communale, les enfants et les familles de la classe ouvrière ont initié un boycott qui a duré vingt-cinq ans…

    #greve #ecole #rentree #Burston #Angleterre

    Traduit de l’anglais par Judith Chouraqui et Lucile Dumont
    Texte original : « The Burston Strike School, 1914-1939 », paru sur The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy : Earth Edition.

    https://www.jefklak.org/lecole-de-la-greve-de-burston

  • En France, des dizaines de milliers d’enfants non scolarisés | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/en-france-des-dizaines-de-milliers-denfants-non-scolarises-1128683

    « On reçoit de plus en plus de saisines qui mettent en évidence le non-respect des droits des #enfants », déplore Geneviève Avenard. Elle cherche des solutions face au « déni de droit » que constitue notamment le « refus d’inscription à l’#école par les municipalités » ou « l’interruption scolaire en raison d’hébergements aléatoires ou précaires ».

    Slavi a 14 ans. Il est scolarisé dans un collège de Bobigny, mais il se souvient de son arrivée de Bulgarie, avec ses parents, à l’âge de 6 ans : « La mairie réclamait une attestation de domicile pour m’inscrire à l’école, attestation que je ne pouvais pas avoir puisque je vivais dans un bidonville. » L’aide d’une directrice d’école lui permettra finalement d’être scolarisé, mais après un an de démarches.

    Sa demande fait partie des revendications du collectif Ecole Pour Tous : « Simplifier les documents pour l’inscription à l’école et ne pas expulser les jeunes vivant dans des bidonvilles ». Les expulsions qu’il a vécues avec sa famille l’ont conduit à « dormir dans une voiture » pour pouvoir continuer à aller à l’école.

  • La loi Blanquer : une révolution conservatrice ? - Pierre Merle, La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/La-loi-Blanquer-une-revolution-conservatrice.html

    Quelles sont les finalités réelles de “l’école de la confiance” que prône la loi Blanquer, élaborée hors de toute consultation des personnels de l’Éducation ? Selon P. Merle, cette loi obéit à une quadruple logique conservatrice.

    Adoptée début juillet, la loi Blanquer, « Pour une école de la confiance », a pour objet de créer un consensus éducatif susceptible de mobiliser les principaux acteurs de l’institution scolaire. Cet objectif est difficile à atteindre, tant l’école est un lieu privilégié de polémiques récurrentes (Merle, 2019). De surcroît, les organisations professionnelles représentatives des personnels de l’éducation n’ont pas été consultées lors de l’élaboration de la loi. Celle-ci n’a également pas fait l’objet ni de débats ni de vote au Conseil Supérieur de l’Éducation en octobre 2018. En affichant un objectif non poursuivi lors de son élaboration, le titre de cette loi occulte ses finalités effectives. Celles-ci sont difficiles à définir, tant la loi est composée de dispositions législatives éparses dont la logique d’ensemble échappe. L’analyse des articles de loi les plus significatifs permet de dégager des logiques d’action cohérentes susceptibles de défendre la thèse d’une révolution conservatrice.

    #école

  • Siamo i peggiori del mondo per abbandono scolastico. Ecco la vera emergenza in Italia.

    L’abbandono scolastico è un problema che affligge l’Italia dai tempi della legge Coppino sull’istruzione obbligatoria (1877) e ancora lontano dall’essere risolto, tanto che nel 2017 si è invertito l’andamento positivo, con il rischio che nel 2020 si registri un 15% di rinunce, quando l’obiettivo europeo per l’anno prossimo è di rimanere sotto il 10%. Se guardiamo la situazione degli ultimi 20 anni, con 3 milioni di studenti persi complessivamente siamo addirittura gli ultimi al mondo. Per lo Stato le conseguenze negative di questa situazione sono enormi sul piano economico e sociale, tanto da indebolire la stessa ripresa economica. Strutture inadeguate, materiale didattico non differenziato secondo modalità e velocità di apprendimento e personale scarso e poco preparato a cogliere i segnali d’allarme rendono il nostro Paese incapace di trattenere a scuola i ragazzi a rischio rinuncia. Il risultato nel 2017 è il tasso del 14,5% di abbandono sul totale degli studenti (in crescita rispetto al 13,8 dell’anno prima e quattro punti percentuali più della media europea). Un problema che si ripercuote sull’occupazione: i disoccupati con la licenza media sono il doppio dei diplomati e quasi il quadruplo dei laureati.

    Con una quota di iscritti ai programmi d’istruzione terziaria tra le più basse dell’intera area Ocse e i laureati che sono appena il 26% degli adulti, con dieci punti percentuali in meno rispetto al target europeo. Il nostro Paese è anche poco attraente per gli studenti degli altri Stati Ocse, che nel 2013 risultavano essere solo 16mila contando anche gli immigrati permanenti, circa un terzo e meno di un quarto rispettivamente di Francia e Germania, dove non sono calcolati gli immigrati. Per l’Ocse, si tratta di “ulteriori segni di debolezza del sistema d’istruzione terziaria in Italia”. L’abbandono scolastico – che avviene prima del diploma, considerato il “livello minimo auspicabile” per l’Unione europea, o addirittura prima del compimento dell’obbligo scolastico a 16 anni – contribuisce all’aumento della percentuale del 35% dei neet, i 20-24enni che non studiano, non lavorano e non cercano lavoro. Eppure, secondo le ricerche, un anno in più di studi può aumentare il salario futuro di un valore tra il 4 e il 10%.

    Mentre nove Paesi europei hanno da tempo raggiunto l’obiettivo di contenere l’abbandono scolastico sotto la soglia del 10%, i risultati sono diseguali all’interno dell’Unione, dove complessivamente gli early school leavers superano i quattro milioni. L’Italia paga una strutturale mancanza di investimenti nel settore, che non è considerato prioritario: un errore grave per un Paese dove quasi un quarto dei quindicenni non raggiunge i livelli minimi di competenze matematiche e di lettura e in cui la disoccupazione giovanile è tra le più alte del continente. In Europa nel 2012 il 40% di coloro che avevano lasciato la scuola non aveva un impiego (quasi il doppio del totale dei disoccupati sotto i 25 anni). Una lunga esclusione dal mercato del lavoro, inoltre, peggiora ulteriormente le prospettive di carriera, tanto più che si stima che in futuro solo un mestiere su dieci sarà alla portata di chi ha abbandonato gli studi. Trattare il calo dell’abbandono scolastico come una priorità contribuirebbe a scongiurare il rischio povertà ed emarginazione, che in Italia è concreto per oltre il 28% della popolazione, dato che un solo punto percentuale in meno garantirebbe all’Unione Europea mezzo milione di giovani lavoratori in più ogni anno.

    Anche per lo Stato le conseguenze sono pesantissime. Tra queste, oltre a quelle legate al benessere immateriale dei cittadini – come la mancanza di coesione e di partecipazione, la disgregazione del tessuto economico e sociale e l’ignoranza – ci sono i ridotti introiti provenienti dalle tasse e la crescita delle spese sociali, dai sussidi del welfare al prezzo della giustizia (ad esempio un periodo di studio più lungo fa diminuire i crimini contro la proprietà). A queste si aggiunge l’onere per il sistema sanitario, dato che le persone con un basso livello di istruzione hanno in media più problemi di salute e una minore speranza di vita alla nascita, come emerge dall’Atlante italiano delle disuguaglianze di mortalità per livello di istruzione pubblicato pochi mesi fa. Nel complesso, il costo per lo Stato di ciascuno studente che abbandona precocemente la scuola è tra uno e due milioni di euro nel corso della sua vita. Solo in Italia, azzerare l’abbandono precoce porterebbe a un aumento del Pil compreso tra l’1,4 e il 6,8%.

    Maschio, di status socio-economico basso, membro di gruppi sociali vulnerabili: è questo l’identikit di chi ha maggiori probabilità di lasciare precocemente la scuola, che aumentano ulteriormente in presenza di difficoltà di apprendimento e di gestione dell’ansia. L’abbandono scolastico, però, non è un fatto improvviso, ma è il risultato di un insieme di fattori personali, sociali, economici, educativi e familiari. Per questo serve un sistema di prevenzione che si basi su curricula scolastici di qualità e attraenti per i ragazzi, percorsi educativi flessibili e attenzione alla transizione tra un ciclo scolastico e l’altro, che sono i momenti più critici. Bisogna concentrarsi sullo studente in quanto individuo, puntando al suo benessere a partire da educazione e cure della prima infanzia, dalle politiche a sostegno della famiglia e dall’integrazione dei figli di migranti e rom, che sono tra le categorie più esposte: la collaborazione tra scuola e Ong per realizzare corsi di alfabetizzazione ed educazione per adulti, ad esempio, ha ricadute positive anche sui figli.

    Una prima educazione di buon livello però non basta se nei cicli di istruzione successivi le classi sono sovraffollate e l’insegnante, lasciato solo, non può prestare attenzione alle necessità individuali di ciascuno studente e affrontare le problematiche con risorse scarse. La scuola deve puntare su una struttura il più possibile aperta, con corsi di recupero più organici e regolari, e fornire laboratori pomeridiani non curricolari, come teatro, arte e lettura, che contribuiscono a migliorare l’autostima e i rapporti interpersonali. Difficoltà di apprendimento e brutti voti causano infatti scarsa fiducia in se stessi, che unita a un cattivo rapporto con gli insegnati e a problemi personali (dal rapporto difficile con i genitori ai problemi economici fino ad abusi e tossicodipendenza), sono tra i principali motivi di abbandono. Su queste criticità cercano di intervenire le “scuole popolari” dell’associazione Non Uno di Meno, che tiene corsi di recupero pomeridiani gestiti da volontari con ottimi risultati, e il progetto di Fuoriclasse sviluppato da Save the Children. Una scuola più pratica e più partecipata aiuterebbe a evitare lo straniamento e la disaffezione dei ragazzi, i cui bisogni individuali sono penalizzati dalla standardizzazione didattica. Nonostante il ministro dell’Istruzione Bussetti affermi che la lotta all’abbandono precoce è una priorità del governo, nel Def approvato ad aprile scorso, non si vedono i mezzi per dei cambiamenti strutturali che arrestino l’emorragia nelle aule scolastiche.

    Nel tentativo di risolvere il problema, non si possono solo copiare le soluzioni adottate all’estero, ma occorre conoscere a fondo le caratteristiche del sistema scolastico, sociali e culturali dei diversi Paesi. Gli esempi di chi ha saputo affrontarlo con successo mostrano possibili strade da percorrere, come la diversa organizzazione dell’intero sistema sociale, in cui agli studenti persi lungo il percorso scolastico viene offerta, come in Francia, una seconda opportunità, ad esempio con corsi che facciano da ponte per un reinserimento nel percorso scolastico tradizionale. I Paesi Bassi hanno mantenuto la lotta all’abbandono scolastico come una priorità nonostante i buoni risultati già raggiunti: lo Stato collabora con gli enti regionali e locali e con le scuole per stabilire i target e i fondi, mentre gli istituti scolastici sono liberi di scegliere la strategia migliore per raggiungere gli obiettivi. Le direttive del governo olandese sono coordinate da un organo nazionale e adattate alle necessità locali e i progressi monitorati dagli specialisti del ministero dell’Educazione – che forniscono supporto ai rappresentanti locali – assegnati alle regioni.

    Abbandono e dispersione scolastica sono problemi strutturali, che non si risolvono da un giorno all’altro e la strategia per eliminarli deve essere trasversale rispetto alle appartenenze politiche e non influenzata dai cambi di governo, come riconosce anche il Rapporto sul contrasto del fallimento formativo pubblicato dal Miur lo scorso anno. È inutile esultare per un calo della dispersione scolastica se dopo un paio di anni il dato torna a salire: il traguardo da porsi è il raggiungimento da parte di tutti i cittadini degli obiettivi scolastici e formativi a prescindere da condizione socioeconomica, origini famigliari, geografiche ed etniche, dal genere o dall’orientamento sessuale. Innalzare il livello dell’istruzione e modernizzarlo è fondamentale per essere al passo con l’Europa e con il mondo, ma prima bisogna convincersi che l’eliminazione dell’abbandono scolastico è la chiave per assicurare un futuro dignitoso alle nuove generazioni e uscire da una crisi economica e sociale che rischia di diventare una condizione endemica del nostro Paese.

    https://thevision.com/attualita/emergenza-abbandono-scolastico
    #abandon_scolaire #école #Italie #statistiques #chiffres #éducation #déscolarisation

  • “À l’école du partage”, un livre incontournable ! | L’ÉCOLE DE DEMAIN
    https://ecolededemain.wordpress.com/2019/08/30/a-lecole-du-partage-un-livre-incontournable

    Cet ouvrage écrit par deux professeures documentalistes est une passionnante réflexion sur les communs numériques, l’éducation aux médias et à l’information et sur la culture numérique dans laquelle baignent nos élèves, et nous aussi ! Il s’agit de prendre conscience de nos marges de réflexion et d’action en tant qu’enseignant pour participer à la construction d’un monde en adéquation avec les valeurs de la République qui intègre les dimensions numériques.

    Il propose de partir des pratiques des jeunes sans les juger car c’est à eux de les conscientiser et de porter un regard critique pour pouvoir évoluer. En effet, il serait illusoire en tant qu’éducateur de vouloir leur expliquer ce qu’il “faudrait faire” selon nous !

    Cet ouvrage pousse le lecteur à réinterroger ses propres pratiques et cadres de confiance. C’est une excellente façon de résister à la tentation de valider/invalider ce que font et pensent nos élèves et d’entrer avec eux dans une démarche réflexive personnelle et collective. On est loin des séquences toutes faites « clé en main » qui donnent bonne conscience à l’enseignant sans apporter grand chose aux élèves. Ici on propose de chercher ensemble, de rentrer dans une démarche d’investigation à propos de phénomènes d’actualité brûlants : Est-ce vrai ou faux ? Plus ou moins convaincant ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui donne envie de cliquer sur cette info ?… Les questions sont concrètes, réelles, pas fabriquées ou artificiellement amenées. C’est difficile et exigeant, abordé avec sérénité, responsabilité et ambition pour des élèves qui vont affûter leur esprit critique.

    L’acquisition d’une culture commune, y compris une culture commune numérique est au cœur des préoccupations de cet ouvrage.

    Plusieurs questions cruciales sont abordées comme le copier/coller par exemple. La copie, condition indispensable bien avant Internet, à la diffusion de la culture est amenée d’une façon originale et vraiment intéressante. On est loin de la « criminalisation » habituelles des pratiques numériques, en effet, considérer la copie uniquement sous l’angle du vol empêche de penser le partage et la circulation des connaissances dans la société. Copier est noble quand on cite ses sources et qu’on ne s’approprie pas le travail des autres. Il ne faut pas interdire le copier/coller mais plutôt travailler dessus : apprendre à collecter, organiser, citer, partager… l’objectif est d’amener les élèves au « copier-coller-créer ».

    On y trouve aussi des pratiques culturelles, des expériences de partage et de remix comme Museomix et les fanfictions… que tout le monde ne connaît pas forcément et qui sont très inspirantes pour développer la culture participative au sein d’un établissement scolaire.

    Loin d’être réservé aux profs doc cet ouvrage est éclairant sur les questions de fond et riche en pistes pédagogiques pour des enseignants de tous niveaux et toutes disciplines intéressés par les enjeux du numériques dans notre société et soucieux d’aborder ces questions avec leurs élèves.

    #C&F_éditions #Ecole_Partage #Marion_Carbillet #Hélène_Mulot

  • Eritrea: 150 cristiani arrestati da giugno. Si teme la chiusura delle scuole cattoliche

    In Eritrea proseguono le persecuzioni governative anticristiane, dopo la confisca delle strutture sanitare cattoliche avvenute tra giugno e luglio, almeno 150 cristiani sono stati arrestati negli ultimi due mesi in diverse città. A darne notizia è il sito dell’osservatorio cristiano Wolrd Watch Monitor secondo cui l’ultimo episodio risale al 18 agosto, quando sono stati arrestati 80 cristiani da Godayef, un’area vicino all’aeroporto della capitale, Asmara.

    Chiesta la rinuncia al cristianesimo

    Il 16 agosto, sei cristiani, dipendenti pubblici del governo sono stati arrestati e portati davanti a un tribunale ad Asmara. Il giudice ha intimato ai sei fedeli di rinunciare al cristianesimo e davanti al loro rifiuto si è riservato di prendere eventuali future decisioni.

    70 cristiani condotti nei tunnel sotterranei

    Il 23 giugno altri 70 cristiani appartenenti alla Faith Mission Church of Christ erano stati arrestati a Keren, la seconda città più grande dell’Eritrea. I membri di questo gruppo, tra cui 35 donne e 10 bambini, sono stati portati nella prigione di Ashufera, che è composta da un vasto sistema di tunnel sotterranei in condizioni estremamente degradate.

    Arrestati cinque preti ortodossi

    Sempre lo scorso giugno sono stati arrestati anche cinque sacerdoti ortodossi, un atto che spinse l’osservatore delle Nazioni Unite per i diritti umani in Eritrea, Daniela Kravetz, a chiedere il rilascio di tutti coloro che sono stati imprigionati per il loro credo religioso.

    Don Zerai: perseguitate tutte le religioni

    “Il governo tollera le religioni che ha trovato già radicate nel Paese; le nuove religioni di minoranza – nel caso degli arresti riguardanti i gruppi pentecostali, battisti – sono dichiarate illegali nel Paese già dal 2001”, così a Vatican News il sacerdote eritreo don Mussie Zerai, presidente dell’agenzia Abeshia, spiega i motivi di questa ennesima ondata repressiva. Don Zerai conferma inoltre l’esistenza di carceri eritree sotterranee e racconta di persone detenute all’interno di un container senza poter vedere la luce del sole.

    Dopo gli ospedali si teme per le scuole

    Il sacerdote parla anche della confisca degli ospedali cattolici: “Tra giugno e luglio sono state chiuse in totale 29 strutture tra ospedali, cliniche e presidi medici, gestiti dalla chiesa cattolica rifacendosi a questa legge. Non solo ha fatto chiudere queste strutture ma ne ha confiscato fisicamente la proprietà”. “Il timore è che questo toccherà anche alle scuole che la Chiesa cattolica gestisce – afferma ancora Don Zerai – 50 scuole tra elementari, medie e superiori e oltre cento asili nidi in tutto il territorio nazionale. Sarà un danno enorme soprattutto per la popolazione, perché sia le cliniche che le scuole si trovavano anche in zone sperdute, rurali, dove non c’è nessun’altra presenza tranne quella della Chiesa cattolica”.

    https://www.catt.ch/newsi/eritrea-150-cristiani-arrestati-da-giugno-si-teme-la-chiusura-delle-scuole-catt
    #chrétiens #Erythrée #COI #répression #arrestation #écoles_catholiques #christianisme #catholicisme #religion #persécution #Eglise_catholique

  • À #Grenoble, le quotidien de Moussa, mineur non accompagné

    Ils s’appellent Aliou, Mohammed, Moussa, Ahmed, Fodé… À Grenoble, ils sont plus de 2 000 jeunes, d’origine africaine, à se déclarer mineurs et isolés, mais tous ne sont pas reconnus comme tels par le Département.

    Ces “MNA” (“mineurs non accompagnés”) affrontent le #quotidien sans promesse d’avenir, accompagnés par le tissu associatif grenoblois.

    Sans celui-ci, ils seraient encore plus nombreux à la rue, privés de soins et de nourriture. Nous avons suivi le quotidien d’un de ces jeunes, désemparé par tant de difficultés, mais guidé par son désir d’être scolarisé.

    15 février 2019 - La rencontre

    14h10 : Moussa est assis, les bras enlacés, la tête reposant contre le mur. Emmitouflé dans son anorak rouge des jours de pluie, le jeune homme a le regard perdu. Parfois il s’échappe complètement. Mais il répond, avec un grand sourire, à tous les “bonjour” lancés par les bénévoles, au premier étage des locaux du Secours Catholique à Grenoble.

    Son regard croise le mien – assise sur la table d’en face –, sans sourire. Repart et puis revient. Un sourire. J’engage le dialogue : « Ça va, aujourd’hui ? – Ça va. Mais j’ai la migraine. » Moussa semble connaître tout le monde. Il serre des mains, échange des salutations dans une autre langue avec de jeunes hommes originaires d’Afrique. Il reste assis pendant que d’autres s’agitent, se servent du thé et du café ; c’est le rituel de la permanence de l’association le vendredi après-midi.

    « Tu viens souvent ici ? – Depuis environ deux mois. » Depuis le 26 décembre 2018, très exactement. J’apprends qu’il est guinéen. Contrairement à beaucoup d’autres jeunes venus chercher un logement pour le soir même avec l’aide des bénévoles, Moussa aspire surtout à prendre un moment de calme, dans ce lieu où il a des repères.

    Il fait partie des “chanceux” à disposer d’un point de chute pour plusieurs semaines : un gymnase a été ouvert pour la trêve hivernale quelques jours plus tôt, à Échirolles, grande agglomération de la banlieue grenobloise. La rencontre est brève, Moussa n’est décidément pas bien aujourd’hui. Je souhaite le revoir. « On s’appelle, je te donne mon numéro », conclut-il, mettant fin à la conversation.

    Quelques jours plus tard, nous nous retrouvons dans la rue Sergent-Bobillot, où est situé le Secours Catholique. Je rencontre Moussa tel que je le verrai souvent par la suite : souriant, l’air malicieux, les mains dans les poches, l’allure vigoureuse du haut de son 1m90.

    Il explique qu’il marche beaucoup dans la ville. « Je suis même allé là, tu vois ? » Le bras tendu, il désigne la Bastille, lieu touristique par excellence de la capitale des Alpes, qui domine la ville. « J’y suis allé à pied, pas dans les bulles, ça fait trop peur !

    À Grenoble, ils sont nombreux, comme lui, à tuer le temps. L’expression "MNA", mineur non accompagné, a remplacé en mars 2016 celle de “mineur isolé étranger”, sous l’impulsion du garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas, afin d’être en adéquation avec la directive européenne qui met l’accent sur la protection de l’enfance plutôt que sur le pays d’origine. En effet, les mineurs étrangers ne sont pas soumis aux règles de séjour des étrangers mais relèvent de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui est une compétence départementale. Dans l’Isère, le nombre de jeunes se déclarant mineurs et isolés s’élèverait à 2 200 fin 2018, un chiffre multiplié par dix en trois ans. « L’Isère est un département très, très impacté. C’est le plus touché de la région Auvergne-Rhône-Alpes avec la métropole de Lyon. Il se situe juste après le Grand Paris », précise Sandrine Martin-Grand, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires familiales et de la protection de l’enfance. Les raisons en sont difficiles à cerner : elles sont géographiques, liées à des réseaux de passeurs ou aux différentes communautés qui s’y rejoignent… 93 % des MNA arrivant à Grenoble sont originaires d’Afrique, dont 82 % de Guinée, du Mali et de Côte d’Ivoire (la moyenne nationale étant établie à 71 % de MNA originaires d’Afrique).

    18 février 2019 – Raconter son parcours

    Un écouteur dans l’oreille, Moussa est en grande discussion. Nous nous sommes donné rendez-vous à la gare de Grenoble. Dans le hall, il a trouvé du wifi pour appeler son cousin, à New York. Ce dernier a également quitté la Guinée, il y a quelques années. À la gare, les voyageurs peuvent croiser des jeunes en petits groupes.

    Plus pour longtemps. « Hier, la police nous a demandé de sortir du hall, on n’a plus le droit de rester si on n’a pas de ticket de transport », annonce Moussa. Dans le hall, une inscription fraîche sur le sol interdit en effet désormais de s’asseoir sur les sièges “sans titre de transport”.

    Le regard du jeune homme se perd à nouveau, son visage si souriant d’ordinaire s’assombrit : « J’ai dormi deux nuits ici à mon arrivée à Grenoble », confie-t-il. Puis sans prévenir, à l’entrée de la gare, au milieu de la foule, Moussa se livre : « Je ne regrette pas d’être venu, mais c’est trop de soucis. Chaque jour, tu t’inquiètes d’où tu vas dormir, tu cherches de quoi manger. C’est ça, la France ? Je suis venu ici en pensant que je pourrais aller à l’école. »

    Chaque jour, tu t’inquiètes d’où tu vas dormir, tu cherches de quoi manger. C’est ça, la France ?

    Lorsque nous nous retrouvons, nous marchons. Et Moussa me raconte des bribes de sa vie. Il a quitté la Guinée début 2018 ; il dit avoir 16 ans et 10 mois. Son périple l’a conduit au Maroc où il a vécu « plusieurs mois d’enfer » dont il ne veut jamais parler.

    Il y reste jusqu’au jour où un passeur l’avertit qu’il partira pour l’Espagne dans la nuit : « On est monté sur un Zodiac à 1 heure du matin. On était tellement nombreux. À 7 heures, on a eu des difficultés, le moteur était gâté. J’ai cru qu’on allait mourir, j’ai toujours eu très peur de la mer. Je ne l’avais jamais touchée pour de vrai et là, on était coincé en plein milieu de la mer Méditerranée. »

    Les mots s’entrechoquent avec le son de la vidéo qu’il a enregistrée avec son téléphone à l’arrivée des secours espagnols : « Ça me fait pleurer de revoir ça. Quand je pense à la souffrance que j’ai vécue pour me retrouver aujourd’hui comme ça, forcément ça me fait pleurer. »

    “Comme ça”, c’est-à-dire sans visibilité d’avenir, errant. Après l’Espagne en novembre 2018, puis Bayonne, Bordeaux, il arrive à Grenoble le 26 décembre. « Au hasard, j’ai pris le premier train qui partait à la gare de Bordeaux. » Le jeune homme donne ces détails sans hésiter ; cette histoire, il l’a déjà racontée à beaucoup d’inconnus, évaluateurs, bénévoles…

    Il passe ses deux premières nuits à la gare et le 28 décembre, un homme s’arrête devant lui pour l’emmener à la Cité administrative, où se trouve la Direction départementale de la cohésion sociale de l’Isère, de l’autre côté de la ville : « C’était un bénévole d’une association, il m’a dit que j’allais être évalué, et je ne savais pas ce que ça voulait dire. »

    Pile ou face : l’évaluation de la #minorité

    L’évaluation de la minorité est un passage obligé pour les mineurs non accompagnés. Depuis le 15 octobre 2018, à Grenoble, cette tâche revient à six évaluateurs embauchés par le Département. Ils doivent déterminer six points majeurs : l’état civil du jeune, ses conditions de vie dans le pays d’origine, la composition de sa famille, les motifs de son départ, son parcours migratoire, ses conditions de vie en France et enfin, ses projets sur le territoire.

    Si la minorité est confirmée, le jeune est placé en foyer ou en famille d’accueil et orienté vers un parcours scolaire jusqu’à sa majorité. Ceux qui ne sont pas “confirmés mineurs” peuvent engager un recours devant le juge des enfants et ne font l’objet d’aucune prise en charge de la part du Département .

    30 % des jeunes évalués sont reconnus mineurs par le Département, et les autres, les 70 % restants, sont remis à la rue le soir même.

    C’est le cas de Moussa. Le 28 décembre 2018, il était reçu à la Cité administrative pour être évalué : « J’étais épuisé par le voyage et les nuits dehors, se souvient-il. Une femme m’a posé plein de questions, sans que je comprenne pourquoi ! C’était comme un interrogatoire de police. » Le jour même, dans l’après-midi, il se voit remettre un papier qui stipule qu’il n’est pas confirmé mineur. Le jeune homme certifie pourtant être né le 30 avril 2002. « On m’a dit : tu n’as pas l’âge que tu prétends. Je n’ai rien compris. »

    Si un arrêté du 17 novembre 2016 fixe une “trame” à suivre pour les évaluateurs afin de mener l’entretien, la procédure est critiquée par les associations grenobloises (il en est de même au niveau national). « Le constat est que 30 % des jeunes [évalués] sont reconnus mineurs par le Département, et les autres, les 70 % restants, sont remis à la rue le soir même », témoigne Stéphane Dezalay, coresponsable du groupe local de la Cimade. Malgré la “trame” officielle, les procédures d’évaluation varient selon le département ; le taux de reconnaissance oscille ainsi entre 9 % et 100 %. « Ces chiffres sont la preuve que chaque pratique d’évaluation diffère d’un département à un autre ; certains utilisent des critères très stricts et vont refuser plus de jeunes, de manière arbitraire », constate Angélique Giannini, coordinatrice de l’association Médecins du monde qui reçoit beaucoup de jeunes.

    « Quand je suis sorti de mon entretien, des bénévoles m’ont emmené directement au Secours Catholique. Depuis, je suis entre ses mains pour survivre, tous les jours… », murmure Moussa avec reconnaissance, un jour où nous prenons une pause sur un banc public.

    À Grenoble, plusieurs associations assurent donc le quotidien de plusieurs centaines de jeunes sur le territoire : la Cimade, le Secours Catholique, Médecins du monde et des associations locales comme Migrants en Isère, l’Amicale du Nid (pour la prévention de la prostitution), 3Amies (pour la scolarisation), l’Arepi (pour le logement)...

    Marie-Noël est depuis plus de vingt ans travailleuse sociale et animatrice au Secours Catholique. C’est elle notamment qui, tous les vendredis après-midi, aide les jeunes à trouver un logement pour la nuit : « Le vendredi soir, c’est la galère car certains foyers ferment le week-end. On doit donc leur trouver une solution pour trois nuits, alors on appelle le 115. Sinon, on fait jouer notre réseau de familles d’accueil aux alentours de Grenoble. »

    UN DÉNI DE PROTECTION
    Depuis 2016, des enjeux politiques et un climat de suspicion croissant se font jour envers les mineurs étrangers sollicitant une protection, ce qui aboutit à une dégradation de la prise en charge de ces jeunes.
    Ces dernières années, les équipes locales du Secours Catholique constatent une défaillance croissante des départements, responsables de l’Aide sociale à l’enfance, qui montrent des réticences à remplir leur mission de protection et d’accompagnement des mineurs non accompagnés (MNA). Dans un contexte de bras de fer entre le gouvernement et les conseils départementaux sur les questions budgétaires, les jeunes étrangers sont un moyen de pression politique, déplore Franck Ozouf, en charge du sujet au Secours Catholique. « Pour ne pas assumer pleinement leur prise en charge, les départements affirment que ce sont des migrants avant d’être des enfants, et que ce n’est donc pas du ressort de la politique de l’enfance mais de la politique migratoire gérée, elle, par l’État. »
    L’obligation d’accueil provisoire d’urgence, impliquant une prise en charge matérielle, éducative et sanitaire du jeune le temps que sa situation (minorité, dangerosité de son environnement) soit évaluée, est de moins en moins respectée. Dans certains départements, comme l’Isère, cette mise à l’abri provisoire n’existe plus ; dans d’autres, elle est réduite au strict minimum sous la forme d’un hébergement précaire.
    Lorsque le jeune est reconnu mineur, il arrive que des conseils départementaux, à l’instar de celui des Bouches-du-Rhône, refusent d’exécuter la prise en charge demandée par le juge des enfants. Enfin, de plus en plus de départements créent des dispositifs dérogatoires pour les MNA, sortant ces derniers du droit commun de la protection de l’enfance au profit d’une prise en charge au rabais. Pour le Secours Catholique, il faut cesser de considérer ces jeunes comme des “migrants à contrôler”, mais réaffirmer leur nécessaire protection au titre des droits de l’enfant afin d’assurer un accueil et une prise en charge adaptés à leur situation de vulnérabilité.

    25 février 2019 : Enfin l’école !

    Moussa est en retard. Il arrive en trombe sur un vélo, son grand sourire aux lèvres. « Bonjour Moussa et bienvenue ! » Régine ne lui tient pas rigueur de son retard et fait avec lui le tour du propriétaire : un étage d’immeuble aménagé en salles de classe dans le quartier Saint-Bruno, quartier populaire de Grenoble.

    Elle est la directrice de l’association 3Amies, créée il y a presque deux ans pour offrir un accompagnement scolaire aux mineurs non accompagnés ayant introduit un recours. Moussa et Régine s’installent dans le bureau de celle-ci.

    Le jeune Guinéen lui raconte son périple. Régine apprend qu’il a quitté l’école il y a plusieurs années, mais estime que son niveau de français est très bon. « Tu as un niveau de sixième par rapport au programme français, mais peut-être as-tu beaucoup plus de connaissances, tu as appris plein d’autres choses ailleurs ! » déclare-t-elle.

    La directrice lui explique le projet de 3Amies : “Accueil, aide et accompagnement”. Moussa ne semble pas tout comprendre mais il est de bonne volonté. Après une heure d’entretien, le jeune homme repart avec un rendez-vous pour le lundi suivant, afin de passer une petite évaluation de niveau, à l’issue de laquelle il sera intégré à un groupe pour aller en cours tous les jours.

    Il remonte sur son vélo, comme grandi : « Je suis trop content. M’éduquer, c’est mon seul objectif, pour parler et écrire très bien. J’ai encore du chemin à faire. » Il pourra rester dans le dispositif jusqu’à la décision de justice.

    « Courage, mon frère. » Moussa pose la main sur l’épaule de Fodé. Derrière lui, l’hôtel de police où son ami guinéen a rendez-vous à 14 heures. Passage obligé où la Police de l’air et des frontières (PAF) vérifie les papiers d’identité de chaque MNA, ce service est le seul habilité à authentifier l’extrait de naissance lorsqu’il y en a un, une pièce utile ensuite pour le juge des enfants. Les jeunes sont normalement convoqués une fois, la PAF devant contrôler les papiers qu’ils possèdent et faire une prise d’empreintes. « Vas-y et je t’attends là », dit Moussa à Fodé.

    Depuis quelques semaines, tous deux sont inséparables. Ils s’épaulent au quotidien. « Fodé m’a accompagné dans mes démarches, à mon arrivée au Secours Catholique. Tous les jeunes ne font pas ça, il y a beaucoup de méfiance. Alors, après, on ne s’est plus quittés, relate Moussa. Dans la vie, il faut marcher avec quelqu’un avec qui vous vous comprenez. » Peut-être parce qu’ils viennent tous deux de Guinée forestière, qu’ils ont connu le Maroc, le Zodiac, l’arrivée difficile en France.

    J’ai laissé ma vie à Dieu, en fait, depuis que je suis ici. Que faire d’autre ?

    Moussa s’assoit sur un banc. Le chant des oiseaux et la chaleur du printemps naissant n’apportent pas de répit au jeune homme. Il souffle, fort, et s’assombrit en regardant des photos sur son smartphone, qu’il sort rarement. Sur le fond d’écran : « Ma maman, que j’ai perdue », soupire-t-il. Au bout de quelques secondes, il lâche : « Voilà, ça fait un an que je n’ai pas vu ma famille, je ne donne pas de nouvelles. Je n’y pense pas, quand tu as faim tu ne penses à rien d’autre. » Moussa invoque Dieu. « J’ai laissé ma vie à Dieu, en fait, depuis que je suis ici. Que faire d’autre ? »

    eux semaines plus tard, Fodé sera fixé sur son sort, convoqué devant le juge pour enfant. « Depuis mon arrivée, le 13 octobre (2018), j’attends ce moment », dit-il. Moussa observe que lui va devoir encore attendre longtemps, car il est arrivé deux mois après Fodé.

    Ce dernier ne se réjouit pas pour autant : « Je ne comprends même plus ce que je fais ici. Je n’ose pas appeler ma maman pour lui raconter ce que je vis ici. » À demi-mot, on comprend que sa présence ici est un choix familial qu’il ne peut pas décevoir…
    « invisibles »

    En marchant, les deux jeunes hommes devisent. Moussa fait référence à la difficulté d’être Africain en France. Il tente de comprendre ce qu’est le racisme et rit d’anecdotes sur ces Français qui se retournent sur leur passage dans les rues. « Même si les gens nous remarquent, on reste invisibles pour eux ».

    Fodé propose d’aller à la bibliothèque, pour se changer les idées. Ils repartiront avec le “Discours sur le colonialisme” d’Aimé Césaire, “De la traite et de l’esclavage des Noirs” d’Abbé Henri Grégoire, et “La fin des colonies françaises » de Bernard Droz...

    1er avril 2019 : Retour à la case départ ?

    Lundi, 7 heures du matin. La fin de la trêve hivernale sonne. Les résidents du gymnase Pablo-Picasso, dont Moussa, sont priés de quitter les lieux immédiatement par des vigiles et policiers municipaux de la ville d’Échirolles.

    Le gymnase est fermé à clef rapidement, malgré la promesse de l’élue à l’action sociale que le lieu serait ouvert durant une semaine supplémentaire. Des militants du droit au logement sont présents, outrés par l’action plutôt brutale. « On m’avait prévenu que ça risquait de se passer comme ça », observe Moussa. « Je suis parti vite, avec mes affaires. »

    Sur les 40 personnes, 15 se retrouveront à la rue dans les jours qui suivront. De retour à Grenoble, Moussa est redirigé le jour même vers un foyer situé à 10 km du centre-ville de Grenoble, épaulé par le Secours Catholique. Cinq jours de répit mais beaucoup de transports : « Je dois prendre deux bus et beaucoup marcher, c’est dans la montagne ! » Sur les flancs du massif de la Chartreuse, exactement.

    Tandis que le périple continue pour Moussa, Fodé reçoit une bonne nouvelle. Trois jours plus tôt, il a été confirmé mineur par le juge des enfants. Il sera bientôt scolarisé dans un lycée professionnel grenoblois. Beaucoup de changements, mais toujours cette amitié : « Malgré les choses qui changent, Moussa et moi on se voit tous les jours », dit-il. Et cela va de soi. Ils font route ensemble, maintenant.

    https://www.secours-catholique.org/actualites/a-grenoble-le-quotidien-de-moussa-mineur-non-accompagne
    #MNA #mineurs_non_accompagnés #asile #migrations #réfugiés #âge #école #scolarisation #France #témoignage

  • Au Nunavik, pas de profs, pas d’école _ Sandrine Vieira - 13 Aout 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/560552/au-nunavik-pas-de-profs-pas-d-ecole

    Taux de sorties sans diplôme ni qualification (décrochage annuel), parmi les sortants, en formation générale des jeunes, selon le sexe, commission scolaire Kativik, 2016‐2017 :
    • Garçons : 89,8 %
    • Filles : 81,4 %
    • Total : 85,7 %

    Au Nunavik, quand un enseignant est absent, les cours sont annulés et les enfants restent à la maison. Et la rentrée qui approche s’annonce pire, avec 84 postes qui ne sont toujours pas pourvus à la commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq.

    « C’est pire cette année parce que c’est très difficile d’embaucher du monde quand les autres commissions scolaires en manquent aussi », reconnaît Harriet Keleutak, directrice générale de la commission scolaire.

    Elle espère qu’à la mi-septembre, elle aura trouvé tout le personnel manquant. Elle assure que les élèves ne manqueront pas leurs cours, car les directions d’écoles ont pris les mesures nécessaires pour recruter des personnes de la communauté et des enseignants à la retraite pour remplacer temporairement les enseignants titulaires à embaucher.


    Photo : Jean-François Nadeau Le Devoir Une sculpture en granit réalisée par « Peter Boy » Ittukallak se dresse devant l’école Iguarsivik, à Puvirnituq.

    L’an dernier pourtant, lorsque Mathieu (nom fictif), qui enseigne depuis quelques années à Inukjuak, s’est absenté du travail pendant plus d’un mois, il n’a pas été remplacé un seul jour. Ses élèves sont restés à la maison durant toute cette période. Ce n’est pas un cas isolé, selon les informations obtenues par Le Devoir : il y a deux ans, deux classes de 1re secondaire ont commencé l’année scolaire avec un mois de retard, alors que la commission scolaire peinait à trouver un enseignant.

    « Il y a deux ans, il manquait entre 10 et 12 enseignants à mon école. C’est énorme. Tous les jours que les élèves perdent sont des jours qu’ils ne rattraperont jamais », souligne de son côté Rémi Guitard, qui a accumulé une quinzaine d’années d’expérience en tant qu’enseignant et directeur au Nunavik.

    La commission scolaire n’a pas été en mesure d’offrir les statistiques reliées à l’absence des élèves, faute d’un système informatique adéquat. Elle assure qu’un système opérationnel sera mis en place cette année. « Ce n’est pas acceptable comme situation, avoue Mme Keleutak. On essaie de trouver d’autres moyens pour que [les élèves] puissent rester à l’école tous les jours. C’est sûr que, des fois, c’est très dur de trouver des remplaçants ».

    Par ailleurs, la commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq n’est pas soumise au même régime pédagogique que les commissions scolaires francophones et anglophones au Québec, puisqu’elle est assujettie à la Loi sur l’instruction publique pour les autochtones cris, inuit et naskapis. Le minimum de 180 jours de services éducatifs n’est pas aussi tranché que dans les autres commissions scolaires de la province.

    Conditions de travail difficiles
    L’isolement est un facteur qui explique la difficulté de recrutement, le Nunavik étant une région seulement accessible par avion. Les personnes qui sont habituées à vivre dans les villes ont de la difficulté à s’adapter à l’isolement, remarque la directrice générale.

    Les conditions de travail difficiles pourraient également expliquer les difficultés de recrutement et de rétention du personnel. « Les enseignants disent souvent qu’ils n’arrivent pas à se dépasser, car il y a un problème de langue, de compréhension [chez les élèves] et de ressources psychosociales », explique M. Guitard.

    Si le recrutement de personnel est déjà difficile, le bond démographique dans les écoles pose un problème supplémentaire. En effet, le nombre moyen d’enfants au Nunavik atteint 3,2 enfants par femme contre 1,6 au Québec pour la période 2004-2008. « Cette année, on se retrouve avec une cinquantaine d’élèves en plus, ça va donc prendre deux ou trois ressources supplémentaires [à mon école] », dit M. Guitard.

    Même lorsque les enseignants sont engagés, les écoles peinent à les garder en poste. Pour la période allant de 2013-2014 à 2017-2018, la commission scolaire a estimé le taux de rétention des enseignants titulaires d’un poste permanent à temps plein à 53 %. Parmi les enseignants recrutés à l’extérieur du Nunavik — qui représentent 63 % du personnel enseignant —, la majorité d’entre eux ne s’établissent pas dans la région.

    Même si les enseignants reçoivent des primes d’éloignement et de rétention, Mathieu juge qu’elles ne sont pas suffisantes. Il les évalue à environ 12 000 $ par année. « Sur un salaire de 50 000 $, une fois les impôts passés, il ne reste plus grand-chose. Même s’il y a des primes, on ne les sent pas vraiment passer, et on les mérite, car on est vraiment très loin. »

    Une éducation « couci-couça »
    Mathieu s’inquiète de la situation, qu’il considère comme périlleuse pour la réussite des élèves, qui ont déjà un haut taux de décrochage. Au Nunavik, il est de 85,7 %, comparativement à 13,1 % pour l’ensemble du Québec.

    « C’est malheureux à bien des égards. D’abord, pour le temps d’enseignement perdu, qui vient très certainement jouer un rôle dans la faible diplomation des élèves du Nunavik, mais aussi pour des enjeux de responsabilité civile. Les parents nous confient leurs enfants, de la maternelle à la 5e secondaire, pendant qu’ils sont au travail, et on les renvoie dans la rue, simplement », déplore-t-il.

    M. Guitard note que le recrutement de personnel non qualifié accentue le problème. « Quand on forme des élèves avec des enseignants qui n’ont pas de prérequis pédagogiques, on se retrouve avec des élèves qui, finalement, ont une éducation couci-couça. »

    Il en vient à mettre en doute la réelle valeur des diplômes remis aux élèves de la région : « On remet des diplômes, oui, mais à des gens qui ont encore de la difficulté à lire et à écrire. Si on parle de qualité [de diplôme] entre le Sud et le Nord, il n’y a aucune comparaison. Nos élèves sont en retard. »

    Une fois le diplôme d’études secondaires obtenu, les difficultés des élèves les suivent jusqu’à leur parcours collégial. La plupart d’entre eux doivent faire des années préparatoires et des mises à niveau lorsqu’ils arrivent au cégep. « Ça devient extrêmement périlleux pour eux d’obtenir un diplôme d’études collégiales, car les années préparatoires sont trop longues et les élèves se découragent », indique M. Guitard.

    Mesures en place
    Plusieurs mesures pourraient être mises en place pour attirer davantage de personnel, dont l’augmentation du salaire, l’amélioration des conditions de vie et l’apport d’un soutien psychologique aux enseignants, selon M. Guitard. En effet, la crise de suicides qui sévit au Nunavik constitue une réalité difficile pour plusieurs enseignants. « En juin, j’ai perdu deux étudiants sur un groupe de dix. J’ai donc perdu 20 % de mes élèves en un mois », souligne Mathieu.

    L’année dernière, la commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq a reçu l’approbation du ministère de l’Éducation pour la création de postes de professeurs suppléants à temps plein dans chaque école. « La pénurie actuelle d’enseignants ne nous permettra probablement pas de profiter pleinement de ces nouvelles ressources, mais il s’agit d’un développement positif, dont nous espérons pouvoir faire bénéficier toutes nos écoles », a indiqué la commission scolaire dans un document envoyé au Devoir.

    Pour sa part, la directrice générale de la commission scolaire espère que davantage d’Inuits poursuivront des études universitaires pour devenir enseignants en langue seconde, alors que seulement 38 % de l’ensemble de ses enseignants sont Inuits. « Ce serait une des choses qu’on voudrait voir, parce que ça voudrait dire qu’ils resteraient dans la communauté plus longtemps. »

    De son côté, le ministère de l’Éducation dit être au courant des enjeux et « travailler avec [la commission scolaire] pour remédier à la situation ».

    La commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq en chiffres
    • 17 écoles primaires et secondaires
    • 3460 élèves au primaire et secondaire
    • 420 élèves inscrits à des cours offerts par le service de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle
     
    Données de l’année scolaire 2018-2019 :
    • 950 employés permanents, dont 432 enseignants.
    • 38 % des enseignants sont Inuits, et près de 40 % d’entre eux ont une certification d’enseignement.

    #école #canada #peuples_autochtones #arctique #inuit #inuits #nations_premières #autochtones #racisme #peuples_premiers #discriminations #enfants #colonialisme
     

  • La riposte de Philippe Merieu
    "Penser que l’on peut « fabriquer » un homme, est un fantasme.... L’enseignement programmé s’appuie sur la banalisation du « contrôle » à l’école. Cette politique est une fourvoiement, une fausse route, qui a pour résultat de réduire l’enfant à une machine...".
    http://efleury.fr/la-riposte-de-philippe-merieu


    #école
    #pédagogie
    #cognitivisme

  • Ce que l’orthographe doit aux instituteurs (Chronique “Tu parles”, France Inter)
    https://www.franceinter.fr/emissions/hoedt-et-piron-tu-parles/hoedt-et-piron-tu-parles-03-aout-2019

    Le dix-neuvième siècle semble un tournant majeur dans l’Histoire de l’enseignement de la langue en France. Et l’on apprend aussi, grâce à nos deux démystificateurs de la langue française, comment, historiquement, l’orthographe est devenue l’ADN de l’école française.
    […]
    Jules Ferry, le fondateur de l’école laïque et obligatoire, s’inquiétait déjà en 1880 de la vision orthographiste de l’école :
    « Ce que nous demandons à tous, c’est de nous faire des hommes, pas des grammairiens (…). À l’abus de la dictée, il faut substituer un enseignement plus libre, plus vivant, plus substantiel. Épargnons ce temps si précieux que l’on dépense souvent dans les vétilles de l’orthographe qui font de la dictée un tour de force et une espèce de casse-tête chinois. »

    #éducation #école #orthographe #sélection #LesGrandsMythes

  • #Erythrée, le gouvernement confisque les #hôpitaux catholiques

    En juin, les 29 hôpitaux de la petite Eglise catholique ont été confisqués par le régime totalitaire du président Issayas Afeworki . « Il ne supporte pas son indépendance qui a toujours dérangé le régime », selon le père Mussie Zerai, président de l’agence Habeshia pour l’aide au développement des migrants et des réfugiés érythréens et éthiopiens (voir La Croix 1.08.19) Le régime communiste totalitaire ne tolère pas le secteur privé et encore moins le rôle des religions dans la société. Il est arrivé la même chose à l’Eglise orthodoxe qui est plus coopératrice. Ce régime veut limiter le champ d’action de l’#Eglise_catholique dans la vie publique et lui faire perdre toute pertinence morale, sociale et politique dans le pays (loi No 73/1995).

    Son indépendance et son autonomie ont toujours dérangé le régime, car elle est la seule institution courageuse depuis 1991 (date de l’indépendance de l’Erythrée conquise de haute lutte contre l’Ethiopie et de l’arrivée au pouvoir du dictateur Afeworki), qui ose parler à voix haute avec ses lettres pastorales. Ainsi le régime n’a toujours pas digéré la lettre pastorale de 2014 intitulée « Qu’as-tu fait de ton frère ? », qui dénonce les innombrables crimes commis par le régime érythréen et le silence de la communauté internationale. Le gouvernement aimerait pouvoir manipuler l’Eglise catholique comme il le fait avec l’Eglise orthodoxe tewahedo d’Erythrée. La confiscation des 29 hôpitaux catholiques, en excellent état, est donc une mesure de représailles et vient soutenir les hôpitaux d’état qui fonctionnent mal, faute de médicaments, de médecins, d’équipes médicales…

    Mais le régime totalitaire ne va pas en rester là. Il a aussi l’intention de nationaliser les 50 #écoles et les 100 #jardins_d’enfants catholiques. Dans certaines régions le régime a déjà demandé d’empêcher l’inscription des élèves dans les écoles catholiques pour la nouvelle année scolaire. Le pays perdra ainsi la qualité de son enseignement. En effet, les #écoles_publiques sont très pauvres, les enseignants manquent parce que beaucoup se sont enfuis, les plus jeunes à cause d’un service militaire très long et pénible. Le régime est obligé des faire venir des enseignants d’Inde et du Kenya. En fait, le gouvernement érythréen est en faillite. Il est incapable de garantir le bien-être, les droits fondamentaux, la justice, ce qui est aussi la cause de l’exode de centaines de milliers de jeunes.

    Depuis 2001, le gouvernement a fermé tous les journaux indépendants et réduit les journalistes au silence par la détention et la torture. Les tribunaux ne sont pas indépendants, influencés par les membres du parti et l’armée. Il n’y a plus d’assemblée parlementaire.

    Au vu de ces faits et surtout de la lettre pastorale des évêques de 2014, on peut se demander comment des parlementaires suisses dont Claude Béglé faisait partie, ont pu revenir d’Erythrée faisant remarquer que “le pays est en train de s’ouvrir.” C’est le même optimisme en Corée du Nord… Un peu plus d’humilité et une connaissance approfondie des pays visités sont indispensables.

    https://blogs.letemps.ch/christine-von-garnier/2019/08/01/erythree-le-gouvernement-confisque-les-hopitaux-catholiques
    #confiscation #hôpital #religion #nationalisation

  • Massacre de Bahr el-Baqar
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Bahr_el-Baqar

    Le massacre de Bahr el-Baqar désigne un raid mené le 8 avril 1970 par l’aviation israélienne sur le village égyptien de Bahr el-Baqar, au sud de Port-Saïd, dans le gouvernorat nord-oriental de Charqiya. Le raid a entraîné la destruction d’une école primaire complète des enfants de l’école et la mort de 46 enfants égyptiens.

    Évoqué par Asad Abukhalil :
    https://mobile.twitter.com/asadabukhalil/status/1157713026771849216

    هذه الرسمة للفنانة المصرية منحة حلمي. هي تكريم للشهداء الأطفال من مدرسة بحر البقر في مصر عندما قصف العدو مدرسة في نيسان ١٩٧٠ وقتل ٤٦ طفلاً وجرح خمسين.

  • J’écoute mal un sot qui veut que je le craigne | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/07/24/jecoute-mal-un-sot-qui-veut-que-je-craigne

    Marion Carbillet et Hélène Mulot parlent de leur métier de professeures documentalistes, du déploiement des technologies numériques, de la transformation de la profession d’enseignantes, « Il y a une dizaine d’années, nous sommes retrouvées en grand questionnement sur les contenus à transmettre aux adolescents que nous avions face à nous. Comment accompagner leurs pratiques de recherche d’information, leur utilisation des blogs, des forums, des médias sociaux ? »

    Elles abordent les libres savoirs, les communs, « La réflexion autour des communs de la connaissance nous a apporté un cadre nouveau, stimulant », la modification de leurs postures et de leurs pratiques, « Nous avons développé une posture qui nous incite à : accueillir des savoirs qui ne viennent pas nécessairement de l’école elle-même, notamment sur les outils numériques ; favoriser l’apprentissage de pair à pair et le lien à autrui à travers des activités multiples sans cesse enrichies ».

    Je souligne les questions autour de l’apprentissage : « comment aider les élèves à développer des dispositions durables à l’apprentissage pour trouver, construire et enrichir les ressources et connaissances dont ils ont besoin ? / comment entretenir chez eux le goût de partager ces connaissances tout au long de leur vie ? / comment enfin, développer individuellement et collectivement, par la connaissance d’eux-mêmes et le lien à autrui, leur pouvoir d’agir sur le monde ? »

    Dans ce livre, il s’agit, pour elles, d’assumer la complexité, d’être résolument guidées par la dimension collective, orientées vers l’acquisition d’un pouvoir d’agir, de favoriser le débat contradictoire et la négociation pour atteindre des points de consensus…

    Les autrices questionnent les outils web et leurs utilisations dans le cadre de l’école, invitent à débattre avec les élèves autour de la philosophie et du financement de ces outils, « De la même manière, toute utilisation d’un outil qui enferme les utilisateurs, ou qui se finance par la captation de données personnelles, devrait pouvoir faire l’objet d’une étude critique et argumentée », soulignent l’exigence « de formation à l’esprit critique ». Elles interrogent sur l’enseignement du web, rappellent que « le web n’est pas seulement une interface donnant accès à des documents, c’est un véritable espace social, un environnement dans lequel les individus évoluent et se construisent ».

    Il faut « identifier les outils communs à tous et réfléchir à leur fonctionnement », mettre des mots sur « des pratiques quotidiennes qui ne sont jamais arrivées en conscience », permettre aux élèves de gérer leur « présence numérique » (ce terme me paraît particulièrement adéquat) et anticiper les traces qu’elles et ils (iels) laissent, comprendre que les activités en ligne n’ont rien d’immatériel, dépasser un certain sentiment de magie, comprendre comment « derrière une illusion de gratuité » les données sont monétisées et le ciblage de la publicité construite… sans oublier le droit à l’oubli et le droit au changement d’opinion.

    J’ai particulièrement été intéressé par le chapitre III, La copie : Au cœur du patrimoine culturel. Les autrices discutent de la transmission, de culture partagée, de copie, « La copie est utilisée toujours pour la diffusion comme pour l’acquisition personnelle du savoir ».

    Marion Carbillet et Hélène Mulot détaillent la place des savoirs dans les relations sociales, la fiabilité et la qualité des informations, le travail par controverse, les savoirs « dans le triple lien à soi, aux autres et à l’environnement », le co-enseignements avec les élèves, la construction d’« une autorité collective » et l’exemple de Wikipédia, le contrôle des informations, la place du doute et de l’esprit critique, l’étude et la participation, les savoirs en réseau, l’éducation populaire, la critique de l’organisation du travail, l’entraide des utilisateurs et utilisatrices, les limites de la division en catégories, les formes scolaires de la transmission, les pédagogies actives, le plaisir d’apprendre, la coopération et les apprentissages, les projets participatifs, les savoirs multiples et les échanges réciproques…

    Le dernier chapitre est justement intitulé : A l’école du pouvoir d’agir.

    Les autrices écrivent, entre autres, sur le questionnement de « ses connaissances, ses croyances et ses valeurs », l’autoformation « à visée émancipatrice et libératrice, qui relie l’individu et le collectif », la multiplication des expériences, l’observation d’un e « pair » qu’on estime semblable à soi, le choix des buts et des moyens, le désir d’apprendre, la notion d’« environnement capacitant », les initiatives des élèves, l’inclusion et l’interaction, les situations de handicap, l’aspect oppressif des livres sur certain·es élèves, le besoin de déconnexion, les systèmes attentionnels, les ateliers pour exercer son attention et l’exemple de « Silence on lit », les projets collectifs, la place de la solitude, les corps…

    « En écrivant ce livre, nous avons nous-mêmes énormément appris car nous avons été amenées à lire, chercher des informations dans de multiples domaines, formuler des pensées, préciser notre vocabulaire et tisser nos liens de compréhension entre les résultats des chercheurs dont nous avons consulté les écrits ».

    #C&F_éditions #Marion_Carbillet #Hélène_Mulot #Ecole_partage

  • Mise en demeure par la CNIL, l’École 42 rentre dans les clous du RGPD
    https://www.nextinpact.com/news/108069-mise-en-demeure-par-cnil-lecole-42-rentre-dans-clous-rgpd.htm

    La CNIL vient de clôturer la procédure de mise en demeure qu’elle avait ouverte en octobre 2018. L’association derrière l’École 42 s’est conformée à la législation sur les données personnelles. En février 2018, l’autorité réalisait un contrôle sur place au terme duquel elle constatait une série de manquements à la législation en vigueur, antérieure au RGPD. En particulier, une série de caméras de vidéosurveillance filmait en continu plusieurs salles de cours, des lieux de vie et des postes de travail (...)

    #École42 #CCTV #vidéo-surveillance #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #surveillance (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##étudiants

  • Les accompagnants des élèves en situation de handicap inquiets pour la rentrée
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150719/les-accompagnants-des-eleves-en-situation-de-handicap-inquiets-pour-la-ren

    L’une des mesures annoncées par Jean-Michel Blanquer pour une rentrée scolaire « pleinement inclusive » inquiète particulièrement les parents d’enfants en situation de handicap et les personnels les accompagnant : il s’agit de la création de pôles regroupant plusieurs établissements, dont ils craignent qu’elle ne se traduise par une prise en charge moins individualisée des élèves.

    #France #école,_handicap,_AESH,_AVS,_Blanquer

  • Miroir du ciel

    Natalie

    https://lavoiedujaguar.net/Miroir-du-ciel

    Paris, le 8 juillet 2019
    Amis,

    L’École de la terre, dans sa version limousine, vient de clôturer sa semaine d’intenses cogitations intitulée : « Désarchiver le passé ». On put entre autres y écouter Rocío Martinez, Jérôme Baschet, Pierre-Olivier Dittmar, Élise Haddad, Alèssi Dell’Umbria, Sophie Wahnich… On put également s’entendre et discuter sans crainte, boire et danser la bourrée, et tant d’autres choses encore.

    Marie-France Houdart, qui est anthropologue et vit à demeure dans la région depuis quelques années, nous entretint — en altitudes boisées, puis, pour conclure, au pied d’une fontaine villageoise — des « Mémoires de l’eau et de la terre ». Sa géniale conférence (laquelle tenait de l’art des conteuses) nous remit en tête ceci : l’eau, miroir du ciel, est un haut lieu de pouvoirs et de légendes. Retour aux sources, manière de nous agiter les mémoires endormies, ou tentative de nous édifier ? Marie-France nous raconta une très ancienne histoire selon laquelle, au fond d’une fontaine vit une vieille. Le sol de sa maison s’enracine à la surface de l’eau car la vieille vit tête à l’envers, et, lorsqu’il lui arrive de grimper tout au fond, donc sur le toit, la vieille touche au ciel. (...)

    #École_de_la_terre #histoire #Limousin #Jérôme_Baschet #Marie-France_Houdart #Mémoires_de_l’eau #chimères #Parlement #goélands #sauroctones #tétrapodes #Apocalypse

  • Le foulard des accompagnatrices scolaires : une question plus civique que religieuse
    Anne-Sophie Lamine, The Conversation, le 25 juin 2019
    https://theconversation.com/le-foulard-des-accompagnatrices-scolaires-une-question-plus-civique

    L’interdiction de sorties scolaires aux mères d’élèves qui arborent un signe religieux vient, une fois de plus, de faire l’objet de débats. Un amendement a été voté dans ce sens par le Sénat le 15 mai, puis a été rejeté le 13 juin par la commission mixte paritaire de députés et sénateurs.

    #France #discrimination #islamophobie #femme #mères #mamans #écoles #sorties_scolaires #voile #foulard #signe_religieux #loi

  • 400 #écoles fermeraient à la prochaine rentrée scolaire
    https://www.banquedesterritoires.fr/400-ecoles-fermeraient-la-prochaine-rentree-scolaire

    Selon les données de la DGESCO recueillies par le SNUipp-FSU, auxquelles Localtis a eu accès, les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) sont passés de 4.762 à la rentrée scolaire de 2003 à 4.780 à la rentrée 2018, scolarisant 533.300 élèves, soit 9,2% de la population scolaire. Cette évolution est le résultat d’une forte progression des RPI concentrés (962 en 2003 à 1.705 en 2018) au détriment des RPI dispersés (3.800 en 2003, 3.075 en 2018) qui ont l’intérêt de maintenir physiquement les écoles dans les villages et ainsi de « préserver le tissu scolaire rural », selon le syndicat. Le phénomène semble s’accentuer, à la rentrée 2018, il y avait 226 RPI dispersés en moins que l’année précédente. « Désormais la logique est celle d’une concentration dans le cadre de #RPI avec pour conséquences des fermetures d’écoles et un maillage moins dense des écoles rurales », estime le Snuipp, précisant que selon lui, « cette tendance est largement favorisée par les conventions ruralité ».
    Autre chiffre parlant : la chute du nombre des écoles à classe unique. Elles étaient 3.657 en 2018, contre 5.681 en 2006.

    #ruralité #éducation_nationale