• Des associations dénoncent les stratégies de #greenwashing des promoteurs de l’intelligence artificielle | France Inter
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/des-associations-denoncent-les-strategies-de-greenwashing-des-promoteurs

    Les auteurs du rapport ont épluché 154 affirmations des entreprises de la tech et de l’Agence internationale de l’énergie. Elles toutes ont un message commun : l’IA permettra à terme de compenser les émissions de carbone qu’elle génère. Mais trois quarts de ces déclarations n’ont aucun fondement scientifique, selon le rapport des ONG.

    « Des déclarations extrêmement trompeuses »

    « Je peux vous prendre l’exemple de Google qui en gros explique que les émissions de CO2 au niveau mondial d’ici à 2030 pourraient être baissées de 5 à 10%, ce qui correspond aux émissions de l’Union européenne », explique Pierre Terras de Beyond Fossil Fuels. Cette projection repose en fait sur une note d’un cabinet de conseil qui s’appuie sur le retour de deux entreprises. Elles assurent avoir utilisé l’IA pour baisser leurs émissions de carbone. « De ça on fait une extrapolation en disant, en fait à l’échelle de la planète, on peut réduire les émissions de CO2, c’est ce type de déclarations qui sont extrêmement trompeuses », dénonce Pierre Terras.

    • Data centers are getting off-grid power plants - The Washington Post
      https://www.washingtonpost.com/business/2026/02/19/data-centers-power-grid-ai

      The idea of taking data centers off-grid is the latest in a line of provocative strategies adopted by the tech industry in its pursuit of more electricity that also includes reviving old nuclear plants, backing long-shot fusion energy schemes and planning to plunk down hundreds of compact nuclear power plants in communities across the U.S. But while these approaches are fossil fuel-free, most of the sector’s immediate investments will be in gas power, driving up the planet-warming emissions the companies long promised to take a lead in curbing.

      Billions of dollars are now being invested in power plants for off-grid data centers, even though key engineering challenges have not been solved, according to veteran energy developers.

      Most of the projects rely on natural gas because the variable output of solar and wind is difficult to manage without the grid as backup. But the most efficient gas turbines are back-ordered for years, forcing developers to use more wasteful and polluting equipment.

      “It is catastrophic for climate goals,” said Michael Thomas, founder of Cleanview, which has identified 47 behind-the-meter projects nationwide.

  • #Cancers précoces : enquête sur une mystérieuse augmentation
    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/cancers-precoces-enquete-sur-une-mysterieuse-augmentation_188457
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2025/09/25/cover-r4x3w1200-68d560d545270-10431-584510-k2-k1-1397382-jpg.jpg

    Toutefois, les experts s’accordent sur ce point : ces facteurs liés au mode de vie ainsi que la hausse du dépistage ne peuvent expliquer à eux seuls l’augmentation de l’incidence des cancers précoces. « On s’est rendu compte qu’une grande partie de nos patients de moins de 50 ans ne boivent pas d’alcool, ne fument pas, ont une bonne hygiène de vie. On veut leur apporter une réponse », lance Cristina Smolenschi, oncologue spécialisée dans les cancers digestifs à l’institut Gustave-Roussy (IGR), à Villejuif. D’autres causes restent donc à débusquer. Parmi les nombreux suspects, la pollution de l’air et l’exposition aux facteurs environnementaux. « Beaucoup de recherches sont en cours à ce sujet, on sait que les polluants affectent l’épigénétique, mais on ne sait pas encore très bien comment », confirme Giacomo Cavalli.

    À l’IGR, Cristina Smolenschi supervise depuis fin 2024 le programme Yoda (Young onset digestive adenocarcinoma), dont l’un des axes de recherche vise à étudier - pour la première fois - la teneur en microplastiques des graisses viscérales des patients de moins de 50 ans atteints de cancers. D’autres scientifiques s’intéressent au microbiome intestinal, certaines toxines bactériennes pouvant endommager l’ADN et favoriser les tumeurs. C’est le cas de la colibactine, une toxine produite par certaines souches d’ Escherichia coli. Les mutations qu’elle induit sont retrouvées chez environ 10 à 15 % des patients atteints de cancers colorectaux, et dans 50 % des cas chez les malades de moins de 40 ans, selon une étude américaine publiée en 2025 dans Nature.

    • ♪♫ https://justpaste.it/9jgx2

      Des causes dites évitables ont été identifiées à tous les âges : obésité, manque d’activité physique, mauvaise alimentation, consommation d’alcool ou de tabac. « Ces facteurs, liés à nos modes de vie depuis la fin des années 1950, favorisent une déprogrammation épigénétique », explique Giacomo Cavalli, chercheur à l’Institut de génétique humaine de Montpellier. Les modifications épigénétiques agissent dans l’ADN comme des interrupteurs automatiques dans une maison connectée. Elles décident quand et comment chaque appareil (ici, les gènes) s’allume ou s’éteint, en fonction des conditions : alimentation, température, stress, pollution, activité physique, etc.
      .../...
      Ce qui augmente le risque aujourd’hui, ce n’est pas d’avoir 30 ou 40 ans, mais d’être né il y a trente ou quarante ans, à une époque où ces facteurs de risque liés aux modes de vie postindustriels sont apparus ", poursuit Cyrille Delpierre. Les Américains nés dans les années 1990 ont par exemple deux fois plus de risque de développer un cancer du côlon, et quatre fois plus de risque de développer un cancer du rectum que ceux nés dans les années 1950.

      #épigénétique
      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pig%C3%A9n%C3%A9tique

      #programme_YODA (Young onset digestive adenocarcinoma)

    • L’énigme du cancer du pancréas

      Le cancer du pancréas, ou adénocarcinome pancréatique, est une énigme pour les médecins épidémiologistes. Entre 2010 et 2023, son incidence a augmenté en moyenne de 1,6 % par an chez les hommes et de 2,1 % chez les femmes en France (INCa, 2024). Il progresse ainsi deux à trois fois plus vite en France que dans le reste de l’Europe « Il s’agit d’un cancer rare, associé à une mortalité élevée et dont peu de facteurs de risque ont été identifiés », ajoute Cyrille Delpierre, épidémiologiste à l’université de Toulouse.

      Fin 2024, une équipe franco-britannique a pointé le possible rôle des pesticides, dont la France est le septième plus gros utilisateur au monde. Dans une étude inédite, ils ont révélé une forte corrélation entre les régions où ils sont employés et l’incidence du cancer du pancréas. Mais la causalité reste à démontrer.

  • Des dizaines de tonnes de pesticides présentes dans les nuages au-dessus de la France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/20/des-dizaines-de-tonnes-de-pesticides-presentes-dans-les-nuages-au-dessus-de-

    Jusqu’à 140 tonnes de substances actives, dont certaines sont interdites, sont dissoutes dans les nuages au-dessus du territoire métropolitain, selon une étude franco-italienne. Les écosystèmes éloignés des activités humaines sont exposés à ces molécules par les précipitations.

    Les nuages s’avèrent un réservoir de pesticides bien plus vaste qu’escompté, et, chaque jour, d’importantes quantités de substances actives (herbicides, insecticides, fongicides) sont précipitées sur terre avec la pluie. Dans une étude à paraître dans l’édition d’octobre de la revue Environmental Science & Technology, une équipe franco-italienne a estimé, pour la première fois, la quantité de substances actives (herbicides, insecticides, fongicides et leurs métabolites) présentes dans les nuages circulant au-dessus du territoire de la France métropolitaine.

    « En lançant ce projet, je m’attendais à ne trouver que quelques kilos », raconte Angelica Bianco, chercheuse au laboratoire de météorologie physique (CNRS, université Clermont-Auvergne), première autrice de ces travaux. In fine, les résultats sont très différents : selon la couverture nuageuse du moment, entre 6 et 140 tonnes de pesticides circulent dans le ciel français. Et qui peuvent, ainsi, être distribués à longue distance dans l’environnement.

    (...) « L’un des points les plus alarmants de ces résultats est que, dans au moins un tiers des échantillons, la concentration totale de pesticides est supérieure à la limite de qualité pour l’eau potable » [et ce sans que le glyphosate ait pu être recherché...]

    https://archive.ph/mAI1a

    quand il fait beau, particules fines, quand il pleut, pesticides. je veux mon bunker souterrain !

    #pesticides #écologie_capitaliste

  • « Présenté comme la panacée, le recyclage du plastique est une bombe à retardement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/08/21/presente-comme-la-panacee-le-recyclage-du-plastique-est-une-bombe-a-retardem

    Présenté comme la panacée, le #recyclage se révèle aujourd’hui de moins en moins vertueux, tant du fait de son bilan carbone que des #microplastiques qu’il génère, de la dégradation des polymères traités et incorporés dans de nouveaux produits. Une bombe à retardement contribuant à intégrer des #plastiques transformés et devenus non recyclables du fait de leur transformation dans une myriade de matériaux et produits de la vie courante, de la conduite d’eau au vêtement en polaire, en passant par les revêtements de sol ou les garnitures de voiture. Une tendance encouragée par l’obligation d’incorporer des #plastiques_recyclés dans la fabrication de nouveaux produits désormais inscrite dans la loi.

    En France, et depuis plus d’une décennie, des rapports, avis et autres propositions se sont succédé, prônant une réforme structurelle des éco-organismes et en particulier de leur gouvernance, actuellement assurée par des industriels, l’intérêt général restant ici en conflit avec de puissants intérêts économiques, le plus souvent étrangers. C’est ainsi que, impuissante, la France continuera à voir se déverser sur son territoire des millions de tonnes de jouets, emballages, meubles de jardin, ustensiles, vêtements et autres, qui répandront des milliards de microplastiques et finiront au mieux dans des incinérateurs, au pire dans des centres d’enfouissement, quand cela ne sera pas dans la nature.

    https://archive.ph/LBmA7

    #écologie_capitaliste

  • Taxes sur le transport aérien : Philippe Tabarot plaide pour une pause afin de relancer la compétitivité du secteur
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/07/11/taxes-sur-le-transport-aerien-philippe-tabarot-plaide-pour-une-pause-afin-de

    Alors que le trafic aérien stagne en France, le ministre des transports estime que le pays fait face à un risque de décrochage et plaide pour une fiscalité plus attractive sur les billets d’avion.

    #écologie_capitaliste #transport_aérien #fiscalité

    • Ryanair diminue ses activités en France après l’annonce de la hausse de la fiscalité sur les billets d’avion
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/07/30/taxes-sur-le-transport-aerien-en-colere-contre-la-hausse-de-la-fiscalite-sur

      Le pas en arrière de Ryanair inquiète du côté des aéroports. En effet, si la compagnie irlandaise diminue ses activités en France, c’est pour mieux les réorienter « vers des marchés européens plus compétitifs comme la Suède, la Hongrie ou certaines régions d’Italie, où les gouvernements suppriment activement les taxes aériennes pour stimuler le trafic, le tourisme, l’emploi et la reprise économique », plaide Jason McGuinness. Pays d’origine du « flygskam » (la honte de prendre l’avion), la Suède a ainsi changé de pied et vient d’abolir, le 1er juillet, les taxes sur le transport aérien, souligne le directeur commercial.

      [...]

      Ryanair est la première compagnie à avoir choisi l’épreuve de force avec les autorités. A l’occasion de la publication des résultats financiers du premier trimestre de son exercice décalé, achevé fin juin, elle a enregistré un chiffre d’affaires de 4,34 milliards de livres (environ 5 milliards d’euros) en hausse de 20 %. Sur la même période, ses profits ont bondi de 128 % pour culminer à 820 millions de livres. Le PDG de la compagnie, Michael O’Leary, lui, va empocher un bonus faramineux de 100 millions d’euros.

  • MaPrimeRénov’ : anatomie d’un pillage de l’Etat | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/industrie-services/immobilier-btp/maprimerenov-anatomie-dun-pillage-detat-2171415

    Quand tu veux faire appel à l’IA pour surveiller et contrôler la population tu n’as qu’à mettre en place un dispositif foireux d’aides publics et dire ensuite qu’il y a de la fraude.

    Le sujet des données suppose toutefois de trouver une solution compatible avec le RGPD, le règlement général de protection des données. Enfin, comme pour la chasse à la fraude fiscale, les espoirs se tournent vers l’IA, qui permettra de détecter beaucoup plus facilement les incohérences dans les demandes de subventions.

    « La suspension prévue cet été va en tout cas nous permettre d’assainir le secteur », assure Martin Lagane, de l’Anah. Pour rendre les rénovations d’ampleur moins alléchantes pour les fraudeurs et éviter un afflux de dossiers, l’exécutif prévoit par ailleurs de revoir les conditions de l’aide.

    Ma propre expérience de matrucrenov aura duré 6 mois pour cette bouffonnerie de prime rénov me menant à un architecte qui m’a tout simplement conseillé d’hypothéquer. Mais si tu suffisamment de fric, que tu aimes les travaux mal faits parce que personne n’est formé, nourrir les assurances qui font les décennales de ces mêmes personnes non formées, le PVC sur les fenêtres, le plastique sous le toit, fonce.

    • On a quand même rétabli de quoi faire tourner le BTP, ouf !

      [Un lobbying perdant] « Le gouvernement porte préjudice aux structures de terrain qui œuvrent en faveur d’une rénovation énergétique performante accessible à tous », Delphine Mugnier (Experte de la transition énergétique )

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/06/18/le-gouvernement-porte-prejudice-aux-structures-de-terrain-qui-uvrent-en-fave

      Après une suspension du dispositif #MaPrimeRénov’ en raison d’un encombrement de la demande et d’une multiplication des fraudes, le gouvernement vient d’annoncer une réouverture du dispositif uniquement pour les travaux en monogeste. Ce redémarrage partiel excluant les rénovations énergétiques globales, pourtant seul levier réellement efficace pour améliorer la performance énergétique des logements, est un abandon des ménages en situation de précarité énergétique et des objectifs environnementaux.

      Contrairement aux gestes isolés, les rénovations performantes, traitant plusieurs postes en une seule intervention coordonnée, permettent des économies d’énergie durables, allégeant les factures énergétiques des ménages sur le long terme, d’améliorer significativement le confort thermique, en hiver comme en été, et la valeur des logements, ainsi que de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre, ce qui est indispensable pour respecter les objectifs de la stratégie nationale bas-carbone.

      https://archive.ph/Xm06E

      Derrière la pause de MaPrimeRénov’, un coup d’arrêt à la rénovation énergétique, observe finement la préposée du journal
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/06/17/derriere-la-pause-de-maprimerenov-un-coup-d-arret-a-la-renovation-energetiqu
      https://archive.ph/pdZz4

      MaPrimeRénov’ : « Le manque, et non les excès, de moyens humains de contrôle est à l’origine de la hausse des délais et des fraudes »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/06/16/maprimerenov-le-manque-et-non-les-exces-de-moyens-humains-de-controle-est-a-

      L’annonce de la suspension de MaPrimeRénov’ est un nouvel épisode de ce retournement des responsabilités : l’excès de bureaucratie et de normes est souvent mis en avant pour expliquer les trop longs délais d’instruction et la multiplication des dossiers frauduleux, qui seraient à l’origine de cette suspension. Or, c’est à l’inverse le déficit de moyens humains pour instruire ces aides, combiné au choix d’une libéralisation de l’accompagnement des ménages, qui explique cet engorgement.

      En effet, de nouvelles aides ont été mises en place, début 2024, pour multiplier rapidement par trois à quatre les rénovations d’ampleur de maisons. La dynamique prévue par les expériences locales ayant proposé des aides renforcées similaires est au rendez-vous, mais les moyens humains pour instruire ces projets de travaux supplémentaires n’ont étrangement pas été engagés par l’Etat.

      De plus, le choix d’ouvrir l’accompagnement des ménages pour ces travaux complexes à des structures qui ne sont pas déjà partenaires de l’Etat et des collectivités locales a, sans surprise, attiré de nombreux fraudeurs. Car, sans contrôle indépendant des entreprises de travaux, les fraudes augmentent d’autant plus que les taux de subventions sont élevés, comme observé lors des débuts du photovoltaïque, et plus récemment avec les combles et chaudières « à 1 euro » ou, à une autre échelle, avec le Superbonus italien. Cette multiplication des dossiers frauduleux nécessitant des contrôles plus approfondis avant d’engager les subventions, les délais d’instruction s’étendent encore davantage.

      https://archive.ph/qFR44

      #BTP #écologie_capitaliste #logement

    • MaPrimeRénov’ : comment l’Etat a fragilisé le dispositif en changeant les règles et en réduisant son budget
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/25/maprimerenov-comment-l-etat-a-fragilise-le-dispositif-en-changeant-les-regle


      https://archive.ph/MBqGS

      En 2025, un nouveau type de fraude voit le jour. Elle s’est développée à l’occasion d’une réforme des aides, qui oblige les candidats à la rénovation globale à avoir recours à un tiers de confiance, appelé « Mon accompagnateur Rénov’ » (MAR). Parmi les 1 600 MAR agréés par l’Etat, une centaine de ces structures sont aujourd’hui suspectées d’avoir déposé 16 000 dossiers douteux (devis survitaminés, usurpations d’identité, audits énergétiques manipulés, collusions avec des entreprises de travaux).

      Ces arguments pour justifier la suspension de MaPrimeRénov’ peinent toutefois à convaincre. « La fraude, c’est le sujet qu’on nous ressert tout le temps pour tuer le dispositif, s’agace un proche du gouvernement. La vérité est qu’on a fermé le guichet MaPrimeRénov’ pour des raisons budgétaires. » De fait, le ministère du logement n’avait pas demandé la mise sur pause de la machine à rénover les logements. Il a été mis devant le fait accompli par Bercy, qui, obnubilé par l’atteinte des objectifs de réduction du déficit public, a repris la main sur un programme jugé trop coûteux.

      [...]

      Dans un premier temps, le budget suit. La rénovation globale est encouragée et Mon accompagnateur Rénov’ devient obligatoire pour les dossiers les plus importants à compter du 1er janvier 2024. Mais de MAR, il n’y en a pas. Ou si peu. « Je fais tout ce qu’on me dit, je forme mes salariés à l’étanchéité à l’air, à la migration de la vapeur d’eau dans les parois, et, derrière, ça ne suit pas », déplore Matthias Marsollier, charpentier et spécialiste de l’isolation biosourcée, à Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire), contraint, faute de MAR, de suspendre la moitié de son activité.

      « Il n’y a vraiment aucune solution, à part patienter »
      La filière ne suit pas, elle tarde à se structurer. Les artisans labellisés « reconnu garant de l’environnement » (RGE), incontournables pour bénéficier des aides publiques, ne sont pas assez nombreux, et les organisations professionnelles préfèrent, à la rénovation d’ampleur, les monogestes, qui sont plus rentables et ne bousculent pas les habitudes de travail.

  • Aux Etats-Unis, la course effrénée au nucléaire civil
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/12/aux-etats-unis-la-course-effrenee-au-nucleaire-civil_6612464_3234.html

    La renaissance nucléaire américaine est une cause nationale. Elle est soutenue à la fois par les démocrates et par les républicains. « De tout ce que je fais sur le climat, le domaine qui bénéficie du plus de soutien transpartisan est le nucléaire », se réjouissait Bill Gates, lors du lancement des travaux. Le 23 mai, Donald Trump a signé quatre décrets visant à quadrupler la production d’ici à 2050, amplifiant un mouvement lancé par Joe Biden, qui voulait la tripler. « Il est temps pour le nucléaire », a proclamé le président républicain depuis le bureau Ovale.

    De très nombreuses start-up ont levé des centaines de millions de dollars pour commercialiser de nouveaux réacteurs, innovants soit par leur technologie, soit par leur taille. Elles s’envolent en Bourse et valent des milliards, au point de frôler la bulle, chacun ayant sa spécificité : Oklo, la firme dont le secrétaire à l’énergie de Donald Trump, Chris Wright, était administrateur, fonctionne au métal fondu et a vu son action multipliée par 6 en un an, avec une capitalisation de 7 milliards de dollars. NuScale (multiplié par 4 ; 10 milliards de dollars) et Nano Nuclear (multiplié par 4,2 ; 1,2 milliard de dollars) tournent à l’eau pressurisée mais sont de petite taille, tout comme le spécialiste des réacteurs de sous-marins BWX Technologies (+ 50 %, 12 milliards de dollars).

    Les projets foisonnent, mais aucun de ces réacteurs n’a encore été construit ou testé. Cette tâche incombe en partie au ministère fédéral de l’énergie et au Laboratoire national de l’Idaho, perdu à 300 kilomètres de la centrale de Kemmerer, dans les plateaux déserts de l’Idaho, au sud-ouest du célèbre parc de Yellowstone. C’est là que fut installé un gigantesque centre d’essai de réacteurs civils après la seconde guerre mondiale. Prudents, les chercheurs installés à Chicago (Illinois) s’étaient dit qu’il valait mieux mener ces types d’expérimentations loin de toute population. Le site de 2 300 kilomètres carrés (plus de vingt fois la superficie de Paris) reste intimidant – « l’usage de la force mortelle est autorisé », lit-on en avertissement –, mais l’accueil est chaleureux pour vanter la renaissance nucléaire américaine.

    « Tout le monde avance aussi vite que possible », se réjouit Jess Gehin, directeur associé du Laboratoire national de l’Idaho, alors que Donald Trump veut diviser par deux ou trois le processus, en réduisant à dix-huit mois les délais d’autorisation. Sa mission : tester l’application de technologies ayant fait l’objet de recherches approfondies au XXe siècle. « Nous avons construit 52 réacteurs. Toutes ces technologies, nous les avons étudiées ici, elles ne sont donc pas vraiment nouvelles. Ce qui est nouveau, c’est la commercialisation, le transfert de certaines technologies vers le secteur privé », explique Jess Gehin, qui salue la spécificité américaine, le financement des entreprises par le capital-risque et l’aide scientifique de l’Etat : « Chacune de ces entreprises a levé des centaines de millions de dollars. » Pas de centralisation : « Le marché choisira », confirme Jess Gehin, qui résume son état d’esprit : « Aux Etats-Unis, nous avons des centaines de types de réacteur et un seul type de fromage. En France, il existe des centaines de types de fromage et un seul type de réacteur. »

    [...]

    Depuis un an, tous les géants du numérique s’efforcent d’acquérir l’électricité d’une centrale nucléaire traditionnelle pour alimenter leurs serveurs informatiques : fin 2024, Microsoft décide avec l’exploitant Constellation de relancer le deuxième réacteur arrêté sur le tristement célèbre site de Three Mile Island, en Pennsylvanie ; début juin 2025, Meta signe un accord de fourniture d’électricité pour vingt ans avec une autre centrale nucléaire de Constellation, dans l’Illinois. Celle-ci avait failli fermer en 2017, avant d’être sauvée par l’Etat d’Illinois.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Nucléaire : les start-up se multiplient sur le marché des petits réacteurs

    Mais d’autres vont plus loin et veulent développer des réacteurs d’un nouveau type, plus petits, d’une capacité d’environ 80 mégawatts. Amazon a signé des accords avec Energy Northwest et le concepteur X Energy pour construire quatre petits réacteurs (small modular reactor) pour un total de 320 mégawatts pouvant être porté à 960. Google a fait de même, avec Kairos, une start-up fondée en 2017, pour développer sept réacteurs nucléaires d’une puissance totale de 500 mégawatts d’ici à 2035. L’ambition est d’éviter les projets gigantesques tels Vogtle ou Flamanville, aux dépassements de coûts souvent incontrôlés, et d’envisager une production en série, voire en usine pour les petits modules.

    [...]

    L’un des sujets problématiques, toutefois, reste le retraitement et l’approvisionnement en combustible. ....

    https://archive.ph/5YidN

    #écologie_capitaliste #nucléaire #TerraPower #IA #refroidissement #réacteur_au_sodium #réacteur_à_sel_fondu #délais_d'autorisation #Microsoft #Meta #Amazon #Google

  • Trump order ’putting people over fish’ draws controversy in California
    https://www.usatoday.com/story/news/nation/2025/01/21/trump-water-california-fish-newsom/77848777007

    In the executive order titled “Putting People Over Fish: Stopping Radical Environmentalism to Provide Water to Southern California,” Trump mandated water from Northern California’s Sacramento-San Joaquin Delta, one of the state’s main water sources, to be redirected south. It’s an attempt to change the environmental protections of the smelt, a three-inch-long fish once vital to California’s ecosystem but now nearly extinct, and criticize the state’s efforts while battling raging and deadly wildfires that have wreaked havoc across greater Los Angeles.

    President Trump wants to make showerheads and toilets flow greatly again, but so may utility bills
    https://apnews.com/article/trump-climate-energy-efficiency-b70d96d84f9aa1160faea547b15455a9

    WASHINGTON (AP) — President Donald Trump once expressed concern with how low showerhead flow affected his “perfect” hair. Now back in the White House, he’s again taking aim at some high-efficiency household items — and that may mean higher water and electric bills in your home.

    One of Trump’s several dozen first-day executive orders promises to “unleash American energy,” including a pledge to ease efficiency standards for household appliances and fixtures.

    The standards are intended to make dishwashers, showerheads, refrigerators, laundry machines, toilets and the like use less energy and water. The higher-efficiency appliances can have higher upfront costs, but they save water and electricity.

    #Trump vowed that consumers won’t be forced to buy or use such items — mirroring action he took during his first time in office.

    His order would “safeguard the American people’s freedom to choose from a variety of goods and appliances, including but not limited to lightbulbs, dishwashers, washing machines, gas stoves, water heaters, toilets, and shower heads.”

    fini les apprentis sorciers, on a des professionnels.

    #eau #écologie_capitaliste

  • La permanence de Laurent Duplomb bientôt emmurée
    https://www.zoomdici.fr/actualite/la-permanence-de-laurent-duplomb-bientot-emmuree

    « Le mur de Berlin symbolisait la scission du monde en deux idéologies. C’est bien cette opposition qui sera représentée, samedi 1ᵉʳ février, par le mur de ruches monté devant la permanence du sénateur Laurent Duplomb.
    C’est en effet un vent de colère et de découragement qui souffle chez les apiculteurs. Ils ont découvert avec stupéfaction la proposition de loi dite « loi Duplomb » proposée par le sénateur altiligérien qui prévoit, entre autres, de ré-autoriser la mise sur le marché de certains #néonicotinoïdes pour « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur ». Un projet de loi discuté cette semaine  ».
    « Rendez-vous à 13 heures, samedi 1er février, devant la permanence du sénateur (rue Vibert au Puy) pour prendre part à la grande « photo souvenir » de ce que les apiculteurs appellent déjà : « le mur de la honte altiligérien ».

    « Ces insecticides au nom barbare ont longtemps été largement utilisés en #agriculture. De nombreuses études ont montré leurs effets délétères sur les insectes pollinisateurs. En plus de se retrouver dans le pollen et le nectar utilisés par les #abeilles, ils contaminent aussi les cours d’eau et les terres. Ils ont finalement été interdits en France et en Europe en 2018  ».

    « C’est donc un cri d’alarme qui est lancé par les #apiculteurs altiligériens et le syndicat des apiculteurs de Haute-Loire, déjà confrontés au quotidien à des problématiques qui mettent leur exploitation en péril : frelon asiatique, varroa… et bientôt le retour des insecticides tueurs d’abeilles ? Le glas ultime ».

    #écologie #écologie_capitaliste

  • Pour sauver son #aéroport de #Pau, le chantage de #Bayrou aux dépens de la #santé de milliers de Franciliens | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/220125/pour-sauver-son-aeroport-de-pau-le-chantage-de-bayrou-aux-depens-de-la-san

    LeLe fait du prince. Pour répondre au désir du premier ministre François Bayrou d’avoir une ligne aérienne entre la capitale et son #fief de Pau (Pyrénées-Atlantiques), des habitant·es du #Val-de-Marne, un des départements les plus pauvres d’Île-de-France, continueront d’éprouver les pollutions dues aux mouvements de l’aéroport d’Orly jusque tard dans la nuit.

    Fin décembre, Le Canard enchaîné a dévoilé que le patron du #MoDem avait « mis dans la balance » son soutien à Michel #Barnier, alors premier ministre, pour sauvegarder la ligne aérienne entre l’aéroport d’#Orly et la ville dont il continue d’être maire. #Transavia, filiale low cost du groupe #Air_France-KLM qui assurait le trajet, avait annoncé en août dernier la suspension de la #ligne pour fin octobre 2024. 

    Le taux de #fréquentation de celle-ci a dégringolé depuis la pandémie de Covid-19 au point qu’elle est devenue déficitaire pour la compagnie. Par ailleurs, Air France propose déjà plusieurs vols quotidiens entre la cité béarnaise et l’aéroport de #Roissy-Charles-de-Gaulle. Et à l’heure de l’#urgence_climatique, neuf trains par jour connectent #Pau_à_la_capitale en moins de cinq heures.

    Agrandir l’image : Illustration 1
    © Photomontage Armel Baudet / Mediapart
    Afin de satisfaire François Bayrou, le cabinet de Michel Barnier a exhorté à l’automne dernier la direction d’Air France-KLM de maintenir la liaison Pau-Orly. En échange de la relance de cette onéreuse desserte aérienne, la compagnie a demandé au premier ministre d’alors d’adoucir le projet de relèvement de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), une mesure portée par le gouvernement dans le budget 2025 afin d’aider à rétablir les comptes publics.

    Selon les informations de Mediapart, la direction d’Air France-KLM a mis une seconde condition sur la table pour répondre aux velléités de François Bayrou. La compagnie a en effet demandé que la conclusion d’une étude d’impact des nuisances sonores nocturnes à l’aéroport d’Orly lui soit le plus favorable possible. Le groupe pourrait ainsi continuer à faire voler un maximum d’avions jusque tard dans la soirée, mais au détriment de l’exposition des riverains aux pollutions.

  • Jason W. Moore, cosmologie révolutionnaire et communisme de la vie
    https://lundi.am/Jason-W-Moore-cosmologie-revolutionnaire-et-communisme-de-la-vie

    A la suite de la revue amie Terrestres, nous publions l’introduction limpide du philosophe Paul Guillibert à l’œuvre fondamentale de la pensée écologique contemporaine de James W. Moore telle qu’elle s’exprime dans son dernier livre L’écologie monde du capitalisme. Comprendre et combattre la crise environnementale où il s’attache à repenser le capitalisme dans la nature et la nature dans le capitalisme.

    **L’œuvre de Moore constitue une tentative radicale pour refonder la critique du capitalisme sur une cosmologie non dualiste.

    **
    S’il faut repenser le #capitalisme à partir de son histoire écologique, encore faut-il être prêt à repenser la nature à partir de son histoire sociale.

    *
    Dans le capitalisme, la catégorie de #nature renvoie à l’ensemble des réalités dévalorisées, celles qui font l’objet d’une appropriation gratuite ou d’une très faible capitalisation.

    #écologie #histoire #communisme #mise_au_travail_du_vivant #Jason_W._Moore #écologie_monde

  • Voitures électriques : une association alerte sur la difficulté à les réparer
    https://www.francetvinfo.fr/economie/automobile/voitures-electriques-une-association-alerte-sur-la-difficulte-a-les-rep

    Dans un rapport, l’association « Halte à l’obsolescence programmée » affirme que la plupart des véhicules électriques seraient difficiles voire impossibles à réparer.

    #mobilité (plus ou moins) douce : qui a dit que l’électrification ne pourrait pas vous surprendre ?

    • L’obsolescence accélérée des voitures thermiques et électriques
      https://www.halteobsolescence.org/wp-content/uploads/2024/04/Rapport-HOP-obsolescence-dans-lautomobile-vers-des-voitures-jetab

      Il est possible de faire des voitures électriques légères et durables, comme c’était le cas avec les voitures thermiques dont on a diminué la durabilité. On choisit le lourd, gavé d’accessoire, d’électronique irréparable sans faire appel aux concessionnaires, et aussi jetable que les smartphones et la fast fashion.
      #voiture_electrique #obsolescence_programmée

    • « Vers des voitures jetables en 2044 » : l’association HOP met en garde contre la non-réparabilité des voitures électriques
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/17/vers-des-voitures-jetables-en-2044-l-association-hop-met-en-garde-contre-la-

      Pour réduire ses émissions, le parc automobile doit s’électrifier, mais l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) s’inquiète du manque de réparabilité des Tesla et des « wattures » chinoises [et des Tesla,ndc]
      Par Sophie Fay

      Laetitia Vasseur en a des sueurs froides. Après les téléphones portables et des appareils électroniques, la cofondatrice de l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) publie, avec Julie Caillard et Flavie Vonderscher, un rapport intitulé « L’obsolescence accélérée et planifiée des voitures thermiques et électriques ». Pour que les enjeux soient clairs, les autrices se projettent dans vingt ans et nous décrivent les routes, les garages et les cimetières de voitures à cette date. « Si rien ne change, nous allons tout droit vers des voitures jetables en 2044 », prévient cette militante de 35 ans qui a réussi à imposer l’indice de réparabilité, devenu au 1er janvier indice de durabilité, pour les appareils électroménagers.

      Dans le monde dystopique de 2044 que trace HOP, « les véhicules électriques ont une durée de vie assez limitée, car les batteries ne sont globalement ni réparables, ni remplaçables. En 2044, malgré une relative fiabilité, quand la batterie fatigue ou dysfonctionne, il faut jeter la voiture ! De ce fait, le secteur de l’occasion n’est pas attractif. D’autant plus que les efforts des constructeurs pour baisser les prix de production payent : les voitures électriques neuves sont moins chères qu’avant ».

      Aujourd’hui, la filière automobile version motorisation thermique est « à l’avant-garde des bonnes pratiques de réemploi, de réparation, de pièces d’occasion, riche d’un écosystème économique divers et dynamique », salue HOP. D’ici vingt ans, tout cela peut avoir disparu. « En 2044, l’économie circulaire repose essentiellement sur un nouveau modèle de “fast fashion” » de l’automobile, peut-on lire dans le rapport. « On cherche prioritairement à intégrer des matières recyclées à la fabrication plutôt que de favoriser le réemploi ou la réparation. »

      Aucune norme

      Comment en arriverait-on à ce point ? La première raison, ce sont les #batteries. Constructeurs et utilisateurs ont eu une bonne surprise avec celles de la Zoe, sortie en 2012, « qui affichaient encore une valeur moyenne de 80 % de leur capacité initiale après dix ans d’utilisation », note Louis-Pierre Geffray, expert pour l’Institut mobilités en transition. Tesla annonce aussi une bonne performance : 10 % de perte sur la capacité initiale après 200 000 miles (321 800 kilomètres).

      Mais ces résultats ne sont pas inscrits dans le marbre : ils ne correspondent à aucune norme. Ils pourraient se dégrader, notamment si les automobilistes utilisent davantage la #charge_rapide. Les composants électroniques des systèmes de gestion des batteries − dits BMS (Battery Management System) − ou la connectique entraînent aussi des « pannes aléatoires », selon HOP. La chimie des batteries peut aussi faire apparaître des défauts en vieillissant. Les réparer est alors une opération complexe pour laquelle peu de techniciens sont formés.

      Se pose surtout un deuxième problème : il n’est pas toujours possible d’accéder au pack batterie ou aux cellules qui le composent. HOP a fait appel aux techniciens du garage Revolte à Nantes, spécialisés dans la réparation de véhicules électriques, pour comprendre les différents cas de figure. Pour réduire les coûts, certaines marques scellent les couvercles des batteries avec du silicone plutôt que de les visser, d’autres appliquent une résine ou une mousse entre le boîtier et les modules de batterie, ce qui les rend pratiquement irréparables.

      « C’est la loterie »

      Mobivia, l’actionnaire de Norauto, confirme que ces pratiques − que l’on retrouve dans les Tesla ou les voitures des deux marques chinoises les plus vendues en Europe, MG et BYD − conduisent_ « vers quelque chose qui ressemble de plus en plus à des batteries jetables ». Combien de temps les constructeurs européens résisteront-ils à ces pratiques moins coûteuses ? Le mode d’intégration de la batterie ferait baisser le coût de fabrication de la Seal de BYD de 10 % par rapport à la Mégane E-Tech de Renault.
      « C’est la loterie pour l’automobiliste lors de l’achat puisqu’il n’a pas de moyens de savoir facilement quel modèle dispose d’une batterie réparable ou non, alors que celle-ci coûte 30 % à 40 % de la valeur du véhicule », note HOP. Le plus étonnant pour HOP, c’est le flou juridique : la batterie n’est pas considérée comme une pièce détachée comme une autre et rien n’impose, à ce stade, qu’elle soit réparable et remplaçable et que le constructeur garantisse cette possibilité pendant sept ans comme pour un téléphone.

      Une troisième tendance, popularisée par Tesla ou les constructeurs chinois, menace aussi la réparabilité des véhicules : le gigacasting. Cette pratique industrielle consiste à produire en un seul bloc les parties avant et arrière du véhicule. L’assemblage va plus vite et coûte beaucoup moins cher (jusqu’à 40 %). Mais « au moindre choc, il faut remplacer une partie si importante de la voiture qu’il sera probablement plus rentable de la mettre à la casse », prévient HOP.

      Quatrième risque, avec ces voitures conçues comme des smartphones : l’obsolescence de certains composants électroniques, du logiciel, ou encore la « sérialisation des pièces », équipées d’un verrou électronique qui ne leur permet d’être utilisées que sur le véhicule auquel elles sont appariées. Enfin, les voitures sont de plus en plus connectées et « les constructeurs renforcent progressivement leur monopole de détention des données »_, note HOP, ce qui leur permettra de contrôler les opérations de maintenance.

      Bonnes pratiques

      HOP n’est pas la seule organisation à s’inquiéter. Ce rapport va dans le sens des mises en garde renouvelées des assureurs. « Un automobiliste, en pensant à ses enfants, à l’environnement, aux ZFE [zones à faibles émissions], peut passer à l’électrique et, s’il tombe en panne après deux ans, lorsque la garantie constructeur ne joue plus, se retrouver avec un véhicule qui subit un choc, tombe en panne et ne vaut plus rien », regrette Yann Arnaud, chargé des relations avec les sociétaires et de l’innovation à la Macif.

      Pour l’instant, les tarifs de la Macif avantagent le passage à l’électrique : « Nous construisons ainsi notre expérience et nos données », explique l’expert, en reconnaissant que cela pourrait évoluer. Laetitia Vasseur note que les primes d’assurance ont déjà augmenté pour les véhicules électriques au Royaume-Uni, créant un coût caché pour l’automobiliste.

      La dystopie décrite par HOP n’a toutefois rien d’une fatalité. Les fondateurs du garage Revolte ont lancé le réseau des « garages branchés » pour former plus de techniciens à la réparation des véhicules électriques. « Volkswagen, Stellantis et Porsche ont créé des “cliniques” de batteries en France », note le rapport, qui salue aussi le travail de Renault à Flins. « Nos enfants sont plus intéressés par l’extension de vie de nos produits que par leur remplacement. C’est une tendance sociétale, un changement qu’il faut capter », a d’ailleurs confirmé Carlos Tavares, le patron de Stellantis, en visitant l’usine de moteurs électriques de Trémery (Moselle).

      L’adoption de bonnes pratiques et de normes est d’autant plus indispensable que l’association HOP rappelle, dès le début de son rapport, qu’il n’y a guère d’autre choix que la bascule vers l’électrique pour réduire les émissions. A quelques semaines des élections européennes, elle demande donc aux candidats de prendre l’engagement d’ouvrir vite une réflexion « multipartite » sur ces sujets, et de préparer un indice de réparabilité ainsi qu’une extension de la garantie légale.

      #irréparable #écologie_capitaliste

    • Le coût est le principal inconvénient de la pile à combustible. Comme expliqué plus haut, l’usage de matériaux chers et les volumes de production encore limités ne permettent pas de diminuer les prix de façon suffisante.
      A cela s’ajoutent la problématique de la durée de vie, jugée encore insuffisante pour des applications larges.

      Sur le volet environnemental, la question de la source énergétique doit aussi être posée. Si une pile à combustible affiche un fonctionnement « zéro émission », la source d’énergie en amont doit être évidemment prise en compte. Gris, bleu, vert… selon sa couleur, l’hydrogène est plus ou moins émetteur en CO2.

      https://www.h2-mobile.fr/dossiers/pile-combustible-fonctionnement-avantages-inconvenients

    • Y a hertz (le loueur) qui se débarrasse de 20 000 voitures électriques (essentiellement des Tesla) à cause du coût de maintenance et du manque de réparabilité (les Tesla sont très peu fiables, comme son PDG), en plus d’un marché de l’occasion moribond.
      Sixt, un loueur aussi, pour les mêmes raisons, se débarrasse aussi de ses Tesla (mais pas des autres électriques, pour le moment).
      Il y a également eu l’affaire (pas mal étouffée) de pipeautage des émissions des SUV hybrides qui en fait sont quasi autant émetteurs que les thermiques purs.
      Le vent semble tourner dans la mauvaise direction pour les bagnoles électriques, surmarketées, ultra subventionnées (et dès qu’une aide disparaît les ventes dégringolent) et parfois produites n’importe comment.

      https://www.geo.fr/environnement/automobile-hertz-apprete-a-se-debarrasser-20000-tesla-voitures-electriques-pour-

      https://www.automobile-propre.com/pourquoi-le-loueur-sixt-veut-se-separer-de-ses-tesla

  • Pomper le CO₂ de l’atmosphère, un nouveau défi dans la lutte contre le dérèglement climatique

    Pomper du CO2 sans trêve après l’avoir rejeté sans fin. Alors que la planète s’est déjà réchauffée de 1,2 °C depuis l’ère préindustrielle et que les records de chaleur sont battus mois après mois, les Etats doivent réduire drastiquement leurs émissions de gaz à effet de serre s’ils veulent éviter que la Terre ne se transforme en fournaise. Mais cela ne suffira pas. Il faudra aussi retirer de l’atmosphère des milliards de tonnes de CO2 déjà présentes, à grand renfort de technologies et de ressources naturelles. C’est ce que les scientifiques appellent les « émissions négatives », une forme d’oxymore qui dit bien la situation kafkaïenne à laquelle l’humanité est acculée.
    Des entreprises françaises entendent prendre leur part dans ce défi colossal. Début avril, trente start-up ont lancé l’Association française pour les émissions négatives (AFEN) afin de structurer une nouvelle filière. « La France a un rôle à jouer, mais elle accuse un retard important, explique Julie Gosalvez, la présidente de l’AFEN. Nous voulons répondre à un double objectif d’ambition climatique et de compétitivité économique. »

    [...]

    Depuis 2018, le #GIEC considère les #émissions_négatives comme indispensables pour garder une chance de limiter le réchauffement à 1,5 °C, l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris. Ces technologies sont d’abord nécessaires pour atteindre la #neutralité_carbone, car certaines émissions résiduelles seront impossibles à éviter, dans l’agriculture, l’aviation ou l’industrie.

    [...]

    [Les membres de l’AFEN] plaident pour la création d’une stratégie nationale sur les émissions négatives, afin de donner une visibilité aux acteurs économiques et de ne pas rater la fenêtre de tir au moment où l’Hexagone planifie ses objectifs climatiques et énergétiques pour les prochaines décennies. Alors que le gouvernement doit soumettre à consultation la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie, les émissions négatives restent un « angle mort », regrette Sylvain Delerce. Or, ces dernières nécessiteront une forte augmentation de la production d’électricité décarbonée.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/04/16/climat-pomper-le-co-de-l-atmosphere-un-nouveau-defi-dans-la-lutte-contre-le-

    https://justpaste.it/dx4es

    #CO2 #climat #électricité_décarbonée #écologie_capitaliste

    • [...] tandis que la production de biochar, un charbon végétal, extrait le carbone des végétaux par pyrolyse afin de le stocker dans le sol pendant des centaines d’années, agissant en outre comme fertilisant des sols.

      Biochar... En français on dit du charbon de bois.

    • Les émissions négatives, si elles s’apparentent moins à de la science-fiction que par le passé, suscitent toutefois, encore, de la méfiance. Dans un avis prudent, publié en novembre 2023, le Haut Conseil pour le climat estime que l’usage du Beccs et du Daccs « doit pour l’heure être limité à sa contribution minimale nécessaire », tout en reconnaissant que ces technologies pourraient être utilisées « comme solution de dernier recours pour atteindre la neutralité carbone ».

      « Ces technologies posent encore des questions, notamment de faisabilité, de durabilité du stockage, et elles consomment beaucoup d’énergie, d’eau et de terres, pouvant entrer en concurrence avec d’autres usages », estime la climatologue Valérie Masson-Delmotte, l’une des membres du Haut Conseil pour le climat. Des risques dont les start-up de l’AFEN assurent être conscientes. « Les nouvelles générations de Daccs devraient consommer beaucoup moins d’énergie, et pour le Beccs, nous voulons récupérer le CO2 émis par les méthaniseurs, chaufferies et incinérateurs, qui ont utilisé des résidus de biomasse », détaille Karim Rahmani, le vice-président de l’AFEN et fondateur de la société Carbon Impact.

      Bon, c’est bien : ils ont déjà le « business model » ... Mais les technologies pour que des roches se « chargent » en CO2, c’est comment ? Et toute la chaîne logistique pour produire ces « centrales » à décarbonation ?
      je crois qu’il faut nous contenter du #business_model pour l’instant parce que ça fait circuler de ouf un gros paquet de monnaie. Pour le reste, patientons encore quelques décennies. On va bien finir par trouver le bouzin qui fait le job (ou pas). Mais en priorité : renvoyer l’ascenseur aux « investisseurs » qui eux n’ont pas trop de temps à perdre tout en étant conscients que ça ne marchera pas mais c’est pas vraiment leur problème.
      #baltringues
      #capitalisme_du_désastre (qui est un descendant direct du #capitalisme_fossile)

    • La France va stocker du carbone dans son sous-sol
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/04/26/la-france-va-stocker-du-carbone-dans-son-sous-sol_6230125_3234.html

      Le ministère de l’industrie et de l’énergie a lancé, vendredi 26 avril, sa stratégie pour développer la capture et le stockage du CO₂ sur le territoire. Ce plan prévoit de reconvertir des puits d’hydrocarbures en #puits_de_carbone.

      [...]

      Parmi les cinquante sites industriels les plus émetteurs de CO₂ en France, les deux tiers estiment devoir capter et stocker leur #carbone résiduel (celui restant en bout de chaîne, qui n’a pu être supprimé par d’autres moyens techniques) s’ils veulent pouvoir respecter leur contrat de décarbonation signé avec le gouvernement en 2022. Ces industries lourdes (cimenteries, aciéries, alumineries, etc.) ont évalué leurs besoins en captage à environ 8 millions de tonnes de CO₂ en 2030 et à 16 millions en 2040.

    • A l’issue de l’appel à manifestation d’intérêt, d’ici au 26 juillet, une phase d’appel à projets sera ouverte jusqu’en décembre, pour évaluer les sites de stockage signalés par les entreprises et tester leur étanchéité. L’objectif est que « début 2025, le stockage du carbone soit testé dans quatre ou cinq endroits en France », indique le ministre. Un financement de soutien de ces projets de 20 à 30 millions d’euros est prévu par l’Etat, issu du plan France 2030.

      Donc sur cette période de 10 ans, ces industriels comptent sur les bienfaits de « l’état providence » pour pouvoir doubler leur capacité de stockage. Finalement, c’est plutôt fastoche d’émettre du CO2 en toute impunité avec de l’argent public.

      https://archive.ph/tN7Kz#selection-2303.0-2307.139

    • Un peu de documentation à propos des « BECCS » et des « DACCS » puisque :

      « Ces technologies posent encore des questions, notamment de faisabilité, de durabilité du stockage, et elles consomment beaucoup d’énergie, d’eau et de terres, pouvant entrer en concurrence avec d’autres usages », estime la climatologue Valérie Masson-Delmotte, l’une des membres du Haut Conseil pour le climat.

      https://www.foei.org/wp-content/uploads/2021/01/Amis-de-la-terre-international_BECCS_French.pdf

      Les bioénergies avec piégeage et stockage du carbone
      (en anglais « Bioenergy with Carbon Capture and
      Storage » - BECCS) sont non encore prouvées, coûteuses et
      dangereuses ; elles détournent l’attention des réductions
      massives d’émissions nécessaires de toute urgence si l’on
      veut éviter des changements climatiques catastrophiques.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Captage_du_dioxyde_de_carbone_dans_l%27air

      La captage du dioxyde de carbone dans l’air ou captage direct du dioxyde de carbone1, en anglais : direct air capture (DAC), est l’extraction du dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’air ambiant.

  • Comment les déchets ont envahi tous les milieux : la folle histoire du « poubellocène »

    Alors qu’ils n’existaient pas jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, les déchets ont colonisé le vivant. Au-delà des défis techniques qu’ils soulèvent, ils sont devenus un terrain d’enquête pour les sciences humaines, qui s’attachent à éclairer les systèmes et les mythes à la source de leur production.

    Ils sont devenus les compagnons familiers de nos destinées modernes. Abandonnés sur les plages, prisonniers des glaciers ou concentrés en gigantesques vortex dans les océans, les déchets ont envahi tous les milieux, colonisé jusqu’au vivant. Microscopiques ou encombrants, à l’état solide, liquide ou gazeux, ils tracent sur les mers de nouveaux chemins mondialisés, saturent les airs et les sols, investissent désormais l’espace. Parfois qualifiés d’« ultimes » ou de « polluants éternels », ils s’imposent dans nos assiettes, notre #eau_potable, et jusqu’à la pointe de nos cheveux.

    Les chiffres donnent le vertige. La production annuelle de déchets solides a dépassé les 2 milliards de tonnes dans le monde et devrait atteindre 3,4 milliards en 2050, alerte la Banque mondiale. Celle des #plastiques a doublé en vingt ans, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont les deux tiers sont « mis en décharge, incinérés ou rejetés dans l’environnement ».

    Si cette omniprésence affecte directement la #santé humaine et celle des #écosystèmes, elle marque aussi l’empreinte indélébile des activités humaines sur la Terre. Depuis les premiers amas laissés à l’entrée des grottes, témoins de sa sédentarisation, les détritus racontent l’histoire d’Homo sapiens.
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/02/02/le-poubellocene-ou-la-folle-histoire-de-l-ere-des-dechets_6214466_3232.html

    https://justpaste.it/fwezu

    #capitalocène #poubellocène #déchets #polluants_éternels #écologie_capitaliste

  • Revealed: the industry figures behind ‘declaration of scientists’ backing meat eating
    https://www.theguardian.com/environment/2023/oct/27/revealed-industry-figures-declaration-scientists-backing-meat-eating

    A public statement signed by more than 1,000 scientists in support of meat production and consumption has numerous links to the livestock industry, the Guardian can reveal. The statement has been used to target top EU officials against environmental and health policies and has been endorsed by the EU agriculture commissioner.

    #lobbying

  • En Bretagne, une compagnie aérienne intérieure prend son envol avec l’aval du gouvernement | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/221023/en-bretagne-une-compagnie-aerienne-interieure-prend-son-envol-avec-l-aval-

    À l’heure de la planification écologique, le ministère de la transition écologique s’apprête à autoriser un nouveau transporteur aérien à effectuer des vols intérieurs déjà couverts par d’autres opérateurs. Pis, cette compagnie bretonne est financée à 60 % par des aides publiques.

    Mickaël Correia

    22 octobre 2023 à 19h16

    Un condensé d’aberrations climatique et économique. Alors que la planète se réchauffe toujours plus vite et qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer sa planification écologique, le ministère de la transition écologique devrait donner son aval au lancement d’une nouvelle compagnie aérienne, selon les informations de Mediapart.

    Baptisée Celeste, cette dernière a pour projet phare d’ouvrir une liaison aérienne entre Brest et Paris. Qu’importe que ce trajet soit déjà opéré quotidiennement par Chalair à destination d’Orly ou par Air France vers Roissy.

    L’initiative semble d’autant plus saugrenue qu’à l’heure du report modal vers le train, Brest est à moins de quatre heures de TGV de la gare Montparnasse, située dans Paris intra-muros.

    Basée à Morlaix (Finistère), Celeste a été créée en 2021 par Bruno Besnehard, ancien patron de Vueling France, et Arnaud Jouslin de Pisseloup de Noray, issu d’une société de conseil pour le secteur aérien. À plus long terme, la compagnie souhaite aussi réaliser des vols depuis Brest vers Toulouse, Strasbourg, Nice ou Montpellier. Ou encore vers des « destinations soleil » comme Madrid.

    https://jpst.it/3qO74

    • « Avec les transports, je veux montrer qu’on fait de l’écologie pour de vrai », Clément Beaune, 27 juillet 2022, Le Monde

      le 12 juin, la région Bretagne a voté 1 million d’euros de soutien à Celeste. Vice-président de la commission aménagement et mobilités à la région, l’élu écologiste Loïc Le Hir rapporte à Mediapart : « Cette décision a été votée par les élus de la majorité présidentielle, de la droite et de l’#extrême_droite. C’est une absurdité économique de financer avec de l’argent public une compagnie aérienne qui, de surcroît, concurrence sur le même trajet un autre opérateur. »

      [...]

      « Difficile de parler d’enclavement quand on sait que la région Bretagne dénombre à elle seule huit aéroports commerciaux, sans compter les aérodromes, rétorque Loïc Le Hir. La France compte en moyenne un aéroport pour près de 1 million d’habitants. En Bretagne, nous descendons à un pour 413 000 habitants. »

      #aviation #transports #climat #France #France_des_riches #ministère_de_la_transition_écologique #clientélisme_patronal #Clément_Beaune #écologie_capitaliste

  • Substances chimiques : « Aucun débat ne s’engage sur nos usages, alors que se déploie sous nos yeux une catastrophe », Stéphane Foucart

    Les dégâts sanitaires attribués aux substances de synthèse dangereuses, évalués à plus de 30 milliards d’euros par an en Europe par la Commission européenne elle-même, n’y ont rien fait. Bruxelles a annoncé l’abandon de la révision du règlement Reach sur les produits chimiques

    Voilà, c’est fini. La Commission européenne a abandonné l’idée d’adopter dans cette législature, qui s’achève en juin 2024, la réforme du règlement communautaire sur les #produits_chimiques, l’une des mesures les plus ambitieuses du #Pacte_vert (ou #Green_Deal) annoncé par Ursula von der Leyen, en 2019. Ce n’est pas une surprise. Le pacte n’a cessé de s’étioler au fil des mois, détricoté par une majorité d’Etats membres et par l’aile droite du Parlement européen. Le bilan, qu’il faudra bien tirer un jour, risque d’être cruel.

    La réforme du règlement Reach (Enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques) devait notamment permettre d’exclure les familles chimiques les plus dangereuses, qu’il s’agisse de plastifiants, de solvants, d’ignifuges, d’imperméabilisants, de cosmétiques, de nanomatériaux, etc. C’est-à-dire une diversité de substances présentes dans les objets du quotidien et qui finissent, d’une manière ou d’une autre, par se retrouver dans l’eau, l’environnement, la chaîne alimentaire et in fine dans les organismes de dizaines de millions d’Européens.

    Il est difficile de donner à voir toute l’étendue et toute la profondeur de la faillite politique que constitue l’abandon de cette révision. Pour le comprendre, il faut consulter quelques passages-clés de l’étude d’impact conduite par les services de l’exécutif européen lui-même. Ces pages devaient demeurer confidentielles, mais Le Monde et le quotidien britannique The Guardian en ont révélé des paragraphes éclairants en juillet. « Des bénéfices directs, pour la santé des consommateurs et des travailleurs, comme une meilleure fertilité, une baisse d’incidence de l’obésité, de l’asthme, de maladies neurologiques et du cancer sont attendus de la réduction d’exposition aux produits chimiques les plus dangereux », y lit-on.

    La catastrophe est officiellement là

    Un chiffre, établi par la Commission européenne, permet d’apprécier la magnitude de ces dégâts. Les mesures de retrait les plus ambitieuses des molécules problématiques représenteraient quelque 31 milliards d’euros de bénéfices annuels en termes de #maladies évitées (les pertes associées pour les #industriels étant environ dix fois moindres). C’est évidemment énorme, mais ces chiffrages économiques – la seule métrique que les élites occidentales semblent capables de comprendre – ont tendance à invisibiliser ce qu’ils sont pourtant censés refléter : la maladie et la souffrance, la détresse, le malheur et la mort.
    Pourtant, la révision de Reach a été abandonnée. Ni l’ampleur des dégâts ni le caractère incontrôlable de nos usages de la #chimie_de_synthèse ne semblent, outre quelques aménagements à la marge, pouvoir enclencher le changement. La #catastrophe est officiellement là. Dans un message adressé à ses cadres en septembre et révélé le 18 octobre par Le Canard enchaîné, le directeur de l’agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie écrit : « Très clairement, nous allons devoir changer d’approche et de discours ; il y a des #PFAS_ [molécules per- et polyfluoroalkylées] _et des métabolites [produits de dégradation de #pesticides] partout. Et plus on va en chercher, plus on va en trouver. » La situation est si ingérable que l’intéressé écrit dans son courriel que la sécurité sanitaire de l’#eau distribuée n’est plus garantie.

    La contamination généralisée des eaux de surface et souterraines ne concerne pas seulement l’Occitanie mais l’ensemble du territoire national, en particulier le Bassin parisien, la région lyonnaise, les Hauts-de-France, la Loire-Atlantique, la Vienne et bien d’autres zones. Dernier événement en date : le 18 octobre, l’agglomération de La Rochelle fermait provisoirement ses quinze captages pour cause de contamination des nappes phréatiques par un métabolite très persistant du chlorothalonil – un fongicide interdit en 2020. L’eau sera prélevée jusqu’à nouvel ordre dans la Charente.

    Dangereuse cécité

    Dans le courriel révélé par Le Canard enchaîné, le directeur de l’#ARS Occitanie recommande enfin de ne pas mettre en œuvre les contrôles renforcés de l’#eau_potable prévus pour 2026, suspectant que de nouvelles découvertes désagréables ne rendent la situation plus inextricable encore. Un haut responsable de #santé_publique qui confesse sa volonté de ne pas connaître la réalité d’un problème au motif de son ampleur prévisible, cela devrait porter l’ensemble de la société à la plus profonde inquiétude.
    Il n’en est rien. Ni à Bruxelles, ni à Paris, ni dans la plupart des capitales européennes, ni au Parlement européen. En témoigne, on l’a vu, le report sine die de la réforme de #Reach, mais aussi la guérilla menée par la droite européenne contre le règlement sur l’usage durable des pesticides (règlement SUR), en cours de discussion.

    Le projet est du reste déjà moribond. Le principal indicateur de risque (dit « HRI-1 »), la méthode de mesure qui doit objectiver l’utilisation des pesticides dans l’UE, est le fruit d’un trucage manifeste, comme cela a déjà été raconté dans Le Monde. Les Vingt-Sept s’apprêtent à naviguer munis d’une boussole qui indique le sud : ce n’est pas très encourageant.
    Ainsi, alors que se déploie sous nos yeux une catastrophe dont nul ne peut plus nier la réalité, aucun débat ne s’engage sur nos usages de la chimie. Frappés d’une dangereuse cécité, la plus grande part de nos responsables politiques sont prisonniers de leurs automatismes, et bredouillent inlassablement les mêmes mots-clés dont plus personne ne sait trop ce qu’ils veulent dire : innovation, technologies vertes, compétitivité, etc. Il suffit d’écouter le discours prononcé le 17 octobre par le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, où il justifie le report sine die de la révision de Reach : tout y est.
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/10/22/substances-chimiques-aucun-debat-ne-s-engage-sur-nos-usages-alors-que-se-dep

    #écologie_capitaliste #écologie

  • Une présence généralisée des pesticides dans les sols agricoles de France, selon une étude-pilote
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/05/25/une-presence-generalisee-des-pesticides-dans-les-sols-agricoles-de-france-se


    Un agriculteur prépare la terre de sa parcelle avant des semis, dans le Calvados, en février 2022. ED ALCOCK/MYOP POUR « LE MONDE »

    Une centaine de molécules ont été recherchées sur 47 sites répartis sur le territoire français. Au moins une substance a été retrouvée sur 46 des 47 sites examinés, y compris sur des terrains n’ayant jamais été traités.

    Sur la question des pesticides, le travail législatif et réglementaire en cours à Bruxelles n’a jamais été aussi peu en phase avec l’actualité scientifique. Alors que le projet de règlement européen sur l’« usage durable » des agrotoxiques est encalminé au Parlement de Strasbourg, des chercheurs français publient, dans la dernière édition de la revue Environmental Science & Technology, la première étude-pilote conduite à l’échelle nationale, sur la présence de ces produits dans les sols agricoles de France.

    Sur un échantillon d’une cinquantaine de sites, leurs résultats font suspecter une présence quasi généralisée d’une soixantaine de substances actives dans les terres arables, mais aussi sur des terrains n’ayant jamais été traités. Pour les chercheurs, la présence de tels produits dans les sols n’est en soi pas surprenante, mais leur rémanence, leur nombre et les concentrations mesurées sont « inattendus et inquiétants » avec des niveaux présentant fréquemment un risque pour les organismes du sol.
    https://justpaste.it/7w0b5

    « T’as vu, j’ai dit du bien des pesticides ! » : dans quel contexte le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, a-t-il prononcé cette phrase ?
    https://www.liberation.fr/checknews/tas-vu-jai-dit-du-bien-des-pesticides-dans-quel-contexte-le-ministre-de-l

    ...le ministre se [déplace] dans la salle des conférences [du Sénat], où se tiennent les journalistes. Et de lâcher, en direction d’une femme : « T’as vu j’ai dit du bien des pesticides. » Son interlocutrice répond : « Oui, j’ai vu, j’ai vu ! ». Un autre dit : « C’est bien ! ».

    #pesticides #agriculture #écologie_capitaliste

  • L’eau potable en France contaminée à vaste échelle par les métabolites du chlorothalonil , un pesticide interdit depuis 2019
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/04/05/l-eau-potable-en-france-contaminee-a-vaste-echelle-par-les-metabolites-du-ch

    Environ un tiers de l’eau distribuée en France serait non conforme à la réglementation , selon un rapport qui doit être rendu public jeudi par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

    • « Contamination de l’eau. La catastrophe est prouvée. J’ai alerté sur les métabolites il y a 16 mois. »

      Vous reprendrez bien un peu de métabolites ?

      Une énième étude tire la sonnette d’alarme sur le glyphosate. On en trouve la trace dans 99,8% des urines des Français. Cette étude a été publiée le 13 janvier 2022. C’était le jour de la niche parlementaire du groupe insoumis. Nous l’avons donc utilisée comme preuve accablante supplémentaire pour exiger l’interdiction du glyphosate. Mais les macronistes n’ont rien voulu savoir. D’après le ministre Denormandie, tout est complexe et nous sommes trop « simplistes » !

      Une chose est très simple à comprendre : le désastre est total. Faute d’interdiction, les ventes de ce pesticide ont augmenté de 42% entre 2019 et 2020. Désormais, 90% des cours d’eau français sont pollués aux pesticides. Une autre étude de Santé Publique France, publiée le 16 décembre dernier, est passée inaperçue. Elle était pourtant tout aussi effrayante. Ainsi, des résidus de glyphosate sont détectés dans les urines de 93 %… des enfants ! Pourtant, les responsables de l’enquête ont conclu à une diminution des pesticides. Facile : ils ont analysé des insecticides interdits depuis plus de 10 ans et fait l’impasse sur les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles !

      Mais la dissimulation ne s’arrête pas là. Je veux parler ici d’une pollution plus invisible encore que celle des pesticides. Connaissez-vous les métabolites ? Ce sont les descendants chimiques des pesticides. Des centaines de pesticides se transforment en dizaines de milliers de métabolites. Ceux-là ne sont pas moins toxiques. Certains d’entre eux ont même une durée de vie plus longue.

      Quand on prend la peine de les analyser, on découvre à quel point la pollution est sous-estimée. L’eau en est saturée à tel point qu’on en retrouve aujourd’hui dans celle que nous buvons. Par exemple, depuis 2018, dans 8 villages des Pays-de-Loire, l’eau « potable » est diluée avec une autre moins polluée pour rester dans les normes. Depuis, la situation s’est aggravée. Pour ne pas couper l’eau aux habitants, le préfet a fini par autoriser le dépassement du taux autorisé de pesticides dans l’eau. Bienvenue en absurdie !

      Pourtant, ces métabolites ne sont pas tous recherchés lors des contrôles de qualité des eaux. Mais pourquoi donc ? L’explication se trouve du côté des fabricants. Une longue et minutieuse enquête du média Bastamag nous offre des explications précieuses. Evidemment, faute d’y être obligés, les fabricants rechignent à communiquer les « signatures chimiques » des pesticides qu’ils produisent. Sans code, pas d’analyse ni de détection possible. Autrement dit : pas vu, pas pris. Heureusement, les associations anti-pesticides se cotisent pour financer des analyses de pointe.

      D’autant que certains élus et responsables peu scrupuleux se rendent complices de l’agro-industrie. Ils font pression pour que ces métabolites soient classés « non pertinents ». Non-pertinents signifie moins toxiques. C’est le moyen que le lobby des fabricants de pesticides a trouvé pour que le seuil de conformité, c’est-à-dire le taux autorisé de métabolites dans l’eau, soit revu à la hausse. Plus ce taux est important, moins l’eau analysée est jugée polluée. Cela amoindri l’exigence de qualité. Ce petit tour de passe-passe ne dupe personne.

      Dans cette affaire, la macronie s’illustre une fois de plus par son soutien actif aux marchands de pesticides. En effet, en France, c’est l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses) qui définit quels sont les métabolites pertinents. Sous le contrôle du ministère de la Santé bien sûr. En 2019, sur huit métabolites étudiés, l’agence a décidé que seuls trois d’entre eux étaient pertinents. Elle a aussi placé la France dans la fourchette très haute de taux de métabolites « acceptés » par les pouvoirs publics. Merci qui ?

      On réalise à quel point le rôle des lanceurs d’alerte est précieux. Ils sont surtout courageux. J’adresse ici une pensée à Valérie Murat. Cette militante anti-pesticides a été sommée de payer une amende de 125 000 euros pour avoir dénoncé la présence de pesticides dans certains vins de Bordeaux. En représailles, les fabricants l’ont attaquée pour « dénigrement ». La justice a décidé qu’elle ne pourra pas faire appel de cette condamnation tant qu’elle n’aura pas réglé la totalité de l’amende.

      Personne n’est dupe. Cet acharnement vise bien sûr à la faire taire. Mais tous ceux que l’on cherchera à bâillonner pour avoir défendu l’intérêt général bénéficieront du soutien sans faille des Insoumis. Surtout, le moment venu, je serais implacable. Les pesticides les plus signalés seront interdits. Un plan national de dépollution générale sera engagé, dans les Outre-mer comme dans l’Hexagone. Le passage à une agriculture écologique s’appuiera sur des normes exigeantes. Enfin, les victimes seront indemnisées et les responsables seront châtiés. Si vous préférez l’inverse, votez Macron.

      https://melenchon.fr/2022/01/24/vous-reprendrez-bien-un-peu-de-metabolites

    • Dans la barre de recherche de SeenThis, en tapant « metolachlore », le dernier en date de la grande famille des « cides », j’ai fait remonter pas mal de trucs (de septembre 2012 à aujourd’hui avec une hausse de fréquence d’apparition sur les quatre dernières années).

  • Comment se précipite le « #suicide_de_l’espèce »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/04/03/comment-se-precipite-le-suicide-de-l-espece_6168081_3232.html

    Comment se précipite le « suicide de l’espèce »
    L’humanité est de plus en plus confrontée aux maladies chroniques, du fait d’une augmentation des risques sanitaires et d’un manque de réflexion collective, analyse l’épidémiologiste Jean-David Zeitoun dans son dernier ouvrage, paru chez Denoël.

    Par #Stéphane_Foucart
    Publié aujourd’hui à 15h00
    Temps deLecture 3 min.

    Livre. « Nous vivrons toujours plus vieux ! » S’il est une idée reçue – plus que jamais d’actualité avec la réforme des retraites – dont la lecture du Suicide de l’espèce fait douter, c’est bien celle-là. Dans ce bref essai, vif et percutant, écrit dans la continuité d’un précédent ouvrage (La Grande Extension. Histoire de la santé humaine, Denoël, 2021), le médecin et épidémiologiste français Jean-David Zeitoun entreprend d’élucider les causes profondes de l’épidémie de maladies chroniques qui frappe l’humanité – diabète et obésité, maladies cardio-vasculaires, cancers, etc. – et dont les effets sur la mortalité commencent à occulter les progrès accomplis par la médecine au cours du siècle passé.

    L’auteur commence par décomposer le problème comme on analyse un marché, c’est-à-dire en observant l’offre et la demande. Il y a une « offre de risques » comme il y a une « demande de risques », et c’est leur rencontre débridée qui produit ce « suicide de l’espèce ». D’un côté une constellation d’industries pathogènes (hydrocarbures, chimie, agroalimentaire, tabac, alcool, etc.), de l’autre des milliards d’humains qui subissent ces risques de manière directe (tabac, alcool, opioïdes, aliments ultratransformés) ou indirecte (pollution, contaminations chimiques, etc.).

    L’originalité de la démarche de l’auteur est d’articuler les résultats de plusieurs disciplines pour conduire sa démonstration. De la biochimie de la transformation industrielle des aliments à l’épidémiologie, en passant par l’économie et la psychologie comportementale, Le Suicide de l’espèce montre comment une part toujours croissante de nos économies devient pathogène, et pourquoi nous y consentons comme consommateurs – par ignorance, par inattention, par dépendance ou par désespoir.

    Politiques incomplètes
    L’ouvrage ne se contente pas de renvoyer dos à dos l’offre (les industriels) et la demande (les consommateurs). C’est même tout le contraire. Le suicide en cours est plutôt le résultat, selon Jean-David Zeitoun, d’une vision dévoyée du libéralisme, qui fait accroire que notre destinée sanitaire collective est d’abord le fruit de la somme de décisions individuelles. Et qu’il n’y aurait rien à y faire, tant que celles-ci sont libres et non contraintes.

    Jean-David Zeitoun montre comment cette vision des choses, dans une large mesure erronée, demeure prégnante dans les politiques de santé publique. Celles-ci reposent largement sur des messages de prévention à l’adresse des individus et sont au mieux incomplètes, au pire inopérantes. D’abord parce que les risques indirects (pollutions, etc.) sont invisibles et non consentis, ensuite parce que la demande de risques directs (alimentation transformée, etc.) est déterminée par une offre que les pouvoirs publics ne régulent pas.

    Si le suicide de l’espèce n’est pas entravé par le fonctionnement normal de la démocratie, c’est que les Etats « ont laissé se développer d’autres formes de pouvoir non prévues par la théorie démocratique ». Dans les pages les plus brillantes de l’ouvrage, Jean-David Zeitoun réinvestit le « biopouvoir » de Foucault – ce pouvoir d’agir sur la vie biologique des corps – et montre comment les secteurs économiques producteurs de risque appliquent de manière autonome une « biopolitique » pathogène, qui fait pièce aux pouvoirs publics.

    Ramener à la responsabilité intellectuelle
    Ce « biopouvoir négatif » des industriels, comme le nomme l’auteur, est un pouvoir de produire de la morbidité et de la mortalité. Il prend plusieurs formes. Il est d’abord le pouvoir d’imposer une narration dans l’espace public, en ramenant toujours à la responsabilité individuelle les grandes maladies de l’époque et en produisant du doute sur la magnitude des atteintes à l’environnement. Il est ensuite le pouvoir de capturer la réglementation, en imposant des normes techniques favorables qui permettent, in fine, l’arrivée sur le marché de biens ou de services mal évalués, donc sous-régulés. Il est aussi – chose peut-être plus inquiétante encore – un pouvoir sur la construction de la connaissance elle-même.

    Écouter aussi Climat : peut-on sauver la planète avec des petits gestes ?
    Ces stratégies d’invisibilisation de dégâts de l’économie pathogène sont d’autant plus efficaces que les risques sanitaires produits ne sont pas spécifiques de tel ou tel produit, qu’ils sont nombreux, se potentialisent les uns les autres, et ne se révèlent que de manière différée. Combien de morts, par exemple, aura coûté l’introduction du sirop de fructose dans l’alimentation transformée ? Il sera durablement impossible de le dire, mais le chiffre est à l’évidence gigantesque.

    A mesure que se déroule la démonstration, l’essai change de tonalité et passe d’une analyse froide et clinique du marché des risques sanitaires à une conclusion sur l’éthique de la révolte d’Albert Camus. « Aujourd’hui, des millions de personnes appartiennent par leurs maladies chroniques à la communauté des suicidés de l’espèce (…), conclut Jean-David Zeitoun. Enfin, 100 % des humains, y compris ceux qui travaillent pour les industriels incriminés, trouveraient du sens à se révolter contre la suppression de l’espèce par elle-même. »

    • Dans les champs bretons, l’industrie agroalimentaire et la culture de la peur - « En Bretagne, la face cachée de l’agrobusiness » (2/5)
      https://justpaste.it/buqc7

      C’est un puzzle de souffrance et de silences dont les pièces sont disséminées à travers la Bretagne. Un kaléidoscope de destins plus ou moins cabossés. Au départ, il y a des rumeurs : il paraît qu’untel a « vécu ça », qu’un autre connaît quelqu’un qui « sait »… Le Monde a suivi ces pistes, recoupé les informations pour aboutir à quarante-huit témoignages de femmes et d’hommes qui se sont opposés, d’une façon ou d’une autre, aux règles tacites du complexe agro-industriel breton – ou qui, simplement, ne s’y sont pas conformés. Tous auraient connu une « concordance d’événements fâcheux », pour reprendre l’euphémisme d’un fils de paysans du pays de Léon. Comprendre : pressions, intimidations, entraves, harcèlement, sabotages… Ces récits tendent à montrer que l’agro-industrie locale doit sa pérennité, dans des proportions difficiles à définir, à l’usage de diverses formes de violence. Bien des victimes présumées affirment avoir vécu « un enfer », quelques-unes confiant même avoir songé au suicide.

    • Les paysans bretons dans la spirale du productivisme
      https://justpaste.it/ajugg

      Chaque créancier prend des garanties. Qui s’accumulent, elles aussi. « La maison est hypothéquée, le cheptel est hypothéqué, les bâtiments sont hypothéqués », soupire Yannick. Comble de l’hypothèque : la coopérative a nanti les parts sociales de l’éleveur en échange d’un différé de paiement (avec intérêts) sur des livraisons d’aliments. S’il ne parvenait pas à régulariser sa situation, il pourrait perdre sa participation au capital de la « coop », fruit de plusieurs décennies de labeur. Ces fardeaux le hantent : « J’en suis à 100 % d’endettement. La “coop” paie mal, et c’est à l’éleveur de trouver les moyens de subvenir. Dans le même temps, les dirigeants se font mousser en achetant des filiales un peu partout… On nous dit : “Vous n’êtes pas contents ? Allez bloquer les supermarchés !” Mais pendant que je bloque des supermarchés, je ne fais pas mon boulot de paysan ! C’est un cercle vicieux. »

      #dette #travail

    • Le lobby agroalimentaire breton, une machine puissante et bien huilée
      https://justpaste.it/bhu3o

      L’un des derniers en date est la mise en place de la cellule #Demeter. Créée en 2019 au sein de la gendarmerie nationale, en lien étroit avec la FNSEA, cette structure vise à accroître la « coopération » des forces de l’ordre avec le monde agricole. Dans son viseur : les vols de matériel, les intrusions de groupes animalistes dans des élevages hors-sol, mais aussi les « simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole ». Le dispositif, à vocation nationale, revêt une dimension symbolique majeure en Bretagne : c’est ici que la densité d’élevages est la plus forte et, aussi, que les crispations liées au modèle dominant sont les plus exacerbées.

      Durant les mois qui ont suivi l’inauguration du dispositif, de nombreux militants environnementalistes ont fait part d’« intimidations » et de « graves atteintes à la liberté d’expression » à leur encontre. Saisie par plusieurs associations, la justice administrative a estimé, en janvier 2022, que la prévention d’« actions de nature idéologique » effectuée par Demeter ne reposait sur « aucune base légale » et a sommé le gouvernement de faire cesser ces activités. Le gouvernement a fait appel de cette décision.

  • Un demi-million de morts par an seraient attribuables au déclin des insectes pollinisateurs
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/01/20/un-demi-million-de-morts-par-an-seraient-attribuables-au-declin-des-insectes

    Des chercheurs de l’université Harvard ont modélisé l’impact du défaut de pollinisation sur la production agricole, les prix et les effets induits sur l’alimentation et la santé.
    Par Stéphane Foucart, [écoterroriste institutionnel]

    Si les scientifiques chiffrent souvent en dollars les dégradations de l’environnement, leurs effets sanitaires, de fait, sont souvent bien plus difficiles à évaluer. Une équipe pilotée par l’université Harvard (Etats-Unis) s’est attelée à cet exercice délicat, s’agissant des effets de l’effondrement des insectes pollinisateurs. Publiés dans la dernière livraison de la revue Environmental Health Perspectives, en décembre 2022, ses résultats sont frappants : à l’échelle mondiale, l’impact alimentaire du défaut de pollinisation des cultures serait responsable de près d’un demi-million de morts prématurées par an. Un chiffre sans doute en deçà de la réalité, selon les auteurs.

    Ces derniers ont d’abord évalué, région par région, les effets de la chute des populations de pollinisateurs sauvages (bourdons, syrphes, papillons, etc.) sur la production agricole. « Leurs résultats indiquent que de 3 % à 5 % de la production de fruits, légumes et fruits à coque sont perdus en raison d’une pollinisation insuffisante », décrypte Josef Settele (Helmholtz Centre for Environmental Research de Halle, Allemagne), qui n’a pas participé à ces travaux. Des chiffres « tout à fait plausibles et même plutôt faibles, compte tenu de ce que l’on sait sur l’importance de la pollinisation ».

    Le chercheur allemand, qui a coprésidé le rapport mondial de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, salue « une très belle étude, qui intègre de grandes quantités de données dans un modèle transparent ».
    Les chercheurs ont ensuite modélisé l’effet de cette perte de production sur les prix, pays par pays, et l’effet induit sur la baisse de consommation de fruits et légumes. En utilisant les données les plus consensuelles de l’épidémiologie nutritionnelle, les auteurs sont parvenus à modéliser l’impact de la sous-consommation de ces produits sur la mortalité, et concluent à quelque 427 000 morts par an.
    https://justpaste.it/c5c3i

    #néonicotinoïdes #pesticides #agriculture #écologie_capitaliste #écologie #pollinisteurs

  • Cinquième Fête du vent du 6 au 9 septembre 2019

    https://lavoiedujaguar.net/Cinquieme-Fete-du-vent-du-6-au-9-septembre-2019

    À l’Amassada, sur les hauteurs de Saint-Victor, l’occupation et la lutte continuent…

    Aujourd’hui il y a deux écologies, deux écologies incompatibles. L’une, partant du sensible, entend libérer la Terre de sa dévoration capitaliste. L’autre écologie, gouvernementale, se veut le fer de lance de nouvelles formes de contrôle social et poursuit l’accélération de la catastrophe sous toutes ses formes. Ce qui nous occupe à l’Amassada, dans la lutte contre un des nœuds de cette écologie industrielle avec le méga-transfo RTE-EDF est bien de problématiser ce conflit entre les deux écologies. Et donc de problématiser notre rapport au monde. À son habitabilité.

    Partout, la farce de l’écologie capitaliste a fini de faire rire. L’urgence est bien d’en finir avec une conception toxique du monde, ne voyant en celui-ci que ressources à phagocyter, que matières à transformer. Ici contre le projet de méga-transfo RTE-EDF, contre cet échangeur géant des autoroutes de l’électricité soi-disant verte, nous avons décidé d’interrompre localement le cours de cette aliénation faite de béton, d’acier, de communicants livides, de grillage sécurisés, de paramètres d’optimisation, d’intelligence artificielle (...)

    #Aveyron #éoliennes_industrielles #EDF #écologie_capitaliste #aliénation #résistance #occupation #rencontres

  • Au-delà de « l’écosocialisme » : une théorie des crises dans l’écologie-monde capitaliste
    http://revueperiode.net/au-dela-de-lecosocialisme-une-theorie-des-crises-dans-lecologie-monde-

    Wall Street produit et organise la nature. Si la théorie sociale cherche aujourd’hui à s’amender en tenant compte des enjeux environnementaux, elle dépasse rarement le dualisme typiquement moderne de la Nature et de la Société. Dialoguant avec les théoriciens de l’écosocialisme d’une part et des penseurs critiques tels que Harvey et Arrighi d’autre part, Jason W. Moore formule ici l’hypothèse que le capitalisme n’est pas seulement une économie-monde mais également une écologie-monde.

    #Uncategorized #échange_métabolique_société-nature #théorie_du_système-monde

    • (...) la perspective de la rupture métabolique n’est pas qu’elle aille trop loin, mais qu’elle n’aille pas assez loin. Dégager les implications de la rupture métabolique pour une théorie de la valeur – où la contradiction la plus importante du #capitalisme devient la tension irrémédiable entre « l’équivalence économique » et la « particularité naturelle » de la marchandise3 – me permet d’envisager la possibilité d’une théorie unifiée du développement et de la crise capitalistes dans la longue durée. La théorie du capitalisme comme écologie-monde est donc une perspective qui rassemble l’accumulation du capital et la production de la nature dans une unité dialectique. Cette perspective commence avec la prémisse que le capitalisme n’agit pas tant sur la nature, mais plutôt qu’il se développe à travers les rapports nature-société. (Moore 2000a, 2000b, 2003a, 2003b, 2003c, 2007, 2008, 2009q, 2009b, 2010a, 2010b, 2010c, 2010d). Le capitalisme n’a pas de régime écologique ; il est un régime écologique. La théorie du capitalisme comme écologie-monde est d’abord construite à travers un dialogue avec la théorie de la valeur de Marx, réhabilitant ainsi sa théorie de la crise, qui se base sur la dialectique de la sousproduction et de la surproduction. Ces deux moments s’originent dans la tendance à une augmentation de la composition organique du capital. Cette tendance fondamentale vers la crise – la « loi la plus importante4 » de Marx – a été contenue tout au long de l’histoire du capitalisme par la capacité du système à s’approprier les « dons gratuits » (free gifts) de la nature plus vite qu’il n’a capitalisé leur reproduction. Cet antagonisme dialectique de l’accumulation par appropriation et de l’accumulation par capitalisation est fondamental pour comprendre les conditions de la relance de l’accumulation dans la conjoncture actuelle.

      #Jason_Moore #rupture_métabolique #écologie_capitaliste #mise_au_travail_du vivant