#écosocialisme

  • BALLAST | Daniel Tanuro : « Collapsologie : toutes les dérives idéologiques sont possibles »
    https://www.revue-ballast.fr/daniel-tanuro-collapsologie-toutes-les-derives-ideologiques-sont-possi

    Les nom­breux effets du dérè­gle­ment cli­ma­tique sont sous nos yeux. La non linéa­ri­té de ce pro­ces­sus rend les pro­jec­tions futures incer­taines, mais il ne fait aucun doute que le modèle éco­no­mique domi­nant en est l’une des prin­ci­pales causes. Ancien ingé­nieur agro­nome et auteur de L’Impossible capi­ta­lisme vert, Daniel Tanuro défend une alter­na­tive éco­so­cia­liste : une rup­ture radi­cale avec le pro­duc­ti­visme — qui a long­temps impré­gné les cou­rants socia­listes majo­ri­taires. Mais de l’urgence à la catas­trophe, il n’est par­fois qu’un pas, que la col­lap­so­lo­gie fran­chit sans hési­ter : ses par­ti­sans vont affir­mant que l’effondrement de la civi­li­sa­tion que nous connais­sons aura lieu dans un ave­nir très proche, et qu’il est déjà trop tard pour agir des­sus. Tanuro se porte en faux ; nous en dis­cu­tons.

    #effondrements #collapsologie (vs) #écosocialisme

  • Un regard écosocialiste sur l’#effondrement

    J’étais le 20 mars dernier à Genève, dans le lieu auto-géré L’Écurie, à l’invitation du groupe écosocialiste de Solidarités. L’occasion d’échanger sur l’effondrement, ses implications politiques et sociales, en lien avec le système capitaliste. Un moment à la fois studieux et chaleureux, dans une salle qui frémissait encore des ondes punk-rock de Ludwig von 88, entre une affichette de soutien au Rojava et une collection de bicyclettes étonnante. Bref, un très chouette moment, à retrouver ci-après en podcast grâce à la radio indépendante Libradio. De quoi changer de regard sur la Suisse, merci à toute l’équipe ! Fichiers son ci-dessous, belle écoute à vous…


    https://revoirleslucioles.org/un-regard-ecosocialiste-sur-leffondrement
    #écosocialisme #collapsologie #audio #capitalisme #Corinne_Morel_Darleux

  • #technique #écosocialisme #benjamin
    Walter Benjamin, qui propose par ailleurs une nouvelle conception de la technique comme « maîtrise des relations entre la nature et l’humanité », dit dans ses Thèses sur le concept d’histoire :
    « Marx a dit que les révolutions sont la locomotive de l’histoire mondiale. Peut-être que les choses se présentent autrement. Il se peut que les révolutions soient l’acte par lequel l’humanité qui voyage dans le train tire les freins d’urgence »

    in Walter Benjamin, précurseur de l’écosocialisme, de Michael Löwy (https://journals.openedition.org/chrhc/4909), lequel vient de faire paraître un La révolution est le frein d’urgence. Essais sur Walter Benjamin (http://www.lyber-eclat.net/livres/la-revolution-est-le-frein-durgence) (préface : https://blogs.mediapart.fr/michael-lowy/blog/280119/la-revolution-est-le-frein-d-urgence-essais-sur-walter-benjamin). Voir aussi, pour une approche biographique de Walter Benjamin, les trois premiers tomes du Manifeste incertain de Frédéric Pajak (http://www.leseditionsnoirsurblanc.fr/manifeste-incertain-1-frederic-pajak-9782882502797)

  • L’écosocialisme : qu’est-ce donc ?
    http://www.revue-ballast.fr/lecosocialisme

    Beaucoup de professionnels, de leaders d’opinion, de moyens de communication et de centres de pouvoir sont […] sans contact direct avec les problèmes des exclus. […] [Ils] cohabitent parfois avec un discours "vert". Mais aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. » Ce réquisitoire ne vient pas d’un leader écologiste reconnu mais de l’encyclique Laudato si’ du pape François. Que la critique d’un discours écologique inoffensif — serrons les rangs, victimes et bourreaux pour « lutter contre le réchauffement climatique » — vienne d’un chef religieux pose question. C’est oublier le tranchant d’un courant politique né chez les Verts allemands dans les années 80 : l’écosocialisme. Le mot n’a pas encore fait sa place dans les dictionnaires en langue française mais s’énonce de lui-même : une critique écologiste et socialiste du capitalisme, la préservation de l’écosystème étant incompatible avec une logique économique fondée sur le productivisme et la recherche du profit. L’écosocialisme, une pensée révélatrice de l’inconséquence de l’écologie mainstream ; une pensée alternative au capitalisme . ☰ Par Pierre-Louis Poyau

    #écosocialisme

  • « Les divergences entre écologistes et communistes ne sont pas insurmontables »
    http://www.reporterre.net/Les-divergences-entre-ecologistes-et-communistes-ne-sont-pas-insurmontab

    Peut-être que la vision est plus partagée sur les compétences régionales, mais sur des sujets aussi importants que l’énergie – et notamment le nucléaire – la décentralisation ou l’Europe, les écologistes et les communistes n’ont pas le même corpus d’idées a priori…

    Mais la dynamique de convergence se crée. Le Parti Communiste est en train d’évoluer sur le nucléaire, les lignes bougent. Pourquoi ? Parce qu’on milite ensemble. C’est ce que j’ai appris à l’UNEF [syndicat étudiant, ndlr], où certains étaient très politiques et d’autres non, et où l’arc politique allait de la frange droite du Parti socialiste au Nouveau parti anticapitaliste. Comment faisait-on ? On créait de la convergence parce qu’on créait du contenu politique. Ne pas militer ensemble, au contraire, c’est créer de la divergence.

    Les divergences que vous citez ne sont pas insurmontables. On peut trouver un compromis et créer de la convergence, car il y a une matrice générale : la répartition des richesses, la préservation d’un écosystème qui nous permette de vivre avec les générations futures, les libertés sur le numérique… Autant de fondamentaux sur lesquels les Verts et le PC sont d’accord.

    Et puis, François Hollande a quand même réussi à faire un gouvernement avec Benoît Hamon et Manuel Valls, qui ne partagent à peu près rien. Les compromis politiques pour prendre le pouvoir, on est capable de les faire.

    #communisme #écologie #écosocialisme #politique #élections

  • Marxisme et social-démocratie : petit rétrospective :
    Gauche de droite, Gauche de combat : la social démocratie et nous. — Antoine MANESSIS
    http://www.legrandsoir.info/gauche-de-droite-gauche-de-combat-la-social-democratie-et-nous.html

    ❝La social-démocratie est un terme et une réalité politique polysémiques.

    En effet, définissant un courant politique, le sens du mot change avec l’évolution de ce même courant.

    Fondée par les pères du marxisme, Marx et Engels, la social-démocratie (S-D) fut la forme organisée du mouvementent révolutionnaire. Même si, notons-le, des courants réformistes existaient au sein de la social-démocratie. Des courants plus ou moins contrôlés du vivant des deux fondateurs et du dernier d’entre eux, Engels, qui mourut en 1895. Marx lui-même décrit la naissance de la S-D ainsi :
    « une coalition entre petits-bourgeois et ouvriers [...] enleva aux revendications sociales du prolétariat leur pointe révolutionnaire et [...] leur donna une tournure démocratique. On enleva aux revendications démocratiques de la petite-bourgeoisie leur forme purement politique et on fit ressortir leur pointe socialiste. C’est ainsi que fut créée la social-démocratie. »

  • Parce qu’être de gauche est une conviction qui se partage

    Édités par Alan Shore : https://twitter.com/AlanShore4

    Les tweets du Front de Gauche
    http://paper.li/AlanShore4/1386150128

    Les RSS du Front de Gauche
    http://paper.li/AlanShore4/1387030612

    l’actualité de l’environnement
    http://paper.li/AlanShore4/1387122312

    Les RSS sont une mine d’informations pour tout un chacun. Faites votre propre journal.
    http://paper.li/AlanShore4/1386151797

    Israël, pays d’apartheid
    http://paper.li/AlanShore4/1388929870
    Parce qu’en Israël, c’est l’extrême droite qui gouverne

    #gauche #journaux #FDG #reseaufdg #ecosocialisme #BDS #FreePalestine

    Édité par Alain Niala : https://www.facebook.com/papounay2000

    People should not be afraid of their governments,
    governments should be afraid of their people
    #ReseauFdG news
    http://paper.li/f-1335279694

  • Splendide éditorial d’Hervé #Kempf dans Reporterre sur #EELV et l’#écologie politique en France :

    La question de la participation au #gouvernement torture plus que jamais le parti né en 1984 pour porter sur la scène politique l’interrogation écologiste et la volonté de changement qui en découle. Porter sur la scène politique signifie que l’on entend peser sur les leviers de pouvoir, et accéder à ces leviers de pouvoir. On ne peut donc reprocher à un parti de chercher à gouverner. Mais cela n’a de sens qu’il pèse vraiment. En l’occurrence, ni M. #Canfin, ni Mme #Duflot, ne peuvent démontrer qu’ils pèsent sur la politique gouvernementale en matière d’environnement. Leur présence les contraint même à une solidarité avec toutes les décisions du gouvernement, ce qui les conduit et conduit ce parti à valider des mesures dont on peut juger qu’elles sont inacceptables.

    [...]

    Ne pas peser au gouvernement, mais y être présent, oblige les parlementaires à soutenir les actions nuisibles de ce gouvernement. En fait, EELV est prise dans la stratégie du PS que François Mitterrand avait déjà expérimenté, avec succès, dans les années 1980 : accueillir des ministres communistes au gouvernement pour étouffer ce parti. De même, François Holllande a-t-il attiré des ministres écologistes au gouvernement pour étouffer les écologistes.

    [...]

    A force de céder du terrain sur les choix essentiels, et d’accepter les reculs successifs sur l’environnement, EELV est en train de dilapider son capital, qui est l’idée que ce parti représente l’écologie.

    Car tant à droite qu’à gauche, l’environnement commence à s’intégrer aux politiques : à droite, l’#UDI de Jean-Louis #Borloo et Chantal #Jouanno développe une expertise réelle sur nombre de questions environnementales. Et même si c’est une vérité difficile à admettre, le bilan environnemental du quinquennat Sarkozy n’est au final pas plus mauvais que celui des deux années de M. #Hollande. A gauche, le #Parti_de_gauche avance dans la définition de l’"#écosocialisme" et est présent dans nombre de luttes écogiques de terrain (souvent, d’ailleurs, en bonne intelligence avec les militants locaux d’EELV). Et dans les luttes concrètes, de plus en plus souvent on s’organise indépendamment d’EELV et parfois en opposition avec ce parti.

    Dans cet affaissement du parti écologiste, il reste deux points forts, d’où pourrait partir le renouveau. D’abord, l’ancrage à l’échelle locale. Car si le bilan ministériel est désastreux, le travail dans les municipalités et les régions est souvent très positif. Sans doute est-ce là l’échelle privilégiée de l’action politique écologiste, comme l’indique Antoine Lagneau. Ensuite, le travail au niveau européen : le #Parlement de #Strasbourg est une instance où il est bien plus possible d’influencer les politiques. Il est par exemple évident que Pascal Canfin était bien plus utile au Parlement - où il animait efficacement la bataille pour contrôler les puissances financières - qu’au gouvernement où il administre une aide au développement en peau de chagrin.

    Enfin, il parait indispensable de… réfléchir. La #pensée_écologiste a besoin de se renouveler, de se remettre en question, d’intégrer en permanence les idées nouvelles qui jaillissent du corps social et de l’évolution historique rapide du capitalisme finissant. On sent chez nombre de responsables politiques écologistes une paresse intellectuelle qui explique largement leur médiocre bilan : on ne peut pas élaborer une bonne stratégie si l’on n’a pas une claire vision des choses.

    De ce point de vue, un troisième point d’appui du renouveau écologique doit venir de l’effort de pensée. D’une part à travers un organe de réflexion à longue durée, comme Etopia, en #Belgique, qui explique en partie le succès des écologistes belges. Et d’autre part d’un média, indépendant et qui affirme clairement la priorité historique que représente la crise écologique planétaire. Un média qui alimente en permanence la discussion écologique et nourrisse d’informations originales sa vision du monde. C’est ici le rôle de Reporterre, qui s’intéresse, bien au-delà d’EELV, à toute la communauté écologiste, des anarchistes aux partisans du développement durable, sur le terrain des luttes comme sur celui des cercles de réflexion.

    http://www.reporterre.net/spip.php?article5086

  • "La « décroissance permet de s’affranchir de l’#impérialisme économique »
    http://www.reporterre.net/spip.php?article4546

    Elle débute en 1972 avec la publication du rapport au Club de Rome Les limites de la croissance. En tant que projet de société socialiste anti-productiviste et anti-industraliste, la décroissance est alors proche de l’#écosocialisme qui apparaît dans les mêmes années avec André Gorz. Cette première phase de la décroissance est essentiellement une phase de critique de la croissance : on veut l’abandonner car elle n’est pas soutenable. C’est une phase « écologique ».

    Mais un second courant, porté par Ivan Illich – qui a d’ailleurs refusé de participer au Club de Rome –, est apparu en disant que ce n’est pas parce que la croissance est insoutenable qu’il faut en sortir, mais parce qu’elle n’est pas souhaitable ! C’est la critique du #développement – terme que l’on utilise dans les pays du Sud comme équivalent de la croissance au Nord –, c’est le mouvement post-développementiste. Personnellement, je me rattache à ce courant-là depuis que j’ai viré ma cuti au milieu des années 1960 alors que j’étais au Laos. La fusion de ces deux courants s’est opérée à l’occasion du colloque organisé en février-mars 2002 à l’Unesco « Défaire le développement, refaire le monde ».

    • #Interview de #Serge-Latouche sur l’histoire de la #décroissance et sur son positionnement #politique actuel.

      Et oh, bizarrerie : encore un qui dit vouloir s’éloigner du signifiant « de #gauche ».

      #croissance #économie #socialisme #Ivan-Illich #occidentalisation #sortir-de-l'économie

      L’économie est une religion, et non pas une science. Par conséquent, on y croit ou on n’y croit pas. Les économistes sont des prêtres, des grands ou des petits, des orthodoxes ou des hétérodoxes. Même mes amis Bernard Maris ou Frédéric Lordon – les meilleurs d’entre eux. Les altermondialistes, par exemple, dont la plupart sont des économistes, ont tendance à réduire tous les malheurs du monde au triomphe du néo-libéralisme. Mais ils restent dans le productivisme et la croissance. Or le mal vient de plus loin. La décolonisation de l’imaginaire que je préconise vise précisément à extirper la racine du mal : l’économie. Il faut sortir de l’économie !

      A la différence de mes camarades du journal La Décroissance, qui passent leur temps à exclure, je pense que nous devons faire un bout de chemin avec des gens comme Pierre Rabhi, Nicolas Hulot, le mouvement Slow Food, etc. La décroissance, c’est comme une diligence. Même s’il y a un cheval qui tire à hue et l’autre à dia, l’important est que la diligence avance. Les initiatives des villes en transition et de simplicité volontaire – comme ce qu’Illich appelait le « techno-jeûne » – s’inscrivent aussi parfaitement dans la décroissance.

      Pour moi, elle est à gauche. Mais le débat est biaisé. Comme le dit Jean-Claude Michéa, finalement, ne faut-il pas abandonner la dichotomie droite-gauche qui tient à notre histoire ?

    • @rastapopoulos : tu en conclus quoi... enfin, conclure, c’est aller un peu vite en besogne... disons, tu as des pistes de variables explicatives ?

      Rien d’élaboré de mon côté, juste du vrac pour l’instant, mais j’ai l’impression que l’élection de Hollande et la politique qui a suivi sont des facteurs de grande confusion et de délitement de l’idée même de gauche. Déjà, j’ai été interloquée par la disparition, ou du moins, le silence, de nombres voix ancrées à gauche depuis l’automne 2012. Je ne pense pas qu’il faille en tirer des conclusions.
      Comment critiquer la politique libérale quand elle est appliquée aux forceps par un gouvernement qui se réclame de la gauche ?

      J’en parlais l’autre jour avec @bravepatrie, mais c’était bien plus facile pour beaucoup de monde, voire jubilatoire, de taper sur Sarko. On va dire que le bougre était très inspirant pour le camps d’en face.
      Du danger prévisible de la personnalisation en politique...

      À creuser.

    • Rien d’élaboré de mon côté, juste du vrac pour l’instant, mais j’ai l’impression que l’élection de Hollande et la politique qui a suivi sont des facteurs de grande confusion et de délitement de l’idée même de gauche.

      Je crois que c’est avant tout l’idée de la débacle, de résignation, de #capitulation qui provoque cela. Le manque de soutien de l’opinion publique. Quand tu vois que le rejet du mariage homo mobilise 40% de la population pendant que la banquise fond plus vite que prévu, pendant que la France est mise sous tutelle des banquiers, et que les écolos ou le FDG plafonnent à 5%, c’est dur, tu es obligé de faire des concessions. On peut pas se permettre le luxe de jouer les puristes isolés... Real politik ? Peut être.

      Et puis rien à faire, gauche et extrême-droite dénoncent des choses similaires, pas pour les mêmes raisons, mais . L’extrême-droite se fait un plaisir de récupérer les voix de ceux que la crise a broyés, en recyclant les discours que la gauche anticapitaliste diffusait dans le vide 10 ans en arrière pour alerter en vain sur la crise à venir... Et nous on se tait de peur d’être désormais assimilés à l’extrême droite..
      cf http://seenthis.net/messages/156724

    • A mon sens, la piste du système devenu nihiliste et hors de contrôle versus toutes les structures humaines jugées forcément comme concurrentes est vraiment féconde. Elle explique la confusion actuelle, les recoupements dans les analyses de gens n’ayant à priori rien à faire ensemble... En cela, les analyses de Grasset (dedefensa) sont passionnantes. Même si en effet, elles peuvent sembler ineptes par leur simplisme et leur absence de lien avec tous les corpus idéologiques habituels.

    • @monolecte

      Je ne crois pas que l’élection de Hollande ait démarré quoi que ce soit. Peut-être révélé plus fort.

      En tout cas la critique de la gauche et du fait de s’affilier à elle, à ce terme, ça ne date pas d’hier. Ne serait-ce que dans la mouvance anarchiste, ce sont de vieux débats.

      En ce qui concerne Michéa, je rappelle quand même le fond de sa démarche, au-delà des piques et des passages polémiques : historiquement le mouvement socialiste et le mouvement anarchiste sont complètement dissociés de la Gauche (les libéraux et les radicaux). Ni de gauche, ni de droite, ni libéraux, ni réactionnaires. Tout ceci était clamé noir sur blanc. C’est seulement au moment de l’affaire Dreyfus, que par stratégie, une partie de ces mouvements (pas tous) s’est alliée à la gauche afin de faire front commun contre l’antisémitisme, et contre le risque réel, à ce moment, d’un coup d’état. Sauf que cette liaison a perduré, et les idéaux socialistes (surtout le socialisme ouvrier et utopique, plus proche des anarchistes que le socialisme scientifique) se sont dilués petit à petit dans les partis de gauche, politique, pouvoir, etc.

      Autrement dit :
      1) la vraie gauche est intrinsèquement libérale
      1bis) dans l’autre sens : les théoriciens libéraux étaient des hommes de gauche, croissance, capitalisme, marché, main invisible, foi dans le progrès technique, etc : à gauche
      2) aucun théoricien socialiste (ceux qui ont lancé/popularisé ce terme, au XIXe donc) ne s’est jamais revendiqué de gauche (c’était une insulte chez les Marx, dit l’anecdote)

      D’où le fait de plaider pour se détacher réellement de nouveau de « la gauche », trouver un ou plusieurs autres signifiants rassembleurs, et faire bande à part (quand bien même on lutterait de temps en temps pour une même cause).

      Je ne dis pas que c’est ce qu’il faut faire. Mais je rappelle un peu l’histoire, le pourquoi du comment des gens comme Serge Latouche ou d’autres, embrayent peut-être dans cette direction.

    • @fil

      Pfiou, lu l’article.

      Alors attention : tout en dégommant et mettant en garde avec raison à propos de gens de droites qui s’approchent de la décroissance, l’article est à mon avis plus vicelard que ça. Procédé récurent chez Ariès, il en profite quasiment à chaque chapitre pour faire des amalgames en incluant dans sa critique des gens qui n’ont absolument rien à voir avec la droite, ni le biorégionalisme, paganisme ou autre, mais qui ont critiqué SA manière de voir la décroissance. Notamment tous ceux qui ont critiqué son besoin de créer un parti politique. Il met volontairement dans le même sac, mais la plupart du temps sans nommer personne, des individus (Latouche, Jappe) ou des groupes (des mouvements décroissants plus portés vers l’anarchisme, les animateurs de decroissance.info, etc) avec d’autres individus et groupes de droite, organicistes, naturaliste, blablabla.

      Pour avoir suivi pendant plusieurs années ces débats au moment où ça se montait (les revues des différents courants, le parti, l’assez génial forum de decroissance.info, entre autre), c’est clair qu’il y a un rapport. (L’article en question datant bien du n°1 d’Entropia en 2006.) @bug_in pourra éventuellement témoigner de cette époque aussi. :D

      C’est intéressant hein. Mais ya pas que la critique de la droite dedans quoi.

    • Que peut signifier la proposition de s’éloigner du paradigme droite/gauche ? Il peut à mon avis s’agir de constater qu’à partir du moment où même des intellectuels unanimement considérés comme progressistes qualifient de « gauche » ces convertis à l’économie que sont les politiciens professionnels du PS, alors, prétendre qu’ils se distinguent des politiciens professionnels dits « de droite » est stérile.

      Un paradigme stérile doit être abandonné. Capitalisme, économie et finance sont trois facettes d’un unique système d’exploitation qu’il n’est question ni de sauver, ni de prolonger, ni de ripoliniser.

    • Capitalisme, économie et finance sont trois facettes d’un unique système d’exploitation qu’il n’est question ni de sauver, ni de prolonger, ni de ripoliniser.

      Je suis assez d’accord sur la question de l’urgence.

      Disons que quand le bateau prend l’eau, on peut arrêter de s’interroger sur les opinions politique du mec d’à côté pour savoir si on peut s’autoriser à ramer dans le même sens que lui pour atteindre la berge et se débarrasser du bateau. La question de ce qu’on fera après, ça doit venir dans un second temps..

    • Pour ma part, j’aimerais plus souvent entendre des justifications de la camaraderie qu’on voudrait nous imposer avec cette soit-disant « gauche socialiste » qui prolonge et amplifie l’oeuvre des servants (sincères et assumés) du Capital.

      Car en matière de fréquentations douteuses, c’est un peu facile de pointer du doigt les camarades qui se refusent au panurgisme qui consiste à hurler avec les loups quand c’est pour mieux après se ranger derrière le socialiste providentiel du jour choisi par les patrons du caca-rente.

    • Personnellement, je ne suis pas outillée intellectuellement pour comprendre comment la #décroissance est un truc de #fachos.
      D’ailleurs, je commence à me demander si j’ai bien compris, toute ma vie, ce qu’était un #facho.

      Je trouvais le papier intéressant sur la mise en perspective de la #décroissance qui me semblait être précisément une notion indiscutablement ancrée à gauche... ben là, franchement, je suis très dépassée.
      Je m’en vais crever de ce pas dans mon cimetière des archéo-éléphants de la sous-pensée.

    • En toute chose, toujours tenter de trouver le juste milieu. C’est la prise de position extrême qui pose effectivement problème et qui nécessite un auto-aveuglement.

      Ceci dit, on peut penser « extrême », mais on ne doit pas être dupe de soi-même. Chacun, au fond, sait ce qu’il fait.

      On ne change le monde qu’en se changeant soi-même, et à chaque génération, il faut tout recommencer. D’où l’importance de l’éducation.

    • Bienvenue au club alors @monolecte. Depuis le début que je fréquente Seenthis, je me fais tancer vertement lorsque je propose certains liens et j’ai fini par m’autocensurer. Ceci dit, mes contradicteurs m’ont permis de faire des recherches complémentaires sur tel ou tel auteur ou blogueur et du moment que j’approfondis mes connaissances, j’y trouve mon compte.
      Maintenant, je reconnais bien humblement que certains ici m’énervent un peu quand ils se posent en donneurs de leçons et prétendent te faire ostraciser un auteur à cause des ses fréquentations.
      Que faisons-nous ici, tous autant que nous sommes ?
      Nous proposons des liens mettant en valeur des articles qui nous ont plu ou interrogé. On peut donner un avis contradictoire sans pour autant humilier. C’est ce que je m’efforce de faire depuis le début. La langue française est assez riche me semble-t-il pour s’exprimer avec courtoisie. Cependant, on sent parfois des non-dits qui sont pire que des attaques personnelles.
      Je sais qu’il peut être difficile de s’exprimer avec sincérité et sans à priori sur les personnes.
      Maintenant quant à savoir ce qu’est un fasciste, ce n’est pas difficile : un fasciste c’est quelqu’un qui a le culte du chef (homme providentiel), qui est fanatisé par un discours simpliste faisant vibrer en lui tout ce qui s’y est cristallisé de frustration, et qui est prêt à commettre les pires crimes sur injonction de sa hiérarchie, son mentor, son gourou, son chef.
      Y en a-t-il beaucoup parmi nous (comme dirait mon chat) qui se reconnaissent dans cette définition ?

    • Par contre, @monolecte, même si moi aussi j’ai mal à la tête à force :-) , j’ai quand même une question car ce que tu dis m’embrouille finalement : je n’ai pas lu dans les interventions quiconque affirmer que la décroissance est un truc de fachos. Que veux-tu dire ?
      Je veux être sûr qu’on lit la même chose.

      La question qui se pose ici, si je résume bien, c’est dans l’état actuel des choses, faut-il faire feu de tout bois pour mettre en oeuvre la décroissance, quitte à cotoyer des « fachos » qui pensent/agissent sur certains aspects un peu comme nous, ou bien faut il veiller à se tenir toujours éloignés d’eux, de peur que la promiscuité nous corrompe, salisse notre âme, voire nous entraine vers le côté obscur de la force ?
      Je suis plus tenté par le premier scénario (je suis plus flippé par le sort de la planète que par la capacité des fachos à nous pourrir), pour d’autres c’est l’inverse.

      En gros on est en train de s’engueuler pour choisir un chemin pour atteindre le même sommet, parce qu’on n’a pas les mêmes filtres personnels : aptitude à l’endurance, l’escalade, la sensibilité au vertige, etc...

    • @baroug : oui, c’est vrai, j’aurais pu développer la dimension historique. En fait, ma définition n’est pas si restrictive que ça car en chacun de nous sommeille un facho. Et si quelqu’un avait la velléité de me dire que je sombre dans le psychologisme à deux balles, qu’il ne perde pas son temps à le faire. Je retourne à mes occupations.

    • Pour la définition du fascisme : « Ce qui caractérise le fascisme, c’est l’appel à un pouvoir fort, à une politique sécuritaire, et à l’exaltation du nationalisme (donc à un élitisme discriminant) ».

      Parler de décroissance, ce n’est pas la même chose que de la pratiquer. Il y a l’aspect politique et le retour à une vie sans excès où l’on ne peut pas prendre à la nature plus qu’elle ne peut produire.

      La décroissance n’est ni de gauche, ni de droite. Elle un système d’existence qui est au delà des partis pris politiques. C’est parce que l’écologie s’est mise en tête de faire de la politique que les partisans politiques (de gauche d’abord) s’en sont saisis. La politique n’étant jamais qu’un point de vue très contextuel, il est normal que tout les partis se déclarent plus ou moins écologistes (les partis politiques ratissent toujours le plus largement possible).

      Tout argument est recevable, et, bien entendu, contre-argumentable. C’est dans la réalité des faits que ces arguments doivent être pesés, pas dans les discours aussi bien construits soient-ils.

      Nous sommes tous soumis à la sélection naturelle, et celle-ci n’a que faire de la loi du plus fort. La sélection naturelle consacre la loi du plus efficace et de l’adaptation au milieu. C’est la nature qui finira par l’emporter parce qu’elle n’est pas mortelle (en tout cas beaucoup, beaucoup moins que nous).

      L’Histoire a démontré que toutes les civilisations finissent par décliner. Reste à savoir où la nôtre se situe par rapport à son déclin.