• Ecriture inclusive dans les administrations : savoir de quoi on parle – Libération
    https://www.liberation.fr/politique/ecriture-inclusive-dans-les-administrations-savoir-de-quoi-on-parle-20210

    Un député de la majorité vient de déposer une proposition de loi pour interdire l’écriture inclusive dans les administrations, au mépris des recherches en sciences sociales détaillant l’impact sexiste de l’utilisation du masculin comme neutre générique.

    Olivier Lebreton plagie les éructations idiotes de Raphaël Enthoven contre l’écriture inclusive.
    https://larotative.info/pour-s-opposer-a-l-ecriture-4008.html
    https://peertube.slat.org/videos/watch/fba79c2a-e9c1-496f-8173-88d482ac25f9
    #écriture_inclusive

  • #Laélia_Véron : « Des gens utilisent l’#écriture_inclusive sans le savoir »

    Laélia Véron, maîtresse en stylistique et langue françaises à l’université d’Orléans et militante féministe, s’étonne de la propositon de loi de François Jolivet qui veut interdire l’utilisation de l’écriture inclusive dans certaines conditions.

    Pouvez-vous définir ce qu’est l’écriture inclusive ? L’écriture inclusive désigne diverses modalités de représentation égale des femmes et des hommes dans la langue. Certaines ne font plus polémiques aujourd’hui, comme accorder les titres de métier au féminin, dire « la directrice », « la présidente », « la bouchère ». Il y a les mots épicènes, qui s’écrivent de la même manière au masculin et au féminin, comme « élève ». Il y a également la double flexion, comme « étudiantes, étudiants ». C’est aussi accorder à la majorité ou à la proximité plutôt que de suivre la règle du masculin qui l’emporte. Il y a enfin le point médian, qui concentre les critiques, qui est juste une abréviation à l’écrit de la double flexion : « étudiant.e.s ». Il s’agit donc d’un ensemble de modalités que l’on peut utiliser selon ses préférences, selon le contexte. Il paraît absurde de prétendre interdire l’écriture inclusive : faut-il interdire à Emmanuel Macron de dire « Françaises, Français » ou mettre une amende à un professeur qui dira « bonjour à toutes et à tous » ?
    Quel est l’intérêt de son utilisation ? Des gens utilisent l’écriture inclusive sans le savoir. Personnellement, j’emploie peu le point médian, je m’adapte selon les contextes. Ça peut être un souci de représentation égale des femmes et des hommes dans la langue ou par souci de précision. Certaines formules créent une ambiguïté. On peut essayer de la lever comme avec « les Droits de l’Homme » : parle-t-on des droits humains ou des droits qu’ont eu les hommes et pas les femmes ?
    Des inégalités ancrées jusque dans la langue ? La langue est un lieu de bataille politique mais la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin n’existe pas depuis si longtemps, elle a mis du temps à s’imposer et a soulevé des controverses. Madame de Sévigné s’exprimait contre ces règles de masculinisation du français. Le mot « autrice » faisait déjà débat au 17e siècle. À cette époque, certains grammairiens ont voulu masculiniser le français pour des raisons idéologiques. L’un d’eux, Nicolas Beauzée, parlait du « genre noble » contre le « genre femelle ». Mais la règle de l’accord de proximité est encore utilisée naturellement, à l’oral notamment : on dit plutôt « des chants et des danses bretonnes », on accorde l’adjectif avec le mot le plus proche, plutôt que « des chants et des danses bretons ».
    François Jolivet propose de s’aligner sur l’Académie française, qu’en pensez-vous ? L’Académie française n’est pas une institution légitime en matière de langue ; elle ne comporte pas de linguistes. Elle s’était, par exemple, élevée contre la féminisation des noms de métier alors que l’usage s’est mis à le faire, dans tous les pays francophones. Elle ne l’a admis, que quarante ans après… Je tiens aussi à préciser que, concernant les problèmes de dyslexie, dyspraxie et cécité, la recherche n’a pas encore de résultat clair pour savoir si le point médian procure des difficultés de lecture et les associations elles-mêmes ont des avis différents.

    https://www.lanouvellerepublique.fr/chateauroux/des-gens-utilisent-l-ecriture-inclusive-sans-le-savoir

    • Écriture inclusive : pourquoi tant de #haine ?

      Difficile d’échapper aux polémiques sur « l’écriture inclusive » qualifiée tour à tour de « péril mortel », de « procédé à visée totalitaire », de « négationnisme vertueux »…

      Mais d’abord, qu’est-ce que c’est « l’écriture inclusive » ? Depuis quand l’expression est-elle apparue ? Pourquoi le débat s’est-il focalisé sur le point médian alors que le langage inclusif recoupe de nombreuses modalités dont certaines sont déjà bien en usage (accord des noms de métiers, accord de proximité, double flexion, etc ?) Un épisode pour mieux comprendre la teneur des débats en cours, ce qui fait consensus, ce qui fait polémique et pourquoi.

      https://www.binge.audio/podcast/parler-comme-jamais/ecriture-inclusive-pourquoi-tant-de-haine

  • Les #discriminations liées au #genre dans la langue française

    Cet article a été rédigé dans le cadre du projet Plateforme. Plateforme est une initiative créée et menée conjointement par les équipes de l’éducation, du commissariat et de l’expérience du·de la visiteur·euse de la Fondation PHI. Par diverses activités de recherche, de création et de médiation, Plateforme favorise l’échange et la reconnaissance des différentes expertises des membres de l’équipe de l’expérience du·de la visiteur·euse, qui sont invité·e·s à explorer leurs propres voie/x et intérêts.

    Je me rappelle très clairement la première fois que j’ai entendu la règle grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin ». Alors en deuxième année du primaire, âgée de huit ans, je ne comprenais pas pourquoi cette règle existait et je la trouvais profondément frustrante. Mon enseignante était manifestement mal à l’aise avec cette leçon qu’elle devait nous donner et, à mon grand désespoir, je voyais que cette convention grammaticale réjouissait plusieurs de mes camarades masculins. Aujourd’hui, en tant que féministe queer, je suis encore plus choquée par cette règle car je connais les causes systémiques de son existence. Celle-ci trouve sa source dans la manière dont on nous force depuis des siècles à conceptualiser le genre en Occident, soit en se basant sur « la structure idéologique, morale, sociale, culturelle, politique qui consiste à figer les identités de genre des membres d’une société selon deux polarisations uniques et distinctes : les genres “homme” et “femme” » [1] et en décrétant que le genre est défini par les organes génitaux.

    Comme n’importe quel aspect d’une société, le langage est malléable. Il évolue au fil du temps et peut être mis au service de différentes idéologies. Le français est porteur de plusieurs problématiques, dont les discriminations liées au genre. Ces dernières sont fortement ancrées dans la langue française, qui enferme ses sujets dans les catégories socialement construites d’« homme » et de « femme » et rendent ainsi invisibles les personnes non binaires. Ces discriminations sont la résultante d’une extrême violence physique et psychologique qui a sévi partout sur la planète à cause du colonialisme européen. De nombreuses cultures respectaient et incluaient pourtant activement dans leurs sociétés des identités traditionnelles de genre non binaires depuis des temps immémoriaux, par exemple les personnes bispirituelles de l’Île de la Tortue (Amérique du Nord), les Quariwarmi de la société inca du Pérou précolonial et les Hijras en Asie du Sud [2], pour n’en citer que quelques-unes. Le terme « non binaire » est employé comme terme parapluie par celleux qui ne sont « ni exclusivement un homme ni exclusivement une femme [3] », ces personnes pouvant s’identifier partiellement à un genre, mais pas entièrement, à plusieurs genres, à aucun genre, etc [4]. Il y a autant d’expériences de genre qu’il y a d’individus, le genre étant plus qu’un spectrum mais bien une intersection unique que nous occupons comme une position mobile sur une carte, un univers abstrait et complexe qui ne se situe pas simplement entre deux pôles distincts. C’est un concept socialement et culturellement construit qui existe indépendamment de la biologie et qui est indissociablement lié avec différents types d’oppressions (classisme, racisme, validisme, etc.) qui influencent la manière dont il est vécu. Tout comme les femmes, les personnes non binaires sont effacées du discours francophone, car différentes règles grammaticales prônent la supériorité du genre masculin, un biais cognitif qui s’intègre inconsciemment dans l’imaginaire collectif. Appliquer la grammaire française à la lettre renforce le sexisme et la transphobie dans notre société. Heureusement, de nouvelles formes d’écriture viennent pallier la situation. Celles-ci seront présentées plus loin dans le texte.

    Historiquement, le français n’a pas toujours été dominé par le masculin. C’est au 17e siècle qu’il commence à se masculiniser, à la suite de la création de l’Académie française en 1635. Cette réforme de la langue n’est pas un choix linguistique, mais bien un choix politique. En effet, l’Académie française, alors formée exclusivement d’hommes, se base sur des arguments sexistes pour faire disparaître des termes comme peintresse, philosophesse, médecine, autrice et poétesse de l’usage courant [5]. Louis-Nicholas Bescherelle, créateur de l’ouvrage grammatical portant le même nom, l’énonce clairement : « on ne dit pas professeuse, graveuse, compositrice […] par la raison que ces mots n’ont été inventés que pour les hommes qui exercent ces professions [6] ». Pourtant, au Moyen Âge, les termes qui évoquaient des positions de pouvoir ou des métiers valorisés existaient tant au féminin qu’au masculin : c’est la preuve que la masculinisation de la langue a été un choix motivé par une idéologie patriarcale. Jusqu’au 17e siècle, il était également question de l’utilisation de l’accord de proximité. Par exemple, dans la phrase « les hommes et les femmes sont intelligentes », le mot « intelligent » s’accordait au féminin puisque le nom commun « femmes » est plus proche de l’adjectif que le nom commun « hommes ». Cependant, en 1647, Claude Favre de Vaugelas, un des premiers académiciens, déclare que « le genre masculin étant le plus noble [il] doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble [7] ». La règle fut donc changée pour que la forme masculine soit désignée comme la forme dite « neutre », communément appelée le masculin générique. Dans plusieurs langues, le genre neutre est présent, entre autres en anglais, en allemand et en suédois, ce qui peut faciliter l’inclusion des genres non binaires, chose plus difficile en français. Si on observe la phrase « il fait beau », on se rend vite compte que même l’impersonnel est régi par le masculin générique. Questionner la binarité rigide de notre grammaire nous permet de remettre en question bien plus que des accords et des mots, mais la construction même de notre organisation sociale.

    Heureusement, dans plusieurs pays francophones, on observe une évolution à partir du milieu des années 1980 quant à la place de la rédaction non sexiste dans la société, et ce, malgré la réticence de l’Académie française, qui opte pour une position réactionnaire et conservatrice. Le Québec est alors un précurseur en ce qui a trait à la féminisation du français, et c’est en 1979 que l’Office de la langue française présente un décret qui recommande la féminisation lexicale des titres et des métiers [8]. Bref, la langue française n’a pas toujours été ce qu’elle est aujourd’hui à cause de l’influence d’idéologies politiques oppressantes, mais elle continue, malgré les avancées, à avoir grand besoin d’être adaptée pour qu’on puisse y intégrer toutes les personnes qui composent la société, notamment en ne s’arrêtant pas à sa féminisation mais en visant sa neutralisation.

    Le langage inclusif est une forme d’activisme du quotidien, puisqu’il permet d’inclure la présence des femmes et des personnes non binaires dans notre corps social. Le langage est ce qui permet de concevoir la réalité qui nous entoure. Il influence notre façon de s’y projeter, car c’est par l’association de concepts et d’images qu’on peut se positionner dans le monde. Dans l’ouvrage Grammaire non sexiste de la langue française, l’autrice Suzanne Zaccour et l’auteur Michaël Lessard mentionnent une étude qui a comparé l’emploi d’une grammaire binairement inclusive et celui d’une grammaire exclusive. Dans cette étude, on a demandé aux participant·e·xs de s’imaginer une personne connue en utilisant le masculin générique, c’est-à-dire en utilisant des termes comme « un artiste », « un héros », etc. Les résultats sont les suivants : « En moyenne, 23% des représentations mentales sont féminines après l’utilisation d’un générique masculin, alors que ce même pourcentage est de 43% après l’utilisation d’un générique épicène » [9]. Cette étude appuie l’idée que d’omettre d’utiliser un langage inclusif contribue à maintenir les stéréotypes de genre dans l’imaginaire populaire. Ainsi, chaque fois qu’un terme est utilisé uniquement au masculin générique, on occulte la possibilité des femmes et des personnes non binaires de s’identifier à ce dont il est question. Pour ces raisons, rendre la langue française inclusive représente un projet important, c’est un projet politique de tous les jours qui permettra à toutes les personnes qui composent la société d’y trouver leur place et d’y participer activement.

    Les prochaines lignes se veulent un petit guide de rédaction inclusive. Il faut noter que le processus de transformation de la langue est dynamique. Les réalités sociales étant sujettes à évoluer rapidement, il se peut que les procédés à privilégier aujourd’hui évoluent avec le temps ou que de nouveaux procédés soient créés. Il n’existe pas encore de règles fixes pour encadrer l’utilisation de certaines des techniques qui suivent, car celles-ci résultent d’une grammaire émergente. Pour obtenir un texte fluide, il est recommandé d’écrire dès le départ de manière inclusive au lieu d’essayer de modifier des textes déjà écrits au masculin générique. On peut également varier les méthodes dans un même texte ou discours oral. Il est très important de noter que les méthodes de rédaction qui permettent l’inclusion des personnes non binaires sont à privilégier (un tableau récapitulatif se trouve à la suite de la liste des techniques).

    1. LES TERMES ÉPICÈNES

    – Cette technique consiste à employer des termes ayant la même forme au masculin et au féminin.

    – Exemples : le·a responsable, unE guide, des personnes, mon adelphe [10]

    2. LES TOURNURES GÉNÉRIQUES

    – C’est l’utilisation de noms collectifs pour désigner un groupe.

    – Exemples : la présidence, le public, la direction

    3. LES GRAPHIES TRONQUÉES

    – Avec l’aide d’un signe typographique, on ajoute les finales féminines et neutres aux termes masculins.

    Pour conclure, il est important que toutes les personnes composant la société prennent conscience de l’héritage sexiste et transphobe de la langue française et prennent une distance critique face à certaines règles qui la régissent. Il est aussi primordial de reconnaître l’impact que peut avoir l’emploi du masculin générique sur chaque individu, et de faire l’effort d’utiliser une grammaire inclusive pour toustes, que le contexte soit professionnel ou personnel. Il ne faut pas s’arrêter à la féminisation des termes, mais viser des changements plus radicaux en privilégiant la queerisation [13] (ou neutralisation) du français pour inclure les personnes non binaires dans le langage. Pour s’assurer de respecter l’identité de chacun·e·x, on peut aussi, lors d’un échange de vive voix ou par écrit, introduire ses pronoms (elle, il, iel, ielle, ul, al, etc.) et ensuite inviter son interlocuteur·trice·x à faire de même. Il ne faut pas présumer, par exemple, qu’une personne qui a « l’air d’une femme » selon les standards de notre société s’identifie nécessairement comme telle. Cette pratique simple gagne à être normalisée, tout comme l’utilisation de la grammaire inclusive.

    À propos de l’auteure

    Anna Hains-Lucht explore par une pratique pluridisciplinaire les thèmes de l’identité, du corps, de la temporalité, de la psyché et du militantisme. Intéressée par la justice sociale et la relation d’aide dans les milieux communautaires, elle aspire à devenir travailleuse de rue et d’inclure l’art comme outil thérapeutique dans ses interventions.

    Références :

    [1] Seinouille. 2016. « Décolonisons le genre. Genre et (post-)colonialisme : comment ces mots sont-ils liés ? »
    https://seinseya.wordpress.com/2016/04/12/decolonisons-le-genre-genre-et-post-colonialisme-comment-ces-mot
    [2] La vie en queer. 2018. « Genres en dehors de la binarité occidentale »
    https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/05/06/genres-en-dehors-de-la-binarite-occidentale
    [3]La vie en queer. 2018. « Les erreurs d’utilisation du terme non-binaire. » https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/06/02/les-erreurs-dutilisation-du-terme-non-binaire
    [4] La vie en queer. 2018. « Les identités de genres non-binaires. »
    https://lavieenqueer.wordpress.com/2018/06/02/les-identites-de-genres-non-binaires
    [5] Lessard, Michaël et Zaccour, Suzanne. 2017. Grammaire non sexiste de la langue française. Saint-Joseph-du-Lac : M Éditeur, p. 10
    [6] Lessard, Michaël et Zaccour, Suzanne. 2017. Grammaire non sexiste de la langue française. Saint-Joseph-du-Lac : M Éditeur, p. 11
    [7] Lessard, Michaël et Zaccour, Suzanne. 2017. Grammaire non sexiste de la langue française. Saint-Joseph-du-Lac : M Éditeur, p. 12
    [8] Lessard, Michaël et Zaccour, Suzanne. 2017. Grammaire non sexiste de la langue française. Saint-Joseph-du-Lac : M Éditeur, p. 181
    [9] Lessard, Michaël et Zaccour, Suzanne. 2017. Grammaire non sexiste de la langue française. Saint-Joseph-du-Lac : M Éditeur, p. 18
    [10] Martin, Gabriel. 2016. « La queerisation du français – De frère et soeur à adelphe (Tribune Libre). »
    http://www.lecollectif.ca/la-queerisation-du-francais-de-frere-et-soeur-a-adelphe-tribune-libre
    [11] Alpheratz, 2018. « Genre neutre »
    https://www.alpheratz.fr/linguistique/genre-neutre
    [12] Ashley, Florence. 2019. « Les personnes non-binaires en français : une perspective concernée et militante. » H-France Salon Volume 11, Issue 14, #5. https://www.florenceashley.com
    [13] Martin, Gabriel. 2016. « La queerisation du français – La création du genre épicène »
    http://www.lecollectif.ca/la-queerisation-du-francais-la-creation-du-genre-epicene

    https://fondation-phi.org/fr/article/discriminations-liees-genre-langue-francaise/#six

    #français #langue #écriture_inclusive

  • Contre la #récupération du #handicap par les personnes anti-#écriture_inclusive

    « billet pour dénoncer la récupération du handicap par les personnes qui s’opposent à l’écriture inclusive. Écrit par les personnes concernées par le validisme et le sexisme, ce billet demande aux personnes non concernées de cesser de brandir l’argument de la #cécité, de la #dyslexie ou de la #dyspraxie pour justifier leur position, et aux personnes concernées mais réactionnaires d’arrêter de parler au nom de toute la communauté handie » (Efigies Lyon, 15 décembre 2020 : https://efigies-ateliers.hypotheses.org/5274).

    –-> par les membres du Réseau d’Études HandiFéministes (REHF)
    Publié originellement sur Efigies, 15 décembre 2020

    Les membres du Réseau d’Études HandiFéministes (REHF), concernées pour la plupart par le sexisme et le validisme et chercheurses à l’université ou ailleurs, exprimons aujourd’hui notre désaccord et dénonçons la récupération du handicap pour justifier des positions anti- écriture inclusive, par des personnes généralement concernées ni par le sexisme, ni par le validisme. Au nom de la cécité, de la dyslexie ou de la dyspraxie, certain-e-x-s s’opposent à l’usage et au développement de l’écriture inclusive. Pour le REHF, il s’agit d’un argument doublement fallacieux.

    En premier lieu, cet argument tend à homogénéiser l’opinion de l’ensemble des personnes déficientes visuelles et avec des troubles dys. Il existe assurément des handi-e-x-s qui défendent l’écriture inclusive. Il est donc problématique que des personnes non concernées ne consultent pas ou s’expriment à la place des personnes concernées par le validisme, tout comme il est problématique que des personnes concernées ne considèrent pas la pluralité des discours sur ces débats. En effet, l’argumentation s’appuie parfois sur des textes publiés par des personnes handicapées, à l’instar de la lettre de la Fédération des Aveugles de France, intitulée « Les aveugles disent non au mélange des genres ». Le REHF doute fortement que l’ensemble des aveugles de France aient été interrogé-e-s sur la question. Par ailleurs, le REHF s’oppose aux points suivants1 :

    « […] Nous ne saurions pas mélanger les genres : si l’on peut dire et faire de la question de la construction de la langue un sujet qui aurait rapport avec une quelconque discrimination sexuelle, c’est là faire preuve d’une inculture incroyable et de confusion redoutable. »

    « C’est donc un bien pitoyable combat que celui de se battre à peu de frais contre une règle arbitraire, en la faisant passer pour le symbole d’une discrimination sociale. »

    Le mépris pour l’écriture inclusive dans ces deux extraits fait fi de toute une littérature scientifique sur la question. Tout d’abord, la sociolinguistique s’échine à montrer, depuis le XIXe siècle, qu’une langue est socialement construite et, à ce titre, qu’elle reflète les rapports sociaux dans leur ensemble. Donc lorsqu’il est dit que le masculin l’emporte sur le féminin, ce n’est pas sans raison, ni sans incidence. Loin d’être une règle arbitraire, cette oppression organisée discrimine et dissimule des populations dominées. Ensuite, l’histoire et la grammaire ont également révélé que cette hégémonie masculine au sein de la langue française est très récente (seconde moitié du XVIIe siècle), et qu’elle a entraîné une perte de vocabulaire, un vocabulaire aujourd’hui réinvesti par les défenseurses de l’écriture inclusive. Enfin, les études du discours ont expliqué que l’écriture inclusive n’est pas qu’une simple histoire de « mélange des genres ». Sur tous ces sujets, nous invitons nos interlocuteurices à se renseigner.

    En second lieu, l’argument du handicap pour les positions anti écriture inclusive n’est pas valide au niveau technique, et ce, à double titre. Premièrement, c’est placer le problème au mauvais endroit. Le souci, ce n’est pas l’écriture inclusive en tant que telle, mais, d’un côté, c’est la programmation des logiciels de synthèse vocale utilisés par les personnes déficientes visuelles, et, de l’autre, c’est l’absence d’éducation à ce sujet. De fait, lire un point médian avec un lecteur d’écran est, à l’heure actuelle, quelque chose de désagréable, voire d’incompréhensible. Mais si les programmateurices travaillaient à modifier cela, il n’y aurait plus de problème. Donc nous préférons condamner le sexisme qui préside à la programmation des logiciels, plutôt que l’antisexisme qui motive l’usage de l’écriture inclusive.

    Deuxièmement, il existe, dans l’état actuel des choses, de nombreux procédés qui permettent aux logiciels de synthèse vocale de lire confortablement l’écriture inclusive. Par exemple, il suffit d’intervenir dans le terminal du logiciel pour modifier la verbalisation du point médian, à condition d’avoir quelques compétences en informatique, ou d’avoir un·e valide sous la main qui daigne s’abaisser à cette tâche. Nous n’avons pas l’outrecuidance de dire que l’inculture n’est pas là où il paraît. Par exemple encore, il existe d’autres outils que le point médian, parfaitement lisibles par des lecteurs d’écran. C’est le cas des traits d’union (jusqu’à maintenant, nous croyons savoir que les déficient-e-s visuel-le-s n’ont pas demandé à supprimer les mots composés de la langue française), des points normaux ou des slashs, des répétitions de termes avec un accord en genre différent, des néologismes, etc. Nous pouvons donc écrire « auteurs et autrices », ou bien « auteurs-trices », ou encore « auteurices », et nos synthèses vocales, de même que nos oreilles, s’en portent très bien.

    Par ailleurs, la complexité de la langue française pour les dyslexiques (causée, en partie, par son opacité, c’est-à-dire par sa non-correspondance entre orthographe et phonologie) est une question qui doit être traitée dans son ensemble, et non pas à l’aune de l’écriture inclusive. Chercher à rendre la langue française accessible aux personnes dys est un travail qui, d’une part, mérite tout notre intérêt et, d’autre part, ne doit pas servir à évincer d’autres réformes linguistiques, telles que l’écriture inclusive, permettant de lutter contre d’autres discriminations, en l’occurrence le sexisme. Le REHF soutient donc la création de solutions ou alternatives non discriminantes.

    Nous notons aussi la manière dont les personnes neuro-atypiques (ou neuro-diverses), d’ordinaire évacuées de la plupart des discours dominants, se retrouvent souvent utilisées dès qu’il s’agit de contrarier l’utilisation de l’écriture inclusive ; notamment dans les sphères intellectuelles, scolaires ou encore universitaires, etc., et ce, malgré la méconnaissance évidente des enjeux neurologiques, neurocognitifs, neurocomportementaux, sociaux, de même que l’ignorance des précarités et des discriminations auxquels ces personnes font face au quotidien.

    Si l’utilisation de l’écriture inclusive et sa lecture représentent effectivement, pour les personnes dys et multi-dys, des enjeux et des efforts supplémentaires, c’est précisément parce que la langue française est sexiste. Et c’est pour pallier ces manquements qu’elle nous oblige à faire cette gymnastique, afin de faire exister, par les mots, celleux qu’elle oublie.

    Pour toutes ces raisons, le REHF défend l’usage d’une écriture inclusive pour toustes et par toustes. Pour une présentation détaillée des enjeux et des formes d’écriture inclusive, nous conseillons à nos interlocuteurices de cliquer sur le lien suivant : https://fondation-phi.org/fr/article/discriminations-liees-genre-langue-francaise

    Pour aller plus loin

    « Les discriminations liées au genre dans la langue française.Vers une plus grande inclusion des femmes et des personnes non binaires », par Anna Hains-Lucht, Fondation Phi, 2 novembre 2020 : https://fondation-phi.org/fr/article/discriminations-liees-genre-langue-francaise/#six

    https://academia.hypotheses.org/29829

  • Qu’est ce qui gêne dans le mot « humain » ?
    http://blog.plafonddeverre.fr/post/Comment-les-hommes-r%C3%A9sistent-ils

    Voici quelques titres d’articles que j’ai relevés ces derniers jours. On se demande bien à quoi s’occupent les femmes pendant que les hommes font face à des épidémies. Et je me demande pourquoi c’est si compliqué de mettre « les humains » ou « les gens » ou « les hommes et les femmes ». Cela fait partie d’une habitude à prendre, qui ne consomme aucun temps.

    Sur une page facebook de la Réserve sanitaire (organisme tout à fait officiel) j’ai commenté un post qui faisait le décompte de « jours hommes » mis à disposition des établissements de santé, en faisant remarquer qu’il y avait davantage de « jours femmes ». Je me suis prise une volée de bois verts au motif qu’on avait autre chose à penser.

    Des épidémies et des hommes. (France Culture)
    Comment les hommes ont résisté aux pires épidémies (Nouvel Obs)
    Des épidémies et des hommes. (Le monde)

    En cherchant sur votre moteur de recherche préféré « hommes et épidémie » vous en trouverez toute une kyrielle. Les seuls qui parlent d’hommes et de femmes sont ceux qui comparent comment le virus touche différemment les unes et les autres.

    #femmes #hommes #invisibilisation #male_gaze

    • Polémique dernièrement sur seenthis à propos des dires de paléoanthropologue de Pascal Picq sur les violences faites aux femmes et son gène … sa page WP qui le cite m’a fait tiquer sur sa distinction entre homme et humain.
      Y’a encore du chemin à faire pour que les femmes existent.

      Dans ce même texte, Picq répond à sa propre interrogation en affirmant que : « L’humain est bien une invention des hommes, qui repose sur notre héritage évolutif partagé, mais n’est pas une évidence pour autant. Homo sapiens n’est pas humain de fait. Il a inventé l’humain et il lui reste à devenir humain, ce qui sera fait lorsqu’il regardera le monde qui l’entoure avec humanité. »

      #pseudo_philosophe
      #lmsi

    • « Humain » ca reste au masculin, c’est moins affreux que « homme » et « Homme » mais c’est pas satisfaisant pour autant. « être humain » ça serait un peu mieux. « Femmes et hommes » ca me semble la meilleur tournure.

  • Un Genevois crée la première #typo inclusive

    Étudiant à la HEAD, #Tristan_Bartolini a inventé plus de 40 caractères typographiques non genrés. Il vient de recevoir le Prix Art Humanité 2020 de la Croix-Rouge.

    On aurait adoré ponctuer cet article de mots comprenant des signes typographiques inventés par Tristan Bartolini. Juste pour rendre le propos limpide et distrayant. Mais c’est impossible. Notre clavier ne connaît pas ces caractères-là. Notre clavier est vieux jeu. Mais dans dix ans peut-être, tous les rédacteurs de la planète utiliseront « l’inclusif-ve » pour taper leur prose.

    On notera au passage la mocheté de ce « sif-ve » à la fin d’« inclusif-ve ». C’est justement pour éviter ces acrobaties graphiques – et œuvrer pour un monde meilleur – que le jeune Tristan a créé une typo épicène. Et raflé conséquemment le Prix Art Humanité 2020 de la Croix Rouge la semaine dernière.
    Coup de foudre pour la typo

    Mais reprenons depuis le début. Un CFC de graphisme en poche, Tristan Bartolini se retrouve sur les bancs de la HEAD. Il y découvre les arcanes de la typographie. Coup de foudre. « C’est une activité sans fin, quasi méditative. Il y a toujours une courbe à rectifier. J’adore. On s’immerge corps et âme dans ce travail. D’abord, j’ai redessiné des lettres qui existaient déjà. Et puis j’ai voulu m’échapper de l’alphabet. »

    Le Genevois cherche un thème pour son travail de diplôme. « Un thème au service d’une cause, en accord avec mes engagements et convictions. » Une police de caractères inclusive s’impose comme une évidence. « L’idée m’est tombée du ciel. Il y avait beaucoup de débats autour de l’écriture épicène. Elle devenait de plus en plus fréquente dans les documents administratifs, les publicités. Je me suis dit que ce n’était pas qu’une affaire de linguistes, que l’on pouvait amener des solutions graphiques. »

    Le concept ? Simple et lumineux : la création de nouveaux caractères non genrés, en lovant deux ou plusieurs lettres. Oui, comme dans le joli bisou du O et du E dans notre vieux « Œ ». Tristan enlace donc le E et le A de Le et La ; le P et le M de Père et Mère ; voire le HO et FE de Homme et de Femme. Adieu barbants tirets, points et parenthèses. Voyez l’osmose typographique. Voyez l’ouverture du champ des possibles entre les deux pôles extrêmes que sont le masculin et le féminin.

    Encore fallait-il rendre cette étreinte élégante. C’est là que l’art du graphiste entre en scène. Après des mois de cogitations et préalables théoriques, Tristan se met à la création graphique proprement dite en mars dernier, alors que sonne le sinistre clairon du confinement. « Il me fallait une systématique. J’avais un critère de base : la visibilité. Je voulais des caractères évidents, pratiques, faciles d’utilisation. J’ai opéré d’interminables allers-retours, en poussant l’expérimentation au plus complexe pour souvent revenir au plus simple », sourit le jeune homme.
    Le début d’un grand chamboulement

    À l’orée de l’été, « l’inclusif-ve » déroule une quarantaine de nouveaux signes épicènes, superposables aux terminaisons genrées, pronoms et même à certains mots. C’est ingénieux. C’est poétique. C’est peut-être aussi le début d’un grand chamboulement graphique et sociétal.

    Et maintenant ? « J’aimerais que ce projet ne soit qu’un début. Ce système de caractères peut s’adapter à d’autres polices d’écriture. Dès lors, ce serait bien que des typographes intègrent mes signes dans leurs propres créations. J’ai simplement créé un outil de communication. D’autres pourraient l’utiliser pour faire passer un message. »

    https://www.tdg.ch/un-genevois-cree-la-premiere-typo-inclusive-168461901432
    #typographie #écriture_inclusive #écriture_épicène #français #langue #écriture #langue_française

    ping @reka @nepthys

  • Écriture inclusive : un premier bilan de la #controverse

    Le 18 septembre 2020, une tribune publiée dans Marianne (https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/une-ecriture-excluante-qui-s-impose-par-la-propagande-32-linguistes-listen) signée par 32 linguistes prenait clairement position contre l’écriture inclusive ou, plus exactement, contre l’utilisation des graphies abrégées (par exemple : les étudiant·e·s). Cette tribune se présentait comme une mise au point objective dénonçant une pratique qui, selon ses signataires, « s’affranchit des #faits_scientifiques ».

    Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le 25 septembre 2020, une tribune signée par 65 linguistes (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/250920/au-dela-de-l-e-criture-inclusive-un-programme-de-travail-pour-la-lin) prenait le contre-pied de la première, alors que paraissaient en même temps un texte signé par Éliane Viennot et Raphaël Haddad et diverses analyses critiques (https://sysdiscours.hypotheses.org/155). Cette controverse pourrait paraître anecdotique. En réalité, on peut en tirer quelques enseignements intéressants sur les langues et leur fonctionnement, ainsi que sur l’utilisation du discours scientifique expert pour fonder des discours prescriptifs (« il faut… il ne faut pas… ») (https://information.tv5monde.com/video/l-ecriture-inclusive-pour-mettre-fin-l-invisibilisation-des-fe).

    Quelques jalons historiques

    Il y a 30 ans, en #France, un mouvement a conduit à la #féminisation des noms de fonctions, de métiers, de titres et de grades. Très vite relayé par les instances politiques, il visait à « apporter une légitimation des #fonctions_sociales et des #professions exercées par les #femmes » (Décret du 29 février 1984). Il a réussi à imposer, dans les usages et jusque sous la coupole de l’#Académie_française (déclaration du 28 février 2019), l’emploi de #formes_féminines qui ont été tantôt créées (une ingénieure, une sapeuse-pompière), tantôt réhabilitées (une autrice, une officière) ou tantôt simplement plus largement diffusées (la présidente, la sénatrice).

    Cette #prise_de_conscience a permis de faire évoluer la #langue_française de manière à répondre aux besoins des personnes qui s’expriment en #français. La difficulté à laquelle les francophones font face aujourd’hui concerne les (bonnes) manières d’utiliser ces #noms_féminins dans tous les domaines de la vie : administration, enseignement, politique, création artistique, entreprise, vie quotidienne, etc. L’écriture inclusive désigne non plus la féminisation, mais l’usage de ces noms féminins à côté des noms masculins dans les textes.

    L’écriture inclusive, dite aussi #écriture_épicène (en Suisse et au Canada), #écriture_non_sexiste ou #écriture_égalitaire, représente un ensemble de #techniques qui visent à faire apparaître une #égalité, ou une #symétrie, entre les #femmes et les #hommes dans les textes et à adopter un langage non discriminant par rapport aux femmes. Nous choisissons ici de considérer l’écriture inclusive sans l’#écriture_non_genrée, dite aussi neutre ou #non_binaire, qui poursuit un objectif d’inclusion bien sûr, mais également très spécifique : ne pas choisir entre le féminin et le masculin et ne pas catégoriser les personnes selon leur genre.

    Les règles qui ne font (presque) pas polémique

    Certaines règles de l’écriture inclusive sont largement acceptées et figurent dans l’ensemble des guides. Il n’y a pratiquement pas de divergences concernant les éléments suivants :

    (1) Utiliser des noms féminins pour désigner des femmes dans leur fonction, métier, titre ou grade : dire « Madame la Présidente » et non « Madame le Président », « la chirurgienne » et non « le chirurgien », « l’officière de la Légion d’honneur » et non « l’officier de la Légion d’honneur ». Notons que certains noms, malgré des racines connues, ne sont pas encore accueillis sans retenue (par exemple : autrice ou professeuse).

    (2) Utiliser l’expression « les femmes » dès qu’on désigne un groupe de femmes et réserver l’expression « la femme » (ou « la Femme ») pour renvoyer à un stéréotype : dire « la journée internationale des droits des femmes » ou « la situation des femmes en Algérie » ; mais dire « cette actrice incarne la femme fatale ».

    (3) Utiliser « humain, humaine » plutôt que « homme » pour désigner une personne humaine, comme dans « les droits humains », « l’évolution humaine ».

    (4) Toujours utiliser le terme « Madame » lorsqu’on s’adresse à une femme (comme contrepartie féminine de « Monsieur » lorsqu’on s’adresse à un homme) et ne plus utiliser « #Mademoiselle », qui crée une asymétrie, puisque « #Mondamoiseau » est rarement utilisé.

    (5) Ne pas nommer une femme d’après la fonction ou le titre de son mari : dire « la femme de l’ambassadeur » et non « l’ambassadrice ».

    (6) Utiliser les noms propres des femmes comme on utilise ceux des hommes. Ne pas utiliser le prénom d’une femme lorsqu’on utilise le nom de famille d’un homme, par exemple dans un débat politique (ne pas dire « Ségolène contre Sarkozy », ni « Ségo contre Sarko »). Faire de même pour les noms communs (ne pas dire « les filles de la Fed Cup » et « les hommes de la Coupe Davis »).

    Les règles qui suscitent la polémique

    D’autres règles suscitent encore des polémiques (en France et en Belgique notamment), parce qu’elles créent des façons d’écrire ou de parler qui paraissent inhabituelles. Les arguments invoqués pour défendre ou pour refuser ces règles relèvent de l’histoire de la langue, de la linguistique, de la sociologie ou de la psychologie du langage, et parfois de l’idéologie. Les études actuelles (une bibliographie est disponible ici : https://osf.io/p648a/?view_only=a385a4820769497c93a9812d9ea34419) nous apportent pourtant un regard scientifique qui devrait nous aider à naviguer dans les méandres de ce sujet.

    (1) Utiliser le masculin pour désigner une personne dont on ne connaît pas le genre, comme dans une offre d’emploi : « recherche informaticien (H/F) ». Il est prouvé que cette règle ne favorise pas un traitement équitable des femmes et des hommes. De nombreuses études scientifiques ont montré que l’emploi de termes uniquement au masculin (« un mathématicien, un directeur commercial, un musicien ») engendrait des #représentations_mentales masculines chez les adultes d’une part, mais également chez les jeunes. Même si cet usage est permis par la grammaire française, il semble, par exemple, influencer les #aspirations_professionnelles des jeunes. Il a comme conséquence, notamment, de diminuer le degré de confiance des filles et leur sentiment d’auto-efficacité à entreprendre des études pour ces #métiers). Il donne également l’impression aux jeunes que les hommes ont plus de chances de réussir dans ces métiers : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2015.01437/full). Dans des secteurs où l’on cherche à créer plus de mixité, comme les sciences et technologies, ou les soins infirmiers, le masculin dit générique devrait être évité.

    (2) Utiliser le #masculin_pluriel pour désigner des groupes qui contiennent des femmes et des hommes, comme « les musiciens » pour désigner un groupe mixte. Il est prouvé que cette règle ne favorise pas une interprétation qui correspond à la réalité désignée. Des scientifiques ont montré de manière répétée (et dans plusieurs langues) que, même si la grammaire autorise une interprétation « générique » du masculin pluriel, cette interprétation n’est pas aussi accessible ou fréquente que l’interprétation spécifique (masculin = homme) (https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0388000120300619?dgcid=author). Cette différence d’accessibilité a été expliquée par différents facteurs), comme l’apprentissage du genre grammatical, qui suit invariablement la même séquence : nous apprenons le sens spécifique du masculin (masculin = homme) avant son sens générique. En d’autres termes, quand on dit « les musiciens », la représentation mentale qui se forme le plus aisément est celle d’un groupe d’hommes, le sens spécifique du masculin étant beaucoup plus simple et rapide à activer. La représentation mentale d’un groupe de femmes et d’hommes est plus longue à former et plus difficile d’accès. Le #biais_masculin induit par la forme grammaticale masculine a été démontré dans différents contextes et différents pays (par exemple, en France : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2008_num_108_2_30971 ; en Suisse : https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/20445911.2011.642858 ; et récemment au Québec). Fait assez rare en sciences, il n’existe, à notre connaissance, aucune donnée contredisant la dominance automatique du sens spécifique du masculin.

    Si l’on souhaite activer l’image de groupes mixtes, il est préférable d’utiliser d’autres stratégies que le masculin, comme les doublons : « les chirurgiennes et les chirurgiens ». Malgré ces résultats, certaines personnes, parfois au travers de guides d’écriture, engagent à ne pas utiliser de doublons. Différentes raisons sont avancées, souvent sans réels fondements scientifiques. Par exemple, les #doublons entraveraient la lecture. À notre connaissance, aucune étude ne corrobore cette idée. Il existe une étude qui montre que même si à la première occurrence d’un doublon, la lecture est ralentie, dès la deuxième occurrence, la lecture redevient tout à fait normale (effet d’habituation : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2007_num_107_2_30996)). L’idée que les personnes qui utilisent des doublons ne parviendraient pas à réaliser les accords grammaticaux dans les textes est également étonnante, surtout si l’on observe un retour de l’accord de proximité : https://journals-openedition-org.sid2nomade-2.grenet.fr/discours/9542), accord particulièrement adapté à l’utilisation des doublons.

    En revanche, des études scientifiques (https://doi.apa.org/doiLanding?doi=10.1037%2Fpspi0000094) montrent que l’#ordre choisi pour présenter chaque élément de la paire (« les boulangères et les boulangers » vs « les boulangers et les boulangères ») a un effet sur l’interprétation : l’élément présenté en premier est perçu comme plus central ou plus important : http://epubs.surrey.ac.uk/811895.

    (3) Certaines personnes engagent aussi à ne pas utiliser de #formes_abrégées qui permettent de présenter les doublons à l’écrit : « les étudiant·es », « les pharmacien-nes ». Les résultats actuels de la recherche scientifique sont trop limités pour se prononcer de manière définitive à ce sujet. Une étude : https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2007_num_107_2_30996) a mesuré l’effet des doublons sous forme abrégée sur la lecture. Elle concerne un public d’étudiantes et d’étudiants pour lesquels un léger ralentissement de la lecture était mesuré à la première apparition de ces formes, mais se normalisait ensuite. Pour autant, on ne peut pas conclure de cette étude que l’effet serait identique, ou différent, pour d’autres populations. Et les raisons de l’effet de ralentissement, comme de l’effet d’habituation, ne sont pas encore réellement connues.

    Il a également été montré que présenter des métiers sous une forme contractée (à l’époque avec une parenthèse) pouvait augmenter le degré de confiance des filles et le sentiment d’auto-efficacité à entreprendre des études pour ces métiers (https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2005_num_105_2_29694). La recherche doit néanmoins continuer de tester l’effet de ces #formes_abrégées : en fonction du signe typographique utilisé (tiret, point médian, etc.) ; en fonction des publics de différents âges, niveaux d’éducation, niveaux socio-économiques ; en fonction des types de textes. Seules des recherches complémentaires permettront de proposer des règles mieux informées pour réguler l’usage de ces formes, apparues principalement pour répondre aux limites de signes imposées dans différents domaines (journalisme, Internet…).

    (4) Enfin, certains guides recommandent plus de souplesse dans la gestion des #accords. À la règle établie de l’accord au masculin générique (« le frère et les sœurs sont arrivés »), ils suggèrent de laisser la possibilité d’appliquer l’#accord_de_proximité (avec le terme le plus proche : « le frère et les sœurs sont arrivées »), l’#accord_de_majorité (avec l’élément le plus important en nombre : « les sœurs et le frère sont arrivées »), ou un #accord_au_choix. L’argument historique est souvent invoqué, à juste titre : l’accord de proximité s’observe dans les textes anciens à hauteur de 45 % des cas (https://books.openedition.org/pusl/26517), mais il reste toujours moins fréquent que l’accord au masculin. L’argument historique ne permet ni de revendiquer un « retour » exclusif à l’accord de proximité, puisqu’il a toujours cohabité avec d’autres formes d’accords. Il ne permet pas non plus de l’exclure, puisqu’il a eu de l’importance. La recherche devrait montrer quels problèmes spécifiques, dans l’apprentissage, la rédaction ou la compréhension des textes, posent ces différents types d’accords.

    La guerre de l’écriture inclusive n’aura pas lieu

    Les connaissances scientifiques actuelles permettent de clarifier le #bien-fondé de certaines règles qui suscitent des #désaccords. Pour d’autres règles, pourtant défendues ou contestées de manière très assertive, il faut savoir reconnaître que les connaissances actuelles ne permettent pas encore de trancher. La recherche doit continuer à se faire afin d’apporter des arguments aux outils proposés.

    La #langue_française n’est pas seulement le domaine des scientifiques. En tant que scientifiques, nous pensons qu’il faut laisser les #usages se développer car ils répondent à des besoins communicatifs et sociaux fondamentaux. Tous les usages ne sont pas appropriés à tous les genres de l’écrit, mais la norme ne doit pas s’imposer de manière étouffante. Faisons confiance aussi aux francophones.

    https://theconversation.com/ecriture-inclusive-un-premier-bilan-de-la-controverse-147630

    #écriture_inclusive #choix #neutralité #catégorisation #masculin_générique

  • Le port du masque diminue-t-il le risque de forme sévère de COVID-19 ? De nouveaux éléments en faveur de cette hypothèse - Actualités - VIDAL
    https://www.vidal.fr/actualites/25739/le_port_du_masque_diminue_t_il_le_risque_de_forme_severe_de_covid_19_de_nouvea

    Au-delà de la prévention des contaminations, le respect systématique des mesures individuelles de protection, au premier chef le port du masque, pourrait-il diminuer significativement le nombre de cas de formes sévères de COVID-19 ? C’est ce que semble suggérer diverses études, chez l’animal comme chez l’homme.

    Chez l’homme, les résultats d’une étude suisse présentée ici sont renforcés par des observations faites à la suite de clusters où le port du masque a été immédiatement imposé. Celles-ci vont dans le sens des données obtenues dans les régions où cette mesure a été rapidement généralisée, comme à Hong Kong.

    Chez l’animal, une élégante étude a été menée chez le hamster doré qui montre à la fois la transmissibilité de SARS-CoV-2 par voie aérienne (aérosols) et l’effet du masque chirurgical en termes de diminution de la transmission, mais aussi en termes de réduction des symptômes chez les animaux contaminés malgré le masque.

    Une confirmation de l’effet des mesures de protection sur la sévérité de la COVID-19 serait considérable en termes de gestion sanitaire de l’hiver 2020-2021 et milite pour que tout soit mis en œuvre pour favoriser le respect de toutes les mesures de protection, en premier lieu le port systématique du masque. Dans l’attente d’un vaccin efficace, augmenter le pourcentage de personnes immunisées sans avoir présenté de symptômes est essentiel pour parvenir à une immunité de groupe suffisante sans pour autant surcharger le système de santé, ni risquer la vie des personnes infectées.

  • De l’écriture inclusive...

    J’aimerais partager avec mes ami·es seenthisien·nes deux pépites sur l’#écriture_inclusive.
    J’ai envoyé un petit texte à la Revue de géographie alpine, pour la rubrique « lieux-dits ». Je l’ai écrit en écriture inclusive... Et voici deux commentaires de deux enseignantes (femmes), l’une maîtresse de conférences (qui signe « maître de conférence ») et l’autre prof. émérite.

    La maîtresse de conférence :

    Je rejoins plutôt XX et YY, pour suivre les régles courantes, l’usage commun, et pas en définir qui seraient internes (à la RGA ?). Un langage pour le rester se doit d’être neutre et partageable. Le « minimum » est aussi qu’il soit lisible à voix haute. Sinon ces usages (certaines phrases de l’article de Cristina ou certains propos de la première vidéo envoyée) deviennent tout bonnement incompréhensibles pour le commun des personnes lectrices ou auditrices. Donc jouons avec le féminin et le masculin, difficiles à arracher aux langues latines, plutôt que de chercher à les extirper dans un combat stérile (au sens propre !). Ou bien utilisons l’anglais qui met tout le monde d’accord (avec quels effets pour la cause féminine ??).

    Certes, ce n’est que mon avis, et certes, le débat n’est pas nouveau.

    –-> pour info, la vidéo envoyée :
    "La Pérille Mortelle" de Typhaine D
    https://www.youtube.com/watch?v=4bJ9oNJPUW0

    La prof émérite :

    Par ailleurs (mais c’est un point de vue très personnel), je n’arrive pas à me faire à l’écriture inclusive : pour moi, tant que ce ne sera pas validé par l’Académie Française, je reste fidèle à la tradition du français classique. Je pense que les combats du féminisme se situent ailleurs.

    #académie_française #neutralité #langue_française #genre #no_comment

    • La Pérille Mortelle

      Typhaine D est autrice2, comédienne, metteuse en scène, coach, conférencière, professoresse de théâtre, et militante féministe.

      Elle travaille sur la #démasculinisation du langage, et la création d’une #langue_féministe, depuise des années. Elle a notammente inventée la concepte de « La #Féminine_Universelle » lors de l’écriture de son spectacle et livre #Contes_à_Rebours. Cette réinvention féministe des contes de fées commence donc toute naturellemente par « #Elle_était_une_fois ».

      « La Féminine Universelle » consiste en l’invention d’une #grammaire_féministe imPertinente, de mots inventés comme « #Femmage » (qui a sûremente due exister par la passée), ou encore « #Noues » et « #Voues » pour rassembler la Peuple des Femmes, les « #Sœurcières » et les « anniversœurs » pour fêter notre #Sororité ; et toute autre liberté féministante qui semblera signifiante ou émancipatrice à l’autrice, ou simplemente qui lui plaira. En effête, les instigateurs de la masculinisation du langage sous Richelieu ne s’étante pas encombrés de logique ou d’objectivité dans leure sinistre tâche, nulle n’y est à son tour tenue dans la riposte. Par ailleures, la « La Féminine Universelle », débridée, insurgée, insubordonnée, se trouve en constante évolution, et n’est pas restreinte par des règles strictes, si ce n’est celle de toujoures être porteuse de sens allante vers les intérêts des Femmes, donc en lutte féministe radicale intransigeante contre toutes formes des violences ou d’arnaques masculinistes et misogynes. Chacune est donc chaleureusemente invitée à utiliser la « La Féminine Universelle » en tant qu’acte de résistance littéraire, artistique et militante, et d’y ajouter ses propres trouvailles, comme cela se fait d’ailleures déjà, notammente sur les réseaux sociaux. L’autrice en est toujoures très heureuse, et Voues remercie alors de « rendre à Cléopâtre ce qui est à Cléopâtre » en citant sa travaille. Car affirmer la maternité de nos œuvres à chacune consolide notre Matrimoine commune, et participe de nos Luttes féministes et sorores, contre l’effacement et la mise sous anonymat qui menace toujoures les créatrices, ainsi que contre l’appropriation et l’instrumentalisation de nos inventions de Femmes, de Féministes, par des hommes, et à nos dépens.

      Typhaine D a écrite et interprétée pour la première fois ce texte « La Pérille3 Mortelle » à l’occasion du concours d’éloquence du Collectif Droits Humains pour Tou·te·s, la 10 décembre 2017 à l’Hôtel de Ville de la Mairie de Paris. Le titre féminisé de ce texte intervient en résistance aux élucubrations affolées de l’académie française, qui déclarait en 2017, avec toute la mesure que nous connaissons aux « Immortels », que l’écriture inclusive constituait pour la langue française un « péril mortel » (rien que ça) ; ces blancs messieurs combattante la démasculinisation du langage en agitante fébrilemente les arguments les plus iniques qui soient. Une riposte s’imposait, taraudait l’autrice : la voilà !

      Ce texte va plus loin que les précédents écrits de Typhaine D dans l’utilisation de « La Féminine Universelle ». Et de faite, c’est là toute son objective, d’aller, non pas la plus loin possible dans le souci de rester lisible, et parce que la démarche est par définition révolutionnaire et en permanente construction, maise d’aller loin, pour faire entendre profondémente ce masculin qui Noues étouffe au quotidien sous des semblantes d’évidence, insinué dans les mots et les règles qui Noues ont étée données pour dire, et donc pour penser. « La Pérille Mortelle » est une essaie, une manifeste de langage, en révolte, en chemin.

      https://www.revue-glad.org/1489

  • L’allemand dégenré horripile les défenseurs de la langue classique
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/14/l-allemand-degenre-fait-polemique_6029516_3232.html

    Ces règles peuvent se regrouper en quatre catégories principales.

    1. Systématisation de l’écriture inclusive au moyen du « double point » (« Senator:innen »), équivalent du « point médian » en français (« sénateur·rice·s »).

    2. Utilisation de périphrases « dégenrées » comme « une personne employée » au lieu de « un·e employé·e »).

    3. Emploi de « notions neutres » tel que Elternteil (« membre de la parentèle »), préférable à Vater/Mutter (père/mère).

    4. Bannissement des formules « Cher Monsieur, Chère Madame » en début de lettre au profit des seuls prénom et nom.

    5. Abrogation d’expressions imagées véhiculant des « clichés », comme « Not am Mann » (« urgence pour l’homme »).

    en voulant chercher « Senator:innen » sur le web je trouve surtout Senator/innen et même Senator*innen

  • De l’écriture inclusive dans les pages de l’encyclopédie Wikipedia ?
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/de-l-ecriture-inclusive-dans-les-pages-de-l-encyclopedie-wikipedia/98293

    Il faudra avoir une cinquantaine de contributions à son actif, réalisées avant le 29 octobre 2019, pour faire entendre sa voix. Et dans le cadre de ce qui a tout l’air d’un référendum, six autres propositions sont à l’étude – dont la fameuse écriture inclusive. L’idée n’est d’ailleurs pas de conscrire cette projection à la seule application de points médians.

    La Wikipédia francophone vient de lancer un sondage sur l’utilisation de l’écriture inclusive (au sens large, pas que les formes avec des points médians).https://t.co/aKmqvwaBNB
    — Von Rudloff (@Tael67) December 1, 2019

    L’église catholique inclusive

    C’est à partir de la définition de l’ONU que la discussion s’initie, pour évoquer le langage inclusif. Autrement dit, « on entend le fait de s’exprimer, à l’oral comme à l’écrit, d’une façon non discriminante, quels que soient le sexe ou l’identité de genre de la personne dont on parle ou à qui l’on s’adresse, sans véhiculer de stéréotypes de genre ».

    Il s’agira alors de prendre en compte plusieurs modalités :

    • L’utilisation de termes englobants ou épicènes lorsque c’est possible plutôt que les recours au masculin universel. Exemples : « le personnel de l’entreprise » plutôt que « les employés d’une entreprise ». « Les personnes contribuant à Wikipédia » plutôt que « les contributeurs ». Les « novices » plutôt que les « nouveaux ».

    • Le recours à la double-flexion lorsqu’un terme englobant n’est pas possible. Exemple : « les contributeurs et les contributrices » plutôt que les « contributeurs ».

    • L’accord en genre des noms et titres de fonction. Exemple : « la cheffe de service » plutôt que « le chef de service » s’agissant d’une femme.

    • L’utilisation de l’accord de proximité ou de l’accord de majorité. Exemple : « l’étudiante et l’étudiant inscrits » plutôt que « l’étudiant et l’étudiante inscrits ».

    • Le recours à des mots-valises masculin-féminin (dit aussi doublet abrégé), par exemple « salarié.e.s », « salarié·es », « salarié(e)s » sous diverses variantes typographiques.

    • L’utilisation de termes non-binaires portant le genre masculin et le genre féminin simultanément à l’exemple de iel, celleux, contributeurice, etc.

    Des femmes amputées de leur propre estime

    Jonathan Mouton, membre du conseil d’administration de Wikimedia France, explique que le sondage, lancé ce 1er décembre, a reçu un accueil particulièrement vif, attestant de son importance. « On peut facilement y déceler la preuve de l’importance du sujet de l’écriture inclusive. Cela n’empêche que le sondage a été lancé à la va-vite et reste imparfait dans sa formulation », poursuit-il, auprès de BFM TV.

    #Wikipédia #Ecriture_inclusive

    • Subtile manœuvre d’évitement :

      L’utilisation de l’accord de proximité ou de l’accord de majorité. Exemple : « l’étudiante et l’étudiant inscrits » plutôt que « l’étudiant et l’étudiante inscrits ».

       :-))

  • Rédiger au #féminin aussi !

    Comment rendre la marque du féminin visible à l’écrit et audible à l’oral.

    Les dispositifs d’écriture préconisés sur les sites web de l’université

    Accorder les titres, fonctions et grades au sexe de la personne indiquée
    Exemples : "Un fondé de pouvoir", "Une fondée de pouvoir"
    Employer les formulations globales et épicènes
    Exemples : "Le personnel", "La personne responsable"
    Utiliser le point médian lorsque il n’y a qu’une ou deux lettres à ajouter au substantif masculin
    Exemples : "Un·e citoyen·ne" et "Citoyen·nes" au pluriel
    À noter : Sur le site internet de l’université, réservez l’utilisation du point médian aux rubriques sensibles (offres d’emplois, campagnes de recrutements, etc.)
    Employer le doublet dans les autres cas et les classer par ordre alphabétique
    Exemple : "Les contributeurs et contributrices"
    L’accord du participe passé : on fera en sorte de placer le substantif féminin avant celui du masculin pour simplifier la rédaction. De ce fait, l’accord de proximité est respecté et transparent pour l’usager.
    Exemple : Les femmes et les hommes (substantif masculin pluriel) sont partis (accord avec le substantif le plus proche)
    L’accord de l’adjectif : on procède comme pour l’accord du participe passé.
    Exemple : Les femmes et les hommes sont beaux

    La combinaison de ces six procédés rédactionnels permet de varier les graphies et de proposer une écriture égalitaire lisible et accessible au plus grand nombre.
    Le choix du point médian

    Le point milieu est préférable aux parenthèses qui, en usage, indiquent un propos secondaire ; au slash qui connote une division ; à l’E majuscule (exemple salariéE) qui peut être interprété comme une considération différente entre féminin et masculin ; au tiret, qui peut poser problème dans les mots composés et qui a une autre signification typographique.

    À noter : l’ajout de points concerne l’écriture et non l’expression orale. Personne ne conteste le point dans la forme « M. » pour Monsieur, ou « MM. » pour Messieurs. De même, le point médian opère une abréviation, qui évite d’exprimer les deux mots (« citoyen·nes » pour éviter d’écrire « citoyennes et citoyens »). Mais si le texte a vocation à être lu oralement, il est très simple d’énoncer « les citoyennes et citoyens ».
    Combinaisons de touches pour le point médian
    (Source Wikipedia)

    On peut obtenir le point médian en appuyant sur les touches suivantes :
    Sur MacOS

    ⌥ alt + ⇧ maj + F avec un agencement de clavier français ou belge ;
    ⌥ alt + ⇧ maj + H avec un agencement de clavier espagnol, canadien multilingue ou suisse français ;
    ⌥ alt + ⇧ maj + 9 avec un agencement de clavier anglais britannique, canadien anglais ou allemand ;
    ⌥ alt + ; ou ⌥ alt + ⇧ maj + Λ avec un agencement de clavier grec ;
    ⌥ alt + 00B7 avec l’agencement de clavier universel (Unicode Hex).

    Sur Windows

    avec la combinaison de touche Alt :
    Alt+250, le point milieu (·) apparait en relâchant Alt
    Alt+0183, le point milieu (·) apparait en relâchant Alt.
    00B7 suivi de Alt+C (ou de Alt+X) dans les applications RichEdit (par exemple WordPad)
    Maj + 3 avec un agencement de clavier catalan ou espagnol.

    Règles de féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions
    (Extraits de Femme, j’écris ton nom… Guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, 1999, Centre national de la recherche scientifique Institut national de la langue française)
    Noms se terminant au masculin par -e
    La forme féminine est identique à la forme masculine (forme épicène),
    ex. : une architecte, une cadre, une capitaine, la garde (des Sceaux), une gendarme, une géologue, une interne, une manœuvre, une ministre, etc.
    Remarque : Certains noms ont été féminisés depuis longtemps à l’aide du suffixe -esse : hôtesse, mairesse, maitresse, poétesse… Ce suffixe étant aujourd’hui senti comme désuet, voire dévalorisant, on a préféré ne plus y avoir recours. Seuls les emplois consacrés [par l’usage] sont retenus (une hôtesse, une maitresse d’école).
    Noms se terminant au masculin par -é et -i
    Le féminin est formé par adjonction d’un -e à la finale.
    ex. : une attachée, une avouée, une chargée (de cours, d’études, de mission), une députée, une apprentie
    Noms se terminant au masculin par une consonne autre que -eur
    Le féminin se construit normalement par l’adjonction d’un -e à la finale avec les éventuelles modifications grapho-phoniques qui obéissent aux lois morphologiques de la langue.
    ex. : une adjointe, une agente, une artisane, une avocate, une cheminote, une commise, une consule, une écrivaine, une générale

    ex. avec doublement de la dernière consonne : une chirurgienne, une colonelle, une doyenne, une électricienne
    ex. avec modification de la dernière consonne : une créative, une sportive, une syndique…
    ex. avec ajout d’un accent sur la dernière voyelle : une bâtonnière, une conseillère (culturelle, d’État, municipale…), une menuisière, une pompière, une préfète, une sommelière

    Remarque 1 : L’adjonction du -e est facultative pour les termes issus des comparatifs latins : une junior(e), une major(e), une sénior(e).
    Remarque 2 : La solution de l’épicène a été retenue pour les quelques rares cas dont la féminisation est sentie comme diffi- cile (voir infra, p. 30 et 32) : une chef, une clerc, une conseil, une témoin. L’ adjonction du -e est facultative pour les mots dont le féminin est attesté : une camelot(e), une mannequin(e), une marin(e), une matelot(e), une médecin(e).
    Noms se terminant au masculin par -eur (à l’exception de -teur)
    La forme féminine se termine par -euse lorsque le nom correspond à un verbe en rapport sémantique direct (démarcher/démarcheur),
    ex. : une annonceuse, une chercheuse, une démarcheuse, une programmeuse

    Les quelques noms formés sur une base nominale sont féminisés de la même façon,
    ex. : une avionneuse, une camionneuse, une chroniqueuse, une pisteuse

    Cette règle s’applique aux noms suffixés à partir d’une base nominale empruntée à l’anglais,
    ex. : une basketteuse, une footballeuse…

    Remarque : Les formes féminines anciennes en -esse de défendeur, demandeur et vendeur : défenderesse, demanderesse, venderesse, sont conservées dans la langue juridique.

    Lorsqu’il n’existe pas de verbe correspondant au nom ou que le verbe n’est pas en rapport sémantique direct – il s’agit, le plus souvent, de noms issus directement du latin – on a le choix entre l’emploi épicène (solution adoptée par les Belges) et l’adjonction d’un -e à la finale (solution préconisée par les Québécois et les Suisses),
    ex. : une assesseure, une ingénieure, une professeure, une proviseure …

    Remarque : Les noms issus de comparatifs latins ont un féminin régulier en -eure : une prieure, une supérieure.

    Noms se terminant par -teur
    La forme féminine se termine par -trice dans les conditions suivantes, non exclusives les unes des autres :
    -- il n’existe pas de verbe correspondant au nom (agriculteur, aviateur, instituteur, recteur…), ou bien le verbe est apparu postérieurement au nom (acteur/acter, auditeur/auditer).
    -- il existe un verbe correspondant au nom ne comportant pas de -t- dans sa terminaison (calculer/calculateur ; conduire/conducteur ; former/formateur),
    -- il existe un substantif corrélé au nom se terminant par -tion, -ture, ou -torat (quelle que soit la terminaison du verbe correspondant) (éditeur/édition ; lecteur/lecture ; tuteur/tutorat),

    ex. : une agricultrice, une auditrice, une calculatrice, une compositrice, une conservatrice, une programmatrice, une promotrice, une rectrice, une rédactrice, une sénatrice, une tutrice…

    Remarques :

    Pour les termes auteur, docteur et pasteur […]. On conservera la forme identique au masculin, avec le choix d’ajouter ou non un -e à la finale, comme pour assesseur, censeur, etc. : une auteur ou auteure, une docteur ou une docteure. Il va de soi que les féminins en -esse encore en usage sont toujours admis : une doctoresse.
    La règle s’applique aux noms empruntés à l’anglais, qu’ils soient francisés ou non : reporter, reporteur/reportrice ; supporter, supporteur/supportrice.
    L’usage contemporain a tendance à privilégier la forme épicène pour certains termes dont la forme régulière en -trice est par ailleurs attestée, ex. : une sculptrice, mais aussi une sculpteur ou sculpteure.

    Notez que les formes abrégées et les sigles sont épicènes : une extra, une PDG
    Mots empruntés à une langue étrangère
    Pour les mots empruntés à une langue étrangère dans l’inté- gralité de leur signe, sans adaptation morphologique, la forme féminine est identique au masculin,
    ex. : une clown, une gourou, une imprésario, une jockey, une judo- ka…
    Cas particuliers
    Lorsque le nom désigne de manière explicite la personne de sexe masculin, il est remplacé par son équivalent féminin : un confrère/une consœur ; un homme (d’entretien, -grenouille)/ une femme (d’entretien, -grenouille…).
    Remarque : Cette règle s’efface bien évidemment devant l’usage consacré : l’équivalent féminin de garçon de café est serveuse. De même pour les mots empruntés aux langues étrangères : l’équivalent féminin de barman est barmaid, celui de rugbyman est joueuse de rugby ou rugbywoman, celui de steward est hôtesse.

    https://ulysse.univ-grenoble-alpes.fr/rediger-au-feminin-aussi--583917.kjsp?RH=4665830307904078
    #how_to #manuel #guide #écriture_inclusive #genre

  • Banque de dépannage linguistique

    Liste de termes épicènes ou neutres

    Lorsqu’on fait référence à des personnes dans un écrit et qu’on souhaite donner à celui-ci un caractère plus générique et inclusif, il convient de privilégier des formes non marquées en genre, c’est-à-dire qui ne présentent pas d’alternance masculin/féminin. Les mots ainsi choisis désignent aussi bien les femmes que les hommes, ou encore les personnes non binaires.

    http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=5465

    #féminisation #épicène #langue_française #écriture_inclusive #égalité

  • Le nouveau président argentin, Alberto Fernández, termine une intervention en soutien au droit à l’avortement par :

    gracias a todos, a todas, a todes [tonnerre d’applaudissements]

    https://twitter.com/Marian_Carbajal/status/1195125468753731589

    En castillan, « todEs » est la forme inclusive qui est maintenant la plus utilisée, les autres étant « todxs » et « tod@s », sûrement parce qu’elle a l’avantage de pouvoir se dire, et pas seulement s’écrire.

    #écriture_inclusive

  • « Les noms “autrice”, “officière”, “professeuse”… existent depuis des siècles. Ils avaient juste été condamnés par des idéologues masculinistes »

    Dans une tribune au « Monde », la linguiste Eliane Viennot et le juriste Benjamin Moron-Puech pensent que l’#écriture_égalitaire permet de renouer avec des #usages éliminés pour des raisons discutables.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/07/11/les-noms-autrice-officiere-professeuse-existent-depuis-des-siecles_5487951_3

    #féminisation #métiers #français #écriture_inclusive #égalité #femmes #égalité

  • Théorie du #genre et #écriture_inclusive ont pris le pouvoir au #CNRS : le cri d’alarme d’un chercheur

    Chercheur en biotechnologie au CNRS, #Marcel_Kuntz juge que la #théorie_du_genre tient désormais le haut du pavé au sein du prestigieux établissement. Or quand une théorie aussi fragile impose une « ligne officielle » qu’il est prudent de respecter si l’on veut la paix, il y a de quoi être inquiet pour l’esprit critique, souligne le scientifique.

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2019/02/04/31003-20190204ARTFIG00141-theorie-du-genre-et-ecriture-inclusive-ont-pris-l

  • Inclusivement vôtre
    https://mailchi.mp/slate/il-se-passe-un-truc-532533?e=a942088280

    Je pensais tout savoir sur l’écriture inclusive, et puis j’ai lu le dernier livre d’Éliane Viennot et j’ai envie de m’excuser pour mon arrogance. Il est temps de faire un « l’écriture inclusive, deuxième partie ». Éliane Viennot a donc publié un très court ouvrage que je vous recommande chaudement, que vous vous intéressiez au féminisme ou à la langue française : Le langage inclusif : pourquoi, comment.

    C’est jouissif, stimulant, et cela vous permet de vous demander : quelles sont mes habitudes de langage, que véhiculent-elles et qu’est-ce que je souhaite y changer ? Vous pouvez également écouter cette émission de France Culture, où Bernard Cerquiglini, linguiste et l’un de ceux qui ont participé aux premières batailles pour l’inclusif dans les années 1980, fait le point sur l’évolution de la langue –et c’est passionnant.
     
    Déjà, on ne dit pas féminisation de la langue, parce que le terme est impropre et tend à valider l’idée d’un grand complot féministe qui voudrait remplacer le masculin par le féminin. La démarche ici n’est pas de féminiser, mais plutôt de pratiquer une démasculinisation, dans le sens où le masculin a pris une place dingue dans le français et que l’on tente seulement de le reporter à ses justes proportions.

    Sur cette idée de féminisation, Éliane Viennot explique également que l’on ne féminise pas des termes masculins. Les mots sont faits de radicaux (un noyau originel), auquel on ajoute de quoi faire un masculin ou un féminin. On ne part donc pas de mots masculins que l’on torturerait pour en faire des féminins, mais de radicaux. Elle est également très déculpabilisante, parce qu’elle prône la souplesse et la liberté, notamment en accordant selon le sens. Si j’ai envie d’accorder au féminin pluriel pour un accord de majorité, pourquoi pas ? 
     
    Dans son livre, on découvre de vieux mots oubliés, comme orfèvresse, mairesse, victrice, tavernière, archière, bourrelle (pour des femmes bourreaux), poétesse, procureuse, médecine (pour une femme médecin), agente, vétérante, proviseuse –des mots qui s’employaient encore tardivement à l’oral. C’est la massification de l’enseignement, avec la mise au point de traités de grammaire, qui ont généralisé des usages qui n’étaient auparavant employés que dans certains milieux lettrés. 

    Cette généralisation du masculin ne nous apparaît même plus comme telle. Autrefois, on disait par exemple « ça pleut », avant de le remplacer par « il pleut ». De même, des formes se sont complexifiées avec un sujet dit « apparent », comme dans « il faut partir ». « Il » est un sujet apparent, le vrai sujet est « partir ». On disait jadis « faut partir », ce qui sur le plan du sens me paraît plus juste, mais qui pour nous est ressenti comme une forme populaire –donc impropre, et il y aurait beaucoup à dire là-dessus.

    Plus proche de nous, Madame de Sévigné, à qui un homme disait : « Je suis malade », répondait : « Je la suis également », et expliquait qu’en disant : « Je le suis », elle aurait eu l’impression d’avoir de la barbe. On a totalement perdu cet usage. Pourtant, on le trouve encore chez Beaumarchais, dans Le mariage de Figaro : « J’étais née, moi, pour être sage, et je la suis devenue » (acte 3 scène 16).

    Également jetée aux oubliettes, l’élision du « a » devant voyelle dans les déterminants possessifs. Exemple : « ma amour » se disait « m’amour », avant que l’on ne décide de le transformer en « mon amour » (le mot « amour » était alors féminin).

    Éliane Viennot a également l’intelligence de nous mettre face à nos propres contradictions. J’ai déjà expliqué pourquoi autrice et pas auteure. Autrice existait au XVIe siècle, puisqu’il y avait des femmes qui écrivaient. L’Académie française a décidé d’interdire le mot, pour interdire l’activité. Ces femmes et leur dénomination ont été rayées de nos mémoires. Au XXe siècle, totalement amnésique, on a inventé « auteure ». Dire « autrice », c’est dire que les femmes n’ont pas commencé à écrire au XXe siècle, c’est rendre leur place à toutes les Catherine Bernard qui nous ont précédées –amusant, dans ce lien vous verrez que Slate avait écrit « auteure » dans les titres et intertitres, alors que j’employais le terme « autrice » dans le corps du texte [depuis, la rédaction de Slate emploie le terme « autrice » et continue de réfléchir à la meilleure façon d’appliquer l’écriture inclusive, ndlr]. Mais celles et ceux qui restent attachés à « auteure », qu’est-ce qui vous paraît le plus logique entre une « auteure-compositrice » ou une « autrice-compositrice » ? À l’inverse, doit-on dire sage-homme pour un homme sage-femme ? Nope : femme renvoie ici à la parturiente.
     
    Il y a quelques semaines, sur France Inter, j’écoutais un reportage sur des femmes violées en temps de guerre. Le journaliste a conclu en disant que c’était une véritable atteinte aux droits de l’homme. Sérieusement. Même pour ce sujet, on n’a pas eu un petit « aux droits humains ».

    De même, ça me fatigue, quand je fais la lecture aux enfants, de devoir systématiquement remplacer « hommes » par « humains ». C’est encore arrivé hier soir : « Les hommes vivaient-ils au temps des dinosaures ? » Sans parler des innombrables « hommes préhistoriques »...

    Et je me dis que quand les enfants liront seuls, ils ne remplaceront plus par « humains ». J’aimerais vraiment, chères et chers ami·es de l’édition, que vous profitiez des rééditions pour remplacer « hommes » par « humains ». 

    Dans le même ordre d’idées, plus j’écoute ou je lis les infos, plus la masculinisation me semble poser un réel problème d’invisibilisation d’une partie de la population, au point d’aboutir quasiment à une fausse information. Quand on nous parle chômage, on pense chômeurs et jamais chômeuses, parce qu’elles n’existent pas dans le langage : ce sont les droits des chômeurs qui sont concernés. De même quand on parle des agriculteurs, des avocats, ou du statut de l’auto-entrepreneur –dont Éliane Viennot nous rappelle qu’on pourrait aisément le remplacer par « auto-entreprise ».
     
    Mais le point le plus intéressant à mon sens, c’est qu’elle répond à mes propres interrogations. Si je suis acquise à l’écriture inclusive, j’ai tout de même un contre-argument : tout ce qui tend à genrer encore davantage le monde me gave. J’aimerais dégenrer la vie, alors une démarche qui consiste à mettre plus de féminin n’y participe clairement pas ; elle insiste au contraire sur une fondamentale différence des sexes et/ou des genres, elle renforce la binarité. Dans mon idéal, nous aurions un langage épicène. À cela, Éliane Viennot oppose plusieurs arguments. D’abord, démasculiniser la langue permet au moins de sortir d’un système hiérarchique où le masculin est plus valorisé, plus noble, plus universel. Mais dans ce cas, cette démarche ne pourrait-elle pas être simplement transitoire, le temps d’atteindre un ordre plus égalitaire où le masculin ne sera plus paré de toutes les qualités ? Sa réponse est très claire : non. Les lois sur la parité en politique seront peut-être un jour dépassées, inutiles. Mais « concernant le français, on voit bien comment le démasculiniser, mais pas comment le dégenrer. De fait, il se pourrait que la langue (les langues romanes en tout cas, et sans doute beaucoup d’autres) soit le seul domaine “intraitable” en la matière ». Même si les récentes recherches en biologie nous ont appris que la nature n’était pas proprement ordonnée en deux catégories étanches, mâle et femelle, le français est ainsi structuré. Éliane Viennot explique que l’on peut dégenrer un certain nombre de formes, mais pas toutes. Elle propose de commencer par diminuer la place du masculin, et de voir ensuite les nouvelles formes proposées, si elles sont pratiquables, adoptées par tout le monde –ce dont elle doute, et je la rejoins assez. 

    Je retiens surtout que nous avançons très vite, au moins dans ce domaine, et en tant que féministe, cela fait du bien. On hésite encore sur « autrice », mais à peu plus personne n’est choquée par « une traductrice » ou « la ministre ». En 2005, on pouvait encore lire dans le Figaro : « Chaussé d’escarpins à talons aiguilles et vêtu d’un coquet tailleur rose, le chancelier allemand a serré la main de Jacques Chirac. » Désormais, tout le monde qualifie Angela Merkel de chancelière, sans que cela ne heurte nos oreilles –à part Gérard Longuet, mais qui écoute encore Gérard Longuet ?

    #écriture_inclusive

  • Je découvre le site #Migrations_en_Questions , dont l’objectif est :

    "Recevoir des questions des citoyen.nes sur les migrations et répondre de manière objective et impartiale est l’objectif de migrations en questions. Des universitaires, des expert.es et des spécialistes apportent des réponses courtes et pédagogiques à vos questions »

    (vous noterez quand même l’#écriture_inclusive)
    Ici le site :
    https://www.migrationsenquestions.fr

    Cool, je me dis, du coup, je clique sur le lien et je regarde les questions et les réponses.

    Pour l’instant, 4 questions et 4 réponses… 2 réponses données par #Pascal_Brice, qui ne me semble pas être un universitaire, ni un expert (en tout cas pas externe)... un spécialiste oui, mais surtout, c’est quand même le directeur de l’#OFPRA... qui est un office de l’Etat français...
    Une autre réponse est confiée #Enrico_Letta, qui est à Sciences Po (je le découvre aujourd’hui), mais qui est surtout connu pour son activité politique…
    Puis heureusement il y a #Yves_Pascouau

    Du coup, moi aussi j’ai quelques questions... et elles portent sur choix de qui a été appelé pour répondre...

    #France #migrations #questions #réponses

  • Lettre pour penser aux femmes.

    Bonjour,
    je trouve ce que vous faites formidable.

    Je voudrais seulement attirer votre attention sur vos utilisatrices potentielles et les bienfaits de les prendre en considération ne serait-ce que par une écriture inclusive.

    De par mon expérience informatique et mon expérience de femme, je fais du SPIP depuis les débuts de ce CMS et nous venons d’adopter la https://www.contributor-covenant.org/fr/version/1/4/code-of-conduct. Mais malgré toutes ses bonnes idées, la communauté manque de représentantes.

    De par les études qui ont été faites, les femmes sont sous représentées dans le logiciel libre. C’est pire que dans les sociétés privés ou dans les logiciels privatifs, elles ne sont que 8% des personnes qui codent.

    Et parce qu’à peine arrivé sur votre page d’accueil, on voit s’afficher
    « À LA UNE : Serveur cloud dédié : ils nous font confiance
    Témoignages des utilisateurs de serveurs dédiés ... »
    Parce que certainement, vous ne vous en rendez pas compte, mais à lire cela, je me dis que l’inclusion des femmes c’est pas encore gagné :/

    J’espère que vous comprendrez ma demande.
    Je sais que c’est parfois difficile de se remettre en question, surtout quand on appartient à ceux qui ont le pouvoir. Mais sentir qu’on peut changer les choses, c’est pas mal non plus.

    Et pour finir, j’avais aussi milité auprès de Toulibre à Toulouse pour qu’ils adoptent dans leur nombreux mails « les utilisateurs et les utilisatrices » ou « les personnes utilisatrices » ou « les entreprises et les personnes qui nous font confiance » ou même « celles et ceux qui nous font confiance ». Et depuis quelques années, les quelques secondes consacrées à réfléchir à la façon dont on écrit donnent la preuve des efforts à inclure les femmes, ce qui est une forme d’invitation à participer.

    Voila voila, je vous remercie.
    ++

    • Réponse reçue ci dessous
      (le prénom féminin a été modifié)

      effectivement, merci d’attirer notre attention de façon aussi pédagogique.

      on va essayer de faire un effort en ce sens, sans aller jusqu’à une écriture inclusive stricte car personnellement je trouve que c’est excessif et contre productif en donnant l’impression que les femmes ont un complexe d’infériorité. mais il y a un minimum je suis d’accord. alors n’hésitez pas à nous proposer des corrections sur les nouvelles actus si notre vigilance faiblit :)

      amicalement,
      françoise

    • Voici ce que j’ai répondu

      Contente que ma demande soit bien reçue.

      En fait la nécessité de l’écriture inclusive n’est pas une affaire personnelle.

      Pour ceux ou celles qui ont du mal à saisir pourquoi le féminisme est une action politique nécessaire pour gagner l’égalité de représentation, de salaire, de prise en considération etc … (Ce qui au passage éviterait peut-être que tous les 2 jours en france une femme soit tuée par son conjoint). Je propose de faire le parallèle entre ce que subissent aujourd’hui les femmes avec l’apartheid qu’ont subit les noirs mais une forme encore plus pernicieuse puisque silencieuse. Imaginez que ce système soit si bien intégré dans la société que chacun et chacune est persuadé qu’il est naturel d’effacer les femmes, des livres, de l’histoire, de la vie publique ou même de les violer ou les assassiner en toute impunité.

      Imaginez vous ensuite de dire à des noirs que monter dans le bus des blancs c’est un peu trop excessif, que trois sièges au fond peut-être, mais que sinon vous auriez de la peine pour eux à ainsi montrer qu’ils ont un complexe d’infériorité.

      C’est la domination masculine qu’il faut faire tomber, cela ne s’attaque ni aux hommes ni aux femmes personnellement. Certes, nous pouvons agir individuellement pour faire avancer les choses. Certes, vous trouverez des réticents prédateurs qui se nourrissent de ce marché de dupes et ne voudront jamais céder (voir les masculinistes). Mais c’est bien à nos représentations symboliques qu’il faut s’attaquer. Et quoi de mieux que l’écriture ?

      Espérant que le féminisme stricte soit aussi une joie :)

      Sororalement,
      touti

    • S’il s’agit bien de ce que j’ai trouvé via Gougueule, apparemment, le titre de leur article est devenu « Serveur cloud dédié, témoignages de celles et ceux qui nous font confiance ».