• Les universités suisses paient 70 millions aux éditeurs scientifiques, mais veulent les faire plier

    Les institutions suisses dépensent plus de 70 millions de francs par an pour accéder aux articles publiés dans les revues scientifiques. Alors que l’open access gagne du terrain, la mainmise des éditeurs commerciaux sur la diffusion de travaux de recherche est toujours plus contestée. Universités, bibliothèques et chercheurs se sont alliés pour négocier avec les grandes maisons d’édition. Mais à peine lancées, les discussions prennent déjà du retard.

    Pourquoi c’est important. Les trois principaux éditeurs scientifiques, #Elsevier, #Wiley et #Springer Nature, publient des milliers de revues, parmi lesquelles certaines des plus prestigieuses : Cell, The Lancet, Nature. Ils bénéficient d’un #monopole sur leurs produits qui leur permet d’imposer des augmentations annuelles de prix de l’ordre de 4% à 8%. Une situation difficilement tenable pour leurs abonnés qui essaient tant bien que mal de contenir ces coûts.

    https://www.heidi.news/articles/les-universites-suisses-paient-70-millions-aux-editeurs-scientifiques-mais-v
    #édition_scientifique #université #savoir #prix #coût #science
    #paywall

  • Scientific research is booming in China
    https://www.nationalgeographic.com/magazine/2019/05/data-show-why-china-science-research-is-booming/?sf217412084=1

    Science is getting a boost in China. Research funding is second only to that of the United States, and the largesse is bearing fruit: The number of papers that Chinese scientists published in major journals rose 17 percent from 2016 to 2018.

    #sciences #recherche #classement #visualisation

  • First article published in UCL’s open access megajournal

    UCL’s new megajournal ‘#UCL_Open’ has published its first article, delivering on our commitment to provide academics, students and the general public with ground-breaking research free of charge.

    https://www.ucl.ac.uk/news/2019/aug/first-article-published-ucls-open-access-megajournal
    #résistance #édition_scientifique #savoir #université #connaissance #UCL #alternative #open_access #revues_scientifiques

    –------
    Welcome to UCL Open: Environment
    https://ucl.scienceopen.com
    #UCL _open_environment

  • « #Nature », la prestigieuse revue que les chercheurs adorent détester

    Actrice centrale de la recherche, l’édition scientifique traverse des turbulences. Visite des cuisines du titre de référence, qui fête ses 150 ans.

    Sous l’empire des revues (1|6). Leur #pouvoir est immense. Elles font et défont les carrières des chercheurs. Elles servent à classer les pays, les universités ou les individus. Elles génèrent de juteux #profits. Elles, ce sont les revues scientifiques. Quarante mille dans le monde (dont 33’000 en anglais), pour 3 millions d’articles de recherche publiés chaque année et près de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, selon l’Association internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux. En ajoutant les livres, les bases de données professionnelles… le marché pèse près de 23 milliards d’euros, soit plus que le marché de la musique (17 milliards d’euros en 2018).

    Pourtant le secteur traverse de sévères turbulences car ses titres parfois multicentenaires, devenus des acteurs incontournables de la recherche, se voient critiqués pour leur lucrativité, les failles de leur contrôle qualité ou les barrières qu’elles mettent à l’accès à la connaissance. Au point que des alternatives éditoriales commencent à les bousculer. Avant que ces géants ne deviennent peut-être des dinosaures, Le Monde dresse cet été le portrait de six d’entre eux.

    A commencer par l’un des plus vénérables, la souvent dénommée « prestigieuse revue Nature », qui fêtera en novembre son 150e anniversaire.

    « Ceux qui débinent Nature sont les premiers à rêver d’y être publiés », tempête Philippe Froguel, professeur d’endocrinologie-diabétologie au CHRU de Lille et à l’Imperial College de Londres. Comment mieux souligner la relation amour-haine suscitée par le célèbre journal ?

    COURSE AU PROFIT
    Côté « haine », on trouve un taux de rejet de
    92 %, qui fait beaucoup de déçus et peu
    d’élus : seuls 800 articles sont publiés chaque
    année pour 10 000 reçus environ. On lui
    reproche aussi une course au profit car elle
    appartient à l’un des cinq plus gros éditeurs
    commerciaux, l’allemand Springer, qui depuis
    le rachat du journal en 2015 s’est rebaptisé
    Springer Nature. Le groupe a eu un chiffre
    d’affaires de 1,64 milliard d’euros en 2017 selon
    le quotidien Handelsblatt, pour 374 millions
    de bénéfices. « C’est regrettable que ce
    qui compte désormais c’est l’endroit où un article
    est publié et pas son contenu », peste un
    physicien… ayant déjà publié dans Nature et
    qui tient à garder l’anonymat. La recherche
    du sensationnel, que la revue réfute formellement,
    lui est aussi reproché, conduisant parfois
    à des publications de travaux pas aussi
    révolutionnaires qu’annoncé.


    https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/07/16/nature-la-prestigieuse-revue-que-les-chercheurs-adorent-detester_5489786_441
    #science #université #édition_scientifique #prestige #pouvoir

  • Speechless. I’ve just read a blog on the #Elsevier site recommending that authors should not cite works in languages other than English in their articles. Please, please do not follow this advice.

    https://twitter.com/MccowanTristan/status/1148582033670565888
    #langue #édition_scientifique #université #publications #anglais #Elsevier #langues

    Il s’agit de la recommandation 11, du document publié par Elsevier 11 steps to structuring a science paper editors will take seriously.
    Comme vous pouvez le voir, entre temps, la phrase mise en évidence par Tristan McCowan dans son tweet a été barrée :

    voir aussi la Editor’s note du 10 juillet 2019 :

    This 2014 post conveys the advice of a researcher sharing his experience and does not represent Elsevier’s policy. However, in response to your feedback, we worked with him to update this post so it reflects our practices. For example, since it was published, we have worked extensively with researchers to raise visibility of non-English language research. – July 10, 2019

    https://www.elsevier.com/connect/11-steps-to-structuring-a-science-paper-editors-will-take-seriously

    –-> la note a donc été publiée le jour suivant le tweet, qui date du 9 juillet

    Et si vous cliquez sur le lien vers lequel la « Editor’s note » renvoi, la voici :
    https://www.elsevier.com/connect/raising-the-global-visibility-of-local-research
    En sous-titre c’est noté :

    A Colombian university’s Research and Innovation Office and library collaborate with Elsevier to make #non-STEM, #non-English research more accessible

    https://www.elsevier.com/connect/raising-the-global-visibility-of-local-research

    Comme suggère mon amie et collègue Virginie Mamadouh :

    non-English = local = non-STEM (= non-science)

    ping @fil @reka

  • #Etats_Généraux_de_l'édition en SHS - 2019

    9h30 - 11h : Table ronde

    « Modes de publication (articles, essais, thèses, collectifs) » (voir la vidéo)

    Bruno Auerbach - éditeur, Éditions du Seuil
    Julie Gazier - directrice exécutive des Presses de Sciences Po
    Béatrice Milard - professeur de sociologie, Université Toulouse-Jean Jaurès
    Dominique Picco - directrice des Presses universitaires de Bordeaux, maître de conférences en histoire moderne, Université Bordeaux-Montaigne

    Pause

    11h30 - 13h : Ateliers

    « Text mining / fouille de textes » (voir la vidéo)

    Évelyne Broudoux - maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, Conservatoire national des arts et métiers
    Alexandre Delanoë - ingénieur de recherche, Centre national de la recherche scientifique
    Célia Zolynski - professeur, École de droit de la Sorbonne, membre du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique et de la Commission de réflexion sur l’éthique de la recherche en sciences et technologies du numérique d’Allistene

    « Éthique de la publication (intégrité, déontologie, plagiat, etc.) » (voir la vidéo)

    Michelle Bergadaà - présidente de l’Institut international de recherche et d’action sur la fraude et le plagiat académique
    Véronique Ginouvès - responsable de la Phonothèque de la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme
    Matthieu Noucher - chercheur, Centre national de la recherche scientifique

    13h00 - 14h30 : Buffet

    14h30 - 16h : Table ronde

    « Modèles économiques et diffusion » (voir la vidéo)

    Ghislaine Chartron - professeur en sciences de l’information et de la communication, Conservatoire national des arts et métiers
    Isabelle Laboulais - directrice des Presses universitaires de Strasbourg, professeur d’histoire moderne, Université de Strasbourg
    Éric Monnet - économiste, vice-président du conseil scientifique d’OpenEdition
    Sophie Noël - maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 13

    Pause

    16h30 - 18h : Ateliers

    « Le cadre légal et ses évolutions : politique nationale, politique européenne » (voir la vidéo)

    Isabelle Gras - conservatrice de bibliothèque, Service commun de la documentation, Aix-Marseille Université
    Anne-Laure Stérin - Juriste consultante

    « Standards scientifiques et standardisation de la production éditoriale » (voir la vidéo)

    Pauline Labey - responsable éditoriale, Éditions Fayard
    Pierre-Carl Langlais - postdoctorant en sciences de l’information et de la communication, projet Numapresse
    Charles-Henri Lavielle - cofondateur des Éditions Anacharsis
    Anne Rasmussen - directrice de la revue Le Mouvement social, directrice d’étude, EHESS

    https://editionshs2019.sciencesconf.org/resource/page/id/1

    Les vidéos :
    https://webdiffusion.ehess.fr/channels/#etats-generaux-de-ledition-en-shs-2019
    #édition_scientifique #science #université #états_généraux #SHS #sciences_humaines_et_sociales #conférence #université #production_scientifique

    • « Je ne publierai plus jamais dans une revue scientifique »

      #Olivier_Ertzscheid, enseignant-chercheur et blogueur renommé, explique pourquoi le système des revues scientifiques – depuis l’évaluation par les pairs jusqu’aux abonnements exorbitants – va à l’encontre du travail scientifique et de sa diffusion au plus grand nombre.

      Enseignant-chercheur, je ne publie plus que vraiment très occasionnellement dans des revues scientifiques. Et ce pour plusieurs raisons.
      Monde de dingue

      D’abord le modèle économique de l’oligopole (voire du quasi monopole dans le cas des SHS), qui gère aujourd’hui la diffusion des connaissances au travers de revues, est celui d’une prédation atteignant des niveaux de cynisme (et de rente) de plus en plus hallucinants.

      A tel point que de plus en plus d’universités préfèrent carrément renoncer à l’ensemble de leurs abonnements chez Springer ou Elsevier. La dernière en date est celle de Montréal.

      Hallucinante tant les tarifs d’Elsevier (ou de Springer) et les modalités d’accès proposées relèvent du grand banditisme et de l’extorsion de fonds.
      Ubuesque car nous sommes dans une situation où des universités doivent renoncer, j’ai bien dit renoncer, à accéder à des revues scientifiques. Monde de dingue.

      Un peu comme si des agriculteurs devaient renoncer à certaines graines et semences du fait des pratiques de certaines firmes agro-alimentaires. Monde de dingue au carré.

      D’autant qu’on sait que dans ce choix extrêmement délicat effectué par l’université de Montréal, l’existence de Sci-Hub, (site « illégal » dont je vous reparlerai un peu plus tard dans ce billet), pourrait avoir largement pesé dans la balance.
      Making of
      Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur en Sciences de l’information et de la communication a initialement publié cet engagement sur son excellent blog affordance.info. Il nous l’a adressé et nous le publions avec plaisir. Rue89

      Parce que c’est ahurissant mais c’est ainsi, pour faire de la recherche scientifique aujourd’hui en France (et ailleurs dans le monde), il faut nécessairement passer par des bibliothèques clandestines (Shadows Libraries).

      Ensuite les « éditeurs » desdites revues ont arrêté depuis bien longtemps de produire le travail éditorial qui justifiait le coût et l’intérêt desdites revues : ils se contentent le plus souvent d’apposer leur « marque », toutes les vérifications scientifiques (sur le fond) sont effectuées gratuitement par d’autres chercheurs, et les auteurs eux-mêmes se coltinent l’application de feuilles de style la plupart du temps imbitables.
      Un système totalement biaisé

      Alors bien sûr vous allez me dire que l’intérêt des publications scientifiques dans des revues c’est que des « pairs », d’autres universitaires, vérifient que l’on ne raconte pas de bêtises. Et moi je vais vous répondre en un mot comme en 100 : B-U-L-L-S-H-I-T. Total Bullshit. Hashtag Total Bullshit même.

      Bien sûr que l’évaluation par les pairs c’est important. Sauf que même à l’époque où je publiais encore régulièrement dans des revues soumises à l’évaluation par les pairs, (et en l’occurrence « soumises » n’est pas un vain mot), ladite évaluation de mes pairs se résumait neuf fois sur dix à m’indiquer :

      Que je n’avais pas, ou insuffisamment, cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même...).
      Que c’était très intéressant mais que le terme « jargon 1 » prenait insuffisamment en compte les travaux se rapportant au terme « Jargon 2 ». Jamais, je dis bien jamais aucun débat scientifique, aucune idée neuve, aucune confrontation d’idée, juste une relecture tiédasse.
      Que ce serait mieux si je changeais cette virgule par un point-virgule.

      Mais nonobstant, c’est vrai que la vraie évaluation par les pairs c’est important. Sauf que JAMAIS AUCUN CHERCHEUR NE S’AMUSERA A PUBLIER DES CONNERIES juste pour voir si ses pairs s’en rendront compte ou pas.

      Parce que, d’abord, en général, les chercheurs sont plutôt des gens instruits, relativement compétents, et relativement soucieux de contribuer à l’avancée des connaissances.

      Et aussi parce que SI TU PUBLIES UN ARTICLE AVEC DES CONNERIES SCIENTIFIQUES OU DES METHODOLOGIES FOIREUSES ben tu te fais immédiatement aligner et ta carrière est finie. Sauf bien sûr si c’est pour faire une blague ; -)
      Des revues lues par personne

      Alors soyons clair, nul n’est heureusement infaillible et, à moi aussi, il m’est arrivé de publier des articles sur mon blog de chercheur contenant sinon des conneries, en tout cas quelques inexactitudes ou imprécisions.

      Lesquelles m’ont été immédiatement signalées de manière tout à fait constructive par les lecteurs dudit blog, qui sont loin d’être tous des scientifiques-chercheurs-universitaires.

      Bref le syndrome Wikipédia. Oui il y a des erreurs dans Wikipédia, mais non il n’y en a pas plus que dans les encyclopédies classiques, et oui, à la différence des encyclopédies classiques, elles sont presque immédiatement signalées et corrigées.

      Parce que ces putains de revues scientifiques ne sont lues par personne !

      Ai-je besoin de développer ? Des milliards (oui oui) d’euros de budget par an versés à quelques grands groupes que je n’ose même plus qualifier « d’éditoriaux » et un lectorat proportionnellement équivalent à celui du bulletin paroissial de Mouilleron Le Captif (au demeurant charmante bourgade de Vendée avec un patronyme trop choupinou).
      Ça n’est pas notre métier

      Celle qui surclasse toutes les autres. La vraie raison c’est que notre putain de métier n’est pas d’écrire des articles scientifiques et de remplir des dossiers de demande de subvention qui nous seront refusés plus de trois fois sur quatre (chiffres officiels de l’AERES).

      Notre putain de métier c’est d’enseigner, de produire des connaissances scientifiques permettant de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons ET DE PARTAGER CES PUTAINS DE CONNAISSANCES AVEC LES GENS. Pas JUSTE avec nos gentils étudiants ou JUSTE avec nos charmants collègues, AVEC LES GENS.

      Notre putain de métier ce n’est pas d’attendre deux putains d’années que d’improbables pairs qui auraient par ailleurs bien mieux à faire – de la recherche ou des cours – aient bien constaté que nous n’écrivions pas n’importe quoi pour nous donner, au bout de deux ans, la permission de voir nos écrits diffusés avec un niveau de confidentialité qui rendrait jaloux les banques suisses et avec un coût d’accès qui ... rendrait aussi jaloux les banques suisses.
      Parce qu’il y’a ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent

      Et que ceux qui creusent, on les connaît. A commencer par les présidents d’université auxquels j’avais déjà par le passé témoigné de toute mon admiration pour le côté visionnaire de leur immobilisme.

      Sans oublier bien sûr tous mes charmants collègues qui, à force de « c’est trop compliqué », « j’ai pas le temps », et autres « c’est pas la priorité » ou « les éditeurs de revues ne veulent pas », ne déposent même pas la version auteur de leurs articles dans des archives ouvertes, et qui mettent donc une hallucinante énergie mortifère à creuser leur propre tombe (ça c’est leur problème) mais hélas, aussi et surtout, la tombe de la diffusion des connaissances et de l’accès aux savoirs.
      Parce que tant qu’il y aura des couilles éditoriales en or, y’aura des lames d’Open Access en acier

      Je vous avais déjà parlé d’Alexandra Elbakyan. S’il y avait un Panthéon des militants de l’accès aux connaissances scientifiques (et du courage scientifique du même coup), elle siègerait aux côtés d’Aaron Swartz.

      Cette femme a créé le site Sci-Hub qui est tout simplement à l’heure actuelle la plus grosse bibliothèque scientifique clandestine du Web, plus de 50 millions d’articles scientifiques, et dont la controverse qu’il suscite ne va pas assez loin.

      Bien sûr Elsevier lui colle un procès, bien sûr diverses manipulations plus ou moins légales tentent de faire disparaître ce site, qui heureusement, résiste et résiste encore. Pour s’y connecter actuellement, si l’adresse sci-hub.cc ne répond pas, tentez sci-hub.ac ou carrément l’IP 31.184.194.81 : -)
      Open Access Guerilla Manifesto

      Parce que ces requins du grand banditisme éditorial sont partout et qu’ils ont bien compris d’où venait le danger. A tel point que l’on apprenait il y a quelques jours qu’Elsevier ,(encore...), avait réussi à racheter une archive ouverte en sciences sociales (et pas l’une des moindres... SSRN). Carrément.

      Alors figurez-vous que y’a pas que Martin Luther King qui fait des rêves. Moi aussi j’ai fait un rêve.

      J’ai rêvé que les acteurs publics de la recherche publique (l’Etat, les universités, les présidents d’université, les enseignants-chercheurs, les bibliothèques universitaires) lisaient, adhéraient et appliquaient à la lettre le manifeste pour une guerilla de l’Open Access d’Aaron Swartz.

      J’ai rêvé que plus un centime d’argent public ne soit versé à ces escrocs mais que la totalité dudit argent public soit consacré à développer, construire et soutenir des initiatives comme Sci-Hub ou toute autre forme d’archive ouverte ou de libre accès, que ces initiatives soient légales ou illégales.

      J’ai rêvé que des gens qui disposent majoritairement d’un bac+8 soient capables de comprendre et d’entendre que le fruit de leur travail (de recherche), que leur rôle dans la société (faire avancer les connaissances et mettre ces connaissances à disposition du public), que tout cela était non seulement menacé, mais en train d’être entièrement détruit depuis déjà des dizaines d’années par un système devenu totalement dingue et atteignant un niveau de cynisme ahurissant et piloté par quelques grands groupes qui osent encore se dire « éditoriaux » quand la réalité de leurs pratiques les constitue en autant de mafias.

      J’ai rêvé que des gens qui disposent d’un bac+8, d’un salaire confortable, et d’un temps de cerveau disponible non-entièrement dédié à Coca-Cola, soient capables d’entendre et de comprendre que pour des populations entières sur cette planète, que pour des millions de personnes souffrantes, malades, exploitées ou tout simplement... curieuses, la privatisation des connaissances était littéralement, je dis bien littéralement, mortifère.

      Et comme depuis plus de 15 ans que je fais ce rêve, je me suis réveillé avec une putain de gueule de bois, à peine atténuée par la récente médaille d’or de l’innovation attribuée à Marin Dacos.
      Bon et là vous vous dites : « ok il est énervé », « ok c’est réjouissant », mais « ok il exagère »

      Parce que vous me connaissez hein. Pondéré. Pas sanguin pour deux sous. Raisonnable au-delà des attendus du devoir de réserve. La faconde de la grande muette à moi tout seul. Donc devinette.

      Qui a écrit :
      « Les éditeurs et les scientifiques insistent sur l’importance cruciale de l’évaluation par les pairs. Nous la dépeignons au public comme si c’était un processus quasi-sacré qui aide à faire de la science notre accès le plus objectif à la vérité. Mais nous savons que le système d’évaluation par les pairs est biaisé, injuste, non fiable, incomplet, facilement truqué, souvent insultant, souvent ignare, parfois bête, et souvent erroné. »

      Un punk à chien ? Non, le rédacteur en chef de la revue « The Lancet ».

      Qui a écrit :
      « Nous avons peu de données quant à l’efficacité réelle du processus, mais nous avons la preuve de ses défauts. En plus d’être peu efficace pour la détection de défauts graves et presque inutile pour la détection des fraudes, il est lent, coûteux, distrait le chercheur de son laboratoire, est très subjectif, tient de la loterie, et peut facilement abuser. Vous soumettez une étude pour un journal. Elle entre dans un système qui est en fait une boîte noire, puis une réponse plus ou moins justifiée sort à l’autre extrémité. La boîte noire est comme la roulette, et les profits et pertes peuvent être grands. Pour un universitaire, une publication dans un journal important comme Nature ou Cell équivaut à toucher le jackpot. »

      Un marxiste léniniste ? Non, Richard Smith du Journal of Royal Society of Medicine.

      Qui a écrit : qu’il n’enverrait plus jamais d’articles à des revues comme « Nature, Science ou Cell dans la mesure où ces revues à comité de relecture faussent le processus scientifique, et constituent une tyrannie qui doit être brisée. »

      Un agitateur anarcho-autonome ? Le prix nobel de médecine 2016.
      Résultat en libre accès

      Du coup, je me sens un peu moins seul, et pas uniquement du fait de ma schizophrénie. Donc non, je ne publierai plus jamais dans des « revues scientifiques », (et s’il m’arrive de le faire une ou deux fois à titre exceptionnel pour des gens que j’estime intellectuellement ou amicalement, la version intégrale – pas juste la version « auteur » – sera toujours disponible sur ce blog et dans une ou plusieurs archives ouvertes). Et s’il faut pour cela être dans « l’illégalité », j’y serai plutôt deux fois qu’une, et ce ne sera pas la première fois...

      Je ne publierai plus jamais dans des revues scientifiques qui ne me permettent pas de mettre simultanément en libre accès le résultat de ma recherche. Et j’espère sincèrement que nous serons de plus en plus nombreux à le faire.
      Dix ans de perdus ?

      Il y a à peine plus de dix ans, le 15 mars 2005 très précisément, un autre universitaire avait pris un tel engagement. Celui de « ne plus jamais publier dans des revues scientifiques qui ne me permette pas au minimum les libertés d’une licence Creative Commons Attribution NonCommercial. »

      Ce type, c’était Lawrence Lessig. Sur son blog. Lawrence Lessig. Le même qui, lors de l’enterrement d’Aaron Swartz après son suicide, prononçait avec une immense peine ces quelques mots, le 12 Janvier 2013 :
      « Mais quiconque affirme qu’il y a de l’argent à faire avec un stock d’articles scientifiques est soit un idiot, soit un menteur. »

      Dix ans plus tard je vais m’autoriser à aller un peu plus loin : quiconque affirme aujourd’hui qu’en acceptant de publier dans des revues scientifiques sans systématiquement déposer son texte dans une archive ouverte et/ou avec une licence d’attribution non-commerciale, ignore, ou feint d’ignorer, sa part de responsabilité dans la situation catastrophique de privatisation de la connaissance que mettent en œuvre quelques grands groupes éditoriaux à l’échelle de la planète. Celui-là est à la fois un idiot, un menteur et surtout un irresponsable.

      Alors je ne publierai plus jamais d’articles dans des revues scientifiques. Et je continuerai de m’opposer, de manière légale ou illégale, à toute forme de privatisation de la connaissance. Et vous ?

      https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-sciences/20160519.RUE2928/je-ne-publierai-plus-jamais-dans-une-revue-scientifique.html

  • #DOAJ (#Directory_of_Open_Access_Journals)

    DOAJ is a community-curated online directory that indexes and provides access to high quality, open access, peer-reviewed journals. DOAJ is independent. All funding is via donations, 40% of which comes from sponsors and 60% from members and publisher members. All DOAJ services are free of charge including being indexed in DOAJ. All data is freely available.

    https://doaj.org
    #liste #OA #open_access #édition_scientifique #université #revues #revues_scientifiques

    • List of OA journals in geography, political ecology, anthropology, planning, area studies, and various social sciences

      “…….So things might have happily continued, had not the corporate interests within this limited, subsidised economy pushed journal subscription prices to the point where access to the knowledge went into a state of decline, at a time when new publishing technologies enabled researchers to take publishing back into their own hands. These new technologies have been used to demonstrate how access can be greatly increased, improving the circulation of knowledge, restoring the researcher’s control of knowledge, and extending its value as a public good by making it far more widely available.” Willinsky J. 2003. The Nine Flavours of Open Access Scholarly Publishing . J Postgrad Med 49:263-7.

      Academics write most of their work in journals. Journals should publish and curate good quality work, but unfortunately the majority are also used to make money for commercial publishers. This is not a win-win situation. Corporate profits are frequently high because companies retain author copyrights, and sell the material to (mainly) scholarly and university libraries, that frequently struggle to stock key journals because of the cost. Five companies are now dominating the field, and buying out smaller ones. Financing of this form of scholarly publishing is opaque. Academics do not rock the boat on this very often, because their prestige and careers are linked too much to the journals they publish in, and most of the prestigious ones are commercial and expensive. Our systems of merit and performance measures are not yet geared to rewarding publishing that is ethical, or based on social justice criteria (Cahill and Irving 2015). This is especially bad at research universities. (good ref. here, a depressing study here that shows social scientists in particular don’t care as much about OA as they about the rank of outlets).

      To make some contribution to the debate about whether social scientists can avoid the big commercial, firewalled journals, I list below decent academic journals that are free or cheap to publish in, have proper refereeing, and are Open Access – free for readers. Copyright is retained by the author in most but not quite all of them. Open access journals can also impose substantial fees on authors instead of readers. Those with high fees above cUS$500 for authors are excluded- like most social scientists I don’t have more than this to contribute to a publication and I don’t think more is justified. There is a long debate about whether in our internet world, we should be paying at all, which I won’t get into here.

      The list began with fields my students and I publish in, hence the small number of themes [environment & development, human geography, anthropology, urban studies and planning, area studies, general social science, and the university research/teaching/publication process], but it should be useful as a starting point. Further discussion on journals and open access here. Journals are the main systems of prestige, ranking and hierarchy that we have, much as it would be fairer to ignore them and just publish in the most appropriate venue for the readership. I have included Scopus and its useful impact factor derivative Citescore (released Dec 2016, now called Scopus Sources), Web of Science (formerly ISI) and their newish Emerging Sources Citation Index listings.

      For the majority of my colleagues reading this who have not thought much about OA and publishing ethics (and are manically trying to publish in the best places), I hope you find something you can contribute to. In brief, open access is the best way to publish scholarly material – more readers, and articles under authors’ control. It is a logical outcome of the invention of the web, and the Academic Spring protests of 2012 (analysis, reasons), which have had echoes – eg the Lingua debacle over the resignation of an editorial board that was dissatisfied with Elsevier’s control of copyright and high OA charges, and all the Netherlands universities’ fight with the same company in 2015 about high charges.

      Most of the journals on the list are run by the “community economies” of unpaid academics, university libraries or departments, or scholarly societies, and a few are commercial but still have acceptable author fees that mere mortals could afford (APCs) *. Only if the big publishers are able to offer OA at reasonable fees, is it worth considering publishing an OA article with them. That said, as Sir/Prof. Tim Gowers argues, journals these days exist only to accommodate author prestige – you can publish anything online, or easily just email the author for a copy of an article (or use Researchgate, Academia.edu or Sci-hub). So OA journals need to be as good in quality and meticulous as those conventional ones that are costing our libraries a fortune. I hope I only list good ones here.

      The invention of the web and its rollout in the early 1990s spelled the end of the need for conventional firewalled journals. Printed copies are no longer required (although they may be desired by a few) and the culture among scholars has changed to storing individual article PDFs and only printing them if needed. There are few costs for hosting a journal online – storing its files is easy. Costs, or value, are all in the labour. To suggest there are major cost implications of OA is not true, unless professional editors or translators are used. If publishing is done largely by academics and their institutions, which is my hope, the cost of running journals is absorbed into regular workloads or taken up by grants, and we have a true change in publishing underway. “The commitment of scholars everywhere to finding new ways of improving access to knowledge” (Willinsky 2003) need not be commercialised or costly. The ‘big five’ publishers (who now control 66% of papers in social sciences in the WoS, and rising…) and some of the smaller ones will have to adapt or perish (but they do produce indexing, which is useful for now). We will have our copyrights and a larger potential readership, and university libraries will have more money to spend. We will also be able to support smaller and multilingual world periphery journals.

      Useful sites

      DOAJ if your journal isn’t on here, a curated list of proper OA journals, not good. However in 2016 they did some housecleaning, but it was pretty poorly done so many legit. journals complained about being missed off. This now (2017) seems to be rectified.
      A campaign to alert you to dodgy publishers, because there are some http://thinkchecksubmit.org.
      A listing of academic articles on radical OA http://radicaloa.disruptivemedia.org.uk/resources/radical-open-access-literature
      A video about OA https://youtu.be/L5rVH1KGBCY


      Paywall (2018) the movie https://paywallthemovie.com – free and recommended.
      Open Access Chronicle http://paper.li/jimtill/1309217562
      Beall’s List, Original site was removed in Jan ’17 – possibly the author was threatened with litigation in some way. (now archived and updated https://beallslist.weebly.com). Crappy journals designed to make money, and allowing substandard work, (were) identified and weeded out. Beall, now retired, did focus on the negatives of OA, was criticised for libertarian views supporting free enterprise but only for the conventional, subscription-based publishing establishment. And it must be said, he held a very embarrassing conspiracy theory about all OA publishing!
      QOAM Quality Open Access Market. Crowd-sourced assessment of OA journals. Evolving. List of journals and publishers is useful. http://www.qoam.eu
      Francophone journals list (geography) http://www.openedition.org/catalogue-journals?searchdomain=catalogue-journals&q=geography
      All Australian university-run journals https://aoasg.org.au/australian-oa-journals
      Useful journal list in the environmental field, not all free http://www.esf.edu/es/sonnenfeld/envsoc_journals.htm
      JURN – good and updated list of OA journals, edited and searchable. Site down 2019 try here for a pdf instead http://www.jurn.org/directory
      ESOP young academics list of OA planning journals https://aesopyoungacademics.wordpress.com/2015/10/23/open-access-week-planext-and-a-list-of-oa-journals
      List of online anthropology journals http://www.antropologi.info/links/Main/Journals
      INASP It funds Nepal Journals Online (most with credible academic status), Bangladesh Journals Online (BanglaJOL), Philippines Journals Online (PhilJOL) and Sri Lanka Journals Online (SLJOL), (and other countries). For Africa see www.ajol.info. Not all of these are good though; if I find good ones there I will place them below. For Eastern Europe see https://www.ceeol.com
      Latin America journal listing (til 2015) http://lanic.utexas.edu/la/region/journals
      Impact of the social sciences – a useful LSE project with some actual data.
      Giant list by Jan Szczepanski, 9mb word file! Not all are cheap or taking english articles. https://www.ebsco.com/open-access/szczepanski-list
      Radical Open Access conference, June 2015, Coventry http://radicalopenaccess.disruptivemedia.org.uk/videos
      Walt Crawford writes more about OA publishing than anybody else- even book length manuscripts interrogating the DOAJ database. He shows reputable free OA journals are predominant – only a minority have high APCs.

      https://simonbatterbury.wordpress.com/2015/10/25/list-of-decent-open-access-journals

  • Les réseaux sociaux scientifiques : visibilité et openaccess

    Selon une enquête récente du CNRS1, les chercheurs font un usage massif des #réseaux_sociaux qui sont intégrés au cœur de leurs pratiques professionnelles. Ces réseaux permettent une meilleure visibilité des travaux et démultiplient les possibilités d’identifier les ressources dont les scientifiques ont besoin pour poursuivre et étendre leur activité.

    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00971365/document
    #HAL #open_access #OA #édition_scientifique #research_gate #université #academia.edu

  • Must we decolonise #Open_Access? Perspectives from Francophone Africa

    A long read featuring the recent work of Thomas Hervé Mboa Nkoudou and Florence Piron, on how a truly open and inclusive ‘Open Access’ movement must include those at the periphery

    I recently watched the recording of the fantastic Diversity, Equity and Inclusion session at OpenCon, and I was struck by the general theme of how ‘openness’ isn’t necessarily the force for equality that we perhaps think it is, and how issues of power, exploitation, and hierarchy means that it should be understood differently according to the context in which it is applied. In the session, Denisse Albornoz used the expression of ‘situated openness’ to describe how our Northern conception of openness should not be forced on anyone or any group – it needs to be understood first in individual contexts of historical injustices and post-colonial power structures.

    What stood out for me most in this session, however, (because it related most to my work) was Cameroonian Thomas Mboa’s presentation, which talked about the ‘neo-colonial face of open access’. The presentation employed some very striking critical terms such as ‘cognitive injustice’ and ‘epistemic alienation’ to Open Access.

    I’ve always known that the Open Access movement was far from perfect, but at least it’s moving global science publishing in the right direction, right? Can working towards free access and sharing of research really be ‘neo-colonial’ and lead to ‘alienation’ for users of research in the Global South? And if this really is the case, how can we ‘decolonise’ open access?

    Thomas didn’t get much time to expand on some of the themes he presented, so I got in contact to see if he had covered these ideas elsewhere, and fortunately he has, through his participation in ‘Projet SOHA’ . This is a research-action project that’s been working on open science, empowerment and cognitive justice in French-speaking Africa and Haiti from 2015-17. He provided me with links to four publications written in French by himself and his colleagues from the project – Florence Piron (Université Laval, Quebec, Canada), Antonin Benoît Diouf (Senegal), and Marie Sophie Dibounje Madiba (Cameroon), and many others.

    These articles are a goldmine of provocative ideas and perspectives on Open Access from the Global South, which should challenge all of us in the English-speaking academic publishing community. Therefore, I decided to share some excerpts and extended quotes from these articles below, in amongst some general comments from my (admittedly limited) experience of working with researchers in the Global South.

    The quotes are taken from the following book and articles, which I recommend reading in full (these are easily translatable using the free tool Google Translate Web, which correctly translated around 95% of the text).

    Chapter 2 – ‘Les injustices cognitives en Afrique subsaharienne : réflexions sur les causes et les moyens de lutte’ – Thomas Hervé Mboa Nkoudou (2016), in Piron, Dibounje Madiba et Regulus 2016 (below)
    Justice cognitive, libre accès et savoirs locaux – Collective book edited by Florence Piron, Marie Sophie Dibounje Madiba and Samuel Regulus (2016) (CC-BY) https://scienceetbiencommun.pressbooks.pub/justicecognitive1
    Qui sait ? Le libre accès en Afrique et en Haïti – Florence Piron (2017) (CC-BY) (Soon to be published in English in Forthcoming Open Divide. Critical Studies of Open Access (Herb & Schöpfel ed), Litwinbooks
    Le libre accès vu d’Afrique francophone subsaharienne – Florence Piron, Antonin Benoît Diouf, Marie Sophie Dibounje Madiba, Thomas Hervé Mboa Nkoudou, Zoé Aubierge Ouangré, Djossè Roméo Tessy, Hamissou Rhissa Achaffert, Anderson Pierre and Zakari Lire (2017) (CC-BY-NC-SA)
    Une autre science est possible. Récit d’une utopie concrète dans la Francophonie (le projet SOHA) – Revue Possibles, 2016 (CC-BY)

    Piron et al’s (2017) article starts with a stinging critique of those of us in our Northern scholarly publishing community cliques, and our never-ending open access debates over technicalities:

    “… there are many debates in this community, including on the place of open licenses in open access (is an article really in open access if it is not freely reusable in addition to being freely accessible?), on the legitimacy of the fees charged to authors by certain journals choosing open access, on the quality and evaluation of open access journals, on the very format of the journal as the main vehicle for the dissemination of scientific articles or on the type of documents to be included in institutional or thematic open archives (only peer-reviewed articles or any document related to scientific work?).

    Viewed from Sub-Saharan Francophone Africa, these debates may seem very strange, if not incomprehensible. Above all, they appear very localized: they are debates of rich countries, of countries of the North, where basic questions such as the regular payment of a reasonable salary to academics, the existence of public funding for research, access to the web, electricity, well-stocked libraries and comfortable and safe workplaces have long been settled.” Piron et al. (2017)

    … and their critique gets more and more scathing from here for the Open Access movement. OA advocates – tighten your seatbelts – you are not going to find this a comfortable ride.

    “… a conception of open access that is limited to the legal and technical questions of the accessibility of science without thinking about the relationship between center and periphery can become a source of epistemic alienation and neocolonialism in the South”. Piron et al. (2017)

    “Is open access the solution to the documented shortcomings of these African universities and, in doing so, a crucial means of getting scientific research off the ground? I would like to show that this is not the case, and to suggest that open access can instead become a neo-colonial tool by reinforcing the cognitive injustices that prevent African researchers from fully deploying their research capacities in the service of the community and sustainable local development of their country.” Piron (2017)

    Ouch. To understand these concepts of ‘cognitive injustice’ and ‘epistemic alienation’, it helps to understand this ‘world system’ and the power relationship between the centre and the periphery. This is based on Wallerstein’s (1996) model, which Thomas featured in his OpenCon slides:

    “… a world-system whose market unit is the scientific publication circulating between many instances of high economic value, including universities, research centers, science policies, journals and an oligopoly of for-profit scientific publishers (Larivière, Haustein, and Mongeon, 2015).” Piron et al. (2017)

    “… we believe that science, far from being universal, has been historically globalized. Inspiring us, like Keim (2010) and a few others (Polanco, 1990), from Wallerstein’s (1996) theory, we consider that it constitutes a world-system whose market unit is the scientific publication. Produced mainly in the North, this merchandise obeys standards and practices that are defined by the ‘center’ of the system, namely the main commercial scientific publishers (Larivière, Haustein, & Mongeon, 2015), and their university partners are the US and British universities dominating the so-called world rankings. The semi-periphery is constituted by all the other countries of the North or emerging from the South which revolve around this center, adopting the English language in science and conforming to the model LMD (license, master, doctorate) imposed since the Bologna process to all the universities of the world with the aim of “normalizing” and standardizing the functioning of this world-system. The periphery then refers to all the countries that are excluded from this system, which produce no or very few scientific publications or whose research work is invisible, but to whom the LMD model has also been imposed (Charlier, Croché, & Ndoye 2009, Hountondji 2001)”. Piron et al. (2017)

    So, the continuing bias and global focus towards the powerful ‘center’ of the world-system leads to the epistemic alienation of those on the periphery, manifesting in a ‘spiritual colonisation’:

    “… this attitude that drives us to want to think about local problems with Western perspective is a colonial legacy to which many African citizens hang like a ball.” Mboa (2016).

    So where does Open Access fit in with this world-system?

    “… if open access is to facilitate and accelerate the access of scientists from the South to Northern science without looking into the visibility of knowledge of the South, it helps to redouble their alienation epistemic without contributing to their emancipation. Indeed, by making the work of the center of the world-system of science even more accessible, open access maximizes their impact on the periphery and reinforces their use as a theoretical reference or as a normative model, to the detriment of local epistemologies.” Piron et al. (2017)

    Rethinking Northern perspectives

    This should be an eye-opening analysis for those of us who assumed that access to research knowledge in the North could only be a good thing for the South. Perhaps we need to examine the arrogance behind our narrow worldview, and consider more deeply the power at the heart of such a one-way knowledge exchange. Many of us might find this difficult, as:

    “The idea that open access may have the effects of neocolonialism is incomprehensible to people blind to epistemological diversity, who reduce the proclaimed universalism of Western science to the impoverished model of the standards imposed by the Web of Science model. For these people, the invisibility of a publication in their numerical reference space (located in the center of the world-system) is equivalent to its non-existence. The idea that valid and relevant knowledge can exist in another form and independently of the world-system that fascinates them is unthinkable.” Piron et al. (2017)

    Having spent a little time at scholarly publishing events in the Global North, I can attest that the mindset described above is common. There are kind thoughts (and a few breadcrumbs thrown in the form of grants and fellowships) towards those on the periphery, but it is very much in the mindset of helping those from the Global South ‘catch up’. Our mindset is very much as Piron describes here:

    “If one sticks to the positivist view that “science” is universal – even if its “essence” is symbolized by the American magazine Science – then indeed African science, that is to say in Africa, is late, and we need to help it develop so that it looks more and more like the North”. Piron (2017)

    And whilst in the North we may have a lot of respect for different cultural perspectives, genuine reciprocal exchanges of research knowledge are rare. We are supremely confident that our highly-developed scientific publishing model deserves to be at the centre of our system. This can lead to selective blindness about the rigorousness of our science and our indexed journals, in spite of the steady drip drip drip of reports of biased peer review, data fraud and other ethical violations in ‘high-impact’ Northern journals, exposed in places like retraction watch.

    North/South research collaborations are rarely equitable – southern partners often complain of being used as data-gatherers rather than intellectual equals and partners in research projects, even when the research is being carried out in their own country.

    “These [Northern] partners inevitably guide the problems and the methodological and epistemological choices of African researchers towards the only model they know and value, the one born at the center of the world-system of science – without questioning whether this model is relevant to Africa and its challenges”. Piron et al (2017).

    These issues of inequity in collaborative relationships and publication practices seem inextricably linked, which is not surprising when the ultimate end goal of research is publishing papers in Northern journals, rather than actually solving Southern development challenges.

    “In this context, open access may appear as a neocolonial tool, as it facilitates access by Southern researchers to Northern science without ensuring reciprocity. In doing so, it redoubles the epistemic alienation of these researchers instead of contributing to the emancipation of the knowledge created in the universities of the South by releasing them from their extraversion. Indeed, by making the work produced in the center of the world-system even more accessible, free access maximizes their impact on the periphery and reinforces their use as a theoretical reference or as a normative model, to the detriment of local epistemologies, which generates situations absurd as, for example, the use of a theoretical framework related to wage labor in the Paris region to analyze the work of women in northern Mali” Piron (2017)

    “The resulting consequences are, in particular, the teachers of the Southern countries who quote and read only writers from the North and impose them on their students and the libraries of our universities who do everything to subscribe to Western scholarly journals while they do not deal with our problems. (Mboa Nkoudou, 2016 )”

    This is also a striking example:

    “It is very sad to note that geographers in Ouagadougou are more familiar with European work on the Sahel than those at the Higher Institute of Sahel in Maroua, Cameroon.” Piron (2017)

    The lack of equity in research knowledge exchange and collaboration is also caused by another one-way North to South flow: funding. Research in the South is often dependent on foreign funding. Big Northern donors and funders therefore set the standards and agendas in research, and in how the entire research funding system works. Southern partners rarely get to set the agenda, and researchers rarely get to develop the research questions that guide the research. They have to learn to jump through administrative hoops to become credible in the eyes of the Northern donor (for more information see ‘Who drives research in developing countries?‘).

    Southern institutions are also compelled, via league tables such as the World Unviersity Rankings, to play the same game as institutions in the North. Institutions are ranked against each other according to criteria set in the North, one of which is citations (of course, only citations between journals in the Web of Science or Scopus, which is overwhelmingly Northern). And so to stay ‘competitive’, Southern institutions need their researchers to publish in Northern journals with Northern language and agendas.
    Northern agendas and local innovation

    Whilst it is tempting to think that the issues and criticism described above is mostly a problem for the social sciences and humanities, there are also real issues in the ‘hard’ sciences – perhaps not so much in their epistemological foundations – but in very practical issues of Northern research agendas. For example, Northern research, being based in Europe and the US, is overwhelmingly biased towards white people, in diversity of leadership, diversity of researchers, and most importantly in the whiteness of clinical trial subjects. This is problematic because different ethnic populations have different genetic makeups and differences due to geography, that mean they respond differently to treatments (see here, here and here). Are African and Asian researchers informed of this when they read research from so-called ‘international’ journals?

    Furthermore, these Northern agendas can also mean that research focuses on drugs, equipment and treatments that are simply not suitable for developing country contexts. I was reminded of a discussion comment recently made by a Pakistani surgeon on the Northern bias of systematic reviews:

    “There is a definite bias in this approach as almost all of the guidelines and systematic reviews are based on the research carried out in high income countries and the findings and the recommendations have little relevance to the patients, health care system and many a time serve no purpose to the millions of patients based in low resourced countries. e.g. I routinely used Phenol blocks for spasticity management for my patients which were abandoned two decades ago in the West. Results are great, and the patients can afford this Rs 200 phenol instead of Rs 15,000 Botox vial. But, unfortunately, I am unable to locate a single systematic review on the efficacy of phenol as all published research in the last decade was only on the use of Botox in the management of spasticity.” Farooq Rathore (HIFA mailing list, 2016).

    Similarly, I’ve read research papers from the South that report on innovative approaches to medical treatments and other problems that utilise lower-cost equipment and methodologies (in fact, as is argued here, research in low-resource environments can often be more efficient and innovative, containing many lessons we, in the North, could learn from). This point is also made by Piron et al:

    “… the production of technical and social innovations is rich in Sub-Saharan French-speaking Africa, as evidenced by the high number of articles on this subject in the Sci-Dev magazine, specializing in science for development, or in the ecofin site, an economic information agency turned towards Africa. But these are mostly local innovations that mobilize local resources and often recycled materials to, for example, introduce electricity into a village, better irrigate fields or offer lighting after sunset. The aim of these innovations is to contribute to local development and not to the development of international markets, unlike innovations designed in the North which, while targeting the countries of the South, remain highly marketable – just think of milk powder or GMO seeds. The issue of open access to scientific publications is a very secondary issue for local innovators in such a context”. (Piron et al. 2016)

    These examples of innovation aside, there are many cases where the ‘epistemic alienation’ described above leads to ‘the exclusion or contempt of local knowledge’ (Mboa, 2016), even amongst researchers in the global South.

    “In fact, Western culture abundantly relayed in the media and textbooks is shown to be superior to other cultures. This situation is pushing Africans to multiply their efforts to reach the ideal of life of the “white”. This situation seems to block their ability to think locally, or even to be reactive. Thus, faced with a given situation specific to the African context, many are those who first draw on the resources of Western thinking to propose elements of answers.” Mboa (2016)

    Free and open access as ‘showcasing products’

    The Research4Life (R4L) programme also comes in for criticism from Piron et al. which will come as a shock to Northern publishing people who often use the ‘… but they’ve got Research4Life’ line when faced with evidence of global research inequalities.

    “… while pretending to charitably provide university libraries in the Global South with free access to pre-defined packages of paid journals from the North, this program, set up by for-profit scientific publishers, maintains the dependence of these libraries, limits their understanding of the true network of open access publications and, above all, improves the market for the products sold by these publishers.” Piron et al (2017)

    “… this program encourages the continued reliance of these libraries on an external program, designed in the North and showcasing Northern products, while it may disappear as soon as this philanthropic desire is exhausted or as soon as trading partners will not find any more benefits.”

    Whilst I still think R4L is a great initiative (I know many researchers in the Global South who are very appreciative of the programme), it’s difficult to disagree with the conclusion that:

    ‘… this program mainly improves the opportunities of Northern publishers without contributing to the sustainable empowerment of university libraries in the South … this charity seems very hypocritical, let alone arbitrary, since it can stop at any time.” Piron (2017)

    Of course, the same could be said of Article Processing Charge (APC) waivers for developing country authors. Waivers are currently offered by the majority of journals from the big publishers (provided according to the same HINARI list of countries provided by Research4Life), although sometimes you have to dig deep into the terms and conditions pages to find them. Waivers are good for publishers to showcase their corporate social responsibility and provide diversity of authorship. However, they are unsustainable – this charity is unlikely to last forever, especially as they rely on the pool of Southern authors being relatively limited. It should also be noted that developing countries with the most active, growing researcher communities such as Nigeria, South Africa and India do not qualify for either R4L access or APC waivers.

    Speaking of APCs, something I observe regularly amongst Southern researchers is a confusion over the ‘Gold’ OA author-pays model, and this too is noted:

    “In northern countries, many researchers, especially in STEM (Björk and Solomon, 2012) [ 7 ], believe (wrongly) that open access now means “publication fees charged to authors” … this commercial innovation appears to be paying off, as these costs appear to be natural to researchers.” Piron (2017)

    This also appears to be paying off in the Global South – authors seem resigned to pay some kind of charge to publish, and it is common to have to point out to authors that over two-thirds of OA journals and 99% of subscription journals do not charge to publish (although, the rise of ‘predatory’ journals may have magnified this misunderstanding that pay-to-publish is the norm).

    It may be tempting to think of these inequalities as an unfortunate historical accident, and that our attempts to help the Global South ‘catch up’ are just a little clumsy and patronising. However, Piron argues that this is no mere accident, but the result of colonial exploitation that still resonates in existing power structures today:

    “Open access is then easily seen as a means of catching up, at least filling gaps in libraries and often outdated teaching […] Africa is considered as lagging behind the modern world, which would explain its underdevelopment, to summarize this sadly hegemonic conception of north-south relations. By charity, Northern countries then feel obliged to help, which feeds the entire industry surrounding development aid [….] this model of delay, violently imposed by the West on the rest of the world through colonization, has been used to justify the economic and cognitive exploitation (Connell, 2014) of colonized continents without which modernity could not have prospered.” Piron (2017)

    To build the path or take the path?

    Of course, the authors do admit that access to Northern research has a role to play in the Global South, provided the access is situated in local contexts:

    “… African science should be an African knowledge, rooted in African contexts, that uses African epistemologies to answer African questions, while also using other knowledge from all over the world, including Western ones, if they are relevant locally.” Piron (2017)

    However, the practical reality of Open Access for Southern researchers is often overstated. There is a crucial distinction between making content ‘open’ and providing the means to access that content. As Piron et al. 2017 say:

    “To put a publication in open access: is it, to build the path (technical or legal) that leads to it, or is it to make it possible for people to take this path? This distinction is crucial to understand the difference in meaning of open access between the center and the periphery of the world-system of science, although only an awareness of the conditions of scientific research in the Southern countries makes it possible to visualize it, to perceive it.”

    This crucial difference between availability and accessibility has also been explained by Anne Powell on Scholarly Kitchen. There are many complex barriers to ‘free’ and ‘open’ content actually being accessed and used. The most obvious of these barriers is internet connectivity, but librarian training, language and digital literacy also feature significantly:

    “Finding relevant open access articles on the web requires digital skills that, as we have seen, are rare among Haitian and African students for whom the web sometimes comes via Facebook … Remember that it is almost always when they arrive at university that these students first touch a computer. The catching up is fast, but many reflexes acquired since the primary school in the countries of the North must be developed before even being able to imagine that there are open access scientific texts on the web to make up for the lack of documents in the libraries. In the words of the Haitian student Anderson Pierre, “a large part of the students do not know the existence of these resources or do not have the digital skills to access and exploit them in order to advance their research project”. Piron (2017)

    Barriers to local knowledge exchange

    Unfortunately, this is made even more difficult by resistance and misunderstanding of the internet and digital tools from senior leadership in Africa:

    “Social representations of the web, science and copyright also come into play, especially among older academics, a phenomenon that undermines the appropriation of digital technologies at the basis of open access in universities.” Piron et al. (2017)

    “To this idea that knowledge resides only in printed books is added a representation of the web which also has an impact on the local resistance to open access: our fieldwork has allowed us to understand that, for many African senior academics, the web is incompatible with science because it contains only documents or sites that are of low quality, frivolous or entertaining. These people infer that science in open access on the web is of lower quality than printed science and are very surprised when they learn that most of the journals of the world-system of science exist only in dematerialized format. … Unfortunately, these resistances slow down the digitization and the web dissemination of African scientific works, perpetuating these absurd situations where the researchers of the same field in neighboring universities do not know what each other is doing”. Piron et al. (2017)

    This complaint about in-country communication from researchers in the South can be common, but there are signs that open access can make a difference – as an example, in Sri Lanka, I’ve spoken to researchers who say that communicating research findings within the country has always been a problem, but the online portal Sri Lanka Journals Online (currently 77 open access Sri Lankan journals) has started to improve this situation. This project was many years in the making, and has involved training journal editors and librarians in loading online content and improving editorial practices for open access. The same, of course, could be said for African Journals Online, which has potential to facilitate sharing on a larger scale.

    Arguably, some forms of institutional resistance to openness in the Global South have a neocolonial influence – universities have largely borrowed and even intensified the Northern ‘publish or perish’ mantra which focuses the academic rewards system almost entirely on journal publications, often in northern-indexed journals, rather than on impact on real world development.

    “The system of higher education and research in force in many African countries remains a remnant of colonization, perpetuated by the reproduction, year after year, of the same ideals and principles. This reproduction is assured not by the old colonizers but by our own political leaders who are perpetuating a system structured according to a classical partitioning that slows down any possible communication between researchers within the country or with the outside world, even worse between the university and the immediate environment. For the ruling class, the changes taking place in the world and the society’s needs seem to have no direct link to the university.” Mboa (2016)

    Mboa calls this partitioning between researchers and outsiders as “a tight border between society and science”:

    “African researchers are so attached to the ideal of neutrality of science and concern of its ‘purity’ that they consider contacts with ordinary citizens as ‘risks’ or threats and that they prefer to evolve in their ‘ivory tower’. On the other hand, ordinary citizens feel so diminished compared to researchers that to talk to them about their eventual involvement in research is a taboo subject …” Mboa (2016)

    Uncolonising openness

    So what is the answer to all these problems? Is it in building the skills of researchers and institutions or a complete change of philosophy?

    “The colonial origin of African science (Mvé-Ondo, 2005) is certainly no stranger to this present subjugation of African science to northern research projects, nor to its tendency to imitate Western science without effort. Contextualization, particularly in the quasi-colonial structuring of sub-Saharan African universities (Fredua-Kwarteng, 2015) and in maintaining the use of a colonial language in university education. Considering this institutionalized epistemic alienation as yet another cognitive injustice, Mvé-Ondo wonders “how to move from a westernization of science to a truly shared science” (p.49) and calls for “epistemological mutation”, “rebirth”, modernizing “African science at the crossroads of local knowledge and northern science – perhaps echoing the call of Fanon (1962/2002) for a “new thinking” in the Third World countries, detached from European model, decolonized.” Piron et al. (2017)

    For this to happen, open access must be about more than just access – but something much more holistic and equitable:

    “Can decentralized, decolonised open access then contribute to creating more cognitive justice in global scientific production? Our answer is clear: yes, provided that it is not limited to the question of access for scientific and non-scientific readers to scientific publications. It must include the concern for origin, creation, local publishing and the desire to ensure equity between the accessibility of the publications of the center of the world system and that of knowledge from the periphery. It thus proposes to replace the normative universalism of globalized science with an inclusive universalism, open to the ecology of knowledges and capable of building an authentic knowledge commons (Gruson-Daniel, 2015; Le Crosnier, 2015), hospitable for the knowledge of the North and the South”. Piron et al. (2017)

    Mboa sees the solution to this multifaceted problem in ‘open science’:

    “[Cognitive injustice comes via] … endogenous causes (citizens and African leaders) and by exogenous causes (capitalism, colonization, the West). The knowledge of these causes allowed me to propose ways to prevent our downfall. Among these means, I convened open science as a tool available to our leaders and citizens for advancing cognitive justice. For although the causes are endogenous and exogenous, I believe that a wound heals from the inside outwards.” Mboa (2016).

    Mboa explains how open science approaches can overcome some of these problems in this book chapter, but here he provides a short summary of the advantages of open science for African research:

    “It’s a science that rejects the ivory tower and the separation between scientists and the rest of the population of the country. In short, it’s a science released from control by a universal capitalist standard, by hierarchical authority and by pre-established scientific classes. From this perspective, open science offers the following advantages:

    it brings science closer to society;
    it promotes fair and sustainable development;
    it allows the expression of minority and / or marginalized groups, as well as their knowledge;
    it promotes original, local and useful research in the country;
    it facilitates access to a variety of scientific and technical information;
    it is abundant, recent and up to date;
    it develops digital skills;
    it facilitates collaborative work;
    it gives a better visibility to research work.

    By aiming to benefit from these advantages, researchers and African students fight cognitive injustice. For this, open access science relies on open access, free licenses, free computing, and citizen science.” Mboa (2016).

    But in order for open science to succeed, digital literacy must be rapidly improved to empower students and researchers in the South:

    “Promoting inclusive access therefore requires engaging at the same time in a decolonial critique of the relationship between the center and the periphery and urging universities in the South to develop the digital literacy of their student or teacher members.” Piron et al. (2017)

    It also requires improving production of scientific works (‘grey’ literature, as well as peer-reviewed papers) in the South for a two-way North/South conversation:

    “Then, we propose to rethink the usual definition of open access to add the mandate to enhance the visibility of scientific work produced in universities in the South and thus contribute to greater cognitive justice in global scientific production.” Piron (2017)

    And providing open access needs to be understood in context:

    “… if we integrate the concern for the enhancement of the knowledge produced in the periphery and the awareness of all that hinders the creation of this knowledge, then open access can become a tool of cognitive justice at the service of the construction of an inclusive universalism peculiar to a just open science.” Piron, Diouf, Madiba (2017)

    In summary then, we need to rethink the way that the global North seeks to support the South – a realignment of this relationship from mere access to empowerment through sustainable capacity building:

    “Africa’s scientific development aid, if it is needed, should therefore be oriented much less towards immediate access to Northern publications and more to local development of tools and the strengthening of the digital skills of academics and librarians. These tools and skills would enable them not only to take advantage of open access databases, but also to digitize and put open access local scientific works in open archives, journals or research centers.” Piron (2017)

    So what next?

    Even if you disagree with many the above ideas, I hope that this has provided many of you with some food for thought. Open Access must surely be about more than just knowledge flow from North to South (or, for that matter the academy to the public, or well-funded researchers to poorly funded researchers). Those on the periphery must also be given a significant voice and a place at the table. For this to happen, many researchers (and their equivalents outside academia) need training and support in digital skills; some institutional barriers also need to be removed or overcome; and of course a few cherished, long-held ideas must be seriously challenged.

    “These injustices denote anything that diminishes the capacity of academics in these countries to deploy the full potential of their intellectual talents, their knowledge and their capacity for scientific research to serve their country’s sustainable local development”. Piron et al., (2016).

    What do you think…?

    http://journalologik.uk/?p=149
    #édition_scientifique #OA #open_access #Afrique #Afrique_francophone #décolonisation #post-colonialisme

  • L’#Open_science au prisme de la #Commission_européenne

    Appuyée par diverses politiques publiques, la notion de science ouverte mobilise aujourd’hui de nombreuses initiatives visant à promouvoir de nouvelles pratiques, de nouveaux enjeux pour la recherche et la société en ouvrant très rarement le débat public de façon plus contradictoire sur ces conceptions, sur les visions et les représentations qui y sont associées.Un récent numéro de la Revue française des sciences de l’information et de la communication (Chartron & Schöpfel 2017) a rassemblé différentes contributions utiles pour ces débats. L’article d’Anne Clio et Sartita Albagi (2017) a tracé des repères généalogiques sur ce mouvement, relatant les pratiques pionnières de Jean-Claude Bradley, chimiste de l’Université de Drexel, initiant des “carnets de laboratoire publics” dans les années 1990. Bradley peut être considéré comme un initiateur d’une certaine science ouverte, il avait la conviction qu’il fallait, autant que possible, mettre toutes les recherches à la disposition du public,..…

    https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ES_041_0177
    #édition_scientifique #UE #EU #Union_européenne #open_source

    • La notion de Science Ouverte dans l’Espace européen de la recherche

      Cet article analyse les prescriptions européennes en matière d’Open Science et évalue la mesure dans laquelle celles-ci contribuent à résoudre la contradiction qui leur préexiste entre les prescrits qui, au sein de l’Espace européen de la recherche, encouragent les chercheurs à ouvrir la démarche scientifique et les produits de la recherche à des parties prenantes extérieures, et ceux qui incitent à fonder les indicateurs de performance en matière de recherche sur les articles de revue savante internationale. A cet égard, la combinaison de la publication en #OA avec l’archivage d’une diversité de produits de la recherche sur des répertoires OA s’avère préférable au basculement unilatéral dans la voie dorée de l’OA, par le biais de « big deals » avec les #Majors.

      https://journals.openedition.org/rfsic/3241

  • Publications scientifiques : la justice française ordonne aux FAI de bloquer Sci-Hub et LibGen, à la demande des éditeurs Elsevier et Springer Nature
    https://www.developpez.com/actu/253749/Publications-scientifiques-la-justice-francaise-ordonne-aux-FAI-de-bloqu

    En France, comme dans d’autres pays, #Elsevier et #Springer Nature ont donc saisi la justice pour obliger les fournisseurs d’accès internet à bloquer #Sci-Hub ainsi que #LibGen, un moteur de recherche d’articles et livres scientifiques qui facilite aussi l’accès aux contenus soumis à un péage. Les deux hébergeraient respectivement plus de 70 millions et plus de 25 millions d’articles scientifiques, d’après les éditeurs.

    Le verdict est tombé plus tôt ce mois de mars. Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a statué que les éditeurs ont suffisamment démontré que les plateformes Sci-Hub et LibGen sont entièrement dédiées ou quasi entièrement dédiées au piratage de leurs articles. Il a donc demandé à Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom de mettre tout en oeuvre pour bloquer l’accès aux domaines de Sci-Hub et LibGen, soit une liste de 57 domaines (y compris des adresses de redirection). Le blocage devra être en vigueur pendant un an.

    Le tribunal estime que s’ils ne sont pas responsables du contenu auquel ils donnent accès, « les FAI et les hébergeurs sont tenus de contribuer à la lutte contre les contenus illicites, et plus particulièrement, contre la contrefaçon de droits d’auteur et droits voisins, dès lors qu’ils sont les mieux à même de mettre fin à ces atteintes ». Le TGI précise également qu’aucun texte ne s’oppose à ce que les mesures à mettre en oeuvre pour mettre fin à ces violations soient supportées par les intermédiaires techniques, c’est-à-dire ici les FAI, quand bien même ces mesures sont susceptibles de représenter pour eux un coût important. Donc le coût de la mise en oeuvre des mesures nécessaires restera à la charge des FAI.

    Même si les FAI décidaient de ne pas faire appel de cette décision, on pourrait se décider s’il est vraiment possible de bloquer ces différents sites. La réalité est qu’après de tels blocages, il y a toujours des sites miroirs qui réapparaissent. Conscients de cela, les deux éditeurs avaient demandé que les FAI surveillent la réapparition de sites miroirs et les bloquent systématiquement ; une demande que le tribunal ne leur a pas accordée. Cela veut dire que si, après avoir été bloqués, Sci-Hub et LibGen réapparaissent sous d’autres domaines, les éditeurs devront à nouveau se rendre au tribunal pour actualiser leur liste de domaines à bloquer. Ce qui prendra du temps et permettra aux sites ciblés de rester en ligne presque sans interruption.

    #savoirs #partage #publications #paywall

  • Elsevier : un écart salarial de 40% entre les femmes et les hommes
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/elsevier-un-ecart-salarial-de-40-entre-les-femmes-et-les-hommes/94108?origin=newsletter

    L’argumentation d’Elsevier est touchante : c’est justement ça le problème : pas de femmes aux postes de responsabilité. Mais ils ne veulent pas entendre... Brotopia !

    En vertu de The Equality Act de 2010 au Royaume-Uni, les sociétés qui emploient plus de 250 personnes sont tenues de publier les chiffres sur les écarts de rémunérations entre leurs employés femmes et hommes. Le groupe éditorial Elsevier, qui emploie environ 1300 personnes en Grande-Bretagne, a donc publié ses données. Et l’écart salarial atteint près de 40 %...

    Elsevier a récemment publié un bilan sur les écarts de rémunérations entre ses employés femmes et hommes sur l’année 2018. Et les chiffres révèlent que les femmes employées par l’entreprise britannique sont payées en moyenne 27,5 % de moins que les hommes, pour un écart de salaire médian allant jusqu’à 39,4 %.

    Pour expliquer ces différences, le groupe éditorial s’appuie sur la répartition inégale des postes au sein de l’entreprise. « L’écart salarial chez Elsevier Limited s’explique par le fait que beaucoup plus d’hommes que de femmes ont des fonctions plus haut placées et gagnent donc un salaire plus important. » En effet, 76,9 % des salariés à occuper un poste important, et donc mieux rémunéré sont des hommes.

    Ainsi, si l’on calcule les écarts salariaux selon les quartiles, ces derniers ne dépassent pas les 6,5 %.

    Autre donnée et non des moindres, celle des différences portant sur les primes bonus. Les salariés qui en reçoivent le plus sont les hommes, sans surprise, à 60,8 %. De plus, les hommes recevraient en moyenne une somme annuelle de 17,8 % plus élevée que celles des femmes, pour un écart de prime médian allant jusqu’à 29,3 %.

    Une donnée que le groupe tient à expliquer : « Les statistiques sur l’écart de rémunération des primes s’expliquent par le fait que les hommes occupent davantage de postes plus élevés que les femmes, et que ce sont ces postes-ci qui sont les plus susceptibles de recevoir des primes, liées à la performance (commissions de ventes, primes trimestrielles). »
    ​​​​​​​
    La British Library réduit l’écart
    salarial entre hommes et femmes

    Mais pas de panique, Elsevier a mentionné dans le rapport qu’il mettrait en place des actions pour réduire cet écart, comme célébrer la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars...

    Par rapport à l’année dernière, on peut noter une petite réduction de l’écart salarial au sein du groupe éditorial. En effet, sur l’année 2017, l’écart médian s’échelonnait à 40,4 %. Celui des primes bonus connaît, lui, une plus grande baisse puisque l’année dernière, il s’élevait à 47,5 % contre 29,3 % sur l’année 2018.

    #Féminisme #Inégalité #Elsevier

  • Academics, don’t write for #The_Conversation, they are not good people. I judge you every single time you post Conversation links. It’s like wearing a sticker saying you don’t support your precarious colleagues.

    The Conversation won’t let non-affiliated academics write for them, thus excluding casualised and unemployed academics. They also syndicate to the right wing press, thus exposing scholars doing anti-racist, pro-migration, and gender work to a great deal of abuse.

    https://twitter.com/DrFloraPoste/status/1110139262157099008
    #publication #stratégie_de_publication #édition_scientifique #université #précarité #extrême_droite
    #boycott ?

  • Big Deal Cancellation Tracking

    Large publishers have marketed bundles of journals at a discount off of aggregated list price since the late 1990’s. The value proposition for publishers is a guaranteed revenue stream at a high overall dollar value. The perceived benefit for the institutions has been access to a large volume of journal titles, at a lower per-title price than ala carte purchasing would afford. Over time, however, the actual value of these “big deals” has grown less clear. Publishers have often raised the price of the packages by 5-15%, far outpacing library budgets. This has been justified, in part, by the addition of a growing number of specialized journal titles, launched in quick succession. Libraries have found a growing chunk of their budgets allocated to servicing these big deals, as well as their ability to curate resources and build collections most appropriate for their communities severely hampered.

    What was once a no-fuss way to get a significant collection of journals at a discount off of list price has devolved into a restrictive agreement that limits financial and strategic flexibility. The “big deal” has often been compared to a cable or satellite TV package, an apt analogy insofar as the customer cannot choose to pass on content that is of no interest, with initial price breaks quickly giving way to locked-in increases. Much like the millions of consumers who have chosen to “cut the cord”, a growing number of libraries are electing to critically appraise these big deals by assessing their collections, the value for money they are receiving from these packages, and how they might more strategically spend their finite collections resources.

    https://sparcopen.org/our-work/big-deal-cancellation-tracking
    #édition_scientifique #université #savoir #résistance #liste #base_de_données #database

    Ici le tableau excel:


    https://docs.google.com/spreadsheets/d/1brXHnANwLBCHYo5b79hF6vGF63fdOCSOSiPxCScf0hc/edit#gid=0
    ping @reka @fil

  • ​Norwegian research institutions have decided not to renew their agreement with #Elsevier

    The offer from Elsevier is a long way from fulfilling the Norwegian requirements for open access to research articles. There is also no movement in transitioning the agreement from paying to read to paying for open publishing. The agreement with Elsevier will therefore not be renewed for 2019. The rectorates at the universities of #Bergen, #Oslo, #Tromsø and #Trondheim all support this decision.

    The Norwegian government aims at making all publicly funded research articles openly available by 2024 and to move from paying to read articles through subscription agreements, towards paying for publishing articles that are openly available. Unit – The Directorate for ICT and shared services in Higher Education and Research has been in discussions with Elsevier since the introduction of the government’s national guidelines for open access in 2017. Unit negotiates and manages agreements on behalf of Norwegian research institutions. The agreement with Elsevier includes 44 member institutions comprising of universities, university colleges, research institutes and hospitals, and is the largest of the agreements.

    To ensure a successful transition to open access, the following guiding principles apply to all negotiations:

    Articles with corresponding authors from Norway shall be openly available at the time of publishing

    Publishing open access shall not increase total costs

    License agreements, costs and business models must be fully transparent

    Perpetual access to content published in subscription journals must be granted

    * Agreements should demonstrate a move towards models where costs are related to the volume of Norwegian article output

    In July 2018 Universities Norway (UHR) gave their full support to Unit’s negotiation principles and nominated representatives from the rectorates at the universities of Oslo and Bergen to participate in the negotiations with Elsevier.

    – For many years we have cooperated closely with library directors during negotiations. The type of agreements we are now negotiating will have a direct impact on the publishing of research, and participation from the top level of the institutions has therefore been important. The active involvement of the rectors has sent an important message to publishers that the negotiation principles have the full support at the top level, says the Director of Research Services Strategy at Unit, Katrine Weisteen Bjerde.

    Despite good discussions, the offer from Elsevier is still a long way from meeting the principles and has therefore been rejected. There will therefore be no agreement in 2019, but the discussions continue.

    – It is very disappointing that we did not manage to reach an acceptable agreement with Elsevier, a publisher that accounts for a substantial proportion of Norwegian publishing output and is an important stakeholder for us on the road towards open research. We wish to cooperate with all publishers in order to create a good framework for open publishing, but sometimes we simply stand too far apart, states the vice rector for research at the University of Bergen, Margareth Hagen.

    Norwegian researchers publish around 2000 articles annually in Elsevier journals. In 2018 participating institutions paid around € 9 million in subscription costs. In addition, an estimated € 1 million was spent paying to make articles in subscription journals openly available.

    Despite no agreement being reached this year for reading new articles, Norwegian researchers will still be able to publish in Elsevier journals as before. Depending on the individual institutions archive rights, researchers will also still have access to read articles published in many journals up to and including 2018.

    Researchers and others who require access to articles that are not accessible via such archives are encouraged to contact their institutional library who will be able to assist.

    https://www.mynewsdesk.com/no/unit/pressreleases/norwegian-research-institutions-have-decided-not-to-renew-their-agreemen
    #édition_scientifique #Norvège #université #savoir #résistance
    ping @reka

  • La #science pour le plus grand nombre, pas pour l’argent

    Partout dans le monde, l’Enseignement Supérieur et la Recherche sont actuellement soumis à la doctrine de choc du néolibéralisme, où la #connaissance est perçue comme un simple moyen d’améliorer la #compétitivité de l’économie, comme une source possible de bénéfices et comme un outil de contrôle pour les gouvernements. Ce programme néolibéral pour la science est mis en œuvre par un nouveau mode de gestion publique dans lequel les étudiants, les enseignants et les chercheurs doivent devenir des entrepreneurs de leur capital cognitif et de leur réputation. Loin des idéaux coopératifs de la science et de l’enseignement, les universités et les institutions de recherche sont gérées comme des entreprises, en concurrence les unes avec les autres pour attirer les « meilleurs » étudiants et chercheurs. Les groupes de recherche et les collectifs de travail sont presque systématiquement écrasés. Les gestionnaires scientifiques sont censés chercher des #fonds et des #subventions pour employer une masse toujours plus grande de personnel précaire, dont les bas salaires contrastent avec les revenus de plus en plus élevés d’une nouvelle élite de gestion incarnée par les présidents et les vice-présidents d’université. La souffrance au travail affecte la plupart de ces nouveaux #prolétaires_intellectuels. D’un autre côté, la folie de l’#évaluation, la pression pour « #publier_ou_périr » et la #privatisation de l’#édition_scientifique conduisent à un nombre croissant de publications, ce qui menace à la fois la qualité de la #recherche et la transmission ouverte du savoir. Cette guerre matérielle dans laquelle l’#austérité va de pair avec la privatisation s’accompagne d’une guerre idéologique orwellienne où les mots, écrits dans un langage pauvre et mensonger, perdent leur sens. Le désir de reconnaissance de chacun conduisant à la servitude de tous, les valeurs de #compétition et d’#utilitarisme gagnent du terrain dans nos communautés scientifiques, où les individus sont de plus en plus isolés et craignent d’être exclus du jeu.

    Heureusement, des #résistances sont apparues, tant dans les pays où l’application de ces politiques était la plus développée (Grande-Bretagne ou Chili) que dans les pays où elles sont encore moins avancées (France, Allemagne ou Canada, notamment la région du Québec). Partout, les #mobilisations proposent des #alternatives à ces politiques néolibérales, très proches les unes des autres tant en termes de valeurs que de mesures concrètes. Plus important encore, nous sommes tous d’avis que le savoir fait partie du patrimoine commun de l’humanité et que sa valeur dépend de son #partage avec le plus grand nombre. Les autres composantes de l’alternative à la science néolibérale découlent de ce principe.

    Premièrement, l’université doit être libre. Mais la lutte pour l’abolition effective des #frais_d'inscription exige aussi que l’on reconnaisse aux étudiants le droit à une allocation financière substantielle qui garantirait leur autonomie en leur donnant les moyens de faire face à la nourriture, au logement et d’avoir du temps pour étudier.

    Deuxièmement, les universitaires et les chercheurs doivent non seulement avoir des salaires et des retraites décents, mais aussi se voir accorder des postes à part entière avec de solides garanties d’#indépendance. C’est une condition nécessaire si nous voulons éviter les #conflits_d'intérêts entre l’éducation, la science et les pouvoirs de l’argent et de la politique.

    Ils doivent également bénéficier de crédits à long terme, sans passer une grande partie de leur temps à demander un nombre croissant de subventions et de #projets par le biais de procédures bureaucratiques épouvantables ou à justifier constamment l’utilisation scientifique des fonds qui leur sont alloués. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront revendiquer leur droit au temps, sans lequel aucun progrès intellectuel réel, aucune science libre et aucune éducation libre, solide et cohérente n’est possible.

    Enfin, la #démocratie doit être au cœur des universités et des institutions de recherche. Le débat critique avec les citoyens et la collégialité des décisions doivent remplacer la gestion de haut en bas venant de bureaucrates zélés et incompétents qui ne s’intéressent qu’à stimuler la concurrence et la soi-disant « excellence ».

    L’urgence sociale et écologique à laquelle le monde entier est actuellement confronté représente un intérêt général commun qui devrait nous pousser à nous unir si nous voulons relever tous ces défis. Un développement massif des connaissances scientifiques est aujourd’hui nécessaire pour assurer la #transition_écologique de nos sociétés et échapper à la catastrophe imminente. Les investissements publics représentant 3% du PIB des nations doivent être consacrés aux services publics de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous devons également riposter de manière organisée  : il est temps de construire une alternative mondiale dans laquelle les universitaires et les scientifiques, les étudiants et les citoyens défendent les trois piliers de l’enseignement supérieur et de la recherche  : l’indépendance de la production scientifique et intellectuelle, la libre critique et la gratuité de la #transmission_des_connaissances.

    Nous, signataires de cet appel, membres de la communauté académique et de la recherche ou du mouvement social dans son ensemble, nous venons du monde entier. Nous nous engageons ensemble à promouvoir les valeurs de la critique, de la collégialité et de la #coopération dans le domaine scientifique et universitaire. Nous défendons des universités et des institutions de recherche bien dotées et libres d’intérêts privés. Nous luttons contre les #conditions_de_travail précaires et nous promouvons un système alternatif de publication scientifique dans lequel la connaissance est libre et ouverte. Nous appelons à la constitution d’un réseau de #solidarité_internationale et au développement du #savoir_pour_tous.

    https://www.linternationaledessavoirspourtous.org/p/la-science-pour-le-plus-grand-nombre.html?lang=en
    #université #critique #résistance #néo-libéralisme #précarisation #publish_or_perish #tribune #pétition

    • Academic-Led Publishing Panel: Why Academic-Led and Why Now?

      This panel serves as an introduction to Academic-Led Publishing Day, focusing on the “what” and “why” behind the event. Panelists briefly share how they are involved in academic-led publishing and answer the questions: “Why do you believe more academic-led publishing initiatives are needed? And why is now the time for both scholarly institutions and individual scholars to get involved in academic publishing?” Moderated by Cheryl Ball, editor of Kairos, this roundtable included Rebecca Kennison, Open Access Network Co-Founder Virginia “Ginny” Steel, Norman and Armena Powell University Librarian, UCLA Library Brian Cody, Co-Founder and CEO of Scholastica Max Mosterd, Head of Operations and Analytics for Knowledge Unlatched Mike Taylor, open-access advocate and paleontologist with the University of Bristol Hugh Thomas, Editor-in-Chief for Algebraic Combinatorics

      https://www.youtube.com/watch?v=O4D6OVD4QoE&feature=youtu.be

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      Academic-Led Publishing Day

      Academic-Led Publishing Day is a global digital event to foster discussions about how members of the scholarly community can develop and support academic-led publishing initiatives. Academic-Led publishing refers to scholarly publishing initiatives wherein one or more academic organizations control decisions pertaining to copyright, distribution, and publishing infrastructure. The goal of Academic-Led Publishing Day is to create an open dialogue about academic-led publishing programs and funding models - both current and potential - and to raise awareness about the roles and capabilities of different stakeholders in this space. The day will consist of virtual and in-person events, social media discussions, and a collection of blog posts and relevant resources.

      https://academicledpublishingday.com
      #alternative

  • L’#édition_scientifique, entre #prédateurs et #profiteurs

    Les #revues_scientifiques sont au cœur de la diffusion des savoirs et de l’évaluation des chercheurs. Face à la captation du #marché par de grandes entreprises, des résistances s’organisent. Entretien croisé avec #Hervé_Maisonneuve et #Frédéric_Hélein.
    Pour un chercheur, publier ses résultats dans des revues spécialisées est une activité cruciale, lors de laquelle se joue sa renommée. Ces revues, initialement fondées par des sociétés savantes, sont de plus en plus contrôlées par un #oligopole de #multinationales de l’édition, qui accumulent des #profits phénoménaux. Depuis une décennie, le modèle économique de l’édition scientifique bascule vers une logique d’accès libre aux articles, les frais de publication étant couverts par les chercheurs. Mais des groupes peu recommandables ont développé des revues dites « prédatrices », publiant n’importe quoi dans le seul but d’encaisser le paiement des chercheurs.
    Où va l’édition scientifique ? Comment les scientifiques peuvent-ils reprendre le contrôle de ce maillon essentiel à la diffusion de leurs recherches ? Entretien croisé avec Hervé Maisonneuve, médecin de santé publique, et Frédéric Hélein, professeur de mathématiques à l’université Paris VII.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=abvhkMsNn58


    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/130119/l-edition-scientifique-entre-predateurs-et-profiteurs
    #prédation #profit #université #business #savoir #recherche #science

    signalé par @marty

    • #Déclaration_de_San_Francisco sur l’#évaluation de la recherche

      Il est urgent d’améliorer les méthodes d’évaluation des résultats de la recherche scientifique par les agences de financement, les établissements d’enseignement et de recherche et d’autres parties. Pour régler cette question, un groupe de rédacteurs en chef et d’éditeurs de revues savantes s’est réuni à San Francisco en Californie le 16 décembre 2012, dans le cadre du congrès annuel de l’American Society for Cell Biology (ASCB). Ce groupe a élaboré un ensemble de recommandations, désormais appelé « Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche ». Nous invitons les parties intéressées de toutes les disciplines scientifiques à manifester leur soutien en ajoutant leur nom à la présente Déclaration.

      Les apports de la recherche sont nombreux et variés : articles contenant de nouvelles connaissances, données, réactifs, logiciels ainsi que propriété intellectuelle et jeunes scientifiques hautement qualifiés. Les agences de financement, les établissements qui emploient des chercheurs et ces scientifiques eux-mêmes éprouvent tous le désir et le besoin d’évaluer la qualité et l’impact de la production scientifique. Il est donc impératif que la production scientifique soit mesurée rigoureusement et évaluée avec discernement.

      Le facteur d’impact des revues est souvent utilisé comme principal paramètre pour comparer la production scientifique individuelle et celle des établissements. Ce facteur d’impact, tel que calculé par Thomson Reuters*, a été créé à l’origine comme un outil d’aide pour les bibliothécaires servant à identifier les revues à acheter, et non pour mesurer la qualité scientifique de la recherche exposée dans un article. Dans cette optique, il est essentiel de comprendre que le facteur d’impact présente un certain nombre d’insuffisances bien documentées en tant qu’outil d’évaluation de la recherche. Ces limitations sont les suivantes : A) les distributions des citations dans les revues sont très asymétriques [1-3] ; B) les propriétés du facteur d’impact sont propres à chaque domaine : il s’agit d’un agrégat de types d’articles multiples et très divers, avec des articles primaires comme de synthèse [1, 4] ; C) les facteurs d’impact peuvent être manipulés (ou « instrumentalisés ») par une politique éditoriale [5] ; et D) les données utilisées pour calculer les facteurs d’impact ne sont ni transparentes ni ouvertement accessibles au public [4, 6, 7]. Ce qui suit formule des recommandations visant à améliorer la façon dont la qualité des résultats de la recherche est évaluée. D’autres éléments de production scientifique que les articles prendront une importance accrue dans l’évaluation de l’efficacité des travaux de recherche à l’avenir, mais l’article, contrôlé par des pairs, demeurera une production scientifique essentielle entrant dans l’évaluation de la recherche. Par conséquent, nos recommandations portent au premier chef sur les pratiques relatives aux articles publiés dans des revues à comité de lecture, mais elles peuvent et devraient s’étendre à d’autres productions, comme les jeux de données, en tant que résultantes importantes de la recherche. Ces recommandations s’adressent aux agences de financement, aux établissements d’enseignement et de recherche, aux revues, aux organismes pourvoyeurs d’indicateurs et à chaque chercheur.

      Ces recommandations s’articulent autour d’un certain nombre de sujets :

      la nécessité de mettre un terme à l’utilisation d’indicateurs basés sur les revues, comme les facteurs d’impact, dans le financement, les nominations et les promotions ;
      celle d’évaluer la recherche sur sa valeur intrinsèque plutôt qu’en fonction de la revue où elle est publiée ; et
      celle encore d’exploiter au mieux les possibilités offertes par la publication en ligne (comme la levée de restrictions inutiles sur le nombre de mots, de figures et de références dans les articles et l’exploration de nouveaux indicateurs d’importance et d’impact).

      Nous reconnaissons que de nombreuses agences de financement, établissements, éditeurs et chercheurs encouragent déjà l’amélioration des pratiques d’évaluation de la recherche. De telles démarches commencent à donner de nouvelles perspectives à des approches d’évaluation de la recherche plus élaborées et plus pertinentes sur lesquelles il est possible de s’appuyer et qui puissent être adoptées par toutes les parties impliquées au premier chef.

      Les signataires de la Déclaration de San Francisco sur l’évaluation de la recherche soutiennent l’adoption des pratiques suivantes pour l’évaluation de la recherche.

      Recommandation générale

      Ne pas utiliser les indicateurs basés sur les revues, tels que les facteurs d’impact, comme succédané d’appréciation de la qualité des articles de recherche individuels, pour évaluer les contributions d’un scientifique en particulier ou pour prendre des décisions en matière de recrutement, de promotion ou de financement.

      Pour les agences de financement

      Indiquer explicitement les critères utilisés pour évaluer la productivité scientifique des porteurs de projet et souligner clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les établissements

      Afficher explicitement les critères utilisés dans les décisions de recrutement, de titularisation et de promotion, en soulignant clairement, surtout pour les chercheurs débutants, que le contenu scientifique d’un article est beaucoup plus important que les indicateurs de publication ou l’image de marque de la revue dans laquelle il a été publié.

      Aux fins de l’évaluation de la recherche, tenir compte de la valeur et de l’impact de tous les résultats de travaux de recherche (y compris les jeux de données et les logiciels) en plus des publications scientifiques, et envisager un large éventail de mesures d’impact, y compris des indicateurs qualitatifs sur les retombées des travaux, comme leur influence sur les politiques et les pratiques.

      Pour les éditeurs

      Réduire considérablement l’importance accordée au facteur d’impact comme outil de promotion, idéalement en cessant de le promouvoir ou en présentant ce paramètre dans le contexte d’une variété d’indicateurs basés sur les revues (p. ex. facteur d’impact sur 5 ans, EigenFactor [8], SCImago [9], indice h, temps de traitement éditorial et de publication, etc.) qui offrent une vision plus riche de la performance d’une revue.

      Proposer une série d’indicateurs à l’échelle de l’article pour encourager le passage à une évaluation qui soit fondée sur le contenu scientifique d’un article plutôt que sur les indicateurs de publication de la revue dans laquelle il a été publié.

      Encourager des pratiques responsables en matière de paternité d’auteur et la fourniture d’informations sur les contributions spécifiques de chaque auteur.

      Qu’une revue soit en libre accès ou sur abonnement, supprimer toutes les restrictions de réutilisation des listes de références dans les articles et les mettre à disposition dans le cadre du Creative Commons Public Domain Dedication [10].

      Éliminer ou réduire les contraintes sur le nombre de références dans les articles et, le cas échéant, exiger la citation de la littérature primaire plutôt que celle des articles de synthèse afin de reconnaître le mérite du ou des groupes qui ont rapporté en premier une découverte.

      Pour les organismes pourvoyeurs d’indicateurs

      Faire preuve d’ouverture et de transparence en fournissant les données et les méthodes utilisées pour calculer tous les indicateurs.

      Fournir les données en vertu d’une licence qui permette une réutilisation sans restriction et permettre un accès informatique aux données, dans la mesure du possible.

      Préciser clairement que la manipulation inconsidérée des indicateurs ne sera pas tolérée ; désigner explicitement ce qui constitue une manipulation inconsidérée et les mesures qui seront prises pour y remédier.

      Tenir compte de la diversité des types d’articles (p. ex., articles de synthèse par rapport aux articles de recherche) et des différents domaines lorsque les indicateurs sont utilisés, agrégés ou comparés.

      Pour les chercheurs

      Lors d’une participation à des commissions exerçant des décisions de financement, d’embauche, de titularisation ou de promotion, produire des évaluations fondées sur le contenu scientifique plutôt qu’en fonction des indicateurs de publication.

      Le cas échéant, citer la littérature primaire dans laquelle les observations ont été rapportées en premier plutôt que les articles de synthèse afin d’en attribuer le mérite à bon escient.

      Utiliser une gamme de paramètres et d’indicateurs d’articles sur les déclarations personnelles/de soutien, comme preuve de l’impact d’articles individuels publiés et d’autres résultats de recherche [11].

      Remettre en question les pratiques d’évaluation de la recherche qui s’appuient inconsidérément sur les facteurs d’impact. Promouvoir et enseigner les bonnes pratiques qui mettent l’accent sur la valeur et l’influence des résultats spécifiques de la recherche.

      https://sfdora.org/read/fr
      #recommandations

  • Quand les scientifiques se révoltent contre les géants de l’édition savante Marco Fortier - 25 Janvier 2019 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/societe/education/546298/rebellion-contre-une-revue-predatrice

    Les 27 membres du comité éditorial du magazine « Journal of Informetrics » — qui proviennent d’universités établies dans 11 pays — ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier.

    La bataille du milieu scientifique contre les géants de l’édition savante gagne en intensité. Le comité éditorial d’un des magazines les plus prestigieux, publié par le conglomérat Elsevier, vient de démissionner en bloc pour fonder sa propre publication, qui offrira tous ses articles en libre accès, loin des tarifs exorbitants exigés par les revues dites « prédatrices ».

    Ce coup d’éclat fait grand bruit dans le monde normalement feutré de l’édition scientifique. Les 27 membres du comité éditorial du magazine Journal of Informetrics qui proviennent d’universités établies dans 11 pays ont démissionné en bloc, le 10 janvier, pour protester contre les pratiques commerciales jugées abusives de leur éditeur Elsevier. Ils ont lancé dès le lendemain leur propre revue savante, Quantitative Science Studies, https://www.mitpressjournals.org/loi/qss qui vise à devenir la nouvelle référence dans le monde pointu de la recherche en bibliométrie.

    « C’est une grande décision : on saborde la revue qui est la plus prestigieuse dans la discipline et on lance notre propre publication », dit Vincent Larivière, professeur à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’Université de Montréal.

    M. Larivière a été nommé éditeur intérimaire (et bénévole) du nouveau magazine. Il est un des meneurs de cette rébellion contre le géant Elsevier, plus important éditeur scientifique de la planète, qui a fait des profits de 1,2 milliard $US en 2017 https://www.relx.com/~/media/Files/R/RELX-Group/documents/reports/annual-reports/relx2017-annual-report.pdf en hausse de 36 %.

    « Ça fait des années qu’on dénonce les pratiques de l’industrie de l’édition scientifique. Il faut être cohérents et reprendre le contrôle de nos publications », explique le professeur, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante.

    Contre une « arnaque »
    Vincent Larivière n’hésite pas à parler d’une « arnaque » lorsqu’il décrit les pratiques commerciales des cinq plus grands éditeurs scientifiques, qui publient plus de la moitié des articles savants dans le monde. Ces cinq conglomérats — les groupes Elsevier, Springer Nature, John Wiley Sons, Taylor Francis et Sage Publications — étouffent littéralement les bibliothèques universitaires en accaparant entre 70 et 80 % des budgets d’acquisition. Le problème est si grave que plusieurs bibliothèques n’ont plus les moyens d’acheter des livres, a rapporté Le Devoir en juin dernier https://www.ledevoir.com/societe/education/531214/les-geants-de-l-edition-etouffent-les-bibliotheques .

    Le modèle d’affaires de ces géants est simple : ils obtiennent gratuitement leurs articles, qu’ils revendent à gros prix aux bibliothèques universitaires. Les chercheurs ne sont pas payés pour leur travail. Les textes sont aussi révisés gratuitement par des pairs. Les bibliothèques universitaires n’ont pas le choix de s’abonner aux périodiques savants pour que professeurs et étudiants aient accès à la littérature scientifique.

    Plus préoccupant encore, les grands éditeurs font payer des milliers de dollars aux chercheurs qui veulent publier leurs articles en libre accès. Ce modèle d’affaires est remis en question avec de plus en plus de véhémence dans les universités de partout dans le monde.

    Appui du MIT
    Le nouveau magazine fondé par les 27 professeurs de bibliométrie, le Quantitative Science Studies, sera ainsi publié en collaboration avec l’éditeur du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il s’agit d’une association toute « naturelle », indique au Devoir Nick Lindsay, directeur des périodiques et des données ouvertes chez MIT Press.

    « Nous sommes déterminés à trouver des façons de publier davantage de livres et de journaux sur le modèle du libre accès », précise-t-il. MIT Press a publié à ce jour une centaine de livres et huit périodiques en données ouvertes, donc accessibles gratuitement.

    La fondation de la Bibliothèque nationale de science et technologie d’Allemagne s’est aussi engagée à verser 180 000 euros (272 772 $CAN) sur trois ans au nouveau magazine.

    Les membres du comité éditorial du Journal of Informetrics ont négocié en vain durant plus d’un an et demi avec Elsevier dans l’espoir de changer le modèle d’affaires du magazine, explique Vincent Larivière. Ils tenaient notamment à baisser les frais de 1800 $US exigés des chercheurs qui veulent publier en libre accès (le nouveau Quantitative Science Studies facturera entre 600 $ et 800 $ aux auteurs).

    Ils voulaient aussi que les références citées dans le texte soient offertes gratuitement, ce qu’Elsevier a refusé — et que la nouvelle publication offrira.

    Le comité éditorial voulait d’abord et avant tout que la société savante de la discipline — l’International Society for Scientometrics and Informetrics (ISSI) — devienne propriétaire du magazine, ce qui n’était « pas négociable », a indiqué Elsevier dans une longue déclaration publiée le 15 janvier https://www.elsevier.com/connect/about-the-resignation-of-the-journal-of-informetrics-editorial-board .

    « Il arrive parfois que les comités éditoriaux et les éditeurs aient des opinions divergentes au sujet de l’avenir et de la direction d’un journal. Dans certains cas, une entente ne peut être conclue. Le comité éditorial peut décider d’offrir ses services ailleurs, surtout s’il reçoit du soutien financier », a écrit Tom Reller, vice-président aux communications chez Elsevier.

    « Toute démission d’un comité éditorial est malheureuse », ajoute-t-il, mais l’éditeur conserve des relations fructueuses avec les membres des dizaines d’autres publications de l’entreprise. Il y a trois ans, le comité éditorial du magazine Lingua, propriété du groupe Elsevier, avait claqué la porte dans des circonstances similaires. Lingua a survécu. Son nouveau concurrent aussi.

    #elsevier #édition_scientifique #université #recherche #open_access #science #publications_scientifiques #résistance #publications #business #partage #articles_scientifiques #savoir #édition #openaccess #Informetrics #bibliométrie #édition_scientifique #rébellion #libre_accès #Springer_Nature #John_Wiley_Sons #Taylor_Francis #Sage_Publications #racket #escroqueries #MIT #universités

  • #Food_matters

    Food Matters examines how the food we eat can help or hurt our health. Nutritionists, naturopaths, doctors, and journalists weigh in on such topics as organic food, food safety, raw foodism, and nutritional therapy.

    J’ai regardé ce #film (sans avoir lu aucune critique au préalable, juste parce que le titre m’intriguait) :
    https://www.foodmatters.com/films
    #documentaire

    ... et je dois dire que je suis pas mal perplexe... est-ce que quelqu’un l’a vu ? Une opinion ?

    #nutrition #médecine #santé #you_are_what_you_eat #alimentation #sols #agriculture #industrie_agro-alimentaire #raw_food #crudisme #Paul_Kouchakoff #superfood #vitamines #vitamine_C #Linus_Paulin #Gerson_Therapy #maladies_cardio-vasculaires #végétarisme #industrie_pharmaceutique #big-pharma #édition_scientifique #science #dépression #santé_mentale #eau #boire #cancer #chimiothérapie #médecine_orthomoléculaire

    –---------------

    Médecine orthomoléculaire

    La médecine orthomoléculaire se propose de soigner les personnes par l’apport optimal de substances naturellement connues de l’organisme, par opposition à l’utilisation de molécules à effets thérapeutiques créées par l’humain. Cette thérapeutique n’est pas validée par la communauté médicale et est considérée comme inefficace.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_orthomol%C3%A9culaire

    #Max_Gerson

    Max Gerson (18 octobre 1881 - 8 mars 1959) était un médecin américain d’origine allemande qui a développé la #thérapie_de_Gerson, un régime alimentaire comme traitement du cancer, qui prétend pouvoir guérir le cancer et la plupart des maladies chroniques dégénératives.

    Gerson a décrit son approche dans le livre A Cancer Therapy : Results of 50 Cases. The National Cancer Institute a évalué ces allégations pour conclure que ce traitement n’apportait pas de bénéfices.

    Après la mort de Gerson, sa fille Charlotte Gerson a continué de promouvoir la thérapie via la fondation « Gerson Institute » en 1977

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Gerson

    Une mention est faite aussi de la #Campaign_for_the_truth_medicine, dont on trouve très peu d’info sur la toile...

  • On #The_Conversation...

    Un mot sur les pratiques de la revue @FR_Conversation, une des multiples plateformes privées qui fonctionnent sur la base de l’#exploitation du travail gratuit des scientifiques : vous nous donnez des articles, on vous paye en #visibilité.

    Sauf que je viens d’apprendre que cette plateforme refusait de publier les articles d’universitaires dont l’institution de rattachement n’était pas abonnée à The Conversation. Ou en tout cas mettait une grosse pression en ce sens, n’acceptant que des exceptions. Et ça, ça craint.

    C’est-à-dire que non seulement ces institutions se comportent en #parasites du travail universitaire, en s’appropriant indirectement de l’argent public et en contribuant à détruire le métier de journaliste scientifique, mais en plus elles veulent faire de nous leurs VRP.

    Mais ce qui m’effraie le plus, c’est que le collègue (titulaire) qui m’a appris ça et transmis le mail inique qu’il avait reçu de The Conversation ne veut pas que ça se sache ! Il meurt de peur de perdre la visibilité que lui promet avec mansuétude la plateforme...

    Il devient franchement urgent de repenser les modes de publicisation ses travaux scientifiques, en particulier en direction du grand public. Que des entreprises privées puissent se trouver en telle position de force par rapport aux chercheur.e.s est délirant.

    Esperons qu’ils changent de politique. En attendant, j’encourage vivement les collègues à ne pas fournir gratuitement leur travail à ce type d’entreprises. Il y a beaucoup d’autres moyens de rendre sa recherche accessible à tou.te.s, même s’il faut surement en développer d’autres.

    https://twitter.com/SamuelHayat/status/1061623864009068546
    #privatisation #savoir #université #édition_scientifique (ou une sorte de) #travail_gratuit #gratuité

  • Swedish ISP punishes #Elsevier for forcing it to block #Sci-Hub by also blocking Elsevier / Boing Boing
    https://boingboing.net/2018/11/03/balkanizing-the-balkanizers.html

    This is the worst possible outcome for Bahnhof. TorrentFreak spoke to CEO Jon Karlung who describes it as a “horrifying” decision that “goes against the soul of the Internet.”

    The result, starting today, is that sci-hub.tw, sci-hub.mu, sci-hub.se, libgen.io, and several other domains are being blocked by the ISP. But Bahnhof wouldn’t be Bahnhof if it went down without a fight.

    The company has no faith in an expensive appeal, which another ISP lost last year in a similar blocking case. However, it does have another ace up its sleeve. Now that they are blocking anyway, they can easily an extra domain name to make a point.

    So, in addition, Bahnhof has gone ahead and banned its visitors from accessing the official Elsevier.com website as well. Elsevier wanted a site blockade – it now has one.

  • #Paywall : The Business of Scholarship

    Paywall: The Business of Scholarship, produced by #Jason_Schmitt, provides focus on the need for open access to research and science, questions the rationale behind the $25.2 billion a year that flows into for-profit academic publishers, examines the 35-40% profit margin associated with the top academic publisher Elsevier and looks at how that profit margin is often greater than some of the most profitable tech companies like Apple, Facebook and Google. For more information please visit: Paywallthemovie.com


    https://vimeo.com/273358286

    #édition_scientifique #université #documentaire #film #elsevier #profit #capitalisme #savoir #impact_factor #open_access
    signalé par @fil, que je remercie

    –-----------

    Quelques citations du tirés du film...

    John Adler, prof. Standford University :

    “Publishing is so profitable, because the workers dont’ get paid”

    Paul PETERS, CEO #Hindawi :

    “The way we are adressing the problem is to distinguish the assessment of an academic from the journals in which they publish. And if you’re able to evaluate academics based on the researchers they produce rather than where their research has been published, you can then start to allow researchers to publish in journals that provide better services, better access”

    Paul PETERS, CEO Hindawi :

    “Journals that are highly selective reject work that is perfectly publishable and perfectly good because it is not a significant advance, it’s not gonna made the headline as papers on disease or stemcells”

    Alexandra Elbakyan :

    “Regarding the company itself (—> Elsevier), I like their slogan ’Making Uncommon Knowledge Common’ very much. But as far as I can tell, Elsevier has not mastered this job well. And sci-hub is helping them, so it seems, to fulfill their mission”

    • je suis tres surpris par un point mentionne plusieurs fois : il faut que la recherche sur la sante, le rechauffement climatique, etc, bref, tout ce qui a « un vrai impact » soit ouvert, parce qu’il y a des vrais problemes, et donc il faut du monde pour y participer.... Mais je n’ai pas entendu grand chose sur la recherche fondamentale... Je ne sais pas si ca tient du fait que la recherche fondamentale etant moins « remuneratrice », le probleme est moins flagrant... Mais ca me met mal a l’aise cette separation entre « les vrais problemes de la vie » et les questions fondamentales qui n’interessent pas grand monde....

    • The Oligopoly of Academic Publishers in the Digital Era

      The consolidation of the scientific publishing industry has been the topic of much debate within and outside the scientific community, especially in relation to major publishers’ high profit margins. However, the share of scientific output published in the journals of these major publishers, as well as its evolution over time and across various disciplines, has not yet been analyzed. This paper provides such analysis, based on 45 million documents indexed in the Web of Science over the period 1973-2013. It shows that in both natural and medical sciences (NMS) and social sciences and humanities (SSH), Reed-Elsevier, Wiley-Blackwell, Springer, and Taylor & Francis increased their share of the published output, especially since the advent of the digital era (mid-1990s). Combined, the top five most prolific publishers account for more than 50% of all papers published in 2013. Disciplines of the social sciences have the highest level of concentration (70% of papers from the top five publishers), while the humanities have remained relatively independent (20% from top five publishers). NMS disciplines are in between, mainly because of the strength of their scientific societies, such as the ACS in chemistry or APS in physics. The paper also examines the migration of journals between small and big publishing houses and explores the effect of publisher change on citation impact. It concludes with a discussion on the economics of scholarly publishing.

      https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0127502

    • L’accès ouvert, un espoir qui donne le vertige…

      Les années 2018 et 2019 marquent une étape importante dans la politique scientifique de l’accès ouvert. Avec #Horizon_2020, l’Europe a annoncé l’obligation d’assurer le libre accès aux publications issues des projets de recherche qu’elle finance. En septembre 2018 #cOALition_S, un consortium européen d’établissements de financement de la recherche (l’ANR pour la France), soutenu par la commission européenne et l’ERC, publie les 10 principes de son Plan S. L’objectif est clairement désigné : “d’ici 2020, les publications scientifiques résultant de recherches financées par des subventions publiques accordées par les conseils de recherche et organismes de financement nationaux et européens participants doivent être publiées dans des journaux Open Access conformes ou sur des plates-formes Open Access conformes.”

      Le problème est que l’expression « #open_access » peut recouvrir des modèles économiques très différents : le “#green_open_access” (auto-archivage par l’auteur de ses travaux), le “#gold_open_access”, avec toute l’ambiguïté qu’il comporte puisque pour Couperin, il inclut aussi bien les articles dans des revues à comité de lecture en accès ouvert pour les lecteurs, payé par les auteurs avec des APC (Article processing charges) que le modèle Freemium OpenEdition, sans coût pour les auteurs ou encore les revues intégralement en accès ouvert[i]. C’est la raison pour laquelle a été introduit un nouvel intitulé dans les modèles celui de la voie “#diamant” ou “#platine” en opposition précisément à la voie “dorée” de plus en plus identifiée comme la voie de l’auteur/payeur (#APC).

      Alors que l’objectif ne concerne à ce stade que les articles scientifiques et non les ouvrages, chapitres d’ouvrages etc., les dissensions s’affichent au grand jour et dans les médias. Pour nombre de chercheurs, le Plan S de l’Union européenne ne va pas assez loin. Ils n’hésitent pas à dénoncer ouvertement les pratiques “anticoncurrentielles” d’Elsevier en saisissant la Direction générale de la commission européenne[ii]. La maison d’édition s’est en effet engagée depuis plusieurs années dans le « tout accès ouvert »[iii]. Il faut traduire ce que signifie ce « gold open access » ainsi promu : si les lecteurs ont accès aux articles gratuitement, les auteurs paient pour être publiés des APC (« author processing charges ») dont le montant, variable, engendre des profits inédits.

      De l’autre côté, logiquement, des associations d’éditeurs et les sociétés commerciales d’édition scientifique se sont élevées contre ce plan qui semble menacer leurs intérêts. Ils ont été soutenus par au moins 1700 chercheurs qui ont signé une Lettre ouverte[iv] lancée le 28 novembre à l’Union européenne contre le plan S. En France, d’autres ont publié en octobre 2018 une tribune dans Le Monde[v] contre ce même plan, non sans quelques confusions tellement la complexité du paysage est savamment entretenue, avec des arguments plus recevables qu’on ne l’aurait pensé. Qui croire ?

      Le Consortium national des bibliothèques françaises Couperin[vi] nous apporte une information utile sur les APC sur le site d’OpenAPC qui ont été versées aux éditeurs commerciaux en 2017, par chacun des 39 grands établissements de recherche enquêtés. Au total, 4 660 887 euros ont été dépensés par ces établissements pour publier 2635 articles, soit environ 1769 euros par article[vii]. Cela vient s’ajouter aux abonnements aux bouquets de revues et aux accès aux bases de données bibliométriques (Scopus d’Elsevier, WOS de Clarivate) dont les coûts, négociés, ne sont pas publiés.

      On mesure le bénéfice que les éditeurs retirent pour chaque article en comparant ces montants avec ceux estimés pour traiter un article dans l’alternative Freemium. A Cybergeo , en incluant les coûts d’un ingénieur CNRS qui encadre l’activité de la revue, du temps moyen investi par les évaluateurs, les correcteurs bénévoles et l’éditeur, ainsi que les coûts de la maintenance de la plateforme éditoriale, nous sommes parvenus à un coût moyen de 650 euros pour un article… Si Cybergeo appliquait le coût moyen des APC, elle en retirerait un revenu de près de 100 000 euros/an !

      Le plus extraordinaire dans ces calculs est que ni les APC ni cette dernière estimation “frugale” de 650 euros/article ne prennent en compte la vraie valeur ajoutée des articles, les savoir et savoir-faire scientifiques dépensés par les auteurs et par les évaluateurs. Voilà qui devrait confirmer, s’il en était encore besoin, que la “production scientifique” est bien une activité qui ne peut décidément se réduire aux “modèles économiques” de notre système capitaliste, fût-il avancé…

      L’exigence de mise en ligne des articles en accès ouvert financés sur des fonds publics s’est donc institutionnalisée, mais on peut se demander si, loin d’alléger les charges pour la recherche publique, cette obligation ne serait pas en train d’ouvrir un nouveau gouffre de dépenses sans aucun espoir de retour sur investissement. Les bénéfices colossaux et sans risques de l’édition scientifique continuent d’aller aux actionnaires. Et le rachat en 2017 par Elsevier (RELX Group) de Bepress la plate-forme d’archives ouvertes, créée en 1999 sous le nom de Berkeley Electronic Press par deux universitaires américains de l’université de Berkeley, pour un montant estimé de 100 millions d’euros, n’est pas non plus pour nous rassurer sur le devenir du “green open access” (archives ouvertes) dans ce contexte.

      https://cybergeo.hypotheses.org/462

    • Open APC

      The #Open_APC initiative releases datasets on fees paid for Open Access journal articles by universities and research institutions under an Open Database License.

      https://treemaps.intact-project.org
      #database #base_de_données #prix #statistiques #chiffres #visualisation

      Pour savoir combien paient les institutions universitaires...


      https://treemaps.intact-project.org/apcdata/openapc/#institution

      12 millions d’EUR pour UCL selon ce tableau !!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Communiqué de presse : L’#Académie_des_sciences soutient l’accès gratuit et universel aux #publications_scientifiques

      Le 4 juillet 2018, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a publié un plan national pour la science ouverte, dans lequel « la France s’engage pour que les résultats de la recherche scientifique soient ouverts à tous, chercheurs, entreprises et citoyens, sans entrave, sans délai, sans paiement ». Le 4 septembre 2018, onze agences de financement européennes ont annoncé un « Plan cOAlition S(cience) » indiquant que dès 2020, les publications issues de recherches financées sur fonds publics devront obligatoirement être mises en accès ouvert.

      En 2011, 2014, 2016 et 2017, l’Académie des sciences a déjà publié des avis mentionnant la nécessité de faciliter l’accès aux publications (voir ci-dessous « En savoir plus »). Elle soutient les principes généraux de ces plans et recommande la prise en charge des frais de publications au niveau des agences de financement et des institutions de recherche. Toutefois, la mise en place concrète de ces mesures imposera au préalable des changements profonds dans les modes de publication. L’Académie des sciences attire l’attention sur le fait que ces changements dans des délais aussi courts doivent tenir compte des spécificités des divers champs disciplinaires et de la nécessaire adhésion à ces objectifs de la communauté scientifique. De nombreux chercheurs rendent déjà publiques les versions préliminaires de leurs articles sur des plates-formes ouvertes dédiées comme HAL (Hyper Articles en Ligne).

      Il est important de noter que le processus d’accès ouvert des publications ne doit pas conduire à une réduction du processus d’expertise qui assure la qualité des articles effectivement acceptés pour publication. Sans une évaluation sérieuse des publications par des experts compétents, une perte de confiance dans les journaux scientifiques serait à craindre.

      Un groupe de l’Académie des sciences travaille actuellement sur les questions soulevées par la science ouverte et un colloque sera organisé sur ce thème le 2 avril 2019 pour en débattre.


      https://www.academie-sciences.fr/fr/Communiques-de-presse/acces-aux-publications.html
      #résistance

    • Lancement de la fondation #DOAB : vers un #label européen pour les livres académiques en accès ouvert

      OpenEdition et OAPEN (Open Access Publishing in European Network, fondation implantée aux Pays-Bas) créent la fondation DOAB (Directory of Open Access Books). Cette fondation permettra de renforcer le rôle du DOAB, index mondial de référence répertoriant les ouvrages académiques en accès ouvert, et ce, notamment dans le cadre de la stratégie européenne pour le projet d’infrastructure OPERAS (Open access in the European research area through scholarly communication).


      Depuis plusieurs années les pratiques de publication en accès ouvert se multiplient en Europe du fait d’une plus grande maturité des dispositifs (archives ouvertes, plateformes de publication) et de la généralisation de politiques coordonnées au niveau des États, des financeurs de la recherche et de la Commission européenne. Ce développement du libre accès s’accompagne d’une multiplication des initiatives et des publications dont la qualité n’est pas toujours contrôlée.

      En 2003, l’Université de Lundt a créé le Directory of Open Access Journals (DOAJ). Devenu une référence mondiale, le DOAJ garantit la qualité technique et éditoriale des revues en accès ouvert qui y sont indexées.

      En 2012 la fondation OAPEN a créé l’équivalent du DOAJ pour les livres : le Directory of Open Access Books (DOAB). Ce répertoire garantit que les livres qui y sont indexés sont des livres de recherche académique (évalués par les pairs) et en accès ouvert. Le DOAB s’adresse aux lecteurs, aux bibliothèques mais aussi aux financeurs de la recherche qui souhaitent que les critères de qualité des publications en accès ouvert soient garantis et certifiés. Il indexe aujourd’hui plus de 16 500 livres en accès ouvert provenant de 315 éditeurs du monde entier.

      En Europe, les plateformes OAPEN et OpenEdition Books structurent largement le paysage par leur étendue internationale et leur masse critique. Leur alliance constitue un événement majeur dans le champ de la science ouverte autour de la labellisation des ouvrages.

      Via la fondation DOAB, le partenariat entre OpenEdition et OAPEN permettra d’asseoir la légitimité et d’étendre l’ampleur du DOAB en Europe et dans le monde, en garantissant qu’il reflète et prenne en compte la variété des pratiques académiques dans les différents pays européens en particulier. Les deux partenaires collaborent déjà au développement technique du DOAB grâce au projet HIRMEOS financé par l’Union Européenne dans le cadre de son programme Horizon 2020.
      La création de la fondation est une des actions du Plan national pour la science ouverte adopté en 2018 par la ministre française de la Recherche, Frédérique Vidal.

      OpenEdition et OAPEN forment avec d’autres partenaires le noyau dur d’un projet de construction d’une infrastructure européenne sur leur domaine de compétence : OPERAS – Open access in the European research area through scholarly communication. Avec un consortium de 40 partenaires en provenance de 16 pays européens, OPERAS vise à proposer une offre de services stables et durables au niveau européen dont le DOAB est une part essentielle.

      Selon Eelco Ferwerda, directeur d’OAPEN : « Le DOAB est devenu une ressource essentielle pour les livres en accès ouvert et nous nous en réjouissons. Je tiens à remercier Lars Bjørnshauge pour son aide dans le développement du service et Salam Baker Shanawa de Sempertool pour avoir fourni la plateforme et soutenu son fonctionnement. Notre collaboration avec OpenEdition a été très précieuse dans l’élaboration du DOAB. Nous espérons à présent atteindre un niveau optimal d’assurance qualité et de transparence ».

      Marie Pellen, directrice d’OpenEdition déclare : « L’engagement d’OpenEdition à soutenir le développement du DOAB est l’un des premiers résultats concrets du Plan national français pour la science ouverte adopté par la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal. Grâce au soutien conjoint du CNRS et d’Aix-Marseille Université, nous sommes heureux de participer activement à une plateforme internationale cruciale pour les sciences humaines et sociales ».

      Pour Pierre Mounier, directeur adjoint d’OpenEdition et coordinateur d’OPERAS : « La création de la Fondation DOAB est une occasion unique de développer une infrastructure ouverte dans le domaine de la publication scientifique, qui s’inscrit dans le cadre de l’effort européen d’OPERAS, pour mettre en œuvre des pratiques scientifiques ouvertes dans les sciences humaines et sociales ».
      OpenEdition

      OpenEdition rassemble quatre plateformes de ressources électronique en sciences humaines et sociales : OpenEdition Books (7 000 livres au catalogue), OpenEdition Journals (500 revues en ligne), Hypothèses (3 000 carnets de recherche), Calenda (40 000 événements publiés). Depuis 2015, OpenEdition est le représentant du DOAB dans la francophonie.

      Les principales missions d’OpenEdition sont le développement de l’édition électronique en libre accès, la diffusion des usages et compétences liées à l’édition électronique, la recherche et l’innovation autour des méthodes de valorisation et de recherche d’information induites par le numérique.
      OAPEN

      La Fondation Open Access Publishing in European Networks (OAPEN) propose une offre de dépôt et de diffusion de monographies scientifiques en libre accès via l’OAPEN Library et le Directory of Open Access Books (DOAB).

      OpenEdition et OAPEN sont partenaires pour un programme d’interopérabilité sur leur catalogue respectif et une mutualisation des offres faites par chacun des partenaires aux éditeurs.

      https://leo.hypotheses.org/15553

    • About #Plan_S

      Plan S is an initiative for Open Access publishing that was launched in September 2018. The plan is supported by cOAlition S, an international consortium of research funders. Plan S requires that, from 2020, scientific publications that result from research funded by public grants must be published in compliant Open Access journals or platforms.

      https://www.coalition-s.org

    • Les #rébellions pour le libre accès aux articles scientifiques

      Les partisans du libre accès arriveront-ils à créer une brèche définitive dans le lucratif marché de l’édition savante ?

      C’est plus fort que moi : chaque fois que je lis une nouvelle sur l’oligopole de l’édition scientifique, je soupire de découragement. Comment, en 2018, peut-on encore tolérer que la diffusion des découvertes soit tributaire d’une poignée d’entreprises qui engrangent des milliards de dollars en exploitant le labeur des scientifiques ?

      D’une main, cette industrie demande aux chercheurs de lui fournir des articles et d’en assurer la révision de façon bénévole ; de l’autre main, elle étrangle les bibliothèques universitaires en leur réclamant des sommes exorbitantes pour s’abonner aux périodiques savants. C’est sans compter le modèle très coûteux des revues « hybrides », une parade ingénieuse des éditeurs qui, sans sacrifier leurs profits, se donnent l’apparence de souscrire au libre accès − un mouvement qui prône depuis 30 ans la diffusion gratuite, immédiate et permanente des publications scientifiques.

      En effet, les journaux hybrides reçoivent un double revenu : l’abonnement et des « frais de publication supplémentaires » versés par les chercheurs qui veulent mettre leurs articles en libre accès. Autrement, leurs travaux restent derrière un mur payant, inaccessibles au public qui les a pourtant financés, en tout ou en partie, par l’entremise de ses impôts. Les grands éditeurs comme Elsevier, Springer Nature et Wiley ont ainsi pris en otage la science, dont le système entier repose sur la nécessité de publier.

      Au printemps dernier, on a assisté à une rebuffade similaire quand plus de 3 300 chercheurs en intelligence artificielle, dont Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal, se sont engagés à ne pas participer à la nouvelle revue payante Nature Machine Intelligence.

      Un consortium universitaire allemand, Projekt DEAL, a tenté d’ébranler les colonnes du temple. Depuis deux ans, ses membres négocient avec Elsevier pour mettre fin au modèle traditionnel des abonnements négociés à la pièce, derrière des portes closes. Collectivement, les membres de Projekt DEAL veulent payer pour rendre accessibles, à travers le monde, tous les articles dont le premier auteur est rattaché à un établissement allemand. En échange, ils auraient accès à tous les contenus en ligne de l’éditeur. L’entente devrait obligatoirement être publique.

      Évidemment, cela abaisserait les prix des abonnements. Pour l’instant, Elsevier refuse toute concession et a même retiré l’accès à ses revues à des milliers de chercheurs allemands l’été dernier. La tactique pourrait toutefois se révéler vaine. Pour obtenir des articles, les chercheurs peuvent toujours demander un coup de main à leurs collègues d’autres pays, recourir à des outils gratuits comme Unpaywall qui fouillent le Web pour trouver une version en libre accès ou encore s’en remettre à Sci-Hub, un site pirate qui contourne les murs payants.

      Mais plus que la perte de ses clients, c’est l’exode de ses « fournisseurs » qui écorcherait à vif Elsevier. Déjà, des scientifiques allemands ont juré qu’ils ne contribueraient plus à son catalogue de publications – qui contient pourtant des titres prestigieux comme The Lancet et Cell.

      Au printemps dernier, on a assisté à une rebuffade similaire quand plus de 3300 chercheurs en intelligence artificielle, dont Yoshua Bengio, de l’Université de Montréal, se sont engagés à ne pas participer à la nouvelle revue payante Nature Machine Intelligence. Partisans du libre accès, ils la considèrent comme « un pas en arrière » pour l’avenir de leur discipline.

      Et puis il y a le « plan S » : début septembre, 11 organismes subventionnaires européens ont annoncé que, à partir de 2020, ils ne financeront que les scientifiques promettant de diffuser leurs résultats dans des revues en libre accès. Le plan S exclurait d’office environ 85 % des journaux savants, y compris Nature et Science.

      Ces petites rébellions déboucheront-elles sur une véritable révolution de l’édition scientifique ? Difficile à dire, mais c’est suffisant pour passer du découragement à l’espoir.

      https://www.quebecscience.qc.ca/edito/rebellions-libre-acces-articles-scientifiques

  • Contre les prix trop élevés d’accès aux publications, les scientifiques font le mur - Le Temps
    https://www.letemps.ch/sciences/contre-prix-eleves-dacces-aux-publications-scientifiques-mur

    Contre les prix trop élevés d’accès aux publications, les scientifiques font le mur

    En plein essor du libre accès aux publications scientifiques, de nouveaux outils émergent pour aider à trouver facilement – et sans payer – des articles placés derrière un coûteux « paywall » ou une autre forme d’abonnement

    Les sciences ont-elles perdu leur caractère ouvert et universel ? Le mouvement de l’open access ou accès libre, dans lequel les publications scientifiques sont disponibles gratuitement et non plus contre d’onéreux abonnements, semble en tout cas en témoigner.

    L’open access, porté par des plateformes telles que PLoS, acronyme anglais pour Bibliothèque publique des sciences, constitue une alternative aux éditeurs scientifiques classiques et privés comme Elsevier, Springer Nature ou Wiley dont les tarifs, régulièrement revus à la hausse, irritent le milieu académique qui cherche des parades.

    En 2017, le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), tout comme l’Union européenne, s’est ainsi fixé l’objectif de rendre disponible en open access, à partir de 2020, la totalité des publications scientifiques qu’il finance. Le 4 septembre, onze fonds européens de financement de la recherche ont même publié un « Plan S » qui rendra cela obligatoire. Le fonds suisse soutient ce plan mais veut l’étudier juridiquement avant de le signer.
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    Sciences

    Sans abonnement, les chercheurs et le public font face à des paywalls qui obligent à payer en moyenne une trentaine de francs par article, ou plusieurs milliers de francs pour des bouquets d’abonnements à l’année. « Pour la bibliothèque de l’Université de Genève, cela représente plus de 4,5 millions de francs par année pour l’ensemble des ressources électroniques (journaux, livres, bases de données) », estime Jean-Blaise Claivaz, coordinateur open access et données de recherche à l’Université de Genève.
    Disruption illégale

    Ce marché figé a donné des idées à certains. En 2011, Alexandra Elbakyan, une chercheuse kazakhe, a créé Sci-Hub, une plateforme qui donne accès gratuitement – et illégalement – à plus de 70 millions d’articles scientifiques. Début 2016, 164 000 articles y étaient téléchargés chaque jour.

    « Actuellement, en Suisse, il n’est pas illégal de télécharger sur Sci-Hub, le téléchargeur n’est pas punissable, explique Jean-Blaize Claivaz. A l’Université de Genève, nous pourrions arrêter tous les abonnements et utiliser Sci-Hub. Ce n’est pas une position que l’université est prête à endosser mais nous ne pourrions pas être poursuivis. »

    Une autre façon légale de contourner les paywalls des éditeurs scientifiques est de chercher l’article dans les nombreuses archives numériques ouvertes des bibliothèques. Ces dernières contournent les abonnements en permettant aux chercheurs de verser leurs propres articles et de les rendre accessibles gratuitement – quoique en une version « brouillon » dépourvue des ultimes modifications apportées par les éditeurs avant publication. Mais faire sa bibliographie sur ces plateformes reste long et fastidieux, car il faut faire ses recherches sur chaque archive.

    C’est pour pallier ce problème que sont récemment apparus de nouveaux outils capables d’automatiser le processus, des sortes de moteurs de recherche qui vont simultanément interroger un grand nombre d’archives. Certains sont à visée commerciale (Kopernio, Anywhere Access), d’autres à but non lucratif (Open Access Button, Unpaywall). Si chacun possède ses particularités, le principe est le même : face à un paywall, ces outils (qui peuvent prendre la forme d’une extension de navigateur web) se chargent de trouver une version de l’article hébergée dans une archive ouverte, quelque part dans les méandres d’internet.
    Unpaywall mis en place à Genève

    Pour Jean-Blaize Claivaz, « le côté non lucratif d’Unpaywall et la présence dans son équipe de grands noms de la scène open access attirent la sympathie et une certaine confiance de la communauté scientifique. Ça lui donne un certain avantage face à ses concurrents. »

    La bibliothèque de l’Université de Genève a d’ailleurs récemment intégré un bouton Unpaywall à son système de recherche d’article scientifique. « Nous avons comparé l’accès avec et sans Unpaywall à l’Université de Genève et nous avons constaté que cette solution augmentait l’accès à la littérature scientifique en sciences de la vie d’environ 25% », ajoute-t-il.

    Les grandes entreprises du secteur voient plutôt d’un bon œil l’arrivée de ces petits acteurs qui s’inscrivent dans une position moins radicale que Sci-Hub, qui collectent des données monétisables et qu’il est possible de racheter pour mieux contrôler.

    Kopernio a été racheté en avril par Clarivate Analytics, entreprise peu connue du grand public mais propriétaire du Web of Science, rassemblement de sept grandes bases de données bibliographiques qui est derrière le calcul du fameux facteur d’impact des journaux. Fin juillet, Elsevier et Impactstory, la société éditrice d’Unpaywall, ont conclu un accord qui permet à l’éditeur d’intégrer Unpaywall dans sa propre base de données.

    Mais ces solutions demandent toutes de faire un effort d’installation et d’intégration. Malgré ses démêlés judiciaires et pour l’heure, Sci-Hub semble rester la solution la plus simple pour accéder à l’ensemble, ou presque, de la littérature scientifique.

    #sciences