• 5°C sonique
    http://www.radiopanik.org/emissions/emissions-speciales/premiere-fois-a-l-antenne

    Les élèves d’une classe de 5ème secondaire de l’Institut Sainte Dominique à Schaerbeek, en collaboration avec les Halles de Schaerbeek, prennent l’antenne pour vous présenter leur découvertes sonores bruxelloises. Du 12 au 16 novembre, ils se sont plongé dans l’univers infini du son, grâce à la rencontre d’acteurs artistiques et culturels du secteur, de la musique contemporaine au beatbox en passant par le mastering et le chant.

    Cette émission se veut la trace sonore de ces explorations et expérimentations.

    Projet mis en place par les Halles de Schaerbeek, avec la collaboration de Chloé Despax et de Radio Panik.

    Les artistes et structures intervenants durant la semaine : Fréderic Alstadt du studio Angstrom, Thierry Balasse de la Compagnie Inouïe, B-flow beatboxer et (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/emissions-speciales/premiere-fois-a-l-antenne_05707__1.mp3


  • Les formats traditionnels d’information réinventés sur Twitter, la communauté en plus | Meta-media | La révolution de l’information
    https://www.meta-media.fr/2018/11/06/les-formats-traditionnels-dinformation-reinventes-sur-twitter-la-communau

    Journalistes et producteurs s’inspirent des formats journalistiques traditionnels pour créer de nouveaux formats sur Twitter. L’objectif : sortir l’internaute de la torpeur du snacking pour l’inciter à prendre le temps de s’informer en profondeur. Un usage contre-intuitif de la plateforme qui revalorise l’échange de qualité. Décryptage.

    Le rôle des Threads

    #EMi #educationAuxMédias #medias #Twitter


  • N° 1378 - Proposition de loi de Mme Emmanuelle Anthoine relative au harcèlement scolaire
    http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion1378.asp

    N° 1378

    ___

    ASSEMBLÉE NATIONALE

    CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

    QUINZIÈME LÉGISLATURE

    Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 7 novembre 2018.

    PROPOSITION DE LOI

    relative au harcèlement scolaire,

    (Renvoyée à la commission des affaires culturelles et de l’éducation,
    à défaut de constitution d’une commission spéciale
    dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

    présentée par

    Mme Emmanuelle ANTHOINE, M. Bernard PERRUT,
    Mme Isabelle VALENTIN,

    et Mesdames et Messieurs

    Jean-Yves BONY, Dino CINIERI, Marie-Christine DALLOZ, Geneviève LEVY, Jean-Pierre DOOR, Jean-Marie SERMIER, Frédérique MEUNIER, Emmanuel MAQUET, Éric PAUGET, Vincent ROLLAND, Pierre VATIN, Damien ABAD, Martial SADDIER, Michel VIALAY, Virginie DUBY-MULLER, Brigitte KUSTER, Fabrice BRUN, Marc LE FUR, Maxime MINOT, Ian BOUCARD, Mansour KAMARDINE, Jean-Luc REITZER, Pierre-Henri DUMONT, Thibault BAZIN, Éric CIOTTI, Michel HERBILLON, David LORION, Pierre CORDIER, Marianne DUBOIS, Jean-Carles GRELIER, Éric DIARD, Annie GENEVARD, Sébastien LECLERC, Arnaud VIALA, Jean-Jacques GAULTIER, Laurent FURST,

    députés.

    EXPOSÉ DES MOTIFS

    Mesdames, Messieurs,

    Le harcèlement scolaire touche plus d’un jeune français sur 10, soit 750 000 enfants chaque année.

    Nous devons réagir ! Trop de jeunes, chaque année, mettent fin à leurs jours à cause d’une situation de harcèlement scolaire.

    Celui-ci se définit par la violence, les agressions régulières, verbales, physiques ou psychologiques. Les enfants sont insultés, bousculés, menacés, battus ou injuriés. Cette réalité insoutenable ne doit pas avoir sa place au sein de l’école de la République.

    C’est pour cela que nous formulons cette proposition de loi.

    Celle-ci prévoit en son article unique d’inscrire dans la loi une définition du harcèlement scolaire. En effet, celle-ci ne fait l’objet d’aucune définition formelle en l’état du droit.

    Cette définition, volontairement, ne réduit pas le cadre du harcèlement scolaire au périmètre de l’établissement pour tenir compte du caractère protéiforme que revêtent les agressions. Celles-ci sont de plus en plus présentes en ligne par l’intermédiaire des réseaux sociaux notamment. Il s’agit donc de cibler les atteintes perpétrées à l’encontre d’un camarade issu du même établissement scolaire.

    Les auteurs étant essentiellement mineurs, les faits de harcèlement scolaire se retrouvant plus souvent au collège ou en fin d’école primaire, il convient de créer un droit souple. C’est pour cette raison que nous proposons l’obligation de suivre un stage de sensibilisation au harcèlement scolaire. Celui-ci serait aux frais du contrevenant si ce dernier est majeur ou de ses représentants légaux en cas de minorité.

    PROPOSITION DE LOI

    Article unique

    La section 3 bis du chapitre II du titre II du livre II du code pénal est complétée par un article 222-33-2-3 ainsi rédigé :

    « Art. 222-33-2-3. – Le fait de harceler un élève au sein d’un établissement scolaire par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie scolaire se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est sanctionné par l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation au harcèlement scolaire aux frais du contrevenant. »

    #Harcèlement #Education

    • emmanuelle.anthoine@assemblee-nationale.fr

      Déclaration d’intérêts et d’activités déposée le 23/01/2018

      – Activité professionnel d’avocate 24 363 € en 2016
      Vice présidente du conseil départemental de la drôme 28 825 € en 2016
      – Maire adjointe d’Hauterives 6 176 € en 2016
      – Conseillère départementale au conseil départemental de la - Drôme 25 089 € en 2014 , 4 181 € en 2017.


    • L’analyse de Cathy O’Neil sur la puissance de destruction de certains algorithmes mal intentionnés vaut aussi dans le secteur de l’éducation. Aux Etats-Unis, les étudiants les plus pauvres se retrouvent ainsi inondés de pubs pour des facs de seconde catégorie, qui misent tout là-dessus pour remplir leurs amphis, quand les bonnes facs jouent plus de la réputation de leurs profs : « Apollo Group, maison mère de l’Université de Phoenix, a dépensé en 2010 plus de 1 milliard de dollars pour son marketing, focalisé presque entièrement sur le recrutement. Ce qui donnait 2 225 dollars par étudiant pour le marketing, et seulement 892 pour l’enseignement, raconte Cathy O’Neil. Un chiffre à comparer au Portland Community College, dans l’Oregon, qui dépense 5 953 dollars par étudiant pour l’enseignement et 185 pour le marketing ».

      #parcoursup ?



  • Education Is in the Crosshairs in Bolsonaro’s Brazil

    The president-elect seeks to ban from the classroom political opinions, debates, and any issues that could be construed as leftist.
    At universities across Brazil, the atmosphere may appear normal on the surface, but many are worried. “There is a climate of tension and of fear,” said Adriana D’Agostini, an education professor at the Santa Catarina Federal University (UFSC).


    https://www.thenation.com/article/brazil-bolsonaro-education-repression
    #Bolsonaro #Brésil #Freire #Paulo_Freire #censure #gauche #éducation #liberté_d'expression #université


  • Ingurgiter, trier, exclure. Des programmes intellectuellement
    indigents et socialement discriminants | Aggiornamento hist-geo

    https://aggiornamento.hypotheses.org/4220

    Le collectif Aggiornamento histoire-géographie a pris connaissance des nouveaux programmes d’histoire, de géographie et d’éducation morale et civique (EMC) pour le lycée, dans la version désormais soumise à la consultation des enseignant.e.s.

    Nous avions déjà relevé les angles morts de ces projets, et notamment l’absence totale, dans leur première version, de l’histoire de l’immigration et la présence indigente de l’histoire des femmes. Nous prenons acte de l’intégration in extremis de ces thèmes à la suite de la polémique médiatique qui a suivi notre alerte. Nous rappelons à ce propos le caractère indigne des allégations ministérielles qualifiant les textes provisoires rendus publics par le SNES de textes falsifiés et réaffirmons notre colère face à la procédure opaque et antidémocratique de rédaction des programmes[1] ; un autoritarisme et une verticalité jamais vus depuis que l’écriture des programmes a été décrétée comme une entreprise collective et ouverte aux demandes de la société, à savoir depuis plus d’un demi-siècle.

    #éducation #école #programme #enseignment


  • #Pakistan: Girls Deprived of Education. Barriers Include Underinvestment, Fees, Discrimination

    The Pakistan government is failing to educate a huge proportion of the country’s girls, Human Rights Watch said in a report released today.

    The 111-page report, “‘Shall I Feed My Daughter, or Educate Her?’: Barriers to Girls’ Education in Pakistan,” concludes that many girls simply have no access to education, including because of a shortage of government schools – especially for girls. Nearly 22.5 million of Pakistan’s children – in a country with a population of just over 200 million – are out of school, the majority of them girls. Thirty-two percent of primary school age girls are out of school in Pakistan, compared with 21 percent of boys. By ninth grade, only 13 percent of girls are still in school.

    https://www.hrw.org/news/2018/11/12/pakistan-girls-deprived-education
    #éducation #genre #filles #femmes #discriminations #inégalités #rapport #école


  • L’#Apartheid e oltre. L’esperienza delle #Legal_Aid_Clinics in Sudafrica

    Le Legal Aid Clinics in Sudafrica durante l’Apartheid furono uno spiraglio di luce nel naufragio dei diritti. Oggi svolgono il loro compito nella consapevolezza, segnata da Mandela, che l’arma più potente è l’educazione dei cittadini

    http://questionegiustizia.it/articolo/l-apartheid-e-oltre-l-esperienza-delle-legal-aid-clinics-in-sudaf
    #Afrique_du_sud #résistance #éducation



  • Un réseau de santé consacré aux troubles du sommeil (Réseau Morphée)
    http://reseau-morphee.fr

    Réseau de santé consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil

    #éducation #enfants #ressources #éducation_à_la_santé

    – Un site spécifique pour les jeunes :
    Le sommeil de 0 à 18 ans
    https://sommeilenfant.reseau-morphee.fr

    – Un livret à destination des adolescent·e·s
    LE SOMMEIL : mode d’emploi - À destination des jeunes et de leurs parents
    https://www.reseau-morphee.fr/wp-content/plugins/downloads-manager/upload/brochure_web-DEFINITIVE.pdf


  • Programmes : la consultation fantoche de JM Blanquer (Lucien Marboeuf, L’instit’humeurs)
    https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2018/11/10/programmes-la-consultation-fantoche-de-jm-blanquer.html

    Il y a par ailleurs quelque chose de particulièrement frappant, dans ces repères : l’extrême rigidité qui sous-tend l’organisation des apprentissages. […] Cette rigidité interdit de fait le travail concerté à l’intérieur d’un cycle en fonction des besoins des élèves, elle ne permet plus, par exemple, aux élèves qui ont du mal à entrer dans la lecture de poursuivre leur apprentissage en CE1 (on prédit un retour massif aux redoublements).
    Mais l’encadrement strict de l’organisation des apprentissages va encore plus loin. A de multiples reprises, les repères annuels se muent en repères périodiques.
    […]
    Quiconque a enseigné sait à quel point tout ceci n’a pas de sens : d’un quartier à l’autre, d’une école à l’autre, d’une classe à l’autre (on n’ose même plus dire d’un maitre à l’autre, d’une méthode à l’autre, dans l’école de JM Blanquer il n’y a qu’une méthode, qu’une façon de faire, qu’un maitre unique dupliqué à l’infini et exécutant des consignes dictées par le ministère) et surtout d’un enfant à l’autre, les besoins varient et nécessitent une réponse adaptée, personnalisée. De tels repères, imposant de façon autoritaire une avancée jalonnée à l’extrême, font fi non seulement de la liberté pédagogique mais, ce qui est autrement plus grave, de la diversité des profils d’élèves présents dans les classes de ce pays. Tant mieux pour les élèves qui suivent, tant pis pour les autres. Marche ou crève.

    #éducation #école #réforme_programmes #workforce_survey #liberté_pédagogique #progression_élèves


  • How New Startups Are Disrupting #education
    https://hackernoon.com/how-new-startups-are-disrupting-education-b16ad2de9905?source=rss----3a8

    Image credit: UnsplashFor the past decade, there were a lot of startups that disrupted education all over the world and made knowledge more accessible. It seemed that all major changes are made, and there is no room for significant improvements.However, the new generation of startups proving these claims wrong implementing new approaches that are fixing flaws that are still present in modern education and its processes.Delphia: choosing a college with the help of AIRepresenting 2018 Spring’s YC batch the Delphia #startup team is working on an AI tool that helps people make important life decisions, like choosing a college and major. High-school students are offered to take a 40-question survey, information then is processed by an AI which generates recommendations on what schools and (...)

    #disruption #disrupting-education #disrupt-education


  • Sciences économiques et sociales au lycée : une réforme idéologique (Pierre Merle, Libération)
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/08/sciences-economiques-et-sociales-au-lycee-une-reforme-ideologique_1690878

    Les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales évacuent tout simplement les principales questions sociales, environnementales et sociologiques. Comment cet enseignement permettra-t-il de comprendre le monde contemporain, condition de la démocratie ?
    […]
    Une inflexion centrale est la montée de la microéconomie caractérisée par une forte simplification des processus économiques. Corrélativement, sont délaissées les analyses macro-économiques consacrées aux questions qui intéressent le plus les élèves : le chômage, les inégalités, la fiscalité, etc.
    […]
    Les thématiques sociologiques sont tout autant réduites. Les catégories socioprofessionnelles, étudiées actuellement en classe de première, ne sont plus étudiées à ce niveau alors même que celles-ci sont indispensables à la connaissance du social, qu’il s’agisse des pratiques culturelles, du risque de chômage, des orientations politiques, de l’espérance de vie, des différences de revenus et de patrimoine, etc.
    […]
    Dans les nouveaux programmes de seconde et première, la place centrale de la microéconomie au détriment de la macroéconomie, ainsi que la place secondaire ou nulle accordée aux groupes sociaux et aux catégories socioprofessionnelles montrent un glissement de type politique.

    #éducation #lycée #réforme #SES #libéralisme

    On l’évoquait déjà à la fin de ce post : https://seenthis.net/messages/732666


  • Surenchère sécuritaire : et maintenant, vers la militarisation des établissements
    https://nantes.indymedia.org/articles/43477

    Les annonces du ministère du 30 octobre, qui faisaient suite à l’agression d’une enseignante à Créteil et à une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, allaient déjà loin dans la surenchère sécuritaire en mettant en avant la présence de policier-e-s dans les écoles.

    #Education #france


  • Que serait la société sans école jadis préconisée de façon provocatrice par Ivan Illich ? L’école doit-elle détenir le monopole de l’éducation ? What would be the society without a school that Ivan Illich advocated in a provocative way? Should the school have a monopoly on education?

    https://sms.hypotheses.org/14723

    #école, #school, #Illich, #société, #society, #social, #éducation, #education, #instruction, #carrière, #career, #apprentissage, #famille, #learning


  • Centenaire de 1918 : à l’école, le devoir de mémoire est une escroquerie mémorielle (B. Girard, Le Club de Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/041118/centenaire-de-1918-l-ecole-le-devoir-de-memoire-est-une-escroquerie-

    A l’image des quatre dernières années de commémoration scolaire autour de la Première guerre mondiale, les cérémonies du 11 novembre s’annoncent patriotiques et militaires. Avec cette confirmation : à l’école, l’hommage aux morts a sérieusement dérivé vers un hommage à la guerre et à ceux qui l’entretiennent.

    Et en complément :
    Indre : la Chanson de Craonne indésirable le 11 Novembre (La Nouvelle République)
    https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/la-chanson-de-craonne-indesirable-le-11-novembre

    #éducation #école #militarisme #patrie #histoire #devoir_de_mémoire #1918 #WW1 #itinérance_mémorielle


  • Des proviseurs se forment chez les gendarmes (Le Parisien)
    http://www.leparisien.fr/societe/des-proviseurs-se-forment-chez-les-gendarmes-06-11-2018-7936725.php

    Ce mardi, une quarantaine de chefs d’établissement du rectorat de Versailles a démarré un stage de gestion de crise dans un camp militaire.

    Enthousiastes, les 40 chefs d’établissement de collèges et lycées de l’académie de Versailles (Val-d’Oise, Yvelines, Hauts-de-Seine, Essonne), tous volontaires, se surprennent même à chanter pour se donner du cœur à l’ouvrage.
    […]
    Là, douche sur le palier avant d’entrer dans le vif du sujet : mise en situation de crise aiguë. Attentat, tuerie de masse, intrusion de parent virulent, élève violent…
    […]
    Puis extinction des feux. Jusqu’au lever des couleurs, à 7h30 dans la cour.

    #éducation #formation #école_du_XXIème_siècle #clairon


  • La crise de la société moderne
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?55-la-crise-de-la-societe-moderne

    Ce texte fait partie de la brochure n°9 « Crises économique, politique, sociale, anthropologique ». Il est possible de la télécharger dans la rubrique brochures. #Conférence donnée en mai 1965 à Tunbridge Wells (Kent) devant des camarades et des sympathisants de Solidarity et publiée, sous forme ronéotypée, par Solidarity en 1966. Traduit de l’anglais par l’auteur. Repris dans « Capitalisme moderne et révolution, T2 », ed. 10/18, 1979, pp. 293 - 316. Repris aujourd’hui dans « Quelle démocratie ? Tome 1 (...)

    #Crises_économique,_sociale,_politique

    / #Anthropologie, Castoriadis C., #Histoire, #Psycho-sociologie, #Mai_68, #Insignifiance, #Éducation, Conférence, #Travail, #Apathie, (...)

    #Castoriadis_C. #Science


    • Entre les années 2004 et 2014, le nombre de ressortissants non tunisiens résidant en Tunisie a évolué de 66%, passant de 35192 à 53490 personnes. Cela exclut toutefois les plus de 10’000 migrants subsahariens en situation irrégulière qui vivraient dans le pays et pour lesquels aucune statistique fiable et à jour n’est disponible, révèle la source.
      En réponse au manque d’informations sur la migration de l’Afrique subsaharienne vers la Tunisie et ses dynamiques les plus récentes, REACH et Mercy Corps ont voulu creuser la question et ont collecté entre le 9 août et le 2 septembre 2018 des données auprès des trois principaux centres de migration en Tunisie pour les migrants subsahariens à savoir Tunis, Sfax et Medenine.

      Chiffres à retenir :
      – Plus de 83% d’entre eux ont prévu de se rendre vers la Tunisie dès leur départ
      – Environ 14% entre d’eux sont motivés par les facilités de #visas
      – 1/3 des migrants subsahariens considèrent la Tunisie comme étant un tremplin
      – 1/3 des travailleurs subsahariens estime trouver des #emplois plus attractifs que dans leur pays d’origine
      – Près de la moitié des #étudiants subsahariens estiment que l’#éducation est de qualité
      – Ils sont peu nombreux ceux qui ont l’intention de rejoindre l’Europe clandestinement
      – Plus de 90% des interrogés sont venus en Tunisie par avion
      – 50% ont décidé de résider sur le Grand #Tunis
      – 3/4 des migrants subsahariens ont des difficultés d’accès au #permis_de_séjour
      – La majorité des migrants subsahariens envisagent de rester en Tunisie

      #pays_de_destination #pays_de_transit #migrations #statistiques #chiffres #travail

      Ces chiffres servent aussi à relativiser les #préjugés sur la #ruée_vers_l'Europe (v. notamment ici la référence au livre de #Stéphen_Smith : https://seenthis.net/messages/673774), l’#invasion et l’ #afflux...


  • #Framinetest Edu, et maintenant ?
    https://framablog.org/2018/11/03/framinetest-edu-et-maintenant

    Deux ans après son lancement, il est temps de dresser un premier bilan de l’aventure Framinetest. Souvenez-vous, le jour de la rentrée des enseignants, septembre 2016, nous écrivions ceci : « Le Framachin de la rentrée est un jeu… Sérieux. » en … Lire la suite­­

    #Contributopia #Éducation #Libres_Logiciels #Communaute


  • Violences à l’école : « Les élèves ont intégré l’idée qu’on ne peut rien faire contre eux », estime Luc Ferry (Europe1)
    http://www.europe1.fr/societe/violences-a-lecole-les-eleves-ont-integre-lidee-quon-ne-peut-rien-faire-cont

    Certes.
    Mais on peut aussi penser que les élèves ont intégré l’idée qu’on ne peut rien faire pour eux.

    Vu du terrain, la question de se doter de sanctions efficaces est essentielle parce que nous, enseignant·e·s, n’y arrivons plus :
    – au quotidien, les outils de recadrage ne fonctionnent plus et nous nous épuisons à une gestion de classe qui finit par devenir notre objectif principal de la journée au détriment des apprentissages ;
    – nous sommes confronté·e·s, souvent sans recours, à une violence, que nous percevons comme grandissante, de la part des élèves, de la part des familles ;
    – nous ne sommes pas suffisamment soutenu·e·s par notre hiérarchie, à cause de #PasDeVagues, à cause des indicateurs statistiques qu’il faut préserver, mais aussi parce qu’en définitive la hiérarchie non plus ne saurait comment faire : la question de la sanction est un impensé du ministère. Ainsi la réponse gouvernementale, après avoir été retardée faute de solutions disponibles, accouche d’un mélange de procédures bureaucratiques et de punitions déjà reconnues inefficaces au siècle dernier.

    Par contre, la phrase de Luc Ferry révèle la violence des « réacpublicains » seulement capables de penser contre, la violence de leur idéologie réduite au "eux" contre "nous", la violence, en définitive, de leur vision de l’éducation.
    Car non, on ne peut éduquer contre, on ne peut enseigner contre, on ne peut pas même sanctionner contre. Car pour que la sanction soit comprise et ait un effet, il faut sanctionner pour. Pour poser une limite qui fait sens, pour tenir un cadre qui permet de (se) construire, pour permettre une socialisation de chacun·e qui ne soit pas juste un rapport de force, bref pour, au-delà des mots et des principes, une mise en actes de nos valeurs.

    Le retournement de la phrase de Luc Ferry révèle, elle, la violence de notre système scolaire qui, en dépit des efforts professionnels d’une partie des enseignant·e·s, trie, hiérarchise, sélectionne, crée de l’échec. La violence d’un système scolaire qui, d’après les études internationales, est un des plus inégalitaires du monde.
    La violence de la duplicité des politiques éducatives et de la parole qui les porte, auxquelles Luc Ferry a grandement participé, dont J.-M. Blanquer est l’aboutissement. Une parole qui dit « École de la bienveillance » quand l’ensemble du système, depuis les comités d’expert·e·s jusqu’aux enseignant·e·s de terrain, est en voie de caporalisation. Une parole qui martèle depuis des décennies son objectif de « réussite de tous » quand notre système scolaire est le champion de la reproduction sociale, orientant peu à peu les élèves vers l’idée que tout cela n’est pas pour elles·eux. Une parole qui ne tient pas ses promesses lorsqu’elle psalmodie « bienveillance, coopération, respect » alors que la société, et notamment le monde-du-Travail qui semble en être devenu la finalité première, fonctionne exactement à l’inverse : concurrence, individualisme, exclusion.
    Qui pense encore que les établissements scolaires pourraient être des lieux hors-la-société où les élèves pourraient, sous l’autorité bienveillante de leurs enseignant·e·s, s’approprier et faire vivre les valeurs inversées de celles qui ont, passé le portail, construit ces mêmes élèves ? Qui ça étonne encore ? La violence d’un système scolaire qui sous le masque de l’égalitarisme républicain n’est que le sas d’entrée d’une société individualiste, néolibérale et discriminatoire.

    Oui, la question de sanctions efficaces doit être repensée et réactivée dans nos établissements car la violence des élèves envers les enseignant·e·s ou envers leurs camarades est injustifiable, inacceptable, insupportable.
    Et nous, enseignant·e·s, en première ligne, bien souvent, du délitement social, n’en pouvons plus.
    Mais rien ne sera efficace, ni dans nos classes ni dans la société, si nous faisons semblant d’oublier que la violence politique et sociale est première.

    #éducation #violence #injonction_paradoxale

    • Les profs de ma fille soulignaient que les classes étaient plus ou moins « faciles » en fonction de la motivation des élèves.
      Elle est dans une classe contingentée, ce qui signifie que l’accès à cette classe s’est fait sur dossier, en prenant les meilleurs élèves. Les profs adorent cette classe : 35 élèves bien tassés, mais 0 problème. La plupart des jeunes viennent de loin, sont pensionnaires et se lèvent à des heures impossibles le lundi matin pour venir en classe.
      Ils ont parlé des inévitables « classes à problèmes » : en gros, les classes par défaut où l’on met les élèves qui n’ont pas de bons résultats, mais qu’on ne peut pas encore mettre dehors. Bizarrement, les élèves de ces classes foutent la merde, sont en guerre ouverte contre l’institution et tous ses représentants.

      Normal, non : tout le monde leur a bien fait comprendre qu’ils étaient des boulets et qu’ils étaient là, sur une voie de garage qui va nulle part, en tout pas vers des choses intéressantes, en attendant de pouvoir les pousser vers la porte.

      Et il y a des gens qui s’étonnent de la violence de ces jeunes. Ce qui m’étonnent, moi, c’est qu’ils ne soient pas plus en colère.

      Dans le collège de ma fille, une grande partie des élèves de troisième vivotaient en attendant d’avoir l’âge d’entrer en apprentissage. En gros, ils savaient (et on leur avait bien fait comprendre, une fois de plus) que les enseignements qu’ils subissaient n’allaient leur servir rigoureusement à rien.
      Le cours le plus bordélique était celui d’anglais : la majorité des gosses savaient qu’ils ne partiraient jamais du bled, que leur horizon, c’est les vignes ou les canards. Seuls les plus chanceux et les plus motivés pourront peut-être être ouvriers sur les machines à commandes numériques qui sous-traitent pour l’aéronautique régionale, avec le SMIC + panier repas comme perspective de carrière.

      Alors l’anglais…


  • L’Éducation Nationale et l’“esprit Start-Up” : vers une nation de (micro-)entrepreneurs !

    Au niveau du Ministère
    Le Ministère a inauguré en juin dernier le 110 bis, le lab d’innovation de l’éducation nationale, un « programme d’innovation de l’éducation nationale ».

    Source : 110 bis : programme de l’inauguration du lab d’innovation de l’éducation nationale (Ministère de l’Éducation nationale)
    http://www.education.gouv.fr/110bislab/cid131006/110-bis-programme-de-l-inauguration-du-lab-d-innovation-de-l-educatio

    Dans sa description, par une sorte de retournement absurde du en même temps, le "lieu" se défend cependant d’être un simple incubateur de startups tout en avouant l’être quand même :

    Le 110 bis, c’est :
    – un « bis-lieu » : il fait partie intégrante du ministère de l’Éducation nationale mais on y fait autrement ;
    – un écosystème apprenant : les acteurs qui gravitent autour s’enrichissent mutuellement et nourrissent le 110 bis de leurs productions ;
    – un cadre neutre d’échanges horizontaux : les échanges se font dans un esprit d’ouverture et de bienveillance, toutes les idées peuvent y être exprimées ;
    – un commun : tous les usagers et partenaires du 110 bis sont à la fois dépositaires et bénéficiaires des ressources et des services du 110 bis.
    Le 110 bis, ce n’est pas :
    – un espace pour faire des réunions dans un cadre moderne mais un ensemble de ressources facilitant le travail collaboratif ;
    – une vitrine dédiée au numérique et aux nouvelles technologies : les innovations sociales, organisationnelles, de services, etc. y ont aussi toute leur place ;
    – un objet figé répondant à une description unique mais une gamme de ressources et services (compétences, équipements, financements, etc.) en constante évolution ;
    – un « fablab », un laboratoire de recherche, un incubateur, un accélérateur de startups, un espace de coworking, etc. mais sans doute un peu tout ça à la fois.
    Source : Bienvenue au 110 bis, le lab d’innovation de l’éducation nationale (Ministère de l’Éducation nationale)
    http://www.education.gouv.fr/110bislab/pid37871/bienvenue-au-110-bis-le-lab-d-innovation-de-l-education-nationale.htm

    Pour les enseignant·e·s
    Connaissiez-vous le site beta.gouv.fr ? Il a tout - jusqu’au nom - du canular, mais semble réel. Ce site porte start-ups et incubateurs, définis ainsi sous le vocable de produits :

    Le portefeuille de Startup d’État
    Une Startup d’État est un service public sans personnalité juridique propre, constituée d’une petite équipe totalement autonome.
    Elle est financée par une administration porteuse qui lui garantit un espace de liberté pour innover.
    Elle naît de l’identification d’un problème rencontré par les citoyens comme par les agents publics, qu’elle se donne pour objectif de résoudre grâce à un service numérique.
    66 Startups d’État incubées dans 6 incubateurs, 21 sorties d’incubation, dont 9 abandonnées.
    Source : https://beta.gouv.fr/startups

    Or, l’une des startups d’État concerne le dispositif des CP dédoublés, dispositif phare du Ministre et du gouvernement en terme d’éducation. Son objectif est de « Faciliter le passage en classe à 12 pour les enseignants et maximiser la valeur de ce dispositif pour les élèves ». A priori, il s’agit d’une banque de ressources pédagogiques, pour la plupart assez classiques sous forme de tutos vidéos produits par les enseignant·e·s eux·elles-mêmes, adossée à un compte Twitter (ou l’inverse ?).

    Source : Classes à 12 (Startup d’État)
    https://beta.gouv.fr/startup/classes12.html

    Et surtout… pour les élèves

    Des événements et des dispositifs doivent permettre aux enseignant·e·s de diffuser l’esprit Start’Up auprès des élèves du second degré. Ainsi l’opération “Option Startup” (octobre 2018) est présentée comme suit :

    Option Startup est l’événement de la rentrée à destination des collégiens et lycéens. […] [Il] permettra à plus de 15 000 jeunes partout en France de découvrir avec leurs enseignants des lieux d’innovation, des startups, des profils d’entrepreneurs et des métiers, peu, voire pas connus à fort potentiel de recrutement.
    Durant 4 jours, les classes sont invitées à se rendre avec leurs enseignants, dans l’un des 300 sites d’innovation et startups participants (incubateurs, startups, pépinières d’entreprises, accélérateurs, fablabs, espace de coworking, tiers lieux) pour vivre au travers de rencontres interactives, de démonstrations et d’ateliers pratiques, 600 programmes de découverte autour de 24 thématiques.
    Source : https://www.optionstartup.fr/presentation

    En suivant ces événements, le dispositif Start’up Lycée peut se déployer (cf. http://www.startuplycee.fr). L’équivalent pour les collégiens semblent avoir été envisagé (cf. http://cache.media.education.gouv.fr/file/Decouvrir_le_monde_socio_eco/05/2/Fiche_action_StartUp-College,_Startup-Lycee_Presentation_), mais ne semble pas encore exister concrètement.

    Dans le même esprit, il semblerait que les lycéen·ne·s, notamment des voies technologiques et professionnelles, soient engagé·e·s à donner à la vie lycéenne la forme de micro-entreprises, là où le modèle était jusqu’à maintenant celui du club ou de l’association. Des collègues en témoignent, quelques traces peuvent être trouvées sur des sites institutionnels locaux (établissements, académies), mais étonnamment je n’ai trouvé aucun document officiel cadrant ce volontarisme ministériel.
    Le plupart des créations de micro-entreprises lycéennes semblent être reliées au programme “Entreprendre pour apprendre (EPA France)”.
    Cf. http://www.entreprendre-pour-apprendre.fr

    Tout cela est à rapprocher de la montée en puissance depuis plus de 20 ans d’opérations, de fondations et d’initiatives ministérielles visant à “rapprocher l’école de l’entreprise”.
    Exemples :
    – un dispositif : « Faites de l’entreprise » proposé par une antenne régionale de la CGPME
    http://www.ac-lyon.fr/cid94555/-faites-de-l-entreprise-rapprocher-l-ecole-et-l-entreprise.html
    – des opérations de sensibilisation : “Semaine École-Entreprise” (novembre 2018)
    http://www.education.gouv.fr/cid56498/semaine-ecole-entreprise.html
    – des ressources ministérielles : “Éducation - Économie : rapprocher l’École et le monde économique”
    http://www.education.gouv.fr/pid30800/education-economie-rapprocher-ecole-monde-economique.html
    – la mise en place d’un conseil ad-hoc : “Le conseil national éducation-économie”
    http://www.cnee.fr
    – Un Centre d’Etudes et de Recherches sur les Partenariats avec les Entreprises et les Professions (Cerpep) proposant aux enseignant·e·s de courts stages en entreprise
    http://eduscol.education.fr/pid31533/le-cerpep-c%C5%93ur-relation-education-economie.html
    – Etc.

    Difficile de ne pas faire le lien avec les réformes en cours de l’enseignement des Sciences Économiques et Sociales :

    Adieu classes sociales et enjeux contemporains ! Reçue par le Conseil supérieur des programmes, l’Association des professeurs de SES (Apses) a du se contenter d’une présentation orale des futurs programmes. Les nouveaux programmes opèrent un net recadrage des contenus enseignés dans le sens d’un renforcement de la micro-économie et de la nette séparation entre économie et sociologie, bloquant tous débats de société.
    Source : Les nouveaux programmes aseptisés de SES dévoilés par l’Apses (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/10/09102018Article636746666141069559.aspx

    #éducation #économie #SES #entreprise #startup


  • Crainte et vanité ? La soumission des universitaires à la gestion néolibérale

    En 2014, Yves Dupont, socioanthropologue spécialiste du monde rural, a publié un essai qui mérite à nos yeux d’être présenté sous forme de tribune. Son questionnement essentiel est le suivant : comment se fait-il que les universitaires, disposant pourtant des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister aux sirènes néolibérales, acceptent presque silencieusement de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’Université française, c’est-à-dire à une logique basée sur la #productivité et la #rentabilité contrôlées par des procédures normées et des indicateurs chiffrés de #performance.

    Autrement dit, comment se fait-il que les chercheurs consacrent de moins en moins de temps à des questions proprement scientifiques et de plus en plus à la rédaction de « #projets » dont beaucoup n’aboutissent jamais ? Comment se fait-il que les assemblées générales de laboratoire s’éternisent souvent en brainstormings d’agence de communication à la recherche de la meilleure rhétorique pour s’inscrire dans des réseaux, des structures, des axes, des appels ? Comment se fait-il que ceux qui hier étaient voués à critiquer, au sens noble, les innovations rutilantes de la modernité se présentent aujourd’hui comme de simples accompagnateurs du changement social ?

    On l’aura compris, L’Université en miettes est un essai qui prend pour point de départ le constat négatif de la #libéralisation et de la gestionnarisation du modèle universitaire français : diminution des fonds fixes et développement du #financement_par_projets, multiplication des instances de décision et d’#évaluation, dissociation et opposition de l’enseignement et de la recherche, soumission à des impératifs chiffrables d’inscription pour les uns et de publications pour les autres… Ces restructurations sont en effet peu compatibles avec la poursuite des manières d’enseigner et de « faire de la science » telles qu’elles pouvaient exister jusqu’ici. Le recul critique ou les temporalités longues nécessaires à l’#éducation ou à la #recherche fondamentale sont, par exemple, directement opposés aux impératifs de rentabilité et d’#utilité immédiates.

    Si tout ceci est bien connu et documenté, l’originalité de l’ouvrage d’Yves Dupont repose plus particulièrement sur le parallèle entre ce processus de disparition d’une « #université_humaniste » au profit d’une « #université_néolibérale » et la destruction de la paysannerie par le modèle productiviste et l’économie capitaliste.

    De cette comparaison que nous allons développer émerge une réflexion qui ne serait qu’une boutade si elle n’avait pas, dans le quotidien de l’université, une puissance explicative troublante : c’est la peur de la mort qui pousse les universitaires à une #servitude volontaire face à l’idéologie néolibérale. Nous parlons bien sûr ici d’une peur de la #mort_symbolique, d’une #insécurité névrotique qui se transforme en pulsion de puissance : désir de reconnaissance, désir de jouissance, narcissisme, admiration immature de figures mythiques (grandes revues, pontes, et aujourd’hui critères d’évaluation des publications ou labels d’excellence), et tous les avatars de l’hubris, cette ambition démesurée par laquelle les humains cherchent vainement à s’éloigner de leur propre finitude.

    https://sms.hypotheses.org/8471
    #université #fac #néolibéralisme #gestion_néolibérale #restructuration #science

    • Sciences humaines : les jeunes chercheurs à l’épreuve du néolibéralisme académique

      La recherche en #sciences_sociales n’échappe pas à la logique de marché, où la compétition accroît les #inégalités et encourage le #conformisme. Un danger pour les doctorants, de plus en plus précaires, et pour l’université elle-même, en tant qu’institution.

      Les sciences humaines et sociales sont essentielles à une société. Elles permettent de trouver des réponses aux questions qui surviennent sans cesse, de régénérer les savoirs, d’assurer leur transmission, d’en garder la mémoire. Cependant, nous assistons à une dévalorisation progressive de ce champ du savoir, avec des conséquences néfastes à long terme. L’effectif des #doctorants est en baisse continue depuis dix ans, avec -21% de doctorants en sciences de la société et -13% en sciences humaines et humanités. Il se trouve que ce sont également les disciplines les moins financées. Une majorité écrasante de doctorants (70%) ne bénéficie pas d’un contrat doctoral les reliant à l’institution à laquelle ils appartiennent.

      Ces jeunes chercheurs doivent acheter le temps consacré à leurs thèses par le biais d’un autre travail. Ils ne travaillent plus pour s’assurer une existence, mais pour pouvoir travailler. Ils sont, en dehors des laboratoires, des amphithéâtres et des colloques, serveurs, surveillants de lycée, bibliothécaires, baby-sitters, enseignants à domicile, guides touristiques. Plus tragique encore, 10% des doctorants, toute disciplines confondues, n’ont aucune activité rémunérée. Il s’agit de presque 7 500 jeunes chercheurs en France.

      Les doctorants et le #travail_gratuit

      Ce que les statistiques ignorent c’est l’immensité de chaque monde individuel. Ce type de travail « à côté » empêche toute projection vers le futur, car il est sans lien avec la recherche. Les études sociologiques lui opposent le #travail_d’anticipation. Mais les jeunes chercheurs s’inscrivant dans cette dernière catégorie n’ont pas un meilleur sort. A titre d’exemple, ceux qui assurent une charge de cours à l’université en tant que #vacataires sont payés à l’heure, pour un salaire annuel qui équivaut, dans le meilleur des cas, à deux ou trois mois de smic. Même dans ce dernier cas, il arrive trop souvent qu’on ne leur fasse pas signer de contrat. Ils se voient ainsi dans l’impossibilité de fournir une preuve formelle quant à la réalité de leur travail. Ils ne peuvent enseigner qu’à titre secondaire et sont obligés d’avoir un emploi « principal ». Ils cumulent ainsi trois activités professionnelles : le travail de recherche (gratuit), l’enseignement (deux ou trois mois de smic par an) et un emploi principal (précaire).

      Cette situation est permise par le flou dans les textes de loi concernant le #doctorat. D’un côté, les jeunes chercheurs sont considérés comme des étudiants, de l’autre le doctorat est reconnu comme étant une expérience professionnelle. C’est le détail qui ouvre la voie royale vers la précarité. Ce qui est particulier à la situation des doctorants c’est que l’écart entre l’âge social et l’âge biologique est très important. Non seulement ils ne bénéficient plus d’aucun avantage « jeune » (bourses sur critères sociaux, logements, réductions), mais ce statut les exclut également de la plupart des #droits_sociaux. Si les #contractuels sont considérés comme des salariés, par rapport à un même type de travail de recherche les non-contractuels sont des étudiants. Autrement dit, leur travail est gratuit et bénévole.

      Le travail d’un doctorant n’est pas uniquement un investissement de forces et ressources personnelles dans une activité par le biais de laquelle il ou elle se réalise individuellement, il est également une réalisation collective. C’est l’université elle-même, en tant qu’institution, qui se réalise à travers son travail. Un exemple concret concerne ce que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation appelle la « #production_scientifique ». Quand on évalue la #performance d’une université, on regarde le nombre de #publications. Combien d’articles ont été écrits par des jeunes chercheurs-étudiants et combien le seront encore ?

      La reproduction des inégalités

      La recherche est aujourd’hui évaluée en termes de production et de #performance. Dans cette logique de #capitalisme_académique, le doctorant doit terminer sa thèse le plus rapidement possible et être productif. Plus il s’attarde sur son doctorat, moins il publie, plus il se dirige vers les marges du système. Mais sa production et sa performance sont conditionnées par les ressources disponibles, ce qui trace un premier cercle vicieux. Indifféremment du contenu de la thèse, des arguments défendus dans le travail de recherche ou de la qualité de ce travail, dans ce type de système il n’y a « pas de vérité sans argent », comme le notait déjà Lyotard dans la Condition postmoderne. Ceux qui ont eu des ressources auront raison de leur vérité car elle pèsera plus sur le marché du travail et sur le marché des biens symboliques, tandis que le précariat verra ses vérités diminuées par ce même marché.

      De nombreuses études indiquent que l’accès aux ressources dépend des éléments comme l’origine sociale, la nationalité ou le sexe. En France, presque la moitié des doctorants (41%) est de nationalité étrangère. Une diversité qui pourrait entraîner une immense effervescence intellectuelle. Mais ils sont encore plus touchés par la précarité et ont bien moins de chances de se voir attribuer un contrat. Les raisons sont multiples : absence de capital social, manque de familiarité au régime des concours, rareté des ressources. En ce qui concerne la parité dans la recherche, en 2015, les femmes représentaient 27% des chercheurs. Quand les ressources sont rares, on favorise les acteurs qui savent se plier au mieux au savoir et à l’ordre dominant. Dans une logique de marché, la compétition accroît les inégalités et encourage le conformisme. L’université, au lieu de se régénérer en permanence en permettant l’invention, le renouveau et les divergences critiques, se pétrifie.

      Les sciences humaines et sociales ont un rôle primordial dans une société démocratique. Elles pensent le progrès et empêchent les dérives. Elles sont les garants d’un équilibre sain entre des forces critiques contraires. Elles sont l’expression même de la démocratie et le révélateur de l’état de santé d’une société. La précarité dans les sciences humaines et sociales atteint gravement à cet équilibre présent et futur. La contractualisation à terme de tous les jeunes chercheurs est l’unique mesure capable de diminuer les inégalités causées et perpétuées par le sous-financement dans ces disciplines. Quand l’université repose sur un travail gratuit, invisible, aliéné, ce sont ses propres forces qu’elle s’aliène.

      https://www.liberation.fr/debats/2018/11/02/sciences-humaines-les-jeunes-chercheurs-a-l-epreuve-du-neoliberalisme-aca

      #précarité #précarisation


  • Jean-Michel Blanquer, le plus macroniste des ministres (Revue de presse)

    Comme nous l’indiquions précédemment, le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer est jusqu’à présent le bon élève du gouvernement : il porte, en idéologue et sans faiblir des réformes essentielles dans un domaine qui ne l’est pas moins, applique avec soin les méthodes ultra-libérales et le bréviaire macronien, et communique habilement, ce qui fait de lui un des ministres les plus populaires.
    Cf. https://seenthis.net/messages/726234

    La rentrée est néanmoins chargée en polémiques :
    – Réforme du lycée, du baccalauréat et du lycée professionnel
    – Réforme d’instances participant à la gouvernance du ministère (CSP, CNESCO)
    – Réforme de l’organisation territoriale et des modes de recrutement des recteurs
    – Mise en place des évaluations nationales
    – Annonce de la réforme de la formation initiale et continue avec la disparition des ESPÉ qui avait remplacé les IUFM
    – Vote de la première "Loi Blanquer", alors qu’il avait promis qu’il n’y en aurait pas, et qui est accusé de contenir en outre quelques cavaliers législatifs et des cadeaux à l’enseignement privé
    et en même temps, l’agenda de destruction du service public du gouvernement s’applique notamment aux enseignant·e·s : réforme du statut des fonctionnaires et réduction de leur nombre (donc précarisation et suppressions de postes).

    Du coup, le vrai visage éducatif du gouvernement commence à apparaître, à l’image de la Macronie il est : autoritaire, vertical, idéologisé jusqu’au sectarisme, ultra-libéral, anti-social et inégalitaire… revue de presse.

    – « Jean-Michel Blanquer est bien en train de bouleverser notre modèle éducatif » (Tribune collective, Le Monde)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/12/jean-michel-blanquer-est-bien-en-train-de-bouleverser-notre-modele-educatif_
    – Education : Blanquer, saison 2 (Philippe Watrelot, Alternatives Économiques)
    https://www.alternatives-economiques.fr/education-blanquer-saison-2/00086586
    – L’Éducation nationale est-elle gouvernée par des despotes ? (Louise Tourret, Slate)
    http://www.slate.fr/story/168293/education-nationale-avenir-ecole-reformes-gouvernance-absence-debat-ministere
    – Rue de Grenelle, les signes d’une gouvernance dirigiste et autoritaire s’accumulent (Lucien Marbœuf, Blog L’Instit’humeurs)
    https://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2018/10/07/rue-de-grenelle-les-signes-dune-gouvernance-dirigiste-et-autoritai
    – Démissions et critiques en série : que se passe-t-il au Conseil supérieur des programmes ? (Fabien Magnenou, France Info)
    https://www.francetvinfo.fr/societe/education/demissions-et-critiques-en-serie-que-se-passe-t-il-au-conseil-superieur
    – Quelques arnaques de Blanquer et de son projet de loi (Claude Lelièvre, Blog)
    https://blogs.mediapart.fr/claude-lelievre/blog/151018/quelques-arnaques-de-blanquer-et-de-son-projet-de-loi
    – Lycée Blanquer : le grand bond en arrière (Philippe Boursier, Fondation Copernic)
    http://www.fondation-copernic.org/index.php/2018/10/24/lycee-blanquer-le-grand-bond-en-arriere

    #éducation #réformes #JeanMichelBlanquer