• AASH : un nouveau métier face à la pénurie d’AESH et d’animateurs
    https://www.lagazettedescommunes.com/club-rh/aash-un-nouveau-metier-face-a-la-penurie-daesh-et-danimateurs.
    https://www.lagazettedescommunes.com/resizer/v2/VNWOCRAXENGVHJ36SL4KYPFKD4.jpg?smart=true&auth=d63f61ed4797eed

    Contrats précaires, temps partiel : les métiers d’animateur du périscolaire et d’accompagnant d’enfant en situation de handicap (#AESH) sont en tension. En 2024, la direction académique des Hauts-de-Seine, France Travail et le Greta (*) des Hauts-de-Seine ont donc imaginé former des demandeurs d’emploi aux compétences nécessaires à ces deux champs professionnels.

    Cela a permis de leur proposer deux contrats : 24 heures avec l’#Éducation_nationale pour accompagner individuellement des enfants en situation de handicap en classe, et 11 heures avec l’une des deux #villes des Hauts-de-Seine partenaires, Châtenay-Malabry (700 agents) et Asnières-sur-Seine (1400 agents), pour être animateur sur le temps de cantine, le mercredi et durant les vacances scolaires.

    Des employeurs publics qui collectivisent la gestion de leur cheptel d’employé.es précaires, ça permet d’approcher le SMIC mensuel. Un modèle.

    #animateurs_périscolaires

  • À qui profite la prolifération des « start-up » dans l’Éducation nationale ?
    https://lvsl.fr/a-qui-profite-la-proliferation-des-start-up-dans-leducation-nationale

    Avec l’adoption du budget 2026, ce sont 4032 postes d’enseignants qui ont été supprimés. Dans un contexte assumé de réduction budgétaire, l’Education Nationale figure parmi les ministères touchés par les arbitrages gouvernementaux. Mais un secteur se porte très bien : celui des start-up spécialisées dans l’enseignement. Elles s’appellent Projet Voltaire, Spicee, Edumalin, ou encore Sondo. Si leur utilité demande encore à être démontrée, elles bénéficient de subventions massives. Et une nébuleuse d’acteurs, oscillant entre le Ministère de l’Education nationale et cette nébuleuse privée, en fait désormais la promotion. Au risque de conflits d’intérêts, masqués par un discours technophile ?

    #Société #Education_nationale #Start-ups

  • Santé mentale des jeunes : « On est dans une société qui mange ses enfants »
    https://www.liberation.fr/societe/sante/sante-mentale-des-jeunes-on-est-dans-une-societe-qui-mange-ses-enfants-20

    Après avoir décidé d’estampiller « France Santé » des maisons de santé existantes pour donner l’impression d’augmenter l’#accès_aux_soins, Stéphanie Rist, ministre de la #Santé, a annoncé le 2 juin la relance de la « grande cause nationale » qu’était censée représenter la santé mentale… en 2025. Avec, entre autres, un dispositif prétendument novateur, non pas un nouveau numéro vert pomme, mais un système de « coupe-file » pour déclencher une prise en charge sous quarante-huit heures par un psychologue, un psychiatre ou un pédopsychiatre si un membre du personnel de l’#Education_nationale considère qu’un élève pourrait devenir dangereux pour lui-même ou ses camarades. Le moins qu’on puisse dire est que, sur le terrain, les professionnels sont partagés entre l’incompréhension et la consternation.

    Marie Langlois est psychoclinicienne : « Ce qui m’interpelle, au niveau du dispositif, c’est l’idée que c’est la régulation du Samu qui va être chargée de contacter les psys. J’ai participé à Rouen à l’ouverture du 31 14, numéro d’appel pour gérer les crises suicidaires, et les écoutants, infirmiers en psychiatrie, ou psychologues, sont spécifiquement formés, connaissent le réseau local, savent comment orienter. Ce sont des prises en charge téléphoniques assez longues, complexes, pas un travail de secrétariat téléphonique à pratiquer en urgence, d’autant qu’en aval les centres médico-psychologiques sont blindés, les #psychiatres surchargés. Ça sent vraiment l’effet d’annonce pour paraître novateur, sans jamais sécuriser voire renforcer l’existant. »

    Thierry Baubet, pédopsychiatre, ne décolère pas : « Le terme même de coupe-file est choquant, car qu’est-ce qu’un coupe-file sinon un passe-droit ? En pédopsychiatrie, tous les enfants qu’on reçoit ont besoin de #soins, d’un suivi à long terme, ce n’est pas du superflu, de l’occupationnel… Or que nous demande-t-on là, d’annuler des prises en charge, de les repousser, dans le but de traiter des cas considérés comme plus graves par l’école ? L’évaluation de l’urgence à consulter doit être faite par des gens formés, pas par l’Education nationale qui déciderait que le comportement perturbateur d’un élève nécessite un coupe-file, d’autant que souvent les enfants qui vont mal, qui s’enfoncent dans un épisode délirant, une schizophrénie, sont peu expansifs et ne seront pas remarqués. Et la représentation que semble avoir la ministre de la prise en charge psychiatrique de ces adolescents se réduit à une consultation en urgence, alors qu’en fait il s’agit de prises en charge longues, nécessitant de laisser mûrir une alliance entre le thérapeute et l’adolescent, et d’un suivi de plusieurs mois. Soyons clairs : la pédopsychiatrie, et la santé mentale des jeunes, sont des domaines chroniquement sous-investis. La crise est telle qu’il y a des structures publiques qui ne prennent plus aucun nouveau patient. Ailleurs, les délais d’attente peuvent atteindre un à deux ans ! On paie aujourd’hui un défaut d’investissement historique, les psychiatres pour enfants sont une minorité. Nous sommes actuellement réunis en congrès à Nice et ce qui remonte lorsque nous parlons entre nous, c’est que personne n’a été consulté, aucune société savante, aucun syndicat, pour sortir cet effet d’annonce. Bien sûr qu’il faut améliorer l’articulation entre l’école et le soin, mais pas comme ça, et pas sans les spécialistes de ces sujets. On lance cette initiative alors qu’il existe des solutions, que les urgences pédiatriques, les urgences psychiatriques, le 31 14, les maisons des adolescents, en partenariat avec l’école, existent… mais elles sont sous-dotées, sous financées. Et que dire de la #médecine_scolaire, en déshérence, de la disparition des structures intermédiaires comme les éducateurs de rue, tout un tissu de soutien social qu’on a laissé se déchirer. On est dans une société qui mange ses enfants. »

    #sagoins #psychiatrie #pédopsychiatrie #CMP #alliance_thérapeutique #enfance #souffrance_psychique

    • La souffrance mentale des adolescents est devenue un sujet rabâché, pour lequel on incrimine les écrans ou, six ans plus tard, le confinement de la période Covid.

      Johan Faerber, enseignant en lettres et essayiste, a une analyse très différente, et pointe la responsabilité de réformes ministérielles toxiques : « Alors oui, l’un des problèmes majeurs que nous rencontrons à l’école est le déficit de médecins et d’infirmières scolaires, particulièrement dans les secteurs en difficulté comme le 93. Mais, au-delà de cela, il y a une cause majeure de stress et de mal-être qui impacte la santé mentale des jeunes, c’est la détresse liée à #Parcoursup, qui crée un stress constant chez les élèves, une fragilisation de l’élève par rapport à sa propre expertise, voire même délite la relation de confiance qu’il pouvait avoir avec l’enseignant, dont les notations sont remises en cause par un système qui, pour masquer la pénurie [organisée, ndc] des places dans l’enseignement supérieur, pénalise et repousse des #élèves ayant parfois un parcours honorable voire brillant. Les conséquences sont de plus en plus visibles chaque année depuis le bac Blanquer, avec des élèves fondant en larmes à la remise des notes. On ne mesure pas la violence du système mis en place, cette ère de management émotionnel toxique, cette culture de l’entrepreneuriat entraînant un stress exponentiel pendant les études. Et comme, dans le même temps, il y a de moins en moins d’adultes dans les collèges et les lycées, moins de professeurs, moins d’AESH, la souffrance des adolescents est tue, leur détresse devient une masse opaque dont sont désignés responsables TikTok ou les jeux vidéo alors que le temps passé sur les écrans est juste une manière de tenter de retrouver une certaine liberté, d’échapper à la toxicité du système éducatif actuel. Plutôt que de pondre l’idée d’un coupe-file, il faudrait d’abord se poser la question de la toxicité des réformes accumulées ces dernières années sur la santé mentale des jeunes, mais quel politique veut être mis face à ses responsabilités ? »

    • Ils se plaignent d’avoir des jeunes de plus en plus mal. Ca les embête car ca les rend moins compatibles avec le monde du travail, moins prévisibles.
      Alors qu’ils auraient aimé leur mettre un fusil dans les mains, à tous ceux qui ont eu moins de 10 au BAC. Mais ca va pas le faire non plus, s’ils se retournent contre leur hiérarchie ou contre eux-même.

  • Ecole inclusive : la nécessaire, mais très complexe réforme du statut des AESH, « prolétariat de l’éducation nationale »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/20/ecole-inclusive-la-necessaire-mais-tres-complexe-reforme-du-statut-des-aesh-

    Alors qu’une réunion se tenait au ministère de l’#éducation_nationale, mercredi 20 mai, un rapport de l’IGAS-IGESR estime inapproprié de créer un statut de fonctionnaire pour les accompagnements d’élèves en situation de handicap, et invite à repenser le modèle de l’inclusion scolaire.

    C’est peu de dire que la réunion organisée mercredi 20 mai par le ministère de l’éducation nationale était attendue par les 144 000 accompagnants d’élèves en situation de handicap (#AESH). La direction des ressources humaines de la Rue de Grenelle a rencontré, pour la première fois, les organisations syndicales pour « engager un dialogue approfondi sur les évolutions possibles de leur statut, de leurs missions et de leurs conditions d’exercice » de ces personnels, piliers de l’accueil des 550 000 #élèves en situation de handicap à l’école.

    https://justpaste.it/i8i6l

    Des accompagnants d’élèves en situation de handicap payés 1 030 euros en moyenne pour aider toujours plus d’enfants : « Je me pose la question de rester »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/20/des-aesh-payees-1-030-euros-en-moyenne-pour-aider-toujours-plus-d-eleves-et-

    Peu formés et mal rémunérés, les AESH sont 31 % à quitter le métier au bout de quatre ans, selon une récente étude du ministère de l’éducation nationale.

    https://justpaste.it/nkop2
    #mdph

  • « Pion précaire dans un lycée » : le quotidien d’un AED qui refuse de mater la jeunesse
    https://www.revolutionpermanente.fr/Pion-precaire-dans-un-lycee-le-quotidien-d-un-AED-qui-refuse-de

    Je suis AED, surveillant, « pion » dans un lycée général et technologique d’une ville moyenne de Franche-Comté. Je fais ce boulot en étant étudiant et en préparant le CAPES, comme beaucoup d’autres de mes collègues, tous dans la vingtaine, dont la plupart aspirent à devenir enseignant ou à travailler dans la santé ou le social. On ne fait pas ce métier par défaut, mais parce qu’il offre souvent l’avantage de pouvoir faire autre chose à côté, ou simplement de mettre un premier pied dans l’Éducation nationale. Travailler dans un service public est aussi, pour beaucoup, une conviction et une échappatoire face au salariat dans le privé. Pourtant, l’État ne se gêne pas pour nous traiter comme des sous-fifres, sous-payé·es, contractuel·les et précarisé·es.

    Tous nos contrats sont des CDD d’un an renouvelables pendant cinq ans — ce qui est illégal dans le privé et devrait nous donner droit à un CDI. Tous les ans, c’est la même rengaine : on se demande si notre contrat va être renouvelé à la rentrée, si on va pouvoir continuer à payer nos loyers, poursuivre nos études. Ou si, sur simple décision du chef d’établissement, on va se faire jeter parce que le nombre de postes aura été diminué faute de moyens. Le budget Lecornu présenté en 2026, prépare cette offensive de destruction minutieuse de l’Éducation nationale, en prévoyant notamment la suppression de 3000 postes équivalents temps plein d’AED.

    On peut aussi voir notre contrat ne pas être renouvelé parce que la direction jugera qu’on ne fait pas assez bien notre travail, qu’on ne fait pas assez respecter « l’ordre » dans l’établissement.

    Et les conditions indignes ne s’arrêtent pas là. On est payés moins que le SMIC horaire : 8,90 € net de l’heure. Quand on fait 30,5 heures par semaine, le salaire est de 1 086 € net. Pour gagner 1 448 € net, soit 20 € de plus que le SMIC, on doit effectuer 41 heures de service par semaine. Le pire, c’est le « forfait d’heures » pour les services de nuit à l’internat. On n’est payés que 8 heures entre 18h et 8h (soit 14 heures de service), dont 3 heures entre 22h et 7h du matin. Une bonne remise pour l’Éducation nationale, qui justifie cela au prétexte « qu’on dort la nuit », « qu’on ne travaille pas ». Pourtant, personne ne dort à 22 h, et on se réveille bien s’il y a un problème, une alarme, un·e élève en urgence médicale. J’ai été réveillé l’autre nuit à 2 h du matin par un signal sonore dans ma chambre de surveillant : ça a foutu ma nuit en l’air, comme ma journée, où je devais réviser le CAPES.

    https://www.revolutionpermanente.fr/local/cache-vignettes/L880xH495/4d63fdbf92d50676321cc3a58f2146-f797d.jpg

    #éducation_nationale #aed #travail #précarité

  • Face à l’#IA générative, l’#objection_de_conscience

    #Manifeste pour l’#enseignement_supérieur et l’#éducation_nationale

    Nous, membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN), déclarons adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’#IA_générative[1] (#IAg) dans nos institutions.

    L’objection de conscience désigne le #refus individuel, mais aussi collectif en tant qu’il est publiquement partagé, de prendre part à une activité que l’on perçoit comme incompatible avec des #valeurs fondamentales.

    Dans le cas présent, nous considérons que le déploiement de l’IAg dans les institutions de l’ESR et de l’EN est incompatible avec les valeurs de #rationalité et d’#humanisme que nous sommes censé·es représenter et diffuser.

    Trois considérations majeures justifient cette position. Pour des raisons de concision, ce manifeste ne les développe pas mais on trouve dans la littérature scientifique de quoi les étayer solidement[2].

    Considération 1.

    L’IAg est un gouffre énergétique et matériel tel que personne ne peut prétendre qu’elle soit compatible avec les grands engagements internationaux tels que l’#Accord_de_Paris sur le climat, et plus généralement avec la #protection_du_vivant. Accepter le déploiement de l’IAg, c’est amplifier le dépassement des limites planétaires. Ceci est une attitude résolument anti-humaniste eu égard à la gravité de la situation. Le caractère écocidaire de l’IAg est en soi une raison suffisante pour en refuser le déploiement au sein de nos institutions.

    Considération 2.

    L’IAg représente un #choix_technologique qui agit comme un accélérateur des #infrastructures_industrielles sur lesquelles repose le secteur du #numérique : #mines, #datacenters, #centrales_électriques, usines de matériel électronique, etc. Ainsi, outre les problèmes de #pollution massive déjà évoqués, ce sont les lourds dégâts sociaux associés à ce système qui se voient renforcés : #travail prolétarisé dans les usines de fabrication et ultraprolétarisé dans le « #travail_du_clic », non-respect des #droits_humains, conflits d’usage (#eau, #métaux, #énergie), rapports extractivistes et néo-coloniaux entre pays du Nord et du Sud, #déstabilisation_géopolitique des régions minières, etc. Dans tous ces domaines, la compétition effrénée à laquelle se livrent les acteurs de l’IAg mènera aux méthodes les plus sauvages et prédatrices. Il nous semble inacceptable de contribuer à une telle dynamique par nos pratiques pédagogiques et scientifiques.

    Considération 3.

    La #banalisation des IAg dans le grand public alimente des usages qui ouvrent la voie à un futur dystopique – qui est, pour partie, déjà là : multiplication des vidéos deepfake, #désinformation à grande échelle par des « usines à trolls », #dépendance affective aux compagnies virtuelles, intensification du #marketing_digital et des #escroqueries, etc. Plus généralement, il permet à des mégafirmes d’accumuler un pouvoir démiurgique, mégafirmes dont les dirigeants ne font pas mystère de leurs projets mégalomaniaques, eugénistes et de leur détestation de la #démocratie. Nos institutions ne peuvent soutenir de telles techno-oligarchies, y compris de manière indirecte.

    *

    Le support principal de l’objection de conscience est le refus de participer à une activité qui contrevient à des valeurs fondamentales. Dans le cas de l’IAg, les trois considérations ci-dessus permettent d’assurer cette #posture au regard de nos missions d’éducation et de diffusion des savoirs.

    Face à ces analyses globales, les arguments les plus fréquents de légitimation de l’introduction de l’IAg dans nos institutions apparaissent immédiatement irrecevables[3]. Notamment, l’idée commune selon laquelle la diffusion de l’IAg dans nos sociétés serait « inéluctable » ne remet aucunement en cause la pertinence de l’objection de conscience. En effet, le principe de l’objection de conscience, voire de toutes les formes de #résistance, consiste à s’opposer à ce qui contrevient à nos valeurs fondamentales non pas parce que l’on pense que l’on va « gagner », mais parce que l’on a la certitude que c’est ce qui est juste et digne, ici et maintenant. Par ailleurs, contrairement à d’autres technologies délétères déjà profondément implantées dans nos sociétés, l’apparition des IAg est récente et par conséquent ses usages ne sont pas profondément intégrés dans nos pratiques professionnelles. Ainsi, l’effet de « verrouillage sociotechnique » empêchant tout retour en arrière n’est pas encore pleinement là avec les IAg et il est encore effectivement possible d’exercer un refus.

    Engagements

    Nous, membres de l’ESR et de l’EN signataires de ce manifeste nous engageons à :

    – adopter face au déploiement des IAg dans nos institutions une posture d’objection de conscience. Face à un phénomène qui nous dépasse mais dont nous savons qu’il est mortifère, nous choisissons d’opposer un refus net, indiscutable, et politique parce qu’il est partagé : nous ne les utiliserons pas, à moins d’y être expressément contraint·es, dans nos cours, dans nos communications, dans nos recherches, dans nos activités administratives. Nous refuserons, autant que nos situations individuelles nous le permettent, de participer à des projets ou à des activités qui les mobilisent (enregistrement et compte-rendu automatique de réunion ; activité pédagogique ; formation à l’usage, fût-il qualifié de raisonné ou éthique, etc.). À tout le moins, nous exprimerons publiquement notre malaise profond face à ces pratiques. Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. S’il n’est pas réaliste de tout remettre en cause, il s’agit au moins de stopper ce qui peut encore l’être.

    – afficher dans nos activités, nos signatures mails, nos publications, nos diaporamas, etc. notre ralliement à ce manifeste via un logo et/ou le lien vers le présent texte. L’enjeu est de ne jamais laisser l’IAg apparaître dans nos milieux professionnels « comme si de rien n’était » et d’afficher partout dans nos sphères d’activité que « cela ne va pas de soi ». Parvenir à ouvrir des discussions sur le sujet par cet affichage permettrait déjà d’éviter une banalisation qui, dans des institutions prescriptrices comme les nôtres, se confond avec de la promotion.

    – promouvoir autant que possible une réflexion collective sur la place du numérique dans nos institutions. Si les arguments que nous opposons au déploiement de l’IAg nous permettent en effet de refuser une nouvelle « escalade numérique », nous savons également que le système sociotechnique du numérique dans son ensemble est sujet aux mêmes questionnements. Le « stop » opposé à l’IAg pourrait ainsi être l’ouverture d’une séquence d’évaluation de nos dépendances plus générales à un système problématique, qui permette de s’engager vers la « sobriété numérique »[4] en vue d’aboutir à un numérique effectivement soutenable.

    [1]Les IA génératives constituent un type particulier de système d’Intelligence Artificielle, destiné à générer du texte, des images, des sons, des vidéos, sur la base de modèles de langage (LLM pour Large Language Model) entraînés sur de vastes corpus de données.

    [2]Une bibliographie indicative est proposée en fin de document.

    [3]Celles et ceux qui souhaitent des éléments de discussions plus précis sur ce type d’arguments (l’IA « souveraine », l’IA « sobre », la « praticité », l’IAg « inéluctable », etc.) pourront par exemple consulter le texte « Oui mais l’IAg… » publié sur le site web de l’Atécopol de Toulouse.

    [4]Pour aller plus loin sur ce sujet voir : affiche 10 de l’exposition « Pour la sobriété numérique dans l’ESR » (https://www.irit.fr/exposition-sobriete-numerique).

    –-
    Voici deux logos qui permettront aux signataires d’afficher leur adhésion à cette position. Chacun·e est invité·e à choisir le logo qui lui convient en fonction du contexte et/ou de ses préférences.

    https://atecopol.hypotheses.org/13082
    #intelligence_artificielle #résistance #éducation #ESR #université #enseignement #limites_planétaires #extractivisme #néo-colonialisme #désobéissance

  • L’épouse de Caroline Grandjean, l’institutrice qui s’est donné la mort en septembre, porte plainte contre l’éducation nationale pour « harcèlement »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/13/l-epouse-de-caroline-grandjean-porte-plainte-contre-l-education-nationale-po

    La plainte vise également le maire de Moussages, où l’enseignante, victime de propos homophobes, était directrice de l’école primaire.

    https://seenthis.net/messages/1132582
    https://seenthis.net/messages/1133154

  • « Quand la CAF et le Fisc traquent les militant.e.s » : « Le Média » a enquêté sur une répression administrative d’État
    https://www.humanite.fr/medias/enquete/quand-la-caf-et-le-fisc-traquent-les-militant-e-s-le-media-a-enquete-sur-un
    https://www.humanite.fr/wp-https://www.youtube.com/watch?v=Eng1rus7Uqg

    Peu de temps après avoir porté plainte ou après une prise de parole dans les médias, tous ont rencontré des problèmes administratifs avec la Caisse d’Allocations Familiales (CAF), France Travail ou le Fisc : contrôles fiscaux, rappels d’aides sociales avec parfois des sommes faramineuses à rembourser… (...)

    Certains militants désespèrent, ils sont épuisés de payer. D’autres finissent par renoncer à leurs engagements syndicaux et politiques. Pour Vanessa Codaccioni, professeure de sciences politiques, il y a une volonté de les anéantir psychologiquement en touchant aux finances. « C’est une nouvelle forme de répression extrêmement importante et peu visible », affirme-t-elle dans la vidéo.

    Comment l’État se débrouille pour accéder aux informations administratives ? L’histoire est déroutante. En 2019, un système est mis en place via la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire (#CLIR). Les préfets, la gendarmerie, la police, l’éducation, la #CAF, les impôts, #France_travail… Tous les services départementaux sont réunis pour échanger des informations sur des structures ou individus suspectés de séparatisme. Et lorsque les enquêteurs du CLIR n’ont pas assez d’informations pour justifier une procédure judiciaire, ils s’attaquent aux infractions annexes pour affaiblir leurs cibles malgré tout. Une manière détournée d’agir. Pour des écoles, commerces ou associations par exemple, tout peut y passer : « Papiers d’identité, diplômes, sécurité incendie, hygiène et même la validité des vaccins des salariés », égrènent les journalistes. Les militants qui s’attaquent au pouvoir subissent la même procédure.

    La CAF assume. Elle explique que « l’échange d’informations entre les différents partenaires des services publics de l’État (lui) permet de réintégrer des revenus identifiés issus d’activités illicites pour calculer le montant des prestations effectivement dues sur les périodes considérées. » Or, ce n’est pas son rôle.

    Les obstacles aux libertés fondamentales se multiplient, surtout depuis l’élection d’Emmanuel Macron. L’antifascisme, la lutte contre le racisme, le soutien à la Palestine sont les activités le plus largement soupçonnées… Sans oublier l’écologie, bizarrement grande absente de la vidéo. [journalistes antivax pas écolos ?]

    #militantisme #labourseoulavie #libertés_fondamentales #répression #préfets #gendarmerie #police #éducation_nationale #trésor_public

    • Désolée, c’est certes super intéressant et il faut s’y attaquer mais franchement c’est pas nouveau. L’Etat français et sa police se sont toujours servis de ces moyens de #répression. Ce qui est « nouveau » c’est la surveillance qu’autorisent (avec ou sans autorisations légales) les nouvelles technologies. Et l’aspect analyse et filtrage IA des renseignements généraux par les USA dont la france est devenue cliente.

    • Ce qui est nouveau, c’est le niveau d’organisation atteint. Le Media cite les CLIR, il me semble que les CODAF en font davantage. Quand à la fréquence de ces actions institutionnelles de noyade de trublion.es dans le dénuement, aucun moyen d’en juger. Par le passé cela ne m’a pas semblé si courant.

      Mission interministérielle de coordination anti-fraude
      https://www.economie.gouv.fr/micaf/au-niveau-local/les-codaf#:~:text=Les%20comités%20opérationnels%20départementaux%20ant.

      Les CODAF

      Organisation et missions

      Les comités opérationnels départementaux anti-fraude (CODAF) sont co-présidés, en formation plénière, par les préfets et les procureurs de la République. En formation restreinte et opérationnelle, la présidence est assurée exclusivement par les procureurs.

      Ils mobilisent les services de l’État (les administrations fiscale, douanière, préfectorale, les forces de police et de gendarmerie, le Service de la concurrence, consommation et répression des fraudes, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement et l’Agence régionale de santé), les organismes locaux de protection sociale (URSSAF, CAF, CPAM, CARSAT, France Travail), ainsi que l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS).

      [...]

      La coordination des #CODAF par la #MICAF
      [la bien nommée, une de plus ?]

      La MICAF coordonne et pilote l’action des CODAF en assurant un support technique et juridique aux comités, leur suggérant également des pistes d’action. Elle se déplace sur le terrain pour participer aux réunions des CODAF et répond quotidiennement aux sollicitations des agents de terrain.

      Décret n° 2020-872 du 15 juillet 2020 relatif à la coordination interministérielle en matière de lutte contre la fraude et à la création d’une mission interministérielle de coordination anti-fraude
      https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000042121224

      Ils citent parmi leurs premières cibles, le trafic de tabac (fraude fiscale, et démerde), et se sont fait de la pub sur le follow the money de délinquants et criminel trop prudents pour être incriminés autrement par la police. Ce serait à regarder de plus près ...

      edit des milliers de contrôles CAF déclenchés sur demande policière
      https://seenthis.net/messages/1136551

  • Arnaque comptable sur les retraites de l’Éducation nationale : quand Le Monde découvre ce qu’Atlantico exposait depuis des lustres | Atlantico.fr
    https://atlantico.fr/article/rdv/arnaque-comptable-sur-les-retraites-de-l-education-nationale-quand-le-mond

    Parce que c’est bien le truc le plus maboul qu’il m’ait été donné d’apprendre ces jours derniers, j’ai proposé au boss de faire une chronique sur cette histoire de budget de l’Education nationale affecté au paiement des retraites mais il m’a demandé s’il m’arrivait de lire Atlantico car on en avait déjà parlé 72 fois...

    Et force est de constater que j’ai un sacré train de retard : on en causait ici, là, ici aussi, encore là, un chouïa ici, et même encore un poil de ce côté... Mais ça me donne tout de même envie d’en rajouter une couche, ne serait-ce que pour me faire pardonner d’avoir été si souvent critique d’une école française incapable d’apprendre quoi que ce soit à qui que ce soit en dépit de son budget faramineux (88 milliards d’euros ou 5,4 % du PIB, premier poste de dépenses de l’État) et nous fichant régulièrement la honte dans les classements PISA .

    Camarades instits, camarades profs, comme le clamait la marionnette Arlette Laguiller des Guignols, on vous ment, on vous spolie, tout ça n’est qu’une immense arnaque et vous êtes effectivement à l’os ! Enfin, à l’os, c’est juste une façon de présenter les choses parce que la fraction de ce pognon qui ne va pas directement remplir les cartables —soit un aimable 24 milliards, excusez du peu— sert en réalité à financer vos fameuses pensions calculées sur les six derniers mois de votre carrière et n’est donc pas complètement perdue pour tout le monde.

    Mieux, le magot vient également abonder le déficit des retraites d’autres corps de fonctionnaires sans le moindre rapport avec l’EN (militaires, postiers, soignants, salariés d’Orange restés sous statut France télécom, « ouvriers de l’Etat » et tutti quanti…). De quoi, on s’en doute, faire nettement reculer les montants moyens officiellement affectés aux élèves du primaire et du secondaire dans les comparaisons internationales et expliquer la faiblesse légendaire du salaire de nos enseignants par rapport à leurs homologues européens...

    A ma décharge (comme on dit chez les profs en disponibilité), les confrères du Monde viennent eux aussi de découvrir le pot-aux-roses et en restent également comme deux ronds de flan. « Le budget de l’éducation nationale est artificiellement gonflé », titraient-ils ainsi hier soir, et j’ai bien l’impression que c’est le premier truc un peu croustillant que je vois chez eux depuis l’affaire du Rainbow Warrior.

    Michel Rocard, qui n’était pas la moitié d’un con, suggérait que le dossier retraites était tellement pourri qu’il avait la capacité « de faire sauter plusieurs gouvernements ». Et de fait, il a déjà eu la peau d’Attal, de Barnier, très prochainement de Bayrou mais son potentiel explosif est sans doute encore loin d’être éventé. Au suivant !

    #éducation_nationale #retraites

  • Un lycée de la Loire interdit à ses élèves de débattre d’un projet de centrale à bitume
    https://www.mediapart.fr/journal/france/050625/un-lycee-de-la-loire-interdit-ses-eleves-de-debattre-d-un-projet-de-centra

    La direction du lycée de Boën-sur-Lignon (Loire) a annulé un débat organisé par des élèves portant sur un projet contesté de centrale à bitume dans la ville. Une censure justifiée par le caractère « sensible » du sujet, dont il est interdit de parler au sein de l’établissement.

    On imagine qu’il s’agit de ne pas heurter la « sensibilité » d’un éminent membre de la « communauté ».

  • Collège Stanislas « blanchi » : les inspecteurs confirment sous serment l’intervention de la numéro deux du ministère
    https://www.mediapart.fr/journal/france/210525/college-stanislas-blanchi-les-inspecteurs-confirment-sous-serment-l-interv

    Devant la commission parlementaire consacrée aux violences à l’école, quatre membres de l’inspection générale ont reconnu que Caroline Pascal, directrice générale de l’enseignement scolaire, était bien intervenue pour réécrire la lettre concluant le rapport sur le prestigieux établissement catholique.

    C’est bien la cheffe de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) d’alors, Caroline Pascal, qui a réécrit la lettre de transmission du rapport sur Stanislas, rendue au ministre de l’époque, Gabriel Attal. Caroline Pascal est aujourd’hui directrice générale de l’enseignement scolaire, soit la numéro deux du ministère de l’éducation nationale.

  • École inclusive : 67 011 personnels tirent la sonnette d’alarme
    https://resultats-inclusion.fsu-snuipp.fr

    Invités à choisir parmi 7 propositions, les participants et participantes [PE et AESH] ont majoritairement opté pour 3 mesures qui leur paraissent prioritaires pour améliorer l’école inclusive :
    – à 69.6% ouvrir davantage de places en établissements spécialisés
    – à 65.4% recruter des AESH formées avec un vrai statut
    – à 53.5 % réduire les effectifs de toutes les classes

    Perso, j’avais choisi la baisse des effectifs par classe, le développement d’équipes pluriprofessionnelles et les formations liées sur temps de travail. Il est assez hallucinant de faire le constat que 20 ans après la loi, il n’y a dans les écoles quasiment aucune compétence liée au handicap ou aux troubles du neurodéveloppement. Les profs et les aesh (quand il y en a) ne sont (quasiment) pas formés, les rased sont vides ou débordés… et il n’y a personne d’autre.

    Une majorité de collègues choisit ce que je vois comme une autre famille de réponses...

    Le snuipp a trouvé une formule pour présenter ses résultats : l’inclusion a été une réussite quantitative, mais pas qualitative. Or, pour autant que la distinction qualitatif vs. quantitatif soit pertinente, les 2 réponses majoritaires sont plutôt quantitatives : moins d’enfants scolarisés, plus d’aesh.

    La cosecrétaire du syndicat nous dit que les places en IME ne sont pas une remise en question de l’inclusion, citant le fait que des notifications pour intégrer ces structures ne sont actuellement pas satisfaites faute de place. Je ne suis pas certain qu’on puisse conclure cela, et de toute façon ça dépend de ce qu’on entend par inclusion. Y a-t-il un degré de handicap non inclusible ? La position du seuil est-elle fixe ?

    C’est pas pour minimiser le malaise énorme causé par les difficultés de l’inclusion dans les écoles, mais ces résultats sont un peu embarrassants - et on pouvait s’y attendre.

    Extrait d’un rapport de Debarbieux et Moignard pour l’Autonome de solidarité laïque en 2023 :

    C’est certainement ce qui est le plus remarquable et le plus préoccupant dans notre étude : le rejet par les professionnels censés mettre en œuvre « l’école inclusive ». Ce rejet repose sur des difficultés jugées grandissantes. Nous sommes passés d’un peu moins de 40 % en 2011 à 60 % en 2016 et désormais à 74,5 % en 2023 de répondants disant avoir connu des difficultés fréquentes ou très fréquentes avec des enfants « gravement perturbés » ou « présentant des troubles du comportement ». […] Beaucoup se réclament des valeurs de l’école inclusive, comme mission essentielle du système d’éducation, et demandent cette aide pour qu’elle soit possible. Mais une bascule idéologique dangereuse est en cours et risque de remettre en cause la possibilité même de cet accueil.

    https://www.autonome-solidarite.fr/articles/lasl-devoile-les-resultats-de-letude-sur-le-climat-scolaire-dans

  • L’Assemblée impulse le #MeToo_scolaire
    https://blogs.mediapart.fr/francois-jarraud/blog/100425/lassemblee-impulse-le-metooscolaire

    Le principal apport de ses travaux c’est la mise en évidence de « la désorganisation des responsabilités et des acteurs », pour reprendre les propos du rapporteur P. Vannier (LFI). L’audition, le 31 mars, de l’état-major du ministère de l’#Education nationale a mis en évidence l’absence de pilotage du suivi des #violences des adultes dans les établissements. A la question de V. Spillebout (EPR), autre rapporteur, sur ce pilotage, répond un très long silence des hauts fonctionnaires. Si le chef du service défense et sécurité du ministère, Christophe Peyrel, est capable de chiffrer le nombre de violences mettant en cause des personnels remonté par le logiciel Fait établissement (1198 en 2023), personne n’est capable de dire ce qui en est fait ! Le directeur général des relations humaines, Boris Melmoux-Eude peut citer le nombre de sanctions communiqué à la Direction générale de la Fonction publique. Mais cela ne concerne que 204 cas (et non 1198) et exclusivement dans l’enseignement public. Il n’a aucune donnée pour le privé. Il n’y a pas plus de suivi du coté de la Justice. « On n’a pas la possibilité de s’assurer que tous les faits aient fait l’objet d’une suite adéquate », reconnait C. Peyrel. Le suivi des signalements est de la seule responsabilité des chefs d’établissement et des services académiques. Au ministère personne ne suit les dossiers du public. Et encore moins ceux du privé !

    [...]

    Ce que montre déjà la commission d’enquête c’est le caractère systémique de ces violences. Le système déconcentré de l’Education nationale n’assure aucun suivi des faits signalés. Il ne met aucun zèle à encourager les #enseignants et les agents à signaler. Bien au contraire, les syndicats enseignants, auditionnés le 3 avril, témoignent que des consignes sont données pour que les signalements passent par la voie hiérarchique. Comme l’explique un représentant FSU, cela crée un conflit de loyauté pour les enseignants s’ils passent outre. Les représentants de Sud et de FO signalent des enseignants sanctionnés pour avoir transmis des informations. Cela, alors que l’article 40 du Code de procédure pénal impose aux fonctionnaires de signaler. C’est aussi un problème budgétaire. Les personnels qui savent faire ces signalements ainsi que les Informations préoccupantes (#IP) sont de moins en moins nombreux dans les établissements : 2200 assistantes sociales, 7800 infirmières, 600 médecins scolaires pour 12 millions d’élèves. Les professeurs des écoles savent faire des IP mais on leur dit qu’il faut transmettre copie aux parents qu’ils croisent tous les jours à la sortie de l’école... Ils ne savent pas que des signalements peuvent être faits anonymement.

    [...]

    Le ministère arrive à être une organisation hyper hiérarchisée et centralisée mais inefficace pour un sujet qu’elle n’a pas considéré majeur.

    C’est le plus grave obstacle à venir. Les violences exercées sur des élèves, même quand elles durent des années, n’ont pas éveillé d’intérêt. Dans ce registre, il est inquiétant de voir que peu de députés assistent aux auditions de la commission d’enquête. Dans la plupart des réunions il n’y a que deux députés pour poser des questions.

    Pourtant c’est peut-être cela qui est en train de changer. Après des années d’omerta, les institutions scolaires privée et publique ont honte. Les rapporteurs témoignent des très nombreux messages qu’ils reçoivent de victimes. Les victimes se sentent entendues pour la première fois. « Elles ont le sentiment que pour la première fois il y a une reconnaissance », explique Paul Vannier. « Des fonctionnaires viennent nous remercier ».

    #enseignement_privé

    • « Défaillances » de l’Éducation nationale face à un enseignant prédateur : l’inspection générale fait l’autopsie d’un fiasco
      https://www.mediapart.fr/journal/france/220425/defaillances-de-l-education-nationale-face-un-enseignant-predateur-l-inspe

      De la fin des années 1990 jusqu’au début des années 2020, cet enseignant brillant et charismatique a joué de son autorité et son emprise pour attirer de nombreux élèves chez lui, dont certains l’accusent aujourd’hui d’agressions sexuelles et de viols (voir nos révélations précédentes).

      Alors que des alertes relatives au comportement inadapté de cet agrégé ont commencé à remonter à l’administration dès l’été 2021, l’enseignant n’a été mis à l’arrêt qu’en septembre 2023, après qu’un ancien élève a déposé une plainte au pénal – une première suivie de huit autres.

      Pascal V. s’étant suicidé dans la foulée, ses victimes se retrouvent aujourd’hui privées de procès. Mais l’Éducation nationale, elle, n’en a pas fini avec cette affaire, puisque plusieurs anciens élèves ont décidé d’attaquer l’État pour « faute ». Or, d’après nos informations, l’enquête de l’IGÉSR pourrait leur donner du grain à moudre. À l’issue d’une quarantaine d’auditions, les deux autrices du rapport jugent en effet que l’institution a méconnu sa responsabilité administrative et disciplinaire.

  • Affaire de Bétharram : devant la commission d’enquête, le récit des pressions subies par la professeure qui a voulu briser l’omerta
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/26/affaire-de-betharram-devant-la-commission-d-enquete-le-recit-des-pressions-s

    Dès la « fin 1994 ou début 1995 », elle effectue des signalements : elle écrit à François Bayrou, alors ministre de l’éducation nationale et président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, à qui elle dit avoir également parlé de vive voix quelque temps plus tard, elle fait un courrier au tribunal, se rend à la gendarmerie, s’adresse à la direction diocésaine, ainsi qu’au médecin de la protection maternelle et infantile.

    « De la torture et de la barbarie »

    « Le seul qui m’a répondu, c’est l’évêché », résume Françoise Gullung. Elle est « convoquée » par un responsable de la direction diocésaine qui lui dit « d’oublier tout ça si [elle] veu[t] rester dans l’enseignement catholique ». Parmi ses collègues enseignants, elle décrit le « silence ». Quant au rectorat, elle assure qu’il « ignore complètement » les enseignants du privé, pourtant salariés de l’#éducation_nationale. « On n’a aucun contact avec le rectorat sauf avec un service, celui de l’enseignement privé, une structure complètement close qui fonctionne en roue libre », assène l’ancienne professeure. Dans son récit, elle n’a mentionné aucune alerte aux autorités académiques.

    Puis arrive la fin d’année 1995. En guise de punition, un élève est envoyé plusieurs heures sur le perron de l’établissement, dehors, de nuit, en plein hiver. Après le tollé provoqué par le témoignage de l’élève, qui entraînera le dépôt d’une plainte par ses parents, elle raconte la venue de l’ancien directeur de Bétharram, le père Silviet-Carricart – qui sera accusé de viol en 1998 et se suicidera en 2000 : « Il a réuni tous les profs et nous a dit de ne pas parler (…) en nous disant qu’on risquait de faire fermer l’établissement et que s’ils savaient qu’on en parlait, on serait sanctionnés. »

    De son côté, elle a « considéré que c’était de la torture et de la barbarie ». Elle donne le numéro 119 pour l’#enfance en danger à ses collégiens et leur recommande de raconter à leur famille ce qu’ils subissent. « Je suis devenue immédiatement persona non grata », poursuit-elle. Le surveillant général, appuyé par le directeur Vincent Landel, la « somme » de demander une mutation, ce qu’elle refuse. Au printemps 1996, dans la cour, elle est victime d’une bousculade, qu’elle identifie alors comme une « agression », impliquant le surveillant général et un groupe d’élèves, qui lui provoque des fractures de la face. « Ensuite, dès que je traversais la cour, j’avais des lazzis, on a abîmé ma voiture, on me téléphonait chez moi avec des menaces », énumère-t-elle.

    https://archive.ph/aAF9g#selection-2119.4-2119.21

  • L’Éducation nationale signe pour au moins 74 millions d’euros de solutions et services #Microsoft

    Le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse vient d’attribuer le marché public qui vise à équiper ses services centraux et les établissements supérieurs en solutions Microsoft, des postes client aux datacenters. L’enveloppe prévisionnelle se monte à un minimum de 74 millions d’euros, en nette hausse par rapport au précédent contrat, alors même que le ministère vient d’enjoindre dans une nouvelle circulaire les établissements scolaires à exclure « toute utilisation de solution non souveraine dans le domaine de l’éducation ».

    Si la doctrine technique du numérique pour l’éducation prône l’utilisation prioritaire de solutions libres et souveraines, la rue de Grenelle est loin d’en avoir fini avec les logiciels américains. Le ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse vient en effet d’attribuer un marché public, composé de trois lots, qui englobe la fourniture de solutions Microsoft, ainsi que l’ensemble des services d’accompagnement et de support technique associés.

    L’avis, publié le 14 mars dernier au Bulletin officiel, porte plus précisément sur la « concession de droits d’usage à titre non exclusif de diverses solutions de type Microsoft ou équivalent, de support, de gestion, de prestations, de formations et d’assistance technique associées ».

    Le marché couvre un périmètre important, puisqu’il doit répondre à la fois aux besoins des agents des services centraux ou déconcentrés du ministère de l’Éducation nationale, à ceux des établissements de formation et de recherche, mais aussi à ceux des agents des ministères de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et des Sports et des jeux olympiques et paralympiques.

    Il prend la forme d’un accord-cadre qui ne prévoit qu’un montant maximum de dépenses, fixé à 152 millions d’euros hors-taxe, pour une durée maximale de quatre ans. Au sein de cette enveloppe, c’est le lot 1, consacré à la « fourniture de solutions MPSA, EES et CSP-NCE-Educ de Microsoft ou équivalent » qui constitue le plat de résistance, avec un budget indicatif estimé à 16 millions d’euros HT par an, dans la limite d’un plafond fixé à 130 millions d’euros sur quatre ans.

    (#paywall)
    https://next.ink/175788/leducation-nationale-signe-pour-100-millions-deuros-de-solutions-et-services-m
    #éducation_nationale #école #éducation #France #GAFAM #contrat #marché_public

  • À la recherche des profs perdus : la gauche néglige-t-elle l’école ?
    https://lvsl.fr/a-la-recherche-des-profs-perdus-la-gauche-neglige-t-elle-lecole

    Malgré les 12 millions d’élèves et les 866.000 enseignants que compte la France, la question de l’école reste peu abordée dans le débat public. Le livre de Mathieu Bosque, président du parti de François Ruffin, entend reprendre ce combat historique de la gauche. Si son analyse est pertinente, ses propositions restes vagues et incomplètes.

    #Société #école #éducation_nationale #enfants #Enseignement #enseignement_privé #professeur

  • Opération « Un livre pour les vacances » : le dessinateur Jul dénonce une censure de l’éducation nationale pour « La Belle et la Bête »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/19/operation-un-livre-pour-les-vacances-le-dessinateur-jul-denonce-une-censure-

    Mais voilà que, le 17 mars, alors que les épreuves relues et corrigées sont bouclées, la directrice générale de l’enseignement scolaire (Dgesco), Caroline Pascal, choisit de suspendre l’impression de l’ouvrage. « Le produit ne permet pas une lecture en autonomie, à domicile, en famille et sans l’accompagnement des professeurs pour des élèves âgés de 10 à 11 ans. Les illustrations de l’ouvrage abordent des thématiques qui conviendraient à des élèves plus âgés », écrit à Jul la numéro deux du ministère, en poste depuis 2024. Mme Pascal cite en exemple les thématiques de « l’alcool », des « réseaux sociaux » et « des réalités sociales complexes », qu’elle ne développe pas davantage.

    « Je suis estomaqué », réagit, devant Le Monde, le dessinateur, qui revendique des dessins « tendres et malicieux ». « L’annulation la veille de l’impression de 900 000 exemplaires d’un classique jeunesse illustré, c’est sans précédent. Techniquement, c’est peut-être même la plus grosse affaire de censure jamais advenue dans l’édition en France ! » Agrégé d’histoire, à la fois dessinateur de presse et auteur de #BD, Jul (Julien Berjeaut de son vrai nom), 50 ans, plaide son parcours – « une cinquantaine de titres jeunesse, ado-adultes, adultes ; trente ans de dessins » – et son style – mélange d’humour et d’esthétique pop – hérité de Gotlib, René Goscinny ou Tomi Ungerer. C’est cette touche, dit-il, qu’a recherchée le ministère lors de la commande passée à l’été 2024 par la ministre de l’#éducation_nationale Nicole Belloubet, puis validée par sa successeure, Anne Genetet, en novembre 2024.

    https://archive.ph/IeW0e#selection-2303.0-2405.0

    #censure

    • La version de « La Belle et la Bête », commandée puis annulée par l’éducation nationale, n’est « pas adaptée » aux élèves de dix ans, juge Elisabeth Borne
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/20/la-version-de-la-belle-et-la-bete-commandee-puis-annulee-par-l-education-nat

      Une version modernisée mais jugée trop adulte du conte traditionnel a heurté l’éducation nationale, qui a annulé une commande de 800 000 livres illustrés destinés aux CM2. Son auteur, Jul, a dénoncé une « décision politique » de « censure ».

    • Jul, Julien Berjeaut, de son vrai nom, a déclaré mercredi y voir une « décision politique » de « censure » pour des « prétextes fallacieux ». « La seule explication semble à chercher dans le dégoût [du ministère] de voir représenté un monde de princes et de princesses qui ressemble un peu plus à celui des écoliers d’aujourd’hui », a-t-il affirmé. « Le “grand remplacement” des princesses blondes par des jeunes filles méditerranéennes serait-il la limite à ne pas franchir pour l’administration versaillaise du ministère ? », s’est-il interrogé.

      (source : article du Monde, en accès libre, cité au commentaire précédent)

  • Affaire de Bétharram : trente ans d’inertie à l’éducation nationale
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/03/02/affaire-de-betharram-trente-ans-d-inertie-a-l-education-nationale_6572818_32

    Jean-Marc Monteil était à la tête du rectorat de Bordeaux, dont dépendent les Pyrénées-Atlantiques, de 1997 à 2000, durant les années du ministère de Claude Allègre, denses en réformes et en conflits avec le corps enseignant. De l’enseignement privé sous contrat dans le département, il a surtout entendu parler des écoles basques, les ikastola. « Je tenais une réunion régulière avec le préfet et les élus du Pays basque sur le sujet, se remémore M. Monteil. Mais de Bétharram, personne ne m’en a parlé. »

    [...]

    Parmi les centaines de rapports de l’inspection générale rédigés entre 1995 et 2000 et versés aux Archives nationales, aucun ne concerne Notre-Dame de Bétharram. Sur cette période, des enquêtes ont cependant été menées sur d’autres affaires de pédocriminalité en milieu scolaire. En 1998, un rapport a ainsi été consacré à l’école publique Chateaurenard, dans le Loiret, où le directeur avait été accusé d’agressions sexuelles sur mineurs.

    Transmission d’informations

    Après celle portée à la connaissance du ministre François Bayrou en 1996, une autre alerte est cependant bien remontée jusqu’à Paris dans les années 1990. Selon un document révélé par BFM-TV, le procureur général de Pau avait informé par deux fois la chancellerie, au mois de mai 1998, des faits dont était accusé le père Silviet-Carricart. Le religieux n’est plus à la tête de Bétharram depuis 1993, mais le procureur précise que le plaignant « a évoqué d’autres faits susceptibles d’avoir été commis par des enseignants, religieux, sur divers élèves ».

    En 1997-1998, l’enjeu des atteintes sexuelles sur les mineurs est au cœur de l’action de la ministre de la justice Elisabeth Guigou, qui prépare une loi et travaille avec son homologue de l’enseignement scolaire sur le sujet. « Le cas Bétharram m’a peut-être été signalé mais, si c’est le cas, je n’en ai aucun souvenir de cette époque », concède Elisabeth Guigou, rappelant que les remontées des procureurs généraux arrivaient par milliers à la chancellerie et passaient par le filtre de la direction des affaires criminelles et des grâces puis du cabinet, avant d’être éventuellement transmises à la ministre. Quant à la transmission des informations au ministère de l’éducation nationale, elle n’était pas systématique. « Il pouvait y avoir un certain délai, en raison du secret de l’instruction et surtout quand la personne n’était pas encore jugée et que prévalait la présomption d’innocence », explique Mme Guigou.

    La loi n’a été changée en la matière qu’après l’affaire dite « de Villefontaine » (Isère), en 2015. Un directeur d’école de la ville avait été mis en examen pour viols sur des élèves après avoir déjà été condamné en 2008 pour détention d’images pédopornographiques. L’éducation nationale l’ignorait. La loi du 14 avril 2016 a rendu obligatoire la transmission d’informations entre la justice et l’administration en cas de condamnation, voire de mise en cause, de personnes au contact des mineurs, notamment pour des infractions sexuelles.

    Ségolène Royal avait-elle été informée par la chancellerie des faits dénoncés à Notre-Dame de Bétharram ? L’ancienne ministre n’a pas répondu à nos sollicitations. « Les deux ministres ont passé beaucoup de temps sur le problème de la pédocriminalité à l’école et, si elles [avaient] eu des informations sur cet établissement, il n’y a aucune raison pour qu’elles ne les aient pas incluses dans leur travail », témoigne Jean Baubérot-Vincent, alors membre du cabinet de Mme Royal.

    A la même période, le 10 juin 1998, le chef d’établissement de Bétharram, le père Vincent Landel, faxe au secrétariat général de l’enseignement catholique un communiqué rédigé après la parution d’articles de presse annonçant la mise en examen du père Silviet-Carricart. Le texte, retrouvé par le secrétariat dans ses archives, ne donne aucun détail, évoquant seulement « la gravité des accusations » et la « stupeur provoquée ».
    Interrogée, l’instance ignore si le secrétaire général de l’époque, Pierre Daniel (1994-1999), ou celui qui a pris sa suite, Paul Malartre (1999-2007), en ont fait part aux autorités de l’éducation nationale, ou s’ils sont intervenus. Tous deux sont décédés. Leurs successeurs disent n’avoir rien su.

    Visite d’une journée

    Le diocèse de Bayonne pointe, lui, le « cas particulier » de Notre-Dame de Bétharram, dont la tutelle est assurée par la congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram et sur lequel le diocèse n’a « pas d’autorité ». Cette congrégation ne s’est pas exprimée depuis le début de l’affaire.

    La seule inspection de l’établissement par les services de l’éducation nationale reste donc celle de 1996. A l’issue d’une visite réalisée sur une journée, en présence de la directrice diocésaine, l’inspecteur régional confirmait des actes de violence contre un élève tout en blanchissant l’institution de brutalités systémiques. Il ciblait [ ?] également – sans l’avoir rencontrée – la professeure qui, à l’époque, multipliait les signalements pour dénoncer les violences dont étaient victimes les élèves. L’auteur du rapport a reconnu auprès de nos confrères de Radio France qu’il n’avait « pas cherché à savoir ce qui se passait dans les dortoirs ou dans des lieux de rencontre des élèves ».

    La teneur et les conditions de rédaction de ce rapport ont interpellé de nombreux connaisseurs de l’éducation nationale, qui rappellent cependant le contexte. « Pendant longtemps, il n’y a pas vraiment eu de protocole pour cadrer les inspections, dans le public comme dans le privé, souligne un inspecteur général qui ne souhaite pas être cité. Et si les parents se montaient contre nous, on pouvait très vite être en difficulté. »

    En 1996, les faits de viols n’ont pas encore été dénoncés et l’ensemble de la communauté éducative a pris la défense de l’établissement, véritable institution du Sud-Ouest. Le père à l’origine de la plainte ayant déclenché l’affaire doit même démissionner de l’association des parents d’élèves et s’excuser. « Dans ces établissements d’excellente réputation scolaire, les parents acceptent un règlement intérieur très dur, qui leur semble être le prix de l’excellence. Sauf que cela pousse tout le monde à détourner la tête en cas de problèmes », poursuit le même inspecteur.

    Contrôles marginaux

    Reste que la loi prévoit explicitement que l’Etat, qui finance majoritairement les établissements privés sous contrat, doit régulièrement réaliser des contrôles financiers, pédagogiques et administratifs. Et ce indépendamment de tout signalement. Dans un rapport de 2023, la Cour des comptes dénonçait toutefois d’importantes carences de l’Etat en la matière, les contrôles étant marginaux et « minimalistes ».

    « Le privé a toujours été un sujet politiquement sensible à l’éducation nationale, et l’idée s’est installée que “moins on s’en mêle, mieux ça vaut” », résume Bernard Toulemonde. Dans les années 1990, cette frilosité était plus patente encore qu’aujourd’hui. Un ancien recteur admet ainsi qu’il ne lui « serait pas venu à l’idée d’aller faire une visite, même de courtoisie, dans un établissement privé comme Bétharram sans y être invité ».

    « On marchait sur des œufs, 1984 n’était pas si loin », rappelle Christian Forestier, faisant référence au projet de « loi Savary » qui a déclenché au printemps 1984 d’immenses manifestations pour la défense de l’« école libre ». Ce haut fonctionnaire, qui a assumé plusieurs postes de direction Rue de Grenelle et a été plusieurs fois recteur dans les années 1980 et 1990, le dit sans ambages : « De mon temps, on ne s’occupait pas du privé. »

    D’autant moins lorsqu’il s’agit d’intervenir sur des aspects de la vie des établissements qui touchent au « caractère propre », ou sur des personnels qui ne sont pas employés par l’éducation nationale, comme ceux de la vie scolaire ou les directeurs. « Les inspecteurs allaient dans le privé pour noter les enseignants. Je n’ai pas le souvenir d’avoir eu une seule fois une commande d’inspection de vie scolaire », ajoute-t-il.

    « Cela n’explique pas tout concernant Bétharram, mais cette affaire peut nous conduire à nous interroger : comment a-t-on laissé s’installer en France un système éducatif parallèle, avec des règles qui lui sont propres, mais financé par de l’argent public, tout en le contrôlant très peu ? », questionne Jean-Paul Delahaye.
    En juin 2024, le ministère de l’éducation nationale a pris une circulaire demandant aux recteurs de renforcer les contrôles. L’objectif est d’intervenir dans 40 % des établissements privés sous contrat d’ici à 2027. Il a cependant fallu attendre la mi-février 2025 pour que, face à la pression médiatique et politique, la Rue de Grenelle annonce un contrôle du rectorat à Notre-Dame de Bétharram, le 17 mars. Près de trois décennies après la première alerte grave, et plus d’un an après que des témoignages ont commencé à affluer par dizaines. L’inspection générale n’est toujours pas saisie par la ministre de l’éducation nationale, Elisabeth Borne.

    #école #école_privée #éducation_nationale

  • Pour raisons budgétaires, des enseignants contractuels non reconduits et des classes sans remplaçant
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/12/12/faute-de-budget-des-enseignants-contractuels-non-reconduits-et-des-classes-l

    Parmi les témoignages recueillis par Le Monde, certains contractuels ont appris la rupture de leur contrat par l’impossibilité soudaine, alors qu’ils étaient dans leur établissement, d’accéder à leurs outils numériques.

    https://justpaste.it/gsnun

    Savoir que les outils numériques en question sont pas à eux. Pronote, il y a tout dedans : horaires, liste, notes et bulletins des élèves, messagerie sur la vie scolaire etc.

    Bon, à part ça, c’est pas parce que c’est mieux payé que bien des titulaires que ça doit être cool pour autant, hein, non mais !

    #éducation_nationale #école #profs #vacataires #précarisation

    • Juste une question car cela a déjà dû être évoqué mais j’ai la flemme de chercher : ces personnels précaires de l’éducation nationale bénéficient-ils désormais de l’assurance chômage ? Non parce que « dans le temps » (des emplois-jeunes), cette grande administration ne cotisait pas aux ASSEDIC.

    • Il me semble que cela varie selon les rectorats.
      L’employeur public et le chômage
      https://www.cdg45.fr/wp-content/uploads/2022/07/Etude-Lemployeur-public-et-le-chomage-2.pdf

      .... la particularité du secteur public conduit l’employeur à devoir assurer lui-même l’indemnisation de ses agents. Les employeurs publics ne sont pas soumis à l’obligation de s’affilier au régime d’Assurance chômage géré par l’UNEDIC. C’est le principe de l’auto-assurance. L’employeur assure lui-même la gestion et le financement de l’indemnisation du chômage de ses agents. Il ne verse aucune contribution patronale pour le risque chômage.
      Cependant, pour faciliter la gestion des demandes d’indemnisation de leurs anciens agents contractuels l’employeur public peut demander à France travail de gérer pour son compte les dossiers de ses anciens agents, en signant une convention de gestion.

      Vu l’opacité des RH, ça peut être la croix et la bannière pour (connaitre et) faire valoir ses droits.

  • Nouveaux programmes en mathématiques et français pour les cycles 1 et 2. Les textes sont parus, et on n’est pas déçu…
    https://cafepedagogique.net/2024/11/04/nouveaux-programmes-en-mathematiques-et-francais-pour-les-cycles-1-

    Le 31 octobre 2024, le BO publie un étrange objet : la refonte des composantes « français » et « mathématiques » des programmes de cycle 1 (école maternelle) et 2 (CP au CE2) de l’école primaire, qui a vocation à « remplacer les parties relatives à l’enseignement du langage et des outils mathématiques de l’annexe de l’arrêté du 18 février 2015 ».

    Premier étonnement : dans quel ensemble ces parties s’insèrent-elles ? Les programmes de 2015 comprenaient pour chaque cycle de grands principes et des domaines ayant fait l’objet de larges consultations au sein de la communauté scientifique et éducative. Quid de leur persistance ? En prenant connaissance des quelque 88 pages qui composent le contenu publié la semaine dernière, on peut craindre que la cohérence des programmes aille rapidement s’effacer derrière l’inflation de prescriptions contenues dans ces parties dévolues aux apprentissages « fondamentaux ».

    La valse des programmes

    Avant de tenter d’en dégager quelques grandes lignes, rappelons le cadre : les « programmes », qui sont les textes officiels de rang le plus élevé, surplombant les décrets, circulaires et autres « guides », sont soumis depuis quelques décennies à une accélération vertigineuse, qui laisse de plus en plus de professionnels désemparés, y compris les cadres. Là où les programmes, durant le XXe siècle, duraient plus de 25 ans, le rythme du changement s’est emballé au XXIe : 2002, 2007, 2008, 2015, 2018, 2020 et désormais 2025, avec entre temps une avalanche de « livrets » et de « guides » dont la prescription peine à démêler la primauté et la durée de validité.

    #éducation_nationale

  • Sous Macron, près de 300 #modifications du #Code_de_l’éducation

    Le nombre de changements dans les textes régissant l’Education a très fortement augmenté depuis 2017, créant une situation de plus en plus stressante pour les enseignants.

    Le chercheur Julien Gossa, maître de conférences au laboratoire Sage (Sociétés, acteurs, gouvernement en Europe) de l’université de Strasbourg, a analysé à partir de la base LEGI, qui répertorie les différents changements de version, les modifications apportées au code de l’Education depuis 2008. Il s’agit ici de quantifier le nombre de modifications apportés aux textes régissant l’Education nationale Une modification peut être mineure et ne remanier qu’à la marge, ou majeure, comme l’ont été les réformes du collège, du lycée ou de la formation des enseignants.

    Mais les enseignants sont soumis à un va-et-vient constant du fait de cet enchaînement de réformes des programmes et de l’organisation scolaire, et nombre d’entre eux réclament à présent un ralentissement du rythme.

    https://www.liberation.fr/societe/education/sous-macron-pres-de-300-modifications-du-code-de-leducation-20241007_FDXC
    #macronisme #réformes #instabilité #incertitude #changements #éducation_nationale #France #stress #visualisation #infographie

  • Une DRH à l’éducation nationale. Anne Genetet, est l’autrice de « Comment choisir une employée de maison ? », depuis son expérience d’expatriée. Elle une expérience de la formation puisqu’à Singapour elle organisait des cours de cuisine pour employées de maison.

    [Elle déclarait] devant la Commission de la défense de l’Assemblée nationale (le choix d’une commission parlementaire n’est jamais neutre…) le 14 mai dernier : « … le principal défi réside dans le fait que l’esprit de défense n’est pas inné. Il doit être cultivé en chaque citoyen, dès le plus jeune âge, pour permettre la défense de la nation par elle-même. » Poursuivant sur la JDC : « … il s’agit de mettre en œuvre la souffrance, la discipline et les rites ; cela pourrait inspirer notre jeunesse. »

    https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/220924/l-ideal-educatif-de-genetet-la-souffrance-la-discipline-les-rites

    Le choix de l’élue de 61 ans, connue à l’Assemblée nationale pour ses travaux sur la défense et la diplomatie, a tout pour surprendre. Médecin de formation et diplômée en « journalisme médical et communication », elle a exercé les deux professions avant de devenir #consultante à Singapour, où elle a vécu plusieurs années à partir de 2005. Elle a également été bénévole pour plusieurs ONG travaillant auprès des employés de maison, et a fondé une entreprise de conseil en relations employeur-employée de maison pour des familles expatriées occidentales. Députée depuis 2017, elle a été membre de la commission des affaires étrangères au Palais-Bourbon durant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, puis de la commission de la défense entre 2022 et juillet 2024.
    Mis à part un rapport sur la proposition de loi visant à faire évoluer la gouvernance de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, Anne Genetet n’a jamais travaillé sur les enjeux scolaires, et n’est pas connue pour ses positions publiques sur le sujet.

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/09/21/avec-anne-genetet-et-alexandre-portier-l-education-nationale-partagee-entre-

    Oui, et bien que les bien-pensants du Monde ne le comprennent pas, des expats peuvent contribuer, en France métropolitaine, à la nécessaire reconquête !

    #école #éducation_nationale #DRH #autoritarisme #domestiques (profs, tenez-vous bien ! élèves, préparez-vous à servir) #tapée #racisme

  • Quel est l’effet du « jour de carence » sur les absences pour #maladie des personnels de l’Éducation nationale ?

    Depuis janvier 2018, le premier jour de congé de maladie ordinaire n’est plus indemnisé dans la fonction publique française, une mesure déjà appliquée de janvier 2012 à décembre 2013. Dans le secteur de l’Éducation nationale, qui représente environ 16 % des agents de la #fonction_publique, cette mesure a entraîné en moyenne une diminution de 23 % de la fréquence des absences, et de 5 % du nombre cumulé de jours d’absence pour maladie ordinaire. Cet effet est principalement observé pour les absences de courte durée (moins de sept jours), et n’est pas significatif pour celles de plus de trois mois. Bien que leurs absences aient davantage diminué, les #femmes et les personnes travaillant dans le réseau d’éducation prioritaire continuent de s’absenter plus fréquemment lorsque le jour de carence est appliqué, ce qui les pénalise financièrement. Les données disponibles ne permettent pas de conclure à une baisse des éventuels recours abusifs aux arrêts, puisque cette mesure peut inciter les personnes malades à se rendre au travail. L’impact du jour de carence sur la réussite scolaire des élèves n’a pas été examiné.

    https://www.insee.fr/fr/statistiques/8198911
    #jour_de_carence #carence #travail #éducation_nationale #effets #indemnisation #arrêt_maladie