• UN PODCAST A SOI

    Féminismes, #genre, #égalité : tous les premiers mercredis du mois, Un podcast à soi mêle documentaires et entretiens, récits intimes et paroles d’expert.e.s, textes inspirants et réflexions personnelles, pour évoquer les questions de société liées à l’égalité entre les #femmes et les #hommes. Travail, éducation, santé, écologie, sport, parentalités, sexualités, violences, discriminations...Charlotte Bienaimé invite à la réflexion sur un enjeu de société majeur.


    https://www.arteradio.com/emission/un_podcast_soi
    #podcast #audio #féminisme #arte_radio


  • Moins d’#inégalités pour plus de #croissance

    Faut-il choisir entre #égalité et #efficacité_économique ? Ce présupposé imprègne nombre de débats publics et académiques. Mais dans un monde où les plus aisés peuvent se soustraire aux règles d’une concurrence équitable, redistribuer les richesses permettrait de concilier gains d’efficacité et baisses d’inégalités.

    https://laviedesidees.fr/Moins-d-inegalites-pour-plus-de-croissance.html
    #économie #richesse #pauvreté #riches #pauvres
    ping @reka


  • Initiation des jeunes filles à la cartographie numérique libre (OpenStreetMap) – CAFDO

    https://www.donneesouvertes.africa/initiation-des-jeunes-filles-a-la-cartographie-numerique-libre-o

    Super chouette et super intéressant. Je n sais pas trop quel # mettre mais vous pouvez compléter.

    La CAFDO en collaboration avec OpenStreetMap Côte d’Ivoire, dans le but de promouvoir les données ouvertes, ont organisé, le 20, 21 et 22 Décembre 2018, un atelier de formation à la cartographie numérique libre dédiée uniquement à la jeune fille.

    Il s’est tenu, à Abidjan du 20 au 22 Décembre 2018, un atelier de formation à la cartographie numérique (OpenStreetMap), l’atelier a été animé par Ly Racky, consultante en cartographie numérique et secrétaire de OpenStreetMap Côte d’Ivoire, elle a défini le cadre d’animation de l’atelier de formation qui a réuni durant trois (03) jours une quinzaine de participantes. Cette formation fait suite à un appel à candidatures pour des activités de promotion de la donnée ouverte, initié par la CAFDO.

    #osm #sources_ouverts #cartographie #égalité


  • Francis Dupuis-Déri : « Les hommes sont en crise dès que les femmes avancent vers plus d’égalité et de liberté » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/01/francis-dupuis-deri-les-hommes-sont-en-crise-des-que-les-femmes-avancent-

    Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, la règle semble immuable : dès que les femmes s’affranchissent un tant soit peu des rôles qui leur sont assignés, les hommes se déclarent perdus, déstabilisés, en danger… Le chercheur québécois déconstruit ce mythe qui est avant tout une manipulation rhétorique pour préserver la domination masculine.

    • Francis Dupuis-Déri : « Les hommes sont en crise dès que les femmes avancent vers plus d’égalité et de liberté »
      Erwan Cario, Libération, le 1 février 2019
      https://www.liberation.fr/debats/2019/02/01/francis-dupuis-deri-les-hommes-sont-en-crise-des-que-les-femmes-avancent-

      Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, la règle semble immuable : dès que les femmes s’affranchissent un tant soit peu des rôles qui leur sont assignés, les hommes se déclarent perdus, déstabilisés, en danger… Le chercheur québécois déconstruit ce mythe qui est avant tout une manipulation rhétorique pour préserver la domination masculine.

      Qui a écrit : « Les femmes sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l’intérieur même de nos foyers, qu’elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public » ? Non, pas Eric Zemmour, mais Caton l’Ancien, en 195 avant J.-C., alors que les Romaines se mobilisaient contre une loi leur interdisant de conduire des chars et de porter des vêtements colorés. Le polémiste réac, lui, constatait en 2006, dans son ouvrage le Premier Sexe, que « face à cette pression féminisante, indifférenciée et égalitariste, l’homme a perdu ses repères ». Vingt-deux siècles n’ont donc pas suffi pour que l’homme, le pauvre, trouve sa place dans une société par trop féminisée. Dans son dernier essaila Crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace, qui sortira jeudi en France (Editions du remue-ménage), Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’Université du Quebec à Montréal, est remonté aux origines de ce discours pour mettre en lumière ses rouages antiféministes.

      Comment cette crise de la masculinité se définit-elle à travers les âges ?

      C’est tout à fait cyclique, avec une intensification en période de crise politique ou économique. Mais elle a toujours à peu près le même canevas et elle est portée par des hommes qui occupent des positions privilégiées. Il y a cinq siècles, par exemple, au sein des cours royales, en Angleterre et en France, le roi, des évêques et des intellectuels considèrent que les hommes de la cour commencent à avoir des comportements efféminés. En parallèle - et c’est toujours comme ça avec ce discours de crise -, les femmes ne restent pas à leur place. Elles empiètent sur des domaines qui sont considérés comme masculins. C’est très élastique, cela va des modes vestimentaires et des coiffures aux métiers réservés aux hommes, en passant par la vie intime, et comment se comportent les conjointes. Cette crise concerne donc, à une époque donnée, la perception des hommes et la perception des transgressions des femmes. A partir de là, on déclare que les hommes sont déstabilisés, en danger, désespérés, perturbés, perdus, parce qu’ils n’auraient plus de modèle. C’est une rhétorique qui porte fondamentalement sur la différence entre les sexes, elle réaffirme une opposition sociale, une opposition économique, une opposition politique. On veut surtout réaffirmer une suprématie masculine dans ces domaines.

      La crise de la masculinité, c’est donc avant tout une mécanique d’autodéfense pour la domination masculine ?

      Tout à fait. On pourrait faire l’exercice avec d’autres discours de crise. D’une manière générale, quand on dit qu’il y a une crise, on appelle à l’aide et on identifie la source du problème qui doit être neutralisée. Quand c’est un incendie ou une inondation, il n’y a pas de débat politique quant à la nature de la menace, mais quand il s’agit d’un sujet social, culturel, économique ou politique, ça oppose des groupes, des catégories ou des classes entre elles. Dans ce cas-là, donc, les hommes appellent les autorités à agir en leur faveur.

      Le problème n’est donc pas la masculinité en crise, mais les femmes qui cherchent à s’émanciper…

      C’est un des multiples registres des discours antiféministes. Certains vont parler de l’ordre divin qui impose telle répartition des rôles, d’autres auront un discours plus nationaliste, axé sur la natalité, comme à la fin du XIXe et au début du XXe où, en France, il fallait des enfants pour la prochaine guerre. On peut aussi avoir de l’antiféminisme à l’extrême gauche, quand on établit que l’ennemi principal, c’est le capitalisme et que le féminisme divise les forces syndicales ou ouvrières. Ma thèse, c’est donc que la crise de la masculinité est une forme rhétorique spécifique qui s’exprime quand les femmes avancent collectivement vers plus d’égalité et de liberté.

      Ce discours de crise connaît-il une grande variation dans le temps et selon les pays ?

      Je suis politologue et, au quotidien, je travaille surtout sur des pays comme la France, le Québec, un peu les Etats-Unis. Quand j’ai projeté d’approfondir le sujet, je suis allé voir les collègues en histoire et j’ai voulu sortir de l’Occident pour voir ce qui se passe ailleurs. Et, des deux côtés, cela a été pour moi une découverte, basée sur le travail d’autres chercheuses et chercheurs. J’ai été complètement éberlué par ce que je trouvais : ça se répète presque toujours à l’identique, dans l’histoire et sur toute la planète. Sur cinq cents ans, en Occident, à des époques où l’égalité n’était pas d’actualité, et aujourd’hui dans des pays où on ne peut soupçonner une prise de contrôle par les féministes, comme la Russie, le Qatar, ou certains pays d’Amérique latine ou d’Asie, le masculin est toujours en crise. Cela peut presque suffire pour établir qu’il y a quelque chose de fallacieux là-dedans.

      Comment est définie cette masculinité en crise ?

      Ce sont toujours un peu les mêmes clichés et les mêmes raisonnements circulaires. Ce sont d’immenses généralités qui cherchent des références hors contexte, que ce soit Dieu qui nous a faits comme ça, ou la nature, avec la chasse au mammouth et la préhistoire, ou la biologie, avec la taille des crânes. Selon qui parle et où on se trouve, il y aura toujours une bonne explication. Et les femmes sont toujours comme on veut qu’elles soient : douces, passives, attentives, attentionnées, surtout pas combattantes, car la compétition est évidemment une caractéristique masculine. Ce qui est inquiétant dans cette conception, c’est que s’il y a un conflit entre les deux sexes, on annonce déjà qui va gagner, puisque le combat et la force ne sont que d’un seul côté. Le comble de l’absurde, c’est qu’on va finir par associer le principe même de l’égalité à la féminité et celui de la hiérarchie et de la structuration organisationnelle à la masculinité. Donc l’égalité provoque mécaniquement une crise de la masculinité, ce qui est incroyable au niveau politique, et ce qui ne laisse pas beaucoup d’espoir.

      Vous expliquez que le discours actuel de la crise de la masculinité prend naissance dans les années 60 avec l’apparition de groupes d’hommes proféministes…

      C’est surtout en termes de réseaux et d’organisation que ça se passe, ce ne sont pas nécessairement les mêmes individus. A cette époque, les féministes radicales s’organisent en groupes de conscience où elles se retrouvent, en non-mixité, à déconstruire leur propre socialisation. Elles commencent d’ailleurs à critiquer sérieusement les réseaux d’extrême gauche comme étant machistes et sexistes. Mais dans ces réseaux, il y a des hommes solidaires qui se disent « qu’est-ce qu’on peut faire pour soutenir ce mouvement ? ». Par effet de mimétisme, ils vont créer des groupes, non mixtes, d’hommes très progressistes en solidarité avec le mouvement féministe. Le problème c’est que, rapidement, ils commencent à développer des discours de moins en moins solidaires avec les femmes et de plus en plus préoccupés par leur nombril. Ils commencent par retourner la réflexion sur eux-mêmes, dans une perspective antisexiste, en parlant du système d’oppression des normes patriarcales sur les hommes. Rapidement, ils vont parler de leurs ex, de leurs conjointes, de leurs mères, etc. Les hommes proféministes vont finalement se retrouver minoritaires. A partir de ce moment, certaines organisations vont commencer à parler uniquement de la question de la paternité. On finit, dans certains congrès, par avoir des ateliers pour trouver un bon avocat ou un bon détective privé destinés aux pères divorcés en conflit au sujet de la garde de leur enfant.

      Sur quoi se base le discours de crise aujourd’hui ?

      Les époques induisent des problématiques particulières. Dans ma recherche, j’ai isolé quatre axes. Le premier, c’est que les hommes ne peuvent plus séduire car les femmes ont pris le contrôle de la sexualité. Le deuxième, c’est la question du suicide des hommes qui est, par exemple, très présente au Québec depuis dix ou quinze ans. Le troisième concerne les difficultés scolaires des garçons, et on termine avec la question de la pension alimentaire et de la garde des enfants qui est directement liée à la question des violences conjugales. En effet, certains prétendent que les femmes « instrumentalisent » ces violences pour obtenir la garde et affirment qu’il y a une symétrie dans la violence entre les sexes, même si celle des femmes serait avant tout « psychologique et verbale ».

      Comment expliquer la facilité avec laquelle ce type de discours se propage ?

      On a l’impression, en surface, que tout ça relève du sens commun. Les gens sont convaincus qu’il y a une crise de la masculinité. On le voit sur les blogs, sur les commentaires d’articles en ligne, ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent. Il est possible très facilement de les déconstruire. Sur l’éducation, par exemple, les inégalités économiques jouent un rôle beaucoup plus important sur la réussite que le sexe des élèves. J’ai découvert, par ailleurs, une citation de John Locke au XVIIe siècle qui se plaint que les garçons réussissent moins bien en apprentissage des langues que les filles…

      Concernant le suicide, on peut remonter à la fin du XIXe siècle et l’étude de Durkheim, où il trouvait, déjà à l’époque, un taux de suicide environ trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

      Vous écrivez que ce mythe est « ridicule et risible, absurde et faux, scandaleux et dangereux »…

      Je voudrais appuyer le terme « dangereux », car c’est un mot que j’ai pesé quand je l’ai écrit. Ce discours de la crise de la masculinité peut aller dans certains cas jusqu’à la glorification de l’assassinat et des meurtres de masse de femmes pour se venger de cette crise qu’elles feraient subir aux hommes, comme avec les attentats en Amérique du Nord des involontary celibats, les incels (1), qui vont jusqu’à tuer car ils n’auraient pas eu une sexualité qui leur reviendrait de droit. Il faut aussi toujours déconstruire ces discours sur la symétrie des violences, car on voit même, aux Etats-Unis, des plaintes déposées contre les refuges pour les femmes victimes de violences, en expliquant que c’est discriminatoire car il n’existe pas d’équivalents pour les hommes, et demandant la fin des subventions.

      Finalement, vous dénoncez le mythe et le discours, mais vous l’attendez, cette crise…

      Si on est dans une société injuste, inégalitaire, dominatrice, si on veut mettre en acte des principes de solidarité, d’égalité et de liberté, on ne peut qu’espérer une crise. Et une vraie, cette fois !

      (1) Le dernier en date remonte au 23 avril 2018, à Toronto. Il a fait 10 morts et 14 blessés. Son auteur, Alek Minassian, a publié sur Facebook un message évoquant « la rébellion des incels ».

      #Francis_Dupuis-Déri #Hommes #Femmes #domination_masculine #masculinité #paywall


  • #Émirats_Arabes_Unis. Un prix pour l’#égalité femmes-hommes décerné seulement à des hommes | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/article/emirats-arabes-unis-un-prix-pour-legalite-femmes-hommes-decer

    On pourrait croire à une mauvaise #blague, mais c’est malheureusement la triste réalité. Aux Émirats arabes unis, un prix a été créé pour récompenser les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes dans les départements ministériels. Quatre heureux lauréats pour sa deuxième édition. Et que des hommes.


  • Qui va travailler pour « un avenir meilleur » ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-bulle-economique/qui-va-travailler-pour-un-avenir-meilleur

    A l’occasion de son centenaire, l’#Organisation_Internationale_du_Travail publie un rapport intitulé « Travailler pour un avenir meilleur ». Rédigé par une commission adhoc, composée de politiques, universitaires, représentants de salariés et d’employeurs du monde entier, le rapport a été lancé depuis le siège de l’#OIT à Genève, par le président de l’Afrique du sud.

    Le rapport : https://www.ilo.org/global/topics/future-of-work/publications/WCMS_662440/lang--fr/index.htm

    Parmi les questions clés examinées par la commission figurent les nouvelles formes de #travail, les ramifications institutionnelles de la nature changeante du travail, l’#apprentissage tout au long de la vie, l’#inclusion et l’#égalité du #genre, la mesure de l’emploi et du #bien-être des êtres humains et le rôle de la #protection_sociale universelle dans un avenir de travail stable et équitable.


  • « #Grand_débat » : ce qu’expriment les cahiers de #doléances - François Bonnet, Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/140119/grand-debat-ce-qu-expriment-les-cahiers-de-doleances

    Et puis il y a cette surprise, constatée dans la demi-douzaine de cahiers de doléances ouverts dans plusieurs mairies depuis la fin du mois de décembre et que nous avons consultés à Nancy, à Toul, à Commercy (là, les « revendications » étaient collectées par le groupe de gilets jaunes de la ville), à Bar-le-Duc, soit près de deux cents contributions en tout : c’est l’absence de toute référence à l’islam.

    L’annulation de la hausse de la #CSG fait l’unanimité, tout comme le refus d’une désindexation même partielle du montant des pensions par rapport à l’inflation. « Il est impératif de rétablir cette indexation, les retraités ne doivent pas être sacrifiés », note Jacqueline à Nancy. « Avec la #désindexation partielle, je serai dans dix ans sous le seuil de pauvreté. Est-ce qu’une démocratie républicaine a le droit d’amener ses citoyens à la pauvreté ? », demande un habitant de Toul.

    « Je dois aider mes enfants et maintenant il va falloir aider nos parents qui n’y arrivent plus », note un Nancéien. « Suppression de la CSG, indexation et hausse de 3 % des retraites », demande un autre.

    Moins qu’une baisse des #impôts – très rarement évoquée –, c’est d’abord l’#égalité devant l’impôt qui est exigée. « Il faudrait que tout le monde paie l’impôt sur le revenu, ne serait-ce que 5 ou 10 euros, c’est un acte de citoyenneté », explique Véronique, à Nancy. La contrepartie, c’est imposer plus « les grands patrons, les très hauts revenus, les hauts fonctionnaires et les élus », note un habitant de Toul qui a repris l’idée de Véronique.



  • Les vertus de l’inexplicable – à propos des « gilets jaunes » | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/01/08/vertus-de-linexplicable-a-propos-gilets-jaunes

    par Jacques Rancière

    Les révoltes n’ont pas de raisons. En revanche, elles ont une logique. Et celle-ci consiste précisément à briser les cadres au sein desquels sont normalement perçues les raisons de l’ordre et du désordre et les personnes aptes à en juger. Ces cadres, ce sont d’abord des usages de l’espace et du temps. Significativement ces « apolitiques » dont on a souligné l’extrême diversité idéologique ont repris la forme d’action des jeunesses indignées du mouvement des places, une forme que les étudiants en révolte avaient eux-mêmes empruntée aux ouvriers en grève : l’occupation.

    l y a là assurément bien des raisons de souffrir. Mais souffrir est une chose, ne plus souffrir en est une tout autre. C’est même le contraire. Or les motifs de souffrance que l’on énumère pour expliquer la révolte sont exactement semblables à ceux par lesquels on expliquerait son absence : des individus soumis à de telles conditions d’existence n’ont en effet normalement pas le temps ni l’énergie pour se révolter.

    Il faudrait parfois prendre les choses à l’envers : partir précisément du fait que ceux qui se révoltent n’ont pas plus raisons de le faire que de ne pas le faire – et souvent même un peu moins. Et à partir de là, s’interroger non sur les raisons qui permettent de mettre de l’ordre dans ce désordre mais plutôt sur ce que ce désordre nous dit sur l’ordre dominant des choses et sur l’ordre des explications qui normalement l’accompagne.

    Plus que tous ceux des années récentes, le mouvement des gilets jaunes est le fait de gens qui normalement ne bougent pas : pas des représentants de classes sociales définies ou de catégories connues pour leurs traditions de lutte. Des hommes et femmes d’âge moyen, semblables à ceux que nous croisons tous les jours dans les rues ou sur les routes, sur les chantiers et les parkings, portant pour seul signe distinctif un accessoire que tout automobiliste est tenu de posséder. Ils se sont mis en marche pour la plus terre-à-terre des préoccupations, le prix de l’essence : symbole de cette masse vouée à la consommation qui soulève le cœur des intellectuels distingués ; symbole aussi de cette normalité sur laquelle repose le sommeil tranquille de nos gouvernants : cette majorité silencieuse, faite de purs individus éparpillés, sans forme d’expression collective, sans autre « voix » que celle que comptent périodiquement les sondages d’opinion et les résultats électoraux.

    Occuper, c’est aussi créer un temps spécifique : un temps ralenti au regard de l’activité habituelle, et donc un temps de mise à distance de l’ordre habituel des choses ; un temps accéléré, au contraire, par la dynamique d’une activité qui oblige à répondre sans cesse à des échéances pour lesquelles on n’est pas préparé. Cette double altération du temps change les vitesses normales de la pensée et de l’action. Elle transforme en même temps la visibilité des choses et le sens du possible. Ce qui était objet de souffrance prend une autre visibilité, celle de l’injustice.

    Il est vrai que cette « volonté » peut prendre elle-même la forme d’une revendication : le fameux référendum d’initiative citoyenne. Mais la formule de la revendication raisonnable cache en fait l’opposition radicale entre deux idées de la démocratie : d’un côté la conception oligarchique régnante : le décompte des voix pour et des voix contre en réponse à une question posée. De l’autre, sa conception démocratique : l’action collective qui déclare et vérifie la capacité de n’importe qui à formuler les questions elles-mêmes. Car la démocratie n’est pas le choix majoritaire des individus. C’est l’action qui met en œuvre la capacité de n’importe qui, la capacité de ceux qui n’ont aucune « compétence » pour légiférer et gouverner.

    #Gilets_jaunes #Démocratie

    • Expliquer les « gilets jaunes » ? Qu’entend-on par expliquer ? Donner les raisons pour lesquelles advient ce qu’on n’attendait pas ? Celles-ci, de fait, manquent rarement. Et pour expliquer le mouvement des « gilets jaunes », elles viennent à foison : la vie dans des zones périphériques abandonnées par les transports et les services publics comme par les commerces de proximité, la fatigue de longs trajets quotidiens, la précarité de l’emploi, les salaires insuffisants ou les pensions indécentes, l’existence à crédit, les fins de mois difficiles…

      Il y a là assurément bien des raisons de souffrir. Mais souffrir est une chose, ne plus souffrir en est une tout autre. C’est même le contraire. Or les motifs de souffrance que l’on énumère pour expliquer la révolte sont exactement semblables à ceux par lesquels on expliquerait son absence : des #individus soumis à de telles conditions d’existence n’ont en effet normalement pas le temps ni l’énergie pour se révolter.

      L’explication des raisons pour lesquelles les gens bougent est identique à celle des raisons pour lesquelles ils ne bougent pas. Ce n’est pas une simple inconséquence. C’est la logique même de la #raison_explicatrice. Son rôle est de prouver qu’un mouvement qui a surpris toutes les attentes n’a pas d’autres raisons que celles qui nourrissent l’ordre normal des choses, qu’il s’explique par les raisons mêmes de l’immobilité. Elle est de prouver qu’il ne s’est rien passé qui ne soit déjà connu, d’où l’on tire, si l’on a le cœur à droite, la conclusion que ce mouvement n’avait pas de raison d’être, ou, si l’on a le cœur à gauche, qu’il est tout à fait justifié mais que, malheureusement, il a été mené au mauvais moment et de la mauvaise façon par des gens qui n’étaient pas les bons. L’essentiel est que le monde reste divisé en deux : il y a les gens qui ne savent pas pourquoi ils bougent et les gens qui le savent pour eux.
      Il faudrait parfois prendre les choses à l’envers : partir précisément du fait que ceux qui se révoltent n’ont pas plus raisons de le faire que de ne pas le faire – et souvent même un peu moins. Et à partir de là, s’interroger non sur les raisons qui permettent de mettre de l’ordre dans ce désordre mais plutôt sur ce que ce désordre nous dit sur l’ordre dominant des choses et sur l’ordre des explications qui normalement l’accompagne.
      Plus que tous ceux des années récentes, le mouvement des gilets jaunes est le fait de gens qui normalement ne bougent pas : pas des représentants de classes sociales définies ou de catégories connues pour leurs traditions de lutte. Des hommes et femmes d’âge moyen, semblables à ceux que nous croisons tous les jours dans les rues ou sur les routes, sur les chantiers et les parkings, portant pour seul signe distinctif un accessoire que tout automobiliste est tenu de posséder. Ils se sont mis en marche pour la plus terre-à-terre des préoccupations, le prix de l’essence : symbole de cette masse vouée à la consommation qui soulève le cœur des intellectuels distingués ; symbole aussi de cette normalité sur laquelle repose le sommeil tranquille de nos gouvernants : cette majorité silencieuse, faite de purs individus éparpillés, sans forme d’expression collective, sans autre « voix » que celle que comptent périodiquement les sondages d’opinion et les résultats électoraux.

      Les #révoltes n’ont pas de raisons. En revanche, elles ont une logique. Et celle-ci consiste précisément à briser les cadres au sein desquels sont normalement perçues les raisons de l’ordre et du désordre et les personnes aptes à en juger. Ces cadres, ce sont d’abord des #usages de l’espace et du temps. Significativement ces « apolitiques » dont on a souligné l’extrême diversité idéologique ont repris la forme d’action des jeunesses indignées du mouvement des places, une forme que les étudiants en révolte avaient eux-mêmes empruntée aux ouvriers en grève : l’#occupation.
      Occuper, c’est choisir pour se manifester comme collectivité en lutte un lieu ordinaire dont on détourne l’affectation normale : production, circulation ou autre. Les « gilets jaunes » ont choisi ces #ronds-points, ces non-lieux autour desquels des automobilistes anonymes tournent tous les jours. Ils y ont installé matériel de propagande et baraquements de fortune comme l’avaient fait ces dix dernières années les anonymes rassemblés sur les places occupées.
      Occuper, c’est aussi créer un #temps_spécifique : un temps ralenti au regard de l’activité habituelle, et donc un temps de mise à distance de l’ordre habituel des choses ; un temps accéléré, au contraire, par la dynamique d’une activité qui oblige à répondre sans cesse à des échéances pour lesquelles on n’est pas préparé. Cette double altération du temps change les vitesses normales de la pensée et de l’action. Elle transforme en même temps la visibilité des choses et le sens du possible. Ce qui était objet de souffrance prend une autre visibilité, celle de l’#injustice. Le refus d’une taxe devient le sentiment de l’injustice fiscale puis le sentiment de l’injustice globale d’un ordre du monde. Quand un collectif d’égaux interrompt la marche normale du temps et commence à tirer sur un fil particulier – taxe sur l’essence, aujourd’hui, sélection universitaire, réforme des pensions ou du code du travail, hier – c’est tout le tissu serré des inégalités structurant l’ordre global d’un monde gouverné par la loi du profit qui commence à se dérouler.

      Ce n’est plus alors une demande qui demande satisfaction. Ce sont deux mondes qui s’opposent. Mais cette opposition de mondes creuse l’écart entre ce qui est demandé et la logique même du mouvement. Le négociable devient #non_négociable. Pour négocier on envoie des #représentants. Or les « gilets jaunes », issus de ce pays profond qu’on nous dit volontiers sensible aux sirènes autoritaires du « populisme », ont repris cette revendication d’horizontalité radicale que l’on croit propre aux jeunes anarchistes romantiques des mouvements Occupy ou des ZAD. Entre les égaux assemblés et les gestionnaires du pouvoir oligarchique, il n’y a pas de négociation. Cela veut dire que la #revendication triomphe par la seule peur des seconds mais aussi que sa victoire la montre dérisoire par rapport à ce que la révolte « veut » par son développement immanent : la fin du pouvoir des « représentants », de ceux qui pensent et agissent pour les autres.
      Il est vrai que cette « volonté » peut prendre elle-même la forme d’une revendication : le fameux référendum d’initiative citoyenne. Mais la formule de la revendication raisonnable cache en fait l’opposition radicale entre deux idées de la démocratie : d’un côté la conception oligarchique régnante : le décompte des voix pour et des voix contre en réponse à une question posée. De l’autre, sa conception démocratique : l’#action_collective qui déclare et vérifie la capacité de n’importe qui à formuler les questions elles-mêmes. Car la démocratie n’est pas le choix majoritaire des individus. C’est l’action qui met en œuvre la capacité de n’importe qui, la capacité de ceux qui n’ont aucune « compétence » pour légiférer et gouverner.

      Entre le pouvoir des égaux et celui des gens « compétents » pour gouverner, il peut toujours y avoir des affrontements, des négociations et des compromis. Mais derrière ceux-ci, il reste l’abîme du rapport non négociable entre la #logique_de_l’égalité et celle de l’inégalité. C’est pourquoi les révoltes restent toujours au milieu du chemin, pour le grand déplaisir et la grande satisfaction des savants qui les déclarent vouées à l’échec parce que dépourvues de « stratégie ». Mais une stratégie n’est qu’une manière de régler les coups à l’intérieur d’un monde donné. Aucune n’enseigne à combler le fossé entre deux mondes. « Nous irons jusqu’au bout », dit-on à chaque fois. Mais ce bout du chemin n’est identifiable à aucun but déterminé, surtout depuis que les États dits communistes ont noyé dans le sang et la boue l’espérance révolutionnaire. C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre le slogan de 1968 : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat. » Les commencements n’atteignent pas leur fin. Ils restent en chemin. Cela veut dire aussi qu’ils n’en finissent pas de recommencer, quitte à changer d’acteurs. C’est le réalisme – inexplicable – de la révolte, celui qui demande l’impossible. Car le possible lui est déjà pris. C’est la formule même du pouvoir : no alternative .

      #égalité #égaux


  • Suisse Marina Carobbio : « Une grève des femmes en 2019 est vraiment utile » Malika Nedir/jvia - 2 Décembre 2018 - RTS
    https://www.rts.ch/info/suisse/10110045-marina-carobbio-une-greve-des-femmes-en-2019-est-vraiment-utile-.html

    Un appel à une grève nationale des femmes est lancé pour le 14 juin prochain. Une action « utile », estime la présidente de Conseil national Marina Carobbio. Selon elle, il est encore difficile pour une femme de faire carrière en politique en Suisse.


    Marina Carobbio, Présidente du Conseil National, veut défendre la place des femmes en politique. Une des priorités de son mandat 19h30 / 3 min. / à 19:30

    « Une grève des femmes, c’est vraiment utile, parce que cela vient d’en bas. Il y a beaucoup de femmes qui s’engagent, des collectifs de tout le pays. Et on a vu que la dernière grève, en 1991, a abouti à quelque chose. Cela faisait des années que l’égalité était inscrite dans la Constitution fédérale, mais on n’avait pas encore de loi », rappelle la socialiste tessinoise Marina Carobbio, présidente cette année du Conseil national et de l’Assemblée nationale, élue le 26 novembre dernier.
    VOIR LA VIDEO SUR LE SITE DE LA RTS https://www.rts.ch/info/suisse/10110045-marina-carobbio-une-greve-des-femmes-en-2019-est-vraiment-utile-.html

    En 1991, près de 500’000 personnes avaient fait grève pour réclamer l’égalité réelle entre hommes et femmes. « On n’en a pas encore les effets concrets maintenant, il y a encore des disparités salariales importantes », reconnaît toutefois Marina Carobbio dans le 19h30 de la RTS.

    Le Parlement vient par exemple d’accepter une réforme de la loi sur l’égalité salariale, mais celle-ci reste peu contraignante à l’égard des entreprises. « Moi j’espérais quelque chose de plus. Mais on a au moins la révision de la loi, sur laquelle on peut travailler. On doit maintenant vraiment aboutir à une égalité salariale effective. C’est dans l’intérêt de tout le monde », estime la première citoyenne du pays.

    Défendre la place des femmes en politique
    Pourquoi ces avancées sont-elles si lentes ? « L’une des raisons, c’est que l’on n’a pas une égalité là où l’on prend les décisions politiques ». En effet, il n’y a actuellement que 32% de femmes au Conseil national et 15% au Conseil des Etats. « Il y a eu des pas importants, avec deux nouvelles conseillères fédérales, mais nous n’avons pas une égalité de représentation des hommes et des femmes dans les parlements. Il y a même des gouvernements cantonaux, comme le mien au Tessin, où il n’y a pas de femme », regrette-t-elle.

    L’une des priorités du mandat de Marina Carobbio est donc de défendre la place des femmes en politique. Elle a d’ailleurs lancé une page web, intitulée Femmes politiques, dans ce but. Elle reconnaît que son parcours personnel - mère de deux enfants, médecin, vice-présidente du Parti socialiste suisse et élue au Conseil national depuis 12 ans - reste pour l’heure une exception.

    A ses yeux, faire une carrière politique en Suisse, est « encore plus difficile qu’il y a quelques années », notamment parce que « les femmes sont très attaquées sur les réseaux sociaux » et ont « peur de s’engager ».

    Responsabilité des partis
    Marina Carobbio souligne encore la responsabilité des partis politiques : « Ils ne doivent pas seulement mettre les femmes sur la liste, mais aussi les soutenir ». « J’espère que l’année prochaine il y aura beaucoup de femmes candidates aux élections fédérales, mais aussi de femmes qui seront élues », conclut-elle.

     #grève_des_Femmes #grève #luttes_sociales #féminisme #travail #égalité #sexisme #inégalités #Marina_Carobbio #disparités_salariale


  • The Philosopher Redefining Equality | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2019/01/07/the-philosopher-redefining-equality

    At fifty-nine, Anderson is the chair of the University of Michigan’s department of philosophy and a champion of the view that equality and freedom are mutually dependent, enmeshed in changing conditions through time. Working at the intersection of moral and political philosophy, social science, and economics, she has become a leading theorist of democracy and social justice. She has built a case, elaborated across decades, that equality is the basis for a free society. Her work, drawing on real-world problems and information, has helped to redefine the way contemporary philosophy is done, leading what might be called the Michigan school of thought. Because she brings together ideas from both the left and the right to battle increasing inequality, Anderson may be the philosopher best suited to this awkward moment in American life. She builds a democratic frame for a society in which people come from different places and are predisposed to disagree.

    As the students listened, she sketched out the entry-level idea that one basic way to expand equality is by expanding the range of valued fields within a society. Unlike a hardscrabble peasant community of yore in which the only skill that anyone cared about might be agricultural prowess, a society with many valued arenas lets individuals who are good at art or storytelling or sports or making people laugh receive a bit of love.

    As a rule, it’s easy to complain about inequality, hard to settle on the type of equality we want. Do we want things to be equal where we start in life or where we land? When inequalities arise, what are the knobs that we adjust to get things back on track? Individually, people are unequal in countless ways, and together they join groups that resist blending. How do you build up a society that allows for such variety without, as in the greater-Detroit real-estate market, turning difference into a constraint? How do you move from a basic model of egalitarian variety, in which everybody gets a crack at being a star at something, to figuring out how to respond to a complex one, where people, with different allotments of talent and virtue, get unequal starts, and often meet with different constraints along the way?

    In 1999, Anderson published an article in the journal Ethics, titled “What Is the Point of Equality?,” laying out the argument for which she is best known. “If much recent academic work defending equality had been secretly penned by conservatives,” she began, opening a grenade in the home trenches, “could the results be any more embarrassing for egalitarians?”

    The problem, she proposed, was that contemporary egalitarian thinkers had grown fixated on distribution: moving resources from lucky-seeming people to unlucky-seeming people, as if trying to spread the luck around. This was a weird and nebulous endeavor. Is an heir who puts his assets into a house in a flood zone and loses it unlucky—or lucky and dumb? Or consider a woman who marries rich, has children, and stays at home to rear them (crucial work for which she gets no wages). If she leaves the marriage to escape domestic abuse and subsequently struggles to support her kids, is that bad luck or an accretion of bad choices? Egalitarians should agree about clear cases of blameless misfortune: the quadriplegic child, the cognitively impaired adult, the teen-ager born into poverty with junkie parents. But Anderson balked there, too. By categorizing people as lucky or unlucky, she argued, these egalitarians set up a moralizing hierarchy.

    To be truly free, in Anderson’s assessment, members of a society had to be able to function as human beings (requiring food, shelter, medical care), to participate in production (education, fair-value pay, entrepreneurial opportunity), to execute their role as citizens (freedom to speak and to vote), and to move through civil society (parks, restaurants, workplaces, markets, and all the rest). Egalitarians should focus policy attention on areas where that order had broken down. Being homeless was an unfree condition by all counts; thus, it was incumbent on a free society to remedy that problem. A quadriplegic adult was blocked from civil society if buildings weren’t required to have ramps. Anderson’s democratic model shifted the remit of egalitarianism from the idea of equalizing wealth to the idea that people should be equally free, regardless of their differences. A society in which everyone had the same material benefits could still be unequal, in this crucial sense; democratic equality, being predicated on equal respect, wasn’t something you could simply tax into existence. “People, not nature, are responsible for turning the natural diversity of human beings into oppressive hierarchies,” Anderson wrote.

    Her first book, “Value in Ethics and Economics,” appeared that year, announcing one of her major projects: reconciling value (an amorphous ascription of worth that is a keystone of ethics and economics) with pluralism (the fact that people seem to value things in different ways). Philosophers have often assumed that pluralistic value reflects human fuzziness—we’re loose, we’re confused, and we mix rational thought with sentimental responses. Anderson proposed that, actually, pluralism of value wasn’t the fuzz but the thing itself. She offered an “expressive” theory: in her view, each person’s values could be various because they were socially expressed, and thus shaped by the range of contexts and relationships at play in a life. Instead of positing value as a basic, abstract quality across society (the way “utility” functioned for economists), she saw value as something determined by the details of an individual’s history. Like her idea of relational equality, this model resisted the temptation to flatten human variety toward a unifying standard. In doing so, it helped expand the realm of free and reasoned economic choice.

    Broadly, there’s a culturally right and a culturally left ideal theory for race and society. The rightist version calls for color blindness. Instead of making a fuss about skin and ethnicity, its advocates say, society should treat people as people, and let the best and the hardest working rise. The leftist theory envisions identity communities: for once, give black people (or women, or members of other historically oppressed groups) the resources and opportunities they need, including, if they want it, civil infrastructure for themselves. In “The Imperative of Integration,” published in 2010, Anderson tore apart both of these models. Sure, it might be nice to live in a color-blind society, she wrote, but that’s nothing like the one that exists. In one study she cited, sixty per cent of people who saw a crime report on TV that hadn’t identified the suspect thought that it had; seventy per cent of those people thought that the suspect was black. Other research found that when white people pretended not to notice race they often acquired alienating tics, such as avoiding eye contact. Color blindness would simply lock in problems past correction.

    But the case for self-segregation was also weak. Affinity groups provided welcome comfort, yet that wasn’t the same as power or equality, Anderson pointed out. And there was a goose-and-gander problem. Either you let only certain groups self-segregate (certifying their subordinate status) or you also permitted, say, white men to do it, and—well, we have a lot of data from that experiment, and they’re not encouraging.

    Anderson’s solution was “integration,” a concept that, especially in progressive circles, had been uncool since the late sixties. Integration, by her lights, meant mixing on the basis of equality. It was not assimilation. It required adjustments from all groups. Anderson laid out four integrative stages: formal desegregation (no legal separation), spatial integration (different people share neighborhoods), formal social integration (they work together, and are one another’s bosses), and informal social integration (they become buddies, get married, start families). Black students in integrated high schools, according to one study, had higher graduation rates than those in segregated schools, even controlling for socioeconomic background, parental education, and other factors. Students—black and white—at integrated schools went on to lead more integrated lives.

    Many people still believed that market economies were a sound foundation of freedom. Yet, she found, ninety per cent of female restaurant workers reported being sexually harassed. Some poultry-industry employees were said to have worn diapers for lack of breaks. About seven million American workers had been compelled to support political positions under threat from their bosses. Such people could not be called free.

    Anderson zeroed in on Adam Smith, whose “The Wealth of Nations,” published in 1776, is taken as a keystone of free-market ideology. At the time, English labor was subject to uncompensated apprenticeships, domestic servitude, and some measure of clerical dominion. Rigid hierarchies, from the king to the pauper, were maintained by an arcane system of debts, favors, and gifts. Smith saw the markets as an escape from that order. Their “most important” function, he explained, was to bring “liberty and security” to those “who had before lived almost in a continual state of war with their neighbours, and of servile dependency upon their superiors.”

    Smith, in other words, was an egalitarian. He had written “The Wealth of Nations” in no small part to be a solution to what we’d now call structural inequality—the intractable, compounding privileges of an arbitrary hierarchy. It was a historical irony that, a century later, writers such as Marx pointed to the market as a structure of dominion over workers; in truth, Smith and Marx had shared a socioeconomic project. And yet Marx had not been wrong to trash Smith’s ideas, because, during the time between them, the world around Smith’s model had changed, and it was no longer a useful tool.

    “You can see that, from about 1950 to 1970, the typical American’s wages kept up with productivity growth,” she said. Then, around 1974, she went on, hourly compensation stagnated. American wages have been effectively flat for the past few decades, with the gains of productivity increasingly going to shareholders and to salaries for big bosses.

    What changed? Anderson rattled off a constellation of factors, from strengthened intellectual-property law to winnowed antitrust law. Financialization, deregulation. Plummeting taxes on capital alongside rising payroll taxes. Privatization, which exchanged modest public-sector salaries for C.E.O. paydays. She gazed into the audience and blinked. “So now we have to ask: What has been used to justify this rather dramatic shift of labor-share of income?” she said.

    #Philosophie #Etats-Unis #Egalité


  • Why Women Have Better Sex Under Socialism
    https://www.jacobinmag.com/2018/11/kristen-ghodsee-women-sex-under-socialism-eastern-bloc-communism

    One of the most positive features of state socialism, Ghodsee argues, is that it gave women economic independence from men. In the former Soviet countries, women may not have been able to take part in free elections or find a diversity of consumer goods, but they were guaranteed public education, jobs, housing, health care, maternity leave, child allowances, child care, and more. Not only did this arrangement liberate women and men alike from the anxieties and pressures of sink-or-swim capitalism; it also meant that women were much less likely to rely on male partners for the fulfillment of basic needs. This in turn meant that heterosexual women’s romantic relationships with men were more optional, less constrained by economic considerations, and often more egalitarian. As Ghodsee writes in her book:

    When women enjoy their own sources of income, and the state guarantees social security in old age, illness, and disability, women have no economic reason to stay in abusive, unfulfilling, or otherwise unhealthy relationships. In countries such as Poland, Hungary Czechoslovakia, Bulgaria, Yugoslavia, and East Germany, women’s economic independence translated into a culture in which personal relationships could be freed from market influences. Women didn’t have to marry for money.

    Alexandra [Kollontai] wanted to create public canteens where people could eat. She wanted to create public laundries. She also wanted to create mending cooperatives, because back then mending was a huge task that women had to do at home and she thought it would be more efficient if done collectively, reducing the burden on individual women.

    What we see is that when women have economic independence from men — in the sense that they can support children out of wedlock, they have jobs, they have pensions, they have access to housing and their basic needs like utilities and food are subsidized — they don’t stick around in relationships that are unsatisfying. When they can leave, they don’t stay with men who don’t treat them well.

    So if a man is heterosexual and he wants to be in a relationship with a woman, it’s not that easy to get a woman by providing her economic security she doesn’t have, or buying her something that she needs. He has to be kind, thoughtful, attractive in other ways. And it turns out that when men have to be “interesting” in order to attract women, they are. They actually end up being better men. It’s not that difficult a concept. I don’t know why people are so shocked by this.

    I think that in a culture where women have more economic opportunities, men self-civilize in a way because they realize that if they want to be in relationships with women they can’t be abusive, they can’t take women for granted.

    There were brilliant socialist feminists in the seventies, people like Silvia Federici and others, who were making the case that large structural changes would reorganize relationships between men and women. What happened is that, as Nancy Fraser has written about, feminism was largely co-opted by neoliberal capitalism. So we ended up getting a kind of Sheryl Sandberg-style “lean in” feminism, which is all about individual success and creating conditions for a handful of women to be as filthy rich as a handful of men are.

    The idea of socialist feminism evaporated with the general global backlash against Marxism and the rise of neoliberalism. We’re still surviving that now.

    Because I’m an ethnographer who’s been doing field work in Eastern Europe for twenty years, I know many people who will tell you that life was much more nuanced and complex, and not as overwhelmingly negative as Westerners imagine. Certainly not everybody was marching around in Mao suits with shaved heads, or starving in the streets and begging for a pair of jeans.

    Young people who are coming to socialist ideas today, they get automatically whacked over the head with the cudgel of twentieth-century socialist crimes in Eastern Europe. If you say anything about state-funded health care, people start screaming about the purges and the gulags. We have to be able to have a nuanced, thoughtful, enriching conversation about the past. The anti-communist knee-jerk reaction you get in the United States makes it difficult to have that conversation. I hope my book makes it a little easier.

    Ça me fait penser au truc que j’ai posté sur les régimes autoritaires, Trump, Duterte, etc. qui tapaient sur les femmes.

    #Kristen_Ghodsee #sexe #communisme #femmes #égalité

    • Merci, @aude_v.
      L’ouvrage d’August Bebel Die Frau und der Sozialismus (La femme et le socialisme), paru en 1879 (pendant les lois (anti-)socialistes de Bismarck), est l’une des premières, sinon la première analyse de la question de l’égalité en terme de lutte des classes. L’ouvrage a inspiré toutes les grandes féministes allemandes, comme Clara Zetkin :

      „Es darf nicht nach seinen Vorzügen oder Mängeln bewertet werden, es muss beurteilt werden nach der Zeit, in der es erschien. Und da war es mehr als ein Buch, es war ein Ereignis, eine Tat. Zum ersten Male wurde darin den Genossen klargelegt, in welchem Zusammenhange die Frauenfrage mit der geschichtlichen Entwicklung steht, zum ersten Male ertönte aus diesem Buche der Ruf: Wir können die Zukunft nur erobern, wenn wir die Frauen als Mitkämpferinnen gewinnen.“ Dies sagte Clara Zetkin über das Buch Bebels auf dem Gothaer SPD-Parteitag im Jahre 1896.

      https://www.sozialismus.info/2018/05/august-bebel-die-frau-und-der-sozialismus
      Les différences en matière d’égalité entre Allemagne de l’Est et de l’Ouest existent toujours :

      Die grundlegend und über viele Jahrzehnte unterschiedliche Familienpolitik in Ost und West wirkt auch heute noch, 26 Jahre nach dem Mauerfall und mit gemeinsamer Bundesregierung in beiden Teilen Deutschlands nach. Die Unterschiede sind sowohl strukturell (z.B. Ausgestaltung und Umfang der Kinderbetreuungsangebote) als auch kulturell, z.B. ein anderes Selbstverständnis von Müttern in Ost und West aber auch von ihren jeweiligen sozialen Umfeldern. Die damit einhergehende höhere Erwerbsneigung von Frauen im Osten ist im Vergleich zum Westen unabhängiger vom Familienstand und dem Vorhandensein von Kindern. Dies führte im Osten zu einer stärkeren Arbeitsteilung auch bei unbezahlter Arbeit, nicht jedoch zu einer gerechten Arbeitsteilung, denn auch im Osten arbeiten Frauen mehr unbezahlt als Männer.
      Die Unterschiede im Erwerbsleben wirken sich langfristig auf die ökonomische Unabhängigkeit aus, denn sowohl geschlechterbezogene Verdienstunterschiede als auch Rentenunterschiede sind im Osten der Bundesrepublik erheblich niedriger. Kaum Unterschied gibt es in der Geburtenziffer, in beiden Hälften des Landes ist sie gleich niedrig. Die Ursachen sind jedoch jeweils andere: Im Westen gibt es einen hohen Anteil kinderloser Frauen, v.a. bei Akademikerinnen, im Osten gibt es zwar wenig kinderlose Frauen aber dafür mehr Mütter mit nur einem Kind. Ist im Westen vermutlich der Zwang, sich zwischen Kindern und Beruf entscheiden zu müssen, ursächlich für Entscheidungen gegen Kinder, so sind im wirtschaftlich schwächeren Osten eher ökonomische Gründe für die Entscheidung gegen ein zweites oder drittes Kind zu suchen. In den letzten Jahrzehnten gab es Anpassungen in beiden Regionen, generell kann aber eher von einer Anpassung an ostdeutsche Traditionen der Familienpolitik gesprochen werden, denn ihre Kernelemente, wie die umfassende Bereitstellung von Kinderbetreuung und weitere Maßnahmen zur Verbesserung der Vereinbarkeit gehören seit einigen Jahren auch zum bundesdeutschen Schwerpunkt der Familienpolitik. Ein diesbezüglicher Kulturwandel hin zu mehr Akzeptanz arbeitender Mütter ist in der Konsequenz auch in Westdeutschland feststellbar.

      https://www.boell.de/de/2016/11/09/familienpolitik-ost-und-westdeutschland-und-ihre-langfristigen-auswirkungen
      #socialisme #féminisme


  • L’ANARCHIE C’EST PAS CE QUE TU CROIS

    Dans ce deuxième épisode, on répond à la question « Qu’est-ce que l’Anarchie ? ».
    Tu vas voir que l’Anarchie c’est peut-être pas ce que tu crois, tu risques d’être surpris·e .

    https://sikke.fi/videos/watch/a102285b-d790-44f0-a6c1-04100d4e364b

    –-> signalé par @val_k (https://seenthis.net/messages/745611), je republie ici... en y ajoutant des mots-clé en plus

    #chaos #désordre #violence #idées-reçues #préjugés #vidéo #ressources_pédagogiques #capitalisme_démocratique #Etat #domination #liberté #exploitation #frontières #discriminations #élections #vote #votations #esclaves #esclavage #égalité #privilèges #ordres #autorité #Proudhon #égalitarisme #communisme #anarcho-communisme #communisme_libertaire #rouge_et_noir #communisme_autoritaire #monopole_de_la_violence #accaparement_des_ressources #illusions #raison #croyance #Louise_Michel #drapeau_noir

    Sans l’égalité, la liberté n’est pas possible.
    Sans liberté, l’égalité n’est pas possible.
    L’anarchisme c’est l’égalité et la liberté. Jamais l’une sans l’autre.


  • Gilets jaunes et #Démocratie_directe : convergences et obstacles (2/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Gilets-jaunes-et-democratie-950

    Voir la première partie (.../...) 2 – Les obstacles, ou chantiers, présents et futurs Un mouvement autonome de ce type se trouve au fil de son développement face à l’épreuve de son #Institutionnalisation. Le mot est compliqué, je m’explique : la forme spontanée, largement informelle et improvisée n’est pas durable dans la durée, sinon dans les rêves absurdes des « spontanéistes » et des maniaques de l’émeute ou alors sous forme de dérèglement capillaire progressif, mais qui peut alors facilement dériver (...)

    #Comptes-rendus_d'interventions

    / Gilets jaunes (2018), #Lieux_Communs, #Politique, #Anthropologie, #Insurrectionnalisme, #Multiculturalisme, #Conférence, #Assemblée, Démocratie directe, #Égalité_des_revenus, #Énergie, #Empire, #Immigration, (...)

    #Gilets_jaunes_2018_


  • « Le sentiment de pauvreté met en évidence une insécurité sociale durable et une vision dégradée de son avenir », Nicolas Duvoux, Propos recueillis par Anne Chemin
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/21/qui-se-sent-pauvre-en-france_5400777_3232.html

    « Le sentiment de pauvreté met en évidence une insécurité sociale durable et une vision dégradée de son avenir »
    Pour le sociologue Nicolas Duvoux, la pauvreté monétaire est un indicateur d’inégalité, alors que la pauvreté subjective, qui concerne environ 13 % de la population, est un indicateur d’insécurité.

    Nicolas Duvoux est professeur de sociologie à l’université Paris-VIII-Vincennes Saint-Denis, chercheur au Cresppa-LabToP. Il est l’auteur, avec Adrien Papuchon, de « Qui se sent pauvre en France ? Pauvreté subjective et insécurité sociale », un article de la Revue française de sociologie, 2018/4, p. 607-645

    Quelles sont les différentes définitions de la #pauvreté et que nous apprennent-elles ?

    La question de savoir qui sont les « pauvres » a été très débattue dans les sciences humaines et sociales. En France est considéré comme pauvre tout individu vivant dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60 % du niveau de vie médian : en 2016, cela représente 1 026 euros par mois pour une personne isolée, soit 14 % de la population. La pauvreté touche aujourd’hui de manière disproportionnée les enfants (19,8 %), les jeunes adultes (19,7 % des 18-29 ans) et les familles monoparentales (34,8 %). C’est un indicateur d’inégalité, qui mesure l’écart avec les revenus médians ou intermédiaires.

    Il y a aussi la pauvreté en conditions de vie – elle est en baisse du fait, notamment, de l’amélioration de la qualité des logements. Enfin, il y a le fait d’être « assisté » par la collectivité, c’est-à-dire de percevoir une aide sociale, notamment le revenu de solidarité active (#RSA). Inspirée par les analyses du sociologue allemand Georg Simmel, cette approche qui s’est déployée dans un ­contexte de développement du #chômage_de_masse met l’accent sur les formes institutionnelles de la pauvreté : l’intervention des pouvoirs publics assigne l’individu à l’identité de pauvre.

    Vous venez de publier, avec Adrien Papuchon, un article dans la « Revue française de sociologie » qui évoque la « #pauvreté_subjective ». Cette notion permet-elle de mieux comprendre le mouvement des « gilets jaunes » ?

    Tandis que la #pauvreté_monétaire relative indique la part des ­revenus qui sont éloignés des revenus intermédiaires ou médians, le sentiment de pauvreté, qui concerne environ 13 % de la population, met en évidence une #insécurité_sociale durable et une vision dégradée de son avenir. La pauvreté monétaire est un indicateur d’inégalité, alors que la pauvreté subjective est un indicateur d’insécurité. L’apport principal de cette mesure subjective de la pauvreté est de remettre en cause la vision la plus commune de la pauvreté qui, en se centrant sur les situations d’éloignement prolongé du marché du travail, néglige la forte proportion d’actifs parmi les personnes qui se jugent pauvres.

    Les données du baromètre d’opinion de la direction de la ­recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques montrent qu’un tiers des personnes qui se sentent pauvres sont en emploi. La moitié d’entre elles sont des employés et ouvriers en emploi ou au chômage, centre de gravité des #classes_populaires. Des #retraités modestes et de petits #indépendants apparaissent aussi surreprésentés.

    Ces catégories modestes mais non pauvres, subalternes mais non démunies, sont aujourd’hui dans une situation de tension et mal protégées : leur sentiment de pauvreté est attaché à un pessimisme pour l’avenir. C’est sans doute une des explications de l’irruption de populations « invisibles » à l’occasion du mouvement des « #gilets_jaunes ».

    Que nous apprend la notion de « pauvreté subjective » sur la complexité du monde social ?

    Cette notion nous invite à utiliser la perception de soi et la ­#dimension_subjective d’un phénomène comme la pauvreté pour accéder aux structures qui déterminent la position des ­individus. Ainsi, notre propos n’est pas de compléter la mesure objective de la pauvreté par une mesure subjective, encore moins d’opposer les deux, mais de dépasser la dualité de l’objectif et du subjectif.

    La réflexion en termes de #classes_sociales a toujours fait la part à cette dualité (Marx parlait de classes « en soi » et « pour soi ») et un des paradoxes des sociétés contemporaines est précisément le désajustement entre une forte augmentation des #inégalités socio-économiques et une faible ­conscience de classe, y compris chez ceux qui la subissent.

    Dans ce contexte, il nous semble important de renouveler l’approche de la structure sociale en intégrant ces deux dimensions plutôt que de présupposer que la perception de soi est une illusion qui masque les déterminations sociales ou, au contraire, que la subjectivité donne un accès direct au monde social. Il faut travailler les chevauchements et les désajustements entre les dimensions : ainsi des hommes seuls se disent pauvres même quand ils ne le sont pas et, même pauvres au sens monétaire, sont préservés dans leur identité quand ils sont en couple. A rebours, les familles monoparentales sont à la fois pauvres objectivement et subjectivement. Le #temps joue un rôle majeur dans l’articulation de ces dimensions.

    #sociologie_des_sentiments #assistés #pauvres

    • « Gilets jaunes » : « La perspective d’une réunification d’un bloc populaire inquiète les politiques », Nicolas Duvoux, propos recueillis par Sylvia Zappi
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/07/gilets-jaunes-la-perspective-d-une-reunification-d-un-bloc-populaire-inquiet

      Pour le sociologue Nicolas Duvoux, le mouvement de protestation a fait renaître une #conscience_de_classe parmi les couches populaires.

      Nicolas Duvoux est professeur de sociologie à l’université Paris-VIII. Il a codirigé, avec Cédric Lomba, l’ouvrage collectif Où va la France populaire ? (Presses universitaires de France, 120 p., 9,50 €), qui montre que la fragmentation du monde ouvrier est le principal facteur de son désarmement identitaire et politique.

      On ne parle plus aujourd’hui de classe ouvrière, mais de classes populaires. Pourquoi ?

      Parce que la réalité et la représentation sociales de ces groupes ont changé. Le monde ouvrier, depuis trente ans, a connu de très fortes évolutions avec l’accès à l’éducation, la tertiarisation des emplois et leur féminisation. L’image sociologique de ce monde-là au sortir de la seconde guerre mondiale était celle de l’ouvrier masculin qualifié de Billancourt. Il incarnait le groupe et lui donnait sa force.
      C’était un univers soudé autour d’une forte centralité professionnelle et d’un mouvement social et politique capable d’agréger l’ensemble, pourtant disparate, même pendant les « trente glorieuses ». Cette unité n’existe plus. Les classes populaires sont aujourd’hui constituées de groupes éclatés.

      Comment se définit alors ce monde populaire ?

      Par ce qui l’unifie encore, à savoir sa position #subalterne dans le monde socio-économique et la contrainte économique qu’il subit – celle des travailleurs qui ont des emplois d’exécutants et qui reçoivent des ordres. Ces modes de vie sont aussi un marqueur commun. Les classes populaires ont ainsi un attachement aux #sociabilités_locales et un fort sentiment d’appartenance au groupe, un sens du #collectif qu’on ne perd pas.
      Mais dans cet ensemble, des différenciations importantes sont apparues. On n’a pas la même vision du monde selon qu’on a un emploi stable ou #précaire, selon qu’on réside dans une commune reléguée ou incluse dans une métropole, selon qu’on habite dans un petit pavillon ou dans un grand ensemble en banlieue, si on est en couple avec deux salaires ou une mère célibataire, si l’on appartient à une minorité visible ou non, etc.
      Ce qu’il y a derrière cette appellation de classes populaires n’est donc pas un bloc homogène, mais un continuum qui va des strates les plus précaires – les #allocataires des minima sociaux – jusqu’aux frontières inférieures des classes moyennes – ouvriers et employés qualifiés.

      Comment ces écarts se traduisent-ils au quotidien ?

      Par de petites variations de revenu ou de position sociale qui finissent par faire de grandes différences. Ainsi, la gestion des budgets familiaux n’est pas la même. Quand on est parmi les catégories les plus modestes, on trouve des conduites d’adaptation à la #pauvreté. Certains, quand ils reçoivent leur salaire, mettent tout de suite de côté l’argent du loyer, réflexe qui assure au ménage qu’au moment des arbitrages à faire, ils ne seront pas réalisés sur un poste qui entraîne des dettes. D’autres ménages ayant des revenus presque identiques ne peuvent anticiper et vont se mettre dans le rouge.

      Cet éclatement a affaibli l’identité collective. Comment ?

      L’exigence d’#égalité, cette vision du monde social fondatrice dans la manière dont les catégories populaires se perçoivent elles-mêmes – l’opposition entre le « nous » qui souffrons, qui exécutons les ordres, qui subissons, versus « eux », les puissants, les dominants, les élites –, existe toujours.
      Mais cet ethos égalitaire a changé ces dernières années sous l’influence de ce que le sociologue Olivier Schwartz appelle la « conscience sociale triangulaire ». Les classes populaires s’identifient toujours comme un « nous », mais il y a désormais deux « eux » : ceux d’en haut, les #riches, et ceux d’en bas, les #assistés, ceux qu’on appelle les « cas soc » [cas sociaux]. Cette tension, qui est une nouveauté majeure, divise le groupe en opposant les catégories stabilisées, qui ont un emploi, et les plus paupérisés, qu’on stigmatise.

      Le mouvement des « gilets jaunes » a-t-il réduit cette fracture ?

      Le premier effet de cette mobilisation a été de faire réapparaître les classes populaires dans l’espace social. Le sentiment d’invisibilité, l’injustice, l’impression que les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde, ont formé un cocktail qui a été le moteur de cette explosion. On a vu que la revendication de dignité – « Pourquoi, en suivant les règles du jeu, on ne s’en sort pas ? » – a été très fortement portée sur les ronds-points et cette exigence constitue un facteur d’unité nouvelle.
      Ce mouvement a aussi fait réémerger la frontière principale entre le « eux » des élites et le « nous » du peuple. La stigmatisation des assistés ou des #immigrés s’est peu fait entendre sur les barrages, comme si la conscience de classe se réunifiait. La question est désormais de voir si les tensions internes entre les segments les plus stables et les assistés, apparues ces dernières années, vont reprendre le dessus ou si un bloc populaire unifié face aux élites va se reconstituer. La perspective de cette réunification peut inquiéter, et l’on comprend que les politiques cherchent à recréer des clivages au sein du monde populaire, comme l’a fait le président de la République en stigmatisant « ceux qui déconnent » en ouverture du grand débat national.


  • Bac : « L’Education nationale ne pourra pas assurer une offre raisonnable sur tout le territoire »

    Les nouvelles spécialités prévues dans le cadre du #bac_2021 ne seront pas accessibles à tous, faute d’un nombre suffisant d’enseignants, relève dans sa chronique le chercheur Philippe Askenazy. Cela va à l’encontre de l’#égalité_des_chances promise lors de la campagne du président Macron.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/13/bac-l-education-nationale-ne-pourra-pas-assurer-une-offre-raisonnable-sur-to
    #bac #lycée #réforme #éducation #éducation_nationale #égalité #inégalité #France


  • La parité s’arrête encore aux portes du pouvoir local

    Malgré de nets progrès depuis le début des années 2000, les #hommes monopolisent toujours le #pouvoir (présidence, délégations) au sein des institutions locales. La preuve ? En France, en 2018, 84% des #maires sont encore des hommes. Des données que s’est procuré Mediacités confirment l’ampleur du problème, a fortiori dans les #métropoles et #intercommunalités.


    https://www.mediacites.fr/decryptage/2018/12/10/la-parite-sarrete-encore-aux-portes-du-pouvoir-local
    #genre #femmes #égalité #parité #mairies #France


  • Gilets jaunes : une révolution sans révolutionnaires ? (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Gilets-jaunes-une-revolution-sans

    Retranscription de l’émission « Offensive Sonore » consacrée au mouvement des « gilets jaunes », enregistrée le soir du mercredi 5 décembre 2018 et diffusée le vendredi 7 sur Radio Libertaire (89.4). Les quelques ajouts ont été mis entre crochets. C : Nous sommes le 5 décembre et nous allons parler d’actualité, même si les choses changent très vite. C’est une émission enregistrée consacrée aux « Gilets jaunes » avec Quentin de #Lieux_Communs, que l’on invite assez souvent pour organiser des débats. Je lui (...)

    #Comptes-rendus_d'interventions

    / Lieux Communs, #Politique, Gilets jaunes (2018), #Écologisme, #Redéfinition_des_besoins, #Entretien, #Assemblée, #Égalité_des_revenus, #Démocratie_directe, (...)

    #Gilets_jaunes_2018_ #Énergie
    https://collectiflieuxcommuns.fr/IMG/mp3/o-s_lieux_communs_gilet_jaune-2.mp3


  • En #Bosnie, Ajnas se bat pour les #enfants de la #honte

    En #Bosnie-Herzégovine, on les appelle les « #enfants_invisibles ». Ce sont les bébés nés de viols commis pendant la guerre de Yougoslavie – par des soldats ennemis, mais aussi par des Casques bleus. Ajna Jusic est l’un de ces enfants de la honte, qui seraient entre 2 000 et 4 000 dans le pays...

    La jeune femme, à qui la mère a longtemps caché sa véritable histoire, lutte aujourd’hui pour faire reconnaître ces personnes, discriminées par la société, comme victimes de guerre officielles.

    https://www.arte.tv/fr/videos/079474-003-A/arte-regards
    #guerre #histoire #ex-Yougoslavie #viols #viols_de_guerre #femmes #invisibilité #discriminations #égalité_de_traitement #victimes_de_guerre #préjugés #rejet #insultes #adoption #exclusion #traumatisme #culpabilisation #stigmatisation #santé_mentale #reportage #documentaire #film

    Les mots très forts de Ajna Jusic :

    « Les dégâts causés par la guerre n’ont pas de nationalité, ni d’ethnie. Le viol n’a rien à voir avec la nationalité, c’est une expérience traumatisante et c’est comme tel qu’il faut le traiter »

    #nationalisme


  • Gilets jaunes : réponses aux objections du désordre établi
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Gilets-jaunes-reponses-aux

    Le mouvement des « gilets jaunes » bouscule toute la société française. Il suscite des réactions, des commentaires, des réserves, des arguments qu’il faut reçevoir, discuter et réfuter. Quelques réponses, ci-dessous, à quelques-une de ces objections qui entretiennent le désordre établi qu’il faut abattre et empêchent de regarder en face la crise actuelle, ses enjeux colossaux et obstruent l’avenir alors qu’il est plus ouvert que jamais. La méthode du blocage ne serait pas légitime Le blocage s’impose (...)

    #Analyses

    / #Lieux_Communs, #Politique, Gilets jaunes (2018), #Article, #Revolution, #Égalité_des_revenus, #Écologisme, #Électoralisme, #Multiculturalisme, #Assemblée, #Banlieue, (...)

    #Gilets_jaunes_2018_ #Guerre


  • #Écologie et #Démocratie_directe
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?833-ecologie-et-democratie-directe

    Transcription enrichie de l’intervention faite au groupe « Décroissance Île-de-France » le 4 octobre 2018. La discussion qui l’a suivie a été intégrée dans le texte. Texte initalement publié sur le site « Décroissance Île-de-France ». Quelques notes ont été rajoutées. Les rapports entre la démocratie directe ou, plus généralement, un projet #Politique radical, et l’écologie sont à la fois complémentaires et contradictoires. Complémentaires, d’abord, parce qu’elles sont issues d’un même tronc historique, celui de (...)

    #Comptes-rendus_d'interventions

    / #Lieux_Communs, Politique, #Psycho-sociologie, Écologie, #Écologisme, #Scientisme, #Progressisme, #Gauchisme, #Conférence, Démocratie directe, #Démographie, #Égalité_des_revenus, #Énergie, #Immigration, #Redéfinition_des_besoins, (...)

    #Science


  • L’accord égalité hommes-femmes dans la fonction publique sera signé, mais pas appliqué
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/11/29/l-accord-egalite-hommes-femmes-dans-la-fonction-publique-sera-signe-mais-pas
    Hélas l’explication est derrière #paywall et pas trouvé d’autre source

    Tout le monde a gagné, sauf les #femmes. Le protocole d’accord sur l’#égalité_hommes-femmes dans la fonction publique sera bien signé, vendredi 30 novembre, mais il ne sera pas appliqué. C’est le drôle d’épilogue auquel aboutit la guerre des nerfs engagée, il y a quelques jours, entre Olivier Dussopt et trois syndicats de fonctionnaires – la CGT, FO et Solidaires –, qui refusent de signer le projet de texte dans le temps imparti par le gouvernement.


  • Égalité filles - garçons : Manuel de combat (Le Café Pédagogique)
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/11/26112018Article636788134127411974.aspx

    Pour construire l’égalité filles - garçons à l’école, il y a ceux qui invitent à attendre que les choses s’arrangent toutes seules, ceux qui utilisent le thème pour faire de la communication, ceux qui pensent que l’école ne peut pas faire grand chose. Il y a aussi ceux qui sont pour le maintien des inégalités et qui dénoncent « l’idéologie du genre ». Et puis il y a ceux qui se battent pour l’égalité. Pour ceux-là, « Enseigner l’égalité filles - garçons » (Dunod) est plus qu’une « boite à outils ». C’est un véritable manuel de combat qui s’attaque de façon très frontale aux inégalités et n’hésite pas à traiter des questions les plus vives, au risque, pour l’éditeur, de heurter les traditionalistes....

    Naïma Anka Idriss, Fanny Gallot, Gaël Pasquier, Enseigner l’égalité filles - garçons, Dunod, ISBN 978-2-10-077108-0
    https://www.dunod.com/prepas-concours/enseigner-egalite-filles-garcons-boite-outils-du-professeur

    #éducation #école #égalité_filles_garçons #pédagogie #ressources #sexisme #genre


  • « Gilets jaunes », un peuple qui vient  ? Par Patrick Cingolani — 20 novembre 2018 à 12:13

    On aura beau dénoncer la dimension d’arriération du mouvement quant à l’enjeu écologique, c’est bien l’égalité sociale contre l’iniquité du traitement de faveur fait aux plus riches qui est l’objet central de cette contestation.

    Le mouvement des « gilets jaunes » ­demande de réfléchir sur la précarité et sur un processus de précarisation qui fait plus écho à la lutte de la jeunesse contre la loi travail qu’aux manifestations antiparlementaires des droites dans l’histoire nationale. Il appartient à ces mouvements qui, ­depuis 1995, sont préoccupés par une insécurité ­sociale de plus en plus endémique et qui par contrecoup, comme en 1995, sont composés de gens qui se soucient tout autant de leur sort que de celui de leurs proches, enfants ou petits-enfants, qui souvent ne peuvent vivre sans leurs aides. On aura beau dénoncer la ­dimension d’arriération du mouvement quant à l’enjeu écologique, il s’inquiète bien de l’avenir et ne fait que le questionner autrement que ne le font d’autres. Si la jeunesse scolarisée et étudiante confrontée à des transitions professionnelles de plus en plus longues, faites de petits boulots, de travail gratuit, d’espoir frustrés, se préoccupait de son avenir, ce mouvement s’inscrit dans la configuration des sociabilités populaires et des ­solidarités de phratrie, de voisinage et de quartier d’une société française traversée par les inégalités de territoire et où l’on s’alarme de tel voisin chômeur, de telle famille appauvrie, autant que de la fille ou du fils qui n’ar­rive pas à joindre les deux bouts.

    Cette précarisation, cette précarité diffuse sont des expériences endémiques ressenties par les foyers et par leurs réseaux familiers. C’est l’incertitude des emplois, des petits boulots, de l’intérim, quand ce n’est pas du chômage ; les difficultés pour se loger et les fins de mois difficiles, « parce qu’on paie les taxes et que l’on n’a pas droit aux aides ».

    C’est la vie chère et la lésine qui ronge le ­revenu des ménages parce que le salaire n’augmente pas, c’est la maison achetée à crédit que l’on arrive plus à payer, c’est fina­lement le coût des ­dépenses de carburant sur le budget. Car la « fracture sociale » d’hier est aussi devenue une fracture territoriale, non seulement parce que de nombreux ménages modestes vivent à l’écart des grandes métropoles technolo­giques et tertiaires, ne jouissant ni de leurs bassins d’emplois ni de leurs réseaux de transports en commun, mais parce que, pour des raisons économiques, ils ont préféré s’installer dans les zones périurbaines où la vie était moins chère et le logement plus acces­sible, même si parfois l’emploi y était plus rare. Une voiture, voire selon les milieux deux voitures, avec ce que cela suppose comme frais, sont devenus des moyens nécessaires pour ces foyers dont chacun des conjoints doit faire plusieurs dizaines de kilomètres pour rejoindre son lieu de travail, mais aussi les centres commerciaux d’un espace qui s’est progressivement vidé de ses commerces de proximité, notamment à mesure du dumping ravageur de ces mêmes grandes surfaces.

    Besoin d’intégrer le social à l’environne­mental

    Ce n’est pas en ironisant sur ces défilés de ­voitures tonitruantes dans les agglomérations, et sur la résistance contre les taxes sur le carburant, dans un contexte de gravité de la crise environnementale, que l’on renverra ce mouvement à l’arriération. Voilà plus d’un demi-siècle que les impasses de la civilisation de la voiture ont été dénoncées. Qu’est-ce qui a été fait ? Croit-on vraiment que des taxes dont on ne sait pas exactement quels budgets elles abondent suffiront à régler une crise ­environnementale dont le président d’une des nations les plus puissantes nie encore avec outrance l’existence ?

    Que cette machine – l’automobile – qui a hanté l’imaginaire du XXe siècle puisse être encore un moyen de socialisation, et que la mécanique puisse être une activité constituante de certaines sociabilités des cités et des quartiers, qui peut s’en étonner, compte tenu de la profondeur historique et du ­caractère populaire de ce moyen technique ? Qui sont ceux, au demeurant, qui tout au long du siècle précédent ont construit des voitures, sinon les ouvriers ? Le problème n’est pas là. Il est dans la difficulté que nous avons à associer la question sociale et la question environnementale. Il est dans le ­besoin d’intégrer le social à l’environne­mental et dans un imaginaire du lien producteur d’expériences alternatives au regard des modèles contemporains.

    Mais cette double question, qui associe crise écologique et crise de civilisation, et dont l’élite dirigeante ne saurait être à la hauteur, ne peut trouver d’issue que dans un sursaut de la revendication égalitaire. L’égalité sociale contre l’iniquité du traitement de faveur fait aux plus riches, qui en dernier ressort est ­l’objet central de ce mouvement des « gilets jaunes », en lutte contre le mépris d’en haut. L’égalité démocratique dans des modalités de mobilisation et de décision qui prennent effectivement en compte l’avis des citoyens sur les questions écologiques plutôt que de laisser celles-ci à l’arbitraire de décisions technocratiques. Une égalité quant aux ini­tiatives ­sociétales, qui fasse droit aux formes expérimentales de vie sociale et environnementale qui naissent ici et là. On ne se sortira pas de la crise civilisationnelle face à laquelle nous sommes par la verticalité du pouvoir. C’est, au demeurant, moins d’une pensée de la prise du pouvoir que de l’horizontalité de la politique égalitaire dont nous avons aujourd’hui besoin.

    Mouvement éruptif

    On aura beau pointer le caractère conservateur, voire réactionnaire de certains acteurs de ce mouvement, il s’agit de comprendre ­politiquement sa polysémie et les diverses ­dimensions de la révolte dans une politique de la précarité qui ne peut être qu’une poli­tique d’alliance, de convergence et d’hori­zontalité. A tout le moins, plutôt que de ­bouder ce mouvement éruptif, il s’agit de l’éprouver dans sa teneur et dans sa portée. Dans la ­dynamique des mouvements sociaux de ces dernières années, de la lutte contre la loi travail aux occupations de la place de la Répu­blique, qui ont constamment conjoint social et démocratique, on pourrait dire que ce mouvement pose pour la première fois, mais comme à l’envers, la question sociale et celle de l’environnement. Le moment est en ce sens sinon décisif du moins important et ne doit pas être perdu dans la reconduction de contradictions et de divisions qui devraient être surmontées : ­entre métropoles et périphéries, entre villes et campagnes, entre les luttes pour la liberté des styles de vie et les luttes sociales, entre classes populaires et classes moyennes, etc. Si le mot « peuple » a encore un sens, ce n’est pas seulement dans son surgissement événe­mentiel, mais surtout dans sa capacité à dire le rassemblement.

    Patrick Cingolani professeur de sociologie, Laboratoire de changement social et politique université Paris-Diderot

    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/20/gilets-jaunes-un-peuple-qui-vient_1693139

    #giletsjaunes » #peuple #mouvement #écologie #égalité #contestation #précarité #loi_travail #insécurité_sociale #territoire #emploi #chômage #taxes #vie_chère #salaire #carburant #fracture_sociale #fracture_territoriale #métropoles #périurbain #voiture #automobile #horizontalité #alliances #convergence #périphérie


  • La #France abandonne ses #villes_moyennes

    Délaissées au profit des métropoles, les villes moyennes comptent leurs plaies : #isolement, faibles ressources, exil des jeunes et des diplômés, #chômage, #pauvreté. Pour leurs élus, l’#égalité_des_territoires prévue par la Constitution n’est plus qu’un souvenir. Comme à #Montluçon (Allier), où le combat pour une desserte ferroviaire décente en conditionne beaucoup d’autres.


    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/DUMAY/58634
    #transport_public #transport_ferroviaire #train #urban_matters #villes #géographie_urbaine

    • Le #rapport_Spinetta conseille de fermer les petites lignes de #chemin_de_fer

      Un rapport très attendu sur l’avenir du ferroviaire a été rendu, ce jeudi 15 février au matin, par Jean-Cyril Spinetta au Premier ministre et à la ministre des Transports. On promettait un "big bang", une vision amenant à une profonde refondation du système ferroviaire ; le rapport confirme un certain nombre de craintes.

      Tout d’abord, les lignes les moins fréquentées pourraient fermer. « Le réseau comme les dessertes s’étendent souvent au-delà du domaine de pertinence du transport ferroviaire, alors qu’ils peinent à répondre efficacement aux besoins dans les zones denses », souligne l’introduction du texte.

      « Sur les 10,5 milliards d’euros de contributions publiques annuelles au système ferroviaire français, 17 % sont consacrés à la partie la moins circulée du réseau (...) L’État et les régions consacrent plus de 2 milliards par an à des lignes qui ne supportent que 2 % des trafics », observe le rapport.

      Les petites lignes régionales appartiendraient ainsi à un « temps révolu ». Les premières propositions du rapport incitent ainsi à faire un état des lieux des parties les moins utilisées du réseau et à fermer les lignes dont le maintien n’est pas justifié d’un point de vue « socio-économique ».

      Le remplacement par des cars est envisagé : « Pour l’exploitation des trains, le transfert sur route d’un service ferroviaire de voyageur en zone peu dense permet une économie de 70 à 80 % selon le niveau de service retenu pour les autocars, soit 700 à 800 M€ (millions d’euros), auxquels il faudrait encore ajouter les économies sur le renouvellement des matériels roulants. »

      Autres propositions :

      la reprise progressive de la dette de SNCF Réseau par l’État,
      la création d’une filiale dédiée au fret,
      la mise en concurrence progressive des réseaux régionaux, y compris le réseau francilien,
      ouvrir les lignes voyageurs longue distance à la concurrence sous le principe de "l’open access" (chaque concurrent de la SNCF peut faire circuler librement les trains sur les lignes),
      permettre le transfert de personnels dans le cadre de l’ouverture à la concurrence (les cheminots garderaient les mêmes conditions en changeant d’entreprise, mais seraient obligés d’accepter soit le changement d’entreprise, soit une mutation sous peine de perdre leur emploi),
      autoriser la SNCF à recourir à des plans de départ volontaires,
      faire de SNCF mobilités une « société nationale à capitaux publics ».

      https://reporterre.net/Le-rapport-Spinetta-conseille-de-fermer-les-petites-lignes-de-chemin-de-
      #mobilité

      –-> article qui date de février 2018...