• En Belgique, des communes wallonnes coupent les ponts avec les nouvelles villes #RN

    Au nom du « cordon sanitaire » instauré pour lutter contre la montée de l’extrême droite, des municipalités belges comme #Huy ou #Namur remettent en question leur #jumelage avec des mairies françaises conquises par le #Rassemblement_national aux élections municipales de mars.

    Juché sur un éperon rocheux, le fort de Huy offre une vue imprenable sur les bords de Meuse et les ruelles pavées du centre-ville de #Huy, une cité de presque 22 000 habitants dans la province wallonne de Liège, en Belgique. Au pied de cette forteresse construite au XIXe siècle, des plaques commémoratives mentionnent la part sombre de l’histoire de l’édifice.

    Entre 1940 et 1944, l’armée allemande, qui occupait la Belgique lors de la seconde guerre mondiale, s’en servit de prison pour y détenir des milliers de Belges et d’étrangers, avant de les envoyer vers des camps de concentration. Parmi les prisonniers : 273 mineurs originaires de la ville de Grenay (Pas-de-Calais), arrêtés en 1941 lors de la grève des 100 000 mineurs du Nord-Pas-de-Calais, l’un des premiers actes de résistance collective à l’occupation nazie en France. Ils furent déportés à Sachsenhausen. La moitié d’entre eux y ont perdu la vie.

    Le fort de Huy est devenu aujourd’hui un site touristique et un lieu de mémoire. En 2016, pour marquer le 75e anniversaire du mouvement social des mineurs, l’ancien maire communiste de #Grenay, Christian Champiré, prend attache avec le bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, élu maire socialiste quelques mois auparavant. Depuis, chaque année au mois de juillet, une commémoration se déroule aux abords du fort en présence d’un représentant de la ville de Grenay.
    Ce lien donne naissance, en 2022, à un « #pacte_d’amitié », suivi, deux ans plus tard, d’un « #serment_de _jumelage » signé le 23 juillet 2024. Les deux communes s’engagent alors à « maintenir des liens permanents et à favoriser les échanges entre leurs habitants pour développer par une meilleure compréhension mutuelle le sentiment vivant de la fraternité européenne ».

    « Ce parti incarne le #rejet_de_l’autre »

    En cette fin mai, les choses ont bien changé. Assis dans son bureau avec vue sur le fort belge, Christophe Collignon tourne littéralement le dos à ce serment, accroché sur un mur derrière lui. A Grenay, la candidate du Rassemblement national (RN) Daisy Duveau l’a emporté au second tour des élections municipales de mars avec un score de 42,43 %. Face à ce changement d’orientation politique dans la ville du bassin minier français, la municipalité de Huy a décidé, le 13 avril, lors d’un conseil communal, de rompre le pacte. « Rencontrer des élus RN est une #ligne_rouge, confie posément l’édile belge. Pour nous, celui qui s’intègre à notre société est le bienvenu, on prône une ouverture sur le monde. A contrario, ce parti incarne le #rejet_de_l’autre, il est incompatible avec nos #valeurs. »

    La ville de Huy n’est pas la seule à remettre en question son jumelage avec une commune récemment con­quise par le RN. C’est le cas aussi de #Namur. La capitale de la #Wallonie a décidé, le 21 avril, de mettre fin à son jumelage de soixante-dix ans avec #Menton (Alpes-Maritimes), après l’élection d’#Alexandra_Masson, la candidate du RN, au scrutin de mars. Le conseil communal de la ville belge a décidé de « suspendre, à titre conservatoire et avec effet immédiat, les relations entre la ville de Namur et la ville de Menton, dans leur dimension institutionnelle ».

    Pour justifier cette mise à distance, Christophe Collignon invoque « le cordon sanitaire » mis en place en Belgique depuis plus de trente ans pour lutter contre l’extrême droite. Le 24 novembre 1991, le Vlaams Blok, un parti d’extrême droite flamand, créait la surprise en obtenant 12 sièges au Parlement belge. Dans la foulée, les partis francophones et néerlandophones décidèrent d’adopter une charte édictant les règles de bonne conduite liant les partis démocratiques et d’inscrire dans le marbre le « cordon sanitaire ». Celui-ci consiste, aussi bien en Flandre qu’en Wallonie, à refuser toute #alliance avec l’extrême droite, laquelle se voit également privée d’antenne par les #médias. Un #cordon_médiatique uniquement en vigueur en Wallonie, dont la dernière charte actualisée date de 2022 tandis qu’en Flandre, la dernière version remonte à 2000.

    Des décisions symboliques

    Alors même que le cordon sanitaire n’englobe pas le jumelage des villes, les communes wallonnes d’#Arlon et de #Farciennes avaient déjà suspendu en 2014 leur jumelage avec les villes de #Hayange (Moselle) et de #Beaucaire (Gard), emportées par le FN (ex-RN) cette année-là. « Tous les partis démocratiques y sont ­attachés, argue Christophe Collignon. On a grandi dans cette culture politique, et il n’est pas question d’y transiger. »

    Depuis 2006, la mairie de Namur est dirigée par #Les_Engagés, un parti politique belge francophone centriste et social-libéral. Dès les résultats du premier tour des élections municipales en France, consigne a été donnée par le parti « de suspendre les jumelages avec les communes dirigées par les extrêmes ». « Ils mettent en danger notre modèle de société et notre vivre-ensemble », affirme au téléphone Yvan Verougstraete, eurodéputé (Renew) et président des Engagés.

    « En avril 2025, la ville de Namur a voté une motion qui réaffirme notre attachement aux valeurs démocratiques, à l’Etat de droit, à l’#égalité et au respect des #droits_fondamentaux, détaille Stéphanie Scailquin, adjointe au maire de la ville. Cette motion nous oblige, en cohérence, à veiller à ce que nos relations extérieures ne contredisent pas ces principes. »

    En Wallonie, être lié à une commune d’extrême droite relève du pacte avec le diable. « Il y a une défiance viscérale vis-à-vis de l’extrême droite, y compris au sein de la population, explique Benjamin Biard, politologue belge et chercheur au Centre de recherches et d’information socio-politiques. La prise de distance de Namur ou de Huy en est une illustration. Ces décisions sont surtout symboliques, car leurs jumelages n’ont en réalité jamais été très actifs. »

    Les relations associatives perdurent

    L’association entre Namur et Menton avait été conclue en 1956 mais n’avait en effet jamais fait l’objet de relations particulières. En 2023, à l’initiative de la municipalité française, la coopération avait été relancée. Une fois par an, l’une des deux délégations faisait le déplacement. Un panneau à l’entrée de la ville des Alpes-Maritimes indique le jumelage, tandis qu’une « allée de Menton » a vu le jour près de la citadelle de la capitale wallonne.

    « Menton n’a pas changé d’histoire le soir du scrutin, écrit par mail la nouvelle maire RN, Alexandra Masson. Elle n’a pas changé d’âme. Elle n’a pas changé d’habitants. Elle demeure une ville ouverte, frontalière, attachée à ses traditions, à son patrimoine, à ses relations d’amitié et à la dignité de ses engagements. Je crois que la démocratie mérite mieux que cela. Elle suppose d’accepter le verdict des urnes, y compris lorsqu’il ne correspond pas à ses préférences politiques. » Selon l’adjointe Stéphanie Scailquin, le divorce entre Namur et Menton « ne concerne que les relations entre ­exécutifs locaux. Les relations associatives et entre les habitants des deux communes peuvent naturellement se poursuivre ».

    A Huy, Christophe Collignon assure que la rupture des liens avec l’édile de Grenay ne portera pas non plus préjudice aux relations associatives unissant les deux communes. « Cela peut être même une bonne chose que des liens perdurent, notamment pour que notre histoire commune ne soit pas caviardée par les autorités de Grenay. » La municipalité du Pas-de-Calais n’a pas répondu à nos sollicitations. Les habituelles commémorations de juillet à Huy se dérouleront cette fois sans élus officiels de la ville de Grenay. Des habitants ont en revanche manifesté leur souhait de se joindre à l’événement pour rendre hommage à leurs martyrs de la seconde guerre mondiale, et continuer ainsi à entretenir leur histoire.

    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/06/19/en-belgique-des-communes-wallonnes-coupent-les-ponts-avec-les-villes-passees
    #jumelage #collaboration #arrêt #cordon_sanitaire #Belgique #France #extrême_droite #suspension

    ping @karine4

  • Pour des villes féministes : ces communes qui montrent l’exemple

    À l’approche des Municipales et l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Oxfam publie le rapport « Pour des villes féministes » qui met en lumière les bonnes #pratiques déployées par des communes françaises en faveur de l’#égalité_de_genre . Celui-ci propose un classement des plus grandes villes françaises, évaluées selon l’intégration de l’égalité femmes-hommes au sein des conseils municipaux et leurs performances en matière d’égalité professionnelle.

    https://www.youtube.com/watch?v=3pL33_qQlig

    https://www.oxfamfrance.org/rapports/pour-des-villes-feministes
    #villes #femmes #féminisme #urbanisme #rapport #villes_féministes #égalité #féminisation

  • « Il s’est transformé de façon très insidieuse, sans que je le voie » : le désarroi des parents face à leur fils masculiniste
    https://www.lemonde.fr/intimites/article/2026/02/21/un-soir-mon-fils-me-dit-c-est-quand-meme-ton-role-de-nous-servir-le-desarroi

    Le #masculinisme progresse dans toutes les couches de la société française, selon le dernier « Rapport annuel sur l’état des lieux du sexisme en France », publié en janvier par le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes. On y apprend notamment que 23 % des hommes de plus de 15 ans adhèrent au « sexisme hostile », défini comme « un sexisme violent, qui se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes ».

    Chez les 15-24 ans, le baromètre du sexisme – outil statistique sur lequel s’appuient les auteurs – indique que l’écart de genre s’est encore creusé : 81 % des femmes de 15 à 24 ans considèrent qu’il est « désavantageux d’être une femme dans la société actuelle », contre 57 % des hommes du même âge, tandis que 23 % des hommes de 15 à 24 ans pensent qu’il est désavantageux d’être un homme, contre 10 % des femmes du même âge. Mais le rapport insiste sur le fait que la progression du sexisme est loin de ne concerner que la jeunesse : plus l’âge augmente, moins il est perçu comme un problème social. « Certains ados sont peut-être perdus, mais les hommes de 40-50 ans ne sont pas plus doués quand il s’agit de la sphère intime et affective », insiste Aziga Billot, psychiatre à Toulouse et chercheuse au Centre de ressources en santé mentale pour la prévention des processus de radicalités violentes d’Occitanie.

    Une vague antiféministe comme nous en avons vécu d’autres, par le passé ? « Le masculinisme n’a rien de nouveau, on peut le faire remonter à l’Antiquité, analyse Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute et autrice du livre Le Péril masculiniste (HarperCollins, 256 pages, 19,90 euros ; version numérique 12,99 euros). Mais nous sommes face à une forme très radicale, avec l’apparition de #gourous qui vendent une image de la masculinité complètement faussée à des ados en pleine construction identitaire… Ça, c’est très nouveau. »

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  • #Écriture_inclusive et langue française : le #Conseil_d’État tranche, l’Académie peste

    La querelle autour de l’écriture inclusive a franchi, fin 2023, un seuil supplémentaire. En rejetant un recours dirigé contre l’usage du point médian sur deux #plaques_commémoratives apposées à l’Hôtel de Ville de Paris, le Conseil d’État a clos un #contentieux apparemment mineur, mais lourd de portée symbolique.

    Pour rappel, ces #plaques mentionnent notamment « les président·e·s du Conseil de Paris » et « les conseiller·e·s de Paris », une graphie contestée par une association estimant qu’elle contrevenait aux règles de la #langue_française et au principe de clarté des inscriptions publiques.

    Saisi après l’échec du #recours devant le #tribunal administratif puis la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a jugé que l’emploi du #point_médian ne constituait ni l’usage d’une langue étrangère ni une atteinte manifeste aux exigences légales applicables aux inscriptions officielles.

    Autrement dit : le français, même discuté, reste du français. Une position juridique prudente, presque minimaliste, mais suffisante pour déclencher une réaction immédiate.

    L’Académie monte au créneau

    Quelques jours plus tard, l’#Académie_française publiait un communiqué d’une rare fermeté. Fidèle à une ligne déjà exprimée à plusieurs reprises depuis 2017, l’institution dénonçait une décision qui, selon elle, fragilise la cohérence de la langue commune.

    « Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la #lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages », rappelle le texte.

    Et d’ajouter : « Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. »

    Ce désaccord n’est pas anodin. Il révèle une fracture entre deux approches : d’un côté, une juridiction administrative qui se prononce sur la #légalité d’un usage précis, sans trancher le #débat_culturel ; de l’autre, une Académie qui se place sur le terrain symbolique, celui de la #norme, de la #transmission et du long temps de la langue.

    Retour sur une escalade de noms d’oiseaux

    Pour mémoire, l’État avait déjà tenté de fixer une ligne claire. En novembre 2017, une circulaire signée par le Premier ministre de l’époque, Édouard Philippe, interdisait l’usage de l’écriture inclusive… mais uniquement dans les actes administratifs officiels. Le texte rappelait alors un principe grammatical classique : « Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ».

    Cette même circulaire introduisait toutefois une nuance souvent oubliée dans le débat public. Dans les procédures de recrutement, précisait-elle, le recours au #doublon — « le candidat ou la candidate » — devait être maintenu, précisément « afin de ne pas marquer de préférence de genre ». Une distinction révélatrice : l’écriture inclusive était écartée comme #système_graphique, mais certaines formes d’attention à l’#égalité restaient admises, voire encouragées.

    Saisi à l’époque par des opposants à cette #circulaire, le Conseil d’État avait validé la position du gouvernement. La haute juridiction avait estimé que le texte se limitait à rappeler le cadre linguistique existant, en « prescrivant l’usage du masculin comme forme neutre (…) et en proscrivant le recours à l’écriture dite inclusive ». En ce sens, la circulaire ne faisait, selon les juges, que donner instruction aux administrations de respecter « les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur dans la rédaction des actes administratifs ».

    Des années de luttes...

    La saisine du Conseil d’État ne surgit pas dans le vide. Depuis plusieurs années, l’écriture inclusive fait l’objet d’arbitrages successifs. En 2021, une circulaire du ministère de l’Éducation nationale a interdit le point médian dans les écoles, collèges et lycées, au nom des difficultés de lecture et d’apprentissage qu’il pourrait engendrer.

    Cette interdiction a été validée par le Conseil d’État en 2024, dans une autre décision, soulignant la marge de manœuvre de l’administration en matière pédagogique.

    Parallèlement, collectivités territoriales, universités et institutions culturelles ont continué d’expérimenter des formes inclusives, parfois limitées à la féminisation des titres, parfois plus visibles. Les plaques parisiennes s’inscrivent dans ce mouvement diffus, sans valeur réglementaire, mais hautement exposé.

    Une langue, plusieurs champs de bataille

    Ce débat linguistique s’est progressivement déplacé vers l’arène politique. À l’Assemblée nationale, plusieurs initiatives parlementaires ont cherché à proscrire l’écriture inclusive dans les textes officiels, voire dans l’enseignement supérieur. Les arguments reviennent comme un refrain : défense de la clarté, protection des publics fragiles, refus d’une langue perçue comme militante.

    Pour les défenseurs de l’#inclusivité, la question dépasse la #typographie. Il s’agit de rendre visibles celles et ceux que la grammaire traditionnelle relègue au #masculin_générique. Une intention que l’Académie conteste sans détour, estimant que la langue française dispose déjà de ressources suffisantes, et que l’ajout de signes graphiques crée plus de confusion que d’égalité.

    À l’Assemblée, une nouvelle offensive politique

    À l’Assemblée nationale, l’écriture inclusive demeure un marqueur idéologique. Une proposition de loi portée par des députés d’extrême droite vise à interdire son usage dans l’enseignement supérieur et la recherche. Les auteurs du texte dénoncent une incohérence : ce qui est prohibé à l’école continuerait d’être toléré à l’université.

    L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large, où la langue devient un terrain d’affrontement politique, au même titre que d’autres sujets sociétaux régulièrement mobilisés dans le débat public.

    Un désaccord appelé à durer

    Entre le Conseil d’État et l’Académie française, le différend n’est donc ni strictement juridique ni purement linguistique. Il met en lumière deux légitimités qui se croisent sans se recouvrir. La première dit le droit, au cas par cas. La seconde prétend dire la norme, sur le temps long.

    Qui tranchera ? Probablement ni l’un ni l’autre, tant la langue, comme souvent, évolue aussi par l’usage… et par la #controverse.

    https://actualitte.com/article/128623/droit-justice/ecriture-inclusive-et-langue-francaise-le-conseil-d-etat-tranche-l-acade
    #justice #langue #français

    • Sauf que dans l’affaire en question, il n’y a pas de points médians : sur les plaques il est écrit « CONSEILLER.E.S » et non « Conseiller·e·s » :

      C’est d’ailleurs dans les motifs du Conseil d’État, avec un paragraphe explicitant justement qu’il ne s’agit pas de « point médian », mais de l’« usage de points de ponctuation », plus loin qualifié de « simple point ». Du coup, rien n’indique que la décision du Conseil d’État aurait été la même s’il s’était agit réellement de points médians.

      4. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites à l’instance, que les plaques commémoratives portant les noms des anciens présidents et présidentes ainsi que des anciens conseillers et conseillères de la Ville de Paris, situées dans l’enceinte de l’hôtel de ville, dans le couloir menant à l’hémicycle et accessibles au public, comportent des intitulés en forme abrégée faisant usage de points de ponctuation, et non de points « médians » comme le soutient l’association requérante, destinés à séparer les termes « président » et « conseiller » de leur terminaison au féminin et au pluriel.

    • La discussion me fatigue. Je suis pour la solution chinoise.
      https://chine.in/mandarin/grammaire/RGLA1

      La question n’existe simplement pas dans la grammaire chinoise qui ne connaît pas de genre.

      Ceci n’empêche pas que depuis les réformes de Deng Xiao Ping et l’ouverture du pays vers le confucianisme et l’Occident les sociétés chinoises connaissent une renaissance de structures patriarcales et des abus de femmes particulièrement dans les régions encore pauvres du pays.

      La comparaison avec les sociétés chinoises (il y en a des dizaines dans le pays même, la disapora chinoise étant toute aussi variée) nous montre que la question et les problèmes à résoudre sont d’ordre économique, politique et social.

      Les querelles linguistiques occidentales ne constituent dans ma perception que des manœuvres de diversion dans la lutte des classes au niveau national puis au niveau des pays en lutte contre l’impérialisme occidental. Excusez le pléonasme s.v.p.

      女人能顶半边天
      Nǚrén néng dǐng bàn biāntiān.
      (Les femmes soutiennent la moitié du ciel.)

      https://ostasieninstitut.com/bibliothek/sprichwoerter-ostasiens/frauen-tragen-die-haelfte-des-himmels-%E5%A5%B3%E4%BA%BA%E8%83%BD%

      Frauen können die Hälfte des Himmels tragen.

      „‚Frauen tragen die Hälfte des Himmels‘ – sagt ein chinesisches Sprichwort.“

      „Die Frauen tragen die Hälfte des Himmels“, lautet einer der berühmtesten Slogans von Máo Zédōng (毛泽东, 1893 – 1976). Dass sie für die gleiche Arbeit aber nur die Hälfte des Lohnes bekommen, der den Männern bezahlt wird – das steht auf einem anderen Blatt.

      Nach einer von der chinesischen Regierung veröffentlichten Studie arbeiten die Frauen im Durchschnitt zwei Stunden länger als die Männer, ihr Einkommen liegt um etwa vierzig Prozent niedriger. Die Hälfte aller Bus- und LKW-Fahrer sind Frauen, der Frauenanteil in den Bereichen Müllabfuhr, Straßenkehren und Steineklopfen (!) wird als sehr hoch bezeichnet.

      Es war vor allem die konfuzianische Tradition, die die Vormachtstellung des Mannes gegenüber der Frau untermauerte. Die Geringschätzung des weiblichen Nachwuchses beruhte vor allem darauf, dass Töchter nach ihrer Heirat nicht mehr zu ihrer Herkunftsfamilie zählten.

      „Wer eine Tochter großzieht“, so ein Sprichwort, „zieht eine Schwiegertochter für andere Leute auf.“ Das war ein Verlustgeschäft, wenn es nicht durch einen entsprechenden Brautpreis entlohnt wurde.

      Verwendung:

      „Frauen tragen die Hälfte des Himmels – sagt ein chinesisches Sprichwort. Tatsächlich zeigen die Reportagen der beiden Pulitzer-Preisträger Nicholas D. Kristof und Sheryl WuDunn, dass arme Frauen oftmals die Hölle ertragen müssen. Die häufigsten Menschenrechtsverletzungen unserer Zeit richten sich gegen Mädchen und Frauen.“

      Vokabeln:
      女 nǚ Frau
      人 rén Mensch
      能 néng können
      顶 dǐng auf dem Kopf tragen (Langzeichen: 頂)
      半 bàn halb
      边 biān Seite, Ecke, Rand (Langzeichen: 邊)

      Conclusion : vous faites comme bien il vous semble, mais n’imposez rien au gens qui s’expriment en écrit ou oralement. Au contraire, défendez la liberté des tous de s’exprimer comme ça leur vient.

      #Chine #langue #femmes #patriarcat

    • @klaus il est dommage que tu induises en erreur toustes tes lecteurices quitte à leur faire rater l’histoire des combats des féminismes chinois sous le prétexte de lutte des classes prioritaire.

      Des féministes chinoises réinventent la langue pour s’attaquer au patriarcat | Radio-Canada
      https://seenthis.net/messages/1150315

      Pour une raison quelconque, un pervers a eu l’idée géniale de faire en sorte que l’idéogramme composé de 3 femmes kan [姦] signifie fornication, malice, séduction, viol, orgie et bruit. C’est l’un des idéogrammes les plus controversés de tous.

    • @touti merci pour le lien vers Radio Canada. Je viens de parcourir l’article (je lirai plus intensément quand je serai moins fatigué) et je trouve que c’est effectivement très intéressant.

      La question que posent les féministes chinoises n’a strictement rien à faire avec notre question d’écriture inclusive qui est à mon avis plutôt une écriture exclusive car elle rend plus difficiles à lire et moins précises les textes sur lequels elle est appliquée. Mais ce ne sont là que ma perception et mes conclusions qui n’ont de l’importance que pour moi.

      Je ne veux pas entrer dans la discussion du pour ou contre de l’écriture inclusive mais te faire remarquer la différence entre la question qui nous concerne au quotidien et le phénomène abordé par les chinoises.

      Elles ont identifié un problème et proposent une solution conséquente suivant une méthode couramment employée dans l’histoire de l’écriture chinoise. C’est donc autre chose que de vouloir imposer une nouvelle approche radicale au fonctionnement et à l’écriture de nos langues.

      La différence systématique et profonde entre l’approche critique de l’écriture chinoise et les modifications dites inclusives imposées aux gens qui ne cherchent qu’à s’exprimer de la manière la plus simple et précise devient évidente quand on fait une comparaison statistique approximative des problèmes.

      Pour le chinois il s’agit de remplacer au de modifier quelques idéogrammes et mots parmi les 106.230 Hanzi (汉字) répertoriés pa le ministère de l’éducation du Taiwan (donc sans manip communiste ;-) ) dont 3000 à 6000 constituent le niveau de connaissance des chinoises et chinois qui ne sont pas des érudits de lettres hanxue (汉学).

      Les corrections proposées par les Chinoises ne changent rien à la grammaire et ne concernent qu’un petit nombre de mots dans les textes.

      Il va de soi que quelques nouveaux mots ou idéogrammes dans un texte ne nuiront aucunement à sa lisibilité surtout quand ils introduisent de nouvelles notions intéressantes.

      Puis les féministes sont un groupe indépendant à la différence avec les administrations scolaires et autres qui sanctionnent le non respect de ses décisions linguistiques. On souffre depuis longtemps du gender mainstreaming introduit par la droite politique.

      La modification de la grammaire et de l’ortographe dans les langues indo-européennes apportée par l’écriture inclusive modifie massivement les textes car elle concerne tous les noms qui pourraient théoriquement se référer à autre chose que ce qui est exclusivement masculin. Contrairement à la question des idéogrammes chinois dans nos langues un pourcentage considérable de chaque texte est concerné par la modification des règles grammatticales et othographiques de l’écriture inclusive.

      La discrimination des femmes en Chine (dans quelle Chine, où, quelle partie de cette société immense ?) existe et trouve son expression dans des élements des différentes langues du pays.

      L’argument de la critique des féministes chinoises ne contredit alors pas ce que j’ai dit, car leur critique est d’une qualité différente à tous les égards de l’approche de l’écriture inclusive. Il ne faut pas comparer les pommes et les poire comme on dit chez nous.

      Sur la l’écriture appellée inclusive je n’ai qu’une vague idée de ce qu’elle signifie car la discussion de la question ne fait que commencer.

      Il y a sans doute quelques arguments valables qui justifient les efforts pour rendre nos langues moins élitistes et plus égalitaires. Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      Il reste beaucoup de travail à faire. En cent ans on saura mieux comment les modifications linguistiques imposées ex cathedra auront impacté la réalité sociale.

      Moi comme personne qui ne dispose que d’un temps trop limité je ne dois pas perdre de temps avec le réapprentissage de tout ce que je cultive depuis longtemps. Je suis déjà victime de l’énième Rechtschreibreform qui m’oblige à oublier tout ce que j’ai appris á l’école quand je veux publier un texte officiel. Cerise sur le gâteau arrive l’écriture inclusive avec ses mille sous-variantes.

      Si dans ma pratique d’auteur je me mettais à m’intéresser aux subtilités de chaque nouveau règlement je finirais par me taire. La langue bouge au rythme du peuple. Qu’on arrête de lui imposer ce qui l’empêche de s’exprimer et d’être entendu.

      Il est fatiguant de se défendre contre la censure par l’imposition de règles qui coûtent tellement de temps que tu n’a plus la force d’exprimer ce qui est essentiel.

      #écriture

    • @klaus, tu n’as pas le temps de lire les liens que je t’envoie et tu souhaites te conforter dans ton point de vue et ne pas le requestionner. Je me demande pourquoi je me fatiguerai à te faire ouvrir les yeux après thousands of years of #mansplaining #inversion_patriarcale dont tu nous rajoutes une nouvelle strate.
      Tout les arguments que tu cites et que tu dis n’appliquer que de ton ’point de vue’ persistent à maintenir la place privilégiée masculine alors même qu’elles sont réfutées par toutes les études de genre. Tu ne veux pas de nouvelles règles qui bouleverseraient ton petit confort ? quoi de plus faut-il mettre dans la définition du vieux con+servateur ? Je t’invite fortement à suivre le lien #ecriture_inclusive sur seenthis. je ne répondrai plus à tes provocations sexistes archaïques.

    • @klaus

      Mais il y a des arguments, surtout dans le domaine idéologique du « gender maistreaming », qui ont été démontrés comme faux ou fallacieux comme par exemple l’idée de l’invisibilation des femmes par le masculin générique.

      J’ai quand même l’impression d’avoir vu pas mal d’études récentes qui disent précisément l’inverse, quelles sont tes sources ?

  • Les #cyclistes ont peut-être raison de brûler #arrêts et #feux_rouges. Voici pourquoi

    Sur nos routes, les interactions entre les différents usagers de la route sont souvent une source de #frustration, avec en tête d’affiche celles entre #automobilistes et cyclistes.

    Par exemple, plusieurs automobilistes sont frustrés de voir les vélos traverser une #intersection sans s’immobiliser complètement, alors qu’eux-mêmes se voient dans l’obligation de le faire.

    Pour beaucoup, ce geste est perçu comme une marque d’#indiscipline, voire une double mesure pour les cyclistes. En effet, les cyclistes ne semblent pas encourir de véritable #risque à ralentir au passage d’un panneau d’arrêt plutôt qu’à s’y immobiliser.

    En comparaison, les automobilistes risquent une amende salée pour conduite dangereuse s’ils brûlent un arrêt.

    Alors, faut-il exiger des cyclistes qu’ils respectent les mêmes #règles de la route que les automobilistes, ou au contraire, reconnaître que ces règles ne reflètent pas toujours la réalité du #vélo_en_ville ?

    En tant que professeur de droit à l’Université d’Ottawa spécialisé dans les questions d’#urbanisme, j’ai étudié diverses approches réglementaires adoptées à travers le monde, qui présentent différents avantages et désavantages.

    L’#égalité stricte entre les cyclistes et les conducteurs

    Au Québec, comme dans d’autres juridictions, les codes de la route s’imposent à tous les usagers, qu’ils soient automobilistes ou cyclistes.

    Par exemple, tous les usagers doivent faire un #arrêt_complet aux arrêts et aux feux rouges. Lorsqu’ils contreviennent à ces règles, les cyclistes « sont assujetti(s) aux mêmes obligations que le conducteur d’un véhicule », selon les mots de la Cour suprême du Canada.

    Ainsi, peu importe les différences entre une voiture et un vélo, la loi les traite de façon égale. Bien sûr, cette égalité demeure souvent théorique, car l’application des règles varie selon les contextes et les comportements.

    Une égalité trompeuse

    L’application uniforme des règles de la route peut sembler juste, mais peut créer une #fausse_égalité dans les faits.

    D’une part, les #risques associés aux différents moyens de transport sont incommensurables. Une voiture qui franchit un #feu_rouge peut causer des blessures graves, voire mortelles. Un cycliste, en revanche, peut difficilement infliger de tels #dommages.

    D’autre part, l’#efficacité du vélo dépend du maintien de la #vitesse. S’arrêter complètement, encore et encore, décourage l’usage du vélo, malgré ses nombreux bénéfices pour la santé, l’environnement et la fluidité du trafic.

    Traiter de la même manière deux moyens de transport si différents revient donc à privilégier implicitement l’automobile, un peu comme si l’on imposait les mêmes limitations de vitesse à un piéton et à un camion.

    L’arrêt Idaho

    Plutôt que de traiter les vélos et les voitures comme étant égaux, certaines juridictions ont opté pour une autre voie. Un exemple notable d’un traitement différent est celui de l’État de l’#Idaho.

    En Idaho, depuis 1982, les cyclistes peuvent traiter un panneau d’arrêt comme un cédez-le-passage et un feu rouge comme un panneau d’arrêt. Plusieurs États américains (comme l’Arkansas, le Colorado et l’Oregon) et pays, comme la France et la Belgique, ont adopté des règlements semblables. Au Canada et au Québec, des discussions sont en cours pour adopter un tel règlement.

    Il est important de noter que l’#arrêt_Idaho ne cherche pas à légaliser le chaos sur les routes. En effet, les cyclistes doivent quand même céder la priorité aux voitures qui les précèdent au panneau d’arrêt, ainsi qu’en tout temps aux piétons, et ne peuvent s’engager dans l’intersection que lorsqu’elle est libérée.

    L’arrêt Idaho a trois avantages principaux.

    Premièrement, la règle reconnaît que les dynamiques du vélo diffèrent fondamentalement de celles de la voiture, et ainsi, que ceux-ci ne peuvent pas être traités de façon équivalente.

    Deuxièmement, l’arrêt Idaho permet de décharger les tribunaux et les policiers de #contraventions.

    Troisièmement, l’efficacité du vélo dépend de la conservation de l’élan. S’arrêter complètement, encore et encore, décourage l’usage du vélo, malgré ses nombreux bénéfices pour la santé, l’environnement et la fluidité du trafic.

    Les effets de la #réforme

    Face à ces deux approches très différentes quant au #Code_de_la_route des vélos, on peut se demander laquelle est la plus appropriée.

    Plusieurs études empiriques indiquent que l’adoption de l’arrêt Idaho n’entraîne pas d’augmentation des collisions routières.

    Certaines études suggèrent même une diminution modeste des collisions avec l’Arrêt Idaho. En effet, les cyclistes libèrent plus rapidement les intersections, ce qui réduit leur exposition aux voitures. De plus, les automobilistes deviennent plus attentifs aux mouvements des cyclistes.

    D’ailleurs, la majorité des usagers de la route, automobilistes comme cyclistes, ne respectent souvent pas les arrêts de façon stricte. Selon une étude menée par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), seulement 35 % des automobilistes font leurs arrêts correctement. Encore selon la SAAQ, seulement 27 % des cyclistes déclarent faire un arrêt complet aux panneaux d’arrêt obligatoires.

    Bref, l’adoption de l’arrêt Idaho ne créerait pas le chaos, mais viendrait encadrer une pratique déjà commune, et ce, sans compromettre la #sécurité publique, contrairement à certaines inquiétudes. Les cyclistes, qui s’arrêtent rarement complètement en l’absence de circulation, ralentissent toutefois avant de traverser, conscients de leur #vulnérabilité.

    Un changement de culture

    Par ailleurs, l’arrêt Idaho au Québec invite à une réflexion plus large.

    Depuis des décennies, nos lois et nos infrastructures routières sont conçues principalement pour les voitures. Plusieurs automobilistes considèrent encore que les cyclistes sont dangereux et adoptent des comportements délinquants.

    Pourtant, il est important de se souvenir que les voitures représentent le principal danger structurel sur nos routes, et que les cyclistes sont en réalité vulnérables. Ce danger structurel s’est d’ailleurs accru avec la croissance des véhicules utilitaires sport (VUS) et camions, ce qui augmente les risques pour les piétons et des cyclistes.

    L’adoption de l’arrêt Idaho ne donne pas un passe-droit aux cyclistes, mais reconnaît leurs réalités, et légitimise le vélo comme mode de transport, avec un code routier adapté à ses risques et à ses bénéfices. Cette réforme, modeste mais symbolique, pourrait s’inscrire dans un ensemble plus vaste de changements qui offriraient aux citoyens une véritable liberté et sécurité pour se déplacer.

    https://theconversation.com/les-cyclistes-ont-peut-etre-raison-de-bruler-arrets-et-feux-rouges-
    #urban_matter

    –-

    A mettre en lien avec cet autre article :
    Les cyclistes commettent beaucoup moins d’#infractions que les automobilistes
    https://seenthis.net/messages/1142996
    #vélo #mobilité_douce

    • Il me semble qu’il existe une échelle dite ? qui précise la responsabilité suivant le degré de dangerosité. Aux personnes qui conduisent d’adapter leur conduite.

      Poids lourd > Voiture > Moto > Cycliste > Trottinette > Piéton > Poussette

      Et sinon, quels sont ces règlements en france ?

      En Idaho, depuis 1982, les cyclistes peuvent traiter un panneau d’arrêt comme un cédez-le-passage et un feu rouge comme un panneau d’arrêt. Plusieurs États américains (comme l’Arkansas, le Colorado et l’Oregon) et pays, comme la France et la Belgique, ont adopté des règlements semblables .

    • Pour la France, une signalisation spécifique « cédez le passage aux feux » a fait son apparition (timide) pour autoriser une logique qui pourrait s’appliquer plus largement.
      https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/Céder%20le%20passage%20au%20vélo.pdf

      Code de la route vélo : les règles de circulation (divers panneaux spécifiques)
      https://www.drivecase.fr/conseils-prevention/tag/conseils-experts

      Au Québec, il y a beaucoup plus panneaux stop aux intersections (au détriment des priorités à droite) en particulier en milieu urbain.

      Sinon, l’argument selon lequel ces pratiques différentes autorisées aux cyclistes éduquent les automobilistes me parait fondé. On peut en attendre une accidentologie en baisse.

    • Je me fais encore de temps en temps klaxonner quand je passe au rouge alors qu’il y a un panneau m’autorisant à le faire... (rappel d’ailleurs que l’usage de l’avertisseur sonore en ville est interdit en dehors d’un danger imminent) La mentalité de l’automobiliste moyen reste un mystère pour moi, d’autant plus quand je les entends déblatérer leurs conneries sur les autres usagers de la route à la pause du midi (le summum ayant été atteint par une collègue qui se réjouissait d’avoir vu une trottinette se planter).

    • Ici, les panneaux qui transforment un stop en cédez-le-passage pour les cyclistes sont toujours d’un intérêt extrêmement limité : c’est quasiment uniquement des autorisations de tourner à droite, jamais de traverser complètement le carrefour si la voie est libre.

      Je suspecte qu’en France, comme pour le Covid, on déteste l’idée d’un cédez-le-passage dont l’appréciation de sécurité serait laissée à l’usager…

      Sinon, un autre intérêt des autorisations différenciées : plutôt que de se préoccuper des abrutis qui gueulent parce que les vélos passent au rouge, ça permettrait de leur dire qu’ils n’ont qu’à se mettre au vélo pour profiter à leur tour de cette extraordinaire libéralité du code la route.

    • Sinon, il y a tout de même déjà une différence importante entre cyclistes et automobilistes : il n’y a pas de perte de points ni de retrait de permis quand on brûle un feu à vélo.
      https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20443

      Non, si vous commettez à vélo une infraction au code de la route, vous ne perdez pas de points sur votre permis de conduire.

      Toutefois, vous pouvez être sanctionné par une amende.

      Par contre, je découvre qu’on peut tout de même se prendre un retrait de permis si on fait du vélo bourré :

      De plus, en cas d’infraction grave, le juge peut suspendre votre permis de conduire. Par exemple, en cas de conduite en état d’ivresse ou de mise en danger de la vie d’autrui.

      C’est ballot, parce que justement je prends le vélo exprès pour les sorties arrosées (vu que je suis un type responsable).

  • La médecine soigne-t-elle vraiment tout le monde ?

    En fin d’études, les médecins prêtent le serment d’Hippocrate, s’engageant à soigner toute personne sans distinction. Mais dans les faits, est-ce vraiment le cas ? Pourquoi certaines personnes sont-elles moins bien prises en charge que d’autres ? Est-ce la faute des médecins eux-mêmes — ou celle d’un système qui trie, hiérarchise, invisibilise en permanence ? Quels effets produit cette médecine qui peine à accueillir les #corps_minoritaires ?

    https://www.binge.audio/podcast/encoreheureux/la-medecine-soignent-elles-vraiment-tout-le-monde

    #médecine #discriminations #soins #tri #invisibilisation #hiérarchisation #minorités
    #audio #podcast

  • C’est en ayant moins d’enfants que les #femmes ont réduit l’#écart_salarial avec les #hommes

    Aux États-Unis, baisse du #taux_de_natalité et réduction de l’écart salarial entre hommes et femmes ne sont pas simplement concomitantes. Elles sont liées. Pour obtenir l’#égalité_salariale, il faudra agir sur les effets de la parentalité en matière de #rémunération.

    Aux États-Unis, les femmes ne gagnaient en moyenne que 85 % de ce que les hommes gagnaient pour chaque heure travaillée en 2024. Cependant, elles s’en sortent beaucoup mieux que leurs mères et grands-mères il y a quarante ans. Au milieu des années 1980, les femmes ne touchaient que 65 % du salaire des hommes pour chaque heure de travail rémunéré.

    Les salaires des femmes se sont améliorés par rapport à ceux des hommes en partie grâce aux progrès réalisés dans leur niveau d’éducation et leur expérience professionnelle, et parce que les femmes se sont orientées vers des professions mieux rémunérées. Mais les avancées vers l’égalité salariale sont actuellement au point mort.

    En tant que sociologues et démographes, nous voulions savoir si les changements au sein des familles américaines avaient également contribué à rapprocher les femmes de l’égalité salariale avec les hommes. Dans un article publié en juin 2025 dans la revue académique Social Forces, nous avons montré que cet écart salarial se réduit en partie parce que les femmes ont moins d’enfants.
    Les mères gagnent moins, mais les pères gagnent davantage

    Aux États-Unis et ailleurs, de nombreuses preuves montrent que la parentalité affecte différemment les salaires des hommes et des femmes. Comparativement aux femmes sans enfant, la maternité entraîne des pertes de salaire pour les femmes. Et ces pertes sont plus importantes lorsque les femmes ont plusieurs enfants.

    En revanche, après être devenus pères, les hommes voient généralement leur salaire augmenter. Comme le fait d’avoir des enfants tend à faire baisser les salaires des femmes et à les faire augmenter pour les hommes, la parentalité élargit l’écart salarial entre les sexes.

    La baisse du taux de natalité joue un rôle

    Les Américaines ont en général moins d’enfants. Les femmes, y compris celles qui ne travaillent pas à l’extérieur du foyer, avaient en moyenne environ trois enfants avant l’âge de 40 ans en 1980. En 2000, cette moyenne était tombée à 1,9 enfant, et elle est restée relativement stable depuis.

    Pour déterminer si les changements dans le nombre d’enfants des mères américaines actives influencent leurs revenus par rapport à ceux des hommes, nous avons analysé des données recueillies auprès d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale des familles américaines. Nous avons suivi l’évolution au fil du temps du nombre d’enfants des Américains actifs âgés de 30 à 55 ans.

    Nous avons constaté que le nombre moyen d’enfants par employé a chuté de manière significative entre 1980 et 2000, passant d’environ 2,4 à environ 1,8. Cette moyenne s’est stabilisée après 2000 ; en 2018, dernière année de notre analyse, les employés avaient en moyenne environ 1,8 enfant.

    Dans le même temps, le salaire horaire des femmes de cette tranche d’âge par rapport à celui des hommes a fortement augmenté. Il est passé de 58 % en 1980 à 69 % en 1990, puis a progressé plus lentement pour atteindre 76 % en 2018. Autrement dit, à mesure que le nombre d’enfants diminuait, l’écart salarial entre les sexes se réduisait. Pour les deux tendances, les changements ont été rapides dans les années 1980, puis plus lents après 1990.

    Nous avons ensuite estimé dans quelle mesure la diminution du nombre d’enfants chez les hommes et les femmes pouvait expliquer la réduction de l’écart salarial entre les sexes entre 1980 et 2018. Nous avons constaté que, même après avoir tenu compte d’autres facteurs tels que le nombre d’années d’études, l’expérience professionnelle antérieure et la profession exercée, environ 8 % de la réduction de l’écart salarial entre les sexes peut s’expliquer par le fait que les hommes et les femmes actifs ont moins d’enfants.

    Ensuite, nous avons montré que le nombre d’enfants des employés américains avait diminué plus rapidement dans les années 1980 que par la suite. Ce ralentissement a coïncidé avec une décélération des gains salariaux des femmes par rapport aux hommes. Une fois que le nombre moyen d’enfants des employés américains s’est stabilisé vers 2000, les progrès des femmes vers l’égalité salariale avec les hommes se sont également stabilisés.

    Des questions sur l’avenir de la fécondité aux États-Unis

    Aux États-Unis, universitaires et responsables politiques débattent de la question de savoir pourquoi les Américains ont moins d’enfants aujourd’hui qu’il y a une ou deux décennies, et de ce que le gouvernement devrait faire à ce sujet.

    Nous convenons que ce sont des questions importantes.

    Nos recherches montrent que tout changement futur dans le nombre d’enfants des Américains est très susceptible d’influencer la rapidité avec laquelle les femmes et les hommes atteignent l’égalité salariale. Mais ce n’est pas une fatalité. Le nombre d’enfants que les Américains ont affecte l’écart salarial entre les sexes uniquement parce que la parentalité réduit les salaires des femmes tout en augmentant ceux des hommes. Tant que ces effets inégaux de la parentalité sur les revenus des hommes et des femmes persistent, ils continueront à freiner les progrès des femmes vers l’égalité salariale.

    https://theconversation.com/cest-en-ayant-moins-denfants-que-les-femmes-ont-reduit-lecart-salar
    #genre #parentalité #maternité #salaires #discrimination #inégalités #inégalités_salariales #statistiques #chiffres #USA #Etats-Unis

  • Les Dévalideuses. Le collectif féministe qui démonte les idées reçues sur le handicap



    Face à l’inacceptable invisibilisation des femmes handicapées dans le féminisme, nous nous sommes rassemblées.

    #Handi-féministes, nous portons la parole des #femmes et #minorités_de_genre handicapées.

    Forte, fière, nécessaire.

    Nous nous situons au croisement des luttes contre le #validisme (la discrimination systémique subie par les personnes handicapées (C.Puiseux, Dictionnaire Crip)) et le #sexisme.

    Car les femmes, comme les personnes handicapées, sont considérées comme des groupes naturellement inférieurs (aux hommes / aux valides) et doivent lutter pour obtenir l’#égalité et l’#émancipation.

    Les femmes et minorités de genre handicapées font l’objet, au plus haut degré, des formes de domination qui s’exercent sur toutes les femmes : #infériorisation et #infantilisation ; contrôle du #corps et des comportements ; discriminations sexistes ; privation d’accès à des #droits égaux ; #violences_sexistes, y compris sexuelles, qu’elles soient privées, institutionnelles, médicales, ou économiques.

    Les #oppressions ne se remplacent pas, elles se cumulent et elles se croisent, créant des situations uniques et complexes qui nécessitent toute notre attention. Nous sommes donc également concernées par l’ensemble des luttes liées au genre, à l’orientation sexuelle, à l’origine ethnique, à la religion ou au milieu social.

    Nous serons pédagogues, parfois mordantes, toujours argumentées.

    Nous serons politiques, dans nos propos et dans nos actes, car il s’agit de faire la révolution.

    Nous serons toujours aux côtés de nos pairs, nous devons chérir notre communauté et retrouver la fierté de nos identités.

    https://lesdevalideuses.org
    #idées-reçues #handicap #féminisme #préjugés

    • (...)

      🎙️ Résumé de l’émission
      Dans cet échange mené par Tristan Martin, Patrick Coste revient sur son parcours dans l’Éducation nationale et expose les analyses développées dans son ouvrage L’Éducation face à l’impossible (éditions Delga). De la critique des logiques de pouvoir à la crise psychique de l’ #enfant, en passant par les tensions autour de l’ #égalité, de l’ #autorité et de la laïcité, cette discussion interroge en profondeur le rôle de l’ #école dans notre société. Un dialogue exigeant pour repenser les fondements mêmes de l’éducation.

  • [Je signe ✍️] Le 12 juin au #Sénat, #taxons_les_ultra-riches - #Attac France
    https://france.attac.org/se-mobiliser/superprofits-ultra-riches-mega-injustices/article/je-signe-%E2%9C%8D%EF%B8%8F-le-12-juin-au-senat-taxons-les-ultra-riche

    Lettre ouverte aux #sénateurs et #sénatrices

    Madame, Monsieur,

    Le 12 juin, vous aurez l’opportunité de voter une proposition de loi essentielle qui peut faire une vraie différence dans la vie des Français et Françaises : la mise en place d’un impôt minimum sur les grandes fortunes. Ce texte vise à assurer une contribution plus équitablement répartie pour faire face aux défis que nous devons relever ensemble, en étant fidèle au principe d’#égalité_devant_l’impôt consacré par la #Constitution française.

    Notre pays fait face à une crise du financement des services publics, à un besoin impératif d’investissement dans la transition écologique et à une demande légitime des citoyennes et des #citoyens pour plus de #justice_fiscale. Dans ce contexte, la taxation des personnes les plus fortunées, détenant à minima 100 millions d’euros, est une mesure pragmatique et nécessaire qui permettrait de rapporter entre 15 et 25 milliards d’euros par an.

    Elle est plébiscitée par des #économistes de renom, y compris par des institutions financières internationales, afin notamment de collecter le manque à gagner fiscal auprès des acteurs aujourd’hui sous-imposés. Aujourd’hui, les ultra-riches paient proportionnellement moins d’impôts : chez les 0,1 % les plus riches, le taux peut chuter jusqu’à 0,2 % de leurs revenus. Il est urgent d’agir pour que chacun contribue à hauteur de ses moyens.
    Vous avez presque terminé  ! Passez à l’étape suivante.

    Merci d’avoir signé ! Vous pouvez amplifier notre mobilisation pour la justice fiscale en diffusant cette pétition autour de vous. Partagez cet appel en utilisant les boutons ci-dessous 👇🙏
    [Je signe ✍️] Le 12 juin au Sénat, taxons les ultra-richesAttac France

    Le 12 juin, c’est au tour du Sénat d’examiner la proposition d’impôt plancher sur la fortune des 0,01 % des contribuables les plus riches. Attac France, 350.org et Oxfam France lancent une campagne conjointe : nous comptons sur vous pour signer et relayer la lettre ouverte aux sénateurs et sénatrices avant le vote !

    Ce texte ne pénalise ni l’investissement ni l’entrepreneuriat, et ne risque pas d’engendrer d’exil fiscal à grande échelle mais au contraire assure que les contributions fiscales soient proportionnelles aux ressources de chacun·e. C’est un enjeu de responsabilité et d’efficacité économique : un système fiscal plus juste permet de renforcer la stabilité sociale et économique du pays à court et moyen terme.

    Nous nous adressons à vous, sénateurs et sénatrices, car nous savons que vous partagez cette ambition d’un modèle économique durable et de solutions pérennes aux crises auxquelles fait face le pays et celles à venir. Soutenir cette loi, c’est envoyer un signal fort : celui d’un engagement en faveur de la responsabilité économique et de la cohésion sociale.

    Votre vote du 12 juin sera décisif. Nous comptons sur vous pour prendre une décision courageuse et juste, qui répond aux attentes des citoyennes et des citoyens et qui prépare la France aux défis de demain.

    Dans l’attente de votre réponse et de votre action, recevez, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération.

    kit de com : https://france.attac.org/IMG/pdf/taxonslesultrariches-versionattac.pdf

  • #Santé_menstruelle : un tabou qui freine l’avenir des filles

    Des millions de filles et de femmes dans le monde vivent leurs règles dans la #précarité, le #silence ou l’#humiliation. Parce que les #menstruations restent taboues, elles entraînent de fortes #inégalités sociales et de #genre et génèrent des #risques pour la #santé. Pour le Planning familial et Plan international, « faire du #droit_à_la_santé_menstruelle une réalité pour tous·tes, c’est faire un pas décisif vers l’#égalité. Il est temps de le franchir. »

    Des millions de filles et de femmes dans le monde vivent leurs règles dans la précarité, le silence ou l’humiliation. Parce que les menstruations restent taboues, elles entraînent de fortes inégalités sociales et de genre et génèrent des risques pour la santé. À l’occasion de la Journée mondiale consacrée à la santé menstruelle, Plan International France et le Planning familial rappellent que la santé menstruelle est un droit fondamental qu’il faut respecter, partout dans le monde.

    En 2025, avoir ses règles reste un facteur d’#exclusion pour des millions de filles dans le monde. En France, environ 4 millions de femmes menstruées vivent dans la #précarité_menstruelle, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas les #ressources_financières pour s’acheter des #protections_périodiques. Parmi elles, 1,7 millions sont des #mères_célibataires ou des #étudiantes.

    En France, plus d’un tiers des adolescent·es ressentent un sentiment de #honte du simple fait d’avoir leurs règles, selon un sondage Opinion Way de 2022 commandé par Plan International France. 35% avouent qu’elles ou une de leurs proches ont déjà subi des #moqueries et des #humiliations en milieu scolaire. Une fille sur deux a déjà raté l’#école pendant ses règles. Ces données montrent à quel point les #tabous entourant les règles restent vivaces.

    Un enjeu mondial de #dignité, de santé et d’#éducation

    Dans le monde, au moins 500 millions de filles et de femmes n’ont pas accès à des protections périodiques en quantité suffisante. Des millions de filles manquent l’école chaque mois, faute d’infrastructures adaptées ou simplement d’un endroit sécurisé pour pouvoir se changer.

    D’après l’Unicef, en 2022, 15% des filles au Burkina Faso, 20% en Côte d’Ivoire et 23% au Nigeria ont été contraintes de manquer l’école tout au long de l’année en raison de leurs règles.

    Au Népal, la pratique traditionnelle du chhaupadi contraint les femmes à vivre isolées dans des huttes pendant toute la durée de leurs règles.

    En situation de crise – conflits, catastrophes climatiques -, l’accès à la santé menstruelle est encore plus restreint.

    Ce manque entraîne des conséquences directes sur la santé des femmes, comme des #infections, des #douleurs_chroniques, un #mal-être psychologique. La #désinformation liée aux règles, les #mythes, les #préjugés sexistes empêchent les jeunes de comprendre leur propre corps, de poser des questions et prendre de soin de leur santé.

    Un #droit_humain trop ignoré

    La santé menstruelle ne peut plus être un sujet oublié ou relégué au second plan, surtout au moment où les #droits_sexuels_et_reproductifs sont remis en cause. Elle est une composante essentielle de la santé sexuelle et reproductive. Elle doit être pensée comme un droit humain à part entière, condition de la dignité, de l’#autonomie et de la pleine participation des filles et des femmes à la société.

    Accéder à une information fiable, des protections, à de l’#eau, disposer d’un lieu sûr, comprendre son cycle, tout cela fait partie du droit fondamental à la santé. Et pourtant, ce droit reste trop souvent ignoré, nié.

    Un levier en faveur de l’égalité de genre

    Une personne qui peut gérer ses règles dans de bonnes conditions a plus de chances de poursuivre sa #scolarité. Une personne qui vit ses règles sans honte ni obstacle peut participer pleinement à la vie sociale, économique et citoyenne.

    À l’inverse, tant que les règles seront entourées de silence et de stigmatisation, elles resteront un facteur d’exclusion. C’est un enjeu d’égalité de genre et de justice sociale.

    Nous agissons pour faire de la santé menstruelle un droit effectif

    Au Planning familial comme à Plan International France, nous agissons pour faire du droit à la santé menstruelle une réalité. Chacun·e à notre échelle, nous distribuons des protections périodiques, sensibilisons les jeunes à la question des règles, aux préjugés qui les entourent. Nous luttons contre les mythes et la désinformation.

    Mais ces actions doivent s’inscrire dans une dynamique plus large. Nous appelons les pouvoirs publics à garantir à chaque jeune un accès à une éducation complète à la sexualité, qui doit mieux inclure la question des règles. Il faut également assurer à tous·tes les adolescent·e un accès universel, continu à l’information, aux soins, aux protections, y compris en situation d’urgence. Nous exigeons également des produits menstruels sans risques pour la santé ainsi que la formation des professionnel·les de la santé ! Il est essentiel d’éviter l’errance médicale par une meilleure prise en compte de la douleur, une meilleure orientation des personnes et une sensibilisation aux diagnostics possibles.

    En parler, c’est déjà agir

    Chacun et chacune peut agir à son niveau. En parlant ouvertement des menstruations, en s’informant, en sensibilisant les plus jeunes. Ensemble, déconstruisons les stéréotypes, levons les tabous et exigeons des #politiques_publiques ambitieuses en faveur de la santé menstruelle. Faire du droit à la santé menstruelle une réalité pour tous·tes, c’est faire un pas décisif vers l’égalité. Il est temps de le franchir.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/01/sante-menstruelle-un-tabou-qui-freine-lavenir-des-filles/#more-94458
    #femmes #menstruation

  • Des PV majorés de 500% pour les riches !

    C’est une petite révolution qui mijote de l’autre côté des Pyrénées : en Espagne, le gouvernement envisage de faire payer beaucoup plus cher les #infractions_routières... aux #automobilistes les plus aisés. Fini le ticket à 100 € indolore pour ceux qui gagnent dix fois plus que le salaire moyen ! Inspirée du modèle suisse, cette réforme vise à rendre les #sanctions plus justes, en les adaptant aux revenus de chacun. Une manière de lutter contre une #injustice trop souvent ignorée : la loi est la même pour tous, mais son poids, lui, dépend de votre fiche de paie.

    C’est le genre d’annonce qui fait grincer des dents dans les beaux quartiers de Madrid. Le parti espagnol Sumar, membre de la coalition gouvernementale, souhaite que les sanctions pour infractions au Code de la route soient indexées sur les revenus des contrevenants. Le principe est simple : plus vous gagnez, plus votre amende sera élevée. Et on ne parle pas de quelques euros supplémentaires, mais bien d’une #majoration pouvant atteindre 500 % pour les conducteurs les plus #riches.

    Concrètement, si une #infraction vous coûte aujourd’hui 100 €, elle pourrait grimper à 600 € si vous gagnez plus de 100 000 € bruts par an. Le ministre des Droits sociaux, Pablo Bustinduy, soutient cette proposition, la qualifiant de « louable » et « nécessaire pour réduire les inégalités ».

    Une #justice_routière à plusieurs vitesses

    Actuellement, en Espagne comme dans la plupart des pays, les amendes sont fixes, quelle que soit la #situation_financière du contrevenant. Un cadre supérieur peut donc se permettre d’ignorer une #contravention pour stationnement gênant ou excès de vitesse, là où un smicard y laissera une grosse part de son budget mensuel.

    La réforme s’appuie sur un principe déjà appliqué dans certains pays nordiques, et notamment en Suisse, où les amendes sont déjà proportionnelles aux revenus. Là-bas, rouler à 200 km/h peut coûter... plus d’un million d’euros. Un record mondial détenu par un conducteur suédois en 2010, épinglé pour grand excès de vitesse. Chez les Helvètes, on ne rigole pas avec les limitations.

    Les riches ciblés, les modestes soulagés ?

    La proposition espagnole va plus loin qu’une simple #surtaxe pour les hauts revenus. Elle prévoit aussi des #réductions_de_peine pour les conducteurs aux ressources modestes. Ceux qui gagnent moins de 1,5 fois le SMIC espagnol pourraient bénéficier d’un #rabais de 30 % sur leurs amendes, et ceux entre 1,5 et 2,5 fois le SMIC d’une réduction de 15 %.

    L’idée est de restaurer un semblant d’#égalité devant la loi, en évitant qu’une sanction ne soit dérisoire pour les uns et écrasante pour les autres.

    Une réforme qui fait débat

    Évidemment, la mesure ne fait pas l’unanimité. Certains dénoncent une « punition fiscale déguisée », d’autres y voient une dérive vers une justice à géométrie variable. Le gouvernement, lui, défend une approche plus équitable, dans un contexte où les écarts de richesse ne cessent de se creuser.

    Pour l’instant, la proposition doit encore être débattue au Congrès des députés espagnol. Mais elle pourrait bien faire école ailleurs en Europe, où les inégalités de traitement devant la loi sont de plus en plus critiquées.

    Vers une Europe des PV sur mesure ?

    Et si cette initiative espagnole n’était que le début d’un mouvement plus large ? Difficile de dire si la France ou d’autres pays suivront le pas. Mais à l’heure où les radars automatiques fleurissent et où l’écologie impose de nouvelles restrictions à la conduite, la question de l’équité financière dans les sanctions mérite d’être posée.

    Faire payer davantage ceux qui ont les moyens n’est peut-être pas si choquant. Après tout, payer une amende, ce n’est pas censé être un simple désagrément : c’est censé faire réfléchir.

    https://www.automobile-magazine.fr/insolite/article/48173-des-pv-majores-de-500-pour-les-riches
    #Espagne #amendes

  • France : le Conseil d’État enjoint le gouvernement à prendre en charge les frais de transport de tous les demandeurs d’asile - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64473/france--le-conseil-detat-enjoint-le-gouvernement-a-prendre-en-charge-l

    France : le Conseil d’État enjoint le gouvernement à prendre en charge les frais de transport de tous les demandeurs d’asile
    Par Leslie Carretero Publié le : 09/05/2025
    Dans une décision du 6 mai, le Conseil d’État a enjoint le Premier ministre d’assurer la prise en charge des frais de transports pour les convocations à l’Ofpra et à la CNDA des demandeurs d’asile non hébergés par les autorités. Actuellement, 25% de personnes ne sont pas prises en charge dans le dispositif national d’accueil et doivent donc payer à leur frais pour leurs rendez-vous administratifs. Une mesure jugée contraire au principe d’égalité de traitement.
    Les associations le dénoncent depuis plusieurs années. Le Conseil d’État vient de leur donner raison. Il avait été saisi par plusieurs associations, dont La Cimade et le Gisti (Groupe d’information et de soutien aux immigrés), au sujet du financement des frais de transports pour se rendre aux rendez-vous de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) et de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA).
    Dans les faits, les personnes accueillies en centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) et dans les hébergements d’urgence pour demandeurs d’asile (HUDA) - gérés par opérateurs mandatés par l’État - bénéficient d’une prise en charge de leurs frais de déplacements pour leurs convocations liées à leur dossier de protection.
    Ce qui n’est pas le cas des personnes hébergées dans des structures de premier accueil des demandeurs d’asile (SPADA) – gérées par l’Office français de l’intégration ou de l’immigration (Ofii) – ou celles vivant chez des proches, voire à la rue. Selon Didier Leschi, directeur de l’Ofii, 25% des demandeurs d’asile ne sont pas logés par l’État.
    Ces exilés doivent alors payer à leur frais leurs titres de transport, le plus souvent grâce à l’allocation pour demandeurs d’asile - pour rappel, les demandeurs ne sont pas autorisés à travailler pendant les six premiers mois de leur arrivée en France.
    Et le montant de l’ADA, qui peut aller de 190 euros/mois pour une personne seule à 660 euros/mois pour une famille de six personnes, couvre tout juste leurs frais quotidiens. « Ce n’est pas normal que les plus précarisés soient pénalisés et payent plus que les autres », souligne Claire Rodier du Gisti. Dans sa décision du 6 mai, le Conseil d’État estime que « le fait de réserver (…) la prise en charge des frais de déplacement liés aux convocations à l’Ofpra et à la CNDA aux seuls demandeurs d’asile hébergés en CADA et en HUDA constitue une différence de traitement (…) et porte une atteinte illégale au principe d’égalité ». Et ce alors que le fait de ne pas être hébergé dans ces structures « ne dépend pas de la situation ou du choix des intéressés mais procède du nombre de places disponibles dans un contexte de saturation du dispositif national d’accueil », assure la juridiction.
    Ainsi, le Conseil d’État « enjoint au Premier ministre, dans un délai de neuf mois (…), de prendre toutes mesures utiles afin de remédier aux différences de traitement constatées et d’assurer une prise en charge des frais de transport des demandeurs d’asile en vue de réaliser les déplacements nécessaires à l’examen de leur demande d’asile dans le respect des principes d’égalité et d’effectivité du droit d’asile ». Une décision non contraignante.

    #COvid-19#migrant#migration#france#OFII#CNDA#GISTI#CADA#asile#OFPRA#SPADA#droit#sante#egalite

  • L’éducation entre égalité et efficacité
    https://laviedesidees.fr/L-education-entre-egalite-et-efficacite

    Comment les vagues de massification scolaire ont-elles affecté les stratégies des familles et, plus largement, leur rapport à l’École ? Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France, propose des pistes d’analyse pour éclairer une nouvelle socio-démographie de l’éducation. Entretien suivi d’un essai.

    #Société #éducation #famille #égalité
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250404_menger-2.pdf

  • Trois idées reçues sur les rapports entre le droit et la politique (et sur le « gouvernement des juges ») - AOC media
    https://aoc.media/analyse/2025/04/02/trois-idees-recues-sur-les-rapports-entre-le-droit-et-la-politique-et-sur-le-

    Par Lauréline Fontaine, juriste

    Le verdict de culpabilité à peine prononcé à l’endroit des dirigeants du Rassemblement national et de leur organisation, la petite musique du « gouvernement des juges » se faisait bruyamment entendre. C’est l’occasion de montrer comment cet argumentaire dangereux et fallacieux a été progressivement inscrit au sein de notre espace démocratique pour saper, en opposant droit et politique, un des fondements de l’État de droit : la séparation des pouvoirs.

    De la décision rendue par le Tribunal correctionnel de Paris le 31 mars 2025, dans l’affaire des assistants parlementaires du groupe Rassemblent National au Parlement européen, entre 2014 et 2016, les médias et leurs acteurs font leurs gros titres des peines prononcées, et notamment de celles concernant l’inéligibilité des élus concernés, au premier rang desquels Marine Le Pen. Bien sûr, c’est oublier que le fait le plus important est que les élus aient été reconnus coupables de détournement de fonds publics (et les collaborateurs de recel de détournement de fonds publics).

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    Cette condamnation, prononcée par un collège de trois juges, fait suite à la décision prise par des élus d’instituer des mécanismes destinés à assurer la probité de ceux qui ont l’honneur d’exercer un mandat public, que leur ont confié la majorité des électeurs qui se sont exprimés. Mais cet oubli de la condamnation et de son fondement n’est ni un « glissement », ni une « dérive » de la vie politique contemporaine. C’est la suite presque mécanique de ce qui se joue dans notre espace politique depuis déjà quelques temps, transcendant même les clivages politiques.

    Certes, la conception française de la « démocratie » a toujours donné aux élus la priorité de légitimité sur tout autre acteur, y compris les juges, mais le système avait été néanmoins acquis à l’idée qu’il était préférable qu’il existe une justice, rendue par des juges, et non par les électeurs seulement, à propos des acteurs politiques et de leurs actions. Ce sont ces acteurs qui ont ainsi forgé, progressivement, tout un ensemble de règles destinées à leur être appliquées, répondant à l’idée de restaurer « la confiance dans la vie politique », ainsi que s’intitulait la loi du 15 septembre 2017.

    Mais cette progressivité de l’élaboration d’un droit applicable à la vie politique a donné lieu, dans le même temps, à des déclarations qui entrent en contradiction avec cette intention. Je ne prendrai ici que quelques exemples récents, en illustrant que le « gouvernement des juges » décriés par les partisans (mais pas seulement il est important de le noter) de Marine Le Pen, bénéficiait, dans la classe politique, avant le jugement du 31 mars 2025 d’une cote de popularité déjà exceptionnelle. Pour le comprendre, il faut revenir sur la manière dont sont pensés les rapports entre le droit et la politique, qui ne donnent pas seulement lieu à beaucoup d’idées reçues, mais qui sont aussi la source de discours à haute valeur démagogique, jusqu’à se laisser aller à de pures inventions. Petits extraits choisis.

    A l’occasion d’un débat filmé et organisé par le journal Le Figaro le 30 novembre 2024 entre Marcel Gauchet et Arnaud Montebourg – un débat intitulé « L’État de droit contre la démocratie. La souveraineté européenne contre le peuple », rien que ça ! – on peut entendre le premier affirmer que le Conseil constitutionnel, en 1971, a « choisi » de se référer à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et qu’il aurait pu tout aussi bien choisir celle de 1793 ou celle de 1795, deux autres déclarations de l’époque révolutionnaire. Il induisait ainsi l’arbitraire total du Conseil, qui lui permettrait de décider contre les politiques, puisque la décision prise en 1971 censurait une loi fraîchement adoptée.

    Cet énoncé, délivré sous l’œil approbateur et satisfait de ses interlocuteurs, est pourtant, sur ce point, parfaitement inexact. Le véritable « choix » du Conseil à l’époque avait été de se fonder sur le préambule de la Constitution de 1958 (ce qu’il avait déjà décidé depuis 1970), un préambule qui se réfère explicitement à la Déclaration de 1789 à laquelle le peuple français (que le texte de 1958 dit être son auteur) « proclame solennellement son attachement ». Pas de référence, même implicite, aux autres déclarations élaborées pendant l’époque révolutionnaire. Sur ce point au moins, il n’y a donc pas eu fantaisie du Conseil.

    Mais il apparaît que l’essentiel pour Marcel Gauchet n’était pas d’être « juste », mais de jouer la partition pour laquelle il avait été invité avec Arnaud Montebourg, dont le titre disait bien l’intention des uns et des autres. Dans leurs propos, on décèle bien l’intention qui est la leur : si le politique n’agit pas dans un sens jugé par le politique, lui-même considéré implicitement comme favorable aux « citoyens » et à l’action de l’État, c’est qu’il en est empêché. Arnaud Montebourg le confirme : il égrène les autorités et juridictions qui « bombardent de décisions sur ce qu’il faudrait faire » (Autorités administratives indépendantes, Europe, juges). Et, affirme-t-il, les juges comme les hauts-fonctionnaires, au prétexte de leurs connaissances et de leurs études, ne seraient pas là pour lui dire « ce qu’on peut faire et ne pas faire », mais pour se « débrouiller pour le faire ».

    En portant ce discours anti-juge et anti-droit, il se présente comme un bon éligible potentiel puisque lui prétend en finir avec cette raison du « tout juge », avec cette raison qui empêche le politique d’agir dans le bon sens. N’est-ce pas du bon sens d’ailleurs ? Le droit ne devrait pas entraver l’action politique. Pour qu’il en soit ainsi, tout frein de droit, même dûment constaté par le juge, doit être disqualifié, ou plutôt requalifié, puisque, dans le même temps, il ne faut pas avoir l’air de remettre en cause la fonction de juger : non, le juge doit bien juger, mais, s’il juge « contre » le politique, alors son travail est illégitime parce que, en décidant ainsi, il ferait de la politique.

    Cette petite musique est devenue une antienne : on la ressasse comme un mantra dont on n’interroge plus depuis longtemps le bienfondé. On la trouve évidemment au cœur des institutions. Citons, par exemple, ce rapport de mars 2022, intitulé à l’identique de la mission d’information du Sénat qui avait été constituée quelque temps auparavant, « La judiciarisation de la vie publique : une chance pour l’état de droit ? Une mise en question de la démocratie représentative ? Quelles conséquences sur la manière de produire des normes et leur hiérarchie ? » (Rapport d’information de P. Bonnecarrère, fait au nom de la MI Judiciarisation, n° 592 (2021-2022) – 29 mars 2022). Ce rapport donne rapidement le ton : « La volonté de toujours mieux protéger les droits fondamentaux peut parfois compromettre la capacité de mener des politiques publiques efficaces au service de l’intérêt général ». Est donc reproché au juge d’empêcher l’action entreprise ou décidée par les autorités politiques et administratives, la question du respect du droit et des droits ne devenant pas seulement secondaire, mais illégitime.

    Citant un professeur, le rapport sénatorial parle d’« invasion des juridictions dans la vie publique ». A l’appui de la thèse générale du rapport, quelques décisions de justice sont citées : sans surprise une décision émanant de la Cour de Justice de l’Union Européenne (arrêt du 6 octobre 2020, Quadrature du Net, affaire C-511/18), mais aussi une décision du Conseil d’État (Ordonnance n° 452210 du 22 juin 2021, suspendant l’application d’un décret du 30 mars 2021 portant diverses mesures relatives au régime d’assurance chômage) ou encore une décision du Conseil constitutionnel (décision du 6 juill. 2018, n° 2018-717/718 QPC).

    Nul doute que la décision du Tribunal correctionnel de Paris rendue le 31 mars fera donc date dans le discours sur le gouvernement des juges. En écoutant ou en lisant les hommes et femmes politiques et ceux qui entendent porter leur parole, je note que ce sont toujours les quelques mêmes décisions qui reviennent. Comme celle du Conseil constitutionnel sur la fraternité, sans surprise évoquée dans le débat Gauchet/Montebourg que je mentionnais plus haut, une décision devenue un « standard » pour la critique du gouvernement des juges. Elle est à cet égard encore citée dans une chronique récemment publiée par le maire de Cannes, David Lisnard, qui ne fait dissimule à peine que pour lui, c’est parce qu’elle est liée à la question migratoire que cette décision est problématique (« De l’État de droit au gouvernement des juges ? », L’opinion, 5 mars 2025). En effet, le législateur avait créé un dispositif pénalisant l’aide apportée aux migrants, que les observateurs avaient rapidement appelé « délit de solidarité ». Saisi à cette fin d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil l’avait déclaré contraire à la Constitution, sur le fondement du principe de fraternité figurant dans la devise républicaine (article 2).

    Même s’il faut minimiser la portée réelle de cette décision (elle est importante pour ceux qu’elle concerne mais les hypothèses d’application de cette loi étaient assez peu nombreuses dans les faits, car la tendance des autorités était plutôt de ne pas activer souvent le dispositif, même si c’était sans doute encore trop), le fait est qu’elle se caractérise par une abrogation d’un dispositif souhaité par le législateur. Il est vrai que, dans cette affaire, le Conseil constitutionnel a paru sortir le principe de fraternité de son chapeau, parce que non seulement il n’en n’avait jusque-là jamais fait usage, et qu’il ne s’agirait de toutes les façons pas d’une véritable « règle », les termes de la devise républicaine ayant un simple caractère déclaratoire.

    A cet endroit, le raisonnement devient néanmoins glissant, et toutes sortes d’impasses, d’erreurs et de torsions sont permises, à partir desquelles ce discours anti-juge et anti-droit prospère allègrement. Il n’a pourtant rien du « bon sens » ou, tout du moins, fait passer des vessies pour des lanternes. Et à ce jeu, nous nous laissons souvent prendre. Si on le leur demandait en effet, peu qui propagent ce discours, volontairement ou involontairement, pourraient adhérer à l’hypothèse qu’il vaut mieux une société sans droit qu’une société de droit. Et pourtant, c’est bien ce qui se joue.

    1ère idée reçue : les juges freinent l’exercice du pouvoir
    A envisager l’ensemble des décisions de justice rendues par les différentes instances juridictionnelles compétentes, le bilan global est que les juges ne s’opposent que très ponctuellement à l’action publique : dans la très grande majorité des cas, au contraire, ils la valident et en renforcent l’inéluctabilité. Les juges, et singulièrement le juge administratif et le juge constitutionnel, ménagent les autorités en charge d’exercer le pouvoir, en façonnant le droit à cette fin.

    Ainsi par exemple de la notion d’« intérêt général », dont use le Conseil constitutionnel depuis 1979 (Cons. const., 12 juill. 1979, n° 79-107 DC), est orientée vers la validation des restrictions apportées aux droits et libertés par le législateur. La notion d’intérêt général présente un avantage très net pour le législateur, puisque c’est à lui qu’il revient d’en définir le contenu, dispensant le juge d’en apprécier la pertinence. Si donc on s’intéresse à la jurisprudence du Conseil constitutionnel, on doit constater que, au regard du nombre de lois et de dispositions législatives adoptées, très rares sont les censures et encore plus concernant des dispositifs de grande importance (dès lors que l’exécutif est impliqué dans ces dispositions, car celles seulement voulues par le Parlement échappent un peu moins à la censure, qui reste de toutes les façons rare). Devant la juridiction administrative également, l’État gagne le plus souvent à la fin, sauf exceptions, comme à propos de « l’affaire du siècle », l’affaire de Grande-Synthe (CE, 1er juill. 2021, n° 427301), qui jouent le rôle d’un miroir grossissant d’une réalité fantasmée.

    Les auteurs du rapport d’information du Sénat cité plus haut l’admettent d’ailleurs : beaucoup plus loin dans le document et n’en faisant pas leurs « gros titres », ils concèdent que le phénomène de la judiciarisation de la vie publique ne doit pas être « surestimé ». Et de rappeler par exemple que, pendant la crise sanitaire, le Conseil d’État et le Conseil constitutionnel n’ont pas posé d’obstacles réels aux décisions prises par le gouvernement et le législateur d’alors, ce qu’en effet nous avions tous pu constater. Le juge est alors loué pour ce qu’il « est donc capable de procéder à l’interprétation constructive des textes non pas pour empêcher mais au contraire pour faciliter l’action des pouvoirs publics au regard des circonstances » (je souligne). On ne saurait être plus clair.

    Dans une sorte d’aveu de lucidité, il est également dit dans le rapport que « les changements qui ont conduit au renforcement du rôle des juridictions ont été démocratiquement décidés », et qu’« il n’y a pas de « prise de pouvoir » par les juges : ils usent seulement des prérogatives qui leur ont été attribuées ». Autrement dit, on doit convenir que les juges sont accusés d’exercer des compétences que les politiques leur ont attribuées.
    Le juge n’empêche donc pas le pouvoir d’agir. D’ailleurs, comment expliquerait-on autrement la normalisation du droit d’exception sécuritaire par la loi « SILT » (Loi n° 2017-1510 du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme), les refontes successives du droit du travail depuis notamment les premières « ordonnances Macron » en 2017 (cinq ordonnances prises sur le fondement de la loi n°2017-1340 du 15 septembre 2017), qui ont fait du travail un coût pour les entreprises et de la spéculation un bienfait ? Comment expliquerait-on la réforme de l’instruction et de la peine, qui conduit aujourd’hui des procureurs à prononcer les peines alors qu’ils ne sont pas juges, et les prévenus à convenir eux-mêmes de leur peine sans possibilité de réformation (dispositif de la composition pénale) ? Comment expliquerait-on une production législative et réglementaire qui semble inarrêtable, si le juge constituait vraiment un frein à l’action publique ?

    Le juge n’empêche ainsi que rarement le pouvoir d’agir et, même, il est le bras armé du politique souvent. Par exemple, tout avocat spécialisé dans le contentieux des étrangers en fait l’expérience. Et on pense aussi à un phénomène inquiétant de ces dernières années, qui se développe de manière alarmante en même temps que la rhétorique du gouvernement des juges : le fait que la simple évocation d’une affaire terroriste autorise la police judiciaire à saisir, perquisitionner ou mettre en garde à vue des personnes sans respecter les garanties de droit commun, ou à interdire des manifestations. Le fait aussi que les procédures visant à réprimer le fameux délit d’apologie du terrorisme se soient multipliées (on est passé de 15 procédures environ par an avant 2014 à plus de 300), d’autant qu’elle concerne de plus en plus souvent des acteurs de la vie politique, militante ou syndicale, dont l’activité se trouve ainsi entravée et pour lesquels l’effet de menace paraît être particulièrement opérant.

    Pourquoi alors quand même dire que les juges en font trop ? Je me hasarderais à faire un parallèle avec la tonalité du discours libéral, néo-libéral ou ultra-libéral, qui fustige constamment l’action publique comme un frein à la libre concurrence et aux échanges, alors que celle-ci a posé un cadre juridique quasi-idéal et le fait constamment évoluer dans un sens favorable aux plus grands opérateurs économiques. Le ressort de cette rhétorique est éprouvé : en dénonçant le « trop », on s’assure de ce que l’action reste minimale, celle publique s’agissant du marché, celle judiciaire vis-à-vis des politiques publiques.

    Le communiqué délivré le 1er avril par la Cour d’appel de Paris ne doit pas être compris autrement : l’« affaire » sera bien jugée avant que ne commencent les opérations en vue des élections présidentielles de 2027. Si jamais la Cour devait alors, ou infirmer la condamnation, ou infirmer le prononcé de la peine complémentaire d’inéligibilité, concernant Marine Le Pen principalement, le jugement du Tribunal aurait été un « coup pour rien » et on repartirait comme avant, là où les politiques peuvent agir sans craindre l’application judiciaire du droit. Suivant cette logique, ce sont les juges qui doivent se freiner (le fameux « self restraint »), parce qu’ils ne doivent pas freiner l’exercice du pouvoir.

    2ème idée reçue : les juges ne doivent pas freiner l’exercice du pouvoir
    A maxima, freiner l’exercice du pouvoir veut dire l’empêcher complètement ; a minima, cela implique d’en ralentir la cadence, d’en exclure certains aspects. Dans les discours qui finissent par fustiger toute incidence des décisions de justice sur l’activité politique est souvent mise en avant la question des intérêts légitimes à protéger contre le droit : intérêts de la nation surtout, déclinés à l’envie par les politiques. C’est par exemple ce qui pousse Gérald Darmanin à dire en 2024 qu’il n’appliquera pas une décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (comme le Parlement de Russie l’avait d’ailleurs décidé il y a quelques années en adoptant une loi autorisant la cour constitutionnelle à ne pas appliquer les décisions de la juridiction européenne). Ces intérêts, non définis a priori, car définis variablement en fonction des majorités électorales ou des circonstances qui font « système » : crise économique, pandémie, risque terroriste principalement. Fréquemment, le politique, et le juge avec, invoquent des impératifs – qu’il s’agisse par exemple de l’efficacité ou de l’urgence – qui permettent de surmonter les procédures et les règles inscrites dans les règles de droit.

    Le principe selon lequel la validité/légitimité de la décision publique dépend d’autres valeurs que celle du respect du droit fait tranquillement son chemin, de sorte qu’on ne s’étonne finalement presque pas que des parlementaires puissent dire que « la volonté de toujours mieux protéger les droits fondamentaux peut parfois compromettre la capacité de mener des politiques publiques efficaces au service de l’intérêt général », comme dans le rapport sénatorial précité.

    Comment et où faut-il alors tracer le chemin de la justice lorsqu’elle est confrontée au politique ? S’il s’agit de prendre le mot d’ordre au sérieux, tout contrôle dont le résultat ne consisterait pas à valider l’action politique et administrative telle qu’elle est envisagée ou déjà en cours, serait illégitime. En suivant, le droit ne devrait jamais être un obstacle à la volonté d’une majorité politique donnée. Il suffit de faire parler un peu le personnel politique pour que cet aveu involontaire soit fait. Mécaniquement, le contrôle du juge n’en serait pas un, puisque devrait s’y substituer un simple enregistrement formel, dont le « vernis » juridique servirait, ironie de la chose, à renforcer sa légitimité ! Parce que, si on n’aime pas le droit quand il empêche ou freine le politique, on le convoque en soutien lorsqu’il ne le contrarie pas. On l’a vu récemment avec la nomination du Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel par le président de la République : les parlementaires s’étaient prononcé contre à 58 voix sur 97, c’est-à-dire à près de 60%, mais « en droit », il manquait une voix pour bloquer la nomination. Et si c’est légal – ici constitutionnel –, alors ce serait légitime, dans une confusion que l’on ne dénonce même plus.

    Le fondement réel de toutes ces affirmations est évidemment le sentiment du politique de bénéficier d’une légitimité supérieure à celle du juge, du fait de son élection, une légitimité dont se parent d’ailleurs les ministres par ricochet, même s’ils ne sont pas élus et, pour nombre d’entre eux, ne l’ont même jamais été. C’est à cause de l’élection que certains courants de pensée estiment que seul le peuple pourrait être vraiment un juge de l’action politique des représentants, car il n’y aurait rien d’autre au-dessus des représentants. On pourrait bien sûr discuter de ce surcroît de légitimité dont bénéficient les élus et ceux qui travaillent avec eux, tant l’organisation du système politique par l’élection n’a pas pour effet de créer un lien réel entre tous les individus composant le pays et les dits « élus ». On pourrait donc discuter aussi de ce qui fonde cette légitimité. Par exemple, qu’est-ce qui, dans les faits, justifie que l’élection, par un tout petit nombre de personnes rapporté à l’ensemble de la population, soit considérée comme fondant mieux la légitimité que la validation d’un ensemble de compétences s’agissant des juges (sauf pour le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat, dont la composition ne rime pas avec qualifications spécifiques) ? Sans préjuger des éléments de réponse, et sans préjuger non plus de ce que d’autres sources de légitimité pourraient être pensées (certains par exemple militent pour le tirage au sort des politiques), cela mériterait au moins discussion, une discussion qui aurait des conséquences sur notre problématique.

    Il apparaît en tout cas que l’édification moderne de nos systèmes politiques repose sur une philosophie à laquelle n’adhèrent manifestement pas les titulaires de l’exercice du pouvoir politique, et qui a pour effet que l’un de ses piliers, le juge, soit constamment en position de fragilité vis-à-vis des autres. L’édifice menace ainsi à tout moment de s’effondrer s’il n’est pas acquis que les « juges » doivent juger, y compris l’action du personnel politique, à partir des compétences qui leur ont été données par le droit, c’est-à-dire le résultat de décisions politiques. En effet, ce sont des textes juridiques (et notamment la Constitution, les lois adoptées par le législateur et les règlements de l’exécutif), c’est-à-dire des textes adoptés par les autorités politiques elles-mêmes, qui organisent la compétence des juges.

    Par exemple, l’article R.311-1 du code de justice administrative français est issu d’un décret adopté le 30 septembre 1953 en Conseil des ministres (et de nombreuses fois modifié par la suite), qui portait « réforme du contentieux administratif », et qui indique aujourd’hui que « Le Conseil d’État est compétent pour connaître en premier et dernier ressort (…) Des recours dirigés contre les ordonnances du Président de la République et les décrets ». Quoi qu’il le veuille ou ne le veuille pas, le Conseil d’État doit donc juger de ces actes du Président de la République, s’il est saisi par un justiciable dont il est établi qu’il a un intérêt légitime à agir (ce peut par exemple être le cas d’une association qui s’est donné pour objet la défense de certains intérêts environnementaux, éducatifs, touristiques, etc.). Les juges ne volent donc pas leur compétence, « on » la leur donne. Et parfois, « on » la leur retire. Le « on » vise principalement le Parlement, et le pouvoir exécutif lorsque ce dernier est – juridiquement – compétent.

    Évidemment, on comprend que si ça ne tenait qu’aux titulaires effectifs du pouvoir à un moment donné, ils retireraient bien aux juges leur compétence. Ils le font parfois, en transférant les compétences d’un juge à un autre, et pour des raisons diverses ou inavouées : économies budgétaires, proximité avec les justiciables, mais aussi désir de minimiser le contrôle sur l’action administrative, comme lorsque le juge judiciaire – moins clément avec l’administration – est dessaisi au profit du juge administratif. Mais l’édifice politique, tel qu’il résulte notamment de la Constitution et de l’histoire, oblige à conserver le juge. Alors, puisqu’il ne peut s’agir de le faire disparaître, et puisque presque toutes les ficelles sont tirées pour en minimiser les effets, il faut plomber son image, le décrédibiliser comme juge, ce qui n’est pas la même chose que de pointer – comme je l’ai fait dans La Constitution maltraitée. Anatomie du Conseil constitutionnel (Amsterdam, 2023) – que l’instance censée être un juge ne dispose d’aucune qualité pour pouvoir être qualifiée ainsi.

    La critique du gouvernement des juges a clairement cette fonction de délégitimation de leur travail en tant qu’ils ont une compétence acquise pour juger les actes du politique, depuis l’acte de l’administration locale (compétence d’un tribunal administratif) jusqu’à la loi adoptée par le Parlement (compétence du Conseil constitutionnel), en passant par l’opération de police (compétence du juge judiciaire). Le mot d’ordre du politique à l’égard du juge repose donc sur une volonté de ne pas reconnaître sa soumission au droit : à la Constitution bien sûr (et il est à cet égard très bien servi par le Conseil constitutionnel qui n’est pas un « contre-pouvoir » mais qui est tout contre le pouvoir), mais aussi à toutes les autres normes, nationales ou européennes, chaque fois qu’elles contrarient ses ambitions. Pour juger tout à la fois la philosophie et les ressorts de ce mot d’ordre, il faut donc revenir sur la réalité des rapports entretenus entre les deux idées de « droit » et de « politique ».

    3ème idée reçue : le droit, ce n’est pas de la politique
    Parmi les distinctions malheureuses qui neutralisent l’espace de la critique à l’égard des pratiques et usages politiques au regard du droit, il y a donc celle qui marque l’existence d’une frontière entre le droit et la politique. Si cela concerne tout le droit, cela est particulièrement évoqué lorsqu’il s’agit de dire que les actes des plus hautes autorités politiques ou administratives sont contrôlés par des juges. La problématique à cet sujet est que, par la force des choses, la décision des juges ayant un impact sur la continuité de l’action politique et administrative, cela conduit les autorités en question à se plaindre de ce que le juge fait de la politique.

    Pour se sortir de ce cercle vicieux autrement qu’en admettant ce qui se passe, à savoir que, sauf dans d’assez rares cas finalement, les juges sont plutôt portés à renforcer la légitimité de l’action politique et administrative en lui donnant le sceau du droit (contrariant la première idée reçue), on comprend qu’il faudrait rendre le contrôle « acceptable », et donc, nécessairement, revoir la manière dont nous pensons la distinction. Car celle-ci n’est pas du tout ontologique, elle n’est pas une distinction « vraie », ou de nature, elle est le résultat de nos représentations.

    Dans l’imaginaire légal commun – car il en existe incontestablement un – on fait souvent appel au droit comme s’il avait une force et une signification propre, détachées de tout intérêt contingent. En ce sens, le droit ne serait donc pas de la politique. Sans creuser la chose, et parce qu’on admet comme une évidence la distinction, on est ainsi facilement conduit à s’indigner contre ces juges qui, par leurs décisions freinant et même parfois empêchant les politiques d’agir, feraient indûment de la politique. Mais la réalité du droit n’est pas cette chose neutre, objective, dont l’application aurait la même coloration, c’est-à-dire aucune. Le droit rencontre perpétuellement des questions « politiques », dont il n’est pas concevable qu’il en soit détachable : « il est pensé, fabriqué, modifié, effacé par le personnel « politique », selon des considérations morales, philosophiques, éthiques, économiques ou sociales, qui donnent leur sens à la règle ou à la procédure qui a été choisie » (La constitution au XXIè siècle. Histoire d’un fétiche social, Amsterdam, 2025).

    On pourrait multiplier les exemples pour le montrer. La règle de droit est le résultat d’une pensée (bonne ou mauvaise, approfondie ou non, cultivée ou non) autour du moyen adéquat pour parvenir à une fin déterminée. Le droit n’est donc pas et simplement la somme des actes expressément interdits ou implicitement permis, somme à laquelle on ajouterait toutes les règles destinées à assurer l’application du droit (règles relatives aux institutions et administrations). Il s’agit, comme l’indiquait l’anthropologue Clifford Geertz, d’un « code culturel de significations », d’un mode de lecture de la société.

    Il n’importe donc pas tant de savoir ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, mais de savoir pourquoi. Pour rester sur le terrain constitutionnel, il faut par exemple admettre que les premières règles de procédure relatives à l’adoption de la loi reposent sur des principes, qui ne sont peut-être plus interrogés aujourd’hui, mais qui, historiquement et philosophiquement, sont déterminés : pour adopter une « bonne » loi, c’est-à-dire, pour reprendre ce qui fut énoncé par Montesquieu, pour garantir la liberté, il faut deux éléments incompressibles, le temps et la confrontation entre des intérêts différents.

    C’est cette philosophie (ou au moins fut-ce affirmé à l’époque), qui a présidé à la révision du texte de la Constitution en 2008, pour obliger à ce qui ne paraissait plus être intégré par les politiques : un délai de six semaines minimum entre le dépôt d’un texte de loi et son examen en séance publique a donc été inscrit dans le texte de la Constitution, et la main a été redonnée au Parlement, au nom de ce qu’il représenterait des intérêts distincts du Gouvernement, pour modifier un texte déposé par le Gouvernement.

    Presque vingt années plus tard, le discours ambiant est tout différent, qui voudrait qu’une bonne loi soit adoptée rapidement et parce qu’elle est le vœu d’une majorité, donc homogène. Ce faisant, les pratiques politiques actuelles tendent donc à tordre le droit constitutionnel, sous couvert de ce même droit. Notamment, puisqu’il existe une procédure accélérée, dont l’organisation actuelle dépend d’ailleurs aussi de la révision constitutionnelle de 2008, alors autant l’utiliser, quitte à en banaliser l’usage, réduisant ainsi à néant tant le texte que la philosophie qui l’a initié, fondamentale pour penser l’exercice du pouvoir.

    Mais, on fait comme si, une fois adoptée, la règle n’était plus que « juridique ». Il y aurait ainsi une manière de comprendre ce qui relève du droit proprement dit et ce qui relève de la politique. La solution la plus simple, pour ne pas dire simpliste, et en réalité complètement infondée, est de séparer les règles formelles qui sont adoptées des considérations politiques, philosophiques, éthiques, historiques, économiques, culturelles, etc., qui ont nourri leur adoption. Il resterait la « technique » et les procédures, c’est-à-dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire, ce qu’on peut faire ou ne pas faire, mais jamais pourquoi il faut le faire ou ne pas le faire. Le droit est réduit à des procédures, désincarnées, soutenant au passage l’idée selon laquelle les juristes eux-mêmes ne seraient que des procéduriers.

    Et le fait est qu’ils ne demandent qu’à l’être, en se désengageant de leur objet proprement politique. Si les politiques présentent une très grande résistance à l’idée que le droit puisse être autre chose que cette chose désincarnée et procédurale – parce que cela les obligerait à réfléchir aux limites que l’on a voulues, par le droit, poser à leur action –, les juristes ne sont pas en reste, qui se défendent de faire de la politique, de la philosophie, de l’économie, etc. Ils ne sauraient donc que dire que telle procédure a effectivement été suivie ou non, respectée ou non. Le pourquoi ne les concerneraient pas. Cette attitude ne serait pas si problématique s’il n’en résultait pas que les acteurs politiques ne se sentent plus liés par les règles pour de « bonnes » raisons. Ils sont seulement liés à des procédures, dont ils peuvent allègrement ignorer ou nier la raison d’être. Et il n’y aurait, en droit, rien à leur opposer d’« objectif » puisque la politique, la philosophie, l’économie, la culture, etc., ne seraient pas tels. En bref, le droit, qui en est pétri, parviendrait, par un effet de magie, à s’en extraire. Si les acteurs de l’exercice du pouvoir n’ont pas endossé l’éthique qui doit être la leur en fonction du texte constitutionnel et de la raison qui l’a animé et initié, c’est-à-dire s’il leur manque l’éthique de la fonction gouvernante, c’est aussi parce que ni les juristes ni les juges n’ont endossé leur propre rôle. Il y a une dévaluation et de la norme et du travail autour de la norme qui, pour être interprétée et appliquée, se trouve privée de ce qui l’a fait venir à l’existence.

    Cette idée que, dans nos sociétés modernes, le droit est séparé de la politique, a donc prospéré sans avoir de fondement sérieux. Car la politique ce n’est pas toujours du droit, mais le droit c’est toujours de la politique. On comprend que cela ennuie le personnel politique, parce que, en suivant ce raisonnement, il apparait que, en cherchant à appliquer la norme, le juge ne ferait que valider une question politique. Faire du droit, c’est nécessairement faire de la politique, sans que l’on puisse dire le juge interfère dans la décision politique. Il ne fait que repérer comment la règle a été pensée pour imaginer remplir un objectif déterminé : cette intention mise en parole, parce qu’elle l’a été sous forme de droit, de règles, s’impose désormais donc à tous, y compris au politique lorsqu’il est soumis à la décision du juge. S’il veut ensuite la changer quand elle ne lui convient plus, il a ce pouvoir de le faire, puisque c’est lui qui fabrique le droit. Mais la séparation des pouvoirs étant ce qu’elle est, il ne l’applique pas, c’est le rôle du juge. Si on devait dire que le politique d’aujourd’hui ne peut pas être lié par le politique d’hier (en général au nom d’une qualité représentative qui le lierait au peuple), alors cela signifierait que le droit perdrait son statut de norme contraignante, pour devenir une manifestation parmi d’autres, contingente et changeante, des volontés et caprices des autorités politiques et administratives. Le rôle du juge est d’être ce petit grain de sable dans la tentation d’ignorer le droit.

    La société actuelle n’a semble-t-il pas bien défini ce qu’elle entend par une société gouvernée par le droit plutôt que par les hommes. La culture du droit, dans la connaissance de son rôle, de ses évolutions, des conditions de sa fabrication dans une organisation donnée, manque le plus souvent, et aux politiques singulièrement, qui manient des mots et des idées dans la plus grande contradiction. L’organisation de la justice par le pouvoir politique n’est pas comprise pour ce qu’elle devrait être, à savoir la mise en œuvre du contre-pouvoir qu’elle est censée représenter, même si ça ne convient pas toujours à l’action du politique, par définition contingente, souvent adossée aux modes du moment. Rappelons que ce sont bien les dérives autoritaires, totalitaires et mortifères des autorités politiques en Europe au XXe siècle qui sont à l’origine du développement extraordinaire du concept d’État de droit, destiné à faire du juge, non pas une puissance nulle, mais un véritable contre-pouvoir, dans le respect de l’esprit de Montesquieu.

    Lauréline Fontaine
    juriste, professeure de droit public et constitutionnel à la Sorbonne nouvelle

  • #Lettre de l’ambassade des États-Unis aux #entreprises françaises : Paris dénonce des « ingérences »

    Plusieurs entreprises françaises ont reçu une lettre de l’ambassade des États-Unis, demandant si elles avaient des programmes internes de lutte contre les #discriminations. Paris a réagi samedi, qualifiant cette initiative d’"ingérences inacceptables".

    Paris a vivement réagi, samedi 29 mars, après l’envoi d’une lettre de l’ambassade des États-Unis à plusieurs entreprises françaises, demandant si elles avaient des programmes internes de #lutte_contre_les_discriminations, qualifiant cette initiative d’"ingérences inacceptables" et prévenant que la France et l’Europe défendront « leurs valeurs ».

    Plusieurs sociétés françaises ont reçu une lettre et un #questionnaire leur demandant si elles mettaient en place des programmes internes de lutte contre les discriminations.

    La missive les prévient que, le cas échéant, cela pourrait les empêcher de travailler avec l’État américain, ce alors que la France interdit la plupart des formes de #discrimination_positive.

    L’information – révélée vendredi 28 mars par Le Figaro et les Echos – s’inscrit dans un contexte de fortes tensions commerciales alimentées par Donald Trump, qui agite tous azimuts des menaces de droits de douane.

    « Les ingérences américaines dans les politiques d’inclusion des entreprises françaises, comme les menaces de #droits_de_douanes injustifiés, sont inacceptables », a rétorqué le ministère français du Commerce extérieur, dans un message transmis à l’AFP.

    Les destinataires du courrier ont été informés du fait que « le #décret_14173 », pris par Donald #Trump dès le premier jour de son retour à la Maison Blanche pour mettre fin aux programmes promouvant l’#égalité_des_chances au sein de l’État fédéral, « s’applique également obligatoirement à tous les #fournisseurs et #prestataires du gouvernement américain », comme le montre le document révélé par Le Figaro.

    Une initiative « inadmissible »

    Une initiative « inadmissible », a réagi samedi auprès de l’AFP le président de l’organisation patronale CPME, Amir Reza-Tofighi, qui dénonce une « atteinte à la #souveraineté » et appelle les responsables politiques et économiques à « faire front commun ».

    De son côté, la CGT demande au gouvernement « d’appeler les entreprises à ne pas engager de politique dommageable pour l’égalité entre les femmes et les hommes et la lutte contre le racisme », a déclaré à l’AFP Gérard Ré, secrétaire confédéral du syndicat.

    Au ministère de l’Économie, l’entourage d’Éric Lombard assurait vendredi soir que « cette pratique reflète les valeurs du nouveau gouvernement américain ». « Ce ne sont pas les nôtres », ajoutait Bercy dans sa réaction transmise à la presse, précisant que « le ministre le rappellera à ses homologues au sein du gouvernement américain ».

    Samedi, les contours de la lettre restaient flous.

    Le cabinet du ministre de l’Économie, contacté par l’AFP, estime que le nombre d’entreprises ayant reçu la lettre serait « de quelques dizaines », tout en précisant que le décompte est toujours en cours.

    Les grands groupes contactés par l’AFP qui ont accepté de s’exprimer ont déclaré de ne pas avoir reçu la lettre, dont le format est inhabituel.

    « Ce n’est pas un courrier qui est parti sur le papier à en-tête de l’ambassade, ni du consulat ou d’une quelconque agence américaine », note auprès de l’AFP Christopher Mesnooh, avocat d’affaires américain du cabinet Fieldfisher basé à Paris, se basant sur la lettre publiée dans le Figaro.

    « Si c’est bien sous cette forme-là que les entreprises l’ont reçue, ce n’est pas une communication officielle et encore moins une communication diplomatique », selon l’avocat. « Ce n’est pas parce que ça traduit l’attitude de cette administration que c’est l’administration au sens propre du terme qui a autorisé son envoi à des entreprises », indique prudemment Christopher Mesnooh.

    Sollicitée par l’AFP, l’ambassade des États-Unis à Paris n’a pas répondu dans l’immédiat.

    L’administration américaine peut-elle exiger des entreprises françaises qu’elles se conforment à sa loi ? « Non », affirme Christopher Mesnooh. « Les entreprises françaises ne vont pas être obligées maintenant d’appliquer le droit social ou la loi fédérale contre les discriminations positives », poursuit l’avocat.

    En outre, pour les entreprises françaises, le problème ne se pose pas dans les termes posés par la lettre car en France, la discrimination positive fondée explicitement sur l’origine, la religion ou l’ethnie « n’est pas autorisée », rappelle l’avocat d’affaires.

    Pour autant, sur le volet de l’égalité hommes/femmes, depuis 2021, pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, la loi française impose des quotas de 30 % de femmes cadres-dirigeantes et de 30 % de femmes membres des instances dirigeantes en 2027, puis d’atteindre des quotas de 40 % en 2030.

    Les entreprises qui choisiraient de se conformer aux exigences stipulées dans la lettre se mettraient donc dans l’illégalité du point de vue du droit français.

    https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20250329-en-guerre-contre-la-diversit%C3%A9-l-administration-trump-fait-pr

    #USA #France #Etats-Unis #ingérence #ambassade #trumpisme

    • Stupeur dans les entreprises françaises après une lettre de l’ambassade américaine à Paris exigeant qu’elles respectent la politique antidiversité de Trump

      La représentation des Etats-Unis a envoyé un courrier à des nombreux groupes tricolores exigeant qu’ils respectent la politique « #anti-DEI » de l’administration républicaine pour tout contrat avec l’Etat fédéral.

      La lettre est signée par un certain Stanislas Parmentier, le directeur général des services de l’ambassade des Etats-Unis à Paris, selon l’annuaire du département d’Etat américain. En temps normal, cette affaire serait restée sous les radars, mais on est en plein trumpisme et la missive révélée par Les Echos, vendredi 28 mars, dont Le Monde a obtenu copie, enjoint les entreprises françaises destinataires de respecter les règles édictées par Donald Trump, qui bannissent toute discrimination positive en faveur de la diversité et de la parité homme-femme (DEI, Diversity Equity Inclusion) : « Nous vous informons que le décret 14173 concernant la fin de la discrimination illégale et rétablissant les opportunités professionnelles basées sur le mérite, signé par le président Trump, s’applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du gouvernement américain, quels que soit leur nationalité et le pays dans lequel ils opèrent », écrit l’employé de l’ambassade, qui demande à ses interlocuteurs de signer « sous cinq jours (…) un formulaire de certification du respect de la loi fédérale sur l’antidiscrimination ».

      L’affaire a créé la stupeur à Paris et est remontée au niveau des directions générales, voire des conseils d’administration. Son ampleur est inconnue : s’agit-il uniquement des fournisseurs de l’ambassade ou du département d’Etat ? C’est que laisse croire le préambule du formulaire à signer, qui explique que « tous les contractants du département d’Etat doivent certifier qu’ils ne conduisent pas de programmes de promotion de DEI ».

      Ceci expliquerait aussi que le groupe Orange, qui n’a pas d’activité aux Etats-Unis, l’ait reçue. Ou est-ce une opération de mise en garde de toutes les entreprises françaises ? Mais, dans ce cas, comment expliquer que des grands noms opérant aux Etats-Unis, comme Saint-Gobain, n’aient pas été destinataires du courrier, ni en France, ni aux Etats-Unis ? « Cette lettre n’a été adressée qu’à des entreprises ayant des relations contractuelles avec l’Etat fédéral. Saint-Gobain n’est pas concerné », nous indique l’entreprise. Axa et Kering ne l’ont pas reçue non plus, selon nos interlocuteurs.

      La discrimination positive, faible en France

      La tension créée par Donald Trump a atteint un tel niveau qu’une lettre d’ambassade suscite une panique du même ordre que si elle avait été envoyée par le secrétaire au Trésor ou le secrétaire d’Etat américain. Sans doute pas complètement à tort : la politique voulue par Donald Trump est désormais mise en œuvre avec diligence par les fonctionnaires de l’administration fédérale. La missive est sans doute avant-coureuse des exigences à venir, celles faites aux entreprises européennes de respecter les règles de DEI si elles veulent faire des affaires avec le gouvernement américain, voire faire des affaires tout court aux Etats-Unis.

      Les accusations d’abus d’extraterritorialité et d’ingérence fusent. Toutefois, certains tentent de temporiser avant d’y voir plus clair : l’indignation reste anonyme tandis que plusieurs groupes ont choisi de ne pas signer la lettre de certification, nous indique une haute dirigeante d’un grand groupe français.

      L’entourage du ministre français de l’économie, Eric Lombard, a jugé que « cette pratique reflète les valeurs du nouveau gouvernement américain. Ce ne sont pas les nôtres. Le ministre le rappellera à ses homologues au sein du gouvernement américain ».

      En réalité, dans une République qui a historiquement combattu tout communautarisme et toute distinction ethnique, à l’opposé des Etats-Unis, les politiques de discrimination positive, en France, ont historiquement été beaucoup plus faibles qu’aux Etats-Unis et très peu fondées sur le droit, le comptage ethnique étant prohibé et la prise en compte des origines interdite au sein des entreprises. En revanche, les sociétés de plus de 250 salariés sont légalement soumises à un quota minimal de 40 % de femmes dans leur conseil d’administration ou de surveillance.

      Disney visé par une missive spécifique

      Le décret de Donald Trump a été pris dans la foulée d’un arrêt de la Cour suprême de l’été 2023, interdisant la discrimination positive dans les universités américaines. Dans son décret signé dès le 21 janvier, le président américain écrit que les politiques de diversité « non seulement violent le texte et l’esprit de nos lois fédérales sur les droits civiques, mais portent également atteinte à notre unité nationale. Elles nient, discréditent et sapent les valeurs américaines traditionnelles de travail, d’excellence et de réussite individuelle, au profit d’un système de spoliation identitaire illégal, corrosif et pernicieux ».

      Selon M. Trump, « les Américains qui travaillent dur et qui méritent de réaliser le rêve américain ne devraient pas être stigmatisés, rabaissés ou exclus de certaines opportunités en raison de leur origine ethnique ou de leur sexe ».

      Cette politique est menée tous azimuts. Vendredi 28 mars, le patron de la Federal Communication Commission, qui régule les médias, Brendan Carr, a posté, sur X, la lettre qu’il avait envoyé à Bob Iger, patron de Disney, pour s’assurer qu’il avait démantelé sur le fond et pas seulement sur la forme ses politiques DEI.

      « Pendant des décennies, Disney s’est concentré sur le box-office et la programmation à succès mais quelque chose a changé. Disney est désormais empêtré dans une vague de controverses concernant ses politiques de diversité, d’inclusion et d’inclusion », écrit Brendan Carr, qui met en cause les anciens objectifs de Disney d’avoir plus de 50 % d’acteurs, metteurs en scène, scénaristes issus des minorités ou de rémunérer ses dirigeants en fonction des résultats DEI. « Je veux m’assurer que Disney et ABC [sa chaîne de télévision] n’ont pas violé les réglementations de la FCC sur l’égalité des chances en matière d’emploi en promouvant des formes odieuses de discrimination DEI », met en garde M. Carr.

      En 2022, la querelle entre le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, et Disney, qui s’opposait à une loi surnommée « Don’t Say Gay » (« ne dites pas homo ») bannissant dans les écoles et lycées les cours sur l’homosexualité et la théorie du genre, avait marqué l’acmé de la guerre culturelle aux Etats-Unis. Elle avait également marqué le début de la réaction anti-DEI. Elle se poursuit désormais sans relâche.

      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/03/29/stupeur-dans-les-entreprises-francaises-apres-une-lettre-anti-diversite-de-l

    • L’embarras des entreprises françaises face à la croisade antidiversité de Donald Trump
      https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/04/06/diversite-les-oukases-de-trump-destabilisent-les-entreprises-francaises_6591

      Les exigences américaines sèment le trouble au sein des sociétés, notamment chez celles qui ont une présence aux #Etats-Unis. Si beaucoup assurent qu’elles vont maintenir leur politique inclusive, d’autres ont déjà tourné casaque.

      ... Le cabinet de conseil Accenture, jusque-là chantre des valeurs de diversité et d’inclusion, a supprimé ses objectifs DEI. ...

      Aujourd’hui, quelque 4 500 institutions ont signé la Charte de la diversité, « mais, en réalité, ce n’est pour beaucoup qu’une pétition de principe. Du moins pour les discriminations liées aux origines. En France, on parle désormais du genre, des LGBTQ+ et des personnes trans, mais on ne parle toujours pas des Noirs et des Arabes », estime M. Sabeg, ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances (2008-2012).

      https://archive.ph/K40Z0

  • Plan égalité. Au Ministère de l’ESR, après l’espoir, la douche froide. Analyse CGT
    https://academia.hypotheses.org/60522

    Extraits de “8 mars 20258 mars 2025. Bilan des négo Égalité. L’État, employeur exemplaire  ?” de la CGT UFSE Deux ans de négociation avec les organisations représentatives des trois Comités Sociaux d’Administration ministériels (MEN, MESR et MJSOP) concernés. Dès les … Continuer la lecture →

    #Academic_Feminist_Fight_Club #Actualités_/_News #État_de_droit #Expression_syndicale #Gouvernance_de_l'ESR #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice #Opinions,_motions,_propositions,_expression_syndicale #Serivces_publics #égalité_femme-homme

  • Le #masculin l’a-t-il toujours emporté sur le #féminin ?

    La #règle de #grammaire « le masculin l’emporte sur le féminin » ne date que du 17ème siècle. Difficile à croire, et pourtant. Avant cette époque, on utilisait les #accords_de_proximité et de majorité, et les noms de #métiers exercés par des femmes étaient tous féminisés. On parlait de poétesse ou encore de peintresse.

    La langue française avant le 17ème siècle

    Des documents datant du 13ème siècle, prouvent que des femmes travaillaient hors du foyer depuis longtemps et que leurs métiers étaient nommés au féminin. Cette découverte m’a beaucoup surprise, croyant que les femmes avaient toujours souffert de la domination masculine dans la #langue_française.

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le masculin ne l’a donc pas toujours emporté. Cela ne signifie pas pour autant que les femmes étaient traitées de manière égale aux hommes. Sous #Napoléon, les femmes étaient tenues de prendre le nom et le prénom de leur mari. Par exemple, on disait « madame Pierre Dufour ». Avec une telle appellation, on peut se demander, comment une femme existe-t-elle par et pour elle-même ?

    Comment s’est imposée la règle du « masculin l’emporte sur le féminin » ?

    Au 17ème siècle et plus particulièrement en 1635, la langue française atteint un statut de prestige, notamment avec la création de la fameuse #Académie_française. À cette époque, c’est #Richelieu qui est chargé de mettre en place cette institution de #régulation de la langue. L’assemblée de l’Académie française, composée d’hommes nobles ayant servi le royaume, décide que le masculin doit l’emporter sur le féminin dans la langue, puisque l’homme est plus noble que la femme : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle » (Beauzée, Grammaire générale, 1767).

    À l’époque, il s’agit d’une #décision_politique visant à invisibiliser les femmes de pouvoir. Le refus de voir les femmes agir sur le même terrain qu’eux, les amène à masculiniser la langue et notamment les noms de métier : « Il faut dire cette femme est poète, est philosophe, est médecin, est auteur, est peintre ; et non poétesse, philosophesse, médecine, autrice, peintresse, etc. », écrit Andry de Boisregard (Réflexions sur l’usage présent de la langue françoise, 1689).

    C’est seulement plus tard qu’on tente d’expliquer cette règle, en disant que le masculin générique fait le neutre.

    Les conséquences néfastes de la masculinisation de la langue française

    Le problème réside dans le fait que, en n’incluant pas les femmes dans la langue, nous les rendons invisibles. Notre cerveau associe le masculin générique à des #représentations masculines. Son utilisation influence donc nos représentations mentales, et participe par conséquent à invisibiliser les femmes dans la langue et dans la société.

    Grammaticalement, cette règle est inutile et cause des dommages. « Cette règle incrustée dans la tête des enfants y installe un message politique sans doute tout aussi nocif que les #stéréotypes de sexe », écrit Eliane Viennot.

    Comment s’exprimaient les gens avant d’utiliser le #masculin_générique ?

    Avant l’utilisation du masculin générique soit du « masculin qui l’emporte », on féminisait les noms de métiers, et on adoptait l’accord de majorité et celui de proximité.

    L’accord de majorité se réfère à l’accord grammatical basé sur le genre qui était le plus représenté. Exemple d’accord de majorité : s’il y avait 10 femmes et 2 hommes dans un groupe, on pouvait aisément dire « Elles étaient présentes ».

    L’accord de proximité signifie que l’on accordait avec le substantif le plus proche. La règle d’accord en genre et en nombre avec le substantif le plus proche (règle de proximité), était utilisée par tout le monde jusqu’au 17ème siècle et restait en usage courant jusqu’à la Révolution. Exemple d’accord de proximité : « Le client et la cliente présente » ou encore « Les hommes et les femmes intelligentes ».

    Qui régule la langue aujourd’hui ?

    On peut se demander si en réadoptant ces accords ou en féminisant des noms de métiers, nous ne risquerions pas de faire des erreurs, d’autant plus que notre correcteur automatique nous reprend systématiquement. La question à se poser est donc la suivante : qui régule la langue ? Les dictionnaires ont-ils un rôle de régulation de la langue ? Est-ce l’Académie française ou alors, est-ce l’usage ? Eh bien, c’est l’usage qui régule la langue. Nous avons donc toutes et tous le pouvoir de faire évoluer la langue française, pour la rendre, ainsi que la société, plus juste et équitable.
    Conclusion

    Le langage inclusif n’est pas une nouvelle lubie féministe. Avant le 17ème siècle, il se pratiquait naturellement. Aujourd’hui, la langue inclusive se soucie de contourner la règle injuste du masculin qui l’emporte pour promouvoir la justice et d’égalité. Alors, pour celles et ceux pour qui le langage inclusif résonne, sachez qu’en l’utilisant, vous participez grandement à faire évoluer les mœurs.

    https://jeannesorin.com/le-masculin-lemporte-t-il-sur-le-feminin-depuis-toujours
    #français #langue #égalité #accord_de_majorité #accord_de_proximité #histoire #féminisation #masculinisation #invisibilisation #historicisation

  • Un salaire égal pour un #travail de valeur égale
    https://laviedesidees.fr/Un-salaire-egal-pour-un-travail-de-valeur-egale

    Les inégalités salariales entre #femmes et hommes se réduisent très peu. Il est urgent d’appliquer le principe juridique d’un salaire égal pour un travail de valeur égale, en comparant les emplois à prédominance féminine et masculine, en entreprise ou lors des négociations des classifications professionnelles de branche.

    #salaires #évaluation #égalité

  • Le #service_public empêché

    Fragilisé mais loin d’avoir disparu, le service public est aujourd’hui « empêché ». Plusieurs mécanismes l’entravent, le gênent, font obstacle à sa conduite et produisent confusion et insatisfaction chez les usagers, #perte_du_sens de leur mission et #souffrance_au_travail pour les agents, sentiment d’abandon et fatalisme chez les citoyens.

    D’une entreprise ou d’une administration à l’autre (au sein de La Poste, de la SNCF, d’EDF, d’hôpitaux et d’autres services publics), les mêmes processus sont à l’œuvre : la #libéralisation européenne favorise la concurrence, la #marchandisation et la #financiarisation fixent des objectifs de #rentabilité, les #privatisations bouleversent le statut des organisations qui produisent l’#intérêt_général. Cet ouvrage se penche sur les effets de ces processus sur les usagers comme sur les travailleurs. Mais même si le principal effet de ces politiques est d’entraîner une #désingularisation du service public, il n’empêche qu’il continue, malgré tout, de fonctionner.

    Un ouvrage qui fait dialoguer plusieurs disciplines : sociologie, histoire et droit, par une spécialiste reconnue de la sociologie de l’action publique et du travail.

    https://www.puf.com/le-service-public-empeche
    #travail
    #livre