• Le moment néofasciste du néolibéralisme (Éric Fassin, Mediapart)
    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/290618/le-moment-neofasciste-du-neoliberalisme

    Comment penser ensemble la montée des #extrêmes_droites et la dérive #autoritaire du #néolibéralisme ?
    […]
    Ne faudrait-il pas plutôt parler d’un « moment #néofasciste » ? Comme dans le #fascisme historique, on retrouve en effet aujourd’hui le #racisme et la #xénophobie, le brouillage des frontières entre droite et gauche, la #vénération du leader charismatique et la célébration de la #nation, la #haine des #élites et l’exaltation du #peuple, le mépris de l’État de droit et l’apologie de la violence, etc.
    […]
    Les euphémismes empêchent ainsi la mobilisation d’un antifascisme qui, loin d’être la caution démocratique des politiques économiques actuelles, désigne la responsabilité du néolibéralisme dans la montée du néofascisme : point n’est donc besoin de se bercer de l’illusion que le #populisme, qui en est le symptôme, pourrait en être le remède.


  • Preserving snapshots of Cambridge’s anti-women protests
    https://www.varsity.co.uk/features/15985

    When the question was first posited in 1897 of whether women attending Girton and Newnham should be granted Cambridge degrees equal in value to those awarded to men, male undergraduates protested by burning effigies of female scholars and throwing fireworks into the windows of women’s colleges.

    Now, a series of items collected during the Cambridge street protests opposing admission of women to the University – rockets, confetti, and eggshells from the near-riots – are to be photographed and archived for public record.

    Archivist Sian Collins, of the University Library Department of Archives and Modern Manuscripts, said that the materials offer insight into an “extraordinary time”. She told the BBC, “it’s not an eyewitness description or a newspaper report – these were actual items used to victimise people, things that don’t normally survive”.

    An entry description of the artifacts detailed how they serve as a “tangible and unusual reminder of the depth of outrage felt by male students in Cambridge” at the prospect of “granting equality to female students”.

    When the Senate House vote was first held in 1897 on whether to accept women as full members of the University, female students suffered a defeat of 661 votes in favour and 1,707 votes opposed – a decision which would not be overturned until 1948. In celebration of the 1897 decision, male protesters maimed and decapitated an effigy of a female Cambridge student before pushing the remains through the gates of Newnham College.

    A second Senate House vote on whether to grant female students full membership to the University was held in 1921. The repeated defeat of the motion inspired a crowd of male undergraduates to use a coal trolley as a battering ram, smashing and partially destroying Newnham College’s Clough Memorial Gates.

    Cambridge University’s history with its female students has been fraught with institutional apathy, and its progression toward equality slow: as men violently opposed the push for equal University status, several women made landmark academic achievements to little acclaim – their Tripos marks not considered comparable to male students who had taken identical exams.

    Cambridge was the last university in the UK to grant its female students equal rights, despite having allowed women to attend certain lectures from the 1870s, and to take Cambridge exams from 1881.

    The last Cambridge college to fully integrate women did so even later, in 1988, when Magdalene accepted its first cohort of women. In protest of the decision at the time, Magdalene men wore black armbands and flew the college’s flag at half-mast, ‘mourning’ the end to an exclusively male College.

    The artifacts from the 1897 protests, currently stored at Cambridge University Library, are to be digitised by a process which may involve the use of 3-D imagery. Cambridge Digital Library announced that it would digitise the items after its entry received a plurality of votes in the Library’s ‘digitisation competition’, where certain objects were voted on whether to be made publicly available online. A Portolan chart of the Aegean Sea, the paintings and drawings of the Royal Observatory in Greenwich, and the ‘Golden Book’ of the Cambridge University Music Club, are also set to be made digitally available to the public.

    When the 1897 artifacts were suggested for digitisation by the Cambridge Digital Library, an entry description wrote, “these fragile items bring home how physically threatening it must have felt for these women, who simply wanted their hard work and exam success acknowledged equally.” In providing public access to the symbols of the anti-women riots, the Library offers a glimpse into a period of Cambridge’s history malaised by its archaism, where its community was not only lagging behind the curve, but actively – and violently – fighting against it.

    #sexisme #masculinisme #discrimination #élites #mémoire #archives


  • La sécession des « élites » ou comment la démocratie est en train d’être abolie, par Coralie Delaume
    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/04/20/31003-20180420ARTFIG00185-la-secession-des-elites-ou-comment-la-democratie-

    Coralie Delaume analyse les raisons de la fracture qu’elle observe entre les « élites », une classe minoritaire de privilégiés, et la masse qui n’a pas accès aux études prestigieuses ou qui n’a pas son mot à dire dans les orientations économiques de l’Union européenne.

    La Révolte des élites et la trahison de la démocratie est le titre d’un livre du sociologue américain Christopher Lasch, publié à titre posthume en 1995. Bien sûr, l’ouvrage analysait l’Amérique de son temps. Pourtant, il s’applique parfaitement à la France et à l’Europe d’aujourd’hui, dont il semble avoir anticipé l’évolution des classes favorisées avec une acuité visionnaire.

    Le livre pose l’hypothèse que ce n’est plus la « révolte des masses » qui menace désormais la vie démocratique, mais la coupure de plus en plus prononcée entre le peuple et les « élites ». Une coupure tant économique et matérielle qu’éducative et intellectuelle, dont résulte le repli sur eux-mêmes des privilégiés. Ces derniers ne parlent plus qu’à leurs pareils, c’est-à-dire non seulement à ceux qui bénéficient d’un même niveau de richesses, mais également à ceux qui partagent le même niveau d’instruction. Ils adorent mettre en scène leur pouvoir et le font de mille façons : exhibition des signes extérieurs de richesse, bien sûr, mais également - et de plus en plus - de leur patrimoine culturel. Le discours, ahurissant de cuistrerie, du président Macron sur l’intelligence artificielle (29 mars 2018) en est un exemple qui confine au grotesque. En revanche, ils n’assument plus que de mauvaise grâce les charges et responsabilités qui devraient leur incomber, et préfèrent le service de leur intérêt bien compris à celui d’un « intérêt général », dont ils ne conçoivent même plus qu’il pût exister.

    Vingt ans après Lasch, le phénomène du séparatisme élitaire qu’il voyait poindre dans son pays vient de faire l’objet, pour la France cette fois, d’une étude chiffrée. Jérôme Fourquet a en effet publié, pour le compte de la Fondation Jean Jaurès, une note au titre évocateur : « 1985-2017, quand les classes favorisées ont fait sécession ». Il y explique notamment que la cohésion de la société française « est mise à mal aujourd’hui par un processus presque invisible à l’œil nu, mais néanmoins lourd de conséquences : un séparatisme social qui concerne toute une partie de la frange supérieure de la société, les occasions de contacts et d’interactions entre les catégories supérieures et le reste de la population étant en effet de moins en moins nombreuses ».

    Le dépérissement du cadre national permet aux « élites » de vivre de plus en plus dans une sorte d’alter-monde en suspension.

    Le sondeur illustre ensuite. Il note que le cœur des grandes villes est massivement investi par les cadres, certains centres urbains leur tenant désormais lieu de ghettos dorés. Les CSP+ sont ainsi passés de 25 % à 46 % de la population parisienne en 30 ans, cependant que le pourcentage des ouvriers a décru, passant de 18 % à 7 %. Fourquet analyse ensuite la désertion de l’enseignement public et la scolarisation massive des enfants de cadres dans le privé, le séparatisme électoral des plus aisés ou, pour les cas extrêmes, l’exil fiscal, ce dernier signant le refus d’une partie de la population de financer le fonctionnement la collectivité dans son ensemble. Pour l’auteur de l’étude, nous faisons face à l’« autonomisation d’une partie des catégories les plus favorisées, qui se sentent de moins en moins liées par un destin commun au reste de la collectivité nationale ». On voit en effet combien le phénomène est lié au dépérissement du cadre national, dépérissement qui permet aux « élites » de vivre de plus en plus dans une sorte d’alter-monde en suspension, cependant que les autres sont rivés à un ici-bas qui commence à se changer en friche, et finira par se muer en jungle.

    Jérôme Fourquet n’est pas le premier à faire ce constat. L’anthropologue Emmanuel Todd l’a fait également, et donne dans son dernier ouvrage (Où en sommes nous, Seuil, 2017) une explication convaincante. Pour lui, c’est la fracture éducative qui est en cause, le développement de l’éducation supérieure ayant eu un effet pervers inattendu en tronçonnant le corps social en deux catégories de personnes : les éduqués supérieurs et les autres. Alors que la massification des éducations primaire et secondaire avait contribué à égaliser le niveau éducatif général et favorisé l’épanouissement de la démocratie, c’est à l’inverse qu’on assiste aujourd’hui. La raison en est simple : l’éducation supérieure ne s’est pas (encore ?) généralisée. « L’accès universel à l’instruction primaire puis secondaire avait nourri un subconscient social égalitaire ; le plafonnement de l’éducation supérieure a engendré, (...) un subconscient social inégalitaire », énonce le chercheur.

    De ce « subconscient inégalitaire », on perçoit chaque jour les effets. On constate que ne se mélangent plus guère ces éduqués supérieurs contents d’eux, étrangement persuadés de ne rien devoir qu’à leur talent. De toute façon, ils sont suffisamment nombreux pour pouvoir fonctionner en circuit fermé et pour ne plus avoir à s’adresser qu’aux autres « manipulateurs de symboles », ainsi que l’économiste Robert Reich qualifiait les gagnants de la mondialisation, ces diplômés, plurilingues, mobiles, à l’aise dans le domaine de la communication et qui font l’opinion. Car ce sont eux, bien sûr, qui tiennent les plumes et parlent dans les micros. Ils nous font partager leur manière propre d’appréhender la masse des « gens qui ne sont rien » comme dirait Macron, autrement dit des gens qui ne sont pas comme eux. Ils nous les peignent comme frileux, « réacs », hostiles de façon primitive et irrationnelle aux réformes ainsi qu’à tout type changement. Ils nous expliquent que s’ils votent « populiste », c’est parce qu’ils sont xénophobes, et que s’ils votent mal aux référendums c’est parce qu’ils ne comprennent pas les questions. Peut-être cette partition de la société devrait-elle nous conduire à reconsidérer le contour des classes sociales ? Si celles-ci existent encore (et c’est évidemment le cas) la sécession des « élites » n’est pas seulement le fait des « riches » et des propriétaires des moyens de productions. Elle est également celui des détenteurs d’un capital éducatif et culturel, lequel s’hérite de plus en plus d’ailleurs, sur fond de destruction de l’école publique et de dégraissage perpétuel du « Mammouth ».

    Le dégraissage concerne d’ailleurs l’ensemble de l’appareil d’État et des services publics, ceux-ci ayant le tort de présenter des vertus égalisatrices qui entravent le séparatisme élitaire. Pour leur régler leur compte, les pays européens membres de l’UE ont inventé un prétexte ingénieux et unique au monde : la nécessite de respecter les « critères de convergence » de Maastricht. Notamment celui des 3 % de déficit public, et c’est en son nom que les gouvernements détruisent ou vendent tout le patrimoine collectif. La France vient d’ailleurs de passer sous la barre fatidique (2,6 % pour 2017), avant même d’avoir fini de brader la SNCF.

    La construction européenne est un formidable outil de déresponsabilisation des « élites » nationales.

    D’une manière générale, la construction européenne est un formidable outil de déresponsabilisation des « élites » nationales, notamment des élites politiques. Celles-ci, toutes ointes qu’elles sont de la légitimité offerte par le suffrage universel, n’en assument pas pour autant les vraies charges. La capacité à faire les grands choix a été massivement transférée au niveau supranational, qui lui ne rend pas de comptes. Les dirigeants de la Banque centrale européenne ne rendent pas de compte pour la politique monétaire qu’ils conduisent. La Commission de Bruxelles ne risque pas d’affronter une grève pour s’être mêlée d’un peu trop près, dans le cadre du « Semestre européen », du contenu des budgets des États membres. La Cour de justice de l’UE ne risque pas la sanction des citoyens (de quel État au demeurant ?) pour les jurisprudences de dérégulation économique qu’elle pond à la chaîne. De toute façon, en « constitutionnalisant » les traités européens de sa propre initiative via des arrêts datant des années 1960, la Cour a très tôt permis que ces traités et tous les éléments de politique économique qu’ils contiennent, se situent au-dessus des lois dans la hiérarchie des normes des États-membres. C’est-à-dire hors de portée des Parlements, donc des électeurs.

    La manière dont est organisée l’UE a pour effet de décorréler les élections (qui ont lieu au niveau national) et la prise de décision (qui se fait à l’échelon supranational), ce qui en fait une véritable machine de défilement au service « d’élites » politiques en rupture de ban avec leurs nations d’origines - et qui ressemblent bien plus à une oligarchie qu’à une véritable élite désormais. Par ailleurs, l’UE offre de multiples possibilités d’évitement fiscal grâce à ses paradis fiscaux intégrés (Irlande, Luxembourg...). Enfin, la libre circulation du capital et du travail dans le Marché unique contribue à mettre les deux en concurrence au profit du plus mobile et du rapide (le capital) et au détriment du plus sédentaire (le travail). Le tout pour la grande joie des catégories possédantes, cette fois.

    Dans ce cadre, il n’est pas étonnant qu’un politiste spécialisé sur les questions européennes tel le Bulgare Ivan Krastev, consacre de longues pages de son dernier ouvrage (Le destin de l’Europe, Premier Parallèle, 2017), à décrire le phénomène de sécession des classes dirigeantes à l’échelle continentale. « Les élites aristocratiques traditionnelles avaient des devoirs et des responsabilités, et leur éducation les préparait à se montrer à leur hauteur », écrit-il. « En comparaison, les nouvelles élites sont formées pour gouverner mais sont tout sauf prêtes au sacrifice ». Pas même au sacrifice financier, aurait-il pu ajouter, en tout cas de moins en moins puisque l’optimisation fiscale est devenue l’un des sports phares de notre époque. Puis Krastev d’ajouter : « La nature et la convertibilité des compétences des nouvelles élites les affranchissent très concrètement de leur propre nation. Elles ne dépendent pas des systèmes éducatifs publics nationaux (leurs enfants étudient dans les établissements privés) ni des systèmes de protection sociale nationaux (elles peuvent se permettre les meilleurs établissements hospitaliers). Elles ont perdu la capacité de partager les passions et les émotions de leur communauté ».

    En même temps que l’on « dépasse » les nations et que l’on détruit l’État, c’est la démocratie qu’on abolit.

    Dès lors, la montée de ce qu’on appelle « les populismes » correspondrait avant tout à une quête de loyauté. D’ailleurs, le discours « souverainiste » ou anti-mondialisation desdits « populistes » est probablement l’une des clés de leur succès. Il correspond à un désir de plus en plus profond, de la part des peuples, de « rapatrier » leurs classes dirigeantes, afin qu’elles ne se défilent plus. Afin qu’il redevienne possible d’exiger qu’elles assument leurs devoirs autant qu’elles jouissent de leurs droits, et qu’elles rendent à la collectivité une part au moins de ce qu’elles ont reçu, c’est-à-dire beaucoup (sécurité des biens et des personnes, système de santé, système éducatif, etc.). Enfin et concernant le personnel politique, son « rapatriement » et le fait de refaire coïncider les mandats nationaux avec la conduite effective des politiques, est le seul moyen de rendre à nouveau possible l’exercice d’un contrôle démocratique normal.

    Cela est-il possible ? Le moins que l’on puisse dire est que pour l’heure, on n’en prend pas le chemin. À l’inverse et jour après jour, en même temps que l’on « dépasse » les nations et que l’on détruit l’État, c’est la démocratie qu’on abolit.

    pas encor lu


    • Emmanuel Macron lance une nouvelle polémique avec sa phrase sur les 50 euros d’APL qui seraient la dernière obsession de certains Français ne connaissant rien à l’histoire de France. Prononcée dans un documentaire dont le Président a promu le réalisateur à la tête d’une chaîne publique, cette phrase nourrit l’image d’un Macron élitiste, avec un tropisme aristocratique qui le déconnecte de la réalité. Nul ne sait jusqu’où l’entêtement du Président à couvrir les citoyens de son mépris social le mènera.


      Il existe un plaisir rare en France : celui de visiter la demeure d’une vieille famille au sang bleu, et d’écouter son chef ou son héritier commenter l’arbre généalogique accroché dans le vestibule. Le meilleur moment est toujours celui où votre hôte vous explique le rôle tenu par son prétendu ancêtre dans le siège d’Antioche, en 1098, qu’il fit à cheval, bien sûr, quand vos ancêtres à vous le menèrent à pied. Et vous comprenez brutalement la différence entre l’histoire de France vue par ceux qui l’ont parcourue à cheval, et ceux qui n’avaient même pas les moyens de se payer un âne. Les premiers, comme les seconds, sont souvent convaincus que, sans les autres, l’histoire de ce pays serait bien plus belle.

      Emmanuel Macron n’échappe pas à la règle. Ses ancêtres ont peut-être participé au siège d’Antioche, mais à pied. Cela ne l’empêche pas de croire que le roman national fut surtout écrit par ceux qui le menèrent à cheval. C’est son péché pas complètement mignon, car la France s’est construite en rassemblant les deux : les cavaliers et les va-nu pieds. A force de ne pas le comprendre, l’histoire tragique pourrait bien lui jouer un mauvais tour.

      Le romantisme grand bourgeois d’Emmanuel Macron
      Emmanuel Macron a ceci de Rastignac qu’il rêve de grandeur, de lyrisme, d’héroïsme, de causes épiques. Pour lui la France, c’est une tragédie racinienne : des personnages aristocratiques agités par des passions élégantes. Et c’est dans cette pièce-là qu’il veut jouer. D’où cette déclaration ahurissante https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/macron-critique-ceux-qui-pensent-que-le-summum-de-la-lutte-cest-les-50-euros-dapl/ar-AAwSeLU?li=BBwlBpb&ocid=spartanntp :

      Les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (…) » et où l’ « on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL, ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays. L’histoire de notre pays, c’est une histoire d’absolu, c’est un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle ».

      Cette déclaration, par sa naïveté, a pour ainsi dire quelque chose de touchant, d’enfantin. C’est le rêve du fils à papa amiénois qui dit enfin sa vérité devant les yeux estomaqués d’un monde incrédule. Car, Rastignac, nous l’aimons tous, mais il est vieux de deux cents ans désormais, et Balzac n’a jamais caché les défauts de ce cynique ambitieux. Il n’y a guère qu’un adolescent perdu dans un monde d’adulte pour dire que la vraie France, c’est celle rêvée par Rastignac, et non celle de la prosaïque réalité.

      En ce sens, la France de Macron, c’est celle des héritiers de la bonne bourgeoisie de province qui s’ennuie dans un monde un peu morne, et qui rêve les yeux grands ouverts. Ici a parlé le fils du médecin picard, une sorte de Bovary contemporain, qui vomit la platitude des petites affaires et ne veut entendre parler que de salons, de dames en crinoline et de cochers les menant nuitamment à leur Odette après une soirée chez les Verdurin.

      Macron et le mal fantasmagorique des élites françaises
      On aurait bien tort de reprocher à Macron sa solitude dans cette espèce de déni face à la réalité française. La conviction que la France est un fantasme aristocratique a nourri l’imaginaire de tous les dirigeants de ce pays qui sont passés par #Sciences-Po et l’#ENA.

      Dans leur vision binaire, le peuple français est un ramassis de bourrins incapables de tout (de se gouverner, de se réformer, de réfléchir, de comprendre le monde, de parler les langues étrangères). Et comme ce sont des bourrins méprisables, il leur faut une élite qui les dirige et les réforme de préférence sans les consulter. En poussant un peu, on les entendrait même dire qu’une bonne décision est une décision contestée. Une décision qui ne fait pas polémique est jugée méprisable.

      Cette certitude qu’il faut mépriser les Français pour pouvoir gouverner la France est au cœur même du processus aristocratique qu’on appelle l’ENA. Macron n’est (et c’est peut-être son problème) que le énième numéro d’une même galerie de portraits tous portés par la même conviction immédiate.

      Le déni des échecs aristocratiques
      Le problème de cette prétendue culture aristocratique tient au déni face aux naufrages éhontés qu’elle a régulièrement produits dans l’histoire de ce pays. La raclée de 1940, par exemple, est tout entière due à la défaillance de nos élites, et il est de bon ton de le nier farouchement.

      Ainsi, traîne l’idée qu’en 1940, les soldats ne se seraient pas battus contre les Allemands. Qui se souvient qu’en réalité, en six semaines de combat, l’armée française a perdu 60.000 hommes et a infligé autant de perte à l’armée allemande ? La campagne de France fut perdue alors que sa plèbe fut très combative. Mais ses aristocrates, ses généraux, furent tous plus lamentables les uns que les autres et s’empressèrent ensuite de porter Pétain au pouvoir (De Gaulle et une poignée d’autres exceptés). La mythologie contemporaine interdit aujourd’hui de citer la longue liste des hauts fonctionnaires et des conseillers d’Etat qui, le 11 juillet au matin, ont parié sur Pétain et l’ont rejoint comme un seul homme pour réformer autoritairement le pays.

      Ceux-là ont été pour beaucoup dans l’occultation des causes réelles de la défaite. Et si Pétain n’avait pris des décrets raciaux et anti-maçonniques, beaucoup auraient, sans scrupule, continuer la collaboration jusqu’à la fin. Ou en tout cas très longtemps.

      La vraie histoire de la France, c’est celle-là. Celle d’une élite taraudée par sa manie de la #consanguinité et du #conformisme, qui n’hésite pas à régulièrement accaparer l’idée nationale et à la piller jusqu’au naufrage. Et dans sa suffisance, elle est convaincue que toute grandeur procède d’elle, et que toute petitesse procède du peuple.

      Grandeur des 50 euros d’APL
      Ce manichéisme typique de l’aristocratie française gagnerait à ouvrir les yeux. Car ce pays, notre pays, s’est en réalité nourri d’une toute autre sève.

      Parlons d’abord de la résilience française, cette capacité à la souffrance qu’on endure jusqu’à l’obstination de réussir, dans nos campagnes, dans nos banlieues. Si Macron avait eu faim dans son enfance, il saurait les soirs de privation, les frustrations, les abnégations de tant de nos enfants pour améliorer leur sort, un jour. Ceux qui n’ont pas connu un dîner maigre du dimanche soir où les regards se fuient dans la famille pour ne pas dire l’angoisse du lendemain, la peine qu’il y a à se priver pour payer les études du dernier, pour réparer la voiture qui tombe en panne et dont on a besoin pour aller bosser, ceux-là ne savent rien à l’histoire de France.

      Car tous les matins, tous les après-midis, ce pays fonctionne, parfois avec des bouts de ficelle noués par ceux qui se sont privés de beaucoup la veille. Et pendant que les managers des entreprises sont absorbés dans d’interminables réunions où rien ne se décide, les petites gens font tourner le pays.

      Et ceux-là, ils ont effectivement besoin de 50 euros d’APL pour améliorer l’ordinaire. Sans eux, le pays s’arrêterait.

      Macron ne devrait pas gâcher sa chance. Car ceux-là ne demandent rien. Ils sont pudiques, ils ne cherchent pas à faire pleurer dans les chaumières. Ils sont dignes.

      Ils demandent ceux-là un peu de respect.

      Source : Eric Verhaeghe, 07-05-2018 http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2018/05/07/50-euros-dapl-la-france-de-macron-celle-qui-a-fait-le-siege-dantioche-a-cheval/amp/?__twitter_impression=true

      #élites #aristocratie #haute_bourgeoisie #mépris #pétain #macron


  • L’ostentation, tout en nuance
    http://www.laviedesidees.fr/L-ostentation-tout-en-nuance.html

    Les classes dominantes affichent traditionnellement leur supériorité par le faste de leurs dépenses. Selon Elizabeth Currid-Halkett, l’affirmation statutaire est en pleine mutation et passe désormais par des signes beaucoup plus discrets, où la #distinction vient remplacer l’ostentation.

    #Recensions

    / #élites, distinction, #consommation

    • Les parents des classes aspirationnelles passent un temps considérable et dépensent une part importante de leurs ressources à donner les meilleures opportunités à leur progéniture :

      « Que ce soit via l’allaitement pour augmenter le QI de bébé, ou les classes artistiques à l’âge de trois ans, […] les parents de la classe aspirationnelle voient leurs enfants comme des projets de développement et initient des pratiques parentales structurées et informées pour maximiser le succès futur de leurs enfants. (p. 97) »

      Les choix et loisirs de la classe aspirationnelle sont aujourd’hui éclairés et productifs. Ce n’est plus le gaspillage ostentatoire du temps de Thorstein Veblen, mais un investissement conscient dans l’espoir de retours futurs. Il est en effet difficile de remettre en cause le bien-fondé de l’allaitement, de l’apprentissage d’un instrument de musique, d’achats locaux ou de séances de fitness. Les fruits de ces pratiques sont donc naturellement ressentis comme mérités.

      Ces choix des riches sont pourtant le résultat d’une liberté économique et sociale permise par leur position dans la société, et un système de production capitaliste qui leur fournit les produits nécessaires à leur distinction.

    • C’est vrai qu’un cours de tennis sur un yacht reste discret.

      Grâce à ces données, elle montre notamment que la part du budget des ménages les plus riches consacrée à la consommation ostentatoire (voitures, meubles, habits, etc.) est moindre que pour les ménages aux revenus plus modestes. En termes relatifs, les plus riches ne sont donc pas ceux qui consacrent le plus d’efforts à se distinguer par leur consommation de biens matériels.

      C’est un peu biaisé quand même ce type d’études, l’un consacre 70% de son budget à se loger, l’autre 10%, c’est marrant parce que le cours de piano au conservatoire réclame d’avoir un piano chez soi, pas un bontampi, nan nan, un vrai piano sinon tu fais de la flute mon chéri comme ça la part est la même que chez les riches.


  • Frappes en Syrie : le ridicule ne tue pas les puissants * Robert Charvin - 14 Avr 2018 - INVESTIG’ACTION
    https://www.investigaction.net/fr/frappes-en-syrie-le-ridicule-ne-tue-pas-les-puissants

    Le délire inculte de Trump dans l’ordre international ne perturbe en rien les alliés des États-Unis qui ont « toujours raison » face à la Russie, à la Chine et à la plupart des peuples du Sud. Les conservateurs anglais dont la première ministre est empêtrée dans le Brexit, les Macronistes français, néo-bonapartistes au petit pied, dans l’ordre interne mais serviles « harkis » des Américains en politique étrangère, ont assisté l’intervention militaire des États-Unis en Syrie. Quoi de plus logique que de bombarder pour protéger les civils ? Quoi de plus cohérent que de violer le droit international pour en faire assurer le respect ?
     
    Nulle part les intérêts occidentaux ne supportent d’être évacués : la Russie est impardonnable de n’avoir pour renaître aucun besoin des moyens euraméricains et d’avoir réglé, sans les Occidentaux, la question de Daech en Syrie !
     


    La Chine n’est pas supportable malgré ses yuans et ses créances : comment ose-t-elle rivaliser avec la première puissance mondiale, bénie par ses Églises évangéliques et ses valeurs « universelles » ?
     
    En Syrie, comme ailleurs, le basculement du monde est nié : seul l’Occident est « démocratique », seul il défend la Civilisation, l’Unique, c’est-à-dire la sienne ! Quoi de plus « naturel » ? Voilà près de 400 ans qu’il exerce son hégémonie sur toute la planète s’y croyant tout permis, de la colonisation d’hier aux ingérences d’aujourd’hui.
     
    Pour faire bonne mesure, l’Euramérique se présente à sa propre opinion comme victime menacée dans son existence même : en dépit du dollar et de l’euro qui régulent le commerce mondial, et de sa capacité d’exploiter la plupart des économies nationales, il se plaint de la concurrence « déloyale » des puissances émergentes alors qu’elle fait de la concurrence (toujours faussée) son principe d’action fondamental !
     
    En dépit de la puissance militaire des #États-Unis (grâce à un budget 10 fois supérieur à celui de la Russie), l’Occident s’estime sur la défensive vis-à-vis de « l’agressivité » russe, tout comme l’armée israélienne d’occupation s’estime agressée par des Palestiniens « armés » de cailloux !
     
    Le #cynisme le plus pitoyable est l’invocation par le Ministre de la Défense français, suite au bombardement de la Syrie du 14 avril 2018, du droit international.
     
    C’est que la philanthropie française n’a pas de limites : c’est au nom de l’Humanité qu’il faut punir les méchants syriens, monstres parmi les monstres ! Peu importe les dégâts de masse provoqués depuis des décennies par les multiples interventions armées en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen, par exemples, et les massacres de masse en Afrique subsaharienne qui m’émeuvent personne : tout le mal a pour origine la sinistre alliance russo-syrienne. Les liens étroits tissés entre les Salafistes, les Frères Musulmans et l’Occident ne sont rien ; la destruction de la plupart des pays du Moyen Orient n’a pas de signification…. Le Bien est définitivement du côté américain !
     
    Peu importe que l’on sanctionne avant de négocier, que l’on punisse avant de prouver malgré la sacro-sainte « présomption d’innocence » invoquée au profit de tous les escrocs patentés d’Europe et des États-Unis !!
     
    En Syrie, en effet, la Commission d’Enquête internationale sur l’éventuelle utilisation de gaz toxiques n’a pas eu le temps d’arriver sur place : les missiles occidentaux ont été lancés avant ! C’était plus sûr. Le ridicule ne met pas à mort les puissants !
     
    Un certain goût de la violence et de la répression ne cesse de monter au sein des #oligarchies occidentales et de leurs commis politiques. Ces oligarchies instrumentalisent les #crises des autres pour tenter de gommer leurs propres difficultés.
     
    L’extrême médiocrité des #élites au pouvoir (quand ce n’est pas la vulgarité primitive d’un #Trump !), sous couvert d’une personnalisation dénoncée seulement chez les autres, appuyée par une #courtisanerie #délirante des grands médias, conduit à une confusion croissante de l’opinion, entretenue par une #pseudo-démocratie du bavardage incessant et du spectacle infantilisant des dirigeants, en état d’agitation chronique !
     
    N’importe : les Occidentaux ont perdu leur guerre en Syrie ; l’endettement massif de l’Irak, sous couvert du FMI, y prépare des lendemains qui déchantent ; le peuple libyen ne restera pas toujours fragmenté ; les peuples africains ne seront pas toujours soumis !
     
    Quant aux citoyens d’Occident, ils ont su, dans l’Histoire, malgré des temps morts, mettre à bas ceux qui leur faisaient les poches tout en voulant les abrutir !
     
    Le 14 avril 2018
    Robert CHARVIN


  • Why does Putin treat Britain with disdain? He thinks he’s bought it.
    https://www.washingtonpost.com/opinions/global-opinions/why-does-putin-treat-britain-with-disdain-he-thinks-hes-bought-it/2018/03/16/9f66a720-2951-11e8-874b-d517e912f125_story.html

    In her parliamentary statement, the prime minister did leave open the possibility of harsher financial sanctions. But the real question, for Britain — as well as France, Germany and the United States — is whether we are willing to end the financial relationship altogether. We could outlaw tax havens, in the Virgin Islands as well as in Delaware and Nevada; we could make it impossible to buy property anonymously; we could ban Russian companies with dubious origins from our stock exchanges. But that would cost our own financiers and real estate agents, disrupt the discreet flow of cash into the coffers of political parties, deprive the art market of its biggest investors. Does May have the nerve to do that? Do any of us?

    #élites#hypocrisie #finances #système #argent #capitalisme


  • C’est pas parce qu’on rit… Le devoir - 15 janvier 2018 - Michel Saint-Laurent
    http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/517565/c-est-pas-parce-qu-on-rit

    L’importance exagérée donnée à l’humour par les grands réseaux éclipse les autres formes d’art

    De toutes les contrées sur la planète, je doute qu’il y en ait une qui, jour après jour, se bidonne plus que le Québec. Au Québec, le rire est roi ! Nos humoristes, par centaines, se produisent à longueur d’année sur toutes les scènes, petites et grandes. Ils et elles ont leur propre festival, voire bientôt un deuxième. Ces professionnels du rire sont les mieux payés dans ce qu’on appelle, néolibéralisme oblige, l’industrie culturelle (sic). Je veux bien que le rire soit « le propre de l’homme », comme disait Rabelais, mais là, je pense que la dose est un peu forte.
     
    Il y a toutes ces émissions à la télévision telles Infoman, Info, sexe et mensonges, Ici Laflaque, PaparaGilles, Like-moi, Les appendices, SNL Québec, Piment fort, Silence on joue, Le tricheur, Les pêcheurs, sans oublier Le Bye Bye, messe récurrente du jour de l’an. D’ailleurs, le 31 au soir dernier, il n’y avait à peu près rien d’autre que l’humour à se mettre sous la dent.

     

    Il y a aussi le Gala de l’humour et tous les Galas comédie. Même la batterie d’émissions de cuisine est truffée d’ingrédients loufoques tout autant que de sel et de poivre… Pensons à ces « recettes pompettes » avec le tristement célèbre Éric Salvail, clown déchu.
     
    À la radio, les émissions À la semaine prochaine, Parasol et gobelets, Pouvez-vous répéter la question, La soirée est (encore) jeune, Si j’ai bien compris éclatent, semaine après semaine, de ces gros rires gras dans une entreprise visant à faire en sorte que les Québécois se dilatent la rate, sans relâche. Puis, il y a aussi tous ces « shows de chaises », comme Marina Orsini, Deux filles le matin, Les enfants de la télé, Deux gars en or et l’ineffable Tout le monde en parle, où les invités, sous l’oeil du fou du roi, rivalisent d’ardeur pour en pousser une bonne et nous faire tomber de notre chaise, bien assis que nous sommes, croupissant de rire… D’ailleurs, tous les politiciens et grands de ce monde, invités à ces émissions, sont morts de rire, car ils savent qu’ils ne risquent rien et qu’ils n’auront aucun compte à rendre en se présentant sur ces plateaux. On s’attendra plutôt à ce qu’eux aussi nous lâchent des blagues. LOL !
     
    Rire pour ne pas pleurer ?
    On pourra certes m’accuser d’être un triste rabat-joie, un sérieux personnage sans sens de l’humour, un handicapé de l’hilarité, ce que je ne crois pas être, mais je me questionne sur ce qu’il y a derrière cette propension à rire et à se moquer de tout. Qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ? Rions-nous pour ne pas pleurer ? N’est-il pas un tantinet disproportionné que les chaînes publiques que sont Radio-Canada et Télé-Québec investissent tant de l’argent de nos impôts dans ces productions ? Pourraient-elles en mettre un peu plus à couvrir et à investiguer de grands dossiers politiques et sociaux ? En riant de tout, sans arrêt, souvent dans des termes bassement orduriers, dans le style « pipi caca », qui plus est dans un français bancal, les humoristes et animateurs de tout acabit ne jouent-ils pas, même à leur corps défendant, le rôle d’éteignoirs d’une prise de conscience citoyenne autrement plus pertinente ? N’est pas Yvon Deschamps qui veut !
     
    Je sais bien que les humoristes rient, à l’occasion, des frasques de nos politiciens et des membres de notre élite dirigeante, mais après qu’on en a ri un bon coup, que reste-t-il ? Que faisons-nous en sortant du théâtre ou en éteignant la télévision ? Sommes-nous plus aptes à jouer notre rôle de citoyen éclairé ? Les Québécois s’aventurent-ils hors de leurs chaumières pour aller se dilater la rate et après, penauds, retournent-ils chez eux, satisfaits que quelque humoriste se soit bien payé la tête de nos ineptes dirigeants ? Ces moments de réjouissance programmés, cette dérision contrôlée nous dédouanent-ils de toute action collective probante afin de rectifier le tir des abus de l’oligarchie possédante et d’améliorer la vie en société ? Ce rire devient-il alors un genre d’anesthésiant qui nous insensibilise la fibre citoyenne ? La question, sérieuse j’en conviens, ne se pose-t-elle pas ?
     
    De plus, l’importance surdimensionnée accordée à l’humour nous fait voir, en contrepartie, le peu de place que les grands réseaux accordent à d’autres formes d’art, tout aussi importantes dans une société, me semble-t-il. Au Québec de la farce « mur à mur », le théâtre, la littérature, la danse, les arts visuels n’ont qu’une portion congrue, quand ils en ont une, du temps d’antenne. Il n’y a peut-être que la musique qui puisse rivaliser, un tant soit peu, avec l’humour bien que, souvent, ce ne soit que pour mettre en compétition jeunes et moins jeunes dans ces concours de rivalité, style La voix, Star académie et Virtuose. Tous ces artistes aspirant à la célébrité instantanée font les frais d’une entreprise de création de vedettes de l’heure qui, le plus souvent, ne dureront que le temps d’un printemps, et au suivant…
     
    Il semblerait ainsi que cet humour, ultra-présent, participe à ce que d’aucuns ont appelé « la société du spectacle ». L’été venu, le Québec entier devient une immense scène où les festivals et spectacles de toutes sortes se succèdent ? J’oserais dire que cette mise en scène boursouflée concourt à nous immuniser contre quelque volonté de brasser la cage et de remettre en question l’état des lieux. Nous nous contentons, assez bêtement, de rire des frasques des humoristes. La culture, une certaine culture consensuelle, au ras des pâquerettes, l’humour en particulier, devient ainsi un exutoire… stérile. C’est la part « des jeux » du duo « du pain et des jeux ». Pendant que la planète s’échauffe, dans tous les sens du mot, les petits Néron que nous sommes se gavent de spectacles. Peu nous chaut, aussi longtemps qu’on peut se bidonner… C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

    #humour #rire #société_du_spectacle #télévision #spectacle #jeux #médias #culture #élites #Quebec #exutoire #pipi-caca #dérision #Radio-Canada #Télé-Québec


  • Quand les 99% viennent célébrer un 1%, l’élite se marre
    https://reflets.info/quand-les-99-viennent-celebrer-un-1-lelite-se-marre

    Ne nous méprenons pas : que l’on ait apprécié ou non les performances artistiques du chanteur mort mercredi, celui-ci reste un monument d’égoïsme national, un magouilleur ultra-riche protégé par les politiques, au mépris de toute […]

    #Breves #1% #argent_roi #élites_mondialisées #Exil_fiscal #fraude_fiscale #jet_set #pognon #star_system


  • Le fétichisme de l’ordre
    http://www.laviedesidees.fr/Le-fetichisme-de-l-ordre.html

    Dans un recueil d’articles enfin traduit en français, Norbert Elias critique les errements de ses compatriotes, essentiellement les #élites allemandes, incapables de s’émanciper des modèles anciens et de la rigidité des structures sociales. Dans ces conditions, peut-on parler d’un habitus national ?

    Livres & études

    / élites, #Etat, #guerre_mondiale

    #Livres_&_études


  • Le fétichisme de l’ordre
    http://www.laviedesidees.fr/Retour-sur-la-catastrophe-allemande.html

    Dans un recueil d’articles enfin traduit en français, Norbert Elias critique les errements de ses compatriotes, essentiellement les #élites allemandes, incapables de s’émanciper des modèles anciens et de la rigidité des structures sociales. Dans ces conditions, peut-on parler d’un habitus national ?

    Livres & études

    / élites, #Etat, #guerre_mondiale

    #Livres_&_études


  • Le droit à l’information
    http://www.laviedesidees.fr/Un-ouvrage-revient-sur-le-processus-d-elaboration.html

    Un ouvrage revient sur le processus d’élaboration du droit à l’information en Inde. Il révèle que le rôle de la société civile a été exagéré au détriment de celui de l’État, et des acteurs internationaux, afin de servir la portée symbolique du droit à l’information et sa valeur de manifestation de la vitalité de la démocratie indienne.

    Livres & études

    / #information, #droits_de_l'homme, #élites, #mouvements_sociaux

    #Livres_&_études


  • Vers un Erasmus ouvert aux plus défavorisés L’essentiel - 17 Novembre 2017 - L’essentiel/AFP

    Le programme qui a déjà permis à 9 millions de jeunes d’étudier à l’étranger doit maintenant s’ouvrir aux publics plus défavorisés, ont plaidé jeudi, quelques-uns de ses défenseurs.


    Créé le 15 juin 1987, le programme Erasmus permettait à l’origine aux seuls étudiants de partir suivre une année de cursus à l’étranger. Il n’a cessé de s’étendre, passant de 11 pays inscrits au départ à 33 pays participants. Désormais nommé Erasmus+, il a aussi gagné #élèves_du_primaire et du secondaire, des #lycées_professionnels, #demandeurs_d_emplois, etc. « La question qui se pose est : "Quel avenir pour Erasmus" ? », a lancé vendredi le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, lors d’une conférence de presse au conseil régional d’Île-de-France.

    L’objectif affiché est de rendre le programme « plus efficace », « mieux ciblé », et de le rendre « plus accessible » à certains publics. Le commissaire a notamment souhaité l’ouvrir à davantage d’élèves de l’enseignement scolaire, aux apprentis, mais aussi « aux #migrants ou aux #personnes_handicapées ». « Il faut casser cette image de l’"auberge espagnole" (NDLR : en référence au film de Cédric Klapisch sur le sujet), avec des #élites qui font la fête », a-t-il dit. « Nous voulons aller vers un Erasmus pour tous ».

    . . . . .
    La suite : http://www.lessentiel.lu/fr/news/europe/story/Vers-un-Erasmus-ouvert-aux-plus-defavorises--10372958

    #Erasmus #pierre_moscovici #guignolade #pervenche_berès #laure_coudret-Laut

    • Y a pas à dire, la haute bourgeoisie française est dans son monde , mais remercions la de nous suggérer de partager ses #privilèges. Pour Pierre Moscovici rien n’empêche un couple au #RSA de s’acheter une jaguar, ou une Lamborghini . Ils sont dans leur #télé-réalité 24h sur 24.

      Mia, étudiante, vit avec 5 euros par jour pour manger Le Parisien - Elsa Mari - 31 mai 2017
      http://www.leparisien.fr/societe/misere-etudiante-mia-24-ans-vit-avec-5-eur-par-jour-pour-manger-31-05-201

      Un rapport de la Croix-Rouge, révélé ce mercredi matin, s’alarme d’une misère invisible : celle qui touche les étudiants et qui les empêche de se nourrir correctement. Mia, 24 ans, se confie.

      Mia a enfin fini par se l’avouer. Elle est épuisée. Cette étudiante en école d’architecture de 24 ans, rencontrée mardi à la terrasse d’un café parisien, triture nerveusement sa boucle d’oreille, le regard fuyant. Depuis quatre ans, la jeune femme vit grâce à ce qui lui donne son papa, cadre informaticien. Une fois le loyer payé, il ne lui reste toutefois que 320 euros par mois : « 10 euros pour Internet, 30 pour l’électricité... il y a aussi les fournitures scolaires », égrène-t- elle, de façon machinale. Avec un budget nourriture de 20 à 35 euros par semaine, chaque jour est un calcul permanent.

      Sur les conseils d’une assistante sociale, elle s’est décidée, la semaine dernière, à faire ses courses à l’épicerie sociale de la Croix-Rouge, dans le XVe arrondissement de Paris.
      . . . . .


  • Thibaut Rioufreyt et la "société civile" selon Emmanuel Macron. HEC remplace l’ENA
    Cette vidéo est un extrait de "La Grande Table" du lundi 5 juin 2017
    Intervenant sur France Culture, le politologue Thibaut Rioufreyt, souligne que la société civile que représenteraient les candidats d’En marche sont en fait, pour ceux ayant le plus de chance de gagner, « plutôt du secteur privé, plutôt âgés, plutôt blancs, plutôt hommes ». Il ne s’agit pas pour lui d’un véritable renouvellement, mais du remplacement d’une élite par une autre, des grands corps de l’Etat par le secteur privé.

    https://www.youtube.com/watch?v=rPvZTN6jJQA

    #ENA #HEC #Hommes #Femmes #Députés #Arnaque #Elites #société_civile #Thibaut_Rioufreyt


  • The Liberal Order Is Rigged | Foreign Affairs
    https://www.foreignaffairs.com/articles/world/2017-04-17/liberal-order-rigged

    This position is reminiscent of the way that eighteenth-century French aristocrats refused to pay taxes while indulging in expensive foreign military adventures. They got away with it for many years—until the French #Revolution suddenly laid waste to their #privilege. Today’s #elites risk making a similar mistake.

    #ordre #désordre


  • You’ll Die in a Nuclear War, but These #Elites Will Be Saved - VICE
    https://www.vice.com/en_us/article/youll-die-in-a-nuclear-war-but-these-elites-will-be-saved

    The classified programs, technology, and infrastructure are impossible to account for—Graff estimates they cost the country at least $2 billion annually. They also include crisis plans that run counter to the Constitution. JFK’s attorney general’s emergency briefcase, for instance, would have allowed him suspend #habeas_corpus. Other presidents’ apocalypse contingencies have included forced nationalization of industries as well as plans to install unelected private sector executives to run broad swathes of the emergency government. Graff makes it clear that surviving a nuclear war would not be much better than dying in one: If doomsday plans save neither American people nor America’s democratic principles, what exactly are they protecting?

    #nucléaire #Etats-Unis


  • Idiots utiles à Paris Le Devoir - 27 février 2017 - Jean-Benoît Nadeau
    http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/492699/idiots-utiles-a-paris

    Ainsi, Made for Sharing sera le slogan officiel de la Ville de Paris pour sa candidature aux « Olympic Games » de « Twenty Twenty-Four ». On ne sait trop s’il faut rire ou pleurer. Made for joking or made for crying ?
     
    Lorsque j’ai appris la chose, j’ai tout de suite pensé à Aplusbégalix, ce personnage de chef gallo-romain assimilé, dans l’album Le combat des chefs, sans doute le meilleur de la série Astérix et certainement celui qui a le mieux vieilli.
     
    Goscinny et Uderzo ont brillamment utilisé les Romains pour incarner à la fois l’histoire récente (20 ans après la fin de l’Occupation allemande), mais aussi l’actualité du temps. L’album est paru l’année même (1964) où René Étiemble publiait l’essai Parlez-vous franglais ?.
     
    Le plus comique du slogan Made for Sharing est la réaction goguenarde de la presse anglo-américaine, dans le registre « On n’en demandait pas tant ». A-t-on vu un seul anglophone remercier Paris de se faire comprendre ? La Ville a produit un slogan qui ne lui donne rien, sauf le fait de se ridiculiser.
     
    On est frappé de l’indigence de l’argument du comité parisien : on ne peut vendre Paris au CIO qu’en anglais, alors que 16 des 95 membres votant viennent de pays francophones et que plus de la moitié ont certainement des notions de français. Après tout, la langue française est la plus enseignée au monde, après l’anglais. Et puis, le français est l’autre langue officielle du CIO.
     
    Au fond, les Parisiens jouent ici le rôle d’idiots utiles. S’il y a bien un moment dans l’histoire où l’anglais incarne le repli, c’est maintenant. En effet, la Ville de Paris fait la propagande de l’universalisme de l’anglais alors même que les Britanniques et les Américains, à travers le Brexit et l’élection de Trump, rejettent leur rôle de pays phares de l’internationalisme.
     
    Ce n’est pas la première fois que les Parisiens tiennent ce rôle. Dans les années 1950, les communistes français adoptaient des idéaux staliniens qu’ils savaient faux. Et si la France a renoncé à ses arpents de neige au Canada au XVIIIe siècle, c’est d’abord parce qu’une série de penseurs imbus d’idées anglaises défendaient une philosophie économique à laquelle les Anglais eux-mêmes n’adhéraient plus.
     
    Et, de Paris, nous assistons impuissants au lâchage du français alors même que cette langue commence à s’incarner dans un ensemble mondialisé francophone aux antipodes du repli identitaire.
     
    Le culte du cargo  
    Ce désamour a plusieurs causes, que j’ai déjà expliquées dans d’autres chroniques et que je ne répéterai pas. Mais à la réflexion, j’y vois aussi une fascination morbide évocatrice du « culte du cargo ».
     
    Le culte du cargo est une espèce de religion qui s’est développée dans les îles du Pacifique Sud sous l’effet de la colonisation européenne, et qui a connu son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour les insulaires frappés par la richesse et la puissance des Occidentaux et des Japonais, seule une faveur divine peut expliquer l’abondance et le perfectionnement des biens débarqués du bateau ou de l’avion. Une fois les conquérants repartis, les insulaires appelaient le cargo en construisant des avions en bois, des radios en noix de coco, des antennes en bambou.
     
    Il y a de ça dans la fascination des Français pour l’anglais : la tentation de singer la modernité incarnée par le monde « anglo-saxon » dans l’espoir d’en récolter les fruits. D’où les modes anglophiles souvent ridicules et l’abus d’anglicismes, comme un appel désespéré pour des bienfaits que l’on espère sans en comprendre l’essentiel.
     
    L’autre facteur, qui influence les Français à droite comme à gauche, c’est ce que j’appellerais le « réflexe universaliste », qui leur fait voir de l’universel jusque dans leur soupe. Ayant imaginé pendant quelques générations que le français était universel (ce qu’il n’a jamais été), ils attachent désormais cette propriété à l’anglais (qui ne l’est pas plus). Ce réflexe universaliste fait que les Parisiens, qui ont beaucoup de mal à s’enseigner les langues étrangères, imaginent que le monde est aussi peu doué qu’eux.
     
    Mais ce qui nuit le plus à la perception de la langue française parmi les élites parisiennes, c’est que celle-ci soit si mal défendue par de mauvais avocats, engoncés dans de vieux discours sur le génie de la langue ou dans un méchant purisme qui sert de prétexte pour exprimer les idées les plus rétrogrades et, trop souvent, le rejet de l’autre. Armés de leurs mauvais arguments, ils agissent comme repoussoir.
     
    Défendre le français ne consiste pas à rejeter l’anglais : après tout, les langues ont le propre de s’additionner. Mais défendre sa propre langue, c’est d’abord user du privilège de se dire dans celle-ci. French is made for saying.
    #PS #Paris #jeux_olympiques #olympic_games #ridicule #idiots_utiles #Français #Anglais #Francophonie #Cargo_culte #modernité #élites_parisiennes
    https://www.youtube.com/watch?v=v8myiPb233E


  • Inter-Shi’ite tension mounts in Baghdad after clashes
    http://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-iraq-sadr-idUSKBN15R0ED

    #Irak : répression sanglante d’une manifestation de sadristes à Bagdad http://fr.euronews.com/2017/02/11/irak-plusieurs-morts-dans-une-manifestation-de-sadristes-a-bagdad

    Bien que chiite lui aussi, Haïder Al-Abadi est sous pression des Sadristes depuis 2015. Les protestataires dénoncent la #corruption des #élites. Selon eux, la loi électorale sert les intérêts des grands partis accusés de népotisme. Des élections provinciales sont prévues en septembre prochain.


  • It’s Austerity, Not Globalization, That Pulls European Workers to the Right
    http://fair.org/home/its-austerity-not-globalization-that-pulls-european-workers-to-the-right

    Both the #Washington_Post (1/22/17) and #New_York_Times (1/22/17) had pieces about declining support for the left in France and the rise of a nationalist right in both Italy and France. Both pieces attributed the rise in support for the right to people losing from globalization, implying that this is some impersonal process that is causing these people to be losers.

    In fact, the losers are suffering because of the insistence of the European Union that its members pursue austerity policies. These policies have led to almost a full decade of near-zero per capita GDP growth in France and a drop of more than 10 percent in per capita GDP in Italy. There is nothing inevitable about these policies; they are conscious choices of the political leaders in #Europe.

    It is incredible that both the Post and Times would neglect to mention the role of austerity in hurting workers. The disgust with #elites is understandable.

    #msm #austérité


  • Un appel de 60 personnalités contre le « Hollande bashing » Maxime VIVAS - 20 Novembre
    https://www.legrandsoir.info/un-appel-de-60-personnalites-contre-le-hollande-bashing.html

    Extraits de leur manifeste où sont par ailleurs louées les réussites du président (1) : « Nous, artistes, sportifs et créateurs, penseurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens indépendants, dénonçons cet acharnement indigne qui entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie…. François Hollande a droit au respect comme tout citoyen, et comme président de notre République. »

    Premiers signataires : Agnès B., Catherine Deneuve, Benjamin Biolay, Juliette Binoche, Denis Podalydès, Irène Jacob, Sylvie Testud, Laure Adler, Patrick Chesnais, Gérard Darmon, François Marthouret, Dominique Besnehard, Jean-Michel Ribes, Mazarine Pingeot, Claudine Nougaret et Raymond Depardon, Andrée Zana Murat et Bernard Murat, Michel Rotman, Patrick Pelloux, Laurent Davenas, Gilles Achache, Gabriel Gautier, Marie d’Ouince, Bruno Masure, Dany Dan - Melopheelo - Zoxea, Layla Metssitane, Touria Benzari, Emilie Chesnais Laurent Hébert, Bertrand Van Effenterre, Anna Medvecsky, Gaëlle Bayssière, Fethi Benslama, Pierre Douglas, Rachid Benzine, David Kodsi, Florence Muracciole, Stephane Distinguin, Jean Minondo, Yohann Diniz, Jean-Philippe Derosier, Sakina M’sa, Éric Dussart, Évelyne Schapira, Philippe Lemoine, Nicole Baldet, Anne Baveray, Rachel Khan, Michel Cantal-Dupart, Anne-Carole Denès, Yves Denès, Gerard Cicurel, Gisela Blanc, Mathieu Sapin, Françoise Huguier, Édouard Brézin, Julie Saavedra, Alex Menu, Pierre-Emmanuel Guigo, Jean-Philippe Derosier, Leïla Grison, Alexandre Leroy, C215, Dominique Miller, Christian Zerbib, Christiane Hessel…

    On les comprend puisque, comme ils le disent « cet acharnement indigne […] entraîne le débat politique dans une dérive dangereuse pour la démocratie » , contrairement sans doute à l’Etat d’urgence, au 49-3, à la criminalisation de l’action syndicale, au fichage des citoyens, aux tentatives de faire voter la déchéance de la nationalité, à la sur-médiatisation du FN, à la plongée de 9 millions de citoyens dans la pauvreté, à la multiplication des milliardaires, à l’écoeurement généralisé qui s’exprime par la désertion des urnes .

    Et puis, le parti du président a de l’humour, comme en témoignent ces outils de propagande (du cynisme, vous croyez ?) :


    Heureusement, les signataires de l’appel, conscients et informés, ne vont pas en rester là 
Laure Adler va probablement démissionner de France Inter, qui ne confond pas radio d’Etat et officine politique. Un des journalistes phare d’un hebdo qui fut « bête et méchant » ne fait que rembourser sa dette à François Hollande qui lui a attribué la Légion d’honneur et qui a fait débloquer un million d’euros pour Charlie Hebdo. Jean-Michel Ribes, va désormais refuser pour son théâtre l’argent ponctionné annuellement dans les poches des Français (de toutes obédiences) via le Ministère de la Culture et la Mairie de Paris. Dans l’exercice de ses activités, aucun de autres signataires n’a reçu d’aide de l’Etat (c’est-à-dire, de nous tous).

    Ces adversaires du « Hollande bashing » vont signer un de ces quatre une pétition contre le « chômeur bashing », le « salarié bashing », le « stagiaire bashing », l’« enseignant bashing », le « retraité bashing », le « SDF bashing », le « migrant bashing », le « musulman bashing » le « gréviste bashing », le « manifestant bashing », le « sécurité sociale bashing », le « SMIC bashing » le « RSA bashing », le « Code du travail bashing », le « 35 heures bashing », le « retraite à 60 ans bashing », le « Tribunal des Prud’hommes bashing », le « Mélenchon bashing », le « CGT bashing », etc.

    Mieux : les 60 s’indignent (en secret pour l’instant) que le pouvoir solférinien s’acharne dans un « Stéphane Guillon bashing » et tous sont (discrètement) solidaires de l’humoriste impudent qui a bizarrement subi trois contrôles fiscaux en six mois.
    Fassent le ciel, Michel Sapin et Bercy, que cela leur soit épargné.
    Maxime Vivas


    (1) http://www.lejdd.fr/Politique/Deneuve-Binoche-Biolay-Une-cinquantaine-de-personnalites-disent-stop-au-Hollan

    #PS #françois_hollande #bashing #propagande #jet_set #privilégiés # #élites #classes_sociales #classe supérieure #establishment #conformisme #système #stupidité_structurellement_induite #éduqués_supérieurs



  • Palestine : Mahmoud Abbas dit savoir qui a « tué » Arafat - Monde - tdg.ch
    10 novembre 2016
    http://www.tdg.ch/monde/mahmoud-abbas-dit-savoir-tue-arafat/story/12405018

    Le président Mahmoud Abbas a déclaré jeudi qu’il savait qui avait « tué » son prédécesseur et leader historique des Palestiniens Yasser Arafat, sans préciser le nom de l’auteur du meurtre présumé.

    « Vous me demandez qui l’a tué, je sais - mais mon seul témoignage ne suffit pas », a ainsi affirmé M. Abbas en prenant la parole devant des milliers de personnes rassemblées à Ramallah, en Cisjordanie occupée, pour marquer le 12e anniversaire de la mort d’Arafat.

    « Une commission d’enquête est en train d’approfondir les choses, mais vous serez informés à la première occasion et serez surpris quand vous saurez qui l’a fait », a-t-il dit. « Je ne veux pas citer de noms parce que ces noms ne méritent pas d’être rappelés, » a-t-il ajouté.

    • Israeli forces injure 4, detain 2 Palestinians after student march erupts into clashes in Ramallah
      Nov. 10, 2016 6:28 P.M. (Updated: Nov. 10, 2016 6:30 P.M.)
      http://www.maannews.com/Content.aspx?id=773912

      RAMALLAH (Ma’an) — Israeli forces Thursday injured four Palestinian teenagers with rubber-coated steel bullets, and detained two others, during clashes that erupted in eastern Beituniya city near Israel’s Ofer detention center in the occupied West Bank district of Ramallah.

      A student march commemorating the 12th anniversary of the death of late Palestinian President Yasser Arafat erupted into clashes with Israeli forces as the march headed to the Ofer detention center to support child prisoners held in Israeli detention centers.

      Palestinian demonstrators threw rocks at Israeli soldiers, while Israeli military vehicles chased the protesters, injuring four, and detaining and assaulting two others.

    • The Infamy of the Palestinian #Elites: An Imminent Split within Fatah?
      http://www.ramzybaroud.net/infamy-palestinian-elites-imminent-split-within-fatah

      Dahlan is involved in various “charity projects” including financing mass weddings in impoverished Gaza. But it is not Dahlan’s money that Hamas is seeking; rather the hope that he mediates with Egypt to ease movement on the Rafah-Egypt border.

      With a growing clout and rising number of benefactors, Dahlan’s resurrection is assured, but imposing him on an embattled Fatah faction in the West Bank remains uncertain.

      To preclude Dahlan’s attempt at regaining his status within Fatah, Abbas’s PA forces in the occupied West Bank have been conducting arrests of Dahlan’s supporters. The latter’s armed men are retaliating and clashes have been reported in various parts of the West Bank.

      Moreover, Abbas has called for the seventh Fatah conference to be held sometime later this month, where the Abbas faction within Fatah is likely to rearrange the various committees to ensure Dahlan’s supporters are weakened, if not permanently removed.

      Considering Dahlan’s strong support base and his ability to win followers using his access to wealth and regional allies, a move against his followers is likely to backfire, splitting the party, or worse, leading to an armed conflict. Despite Israel’s intentional silence, there are also reports that Israeli Defence Minister Avigdor Lieberman, who was tied to Dahlan repeatedly in the past, is keen on ensuring the return of Dahlan at the helm of Fatah.

      Tragically, the power struggle rarely involves ordinary Palestinian people, who remain alone facing the Israeli military machine, the growing illegal Jewish settlements, the suffocating siege, while persisting under an unprecedented leadership vacuum.

      This is one of the enduring legacies of the Oslo Accords, which divides Palestinians into classes: a powerful class that is subsidised by “donor countries” and is used to serve the interests of the US, Israel and regional powers, and the vast majority of people, barely surviving on handouts and resisting under growing odds.

      This strange contradiction has become the shameful reality of Palestine, and regardless of what the power struggle between Abbas and Dahlan brings, most Palestinians will find themselves facing the same dual enemy, military occupation, on the one hand, and their leadership’s own acquiescence and #corruption, on the other.

      #Palestine


  • Pourquoi la bulle politico-médiatique n’a pas vu venir Trump ?
    https://www.mediapart.fr/journal/international/101116/pourquoi-la-bulle-politico-mediatique-n-pas-vu-venir-trump

    Les médias se sont délectés du phénomène Trump, mais sans s’intéresser à ses électeurs. © Thomas Cantaloube Depuis plusieurs décennies, des Américains d’opinions différentes cohabitent sans coexister dans le même pays. Et les #élites urbaines et intellectuelles, qu’elles soient de droite ou de gauche, ont toutes vu en Trump un bouffon, une star de la télé-réalité incapable et indigne d’exercer les plus hautes fonctions de la nation. À tort, elles ont pris l’habitude de penser que tout le monde se comportait comme elles.

    #International #Donald_Trump #électorat #Etats-Unis #Hillary_Clinton #rejet_des_élites #Républicains


  • Trump, le châtiment
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2016-11-09-usa-elections-president-chatiment-trump

    La victoire de M. Trump, c’est donc avant tout la défaite du néolibéralisme « de gauche » incarné par Mme Clinton : son culte des diplômes et des experts, sa passion pour l’innovation et les milliardaires de la Silicon Valley, sa morgue sociale et intellectuelle. L’instrument du châtiment est redoutable. Mais la leçon sera-t-elle retenue ailleurs ?

    • Franchement est-ce que ce n’est pas niveau cour d’école que de se moquer de son prénom, ou de sa coupe de cheveux (ce que vous n’avez pas encore fait, mais bientôt peut-être) ?

      Il me semble qu’il y a mieux à faire en terme d’iconographie, si tant est d’ailleurs que ce très court article ait besoin d’une image. En l’état c’est trop anodin (etymologiquement a-nodos , hors douleur)

    • Il est pas question de moquerie, mais plutôt d’un jeu de mot iconographique un peu amusant… Souvent l’icono du site joue sur les titres et les énoncés qu’elle prend littéralement, on est dans ce cas ici. Après je peux pas dire le contraire : y’a toujours mieux à faire, aucun doute.

    • Après je peux pas dire le contraire : y’a toujours mieux à faire, aucun doute.

      Tu notes que depuis le début, je dis que, comme ça, à brûle pourpoint, je ne suis pas capable de proposer mieux. Sans toutefois avoir non plus cherché, ce que je vais finir par faire, histoire de relever le défi, si toutefois j’en suis capable.

      l est pas question de moquerie, mais plutôt d’un jeu de mot iconographique un peu amusant… Souvent l’icono du site joue sur les titres et les énoncés qu’elle prend littéralement, on est dans ce cas ici.

      Ce n’est pas très évident, ce n’est pas, en tout cas ce qui transparaît de prime abord, en tout cas, pas sans que tu ne le dises.

    • Et je note également que tu as tout à fait le droit de ne pas aimer ! je voulais juste préciser qu’il ne s’agissait pas de moquer un nom (personnellement quand j’étais petit j’étais tellement fan de Donald que je voulais m’appeler comme ça alors…), poas argumenter à proprement parler. À mon sens comme pour pas mal de logiques qui relèvent du graphisme, on ne peut justifier que jusqu’à un certain point…

    • Je suis tombé sur cette image dans cet article http://www.medelu.org/Les-7-propositions-de-Donald-Trump

      J’aime bien l’image, on pourrait croire qu’il prêche dans le désert, c’est une image trompeuse, et l’article est fort intelligent.

      Et je ne sais plus dans quel article sur le sujet de Trump, j’ai vu apparaître une référence à Elmer Gantry (https://seenthis.net/messages/530890 ) , je ne sais pas si tu as eu l’occasion de le voir finalement.

    • Simplicissimus, un Philippe Geluck bien gentil.

      Pour ce qui est des autres dessins de l’article, Ça rappelle la décision Wallonne contre le CETA, le Brexit, et autres NON Démocratiques à ceux qui décident à notre place.
      Curieux comme ce résultat d’un vote démocratique (pour les USA) déplait à nos idéologues européistes et néolibéraux.
      Normal, c’est Le Soir http://www.lesoir.be/1363946/article/actualite/monde/usa-2016/2016-11-09/dessinateurs-du-monde-entier-reagissent-victoire-donald-trump

      Rappelons que les noirs on voté à 30% pour Trump.
      Ils se rappellent que ce sont les clintons (les gentils) qui ont permis le remplissage des prisons américaines par les colored people.
      Rappelons que les blancs qui ont voté pour lui, ont suivi des études supérieures pour 30% d’entre eux.

      Points positifs de son programme :
      2/ Plus de dépenses d’infrastructures
      4/ Moins de commerce international
      7/ Remettre en cause la dérégulation financière (mise en place par clitnon, bill, avec son saxophone. Cool ce mec hein !).

      Points négatifs de son programme :
      1/ Moins d’impôts (pour les trés trés riches, on a l’habitude, l’europeu le fait trés bien, nos politicards aussi, on a pas de leçons à donner)
      3/ Arrêt de la lutte contre le changement climatique.
      Ceci dit le point 4/ Moins de commerce international devrait entrainer une énorme baisse de la pollution par les moyens de transports
      6/ Une couverture santé privatisée
      Obama care était en train de partir en cacahuètes.
      5/ Moins d’immigrés
      Certaines propositions du candidat vont à l’encontre des intérêts des entreprises et il faudra suivre de près la mobilisation et l’influence politique des pouvoirs économiques privés.

      Pour comprendre ce qui s’est passé
      Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=xZYgUwmWWVw


      (Ca commence à 41’00)

    • « Une sur-accumulation de conformisme et de crétinisme par obéissance aux consignes reçues depuis la petite enfance, sur le plan scolaire" - Musée de l’Europe & de l’Afrique - Emmanuel Todd, retranscrit par Le concierge du Musée le jeudi 10 novembre 2016 _
      http://blog.europa-museum.org/post/2016/11/10/Une-sur-accumulation-de-conformisme-et-de-cretinisme

      . . . . .
      Q : Lors du référendum sur le Brexit, c’est le « non » qui l’a emporté, et comme le « non » avait été majoritairement plébiscité par les classes inférieures et les gens les moins éduqués, on l’a un peu discrédité, est-ce que vous pensez que c’est une remarque valable ou est-ce que vous pensez que le fait que les classes les plus inférieures aient voté contre et que les gens les plus éduqués aient voté pour montre en fait juste une différence d’intérêts de classe et qu’il n’y a pas de mauvaise ou de bonne réponse, que c’est juste que ces deux classes n’ont pas les mêmes intérêts économiques ?

      Emmanuel Todd : Ben oui, c’est drôle que vous parliez comme ça, parce que autrefois on aurait dit : « comme ce sont les plus pauvres qui ont voté pour le Brexit, ça montre qu’il est particulièrement légitime ». Maintenant comme les gens se sont ralliés à une vision un peu raciste en terme d’éducation, on pose des questions du genre : « est-ce que le vote des gens moins éduqués est valable ? » C’est comme ça qu’on parlait des Noirs aux États-Unis autrefois... Donc on pourrait dire que c’est une américanisation culturelle dans un sens où un racisme culturel etc. Je crois qu’il va falloir... Pour moi évidemment, je suis ravi... Quand même, j’ai été membre du Parti communiste français, donc j’étais solidaire de gens moins éduqués que moi, mais il y a une époque où ça semblait complètement normal de considérer que les gens les moins favorisés avaient des droits politiques égaux... Enfin, je ne comprends même pas ce... Alors, ce qu’on peut constater... Il ne va pas y avoir de réponse uniforme selon les pays...

      Par exemple en France, dans un pays comme la France, si les gens les moins éduqués votent contre le Traité constitutionnel européen... ça ne vaut pas ! D’accord ? Donc en France on est déjà dans un système politique où le vote des gens les moins éduqués n’a pas la même valeur que celui des plus éduqués... En Angleterre, c’est pas ça qui se passe... C’est ça qui est formidable ! Ce que l’on est en train de constater aujourd’hui, c’est que le tempérament démocratique des Anglais est actuellement supérieur à celui des Français, car le vote des électeurs anglais est respecté par les Conservateurs... ça devrait nous rendre plutôt humbles, nous qui sommes censés avoir contribué massivement à l’émergence, je dirais, de la démocratie...

      La soumission comme critère de tri
      Je pense que l’un des combats à mener, l’une des choses sur lesquelles il va falloir quand même réfléchir sur le fond, c’est est-ce que les éduqués supérieurs sont vraiment tellement supérieurs intellectuellement ? On est entre-nous, là... Mais on peut se poser des questions de cet ordre... Bon c’est sûr que le monde des éduqués supérieurs est un monde de bons élèves... Ils ont été triés pour ça... Mais peut-être que l’un des biais du système social actuel, c’est que ce tri social... Le système éducatif qui était un système qui était conçu comme émancipateur, est en fait actuellement devenu une extraordinaire machine à trier et à tamponner la population jeune à un certain niveau pour son avenir social.. Le système éducatif est devenu... Maintenant on a 40 % des jeunes qui font des études supérieures ou des chiffres comme ça, et puis on va avoir 40% des études secondaires d’un type ou d’un autre, 20% calés au niveau inférieur...
      Mais le système éducatif est devenu une machine à fabriquer les classes sociales du futur... C’est une machine à fabriquer l’inégalité. Et du fait que c’est une machine à fabriquer l’inégalité, c’est aussi devenu un système qui justifie l’inégalité. Alors je ne dis pas... les bons élèves existent... Je veux bien admettre que les gens sont plus ou moins intelligents... Mais je pense que le mécanisme de tri par l’éducation et la machine sociale qui fabrique ce tri aboutit sans doute à exagérer énormément dans l’inconscient collectif les différences supposées d’intelligence. Et ça aboutit aussi je pense au final... Je me lâche, je suis en fin de carrière... Je suis à la retraite dans six mois... donc je peux y aller maintenant, c’est n’importe quoi... C’est évident, les gosses sont plus ou moins doués scolairement... Ils réussissent plus ou moins bien, l’intelligence existe... Il y a des différences d’intelligence...
      Mais le tri éducatif, particulièrement à partir de l’Université, ne se fait pas uniquement sur le critère de l’intelligence... Il se fait aussi beaucoup sur le critère de l’obéissance... Parce que maintenant, on vit dans un monde de concours où il faut être le plus parfait possible. Donc pour être parfait, il faut être lisse, en vérité il faut ne pas penser. Donc tout le système de définition des élites et des éduqués supérieurs contient... Il y a de l’intelligence, mais il y a aussi de la soumission comme critère de tri... Et au final qu’est ce qu’on obtient comme classe supérieure ? Qu’est-ce qu’on va obtenir ? Est-ce qu’on obtient une classe supérieure collectivement tellement remarquable par son intelligence ? Ça ne me paraît pas tellement évident... Qui oserait décrire la classe supérieure française comme intelligente collectivement ? Et pourtant c’est tous des supers bons élèves. Qui oserait décrire les gens de l’establishment de Washington... qui aboutissent au terme de je ne sais combien de temps de gestion à des baisses de niveau de vie pour leur population et qui disent que c’est normal, que ça n’a rien à voir avec le système économique etc...

      Les gens intelligents vont s’accumuler dans la population qui fera le moins d’études
      Donc vraiment, je pense que l’un des combats à mener... Je voudrais bien me faire comprendre... Je ne suis pas un populiste. Je suis moi-même un enfant de l’establishment, j’en suis très content... je n’ai jamais aspiré à être autre chose. Je n’ai jamais aspiré à autre chose qu’une conversion des élites entre guillemets à une attitude plus responsable socialement... Mais quand même ! Il ne faut confondre la description de la société en termes de niveau éducatif... Il ne faudrait surtout pas croire que ça correspond à une répartition des capacités intellectuelles dans la population... Ou que les écarts sont aussi importants que ça...

      En haut de la société vous aurez une sur-accumulation de conformisme et de crétinisme par obéissance aux consignes reçues depuis la petite enfance, au plan scolaire , et en-bas vous aurez des gens parfaitement intelligents mais qui n’ont pas été pris dans le moule du système parce qu’ils ont un peu plus de mal à obéir... Et bien entendu avec l’institutionnalisation du système et la capacité des élites éducatives à se reproduire, on va vers une période où les gens intelligents vont s’accumuler dans la population qui fera le moins d’études... Donc il ne faut pas désespérer... Et je pense que l’un des combats à mener, ce serait contre cette idée que les éduqués supérieurs sont vraiment supérieurs...

      Des profs d’économie, surpayés, dont l’œuvre intellectuelle tient sur une feuille de papier à cigarette
      Et je dirais que l’une des choses pour lesquelles j’aimerais vraiment... là ça me ferait vraiment marrer que Trump gagne, vraiment, ce serait à cause de ce que j’ai déjà mentionné, c’est cette pétition d’économistes contre Trump... Vous voyez, vous avez des centaines d’économistes, de profs d’économie, surpayés, dont l’œuvre intellectuelle tient sur une feuille de papier à cigarette, voyez, qui assurent la population que le libre-échange est indépassable... Et vous avez une population qui dit : « non, rien à foutre, quand même notre niveau de vie baisse, on meurt, ça va pas bien, on se sent pas bien... On n’a plus d’avenir assuré, c’est pas possible... ». Parce que ce serait une victoire intellectuelle... Si vous voulez, une population qui élirait Trump, je ne parle pas en général, je parle sur ce point précis, serait une population qui désavoue un système de domination intellectuelle, de conformisme... Et qui oserait dire ! « Non, les mecs, vous êtes pas plus intelligents, vous êtes pris dans un truc de pensée collective... totalement absurde... ». Il m’est arrivé de réfléchir... là je me mets à délirer librement pour terminer... L’un des trucs lorsqu’on décrit les électorats républicains... Je ne suis pas du tout Républicain, moi ! Je ne peux pas piffer les électorats de droite... Je voudrais pas qu’il y ait de malentendus quand même... C’est juste un plaisir pervers à voir un système mental exploser...

      Stupidité structurellement induite
      Mais par exemple l’un des trucs qu’on reprochait autrefois à l’électorat républicain, pas celui de Trump, mais l’électorat fondamentaliste... c’était d’être créationnistes... de prendre littéralement la Bible.. Dire que la théorie de l’évolution des espèces de Darwin, c’est pas vrai. C’est pas vrai ! Ça c’est passé exactement comme c’est dit dans la Bible... En 7 jours, le mec en haut a dit... Voilà il a créé ceci-celà et ceci-celà... Honnêtement je ne me souviens plus des détails, mon éducation religieuse est assez lointaine maintenant... Et bien entendu, tout le monde s’esclaffe... Et je m’esclaffe aussi. J’ai personnellement lu l’Origine des espèces de Darwin, et ça a été l’un des moments de bonheur de ma vie, je suis un Darwinien sans faille sur ces questions-là... Donc la question n’est pas là. Mais en gros vous avez des mecs qui vous disent, des mecs qui sont dans un littéralisme biblique ou dans une foi religieuse intense, c’est les mecs qui vous disent : « il y a ailleurs un autre monde qui a certaines caractéristiques, ou un être qui a certaines caractéristiques, nous ne pouvons pas le démontrer... »

      C’est terrible. C’est une démission de l’esprit, il n’y a pas de problème. Mais quand vous avez des centaines d’économistes qui s’auto-hallucinent collectivement... Et qui vous disent :« le monde sensible est parfait. Le libre-échange est indépassable » au moment même où il fait vivre toute la population dans la terreur et la régression... C’est beaucoup plus grave que le Créationnisme... Ou plutôt, c’est pas plus grave, c’est la même-chose. Le libre-échangisme de ces économistes c’est l’équivalent « classes supérieures » du créationnisme des humbles... Donc vraiment la question du supérieur, de l’inférieur, de la légitimité, je crois que c’est des choses dont il faut commencer à débattre... sur le fond. Sur le fond. C’est à dire... Il y avait un économiste anglais quand je travaillais sur l’Union soviétique qui avait un concept, un concept formidable de « stupidité structurellement induite » pour décrire le comportement des élites soviétiques. Donc, voilà, nous on a des phénomènes de « stupidité structurellement induite ». ça renvoie à l’Idéologie de Marx, à la fausse conscience...

      Mais vraiment, je vais terminer là-dessus : pour moi les éduqués supérieurs ne sont pas supérieurs.

      #Emmanuel_Todd #Intelligence #Université #Enseignement #Ecole #Education #elites #domination #election #Démocratie #CETA #TTIP #Trump

    • Les meilleures discussions de seenthis sont celles qui partent d’un sujet un peu étroit (le choix iconographique d’un article) pour arriver à un autre sujet incroyablement plus ouvert ( les éduqués supérieurs ne sont pas supérieurs ). Il n’y a pas longtemps, cela partait d’une nouvelle carte du monde plus ou moins centrée sur le Pacifique pour arriver à la peinture Jasper Johns.


  • #Trump président : la démonstration d’un #Monde absurde en mutation
    https://reflets.info/trump-president-la-demonstration-dun-monde-absurde-en-mutation

    Rester sur le mode de la stupéfaction ou de l’indignation en face de la victoire de Donald Trump dans l’élection présidentielle américaine n’a pas beaucoup d’intérêt. Cette victoire d’un chef d’entreprise milliardaire fils-à-papa qui a maintenu son héritage en plaçant son argent en bourse tout en dépensant plus d’un milliard de dollars pour ne pas […]

    #Politique #démocratie #Élection_Etats-Unis #élites #Finance #mutation_mondiale #populisme