• Histoire du sucre, histoire du monde

    Suivre le sucre pour éclairer l’histoire du monde : tel est le stupéfiant voyage auquel nous invite #James_Walvin. Tout commence avec la #colonisation des #Caraïbes, de l’Amérique et l’essor des #plantations. C’est la naissance d’un nouvel ordre, fondé sur la #déportation de millions d’Africains réduits en #esclavage. Après avoir exterminé les populations indigènes, détruit les #paysages et les forêts tropicales, on implante les premières usines polluantes pour fabriquer sucre et #rhum. Sans compter une organisation du travail implacable qui, plus tard, inspirera #Henry_Ford.
    Mais il fallait aussi que ce sucre, quasiment inconnu jusqu’au XVIIe siècle, soit consommé. D’abord produit de #luxe réservé à la table des #élites, il devient, avec la #révolution_industrielle, l’aliment de base des #classes_ouvrières, pendant que le rhum, l’un de ses produits dérivés, fait des ravages parmi les plus démunis. Cette consommation massive de sucre, qui bouleverse les habitudes alimentaires, est désastreuse : #caries, #obésité et #diabète se répandent sur tous les continents. Une course folle s’engage ; la consommation de boissons et de céréales sucrées gagne du terrain, et continue de s’étendre aujourd’hui encore.
    De Bordeaux à Bristol, des fortunes colossales se sont bâties sur le sucre et l’esclavage, marquant les débuts du #capitalisme. Plus tard, des entreprises sans scrupule, dont #Coca-Cola reste la plus emblématique, développeront leurs pouvoirs de ravager le monde en même temps que leur surface financière. Et finiront parfois par dicter la politique des grands États.

    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Histoire_du_sucre__histoire_du_monde-9782348046216.html
    #livre #histoire #sucre #géohistoire #géo-histoire #ressources_pédagogiques #fordisme #alimentation

  • Comment faire payer la crise aux pauvres !

    https://www.youtube.com/watch?v=I7ykd2jsdRI

    Yves Calvi 1 million d’euros par an
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    Chez Danone, Muriel Pénicaud a gagné 4,74 millions d’euros en trois ans
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    Une prime exceptionnelle pour les soignants et les fonctionnaires
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    Prime De 1000 Euros
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    « Souverainisme » à gauche, le grand retour d’un gros mot
    https://urlz.fr/dvuX

    Effondrement, décroissance, relocalisation… Comment la gauche pense l’après-coronavirus
    https://urlz.fr/dvuZ

    Prime 1000 euros qui la verse, qui ne la vers pas.
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    Pas de prime pour tout le monde dans les supermarchés
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    Prime exceptionnelle COVID 19 montants et conditions d’obtention.
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    Prime exceptionnelle confirmée pour les étudiants en santé mobilisés
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    Rémunération scandaleuse le coup de gueule d’étudiants en médecine mobilisés face au coronavirus
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    30 € par semaine, le salaire d’une étudiante infirmière volontaire dans une unité
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    Aides à domicile en première ligne… mais privées de prime Covid !
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    « Ce n’est pas avec des chèques vacances que l’on aura les moyens de sauver des vies »
    https://urlz.fr/dvv8

    Médailles d’honneur et dons de congés l’hôpital se moque de la charité du gouvernement https://urlz.fr/dvva

    La clôture du Ségur de la santé reportée après le blocage des négociations
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    Ségur de la santé les médecins hospitaliers crient à la « trahison »
    https://urlz.fr/dvve

    Ségur de la santé On ne nous donne que des miettes
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    Patrick Pelloux, urgentiste à l’AP-HP « Le Ségur de la santé, je n’en attends plus rien » https://urlz.fr/dvvh

    Demandez vos badges agilité pédagogique !
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    La tablette des héros
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    Fraude au chômage partiel quels risques
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    « On nous a demandé de mentir » comment des entreprises ont fait pression sur leurs salariés https://urlz.fr/dvvm

    Aides d’État approuvé par la commission européenne :
    https://ec.europa.eu/commission/press...
    https://ec.europa.eu/france/news/2020...
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    Bruxelles refuse que le coronavirus soit « un prétexte » pour revoir les règles de la concurrence
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    La Commission Européenne bloquera toute aide financière Publique conditionné à une relocalisation
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    Ayez confiance l’argent public n’aidera pas les entreprises établies dans des paradis fiscaux
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    Le gouvernement a-t-il vraiment renoncé à priver d’aides les entreprises implantées dans les paradis fiscaux ?
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    Macron annonce une « rentrée difficile » et veut relancer la réforme des retraites
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    Pour le Medef, il faudra « travailler un peu plus » afin de relancer l’économie
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    La secrétaire d’État à l’Économie, a également prévenu qu’il faudra travailler plus.
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    Ryanair veut réduire les salaires et menace de licencier en cas de refus
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    Suppression des vacances, heures sup’ non payées l’institut Montaigne veut nous faire les poches
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    Covid-19 le MEDEF présente son plan de relance
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    Dette publique à 115% du PIB la Banque de France prévient les Français « il faudra la rembourser »
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    Impôts avec la CRDS prolongée, on risque de payer le Covid jusqu’en… 2042 !
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    L’économiste Christian Gollier, membre de la commission qui conseillera Emmanuel Macron.
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    Bercy lance la chasse aux coffres forts dans les banques
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    La #France #EnMarche #capitalisme #ue #union_européenne #covid-19 #coronavirus

  • Les délinquants se trouvent dans les quartiers sensibles ! - Liste limitée
    Tu peux pas être maître nageur avec une condamnation... mais voter les lois de la république nickel. La liste PS est en cours de constitution.

    Alain Agostini (UMP) 2008, condamné pour proxénétisme aggravé en bande organisée.

    Alain Carignon (UMP) 1999, condamné pour corruption, abus de biens sociaux etc.

    Alain Ferrand (UMP) 2006, condamné pour faux et usage de faux. 1998, condamné pour prises illégales d’intérêts et condamné pour fraude fiscale.

    Alain Juppé (UMP) 2007, condamné pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt.

    Alain Tuduri (UMP) 2009-2010, condamné pour discrimination raciale.

    Axel Poniatowski (UMP) 2010, condamné pour diffamation.

    Brice Hortefeux (UMP) 2010, condamné pour atteinte à la présomption d’innocence.

    Brigitte Barèges (UMP) 2011, condamnée pour refus de mariage.

    Bruno Sandras (UMP) 2011, condamné pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. Charles Fabre (UMP) 2010, mis en examen pour favoritisme
    .

    Christian Vanneste (UMP) 2006 et 2007, condamné pour propos homophobes, condamnation confirmée par la Cour d’Appel puis annulée par la Cour de Cassation. Il avait déclaré l’homosexualité inférieure à l’hétérosexualité et que l’homosexualité était une menace pour l’humanité.

    Claude Polony (UMP) 2001-2009, reconnu coupable de prise illégale d’intérêt, favoritisme et détournements de fonds.

    Claude Guéant (UMP) 2014, mis en examen pour faux, usage de faux et blanchiment de fraude fiscale en bande organisée.

    Daniel Simonpieri (FN puis UMP), condamné pour favoritisme, fausses factures,emploi fictif. déjà condamné pour harcèlement moral.

    Damien Meslot (UMP) 2010, condamné pour outrage à magistrat, mis en examen pour atteinte ou tentative d´atteinte à la sincérité d´un scrutin.

    Denis Gautier-Sauvagnac (UMP) 2008, mis en examen pour blanchiment d’argent.

    Denis Jacquat (UMP) 2011, condamné pour abus de confiance et infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales .

    Didier Schuller (RPR-UMP) 2005, condamné pour financement illégal de sa campagne.En 2007, condamné pour avoir fait financer de façon occulte des activités politiques.

    Dominique Paillé (UMP) 2004, condamné pour abus de confiance.

    Frédéric Chazal (UMP) 2010 cdn pour diffamation.

    Gaston Flosse (UMP) 2011, cdn pour détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts.

    Georges Tron (UMP) 2011, MEE pour harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol.

    Gérard Dezempte (UMP) 2006, cdn pour discrimination.

    Gérard Larrat (UMP) 2011, condamné pour constitution de partie civile abusive ou dilatoire dans le but de nuire à son adversaire socialiste.

    Gilles Forray (UMP) 2006, condamné pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux.

    Nicolas Sarkozy (UMP) 2014, mis en examen pour corruption, traffic d’influence dans l’affaire Bettencourt
    Mis en examen pour financement illegal de la campagne présidentielle de 2012 (affaire Bygmalion)

    Olivier Deleu (UMP) 2011, mis en examen pour injures et diffamation

    Olivier Rey ( UMP) 2008, condamné pour violences, menaces et dégradations graves du bien d’autrui a raison de la religion

    Pascal Buchet (UMP ), 2007/2011, condamné pour harcèlement moral ayant mené au suicide

    Patrick Balkany (UMP), 2003, condamné pour injures publiques et diffamation
    1999 condamné pour avoir rémunéré aux frais du contribuable 3 personnes désignées comme des employés municipaux mais qui ne s’occupaient que de son apprt de Levallois et de la résidence de Giverny
    La liste de condamnations de Patrick Balkany s’est depuis étoffée

    Philippe Brun (UMP), 2011, condamné pour fraudes et multiples abus de biens sociaux

    Pierre Bédier (UMP) 2009, condamné pour corruption passive et recel de biens sociaux

    Philippe Pezemec (UMP), 2008, condamné pour injures, 2007, condamné pour irrégularités lors de sa campagne, son élection sera annulée

    Renaud Donnedieu De Vabres (UMP), 2004, condamné pour blanchiment d’argent. 2011 mis en examen dans l’affaire Karachi

    René Vestri (UMP), 2009, condamné pour travail dissimulé, en 2010 mis en examen pour blanchiment a titre individuel et en bande organisée, traffic d’influence et association de malfaiteur

    Richard Cazenave (UMP), 1999, condamné pour abus de bien sociaux. en 2004 condamné pour recel et complicité de biens sociaux

    Serge Dassault (UMP), 1998, condamné pour corruption, 2010, condamné pour procedure abusive, 2009, condamné pour achat de voix lors des municipales

    Thérese Aillaud,(UMP), 2002, condamnée pour détournement de fonds publics

    Thierry Gaubert proche de l’UMP collaborateur de Sarkozy, 2008, mis en examen pour abus de biens sociaux et escroquerie, 2011 mis en examen dans l’affaire Karachi

    Marc Philippe Daubresse visé par une enquête du parquet nationale financier
    . . . . . . . .

    Source : https://twitter.com/GaccioB/status/1286263952352186368

    #corruption #justice #france #politique #fait_divers pas trop #en_vedette , ces #délinquants des #quartiers_sensibles , #quartiers

  • La #précarité, un problème global dans une #Europe postcoloniale

    La recherche en sciences sociales établit que la #précarisation de la #vie_académique – et je dis bien de la vie, pas seulement du travail – se répand de manière accablante à l’échelle mondiale. Dans une étude publiée en 2016, Ava Höhle et Ulrich Teichler[1] montrent que les #contrats_temporaires deviennent le modus operandi d’emploi à l’université dans plusieurs pays, tels que le Canada (82%), la Finlande (34%), le Japon (39%) et le Royaume-Uni (28%). Quant à la France, les chiffres sont toujours peu clairs : un rapport publié par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation informe que parmi les 86 096 enseignants-chercheurs rattachés à des institutions sous-tutelle dudit ministère, 66% de ce personnel sont classés titularisés[2], alors que les autres 34% sont classés non-titularisés[3]. Néanmoins, les vacataires n’y sont pas comptabilisés. Les seules données officielles disponibles à ce sujet figurent dans un document publié en 2018 qui présente un chiffre de 105 596 vacataires chargés de cours pour l’année 2016-17 au sein de seulement 79% des universités françaises incluses dans le rapport.

    En Inde également, les ad hoc teachers constituent une masse d’employés précaires présente dans toutes les universités du pays. Selon la Delhi University Teachers Association, cette catégorie représentait, en 2016, 50% des 9 000 enseignants à l’Université de Delhi (DU), dont la rémunération s’élevait à 57 000 roupies par mois[4] sous un régime de contrats à durée de 6 mois. De même que leurs équivalents français, malgré une mobilisation politique croissante de leur part, ces travailleurs de l’enseignement supérieur ne jouissent d’aucune stabilité professionnelle. À l’instar de nombre de pays européens, le processus de précarisation de l’université indienne s’est amorcé dans les années 1990, dans un moment où l’économie politique du pays, jusqu’alors encadrée par un modèle nommé soft-socialism, s’orientait vers une dite libéralisation économique. Cherchant à faire intégrer la région sud-asiatique – y compris ses universités – dans un marché global, les forces politiques nouvellement arrivées au pouvoir font basculer, en un court espace de temps, dans un néolibéralisme outrancier, des pays habitués aux valeurs plus ou moins socialistes.

    La précarisation du travail académique en Europe et en Inde est plus organiquement liée qu’il n’y paraît : il est question ici des rapports entre deux acteurs majeurs d’un marché universitaire et scientifique global. Je dirais même que la précarité académique en Europe s’articule à la circulation internationale de chercheurs du Sud global – parmi lesquels les chercheurs d’origine indienne[5].

    Je soutiens que l’ainsi-dite « globalisation des sciences sociales »[6] récupère un imaginaire et un passif postcoloniaux dans la mise en place de politiques scientifiques internationales qui précarisent la formation des élites dites « cosmopolites », bien que de manières distinctes selon les contextes nationaux et la position que certains sujets occupent dans un espace social mondial complexe. En effet, cet espace global de circulations scientifiques offre un grand nombre de spécificités selon les pays, les disciplines, voire même les institutions concernées. Chacun s’accorde à dire que même les expériences coloniales et postcoloniales qui sont à l’origine de la distinction Sud Global / Nord Global ont toujours été protéiformes. Toujours est-il que, comme le soutient Walter Mignolo, le concept de « Sud Global » permet de regarder ce paysage hétérogène par le biais des relations historiques, et également changeantes, de « la dépendance économique, politique et épistémique, ainsi que les relations inégales dans l’ordre global »[7].

    Peut-on être contre la mobilité ? Faire contre mauvaise fortune bon cœur

    Lorsque j’ai initié mon enquête ethnographique sur la circulation des chercheurs sud-asiatiques bâtissant une carrière en Europe, surtout en Allemagne et au Royaume-Uni, j’avais à l’esprit l’idée de rencontrer des chercheurs confirmés qui avaient réussi à s’établir à l’étranger. Étant moi-même un chercheur du Sud Global, brésilien, j’étais alors intéressé par une série de débats d’ordre épistémologique autour de la notion de légitimité de la parole de ces chercheurs en tant que représentants de la critique postcoloniale en Europe[8]. Or, outre les trajectoires de réussite professionnelle, j’ai fini par rencontrer un nombre massif de chercheurs indiens – pour ne pas mentionner les autres – en situation précaire et pour qui la circulation devenait l’impératif d’une carrière de plus en plus précarisée. Autrement dit, on circulait car on partait à la recherche d’une nouvelle « opportunité ». Alors que j’entendais des directeurs de départements des universités dites « globales » dire que « les chercheurs indiens sont très mobiles, et nous valorisons énormément cela », une partie importante de mes interlocuteurs précaires, qui enchaînaient des contrats temporaires dans différents pays, s’accordaient, de leur côté, à juger que la mobilité devenait une forme de précarisation de la vie universitaire. L’un de mes interlocuteurs, homme d’une trentaine d’années postdoctorant en Allemagne, me disait : « mobilité, mobilité, mobilité… c’est la mobilité pour la précarité. Il faut qu’on soit cette espèce de main-d’œuvre détachée, sans aucun avenir, n’est-ce pas ? »[9].

    En pointant l’aspect sombre de la mobilité, notamment le fait qu’elle conforte parfaitement les principes de la précarisation, le discours d’une partie de mes interlocuteurs nous conduit à une position pour le moins complexe. D’une part, très peu d’entre nous sauraient s’opposer à la mobilité comme pilier fondamental d’une formation intellectuelle cosmopolite et d’échanges scientifiques riches et novateurs. D’autre part, un champ d’études croissant montre que les institutions les plus « internationalisées » sont aussi celles qui entretiennent le plus la précarité. À titre d’exemple, Peacock[10] a montré que les très prestigieux Max Planck Institutes fonctionnent essentiellement sur la base d’une main-d’œuvre hyper-qualifiée de chercheurs internationaux qui ne seront jamais parmi des 10% de chercheurs permanents de l’institution et qui occupent, en principe, les postes de directeur. Ce constat était d’ailleurs dressé par mes interlocuteurs eux-mêmes. Une interlocutrice postdoctorante dans une petite ville universitaire allemande m’explique : « Lors d’une réunion avec l’équipe, le directeur nous a très clairement dit qu’il vaut mieux chercher un poste ailleurs. Nous ne sommes pas censés rester : pour nous, l’Allemagne n’est qu’un lieu de passage ». Dans cette perspective, la mobilité n’est pas une opportunité, mais plutôt une nécessité.

    Certes, la précarité peut s’avérer une forme de déclassement social vécu par nombre de chercheurs de tous les pays, mais je voudrais suggérer ici qu’un regard sensible à la question postcoloniale peut nous permettre de saisir une facette peu explorée de la précarisation. Voyons comment.

    La mobilité précaire : la rencontre de la postcolonialité et du néolibéralisme

    L’immense majorité de mes interlocuteurs est issue des classes moyennes indiennes historiquement privilégiées d’un point de vue économique et social. Au-delà de la stabilité professionnelle propre aux métiers les plus répandus dans ces familles (médecin, professeur, diplomate, fonctionnaire et cadre d’entreprise), être de la classe moyenne en Inde signifie historiquement appartenir à des réseaux familiaux bien connectés à tous les niveaux de l’État et de la sphère privée – y compris au sein des institutions scientifiques indiennes et étrangères. Il s’agit ainsi d’une génération de personnes nées dans les années 1990 n’ayant jamais douté de l’apparente garantie d’un avenir professionnel stable. Cependant, ladite décennie a été marquée par une « libéralisation économique », quand l’Inde a connu une série de transformations à la fois inattendues et décevantes pour cette génération : tandis que les universités européennes s’ouvraient au recrutement de chercheurs non-européens, et que les universités indiennes s’« intégraient » au marché universitaire « global », les politiques néo-libérales se faisaient sentir au travers de la précarisation du travail universitaire sur les deux continents. Voici comment une histoire postcoloniale est réactualisée dans sa version néo-libérale : alors que les circulations estudiantines entre l’Inde et l’Europe (surtout l’Angleterre) datent, au moins, du début du 20e siècle, avec la fondation de la School of Oriental Studies en 1916, l’ouverture au recrutement de chercheurs venus des anciennes colonies s’avère un fait nouveau, puisque jusqu’au début des années 2000, les institutions européennes pratiquaient une politique scientifique très claire : accueillir des étudiants, renvoyer des chercheurs. En atteste l’expérience de l’un de mes interlocuteurs, professeur retraité de l’Université de Calcutta, et qui a fait ses études en Angleterre dans les années 1980 :

    À l’époque que j’habitais là-bas, on s’approchait de la fin des années 1970. Dans les années 1960, il était plus difficile, mon père a dû faire face… il avait été formé au MIT [Massachusetts Institute of Technology] et dans son cas, à l’université où il travaillait [en Angleterre], ils ont dit de façon très simple : “nous pouvons seulement vous garder sous contrat temporaire, car les emplois permanents sont réservés aux citoyens anglais. Par ailleurs, nous nous engageons à envoyer autant d’Indiens de retour au pays d’origine.” Il y avait un engagement du gouvernement, alors c’était très difficile de justifier là… Mais c’était déjà moins le cas au moment où j’étais en Angleterre.

    Ainsi, la génération de chercheurs indiens partis en Europe pour leurs études doctorales à partir des années 2000 a été confrontée à une double transformation : tandis que faire carrière en Europe devenait progressivement un projet envisageable pour les chercheurs du Sud Global, les postes permanents devenaient de plus en plus disputés pour tous. Face à cette situation, les jeunes chercheurs qui voulaient rester en Europe ont dû accepter des postes temporaires (post-doctorat, visiting scholar, etc.) qui impliquent, entre autres choses, un statut juridique fragile auprès des services migratoires. Évidemment, rentrer en Inde est toujours une option pour ces universitaires, et beaucoup le font volontiers avec succès. Comme je l’ai constaté lors de mon terrain en Inde, la valeur que peut avoir un diplôme européen sur le marché universitaire indien leur assure des postes à haut revenus dans le pays, surtout auprès des nouvelles institutions privées qui forment les élites locales.

    Néanmoins, c’est ici que prend toute son importance le rôle de ce que certains chercheurs ont nommé le postcolonial predicament [l’impasse postcoloniale][11], à savoir le fait que la colonisation a su forger des institutions, des désirs, des formes de savoir et des subjectivités profondément liées à certains imaginaires eurocentrés dont il est extrêmement difficile de se débarrasser quand il s’agit de la vie intellectuelle. La majorité de mes interlocuteurs était issue de familles anglophiles, formées dans des institutions universitaires conçues à partir de modèles européens, pour qui partir en Europe ou aux États-Unis était une étape « naturelle » de leur formation : dans le cadre d’un imaginaire postcolonial, qui a été produit à travers plus de deux siècles d’échanges intellectuels, partir en Europe c’était, pour paraphraser Stuart Hall[12], comme rentrer à la maison.

    Par ailleurs, le désir de bâtir une carrière en Europe n’est pas restreint à une classe de familles privilégiées par les liens qu’elles ont pu entretenir historiquement avec le projet colonial. Plus récemment, les étudiants et jeunes chercheurs issus de familles plus modestes ont aussi été influencés par un imaginaire certes plus contemporain, mais qui ne s’affranchit pas de celui que je viens de décrire : le 21e siècle devient, selon le discours officiel des institutions transnationales, l’âge du cosmopolitisme, de la circulation, de la diversité culturelle ainsi que de l’ample accès à l’enseignement supérieur. Et c’est précisément à travers ce double prisme – postcolonial et transnational – qu’il faut comprendre le processus par lequel les universités européennes s’ouvrent au recrutement de chercheurs du Sud Global et, par conséquent, la spécificité de la précarité qui y est associée. L’essor des politiques culturelles à l’université[13] a fait que la diversité devient un atout, voire une véritable valeur ajoutée, sur lequel capitalisent des universités accaparées par les pratiques managériales. Cela a trait, par exemple, aux stratégies de celles-ci pour attirer des étudiants étrangers qui payent des frais très importants – comme pour les étudiants de la diaspora indienne en Angleterre et qui veulent avoir cours avec des enseignants indiens[14] –, mais aussi à l’idée de cosmopolitisme culturel qui est de plus en plus associée à celle d’excellence des institutions dites « globales ». Une dimension importante de l’économie globale de la connaissance[15], même si on en parle beaucoup moins, réside dans le fait qu’avec ces chercheurs de la périphérie circulent un ensemble de capitaux symboliques[16] et financiers auxquels s’intéressent les universités européennes. Concrètement, plusieurs centres de recherche sur l’Inde ont été fondés dans les quinze dernières années en Europe, plusieurs étant financés ou cofinancés par le gouvernement et les entreprises indiennes[17]. Ces centres consacrés aux études indianistes, où circule un grand nombre de chercheurs précaires, sont certes des lieux de rencontres et d’échanges, mais aussi d’actualisation d’enjeux géopolitiques de grande importance entre ces pays. Pour en donner un exemple, lors de mon travail de terrain au Royaume-Uni en 2015, j’ai pu accompagner les manifestations contre la visite officielle de Narendra Modi, le premier-ministre indien, représentant de la droite nationaliste hindoue (BJP). L’un des fronts de ces mobilisations a été organisé par une partie des étudiants et chercheurs indiens et indianistes basés à l’Université de Cambridge et qui s’opposaient à l’invitation officielle que cette dernière avait adressé à Modi. L’université a fini par revenir sur sa décision et n’a pas accueilli le Premier ministre.

    L’intérêt qui portait Cambridge à cette alliance était précisément celui affiché par d’autres universités britanniques. Le but est de favoriser une diplomatie scientifique basée sur l’attraction des étudiants et des investissements publics et privés indiens. Ce constat s’appuie sur les documents publiés par le Consulat général de l’Inde où se trouvent des chiffres concernant les partenariats indo-britanniques avec Cambridge, Oxford et le King’s College. On constate ainsi que bien au-delà de la sphère du symbolique et de la subjectivité, la condition postcoloniale propre au monde contemporain façonne surtout les conditions économiques et les rapports de pouvoir qui définissent des principes et des conditions de la production et de la circulation des chercheurs, de leur reconnaissance académique, ainsi que des possibilités concrètes de financement de la recherche, autant en Europe qu’ailleurs. Ce qui est en jeu ici est l’hégémonie dans un espace de luttes concurrentielles autour de la formation d’étudiants qui constituent l’élite qui fera le lien entre le Nord et le Sud Global – en l’occurrence, entre le Royaume Uni et l’Inde. Il n’en demeure pas moins que cette « opportunité » peut coûter l’amère prix de la précarité : une précarité propre au monde postcolonial.

    Précariser la formation des élites globales

    Ce détour par les politiques scientifiques contemporaines dans leurs relations avec les politiques culturelles et économiques permet de mieux comprendre les liens, qui peuvent sembler distants, entre la précarité des chercheurs français (ou européens) et celle des chercheurs indiens (ou du Sud Global).

    Autant les institutions européennes que les indiennes sont bien conscientes d’une chose : en Europe, on forme les élites indiennes (ainsi que d’autres, bien entendu), et l’enjeu porte sur les types de formations qu’on accordera à ces jeunes. Dans un monde postcolonial qui se néolibéralise, une puissance émergente comme l’Inde, et qui dispose d’une diaspora de 80 millions de personnes disséminées à travers tous les continents, cherche à faire valoir les valeurs qui sont les siennes dans son projet de devenir une puissance globale. Cela impliquerait une stratégie agressive de façonnement des institutions de formation de leurs élites. De son côté l’Europe cherche aussi à garder son hégémonie dans le domaine de la formation universitaire tout en s’adaptant à ces évolutions géopolitiques où l’université joue un rôle stratégique. En effet, le processus de précarisation ne peut être localement compris qu’à travers le prisme de dynamiques globales de formation à la fois des masses et des élites selon certaines visions du monde qui refondent l’université du 21e siècle. Celle-ci devient un espace de formation de gestionnaires du futur, de ressources certes économiques, mais surtout symboliques qui sont de plus en plus valorisées sur le marché global, telles que la diversité, la culture, la connaissance, les droits et l’idée même de futur.

    La France suit également un long processus de précarisation et d’essor des politiques néolibérales à l’université tout au long de la dernière décennie. Néanmoins, bien que la France n’ait pas été à l’abri d’un certain nombre de transformations (les pratiques de reddition de comptes, le souci de la productivité, le financement privé de la recherche, la baisse du nombre de postes permanents, etc.), ce n’est que très récemment que des institutions françaises en sont venues à offrir une formation entièrement anglophone afin d’attirer des étudiants étrangers non-francophones. Cette nouvelle modalité de formation, plus ouvertement tournée vers la logique marchande, marque un tournant dans la manière dont la France comprend le rôle et le modus operandi de l’enseignement supérieur dans un système global de la connaissance.

    À Sciences Po Reims, par exemple, les cours sont donnés en anglais à des jeunes venus des quatre coins du monde, prêts à payer des milliers d’euros de frais d’inscription afin de bénéficier d’une formation « d’excellence ». Ce n’est pas un hasard si les doctorants qui y enseignent sont également en grande partie des étrangers désireux de faire leurs études et, peut-être, une carrière en Europe. Il est important de noter que, d’après le témoignage de plusieurs collègues qui y enseignent (faute de données précises publiées par les instances compétentes), les taux de précarité à Sciences Po Reims sont notoirement très élevés. Et ces jeunes étrangers qui y enseignent sont eux–mêmes pris dans la logique de l’ « excellence » internationale qui valorise les départements « cosmopolites ». Par ailleurs, dans les meilleurs des cas – c’est-à-dire quand ils enseignent une matière proche de leur sujet de recherche –, ces jeunes chercheurs font usage d’un capital symbolique, notamment académique et linguistique, accumulé au cours d’une formation entre leurs pays d’origine et la France : le fait d’avoir des jeunes chercheurs russes qui y enseignent l’histoire russe représente, à l’heure actuelle, un atout aux yeux de l’université globale. Leur précarité est un corolaire nécessaire dans la conception d’une université globale et managériale. Des précaires qui enseignent à de présumées élites, elles-mêmes aux prises avec les risques de précarité et dès lors prêtes à accepter, dans le futur, le même genre de postes mal payés mais « prestigieux » – voilà les ressorts merveilleux qui alimentent une mobilité universitaire internationale qui, pour être valorisée, permet aussi et surtout de donner accès à une main d’œuvre hautement qualifiée à coût réduit.

    Faire face à une Europe postcoloniale

    Lors du début du mouvement Carré Rouge contre l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants non-européens en France, Éric Fassin a bien exprimé la stratégie qui était au cœur de la mesure entreprise par le gouvernement : « la xénophobie, aujourd’hui, sert à faire avaler la pilule du néolibéralisme »[18]. Sociologue sensible à la question postcoloniale en France, Fassin nous rappelle que le néolibéralisme ne peut pas être compris si l’on omet d’interroger sa dimension postcoloniale. Que le mot néolibéralisme fasse fortune dans un milieu académique critique des transformations en cours, notamment de la précarisation, mérite réflexion : plutôt que de prendre son sens et son fonctionnement pour argent comptant, il vaudrait mieux profiter de cette occasion pour l’interroger ethnographiquement. Ce qui est en question ici, ce n’est pas de contester la validité de la dénomination de « néolibéralisme » – ce qui me semblerait à la fois scientifiquement erroné et politiquement démobilisateur –, mais plutôt d’interroger ce que nous y mettons. C’est pourquoi je rejoins un certain nombre de chercheurs qui estiment nécessaire d’analyser les évolutions actuelles du capitalisme au prisme des dynamiques postcoloniales qui en sont constitutives[19].

    Il en va de même pour ce qui relève de la précarité à l’université. La précarisation galopante du travail académique que vit l’Europe n’est pas seulement le résultat de politiques économiques conçues dans le continent et qui seraient appliquées à l’échelle globale avec des résultats plus ou moins similaires urbi et orbi. Les dynamiques qui y sont associées sont en réalité plus complexes, et ceci d’autant plus qu’elles ont trait à la reconfiguration des rapports de pouvoir entre le Nord et le Sud global. C’est pourquoi dire que l’Europe, y compris la France, fait face à son histoire postcoloniale ne devrait pas susciter de grande surprise : en réalité, elle est aujourd’hui confrontée aux effets moins évidents d’une globalisation fondée sur son passé colonial. Et la précarité, dans ses formes multiples selon la positionalité des sujets, autant du Sud que du Nord global, en est un autre élément.

    https://blogterrain.hypotheses.org/15728
    #post-colonialisme #post-colonialité #ESR #facs #enseignement_supérieur #recherche #Nord #Sud #monde #université #recherche #travail #vacataires #vacations #élites #formation #élites_cosmopolites #Sud_global #mobilité #mobilité_précaire #postcolonialité #Inde #néolibéralisme #impasse_postcoloniale #postcolonial_predicament #UK #Angleterre #élites_globales

    ping @karine4 (en lien avec la question de la #violence_épistémique ?)
    @cede

  • Déconfinement le 11 mai : Philippe mis devant le fait accompli par Macron
    https://www.latribune.fr/opinions/editos/deconfinement-le-11-mai-philippe-mis-devant-le-fait-accompli-par-macron-84


    Le Premier ministre, Edouard Philippe.
    Crédits : Reuters

    CHRONIQUE. L’intervention du chef de l’Etat lundi 13 avril a montré qu’il se déchargeait de la crise du coranavirus et de sa gestion cacophonique sur le Premier ministre. En se retrouvant en première ligne, Edouard Philippe sert désormais de fusible, dans la plus pure tradition de la Ve Répubique.

    Dans la guerre contre l’épidémie du Covid-19, le commandant en chef a finalement décidé de faire mouvement : le « déconfinement » de la France est désormais programmé pour le 11 mai. Face aux Français, Emmanuel Macron ne s’est pourtant guère étendu sur la mise en musique d’une telle décision. Quid des masques, des tests, de la dette, des faillites d’entreprise ? Sur tous ces sujets, la balle est renvoyée au gouvernement, dans la plus pure tradition de la Ve République. Alors que la colère gronde contre les autorités, Edouard Philippe se retrouve donc en première ligne, tel un fusible idéal : « À la fin, qui paiera les pots cassés ? Ce sera bien sûr Philippe, car juridiquement, il sera responsable, ce qui n’est pas le cas de Macron. Son statut de président le protège en partie... », constate un observateur.
     
    Relations particulièrement tendues
    Depuis longtemps, les relations entre le président et son Premier ministre sont particulièrement tendues. Dès l’été 2018 - au moment de l’affaire Benalla -, la confiance avait été mise à rude épreuve entre les deux têtes de l’exécutif. Mais aux dires de nombreuses sources dans leur entourage respectif, les tensions se sont multipliées, et sont même montées de plusieurs crans au fur et à mesure de l’avancée du coronavirus : « Entre les deux hommes, les tensions sont désormais définitives », assure un proche d’Edouard Philippe. « Au point qu’un départ du Premier ministre dans les prochaines semaines n’est plus une simple hypothèse de travail ».

    Depuis le 12 mars, la cacophonie de communication au sujet du Covid-19 entre l’Elysée et Matignon a frappé tous les commentateurs. Macron et Philippe ont multiplié les interventions télévisées et autres opérations de communication sans grande concertation. L’annonce par Edouard Philippe de la fermeture des lieux non essentiels à quelques heures de la tenue des élections municipales n’avait pas été particulièrement coordonnée avec l’Elysée. Tel un match retour, la décision d’annoncer un déconfinement pour le 11 mai a été prise par Emmanuel Macron lui-même, c’est-à-dire seul : « Edouard Philippe a été littéralement mis devant le fait accompli, ce qui explique aussi l’improvisation du gouvernement dans les heures qui ont suivi », nous décrypte un initié de Matignon.

    « Lundi midi, le président a réuni le Premier ministre et plusieurs ministres. Après, il a décidé, et c’est normal. Il a posé l’objectif et le cadre, nous confirme un proche du chef de l’Etat. Il va envoyer vendredi ou samedi le Premier ministre pour refaire une conférence de presse d’explication. » Une mise au point, semble-t-il, nécessaire car, dès le lendemain de l’intervention présidentielle, le ministre de l’Interieur, Christophe Castaner, bredouillait que le président n’avait pas annoncé « le déconfinement le 11 mai », mais « le confinement jusqu’au 11 mai ». Ajoutant même que cette date « est un objectif, pas une certitude ». Concernant la reprise des cours à l’Éducation Nationale, le ministre Jean-Michel Blanquer a également eu le plus grand mal à expliciter sa mise en oeuvre. Bref, par ses décisions, le président a mis sous pression l’ensemble du gouvernement.

    • version du Monde derrière #paywall

      Coronavirus : Emmanuel Macron impose sa cadence au gouvernement et aux scientifiques
      https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/04/16/coronavirus-emmanuel-macron-impose-sa-cadence-au-gouvernement-et-aux-scienti

      Faudra-t-il déconfiner par régions ? A partir de quel âge ? Le président a décidé que le gouvernement présenterait « d’ici quinze jours » le « plan de l’après-11 mai ». Mais rien n’est vraiment prêt.

      Lundi 13 avril, 19 h 45. Dans un quart d’heure, Emmanuel Macron prendra la parole pour annoncer aux Français la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai et la réouverture progressive des écoles à partir de cette date.

      A Matignon, Edouard Philippe se penche vers sa pieuvre téléphonique, nouvel objet star du pouvoir confiné qui permet d’appeler des dizaines de personnes à la fois. Tous les ministres et secrétaires d’Etat, ainsi que plusieurs dirigeants de la majorité, se trouvent au bout du fil. Le chef du gouvernement les informe de la teneur de l’allocution à venir du président de la République. Hormis les rares ministres pleinement impliqués dans la gestion de crise du coronavirus, « tout le monde a découvert à ce moment-là ce qu’elle contenait », relate un membre du gouvernement. Comme n’importe quel Français, un quart d’heure plus tard, devant sa télévision.

      Est-ce pour cette raison qu’il règne depuis comme un sentiment de flottement ? Le lendemain, le brouillard, en tout cas, planait. « C’est une date d’objectif : ce n’est pas le déconfinement le 11 mai », assurait ainsi le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. « Toutes les écoles ne seront pas ouvertes le lundi 11 mai », ajoutait son collègue ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, précisant que cela ne se fera « pas du jour au lendemain ». « On va élaborer toute une méthodologie », a précisé le ministre.

      Rien n’est vraiment prêt
      Car, si Emmanuel Macron a décidé que le gouvernement présenterait « d’ici quinze jours » le « plan de l’après-11 mai », rien n’est vraiment prêt. Edouard Philippe, d’ailleurs, se montre plus vague que le locataire de l’Elysée sur la question du calendrier de ce plan. « J’aurai l’occasion de le présenter quand il sera prêt, largement avant la date du 11 mai », a-t-il simplement assuré, mardi, à l’Assemblée nationale, expliquant que le déconfinement « doit être travaillé en consultation avec beaucoup d’acteurs pour être véritablement à la hauteur des enjeux ».

      L’Elysée […]

  • #Coronavirus travel bans force African #elites to rely on local healthcare
    https://www.france24.com/en/20200404-coronavirus-african-elites-who-once-flew-abroad-now-face-local-he

    The coronavirus pandemic could narrow one gaping inequality in Africa, where some heads of state and other elite jet off to Europe or Asia for health care unavailable in their nations. As countries including their own impose dramatic travel restrictions, they might have to take their chances at home.

    • Je copie l’article pour avoir la traduction

      For years, leaders from Benin to Zimbabwe have received medical care abroad while their own poorly funded health systems limp from crisis to crisis. Several presidents, including ones from Nigeria, Malawi and Zambia, have died overseas.

      The practice is so notorious that a South African health minister, Aaron Motsoaledi, a few years ago scolded, “We are the only continent that has its leaders seeking medical services outside the continent, outside our territory. We must be ashamed.”

      Now a wave of global travel restrictions threatens to block that option for a cadre of aging African leaders. More than 30 of Africa’s 57 international airports have closed or severely limited flights, the U.S. State Department says. At times, flight trackers have shown the continent’s skies nearly empty.

      Perhaps “COVID-19 is an opportunity for our leaders to reexamine their priorities,” said Livingstone Sewanyana of the Foundation for Human Rights Initiative, which has long urged African countries to increase health care spending.

      But that plea has not led to action, even as the continent wrestles with major crises including deadly outbreaks of Ebola and the scourges of malaria and HIV.

      Health-care spending half global average

      Spending on health care in Africa is roughly 5% of gross domestic product, about half the global average. That’s despite a pledge by African Union members in 2001 to spend much more. Money is sometimes diverted to security or simply pilfered, and shortages are common.

      Ethiopia had just three hospital beds per 10,000 people in 2015, according to World Health Organization data, compared to two dozen or more in the U.S. and Europe. Central African Republic has just three ventilators in the entire country. In Zimbabwe, doctors have reported doing bare-handed surgeries for lack of gloves.

      Health experts warn that many countries will be overwhelmed if the coronavirus spreads, and it is already uncomfortably close. Several ministers in Burkina Faso have been infected, as has a top aide to Nigeria’s president. An aide to Congo’s leader died.

      For most people, the new coronavirus causes mild or moderate symptoms. For some, especially older adults and people with existing health problems, it can cause more severe illness and lead to death.

      “If you test positive in a country, you should seek care in that country,” the head of the Africa Centers for Disease Control and Prevention, Dr. John Nkengasong, told reporters Thursday. “It’s not a death sentence.”

      In Nigeria, some worried their president might be among the victims. Long skittish about President Muhammadu Buhari’s absences from public view, including weeks in London for treatment for unspecified health problems, they took to Twitter to ask why he hadn’t addressed the nation as virus cases rose.

      Buhari’s office dismissed speculation about his whereabouts as unfounded rumor. When he did emerge Sunday night, he announced that all private jet flights were suspended. The international airports were already closed.

      While the travel restrictions have grounded the merely wealthy, political analyst Alex Rusero said a determined African leader probably could still find a way to go abroad for care.

      “They are scared of death so much they will do everything within their disposal, even if it’s a private jet to a private hospital in a foreign land,” said Rusero, who is based in Zimbabwe, whose late President Robert Mugabe often sought treatment in Asia.

      Perhaps nowhere is the situation bleaker than in Zimbabwe, where the health system has collapsed. Even before the pandemic, patients’ families were often asked to provide essentials like gloves and clean water. Doctors last year reported using bread bags to collect patients’ urine.

      Zimbabwe’s vice president, Constantino Chiwenga, departed last month for unrelated medical treatment in China, as the outbreak eased in that country. Zimbabwe closed its borders days later after its first virus death.

      Chiwenga has since returned — to lead the country’s coronavirus task force.

      Some in new generation show sensitivity

      But some in a new generation of African leaders have been eager to show sensitivity to virus-prevention measures.

      The president of Botswana, Mokgweetsi Masisi, initially defied his country’s restrictions on travel by government employees to visit neighboring Namibia for its leader’s inauguration. But he entered self-quarantine and now reminds others to stay home, calling it "literally a matter of life and death.”

      South African President Cyril Ramaphosa announced he had tested negative, just ahead of a three-week lockdown in Africa’s most developed country. Madagascar President Andry Rajoelina has as well.

      Other leaders, including Burkina Faso President Roch Marc Christian Kabore and Ethiopian Prime Minister Abiy Ahmed, have tweeted images of themselves working via videoconference as countries encourage people to keep their distance.

      While African leaders are more tied to home than ever, their access to medical care is still far better than most of their citizens’.

      In Burkina Faso’s capital, Ouagadougou, medical student Franck Bienvenu Zida was self-isolating and worried after having contact with someone who tested positive.

      The 26-year-old feared infecting people where he lives, but his efforts to get tested were going nowhere. In three days of calling an emergency number to request a test, he could not get through.

  • Comment ont fait l’#Allemagne et la #Corée_du_Sud pour éviter le cadenassage de la population et par conséquent l’effondrement productif ?

    D’abord ce sont deux pays où le nombre de #lits de soin intensif est très élevé.


    https://www.latribune.fr/economie/france/covid-19-la-france-n-a-que-trois-lits-en-soins-intensifs-pour-1-000-habita

    Probablement parce que les élites françaises (les hauts fonctionnaires, les corps) n’ont aucune #formation_scientifique (merci les Grandes Ecoles), l’#urgence de produire des #tests en masse n’est pas apparue ici. En Allemagne oui :

    https://www.welt.de/vermischtes/article206504969/Coronavirus-Fast-20-000-Infektionen-in-Deutschland.html

    Pendant que la France lisait dans les entrailles de poulet, l’Allemagne pariait sur des tests en grand nombre permettant de conserver l’activité sociale du pays…

    Elle pariait aussi sur la #réquisition d’un palais des congrès pour isoler les malades :
    https://www.berlin.de/special/gesundheit-und-beauty/nachrichten/berlin/6114250-5504681-coronavirus-krankenhaus-auf-messegelaend.html

    A nouveau, on ne peut que constater la pertinence de la politique de prévention opérée et la capacité de production qui va avec, et une recherche qui tourne. Or leur système idéologique est identique.

    La médiocrité du personnel politique et de la haute fonction publique ?

    « L’école, la caste, la tradition, avaient bâti autour d’eux un mur d’ignorance et d’erreur. » (L’Etrange Défaite, Marc Bloch).

    La France paye le vieil héritage technocratique napoléonien qui tient les #élites éloignées de la #science et du #raisonnement.

    https://twitter.com/Gjpvernant/status/1241136586454155264
    #soins_intensifs #système_de_santé #hôpitaux #France #dépistage

    ping @reka @fil @simplicissimus

    • En gardant l’esprit :

      – l’évolution en Allemagne suit apparemment une courbe exponentielle comme ailleurs, mais peut-être avec plusieurs jours de retard. Comme il est difficile de comparer le nombre de cas positifs entre un pays qui teste et un pays qui ne teste presque pas, au moins on peut regarder le nombre de décès :

      I y a eu 68 morts en Allemagne hier, contre 78 en France (et, certes, 108 le jour précédent).

      – aujourd’hui même un article avertissant que le système hospitalier allemand risquait d’être submergé d’ici 10 à 15 jours :

      Germany : The Big Wave of Corona Cases Will Hit Hospitals in 10 to 14 Days
      https://www.spiegel.de/international/germany/the-big-wave-of-corona-cases-will-hit-german-hospitals-in-10-to-14-days-a-45

      The bad news is that large parts of this system are already overwhelmed. Depending on how fast the number of infections increases in the days and weeks to come, we could experience a collapse and failure of the system. And it will be deemed to have failed if people have to die because of a shortage in staff, beds and equipment — and not because this illness is incurable.

      […]

      In recent days, a chief physician from the Rhineland had to admit to a colleague that he only has seven ventilators at his hospital. He said he needs 13 in order to get through a major wave of serious infections.

      And that wave will come - that much is certain. “We expect that things will really heat up in the next two weeks, also here in Germany,” says Axel Fischer, managing director of the München Klinik, a Munich-based chain of hospitals. His hospital treated the first patients infected with the coronavirus in January. He fears the crisis will have a "massive impact.”

      The coronavirus is mercilessly exposing the problems that have been burdening the German health-care system for years: the pitfalls of profit-driven hospital financing. The pressure to cut spending. The chronic shortage of nursing staff. The often poor equipping of public health departments. The lag in digitalization.

      "We are preparing for imminent catastrophe,” says Rudolf Mintrop, head of the Dortmund Klinikum, the city’s main hospital. He calculates that the wave of sick will hit hospitals at full force in 10 to 14 days. The chancellor has warned that German hospitals will be “completely overwhelmed” if too many patients with serious coronavirus infections have to be admitted within a very short period.

    • #Coronavirus : en #Allemagne, le faible taux de mortalité interroge
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/21/en-allemagne-le-faible-taux-de-mortalite-interroge_6033957_3244.html

      Dans un premier temps, il est possible que le grand nombre de tests pratiqués ait introduit un biais statistique. Par rapport à l’Italie, où la plupart des personnes détectées positives sont âgées et présentent déjà des problèmes de santé, l’Allemagne compte davantage d’individus plus jeunes et moins vulnérables parmi ceux qui se sont fait tester. En Italie, l’âge moyen des malades est de 63 ans. En Allemagne, il est de 47 ans. Le virus tuant très majoritairement les personnes âgées, le fait qu’il ait été détecté chez nombre de personnes assez jeunes explique pourquoi le taux de létalité enregistré jusqu’à présent outre-Rhin est si faible.

      #paywall

    • Le Financial Times évoque « une anomalie du coronavirus » en Allemagne - Sputnik France
      https://fr.sputniknews.com/sante/202003211043347643-le-financial-times-evoque-une-anomalie-du-coronav

      « C’est difficile à démêler (...) Nous n’avons pas de vraie réponse et c’est probablement une combinaison de différents facteurs », a indiqué Richard Pebody, responsable à l’OMS.

    • En Allemagne, le faible taux de mortalité interroge

      Outre-Rhin, un grand nombre de tests a été pratiqué de manière précoce par rapport au degré d’avancement de l’épidémie.

      Chaque matin, quand l’institut de santé publique Robert-Koch publie les chiffres de l’épidémie de Covid-19 en Allemagne, le constat est à la fois alarmant, rassurant et intrigant. Alarmant car le nombre de malades augmente tous les jours un peu plus vite outre-Rhin. Rassurant car celui des morts y est toujours particulièrement bas. Intrigant car l’écart considérable entre les deux courbes pose la question d’une singularité allemande qui reste en partie énigmatique.

      Avec 13 957 cas de coronavirus répertoriés par l’institut Robert-Koch, l’Allemagne était, vendredi 20 mars, le cinquième pays le plus touché après la Chine, l’Italie, l’Espagne et l’Iran. Avec 31 décès, en revanche, elle restait loin derrière plusieurs autres comptant pourtant moins de personnes détectées, comme la Corée du Sud (8 652 cas, 94 morts) ou le Royaume-Uni (4 014 cas, 177 décès). Le taux de létalité au Covid-19, calculé en divisant le nombre de morts par celui des malades repérés, est actuellement de 0,3 % en Allemagne, contre 3,6 % en France, 4 % en Chine et 8,5 % en Italie.

      Pourquoi un taux si faible ? L’explication tiendrait au grand nombre de tests ainsi qu’à leur précocité par rapport au degré d’avancement de l’épidémie. Selon la Fédération allemande des médecins conventionnés, 35 000 personnes ont été testées dans la semaine du 2 mars, alors qu’aucun mort n’avait encore été répertorié outre-Rhin, et 100 000 pendant la suivante, lors de laquelle ont été enregistrés les premiers décès. A ces chiffres s’ajoutent ceux des tests réalisés dans les hôpitaux et cliniques, qui ne sont pas connus.

      Lors de son point-presse quotidien, mercredi, le président de l’institut Robert-Koch, Lothar Wieler, a annoncé que l’Allemagne pouvait dépister désormais 160 000 personnes par semaine, soit presque autant que celles testées en Italie jusqu’à présent. « Depuis le début, nous avons encouragé les médecins à tester les personnes présentant des symptômes, ce qui nous a permis d’intervenir alors que l’épidémie était encore dans une phase peu avancée en Allemagne », avait expliqué M. Wieler, le 11 mars. Seuls trois décès liés au Covid-19 avaient alors été répertoriés en Allemagne.

      Dans un premier temps, il est possible que le grand nombre de tests pratiqués ait introduit un biais statistique. Par rapport à l’Italie, où la plupart des personnes détectées positives sont âgées et présentent déjà des problèmes de santé, l’Allemagne compte davantage d’individus plus jeunes et moins vulnérables parmi ceux qui se sont fait tester. En Italie, l’âge moyen des malades est de 63 ans. En Allemagne, il est de 47 ans. Le virus tuant très majoritairement les personnes âgées, le fait qu’il ait été détecté chez nombre de personnes assez jeunes explique pourquoi le taux de létalité enregistré jusqu’à présent outre-Rhin est si faible.

      Même s’ils espèrent que cette détection à grande échelle a incité ceux qui se savaient porteurs du virus de s’isoler pour éviter d’en contaminer d’autres, les spécialistes ne se font guère d’illusion dans un pays où les écoles et la plupart des commerces ont été fermés cette semaine mais où la population n’est pas encore confinée, sauf en Bavière et dans la Sarre depuis samedi 21 mars. Or, la vitesse de progression de l’épidémie s’accélère rapidement en Allemagne, où le nombre de cas double tous les deux jours, une croissance qualifiée d’ « exponentielle » par le président de l’institut Robert-Koch.

      « Nous n’allons pas pouvoir augmenter notre capacité en tests aussi vite que l’épidémie progresse, explique Christian Drosten, chef du département de virologie à l’hôpital de la Charité, à Berlin, dans entretien à Die Zeit, paru vendredi. Une partie de ceux qui sont déjà malades vont mourir du Covid-19. Ensuite, puisque nous ne pourrons plus tester tout le monde, nous n’aurons plus tout le monde dans les statistiques. Le taux de létalité va alors augmenter. On aura l’impression que le virus est devenu plus dangereux (...). Cela va seulement refléter ce qui se passe déjà, à savoir que nous passons à côté de plus en plus de cas d’infections. »

      Respirateurs artificiels

      Si les spécialistes s’accordent pour dire que le très faible taux de létalité au Covid-19 va bientôt augmenter en Allemagne, nul ne sait, en revanche, jusqu’où il augmentera. La réponse dépendra de la capacité du système de santé à résister à la vague de nouveaux cas qui s’annonce. Pour cela, l’Allemagne mise d’abord sur ses 28 000 lits de soins intensifs, soit 6 pour 1 000 habitants, ce qui la classe au 3e rang mondial derrière le Japon et la Corée du Sud, très loin devant la France (3,1 pour 1 000, 19e rang) ou l’Italie (2,6 pour 1 000, 24e).

      Le deuxième facteur-clé est le nombre de respirateurs artificiels. Le gouvernement allemand vient d’en commander 10 000 à l’entreprise Dräger, mais ce n’est qu’à la fin de l’année que la plupart seront livrés. Sur ce point, le virologue Christian Drosten, qui s’est imposé comme l’expert de référence sur le Covid-19 grâce à son podcast vidéo quotidien, est plus sceptique.

      S’il salue le plan d’urgence annoncé, mercredi, par le gouvernement, qui prévoit notamment l’installation d’unités de soins intensifs dans des hôtels et des centres de congrès, il craint qu’il n’arrive bien tard alors que l’Allemagne, selon lui, « devra au moins doubler ses capacités pour pouvoir ventiler tous ceux qui en auront besoin .

      @kassem : j’ai trouvé ce texte dans la base de données mise à disposition par mon université... le titre est le même, mais le contenu un peu différent...

    • l’Allemagne mise d’abord sur ses 28 000 lits de soins intensifs, soit 6 pour 1 000 habitants,

      6 pour mille pour 83 millions d’habitants ça fait 498000 lits de soins intensifs.

      « Le Monde » confond lits de soins intensifs (6 pour 1 000 habitants ) et lits de réanimation (28000 lits).

    • L’Allemagne frappe par le nombre plutôt faible de décès liés au Covid-19

      Depuis le début de la crise du nouveau coronavirus, une chose est frappante en Allemagne : le nombre de décès dus à la pandémie est extrêmement bas. Plusieurs explications sont avancées, dont le nombre de tests réalisés.

      Le nombre de cas confirmés de contamination atteint 36’508 jeudi en Allemagne, selon les chiffres annoncés par l’institut Robert-Koch (autorité fédérale de la Santé). Le nombre de morts s’élève désormais à 198 pour une population d’environ 83 millions d’habitants.

      La pandémie progresse donc dans le pays, mais moins qu’ailleurs. Le ministère allemand de la Santé dit qu’il ne faut pas surinterpréter cette situation, mais le phénomène peut s’expliquer par plusieurs facteurs.
      Politique de tests précoce

      En premier lieu, l’Allemagne teste beaucoup de monde. Avec désormais 500’000 tests par semaine, c’est le deuxième pays derrière la Corée du Sud à pratiquer cette politique. Et Berlin l’a fait très tôt dans l’épidémie, ce qui a permis d’imposer plus de quarantaines, donc de barrières au virus.

      Une deuxième explication avancée est liée aux capacités d’accueil dans les hôpitaux : il y a plus de lits en soins intensifs avec assistance respiratoire qu’en France ou en Italie, et le système sanitaire n’est pas encore débordé. Tous les patients peuvent donc être correctement soignés.

      Troisième facteur qui semble jouer un rôle : les personnes atteintes sont en majorité des jeunes entre 20 et 50 ans. Il y a eu un nombre important de contaminations en février dans les régions de ski, en Autriche et dans le nord de l’Italie où vont beaucoup d’Allemands. Cela concernait donc des gens plutôt jeunes et en bonne santé, qui ont sans doute mieux résisté au virus.
      Juste un calendrier décalé ?

      Mais tout cela ne fait pas pour autant de l’Allemagne une exception. Le calendrier de l’épidémie a quelques jours de retard par rapport à la Suisse, l’Italie, l’Espagne et même la France. La vague se prépare ici aussi. Il y a également beaucoup de personnes âgées en Allemagne qui risquent d’être touchées dans les semaines qui viennent. Donc la situation pourrait bien s’aggraver.

      https://www.rts.ch/info/monde/11197940-lallemagne-frappe-par-le-nombre-plutot-faible-de-deces-lies-au-covid19.

    • A German Exception? Why the Country’s Coronavirus Death Rate Is Low

      The pandemic has hit Germany hard, with more than 92,000 people infected. But the percentage of fatal cases has been remarkably low compared to those in many neighboring countries.

      They call them corona taxis: Medics outfitted in protective gear, driving around the empty streets of Heidelberg to check on patients who are at home, five or six days into being sick with the coronavirus.

      They take a blood test, looking for signs that a patient is about to go into a steep decline. They might suggest hospitalization, even to a patient who has only mild symptoms; the chances of surviving that decline are vastly improved by being in a hospital when it begins.

      “There is this tipping point at the end of the first week,” said Prof. Hans-Georg Kräusslich, the head of virology at University Hospital in Heidelberg, one of Germany’s leading research hospitals. “If you are a person whose lungs might fail, that’s when you will start deteriorating.”

      Heidelberg’s corona taxis are only one initiative in one city. But they illustrate a level of engagement and a commitment of public resources in fighting the epidemic that help explain one of the most intriguing puzzles of the pandemic: Why is Germany’s death rate so low?

      The virus and the resulting disease, Covid-19, have hit Germany with force: According to Johns Hopkins University, the country had more than 92,000 laboratory-confirmed infections as of midday Saturday, more than any other country except the United States, Italy and Spain.

      But with 1,295 deaths, Germany’s fatality rate stood at 1.4 percent, compared with 12 percent in Italy, around 10 percent in Spain, France and Britain, 4 percent in China and 2.5 percent in the United States. Even South Korea, a model of flattening the curve, has a higher fatality rate, 1.7 percent.

      “There has been talk of a German anomaly,” said Hendrik Streeck, director of the Institute of virology at the University Hospital Bonn. Professor Streeck has been getting calls from colleagues in the United States and elsewhere.

      “‘What are you doing differently?’ they ask me,” he said. “‘Why is your death rate so low?’”

      There are several answers experts say, a mix of statistical distortions and very real differences in how the country has taken on the epidemic.

      The average age of those infected is lower in Germany than in many other countries. Many of the early patients caught the virus in Austrian and Italian ski resorts and were relatively young and healthy, Professor Kräusslich said.

      “It started as an epidemic of skiers,” he said.

      As infections have spread, more older people have been hit and the death rate, only 0.2 percent two weeks ago, has risen, too. But the average age of contracting the disease remains relatively low, at 49. In France, it is 62.5 and in Italy 62, according to their latest national reports.

      Another explanation for the low fatality rate is that Germany has been testing far more people than most nations. That means it catches more people with few or no symptoms, increasing the number of known cases, but not the number of fatalities.

      “That automatically lowers the death rate on paper,” said Professor Kräusslich.

      But there are also significant medical factors that have kept the number of deaths in Germany relatively low, epidemiologists and virologists say, chief among them early and widespread testing and treatment, plenty of intensive care beds and a trusted government whose social distancing guidelines are widely observed.

      Testing

      In mid-January, long before most Germans had given the virus much thought, Charité hospital in Berlin had already developed a test and posted the formula online.

      By the time Germany recorded its first case of Covid-19 in February, laboratories across the country had built up a stock of test kits.

      “The reason why we in Germany have so few deaths at the moment compared to the number of infected can be largely explained by the fact that we are doing an extremely large number of lab diagnoses,” said Dr. Christian Drosten, chief virologist at Charité, whose team developed the first test.

      By now, Germany is conducting around 350,000 coronavirus tests a week, far more than any other European country. Early and widespread testing has allowed the authorities to slow the spread of the pandemic by isolating known cases while they are infectious. It has also enabled lifesaving treatment to be administered in a more timely way.

      “When I have an early diagnosis and can treat patients early — for example put them on a ventilator before they deteriorate — the chance of survival is much higher,” Professor Kräusslich said.

      Medical staff, at particular risk of contracting and spreading the virus, are regularly tested. To streamline the procedure, some hospitals have started doing block tests, using the swabs of 10 employees, and following up with individual tests only if there is a positive result.

      At the end of April, health authorities also plan to roll out a large-scale antibody study, testing random samples of 100,000 people across Germany every week to gauge where immunity is building up.

      One key to ensuring broad-based testing is that patients pay nothing for it, said Professor Streeck. This, he said, was one notable difference with the United States in the first several weeks of the outbreak. The coronavirus relief bill passed by Congress last month does provide for free testing.

      “A young person with no health insurance and an itchy throat is unlikely to go to the doctor and therefore risks infecting more people,” he said.

      Tracking

      On a Friday in late February, Professor Streeck received news that for the first time, a patient at his hospital in Bonn had tested positive for the coronavirus: A 22-year-old man who had no symptoms but whose employer — a school — had asked him to take a test after learning that he had taken part in a carnival event where someone else had tested positive.

      In most countries, including the United States, testing is largely limited to the sickest patients, so the man probably would have been refused a test.

      Not in Germany. As soon as the test results were in, the school was shut, and all children and staff were ordered to stay at home with their families for two weeks. Some 235 people were tested.

      “Testing and tracking is the strategy that was successful in South Korea and we have tried to learn from that,” Professor Streeck said.

      Germany also learned from getting it wrong early on: The strategy of contact tracing should have been used even more aggressively, he said.

      All those who had returned to Germany from Ischgl, an Austrian ski resort that had an outbreak, for example, should have been tracked down and tested, Professor Streeck said.

      A Robust Public Health Care System

      Before the coronavirus pandemic swept across Germany, University Hospital in Giessen had 173 intensive care beds equipped with ventilators. In recent weeks, the hospital scrambled to create an additional 40 beds and increased the staff that was on standby to work in intensive care by as much as 50 percent.

      “We have so much capacity now we are accepting patients from Italy, Spain and France,” said Prof. Susanne Herold, the head of infectiology and a lung specialist at the hospital who has overseen the restructuring. “We are very strong in the intensive care area.”

      All across Germany, hospitals have expanded their intensive care capacities. And they started from a high level. In January, Germany had some 28,000 intensive care beds equipped with ventilators, or 34 per 100,000 people. By comparison, that rate is 12 in Italy and 7 in the Netherlands.

      By now, there are 40,000 intensive care beds available in Germany.

      Some experts are cautiously optimistic that social distancing measures might be flattening the curve enough for Germany’s health care system to weather the pandemic without producing a scarcity of lifesaving equipment like ventilators.

      “It is important that we have guidelines for doctors on how to practice triage between patients if they have to,” Professor Streeck said. “But I hope we will never need to use them.”

      The time it takes for the number of infections to double has slowed to about eight days. If it slows a little more, to between 12 and 14 days, Professor Herold said, the models suggest that triage could be avoided.

      “The curve is beginning to flatten,” she said.

      Trust in Government

      Beyond mass testing and the preparedness of the health care system, many also see Chancellor Angela Merkel’s leadership as one reason the fatality rate has been kept low.

      Ms. Merkel has communicated clearly, calmly and regularly throughout the crisis, as she imposed ever-stricter social distancing measures on the country. The restrictions, which have been crucial to slowing the spread of the pandemic, met with little political opposition and are broadly followed.

      The chancellor’s approval ratings have soared.

      “Maybe our biggest strength in Germany,” said Professor Kräusslich, “is the rational decision-making at the highest level of government combined with the trust the government enjoys in the population.”

      https://www.nytimes.com/2020/04/04/world/europe/germany-coronavirus-death-rate.html?action=click&module=Top%20Stories&pgtyp

      via @fil

  • Le plafond de classe dans les métiers culturels
    http://www.laviedesidees.fr/Sam-Friedman-Daniel-Laurison-class-ceiling-Why-pays-privileged.html

    À propos de : Sam Friedman et Daniel Laurison, The class ceiling : Why it pays to be privileged. Policy Press. Deux sociologues anglais mettent en lumière ce qu’ils appellent un plafond de classe à partir d’une enquête minutieuse dans les métiers culturels de Londres : une barrière à la mobilité liée à l’origine populaire des personnes qui investissent ces mondes.

    #Société #élites #culture #Bourdieu
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200309_coulangeon.docx

  • Une partie de l’#aide_au_développement des pays pauvres est détournée vers les paradis fiscaux

    Trois chercheurs ont étudié les #flux_financiers de vingt-deux Etats, dans un rapport publié par la Banque mondiale.

    C’est en découvrant qu’une hausse des #cours_du_pétrole entraînait un afflux de capitaux vers les paradis fiscaux que #Bob_Rijkers, économiste à la #Banque_mondiale, a eu cette idée de recherche : et si l’aide au développement produisait les mêmes effets ? La réponse est oui.

    A la question « Les élites captent-elles l’aide au développement ? », le rapport publié, mardi 18 février, par la Banque mondiale (http://documents.worldbank.org/curated/en/493201582052636710/pdf/Elite-Capture-of-Foreign-Aid-Evidence-from-Offshore-Bank-Accoun) conclut : « Les versements d’aides vers les pays les plus dépendants coïncident avec une augmentation importante de #transferts vers des #centres_financiers_offshore connus pour leur opacité et leur gestion privée de fortune. »

    Autrement dit, une partie de l’#aide_publique_au_développement dans les pays pauvres est détournée vers les paradis fiscaux. Le #taux_de_fuite présumée s’élève en moyenne à 7,5 %.

    Un article publié, le 13 février, par le magazine britannique The Economist laisse entendre que les hauts responsables de la Banque mondiale n’ont pas franchement apprécié les conclusions des trois chercheurs, dont deux sont indépendants. La publication du #rapport aurait été bloquée, en novembre 2019, par l’état-major de l’institution dont le siège est à Washington, ce qui aurait précipité le départ de son économiste en chef, #Pinelopi_Goldberg, qui a annoncé sa démission, début février, seulement quinze mois après sa nomination.

    « Coïncidence » plutôt qu’un lien de causalité

    « Il est possible que la Banque mondiale l’ait irritée en décidant de bloquer la publication d’une étude de son équipe », écrit The Economist, citant d’autres hypothèses, comme la réorganisation de la Banque, qui place désormais l’économiste en chef sous la tutelle de la nouvelle directrice opérationnelle, Mari Pangestu. Dans le courriel envoyé le 5 février en interne pour annoncer sa démission, et auquel Le Monde a eu accès, Mme Goldberg reconnaît seulement que sa décision était « difficile » à prendre, mais qu’il était temps pour elle de retourner enseigner à l’université américaine de Yale (Connecticut).

    #Niels_Johannesen, l’un des coauteurs de l’étude, qui enseigne à l’université de Copenhague et n’est pas employé à la Banque mondiale, l’a d’abord mise en ligne sur son site Internet, avant de la retirer quelques jours plus tard, afin qu’elle soit modifiée et, finalement, approuvée cette semaine par l’Institution.

    Dans la première version, les auteurs expliquent que les versements d’aides sont la « cause » des transferts d’argent vers les #centres_offshore, tandis que dans la version finale, ils préfèrent évoquer une « #coïncidence » plutôt qu’un #lien_de_causalité. « Les modifications ont été approuvées par les auteurs, et je suis satisfait du résultat final », tient à préciser Niels Johannesen. Dans un communiqué publié, mardi 18 février, la Banque mondiale, qui publie près de 400 études chaque année, explique « prendre très au sérieux la corruption et les risques fiduciaires qui lui sont liés ».

    Les chercheurs ont croisé les données de la #Banque_des_règlements_internationaux (#BRI), à savoir les flux financiers entre les paradis fiscaux et vingt-deux pays pauvres, avec les #déboursements que ces derniers reçoivent de la Banque mondiale. Les deux coïncident sur un intervalle trimestriel. Les pays pauvres qui reçoivent une aide publique au développement équivalente à 1 % de leur produit intérieur brut voient leurs transferts vers les centres offshore augmenter en moyenne de 3 % par rapport à ceux qui ne reçoivent aucune assistance.

    « Elites économiques »

    Les auteurs ont éliminé d’autres hypothèses pouvant expliquer ces transferts massifs. Ils ont vérifié qu’aucun événement exceptionnel, comme une crise économique ou une catastrophe naturelle, ne justifiait une sortie de capitaux plus élevée que d’ordinaire, et ont constaté que cette hausse ne bénéficiait pas à d’autres centres financiers plus transparents, comme l’Allemagne ou la France.

    Vingt-deux pays pauvres, dont une majorité se trouvent en #Afrique, ont été inclus dans l’étude pour donner à l’échantillon une taille suffisamment importante, d’où la difficulté d’en tirer des leçons sur un pays en particulier. Autre limite : les données sont collectées à partir de 1990 et ne vont pas au-delà de 2010. « Certains pays sont réticents à ce que la BRI nous fournisse des données récentes », regrette M. Johannesen.

    Malgré toutes ces limitations, les auteurs de l’étude estiment qu’« il est presque certain que les bénéficiaires de cet argent, envoyé vers les centres offshore au moment où leur pays reçoit une aide au développement, appartiennent à l’élite économique ». Les populations de ces pays pauvres ne détiennent souvent aucun compte bancaire, encore moins à l’étranger.

    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/02/21/dans-les-pays-pauvres-le-versement-de-l-aide-au-developpement-coincide-avec-
    #développement #coopération_au_développement #paradis_fiscaux #corruption #follow_the_money #détournement_d'argent #APD

    signalé par @isskein
    ping @reka @simplicissimus @fil

  • Joshua Landis sur Twitter :

    "The #Hariri family has earned $108 million between 2006 & 2015 from interest on the public debt. Lebanon’s “political #elites control 43% of assets in Lebanon’s commercial banking sector,” JadChaaban of AUB has calculated. Quoted by @ursulind in https://www.nybooks.com/daily/2019/12/02/the-lebanese-street-asks-which-is-stronger-sect-or-hunger” / Twitter
    https://twitter.com/joshua_landis/status/1203736756283170816

    #Liban #mafia

    • Le président s’est dit cependant ouvert au débat pour modifier ou supprimer ce mot selon lui afin de repartir « sur des bases correctes de subordination optimale des masses » souligne-t-il. « Ce mot créé des malentendus, des gens pensent détenir un pouvoir, nous demander des comptes, où va-t-on ? Il faut remettre à plat ce système » estime-t-il. « Il y a des conditions de domination ou de pouvoir qui ne sont pas les mêmes » reconnaît-il cependant. « Est-ce que le peuple, c’est à dire les gens que l’on croise dans les gares, dans les rues, ces gens là sont-ils à même de diriger un pays ? Ont-ils vraiment le temps de réfléchir à la politique ? De la comprendre et ensuite d’élire les gens en conséquence ? Je ne pense pas » dit-il, ajoutant que le mot « président » devait être aussi reformé pour faire face aux défis du 3e millénaire. « Il faut un nouveau mot, un nouveau concept, plus impactant, avec un effet Wahou pour que mes subordonnés comprennent qui commande et qui dirige, un peu comme un super manager ou regional manager au niveau Européen » soulignant que dans cette optique Edouard Philippe était bien « Assistant du Regional Manager » et non « Assistant Regional Manager ».
      De plus Emmanuel Macron s’est dit « préoccupé » de la tenue d’élections de manières régulières qui « paralysent » et « entravent » la bonne marche du gouvernement. « Il faut un nouveau moyen de sélection des dirigeants qui puisse se passer de demander systématiquement l’avis de monsieur-tout-le-monde, on ne peut pas placer la direction d’un pays sur ce genre d’opinion très changeante »

      Très bon Gorafi, dont l’#humour tient justement à la manière de se calquer sur la réalité des interventions de #Macron.
      #démocratie #élites

  • #Suisse : Des riverains excédés par les Ferrari à Gstaad
    http://www.lessentiel.lu/fr/news/europe/story/des-riverains-excedes-par-les-ferrari-a-gstaad-13732125

    Depuis plusieurs jours, des propriétaires de bolides se rassemblent sur l’aérodrome de Gstaad, en Suisse, pour tester leur voiture. Les habitants n’en peuvent plus.

    Le week-end prolongé de l’Ascension n’a pas été synonyme de repos et de détente pour tout le monde. Les habitants de Saanen bei Gstaad, en Suisse, ont dû supporter des nuisances sonores causées par des Ferrari à l’aérodrome voisin. Depuis la semaine passée, plusieurs propriétaires de bolides se donnent en effet rendez-vous tous les jours pour tester la puissance de leur voiture. Et le rugissement des moteurs est perceptible loin à la ronde.

    Selon divers habitants de la région, les essais débutent aux alentours de 9h et se terminent vers 18h. « Les Ferrari roulent chaque 15 à 30 minutes et essaient d’atteindre les 300 km/h », s’énerve un riverain domicilié non-loin de l’aérodrome : « Le bruit est juste insupportable ».

    « Là, ça dure depuis près d’une semaine »
    Ce qui énerve aussi les habitants, c’est de ne pas avoir été averti du rassemblement par la commune : « Si l’événement n’avait eu lieu qu’un seul jour, j’aurais encore pu le comprendre. Mais là, ça dure depuis près d’une semaine. » L’autorité communale confie que l’événement a été sous-estimé. À la base, il devait s’agir de simples essais de Ferrari et non d’un rassemblement de personnes aisées venues pour rouler à vive allure avec leurs bolides.

    Les organisateurs, eux, n’ont, pour l’heure, pas officiellement réagi. On ignore jusqu’à quand la manifestation durera.

    #nuisances les #émigrés_fiscaux, #milliardaires, s’emmerdent à #Gstaad (là ou était domicilié fiscalement Johnny Hallyday) #Société #élite #élites

  • #Bilderberg, l’entre-soi des puissants au-delà des fantasmes
    https://lemediapresse.fr/economie/bilderberg-lentre-soi-des-puissants-au-dela-des-fantasmes

    Les quelques lettres suffisent à remplir des pages et des pages de théories imaginatives et de sites internet parfois obscurs. Groupe #secret composé d’illuminatis ou de francs-maçons, réunion occulte d’atlantistes, expression ultime du #Néolibéralisme mondialisé ? Les réunions annuelles et opaques du groupe Bilderberg réunissent les personnalités politiques, économiques et médiatiques les plus influentes d’Europe et d’Amérique du Nord et cristallisent tous les fantasmes. Décryptage.

    #Économie #Politique #Société #élite #élites #Capitalisme #Complot #Complotisme #Complotiste #démocratie #Europe #libéralisme #réseaux #transparence #UE

  • Die Integration der Bundeswehr BERLIN (Eigener Bericht) - Bei ihrer...
    https://diasp.eu/p/9023915

    Die Integration der Bundeswehr

    BERLIN (Eigener Bericht) - Bei ihrer #Propaganda zur #Rekrutierung Jugendlicher rückt die #Bundeswehr zunehmend auf gezielte Tötungen spezialisierte #Sonderkommandos in den Vordergrund. Jüngster Ausdruck dieser Entwicklung ist ein Werbevideo, das auf den Social-Media-Kanälen der deutschen Streitkräfte abgerufen werden kann. Zu sehen sind hier #Elitesoldaten der #Fallschirmjäger, die nicht nur den “Häuser- und Ortskampf” in einem fiktiven Interventionsgebiet, sondern auch den “selektiven Schuss” auf feindliche Kombattanten trainieren.

    https://www.german-foreign-policy.com/news/detail/7933

    Dass die Bundeswehr bei allerlei Sauereien bereits mitmischt, unsere #Regierung das #Völkerrecht mit Füßen tritt und sich an illegalen Kriegen beteiligt, ist ja hinlänglich bekannt. (...)

  • La Hongrie, pays membre de l’union européenne - Viktor Orbán Judith Morva - 1er Mai 2019 - Investigaction
    https://www.investigaction.net/fr/la-hongrie-pays-membre-de-lunion-europeenne

    Viktor Orbán, courageux pourfendeur des dikats européens ou maillon utile d’un système qui cache bien son jeu ? Pour répondre, il faut se pencher sur le passé du président hongrois, sa formation à l’idéologie libérale par l’Open Society Fondation de George Soros, le contexte des pays de l’Est après la chute du mur de Berlin, les soutiens financiers essentiels de l’Allemagne ou même les déclarations troublantes du principal intéressé : « Ne faites pas attention à ce que je dis, la seule chose dont vous devez tenir compte est ce que je fais. »

    Après la chute du mur de Berlin, le basculement d’un régime socialiste en un système capitaliste dans les années 1988-1991, dans la zone de l’Europe de l’Est, a grandement surpris la majorité des populations, à l’Est comme à l’Ouest. Gorbatchev ayant accédé au pouvoir en 1985, les prémisses d’un changement se sont manifestées dès cette époque. En Hongrie, l’Open Society Fondation, le bras agissant de George Soros, a été autorisée à opérer en 1984. Ce qui signifia en pratique que les Occidentaux ont commencé à former une nouvelle élite – à l’époque d’idéologie libérale – pour mettre sur la touche et plus tard, marginaliser, voire même exclure, les dirigeants marxistes. Bien sûr, à coté des institutions de Soros – donc des Américains – d’autres intervenants occidentaux ont également été actifs. Nous pouvons à cet égard mentionner les fondations des partis politiques allemands qui, bien que plus discrètes que les américaines, ont été non moins présentes et efficaces.

    L’objectif a très clairement été de sélectionner et de former des nouveaux dirigeants politiques, économiques et administratifs. Le critère a été leur bon vouloir à coopérer avec les pays occidentaux. Ce projet a été mené à grande échelle, plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de personnes ont participé à des programmes de formation plus ou moins longs, d’une journée à plusieurs années. Viktor Orbán et son coéquipier de toujours, László Kövér – actuellement président de l’Assemblée Nationale – ont été sélectionnés, formés et mis sur orbite par la Fondation Soros. En tant que boursier, Orbán a ainsi passé l’année scolaire 1989-90 en Angleterre, à Oxford. Il s’affiche alors comme un « libéral » – tout comme son parti, le FIDESZ – et il est même un des vice-présidents de l’Internationale Libérale. 

    Viktor Orbán ne s’est tourné vers la droite et vers le nationalisme qu’en 1992. A cette époque, il lui apparait clairement que les organisations et les partis politiques qui se revendiquent d’une filiation directe avec les années précédant la 2ème guerre mondiale sont devenus trop archaïques. Il y avait donc, aux yeux d’Orbán une place à prendre, sur la droite de l’échiquier politique, pour une formation nouvelle incarnant les valeurs de la classe moyenne traditionnelle, rassemblant élitisme, nationalisme et appartenance à la communauté religieux locale.

    Ce virage idéologique va cependant ouvrir un espace assez étroite pour Orbán. Il doit apparaitre comme le courageux défenseur de la Nation, un souverainiste traditionel, alors que la Hongrie est un pays économiquement dépendant. De ce fait, tout dirigeant politique qui veut se maintenir au pourvoir doit collaborer étroitement avec les Occidentaux. La suite lui donnera raison. En effet, les dirigeants des multinationales installées en Hongrie sont, selon tous les sondages, absolument satisfaits du gouvernement d’Orbán. Bien qu’Orbán, personnellement, avec la majorité de son équipe, ait été sélectionné par des Américains, il semble qu’actuellement ce soit le soutien de l’Allemagne qui prime. Il est en bons termes surtout avec les politiciens de la Bavière qui l’aident à se maintenir au pouvoir.

    La dépendance économique du pays se pose en termes très clairs : la Hongrie, comme toute la région des anciens pays socialistes de l’Europe de l’Est, est un pays de la semi-périphérie de l’Union européenne, c’est à dire un réservoir de main d’ouvre bon marché pour l’Europe occidentale. L’appauvrissement est tellement marqué que ces pays ont perdu au moins 10% de leur population. Les jeunes émigrent massivement et des usines d’assemblage des multinationales occidentales s’installent dans la région pour profiter du bas niveau des salaires, qui est à peine le tiers de ce qui est pratiqué dans l’Ouest de l’Europe. C’est une situation structurelle stable qui n’offre aucune perspective d’évolution de rattrapage des salaires et donc de niveau de vie avec celui des voisins de l’Europe de l’Ouest.

    Cette réalité crée une situation politique forcément instable. En effet, il est difficile de faire accepter par la population que, même à long terme, il faudra s’accommoder d’un niveau de vie fortement inférieur à celui des pays situés à seulement quelques kilomètres.

    Pour maintenir cette situation, l’Union européenne accorde à la Hongrie un financement annuel substantiel, de l’ordre de 4 % du budget de l’Etat. Ainsi, tandis qu’Orbán apparait à l’intérieur du pays, voire dans toute l’Europe, comme un politicien qui tient tête, qui est téméraire et défend les intérêts de son pays contre la colonisation occidentale, contre la bureaucratie de Bruxelles et, depuis 2015, contre des migrants, dans la réalité il doit veiller à maintenir ce flux de financement une année sur l’autre. Il est très volontiers provocateur – comme l’a revélé Wikileaks – et a ouvertement annoncé aux diplomates en poste à Budapest en 2006 : « Ne faites pas attention à ce que je dis, la seule chose dont vous devez tenir compte est ce que je fais”. Il y a donc un clivage très net entre les actions du gouvernement et la propagande politique destinée à maintenir sa popularité.

    Un « ordre de pouvoir semi-féodal »
    En dehors du financement régulier que lui accorde Bruxelles, Orbán et l’Union européenne travaillent main dans la main sur le projet d’assouplissement du code du travail. L’appauvrissement d’une partie importante de la population exige que l’Etat s’occupe de son sort, car 10 à 12% des gens vivent dans une grande misère et dans l’ensemble 40% de la population vit autour du niveau du seuil de pauvreté.

    Orbán a mis en place un système de travail dit « d’utilité publique » , qui connait un succès indéniable et renforce la stabilité du gouvernement. L’État emploie dans ce cadre des centaines de milliers de personnes en chômage de longue durée, et remplace de fait l’indemnisation du chômage qui est limitée à trois mois. Les salaires de ces travaux ne sont pas uniformes et sont nettement inférieurs au salaire minimum. La tâche à réaliser peut être utile ou complètement inutile, et il arrive que le travailleur soit placé dans une entreprise privée où il ne recevra pas le salaire de ses collègues. Le système repose sur un traitement individuel et une dépendance personnelle importante. Ce qu’une sociologue de renom, Erzsébet Szalai, appelle un « ordre de pouvoir semi-féodal ». L’essence de ce système consiste à diluer le champ d’application du code du travail, à rendre les salaires, les horaires et autres conditions de travail, occasionnels et arbitraires. De plus, le gouvernement peut augmenter ou diminuer très rapidement le nombre de ces emplois d’utilité publique, ce qui constitue un outil d’influence politique immédiate. A la veille d’élections, l’Etat recrute plus largement. Dans les régions les plus pauvres, il s’agit souvent de la source de revenus la plus importante pour la population. Avec ce système de travail d’utilité publique, Orbán a réussi à obtenir le soutien des plus grands perdants du capitalisme : ceux qui sont vulnérables et mènent une vie dans la pauvreté. Paradoxe de cet état de fait : ces derniers votent massivement pour Orbán.

    Depuis le mois de décembre 2018, des manifestations sont massives dans la capitale, à Budapest et, fait nouveau, également dans les villes de la province. Tout ca ne semble pas trop inquiéter Orbán et son équipe. Car le soutien de l’Union Européenne est infaillible. Qualifiée hier de « baraque la plus gaie du camp socialiste », la Hongrie est devenue un des ateliers industriels de l’Europe capitaliste. Tandis que les gens battent le pavé dans le froid et sous la neige, l’UE a viré un forte somme, de près de 3 milliards d’euros au gouvernement d’Orbán.

    Cette réponse à la colère des Hongrois a choqué bien des manifestants. Il est probable que les drapeaux européens, qui flottaient régulièrement dans les manifestations à Budapest, seront moins nombreux á l’avenir !

    #Hongrie #ue #union_européenne #Viktor_Orbán #Open_Society #Fondation de #george_soros #élites #appauvrissement #pauvreté #Code_Du_Travail

  • Que signifie l’incendie de Notre-Dame ? Dominique Muselet - 16 avril 2019 - Comité Valmy
    http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11120
    https://www.levilainpetitcanard.be/que-signifie-lincendie-de-notre-dame

    Notre-Dame, « toute l’histoire de Paris » comme dit la bobo #Hidalgo, toute contente d’être au centre d’une catastrophe dont elle ne se croit pas responsable (bien qu’elle le soit), a résisté à plus de 800 ans d’attaques de toutes sortes, mais le #néo-capitalisme l’a eue… avec ses chantiers au rabais, mal sécurisés, ses #sous-traitants, ses #ouvriers sous-payés et sous-qualifiés, ses travailleurs clandestins et ses #travailleurs_détachés. Les politiciens pyromanes, tenants de l’exploitation de la misère humaine pour le #profit_maximum de leurs amis ou protecteurs oligarques, feignent de se désoler devant le désastre…

    Au Moyen-Age on construisait des merveilles par foi et grandeur d’esprit, au 21ième siècle on les détruit par #avidité.
    Pour quelqu’un qui croit aux signes, cet incendie en dit long. En plus d’être provoqué par l’hubris et l’avidité, péchés capitaux, il se produit pendant la semaine sainte, entre Rameaux et Vendredi saint. Au moment même où Jésus se prépare à son #calvaire. Jésus, crucifié pour avoir dit la vérité, pour avoir dénoncé la #rapacité, l’#hypocrisie, la #violence et les #crimes des puissants de son temps. Tiens, comme #Assange, comme les #gilets_jaunes ! 

    Et ce que le feu n’a pas réussi à détruire, ce qui reste de Notre-Dame, ce qui est encore debout est à l’image de la #France actuelle, une carcasse que les ogres capitalistes n’ont pas réussi à abattre (les bases de notre système social) mais plus rien dedans… Tout est saccagé, pillé, volé, brûlé, détruit par la folie d’hubris, de cupidité et de violence du capitalisme. On construit des drones pour aller tuer des gens qui ne nous ont rien fait dans des pays lointains pour y voler le pétrole que nos #oligarques s’arrachent (le dernier en date étant le #Yémen où on affame et assassine sans vergogne les enfants), on est sûr que le progrès (l’#IA et Cie) va résoudre tous nos problèmes et même vaincre la mort, mais on n’est même pas capable d’entretenir notre plus grand trésor national ni d’y sécuriser un chantier. Il est vrai que Notre-Dame n’est pas vendable… D’ailleurs toutes nos églises sont laissées à l’abandon. Notre-Dame, malgré les apparences, ne faisait pas exception.

    Sans honte, #Macron parle de reconstruire Notre-Dame, symbole de la France, alors qu’il met toute son énergie à la détruire, la France. Le feu du ciel a obligé Macron à repousser son énième « discours historique » pour ne rien dire, car comment pourrait-il dire que la mission que ses amis oligarques lui ont confiée est de sacrifier la France sur l’autel de leurs intérêts. Macron ferait bien de se méfier, car quand le ciel s’en mêle, cela dépasse tous les humains, même notre petit Napoléon national si fier de lui-même, et ses sbires…

    Les médias de cour titrent : « Notre-Dame ravagée mais sauvée »
    Les tours ont résisté au feu et ne se sont pas écroulées. C’est un miracle, selon les médias qui s’y connaissent en miracles, on peut donc y voir un bon présage : peut-être que ce système mortifère qui détruit les humains et la planète pour le profit des quelques-uns qui entassent leur ou plutôt notre or dans des #paradis_fiscaux, ce système dont le Dieu est l’argent1 et la bible le profit et l’exploitation, va enfin s’effondrer et que les peuples de France et du monde qui se tordent et se consument actuellement dans ses flammes dévastatrices (les chrétiens diraient sataniques) seront bientôt libérés.

    Oui, puisque Dieu, Manitou, Celui qui tient tout ensemble, le Grand Esprit, Allah, la puissance supérieure, Le Grand Tout, l’esprit de vie, l’Eternel, l’Amour, a eu l’outrecuidance de se rappeler hier soir au bon souvenir de nos « #élites », en bousculant l’agenda de notre tout-puissant président, profitons-en pour le prier de nous délivrer du #néo-libéralisme, afin que nous puissions enfin dire : « Les pays et peuples du monde sont ravagés, mais sauvés ».

    1  : On assiste en ce moment au spectacle révoltant des milliardaires français qui essaient de redorer leur blason en faisant assaut de dons de millions d’Euros pour la reconstruction de la cathédrale, et des commentateurs médiatiques qui comptabilisent avec autant de ferveur que de gourmandise les sommes promises. Ces sommes, qui seront en grande partie défiscalisés, ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan du pognon de dingue que ces grands prédateurs nous ont piqué. Notons que seules les pierres ont droit à leur « générosité ». Les humains, non. Les travailleurs qu’ils exploitent ne veulent d’ailleurs pas de leur charité, ce qu’ils veulent c’est bénéficier des richesses qu’ils produisent au lieu que leur travail serve à enrichir le capital.

  • Christophe Guilluy : « Notre modèle ne fait plus société, n’intègre pas le plus grand nombre » _ 07 décembre 2018
    https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/Christophe-Guilluy-Notre-modele-ne-fait-plus-societe-n-integre-pas-le-plus-grand-nombre/10076917

    Dans son dernier ouvrage, « No society. La fin de la classe moyenne occidentale » (Flammarion), le géographe Christophe Guilluy, créateur du concept de « France périphérique » — aujourd’hui régulièrement invoqué pour expliquer la crise des « gilets jaunes » —, prolonge ses réflexions sur l’abandon et l’invisibilité des classes populaires.

    Comment définissez-vous le concept de « classe moyenne » ?
    C’est un débat byzantin, car c’est un concept relativement flou. On peut s’amuser à le définir en termes de revenus, de professions, etc. Toujours est-il que, lorsque les hommes politiques actuels évoquent les classes moyennes, ils parlent essentiellement des classes supérieures.

    Auparavant, les sociétés occidentales étaient des sociétés dans lesquelles l’ouvrier, le paysan ou l’employé, avait l’impression de faire partie d’un tout. Même s’il existait des écarts de salaire, chacun avait le sentiment d’être intégré économiquement.

    Par ailleurs, il y avait des instances de représentations, des partis et des syndicats. C’était le modèle vertueux des Trente Glorieuses. Il existait alors une intégration à la fois économique, politique et culturelle.

    Cette classe moyenne portait les valeurs des sociétés occidentales, ce qu’on appelait l’"American way of life". Dès lors que ces mêmes catégories ne portent plus le modèle, elles deviennent alors les perdants de la mondialisation. Or, un système de valeurs est toujours porté par les catégories modestes. Ce n’est pas quelque chose d’abstrait. Aujourd’hui, il n’y a plus d’intégration car il n’y a plus d’incarnation des systèmes de valeurs.

    Vous vous opposez à tout déterminisme géographique pour expliquer cette situation…
    Il n’y a pas de déterminisme géographique. On ne pense pas, on ne vote pas parce qu’on vit à tel endroit. Ce que j’ai appelé la « France périphérique », ce sont des territoires qui, globalement, créent de moins de moins d’emplois.

    Avec ce concept, je voulais simplement indiquer que des notions comme l’"urbain" ou la « ruralité » n’expliquent en définitive pas grand-chose quant à la répartition dans l’espace des catégories de population. La « France périphérique » n’est pas la France des campagnes.

    En vérité, la « France périphérique » est majoritairement urbaine. Mais la réalité urbaine à Charleville-Mézières n’est pas la même qu’à Paris. On peut donc faire un diagnostic des effets réels du modèle mondialisé, qui produit de plus en plus d’inégalités. Ce dernier a un impact très concret sur les territoires et, plus largement, sur notre vision du monde.

    Pour la première fois dans l’Histoire, les catégories modestes ne vivent plus là où se crée l’emploi. Du fait de la division internationale du travail et de la polarisation de l’emploi, il était logique que la classe moyenne, la classe majoritaire, implose. Les conséquences culturelles et politiques sont gigantesques.

    Notre modèle ne fait plus société, n’intègre pas le plus grand nombre. Comment combiner un modèle mondialisé avec une volonté d’intégrer économiquement tous les territoires ? Soyons clairs : même si ces territoires créaient de l’emploi, çà ne changerait pas grand-chose en ce qui concerne le PIB. En revanche, d’un point de vue culturel, ça change tout. Il y a un décalage flagrant avec l’élite, auquel s’ajoute un mépris de classe.

    Paradoxalement, ailleurs dans le monde, la classe moyenne émerge…
    On assiste en effet à l’émergence d’une classe moyenne en Chine, en Inde ou au Brésil. Il n’empêche : l’organisation du monde va s’homogénéiser. On constate que le modèle mondialisé peut être positif ultra rapidement pour les pays émergents, mais devient fragile de manière tout aussi rapide.

    Au Brésil, par exemple, on assiste déjà à une fragilisation de la classe moyenne.

    C’est pourquoi vous constatez l’apparition logique d’une forme de populisme « naturel ». Comment le distinguez-vous du populisme dans sa forme politique ?
    Le populisme, c’est le diagnostic des gens d’en bas. Il y a un pragmatisme des populations. Contrairement à certains, je ne pense pas que les gens soient influencés par les discours.

    Trump ne crée pas l’"Amérique périphérique" : il est issu de l’élite et reste ultralibéral. Les populistes n’ont pas compris les choses avant tout le monde, il se sont simplement adaptés à une situation.

    En France, l’extrême droite a longtemps été néolibérale mais, depuis quelques années, Marine Le Pen prend la défense des ouvriers, de l’État, etc. En Italie, on observe la même situation avec Salvini. Les populistes s’inspirent d’une demande profonde venant d’en bas, qui n’est pas idéologique.

    Il faut cesser de penser qu’il est possible de rééduquer les masses pour qu’elles cautionnent le néolibéralisme. La distance entre un New-Yorkais et un Parisien est moins grande qu’entre un New-Yorkais et un agriculteur du centre des Etats-Unis.

    Or, tout le sens d’une société est de créer un lien entre le haut et le bas. Mettre de côté le plus grand nombre entraîne un problème démocratique profond. Le peuple n’a pas toujours raison, mais il faut repartir du mouvement réel de la société car le modèle consumériste est fatigué.

    Le défi climatique peut-il recréer une unité au sein de la société ? Les manifestations contre la hausse du prix du carburant ne vont-elles pas dans le sens inverse ?
    Il n’y a pas d’un côté des gens qui veulent polluer et, de l’autre, des gens qui veulent sauver la planète. Tout le monde est conscient des enjeux écologiques depuis très longtemps. Aucun paysan ne souhaite polluer. Il existe une conscience écologique partagée par le plus grand nombre.

    Si les gens manifestent aujourd’hui, c’est parce que le pouvoir d’achat est si bas que les fins de mois deviennent vraiment difficiles. La question écologique se couple à une question économique. Les deux ne sont pas contradictoires.

    Aujourd’hui, on tient un discours d’hyper-mobilité dans les grandes villes et, ailleurs, on assiste à un processus de sédentarisation. D’un côté, il y a la formation de « nouvelles citadelles » et, de l’autre, une population de plus en plus sédentaire. La sédentarisation sera le grand tournant du 21e siècle.

    Avec l’industrie aéronautique, le tourisme est le secteur qui pollue le plus. Pourtant, ça n’intervient jamais dans le débat, alors que l’avion est le moyen de transport le plus utilisé par les classes supérieures. À mon sens, le mouvement réel de la société va aller vers une attention de plus en plus importante pour les questions environnementales. Elles vont s’imposer par là-bas, par logique, et non par idéologie ou militantisme.

    Comment organiser ce mouvement d’un point de vue politique et économique ? Le problème est que les partis traditionnels sont en décalage complet. Ils ont été créés pour une classe moyenne qui n’existe plus. Nous vivons donc un moment d’adaptation de la classe politique. Il faut aller vers le peuple, et non se raidir en s’enfermant dans de petites bulles.

    Mais l’élite est-elle précisément capable d’effectuer ce mouvement ?
    L’élite n’existe que si elle est soutenue par ce que j’appelle le « monde d’en haut », pas forcément des riches, mais des gens qui valident le modèle économique en place. Or, le modèle néolibéral est en train de mettre à mal les classes inférieures des classes supérieures. Le « monde d’en haut » se met donc à douter.

    Faut-il pour autant tout renverser ? Je crois qu’il peut y avoir une adaptation en douceur, car nos sociétés sont suffisamment riches pour éviter des révolutions violentes. Il faut également garder à l’esprit que quelqu’un comme Macron, en France, n’a pas été élu uniquement par les élites aisées, mais aussi par les retraités et par les fonctionnaires. Il réalise donc une politique suicidaire en s’attaquant aux retraites et à la fonction publique.

    En Angleterre, ce sont les retraités qui ont permis le Brexit. Détricoter l’État providence est très risqué

    #Christophe_Guilluy #invisibilité #mondialisation #mobilité #populisme #petite_bourgeoisie #partis_politiques #élites #gilets_jaunes #giletsjaunes

  • Le non-renouvellement des élites françaises contribue à leur détestation (Olivier Galland / Telos, Slate.fr, 17.02.2019)
    https://www.slate.fr/story/173334/elites-reproduction-mobilite-sociale-grandes-ecoles-assemblee-haute-fonction-p

    En fait, ce #processus_sélectif se construit tout au long de la #scolarité et souvent très tôt, par des #stratégies_familiales permettant de choisir les bons établissements, les lycées d’élite dont chaque grande capitale régionale est pourvue. Ces stratégies ne sont évidemment pas aléatoirement distribuées, et les familles qui ont une longue connaissance des arcanes du système scolaire peuvent les mettre en place bien plus efficacement que les autres. À résultats équivalents, les familles modestes ont par ailleurs, par un processus bien connu d’auto-sélection, des ambitions moins élevées et ne visent que rarement ces établissements d’élite.
    L’animosité si forte à l’égard des #élites tient sans doute pour une part à ce sentiment confus que le monde des élites économiques, politiques et administratives n’est en France que faiblement irrigué par des nouveaux membres issus de #classes_sociales qui n’y avaient jusque-là que faiblement accès. Ce sentiment peut alors en favoriser un autre : celui que ces élites forment une caste jalouse de ses #privilèges et décidée à les perpétuer.
    Combattre l’anti-élitisme qui s’exprime souvent de façon si virulente en France devrait conduire à réformer le processus de sélection des élites pour réduire son caractère #héréditaire. Mais la tâche n’est pas simple. D’une part, elle dépend des élites politiques, dont une bonne part bénéficie du système actuel. D’autre part, il faut bien reconnaître que ce système, pour être socialement injuste, n’en est pas moins performant : la France forme par ses grandes écoles d’excellents ingénieurs et hauts cadres administratifs.
    […]
    Mais il existe au moins deux autres problèmes importants qui entretiennent le #ressentiment : celui du manque de #renouvellement et de #diversité des élites politiques et celui de l’opacité qui entoure les carrières politiques ou administratives, supposée masquer des avantages indus.
    […]
    Un autre problème de taille concerne la #haute_fonction_publique, les 600 hauts fonctionnaires dont la nomination s’effectue en Conseil des ministres […]. Ces personnes bénéficient de #rémunérations élevées, souvent très supérieures à celle du président de la République, mais –aussi invraisemblable que cela puisse paraître– qui restent secrètes ! Cette #opacité est choquante, car il s’agit d’argent public dont les citoyennes et citoyens devraient pouvoir connaître à quoi il est employé et s’il l’est utilement.