Élections municipales : l’intense campagne de lobbying d’Airbnb auprès des maires
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À quelques jours des élections #municipales, #Airbnb boit du petit-lait. Lundi 2 mars, la matinale de France Inter a offert dans sa chronique « Un monde nouveau » un nouvel écho aux chiffres de l’enquête Terram, réalisée par le sondeur chouchou des médias #Jérôme_Fourquet. Une étude publiée en novembre, qui montre le rôle trop sous-estimé de la plateforme américaine dans la « revitalisation des campagnes ».
Ainsi, au-delà des images désormais bien connues de villes envahies par les valises à roulettes où les habitant·es ne parviennent plus à se loger, « on observe des évolutions en profondeur et pas seulement pour le pire », note la journaliste Mathilde Serrell sur France Inter. Airbnb, c’est aussi « une offre touristique dormante qui s’est réveillée : montagne, tourisme vert ou patrimonial, tourisme de festival et d’événements ». Dans ces zones rurales, « cela a permis de créer de l’attractivité et parfois de garder la boulangerie et de garder les commerces de proximité ouverts ».
À aucun moment il ne sera précisé sur #France_Inter – où Jérôme Fourquet a eu les honneurs de la matinale en novembre sur cette enquête – ou dans Le Figaro qui y a consacré une double page, que le think tank Terram n’est pas tout à fait « indépendant ». Créé en 2024, Terram a pour partenaire-mécène Airbnb, et l’une des lobbyistes les plus influentes de l’entreprise, Myassa Djebara, ex-conseillère du porte-parole du gouvernement, est également membre de son conseil d’administration (lire encadré).
Les élections municipales sont une échéance décisive – et redoutée – pour la plateforme américaine. Depuis l’adoption de la loi Echaniz-Le Meur l’an dernier, sur laquelle elle a tenté de peser de tout son poids, les #maires disposent en effet d’une batterie d’outils pour endiguer le développement de ces #locations_touristiques : limitation à quatre-vingt-dix jours maximum du nombre de nuitées autorisées dans la résidence principale, quota de locations dans certains quartiers, obligation de compenser chaque bien mis sur Airbnb par un #logement dans la location classique, etc.
Accusée d’être responsable de la crise du logement dans les métropoles et les zones touristiques, la firme américaine vit désormais sous la menace de réglementations potentiellement très restrictives.
Image terroir
Convaincu d’avoir atteint un plafond dans de nombreuses villes ou communes victimes du surtourisme, Airbnb a misé sur son développement dans des villes moyennes, voire dans les communes rurales, autour de l’engouement pour un « tourisme vert » ou plus « authentique ».
L’enjeu est bien sûr économique puisque la firme espère y trouver des relais de croissance si le marché des grandes villes venait à se refermer. Il relève aussi de la communication : en cultivant son image « terroir », Airbnb veut dissiper l’image d’une firme emblématique d’un capitalisme urbain prédateur. Et faire oublier, au passage, son statut d’exilé fiscal, elle qui s’est domiciliée en Irlande pour que les bénéfices de son activité en France – une activité estimée à 25 milliards d’euros pour l’ensemble des plateformes où Airbnb domine largement – échappent à l’impôt.
Pour parler de la France des territoires oubliés, celle que voudrait désormais incarner la plateforme née en Californie, Jérôme Fourquet est la personnalité idéale. L’homme des best-sellers sur l’archipellisation de la France est prisé des médias pour ses cartes décalées, présentées avec la mine grave et accompagnées de flopées de chiffres. Qu’importe si le monde académique s’étrangle de ses raccourcis et de ses orientations idéologiques pas toujours assumées.















