• Élections municipales : l’intense campagne de lobbying d’Airbnb auprès des maires
    https://www.mediapart.fr/journal/politique/090326/elections-municipales-l-intense-campagne-de-lobbying-d-airbnb-aupres-des-m

    À quelques jours des élections #municipales, #Airbnb boit du petit-lait. Lundi 2 mars, la matinale de France Inter a offert dans sa chronique « Un monde nouveau » un nouvel écho aux chiffres de l’enquête Terram, réalisée par le sondeur chouchou des médias #Jérôme_Fourquet. Une étude publiée en novembre, qui montre le rôle trop sous-estimé de la plateforme américaine dans la « revitalisation des campagnes ».

    Ainsi, au-delà des images désormais bien connues de villes envahies par les valises à roulettes où les habitant·es ne parviennent plus à se loger, « on observe des évolutions en profondeur et pas seulement pour le pire », note la journaliste Mathilde Serrell sur France Inter. Airbnb, c’est aussi « une offre touristique dormante qui s’est réveillée : montagne, tourisme vert ou patrimonial, tourisme de festival et d’événements ». Dans ces zones rurales, « cela a permis de créer de l’attractivité et parfois de garder la boulangerie et de garder les commerces de proximité ouverts ».

    À aucun moment il ne sera précisé sur #France_Inter – où Jérôme Fourquet a eu les honneurs de la matinale en novembre sur cette enquête – ou dans Le Figaro qui y a consacré une double page, que le think tank Terram n’est pas tout à fait « indépendant ». Créé en 2024, Terram a pour partenaire-mécène Airbnb, et l’une des lobbyistes les plus influentes de l’entreprise, Myassa Djebara, ex-conseillère du porte-parole du gouvernement, est également membre de son conseil d’administration (lire encadré).
    Les élections municipales sont une échéance décisive – et redoutée – pour la plateforme américaine. Depuis l’adoption de la loi Echaniz-Le Meur l’an dernier, sur laquelle elle a tenté de peser de tout son poids, les #maires disposent en effet d’une batterie d’outils pour endiguer le développement de ces #locations_touristiques : limitation à quatre-vingt-dix jours maximum du nombre de nuitées autorisées dans la résidence principale, quota de locations dans certains quartiers, obligation de compenser chaque bien mis sur Airbnb par un #logement dans la location classique, etc.
    Accusée d’être responsable de la crise du logement dans les métropoles et les zones touristiques, la firme américaine vit désormais sous la menace de réglementations potentiellement très restrictives.

    Image terroir
    Convaincu d’avoir atteint un plafond dans de nombreuses villes ou communes victimes du surtourisme, Airbnb a misé sur son développement dans des villes moyennes, voire dans les communes rurales, autour de l’engouement pour un « tourisme vert » ou plus « authentique ».
    L’enjeu est bien sûr économique puisque la firme espère y trouver des relais de croissance si le marché des grandes villes venait à se refermer. Il relève aussi de la communication : en cultivant son image « terroir », Airbnb veut dissiper l’image d’une firme emblématique d’un capitalisme urbain prédateur. Et faire oublier, au passage, son statut d’exilé fiscal, elle qui s’est domiciliée en Irlande pour que les bénéfices de son activité en France – une activité estimée à 25 milliards d’euros pour l’ensemble des plateformes où Airbnb domine largement – échappent à l’impôt. 

    Pour parler de la France des territoires oubliés, celle que voudrait désormais incarner la plateforme née en Californie, Jérôme Fourquet est la personnalité idéale. L’homme des best-sellers sur l’archipellisation de la France est prisé des médias pour ses cartes décalées, présentées avec la mine grave et accompagnées de flopées de chiffres. Qu’importe si le monde académique s’étrangle de ses raccourcis et de ses orientations idéologiques pas toujours assumées.

    https://justpaste.it/nclyz

    #fondation_du_patrimoine #mécénat #lobbying

    • [...]

      Pour pénétrer ces territoires, Airbnb a arrosé tout un tas de structures, avec les édiles, notamment ruraux, en ligne de mire. Elle a versé depuis 2022 près de 7 millions d’euros dans son partenariat avec la Fondation du patrimoine pour aider au financement de « 200 projets qui contribuent au développement touristique dans les territoires, en particulier ruraux, et à la revitalisation des villages de France ». Restauration d’une église, d’un vieux château, d’un lavoir… C’est récemment le maire de Plouzané (Finistère) qui a reçu, sous les caméras, un chèque de 400 000 euros grâce à ce partenariat pour restaurer le phare du Petit Minou. Un site retenu par la Mission patrimoine de Stéphane Bern. Une obole à nos territoires pour la firme qui n’a jamais payé ses impôts - ou une infime partie - en France, laquelle représente pourtant son deuxième marché juste après les États-Unis.

      Airbnb finance aussi le fonds « Montagnes durables » de l’association Essentiem, dirigée par le responsable des partenariats stratégiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Là aussi, elle distribue des chèques par projet et annonce offrir, par exemple, 25 000 euros pour des projets de « rénovation énergétique de structures touristiques d’intérêt général ».

      Airbnb est aussi devenu partenaire du Tour de France pour « encourager la découverte des richesses de nos régions ». « De nombreux membres de la communauté Airbnb proposeront également des Expériences Airbnb authentiques mettant en avant les spécificités et spécialités régionales », assure la firme dans un communiqué.

      Cela tombe bien, Airbnb a commandé avant l’été un sondage à l’Ifop – l’institut de Jérôme Fourquet – qui montre que « la gastronomie des terroirs » est un des facteurs de choix des destinations pour les Français. Dernière démonstration de solidarité à l’égard des maires, après la tempête Nils et les inondations qui ont ravagé la Gironde, Airbnb a signé un partenariat avec les sapeurs-pompiers de France et délivré aux sinistrés des coupons de logement gratuit dans une trentaine de communes.

      Au-delà de ces campagnes marketing et de ces petits cadeaux saupoudrés sur les petites communes, Airbnb a mené auprès des maires (dont la majorité sont généralement réélus quand ils et elles se représentent) un patient travail de conviction. Une équipe est spécialement consacrée à ce lobbying discret mais déterminé, comme a pu le constater Mediapart auprès de différentes équipes municipales.
      Pour approcher les maires, Airbnb dispose d’un appât de taille : des millions de données qu’elle est la seule à posséder sur ses « hôtes », le détail des biens mis en location, leur localisation fine, le nombre précis de nuitées…

      « Nous rencontrons les maires pour les aider à faire du sur-mesure », nous confiait récemment un des responsables « affaires publiques » d’Airbnb en ouvrant son ordinateur sur le système « Panda », pour Portail d’accès national aux données Airbnb.

      L’élu peut visualiser, rue par rue, les offres dans sa ville avec des détails très précis sur le nombre de nuits réservées, les prix pratiqués, le profil des hôtes, etc. De quoi l’aider à comprendre l’ampleur du phénomène et le coût politique de sa réglementation. La manne de la taxe de séjour collectée par la plateforme et reversée aux communes fait partie des arguments qui pèsent.

      Dans les métropoles gagnées par le #surtourisme, Airbnb a opté pour un lobbying plus fin allant jusqu’à accompagner les maires désireux de réglementer. Ainsi « Airbnb retire les annonces de logements entiers qui ne comportent pas de numéro d’enregistrement », avance l’entreprise quand on l’interroge sur la manière dont elle accepte de participer à la régulation. « Les offres sont souvent très concentrées dans les villes. On leur montre aussi les zones où il n’est pas nécessaire de mettre des quotas », souligne un de leurs lobbyistes, quand la loi permet désormais aux maires de mettre en place dans certains quartiers un nombre maximal d’offres de location à ne pas dépasser.

      Pour les communes rurales, Airbnb passe par leurs relais institutionnels habituels. L’entreprise a ainsi lancé différents partenariats avec l’Association des #maires_ruraux de France (AMRF, concerne les communes de moins de 3 500 habitant·es), et verse 100 euros à l’association pour toute nouvelle annonce dans leurs communes. L’entreprise a aussi encouragé une offre locative tournée vers le télétravail dans des petites communes rurales. « Nombreuses sont les communes rurales qui sont désormais équipées de la fibre et ont investi dans des infrastructures de qualité, comme des espaces de coworking, pour accueillir famille et jeunes actifs sur des périodes plus longues. Il faut les faire connaître ! », se réjouissait récemment Cédric Szabo, président de l’AMRF (mis en congé depuis le 8 février) dans un communiqué.

      L’équipe « affaires publiques », qui compte une dizaine de personnes, s’est renforcée à l’approche des élections municipales et s’est réparti le territoire en quelques grandes zones. « Chaque membre de cette équipe est responsable de territoires spécifiques, ce qui lui permet d’acquérir une connaissance approfondie des réalités locales, notamment des dynamiques touristiques et des enjeux propres à chaque territoire », nous confirme la firme états-unienne.

      Ces lobbyistes d’Airbnb issus de la macronie

      Mathieu di Christo
      Cet ancien du cabinet d’Éric Dupond-Moretti, où il était en charge des programmes immobiliers – les prisons en l’occurrence –, fait partie des équipes qui sillonnent le territoire pour rencontrer les maires et les convaincre de ne pas adopter des règlementations trop restrictives.

      Myassa Djebara
      De juillet 2022 à octobre 2023, elle était conseillère du porte-parole du gouvernement Olivier Véran. C’est aussi une figure clé du parti En marche (devenu Renaissance) depuis sa création.

      Auxence Moulin
      Lui aussi membre de l’équipe affaires publiques, il était en charge des relations avec les #élu·es au sein d’En marche, un carnet d’adresses qui compte à l’approche des élections municipales.

      Les élus clés ont aussi été identifiés. Quand Christian Estrosi, à Nice (Alpes-Maritimes), où Airbnb est la plus présente après Paris, lance l’idée d’un encadrement plus strict de la plateforme dans sa ville où la crise du logement fait rage, les équipes d’Airbnb le rencontrent pour le convaincre, datas à l’appui, de faire du « sur-mesure » et de ne limiter la plateforme que dans quelques quartiers. À Paris et Marseille, où les municipalités ont des réglementations très strictes, les équipes d’Airbnb ne perdent plus trop leur temps. « J’avais des échanges réguliers avec eux. Quand ils ont compris qu’on allait réduire à quatre-vingt-dix jours l’autorisation de louer dans les résidences principales, je n’ai plus eu de nouvelles », sourit l’adjoint au logement de Marseille Patrick Amico.

      À l’inverse, le maire d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) a été lui particulièrement choyé et a pu bénéficier des données du système Panda pour mieux comprendre les besoins touristiques dans sa ville. Il faut dire que Philippe Sueur est aussi le président de l’Association nationale des #élus_des_territoires_touristiques (Anett).
      En novembre 2025, l’Anett a publié un baromètre – largement diffusé dans les médias – montrant que 82 % des maires des communes concernées jugent que les meublés du type Airbnb ont « un impact positif sur l’économie locale ». Deux tiers d’entre eux constatent par ailleurs que réguler à outrance la location de meublés touristiques a peu d’effet sur la création de logements permanents. Une présentation des chiffres ultra favorable à la firme qui omettait de mettre en avant que 60 % des maires de ces communes ne veulent pas plus de touristes. L’enquête a été réalisée par le cabinet Protourisme et l’UNPLV… dont Airbnb est un des principaux membres. Ce qui, là encore, n’est jamais mentionné dans les reprises de la presse.

      Une communication parfaitement maîtrisée pour Airbnb, qui a toujours refusé de communiquer ses données aux chercheurs indépendants. Parce qu’après tout, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

    • Jérôme Fourquet : faux sociologue mais vrai réactionnaire
      https://www.acrimed.org/Jerome-Fourquet-faux-sociologue-mais-vrai

      Que la question porte sur les débats budgétaires, l’insécurité, les goûts culinaires des Français ou la musique country, les médias aiment s’entourer de sondeurs qui leur permettent, prétendent-ils, d’objectiver « ce que pensent les Français ». Portrait de l’un des plus éminents d’entre eux, le sondologue de l’Ifop Jérôme Fourquet.

  • Les #maires de #Seine-Saint-Denis représentent-ils la population ?
    https://metropolitiques.eu/Les-maires-de-Seine-Saint-Denis-representent-ils-la-population.html

    Alors que des recherches montrent l’accentuation de la distance sociale qui sépare les élu·es des populations qu’ils doivent représenter, qu’en est-il dans le département populaire de Seine-Saint-Denis ? L’article souligne que ce sont majoritairement des hommes blancs des classes supérieures qui exercent le pouvoir politique. ---- À l’approche des #élections_municipales de mars 2026, la revue Métropolitiques a souhaité publier une série d’articles questionnant les enjeux socio-politiques de #Terrains

    / élections municipales, #banlieue, #quartiers_populaires, Seine-Saint-Denis, #ouvriers, #Parti_communiste, maires, #immigration, élus (...)

    #élus_locaux
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-bacque-lafaye.pdf

  • Les #maires de #Seine-Saint-Denis représentent-ils la population ?
    https://metropolitiques.eu/Municipales-2026-quelle-representation-politique.html

    Alors que des recherches montrent l’accentuation de la distance sociale qui sépare les élu·es des populations qu’ils doivent représenter, qu’en est-il dans le département populaire de Seine-Saint-Denis ? L’article souligne que ce sont majoritairement des hommes blancs des classes supérieures qui exercent le pouvoir politique. ---- À l’approche des #élections_municipales de mars 2026, la revue Métropolitiques a souhaité publier une série d’articles questionnant les enjeux socio-politiques de #Terrains

    / élections municipales, #banlieue, #quartiers_populaires, Seine-Saint-Denis, #ouvriers, #Parti_communiste, maires, #immigration, élus (...)

    #élus_locaux
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-bacque-lafaye.pdf

  • La République contre elle-même : que raconte l’étouffement des sections de commune quant au fonctionnement de l’État ?
    https://metropolitiques.eu/La-Republique-contre-elle-meme-que-raconte-l-etouffement-des-section

    Les « sections de commune » constituent une forme particulière et ancestrale de propriété collective d’une surprenante actualité. Mais elles font face aux assauts du législateur qui œuvre pour leur disparition. La suppression des sections de commune, une des catégories de propriétés collectives ancestrales, s’effectue à bas bruit dans les campagnes françaises. En quelques années, des pans entiers de l’identité et de l’histoire rurales ont été rayés de la carte dans une indifférence quasi générale. #Débats

    / #section_de_commune, #communs, #communaux, #rural, #élus_locaux, #démocratie, #État, #droit

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_chavanon-joye.pdf

  • La représentation politique locale japonaise en question
    https://metropolitiques.eu/La-representation-politique-locale-japonaise-en-question.html

    Les #élus_locaux japonais sont-ils représentatifs de la population ? À partir d’une enquête sociologique inédite sur la préfecture d’Okayama au #Japon, Yasushi Iwabuchi et Michel Koebel présentent des pistes de réflexion sur les biais de la représentation politique. La plupart des recherches consacrées au personnel politique japonais portent sur l’élite politique de l’archipel. À l’exception de quelques études qualitatives localisées (Osawa et Yoon 2019), les élus locaux n’ont fait l’objet d’aucune étude #Terrains

    / Japon, #démocratie_locale, élus locaux, #mode_de_scrutin, représentativité

    #représentativité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_koebel-iwabuchi.pdf

  • La représentation politique locale japonaise en question
    https://metropolitiques.eu/Portrait-sociologique-des-elus-locaux-japonais.html

    Les #élus_locaux japonais sont-ils représentatifs de la population ? À partir d’une enquête sociologique inédite sur la préfecture d’Okayama au #Japon, Yasushi Iwabuchi et Michel Koebel présentent des pistes de réflexion sur les biais de la représentation politique. La plupart des recherches consacrées au personnel politique japonais portent sur l’élite politique de l’archipel. À l’exception de quelques études qualitatives localisées (Osawa et Yoon 2019), les élus locaux n’ont fait l’objet d’aucune étude #Terrains

    / Japon, #démocratie_locale, élus locaux, #mode_de_scrutin, représentativité

    #représentativité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_koebel-iwabuchi.pdf

  • De la statistique au terrain
    https://metropolitiques.eu/De-la-statistique-au-terrain.html

    Comment anticiper la #vacance des logements et comment lutter contre ? À partir d’une étude de terrain à Montluçon, Charline Sowa et Hugo Bruyant montrent la complexité de cette question et les difficultés des élus pour y répondre. Le #logement vacant, un objet à étudier au-delà des chiffres La vacance dans les parcs de logements n’est pas un phénomène nouveau. Pour autant, l’analyse de ce phénomène très répandu reste un exercice complexe, dont les résultats peuvent rester partiels (Arab et Miot 2021 ; #Terrains

    / #habitat, vacance, ruralité, #villes_moyennes, #décroissance_urbaine, #élus_locaux, logement

    #ruralité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_sowa-bruyant.pdf

  • SAINTE SOLINE, AUTOPSIE D’UN CARNAGE

    Le 25 mars 2023, une #manifestation organisée par des mouvements de défense de l’environnement à #Sainte-Soline (#Deux-Sèvres) contre les #megabassines pompant l’#eau des #nappes_phréatiques pour l’#agriculture_intensive débouche sur de véritables scènes de guerre. Avec près de 240 manifestants blessés, c’est l’une des plus sanglantes répressions de civils organisée en France depuis le 17 octobre 1961 (Voir en fin d’article le documentaire de Clarisse Feletin et Maïlys Khider).

    https://www.off-investigation.fr/sainte-solineautopsie-dun-carnage
    Vidéo :
    https://video.off-investigation.fr/w/9610c6e9-b18f-46b3-930c-ad0d839b0b17

    #scène_de_guerre #vidéo #répression

    #Sainte_Soline #carnage #méga-bassines #documentaire #film_documentaire #violences_policières #violence #Gérald_Darmanin #résistance #militarisation #confédération_paysanne #nasse
    #off_investigation #cortège #maintien_de_l'ordre #gaz_lacrymogènes #impuissance #chaos #blessés #blessures #soins #élus #grenades #LBD #quads #chaîne_d'élus #confusion #médic #SAMU #LDH #Serge_Duteuil-Graziani #secours #enquête #zone_rouge #zone_d'exclusion #urgence_vitale #ambulances #évacuation #plainte #justice #responsabilité #terrain_de_guerre #désinformation #démonstration_de_force #récit #contre-récit #mensonge #vérité #lutte #Etat #traumatisme #bassines_non_merci #condamnations #Soulèvements_de_la_Terre #plainte

    à partir de 1h 02’26 :

    Hélène Assekour, manifestante :

    « Moi ce que je voudrais par rapport à Sainte-Soline c’est qu’il y ait un peu de justice. Je ne crois pas du tout que ça va se faire dans les tribunaux, mais au moins de pouvoir un peu établir la vérité et que notre récit à nous puisse être entendu, qu’il puisse exister. Et qu’il puisse même, au fil des années, devenir le récit qui est celui de la vérité de ce qui s’est passé à Sainte-Soline ».

    • question « un peu de vérité », il y avait aussi des parlementaires en écharpe, sur place, gazé.es et menacé.es par les quads-à-LBD comme le reste du troupeau alors qu’ils protégeaient les blessés étendus au sol ; personne n’a fait de rapport ?

      Il y a eu une commission d’enquête parlementaire aussi, je crois, qui a mollement auditionné Gérald ; pas de rapport ?

  • Après les sénateurs, les députés adoptent un amendement qui remet en cause la loi de 1881 sur la presse
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/02/07/apres-les-senateurs-les-deputes-adoptent-un-amendement-qui-remet-en-cause-la

    Défenseurs de la liberté d’expression et syndicats professionnels demandent le retrait de ce texte qu’ils considèrent « antidémocratique ».
    Par Aude Dassonville

    « C’est une poursuite sournoise du démantèlement de la loi de 1881 sur la presse. » L’avocat William Bourdon ne décolère pas depuis la découverte de l’adoption par les sénateurs, la semaine dernière, et son arrivée dans l’Hémicycle, mercredi 7 février, d’un amendement qui porte atteinte à la loi sur la liberté de la presse. « Cette loi est un totem de la République depuis cent cinquante ans, et dix élus la modifient en catimini sans prévenir personne », s’indigne, tout aussi sidéré, son confrère Christophe Bigot, président de l’Association des avocats praticiens du droit de la presse – et avocat du Monde.
    Approuvé à la faveur de l’adoption de la loi visant à renforcer la sécurité et la protection des maires et des élus locaux, le texte doit permettre à tout « titulaire d’un mandat électif public ou candidat à un tel mandat » de bénéficier d’un délai de prescription d’un an pour porter plainte en cas de diffamation ou d’injure publique. Actuellement de trois mois, ce délai « permet à la presse d’éviter d’être soumise aux aléas judiciaires d’une manière prolongée, poursuit Me Bigot. Or énormément de maires, ou de présidents de conseil régional mettent déjà une pression de dingue sur la presse quotidienne régionale ».
    Allonger la période au cours de laquelle une action leur reste possible revient à faire peser une épée de Damoclès sur les rédactions et les éditeurs de presse. « Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO, organisations syndicales représentatives de journalistes en France, condamnent avec la plus grande fermeté cette modification d’une des lois les plus protectrices de la liberté d’expression, de la liberté d’informer et d’être informé », blâme l’intersyndicale dans un texte publié en ligne mercredi en début de soirée.

    Dans l’objet de l’amendement – déposé par la sénatrice Catherine Di Folco (Les #Républicains, Rhône) et le groupe #socialiste –, lors de l’examen du texte en octobre, les sénateurs stipulaient que « les auteurs des propos diffamatoires et injurieux à l’endroit des élus sur les réseaux sociaux » bénéficient aujourd’hui d’une « impunité totale » du fait de la relative brièveté de ce délai, alors que les élus « n’ont ni le temps, ni les moyens de procéder à une veille numérique, qui leur permettrait de prendre connaissance à temps des faits délictueux ».
    « Il ne faut pas s’y tromper, critique l’Association des avocats praticiens du droit de la presse dans un communiqué. Sous couvert de lutte contre la haine qui se déverse sur les réseaux sociaux, objectif légitime dans nos sociétés démocratiques, c’est toute la critique de l’action des élus qui est concernée. »

    A l’Assemblée nationale, certains députés, de même que le gouvernement, ont exprimé leur réticence à valider cet article, que Violette Spillebout (Renaissance, Nord) a justifié par le fait que les élus « sont bien plus largement exposés » que les particuliers aux délits d’injure et de diffamation. « Un passif s’est créé entre les responsables politiques de ce pays et les citoyens, intimement lié à la conviction que le principe d’égalité devant la loi serait une fiction, ou un leurre, commente encore Me Bourdon. Or ce texte aggrave le sentiment d’un deux poids, deux mesures. »

    L’Association des avocats praticiens du droit de la presse appelle le Parlement à renoncer à son texte : « Ce projet, dont la constitutionnalité est plus que douteuse (…) est profondément antidémocratique », insiste-t-elle. De son côté, l’intersyndicale demande le retrait du texte, qui devrait être examiné en commission mixte paritaire à la fin du mois, et promet de « déposer une question prioritaire de constitutionnalité si cette proposition de loi est adoptée en l’état ».

    #presse #élus #droit_de_la presse

  • Être maire de ville moyenne : expériences bretonnes
    https://metropolitiques.eu/Etre-maire-de-ville-moyenne-experiences-bretonnes.html

    Placée au cœur des programmes de revitalisation et de transition écologique, la figure du maire est centrale dans les #villes_moyennes. À partir d’une enquête conduite en #Bretagne, Hélène Martin-Brelot et Maïlys Créach exposent leurs préoccupations et les défis démocratiques et environnementaux qu’ils doivent relever. Plébiscitées pour le bon compromis qu’elles offrent entre proximité de la nature et des services, les villes moyennes voient leur attractivité se renforcer depuis plusieurs années (Ifop 2021). #Terrains

    / villes moyennes, #maires, #démocratie_locale, #environnement, #élus_locaux, #services_publics, (...)

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-martin-brelot-creach.pdf

  • Cumuls tourangeaux, l’enquête, L’antivol
    https://www.lantivol.com/2023/09/cumuls-tourangeaux-lenquete-1.html

    Voici un tableau qui devrait parler à tout démocrate… qui ne s’ignore pas  !

    Fruit d’un patient travail de rassemblement de données provenant de plusieurs sites de collectivités publiques (Ville de Tours, Tours Métropole Val de Loire, Conseil régional, Conseil départemental), il fournit pour chacun des 55 élus de la commune de Tours leurs principaux mandats électifs (colonne 3) et le nombre total des fonctions de représentation (colonne 4) qu’ils assurent dans différents organismes (commissions intra ou extramunicipales, régies, établissements publics, sociétés publiques locales, associations, etc.). Toutes les informations peuvent être retrouvées aux pages indiquées au bas de cet article et, si vous le souhaitez, vous pouvez d’ores et déjà y obtenir les fichiers relatifs aux représentations de chaque élu.

    Les cumuls des élus tourangeaux (juin 2023)

    Sur la base de ces données et en usant du droit d’interpellation mis en place par la Ville fin 2020, nous allons bientôt engager une enquête auprès des élus les «  mieux  » ou les plus dotés. Avec des questions simples, démocratiques, un tantinet ironiques telles que  : «  mais qu’est-ce qui vous pousse donc à tant cumuler  ?  », «  comment parvenez-vous à assurer correctement les tâches inhérentes à chacun de vos mandats et fonctions  ?  », «  n’êtes-vous pas, individuellement et collectivement, les pièces d’un système de quadrillage de la vie publique locale  ?  », «  où sont donc passés (pour certains…) vos idéaux d’antan  ?  », etc, etc.

    #élus #Tours #cumul #mandats #fonctions

  • Sur les pavés, la campagne
    https://metropolitiques.eu/Sur-les-paves-la-campagne.html

    Les campagnes électorales continuent de rythmer la vie politique. Laurent Godmer montre ainsi comment elles mobilisent les #partis, les élus et les candidats et mettent à l’épreuve leur ancrage territorial. Les pavés historiques de la rue Mouffetard et de la place Monge accueillent le chaland et les touristes : comme d’autres quartiers commerçants de #Paris, ces lieux sont un théâtre politique quand des campagnes électorales se déroulent et que les militants battent le pavé. C’est là, dans le 5e #Terrains

    / Paris, #élections, #mobilisation, partis, #élus_locaux, #élections_municipales, #maires

    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met-godmer.pdf

  • #Nice, un laboratoire de la « Safe City » ?
    https://metropolitiques.eu/Nice-un-laboratoire-de-la-Safe-City.html

    Alors que les modes de gouvernement contemporains des villes sont souvent décrits comme dépolitisants, la mise en place des outils numériques de reconnaissance faciale de la safe city fait au contraire resurgir le clivage gauche-droite. La ville intelligente, ou smart city, est souvent revendiquée de manière consensuelle à droite comme à gauche (Courmont et Vincent 2020), de même que le volontarisme en matière de sécurité, qui constitue de plus en plus un incontournable du rôle d’élu local (Le Goff #Terrains

    / Nice, sécurité, #smart_cities, #élus_locaux, #partis

    #sécurité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_challier2.pdf

  • Violences contre les élus : 300 plaintes déposées depuis juillet, selon Darmanin
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/01/11/violences-contre-les-elus-300-plaintes-deposees-depuis-juillet-selon-gerald-

    Selon le ministère de l’intérieur, 1 186 élus ont été pris pour cible dans les onze premiers mois de 2021, dont 162 parlementaires et 605 maires ou adjoints.

    #abstention baston (avec des algues...)

    #élus #démocratie_représentative #dé-démocratisation

  • Que recouvre l’intérêt des #promoteurs pour la biodiversité ?
    https://metropolitiques.eu/Que-recouvre-l-interet-des-promoteurs-pour-la-biodiversite.html

    Les références à la « biodiversité » dans les projets urbains comportent de nombreuses ambiguïtés. Tanguy Louis-Lucas s’est intéressé au rôle joué par les promoteurs dans la montée en puissance de cette thématique. Dossier : L’urbanisme écologique : un nouvel impératif ? Les promoteurs immobiliers occupent une place prépondérante dans les projets urbains. Responsables de projets à l’échelle du bâtiment, leur métier a progressivement évolué vers l’aménagement urbain, intégrant donc la conception d’espaces #Terrains

    / #élus_locaux, promoteurs, biodiversité, #nature, #projet_urbain

    #biodiversité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_tanguylouislucas.pdf

  • Transparence de la vie publique : à Paris, un élu sur quatre hors des clous
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/12/transparence-a-paris-un-elu-sur-quatre-hors-des-clous_6079916_823448.html

    A Paris, les élus ont du mal à mettre en pratique les principes de transparence affichés par la Mairie. En juillet 2020, juste après les municipales, les 163 conseillers #élus ou réélus s’étaient tous engagés par écrit à remplir une déclaration d’intérêts destinée à être rendue publique. Un geste imposé depuis 2014 à la demande de la maire socialiste Anne Hidalgo. « Sur une base volontaire », il était en outre proposé aux élus de signer une déclaration de patrimoine.

    Neuf mois plus tard, le bilan est en décalage avec les bonnes intentions affichées. D’abord, certains élus ont tardé à fournir leur déclaration d’intérêts, attendue en principe avant la fin 2020. « La bonne nouvelle, c’est que nous avons enfin obtenu, il y a huit jours, la totalité des déclarations », se réjouit Yves Charpenel, le haut magistrat qui préside la commission de déontologie des élus du Conseil de Paris. Les conseillers municipaux y détaillent leurs activités professionnelles, les rémunérations associées, leurs mandats et participations dans des entreprises, ainsi que les activités de leurs conjoints. Quant aux déclarations de patrimoine, où sont précisés les avoirs de chacun (comptes bancaires, assurance-vie, immobilier, etc.), 68 % des élus ont accepté d’en remettre une, alors qu’ils n’étaient que 58 % lors de la précédente mandature.

    Les déclarations déjà en ligne permettent de savoir qu’Anne Hidalgo est propriétaire d’une maison de 118 m2 dans le 15e arrondissement, de découvrir les sommes touchées par Audrey Pulvar pour les cérémonies qu’elle a animées (jusqu’à 13 000 euros pour la remise du guide Michelin), d’anticiper d’éventuels conflits d’intérêts liés aux activités des conjoints…

    « Nous avons étudié de près toutes ces déclarations, et émis des avis comportant des réserves dans 12 % des cas, précise le président de la commission de déontologie. La plupart du temps, nos propositions ont permis de résoudre les problèmes. Nous avons par exemple incité certains élus qui travaillent dans le privé à préciser dans leur contrat qu’ils ne peuvent pas être mobilisés sur un sujet en lien avec la Ville de Paris. Il reste un ou deux dossiers à régler. »

    « Exhibition ou voyeurisme »

    Mais si les documents ont fini par arriver à l’hôtel de ville, et à y être passés au crible, tous ne seront pas mis en ligne, loin de là. Sur les 163 élus parisiens, quarante s’opposent en effet à ce que leurs déclarations d’intérêts soient publiées sur le site de la Mairie. Soit un élu sur quatre ! Lors de la précédente mandature, seuls trois refus avaient été enregistrés.

    « J’essaie de convaincre ceux qui rechignent, et j’espère que le nombre final des récalcitrants sera inférieur, indique Yves Charpenel. Je leur explique qu’ils se sont engagés, et n’ont aucun intérêt à se placer hors des clous, en contradiction avec eux-mêmes. Mieux vaut montrer qu’ils n’ont pas peur de la transparence. Après, c’est à eux de voir. » Aucune sanction n’est prévue.

    Les réticences se révèlent encore plus fortes pour les déclarations de patrimoine, pour lesquelles il n’existe aucune obligation : 55 % des élus parisiens n’ont pas remis cette déclaration ou en bloquent la diffusion.

    Qui sont les conseillers décidés à maintenir le voile sur leurs activités ? Ils se recrutent avant tout à droite. « Sans doute ne souhaitent-ils pas se montrer empressés sur un sujet qui compte beaucoup pour la maire de Paris », suppute Yves Charpenel.

    Sur les cinquante-cinq membres du groupe Changer Paris de Rachida Dati, trente et un ont refusé que leur déclaration d’intérêts soit mise en ligne, en dépit de la charte qu’ils avaient signée, et cinquante n’ont pas transmis de déclaration de patrimoine ou ont interdit sa communication. La maire (Les Républicains, LR) du 7e arrondissement a dit non dans les deux cas. Rudolph Granier, l’un de ses lieutenants, a fait de même. « Je me suis engagé à suivre la loi, et c’est tout, assume-t-il. J’ai transmis mes deux déclarations à la commission de déontologie, qui n’a rien trouvé à y redire. Qu’elle veille à ce qu’il n’y ait pas d’enrichissement anormal ou de conflit d’intérêts, c’est logique. Mais rendre tout cela public me semble peu utile au débat démocratique. Cela relève plutôt de l’exhibition ou du voyeurisme. »

    A gauche, comme à droite

    A gauche aussi, certains n’étaient guère pressés de se « déshabiller en public ». « A la demande insistante d’Anne Hidalgo, j’ai incité les adjoints hésitants à accepter au moins la publication de leur déclaration d’intérêts », raconte Patrick Bloche, l’adjoint socialiste chargé de l’organisation du Conseil.

    Mais, en dehors des adjoints, certains élus ont maintenu leur refus, comme le maire (PS) du 13e arrondissement Jérôme Coumet, qui ne veut pas s’exprimer sur le sujet, ou encore l’écologiste Aminata Niakaté. « J’ai remis mes deux déclarations, et je n’ai aucun conflit d’intérêts, mais cela me gêne que tout le monde puisse scruter mes revenus et mon patrimoine », confie-t-elle. C’est aussi le cas de #Christophe_Girard. « Après l’année horrible que j’ai vécue, ma famille ne veut plus donner prise à une chasse aux sorcières ou à une forme de maccarthysme », explique l’ex-adjoint à la culture, contraint de démissionner de ses fonctions sous la pression des féministes.
    Globalement, malgré les pressions d’Anne Hidalgo et de son équipe, 21 % des écologistes, 25 % des communistes, 39 % des socialistes et apparentés, et même sept adjoints sur trente-quatre ont fait en sorte que leur déclaration de #patrimoine ne soit pas diffusée.

    #ville_de_Paris #Paris

  • Les exilé·es chassé·es de la #République. #Violence d’un soir, continuité d’une politique

    Lundi soir, place de la République, les forces de police ont brutalement appliqué le principe "#zéro_tolérance" qui résume à lui seul la politique de #harcèlement méthodiquement menée contre les exilé·es qui tentent, faute de solutions d’hébergement, de survivre en s’installant dans les #interstices de l’#espace_public.

    Au cœur de #Paris, sur cette place symbole et sous le regard de témoins qui peuvent et savent se faire entendre, la violence de cette politique est devenue visible : les coups, les tentes arrachées et confisquées, leurs occupant·es pourchassé·es à coups de grenades lacrymogènes ou de désencerclement ont répliqué à la "constitution d’un campement" qui n’était tout simplement "pas acceptable" selon le communiqué par lequel la préfecture de police et celle de la région Île-de-France (Prif) ont tenté de justifier "la dispersion de cette occupation illicite ».

    Cette opération de police n’a fait que mettre en évidence le traitement que les exilé·es subissent, en réalité, depuis des mois sinon des années. En tout cas depuis que la doctrine du gouvernement repose sur un même credo : parce que leur seule présence n’est "pas acceptable", empêcher qu’ils se rassemblent, disperser tout regroupement, interdire la (re)constitution de tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, à un lieu de vie. Et pour ce faire, entraver et discréditer l’action de toutes celles et ceux qui tentent de substituer l’entraide à l’isolement, la solidarité au dénuement.

    Que personne ne s’y trompe, ces #violences sont depuis longtemps le lot quotidien des habitants des #campements. À Paris et dans les environs de Paris où, par exemple, celles et ceux que la dispersion de celui de Saint Denis, le mardi précédent, avait laissé·es sans solution d’hébergement étaient, ces derniers soirs, systématiquement traqués jusque dans les fourrés où ils étaient contraints de se cacher.

    Si la brutalité policière de la place de la République justifie pleinement les condamnations indignées qu’elle suscite, elle n’a pour autant rien à envier à celle que subissent pareillement, à Calais et dans sa région, les centaines d’exilé·es qui tentent, depuis plusieurs années, de survivre dans le même dénuement et où sévit, sous l’autorité du ministre de l’intérieur, la même politique d’éradication des "points de fixation". Dispersion systématique des campements, harcèlement policier permanent, confiscation des tentes et des effets personnels, coups, invectives, gazages, sont régulièrement constatés et documentés par les associations et bénévoles qui, dans une indifférence fataliste, s’épuisent à tenter d’inverser la logique du rejet.

    En confiant une enquête à l’IGPN sur les événements de la place de la République, le ministre feint d’ignorer que le mauvais scénario qui s’y est joué n’est que la réplique de l’action constante de ses forces de police et le produit d’une politique délibérée qui prétend faire du harcèlement une méthode de dissuasion. Aurait-il soudainement pris conscience des excès, voire même des impasses, de la guerre d’usure ainsi menée contre les exilé·es ?

    Ce serait un revirement spectaculaire de celui qui, après avoir reçu la maire de Calais le 10 septembre dernier, annonçait le renforcement des effectifs de CRS et avoir demandé au préfet du Pas de Calais de prendre un arrêté interdisant aux associations de distribuer de la nourriture aux exilé·es dans le centre de la ville [1].

    « Choquantes », c’est le qualificatif que Gérald Darmanin a choisi à propos des images et vidéos non floutées que les réseaux sociaux ont permis de diffuser et qui lui auraient ouvert les yeux sur les violences exercées par ses propres services.

    Si d’aventure il entendait convaincre de sa volonté de tourner le dos à la politique sur laquelle les événements de la place de la République ont jeté une lumière crue, le retrait du projet de loi sur la sécurité globale serait un premier test de sa sincérité.

    https://www.gisti.org/spip.php?article6508
    #violences_policières #asile #migrations #réfugiés #destruction #démantèlement #France #23_novembre_2020
    #place_de_la_République

    • Evacuation de la place de la République : le #rapport vite fait mal fait de l’#IGPN

      Dans son rapport de synthèse sur la soirée de lundi, rendu public sur décision de Gérald Darmanin, la « police des polices » n’évoque que trois scènes. Et concède d’éventuels #manquements dont deux sont déjà aux mains de la justice.

      C’est la copie médiocre d’un élève pris par le temps, mais obligé de rendre son devoir. Saisie d’une #enquête_administrative sur l’évacuation de la place de la République, lundi soir, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) explique qu’elle a fait de son mieux compte tenu du délai imparti et du cadre posé : « la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos et de messages évoquant des comportements inappropriés de policiers ».

      Dans un « rapport de synthèse » de deux pages adressé au préfet de police de Paris Didier Lallement et rendu public jeudi soir (à télécharger ici) – Gérald Darmanin s’y était engagé –, la directrice de l’IGPN s’excuse presque. « Dans le temps imparti (48 heures), je ne peux vous rendre compte que des conclusions provisoires qui sont contenues dans les trois rapports d’enquête joints. » Lesdits rapports restent confidentiels, les citoyens ayant seulement accès à leur substantifique moelle.

      Il faut souligner, d’abord, ce que le rapport de synthèse n’évoque pas. Rien sur le dispositif policier en lui-même, sa pertinence, sa proportionnalité, les ordres donnés, le recours à des BAC de nuit plutôt qu’à des unités spécialisées dans le maintien de l’ordre. Rien sur les nasses dans lesquelles se sont retrouvés piégés des manifestants et des élus, des avocats, des journalistes. Rien, surtout, sur les migrants vidés de leurs tentes comme des jambons, les affaires confisquées, les chaussures manquantes, la poursuite dans les rues puis la reconduite aux frontières de Paris.

      Invité sur France 2 pour une interview de sept minutes, jeudi soir, le ministre de l’intérieur n’a développé aucun discours critique sur le déroulement de l’opération, renouvelant son soutien au préfet de police. Gérald Darmanin a rappelé que la manifestation place de la République était « illégale » puisque sans « aucune autorisation ». « J’ai demandé qu’on évacue, bien sûr, cette place », a ajouté le ministre, appelant ses concitoyens à ne pas « toujours juger dans l’émotion » provoquée, selon lui, par les images.

      Le rapport de l’IGPN ne porte pas sur la soirée entière mais sur trois scènes, filmées et largement relayées sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels. Deux d’entre elles ont déclenché, mardi, l’ouverture d’enquêtes préliminaires menées par le parquet de Paris pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique ». C’est sur celles-là que le rapport s’attarde.

      La première scène montre le croche-pied d’un policier sur un migrant qui tombe au sol, interrompu dans sa fuite. L’auteur de ce croche-pied, un commissaire divisionnaire de la BAC nuit en Seine-Saint-Denis, a reconnu son geste, qu’il explique par la fatigue, la lassitude et un dispositif de maintien de l’ordre mal construit.

      Selon le rapport de synthèse, ce commissaire « avait reçu la mission d’empêcher les usagers d’emprunter la rue dont il tentait d’interdire l’accès ». « S’il est possible de comprendre qu’au regard de ces instructions, il ait envisagé un moyen pour ralentir ou stopper la progression des manifestants, […] le barrage qu’il constituait quasiment seul n’était ni efficace ni inviolé. »

      Compte tenu du risque de blessure grave, et puisque l’homme qui court ne représente aucune menace, l’IGPN conclut que ce geste, choisi « sans doute en une fraction de seconde », constitue « un manquement par un usage disproportionné de la force ». Le ministre a complété au 20 heures : pour cet acte « totalement injustifié », il réclame un conseil de discipline, l’organe interne à la police qui propose des sanctions.

      La deuxième scène, faisant également l’objet d’une enquête judiciaire, montre le journaliste de Brut, Rémy Buisine – même si le rapport prend soin de flouter son nom – recroquevillé au sol, contre un mur, un policier s’agitant au-dessus de lui. Le journaliste a fait savoir, par la suite, que le même agent s’en était pris trois fois à lui dans la soirée. Mais les vidéos de ce moment précis ne permettent pas de discerner, il est vrai, s’il reçoit des coups.

      À ce sujet, le rapport de l’IGPN souligne dans un langage administratif alambiqué que « les constatations réalisées sur la vidéo, malgré l’impression donnée par les images, ne font état d’aucun coup porté par le policier avec les poings ou avec la matraque ». Il résume l’audition du gardien de la paix, qui « nie tout acte de violence, ayant simplement cherché à se dégager d’une situation de corps à corps ».

      Les déclarations de ce policier n’étant « ni corroborées ni infirmées » par d’autres témoignages ou d’autres vidéos, l’IGPN promet de continuer ses investigations « pour compléter et déterminer s’il y a eu usage de la force, pour quelles raisons éventuelles et dans quelles conditions M. Buisine s’est retrouvé allongé au sol ».

      Au détour d’une phrase, le rapport souligne que « l’usager victime n’a pas répondu aux sollicitations de l’IGPN », ce qu’a répété le ministre de l’intérieur sur France 2. « C’est bien évidemment faux, je reste à disposition des enquêteurs dans les plus brefs délais », a répondu Rémy Buisine quelques minutes plus tard.

      Le gardien de la paix mis en cause par Rémy Buisine, appartenant lui aussi à la BAC de nuit du 93, est visible sur d’autres images au cours de la soirée. L’IGPN écarte tout manquement professionnel dans la troisième scène, tendue, où ce fonctionnaire écarte un manifestant d’un coup de pied à l’entrejambe. Car pour l’IGPN, il ne s’agit pas d’un simple coup de pied, mais d’un « chassé frontal », geste technique d’intervention enseigné dans les écoles de police.

      « La technique a été mise en œuvre avec un objectif à ce moment précis de maintien à distance. Le danger (attitude offensive et agressive des manifestants) était réel et de plus en plus imminent. » Ce policier sans casque ni bouclier, qui selon l’IGPN ne disposait pas non plus de gazeuse lacrymogène, « semble avoir utilisé la seule possibilité qu’il avait de repousser ses agresseurs. […] Il a atteint son objectif et n’a pas blessé d’usager ».

      Anticipant, peut-être, les critiques, voire les moqueries, l’IGPN prend soin de rappeler que « tout usage de la force, quelle que soit l’analyse technique et juridique que l’on puisse en faire, est par nature choquant pour des observateurs ». Mais qu’elle se doit de « décortiquer les images » pour en proposer une analyse légale et déontologique. Ce geste, le seul examiné dans son rapport à ne pas faire l’objet d’une enquête pénale, lui semble donc conforme aux canons de la profession.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/261120/evacuation-de-la-place-de-la-republique-le-rapport-vite-fait-mal-fait-de-l

    • #Fabien_Jobard, sociologue, à propos de l’#évacuation de la place de la #République

      #Fabien_Jobard, sociologue, à propos de l’#évacuation de la place de la #République : « Cela illustre la hantise des pouvoirs publics de tout mouvement qui s’installe. Les préfets aujourd’hui sont formés à craindre tout ce qui peut ressembler à une zone d’occupation temporaire ».

      https://twitter.com/_alairlibre/status/1331300451833274372

      Transcription :

      "La hantise de la part des pouvoirs publics de tout mouvement qui s’installe quelque part... Les préfets aujourd’hui sont formés en France à craindre tout ce qui peut, de près ou de loin, ressembler à une #zone_d'occupation_temporaire, voire le pire de tout, une #ZAD.
      En ce qui concerne les migrants, la #peur du #campement.
      Effectivement, on intervient le plus tôt possible, pour éviter que se mettent en place des #habitudes : apporter de la #nourriture, apporter de l’eau, mettre en place des toilettes sèches, que sais-je... qui transforment la Place la république et qui rendent, plus tard, l’évacuation médiatiquement plus difficile. Cela explique une intervention très précoce, brutale, quasi-instantanée, qui a l’avantage en plus, puisqu’on est dans une #bataille_de_l'image... la manifestation... c’est rendre manifeste, rendre visible les choses. Là, elle a l’avantage, en hiver, de se dérouler de #nuit, donc ça explique cette intervention très rapide. Bien sûr les migrants ne sont pas seuls, il y a autour d’eux depuis au moins les années 1970 tout un ensemble d’associations , y compris d’#élus, d’élus locaux, #Audrey_Pulvard, d’élus nationaux comme #Eric_Coquerel... et donc ça donne ces #images difficilement compréhensibles d’élus de la République ne pouvant être entendus, ne parlant presque pas la même langue que des policiers qui semblent exécuter des #ordres venus d’une #autorité très lointaine.

      #Place_de_la_république #points_de_fixation #fixation

    • La #violence comme seul horizon politique

      Inacceptable ; c’est le mot qu’a utilisé le préfet de police de Paris, à propos de l’« #occupation_illicite » de la place de la République après que des exilé·es y ont installé une centaine de tentes, pour justifier la violence rare avec laquelle a été menée, le 24 novembre, leur « #dispersion ».

      Sans doute estimait-il « acceptable » que plusieurs centaines de personnes qui n’avaient pas été prises en charge une semaine auparavant, lors de l’évacuation du campement dans lequel elles survivaient depuis plusieurs semaines porte de Paris, à Saint-Denis, soient privées de toit, contraintes à l’errance et exposées au harcèlement policier.

      Depuis des mois, les violences à l’égard des personnes exilées se sont amplifiées, que ce soit dans le nord-ouest de la France [1], le long de la frontière franco-italienne ou à Paris et dans sa périphérie. Celles infligées lors des opérations de démantèlement de leurs campements – au caractère hautement politique – sont particulièrement impressionnantes.

      Le 17 novembre, une énième expulsion – c’est le 65e démantèlement de grande ampleur en Île-de-France depuis 2015 – mobilise d’importantes forces de police dès 4 heures du matin. Il s’agit, comme chaque fois, de « mettre à l’abri » – provisoirement et dans des hébergements d’urgence [2] – des personnes survivant dans des conditions insalubres et contraires à la dignité humaine. Comme chaque fois, des centaines d’entre elles ne peuvent même pas grimper dans le bus qui les mènerait vers cet hébergement, juste pour souffler. Car, comme chaque fois, l’opération policière n’a pour but que de les faire disparaître. Cette fois encore, les forces de l’ordre ont pourchassé tou·tes ces recalé·es de l’hébergement en banlieue nord et jusque dans les rues de la capitale pour les empêcher de poser leur tente. Au cours des nuits qui ont suivi, la chasse à l’homme a continué avec une violence inouïe.

      Pour que leur sort ne reste pas dans l’ombre, des exilé·es, rejoint·es par des militant·es, ont installé un campement symbolique place de la République en plein cœur de Paris. Dans l’espoir que, leur situation étant ainsi exposée, des solutions de mise à l’abri pérenne leur soient proposées. Mais le préfet de police ne l’entendait pas ainsi et ses troupes, mobilisées en hâte, ne les ont pas lâché·es ; il ne leur a pas fallu plus d’une heure pour sortir les matraques, les grenades lacrymogènes ou de désencerclement et les LBD. Des vidéos, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent des policiers soulevant des tentes et les secouant pour en faire tomber les occupants, et jetant dans un camion le peu d’affaires que les exilé·es avaient réussi à conserver… Tolérance zéro. Et à nouveau, la traque impitoyable et indigne a recommencé.

      Rarement mises en évidence et condamnées, les violences policières ont cette fois suscité de nombreuses réactions d’indignation, y compris de responsables politiques dont on pourrait attendre qu’ils mobilisent les moyens à leur disposition plutôt que de se contenter de protestations, aussi bienvenues soient-elles. Au demeurant, elles ne peuvent faire oublier que ces violences s’inscrivent dans la continuité de la politique d’éradication des « points de fixation » méthodiquement menée depuis plusieurs années tant à Paris qu’à la frontière britannique ; parce que leur seule présence n’est « pas acceptable », il s’agit d’empêcher que les exilé·es se rassemblent et d’interdire la (re)constitution de tout ce qui peut ressembler à un lieu de vie. Et, pour ce faire, d’entraver et de discréditer l’action de toutes celles et ceux qui tentent de substituer l’entraide à l’isolement, la solidarité au dénuement [3].

      Plusieurs actions sont en cours pour dénoncer ces violences commises devant des journalistes, des membres d’associations et des élu·es, comme la demande de mise en place d’une commission d’enquête parlementaire et le dépôt de plaintes pénales groupées pour violences volontaires et dégradations de biens. On espère qu’elles auront plus de succès que l’enquête confiée à l’IGPN par le ministre de l’intérieur qui s’est dit « choqué » par les événements de la place de la République… feignant d’ignorer qu’ils sont la réplique de l’action constante de ses forces de police et le produit d’une politique délibérée qui prétend ériger le harcèlement en méthode de dissuasion.

      Si le ministre a dû se résoudre à cette désapprobation minimaliste, c’est qu’il ne pouvait que s’incliner devant l’évidence après la circulation de vidéos montrant la violence des forces de l’ordre. Ces images, sans appel, font écho au délit que le gouvernement tente d’intégrer dans la proposition de loi sur la sécurité globale. Les diffuser pourrait, désormais, être passible d’emprisonnement ! En muselant les défenseurs des libertés publiques, le gouvernement veut imposer un monopole policier sur le récit des opérations dites de maintien de l’ordre.

      L’invisibilisation est de longue date un élément central des politiques ignorant les droits et rejetant a priori toute revendication des exilé·es, que les gouvernements voudraient isoler dans un face-à-face à huis clos avec les forces de l’ordre. En cherchant à priver l’ensemble des mouvements sociaux du « droit à l’image », le gouvernement franchit une nouvelle étape de son projet visant à étouffer les voix dissidentes sous la pression policière. Ne le laissons pas faire. Nous ne renoncerons pas à opposer la réalité vécue par les exilé·es aux « éléments de langage » institutionnels.

      https://www.gisti.org/spip.php?article6526

  • #Convention_citoyenne : « Les élus ne peuvent plus revendiquer le monopole de la production de la décision » assure Loïc Blondiaux | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/convention-citoyenne-les-elus-ne-peuvent-plus-revendiquer-le-monopole-de

    Certains élus, assez réticents, voient d’ailleurs dans cette convention citoyenne les racines d’une concurrence qui pourrait se développer. Qu’en pensez-vous ?

    Oui, objectivement, il y a une concurrence de #légitimité, mais elle n’est problématique que lorsqu’on a une vision très simplificatrice de la légitimité qui ne serait finalement reconstruite que par l’#élection. Or, ça ne fonctionne plus véritablement comme ça. Les élus sont légitimes à prendre la décision, mais ils doivent admettre que d’autres formes de légitimité peuvent venir enrichir le processus de décision collective. En fait, la #démocratie_participative ou délibérative, c’est à dire l’association des citoyens concernés par la décision dans le processus de décision, c’est une roue de secours pour la démocratie représentative, qui risque de disparaître, mise à mal par le processus de déconsolidation des démocraties représentatives et la montée en puissance des mouvements autoritaires. Si elle ne se réforme pas elle va disparaître.

    Le #tirage_au_sort est-il la bonne manière de rendre des citoyens légitimes pour s’exprimer et potentiellement donner lieu à un projet de loi ?

    Le tirage au sort pour désigner des citoyens qui prendraient les décisions qui feraient les lois de A jusqu’à Z, j’ai le sentiment que c’est une solution qui n’apparaît réaliste à personne. Pour l’instant, l’élection continue à être le moins mauvais des systèmes pour prendre la décision en dernière instance. Mais le tirage au sort trouve son intérêt, pour produire des assemblées citoyennes suffisamment diverses, suffisamment représentatives de la population, pour inclure dans la discussion des intérêts, des expériences et des manières de penser qui ne sont pas suffisamment représentées au Parlement. Aujourd’hui, un des problèmes de nos assemblées élues, c’est qu’elles ne sont pas assez représentatives socialement de la population. Et quelqu’un peut être légitime parce qu’il apparaît beaucoup moins partial, moins dans des intérêts particuliers. Ces 150 citoyens se sont placés du côté de l’#intérêt_général. Ils n’avaient de comptes à rendre à personne, pas de souci de réélection. Ils ont eu la possibilité de prendre des mesures audacieuses que des élus n’auraient peut-être pas prises.

    Est-ce que l’élection n’a pas aussi perdu en légitimité et en poids du fait des taux d’#abstention ?

    Je crois que les citoyens ne se sont pas dépolitisés. Ils continuent à être informés. Ils continuent à s’engager quand ils se sentent véritablement concernés. Et quand on regarde les enquêtes d’#opinion, l’intérêt pour la politique ne faiblit pas autant qu’on pourrait le croire. Ce qui faiblit, c’est l’intérêt pour la #politique institutionnalisée, l’intérêt pour les élections. Les citoyens, à l’exception de l’élection présidentielle, ont le sentiment que ces élections n’ont plus de conséquences véritables sur leur destin. Ils ont le sentiment que ceux qui ont le pouvoir de décision se situent hors de portée de l’élection. Donc, il y a une forme d’affaiblissement de l’importance de l’élection dans nos systèmes politiques. Ce qu’il faut maintenant, c’est réinventer des mécanismes politiques autres que l’élection pour venir renforcer notre système.

    #démocratie_représentative #démocratie_délibérative #élus

  • La maire écologiste de Poitiers vote la baisse de 1.500 euros de son indemnité, « par sobriété »
    https://www.francebleu.fr/infos/politique/la-maire-ecologiste-de-poitiers-vote-la-baisse-de-1-500-euros-de-son-inde

    Pour le premier conseil municipal de la nouvelle mandature, les élus écologistes ont voté la baisse des indemnités de certains élus.

    Après leur victoire aux élections le 28 juin dernier, les élus de Poitiers ont tenu ce lundi 20 juillet leur premier conseil municipal dédié aux orientations budgétaires. Dans un contexte de crise économique, la nouvelle maire, l’écologiste Léonore Moncond’huy, a accepté de baisser son indemnité d’un tiers, soit près de 1.500 euros. 

    « On fait le choix de réduire l’écart entre les différents élus, explique Léonore Moncond’huy. Le ratio entre l’indemnité la plus basse et celle la plus haute est donc à cinq, entre un élu conseiller municipal délégué et la maire. »

    « Il faut être conscient que l’on est dans une période de crise, le salaire médian en France est autour de 1.500 euros, et c’est tout à fait normal d’être en phase avec ce qui constitue le salaire de la majorité des Français », ajoute la maire de Poitiers.
    . . . . . . . . .

    #Poitiers #élus #élus #élus_locaux #Démocratie #Démocratie_locale #Communes #Femme

  • #coronavirus, #covid-19 : Décès quotidiens, en France, de cette épidémie de grippe.
    Faudrait arrêter de répéter les délires des merdias, de moins en moins de gens y croient, d’où certains faits divers.

    Décès quotidiens
    Comme il y a un retard de 2 à 3 semaines entre nouveaux cas et décès, la situation est toujours satisfaisante :

    On constate cependant que l’épidémie de décès n’a pas pu être complètement éradiquée en France et en Italie malgré l’embellie.

    Source : Pandémie Covid-19 : où en sommes-nous ?
    Les crises, https://www.les-crises.fr/pandemie-covid-19-ou-en-sommes-nous
    Sur SeenThis : https://seenthis.net/messages/867302

    Rappelons la responsabilité du gouvernement français #EnMarche, pour ce qui est du nombre important de décès en début d’épidémie, Ehpads compris.
    Pour ce qui est de la diffusion de ce virus, les élections municipales par exemple.

    #médias #france #propagande #journulliste #en_vedette #journullistes #medias #politique #médiacrates #imposture #mass_merdias #épidémie #pandémie

  • Lille - MEL : Damien Castelain, président de la Métropole Européenne de Lille, veut augmenter ses indemnités de 40%
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille-metropole/damien-castelain-president-mel-va-augmenter-ses-indemni

    Damien Castelain entame son second mandat à la présidence de la MEL. Lors du prochain conseil communautaire, les 188 élus vont voter plusieurs délibérations, dont celle concernant les indemnités des élus. Celle du président devrait augmenter de 40% par rapport au mandat précédent.

    C’est un document que les 188 conseillers communautaires ont reçu mercredi 15 juillet, aux alentours de 21 heures. Un pavé contenant 4000 pages de délibérations qui seront soumises au vote lors du premier conseil communautaire de la MEL, au lendemain de l’élection de son président, Damien Castelain, élu à la MEL haut la main jeudi 9 juillet dernier avec près de 68% des suffrages.

    Parmi les très nombreuses délibérations à l’ordre du jour, l’une d’entre elles retient l’attention. Il s’agit du projet de délibération 20 C 0010. Derrière ce code, les élus communautaires vont voter pour ou contre la répartition des indemnités de fonctions des élus, dont celles du président de la MEL et de ses vice-présidents. C’est ainsi qu’on découvre que l’indemnité de Damien Castelain devrait augmenter de… 40% pour le mandat 2020-2026, par rapport au mandat qui vient de s’achever.

    + 40% d’indemnités pour le président de la MEL
    Pour comprendre, il faut s’accrocher et éplucher ce qu’on appelle le CGCD, le Code Général des Collectivités Territoriales. Pour faire simple, un budget est alloué à la MEL pour indemniser les 188 élus communautaires. Cette enveloppe budgétaire est calculée en fonction du nombre d’élus et au regard de l’indice brut de la fonction publique. Ainsi, pour le mandat 2014-2020, le budget mensuel pour les indemnités des élus de la MEL s’élevait à 221 053 euros. Pour le mandat 2020-2026, le budget proposé, légèrement supérieur, s’élève à 243 465 euros par mois.

    Au regard de la délibération concernant les indemnités proposée au vote, la nouvelle manière de dispatcher l’argent entre les élus profite essentiellement au président de la MEL et aux 20 vice-présidents. En effet, l’indemnité de Damien Castelain serait ainsi augmenté de 40% par rapport à la mandature précédente, passant de 5 612 euros brut à 7 895 euros, grâce à une loi promulguée permettant d’augmenter de 40% l’indemnité des grands élus locaux. Les 20 vice-présidents verraient leur indemnité passer de 1761,15 euros brut à 2 650 euros, soit une augmentation de 50% par rapport à l’indemnité de la mandature 2014-2020. Face à eux, les conseillers métropolitains perdraient quant à eux 8 euros brut par mois. Tout un symbole.

    Plafond atteint
    Pour appréhender cette augmentation, il faut prendre en compte la nouvelle loi promulguée dans le cadre de la loi des Finances 2018 permettant d’augmenter jusqu’à 40% les grands élus locaux (maires de villes de plus de 100 000 habitants, présidents de Région, président de Métropole etc). Cette loi, proposée par un groupe de sénateurs Les Républicains, a été reprise par Gérald Darmanin –alors ministre de l’action et des comptes publics- avec pour justification de vouloir aligner la rémunération des grands élus locaux sur celle de la haute fonction publique et de compenser la fin du cumul des mandats. Une loi qui ne coûte en réalité rien au contribuable, car l’augmentation de 40% accordée au président de la MEL ne peut conduire à dépasser l’enveloppe maximale allouée pour les indemnités de tous les élus (vice-présidents, conseillers communautaires etc.)

    Ainsi, si l’indemnité du président est augmentée, d’autres indemnités sont donc rabaissées. Comme le rappelle Le Monde, cette revalorisation n’est pas obligatoire et les 40 % représentent une augmentation indicative et constitue un plafond à ne pas dépasser. Pauline Ségard, conseillère métropolitaine et anciennement candidate à la présidence de la MEL, nous explique que son groupe Métropole Écologiste, Citoyenne et Solidaire va déposer des amendements concernant cette délibération qui « alimente la défiance des citoyens à l’égard des personnes qui exercent le pouvoir. » De son côté, Rudy Elegeest également candidat à la présidence de la MEL nous indique que son groupe ne votera pas cette délibération, qualifiée de disproportionnée.

    Pourtant, en janvier 2018, Damien Castelain déclarait dans un article de la Voix du Nord avoir exclu de demander cette augmentation de 40% à son conseil communautaire, son cabinet expliquait alors au journal que « Damien Castelain a forgé son mandat sur le désendettement de la MEL et sur des efforts de gestion de dépenses de fonctionnement. » . . . . . . . .

    Pour rappel, Damien Castelain est visé par deux enquêtes judiciaires. Le parquet a récemment requis son renvoi devant le tribunal correctionnel pour « recel d’abus de confiance » :
    . . . . . .
    https://www.anticor.org/2018/06/29/affaire-castelain-anticor-59-saisit-le-procureur-de-la-republique
    #Lille #MEL dont fait partie Monsieur #gérald_darmanin #damien_castelain #élus #vols #corruption #prévarication #élus #élus_locaux #Démocratie #Démocratie_locale #Farce #Communes #Métropoles #intercommunalités #Anticor #béton #spéculation_immobilière #grands_travaux_inutiles

  • En #Jamaïque, un nouvel outil replace le #pouvoir entre les mains du peuple · Global Voices en Français
    https://fr.globalvoices.org/2020/02/27/245193
    #gouvernance

    il semble que la Jamaïque ait finalement trouvé un moyen d’évaluer la performance du gouvernement et d’exiger davantage de ses élus.

    Lancé durant le dernier trimestre de 2019, le portail jamaïcain d’#évaluation des responsabilités (JAMP de son acronyme anglais) est un site web révolutionnaire créé pour suivre les actions du gouvernement (dont les abus de pouvoir et les infractions à la loi) en donnant aux citoyens un accès illimité à leurs #représentants_politiques et en les informant sur le fonctionnement de leur #gouvernement.

    Construit autour d’un “Account-A-Meter” qui permet aux particuliers, aux organisations de la société civile, aux médias, aux chercheurs (et au gouvernement lui-même via les commissions de contrôle parlementaire) de surveiller les manquements aux politiques publiques ou à la réglementation, le site offre aux visiteurs un accès direct à des agents spécialisés dans la supervision des responsabilités de l’État.

    Le site dispose d’autres fonctionnalités utiles : un système de suivi de chaque député qui rapproche ainsi les électeurs de leurs représentants parlementaires et offre la possibilité d’évaluer leur performance ; un outil permettant aux citoyens de suivre en temps réel la progression des projets de loi dans les deux chambres du #Parlement et de communiquer avec leurs #élus.

    Créée par Jeanette Calder, JAMP est une société non partisane, non gouvernementale et à but non lucratif qui se consacre à l’amélioration de la gouvernance en Jamaïque. J’ai rencontré Calder à son bureau de Kingston pour discuter – sous l’oreille attentive de son petit chien Baxter – de la manière dont elle espère que le JAMP comblera le fossé entre les responsables politiques et les citoyens. Ce qui est principalement ressorti de notre entretien, c’est que Calder est optimiste et qu’elle espère un changement positif.

    Existe-t-il des équivalents de #JAMP au niveau mondial ?

    Traduction Citation d’origine
    JC : Nous sommes tous connectés. Je pense déjà à la création d’un réseau international. Bien qu’il y ait d’autres organisations de la société civile qui suivent les performances du gouvernement, j’ai cherché mais je n’ai pas encore trouvé d’organisations qui suivent les infractions grâce à un système numérique facile d’utilisation pour citoyens comme nous le faisons. Il existe d’autres organisations de la société civile qui suivent les performances du gouvernement, mais pas de la même manière.

    Nous avons trouvé un site web au Mexique, mais le suivi des infractions est assuré par le gouvernement. Je les félicite pour cela, mais il y a une grande différence. Le site n’est pas le plus attrayant qui soit et bien qu’il soit riche en données, celles-ci ne sont pas présentées de manière à être facilement comprises par un visiteur du site. Ça n’a pas de sens d’informer les citoyens et de les laisser se débrouiller par eux-mêmes, il faut être plus explicite et leur indiquer les actions qu’ils peuvent entreprendre.

  • L’appel de 70 médecins, #élus, #économistes : « Pourquoi nous voulons légaliser le #cannabis »
    https://www.nouvelobs.com/societe/20190619.OBS14590/l-appel-de-70-medecins-elus-economistes-pourquoi-nous-voulons-legaliser-l

    #legalisation

    Il faut en finir avec le statu quo. La France doit légaliser le cannabis, qu’il soit utilisé à des fins thérapeutiques comme récréatives, pour les consommateurs de plus de 18 ans. Alors que ses voisins (Belgique, Allemagne, Espagne, Portugal, Pays-Bas…) ont tous assoupli leur législation, que le Canada, l’Uruguay et plusieurs Etats américains ont légalisé la substance, la France est à la traîne. Elle s’arc-boute sur une loi répressive datant de 1970, totalement inefficace puisque nous sommes le pays de l’Union européenne où la consommation est la plus élevée. De 18 à 64 ans, un Français sur deux a déjà expérimenté le cannabis, et un adulte sur neuf est un usager régulier. A 17 ans, 48 % des jeunes en ont déjà pris. Au même âge, presque un sur dix en est un usager régulier et un sur douze est estimé dépendant ou souffrant d’un usage problématique (1).

    D’un point de vue de santé publique, cette interdiction semble difficile à justifier. alors que le cannabis est moins dangereux, une fois le cerveau formé (2), que l’alcool, qui tue prématurément 41 000 personnes chaque année et le tabac, 73 000 (3). Nous savons que ce n’est pas un produit neutre, mais c’est précisément parce qu’il est nocif pour la santé, particulièrement celle des mineurs, qu’il faut en contrôler la production et la distribution.

    La prohibition contribue à engorger inutilement l’activité des magistrats et des policiers : plus de 130 000 personnes sont interpellées chaque année pour en avoir consommé (4).

    Aux Etats-Unis, la légalisation dans plusieurs Etats a fait chuter la criminalité le long de la frontière mexicaine (5). Quand la France acceptera-t-elle de regarder la réalité en face, de faire preuve de pragmatisme, face à cette impasse ? Les pouvoirs publics doivent agir. Et vite.

    (1) Chiffres clés de l’#Observatoire_français_des_Drogues et des Toxicomanies 2017.

    (2) Rapport de Bernard Roques, directeur de recherche à l’Inserm, sur la classification des psychotropes (1998).

    (3) Christophe Bonaldi (Santé publique France), Catherine Hill (épidémiologie Gustave-Roussy).

    (4) Office central pour la Répression du #Trafic_illicite des #Stupéfiants.

    et un papier d’économie :

    (5) « Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », « The Economic Journal ».