• Belgique : l’entrée de Boualem Sansal à l’Académie royale suscite la polémique - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/culture/20260426-belgique-l-entr%C3%A9e-de-boualem-sansal-%C3%A0-l-acad%C3%A9mie-royale-

    Ces derniers jours, plusieurs écrivains belges se sont élevés publiquement, sur les réseaux sociaux comme dans la presse, contre l’intronisation de Boualem Sansal à l’Académie royale de langue et de littérature français de Belgique, sur les réseaux sociaux comme dans la presse. Certains sont allés jusqu’à demander l’annulation de son élection. Au sein même de l’institution, plusieurs membres ont exprimé leurs doutes, voire leurs regrets, face à l’arrivée dans leurs rangs de l’écrivain franco-algérien, certains évoquant même une « erreur ».

    Le secrétaire perpétuel de l’Académie, Yves Namur, a lui-même reconnu un malaise, quelques heures avant l’intronisation, au micro de la RTBF : « Le 11 octobre, jour où il est élu sur base de ce qu’il a écrit, il est élu d’une façon très honorable, par quasi l’entièreté des membres présents. Maintenant, ce qui se passe, il faut le dire, ça nous met mal à l’aise. Ça peut nous troubler. »

    La polémique s’est poursuivie jusque dans les murs de l’Académie, lors de la cérémonie de samedi. Dans son discours de réception, l’écrivain belge Jean-Luc Outers, tout en lui rendant hommage, a évoqué à mots couverts un glissement, décrivant Boualem Sansal comme « le héros d’une droite décomplexée ».

  • Grand-Yoff : Une commerçante arnaque quatre candidats à l’ém... | Seneweb -
    https://www.seneweb.com/fr/news/Societe/grand-yoff-une-commercante-arnaque-quatre-candidats-a-lemigration-pour-plus

    Grand-Yoff : Une commerçante arnaque quatre candidats à l’émigration pour plus de six millions de FCFA
    Le commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff a interpellé le 8 avril 2026 S.N., 37 ans, commerçante, domiciliée à Arafat Grand-Yoff, pour escroquerie portant sur un montant total de 6 100 000 FCFA. Son arrestation fait suite aux plaintes déposées par quatre victimes.Le premier plaignant, N.N., indique avoir contacté S.N. en 2024 pour obtenir un visa en vue d’un voyage en Italie, moyennant 650 000 FCFA. Ni le visa ni l’argent ne lui ont été restitués.
    La deuxième victime, M.S., déclare avoir viré via l’application Wave la somme de 3 050 000 FCFA à S.N. pour l’obtention d’un visa pour l’Espagne. La mise en cause n’a pas honoré son engagement.
    La troisième plaignante, T.D., affirme avoir remis 3 000 000 FCFA à S.N. pour un voyage en Espagne incluant le billet d’avion. Après avoir versé un premier acompte d’un million de FCFA, S.N. l’a enrôlée dans une tontine à laquelle T.D. a cotisé 430 000 FCFA avant de se retirer, constatant la mauvaise foi de la mise en cause.Le quatrième plaignant, S.M.B.F., expose avoir négocié un voyage à 4 500 000 FCFA. Il verse un acompte de 750 000 FCFA ainsi que 220 000 FCFA de frais de dossier. Quelque temps après, S.N. lui remet un document censé attester d’un rendez-vous à l’ambassade d’Espagne. Après vérification, il constate que le document est un faux. S.N. refuse depuis lors de le rembourser. Interrogée après son interpellation, S.N. a reconnu l’ensemble des faits qui lui sont reprochés

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#emigration#migrationirreguliere#espagne#trafic

  • L’impact profond du changement climatique sur les migrations au Sahel et au Maghreb - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/70617/limpact-profond-du-changement-climatique-sur-les-migrations-au-sahel-e

    L’impact profond du changement climatique sur les migrations au Sahel et au Maghreb
    Par RFI Publié le : 30/03/2026
    Le changement climatique joue un rôle d’accélérateur des migrations dans les pays du Sahel. Hommes, et désormais femmes et enfants, partent plus longtemps et plus loin, modifiant en profondeur les structures sociales qui existent. Ces nouvelles circulations ont aussi des conséquences dans les pays d’Afrique du Nord, comme le Maroc, qui sont désormais à la fois pays de destination, pays de départ et de retour, mais aussi pays tampon entre la bande sahélienne et l’Union européenne.
    Une émission enregistrée à Saint-Louis du Sénégal, à l’Université Gaston Berger, à l’occasion de la conférence internationale organisée les 27 et 28 mars 2026 dans le cadre du projet AfriqEurope.
    Avec le professeur Aly Tandian, sociologue à l’Université Gaston Berger et le professeur Mansour Tall, géographe à l’Université Amadou Mahtar Mbow à Rufisque

    #Covid-19#migration#migrant#senegal#changementclimatique#peche#emigration#saintlouis#maroc#sante#sahel#circulations

  • L’ancienne première ministre Jacinda Ardern, symbole de la fuite des cerveaux néo-zélandais
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/31/l-ancienne-premiere-ministre-jacinda-ardern-symbole-de-la-fuite-des-cerveaux

    L’ancienne première ministre Jacinda Ardern, symbole de la fuite des cerveaux néo-zélandais
    Celle qui avait acquis une renommée internationale en devenant, en 2017, la plus jeune femme cheffe de gouvernement dans le monde, vient de s’installer à Sydney, en Australie, comme plus de 600 000 de ses compatriotes.
    par Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)
    Lunettes de soleil, casquette, sandales Birkenstock et robe chemise courte à rayures bleues et blanches, l’ancienne première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern affiche, en ce dimanche 8 mars, une allure résolument décontractée dans les rues de Manly, quartier balnéaire huppé de l’est de Sydney, alors qu’elle profite d’une promenade au bord de la plage avec sa mère, Laurell, son mari, Clarke Gayford, leur fille de 7 ans, Neve. Mais si la quadragénaire se fond dans la foule du front de mer, son installation dans la métropole, fin février, n’est, elle, pas passée inaperçue. Sa décision de poser ses valises de l’autre côté de la mer de Tasman a été interprétée par nombre de ses compatriotes et par la presse comme le symbole de la fuite croissante des cerveaux néo-zélandais vers l’Australie. Une forme de désertion, pour certains.
    Depuis 2023, l’archipel connaît une vague de départs inédite : 205 000 Kiwis ont quitté le pays, selon l’agence gouvernementale Statistics New Zealand, sur une population de 5,3 millions d’habitants, et plus de la moitié a opté pour l’île-continent voisine. « L’atmosphère en Nouvelle-Zélande est actuellement très sombre. La population est déprimée par la situation économique et par l’accumulation de problèmes, qu’il s’agisse des inégalités, de la pauvreté, de la crise du logement ou même les catastrophes naturelles », résume le politologue Bryce Edwards.
    Pour les habitants rêvant d’une vie meilleure, l’Australie a toujours représenté une porte de sortie facile. Le Trans-Tasman Travel Arrangement, en vigueur depuis 1973, offre une liberté de circulation réciproque aux citoyens des deux Etats, leur permettant de séjourner, de vivre et de travailler indéfiniment chez leur voisin, sans avoir à demander d’autorisation préalable. Fin juin 2024, 617 960 Néo-Zélandais étaient domiciliés en Australie, selon l’Australian Bureau of Statistics, soit 2,3 % de la population totale ; ils en constituaient la quatrième plus grande communauté d’origine étrangère.
    « Nous avons déménagé il y a cinq semaines. Davantage de possibilités, de meilleurs salaires, une météo agréable et une excellente qualité de vie », se réjouit, le 23 mars, Shaun N. Tina Abernethy, en réponse à un internaute en quête de perspectives professionnelles sur la page Facebook « Kiwis Moving to Australia », mais hésitant à franchir le pas. En Australie, les salaires sont en moyenne supérieurs d’environ 25 % pour des postes comparables. L’importante communauté néo-zélandaise déjà implantée sur place facilite par ailleurs l’installation des nouveaux arrivants.
    Jacinda Ardern, dont la présence à Sydney s’est ébruitée après qu’elle a été aperçue en train de visiter des propriétés dans les quartiers privilégiés de Curl Curl et Freshwater, au nord-est de Sydney, n’a sans doute pas été guidée par ce type de préoccupations. Celle qui avait acquis une renommée internationale en devenant, en 2017, la plus jeune femme chef de gouvernement en exercice dans le monde, avant d’être désignée, selon un sondage réalisé en 2020, comme la première ministre néo-zélandaise la plus populaire depuis un siècle, n’a pas chômé depuis sa démission en janvier 2023.
    Passant des Etats-Unis au Royaume-Uni, elle a travaillé pour l’université Harvard, a été nommée administratrice du Earthshot Prize, un prix environnemental créé en 2020 par le prince William et le biologiste et naturaliste David Attenborough, puis a rejoint l’université d’Oxford. En juin 2025, elle publiait sa biographie Un autre art du pouvoir (Flammarion). En Australie, elle devrait poursuivre ses activités internationales – entre conférences, engagements académiques et défense de grandes causes –, tout en se rapprochant géographiquement de la Nouvelle-Zélande, où elle conserve un statut à part.
    « Elle a été une dirigeante très charismatique qui a marqué l’histoire de notre pays. Aujourd’hui, elle n’intervient plus dans la politique néo-zélandaise, mais reste une figure très polarisante, aimée par ses partisans et détestée par ses opposants », souligne Bryce Edwards. Ces derniers ne lui ont en effet jamais pardonné sa politique du « zéro Covid » (les confinements prolongés, la fermeture durable des frontières ou encore des vaccinations jugées trop tardives) qui a permis à l’archipel d’être épargné dans un premier temps par la pandémie mondiale, mais qui a fait d’elle un symbole à abattre pour les mouvements antirestrictions. D’autant plus qu’après la crise sanitaire, comme ailleurs, la situation économique s’est dégradée. « La banque centrale a relevé les taux d’intérêt et le gouvernement a réduit ses dépenses. Ces deux éléments ont provoqué une récession profonde, comparable à celle de la crise financière de 2009-2010 », explique l’économiste néo-zélandais Shamubeel Eaqub. Le ralentissement économique a contribué à une hausse du chômage, tandis que la progression des salaires n’a pas suivi l’inflation. Ces facteurs ont accentué l’augmentation du coût de la vie. Déjà élevés, les prix des produits alimentaires figurent désormais parmi les plus importants du monde développé.
    Dans ce contexte difficile, Jacinda Ardern incarne, malgré elle, le problème d’émigration auquel est actuellement confronté son pays. « Certains Néo-Zélandais ont vécu son installation à Sydney comme une trahison, analyse Alan Gamlen, directeur du Centre de recherche sur les migrations de l’université nationale australienne. D’autres, au contraire, considèrent que ce déménagement peut constituer un atout, dès lors qu’elle pourrait devenir une ambassadrice informelle de la Nouvelle-Zélande en Australie, apportant influence et visibilité. »

    #Covid-19#migrant#migration#nouvellezelande#australie#emigration#economie#crise

  • Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    https://www.dakaractu.com/Migration-irreguliere-l-IHRC-RFT-mobilise-experts-et-autorites-autour-d-u

    Migration irrégulière : l’IHRC-RFT mobilise experts et autorités autour d’un séminaire stratégique pour des alternatives durables pour la jeunesse
    Au Sénégal, la migration irrégulière continue de faucher les espoirs de milliers de jeunes, prêts à affronter l’océan au péril de leur vie. Entre chômage, pression sociale et mirage de l’eldorado européen, l’exil clandestin s’impose comme un drame national. C’est dans ce contexte que la Commission Internationale des Droits de l’Homme, Fonds et Secours (IHRC-RFT) a organisé un séminaire de haut niveau ce 29 janvier 2025, placé sous le thème : « Jeunesse, Migration et Opportunités Locales au Sénégal : Rester et Bâtir un Avenir Résilient ». Face à cette urgence, autorités, experts et organisations internationales appellent à une réponse ferme, axée sur l’emploi, la formation et des opportunités locales crédibles.
    Selon les données de la Gendarmerie nationale, plus de 47.000 migrants ont atteint les îles Canaries en 2024, dont 20 % de nationalité sénégalaise, 43 % de Malien, 8% de Mauritanien. Pour 2025, 17.970 migrants ont déjà été enregistrés, à bord de 266 embarcations, dont 15 pirogues en provenance du Sénégal transportant 1.920 personnes.
    Intervenant lors du séminaire, l’honorable Moussa Diakhaté, Directeur Exécutif de l’IHRC-RFT bureau Sénégal, a dressé un diagnostic sans complaisance : « La frange la plus dynamique de notre population quitte le pays dans des conditions indignes. Il y a des facteurs économiques, sociaux et une forte pression sociale. Nous devons briser l’illusion selon laquelle il faut forcément partir pour réussir. ». Il a ainsi insisté sur la nécessité d’une réponse collective, impliquant l’État, la société civile, les partenaires internationaux et la jeunesse elle-même. Pour clore son propos, l’honorable député estime que la migration irrégulière constitue un défi majeur pour la jeunesse sénégalaise.« Il est urgent de déconstruire l’illusion selon laquelle il faut quitter le pays pour réussir », a-t-il déclaré.
    Le criminologue Dr Djiby Diallo, conseiller spécial de l’IHRC-RFT a, pour sa part, souligné que le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise gouvernance figurent parmi les principales causes du phénomène, appelant à des réformes structurelles dans l’éducation et la formation professionnelle. « La mauvaise gouvernance, le sous-emploi, les inégalités sociales et la mauvaise répartition des ressources sont des causes majeures de la migration. » à t-il relevé
    Il appelle à des réponses structurelles, notamment par la réforme des programmes éducatifs, la formation aux compétences dès le plus jeune âge et une meilleure inclusion sociale : « Les conflits naissent souvent de la frustration et du sous-emploi des jeunes. Investir dans leur avenir, c’est prévenir l’instabilité. »
    Alors que des milliers de jeunes continuent de risquer leur vie sur l’Atlantique, les intervenants ont insisté sur un message central : la migration irrégulière n’est pas seulement un défi sécuritaire, mais un enjeu de développement, de dignité et d’avenir national. Ils ont ainsi plaidé pour un renforcement de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Migration Irrégulière (SNLMI) et un meilleur accompagnement des jeunes vers l’emploi et l’entrepreneuriat local.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#migrationirreguliere#sante#developpement

  • The myth of traditional Italian cuisine has seduced the world. The truth is very different

    The comforting tourist-brochure idea of what Italian food looks like obscures a story shaped by hunger, migration and innovation.

    Italy’s cuisine has now joined Unesco’s “intangible” heritage list, an announcement greeted within the country with the sort of collective euphoria usually reserved for surprise World Cup runs or the resignation of an unpopular prime minister. Not because the world needed permission to enjoy pizza – it clearly didn’t – but because the news soothed a longstanding national irritation: France and Japan, recognised in 2010 and 2013, had beaten us to it. For Italy’s culinary patriots, this had become a psychological pebble in the shoe: a tiny, persistent reminder that someone else had been validated first.

    Yet the strength of Italian cuisine has never rested on an ancient, coherent culinary canon. Most of what passes for ancient “regional tradition” was assembled in the late 20th century, largely for tourism and domestic reassurance. The real history of Italian food is turbulent: a saga of hunger, improvisation, migration, industrialisation and sheer survival instinct. It is not a serene lineage of grandmothers, sunlit tables and recipes carved in marble. It is closer to a national long-distance sprint from starvation – not quite the imagery Italy chose to present to Unesco.

    To make matters worse (or better, depending on your sense of humour), the “Italian” cuisine that conquered the world was not the one Italians carried with them when they emigrated. They had no such cuisine to carry. Those who left Italy did so because they were hungry. If they’d had daily access to tortellini, lasagne and bowls of spaghetti as later imagined, they would not have boarded ships for New York, Buenos Aires or São Paulo to face discrimination, exploitation and the occasional lynching. They arrived abroad with a handful of memories and a deep desire to never eat bad polenta again.

    And then something miraculous happened: they encountered abundance. Meat, cheese, wheat and tomatoes in quantities unimaginable in the villages they had fled. Presented with ingredients they’d never seen together in one place, they invented new dishes. These creations – not ancient recipes – are what later returned to Italy as “tradition”. In short: Italian cuisine did not migrate. It was invented abroad by people who had finally found something to eat – a truth that fits awkwardly with Unesco’s love of millennium-old continuity.

    But the most decisive transformation came not abroad but at home, during Italy’s astonishing economic boom between 1955 and 1965. In that decade, the country underwent the culinary equivalent of a religious conversion. Refrigerators appeared in kitchens, supermarkets replaced corner shops, meat ceased to be a luxury. Families who had long measured cheese by the gram discovered, with a mix of disbelief and guilt, that it could be bought whenever one wished. What the world interprets as Italy’s eternal culinary self-confidence is, in reality, the afterglow of that moment. Italians did not inherit abundance. They walked into it, slightly dazed, like people entering the wrong cinema screen and deciding to stay.

    This context makes Italy’s current wave of culinary sovereigntism particularly surreal. We hear stern warnings against “globalist contamination” from politicians who grew up eating industrial panettone and Kraft slices in school sandwiches. We are told that Italian cuisine must remain pure, fixed and inviolable – as if purity had anything to do with our past. Italian food is a champion of adaptation. It has always survived by stealing, assimilating and reinventing. The Darwinian logic is embarrassingly simple: the cuisines that change are the ones that survive. Yet sovereigntist rhetoric insists on freezing everything in place, as if the national menu were a snow globe.

    Of course, the British have helped. Britain has cultivated its own affectionate fantasy of Italy: eternal sunshine, tomatoes that taste like childhood holidays, families who spend hours eating together as if they were auditioning for a commercial. Television personalities such as Stanley Tucci have perfected this fantasy into a polished export brand – the loud, lovable Italian bursting into your kitchen to rescue you from beige British food. It’s fun, it sells and it has about as much to do with Italian history as Mamma Mia! has to do with the Greek economy.

    This British fantasy intersects perfectly with Italy’s own mythmaking instinct. For centuries, Italians were hungry – not poetically, not metaphorically, but literally hungry. Pellagra, starvation, malnutrition: these were the foundations of Italian “tradition”. And it is precisely because the past was so bleak that modern Italians felt compelled to build a golden myth of themselves. A myth in which the grandmother is an oracle, the tomato a sacred relic and “tradition” a serene and ancient truth rather than a post-1960s reconstruction.

    So what did Italy actually submit to Unesco? The real story of our cuisine, shaped by hunger, migration, innovation and sudden prosperity? The glossy tourist-brochure version, the one lit like a Netflix travel programme? Or – stranger still – what some promoters called “the relationship Italians have with food”, described in the breezy vocabulary of airport psychology? A heritage not of recipes, but of feelings; conveniently vague, pleasantly flattering and not entirely falsifiable.

    The first version would deserve recognition. The second trivialises it. The third turns heritage into national therapy.

    Italy did not need Unesco to feel important. It needed to shed the insecurity that a cuisine is only valuable when validated by an external referee. Instead, the country reached for the certificate, not the substance. And so we embalmed a living cuisine, fixing it into a museum frame just as it continues – thankfully – to evolve in real homes, restaurants and workplaces.

    This is the paradox worth remembering. The world already loves Italian food, but often loves a version shaped by television, tourism and decades of gentle mythmaking. Italians rarely resist the myth – it is flattering and profitable – but myths are fragile foundations for a Unesco bid. Because in the end, what Italy submitted was not its history but a postcard: beautifully composed, carefully lit, designed to please.

    And like all postcards, it risks being forgotten in a drawer, while the real story of Italian cuisine – restless, inventive and gloriously impure – carries on elsewhere.

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2025/dec/15/myth-traditional-italian-cuisine-food
    #alimentation #cuisine_italienne #cucina_italiana #mythe #tradition #nationalisme #Italie #Unesco #patrimoine_mondial #tourisme #faim #migrations #improvisation #industrialisation #émigration #émigration_italienne #invention #pauvreté #adaptation

    #géographie_culturelle

  • Jaafar Alloul, sociologue : « Il peut y avoir un sentiment de soulagement existentiel à l’émigration pour les jeunes cadres d’origine maghrébine »
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/12/02/jaafar-alloul-sociologue-il-peut-y-avoir-un-sentiment-de-soulagement-existen

    Jaafar Alloul, sociologue : « Il peut y avoir un sentiment de soulagement existentiel à l’émigration pour les jeunes cadres d’origine maghrébine »
    Propos recueillis par Charlotte Bozonnet
    Chercheur à l’université de Gand en Belgique, Jaafar Alloul travaille sur la sociologie des migrations. Il est l’auteur, notamment, d’une thèse sur les mobilités de travailleurs qualifiés européens d’origine maghrébine vers les Emirats arabes unis, soutenue en 2020 à l’université d’Amsterdam.
    Pourquoi des personnes qui appartiennent aux CSP+ et apparaissent donc comme très bien intégrées décident-elles de partir de France ?
    La discrimination va bien au-delà de la simple capacité, ou non, à obtenir un revenu à la hauteur de ses diplômes ou de ses aspirations professionnelles. Diriez-vous que la discrimination fondée sur le sexe n’existe pas en France parce que les femmes bénéficient aujourd’hui d’une plus grande égalité salariale et d’un meilleur accès au marché du travail ? Non. Les plafonds de verre persistent au travail et dans la société en général. Il en va de même pour les « plafonds raciaux ». En outre, ceux qui sont confrontés à des formes sophistiquées de discrimination en milieu professionnel sont souvent ceux qui ont déjà entamé une mobilité sociale considérable. A mesure qu’ils montent en grade, les frictions sociales s’intensifient en raison d’une hostilité accrue et d’une concurrence plus féroce pour le statut social associé.
    Que vont-ils chercher à l’étranger ?
    Un déménagement à Dubaï, à New York, à Londres ou même à Singapour peut offrir davantage d’opportunités professionnelles, un revenu plus élevé et une mobilité sociale accélérée. Mais il y a aussi un sentiment de soulagement existentiel, c’est-à-dire de pouvoir se débarrasser, au moins temporairement, d’une forme de stigmatisation raciale profonde et de pouvoir mener une vie plus « libre » et anonyme.
    Dans mes travaux, j’ai conceptualisé cette dynamique des minorités qualifiées quittant la France – et l’Europe en général – sous le terme de « migration de statut » plutôt que migration strictement économique. On cherche en effet une amélioration globale du statut social et pas seulement du travail, du revenu ou des finances.
    Certaines des personnes que j’ai interviewées étaient également à la recherche d’une certaine liberté dans leur pratique religieuse quotidienne, ce qui n’équivaut pas forcément à une recherche de religiosité manifeste (en termes d’apparence vestimentaire publique comme le port du voile, etc.), mais plutôt à la non-problématisation du fait d’être religieux, en l’occurrence musulman.
    Vous observez également que ces départs ne sont pas définitifs…
    Oui, et c’est une nuance importante : quitter la France, par exemple pour Dubaï, n’est pas forcément un déménagement pour toujours. Beaucoup font des allers-retours, ou reviennent après avoir franchi un certain plafond racial dans le monde de l’entreprise. L’idée d’un exode permanent et à grande échelle est un cliché sensationnaliste.
    Il faut rappeler que, avant tout, les soi-disant « immigrés » de « deuxième », « troisième » et « quatrième » génération en France restent des citoyens français, pour la plupart nés, élevés, éduqués et socialisés en France. Ils sont français. Loin de nier cette réalité, ils en sont eux-mêmes conscients lorsqu’ils s’expatrient en tant que professionnels français. Parallèlement, leur « héritage hybride » (maghrébin et musulman) acquiert soudainement une valeur avantageuse aux Emirats, ce que j’appelle le « capital racial » perçu. En conclusion, ce ne sont pas eux qui nient a priori leur identité française ou européenne et qui partent dans un exode permanent. Cela tient à la volonté de poursuivre une mobilité sociale perçue comme bloquée en Europe.

    #Covid-19#migrant#migration#france#emigration#discrimination#mobilitésociale#sante#economie#migrationqualifiee

  • « En France, toute ma vie aurait été un combat » : ces jeunes cadres musulmans partis s’installer à Dubaï
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/12/02/en-france-toute-ma-vie-aurait-ete-un-combat-ces-jeunes-cadres-musulmans-part

    « En France, toute ma vie aurait été un combat » : ces jeunes cadres musulmans partis s’installer à Dubaï
    Par Charlotte Bozonnet
    Entre opportunités professionnelles et tolérance religieuse, l’émirat séduit de jeunes actifs fatigués du bruit politique et médiatique autour de l’islam en France. Comme souvent à Dubaï (Emirats arabes unis), rendez-vous a été pris dans un mall, ces vastes centres commerciaux climatisés, où l’on vient faire ses courses, flâner, déjeuner, tout en échappant à la chaleur extérieure. Celui de Mirdif, une zone résidentielle de Dubaï, accueille une classe moyenne supérieure d’expatriés et de nationaux.
    Mathieu (qui n’a pas souhaité donner son nom), un Français de 35 ans, y vit avec sa femme et leurs deux enfants de 4 ans et 5 ans. « Ça fait presque dix ans que je suis arrivé à Dubaï ; pour nous, c’est un bon compromis entre l’identité occidentale et la culture arabe et musulmane », explique le jeune cadre, souriant, assis dans un élégant salon de thé. Rien ne prédestinait ce Toulousain, élevé dans une famille catholique, à faire sa vie dans l’émirat. C’est sa conversion à l’islam, en octobre 2011, alors qu’il est en deuxième année de prépa (économique et commerciale), qui a tout changé. Sa décision découlait de longs mois de réflexion et de recherche sur les religions. Elle n’a pas été facile à accepter par ses parents, par sa mère surtout, inquiète de cette conversion à un moment où les journaux parlaient tous de départs massifs de jeunes radicalisés en Syrie. Elle lui a surtout semblé difficile à vivre dans la société. « Jusque-là, je me disais que les musulmans se victimisaient. Mais quand je suis passé de l’autre côté de la barrière, je me suis pris une grosse claque », assure-t-il.
    Diplômé de l’ISC Paris, une école de commerce, Mathieu décroche un premier boulot à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Il se retrouve à faire ses prières sous les escaliers de sécurité du parking. Une expérience qui vient s’ajouter à ce qu’il vit comme des micro-agressions de tous les jours. « C’est un peu schizophrénique, on a l’impression de ne pas pouvoir être nous-mêmes. Je me suis dit : si je reste en France, je vais passer ma vie à me battre et je n’ai pas les épaules pour ça. » Il part rejoindre un ami installé à Abou Dhabi avec 4 000 euros en poche, mais c’est finalement à Dubaï que les opportunités professionnelles sont les plus nombreuses. Le début n’est pas évident. Il compte chaque dirham, le temps de se faire une place. Aujourd’hui, il a un bon poste dans une agence de marketing et gagne 6 000 euros par mois. Il a bien entendu les critiques régulièrement formulées sur les Emirats arabes unis : le système politique autoritaire, l’obligation de quitter le pays sous un mois quand on perd son travail, le prix exorbitant des écoles, mais il a trouvé une tranquillité sur ce territoire cosmopolite (la population compte plus de 90 % d’expatriés). « Ma famille me dit que j’ai bien fait de partir ! »
    Combien sont-ils à faire comme lui ? A quitter la France parce que, en tant que musulmans, ils ne s’y sentent plus bien ? Aucun chiffre n’existe. Publié en 2024, le livre La France, tu l’aimes mais tu la quittes (Seuil), dans lequel Mathieu a témoigné, avait mis un coup de projecteur sur le phénomène, sans le quantifier.
    « Impossible à dire. Personnellement, je me suis mise à travailler sur le sujet parce que, dans le cadre de mes recherches, de plus en plus de personnes se sont mises à m’en parler », souligne Margot Dazey, chargée de recherche au CNRS, rattachée au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (université de Lille).
    La sociologue, dont les travaux portent sur l’islam en France, a mené une série d’entretiens auprès de vingt-sept expatriés français, hommes et femmes, âgés de 31 à 46 ans, avec un revenu supérieur à 3 000 euros par mois et diplômés au minimum d’un master 1. Tous se reconnaissent de confession musulmane, mais avec des niveaux de pratique très disparates. « Au cœur de leur décision de partir, il y a un même sentiment de frustration. Jeunes actifs, ils sont en pleine mobilité sociale ascendante, mais n’arrivent pas à avoir le statut correspondant à leur position, en raison du racisme et des discriminations, explique-t-elle. Quand ils arrivent à l’étranger, ils vivent souvent une mise en cohérence entre ce qu’ils sont et la façon dont ils sont considérés. »
    Si la pratique religieuse est une des raisons qui poussent au départ, elle est loin d’être la seule. Descendant d’une famille immigrée – du Maroc par ses grands-parents paternels et du Portugal par ses grands-parents maternels –, Sofiane (les témoins cités par un seul prénom ont préféré modifier leur identité) est venu fin 2023 à Dubaï, où il travaille dans le secteur du conseil. Le trentenaire est le premier de sa famille à avoir fait des études supérieures. Après un cursus en droit, il a intégré l’école de commerce française Skema, en 2019, et c’est en 2021, pendant un stage à Dubaï, qu’il découvre l’émirat, « un déclic ». « Il y a ici des opportunités professionnelles très importantes, de bons salaires, un sentiment de sécurité, une qualité de vie. Surtout, il n’y a pas de “bruit” autour de ton nom ou de ton origine. La question, c’est qu’est-ce que tu as déjà fait dans ta vie ?
    En France, le jeune homme a eu l’impression d’être irrémédiablement renvoyé à ses origines ou à une pratique religieuse supposée. « C’est fou parce que je suis la troisième génération à être en France, je suis français, j’ai grandi dans des valeurs plutôt catholiques, et pourtant j’ai toujours eu des réflexions, dès le collège », raconte Sofiane. « Ce sentiment est nourri à la fois par ce qu’ils vivent au quotidien, les expériences de discrimination vécues par eux-mêmes ou par leurs proches, mais aussi par une ambiance étouffante où ils ont le sentiment d’être montrés du doigt dans les médias et par une partie de la classe politique », poursuit Margot Dazey, qui identifie des « points de bascule à l’origine de la décision de partir : le moment des stages, quand on part à l’étranger et qu’on s’aperçoit que ça peut être différent ailleurs, mais aussi le moment où on a des enfants ou on projette de fonder une famille ».
    Fraîchement installée à Dubaï, Meryem, 40 ans, salariée dans une entreprise de la tech, vivait à Paris avec son mari et ses deux enfants. Si le projet de partir en expatriation en famille était bien présent, la destination de Dubaï n’était pas sur la liste. Mais la proposition de son employeur cochait pas mal de cases, tant pour son intérêt professionnel que des conditions de vie offertes. Elle a aussi ouvert de nombreuses réflexions au sein du couple. « Depuis deux ans, nous avons arrêté de regarder les informations pour protéger notre santé mentale, explique Meryem. Et encore, je ne suis pas une musulmane visible, je ne porte pas de signes d’appartenance religieuse. J’admire la force mentale des jeunes femmes voilées qui supportent des regards malveillants au quotidien. »
    Née de parents marocains immigrés dans le sud de la France – son père a travaillé comme ouvrier agricole, sa mère comme femme de ménage –, Meryem n’a pas été victime de racisme pendant sa jeunesse. « Mais je vois bien la différence lorsque j’accompagne mes parents au sein de l’administration. Ils sont résidents en France depuis cinquante ans, paient leurs impôts, mais sont toujours considérés comme des immigrés et assez souvent traités avec condescendance. » Elle est aussi peinée de voir se gommer un héritage culturel familial : « Je me suis surprise à conseiller à mes enfants de ne pas parler arabe à l’école. Je n’aurais pas eu cette réflexion si ma langue maternelle avait été l’italien. » Plusieurs épisodes récents remontent à la surface, comme la réflexion de cette maîtresse, sortie de nulle part, « il a dû vous voir manger le couscous avec les doigts », ou de ce petit garçon, à propos du prénom de son fils, « il s’appelle comme le chef du Hamas ».
    Meryem sait bien que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs, qu’il y a à Dubaï d’autres problématiques, mais « on ne subit pas le racisme ordinaire, nos enfants apprennent l’arabe, obligatoire à l’école. Cela me fait plaisir de pouvoir leur transmettre ce que mes parents m’ont transmis. C’est une richesse », explique la quadragénaire, pour qui « la situation politique [en France] a contribué à [s]a décision de partir ».
    Car, dans l’expatriation, toutes les destinations ne se valent pas. « Certaines obéissent à des motivations surtout religieuses, comme le Royaume-Uni ou le Canada, quand d’autres, telles que les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, attirent plutôt pour des raisons d’opportunités économiques, sécuritaires et fiscales », analyse Arnaud Lacheret, directeur du campus de Skema à Dubaï et auteur de plusieurs ouvrages sur l’immigration, dont Les Intégrés (Le Bord de l’eau, 2023), pour qui le rôle du facteur discriminatoire dans le choix de partir est surestimé.
    Le départ, Leïla, 26 ans, employée dans l’industrie du luxe, et son compagnon, cadre dans l’industrie agroalimentaire, le prévoient d’ici à trois ans. Immigrée de troisième génération – ses grands-parents sont arrivés d’Algérie au moment de l’indépendance –, la jeune femme a grandi dans un univers privilégié : parents cadres, quartier cossu, bac + 5. Elle était l’une des rares filles maghrébines et de confession musulmane de sa classe, mais n’a pas de souvenir de discrimination pendant sa scolarité.
    Autour d’elle, le discours était celui de l’assimilation : s’intégrer, ne pas déranger et réussir. « Ma grand-mère me disait toujours : “Ne parle pas de politique, sois discrète.” La religion, c’était à la maison. On ne se cachait pas, mais presque ! J’ai même étudié dans un collège privé catholique, c’est dire à quel point nos parents voulaient nous intégrer », explique-t-elle. Maintenant en CDI, dans le secteur qu’elle souhaitait, Leïla ressent une forme de découragement. « T’as beau avoir les codes, le bagage académique, rien n’y fait. On nous renverra toujours à nos origines, à notre religion. C’est triste et je n’aurais jamais pensé en arriver là. » Le choix de la destination n’est pas encore arrêté : ce sera Dubaï ou un autre pays du Golfe, pourquoi pas Riyad, en Arabie saoudite, considéré comme le Dubaï d’il y a quinze ans en matière de perspectives de développement économique. « En tout cas, un endroit qui allie opportunités de carrière et melting-pot culturel », souligne-t-elle.

    #Covid-19#migration#migrant#france#emigration#religion#discrimination#santementale#economie#dubai#arabie#emiratsarabes

  • International social media campaign launched to stop the boats

    Today marks the launch of the latest phase of the government’s global campaign to warn migrants of the consequences of entering the UK illegally.

    Every year, thousands of people are sold lies by organised criminal gangs who put profit before human life, smuggling people to the UK across one of the busiest shipping lanes in the world, the English Channel.

    The Home Secretary has launched a new campaign that will be rolled out in Vietnam, following successful social media activity in Albania last year which contributed to a 90% reduction in Albanian small boat arrivals.

    Using real testimonies from those who regret coming to the UK illegally, the adverts highlight the risks and consequences people face if they turn to criminal gangs and attempt the dangerous journey.

    A migrant, referred to as K, shares his reality of sleeping in a camp in Calais for 5 nights under the supervision of armed guards, before taking the long journey across the Channel to the UK. He says: “Never again would I risk my life in a small boat, even if you bribed me.”

    An increasing proportion of small boat migrants are Vietnamese, and they are 1 of the top 10 nationalities for migrants crossing the Channel illegally.

    The latest phase of the campaign, which will begin today (Monday 25 March), will harness social media adverts on Facebook and YouTube to directly target people who may be considering making dangerous and illegal journeys to the UK.

    The social media posts emphasise the consequences of travelling to the UK illegally and the dangers people can expect to face, as well as set out the risks of being indebted to and exploited by the people smuggling gangs who profit from facilitating small boat crossings.

    Home Secretary James Cleverly said:

    This is a powerful campaign which demonstrates first-hand that life for people arriving here illegally is a far cry from the lies they have been sold by the gangs on the other side of the Channel.

    Last year, similar work contributed to a 90% reduction in small boat arrivals from Albania, and overall numbers are down by a third, but there is more to do.

    Expanding our campaign to Vietnam, another key partner in our work to tackle illegal migration, will help us to save more lives and dent the business model of the criminals who profit from this vile trade.

    The campaign warns prospective migrants of the reality of living in the UK illegally with no right to be in the UK and no access to public services or funding.

    It includes testimonies from Home Office Immigration Enforcement and Border Force officers, who all too often encounter illegal migrants who have been sold into modern slavery or illegal working by their smugglers.

    Illegal migrants can be forced to live in inhumane, cramped and hazardous conditions by criminal gangs, with no access to basic hygiene, healthcare or legal employment.

    The campaign’s social media adverts direct users to a new website with additional video content from Immigration Enforcement and Border Force officers who describe some of the shocking cases they’ve encountered and their experiences of rescuing small boat migrants from life-threatening danger in the Channel.

    This stage of the campaign follows successful social media activity by the UK government in Albania, France and Belgium, and is the latest step in the UK’s efforts to work jointly with countries across the world to tackle the global migration crisis.

    Similar campaigns are also being considered for other priority countries.

    UK and Vietnamese authorities already work closely to prevent illegal journeys to the UK and remove those with no right to be here.

    Senior officials from the UK and Vietnam are due to meet in London on 17 April to discuss working in even closer partnership on migration issues.

    https://www.gov.uk/government/news/international-social-media-campaign-launched-to-stop-the-boats
    #réseaux_sociaux #propagande #UK #Angleterre #stop_the_boats #Manche #La_Manche #vidéo

    –-

    ajouté à la métaliste de #campagnes de #dissuasion à l’#émigration:
    https://seenthis.net/messages/763551

    • Facts on UK immigration. Trying to enter the UK illegally could cost you everything.

      People smugglers will tell you that travelling illegally to the UK will be safe and easy and that you’ll be able to build a good life here. Nothing could be further from the truth.

      Travelling to the UK illegally will cost you a lot of money. It could even cost you your life. Men, women and children have died trying to get to the UK in small boats or hidden in lorries.

      Go to the facts:
      UK immigration rules mean you could be detained and removed if you come to the UK illegally. Here’s what you need to know.

      https://www.youtube.com/watch?v=rC85bBq8MXo

      https://immigrationfacts.campaign.gov.uk

  • ‘A real strategic threat’: Emigration of Israelis hits record numbers
    https://thecradle.co/articles-id/33785

    Israel has witnessed record population outflow in the last five years, according to official data cited in a report by Hebrew news outlet Ynet.

    The data shows that Israel has recorded a sharply negative migration balance over the past four years, with far more Israelis leaving than returning.

    The government has “no plan to stop the worrying trend,” the report says.

    According to the data, 34,400 Israelis emigrated in 2020, compared to 32,500 who returned. The gap widened each year – 41,400 left in 2021, 59,400 in 2022, and a record 82,800 in 2023.

    For 2024, covering the period from January to August, 49,000 Israelis have already left, while only 12,100 have returned.

    Overall, between 2020 and 2024, Israel lost a net 145,900 residents to emigration. The figures mark the steepest sustained population outflow in decades.

    The Ynet report cited an assessment prepared by the Knesset’s Research and Information Center (RIC).

    “This is no longer a trend of people leaving the country, it’s a tsunami. Many Israelis are choosing to build their future outside the State of Israel, and fewer and fewer choose to return,” Knesset Committee chair MK Gilad Kariv was cited as saying, adding that the situation “threatens the resilience of Israeli society and must be seen as a real strategic threat.”

    • Thomas Keith sur X :
      https://x.com/iwasnevrhere_/status/1980286060195111233

      Le président du Comité de l’Immigration et de l’Absorption à la Knesset sioniste :

      Ce qui se passe maintenant n’est pas une vague d’émigration normale, mais un « tsunami », le nombre de ceux qui partent a dépassé le nombre d’arrivées d’une marge sans précédent.

      Il décrit cette tendance comme une menace stratégique pour la structure démographique de l’État d’occupation, signalant une panique interne profonde face à l’effondrement et à la fuite de la soi-disant « terre promise ».

    • https://fr.timesofisrael.com/125-000-israeliens-ont-emigre-entre-2022-et-2024

      Les données, compilées par la Dr Ayala Eliyahu, utilisent la définition du Bureau central des statistiques (CBS) selon laquelle les émigrants sont ceux qui quittent Israël pour passer au moins 275 jours à l’étranger dans l’année suivant leur départ, et les Israéliens de retour sont ceux qui reviennent pour passer au moins 275 jours dans l’année en Israël après un séjour à l’étranger.

      Après cinq ans de résidence à l’étranger, l’Institut national d’assurance (bituah leumi) est habilité à suspendre le statut de résident en Israël, mais les citoyens peuvent également prendre l’initiative d’annuler eux-mêmes leur statut de résident, a précisé l’avocat Danny Zaken, du bituah leumi. Le nombre de demandes de ce type a plus que triplé, passant d’une moyenne de 2 500 avant 2021 à 8 400 en 2024, a-t-il ajouté.

      Le calcul du rapport, qui fait état d’une migration négative de 125 200 personnes, n’inclut pas les nouveaux immigrants. Israël a accueilli plus de 74 000 nouveaux citoyens en 2022, 46 000 en 2023 et environ 24 000 au cours des huit premiers mois de 2024, selon les chiffres du CBS.

  • Deux individus déférés par la DNLT pour usurpation d’identité, usage de faux et escroquerie au visa
    https://www.dakaractu.com/Deux-individus-deferes-par-la-DNLT-pour-usurpation-d-identite-usage-de-fa

    Deux individus déférés par la DNLT pour usurpation d’identité, usage de faux et escroquerie au visa
    La Division Nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et pratiques assimilées (DNLT), relevant de la Direction de la Police aux Frontières, a procédé, ce 8 octobre 2025, au déferrement de deux individus devant Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.
    Le premier mis en cause a été interpellé à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) alors qu’il tentait d’embarquer pour l’Espagne à l’aide d’un passeport congolais falsifié. Il est poursuivi pour usurpation d’identité et usage de faux documents administratifs.
    Le deuxième mis en cause, une dame, est poursuivie pour association de malfaiteurs et complicité d’escroquerie au visa.
    L’enquête a permis de mettre au jour un système d’escroquerie bien organisé, reposant sur la mise en relation de candidats à l’émigration avec un convoyeur censé leur obtenir des visas européens. Selon ses aveux, la dame a collecté au total 10 000 000 FCFA, dont 3 000 000 FCFA auprès du premier mis en cause et 7 000 000 FCFA auprès de trois autres candidats.Toutefois, une contradiction majeure est apparue : le premier mis en cause affirmait devoir payer le montant convenu “à l’arrivée”, tandis que la dame a reconnu avoir déjà remis les fonds au convoyeur pour la prétendue délivrance de visas pour l’Espagne — sans pouvoir en apporter la moindre preuve. Les deux suspects ont été déférés devant le parquet, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier et d’appréhender l’ensemble du réseau impliqué dans cette vaste escroquerie migratoire.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#DNLT#papierdidentite#emigration#visas#trafic

  • Opération coup de filet à Abéné : La Gendarmerie stoppe un départ de clandestins vers l’Espagne
    https://www.dakaractu.com/Operation-coup-de-filet-a-Abene-La-Gendarmerie-stoppe-un-depart-de-clande

    Opération coup de filet à Abéné : La Gendarmerie stoppe un départ de clandestins vers l’Espagne
    Une nouvelle tentative d’émigration irrégulière a été déjouée dans la nuit du 30 au 31 août 2025 par la brigade de gendarmerie de Kafountine. L’intervention s’est déroulée dans le village côtier d’Abéné, situé dans le département de Bignona. Aux alentours de 3h du matin, les gendarmes en patrouille ont été alertés par une source anonyme signalant la présence suspecte d’un groupe de jeunes rassemblés dans un campement. Soupçonnant une opération liée à l’émigration clandestine, les forces de l’ordre se sont rapidement rendues sur place, où elles sont arrivées vers 3h30. Sur les lieux, 17 personnes ont été interpellées, dont 14 candidats à l’émigration et 3 complices présumés, identifiés comme étant leurs logeurs. Parmi les candidats figurent 11 Sénégalais, dont un enfant d’environ 8 ans, et 3 ressortissants gambiens.Une fouille approfondie a permis de découvrir et de saisir divers effets personnels, des vivres ainsi qu’un important lot de matériel probablement destiné à une traversée clandestine.Une enquête a été ouverte afin d’identifier les organisateurs de cette tentative de migration et toutes les personnes impliquées.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#migrationirreguliere#bignona#routemigratoire#emigration#sante

  • La #migration est un #fait_social_total

    Parti pris · Omniprésente dans le paysage audiovisuel et les discours politiques, la question de l’immigration est sans conteste l’#obsession du #complexe_politico-médiatique français. Mais les deux visions principales qui s’affrontent – à #droite et à #gauche – pêchent considérablement par #distorsion et #omissions et peinent à embrasser la #dimension_globale de ce fait social.

    Si l’entrée de l’immigration dans le #débat_public fut progressive, on peut considérer comme un premier tournant les #agressions_racistes de #1973 et leur #médiatisation. En effet, le sujet va gagner en #visibilité à partir de ces événements et de leurs conséquences politiques, bien avant, comme on peut le lire parfois, la percée du #Front_national, au milieu des années 1980, et son affrontement avec les mouvements antiracistes.

    L’occasion est alors donnée aux immigrés de se présenter à la société française et de raconter leurs #conditions_de_travail et de vie. C’est aussi une opportunité, pour la société française, de débattre d’un sujet qui ne quittera plus les champs médiatique et politique, au point d’éclipser toutes les autres préoccupations citoyennes et même de les absorber, puisque le traitement qui en est fait suggère insidieusement sa responsabilité dans tous les #problèmes_sociaux.

    Si l’on peut penser que la surreprésentation de la question de l’immigration est imputable aux exigences et aux intérêts propres au secteur des médias, au vu de l’appétence de ces derniers pour les polémiques, on est bien en peine de justifier son #omniprésence dans le #discours_politique qui en a fait un #enjeu_électoral majeur. Cette évolution du #débat, en ampleur et en intensité, s’est accompagnée d’une #polarisation de plus en plus marquée et de la résurgence d’un #racisme_décomplexé, qui dénonce l’immigration comme un #poids pour le pays d’accueil et n’est contré que par une #rhétorique utilitariste qui associe immigration et #bénéfices_économiques.

    « #Grand_remplacement », « #invasion_migratoire » et « #submersion_migratoire »

    Porté par la droite et l’#extrême_droite, mais pas seulement, ce discours raciste développe l’idée que l’immigration représente non seulement une #charge_sociale, mais aussi une #menace_identitaire et sécuritaire pour les Français. Les immigrés sont ici présentés comme des individus #indésirables et en surnombre – on parle de « grand remplacement », d’« invasion migratoire » et de « submersion migratoire » – qui menaceraient la #sécurité et l’#identité nationales. L’argumentaire principal mobilisé pour défendre cette thèse est l’#incompatibilité des caractéristiques culturelles et religieuses des populations immigrées avec les valeurs de la #République, avec une focalisation sur l’#islam. Ce discours prône ouvertement l’arrêt des flux migratoires et même la possibilité du retour dans le pays d’origine. Sauf que…

    Lorsqu’il s’agissait de répondre à un besoin de #main-d’œuvre et d’abaisser les #coûts_du_travail, la droite, de connivence avec le #patronat, était favorable à l’immigration, notamment dans les années 1960, lorsque les constructeurs automobiles et les patrons des mines recrutaient massivement dans les pays du Maghreb. Ou encore au début des années 2000, lorsque le discours gouvernemental a fait de « l’#immigration_choisie » un leitmotiv. Aujourd’hui encore, cette pratique est maintenue et « protégée » parce que voulue par les élites économiques, bien que décriée sur les plateaux télévisés.

    De l’autre côté du spectre politique, l’argument utilitaire est mobilisé pour défendre les populations immigrées. Il est de plus en plus porté par la gauche, qui aime à rappeler la contribution des étrangers pendant la Grande Guerre et la Seconde Guerre mondiale ainsi que dans les #mines, les #usines et sur les grands #chantiers portés par le développement de l’#industrialisation, et qui souligne aujourd’hui le rôle des #médecins_étrangers dans le maintien du système de #santé_publique. Discours utilitariste donc (qui s’appuie sur les résultats de recherches en sciences économiques et en démographie conduites notamment par l’OCDE, la Banque mondiale et le FMI) mais qui est présenté comme humaniste par ses tenants, qui mettent en avant la #solidarité avec les immigrés et défendent une politique de #régularisation des #sans-papiers.

    Justifier le jeu du #capitalisme

    Ce discours est apprécié par la population concernée et il est souvent et naïvement repris par elle, puisqu’elle y trouve une justification à sa présence, au point de faire son totem de cette phrase qu’on entend souvent dans les bouches d’immigrés : « On travaille. » Mais la gauche dénie ici le fait que l’importation de populations étrangères dévalue les #classes_populaires (son principal électorat), qui se sont d’ailleurs progressivement détournées d’elle. En effet, valoriser la #participation des immigrés revient à justifier le jeu du capitalisme, qui utilise la #concurrence entre travailleurs et l’importation de main-d’œuvre pour casser les grèves, baisser les #salaires et ne pas améliorer les conditions de travail.

    Autrement dit, lorsqu’une partie de la gauche renonce à sa position historique sur la #régulation de l’immigration, elle protège ce que #Karl_Marx qualifie de « secret grâce auquel la classe capitaliste maintient son #pouvoir ». Elle devient dès lors ce que le sociologue #Ramón_Grosfoguel appelle une #gauche_impérialiste, dans le sens où « elle construit un #projet_politique où elle ne demande qu’à améliorer sa situation à l’intérieur des murs [frontières], à l’intérieur des espaces impérialistes, sans les remettre en cause, sans problématiser la #domination que ce #système-monde exerce sur les habitants à l’extérieur des murs [frontières]… Elle ne remet pas en question les #structures_de_pouvoir qui produisent le #pillage et l’#appauvrissement de la grande majorité de la population mondiale, qui vit juste à l’extérieur des murs et est soumise aux formes les plus despotiques, les plus appauvries et les plus violentes de l’accumulation du capital ». Pire, dans une démarche paternaliste, elle appelle à renforcer l’#aide_publique_au_développement au lieu de militer pour la #désimpérialisation.

    Dans les deux discours présentés ci-dessus, il y a des omissions et des distorsions si considérables qu’elles altèrent complètement l’appréhension du sujet de l’immigration. Il s’agit également de discours prisonniers de leurs points de vue et de leurs antagonismes réciproques, jusqu’à donner parfois l’impression qu’ils se définissent non pas en fonction des besoins de la réalité et des idées qu’ils défendent mais bien en réaction l’un à l’autre. À cela s’ajoute le fait que l’immigré est systématiquement abordé comme #objet et non comme #sujet, ce qui contribue à normaliser une #pensée_impérialiste qui ne participe qu’à stigmatiser les populations immigrées et à les dépouiller de leur #agentivité.

    Les trois quarts des migrations africaines sont intracontinentales

    Il s’agit d’un double phénomène : émigration-immigration. Toute étude ou tout discours qui ferait l’économie de l’un se condamnerait à l’incompréhension de l’autre, car l’un et l’autre sont les deux faces d’une même pièce. On comprend donc qu’une réflexion sur les conséquences de l’#immigration dans les pays d’arrivée doit nécessairement et impérativement s’accompagner d’une réflexion sur les #causes de l’#émigration dans les pays de départ.

    Une mise en perspective plus large permettra donc de montrer que les migrations ne concernent pas seulement les pays occidentaux – il s’agit d’un phénomène mondial –, voire qu’ils ne sont concernés que dans une moindre mesure, puisque les trois quarts des migrations africaines, par exemple, sont intracontinentales. Cela permettra également de jeter la lumière sur les problèmes réels ou supposés qui poussent des personnes du Sud à affluer en masse vers le Nord (pauvreté, conflits armés, accroissement démographique…), ainsi que sur les problèmes réels ou supposés qui poussent l’Occident à recruter des étrangers (déclin démographique, pénurie de main-d’œuvre, déserts médicaux…).

    Cette approche, qu’on pourrait qualifier de globale, est cruciale, parce qu’elle permet de démontrer combien une réflexion intramuros est vouée à l’échec, la seule manière de comprendre et de gérer la question migratoire étant d’établir un dialogue bilatéral, qui implique non seulement les pays d’émigration et les pays d’immigration mais aussi les populations migrantes et les sociétés d’accueil.

    L’immigration en #France est liée à l’#histoire_coloniale

    Il est aussi nécessaire de prendre en considération le rôle de l’histoire coloniale (esclavage, mobilisation militaire forcée et recrutement de travailleurs dans les colonies) dans la création des schémas migratoires ainsi que les rapports de force qui existent entre pays anciennement colonisateurs et pays anciennement colonisés. En effet, l’histoire de l’immigration en France est fondamentalement liée à l’histoire coloniale qui l’a créée, ce qui implique que, pour comprendre les migrations aujourd’hui volontaires, il est essentiel de revenir sur les #migrations_forcées dans les anciennes colonies, puisqu’elles ont des trajectoires identiques mais surtout qu’elles obéissent d’abord et avant tout aux besoins des pays occidentaux.

    Qualifiée comme telle – parce que c’est ce qu’on veut voir en elle, ce qu’on aimerait qu’elle soit et qu’elle le demeure –, l’#immigration_de_travail est une expression qui porte en elle un refus : regarder l’immigré autrement que comme un agent au service du capital, un corps au service des possédants. Or l’immigré est une personne, qui vient avec son histoire, sa religion, sa langue, sa façon d’être au monde, ses représentations et ses croyances, bref sa #culture. Il vient également avec ses besoins et ses aspirations : se marier, se perpétuer et vivre auprès de sa famille. Pourtant, et alors que, comme l’écrit le sociologue et non moins émigré-immigré #Sayad_Abdelmalek, « la chose était prévisible dès le premier acte d’immigration », tout semble se réaliser, du moins dans un premier temps, dans une logique du #provisoire.

    Ce sont là les #illusions qui accompagnent le phénomène migratoire, très bien expliquées par Abdelmalek Sayad. « L’image de l’émigration comme “#rotation” continuelle exerce sur chacun un fort pouvoir de séduction : la société d’accueil a la conviction de pouvoir disposer éternellement de #travailleurs […] sans avoir pour autant à payer (ou fort peu) en problèmes sociaux ; la société d’origine croit pouvoir se procurer de la sorte et indéfiniment les ressources monétaires dont elle a besoin, sans qu’il résulte pour elle la moindre altération ; les émigrés sont persuadés de s’acquitter de leurs obligations à l’égard de leur groupe […] sans avoir pour cela le sentiment de se renier. »

    L’illusion du provisoire

    C’est cette triple fonction des illusions qui maintient la notion de provisoire et lui donne une place centrale dans les #imaginaires de chacun, malgré sa mise en défaut par la réalité. C’est-à-dire, même après que le turnover a été révolu, que les séjours de travail se sont allongés jusqu’à devenir quasi permanents (transformant radicalement les rapports aux groupes d’appartenance et au #pays_natal), que les profils et les trajectoires migratoires se sont complexifiés, et que l’immigration de travail s’est transformée en #immigration_familiale, puis en #immigration_de_peuplement. La notion de provisoire est une consolation pour l’émigré face à sa désertion, pour la société d’origine face à sa désintégration et pour la société d’accueil dans son rêve de purification.

    La #délocalisation d’une partie de la société vers un autre pays, comme l’entretien de relations sociales et affectives entre ceux qui partent vivre à l’étranger et ceux qui restent dans le pays natal, semble créer une route qui grandit en même temps que la communauté d’expatriés. L’existence d’une solidarité intracommunautaire semble également faciliter, quand elle ne l’encourage pas directement, le passage à l’acte. En effet, l’idée de trouver des compatriotes ou même des membres du cercle familial (qui peuvent aider financièrement et psychologiquement) rassure le candidat à l’émigration sur la faisabilité de son #projet_migratoire et elle atténue sa peur de la #solitude et de l’#isolement. C’est ce qui explique le fait qu’on retrouve dans des villes et des quartiers à fortes densités immigrantes toute une communauté d’immigrés souvent originaires d’une même région et ayant parfois des liens de parenté.

    Les coûts importants des procédures administratives pour les demandes de visa et le pourcentage très élevé de refus dans certains pays (plus de 50 % en Algérie) rendent la voie légale souvent inaccessible. Le recours à la #clandestinité devient une possibilité de dépasser ces #blocages. En effet, traverser la Méditerranée dans une embarcation et franchir la frontière illégalement est une option choisie par des milliers de personnes chaque année, malgré les #risques et malgré les actions de prévention et de lutte contre la migration illégale.

    Maintenir coûte que coûte une #hiérarchie_sociale

    Ce qu’on peut relever du débat tel qu’il se présente aujourd’hui autour de la migration, c’est qu’elle est posée comme problème pour certaines populations et pas pour d’autres. Par exemple, en France ou en Allemagne, les réfugiés syriens ou afghans ne sont pas perçus comme les réfugiés ukrainiens. Le #traitement_médiatique qui leur est réservé n’est pas le même, pas plus que les dispositions prises pour leur #accueil et leur #insertion.

    Cet exemple permet d’inscrire la question dans le tableau plus large de la migration des pays du Sud vers les pays du Nord. Cette migration a ses spécificités et ses problématiques propres et elle ne saurait être confondue avec les mobilités intra-européennes ou euro-australo-américaines, par exemple, qui ne sont pas source de tensions, les populations qui en sont issues étant considérées comme assimilables, sinon semblables. Il n’en a pas toujours été ainsi. On se souvient du racisme envers les Bretons à Paris, des Britanniques envers les Irlandais, des Français envers les Italiens, les Espagnols, les Portugais…

    Ainsi posée, c’est la question du #racisme qui émerge comme point nodal de la migration, considérée par les uns comme phénomène social et par les autres comme problème social. Cette discrimination, qui a longtemps trouvé sa justification dans la #théorie_des_races et l’#infériorité_biologique supposée des uns par rapport aux autres, est remplacée, depuis la Seconde Guerre mondiale, par un #racisme_culturel, c’est-à-dire par un ensemble de pratiques et de discours dans lesquels la culture de certains groupes sociaux (généralement racisés) est essentialisée et infériorisée, l’objectif étant toujours le même : maintenir coûte que coûte une hiérarchie sociale.

    Faire l’impasse sur le #système-monde

    Penser l’État-nation dans un contexte d’#interdépendance_internationale est une ineptie, tout comme l’est le fait de chercher à préserver les intérêts d’un État ou à établir un #ordre_national plus juste dans un monde ravagé par les injustices, où l’on assiste au pillage des richesses humaines et naturelles par des multinationales occidentales ; un monde où rien ne protège les plus démunis de la prédation des États les plus puissants, qui se maintiennent par une #force_de_travail bon marché et des #matières_premières bradées. En effet, dans ce marché international qu’est devenu le monde et qui est régi par les intérêts économiques du capital et ses injonctions, le racisme apparaît comme une condition essentielle pour conserver une main-d’œuvre privée de droits, une force de travail à bas coût, non seulement dans les périphéries mais aussi au cœur des puissances économiques.

    Le racisme fonctionne donc selon des besoins cycliques. D’une part, il permet d’offrir des compétences à la demande et une main-d’œuvre bon marché dans les périodes de croissance, et, d’autre part, il permet d’exclure certaines populations du marché du travail dans les périodes de crise. Pour que cette mécanique puisse se perpétuer, les discriminations doivent persister, les frontières se renforcer et les populations « déplaçables » se résigner à leur #instrumentalisation. C’est ainsi que la splendide forteresse (le #centre) se protège contre les populations issues des #périphéries. C’est à ces conditions que peut se maintenir indéfiniment cet #ordre inique à l’échelle mondiale et c’est à ce niveau que doit s’inscrire la lutte pour la #justice_sociale.

    Ainsi déployée, la question migratoire déborde complètement celle des attitudes individuelles ou collectives vis-à-vis des immigrés, tout comme elle ne saurait être attribuée aux seuls faits politique ou économique, puisqu’elle est un fait social total, et que toute tentative de la saisir par un seul bout est vouée à l’échec. Il faut donc réinventer le débat, lui donner l’ampleur qu’il mérite et mettre à jour le lien direct qui lie les migrations avec les #guerres menées en Afrique et au Moyen-Orient, avec l’#extractivisme effréné et l’#exploitation irresponsable des #ressources des pays du Sud. Ce faisant, la question migratoire reprendra la place qui est la sienne au cœur de la lutte anti-impérialiste.

    https://afriquexxi.info/Migration-fait-social-total
    #utilitarisme #humanitarisme #paternalisme #diaspora #approche_globale #voies_légales #Etat-nation #nationalisme #nationalisme_méthodologique #périphérie #anti-impérialisme
    ping @reka @karine4 @_kg_ @isskein

  • La Riviera di Gaza, utopia genocida
    https://www.assopacepalestina.org/2025/08/02/la-riviera-di-gaza-utopia-genocida

    di Chris Hedges e Eunice Wong, Chris Hedges Substack, 2 agosto 2025. La società israeliana applaude il massacro di Gaza e vede nel genocidio non un crimine, ma una fantasia utopica. Gli israeliani non vedono come una maledizione le immagini dei cadaveri scheletrici dei bambini palestinesi che hanno affamato a morte. Non considerano un crimine ... Leggi tutto

    #Notizie #Lo_squallore_del_futuro

    • Israel has US ‘greenlight’ to turn Gaza into ‘resort town,’ claims Israeli finance minister

      ‘We will occupy Gaza and make it an inseparable part of Israel,’ Bezalel Smotrich says.

      The US has given Israel the green light to transform the Gaza Strip into a “resort town” after relocating Palestinians, far-right Israeli Finance Minister Bezalel Smotrich claimed on Tuesday.

      “We will occupy Gaza and make it an inseparable part of Israel,” Smotrich told a conference held in the Knesset (parliament) under the title “The Gaza Riviera – from vision to reality.”

      “We have the greenlight from the president of the United States (Donald Trump) to turn Gaza into a prosperous strip, a resort town with employment. That’s how you make peace,” he said.

      The head of the far-right Religious Zionism Party said that “a proposed plan to relocate Gazans to other countries will serve as a means of facilitating the settlement of the strip.”

      “We can start with the northern border and establish three communities there. We are already talking about it,” the extremist minister said.

      There was no immediate US comment on Smotrich’s statements. The idea of turning Gaza into the “Riviera of the Middle East” was floated by President Donald Trump earlier this year.

      While Smotrich did not provide further details about this plan, he reiterated his call at a separate conference in West Jerusalem for Prime Minister Benjamin Netanyahu to move forward with the full occupation of the Gaza Strip.

      “I call on the prime minister to set a deadline for negotiations with Hamas, and to give it a final 24-hour ultimatum to accept the terms,” he said.

      “If it doesn’t, declare the end of any possibility for a partial deal and order the army to implement the plan for full control of the Strip and humanitarian separation, leading to either Hamas’ complete surrender or total destruction.”

      Indirect negotiations are currently underway in Doha between Israel and Hamas, mediated by Qatar and Egypt with US support, to reach a deal on prisoner exchange and a ceasefire in Gaza. Two partial agreements were reached in November 2023 and this January.

      Hamas has repeatedly affirmed its willingness to release all Israeli captives in one batch, in exchange for ending Israel’s war and the complete withdrawal of Israeli forces from Gaza.

      Israel has killed more than 59,100 Palestinians, most of them women and children, in the Gaza Strip since October 2023. The military campaign has devastated the enclave, collapsed the health system, and led to severe food shortages.

      Last November, the International Criminal Court issued arrest warrants for Netanyahu and his former Defense Minister Yoav Gallant for war crimes and crimes against humanity in Gaza.

      Israel also faces a genocide case at the International Court of Justice for its war on the enclave.

      https://www.aa.com.tr/en/middle-east/israel-has-us-greenlight-to-turn-gaza-into-resort-town-claims-israeli-finance-minister/3638988

  • 244 migrants interceptés en mer au large de Saint-Louis : une tentative de traversée vers l’Espagne avortée
    https://www.dakaractu.com/244-migrants-interceptes-en-mer-au-large-de-Saint-Louis-une-tentative-de-

    244 migrants interceptés en mer au large de Saint-Louis : une tentative de traversée vers l’Espagne avortée
    La Division nationale de Lutte contre le Trafic de Migrants et Pratiques Assimilées (DNLT) a procédé, le 29 juillet 2025, à l’interpellation de 244 migrants clandestins, remis par la Marine nationale sénégalaise après avoir été secourus à 145 milles nautiques des côtes de Saint-Louis.
    Ces candidats à l’émigration avaient quitté, deux jours plus tôt, une zone proche de Karang, en territoire gambien, aux alentours de 3 heures du matin, dans l’intention de rallier les îles Canaries (Espagne) par voie maritime. Leur embarcation, surchargée, a été localisée et interceptée à 17h45, mettant fin à leur périple périlleux.
    Le groupe, particulièrement hétérogène, est composé de ressortissants de huit pays ouest-africains :
    Nationalité Hommes Femmes Mineurs (garçons) Mineures (filles) Total
    Sénégal 98 8 7 1 114
    Guinée 20 22 5 4 51
    Gambie 41 5 4 2 52
    Mali 6 3 - - 9
    Côte d’Ivoire - 7 1 4 12
    Ghana 1 - - - 1
    Burkina Faso 2 - - - 2
    Bénin 3 - - - 3
    Total 171 45 17 11 244
    La DNLT, en coordination avec les services compétents, a ouvert une enquête pour identifier les organisateurs de cette tentative de migration irrégulière. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un réseau transfrontalier structuré, exploitant la misère sociale et les espoirs d’exil. L’interception rapide de ce convoi a permis d’éviter un nouveau drame humain en mer, dans un contexte où les départs clandestins se multiplient depuis les côtes sénégambiennes, souvent avec des embarcations précaires et dangereuses. Les autorités appellent à la vigilance et rappellent que tout projet de migration doit impérativement passer par les voies légales et sécurisées.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#politiquemigratoire#emigration#saintlouis#DLNT#sante

  • Sénégal : sur le quai de Kayar, des candidats à l’immigration prêts à tout - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64763/senegal--sur-le-quai-de-kayar-des-candidats-a-limmigration-prets-a-tou

    Sénégal : sur le quai de Kayar, des candidats à l’immigration prêts à tout
    Par RFI Publié le : 26/05/2025
    Kayar fait partie des principaux quais de pêche artisanale au Sénégal. Il y a quelques années, c’était un des points de départ importants des embarcations pour l’immigration clandestine. Après plusieurs drames, les autorités ont lancé des campagnes de sensibilisation pour dissuader les jeunes. Des initiatives qui, si elles ont contribué à baisser les départs à partir de Kayar, ne dissuadent pas totalement les candidats à l’immigration.
    Seynabou Sarr, la cinquantaine, vendeuse de poissons depuis plus de 20 ans, seau à la main, vient de s’approvisionner auprès des pêcheurs. Elle ne cache pas son amertume : « Notre souhait est que nos enfants restent ici avec nous pour développer notre commune, mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, vous voyez, l’essentiel des jeunes qui travaillent sur ce quai ne sont même pas natifs de Kayar. Ils viennent d’autres régions. »
    Ces jeunes dont elle parle sont des saisonniers. La pêche en mer, parfois sur plusieurs jours d’affilée, constitue pour eux une sorte d’entraînement pour le grand voyage. Des rangées de pirogues peintes en jaune, rouge et bleu tapissent le long du quai, attendant les prochains à la recherche du poisson. Un peu à l’écart, un groupe d’adolescents discute dans l’une de ces embarcations. Bassirou Mballo, 17 ans, utilise la pirogue de son père. Même si le but affiché est la pêche, il ne perd pas de vue son objectif réel : quitter le Sénégal pour l’Europe. « On a laissé nos parents à la maison. J’ai prévenu que si j’arrête la pêche, j’irai prendre la pirogue pour aller en Espagne. Je n’ai pas peur parce que depuis quatre ans, je pêche. Je vais partir en Espagne », affirme-t-il.
    Ahmed Faye a déjà tenté l’aventure en 2007, en passant par la Gambie et le Maroc. Il avait même pu, selon ses dires, atteindre les côtes espagnoles avant d’être intercepté et refoulé par la police des mers. Même s’il a vu des camarades mourir, il est tenté par une nouvelle aventure : « Dès qu’une occasion se présentera, je repartirai sans réfléchir. Qui ne tente rien n’a rien. Mon travail ici est très pénible et j’espère avoir mieux de l’autre côté. »
    Depuis des dizaines d’années, Seynabou Sarr, de son côté, fréquente le quai de pêche, elle a vu les quantités de poissons diminuer au fil du temps. Et pour elle, il n’y a pas de doute, cela fait partie des raisons qui poussent les jeunes à partir : « C’est vraiment désolant. Tout à l’heure, j’ai acheté ce seau de poissons à 6 000 FCFA, je l’ai revendu à 6 500 ; celui qui l’a porté pour moi, je l’ai payé 200 FCFA et il ne me reste que 300 FCFA comme bénéfice. Ce n’est rien du tout et c’est pénible. C’est ce qui fait que les jeunes partent ailleurs clandestinement, parce que nous n’avons plus rien ici. Ils n’ont pas le choix, et nous ne pouvons pas les retenir. » Comment les retenir quand ils voient pousser de terre de grosses villas appartenant à ceux qui ont pu arriver en Europe ? Ces maisons sont de plus en plus nombreuses, au point que la commune s’est agrandie avec un nouveau quartier appelé Kayar Extension

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#kayar#peche#jeunesse#migrationirrreguliere#enconomie#sante

  • #Sénégal : à la rencontre de #pêcheurs désespérés de plus en plus tentés par la migration illégale

    Un rapport de l’Environmental Justice Foundation (EJF) rappelle qu’au Sénégal, la #surpêche ainsi que la #pêche_illégale provoquent une forte diminution des quantités de poissons dans l’eau. Les pêcheurs, qui ont donc moins de #travail, sont de plus en plus tentés par l’immigration irrégulière vers l’archipel espagnol des #Canaries. Témoignages.

    Sur le quai de #Ngor, en ce début d’après-midi, Moustapha Mbengue, pêcheur de 56 ans, ne cache pas sa colère. « Les jeunes sont découragés ! Tu vois les #pirogues là, elles sont toutes là. Il n’y en a qu’une qui est partie », souffle-t-il.

    Celle qui est partie rentre quasiment sans poisson. La faute, selon Moustapha, aux navires étrangers, principalement chinois et européens, qui viennent pêcher dans les eaux sénégalaises.

    « Dans les années 1970-1980, il y avait beaucoup de #poissons. Mais depuis que ces bateaux sont arrivés ici, il n’y a plus rien du tout, ils ont tout cassé. Parce que les gros bateaux qui sont là, ils ramassent tous les poissons. Si tu pars travailler en mer, tu dépenses 20 000 francs CFA [environ 30 euros, ndlr] et tu ne gagnes même pas 5 000 francs CFA [environ 7 euros, ndlr], c’est catastrophique ».

    Résultat : faute de pouvoir vivre de la pêche, certains Sénégalais préfèrent tenter leur chance ailleurs, en prenant une pirogue vers l’archipel espagnol des Canaries. C’est ce que rappelle l’Environmental Justice Foundation (EJF) dans un rapport publié mardi 13 mai intitulé « ’La mer a été vendue’ : la crise de la pêche au Sénégal entraîne une migration forcée vers l’Europe ».

    Rencontré sur une autre plage, au nord de Dakar, Faroua a déjà tenté deux fois de rejoindre l’Europe par la mer. Malgré les risques, ce pêcheur de 32 ans estime ne pas avoir le choix. « Ça nous inquiète, mais on part comme ça. Si on est morts, on est morts. Si on vit, on vit. C’est à gagner ou à perdre. Parce qu’au Sénégal, même si tu travailles, tu ne gagnes pas bien ta vie. C’est pour cela qu’on tente d’aller en Europe : pour gagner notre vie. »

    Selon l’ONG espagnole Caminando fronteras, au moins 9 757 personnes sont mortes en voulant gagner les îles Canaries par l’océan Atlantique l’année dernière.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64523/senegal--a-la-rencontre-de-pecheurs-desesperes-de-plus-en-plus-tentes-
    #route_atlantique #migrations #émigration #réfugiés #mort #vie #îles_Canaries
    ping @6donie

    • « La mer a été vendue » : la crise de la pêche au Sénégal entraîne une #migration_forcée vers l’Europe


      https://www.youtube.com/watch?v=TPJZocqsp-s

      Un nouveau rapport (https://ejfoundation.org/reports/the-deadly-route-to-europe) ainsi qu’un film de l’#Environmental_Justice_Foundation (EJF) révèlent les impacts directs et profonds de la surpêche et de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) sur le secteur de la pêche au Sénégal. Le déclin des populations de poissons qui en résulte entraîne une augmentation des migrations forcées vers l’Europe par la plus meurtrière des routes migratoires de la planète, qui a fait plus de 3 000 morts rien qu’en 2023.

      Se basant sur des recherches approfondies et des entretiens menés par EJF au Sénégal ainsi qu’aux îles Canaries, l’enquête met en lumière les impacts environnementaux et socio-économiques croissants de l’augmentation de la pêche industrielle par les flottes étrangères. Ce rapport met en lumière les défis auxquels une nation dont l’économie et la sécurité alimentaire dépendent de la pêche artisanale, déclare EJF.

      Le secteur de la pêche au Sénégal emploie environ 3 % de la main-d’œuvre du pays et constitue une source essentielle de protéines (7,9 % de l’apport total de la population). Les pêcheurs artisanaux sont confrontés à des menaces croissantes, en particulier des méthodes de pêche destructrices telles que le chalutage de fond. La situation s’est gravement détériorée en raison de la surpêche et de la pêche illégale perpétrées par les flottes industrielles européennes et chinoises. Ces flottes, qui opèrent souvent dans le cadre d’accords de coentreprise opaques, épuisent les populations de poissons et contribuent à l’insécurité alimentaire.

      Le poisson capturé par les flottes industrielles est essentiellement exporté vers les marchés étrangers, principalement l’Union européenne, mais aussi de plus en plus vers la Chine. Cette situation a gravement affecté les moyens de subsistance des communautés côtières et contribué à l’augmentation de la pauvreté, faisant de la migration une des seules solutions de survie pour de nombreuses familles.

      En 2024, 63 970 personnes en migration sont entrées en Espagne de manière irrégulière, soit plus du double du chiffre de 2022. Une grande partie d’entre elles ont atteint les îles Canaries, où cette proportion a augmenté de 200 % entre 2022 et 2024.

      Steve Trent, PDG et fondateur de l’Environmental Justice Foundation, a déclaré : « Ce secteur essentiel, qui constitue l’épine dorsale socio-économique des communautés côtières du Sénégal, est en crise. Les petits pêcheurs sont confrontés à la concurrence écrasante des navires industriels, ce qui entraîne une détérioration des conditions de vie, une diminution de la sécurité alimentaire et la perte des moyens de subsistance. Les conséquences sont considérables et contribuent à l’augmentation alarmante du nombre de décès de personnes migrantes en mer. Les autorités européennes peuvent et doivent mettre fin à cette situation dès maintenant et rendre les pêcheries sénégalaises au peuple sénégalais. »

      Le film d’EJF retrace l’histoire d’un jeune pêcheur sénégalais contraint d’entreprendre le périlleux voyage vers Tenerife et de son père, resté de l’autre côté de l’Atlantique, dans leur communauté de pêcheurs. Derrière chaque vie perdue en mer lors de ce voyage se cache une histoire semblable à celle d’Abdou. Dans le film, il raconte : « Certaines personnes avaient le même rêve et le même but que moi, mais elles ne sont jamais arrivées. »

      Alors que les conditions au Sénégal continuent de se détériorer et que les emplois sur lesquels les gens comptent depuis des générations disparaissent de façon alarmante, on s’attend à ce que de plus en plus de Sénégalais risquent ce dangereux voyage à la recherche de meilleures opportunités.

      Karim Sall, président d’AGIRE, une organisation sénégalaise opérant dans l’aire marine protégée de Joal-Fadiouth, a déclaré : « Je suis très en colère lorsque [les pays étrangers] se plaignent de l’immigration, car ce sont eux les vrais pirates, ce qu’ils ont fait est pire que l’immigration clandestine. Nous risquons notre vie pour partir, mais eux ils viennent ici pour voler notre poisson. C’est du vol. Ils pillent nos ressources pour nourrir leurs propres habitants pendant que nous souffrons. »

      Le rapport présente des recommandations clés pour mettre fin à la crise de la pêche au Sénégal et réduire la nécessité d’émigrer. Ces recommandations s’adressent au gouvernement sénégalais, à l’Union européenne ainsi qu’aux entités de pêche industrielle opérant dans les eaux sénégalaises, en les exhortant à renforcer la gouvernance et la transparence afin de soutenir les pêcheries nationales et les communautés qui en dépendent.

      https://ejfoundation.org/news-media/la-mer-a-%C3%A9t%C3%A9-vendue-la-crise-de-la-p%C3%AAche-au-s%C3%A9n%C3
      #film #vidéo

  • Kenya : accusées d’escroquerie, 32 agences chargées d’envoyer des travailleurs à l’étranger ont été radiées
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/05/14/kenya-accusees-d-escroquerie-32-agences-chargees-d-envoyer-des-travailleurs-

    Kenya : accusées d’escroquerie, 32 agences chargées d’envoyer des travailleurs à l’étranger ont été radiées
    Par Arthur Frayer-Laleix (Nairobi, correspondance)
    Gulfway Recruitment Company, Royal Capital Placement, Geoverah Agency… Tels sont les noms de quelques-unes des 32 agences de placement de travailleurs à l’étranger qui viennent d’être interdites par les autorités au Kenya. Elles opéraient dans le cadre d’un vaste programme gouvernemental, « KaziMajuu », créé en 2023 pour aider la jeunesse à trouver du travail hors des frontières. Le terme, contraction de kiswahili et d’argot de Nairobi, signifie littéralement « travail à l’étranger ».
    L’annonce de la radiation des 32 sociétés a été faite mardi 6 mai par Alfred Mutua, le ministre du travail, alors qu’il était auditionné par une commission sénatoriale au sujet d’une vaste escroquerie à l’emploi de centaines de jeunes aspirant au départ. A la recherche d’un travail, ces derniers ont versé aux agences de placement l’équivalent de plusieurs centaines d’euros sans jamais recevoir de contrepartie.
    Plusieurs victimes venues témoigner devant les sénateurs de la commission ont livré les détails de l’arnaque. John Mwangi, employé sur des chantiers, et Calvin Nyamweya, un ouvrier à qui il avait été promis un travail au Qatar, ont raconté qu’après avoir passé plusieurs entretiens fructueux, des agents leur ont demandé 15 000 shillings kényans (103 euros) pour des examens médicaux.
    Godfrey Githae, un candidat à qui il a été proposé un poste de charpentier en Irak, a expliqué aux parlementaires s’être rendu à une convocation quelques jours après un entretien d’embauche réussi. Sur place, il signe un courrier d’offre d’emploi… mais n’en reçoit aucune copie. Surtout, on lui demande de l’argent. « On m’a demandé de payer un total de 55 000 shillings : 15 000 destinés aux frais médicaux et que j’ai dû emprunter à ma femme, et encore 40 000 censés servir, entre autres, au visa et à l’attestation. J’ai emprunté cette somme-là à une tante par alliance. » D’autres postulants, comme Frederick Keene, ont raconté avoir payé en argent liquide sans être recontactés ensuite.
    « Il s’agissait d’un programme gouvernemental. Pourquoi a-t-on demandé aux Kényans de payer de tels frais ? », a questionné la sénatrice Gloria Orwoba, membre de la commission parlementaire – à qui certains, comme le ministre du travail, ont reproché de ne pas être neutre et d’avoir des intérêts dans le dossier.
    « Ces agences existent depuis une vingtaine d’années au Kenya, mais leur nombre et leur visibilité ont augmenté sous la présidence de William Ruto, notamment parce qu’il a fait beaucoup de promesses à la jeunesse en matière de travail, estime Dauti Kahura, journaliste politique indépendant. Les autorités ne font pas le travail de vérification et d’enquête pour savoir si ces agences sont sérieuses ou non. » Même constat chez l’analyste politique Njahira Gitahi : « Une majorité de ces agences sont apparues ces deux dernières années avec l’administration Ruto. Leurs créateurs y ont vu un moyen de se faire de l’argent, surtout ceux qui étaient proches du gouvernement. »
    Durant sa campagne électorale victorieuse de 2022, William Ruto n’avait cessé de se présenter en candidat des « petites gens » face aux élites, développant un discours tourné vers les jeunes sans emploi, notamment les « hustlers », ces travailleurs de l’économie informelle. Il avait avancé le chiffre de 5 000 Kényans partant à l’étranger chaque semaine. « M. Ruto est le premier président à pousser officiellement les Kényans à trouver du travail ailleurs. Des programmes de formation spécifique ont même été mis en place par le gouvernement », explique Njahira Gitahi. Récemment, dans la ville de Mombasa, un intérieur de demeure saoudienne a été reproduit à l’identique pour que les aspirantes femmes de ménage puissent s’y entraîner avant leur départ pour Riyad. Sur place, celles-ci se retrouvent souvent exploitées dans des conditions « épouvantables », comme l’a décrit Amnesty International dans un récent rapport.
    En novembre 2024, le ministre Alfred Mutua a promis d’envoyer « un million de Kényans travailler à l’étranger chaque année », notamment en Jordanie, en Australie, en Arabie saoudite, au Qatar et en Allemagne. Parmi les emplois proposés, des postes de chauffeur, de personnel de maison et de nettoyeur de voiture. « Ce chiffre d’un million est totalement fantaisiste. Il n’y a pas un million de jobs qui attendent les Kényans à l’étranger. Le gouvernement veut montrer qu’il essaie de faire quelque chose sur la question du chômage et pense qu’en avançant un chiffre aussi énorme, cela lui donnera de la crédibilité », juge Dauti Kahura.
    En septembre 2024, une vingtaine d’agences de recrutement avaient déjà été radiées par la National Employment Authority (NEA), l’institution publique délivrant les autorisations d’exercer. L’information avait été donnée par Edith Okoki, sa directrice générale, alors qu’elle était auditionnée par la commission des affaires de la diaspora et des travailleurs migrants de l’Assemblée nationale. Evoquant la multiplication soudaine du nombre d’agences, elle avait expliqué que « les deux dernières écoulées n’avaient pas été faciles » : « Certaines des personnes avec lesquelles nous avions des problèmes avaient accès à des personnalités importantes. D’autres, une fois radiées, tentaient de revenir sous d’autres noms (…) Il était difficile de réglementer certaines de ces agences de recrutement parce que certains de leurs propriétaires avaient des relations élevées dans les hautes administrations. »

    #Covid-19#migrant#migration#kenya#politiquemigratoire#emigration#sante#economie#travailleurmigrant

  • Kenya : accusées d’escroquerie, 32 agences chargées d’envoyer des travailleurs à l’étranger ont été radiées
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/05/14/kenya-accusees-d-escroquerie-32-agences-chargees-d-envoyer-des-travailleurs-

    Kenya : accusées d’escroquerie, 32 agences chargées d’envoyer des travailleurs à l’étranger ont été radiées
    Par Arthur Frayer-Laleix (Nairobi, correspondance)
    Gulfway Recruitment Company, Royal Capital Placement, Geoverah Agency… Tels sont les noms de quelques-unes des 32 agences de placement de travailleurs à l’étranger qui viennent d’être interdites par les autorités au Kenya. Elles opéraient dans le cadre d’un vaste programme gouvernemental, « KaziMajuu », créé en 2023 pour aider la jeunesse à trouver du travail hors des frontières. Le terme, contraction de kiswahili et d’argot de Nairobi, signifie littéralement « travail à l’étranger ».
    L’annonce de la radiation des 32 sociétés a été faite mardi 6 mai par Alfred Mutua, le ministre du travail, alors qu’il était auditionné par une commission sénatoriale au sujet d’une vaste escroquerie à l’emploi de centaines de jeunes aspirant au départ. A la recherche d’un travail, ces derniers ont versé aux agences de placement l’équivalent de plusieurs centaines d’euros sans jamais recevoir de contrepartie.
    Plusieurs victimes venues témoigner devant les sénateurs de la commission ont livré les détails de l’arnaque. John Mwangi, employé sur des chantiers, et Calvin Nyamweya, un ouvrier à qui il avait été promis un travail au Qatar, ont raconté qu’après avoir passé plusieurs entretiens fructueux, des agents leur ont demandé 15 000 shillings kényans (103 euros) pour des examens médicaux.
    Godfrey Githae, un candidat à qui il a été proposé un poste de charpentier en Irak, a expliqué aux parlementaires s’être rendu à une convocation quelques jours après un entretien d’embauche réussi. Sur place, il signe un courrier d’offre d’emploi… mais n’en reçoit aucune copie. Surtout, on lui demande de l’argent. « On m’a demandé de payer un total de 55 000 shillings : 15 000 destinés aux frais médicaux et que j’ai dû emprunter à ma femme, et encore 40 000 censés servir, entre autres, au visa et à l’attestation. J’ai emprunté cette somme-là à une tante par alliance. » D’autres postulants, comme Frederick Keene, ont raconté avoir payé en argent liquide sans être recontactés ensuite.
    « Il s’agissait d’un programme gouvernemental. Pourquoi a-t-on demandé aux Kényans de payer de tels frais ? », a questionné la sénatrice Gloria Orwoba, membre de la commission parlementaire – à qui certains, comme le ministre du travail, ont reproché de ne pas être neutre et d’avoir des intérêts dans le dossier.
    « Ces agences existent depuis une vingtaine d’années au Kenya, mais leur nombre et leur visibilité ont augmenté sous la présidence de William Ruto, notamment parce qu’il a fait beaucoup de promesses à la jeunesse en matière de travail, estime Dauti Kahura, journaliste politique indépendant. Les autorités ne font pas le travail de vérification et d’enquête pour savoir si ces agences sont sérieuses ou non. » Même constat chez l’analyste politique Njahira Gitahi : « Une majorité de ces agences sont apparues ces deux dernières années avec l’administration Ruto. Leurs créateurs y ont vu un moyen de se faire de l’argent, surtout ceux qui étaient proches du gouvernement. »
    Durant sa campagne électorale victorieuse de 2022, William Ruto n’avait cessé de se présenter en candidat des « petites gens » face aux élites, développant un discours tourné vers les jeunes sans emploi, notamment les « hustlers », ces travailleurs de l’économie informelle. Il avait avancé le chiffre de 5 000 Kényans partant à l’étranger chaque semaine. « M. Ruto est le premier président à pousser officiellement les Kényans à trouver du travail ailleurs. Des programmes de formation spécifique ont même été mis en place par le gouvernement », explique Njahira Gitahi. Récemment, dans la ville de Mombasa, un intérieur de demeure saoudienne a été reproduit à l’identique pour que les aspirantes femmes de ménage puissent s’y entraîner avant leur départ pour Riyad. Sur place, celles-ci se retrouvent souvent exploitées dans des conditions « épouvantables », comme l’a décrit Amnesty International dans un récent rapport.
    En novembre 2024, le ministre Alfred Mutua a promis d’envoyer « un million de Kényans travailler à l’étranger chaque année », notamment en Jordanie, en Australie, en Arabie saoudite, au Qatar et en Allemagne. Parmi les emplois proposés, des postes de chauffeur, de personnel de maison et de nettoyeur de voiture. « Ce chiffre d’un million est totalement fantaisiste. Il n’y a pas un million de jobs qui attendent les Kényans à l’étranger. Le gouvernement veut montrer qu’il essaie de faire quelque chose sur la question du chômage et pense qu’en avançant un chiffre aussi énorme, cela lui donnera de la crédibilité », juge Dauti Kahura.
    En septembre 2024, une vingtaine d’agences de recrutement avaient déjà été radiées par la National Employment Authority (NEA), l’institution publique délivrant les autorisations d’exercer. L’information avait été donnée par Edith Okoki, sa directrice générale, alors qu’elle était auditionnée par la commission des affaires de la diaspora et des travailleurs migrants de l’Assemblée nationale. Evoquant la multiplication soudaine du nombre d’agences, elle avait expliqué que « les deux dernières écoulées n’avaient pas été faciles » : « Certaines des personnes avec lesquelles nous avions des problèmes avaient accès à des personnalités importantes. D’autres, une fois radiées, tentaient de revenir sous d’autres noms (…) Il était difficile de réglementer certaines de ces agences de recrutement parce que certains de leurs propriétaires avaient des relations élevées dans les hautes administrations. »

    #Covid-19#migrant#migration#kenya#politiquemigratoire#emigration#sante#economie#travailleurmigrant

  • Cuba, victime d’un exode migratoire, voit sa population s’effondrer et vieillir
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/30/victime-d-un-exode-migratoire-cuba-voit-sa-population-s-effondrer-et-vieilli

    Cuba, victime d’un exode migratoire, voit sa population s’effondrer et vieillir
    Par Jean-Michel Hauteville (Fort-de-France (Martinique), correspondant)
    Emigration massive, effondrement de la natalité et hausse de la mortalité, vieillissement rapide de la population… Les voyants démographiques sont au rouge à Cuba. Après plusieurs années d’exode des forces vives, fuyant le marasme économique et la détérioration des conditions de vie, la population du pays caribéen est retombée sous la barre des 10 millions d’habitants, un seuil qu’elle avait dépassé au début des années 1980.
    Au 31 décembre 2024, la plus grande île de l’archipel des Antilles comptait 9 748 532 résidents, soit 307 000 de moins en douze mois, selon des statistiques préliminaires présentées le 21 février par Juan Carlos Alfonso Fraga, le directeur adjoint de l’Office national des statistiques et de l’information (ONEI), lors d’une réunion de dignitaires du régime. Par rapport au pic de 11,2 millions d’habitants, atteint en 2012 – l’année du dernier recensement en date –, Cuba a donc perdu 13 % de sa population.
    « Un quart de la population de l’île est âgé de 60 ans et plus, et c’est la seule catégorie de population qui a cru ces dernières années », a souligné M. Alfonso Fraga. Pour ne rien arranger, l’ONEI ne recensait que 71 000 naissances en 2024 – le plus bas niveau depuis la révolution de 1959 –, contre encore 90 000 en 2023. Le nombre de décès était, lui, « en hausse », ajoutait l’office statistique : l’île avait déjà enregistré 129 000 décès en 2023.
    Le premier ministre, Manuel Marrero Cruz, qui présidait cette réunion partiellement retransmise à la télévision, a qualifié l’enjeu démographique de « priorité » et appelé à la mise en œuvre d’un « programme de protection maternelle et infantile » et à la construction de crèches dans les entreprises publiques.
    Mais, selon plusieurs observateurs indépendants, l’ampleur réelle du déclin démographique pourrait être bien pire. « La population est surestimée », tranche le démographe Juan Carlos Albizu-Campos. En effet, les autorités « ont changé leur mode de calcul de la migration », assure cet ancien professeur d’économie de démographie à l’université de La Havane, qui enseigne depuis 2023 au Centro cristiano de reflexion y dialogo, une ONG cubaine. Du fait de la méthodologie employée par les statisticiens de l’Etat, « dans la période 2013-2023, il y avait au moins quatre années qui affichaient des soldes migratoires positifs à Cuba, illustre M. Albizu-Campos. Tout connaisseur du sujet sait que ce n’est pas correct ».
    Le calcul de la « population effective » effectué par l’ONEI « présente de sérieux problèmes méthodologiques », abonde la sociologue Elaine Acosta Gonzalez, associée de recherche au Cuban Research Institute de l’université internationale de Floride, à Miami. En particulier, pendant longtemps, les autorités cubaines ont « utilisé une définition du migrant qui n’est pas celle employée par les organisations internationales », note la directrice exécutive de Cuido60, un observatoire sur le vieillissement et le bien-être des personnes âgées à Cuba. « Et, en général, nous avons ce gros problème à Cuba : l’opacité des statistiques », critique Mme Acosta.
    L’exode s’est considérablement accéléré après les manifestations inédites de juillet 2021 contre le gouvernement et la répression qui a rapidement brisé cet élan de contestation sur cette île exsangue après six décennies d’embargo américain. Au 31 décembre 2022, les autorités faisaient état de 3 millions de Cubains établis à l’étranger, un chiffre qui avait quasiment doublé en deux ans, mais qui demeurait « sous-estimé », aux yeux du professeur Albizu-Campos.
    Après de minutieux calculs, le démographe a, pour sa part, évalué la population cubaine à tout juste 8 millions d’habitants au 31 décembre 2024, sous l’effet conjugué d’un solde naturel négatif et d’un solde migratoire lourdement déficitaire : selon cet expert, plus d’un demi-million de Cubains ont quitté leur pays en un an. Dès lors, la population de l’île a reculé de 24 % depuis fin 2020. « Nous avons subi un tsunami migratoire », résume Elaine Acosta. Et pourtant, les statistiques officielles « n’ont pris en compte que les migrants partis vers les Etats-Unis, alors que nous avons une population qui a migré vers toutes les parties du monde », souligne la chercheuse.
    Rares sont les familles cubaines épargnées par cet exode. « Ces quatre dernières années, mes deux frères ont émigré, ma belle-famille a émigré, et nous avons vu partir presque tous nos amis », égrène Camila (le prénom a été changé), une travailleuse sociale de 34 ans qui vit à La Havane. Ces départs en masse affectent aussi « la sphère sociale et le monde du travail », selon cette mère de trois enfants. « Notre entreprise familiale a fermé lorsque ma famille a émigré parce que je ne pouvais pas la gérer seule », regrette-t-elle.
    Ce phénomène accélère le vieillissement de la population cubaine, puisque 80 % des émigrés ont entre 15 et 59 ans, selon le gouvernement. Ils laissent souvent au pays leurs parents âgés, « confrontés à une situation de solitude, au sentiment de perte, au fait de n’avoir personne à appeler pour les aider », se désole la travailleuse sociale, qui a fini, elle aussi, par se résigner à partir à la première occasion, avec son époux et ses enfants. « Le pays ne changera pas », soupire Camila.
    Et cet effondrement n’est pas près d’être jugulé, craignent les experts. « Il ne s’agit pas d’une simple crise démographique, mais d’une polycrise qui revêt une dimension démographique », résume Juan Carlos Albizu-Campos. Or, les autorités ne proposent, à ce jour, que des mesures natalistes, « en ignorant les multiples raisons pour lesquelles les familles décident de ne pas avoir d’enfants », s’offusque Elaine Acosta. « Face à une crise aussi aiguë et multidimensionnelle, une réforme structurelle s’impose, une réforme globale du système », juge la sociologue, qui exhorte le gouvernement à « traiter la société civile comme un acteur pertinent, un partenaire, et non comme un ennemi ».

    #Covid-19#migrant#migration#cuba#emigration#demographie#exil#crise#sante

  • Au Pérou, la jeunesse rêve d’émigration
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/24/au-perou-la-jeunesse-reve-d-emigration_6599484_3210.html

    Au Pérou, la jeunesse rêve d’émigration
    Par Amanda Chaparro ( Cuzco (Pérou), correspondance)
    Kim, 26 ans et chevelure à moitié rose, discute avec entrain avec deux de ses camarades devant l’université nationale San Antonio Abad, à Cuzco, une des plus anciennes d’Amérique latine et l’une des meilleures facultés publiques que compte le pays. Cette étudiante (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille), en dernière année d’une filière scientifique, rit de bon cœur lorsqu’on lui demande si elle aimerait continuer ses études à l’étranger, tellement cela tient de l’évidence. (...) A ses côtés, Sadid Llasa, 22 ans, espère décrocher son diplôme l’an prochain. Elle est originaire d’une région minière située à plusieurs heures de Cuzco. Ses parents travaillaient dans les mines d’Antapaccay, d’où est extrait du cuivre. L’enseignement gratuit est un vrai atout, quand les grandes universités privées coûtent jusqu’à 5 000 soles par mois (1 175 euros). Sadid regarde vers le Brésil où « les enseignants ont une bonne réputation.
    Comme Salid et Kim, beaucoup d’étudiants et de jeunes diplômés rêvent de partir à l’étranger. Selon une étude pilotée par le centre de recherche en opinion publique (CIOP) de l’université de Piura (dans le nord du pays) et réalisée sur un demi-millier d’étudiants, 96 % des personnes interrogées se disent prêtes à chercher du travail à l’étranger une fois leur diplôme en poche. Et selon une autre étude de l’Institut d’études péruviennes (IEP) datant d’août 2023, 6 jeunes sur 10 cherchent concrètement à émigrer. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de jeunes diplômés font ce choix, et la tendance est à la hausse.
    L’émigration des jeunes est à l’image de la migration massive du reste de la population, dont le nombre a été multiplié par plus de deux entre 2021 et 2023, selon l’Institut national de la statistique. Un Péruvien sur 10 vit actuellement à l’étranger, soit 3,5 millions de personnes. La tranche des 18-25 ans est la plus encline à émigrer. Les étudiants représentent 22 % du total des migrants.
    Les jeunes vont majoritairement vers d’autres pays latino-américains, avec en tête le Chili, qui compte de bonnes universités – et de moins en moins vers l’Argentine de Javier Milei, qui a taillé dans les subventions du secteur de l’éducation. Plus loin géographiquement, les Etats-Unis restent le principal pôle d’attractivité des étudiants. En Europe, l’Espagne et l’Italie figurent en bonne place.
    Les raisons qui poussent les étudiants à partir sont multiples : éducation supérieure de qualité médiocre (hormis quelques grandes universités prestigieuses) ; coût des études qui s’est envolé (alors que 80 % des étudiants du supérieur sont dans le privé) ; débouchés professionnels limités. Sur le campus de Cuzco, à l’écart du cœur touristique de la ville, Kim se plaint des « infrastructures terribles ». Le bâtiment de la filière tourisme a été rénové, mais pour le reste, « les bâtiments sont vétustes ». « Dans notre branche, il n’y a pas d’ordinateurs, peu d’équipements, on doit tout acheter nous-mêmes », déplore-t-elle.
    La crise politique et sociale qui dure depuis 2016 et l’insécurité grandissante suscitent également un manque de confiance en l’avenir. Si Cuzco est une ville relativement sûre, ce n’est pas le cas de Lima, la capitale, et des autres villes de la côte Pacifique, où le crime organisé gagne du terrain. Deux tiers des étudiants ont déjà subi la délinquance, selon la même étude du CIOP.
    L’instabilité politique et économique mine le pays. Depuis 2017, il y a eu six présidents. La croissance a été de 3,3 % en 2024, mais le secteur du travail « officiel » ne représente qu’autour de 25 % de l’emploi. Le travail non déclaré et précaire domine. La corruption gangrène le pays. Kim et ses amies ne croient pas beaucoup aux vertus du mérite. « La société favorise le clientélisme. Tout fonctionne par réseau. La corruption marche à plein pour trouver un emploi, voire obtenir un diplôme », fustige la jeune femme.
    « L’insécurité est générale : celle de l’emploi, de la rémunération, mais aussi de l’accès aux soins, à un système de protection sociale. Il y a le sentiment qu’après avoir fourni tant d’efforts pour un cursus, le marché du travail n’est pas au niveau, et le jeu n’en vaut pas la chandelle », explique Tania Vasquez Luque, chercheuse à l’IEP.
    Résultat : 70 % des employeurs assurent avoir des difficultés à recruter, selon une étude de ManpowerGroup au Pérou début 2025. Notamment dans les secteurs de l’énergie, des finances et de la santé. « On se retrouve sans ressources, les meilleurs professionnels s’en vont, des ingénieurs, des professeurs », constate Tania Vasquez. « Ceux qui restent sont de véritables héros », estime pour sa part Diego Tuesta, directeur de Catapulta, une agence spécialisée en conseil aux entreprises. Il calcule que seulement 1 % de la masse de professionnels hautement qualifiés restent dans le pays. « Les postes proposés sont rarement à la hauteur de leurs espérances. Dans le secteur des laboratoires pharmaceutiques ou dans celui de l’alimentaire par exemple, il y a un manque d’outils et d’infrastructures, mais aussi un manque d’attractivité des salaires, explique-t-il. On peut le déplorer, mais la rémunération est, selon toutes les études menées, le critère numéro un pour attirer les talents. » Ceux-ci gagnent rarement plus de 20 000 soles (4 690 euros) par an, précise-t-il, quand ces profils pourraient en demander le double au regard de leur qualification.
    Pour tenter de retenir les talents, les entreprises proposent des formations continues, des hausses de salaires et une plus grande flexibilité dans les horaires de travail. Mais cela n’a pas suffi jusqu’à présent à endiguer une tendance aux conséquences que le Pérou n’a pas encore bien mesurées.

    #Covid-19#migrant#migration#perou#etudiant#crise#emigration#sante

  • La grande fuga, aumentano gli italiani che scappano all’estero

    Sempre più italiani fuggono all’estero: nel 2024 sono aumentate del 20% le emigrazioni, con Germania e Spagna come mete favorite.

    Non solo nascono sempre meno persone in Italia, ma allo stesso tempo aumenta nettamente il numero di chi lascia il nostro Paese. Nel 2024 le emigrazioni per l’estero sono aumentate del 20%, passando da 158mila del 2023 a poco meno di 191mila. Si tratta del valore più alto mai osservato negli anni Duemila ed è dovuto solamente al netto aumento di espatri da parte di cittadini italiani. La crescita, infatti, è del 36,5% rispetto al 2023, con ben 156mila italiani che hanno lasciato il Paese. Questi espatriati si dirigono soprattutto verso la Germania (12,8%), la Spagna (12,1%) e il Regno Unito (11,9%). Circa il 23% del totale delle migrazioni totali dall’Italia è invece legato al rientro in patria dei cittadini romeni.
    La grande fuga all’estero, boom di espatri nel 2024

    Il rapporto sugli indicatori demografici del 2024 dell’Istat evidenzia come il saldo migratorio con l’estero complessivo sia pari a +244mila unità. Un andamento che dipende da due opposte dinamiche: da un lato, l’immigrazione straniera, ampiamente positiva (382mila), controbilanciata da un numero di partenze esiguo (35mila); dall’altro, il flusso con l’estero dei cittadini italiani caratterizzato da un numero di espatri (156mila) che non viene rimpiazzato da altrettanti rimpatri (53mila). Così il risultato è che aumenta la popolazione di cittadinanza straniera (+347mila) e diminuisce quella composta da cittadini italiani (-103mila). Il tasso migratorio con l’estero è pari al 4,1 per mille abitanti ed è più elevato al Nord e al Centro (rispettivamente al 4,7 e 4,5 per mille), mentre è più contenuto al Mezzogiorno (al 3,1 per mille).

    https://www.istat.it/comunicato-stampa/indicatori-demografici-anno-2024

    #Italie #statistiques #migrations #chiffres #émigration #2024 #migrants_italiens #démographie

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    ajouté à la métaliste sur les statistiques des Italiens quittent en masse leur pays, mais on n’en parle pas...

    https://seenthis.net/messages/762801

  • Interception d’une pirogue transportant plus de 300 candidats à l’émigration irrégulière par les Douanes de Fimela
    https://www.dakaractu.com/Interception-d-une-pirogue-transportant-plus-de-300-candidats-a-l-emigrat

    Interception d’une pirogue transportant plus de 300 candidats à l’émigration irrégulière par les Douanes de Fimela
    Ce vendredi, peu après la prière de 14 heures, les agents de la brigade des Douanes de Fimela ont intercepté une pirogue en mer. À bord, plus de 300 personnes, majoritairement des candidats à l’émigration irrégulière, ont été appréhendées, selon le Soleil .
    Les passagers ont été débarqués sur les côtes de Joal, puis transférés vers la gendarmerie locale pour procéder à leur décompte et à leur identification. L’embarcation transportait des individus originaires de plusieurs pays de la sous-région, bien que leur nationalité exacte n’ait pas encore été précisée.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#migrationirreguliere#routemigratoire

  • Peter Lorre in Stranger on the Third Floor (1940)
    https://www.youtube.com/watch?v=zI4IyhDs3Go

    Come along, I’ll see that nothing happens to you.

    https://taz.de/!6071534

    11.3.2025 - Noir Original

    „Stranger on the Third Floor“ von 1940 gilt historisch als erster Film noir. Der Thriller mit Peter Lorre und John McGuire taucht tief in Angst und ungerechtfertigte Verfolgung ein. Ein Journalist beschuldigt fälschlicherweise einen Taxifahrer, nur um später selbst Opfer einer ähnlichen Anschuldigung zu werden. Während seine Verlobte die Wahrheit zu ergründen versucht, nehmen Argwohn und Gefahr zu. Boris Ingsters präzise Regie und Nicholas Musuracas kontrastreiches Lichtdesign unterstreichen die charakteristische Ästhetik des Genres. Der Film läuft heute um 20 Uhr in Originalfassung im Charlottenburger Klick-Kino im Rahmen der Noir-Retrospektive „Schatten und Schicksal“.

    #film_noir #film #émigration #USA
    #cinéma #Berlin #Charlottenburg #Windscheidtstraße

  • La nouvelle voie de l’immigration légale : Une révolution pour la jeunesse africaine
    https://www.dakaractu.com/La-nouvelle-voie-de-l-immigration-legale-Une-revolution-pour-la-jeunesse-

    La nouvelle voie de l’immigration légale : Une révolution pour la jeunesse africaine
    Dans un contexte où l’Europe ferme ses portes à une jeunesse africaine en quête de nouvelles opportunités, des solutions alternatives émergent pour accompagner les jeunes dans leurs projets d’immigration légale. Magatte Fall, Chargée de comptes OLS, souligne l’importance de la jeunesse dans le développement du Sénégal et de l’Afrique, en affirmant qu’il est tout à fait possible de réussir sans quitter le continent. Pour ceux qui choisissent l’étranger, des structures comme Mat Immigration offrent un cadre légal pour voyager en toute sécurité et réussir à l’international, tout en restant ancrés dans leur culture d’origine. « Il suffit d’y croire », martèle-t-elle.
    De son côté, Babacar Seye, président de l’association Horizon Sans Frontières, abonde dans le même sens en évoquant Mat Immigration comme une réponse directe aux fermetures des frontières européennes. Selon lui, l’Afrique doit se concentrer sur des solutions de migration légale, notamment vers des pays comme le Canada, où les opportunités sont multiples. Il dénonce la situation actuelle où des millions de jeunes risquent leurs vies en mer, et appelle à une régulation des flux migratoires qui permette de sauver des vies et d’offrir un avenir plus sûr.
    Face à ces enjeux, le défi est clair : réduire la tragédie des migrations irrégulières en multipliant les solutions d’immigration légale. Cela nécessite une coopération active entre les gouvernements africains et les structures comme Mat Immigration pour garantir des parcours migratoires respectueux des droits humains et sans risque pour la jeunesse. Le temps de l’immigration clandestine doit prendre fin, et il appartient à tous de faire de cette transformation une réalité tangible.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#jeunesse#emigration#migrationlegale#migrationirreguliere#sante#droit#canada#ue