• Les frontières se ferment donc la population étrangère augmente…

    À fin décembre 2020, 2’151’854 ressortissants étrangers résidaient en #Suisse. Le Secrétariat d’Etat aux migrations vient de révéler à ce sujet un drôle de paradoxe : alors qu’en 2020, l’#immigration a diminué de 2,6 % par rapport à 2019, la #population_étrangère a augmenté nettement plus rapidement qu’auparavant : +40’442 [+1.9%] en 2020 contre +30’243 [+1.5%] en 2019.

    Si la diminution de l’immigration durant cette année « COVID » s’explique aisément par les restrictions d’entrée mises en place par la Suisse et surtout par le manque de perspectives économiques liées à la pandémie, comment expliquer la croissance accélérée de la population étrangère ? La réponse est simple : de nombreuses personnes déjà présentes en Suisse ont renoncé à quitter le pays, tant et si bien que l’#émigration (les départs) a fortement diminué (-12.1%)[1]. On peut grosso modo considérer que 10’000 personnes étrangères ont ainsi décidé (ou été contraintes) de rester en Suisse l’an passé alors qu’elles seraient parties en temps normal. L’inquiétude de ne pouvoir revenir a joué un rôle, de même que les incertitudes sur les perspectives à l’étranger[2].

    Le solde migratoire de la Suisse (arrivées moins départs) a donc augmenté malgré les restrictions d’entrée !

    S’il surprend à première vue, ce paradoxe est bien connu des géographes et autres migratologues sous le nom de « #net_migration_bounce » (#rebond_du_solde_migratoire). Il avait été mis en évidence de manière spectaculaire il y quelques années par une étude sur les politiques de #visas de 34 pays. Il en ressortait que lorsqu’un pays d’immigration se montre très restrictif en matière d’entrées, ces dernières diminuent, certes, mais les personnes qui parviennent à obtenir le précieux sésame ne repartent plus, de peur de ne pas pouvoir entrer à nouveau[3]. Un résultat similaire ressort d’une étude sur les politiques d’immigration de la France, de l’Italie et de l’Espagne vis-à-vis des Sénégalais entre 1960 et 2010[4]. Ces derniers se sont avérés d’autant plus enclins à retourner au Sénégal que les politiques d’entrée en Europe ont été ouvertes. A l’inverse, le resserrement des conditions d’entrée a poussé les expatriés à le rester.

    L’année 2020 reste exceptionnelle, mais la leçon générale à tirer du paradoxe de la fermeture des frontières est que loin d’être statique, la population issue de la migration est – tout au moins pour partie – en constant mouvement. Il est loin le temps où une migration se faisait de manière définitive et pour toute une vie[5]. Beaucoup de gens arrivent, beaucoup de gens partent, et parfois reviennent ! C’est aussi cette réalité que les politiques d’accueil doivent prendre en compte.

    [1] Pour être complet, il y a lieu de tenir compte aussi des naturalisations et des décès (qui font diminuer la population étrangère) et des naissances (qui la font augmenter). L’évolution de ces facteurs a toutefois joué un rôle plus faible que le solde migratoire dans l’évolution de 2020.

    [2] Après le relâchement des contraintes de mobilité de la deuxième moitié 2020, le quatrième trimestre de l’année a d’ailleurs vu l’émigration reprendre son rythme habituel.

    [3] Czaika, M., and H. de Haas. 2017. The Effect of Visas on Migration Processes. International Migration Review 51 (4):893-926.

    [4] Flahaux, M.-L. 2017. The Role of Migration Policy Changes in Europe for Return Migration to Senegal. International Migration Review 51 (4):868-892.

    [5] On notera que dans des pays plus marqués par des migrations « traditionnelles » de longue durée et par moins de mobilité, le paradoxe que nous venons de relever pour la Suisse ne semble pas s’être manifesté. On peut faire l’hypothèses que ce soit le cas du Canada https://www.bnnbloomberg.ca/closed-borders-halt-canada-s-population-growth-during-pandemic-1.150097

    https://blogs.letemps.ch/etienne-piguet/2021/02/05/les-frontieres-se-ferment-donc-la-population-etrangere-augmente

    #fermeture_des_frontières #migrations #démographie #paradoxe #solde_migratoire #frontières

    ping @isskein @karine4

  • Brexit et Covid-19 provoquent l’exode des expatriés européens du Royaume-Uni
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/28/au-royaume-uni-brexit-et-covid-19-provoquent-l-exode-des-expatries-europeens

    en mal de données migratoires fiables (l’ONS ayant stoppé sa collecte des mouvements aux frontières en raison de la pandémie), ils ont l’idée d’éplucher les chiffres du « Labor Force Survey », le marché du travail au Royaume-Uni. Et ils font une découverte étonnante : « En un an, entre l’été 2019 et l’été 2020, le nombre de travailleurs non-natifs du Royaume-Uni a chuté de plus d’un demi-million. » Pour autant, constatent-ils, les chiffres du chômage n’ont pas augmenté dans les mêmes proportions et parallèlement, « le nombre de natifs du Royaume-Uni avec un emploi vivant à Londres a bondi de presque un quart de million ». Les statisticiens en déduisent que les non-natifs du pays ont dû quitter le territoire « Les migrants, spécialement européens, ont une probabilité disproportionnée de travailler dans le secteur hôtelier, et ont plus de risques d’avoir été mis en chômage partiel ou d’avoir perdu leur emploi. Avec les universités basculant leurs cours en ligne, beaucoup d’étudiants étrangers ont aussi pu décider de ne pas venir ou de rentrer chez eux. (…) Mais surtout, le Royaume-Uni a mal géré la première vague épidémique, tant du point de vue sanitaire qu’économique. Pour beaucoup de migrants, arrivés récemment, sans famille, le choix était de rester sans travail et avec peu d’argent, ou de rentrer au pays, avec moins de risques d’attraper le coronavirus », expliquent les auteurs de l’étude.Fabrice Boraschi était un pilier de la communauté française de Londres avant le confinement, il organisait des rendez-vous de « réseautage » mensuels dans le centre de Londres – ils ont bien sûr été suspendus. Lui aussi a vu passer ce billet de blog : « Ça ne m’étonne pas. Quand tu perds ton travail ici, tu ne peux tout simplement pas vivre, tu pars. » ll assure connaître « plein de gens qui sont partis. Il y a ceux qui sont partis après le référendum sur le Brexit [2016], par conviction. Ils ne reviendront probablement pas. Et il y a ceux qui sont partis à cause du Covid ou de leur emploi, eux reviendront peut-être ».Quoique… Les lois migratoires ont été sérieusement durcies depuis le Brexit. Il faut désormais justifier d’un emploi rémunéré au moins 25 600 livres sterling par an (29 000 euros) pour décrocher un visa de travail.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#brexit#emigration#sante#pandemie#crisesanitaire

  • Environ 4 500 migrants honduriens se dirigeant vers les Etats-Unis parviennent à entrer au Guatemala
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/16/environ-4-500-migrants-honduriens-arrivent-a-entrer-au-guatemala_6066467_321

    Au moins 4 500 migrants honduriens souhaitant se rendre à pied aux Etats-Unis ont réussi à entrer sur le territoire du Guatemala vendredi soir 15 janvier, après avoir forcé un cordon policier à la frontière, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP). L’estimation du nombre de migrants a été donnée par un chef de la police guatémaltèque au poste frontière d’El Florido, à 220 km à l’est de la capitale Guatemala. Les Honduriens ont pris la route à pied vendredi, formant une caravane humaine animée par l’espoir d’entrer aux Etats-Unis et d’y trouver une vie meilleure, malgré les restrictions imposées par le Guatemala et le Mexique sur leur chemin. Beaucoup de migrants veulent croire que le président Joe Biden, qui sera investi mercredi, assouplira la politique migratoire des Etats-Unis, même si Washington les a déjà mis en garde.
    Des migrants se dirigeant, vendredi 15 janvier, vers la frontière avec le Guatemala en route pour les Etats-Unis, défilent dans la municipalité de Santa Rita, dans le département hondurien de Copan.Le gros de la foule est parti de San Pedro Sula, à 180 km au nord de Tegucigalpa, en direction d’Agua Caliente, frontalière avec le Guatemala, un trajet d’environ 260 km, a constaté l’AFP. Un premier contingent de 300 personnes avait déjà pris la route jeudi.
    Un groupe s’est détaché vendredi du gros cortège pour se diriger vers un autre poste-frontière, celui d’El Florido, plus proche, avec l’intention de rejoindre le reste de la caravane une fois entré au Guatemala. Des centaines de policiers guatémaltèques en tenue antiémeute ont pris position aux postes-frontières de la frontière Guatemala-Honduras.La situation économique de nombreux habitants du pays d’Amérique centrale, déjà soumis à la violence des gangs et des narcotrafiquants, s’est encore détériorée avec le passage de deux puissants ouragans en novembre et les conséquences de la pandémie due au coronavirus SARS-CoV-2.
    Les migrants marchent en colonne le long des routes, sac au dos, la plupart le visage couvert d’un masque en raison de la pandémie de Covid-19.
    Le Guatemala impose aux migrants pour traverser la frontière de présenter des documents d’identité en règle et un test PCR négatif. La police guatémaltèque a annoncé avoir refoulé environ 600 migrants de l’avant-garde de la caravane, faute de documents ou de tests.La décision de ne pas aller à l’épreuve de force avec les migrants a été prise après avoir constaté que leur groupe comportait de nombreuses familles avec des mineurs, a expliqué un chef de la police guatémaltèque au poste-frontière d’El Florido, à 220 km à l’est de la capitale Guatemala. De son côté, le gouvernement mexicain a averti qu’il « ne permettra pas l’entrée illégale [sur son territoire] de caravanes de migrants ». Quelque 500 policiers ont été envoyés à la frontière avec le Guatemala.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#honduras#guatemala#mexique#sante#pandemie#economie#violence#politiquemigratoire#test#emigration

  • Covid-19 : au Liban, dix jours de confinement intégral dans un pays aux abois
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/13/covid-19-au-liban-catastrophe-sanitaire-dans-un-pays-aux-abois_6066041_3210.

    Pendant dix jours, les Libanais ne pourront donc pas sortir de chez eux, que ce soit pour aller travailler, faire des courses, faire de l’exercice physique ou promener leur animal domestique. Le ravitaillement des foyers dont les réserves s’avéreraient insuffisantes se fera par livraison à domicile. Le flux de voyageurs à l’aéroport sera réduit à 20 % de ce qu’il était avant l’apparition du virus. Certaines professions seulement, considérées comme essentielles, comme les boulangers, les pharmaciens et les travailleurs des secteurs médical et alimentaire, pourront continuer à circuler. Pour les Libanais, dont le niveau de vie s’est effondré, c’est un nouveau coup de massue.« La tragédie à laquelle nous assistons dans les hôpitaux nécessite des mesures drastiques », a déclaré le président Michel Aoun. De fait, le système de santé est au bord de la rupture. Selon l’Organisation mondiale de la santé, le taux d’occupation des lits en unité de soins intensifs est de 95 %, et celui des lits standards de 85 %.
    Un hôpital complètement saturé a récemment contraint la Croix-Rouge, chargée du transport des personnes contaminées, à abandonner un malade dans la rue, devant la porte de l’établissement. Les soignants d’un autre établissement, également confronté à un manque de places, ont commencé à soigner des patients dans leur voiture. L’épidémie avait été maintenue sous contrôle jusqu’à l’été 2020, grâce à un premier confinement très respecté. A la veille de la tragique explosion dans le port de Beyrouth, le 4 août 2020, les autorités recensaient moins de deux cents cas par jour. Le pays passait pour un modèle dans la gestion de la maladie. Mais, sous la pression de la population, étranglée par les difficultés, le gouvernement a lâché la bride. Le deuxième confinement, à l’automne, trop court et mal respecté, n’a presque pas eu de répercussions.
    La levée de la quasi-totalité des restrictions pendant les fêtes de Noël et du Nouvel An a précipité la catastrophe. Le nombre de contaminations quotidiennes est passé d’une moyenne de 1 500 à 4 500 en quelques jours et, mardi 12 janvier, le pays a enregistré trente-deux décès. « On s’attend à un gros afflux de malades dans les hôpitaux, confie Firas Abiad, le directeur de l’hôpital public Rafic-Hariri de Beyrouth, à la pointe dans la lutte contre le SARS-CoV-2. Pourrons-nous accroître nos capacités pour y faire face ? Le manque de ressources humaines constitue un premier obstacle. Tous les établissements ont perdu un nombre non négligeable d’infirmiers et de médecins, qui ont migré vers l’étranger, en quête de stabilité, ou sont tombés malades.Les hôpitaux privés, qui représentent 80 % de ce secteur, rechignent aussi à augmenter le nombre de lits réservés aux patients atteints du Covid-19, tant que l’Etat ne s’acquitte pas de sa dette à leur égard. Et on voit mal comment, dans un pays en quasi-banqueroute, les tiers payants publics pourront rapidement régler ces arriérés, qui se chiffrent en milliards de livres libanaises.

    #Covid-19#migrant#migration#liban#personnelmedical#emigration#sante#medecin#infirmier

  • Golden ticket: the lucky tourists sitting out coronavirus in New Zealand | Coronavirus | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2021/jan/01/a-golden-ticket-the-tourists-who-sat-out-coronavirus-in-new-zealand
    https://i.guim.co.uk/img/media/20140e40046f96889be19f1f56a003b124e187b9/125_0_3750_2250/master/3750.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Visitors from UK and North America tell of finding themselves with a pass to one of the best-rated pandemic responses in the world.For Christmas 2019 Efrain Vega de Varona gave his partner plane tickets to New Zealand – her dream holiday destination. It has proved a gift that keeps on giving.
    A year later they are still in New Zealand, having decided to stay put at the end of their two-week holiday in mid-March rather than return to Los Angeles. “We’ve been living out of two suitcases for 10 months,” says Vega de Varona from their latest Airbnb rental (number 50-something this year) in Island Bay, Wellington.The couple were among an estimated 250,000 overseas visitors in New Zealand just before the national lockdown and border restrictions in mid-March. Most returned home as restrictions lifted in subsequent months, but when the government extended temporary visas some decided they were better off where they were. By mid-May there were an estimated 120,000 temporary visa holders in New Zealand, among them tourists from the UK and North America who found themselves unexpectedly far from home – but with a pass to one of the best-rated pandemic responses in the world.After their flight to LA was cancelled and New Zealand went into lockdown, Vega de Varona and his partner, Ingrid Rivera, settled in the South Island coastal town of Kaikōura, where they helped to deliver groceries to local elderly people. Vega de Varona admits he had to be persuaded to stay on after the six-week lockdown. “Ingrid was the smarter one who said ‘This is the place to be – we’re not going back.’”
    The couple sold their home and cars in LA and spent 2020 travelling New Zealand while working on their motorhome rental business remotely. Rivera now plans to enrol to study, extending their visas; and they are exploring ways to put down roots by starting a business.“It’s just starting to feel like home to us,” says Vega de Varona.
    But as fortunate as they feel to have chanced upon a “golden ticket” through the pandemic, says Rivera, it has been tempered by fears for their loved ones in the US and Puerto Rico: “It’s obviously a completely different story for them.” Dr Tom Frieden, a US infectious disease expert and public physician, highlighted the stakes this week, tweeting that an American in New Zealand had a 200-times reduced risk of dying from Covid. Indeed, inquiries in emigrating to New Zealand from America climbed by 65% during May alone – representing interest from 80,000 individuals.For Eric Denman and Michelle Paulson, on holiday in New Zealand in March, the threat of going back to San Francisco was prohibitive. Paulson has lupus, putting her at elevated risk of coronavirus, so they decided to stay in Christchurch for lockdown. “We had a lot more faith in the New Zealand government in their ability to handle a pandemic – which turned out to be well founded,” she says.

    #Covid-19#migrant#migration#nouvellezelande#etatsunis#sante#tourisme#confinement#retour#emigration#morbidite

  • Interdit aux chiens et aux italiens

    Luigi Ughetto et ses frères laissent derrière eux leur village d’Ughettera, la terre des Ughetto dans leur Piémont natal, pour aller découvrir « La Merica », ce pays fabuleux où les dollars poussent sur les arbres…
    En guise d’Amérique, c’est en #Provence que Luigi posera son baluchon. Et de ses mains qui ne pouvaient plus exploiter une terre qui ne voulait plus donner, il va construire nos routes, nos ponts et nos barrages.
    Luigi, c’était mon grand-père, un homme au destin romanesque qui a affronté deux guerres, la misère et le fascisme, avant de rencontrer Cesira et de fonder une famille qui a grandi à l’ombre du Tour de France et de l’accordéon d’Yvette Horner.
    Mais son histoire, si elle est singulière, c’est également celle de centaines de milliers d’Italiens, qui ont quitté leur patrie pour s’établir en France, en Suisse, en Belgique.
    Et partout ailleurs.

    https://www.foliascope.fr/film/interdit-aux-chiens-et-aux-italiens
    https://vimeo.com/285489039

    #film_d'animation #histoire #migrations #émigration_italienne #film

  • Vague d’immigration clandestine : « La situation va s’empirer sous l’ère post-covid » (Horizon sans frontières)
    https://www.dakaractu.com/Vague-d-immigration-clandestine-%C2%A0La-situation-va-s-empirer-sous-l-er

    Après un tour fait au quai de pêche de Yoff, nous avons donné la parole à Boubacar Sèye d’Horizon Sans frontières. Évoquant la fréquence de la situation, il prédit que le flux sera encore plus intense dans les mois à venir.
    « L’injustice sociale et le problème de bonne gouvernance sont à l’origine de ces départs en exil. Et la situation va s’empirer sous l’ère post-covid qui va venir avec les récessions qui s’annoncent », fait-il encore savoir. « La situation est très grave. Il n’y a que la pauvreté qui existe au Sénégal », s’est-il désolé.
    « C’est cette pauvreté qui pousse les jeunes à prendre les pirogues. Et cette pauvreté est causée par la mauvaise gouvernance. Il s’y ajoute aussi la situation des pêcheurs qui n’ont plus rien à pêcher à cause des accords internationaux de pêche signés avec les sociétés de pêche internationale. La pêche industrielle a tué la pêche artisanale », conclut-il...

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#sante#emigration#migrationirreguliere#pauvrete#sante#postcovid#gouvernance

  • Après un naufrage, le Sénégal s’inquiète de la « recrudescence » des tentatives d’émigration
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/10/28/apres-un-naufrage-le-senegal-s-inquiete-de-la-recrudescence-des-tentatives-d

    Le Sénégal s’inquiète de la « recrudescence » des tentatives d’émigration clandestine vers l’Europe, après un nouveau naufrage qui a fait au moins dix morts et suscité une vive émotion dans le pays. Entre le 7 et le 25 octobre, la marine sénégalaise, appuyée par la Guardia Civil espagnole, a intercepté cinq pirogues en partance pour l’Europe, secourant au total 388 personnes, selon le gouvernement. (...)Les causes de cette « recrudescence » des départs n’ont pas été précisées, mais le Sénégal subit les conséquences de la pandémie de coronavirus, qui a entraîné la fermeture des frontières alors que le tourisme est l’un des principaux revenus du pays. Le secteur de la pêche a lui aussi vu ses débouchés se tarir. « Il ne restait qu’un seul choix à mon grand frère, émigrer pour gagner sa vie, d’autant que certains (de ses amis) arrivés en Espagne lui avaient envoyé des photos et vidéos affichant leur mieux-être », a déclaré à Saint-Louis Ousmane Djigo, sans nouvelle de son frère de 35 ans. Un ancien premier ministre, Abdoul Mbaye, a mis en cause Macky Sall. « De grâce, ne les laissez pas partir vers le mirage et souvent la mort. De grâce, retenez-les par l’emploi et l’espoir. De grâce, cessez de désespérer nos jeunesses (par) la mal-gouvernance, la corruption et l’injustice », a-t-il écrit sur Twitter.
    Plus de 60 migrants africains étaient morts noyés au large de la Mauritanie en décembre 2019, dans le pire naufrage que cette année a connu sur la route des migrations longeant la côte Atlantique, et 27 autres en août.
    Parmi les voies de migration pour gagner l’Europe, la route de l’Afrique de l’Ouest, par mer ou par terre, fut l’un des itinéraires privilégiés, emprunté par des dizaines de milliers de migrants au milieu des années 2000.
    Les Canaries (Espagne), à une centaine de kilomètres des côtes marocaines, offraient l’une des principales portes d’entrée à l’Union européenne.
    Les mesures prises par Madrid ont réduit le flux, alors qu’au même moment les migrants empruntaient en nombre les trajets méditerranéens vers l’Espagne, la Grèce ou l’Italie. Mais la route occidentale connaît ces dernières années un relatif regain en raison des mesures prises contre la migration transitant par la Libye, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM)

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#emigration#sante#economie#crise#oim#mortalite#routemigratoire#migrationirreguliere

  • La fuga degli italiani all’estero: 131mila le partenze per l’espatrio nell’ultimo anno, quattro su dieci hanno tra i 18 e i 34 anni

    L’indagine non fornisce invece indicazioni sull’effetto che l’emergenza sanitaria Covid-19 ha avuto quest’anno. Nel 2019 hanno registrato la loro residenza fuori dei confini nazionali, per solo espatrio 2.353 persone in più rispetto all’anno precedente. Conte: governo lavora a incentivi a rientro giovani da estero

    Se si guarda ai numeri del 2019, ovvero alla vigilia di quell’emergenza sanitaria Covid-19 che nei mesi più critici dell’anno successivo ha avuto tra le conseguenze anche la chiusura delle frontiere tra i paesi colpiti, il dato che emerge dalla lettura della XV edizione del “Rapporto italiani nel mondo 2020” della Fondazione Migrantes è che il flusso di italiani che lasciano il paese per andare a vivere e lavorare all’estero non si vuole arrestare. Nel solo 2019 hanno registrato la loro residenza fuori dei confini nazionali, per solo espatrio, 130.936 connazionali (+2.353 persone rispetto all’anno precedente). Il 55,3% (72.424 in valore assoluto) sono maschi.

    Sono soprattutto giovani (il 40,9% ha tra i 18 e il 34 anni), ma anche giovani-adulti (il 23,9% ha tra i 35 e i 49 anni). D’altra parte, però, i minori sono il 20,3% (26.557) e di questi l’11,9% ha meno di 10 anni: continuano, quindi, le partenze anche dei nuclei familiari con figli al seguito. Il Rapporto è stato presentato questa mattina in occasione di una diretta streaming.
    Conte: governo lavora a incentivi a rientro giovani da estero

    Alla presentazione è intervenuto in videocollegamento il presidente del Consiglio Giuseppe Conte.«È nostro dovere - ha detto il capo del governo - costruire le condizioni per garantire ai giovani italiani all’estero la possibilità di tornare in Italia nel breve periodo, arricchiti dal bagaglio di esperienze umane, professionali e culturali maturate fuori dal nostro Paese. Ai tanti giovani che sono in questo momento all’estero dobbiamo offrire incentivi per tornare: il governo sta lavorando proprio in questo senso, per aggregare i migliori talenti e sollecitando la collaborazione per il rilancio delle imprese nazionali in particolare nel Mezzogiorno»..
    L’impatto dell’emergenza Covid rimane fuori dal report

    Allo stato attuale, dunque, è ancora presto per farsi un’idea dell’“effetto emergenza Covid” sulle scelte degli italiani in questi mesi così difficili. «L’incertezza che abbiamo - spiega Toni Ricciardi, storico dell’emigrazione presso l’università di Ginevra - nasce dal fatto che fino all’altroieri eravamo in una condizione di mobilità diffusa, poi la diffusione del virus a livello mondiale ha bloccato tutto. La conseguenza di questo scenario è che allo stato attuale è impossibile conoscere l’impatto che questa situazione avrà. La sensazione che abbiamo è che ci siano stati dei rientri dall’estero: se sono definitivi o costituiscono solo una soluzione momentanea al momento al momento non si può capire. Di certo - aggiunge Ricciardi - il Covid ha creato una condizione di precarietà nella precarietà: ci sono persone, soprattutto giovani, che stanno cercando di capire se conviene restare all’estero e registrarsi in cui vivono o rientrare, nella speranza di poter contare su un sussidio italiano».

    Nel 2019 l’Italia continua a perdere forze giovani e competenze

    Se l’indagine di quest’anno sugli italiani nel mondo non intercetta il fattore pandemia, non mancano spunti di riflessione. Il quadro costruito sui dati 2029 racconta un’Italia che sta continuando a perdere le sue forze più giovani e vitali, capacità e competenze che vengono messe a disposizione di paesi altri che non solo li valorizzano appena li intercettano, ma ne usufruiscono negli anni migliori, quando cioè creatività e voglia di emergere sono ai livelli più alti per freschezza, genuinità e spirito di competizione.

    Le distanze tra città e aree interne

    Oggi il vero divario non è tra Nord e Sud, ma tra città e aree interne. Sono luoghi che si trovano al Sud e al Nord, ma che al Sud diventano doppia perdita: verso il Settentrione e verso l’estero. A svuotarsi sono i territori già provati da spopolamento, senilizzazione, eventi calamitosi o sfortunate congiunture economiche. Un esempio valga su tutti: il 23 novembre 2020 cadrà il 40° anniversario del terremoto più catastrofico della storia repubblicana, quello che colpì Campania e Basilicata. Ancora oggi queste aree sono provate nelle loro zone interne da numerose partenze, ma contemporaneamente mantengono all’estero il grande valore di comunità numerose con tradizioni e peculiarità specifiche. Si tratta di migranti che guardano ai luoghi di origine con nostalgia, interesse e voglia di cambiare le cose. Sono spesso italiani che già partecipano attivamente alla vita dei luoghi di origine, pur restando nella loro posizione di migranti stabilmente in mobilità tra l’Italia e l’estero, tra migrazioni interne e migrazioni internazionali, in Europa o oltreoceano.

    In 15 anni boom della mobilità italiana: +76%

    Se nel 2006 gli italiani regolarmente iscritti all’Aire (Anagrafe degli italiani residenti all’estero) erano poco più di tre milioni ( 3.106.251), nel 2020 hanno raggiunto quasi i 5,5 milioni (il 9,1% della popolazione residente in Italia al 1 gennaio 2020, ovvero 60.244.639 persone): in quindici anni la mobilità italiana è aumentata del +76,6%. Una crescita ininterrotta, sottolinea il rapporto, che ha visto sempre più assottigliarsi la differenza di genere (le donne sono passate dal 46,2% sul totale iscritti 2006 al 48,0% sul totale iscritti 2020). Si tratta di una collettività che, nella sua generalità rispetto al 2006, si sta ringiovanendo a seguito delle nascite all’estero (+150,1%) e della nuova mobilità costituita sia da nuclei familiari con minori al seguito (+84,3% della classe di età 0-18 anni) sia da protagonisti giovani e giovani-adulti immediatamente e pienamente da inserire nel mercato del lavoro (+78,4% di aumento rispetto al 2006 nella classe 19-40 anni).
    Regno Unito primo paese di destinazione (anche per effetto Brexit)

    Delle 131 mila partenze per espatrio nell’ultimo anno, il 72,9% si è iscritto all’Aire in Europa e il 20,5% in America (di questi, il 14,3% in quella meridionale). Al primo posto tra le destinazioni, ormai da diversi anni, è il Regno Unito (quasi 25mila iscrizioni, il 19% del totale) per il quale vale sia il discorso di effettive nuove iscrizioni sia quello di emersioni di connazionali da tempo presenti sul territorio inglese e che, in virtù della Brexit, hanno deciso di regolarizzare ufficialmente la loro presenza complice il complesso e confusionario processo di transizione rispetto ai diritti, ai doveri, al riconoscimento o meno di chi nel Regno Unito già risiedeva e lavorava da tempo.
    Seguono Germania e Francia

    A seguire la Germania (19.253, il 14,7%) e la Francia (14.196, il 10,8%), nazioni che continuano ad attirare italiani soprattutto legati a tradizioni migratorie di ricerca di lavori generici da una parte – si pensi a tutto il mondo della ristorazione e dell’edilizia – e specialistici dall’altra, legati al mondo accademico, al settore sanitario o a quello ingegneristico di area internazionale. Va considerato, inoltre, il mondo creativo e artistico italiano che trova terreno fertile in nazioni come la Francia e la Germania e, in particolare, in città come Parigi e Berlino.

    Lombardia principale regione per partenze

    La Lombardia continua a essere la regione principale per numero di partenze totali (17,7%) ma, rileva il report, non si può parlare di aumento percentuale delle stesse (meno 3,8% nell’ultimo anno). Il discorso opposto vale, invece, per il Molise (+18,1%), la Campania (+13,9%), la Calabria (+13,6%) e il Veneto (+13,3%).

    Sardegna, Sicilia, Abruzzo e Basilicata: non riescono a dare linfa alla mobilità

    C’è poi un caso ancora più preoccupante. Il dato della Sardegna (-14,6%)e, unitamente, anche quello della Sicilia (-0,3%), dell’Abruzzo (1,5%) e della Basilicata (3,4%) si spiega considerando la “circolarità del protagonismo regionale”. Ci sono regioni, cioè, che oggi hanno raggiunto un grado talmente alto di desertificazione e polverizzazione sociale da non riuscire più a dare linfa neppure alla mobilità nonostante le partenze in valore assoluto – ed è il caso della Sicilia in particolare – le pongano al terzo posto tra tutte le regioni di Italia per numero di partenze. In generale, quindi, le regioni del Nord sono le più rappresentate, ma nel dettaglio viene naturale chiedersi quanti pur partendo oggi dalla Lombardia o dal Veneto sono, in realtà, figli di una prima migrazione per studio, lavoro o trasferimento della famiglia dal Sud al Nord Italia.
    Mobilità interna:Trentino-Alto Adige e il Friuli-Venezia Giulia destinazioni più attrattive

    C’è poi l’altra faccia della medaglia: la mobilità interna. Se negli anni successivi al Secondo dopoguerra i flussi migratori verso le regioni centro settentrionali erano costituiti in prevalenza da manodopera proveniente dalle aree rurali del Mezzogiorno, nell’ultimo decennio mediamente circa un emigrato su tre proveniente dalle regioni meridionali e insulari e diretto verso il Centro-Nord è in possesso di almeno la laurea; in notevole contrazione, invece, le partenze dei giovani migranti con almeno la licenza media.I “nuovi” italiani che si spostano lo fanno principalmente in età lavorativa (il 55% ha un’età compresa tra i 18 e i 44 anni) e con figli minori al seguito (26%). Due “nuovi” italiani su tre si spostano all’interno della provincia di residenza, mentre i trasferimenti di lungo raggio sono meno numerosi (32% del totale). Le regioni che più attraggono i flussi dei nuovi cittadini italiani sono quasi tutte quelle del Centro-Nord: il Trentino-Alto Adige e il Friuli-Venezia Giulia sono le più attrattive, con un numero di iscrizioni pari al doppio rispetto a quello delle cancellazioni. Seguono la Lombardia e l’Emilia-Romagna, caratterizzate altresì da una certa vivacità migratoria anche all’interno della regione.

    Fin qui i numeri del 2019. Il 2020, travolto dall’emergenza coronavirus, racconterà probabilmente un’altra storia.

    https://www.ilsole24ore.com/art/la-fuga-italiani-all-estero-131mila-partenze-l-espatrio-nell-ultimo-ann
    #émigration #statistiques #fuite_de_cerveaux #chiffres #2019 #Italie

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    Ajouté à la métaliste:
    https://seenthis.net/messages/762801

  • Gabriele Tergit - Die Arbeiterblume

    Während Blumen aus den Gärten der großen Leute verbannt blieben, entwickelte sich in einer völlig anderen Schicht ein Blumenbetrieb, fast ein halbes Jahrhundert lang, vom Ende des 18. Jahrhunderts an. Es war die Schicht, über die eines der folgenreichsten Bücher aller Zeiten geschrieben wurde, nämlich Friedrich Engels’ Die Lage der arbeitenden Klasse in England. »Arbeiterblumen« waren ganz bestimmte Blumen, die nur von Arbeitern gezogen wurden. Der Engländer Henry Philipps beschrieb 1824 die feinen Blumen, die geeignet waren, das Parterre der großen Besitzungen zu zieren. Von Zeit zu Zeit schrieb er: »… sank zu einer Handwerkerblume herab.« Er meinte dann die Blumen, auf die sich die Arbeiterschaft prinzipiell beschränkte.

    Schon ganz früh heißt es in einem Buch: »Aurikeln, Anemonen, Hyazinthen, Tulpen, Ranunkeln, Nelken und Primeln wurden in großem Stil von den Arbeitern in Lancashire gezogen.« Was!, denkt man, die Arbeiter von Lancashire, Kinder- und Frauenarbeit und sechzehnstündig noch dazu, alles was hingeführt hat zu mehr als einer Revolution – und dann das! Denn gezogen hieß ja nicht gepflegt, sondern entwickelt, Züchtung neuer Sorten.

    Angefangen hatte es mit den flämischen Webern, die zur Zeit der Königin Elizabeth nach England flohen. Sie brachten ihre Samen und Tulpenzwiebeln und Ranunkelwurzeln mit. Diese flämischen Weber siedelten später in die großen englischen Textilindustriegebiete über, wo sie noch lange eine ziemlich geschlossene Gemeinschaft bildeten. Inzwischen entwickelte sich ganz allgemein eine Blumenzüchterleidenschaft unter den Textilarbeitern. Sie bildeten Blumenzüchterklubs und Blumengesellschaften. Sie veranstalteten ganz regelmäßig Blumenausstellungen mit Preisverteilung. Die Preise von vierzig Pfennig bis zu zwei Mark fünfzig waren nicht hoch für monatelange Mühe, selbst für Leute, die in der Woche etwa 20 Mark verdienten. Allen diesen Klubs war schon 1792 strikte Beschränkung auf die vorhin erwähnten Blumen gemeinsam. Später kam die Studentennelke und viel später das Stiefmütterchen hinzu. Die Arbeiter zogen nicht nur ausstellungsreife Blumen, sondern sie versuchten, durch sorgfältige Kultur und planmäßige Befruchtung neue Sorten zu ziehen.

    Die Aurikel war die beliebteste Blume, und die Arbeiter erreichten eine hohe Qualität. Bei der Tulpe hielt man fast zwei Jahrhunderte nach der Tulpenwut an den geflammten und gefederten Tulpen fest, die den Gegenstand der Tulpenwut gebildet hatten, und die allein auf holländischen Stillleben zu sehen sind. Unsere heutige Vorliebe für schöne einfarbige Tulpen war unbekannt. Sehr berühmte Sorten wurden 1850 bis 1860 von Tom Storer, einem Lokomotivführer in Derby, gezogen. Viele Klubs beschränkten sich auf die Zucht ungefüllter Nelken, so zum Beispiel in Paisley, wo die ungefüllte Nelke mit einem gezackten Rand entwickelt wurde. Der Paisley Klub traf sich vom ersten Blühen der Primeln bis zum Verschwinden der Nelken an jedem Donnerstag. Der Mitgliedsbeitrag betrug zwei Mark im Jahr. Der Preis für die beste Blume war hier eine Schaufel oder ein Rechen oder ein Spaten oder ein anderes Handwerkszeug. In Paisley wurden in den Fünfziger- und Sechzigerjahren des 19. Jahrhunderts die sogenannten türkischen Schals gewebt, offenbar nicht nach vorgeschriebenen Mustern, sondern die Arbeiter erfanden die Muster selbst, ein beachtlicher Unterschied! Geoffrey Taylor erzählt, dass die Weber von Paisley viel lasen, Gedichte schrieben und Tauben züchteten. Sie gaben viel Geld für neue Blumensorten aus, und da, wie jeder weiß, Gärtnern eine Leidenschaft ist, so wird die Geschichte von dem Arbeiter, der 1847 bei starkem Frost seine armseligen Bettdecken auf seine Tulpen legte und sich dadurch einen frühen Tod holte, nicht einzig dastehen.

    Die Blumenzüchtervereine gaben eine Zeitung heraus. Sie erreichte im Jahre 1836 zehntausend Abonnenten, trotz des sehr hohen Preises von sechzig Pfennig für wenige Seiten und eine einzige Abbildung.

    Auch das Stiefmütterchen wurde von den Arbeitern entwickelt, und zwar nach den strengen Regeln, die 1841 von der Stiefmütterchengesellschaft aufgestellt wurden. Diese Stiefmütterchen wurden nach Frankreich und Belgien gebracht. John Salter, von dem wir noch bei der Fuchsie hören werden, sah sie 1847, und da er nicht an die strengen Regeln des Arbeiterklubs gebunden war, begann er, sie zu verbessern, was der Anfang zu unseren heutigen, enorm fetten Stiefmütterchen war.

    Noch 1875 heißt es in einem deutschen Buch: »Niemand hat bessere Blumenexemplare erreicht als die Weber und Bergleute von Lancashire in den Fünfzigerjahren des 19. Jahrhunderts.« Es wird später betont, dass die Entwicklung neuer Sorten der sogenannten »Arbeiterblumen« nicht mehr auf die niedrigen Klassen beschränkt war, aber »leider hatten die Gärtner nicht die Erfahrung der Arbeiter«. Im Allgemeinen verringerte sich die Zahl der Blumenvereine nach den Vierzigerjahren. Die kleinen Gärten wurden überbaut, und die Industriedörfer, wo man sich untereinander kannte, hörten auf zu bestehen. Aber noch heute hängt in manch einem Wirtshaus ein vergilbtes Gruppenbild von bärtigen Männern im schwarzen Sonntagsrock, eine Glocke auf dem Kopf, mit ihrem Geistlichen in der Mitte, das am Preisverteilungstag der Aurikelgesellschaft des Ortes aufgenommen worden war.

    Diese Blumenliebe war keineswegs nur auf die englischen Textilarbeiter beschränkt. Die Bergarbeiter in Belgien begossen ihre Nelken mit ihrem Waschwasser, in dem viel Kohlenstaub war, was den Nelken besonders gut bekam. Auch die Arbeiter der Tuchfabriken in Verviers waren besonders gute Nelkenzüchter.

    Source: Der glückliche Gärtner. Geschichten von Blumen und Gärten. Schöffling, Frankfurt am Main 2015, ISBN 978-3-89561-650-1

    Gabriele Tergit — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriele_Tergit

    #littérature #journalisme #histoire #mouvement_ouvrier #émigration #Allemagne #jardinage

  • L’Australie coupée du monde pour endiguer la pandémie de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/29/l-australie-coupee-du-monde-pour-endiguer-la-pandemie-de-covid-19_6054117_32

    Depuis que l’île-continent a fait de la fermeture de ses frontières internationales la pierre angulaire de sa stratégie de lutte contre le coronavirus, en mars, des dizaines de milliers de personnes ne parviennent pas à retourner dans leur pays tandis que des dizaines de milliers d’autres n’arrivent pas à en sortir. « En théorie, les Australiens et les résidents permanents peuvent rentrer. Mais il n’y a pas suffisamment de vols, ni assez de places sur ces vols. Impossible de trouver un billet. Ma fille d’un an n’a pas vu son père depuis sept mois », se désole la jeune femme.
    Canberra a fermé ses frontières aux étrangers non résidents le 20 mars et, pour les autres, a mis en place un système de quarantaine obligatoire dans des hôtels. La situation s’est compliquée en juin quand des gardes privés, affectés à la surveillance de ces hôtels à Melbourne, ont contracté le virus et l’ont propagé dans la ville.
    Pour réduire les risques, le gouvernement a alors établi un quota de 4 000 personnes autorisées à entrer dans le pays par semaine, porté, depuis, à 6 000. Les compagnies aériennes ont dû limiter le nombre de passagers à une trentaine par vol. Elles ont, en sus, privilégié les classes affaires, plus rentables. « Il y a actuellement 35 700 Australiens, bloqués à l’étranger, dénonce Joel Clark, membre d’Amnesty International Australie. La législation internationale garantit le droit de chacun de regagner son pays. Ce quota dénie ce droit. »
    Pour quitter l’île-continent, c’est encore plus difficile. « Mes parents sont âgés. Ils vivent à Vence [Alpes-Maritimes]. Je ne peux pas aller les voir », regrette notamment Monique Laura, Franco-Australienne installée à Sydney. Afin de sortir du territoire, les Australiens, les binationaux et même les résidents permanents doivent obtenir une dérogation et pour cela, prouver que leur voyage répond à un besoin impérieux d’ordre familial ou professionnel. Rendre visite à un proche en bonne santé n’est pas un motif valable.
    Seulement 33 % des demandes, dans ce pays où un près d’un tiers de la population est né à l’étranger, reçoivent actuellement une réponse positive. « Sommes-nous devenus un Etat carcéral pour, qu’à moins de pouvoir se justifier auprès du ministère [de l’intérieur], nous ne puissions quitter le pays ? » s’est offusquée, fin août, la députée indépendante Zali Steggall, comparant l’Australie à la Corée du Nord. Le sentiment d’enfermement est d’autant plus prégnant que nombre de frontières intérieures entre Etats sont également fermées. Malgré les privations de liberté, la majorité des Australiens soutient cette politique. Elle estime que c’est grâce à elle que le pays ne déplorait, lundi 28 septembre, que 875 morts depuis le début de la pandémie. « Il serait beaucoup plus difficile de maîtriser cet incendie sanitaire s’il y avait en permanence de nouvelles braises qui arrivaient de l’extérieur », explique Catherine Bennett, épidémiologiste à Melbourne.

    #Covid-19#migrant#migration#australie#sante#immigration#émigration#retour#quota#frontiere#enfermement#santementale#droit#famille

  • En Espagne, le manque de médecins complique la lutte contre le Covid-19
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/28/en-espagne-le-manque-de-medecins-complique-la-lutte-contre-le-covid-19_60539

    Alors que Madrid est redevenu l’épicentre de la pandémie de Covid-19 en Europe − avec 25 % des capacités hospitalières de la capitale occupées par des malades et 40 % des soins intensifs de la région −, les soignants font tragiquement défaut en Espagne. Partout devant les portes des centres de santé, là où les médecins de famille et infirmiers reçoivent leurs patients, de longues files d’attente débordent sur les trottoirs. A l’intérieur, où, pour respecter le protocole, l’accès aux salles d’attente est limité à deux ou trois patients à la fois, le téléphone ne cesse de sonner. Pour obtenir un rendez-vous, il faut parfois insister pendant trois jours. Les malades non atteints par le Covid-19, dont le cas n’est pas considéré comme urgent, sont priés d’attendre des jours voire des semaines avant d’être pris en charge. Ils le sont la plupart du temps par téléphone, tout comme les patients atteints par le Covid-19, qui sont testés ici et suivis ensuite à distance. Epuisés et démoralisés, en sous-effectif et en colère, les médecins de famille de la région de Madrid ont finalement obtenu, dimanche 27 septembre, d’être déchargés des « activités non cliniques en lien avec le Covid-19 », telles que la communication des résultats des tests et le traçage des malades et de leur famille. Ils avaient menacé d’entamer une grève indéfinie lundi… En revanche, ils réclament toujours 750 nouveaux médecins de famille et 250 pédiatres de manière urgente dans la capitale, de façon à renforcer les effectifs, minés par des années de coupes budgétaires durant la dernière crise, et à remplacer tous ceux qui se trouvent en arrêt maladie de longue durée. Ils sont environ 350, selon les syndicats, les uns convalescents du Covid-19 − qui a frappé plus de 20 % de la profession −, les autres effondrés psychologiquement. Depuis des jours, cependant, la réponse de la présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso (Parti populaire, droite), sonne comme un aveu d’impuissance : « L’Espagne manque de médecins et d’infirmiers, nous ne pouvons pas le nier », a-t-elle encore déclaré lundi 21 septembre. Pour faire face à cette pénurie, la région a demandé au ministère de la santé, jeudi 24 septembre, l’autorisation d’embaucher exceptionnellement trois cents médecins non européens bien que leur diplôme n’ait pas encore été homologué. L’Andalousie a fait de même le lendemain.
    Mais, pour les professionnels, une telle réponse ne fait qu’entériner un système défaillant qui écarte tous les ans des milliers de professionnels précarisés vers le chômage, vers d’autres régions d’Espagne ou d’autres pays d’Europe, qui offrent de meilleures conditions de travail et souvent des salaires plus élevés. Sur Twitter, les témoignages de soignants se sont multipliés sous le hashtag #porquénohaysanitarios (« pourquoi il n’y a pas de soignants ») : les contrats de vingt-quatre heures enchaînés pendant trois ans, les internes payés 700 euros par mois, les intérims qui durent quinze ans, avec licenciement avant chaque période de vacances…

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#sante#personnelmedical#medecin#immigration#émigration#migrationqualifiée#diplome

  • So why is it that in lower-income countries, richer people emigrate more? What does that mean about the effects of immigration?

    @MariapiaMendola and I went all-out to find answers, using survey data on 653,613 people in 99 countries.

    Start with the facts. This shows 120,000+ people in low-income countries (Malawi, Laos,…). The orange bell-curve is the distribution of income (0=average). The blue line (with confidence interval) is the probability that people at each income are actively preparing to emigrate:

    This is not actual migration, but people who report that their intent to migrate has recently culminated in a very costly action, like purchasing international travel or applying for a visa.

    We show in the data that relatively richer people, as you would expect, are better able to turn their migration wishes and plans into reality than poorer people. So the line for actual migration, by income, should be even steeper than the blue line above.

    That has two remarkable implications. First, when poorer people get more money, they often invest it in… migration.

    This has been found in specific settings around the world. @SamuelBazzi rigorously showed this happening in rural Indonesia:

    https://www.aeaweb.org/articles?id=10.1257/app.20150548

    The second implication is about what happens to immigration on the other end.

    It means that the “additional” migrants caused by rising income in the origin country are likely to possess more & more of the things that make workers earn more, like education or work ethic.

    In the cold, hard economic terms used in the literature, it means that rising incomes in developing countries mean 1) higher propensity to emigrate from the origin and 2) more “positive selection” of immigrant workers at the destination.

    https://www.cgdev.org/publication/migration-developing-countries-selection-income-elasticity-and-simpsons-parad

    What’s going on here? Is it that richer people have an easier time paying to migrate? Is it that richer people invest more in things that facilitate migration, like schooling? Is it demographic change accompanying rising incomes?

    The literature posits all of these and others.

    And why is it so difficult for people, especially many smart people in the policy world, to accept these facts?

    I want to address all these with two pictures from the paper.

    First, pool all the surveyed people in 99 countries into one graph. As people begin to earn the (price-adjusted) equivalent of thousands of dollars a year, they are more & more likely to be preparing to emigrate. For the richest people, that reverses.

    Now just split exactly the same data by education level. In green, that’s people with secondary education or more. In red, people with primary education or less.

    The dashed line (right-hand vertical axis) shows the fraction of people in the green (secondary education+) group.

    That inverse-U shape, the #EmigrationLifeCycle at the household level, is greatly diminished. The emigration propensity barely rises with income within each group.

    This is informative about the origins of the life-cycle. A lot of it comes from rising investment in education, which both motivates and facilitates emigration.

    It confirms what Dao, Docquier, @ParsonsEcon, and Peri find in cross-country data:
    https://linkinghub.elsevier.com/retrieve/pii/S030438781730113X

    It also explains a lot about why the Life Cycle is so counterintuitive. For any given kind of person—like a person with a certain level of education—emigration either doesn’t rise or actually falls with higher income.

    But the process of economic development means that people are shifting between those groups. In the last picture above, you can see people moving from the low-emigration group (low education) to the high-emigration group, as incomes rise.

    If this seems like a brain twister, you’re not alone. This counterintuitive “flip” in correlations is such a common pitfall of reasoning that it has a name: #Simpson's_Paradox (https://en.wikipedia.org/wiki/Simpson%27s_paradox)

    Notice that the “groups” in Simpson’s Paradox can be any size. They can even be individual people! That is, it could both be true that 1) any given person would be less likely to emigrate if they had more income AND 2) more people emigrate if the whole country gets richer.

    There’s no contradiction there. I have sat across the table in Brussels from a brilliant development expert who said, “But people tell me personally they’re moving to earn more money. Do you think they’re lying to me?”

    They are not lying. It’s just that the relationship conditional on individual traits can be the opposite of the relationship across all individuals, because economic development brings shifts in those traits. That’s Simpson’s Paradox.

    There’s a long-read blog that goes into more depth, and links to the papers, here:
    https://www.cgdev.org/blog/emigration-rises-along-economic-development-aid-agencies-should-face-not-fear

    https://twitter.com/m_clem/status/1295735909564981249

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    voir aussi le fil de discussion: “Does Development Reduce Migration ?”
    https://seenthis.net/messages/526083

    ping @rhoumour @_kg_ @karine4 @isskein

  • #MBL (#Musicisti_Basso_Lazio)

    #MBL (#Musicisti_Basso_Lazio) è il nome sia di un progetto culturale che di un gruppo folk italiano, fondato dal musicista e cantautore #Benedetto_Vecchio, nel 2000. Da oltre quindici anni il gruppo è impegnato nel recupero e promozione della specifica identità regionale del sud Lazio, grazie alla sua attività di ricerca storica e folclorica sia nel settore della musica che della danza. Leggi altro...


    http://www.musicistibassolazio.it

    #musique #folk #musique_populaire #Italie #Lazio #Latium #pizzica #tarantelle #tarantella

    https://www.youtube.com/watch?v=9wQk9Wfchks

  • Virus adds to deep despair felt by war-weary young Arabs
    https://apnews.com/cbfa274c75c54b05477583372ab79ea0

    He was working on opening a bakery in Iraq. She was preparing to leave to England, where she would spend a year working on her masters’ degree in pharmacy. After that, they would reunite, get married and start a family.
    Those dreams came to a screeching halt with the outbreak of the coronavirus, as countries shut down, economies buckled and global chaos followed. Her university admission is now on hold, the bakery project has fallen behind schedule, her family’s income has gone down by 40% and she frets about losing her job at a local pharmacy. Al-Diwani and Athir Assem, 26, are among millions of young people in the Middle East whose pursuit of jobs or plans for higher education and marriage have been upended by the pandemic, plunging them into the kind of deep uncertainty and despair they had hoped to leave behind. Such turmoil is universal in the wake of the pandemic, but the despair is particularly pronounced in the Middle East, where wave after wave of war, displacement and disease has left this generation feeling bitter and hopeless. While in the West, many who have become unemployed believe they will eventually get their jobs back or somehow recover from the recession, the pandemic in some Arab countries was the final blow to economies now on the cusp of complete collapse.
    The strains are also made harder because, in the Arab world, lives for young adults tend to be more scripted than for their counterparts in the West. Cultural expectations put more pressure on males to earn enough so they can move out, marry and provide for families.
    “For many young people, seeing economies crumble the way that they are and seeing their prospects vanish before their eyes ... it’s undoubtedly going to be taking a huge toll on mental health and well-being,” said Tariq Haq, a Beirut-based senior employment specialist with the U.N. labor agency.

    #Covid-19#migrant#migration#moyenorient#sante#santementale#émigration#economie#jeunesse#famille

  • Lu menestre Colombe

    Paroles de la chanson :

    E lu menstre Colombe
    ha fatte nu progette
    ha fatte nu progette pe’
    pe’ li disoccupate

    E stetev’attente
    e voi d’la poblazione
    impareteve a legge a scrive pe’
    defendeve da li padrune

    Tutti i disoccupeti da
    mugghieri l’ha separeti
    e glie ha fette nu bullettine a
    confino l’heve mannete

    E stetev’attente...

    Tutti i disoccupeti da
    mugghieri l’ha separeti
    e glie ha fette nu bullettine a
    Germania l’heve mannete

    E stetev’attente...

    Explications de #Terracanto, qui l’interprète dans son nouveau spectacle (conférence chantée sur l’émigration italienne) : « Voix d’Italie, voix migrantes » (https://www.terracanto.org/fr/voix-ditalie-voix-migrantes)

    Paroles de Giuseppe Miriello écrites dans les années Cinquante sur un ancien air de troubadours. Miriello, conteur et militant communiste de la #Basilicate.

    Selon le récit de Giovanna Marini, qui enregistra le chant pendant ses recherches en Basilicate, Giuseppe Miriello aimait à chanter devant l’église de son village pour mettre en garde le peuple contre toutes les malversations politiques et autre formes d’exploitation.
    Il commençait ses chansons par une sorte d’imprécation au Ministre #Colombo, élu de Basilicate qui avait fait carrière et était devenu Ministre du gouvernement de #Démocratie_Chrétienne.
    Pour cette raison, le ministre Colombo était dans l’imaginaire populaire responsable de chaque décision funeste et devint ainsi le bouc-émissaire de Miriello.
    Bien que l’on parle dans la chanson de “Germania”, c’est à dire de l’Allemagne, le chant dénonce l’accord avec la #Belgique, acté par le gouvernement de Démocratie Chrétienne en 1946 même si à l’époque, Colombo n’était pas encore ministre. Pour une personne qui savait à peine lire et écrire, avec une connaissance approximative de la géographie européenne, l’Allemagne représentait tout ce qui se trouvait au nord de l’Italie.

    Alors que dans cet immédiat après-guerre, l’Italie croule sous les dettes, le taux de chômage est très éléve et les matières premières manquent cruellement, la Belgique en revanche possède des sous-sols riches en charbon mais personne pour les exploiter. Les deux États signent donc un accord qui permettra l’envoie hebdomadaire de 2000 #travailleurs_italiens (soit 50.000 en tout) contre des tonnes de #charbon.

    Sur le papier, les #contrats sont alléchants :
    transports gratuits, salaire très digne, logement garanti avec la possibilité future d’un rapprochement familial. On annonce que les travailleurs seront sélectionnés par les bourses du travail, bref tout semble parfait !
    En réalité pourtant, les travailleurs seront triés par les paroisses qui choisissent des hommes dociles, non syndiqués en provenance de l’#Italie_du_Sud, analphabètes pour la plupart : de futurs #mineurs incapables de lire les conditions de leur contrat.
    De fait, le voyage sera une dette que l’ouvrier contracte et qu’il devra rembourser à la sueur de son front, la paye est misérable pour un travail harrassant, les ouvriers s’entassent dans des taudis et personne jamais ne pourra faire venir sa famille. Et la clause la plus honteuse, celles qui les rend littéralement esclaves : il n’est pas possible de laisser le travail avant la première année sous peine de prison.
    C’est dans ces conditions d’absence totale de droits (et donc de garanties) que mûrissent les conditions d’une des plus graves tragédies minières : la catastrophe de #Marcinelle le 8 août 1956 pendant laquelle 262 personnes perdront la vie, dont 136 immigrants italiens. Sur la peau de ces esclaves oubliés se fonde la grande reconstruction des pays européens.
    C’est une véritable #déportation que Miriello dénonce sur un air simple avec des paroles ultra efficaces. Il synthétise le ressenti collectif par l’efficacité propre à la poésie populaire. Le refrain qu’il répète sans cesse sonne comme un puissant et nécessaire #avertissement : “apprenez à lire et à écrire, gens du peuple, pour vous défendre des patrons !”

    https://www.terracanto.org/fr/chants/lu-menestre-colombe

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    Interprétation de #Giovanna_Marini :
    https://www.youtube.com/watch?v=AWB7tCXDAVI

    #chanson #musique #chants_populaires #Italie #musique_et_politique #émigration #éducation #migrations #analphabétisme #illettrisme #mines #extractivisme #histoire #esclavage

    ping @sinehebdo

  • Cyprus to launch #SMS campaign to stem migrant arrivals

    Cyprus is launching a multilingual SMS campaign to head off more migrant arrivals by dispelling the mistaken belief the European Union member country is a gateway to the continent, the Cypriot interior minister said Sunday.

    Nicos Nouris told the Associated Press the text-message blitz aims to counter “disinformation” propagated by people traffickers that securing asylum status in Cyprus will grant would-be migrants a “passport” to other EU countries.

    Nouris said arriving migrants are effectively “trapped” in Cyprus because the island nation isn’t part of the Schengen area — those 26 European nations that have abolished their borders and permit unrestricted travel between them.

    The minister said Cyprus, with a population of roughly 880,000, has “by a wide margin” the largest number of migrants relative to its population in the 27-member bloc.

    He said 3.8% of those living on Cyprus are asylum seekers, while that number is under 1% in other front-line EU states, like Greece, Italy, Spain and Malta.

    It’s estimated that 25-30% of all migrants currently in Cyprus are refugees fleeing conflict.

    According Asylum Service Statistics, Syrians filled the most asylum applications last year, followed by people from Georgia, India, Bangladesh, Pakistan, Cameroon, Vietnam, Egypt, Nigeria and Sri Lanka.

    Nouris had previously said that most migrants arrive to ethnically divided Cyprus’ breakaway north and cross a United Nations-controlled buffer zone to seek asylum in the internationally recognized south.

    Meanwhile, Nouris said around 700 migrants will remain confined to a reception center on the outskirts of the capital Nicosia until a small scabies infestation there is completely eliminated.

    The minister said he expects confinement measures to be lifted “soon” after all those with scabies have been treated.

    The migrants were confined to the center since late March when the government enacted a strict, stay-at-home order to prevent the spread of the coronavirus. Those restrictions were lifted May 23, but the migrants weren’t allowed to leave the center.

    https://www.ekathimerini.com/253269/article/ekathimerini/news/cyprus-to-launch-sms-campaign-to-stem-migrant-arrivals

    #campagne #dissuasion #asile #migrations #réfugiés #Chypre

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    Ajouté à la #métaliste de #campagnes de #dissuasion à l’#émigration :
    https://seenthis.net/messages/763551

  • Places of residence of Sahelian emigrants, 2015

    Sahelian migration within the region: Burkina Faso and Mali alone are responsible for over 28% of West African emigrants. Along with Niger and Chad, they are the countries whose migration trajectories are most centered on neighbouring and nearby countries. Emigrants from Senegal and Mauritania are more oriented towards the rest of the world. Cabo Verde has proportionately the largest number of emigrants; its diaspora is larger than its resident population. Seasonal migration during the lean season in Sahelian countries is impossible to accurately assess, but is probably in the millions. It is an important factor in food security since seasonal migrants generate additional income and relieve pressure on the environment.

    http://www.west-africa-brief.org/content/en/places-residence-sahelian-emigrants-2015
    #migrations #asile #réfugiés #Afrique_de_l'Ouest #cartographie #visualisation #Sahel #migrations_intra-africaines #Afrique #émigration

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    Ajouté à cette métaliste sur de documents (surtout cartes et visualisations) qui traitent des #migrations_intra-africaines et qui peuvent servir à combattre le #préjugés de la #ruée vers l’Europe de migrants d’#Afrique subsaharienne...
    https://seenthis.net/messages/817279

    ping @reka @karine4 @isskein @rhoumour

  • Coronavirus: wealthy Chinese families say pandemic has eroded appetite for overseas schooling and investing | South China Morning Post
    hinese families have had their desire to emigrate, educate their children, or invest abroad damaged by the coronavirus
    Economic uncertainty, Western responses to the pandemic, as well as rising anti-China sentiment in parts of the world are causing rich Chinese to reconsider plans
    #Covid-19#migrant#migration#Chine#diasporachinoise#émigration
    https://www.scmp.com/economy/china-economy/article/3085758/coronavirus-wealthy-chinese-families-say-pandemic-has-eroded

  • Coronavirus : l’#exode_mondial avant le #confinement

    Près de 4,5 milliards de personnes sont soumises à un confinement dans 110 pays. Cette situation inédite a été précédée d’une autre étape, aussi exceptionnelle.

    Les frontières ont fermé les unes après les autres, les avions sont restés cloués au sol. Du début février à mi-avril, quelque 4,5 milliards de personnes – soit plus de la moitié de l’humanité – ont été soumises à un confinement total dans 110 pays, et le monde s’est figé. Cette situation inédite a été précédée d’une autre étape, tout aussi exceptionnelle, lorsque des millions d’êtres humains à travers la planète ont cherché à regagner leur pays, par leurs propres moyens ou bien par le biais d’opérations de rapatriement.

    A l’intérieur des Etats, des millions de citadins, à New York, Paris, Milan, Madrid ou Istanbul, ont décidé de fuir les grandes métropoles dans l’espoir d’échapper à la contagion du Covid-19 et à la complexité du confinement. Des travailleurs saisonniers ou transfrontaliers, bloqués ou contraints de rebrousser chemin, n’ont pas eu ce choix. Des migrants ont été chassés.

    En Inde, dès l’annonce du confinement immédiat du pays, le 25 mars, des millions de travailleurs pauvres, privés de leurs revenus journaliers, sont partis à pied rejoindre leurs villages. Ces scènes dantesques ont rappelé à l’écrivaine indienne Arundhati Roy celles de la partition, en 1947, des Indes britanniques, qui a abouti à la naissance du Pakistan.

    A l’exception de l’Afrique subsaharienne, où peu de grands mouvements ont été constatés jusqu’à présent, la pandémie de Covid-19 a partout provoqué un exode massif que nul n’avait anticipé. Il existe des projections sur des déplacements de population liés aux conditions climatiques ; des bilans ont été dressés à la suite de catastrophes naturelles ; des cérémonies religieuses ou des fêtes traditionnelles sont l’occasion, en Chine, en Inde ou en Arabie saoudite, de migrations spectaculaires. Cependant, des mouvements simultanés d’une telle ampleur n’avaient jamais été encore observés. « C’est un moment historique » , remarque Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CERI-Sciences Po et spécialiste des migrations internationales, qui se dit particulièrement inquiète quant au sort des migrants, « ceux qui fuient déjà une crise » .

    « Des Européens, interdits d’entrée dans des pays, ont expérimenté ce que c’est de ne pas être les bienvenus. Cela change les perspectives » (François Gemenne, spécialiste des migrations)

    « Il s’agit d’un mouvement mondial totalement inédit , abonde François Gemenne, spécialiste des migrations, professeur à Sciences Po Paris et à l’université de Liège, en Belgique. Autre élément nouveau, les flux habituels de migration ont été bouleversés. L’exode des ruraux a été remplacé par l’exode des citadins, celui des pays en voie de développement par celui des pays industrialisés. La Tunisie et la Mauritanie ont expulsé des Italiens ; des Européens, interdits d’entrée dans des pays, ont expérimenté ce que c’est de ne pas être les bienvenus. Cela change les perspectives. »

    Il est encore trop tôt pour se faire une idée exhaustive de ces mouvements et de leurs répercussions. Mais pour se forger une idée du phénomène, Le Monde a sollicité le réseau de ses correspondants à l’étranger. Sur la base d’éléments collectés entre le début février et le 8 avril (date du déconfinement progressif de la ville chinoise de Wuhan, point de départ de la pandémie), c’est un exode d’avant-confinement hors norme qui se dégage.

    Retour par ses propres moyens

    La crainte de l’isolement, le besoin de se rapprocher de la famille, ou la perte brutale de revenus ont poussé nombre de ressortissants basés à l’étranger à rentrer dans leur pays, le plus souvent par leurs propres moyens. Entre le 15 mars et le 7 avril, 143 000 Ukrainiens ont ainsi quitté la Pologne, selon les gardes-frontières polonais qui ont évoqué un « véritable exode, à une échelle encore jamais vue » . Ils étaient alors encore 11 000 à espérer un retour, selon l’ambassade ukrainienne à Varsovie.

    L’annonce, le 26 mars, de la fermeture des frontières par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a précipité le mouvement. Sur une population estimée à plus de 1,2 million d’Ukrainiens résidant en Pologne avant la crise sanitaire, 12 % ont quitté le pays. Pour la plupart, il s’agit de travailleurs en situation légale : 90 % ont fui les difficultés économiques du secteur de l’hôtellerie et de la restauration après leur mise à l’arrêt.

    Plus de 200 000 Roumains ont eux aussi rejoint leur pays depuis le début de la pandémie, selon la police des frontières. Au point que les autorités de Bucarest ont appelé la diaspora à ne pas rentrer avant la fin de l’état d’urgence, prolongé jusqu’au 16 mai, par crainte d’un effet supplémentaire de contagion.

    Les effectifs des Danois et des Norvégiens enregistrés sur les listes consulaires à l’étranger ont fondu de moitié. Selon le ministère des affaires danois, ils n’étaient plus que 38 000 le 27 mars, contre 74 000 quelques jours auparavant. Des touristes, surtout, rentrés par leurs propres moyens, à l’instar des 234 000 Norvégiens encore à l’étranger le 12 mars, selon les données des opérateurs Telia et Telenor, qui n’étaient plus que 105 000 le 26 mars. De même, 25 000 à 35 000 Russes, bloqués par la fermeture des frontières, attendaient encore, le 3 avril, de pouvoir rentrer chez eux, en provenance notamment de Thaïlande.

    L’Australie pourrait faire face au plus grand déclin démographique de sa population depuis… 1788.

    Même phénomène en Australie, où plus de 280 000 citoyens et résidents permanents ont regagné l’île-continent depuis le 13 mars, sur 1 million vivant à l’étranger, soit 20 % d’entre eux, selon le ministère des affaires étrangères. Ces arrivées ne compensent pas les départs : 260 000 travailleurs temporaires, étudiants et touristes ont quitté le pays depuis le 1er février et 50 000 autres durant les deux premières semaines d’avril.

    A ce rythme, selon des projections sur l’année qui font état de 300 000 départs supplémentaires, l’Australie pourrait faire face au plus grand déclin démographique de sa population depuis… 1788, selon un expert cité par The Australian . Le 1er février, le premier ministre Scott Morrison avait prévenu que l’entrée du pays serait dorénavant refusée aux non-Australiens ayant voyagé en Chine. L’interdiction s’est ensuite étendue aux Iraniens, aux Sud-Coréens, aux Italiens, puis à l’ensemble de la planète à partir du 20 mars.

    Le gouvernement chilien a annoncé, le 2 avril, le retour de 30 000 de ses ressortissants depuis le 18 mars. En Chine, dans la semaine qui a précédé la quasi-fermeture du ciel chinois, le 29 mars, on comptait 25 000 arrivées quotidiennes. Un chiffre ramené à 3 000 la semaine suivante. En outre, 200 000 étudiants sur 1,6 million résidant à l’étranger sont revenus, selon le ministère de l’éducation (41 000 en provenance des Etats-Unis, 28 000 d’Australie, 22 000 du Royaume-Uni, 11 000 d’Allemagne et de France). Tous ont dû payer leur billet.

    Ces retours sont difficiles à quantifier au Venezuela, plongé dans une grave crise politique et économique depuis 2015 et qui a vu 4,3 millions de ses citoyens s’exiler. Mais des Vénézuéliens vivant dans une grande précarité au Pérou, en Equateur et en Colombie sont revenus – 2 153 recensés les 4 et 5 avril. Nicolas Maduro, président contesté, a ensuite annoncé l’arrivée de 5 800 réfugiés en provenance de Colombie.

    Plus de 20 000 expatriés Libanais reviennent au compte-gouttes, entravés par la situation de leur pays au bord de la faillite. La situation des Palestiniens est particulière. Depuis mi-mars, la quasi-fermeture des passages entre la bande de Gaza et Israël interdit la sortie de 5 000 travailleurs et commerçants palestiniens. Tandis que 70 000 autres, travailleurs légaux et illégaux de Cisjordanie, sont aujourd’hui bloqués en Israël s’ils veulent conserver leur emploi.

    Opérations de rapatriements

    Agnès Thierry, une Française installée depuis quatre ans au Vietnam après plusieurs années passées à Hongkong, songeait déjà, avant la pandémie, à rentrer au pays. Elle a brusqué sa décision. « Là-bas, au Vietnam, les écoles sont fermées depuis janvier, les autorités ont bloqué très tôt les frontières, puis elles ont refusé l’entrée des étrangers, la situation est devenue de plus en plus dure » , raconte-t-elle.

    La difficulté de renouveler son visa tous les trois mois, comme elle le faisait jusqu’à présent, a convaincu cette designer spécialisée dans la céramique de monter, le 27 mars, à bord d’un avion Air France, spécialement affrété – à charge pour les passagers de régler des billets négociés. « Il y a eu deux avions la même semaine, ils étaient pleins à craquer » , témoigne Agnès Thierry. Comme elle, près de 150 000 Français – en majorité des touristes – ont ainsi bénéficié de vols spéciaux depuis le 17 mars.

    En Pologne, le gouvernement a organisé l’opération « Vol à la maison », présentée comme le plus grand plan de rapatriement depuis la seconde guerre mondiale

    Partout, des opérations de rapatriement d’ampleur ont été mises sur pied : 200 000 Allemands coincés à l’étranger ont pu regagner leur pays en l’espace de trois semaines jusqu’au 6 avril, selon le ministère des affaires étrangères (il en restait encore 40 000 en Nouvelle-Zélande, au Pérou et en Afrique) ; 60 000 Italiens ont été évacués par des vols spéciaux ; 9 303 Algériens, selon le ministère de l’intérieur ; 12 000 Brésiliens au 6 avril ; 7 965 Tunisiens à la même date ; 8 432 Mexicains entre le 23 mars et le 3 avril ; 15 000 Turcs, entre mi-mars et début avril ; 14 950 Argentins, entre le 18 et le 30 mars ; 2 400 Norvégiens au 1er avril… La liste est longue. Le 17 avril, la Commission européenne a, pour sa part, évalué à 500 000 le nombre d’Européens rapatriés avec son concours ; tandis que 98 900 autres restent encore bloqués à l’étranger.

    En Pologne, après la fermeture des frontières, le gouvernement a organisé, avec la compagnie aérienne nationale LOT, l’opération « Vol à la maison », présentée comme la plus grande opération de rapatriement depuis la seconde guerre mondiale. Entre le 15 mars et le 5 avril, 360 vols et 44 avions mobilisés ont permis de ramener 54 000 Polonais, principalement de Londres (21 000 personnes), de Chicago (3 100), de Bangkok (2 200) ou encore d’Edimbourg (2 000).

    Fin mars, 300 000 Britanniques attendaient de pouvoir être rapatriés, ce qui a valu pas mal de critiques au gouvernement de Boris Johnson pour sa lenteur. Le 6 avril, seuls 1 450 Britanniques étaient parvenus à quitter la Tunisie, l’Algérie ou le Pérou, selon des chiffres du Foreign Office. Au 10 avril, environ 5 000 autres étaient censés, à leur tour, avoir réussi à quitter l’Inde. De leur côté, 16 812 Marocains n’ont pas encore trouvé de solution pour rentrer chez eux.

    Dans ce paysage chamboulé, seule l’Argentine semble se distinguer. A rebours du mouvement général, 30 000 Argentins ont quitté le pays, le 13 mars, au lendemain d’une allocution du président annonçant le confinement et la fermeture des frontières le 16. Pour quelles destinations ? La question demeure.

    Le retour contraint des migrants

    La question des migrants est celle qui préoccupe le plus les experts. En Iran, qui figure parmi les premiers foyers de contamination, la situation du million de travailleurs afghans présents dans le pays s’est dégradée. Alors que la République islamique s’est enfoncée dans la crise sanitaire, nombre de ces migrants, qui constituent une main-d’œuvre peu qualifiée souvent victime de discriminations, sont rentrés chez eux. Leur nombre exact n’est pas connu, mais mi-mars l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) faisait état du retour de 140 000 Afghans en provenance d’Iran. Cet afflux, parmi le plus important mouvement transfrontalier causé par la pandémie, laisse craindre le pire dans un pays ravagé par près de vingt ans de guerre et de corruption.

    30 000 migrants éthiopiens qui tentaient de rejoindre l’Arabie saoudite se sont retrouvés piégés au Yémen

    L’Arabie saoudite, où les travailleurs étrangers constituent un tiers de la population (80 % dans le secteur privé), a renvoyé chez eux des milliers d’Ethiopiens, y compris certains suspectés d’être contaminés par le Covid-19, en affrétant jusqu’à deux vols quotidiens pour Addis-Abeba. Dans les dix premiers jours d’avril, 2 968 travailleurs éthiopiens ont ainsi été ramenés dans leur pays, selon le Financial Times . Des retours « coordonnés », affirment les officiels saoudiens, alors que l’Ethiopie a demandé l’arrêt de ces déportations durant la pandémie. Dans la même période, 30 000 migrants éthiopiens qui tentaient de rejoindre l’Arabie saoudite se sont retrouvés piégés au Yémen.

    Pour sa part, Ankara a mis un frein à sa politique délibérée de déplacements de migrants vers la frontière grecque, le 13 mars, où plus de 10 000 personnes campaient selon les estimations. Selon le ministère turc de l’intérieur, 5 800 d’entre eux, pour la plupart des Afghans et quelques Syriens, ont quitté cette zone en bus à destination de centres de confinements dans neuf provinces de Turquie.

    Le Mexique a reconduit aux frontières 8 528 Guatémaltèques entre fin janvier et mars, selon l’Institut guatémaltèque de la migration, et expulsé 15 101 Honduriens, d’après le bilan fourni au 8 mars par le ministère des affaires étrangères hondurien. Côté américain, Washington autorise, depuis le 20 mars, les expulsions express – en moins de deux heures – à la frontière mexicaine pour protéger du Covid-19 ses agents. Selon la presse mexicaine, près de 7 000 clandestins mexicains et centraméricains ont ainsi été renvoyés en deux semaines. Au 25 mars, en Thaïlande, ce sont près de 60 000 migrants originaires du Cambodge, du Laos ou de Myanmar, qui ont quitté le pays après la fermeture des commerces.

    La fuite hors des villes

    C’est un phénomène connu depuis le Moyen Age : les plus aisés, du moins ceux qui en ont les moyens, fuient les villes menacées et confinées lors des grandes pandémies. « Le phénomène “résidence secondaire” – ceux qui partent vite, loin, et qui reviennent tard – a été observé notamment lors de la grande peste de Marseille de 1720 » , rappelle Isabelle Seguy, de l’Institut national des études démographiques (Ined). Un véritable mur sanitaire avait alors été constitué du Vaucluse aux Alpes, avec guérites et soldats. « Il fallait des autorisations pour passer » , souligne la spécialiste.

    Trois cents ans plus tard, les réflexes perdurent. Une scène, en particulier, est restée dans la mémoire des Italiens, celle des trains de nuit pris d’assaut en gare de Milan dans la soirée du 7 mars. Un brouillon du premier décret de confinement de la Lombardie venait de circuler, provoquant le départ massif, en quelques heures, de jeunes travailleurs pressés de rentrer chez eux, dans le Sud. On estime à 100 000 leur nombre ce soir-là.

    En Turquie, bien avant le 3 avril, jour de l’annonce des restrictions d’entrée et de sortie dans les 30 plus grosses villes du pays, près de 3 millions de citadins sont partis pour leur village d’origine ou leur résidence secondaire. Plus de 1 million de Stambouliotes ont rejoint leur lieu de villégiature sur la côte égéenne. Entre la mi-mars et le début avril, 125 000 Turcs ont par exemple gagné la ville touristique de Bodrum.

    En France, le confinement décrété le 17 mars a engendré de vastes mouvements. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), entre 1,6 et 1,7 million de personnes ont rejoint leur département de résidence. A contrario, Paris intra-muros a perdu 11 % de sa population. Sur la base de ses propres statistiques, l’opérateur Orange estime qu’entre le 13 et le 30 mars, 1,2 million de Franciliens ont quitté la région, soit 17 % de la population du Grand Paris, tandis que celle de l’île de Ré a augmenté de 30 %.

    A New York, ce fut aussi la ruée hors de la ville. Début mars, « Big Apple » s’est vidée de nombreux habitants, partis se réfugier dans leur villégiature des Hamptons, à l’extrémité chic de Long Island, à l’est de Manhattan, dans la vallée de l’Hudson, au nord, ou sur les rivages du Maine. Aucun chiffre n’a été rendu public, mais des indicateurs confirment la tendance : les quartiers résidentiels de Manhattan sont moins touchés que d’autres par l’épidémie. La collecte d’ordures y a baissé de 5 %, alors que celle des quartiers pauvres (Queens, Staten Island) a au contraire progressé de 10 %. Cet exode des plus favorisés a été suffisamment important pour que la Maison Blanche s’inquiète d’une propagation du virus à Long Island, moins bien dotée médicalement que New York.

    Autre indicateur, à Moscou cette fois. Le vendredi 27 mars au soir, avant le début du confinement annoncé pour le lundi suivant, 750 000 voitures ont quitté la capitale russe, soit une augmentation de 15 % par rapport à la normale.

    Le départ de dizaines de milliers de Madrilènes, le 13 mars, a suscité un flot de réactions dans la presse. Des villes et villages ont érigé des barrières pour empêcher leur arrivée

    En Espagne aussi. Le départ de dizaines de milliers de Madrilènes hors de la capitale, le 13 mars, à la veille du confinement du pays, a suscité un flot de réactions dans la presse sous des titres tels que « ¡ Que vienen los Madrilenos ! » (« Les Madrilènes arrivent ! »), photos d’embouteillages à l’appui. Cette situation a poussé des villes et villages à ériger des barrières pour empêcher leur arrivée. Dans la station balnéaire de Calafell (25 000 habitants), au sud de Barcelone, des blocs de béton ont été installés et des contrôles de police instaurés à l’approche des fêtes de Pâques.

    En Australie, des mesures similaires ont été prises pour limiter les déplacements des citoyens d’un Etat à l’autre. La Tasmanie, le Territoire du Nord, le Queensland, l’Australie-Méridionale et l’Australie-Occidentale ont, durant la seconde moitié de mars, mis en place des mesures de contrôles à leurs « frontières ».

    Que dire enfin des 5 millions d’habitants de Wuhan, partis juste avant la fermeture de leur ville, le 23 janvier ? Etait-ce pour éviter l’enfermement ou pour tenter, malgré tout, de faire un voyage qu’ils avaient projeté à l’occasion du Nouvel An lunaire ? C’est ici que tout a commencé et que le balancier des déplacements repartira en sens inverse. Ou pas.

    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/17/covid-19-l-exode-mondial-avant-le-confinement_6036919_3210.html
    #exode #émigration #retour_au_pays #mobilité #coronavirus #covid-19 #cartographie #visualisation #chiffres #monde #migrations

  • Le #Liban menacé par une accélération de la fuite des cerveaux
    https://www.lecommercedulevant.com/article/29732-le-liban-menace-par-une-acceleration-de-la-fuite-des-cerve

    Quelque 66 000 Libanais ont émigré en 2019, soit deux fois plus que l’année précédente. Si l’épidémie du coronavirus a momentanément freiné l’hémorragie, l’aggravation de la crise économique en l’absence de mesures spécifiques ne fera que renforcer la tendance.

    #émigration #crise #paywall je n’accède pas à la totalité de l’article