• La #guerre_sociale en #France. Aux sources économiques de la #démocratie_autoritaire

    La tentation d’un #pouvoir_autoritaire dans la France de 2019 trouve ses racines dans le projet économique du candidat #Macron.
    Depuis des décennies, la #pensée_néolibérale mène une guerre larvée contre le #modèle_social français de l’après-guerre. La #résistance d’une population refusant des politiques en faveur du capital a abouti à un modèle mixte, intégrant des éléments néolibéraux plus modérés qu’ailleurs, et au maintien de plus en plus précaire d’un compromis social. À partir de la crise de 2008, l’offensive néolibérale s’est radicalisée, dans un rejet complet de tout équilibre.
    Emmanuel Macron apparaît alors comme l’homme de la revanche d’un #capitalisme français qui jadis a combattu et vaincu le #travail, avec l’appui de l’#État, mais qui a dû accepter la médiation publique pour « civiliser » la #lutte_de_classes. Arrivé au pouvoir sans disposer d’une adhésion majoritaire à un programme qui renverse cet équilibre historique, le Président fait face à des #oppositions hétéroclites mais qui toutes rejettent son projet néolibéral, largement à contretemps des enjeux de l’époque. Le pouvoir n’a ainsi d’autre solution que de durcir la démocratie par un excès d’#autorité. Selon une méthode classique du néolibéralisme : de l’#épuisement de la société doit provenir son #obéissance.


    https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-La_guerre_sociale_en_France-9782348045790.html
    #économie #néolibéralisme #livre #Romaric_GODIN

  • Malgré l’urgence écologique, l’Etat donne son feu vert à une nouvelle carrière de calcaire
    https://www.bastamag.net/carriere-calcaire-ciment-Vexin-urgence-ecologique-parc-naturel

    L’arrêté est signé du ministre de l’Écologie. Et n’a pas l’air compatible avec l’« accélération écologique » annoncée par Edouard Philippe le 12 juin dernier, devant les députés. François de Rugy et Bruno le Maire ont signé le 4 juin dernier un permis exclusif pour la carrière de calcaire cimentier de Brueil-en-Vexin, au profit de la société Ciments Calcia, filiale du groupe allemand HeidelbergCement Group. 109 hectares, soit 150 terrains de football, pourront être exploités au sein du Parc naturel régional du (...)

    En bref

    / #Epuisement_des_ressources

  • Aux #urgences de #Lons-le-Saunier, « l’équipe est anéantie »

    Aux urgences de Lons-le-Saunier, 70 % du personnel est en #arrêt_maladie, épuisé. Pour assurer la continuité des soins, les autorités réquisitionnent le #personnel_médical avec l’appui des #forces_de_l’ordre, pour ce week-end de l’Ascension.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/020619/aux-urgences-de-lons-le-saunier-l-equipe-est-aneantie?onglet=full
    #France #hôpital #soins #travail #épuisement #réquisition #santé #système_de_santé

  • Le #burn-out reconnu comme #maladie par l’#OMS
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2019/05/27/le-burn-out-reconnu-comme-maladie-par-l-oms_5468255_1651302.html

    Que le travail puisse rendre malade n’est pas une idée nouvelle mais, pour la première fois, l’#épuisement_professionnel lié au #stress, le burn-out, est reconnu comme maladie par la classification internationale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

    Les personnes #transgenres sont cependant toujours considérées comme malades, l’« incongruence de genre » passant de la catégorie des troubles mentaux à un nouveau chapitre consacré à la #santé sexuelle.

  • #Sick & #Sicker
    http://www.radiopanik.org/emissions/pbg/sick-sicker

    Pour cette nouvelle émission, l’équipe de PBG va s’intéresser en diagonale et à pas chassés à la question large de la maladie, des infirmières, des traitements musicaux thérapeutiques, et plus globalement de tout ce qui se rapproche de près et surtout de loin à ce sujet ô combien tragique, mais qui définit si bien notre condition humaine.

    Pour illustrer nos propos, et pour parler à peu près de tout autre chose, nous aurons en plus une invitée, la formidable Nurse de Poxcat, oeuvrant pour la promotion des DJs femmes dans l’electro à Bruxelles (contre le #Virus masculiniste dans cette musique diabolique).

    Cela s’avère donc une écoute tout à fait indispensable...

    Tracklist :

    The Germs – Land of Treason The stooges – I’m sick of you Rouge-Gorge – Allez-vous en The Caretaker – It’s just a (...)

    #Noise #Junkie #Épuisement #Thérapie #Chouffe #+Nurse+ #Lyme #Noise,Sick,Junkie,Sicker,Épuisement,Thérapie,Chouffe,+Nurse+,Lyme,Virus
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/pbg/sick-sicker_06083__1.mp3

  • La collapsologie : un discours réactionnaire ? (Jean-Baptiste Fressoz, Libération)
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/07/la-collapsologie-un-discours-reactionnaire_1690596

    Très en vogue, les théories de l’#effondrement trouvent leur origine chez les élites industrielles et colonisatrices du XIXe siècle. Elles risquent aujourd’hui de négliger la dimension politique des #enjeux_écologiques.
    […]
    Premièrement, le terme d’effondrement est beaucoup trop #anthropocentrique. […] En se focalisant sur l’effondrement à venir de la #civilisation_industrielle, le risque est de se rendre aveugle à tous les effondrements de la #nature qui sont en cours et même déjà très avancés.
    […]
    Deuxièmement, le discours de l’effondrement est très « #occidentalocentré ». Dit plus simplement : c’est une #écologie de riches. Ce que nous vivons est infiniment plus pervers : le #changement_climatique accentue les autres formes de #violence et d’#inégalités. Suprême injustice, il est causé par les riches et persécute surtout les pauvres des pays pauvres. Et c’est d’ailleurs cette caractéristique qui explique l’apathie générale. […] Il faut reconnaître au #capitalisme sa #résilience extraordinaire face aux #désastres de tout ordre.
    […]
    Troisièmement, le #discours actuel de l’effondrement mélange deux choses : la #perturbation du système Terre et la #sixième_extinction, qui sont avérées, et l’#épuisement_des_ressources_fossiles qui est sans cesse repoussé à plus tard. […] Dit autrement, le capitalisme fossile se porte à merveille, il est dans la force de l’âge, son effondrement est peu probable, et c’est bien là le tragique de la situation.
    […]
    Quatrièmement, le discours de l’effondrement dépolitise la question écologique.
    […]
    Tous ces problèmes, l’effondrement les doit à ses origines intellectuelles et politiques.
    […]
    Si en France on connaît surtout la « #collapsologie » de gauche, celle d’Yves Cochet, de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens qui tentent de construire une politique post-apocalyptique #émancipatrice, il ne faut pas oublier que l’effondrement a, au cours de sa longue histoire, nourri les passions politiques les plus nauséabondes.
    […]
    L’effondrement disparaît et réapparaît, recule ou revient en force en s’ajustant aux futurs successifs. En attendant, les #catastrophes se multiplient partout, et surtout en dehors d’une #civilisation_occidentale qui depuis deux siècles n’a cessé d’admirer sa #puissance au prisme de son effondrement.

  • L’Amazonie, convoitée par l’agrobusiness et l’industrie minière, en danger imminent avec l’élection de Bolsonaro
    https://www.bastamag.net/Amazonie-Bresil-Bolsonaro-agrobusiness-amerindiens-ecologie-deforetsation

    Le nouveau président brésilien élu ce 28 octobre a multiplié les annonces visant directement l’Amazonie, les défenseurs de l’environnement et les communautés autochtones. Jair Bolsonaro veut la fin des démarcations de terres indigènes et ouvrir de larges zones de forêts à l’exploitation minière et à l’agrobusiness, des secteurs économiques qui ont appuyé sa candidature. Si l’élection de Bolsonaro, et la violence qu’il attise par ses discours, constituent une menace directe pour la vie des communautés locales, (...)

    #Décrypter

    / #Droites_extrêmes, Indignés de tous les pays..., #Amériques, #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Le_défi_du_réchauffement_climatique, #Climat, #Epuisement_des_ressources, #Néo-colonialisme, #Multinationales, #Droit_à_la_terre, A la (...)

    #Indignés_de_tous_les_pays...

  • Le développement des centrales biomasse, un remède « pire que le mal » face au réchauffement climatique ?
    https://www.bastamag.net/Le-developpement-des-centrales-biomasse-un-remede-pire-que-le-mal-face-au

    La biomasse est-elle l’avenir de la production d’énergie ? A Gardanne, près de Marseille, l’une des deux chaudières à charbon de la centrale thermique a été convertie. Elle doit, à terme, engloutir 850 000 tonnes de bois par an, dont 50% issues de coupes forestières, pour produire de l’électricité. Mais entre les risques de pollutions ou celui d’une surexploitation de la forêt régionale, le projet soulève de nombreuses oppositions. Il interroge aussi la pertinence de la biomasse issue des forêts comme (...)

    #Décrypter

    / A la une, #L'enjeu_de_la_transition_énergétique, #Le_défi_du_réchauffement_climatique, #Enquêtes, #Climat, Epuisement des (...)

    #Epuisement_des_ressources

  • Comment l’évasion fiscale contribue à la surpêche et à la déforestation
    https://www.bastamag.net/Comment-l-evasion-fiscale-contribue-a-la-surpeche-et-a-la-deforestation

    La fraude et l’évasion fiscales représentent en Europe une perte de 1000 milliards d’euros chaque année ! Les révélations par la presse d’investigation des Paradise Papers, des Panama Papers, des Luxleaks ou des Swissleaks, montrent que ces pratiques d’évasion fiscales sont massives, mondiales, et concernent les milliardaires et les multinationales. En plus d’appauvrir les finances publiques – donc l’éducation, la santé ou les protections sociales des pays concernés – des Etats où ces milliards échappent (...)

    En bref

    / #Amériques, #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Agriculture, #Epuisement_des_ressources, Paradis (...)

    #Paradis_fiscaux

  • Ces lobbies industriels et pesants conservatismes face auxquels Nicolas Hulot a préféré renoncer
    https://www.bastamag.net/Ces-lobbies-industriels-et-ces-pesants-conservatismes-face-auxquels-Nicola

    Il s’était donné un an pour voir s’il était « utile ». Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a finalement annoncé le 28 août qu’il démissionnait. Un projet de loi sur la fin des hydrocarbures taillé en pièces par les sénateurs, un gouvernement qui ne prend pas la mesure de l’urgence écologique en dépit des multiples alertes... Sans parti ni mouvement sur lequel s’appuyer, Nicolas Hulot s’est senti souvent bien seul. Passage en revue des lobbies industriels et des puissantes forces (...)

    #Décrypter

    / #Politique, #Climat, #Epuisement_des_ressources, Biodiversité, A la une

    #Biodiversité

  • #Climat dans la Constitution : il est temps de rendre justice
    https://www.bastamag.net/Climat-dans-la-Constitution-il-est-temps-de-rendre-justice

    La France « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre le changement climatique ». Telle est la formulation que la commission des lois de l’Assemblée nationale a proposé d’intégrer dans l’article premier de la Constitution, le 27 juin dernier. Alors que le projet de loi constitutionnel doit être examiné en séance publique à partir du 10 juillet, plusieurs personnalités appellent à aller plus loin en intégrant des termes véritablement contraignants, le principe de (...)

    #Débattre

    / Climat, #Epuisement_des_ressources, #Politique, #Droits_fondamentaux

  • « Il va bien falloir prendre partie dans la guerre en cours, entre les managers et les alliés du vivant »
    https://www.bastamag.net/Il-va-bien-falloir-prendre-partie-dans-la-guerre-en-cours-entre-les-manage

    D’un côté la biodiversité disparaît à grande vitesse, à cause des pesticides, du bétonnage et de la déforestation industrielle. De l’autre, de plus en plus de populations et territoires se soulèvent contre ces projets funestes. Dans son ouvrage Être Forêts, habiter des territoires en lutte, le philosophe et bâtisseur Jean-batiste Vidalou se penche sur la forêt, lieu de résistances à l’exploitation de la terre et des hommes, défendus par « ceux qui élaborent et font vivre des communs » : « Un monde pluriel, (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, #ZAD, #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Entretiens, #Epuisement_des_ressources, #Droit_à_la_terre, A la une, (...)

    #Biodiversité

  • Le lobby de la pêche électrique repasse à l’offensive
    https://reporterre.net/Le-lobby-de-la-peche-electrique-repasse-a-l-offensive


    Je ne comprends même pas qu’on appelle cela de la pêche

    La pratique de la #pêche_électrique néerlandaise est très contestée par les pêcheurs français du Nord pour ses conséquences néfastes sur les écosystèmes marins : « Cette pêche tue tous les juvéniles. Les témoignages des bateaux français qui pêchent dans les mêmes eaux que les bateaux néerlandais entre 3 et 20 nautiques nous disent tous la même chose : il n’y a plus de petits poissons dans les eaux de la mer de Nord », témoignait le pêcheur et président du Comité des pêches du Nord-Pas de Calais/Picardie, Olivier Leprêtre, en 2014.

    Même si le manque d’études sur le sujet rend difficile toute appréciation de cette question du renouvellement des ressources, pour le directeur scientifique de l’association Bloom, « ça tombe sous le sens. En envoyant des décharges électriques dans les #fonds_marins, on électrocute forcément des larves ou des femelles pleines, et ça ne peut pas ne pas avoir d’incidences sur la reproduction. Cette technique de pêche va accélérer l’#épuisement des stocks de poissons. » Pourquoi des études scientifiques ne sont-elles pas lancées ? « Pour la Commission européenne, il n’y a pas besoin de recherches supplémentaires, poursuit le scientifique. Pour elle, la pêche électrique est sélective puisqu’elle ne vise que certains poissons, ceux qui ont une certaine taille et sont orientés d’une certaine façon. »

  • Reçu via la mailing-list du Collectif R (Lausanne, Suisse), le 5 mars 2018
    Site du Collectif R : http://desobeissons.ch

    Parcours de E.N. depuis le #Cameroun

    E.N. est originaire du Cameroun. Elle fuit ce pays, enceinte, en compagnie de son fils de deux ans et de son compagnon, en octobre 2016. Durant la traversée du #Niger, en octobre-novembre 2016, elle est victime de violences graves et inhumaines :

    « Nous avons fait deux semaines de voyage jusqu’à la frontière, à travers le désert. Nous étions très nombreux, entassés comme des animaux, allongés les uns sur les autres dans plusieurs pick-up, 42 personnes par véhicule ! Il y avait toute une colonne d’une dizaine de pick-up. Il faisait très chaud et nous étions sous la bâche. Nous ne devions pas bouger. Chaque mouvement dérangeait les autres qui nous frappaient. J’ai été beaucoup giflée pendant ce voyage parce que l’immobilité me causait des douleurs et je devais bouger. Je pleurais aussi à cause de mon fils parce qu’il faisait très chaud et que j’avais peur pour sa vie. Pendant trois jours il n’a pas bu d’eau. Il s’était déshydraté et il perdait du sang dans les selles et par vomissements. Il était très faible quand nous sommes arrivés.

    Des gens sont morts étouffés à cause de la chaleur et leurs corps ont été abandonnés au bord de la piste. Nous avons vu des squelettes dans le désert et des objets abandonnés comme des chaussures, des sacs, des vêtements. Nous avons vu un pick-up abandonné, des restes humains autour. C’était des images de la mort. Il n’y a pas de loi dans le désert et nous sommes à la merci du #guide qui nous conduit. Nous nous arrêtions dans les villages et là ils violaient les femmes. Moi j’avais rasé ma tête avant de partir et j’étais accompagnée d’un homme qui avait de l’argent et qui a à chaque fois pu payer pour qu’ils me laissent tranquille. Des hommes aussi étaient violés. Il y avait aussi des bandes armées qui nous accostaient pour nous prendre l’argent et kidnapper des femmes. Ils nous faisaient aligner allongées par terre et nous forçaient à ouvrir les jambes pour aller fouiller avec la pointe du fusil si nous cachions de l’argent à l’intérieur de nous. Ils demandaient aux enfants de regarder et mon fils de 2 ans a dû regarder. C’était ignoble.

    En #Libye nous sommes arrivés sur une espèce de camp où se trouvaient plus de 1’000 personnes. C’était en fait un terrain à ciel ouvert à proximité d’une ville. Nous sommes restés là deux semaines et demies. Les hommes partaient le matin pour travailler à la journée et gagner un peu d’argent pour poursuivre le voyage. Sur place, on nous vendait du pain, des boîtes de sardines et des packs d’eau. Il faisait très chaud, une chaleur qui n’a pas de nom, comme je n’avais jamais vécu auparavant. Il y avait beaucoup de diarrhées et de tuberculose et l’endroit était infesté de poux. Deux des femmes qui ont voyagé avec moi et qui sont maintenant en Allemagne sont atteinte de tuberculose et sont hospitalisées. Elles étaient en Suisse avant mais elles avaient reçu la décision de renvoi vers l’Italie et elles sont parties. Je le sais parce que nous échangeons nos contacts facebook entre nous pour que nos familles puissent être averties si nous disparaissons. Je suis restée en contact avec elles. La région était troublée et il y avait des attaques. Un jour, mon compagnon qui était parti avec un groupe d’hommes n’est pas revenu. Le passeur a dit que les milices locales les avaient fusillés. Je n’ai aucune preuve et je n’ai pas vu son corps. Je n’ai plus aucune nouvelle de lui mais sa famille non plus, qui a été avertie de sa mort par nos compagnons de route, et qui me harcèle depuis pour que je rende l’argent du voyage. Sa mère avait fait un emprunt pour qu’il puisse payer les passeurs.

    Le camp était gardé et nous ne pouvions pas nous enfuir comme ça. Mais la ville a été bombardée et il y a eu un mouvement de fuite de tous les migrants à ce moment-là. Je me suis enfuie avec mon fils. J’étais enceinte. J’avais caché de l’argent dans la semelle des babouches et j’ai pu payer pour la traversée de la #Méditerranée. Nous sommes arrivés en #Italie avec mon fils, complètement épuisés et démunis.

    Nous avons été logés dans une maison pour femmes tenue par des bonnes sœurs. Elles étaient sévères avec nous et contrôlaient la discipline. L’une d’entre elle était mauvaise et elle frappait nos enfants. Elle a frappé mon fils de 2 ans et quelques mois sous mes yeux parce qu’il avait arraché une fleur sur les plates-bandes. Les autres mères avaient peur de ces bonnes sœurs qui visiblement n’étaient pas là pour nous aider. Je me suis enfuie avec mon fils après quelques jours parce que cet endroit nous infantilisait et je ne me sentais pas respectée. Je ne voulais pas qu’on frappe mon fils ni que quelqu’un d’autre s’approprie l’éducation de mon fils. »

    Après s’être enfuie de chez les sœurs, E.N. et son fils arrivent à Milan où un amie les héberge quelques temps. Enfin, ils atteignent la #Suisse le…. Le jeune garçon est alors âgé de trois ans et E.N. est enceinte de…. Elle dépose une demande d’asile en Suisse, le….

    Malgré sa grossesse avancée, le SEM n’entre pas matière su sa demande d’asile et prononce son renvoi vers l’Italie, au nom des accords de #Dublin III. Elle accouche le 10 octobre 2017.

    Depuis lors, elle élève seule ses deux enfants, âgés aujourd’hui de 4 mois et de 3 ans, dans un contexte de grande détresse causé par la décision de son renvoi qui reste toujours valable aux yeux des autorités suisses. Les enfants nécessitent beaucoup de soins et une attention constante et E.N. ne dort pratiquement plus depuis des mois.

    Elle dit ne plus avoir la force de sortir avec eux, elle se sent très nerveuse et en situation de détresse, oppressée par la décision de son renvoi – qui peut être mise à exécution à tout moment. Elle vit de l’#aide_d’urgence, dans un centre collectif où le bruit et les dérangements continus l’empêchent de prendre du repos. En plus des douleurs causées par une arthrose des os, un ulcère à l’estomac pouvant provoquer des crises vomitives, et des sinusites chroniques occasionnant maux de tête et saignements, elle souffre d’un état d’#épuisement très avancé. Elle est sous anti-dépresseurs et suit, depuis septembre 2017, une psychothérapie de soutien. Le rapport médical versé par les professionnels qui l’entourent fait état de troubles anxieux dépressifs réactionnels, accompagnés d’une symptomatologie de #stress_post-traumatique. Elle a été hospitalisée une semaine en raison de ses angoisses et de son état d’épuisement physique et psychique et elle reçoit depuis un accompagnement infirmier à domicile.

    Malgré l’état de santé de E.N, malgré la charge de ses enfants en très bas et malgré les obstacles à leur réinstallation en Italie, un pays où la elle n’a aucune attache, aucun soutien ni aucune famille, et dont elle ne parle pas la langue, les autorités suisses refusent d’appliquer la #clause_de_souveraineté pourtant prévue par les accords de Dublin III en cas de raison humanitaire.

    Un réexamen de la décision de renvoi, basé sur le récent rapport médical établi par les professionnels de la santé qui entourent E.N, est déposé par sa mandataire juridique le 20 février 2017. Malgré cette démarche juridique, le Secrétariat d’Etat aux Migrations ne daigne pas suspendre le renvoi, même pour prendre le temps d’examiner à nouveau sa requête. Après quoi, l’autorité cantonale en charge de l’exécution des renvois – le Service de la population – tout aussi indifférent à la détresse de E.N. et de ses enfants, prononce leur #assignation_à_résidence, et leur fait savoir que la préparation de leur #renvoi_forcé vers l’Italie est bientôt terminée.

    Or, les autorités suisses n’ignorent pas les dangers auxquels est confrontée une femme migrante seule, avec ou sans enfants, dans les rue de l’Italie. Ainsi, les autorités suisses, intransigeantes dans leur acharnement à exécuter les renvois, mettent sciemment la vie de E.N et celle de ses enfants en danger !
    La Suisse a le devoir humanitaire évident de renoncer au renvoi en Italie de cette femme et de ses enfants, pour qui l’Italie serait une épreuve qui aggraverait leur état de santé psychique précaire nécessitant une prise en charge, et leur stabilité.

    #violence #femmes #parcours_migratoire #itinéraire_migratoire #grossesse #migrations #asile #réfugiés #mourir_dans_le_désert #morts #décès #désert #violences_sexuelles #viols #humiliation #non-entrée_en_matière #NEM #NEM_Dublin #renvoi_Dublin

    –-> Dans son récit, cette personne parle de #guide pour désigner les #passeurs.

    cc @isskein : voilà ce que c’est Dublin en Suisse...

  • Boulots de merde : « On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité » (Julien Brygo et Olivier Cyran, BastaMag)
    https://www.bastamag.net/Intensification-du-travail-Le-patronat-et-ses-relais-politiques-sont-prets

    #Produire ou servir plus, avec moins : c’est l’#injonction faite à tous les #travailleurs, des chaînes de montage automobiles aux couloirs des hôpitaux, en passant par les salles de classe ou les bureaux de poste. A la souffrance de ces #boulots dégradés, s’ajoute la #précarité grandissante de travailleurs qui quittent le #salariat pour la « liberté » de l’#auto-entrepreunariat. [Julien Brygo et Olivier Cyran] y décrivent l’âpre quotidien de celles et ceux qui exercent des métiers difficiles et souvent utiles, à comparer avec certains boulots très bien payés et plutôt confortables, mais qu’ils jugent socialement nuisibles.
    […]
    « Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le #capitalisme les auront assignés presque naturellement. »

    #boulot_de_merde #rentabilité #lean_management #valeur_travail

  • Santé au travail. En Marche refuse de débattre sur le burn-out | L’Humanité
    https://humanite.fr/sante-au-travail-en-marche-refuse-de-debattre-sur-le-burn-out-649787

    L’Assemblée nationale a repoussé jeudi la proposition de loi sur le burn-out du député FI #François_Ruffin. Et elle ne l’a pas fait de n’importe quelle manière, puisque la majorité a voté une motion de rejet, mettant fin aux discussions avant même l’examen des amendements déposés, par 86 voix conte 34. Plus tôt, l’élu de la Somme avait appelé à faire « reconnaître comme #maladies_professionnelles les #pathologies_psychiques résultants de l’#épuisement_professionnel », citant les cas de citoyens dont le cerveau a été « broyé » au travail. Cette proposition, déposée dans le cadre de la niche parlementaire de la France insoumise, invitait à prendre à bras-le-corps la question du #stress au #travail, reconnu comme premier risque pour la santé des travailleurs dans le monde par l’Organisation mondiale de la #Santé.

    #burn_out #macronisme

    • Le premier :
      https://framablog.org/2016/09/12/des-routes-et-des-ponts-1

      Pourtant, je suis tombée sur un certain nombre de projets open source qui mettaient à mal ces préjugés. Il s’est avéré que maintenir les projets dans la durée était un problème connu dans le monde des contributeurs de l’open source. Plus je creusais la question et plus je découvrais des billets de blog, des articles et des forums de discussion qui abordaient la tension et l’épuisement éprouvés par ceux qui maintiennent les projets open source. Tout le monde m’indiquait une autre personne à contacter et sans m’en apercevoir j’ai récolté un nombre incroyable de témoignages à ce sujet.

      Je me suis rendu compte que j’avais découvert un problème certes « bien connu » des producteurs (les contributeurs de l’open source) mais dont les consommateurs (les entreprises de logiciels et les autres utilisateurs de code open source) n’avaient apparemment aucune idée. Cette anomalie m’a incitée à me pencher sur le problème.

      Par ailleurs, il semble que le milieu de l’open source soit lui-même en train d’évoluer, voire de bifurquer. J’ai eu des conversations très diverses avec des interlocuteurs de différentes générations, tous contributeurs open source. Ils semblaient avoir des philosophies et des valeurs divergentes, au point de donner l’impression de ne pas utiliser le même vocabulaire. J’ai appris que dans les trois à cinq dernières années, la production ainsi que la demande avaient explosé dans le monde de l’open source grâce à l’amélioration des outils pour les développeurs et à celle de l’organisation du travail. Les contributeurs de l’open source d’aujourd’hui sont très différents de ceux d’il y a 10 ans, sans parler de ceux d’il y a 30 ans. Or ces différentes générations ne communiquent pas entre elles, ce qui rend difficile toute conversation productive sur la maintenance pérenne des logiciels.

      #épuisement #travail #pérennité #long_terme #infrastructure

      Aussi signalé par @monolecte
      https://seenthis.net/messages/523810
      et
      https://seenthis.net/messages/525857

    • https://framablog.org/2016/11/14/des-routes-et-des-ponts-9-largent-et-lopen-source

      Beaucoup de projets open source ne sont rien de plus qu’un dépôt numérique public où est stocké du code auquel un groupe de gens contribue régulièrement : l’équivalent d’une association officieuse sur un campus universitaire. Il n’y a pas de structure légale et il n’y a pas de propriétaire ou de chef clairement défini. Les « mainteneurs » ou les contributeurs principaux émergent souvent de facto, en fonction de qui a créé le projet, ou de qui y a investi beaucoup de temps ou d’efforts. Cependant, même dans ces cas-là, dans certains projets on répugne à introduire une hiérarchie favorisant clairement un contributeur par rapport à un autre.

      […]

      La nature décentralisée du monde open source en a fait ce qu’il est : des logiciels produits de façon participative, que n’importe qui peut élaborer, partager, et améliorer. Mais quand vient le moment de discuter des besoins organisationnels, ou de la viabilité, il peut être difficile de prendre des décisions faisant autorité.

      […]

      De plus, de nombreux projets fonctionnent très bien de manière communautaire lorsqu’ils sont d’une des deux tailles extrêmes possibles, c’est-à-dire soit des petits projets qui ne demandent pas de maintenance significative (comme dans l’exemple de Arash Payan et Appirater), soit de très gros projets qui reçoivent un soutien important de la part d’entreprises (comme Linux).

      Cependant, beaucoup de projets sont coincés quelque part entre les deux : assez grands pour avoir besoin d’une maintenance significative, mais pas d’une taille suffisante pour que des entreprises déclarent leur offrir un soutien. Ces projets sont ceux dont l’histoire passe inaperçue, ceux dont on ne parle pas. Des deux côtés, on dit aux développeurs de ces projets « moyens » qu’ils sont le problème : du côté des « petits projets », on pense qu’ils devraient simplement mieux s’organiser et du côté des « gros projets », on pense que si leur projet était « assez bon », il aurait déjà reçu l’attention des soutiens institutionnels.

      […]

      Beaucoup de projets open source sont en train d’expérimenter la difficile transition d’une création désintéressée à une infrastructure publique essentielle.
      Ces dépendances toujours plus nombreuses signifient que nous avons pour responsabilité partagée de garantir à ces projets le soutien dont ils ont besoin.

      #organisation

    • https://framablog.org/2016/12/05/des-routes-et-des-ponts-13-des-mecenes-pour-les-projets-open-source

      La deuxième option pour financer des projets d’infrastructure numérique consiste à trouver des mécènes ou des donateurs. Il s’agit d’une pratique courante dans les cas de figure suivants :
      – Il n’existe pas de demande client facturable pour les services proposés par le projet.
      – Rendre l’accès payant empêcherait l’adoption (on ne pourrait pas, par exemple, faire payer l’utilisation d’un langage de programmation comme Python, car personne ne l’utiliserait ; ce serait comme si parler anglais étant payant).
      – Le projet n’a pas les moyens de financer des emplois rémunérés, ou bien il n’y a pas de volonté de la part du développeur de s’occuper des questions commerciales.
      – La neutralité et le refus de la commercialisation sont considérés comme des principes importants en termes de gouvernance.

      […]

      Pour expliquer sa décision de lever des fonds pour un projet open source, Godwin écrit :

      « Une quantité importante de code open source est écrit gratuitement. Cependant, mon temps libre est limité. Je dispose actuellement d’une seule journée libre par semaine pour travailler, et j’adorerais la consacrer à l’amélioration de Django, plutôt qu’à du conseil ou à de la sous-traitance.

      L’objectif est double : d’une part, garantir au projet un temps de travail conséquent et au moins 80 heures environ de temps de codage ; et d’autre part prouver au monde que les logiciels open source peuvent réellement rémunérer le temps de travail des développeurs. »

      […]

      John Resig est l’auteur de jQuery, une bibliothèque de programmation JavaScript qui est utilisée par près des 2/3 du million de sites web les plus visités au monde. John Resig a développé et publié jQuery en 2006, sous la forme d’un projet personnel. Il a rejoint Mozilla en 2007 en tant que développeur évangéliste, se spécialisant notamment dans les bibliothèques JavaScript.

      La popularité de jQuery allant croissante, il est devenu clair qu’en plus des aspects liés au développement technique, il allait falloir formaliser certains aspects liés à la gouvernance du projet. Mozilla a alors proposé à John de travailler à plein temps sur jQuery entre 2009 et 2011, ce qu’il a fait.

      À propos de cette expérience, John Resig a écrit :

      « Pendant l’année et demi qui vient de s’écouler, Mozilla m’a permis de travailler à plein temps sur jQuery. Cela a abouti à la publication de 9 versions de jQuery… et à une amélioration drastique de l’organisation du projet (nous appartenons désormais à l’organisation à but non lucratif Software Freedom Conservancy, nous avons des réunions d’équipe régulières, des votes publics, fournissons des états des lieux publics et encourageons activement la participation au projet). Heureusement, le projet jQuery se poursuit sans encombre à l’heure actuelle, ce qui me permet de réduire mon implication à un niveau plus raisonnable et de participer à d’autres travaux de développement. »

    • https://framablog.org/2016/12/12/des-routes-et-des-ponts-14-synthese-sur-les-difficultes-de-financement

      En plus de l’enjeu macroéconomique des communs, il y a plusieurs raisons pour lesquelles le financement des infrastructures numériques est particulièrement compliqué. Ces raisons ont déjà été abordées au cours de cette étude, mais sont toutes résumées ici.

      On croit à tort qu’il s’agit d’un « problème résolu ».
      […]

      Il manque une prise de conscience et une compréhension culturelle de ce problème.
      En dehors de la communauté open source, tout le monde, ou presque, ignore les problèmes de financement de ces projets d’infrastructure, et le sujet est perçu comme plutôt aride et technique. Les développeurs qui ont besoin de soutien ont tendance à se concentrer principalement sur la technique et sont mal à l’aise lorsqu’il s’agit de défendre l’aspect financier de leur travail. Au bout du compte, on ne parvient pas à trouver l’élan qui pourrait modifier cette situation en panne.

      Les infrastructures numériques sont enracinées dans l’open source, dont la culture du bénévolat n’encourage pas à parler d’argent.
      Même si cette attitude a fait de l’open source ce qu’elle est aujourd’hui, elle crée également un tabou qui rend difficile pour les développeurs l’évocation de leurs besoins, car ils se sentent coupables ou ont peur de passer pour des personnes qui n’auraient pas l’esprit d’équipe.

    • Le livre est intéressant, et elle aborde frontalement l’épuisement des gens et des projets, ainsi que la nécessité d’ouvrir au maximum les projets à plein de profils différents pour maximiser les contributions, l’écosystème, le cercle vertueux, dans le dernier chapitre.

      Mais une reproche que je ferais, c’est qu’elle ne parle que de financement direct. Et donc uniquement de projets, qui même lorsqu’ils sont très communautaires et à but non lucratif, sont seulement ceux qui ont une fondation ou association officielle qui permet de récolter des dons privés ou publics, pour ensuite le redistribuer à des développeureuses, des gens qui font la doc, la com ou autre.

      Bon, on est vraiment mais alors VRAIMENT parmi les seuls au monde entier dans SPIP à être une communauté sans aucune structure juridique officielle. Du coup c’est très difficile de s’identifier dans son livre et de faire des rapprochements.

      Par ailleurs, elle aborde un peu le financement indirect mais pas tant que ça et ce n’est pas très détaillé sur le type de tâches que ça permet de faire avancer.

      Cela fait des années que je redis régulièrement la même chose, mais je pars de mon expérience dans SPIP évidemment. J’affirme, et je pense que c’est quantifiable et que je peux le prouver, que mis à part au début, la majorité des dernières contributions à SPIP dans les dernières années plugins ET noyau, l’ont été soit durant des temps travaillés et payés, soit en rapport avec le travail quand même car investissement du fait que SPIP est la base sur laquelle est montée le travail, le salaire, la vie des gens qui ont fait ces contributions. Je ne parle donc pas que de moi. Je trouve qu’il y a une sorte de non-dit sur ce sujet, volontaire ou pas, et que c’est un fait difficile à reconnaitre (et donc à en tirer les conséquences !).

      De manière plus concrète : un (très) grand nombre de plugins majeurs ont été créé et/ou augmenté dans le cadre de fonctionnalités nécessaires durant des projets payés par des clients à des gens qui vivent de SPIP. Pour le noyau, de nombreuses modifications ont été fait dans ce même cadre, et certaines majeures au moment du montage de Nursit, pour la sortie de SPIP 3.0. Pour moi il s’agit clairement d’un investissement, qui sert à monter une activité plus stable ensuite. Je ne fais strictement aucune critique : je trouve ça très bien et sain. Mais je voudrais juste qu’on le reconnaisse plus explicitement : non malgré nos (y compris moi !) positionnements très libertaires, en défense du monde associatif et militant, etc, et bien non, la plupart des plus grosses évolutions en plugins importants et en noyau, n’ont pas été fait bénévolement pour l’amour de l’art ou pour servir le militantisme gauchiste.

      Malheureusement ce type de financement indirect, qui est donc assimilable pour moi à du « mécénat », par la redistribution de nouvelles fonctionnalités ou d’amélioration de l’existant à toute la communauté, permet de faire avancer seulement des fonctionnalités précises ("on veut pouvoir créer des sélections de contenus manuellement", « on veut pouvoir payer en ligne », etc) ou des corrections de bugs ou des améliorations pas trop énormes.

      Je n’ai jamais vu qu’un mécénat comme ça, fournissant du temps, arrive à « financer » des modifications majeures d’infrastructure, de communication, d’ergonomie générale.

      En effet, durant un projet pour un client, on peut arriver à faire financer la création d’un nouveau plugin, ou l’amélioration d’un truc existant. Mais personne ne va jamais financer la refonte complète de l’admin qui est un chantier énorme de plusieurs mois à plein temps. Et personne ne va financer la refonte complète et mise en cohérence des documentations, qui est aussi un énorme chantier. De même nous avions parlé avec @marcimat de la refonte de l’infrastructure au cœur du logiciel, en utilisant des librairies existantes (composer, sfy…) : c’est aussi un énorme chantier de plusieurs mois (et qui à mon avis est essentiel à long terme, autant que l’admin ergonomique et responsive).

      Pour tous ces énormes chantiers, quand bien même on arriverait à s’organiser de manière moins bloquante et conflictuelle qu’avant (comme je l’ai déjà exposé), ça ne change rien au fait que le temps à y passer est énorme, et qu’il ne peut être uniquement bénévole (même s’il y en a aussi, on passe tous plus de temps, pas payé, à améliorer SPIP), sinon on n’a plus de vie, et c’est burn out, etc. On a tous une vie, une famille, des enfants, des ami⋅e⋅s, des loisirs, des lectures… En dehors de nos heures de travail, on ne peut pas faire que continuer à coder pareil.

      Prendre pour étalon de la contribution l’idéal-type d’une personne qui en plus de ses 7h par jour à coder pour le travail, re-passe 4h par jour (ou plus !) à contribuer bénévolement, ce n’est pas possible, on ne peut pas plus anti-inclusivité que ça à mon sens. (Et l’autrice du livre va entièrement dans ce sens.)

      Voilà un peu une partie de mes sentiments autour d’une manière de s’organiser dans « ma » communauté qui n’a justement pas de fondation à qui donner des dons, et dont on est assez fier, mais qui a de gros soucis à se faire dans les années qui arrivent d’après moi.

  • Dominique Boullier : « Que visons-nous si ce n’est à capter de l’attention ? » - Le Courrier Picard
    http://www.courrier-picard.fr/82004/article/2018-01-07/dominique-boullier-que-visons-nous-si-ce-nest-capter-de-lattention

    Chamath Palihapitiya, un ancien vice-président de Facebook en charge de la croissance de l’audience, n’est pas le premier à tirer la sonnette d’alarme. Pour lui, « les réseaux sociaux sapent les fondamentaux du comportement des gens. » Dominique Boullier, aujourd’hui chercheur à l’École polytechnique de Lausanne et spécialiste des technologies cognitive, a dirigé de 1998 à 2005 les travaux de recherches de l’équipe Costech de l’UTC de Compiègne, en lien avec les interfaces homme-machine. Il explique les changements qu’introduisent ces plateformes qui nous poussent à être sans cesse connectées.

    En quoi les réseaux sociaux transforment le tissu social en « jeu de miroir », pour reprendre votre expression ?

    Ils nous poussent à devenir les agences de pub de nous-mêmes, à toujours chercher à capter l’attention d’un public. La dimension de relation entre pairs, de transposition du réseau de copains, comme c’était le cas avec Myspace au début ou avec Cyworld en Corée (où toute la population était connectée) s’est effacée au profit de dispositifs d’édition de versions de soi. Que visons-nous dans cette publication si ce n’est à capter de l’attention (voire pour certains à générer du buzz) ? Dès lors, nous produisons l’image que nous supposons intéresser les autres pour être mieux évalués et attractifs : et les autres nous renvoient précisément leur évaluation de cette image à laquelle nous allons tendre à nous conformer. Eux-aussi agissent de la même façon et il tend à se créer des formats, des savoir-faire, des trucs pour assurer sa visibilité. Ces jeux de miroir ne font plus référence à qui que ce soit mais à un écho standard.

    Les réseaux sociaux seraient-ils un moyen pour les gestionnaires de compte de s’inventer une vie ?

    Oui un compte (qui n’est pas une personne) vit de sa propre vie et il faut lui l’inventer sans cesse. On peut donc avoir plusieurs comptes sur le même réseau social et sur plusieurs réseaux sociaux pour faire apparaître différentes facettes de soi. On apprend à gérer son image, et cela, c’est une contagion massive, qui n’est pas anodine car c’est ce qu’on demande en entreprise aussi où les marques, et l’image de marque sont devenues souvent plus importantes (au moins pour les investisseurs) que la performance technique ou commerciale traditionnelle.

    Sommes-nous en train de devenir des acteurs de notre propre vie ?

    Oui, acteurs au sens de la scène. Ce qui veut dire souvent de moins en moins acteurs au sens agissant ou ayant prise sur. Car plus nous apprenons qu’il faut plus faire savoir que savoir faire, plus nous devenons captifs de cette mise en scène. Sans oublier que cela demande beaucoup de travail, de constance, de mobilisation, pour seulement maintenir une image, une réputation. On apprend cela aussi quand dans les écoles on apprend à se vendre, à se construire un CV, à construire son réseau sur Linkedin. Car toute une génération sait désormais que ce ne sont pas ses compétences intrinsèques qui la feront reconnaître mais leur mise en scène et en réseau dans les bons formats et au bon moment (d’où le coaching, le savoir pitcher, etc. qui devient plus important que les compétences intrinsèques).

    Quels en sont les impacts au niveau sanitaire et neurologique ?

    L’impact essentiel tient à la mobilisation constante que cela suppose. J’appelle cela un régime d’alerte permanente, à travers les notifications, les réactions à nos posts, les notations, et la réactivité qui nous est demandée. Cette attention valorise l’intensité au détriment de la durée : il faut être capable de passer d’un sujet à l’autre, d’un réseau à l’autre. L’équipe Costech de l’Université de Technologie de Compiègne avait appelé cela aussi le syndrome de saturation cognitive, qui veut dire non pas un grand volume d’information mais un hachage de l’attention. De fait certains arrivent à gérer plusieurs tâches à la fois (la multiactivité) mais à un certain moment cela ne peut que détériorer certaines capacités cognitives qui sont moins entraînées, notamment celles qui mobilisent le cerveau 2 comme le dit Kahneman, celui qui réfléchit et non celui qui réagit (cerveau 1). De plus, ce stress, peut passer d’un effet d’excitation (sensation d’être partout à la fois, d’être au cœur de la vibration du monde) à un effet dépressif d’incapacité à suivre le rythme, voire de sentiment de perte de sens, ce qui se traduit par des abandons des réseaux sociaux, de plus en plus fréquents.

    Vous dites que de plus en plus de gens quittent les réseaux sociaux… existe-t-il un burnout des réseaux sociaux ?

    Il faut bien comprendre que la spirale de l’alerte, de la promotion de soi est épuisante car il n’existe pas d’indicateur fiable pour se réguler. Les plates-formes vous encouragent toujours plus à être réactifs, à commenter, à retwitter (avec un bouton qui a été inventé en 2011 et qui a accéléré le phénomène de façon immédiate), à faire des amis, à réagir, etc. Quand on n’apprend pas à se réguler et qu’on n’y est pas incité, on tend à fonctionner en tout ou rien comme les grands addicts (pas une goutte d’alcool, pas un joint, etc.). Il est donc nécessaire de proposer des architectures de choix, qui permettent de réguler nos propres tendances ou celles qu’on nous suscite, avec des rythmes ou des méthodes pour faire baisser le stress, et retrouver goût aux autres dimensions de la vie. Sans pour autant tout couper.

    Propos recueillis par Anne Kanaan

    #Médias_sociaux #Dominique_Boullier #Economie_attention #Pratiques_sociales #Epuisement

  • Le droit de l’occasion (II/II) | Livres Hebdo
    http://www.livreshebdo.fr/article/le-droit-de-loccasion-iiii

    La jurisprudence communautaire a élaboré la théorie de l’épuisement des #droits : en clair, cette théorie prévoit notamment que la première mise sur le marché unique d’un objet protégé par un droit de propriété intellectuelle par son titulaire, ou avec son consentement, « épuise » son droit de mise en circulation de l’objet. Le raisonnement est le même pour des #livres importés sur le territoire américain.

    Certaines branches de la propriété intellectuelle, en particulier le droit de la propriété industrielle, sont familières de cette théorie, qui a été reprise dans un certain nombre de directives. C’est ainsi que le Règlement de 1993 sur la marque communautaire précise que « le droit conféré par la marque communautaire ne permet pas à son titulaire d’interdire l’usage de celle-ci pour des produits qui ont été mis dans le commerce dans la Communauté sous cette marque ou avec son consentement. » Il en est de même dans la directive du 13 octobre 1998 sur les #dessins et modèles, récemment transposée en droit interne français.

    En droit d’auteur, l’#épuisement reste néanmoins une théorie moins répandue qu’en droit de la propriété industrielle. En pratique, elle ne permet que la revente d’un produit culturel déjà licitement mis sur le marché. L’ensemble des autres modes d’exploitation d’une #œuvre reste soumis au contrôle du titulaire des droits de propriété littéraire et artistique.

    Il est d’ailleurs fait référence à l’épuisement dans la directive du 22 mai 2001 sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI). L’article 4 de la directive dispose que le droit de distribution « relatif à l’original ou à des copies d’une œuvre n’est épuisé qu’en cas de première vente ou de premier transfert de propriété dans la Communauté de cet objet par le titulaire du droit ou avec son consentement. »

    #droit-d'auteur

  • La Désobéissante, un roman d’anticipation pour imaginer un autre monde quand on vit dans une société ultra-violente
    https://www.bastamag.net/La-Desobeissante-un-roman-d-anticipation-pour-imaginer-un-autre-monde-quan

    2050, Paris est un enfer où la violence se déchaîne, les #Inégalités sont criantes, l’air est irrespirable. Comment donner la vie dans ce monde apocalyptique ? Enceinte, Bulle part à la recherche de ceux qui construisent des alternatives et imaginent d’autres possibles. Dans son roman La Désobéissante, la journaliste, écrivaine et lectrice de Basta !, Jennifer Murzeau, s’interroge sur la construction d’alternatives dans une société touchée par la surveillance généralisée, l’épuisement des ressources et (...)

    ça bouge !

    / #Epuisement_des_ressources, #Atteintes_aux_libertés, Inégalités

    #ça_bouge_ !

  • #burn-out
    http://www.radiopanik.org/emissions/du-pied-gauche/burn-out-2

    Le Burn-out touche de nombreux travailleurs en Belgique, quel que soit leur secteur et leur âge.

    Quels sont les symptômes et les causes du burn out ? Les solutions ?

    Pour répondre à nos questions, nous avons interviewé Lisette Lombé et Pascal Chabot.

    Nous avons également reçu en studio Camille et Audrey Membrive, psychologue.

    #travail #épuisement #stress #rapidité #société #souffrance
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/du-pied-gauche/burn-out-2_03637__1.mp3

  • Lutte contre la déforestation : Greenpeace poursuivie par des #Multinationales
    https://www.bastamag.net/Lutte-contre-la-deforestation-Greenpeace-poursuivi-par-des-multinationales

    Une ONG environnementale peut-elle encore dénoncer les pratiques nocives des multinationales sans risquer un procès ? La question se pose de plus en plus, même pour de grandes organisations comme Greenpeace. Le 3 mai dernier, le directeur général de Greenpeace France est convoqué devant le tribunal de grande instance de Paris pour diffamation, suite à une plainte déposée par l’entreprise de plantations Socfin. En cause : la publication d’un rapport de l’ONG en février 2016 sur les « Menaces sur les (...)

    En bref

    / #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Epuisement_des_ressources, #Atteintes_aux_libertés, Multinationales, (...)

    #Biodiversité

  • Geographies of Extraction: How Global Trade Has Impacted Urban Inequality - Architizer
    http://architizer.com/blog/saskia-sassen-geographies-of-extraction

    “Right now, the dominant geographies are geographies of extraction; they’re geographies of power,” says Saskia Sassen in an interview with Ibai Rigby of urbanNext at the “Decoding Asian Urbanism” conference at Harvard University. Sassen, a professor of sociology at Columbia University and a member of its Committee on Global Thought, sees the development of new global geographies whose boundaries are dictated not by physical borders, but rather by financial markets.

    via @cdb_77 :) #extraction #épuisement #destruction

  • Réduire les #Inégalités : une exigence écologique et sociale ?
    http://www.bastamag.net/Reduire-les-inegalites-une-exigence-ecologique-et-sociale

    Défis écologiques inédits, explosion des inégalités : faut-il choisir son combat ? La planète ou les pauvres ? Ces oppositions sont simplistes, affirme la Revue Projet. Réduire les inégalités est une nécessité pour permettre à chacun de bien vivre dans les limites de notre planète. Mais comment y parvenir ? C’est tout l’objet d’un colloque qui se déroule à Paris, du 16 au 18 février, dont Basta ! est partenaire. En 2015, la fortune cumulée de 62 personnes équivaut à celle de la moitié la plus pauvre de (...)

    ça bouge !

    / Inégalités, #Epuisement_des_ressources

    #ça_bouge_ !

  • Le syndrome d’#épuisement professionnel chez les #enseignants : les sept plaies d’un système à rénover
    http://www.miroirsocial.com/actualite/14119/syndrome-d-epuisement-professionnel-chez-les-enseignants-les-sept-plai

    Cette population a tout d’abord subi une lente mais manifeste érosion de son image sociale qui était bonne il y a une cinquantaine d’années. Dans son œuvre « La gloire de mon père » parue en 1957, l’écrivain Marcel Pagnol avec sa faconde provençale illustre à merveille le rayonnement des enseignants au début du XX eme siècle. Sans que l’on puisse parler encore d’un véritable désamour des français vis-à-vis des enseignants, on peut noter l’émergence d’une #déconsidération propice aux risques psychosociaux et à l’épuisement professionnel.

    Cette déconsidération s’exprime de diverses manières en particulier par l’expression d’une reconnaissance en berne que l’on retrouve au gré de #stéréotypes : « L’argent des contribuables est gaspillé dans un système couteux et inefficace » « L’Education Nationale ? Un mammouth que l’on ne parvient pas à dégraisser » « Les enseignants travaillent peu la semaine et ils sont toujours en vacances » « Ils sont bien payés par rapport aux autres professions ». A ne pas y prendre garde on pourrait laisser entendre que l’enseignement est un repaire de planqués, de feignants et de nantis. La réalité est tout autre, bien loin de ces #clichés qu’il s’agit de combattre.