• Les méthodes radicales du nouveau directeur de cabinet de la ministre de la santé
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030118/les-methodes-radicales-du-nouveau-directeur-de-cabinet-de-la-ministre-de-l

    Raymond Le Moign dirigera le cabinet d’Agnès Buzyn au moment de la réforme du financement de l’hôpital annoncée pour 2018. Auparavant à la tête du #CHU de #Toulouse, il fut le premier directeur à tailler dans les effectifs soignants, engageant des restructurations qui se sont traduites par une grande souffrance au travail.

    #France #Agnès_Buzyn #ministère_de_la_santé #Raymond_Le_Moign

    • Bachelot, Touraine, Buzyn. Les ministres de la santé tombent, alors que lui grimpe dans l’administration. Raymond Le Moign entrera en fonctions, ce 2 janvier 2018, au poste de directeur de cabinet d’Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé. « C’est un poste qui ne se refuse pas », dit le haut fonctionnaire dans l’interview exclusive qu’il a accordée à La Dépêche du Midi, pour expliquer pourquoi il quitte, après deux ans de mandat à peine – il était arrivé en février 2016 –, la direction du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse et ses 16 000 salariés.

      Là-bas, il n’a pas laissé que de bons souvenirs. « Le seul point noir, au CHU de Toulouse, c’est la contestation sociale », concède-t-il lui-même dans l’interview à La Dépêche. Pourtant, les choses n’avaient pas si mal commencé. « Il était réputé être un homme de dialogue. Au début, il nous a demandé de l’informer directement de certaines choses, parce que ses directions intermédiaires faisaient de la rétention d’information. Il nous disait même qu’il fallait revoir à la hausse les créations de postes », raconte Julien Terrié, représentant de la CGT.

      En effet, Raymond Le Moign, auparavant sous-directeur des ressources humaines à la direction générale de l’offre de soins, au ministère, excelle dans la négociation. « On l’appelait “le pompier”, parce qu’il était envoyé pour éteindre les incendies, pour résoudre les conflits. Mais il y a une ambiguïté avec ce type de personnage, qui dit faire “au mieux” sans jamais remettre en cause les données des problèmes, liés la plupart du temps à l’austérité. Il est capable de vous amputer le bras pour vous sauver la vie. Il a une fibre “fonction publique”, mais reste dans la pensée unique », analyse Jean Vignes, secrétaire général de Sud santé sociaux, amené par le passé à rencontrer M. Le Moign lors de négociations au ministère.

      Une ambiguïté que les syndicalistes du quatrième CHU de France ont vite fait d’éprouver. Et malgré leurs relations cordiales, au début du mandat de M. Le Moign, la certification des comptes, qui établit début 2016 un déficit de 30 millions d’euros, marque le premier refroidissement. « Nous lui avons proposé de mener une campagne pour demander à l’État de ne pas ponctionner les 43 millions d’euros de taxe sur les salaires qu’il prélève à l’hôpital, et de renégocier la dette de 60 millions d’euros avec les banques. Mais il a préféré rester dans le cadre, et cela signifiait supprimer des postes, y compris de soignants, alors que la ville voit sa population augmenter de 12 000 personnes chaque année en ce moment », poursuit le syndicaliste.

      Le plan Avenir, mis en place par M. Le Moign pour remédier au déficit de l’hôpital, s’est traduit par la suppression de 39 équivalents temps plein en 2016, et de 56 en 2017. « Le plan Avenir s’est traduit par des restructurations partout, une augmentation de l’ambulatoire, et la privatisation du bionettoyage des chambres et du brancardage », déplore Julien Terrié.

      À l’été 2016, en 18 jours, quatre salariés de l’hôpital mettent fin à leurs jours, parfois dans son enceinte même. « Les suicides étaient au moins en partie liés aux conditions de travail. On a demandé la suspension immédiate des restructurations liées au plan Avenir. Le Moign n’a rien mis en place des mesures d’urgence que nous demandions », explique encore Julien Terrié. Et ce, malgré les courriers de l’Inspection du travail allant dans ce sens.

      Les relations avec les syndicats se détériorent : « À chaque fois qu’on voulait aller négocier dans son bureau, il s’enfuyait par des portes dérobées. » Le directeur distribue par la suite sept blâmes et mutations disciplinaires aux représentants de la CGT. « Une première », commente Julien Terrié. Raymond Le Moign rechigne également à répondre aux médias, à Mediapart comme à l’émission d’« Envoyé spécial » intitulée « Hôpital public, la loi du marché »

      La fin du mandat de M. Le Moign est marquée par deux grèves : l’une, du service qui transporte les prélèvements, dure depuis plus de 60 jours. Les agents de l’hôpital demandent à bénéficier d’une prime « insalubrité » de 41 euros, au vu de ce qu’ils transportent : urines, excréments, sang, etc. Ils demandent également à pouvoir passer, après formation, en catégorie B, et que leurs véhicules, vieillissants, soient remis en état. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le conflit ne trouve pas d’issue. Au contraire, la veille de Noël, la grève du service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, hébergé à la Villa Ancely, a permis d’obtenir le remplacement des arrêts maladie longue durée.
      La nomination de leur ancien patron au cabinet de la ministre passe mal, et les syndicalistes l’ont fait savoir par une conférence de presse. « Nous sommes inquiets : Mme Buzyn dit partout qu’il ne faut pas baisser le nombre de soignants, or Raymond Le Moign fut le premier directeur à le faire à Toulouse », pointe le syndicaliste, pour qui cette nomination constitue un symbole.

      La réaction des praticiens hospitaliers du CHU est nettement plus tiède : « M. Le Moign est resté deux ans à la tête de l’hôpital, il arrivait dans un système de contraintes qui le dépassent et qui lui survivront. Les responsabilités sont partagées, et à chercher en amont », explique François Prévoteau du Clary, secrétaire général du syndicat des praticiens hospitaliers du CHU de Toulouse. Pierre-Louis Canavelli, représentant CFDT, le qualifie également de personne « compétente, pragmatique et ouverte au dialogue, dont la parole était plus crédible que son prédécesseur, bien plus agressif ».

      Invitée sur les ondes de Sud Radio, la ministre des solidarités et de la santé Agnès Buzyn a répondu aux inquiétudes des cégétistes : « [M. Le Moign] avait une mission qui était le retour à l’équilibre de ce CHU. Les échos que j’en ai des élus toulousains qui m’en parlent me disent que ça a été un excellent directeur d’hôpital. Par ailleurs, j’ai connu M. Raymond Le Moign dans d’autres fonctions et je sais la vision qu’il a de la santé pour nos concitoyens, qui est très proche de la mienne, c’est-à-dire la qualité des soins. » Raymond Le Moign dirigera donc le cabinet d’Agnès Buzyn au moment de la réforme du financement de l’hôpital annoncée pour 2018, ainsi que celle des retraites, dont le ministère est également en charge.
      Jean Vignes, militant à Sud et routard du système de santé, émet une hypothèse sur les raisons qui ont poussé la ministre à nommer cet ancien élève de l’École des hautes études en santé publique à la direction de son cabinet. D’avril 2004 à juillet 2007, Raymond Le Moign a été directeur général adjoint du Centre de lutte contre le cancer à Nantes, et il est devenu vice-président de la Fédération nationale des Centres de lutte contre le cancer (FNCLCC, devenue Unicancer). Ces Centres de lutte contre le cancer sont des établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPIC). Or, les 23 et 24 novembre derniers, a eu lieu à Aix-en-Provence l’étude des coûts à méthodologie commune, un séminaire de décideurs hospitaliers. « La conclusion de cette réunion était que l’avenir, pour les établissements de la fonction publique hospitalière, était d’en sortir, pour se transformer en établissements privés à but non lucratif. Le modèle alors cité était le Centre de lutte contre le cancer. Cette idée est une vieille lune, qui avait déjà cours sous Sarkozy. Cela serait une solution pour revaloriser les carrières infirmières sans être obligé, pour le gouvernement qui l’a promis, d’aligner les grilles de salaire des deux autres fonctions publiques (d’État et territoriale) », anticipe le syndicaliste.

      Pour les autres interlocuteurs rencontrés dans le cadre de cet article, ces conjectures sont fantasques. « Seul l’avenir pourra valider ma supposition, mais il y a quand même beaucoup de fils qui convergent. La formuler, c’est déjà dire que l’on n’est pas dupes si le gouvernement s’engage sur cette voie », conclut le stratège de Sud santé sociaux.

      #techno-killer #restructuration #hôpital #établissements_privés_à_but_non_lucratif.

  • #recherche #budget
    « Une Grenouille vit un Bœuf qui lui sembla de belle #taille… », ou comment (ne pas) moderniser les #universités françaises
    https://theconversation.com/une-grenouille-vit-un-boeuf-qui-lui-sembla-de-belle-taille-ou-comme

    Ainsi, à effectifs presque identiques, le Caltech bénéficie de #moyens_financiers dix fois supérieurs à ceux de l’EHESS. C’est l’une des différences essentielles entre les deux #établissements.

  • « En contexte de guerre, le fondement de l’école n’a jamais été d’apprendre à se protéger de l’extérieur » (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/148959/exercice-terrorisme-ecoles

    Plusieurs cas d’exercices de préparation aux attentats dans les écoles montrent que les enfants ne comprennent pas ou prennent peur. Le contraire de ce qui était recherché.

    #éducation #établissements #terrorisme #éducation_à_la_peur

    • Il y a quelques semaines, deux mères d’élèves m’ont rapporté le déroulement ahurissant de l’exercice anti-intrusion, réalisé sur un temps périscolaire dans l’école primaire de leur petite commune de Savoie. Delphine et Suzanne (les prénoms ont été changés) ont longtemps hésité à autoriser la publication de leurs témoignages, de peur de voir pointer du doigt leur municipalité et ce, alors même que les intentions de chacun des protagonistes semblaient bonnes, la police municipale ayant été jusqu’à reconnaître qu’elle n’aurait jamais imaginé que des enfants puissent en ressortir marqués. Cet incident montre pourtant à quel point une dérive peut rapidement survenir lorsque les professionnels de l’enfance et de l’éducation ne sont pas consultés.

      Delphine raconte :

      « Cette année, dans l’école de ma fille, il y a eu deux exercices “anti-intrusion”. Le premier a eu lieu au premier trimestre et on a été prévenu. Les élèves ont du se mettre sous les tables. Ma fille a paniqué et a pleuré parce qu’elle a entendu des bruits à l’extérieur de la classe et qu’elle a cru qu’il y avait un voleur dans l’école. Il faut dire qu’au lieu de leur expliquer la raison de l’exercice, on leur a dit que c’était au cas où il y aurait un “voleur”, ce qui n’était pas très rassurant pour eux : les cambriolages, ça arrive régulièrement ! »

      Et un deuxième exercice a eu lieu pendant les temps d’activités périscolaires, les enfants et les animateurs n’étaient pas prévenus, en « sortant les grands moyens » :

      « Le policier municipal a demandé de l’aide à une deuxième personne qui possédait une moto. Cette personne est entrée dans l’enceinte de l’école par le portail, en chevauchant sa moto. Il a fait deux allers-retours dans la cour où était un groupe d’enfants. Les enfants n’étaient pas prévenus, certains ont cru que le motard les poursuivait, d’autres ont pensé qu’il allait défoncer la baie vitrée. Ils y avaient des enfants en larmes et d’autres hilares. Le soir même, on a juste reçu un e-mail pour nous dire : “il y a eu un exercice, vous n’étiez pas au courant, les animateurs non plus, c’était fait exprès. On voulait voir la réaction des enfants et des animateurs”. »

      La fille de Delphine n’était pas dans la cour ce jour-là, contrairement à celle de Suzanne :

      « “Il nous a foncé dessus”, m’a dit ma fille. J’ai demandé : “ah bon mais pourquoi ?” Elle ne savait pas m’expliquer, elle ne savait pas me dire que c’était un entraînement. Peu après, elle m’a juste dit : “C’était pour de faux, c’était un ami du policier”. Sur le coup, c’était plutôt banal pour elle : “il y a des enfants qui ont pleuré”. C’est quand elle a vu que ça me choquait, que j’essayais d’en savoir plus, qu’elle m’a dit un peu avec honte : “j’ai fait partie des enfants qui ont pleuré”. Au final, elle a pris ça comme une mauvaise blague. Pour elle, ça n’avait rien à voir avec la sécurité, ni avec le terrorisme, c’était comme si les adultes avaient dit “on vous a bien eu”, elle était tellement soulagée de savoir que c’était pas “pour de vrai”. Qu’est-ce que les enfants peuvent tirer d’une expérience pareille ? Qu’ils ne peuvent pas faire confiance à l’école ni à la police ? Que la violence est légitime selon les intentions qui la sous tendent ? ».

      Sur l’éducation des flics il y a beaucoup à dire ici ! Et aussi la honte de la peur et des larmes de cette petite fille qui n’osait pas dire ce qu’elle avait ressenti.

      Au mieux inefficaces, au pire traumatisants ? Ces exercices anti-intrusion ne seraient-ils qu’un artifice, un rituel destiner à tromper le sentiment d’impuissance des adultes tout en donnant bonne conscience aux institutions chargées de la protection civile ? Ou pourraient-ils au contraire être le fruit d’une réflexion rationnelle, basée sur la connaissance fine des stratégies de gestion de risques ?

      C’est le principe de l’etat d’urgence, faire croire que l’état peu protégé sa population par des mesures sécuritaires sans faire de travail sur les causes, voire en les alimentant.

      Jean-François Leblanc, chargé de mission risques majeurs au rectorat de l’académie de Grenoble :
      « Concernant la question des exercices d’entraînement avec les élèves, je suis partisan d’une démarche en escalier, où les objectifs sont raisonnables et progressifs. On peut très bien entraîner les enfants à se mettre sous les tables, d’abord 5 minutes, puis 10 minutes, 15 minutes. De même, on peut les entraîner à bloquer les portes, se placer derrière les armoires parce que même si ça semble un détail, cette précaution peut contribuer à ralentir les balles. À chaque exercice, on doit se demander ce qui a marché ou non, et ce qu’on peut mettre en place pour améliorer. Enfin, il est important que les enseignants se saisissent de la problématique et l’intègrent dans leurs séquences pédagogiques. Une maîtresse m’a par exemple rapporté que même en temps normal, elle apprenait à ses élèves à se déplacer « comme des fantômes », c’est exactement la bonne démarche : non seulement ça va dans le sens du respect d’autrui, mais c’est aussi un comportement utile en cas d’attaque terroriste. »

      Se déplacé « comme des fantômes » c’est être #en_marche vers le #rien

      Laurence de Cock, professeure d’histoire-géographie et docteure en sciences de l’éducation est l’autrice avec l’anthropologue Régis Meyran d’un ouvrage récemment paru et consacré aux « paniques identitaires ».
      « L’idée que l’école puisse intervenir en faveur de la construction d’une “culture commune de la sécurité”, c’est-à-dire qu’elle intègre à son curriculum la logique d’apprendre à se protéger d’un ennemi intérieur, est absolument inédite. Il s’agit d’une rupture majeure par rapport aux fondements de l’École de la République. Historiquement, même en contexte de guerre ou de post-guerre, le fondement de base de l’école – quelque soit son niveau d’hypocrisie – n’a jamais été d’apprendre à se protéger de l’extérieur mais, au contraire, d’apprendre à vivre avec l’autre. »
      « L’école se veut une préparation à la vie en société, de plus en plus également une préparation au marché du travail mais en aucun cas une préparation à la vie en guerre ! La culture du risque, n’est de son côté pas du tout nouvelle à l’école, elle fait même partie des programmes, notamment en histoire-géographie et en sciences et vie de la terre. Mais ici, on se situe bien au-delà de la question du risque ! »

      Et vient alors la question de la qualification d’un ennemi :

      « Dans le risque, il n’y a pas d’ennemi, dans la guerre, il y a des ennemis. Donc si l’école vise à préparer les enfants à la vie en guerre, cela signifie qu’à un moment donné, va se poser la question de la désignation des ennemis. Se dire qu’on peut faire l’économie de cela, même avec des enfants de 4, 5 ou 6 ans, c’est un vœu pieu : ce n’est pas parce que l’école va éviter de dire les mots “terrorisme” ou “djihadisme” que les enfants ne vont pas chercher à faire des liens avec ce qu’ils entendent autour d’eux. Ceci implique également que parmi ces enfants, il y en a qui savent très bien que ce qu’ils vont être ainsi poussés à désigner comme “l’ennemi”, ce sera eux-mêmes, ou leur famille. Je pense donc qu’on est sur une pente excessivement dangereuse parce que je ne vois pas comment on peut faire tenir ensemble un premier paradigme qui est la sensibilisation à l’altérité comme modalité pacifique de vivre ensemble avec un nouveau paradigme où l’altérité est vue comme une menace criminelle. »

      Il est excellent cet article, j’ai eu du mal à pas le cité en integralité. La partie sur les troubles post traumatiques est super aussi et la situation aux USA éclairante aussi. Merci @heautontimoroumenos

    • Désolé pour ta fille @heautontimoroumenos J’espère qu’elle s’est remise de cette mauvaise expérience.
      La Préfecture fabrique des générations d’anarchistes vers chez toi ! Comme c’est dit dans l’article

      Qu’est-ce que les enfants peuvent tirer d’une expérience pareille ? Qu’ils ne peuvent pas faire confiance à l’école ni à la police ? Que la violence est légitime selon les intentions qui la sous tendent ?

      J’espère qu’il y aura d’autres articles et parents et enseingant·e·s qui sortirons et aurons de l’effet sur tous ces préfets, ces flics et ces chargés de mission risques majeurs qui veulent éduquer à la guerre.

  • Les enfants ne savent pas se servir d’un ordinateur et vous devriez vous en inquiéter. | Nicolas Le Gland
    https://nicolaslegland.wordpress.com/2013/08/15/les-enfants-ne-savent-pas-se-servir-dun-ordinateur

    « Alors, qu’est-ce que vous enseignez, a-t-elle demandé pendant que je travaillais sur sa présentation ?
    -- L’informatique, répondis-je.
    -- Oh… Je suppose que de nos jours, vous devez trouver que les gamins en savent plus sur les ordinateurs que leurs professeurs… »

    (...)
    Il y a évidemment des variantes de la phrase, qui toutes, vantent les capacités techniques des enfants d’aujourd’hui. Ma préférée vient de parents. « Oh, Johnny n’aura aucun problème pour l’informatique au bac 6, il est toujours sur son ordinateur à la maison. » Les parents ont cette impression assez vague que les heures passées chaque soir sur Facebook et YouTube devraient se transformer, par une sorte d’osmose cybernétique, en compétence PHP, HTML, JavaScript et Haskell.

    #Informatique

    • L’école

      Quand il est devenu évident que les ordinateurs allaient prendre de l’importance, le gouvernement britannique a reconnu que les nouvelles technologies11 devraient probablement faire partie du tronc commun dans les écoles. Étant eux-mêmes un tas d’analphabètes, les politiciens et leurs conseillers se sont tournés vers l’industrie pour lui demander ce qu’il fallait inclure dans le nouveau programme. À l’époque, il n’y avait qu’une seule industrie, et c’était Microsoft et son monopole. <sarcasm>Microsoft a longuement réfléchi à ce qui devrait être inclus dans le cursus et, après mûre réflexion, ils ont conseillé que les élèves devraient apprendre à utiliser des logiciels de bureautique.</sarcasm> Et ainsi est né le programme. <sarcasm>Les écoles ont longuement réfléchi à quels logiciels de bureautique il serait le plus approprié d’enseigner et, après mûre réflexion, ils ont choisi Microsoft Office.</sarcasm> C’est ainsi que, depuis 2000, les écoles ont enseigné des compétences Microsoft à leurs élèves (des compétences Adobe ont été introduites peu après).

      Mais le programme n’est pas le seul domaine dans lequel nous nous sommes plantés. Les infrastructures réseau des écoles du Royaume-Uni sont tout autant à blâmer. Nous avons imité les réseaux d’entreprise, en empêchant les enfants et les enseignants d’accéder aux paramètres du système, à la ligne de commande et en exigeant des droits d’administrateur pour faire quoi que ce soit. Ils sont assis devant un ordinateur généraliste sans pouvoir faire de l’informatique générique. Ils ont accès à quelques applications et c’est tout. Les ordinateurs accédent à Internet au travers de serveurs proxy qui filtrent agressivement tout ce qui ne serait pas aussi insipide que Wikipédia, et la plupart des écoles ont un logiciel de filtrage supplémentaire de sorte qu’ils puissent maintenir une liste blanche de « sites appropriés ».

    • Je link avec les propos d’un phallosophe dont on a discuter ici :
      https://seenthis.net/messages/519528

      Plus intéressante est l’intelligence connective que les réseaux sociaux développent. Elle n’est pas ni l’intelligence individuelle d’érudition ni l’intelligence collective des manifestations et du syndicalisme... Des jeunes deviennent superintelligents parce qu’ils sont connectés et qu’ils échangent. Il y a une augmentation générale de l’intelligence humaine.

    • http://edunathon.org/index.php/dernieres-nouvelles

      LE COLLECTIF ÉDUNATHON DÉNONCE LE RECOURS AU « MÉCÉNAT » DES MULTINATIONALES POUR FINANCER LE NUMÉRIQUE À L’ÉCOLE.

      Les membres du collectif et leurs soutiens se félicitent de la tenue de l’audience en référé, le 8 septembre à Paris, opposant EduNathon au Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MENESR) et Microsoft au sujet de la convention signée en fin novembre 2015.
      Elles attendent mantenant le rendu des délibérations prévu pour le jeudi 15 septembre.

  • Une rentrée scolaire sous surveillance, promet l’exécutif
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240816/une-rentree-scolaire-sous-surveillance-promet-lexecutif

    Bernard Cazeneuve et #Najat_Vallaud-Belkacem lors de leur conférence de presse commune © Reuters À une semaine de la rentrée scolaire, la ministre de l’éducation nationale et le ministre de l’intérieur ont annoncé une batterie de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les #établissements_scolaires et à leurs abords en raison de la forte menace terroriste.

    #France #Bernard_Cazeneuve #écoles #éducation #sécurité #terrorisme

  • Une rentrée scolaire sous haute surveillance, promet l’exécutif
    https://www.mediapart.fr/journal/france/240816/une-rentree-scolaire-sous-haute-surveillance-promet-lexecutif

    Bernard Cazeneuve et #Najat_Vallaud-Belkacem lors de leur conférence de presse commune © Reuters À une semaine de la rentrée scolaire, la ministre de l’éducation nationale et le ministre de l’intérieur ont annoncé une batterie de mesures destinées à renforcer la sécurité dans les #établissements_scolaires et à leurs abords en raison de la forte menace terroriste.

    #France #Bernard_Cazeneuve #écoles #éducation #sécurité #terrorisme

  • Najat Vallaud-Belkacem envisage un nouveau cadre pour les établissements scolaires « hors contrat » (LeMonde.fr)
    http://www.lemonde.fr/education/article/2016/04/06/najat-vallaud-belkacem-envisage-un-nouveau-cadre-pour-les-etablissements-sco

    Dans les écoles hors contrat, ces établissements en marge du système classique, sont scolarisés 0,4 % des élèves français, soit 56 300 élèves. Environ 800 écoles sont recensées, dont 50 de confession musulmane. Elles ne reçoivent aucune subvention de l’Etat et sont par conséquent payantes, mais possèdent une autonomie quant aux programmes scolaires et aux méthodes pédagogiques.
    […]
    Parmi cette vingtaine d’établissements [inspectés], six à huit – pas tous musulmans – posent problème, a-t-il ajouté.
    Ces établissements ont deux mois pour corriger leur pédagogie, avant une nouvelle inspection, qui pourra, si elle n’est pas satisfaite, saisir la justice en vue d’une fermeture.
    Les établissements privés « sous contrat » avec l’Etat sont, eux, tenus de respecter les programmes et les horaires de l’éducation nationale. Ses enseignants sont rémunérés par l’Etat.

    #éducation #établissements_privés #établissements_hors_contrat

  • Avec Jean Oury. Vivre avec la folie / #Revue_Chimères n°84 - Le silence qui parle
    http://lesilencequiparle.unblog.fr/2015/02/19/vivre-avec-la-folie-olivier-apprill-edito-de-la-revue-chime

    « Refaire le #club_thérapeutique, tout le temps. » Cette petite phrase de #Jean_Oury, extraite d’un dialogue avec Danielle Sivadon en 2004 (1), aurait pu être prononcée au printemps dernier comme il y a cinquante ans. Elle exprime une constance mais aussi une exigence : donner du #pouvoir aux malades, créer de la responsabilité, du #mouvement, du #possible. C’est à ces tâches essentielles que le fondateur de la #clinique psychiatrique de La Borde se consacrait encore quelques jours avant sa mort, le 15 mai dernier, à l’âge de 90 ans.

    Rendre hommage à celui que ses pairs considèrent comme l’un des meilleurs connaisseurs de la #psychose, c’est d’abord prendre la mesure de cette passion médicale (2) qui voit en chaque individu, plus ou moins fou, un sujet à part entière. C’est surtout honorer un engagement au jour le jour, une disponibilité, une présence confondue avec l’accueil permanent de l’autre.

    Jean Oury n’a jamais cessé de l’affirmer : dans l’abord de la #folie, le plus petit détail, un simple geste ou un sourire peuvent avoir une valeur inestimable. Ce souci de l’#ambiance, ces paroles qui soignent, cet humour, cette bienveillance, ces moments féconds au cours desquels une existence parfois bifurque constituent l’arrière-fond sensible dont ce numéro de Chimères se veut l’écho, nourri d’expériences, de témoignages et de récits souvent placés sous le signe d’une « vraie rencontre ». Une sorte de #constellation affective où les voix de plusieurs générations de patients, de « psychistes », d’artistes, d’amis proches ou de compagnons de route se mêlent pour composer un portrait multiple, polyphonique, de l’homme qui a tracé « son chemin en marchant » et su s’adresser, avec une qualité de parole incomparable, à ce qu’il y a de plus #singulier en chacun.

    En soutenant l’hypothèse que l’hôpital peut devenir un instrument thérapeutique et que la folie est aussi #création, Jean Oury abroge toutes les formes de ségrégation et tout réductionnisme de la maladie mentale. Autant de révolutions partagées au long de son parcours commun avec son ami #Félix_Guattari : la machine bicéphale Oury-Félix occupe une place privilégiée dans ce numéro de Chimères. Un agencement foisonnant, tour à tour créateur et conflictuel, qui constitue le caractère le plus visible de cette amitié – terme sans doute à entendre ici dans le sens d’une « condition pour l’exercice de la pensée » (3). Pensée en extension chez l’un, locale et intensive chez l’autre, dont la complémentarité aura permis d’instituer un milieu et un lieu « qui n’en a jamais fini de se construire » (4).

    Ce #lieu de #soin, bien réel et pourtant toujours à venir, Jean Oury en a lui-même élaboré la formule logique, la topique, dans son concept princeps de « collectif ». Réussir à déchiffrer ce qui se passe dans la vie quotidienne, sur le terrain, au travail, entre les gens, afin qu’une organisation d’ensemble puisse tenir compte du #désir_inconscient, est au principe même d’une « #psychiatrie_concrète » (autre nom de la #psychothérapie_institutionnelle) pour laquelle le médecin directeur de #La_Borde a oeuvré sans relâche.

    Tel est peut-être l’un des legs les plus manifestes de Jean Oury aux pensées qui n’ont pas renoncé à transformer l’état des choses. Un legs clinique, philosophique, politique, poétique, #éthique, dont la « valeur humaine » imprègne toutes les pages qui suivent. Accueillir, soigner, penser, vivre avec la folie : la contingence, une vie…

    Olivier Apprill
    Vivre avec la folie / 2015
    Édito du n°84 de la revue Chimères : Avec Jean Oury

    Numéro dirigé par Olivier Apprill et Jean-Claude Polack

    Télécharger le sommaire : Chimeres 84 sommaire
    http://lesilencequiparle.e.l.f.unblog.fr/files/2015/02/chimeres-84-sommaire.pdf

    • Assemblée nationale, Audition de M. Jean Oury, dir. de la clinique de La Borde (Cour-Cheverny) - Jeudi 31 Janvier 2013
      http://www.dailymotion.com/video/x17i0np_audition-de-m-jean-oury-dir-de-la-clinique-de-la-borde-cour-che

      Alors, la vie quotidienne ? (séminaire de Ste Anne septembre 1986)
      http://www.revue-institutions.com/articles/19/Document5.pdf

      De l’#institution. #Transfert, multiréférentialité et #vie_quotidienne dans l’approche thérapeutique de la psychose (2003)
      http://www.cairn.info/revue-cahiers-de-psychologie-clinique-2003-2-page-155.htm

      La destruction programmée de la psychiatrie (2008)
      http://www.cairn.info/revue-sud-nord-2008-1-page-37.htm

      « La psychiatrie n’est pas une spécialité de la #médecine, ce serait plutôt l’inverse », (une rengaine de J.O).

      Le pré-pathique et le tailleur de pierre
      http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/40chi04.pdf

      JE VOUDRAIS ESSAYER DE FAIRE PASSER une dimension de la communication que j’appelle « pré-pathique », importante aussi bien sur le plan psychiatrique (de l’autisme ou de la #schizophrénie) que dans le domaine de la #normopathie (on est tous des normopathes et c’est la chose la plus incurable qui soit). Il ne s’agit donc pas ici d’une « communication » au sens restreint du terme mais de déchiffrer ce qui est en question dans « ce qui se passe ». Cela rejoint ce que j’appelle « les #entours » : terme banal qui me semble plus évocateur et plus poétique que le mot ambiance. On peut être non pas en face mais avec quelqu’un, et alors on essaye de repérer ce qui se passe. « Passage » est un mot privilégié de #Kierkegaard par lequel il traduisait le terme grec de kinésis . Il y a du mouvement ; s’il n’y a pas de mouvement, il ne se passe rien. Mais le mouvement ce n’est pas l’agitation. Ce qui exige une distinctivité : quand on passe d’un point à un autre, si le deuxième point n’est pas différent du premier, autant rester sur place. C’est la #critique que j’adresse à la plupart des #établissements. Ils sont tous pareils : aussi bien le bureau du médecin, que celui du directeur, ou la cuisine, la bibliothèque... C’est la même odeur, la même « olor ».

      #Santé_mentale ? #François_Tosquelles #Jacques_Lacan #DSM #diagnostic #fonction_d'accueil

    • « Séminaire de Sainte-Anne » de Jean Oury (1ère partie)

      http://www.franceculture.fr/player/export-inline?content=4329375

      Le psychiatre Jean Oury, fondateur de la psychothérapie institutionnelle, « plus grand connaisseur vivant de la psychose » (P. Delion), tient depuis 1980 un séminaire à #Sainte-Anne. Nous présenterons l’ethos, la parole, et l’histoire de ce lieu crucial pour l’actualité et l’histoire de la psychiatrie et de la #psychanalyse. Notre approche n’est pas clinique, mais une analyse praxique du discours, où sens, éthique et pertinence sont le nœud épistémologique hors duquel la pensée d’Oury reste impensable. Nous établirons l’objet du discours d’Oury, son régime praxique et sa profonde homologie de #structure et de #logique avec la folie. C’est au tissage de cette pensée et de sa parole que nous serons surtout sensibles : comment Oury propose une #praxis_théorique singulière ? Sur le plan de l’histoire des idées, des liens seront établis en permanence entre la pensée d’Oury et ses compagnons (Tosquelles, Guattari, #Gentis… ), avec les grands corps théoriques et cliniques (et surtout #Freud, Lacan), politiques (#marxisme antistalinien), philosophiques (Kierkegaard, Heidegger, #Maldiney) et artistiques (art brut… ). Le tout nourrit une pensée qui articule singulièrement logique, clinique et #politique. Enfin, nous insisterons sur les liens récents établis entre psychothérapie institutionnelle et logique peircienne. Il en sort un savoir incomparable à toute autre approche de la psychose. Quant à l’archéologie de ce discours, nous établirons l’aire que dessinent trois autres discours : le #séminaire de La Borde (clinique dirigée par Oury), recueil du savoir clinique d’Oury ; les rencontres du #GTPSI (moment important des années 1960, il est à la psychiatrie ce que les avant-gardes sont à l’art contemporain) ; l’œuvre écrite d’Oury, entre prose poétique et méditation philosophique.

      Avec Olivier Apprill et Pierre Johan Laffite.

      #audio

    • « Cadrer » le dérèglement - La « grille », Félix Guattari, exposé lors du stage de formation de la clinique de La Borde, 29 Janvier 1987.
      http://www.revue-chimeres.fr/drupal_chimeres/files/34chi01.pdf

      En ce qui me concerne, Je me suis totalement investi dans cette expérience à partir de 1955 ; bien que j’ y aie participé de façon assez suivie dès la phase préparatoire de Saumery. Et c’est durant cette période-là que se sont posés les grands problèmes qui devaient marquer l’évolution ultérieure. Assez rapidement, la clinique a augmenté sa capacité ; elle est pas- sée à soixante malades, puis quelques années plus tard à sa capacité actuelle. Corrélativement, le #personnel a augmenté et les anciennes méthodes d’#organisation consensuelle, fusionnelle, ne pouvaient évidemment plus fonctionner de la même façon. Quand je suis arrivé, j’ai commencé à m’occuper des #activités d’animation et des ateliers. J’ai contribué à la mise en place de pas mal des institutions qui devaient se maintenir de façon durable — quoique toujours en évolution. Mais, assez rapidement, j’ai été amené à m’occuper des problèmes de gestion. Durant les années antérieures, s’étaient instituées des différences de #salaires assez marquées, pour des raisons, d’ailleurs, plutôt contingentes, en raison d’arrangements qui se faisaient au fur et à mesure de l’arrivée des nouveaux membres du personnel. Tout ça pour dire qu’il y avait une situation assez floue, assez peu maîtrisée. Une des premières difficultés à laquelle je me suis trouvé confronté a été relative au #budget des ateliers, lorsqu’ils furent instaurés de façon plus systématique, avec la mise en place du Club ; l’administratrice de cette époque refusait systématiquement de les aider financièrement et il a fallu que je me substitue a elle. À côté de cela, Oury se méfiait beaucoup de quelque chose qui existait dans la plupart des établissements publics, à savoir l’existence d’ergothérapeutes ou de sociothérapeutes spécialisés qui fonctionnaient de façon autonome par rapport au reste du personnel et qui devaient d’ailleurs acquérir ulté- rieurement une qualification particulière. Ça ne nous parais- sait pas souhaitable, parce qu’au contraire on voulait à tout prix éviter que les activités ne deviennent stéréotypées, refer- mées sur elles-mêmes. Pour nous, le but n’était pas de parve- nir à stabiliser une activité particulière. Son fonctionnement ne nous intéressait que pour autant qu’il permettait d’enrichir les #rapports_sociaux, de promouvoir un certain type de #responsabilisation, aussi bien chez les #pensionnaires que dans le personnel. Donc, nous n’étions pas trop favorables à l’implantation d’ateliers standardisés (vannerie, poterie, etc.) avec le ronron du responsable qui vient faire son petit boulot à longueur d’année et avec des pensionnaires qui viennent là régulièrement, mais de façon un peu mécanique. Notre objectif de thérapie institutionnelle n’était pas de produire des objets ni même de produire de « la relation » pour elle-même, mais de développer de nouvelles formes de #subjectivité. Alors, à partir de là, toutes sortes de problèmes se posent sous un angle différent : on s’aperçoit que pour faire des #ateliers, pour développer des activités, le plus important n’est pas la qualification du personnel soignant (diplôme d’infirmier, de psychologue, etc.), mais les compétences de gens qui peuvent avoir travaillé dans le domaine agricole ou comme lingère, cuisinier, etc. Or, bien entendu, pour pouvoir suffisamment dégager ces personnes de leur service, de leur fonction et pour pouvoir les affecter au travail des ateliers et des activités rattachées au Club, il est nécessaire d’inventer de nouvelles solutions organisationnelles, parce que sinon ça déséquilibrerait les services. En fait, ça n’allait de soi d’aucun point de vue, ni dans la tête du personnel soignant, ni dans celles des personnes directement concernées. Il a donc fallu instituer un système, qu’on pourrait dire de dérèglement de l’ordre « normal » des choses, le système dit de « #la_grille », qui consiste à confectionner un organigramme évolutif où chacun a sa place en fonction 1) de tâches régulières, 2) de tâches occasionnelles, 3) de « #roulements », c’est-à-dire de de tâches collectives qu’on ne veut pas spécialiser sur une catégorie particulière de personnel (exemple : les roulements de nuit, les roulements qui consistent à venir à 5 h du matin, la vaisselle, etc.). La grille est donc un tableau à double entrée permettant de gérer collectivement les affectations individuelles par rapport aux tâches. C’est une sorte d’instrument de réglage du nécessaire dérèglement institutionnel, afin qu’il soit rendu possible, et, cela étant, pour qu’il soit « cadré ».

  • Adresse aux intellectuels, journalistes, romanciers et à toutes celles et tous ceux qui croient connaître les jeunes des quartiers populaires
    http://blogs.mediapart.fr/edition/aggiornamento-histoire-geo/article/110215/adresse-aux-intellectuels-journalistes-romanciers-et-toutes-celles-e

    Ceci est un texte collectif qui émane du collectif Aggiornamento. La mouture initiale est de Hayat el Kaaouachi. Il a été ensuite soumis à signatures de façon plus large.

    Contact : hypotheses.aggio(at)gmail.com

    Mesdames, Messieurs,

    Ceci est une invitation. Une proposition des plus honnêtes.

    Entre vous et nous, les désaccords peuvent être nombreux, radicalement ancrés dans des conceptions bien différentes de la France et de la #République. Ce qui vous inquiète et vous hérisse nous interroge parfois sans nous faire douter de la légitimité de notre #travail, de nos combats, de la société dans laquelle nous vivons. Nous n’avons pas votre rapport pathologique à la #jeunesse de France. Nous refusons d’en faire avec vous un portrait caricatural qui rassure vos postures sociales. Votre vue vacillante et triste de notre pays, nous la refusons, préférant œuvrer au quotidien à l’éducation de tous pour des lendemains qui chantent.

    Entre vous et nous, les mots s’écharpent tant le fossé peut être profond. Mais nous défendons tous la parole libre et le débat. Nous sommes attachés, vous comme nous, à la confrontation des idées, aussi rude soit-elle. Les joutes verbales à l’écrit comme à l’oral avec la portée incandescente du numérique et des réseaux sociaux nourrissent les gnoses et les polémiques sans fin appréciées par la médiasphère. Pourtant, derrière les éclats de voix et les échanges de mots, les réalités nombreuses, plurielles et complexes ne sont pas toujours restituées fidèlement. Aux nombreux cas particuliers brandis ici ou là par des chroniqueurs, intervenants divers de la scène intellectuelle et médiatique, nous gardons, ne vous en déplaise, l’avantage du nombre, du #terrain et du #quotidien qui seuls, selon les méthodes des sciences sociales, peuvent avec précision et rigueur fonder la véracité des propos pour rendre compte d’une vérité sociale et #politique mouvante.

    Nous vous proposons de partager cette #expérience. Par souci d’honnêteté intellectuelle.

    Loin de nous l’idée de vous faire la leçon ou de vous convertir. Voyez plutôt cela comme une rare opportunité de palper cet objet fantasmé qui vous fait tant peur et que vous croyez connaître. Venez dans nos #établissements des #quartiers_populaires, venez dans nos classes sur les bancs de nos élèves. Voyez comme ils écoutent et parlent, voyez comme ils pensent. Il ne s’agira pas pour vous d’une visite au zoo, il ne s’agira pas pour eux de vous séduire. Nous vous proposons une #rencontre, un échange d’au moins une journée. Prenez le temps de vous asseoir face à eux et de leur dire directement ce que vous pensez d’eux. Comme ils vous déroutent, comme ils vous inquiètent, comme ils vous sont étrangers. Ayez le courage de leur faire face, de répondre à l’indignation, à la colère, au désintérêt de ces enfants et adolescents de la France des #marges. Vous pourrez leur demander directement pourquoi ils sont si peu reconnaissants envers la République. Vous les verrez vous rendre vos sourires gênés et vos piques verbales, votre profond mépris.

    Mais vous serez dans la vraie vie. Celle du #chômage, des #discriminations, de la rue, du délabrement urbain, de la #débrouille, et de toutes ces réussites joyeuses que bien souvent vous négligez. Vous dépasserez ainsi les dénonciations stériles, les débats caricaturaux de l’entre-soi.

    Relevé via @rezo

  • Vidéosurveillance pour contrer la violence dans les écoles | Gabrielle Duchaine | Éducation
    http://www.lapresse.ca/actualites/education/201309/23/01-4692426-videosurveillance-pour-contrer-la-violence-dans-les-ecoles.php

    Aux États-Unis, où 70% des établissements scolaires sont munis de caméras, l’Association nationale des psychologues scolaires américains estime « qu’il n’y a aucune preuve claire que leur utilisation est efficace pour prévenir la violence ». Selon leurs études, les caméras ne feraient que déplacer les comportements délinquants ailleurs. Pire, elles pourraient encourager la violence à grande échelle, comme dans le cas du tueur de Virginia Tech, qui avait envoyé des images de son crime aux stations de télévision.

    #vidéosurveillance #surveillance #arnaque

  • #ADN : le #séquençage bientôt pour tous
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article1691
    La #HighTech au service des #instruments médicaux

    Les avancées en #médecine ont toujours, et à travers toutes les #époques , poussé les #chercheurs aux efforts pour réduire les #souffrances et anéantir les #maladies . Arrive donc, dès les années 70, ce qui est assez récent par rapport à #Hippocrate , le #décodage de l’ADN… En #2013 , il est déjà incontournable, dans certains #établissements hospitaliers pour la #précision de #diagnostiques ...