• Le saviez-tu ? → #éthologie de la #hiérarchie (trouvé sur FB)

    (C’est un long le saviez-tu, mais vous allez voir, ça vaut la peine.)
    Une étude a été menée dans les années 1990-2000 au laboratoire de biologie comportementale de la faculté de Nancy par Didier Desor. L’objectif était d’étudier l’aptitude à nager chez les rats. Dider Desor en a réuni six dans une cage dont l’unique issue débouche sur une piscine qu’il faut traverser pour atteindre une mangeoire qui donne des aliments.

    On a rapidement constaté que les six rats n’allaient pas chercher leur nourriture en nageant de concert. Des rôles sont apparus :
    – 2 nageurs exploités
    – 2 non-nageurs exploiteurs
    – 1 nageur autonome
    – 1 non nageur souffre-douleur
    Les deux nageurs exploités vont chercher de la nourriture en nageant sous l’eau. Lorsqu’ils reviennent à la cage, les deux exploiteurs les frappent et leur enfoncent la tête sous l’eau jusqu’à qu’ils lâchent la bouffe. L’autonome est un nageur assez robuste pour ramener sa nourriture et passer les exploiteurs pour se nourrir de son propre travail. Le souffre-douleur est incapable de nager et incapable d’effrayer les exploités, donc il ramasse les miettes tombées lors des combats.

    L’expérience fut reconduite dans une vingtaine de cages. Et à chaque fois, la même structure, le même schéma que dans la première expérience :
    – 2 nageurs exploités
    – 2 non-nageurs exploiteurs
    – 1 nageur autonome
    – 1 non nageur souffre-douleur
    L’expérience aurait pu en rester là, mais les chercheurs poussèrent encore les investigations.

    On plaça six rats exploiteurs ensemble.
    Ils se battirent toute la nuit et au matin il y avait :
    – 2 nageurs exploités
    – 2 non-nageurs exploiteurs
    – 1 nageur autonome
    – 1 non nageur souffre-douleur

    On plaça six rats exploités ensemble. Les combats furent un peu moins violents, mais au matin il y avait :
    – 2 nageurs exploités
    – 2 non-nageurs exploiteurs
    – 1 nageur autonome
    – 1 non nageur souffre-douleur

    On renouvela l’expérience avec six nageurs autonomes et six souffre-douleurs, et à chaque fois, le lendemain, on retrouva la même configuration.

    On poussa l’expérience un peu plus loin, avec deux cents rats. Ce fut la guerre toute la nuit. Trois rats furent retrouvés dépecés par leurs congénères. Les exploiteurs mirent en place une hiérarchie avec des lieutenants chargés de répercuter leur autorité sans même avoir besoin de se donner le mal de terroriser les exploités.
    Les indépendants étaient moins nombreux mais laissés tranquilles pour une raison indéterminée.

    La dernière phase de l’expérience consista à analyser, grâce à une autopsie, les cerveaux de l’ensemble des rats.
    Les plus stressés n’étaient ni les souffre-douleurs, ni les exploités
    ni les indépendants : c’était les exploiteurs. Il faut dire que s’ils perdaient leur statut d’exploiteurs, ils risquaient de devoir aller bosser, on comprend leur stress.

    Il n’y a rien d’impossible à ce que les humains soient tributaires de ce type de phénomènes hiérarchiques. Mais il est assez mal vu d’enfermer des humains dans une cage pour vérifier. Sauf si on le transforme en téléréalité, là, ça passe, mais il faut que l’expérience soit très cadrée et la présence de caméras crée des biais, tout ça est fort compliqué. Néanmoins, si nous autres humains, qui ne sommes après tout que des mammifères comme les autres, sommes sujets aux mêmes types de phénomènes, alors quel que soit le système de gouvernance, on retrouvera toujours plus ou moins les mêmes répartitions de population.

    L’expérience avec les rats montrent tout de même deux « détails » intéressants :
    – plus la population est nombreuse, plus la cruauté envers les souffre-douleurs est grande.
    – l’administration d’anxiolytiques ne modifie pas la hiérarchie quand elle est déjà établie mais crée un plus grand nombre de rats exploités si l’administration se fait avant la structuration de la hiérarchie.

    Je vous laisse en tirer d’éventuelles conclusions plus ou moins hâtives.

  • Fear of Killer Whales Drives Extreme Synchrony in Deep Diving Beaked Whales
    https://www.nature.com/articles/s41598-019-55911-3

    Dès qu’une orque s’approche, tout le clan plonge, avec une coordination parfaite et dans un silence total. Les signaux acoustiques grâce auxquels ces mammifères sociaux communiquent, mais aussi dont l’écho leur permet de localiser leurs proies, se taisent. Ils ne se rallument qu’en dessous de 450 mètres, hors de portée des tueuses. Le groupe se reforme, la pêche bat son plein, à des profondeurs pouvant dépasser 1 000 mètres, dans l’obscurité totale, donc.

    Voir aussi : https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/02/12/les-baleines-a-bec-rusent-pour-echapper-aux-orques_6029264_1650684.html

    #Fuite #éthologie

  • « On a suivi la formation pour être un mâle alpha ! ».
    https://www.explicite.info/articles/1034-on-a-suivi-la-formation-pour-être-un-mâle-alpha-
    (Pour info. Article complet, sans les photos, visible ci-dessous mais pas du tout bien édité. Je crois que la lecture est limitée à un article sur le site, avant inscription gratuite.)

    On a suivi la formation pour être un mâle alpha !
    Un ex-leader du FN se lance dans le coaching. Objectif de ce site masculiniste : transformer les « hommes fragiles » en mâles alpha. Explicite a suivi les cours en ligne.
    20 juin 2018 - par Matthieu Beigbeder

    Qu’est-ce qui est pire qu’un lundi au soleil ? Probablement un lundi au soleil à regarder Julien Rochedy disserter sur la masculinité.
    Hier, lundi donc, j’apprenais l’existence, à travers un énième clash twitteresque, du magazine « École Major », lancé début juin par l’ex-patron du Front National de la Jeunesse (FNJ), qui se définit aujourd’hui comme polémiste, écrivain ou encore influenceur, Julien Rochedy. Site Internet masculiniste, on peut y apprendre, entre autres, à « faire un voyage d’homme », « pourquoi il faut montrer ses intentions aux femmes », ainsi que quelques « conseils pour une alimentation saine et non fragile » pour, imagine-t-on, manger des salades comme un gros bonhomme.

    Julien Rochedy donnant une leçon de masculinité lors de sa « Session Alpha » (Capture écran Session Alpha)
    Surtout, « École Major » propose une formation, intitulée sobrement « Session Alpha ». Destinée à ceux qui en ont « marre de la société d’eunuques dans laquelle on vit », elle est censée « offrir toutes les bases culturelles et mentales qu’un homme doit connaître » pour la modique somme de 47€, tarif généreusement raboté de moitié pour le lancement. Me trouvant un peu mou en ce moment, j’ai donc décidé de participer à cette formation afin d’apprendre à être un homme, un vrai.
    La théorie masculiniste
    La Session Alpha se décompose en deux parties : théorique et pratique, composées d’une quinzaine de leçons vidéo (avec fichiers PDF inclus en guise de résumé), dont la durée s’étale de 8 à 25 minutes, soit approximativement quatre heures de pur bonheur en compagnie de Julien Rochedy. Une bonne soirée en perspective.
    La première chose qui frappe, c’est que les thèses de Rochedy ont cela de malin qu’elles cachent presque parfaitement (hormis quelques dérapages) le caractère misogyne, machiste et patriarcal des masculinistes. Les leçons théoriques s’articulent autour de plusieurs thèmes, à chaque fois enrobés de références à d’illustres penseurs et aux civilisations grecque et romaine : « savoir s’inspirer du passé », « comprendre la volonté de puissance », « les valeurs des forts contre les valeurs des faibles », « l’attitude virile du soi », etc.
    Rochedy truffe son argumentaire de comparaisons historiques, opposant les « anciens mondes » au nouveau, ce dernier étant jugé dégénérescent, en proie au déclin de l’homme.
    À chaque fois, l’argumentaire évolue dans un paradigme hétérosexuel, où hommes et femmes seraient attirés l’un par l’autre sans possibilité d’avoir de relations homosexuelles. En filigrane de toute leçon, c’est le moyen, pour l’homme, de séduire « la femme » et de la conserver. Et c’est plutôt bien fait. À chaque fois, Rochedy truffe son argumentaire de comparaisons historiques, opposant les « anciens mondes » au nouveau, ce dernier étant jugé dégénérescent, en proie au déclin de l’homme et des « valeurs masculines ». Les civilisations grecque et romaine y sont hissées au rang de modèles de virilité et de masculinité, car guerrières, cultivées et croyantes (mais certainement pas esclavagistes ni adeptes de l’homosexualité, faut pas déconner).

    Au long de sa démonstration, Rochedy dénonce pêle-mêle les « bobos des centres-villes » et le trop grand nombre de fonctionnaires (qui font souvent un travail de bureau assis sur une chaise, ce qui ne permet plus de les différencier des femmes, disserte-t-il). Affirmant qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’"écoles" de formation (comme la famille, les Scouts, l’Eglise, l’armée, des écoles qui vous forment un gaillard à la vie, en somme), il nous incite à lire des biographies ("afin de vous imprégner de la vie des grands hommes") et à trouver un modèle qui nous corresponde.
    Fidèle capitaliste libéral, Julien Rochedy prendra souvent, tout au long de ses leçons, la figure du chef d’entreprise comme exemple modèle. Tout en prévenant : « J’espère pour vous que vous n’allez pas les chercher dans les grandes stars des médias, parce que je vous assure que le monde des médias ne nécessite pas du tout les qualités viriles et masculines pour particulièrement réussir, et ce sont souvent des ‘semi-virs’, comme diraient les Romains ».
    « Les valeurs des esclaves ont totalement triomphé »
    Me sentant un peu insulté ("semi-vir toi-même oh"), j’enchaîne néanmoins sur les leçons suivantes en me sentant déjà un peu plus mâle. Les leçons théoriques qui s’en suivent sont un panier garni de namedropping en tout genre (Einstein, Schopenhauer, Michel Foucault, Nietzsche, Cicéron, Marc-Aurèle, Freud, Don Juan...), dont les citations sont supposées éclairer et justifier le raisonnement masculiniste.

    Julien Rochedy dissertant sur la pratique de la masculinité (©Capture d’écran Session Alpha)
    Julien Rochedy développe ainsi une argumentation basée sur le « struggle for life » de Charles Darwin afin de soutenir qu’"il n’y a que les plus forts qui parviennent à survivre". Ceci constituant « des vérités qui font mal aux oreilles », avant de dénoncer la « moraline » de certains (bobos de centre-ville, on imagine). Partant de ce constat, Rochedy dénonce l’inversion des repères de nos sociétés, où « les valeurs des esclaves (paix, amour, gentillesse, tolérance) ont totalement triomphé, c’est pour ça qu’en tant qu’homme on se sent mal à l’aise ».
    « Les valeurs féminines sont beaucoup plus vers la paix, la douceur et la non-violence »
    Mais au fait, c’est quoi un homme, et c’est quoi une femme ? Quelles sont les valeurs qui les distinguent ? Partie essentielle de son raisonnement, l’influenceur Rochedy définit les « valeurs » qui distinguent l’homme de la femme sans pratiquement aucune justification, hormis leur supposée prégnance dans les anciennes civilisations.
    Côté valeurs féminines, on est donc dans « l’acceptation de l’autre », tandis que chez les valeurs masculines, on est dans la « pénétration de l’autre ». Subtil. Selon Rochedy, la guerre et la violence sont des valeurs masculines, « tandis que les valeurs féminines sont beaucoup plus vers la paix, la douceur et la non-violence » (faudrait qu’on lui présente Cléopâtre ou Athéna, déesse grecque de la guerre, ou peut-être les Amazones ou les combattantes kurdes). Pêle-mêle ensuite, la tolérance et le dialogue c’est pour les meufs, tandis que l’autorité ("qui a fait beaucoup plus avancer les individus et les communautés que le dialogue") c’est pour les mecs qui en ont dans l’caleçon.
    « Aujourd’hui, on est à 99% dans les valeurs féminines, conclut Julien Statistiques. C’est très mauvais, ça conduit les individus à la déprime, à la névrose et à l’incapacité de réussir. Ça conduit nos communautés à la destruction. Il faut retourner aux valeurs masculines ».

    S’en suivent deux dernières leçons sur la spiritualité. L’homme, le vrai, est vivement incité à se doter d’une spiritualité, l’athéisme y est très critiqué : « Ces individus sont amenés à être dépressifs et à mourir par nature. C’est une logique absolument certaine ». Pour finir sur l’amitié homme-femme : « Pour qu’une amitié entre un homme et une femme soit possible, il faut qu’il y ait une égalité parfaite, 50-50 entre ce qui chez cette femme vous dégoûte et ce qui chez cette femme vous plaît ».
    Pratiques masculines et anecdotes personnelles
    Me voilà un peu plus instruit sur ma condition de mâle alpha. Effaçant les numéros de toutes mes amies de sexe féminin, je profite d’être au bord de l’apoplexie cérébrale pour me concocter un bon gros plat de pâtes de bonhomme, avec du gros jambon qui sent encore le foin comme les vrais cochons alphas, et du gruyère bien sale qui sent sous les bras et qu’est certainement pas homo lui.
    Il est temps de passer à la pratique. Enfin, quand je dis « pratique », il s’agit plus d’une nouvelle partie théorique appuyée de plusieurs anecdotes personnelles afin d’énoncer des conseils présentés comme naturels. On apprend ainsi à « avoir de l’audace », « développer son courage » et « son charisme », évidemment « travailler son corps » ("Un patron tyrannique manquera beaucoup moins de respect à un type subordonné musclé qu’à un type subordonné pas musclé. C’est une expérience sociologique que vous pouvez faire"). Il faut également apprendre à développer un réseau, qui n’est que le reflet actuel du « clan » ancestral, nécessaire à l’épanouissement de chaque grand homme : « L’homme individualiste pur se retrouve complètement baisé, explique l’écrivain Rochedy, lorsqu’il affronte d’autres communautés qui elles restent organisées sur des points de vue ethniques, religieux ou idéologiques ».

    Valeur primordiale, l’homme alpha doit à tout prix apprendre à « se faire respecter ». L’ex-cadre frontiste raconte qu’on « a tous déjà vu » des hommes se faisant agresser dans la rue, « souvent des Français qui n’ont pas cette culture (masculiniste) », frappés par « d’autres communautés », des gens « élevés dans des notions purement masculines, même si pour le coup elles peuvent être brutales et barbares », et qui « n’estiment pas que l’on doit le respect à quelqu’un au prétexte qu’il est quelqu’un ». Parfois, les thèses du FN ne sont pas loin.
    Une pensée rétrograde
    En résumé, la formation de Julien Rochedy peut prêter à sourire. Elle ressemble, quoiqu’en (légèrement, très légèrement) plus long, aux vidéos de coaching où un soi-disant formateur vous explique les trois techniques à appliquer pour aborder et emballer à coup sûr une femme dans la rue.
    Mais sous couvert de références philosophiques permanentes, de comparaisons historiques bancales, d’anecdotes à la gloire des anciens mondes grec et romain, à la France d’avant où l’homme avait toute sa place et où la femme fermait sa gueule, à l’appui de thèses sociologiques au ras du plancher ("on a tous déjà vu…", « j’ai des amis qui… »), l’idéologie de Rochedy sent le soufre, la détresse d’un « mâle » élevé au rang de symbole, désorienté qui, faute d’arriver à se positionner dans le monde actuel, construit autour de lui un univers qui se veut « impertinent », « conservateur » et « anti-bobo », occultant son caractère profondément machiste et patriarcal.
    Le seul « oubli » volontaire, la seule différence entre l’ancien monde et le nouveau que Rochedy appréhende tant, c’est qu’aujourd’hui les femmes ont l’opportunité de parler, et surtout d’être entendues. Ce qui, visiblement, déplaît à certains.

  • Priya Fielding-Singh : « La nourriture permet d’atténuer les privations matérielles » - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/02/16/priya-fielding-singh-la-nourriture-permet-d-attenuer-les-privations-mater

    Pour la sociologue américaine Priya Fielding-Singh, expliquer la #malbouffe chez les plus pauvres par un défaut d’information ou le problème du coût est insuffisant : les parents défavorisés cèdent aux appels du soda car c’est le seul moyen dont ils disposent pour faire oublier les restrictions à leurs enfants. Il s’agit donc de changer la valeur symbolique de la nourriture.

    #alimentation #sociologie #éthologie #inégalités #pauvreté

    Elles supposent que la nourriture n’a pour nous qu’une valeur matérielle, que nous mangeons pour nous nourrir physiquement. Mais la nourriture est bien plus qu’un élément de survie : elle a une valeur émotionnelle, et même culturelle, très importante. Elle nous permet de signaler qui nous sommes, de montrer à nos proches que nous les aimons et prenons soin d’eux. Au cours de mes recherches, je me suis rendu compte que la nourriture prenait une valeur symbolique très différente pour les parents, selon qu’ils élèvent leurs enfants dans un contexte de pauvreté ou d’abondance. Pour les parents pauvres, dire non fait partie de la routine : pour de petites choses, comme une nouvelle paire de chaussures, ou pour des choses plus importantes, comme une inscription à l’université. Or dire non à ses enfants est difficile émotionnellement, et au milieu de cet océan de refus, la nourriture apparaît comme quelque chose auquel on peut dire oui facilement. Les enfants réclament tous des cochonneries, par imitation et parce qu’ils sont la cible première de la publicité pour ce genre d’aliments. Et les parents, même quand les temps sont difficiles, ont presque toujours un dollar qui peut être dépensé en bonbons, en paquets de chips ou en sodas. C’est valorisant pour eux parce qu’ils répondent aux demandes de leurs enfants. Et pour ces derniers, il s’agit d’une preuve tangible que leurs parents se soucient et s’occupent d’eux. La nourriture est une manière immédiate et peu coûteuse de créer une expérience positive dans un contexte difficile : elle permet d’atténuer les privations du quotidien. A l’autre extrême, pour les riches parents qui élèvent leurs enfants dans l’abondance, dire non au sujet de la nourriture est plus facile : ils peuvent dire oui à tellement d’autres choses… La nourriture devient même un moyen d’apprendre aux enfants certaines valeurs : la retenue, la patience, parfois même la récompense sous condition. Tous les parents que j’ai rencontrés partageaient un même souci d’œuvrer pour le bien-être de leurs enfants, d’être des parents nourriciers, aimants : c’est la manière d’y parvenir qui, selon leur statut économique, prenait des visages très différents.

    • De manière plus profonde, je pense que si nous voulons changer la valeur symbolique de la nourriture chez les parents défavorisés, il faut les sortir de la précarité et les amener à un stade où ils peuvent, de manière régulière, subvenir aux besoins de leurs familles. Il faut leur permettre davantage de stabilité et de dignité, de façon à ce qu’un paquet de chips ne soit pas un des seuls gestes à leur portée pour montrer à leurs enfants qu’ils s’occupent d’eux. J’ai pu constater par exemple que la précarité du logement favorisait les mauvaises habitudes alimentaires : quand vous ne savez pas si vous aurez un toit le mois prochain, vous mangez en recherchant une petite satisfaction immédiate, pas en pensant à votre santé sur le long terme. Paradoxalement, je crois que les mesures qui œuvrent le mieux pour l’égalité alimentaire sont celles qui n’ont rien à voir avec l’alimentation. Elles agissent par ricochet.

  • Des pratiques sexuelles régulières observées entre des macaques et des cerfs
    http://www.lemonde.fr/sciences/video/2017/12/21/des-pratiques-sexuelles-regulieres-observees-entre-des-macaques-et-des-cerfs


    (vidéo incorporée)

    Pour la première fois, des comportements sexuels entre des femelles macaques et des cerfs ont été observés au Japon. Des chercheurs de l’université canadienne de Lethbridge (Alberta, Canada) ont observé des femelles macaques se frotter les parties génitales sur des cerfs… à 257 reprises au total.
    En janvier 2017 déjà, un cas isolé de macaque mâle montant une biche avait été observé à plus de 1 000 kilomètres de là, sur l’île de Yakushima. Après le « viol » d’un pingouin par un phoque en 2014, c’est seulement la deuxième fois que des pratiques sexuelles entre deux espèces si différentes (humains exceptés) sont détectées.
    Mais dans le cas des macaques et des cerfs de Minoo, les chercheurs pensent que cela pourrait être le début d’une nouvelle pratique. Même si pour l’instant, chez les cervidés, seuls les mâles sont consentants. Selon les chercheurs, les biches, elles, ne se laissaient pas faire.

    Une partie des images montées dans la vidéo du Monde
    https://www.youtube.com/watch?v=8akxdrCZ3sA

  • Voici Octlantis, une ville sous-marine construite par des poulpes

    http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/voici-octlantis-une-ville-sous-marine-construite-par-des-poulpes_1944982.ht

    Elle a été baptisée Octlantis. Une équipe internationale de chercheurs a découvert une citée sous-marine construite par des pieuvres [octopus en anglais], alors qu’ils exploraient la baie de Jervis, au large des côtes est de l’Australie. 

    Une découverte qu’ils n’ont pas encore réussi à expliquer, mais qu’ils détaillent dans une étude publiée dans Marine and Freshwater Behaviour and Physiology.


    Schéma d’Octlantis. Rock = Pierre. Shell Bed = lit de coquillage. Occupied Den = tanière habitée. Unoccupied Den = tanière inhabitée.Marine and Freshwater Behaviour and Physiology

    Octlantis, que les biologistes marins américains, australiens et canadiens ont filmé une dizaine d’heures, a abrité jusqu’à 15 céphalopodes. Située entre 10 et 15 mètres sous la mer, mesurant 18 mètres de long sur 4 de large, elle possède des murs et même des tanières sous-marines érigés avec du sable et des coquillages.

    Autre surprise, les pieuvres d’Octlantis vivent réellement ensemble. Elles se regroupent, communiquent, et se battent pour chasser d’autres pieuvres tentant de s’emparer de leur habitat ou pour expulser celles qui ne sont plus les bienvenues.

    Cette découverte vient confirmer ce que les scientifiques suspectaient déjà : les pieuvres ne sont pas forcément si solitaires et pourraient même avoir développé une culture propre. Des suspicions nées en 2009, lors de la découverte d’une autre ville baptisée Octopolis. Située non loin d’Octlantis, elle était le théâtre de violents combats entre mâles, certains utilisant des coquillages comme armes.

  • L’animal intentionnel
    http://terrain.revues.org/944

    Annotations :

    . La propriété qui distingue ces deux types d’organismes, et institue la coupure entre les vivants « cognitifs » et les autres, est nommée par les philosophes « intentionnalité ». Ce qu’ils entendent par là, c’est l’aptitude de certains états internes à porter sur des propriétés du monde extérieur. En d’autres termes, l’intentionnalité est la capacité d’utiliser l’information sur le monde extérieur et de la stocker dans des représentations pour l’appliquer à des situations nouvelles et ajuster le comportement au cours des choses. Les états internes à valeur représentationnelle ainsi déterminés doivent enfin être vrais ou faux, c’est-à-dire « sémantiquement évaluables ». En (...)

    #animaux #Science #Ethologie

  • Séduction : les hommes qui mangent des légumes ont plus de succès
    https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/22547-Seduction-hommes-mangent-legumes-succes

    Des chercheurs en psychologie de l’université Macquarie de Sydney (Australie) ont réalisé une petite expérience. Ils ont présenté des t-shirts d’hommes, imbibés de sueur après un peu d’exercice, à des femmes qui devaient les classer selon le sentiment d’attirance que leur évoquait l’odeur. Et cette attirance instinctive est liée à l’alimentation.

    Il est à rappeler que, lorsqu’elle est émise, la sueur n’a presque pas d’odeur. C’est par la suite que les bactéries agissent pour donner cette odeur caractéristique et désagréable. Les femmes-juges n’ont donc pas eu à sentir des t-shirts malodorants. Ouf.

    Les habitudes alimentaires ont été évaluées par un questionnaire, mais aussi par la spectrophotométrie de la peau. Les personnes consommant le plus de fruits et légumes ont en général la peau un peu plus jaune que les autres, à cause de la présence de caroténoïdes, des pigments qui colorent légèrement la peau.

    Ils ont alors pu associer régime alimentaire et attractivité olfactive. Les hommes qui mangent le plus de fruits et légumes ont l’odeur la plus attirante, notée de touches florales, fruitées et médicinales. Les oeufs, la viande et le tofu ont un effet similaire. Ce sont les hydrates de carbone, les sucres industriels, qui sont les plus délétères à l’odeur corporelle, et donc à éviter pour séduire.

    • En termes scientifiques, ça donne ça :
      (article complet derrière barrière)

      Diet quality and the attractiveness of male body odor - Evolution and Human Behavior
      http://www.ehbonline.org/article/S1090-5138(16)30193-3/fulltext

      Abstract
      Human axillary sweat may provide information pertaining to genetic relatedness and health status. A significant contributor to good health, both in the short and longer term, is a diet rich in fruit and vegetables. In this study we tested whether dietary fruit and vegetable intake, assessed indirectly by skin spectrophotometry (assessing dietary carotenoid intakes) and subjectively by food frequency questionnaire, was associated with more pleasant smelling sweat. Male participants provided axillary sweat samples and dietary information. Female participants then evaluated these samples on several affective, qualitative and psychophysical dimensions. The skin spectrophotometry measure (CIELab b*), indicative of greater fruit and vegetable intake, was significantly associated with more pleasant smelling sweat (with more floral, fruity, sweet and medicinal qualities), independent of sweat intensity. Self-report dietary data revealed that fat, meat, egg and tofu intake was associated with more pleasant smelling sweat, and greater carbohydrate intake with stronger smelling less pleasant sweat. These data parallel facial judgments, in which yellower more carotenoid rich skin, is found to be more attractive.

    • Il y a un décalage flagrant (fragrant ?) entre l’original et la traduction. Rien que le titre déjà est slightly misleading, en insistant sur les légumes alors que l’original indique que le gras, la viande, les œufs « sentent bon » eux aussi.

      L’étude étant basée sur 43 donneurs ♂ et 9 juges ♀, ça promet question variance. À ce niveau (dit l’article d’origine) il est impossible de gérer toutes les variables, et il faut les regrouper (arbitrairement ?) par grandes classes.

      Du coup, pour ce qui est des « sucres industriels » (traduction de « carbohydrates », en fait « glucides »), de quoi parle-t-on : la mauvaise odeur est positivement associée à une consommation (auto-déclarée) supérieure à la moyenne d’un regroupement de toutes les catégories suivantes : breakfast cereals, breads, carbohydrate foods, sugars and spreads, and drinks.

      Si on résume : une #étude_récente sur un faible échantillon, des conclusions pas conclusives et mal traduites, et un article prêt à buzzer. Que font les décodeurs ?

    • Entièrement d’accord avec toi !
      J’ajouterais que toutes les reprises « grand public » ne parlent que des fruits et légumes, alors que, dans le résumé, ils sont placés comme équivalents aux régimes protéiné.

      Dans l’article, puisque celui-ci est accessible ailleurs http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1090513816301933 il n’y a vraiment pas grand chose de consistant (cf. tableau 2, apparemment des calculs de khi-2 d’indépendance

      Pour le fun, les données y sont téléchargeables (fichier csv de 43 lignes x 54 colonnes dont 21 jugements sur les notes de l’odeur et 4 colonnes de résultats d’une analyse factorielle)

      Ex.

      The male donors’ nine food frequency consumption scores served as the predictors in a regression analysis, with the female judges affective evaluation score as the dependent variable. The final model from the backward elimination procedure was significant (F(4,38) = 3.62, p < 0.02) and explained 20.0% of the variability (adjusted R2) in the judges affective evaluations of the donor’s sweat. Four food categories remained in this model and the partial regression plots of the significant contributors are presented in Fig. 2.


      Fig. 2. Partial plots of the relationship between female judges hedonic evaluations of the male donor’s body odor (larger values are more positive), and egg and tofu consumption (top), oil and fat consumption (middle) and seafood consumption (bottom) of the donors — all are standardized mean values.

      etc. le modèle 2, R2-ajusté à 0,257 avec 4 variables retenues sur les 9 entrées dans la sélection et le modèle « final », toujours avec 4 variables sélectionnées et un R2-ajusté de 0,253

      La couleur plus ou moins jaune de la peau, on peut l’oublier…

      To determine relationships between the skin yellowness measure, and the factor derived odor quality scores from the female judges, a further regression analysis was conducted. Here, the animal/floral, fishy and chemical factor scores served as predictors, with skin yellowness as the dependent variable. The final model was significant (F(1,41) = 6.35, p < 0.02), and explained 11.3% of the variability in skin yellowness scores. The only remaining factor in the model was the animal/floral dimension, which was negatively correlated with greater skin yellowness (ß = −0.37).

      Oui, on peut publier un résultat avec un R2 = 0,113 …

    • Et pour la diversité…

      Potential donors were recruited in several ways so as to try and maximize variability in dietary intakes of fruit, vegetables and meat across the sample: (1) the first year participant pool was screened using a brief food frequency measure (developed for this study and available from the authors) to identify people varying in fruit and vegetable, and meat intake, with individuals scoring high and/or low in these two categories being approached; (2) several vegetarian societies were contacted and information about the study was passed to members; (3) groups likely to have a greater proportion of high intake meat eaters (i.e., greater meat eating is associated with greater authoritarianism, social dominance and masculinity; Loughnan, Bastian, & Haslam, 2014) were also approached with information passed on to members; and (4) via campus-wide advertisements. For approaches (2), (3) and (4), when potential donors contacted the study, they were given the same brief food frequency questionnaire as (1), so as to identify individuals likely to differ in fruit and vegetable, and meat intake.
      Forty-five male donor body odor samples were obtained, but only 43 were used for analysis as spectrophotometer data were not collected for two participants (both missed the full laboratory session). The remaining donors were 43 non-smoking Caucasian males aged 18 to 30 years (M = 21.5, SD = 3.7), with a body mass index (BMI) ranging from 17.8 to 32.0 (M = 23.0, SD = 2.8).

  • Evolution des espèces - Quand l’homme s’en mêle
    (44’| Arte+7 - plus que 3 jours !)

    http://www.arte.tv/fr/videos/055167-000-A/evolution-des-especes

    Comment les espèces animales évoluent à cause de l’activité humaine qui transforme l’environnement de la planète à une échelle jamais encore atteinte. Ce documentaire se penche sur l’ #évolution d’espèces comme le papillon, le chien, la souris, le pinson des Galápagos, l’hirondelle, le rat, le crapaud, le serpent, la grue, le faucon pèlerin, la tortue ou le pigeon.

    Explosion démographique, #pollution, #déforestation, #urbanisation, changement climatique... : les humains créent des pressions si intenses que l’évolution s’accélère. On connaît bien sûr le cas de bactéries qui ont évolué au point de résister aujourd’hui aux médicaments ou d’insectes rétifs aux #pesticides … Ce film se penche sur l’évolution d’espèces comme le papillon, le chien, la souris, le pinson des Galápagos, l’hirondelle, le rat, le crapaud, le serpent, la grue, le faucon pèlerin, la tortue ou le pigeon. Il enquête en Australie, aux États Unis, en Angleterre et en Allemagne, auprès de chercheurs en #biologie, en #génétique ou en #éthologie, et mesure l’impact de l’homme dans la modification accélérée des #espèces animales.

    #arte #climat #fauna

    trouvé ici https://diasp.eu/posts/5793307

  • Les corbeaux sont si malins qu’ils sabotent les expériences des chercheurs - Motherboard
    https://motherboard.vice.com/fr/article/d385zm/les-corbeaux-sont-si-malins-quils-sabotent-les-experiences-des-che

    Ce dernier m’a raconté une chose étonnante : au cours des expériences, un corbeau a compris prématurément le fonctionnement du système caillou/boite et a entrepris d’enseigner la méthode à ses congénères, avant d’inventer par lui-même une nouvelle façon d’obtenir la récompense. Au lieu de laisser tomber le caillou pour libérer la nourriture, la petite créature diabolique a déposé une couche de brindilles dans le tube et poussé un bâton à travers ladite couche afin d’enclencher le mécanisme.

    L’oiseau a dû être retiré de l’expérience avant qu’il apprenne aux autres corbeaux comment pirater le système des chercheurs.

    #éthologie #intelligence #animaux

  • « Les moutons ont des amis et des conversations »

    Comment les animaux désarçonnent la science
    Entretien avec Vinciane Despret

    Propos recueillis par Romain André et Bruno Thomé

    http://jefklak.org/?p=3895

    Est-ce que ces primatologues revendiquent une histoire féministe ?

    Certaines oui. Elles disent qu’elles ont pu observer ce qu’elles observent parce qu’elles étaient dans une position historique très clairement déterminée, ce qui est déjà un point de vue féministe. D’autres ajoutent que nous étions plus attentives aux relations de pouvoir à cette époque. Remettre en question le rôle des femelles, c’est être attentive aux relations de pouvoir et de subordination, à la conscience de genre, à ce qui fait que nos observations nous confortent trop vite dans l’idée que les femelles sont passives. C’est être attentive aux grandes dichotomies passivité/activité, sujet/objet – catégories que le féminisme avait commencé à sérieusement remettre en cause. C’est être méfiante vis-à-vis de ces grandes théories que sont la hiérarchie et la compétition, suspectes d’un point de vue féministe, car trop proches de la manière dont les humains s’imaginent une société. C’est remettre en cause aussi les notions de harem, de guerre de tous contre tous, de mâle alpha, tout ce qui est schème guerrier, grandes épopées héroïques – l’homme qui se redresse par-dessus les herbes de la savane, invente les armes et compagnie. À cette époque, les féministes ont commencé à revisiter ces grandes histoires, et cela a nourri la primatologie.

  • Une dénonciation de la #pseudoscience prétendant décoder le #langage non verbale.

    Outre la critique classique envers des « disciplines » se dotant des apparences de la #science (coucou #zététique), c’est la dimension libérale des soubassements d’une telle entreprise qui me semble intéressante à avoir en tête, les relations sociales étant perçues comme devant être plus performantes ou efficaces (dimension qui n’est qu’effleurée ici).

    Sur et sous les pseudosciences du décryptage du langage non verbal – Mondes Sociaux
    https://sms.hypotheses.org/9481

    Ignorant ces travaux, une tendance éditoriale d’un autre ordre est montée en puissance depuis quelques années, publiant des ouvrages grand public proposant des modes d’emploi des relations interpersonnelles. Celles-ci auraient une dimension pour tout dire secrète. Les « secrets de la communication », nous y voici.

    Ces manuels se présentent comme des grammaires du non-verbal et des stratégies relationnelles cachées. Une communication efficace, telle est bien l’obsession de tous les signataires de cette prose, qui inscrivent les relations amoureuses, familiales et professionnelles dans une perspective stratégique et même balistique.

    En fait, tous ces bonimenteurs fondent leurs analyses sur un soubassement libéral, au sens économique du terme : il faudrait attendre un rendement et une rentabilité des rapports sociaux. Et pour atteindre ses objectifs (cachés), il conviendrait d’appliquer des stratégies qui ne sont plus argumentatives, mais non-verbales, en décodant nos interlocuteurs afin d’arriver à une illusoire transparence dans les relations. Celles-ci sont entrées dans une nouvelle ère du soupçon, à cause de ces « obsédés gestuels ». Car il s’agit toujours – implicitement – de manipuler autrui et d’instrumentaliser les relations sociales. Sont posées comme préambules les inévitables maladresses et les dommageables gaffes de ceux qui ne connaîtraient pas encore les secrets. Et la finalité, c’est une communication enfin efficace.

  • La libellule qui fait la morte plutôt que l’amour | Passeur de sciences
    http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2017/05/11/la-libellule-qui-fait-la-morte-plutot-que-lamour

    Premier constat : feindre la mort est un comportement assez fréquent et efficace chez les æschnes des joncs femelles. Rassim Khelifa a relevé, après quelques jours d’observation, pas moins de 27 crashes suivis d’une immobilité totale faisant croire au trépas de l’insecte « accidenté ». Pour les 27 femelles ayant tenté cette stratégie, 21 ont échappé à l’accouplement. En revanche – et c’est le second constat –, 100 % des femelles qui n’ont pas fait semblant d’être mortes sont passées à la casserole… Rassim Khelifa explique que les insectes n’étaient pas assommés par leur atterrissage brutal. Ils étaient bel et bien conscients car, neuf fois sur dix, il lui a été impossible de les attraper : tout en feignant la mort, ces dames continuaient d’être à l’affût du moindre danger et s’envolaient prestement à l’approche du chercheur.

    #éthologie #stratégie #harcèlement

  • Entretien : Frans de Waal : « Il est temps d’arrêter de courir après le propre de l’homme » - Philo Blog
    http://www.aline-louangvannasy.org/2016/10/entretien-frans-de-waal-il-est-temps-d-arreter-de-courir-apres-

    L’éthologue Frans de Waal, spécialiste des grands singes, est néerlandais. Il vit aux Etats-Unis, où il enseigne à l’université d’Emory (Géorgie). Ses études sur les chimpanzés et les bonobos ont fait découvrir des compétences que l’on n’imaginait pas chez les primates non humains.

    Pourquoi vous attaquez-vous aujourd’hui à la cognition et à l’intelligence animales ?

    Ce sujet, je l’ai suivi tout au long de ma carrière. J’ai vu la situation évoluer. Pendant tout le XXe siècle, l’idée était que chaque chose que l’animal faisait devait être mise dans une des deux boîtes : l’instinct ou l’apprentissage. Qu’il s’agisse d’un éléphant, avec son très grand cerveau, ou d’une souris, dont le cerveau est très petit.

    Maintenant, une nouvelle génération de scientifiques travaille sur des sujets plus intéressants en sortant de ces deux boîtes. Or toute ma vie j’ai pensé que ces deux boîtes étaient trop petites. Il m’a semblé qu’il était temps de rassembler tout ça et de parler de ce que beaucoup pensent encore être le propre de l’homme : la cognition et l’intelligence.

    Pouvez-vous nous définir ces deux termes ?

    L’intelligence, c’est la capacité à résoudre avec succès des problèmes complexes dans son propre environnement : des problèmes nouveaux quand on est très intelligent, ou juste habituels quand on l’est un peu moins. La cognition, c’est plus vaste : il s’agit de l’utilisation des informations multiples que l’on reçoit pour comprendre notre environnement et prendre des décisions. Chaque espèce a la sienne.

    #éthologie #intelligence #cognition

  • Les plantes possèdent-elles une véritable intelligence ?
    http://www.franceculture.fr/emissions/science-publique/les-plantes-possedent-elles-une-veritable-intelligence

    La question paraît saugrenue. Il y a quelques années, elle ne se serait certainement pas posé. Pourtant, le magazine Science et Vie, notre partenaire pour cette émission, titre son dossier de ce mois de mars : « L’intelligence des plantes enfin révélée ». On pense d’abord à une formulation légèrement exagérée. Et puis, au fil des pages et des exemples d’observations et d’expériences, le doute s’installe. En effet, les plantes sont bien dotées de multiples facultés que l’on pensait réservées au monde animal. Certains de leurs sens, comme l’odorat, sont même nettement supérieurs aux nôtres. Surtout, elles peuvent communiquer entre elles, reconnaître leurs congénères, nourrir leur progéniture, garder des événements en mémoire… Elles élaborent aussi des stratégies pour combattre leurs agresseurs. Et elles s’entraident.

    http://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/static/culture/sons/2013/03/s10/NET_FC_159e6249-73f8-41da-90d8-6b32bb30fb68.mp3

    #éthologie #arbre #végétal #intelligence

    • Le hic ? Mech le dévoile en 1999 : à l’image de Schenkel, qui observait les loups du zoo de Bâle, « la plupart des études sur la dynamique sociale des meutes de loups ont été conduites sur des regroupements artificiels d’animaux en captivité ». Mech lui-même a observé des loups en liberté, mais, comme cela arrive souvent, il a vu ce qu’il avait lu chez Schenkel plutôt que ce qu’il avait sous les yeux. A l’état sauvage, explique-t-il, le « couple alpha » est en réalité un couple parental, dont le reste du groupe est la progéniture : « la meute de loups typique est une famille ». Exit le modèle classique de la dominance animale. Qui, à vrai dire, avait déjà été ébranlé trente ans plus tôt.

      Re-flash-back. On est au début des années 60. La primatologue britannique Thelma Rowell publie une série d’études basées sur ses observations chez les babouins de la forêt d’Ishasha, en Ouganda. Signes particuliers : ces singes, membres d’une espèce réputée belliqueuse et hiérarchique, « ne connaissaient pas la hiérarchie ». Mieux : « une atmosphère paisible règne dans la troupe, les agressions sont rares et les mâles semblent beaucoup plus attentifs à coopérer qu’à entretenir la compétition », rapporte la philosophe des sciences belge Vinciane Despret, qui reprend et développe les études de Thelma Rowell, dans son livre Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? (2012). Encore plus étonnant, « il ne semble pas y avoir de hiérarchie entre mâles et femelles ».
      Babouins et management

      Perturbés par ce constat, les confrères de la primatologue suggèrent que les « extravagances babouines d’Ishasha » doivent être dues à des « circonstances écologiques exceptionnelles » : cette forêt, disent-ils, est un « véritable paradis terrestre avec ses arbres offrant abris contre les prédateurs, sites de sommeil et, surtout, abondance de nourriture »… Mais Thelma Rowell a une autre explication. Analysant les études menées jusque-là sur les babouins, elle découvre que les résultats se classent en trois types : d’un côté, « des animaux qui visiblement ne sont pas très intéressés par la hiérarchie » ; pour ceux-ci, les primatologues ont forgé le concept étonnant d’une « dominance latente », c’est-à-dire invisible.

      Viennent ensuite les études en captivité : c’est en observant les babouins du zoo de Londres que le zoologiste Solly Zuckermann a élaboré la théorie de la dominance, à la fin des années 1920. L’histoire de cette colonie est un cauchemar simiesque : 110 babouins, essentiellement mâles, sont rassemblés dans un enclos ; une trentaine sont tués par leurs congénères en l’espace de six mois ; les effectifs sont alors renfloués en ajoutant une trentaine de femelles ; et les bagarres redoublent en intensité. Moralité ? Zuckermann croit voir là un comportement naturel, alors qu’il observe la pagaille que le zoo lui-même a créée… Le dernier type d’études identifié par Thelma Rowell est basé sur des observations faites en nature, mais « les chercheurs ont nourri les animaux pour les attirer » : ces bouchées balancées aux singes suscitent une compétition et font émerger une hiérarchie qui jusque-là n’existait pas. Il s’agit là de ce que les scientifiques appellent un « artéfact » : un phénomène qu’on observe parce qu’on l’a créé.

      #andromorphisme #anthropomorphisme #zoologie #éthologie #loups #primates #mâlealphisme

  • Existe-t-il vraiment des peaux à moustiques ? | curiologie
    http://curiologie.fr/2016/06/peaux-a-moustiques

    En fait, l’arme fatale à mosquitos, c’est le ventilo : tu brasses le CO₂ et les composés volatiles, ce qui te rend vachement moins visible , sans compter le turbulences qui leur pourrissent la vie.

    palpemaxillaire-curiologieAlors on respire tous, on émet tous de la chaleur, mais une dernière chose fait toute la différence. Depuis des décennies, les chercheurs savent que certaines espèces ont leurs préférences, concernant les zones du corps humain qu’elles piquent. Certains types d’Anopheles adorent les pieds et les chevilles, d’autres les bras, d’autres le cou [2]… Et ce qui différencie ces zones c’est… leur parfum. Plus précisément, le parfum de la sueur [3]. Les chercheurs ont vite constaté que l’acide lactique de la sueur attirait l’insecte (effet démultiplié en présence de dioxyde de carbone [4]), mais durant la dernière décennie, les spécialistes sont allés beaucoup plus loin : espèce par espèce, ils ont déjà identifié des dizaines de composés volatils potentiellement présents dans la sueur [5], qui excitent les neurones sensitifs placés dans les antennes et dans la palpe maxillaire des insectes [6].

  • Penser et agir avec la nature
    « … il n’y a plus à choisir entre l’homme et la nature… » | Ethique, Philosophie, Art | Découvrir la biodiversité | Article | Humanité et Biodiversité, Ensemble protégeons le vivant !
    http://www.humanite-biodiversite.fr/article/il-n-y-a-plus-a-choisir-entre-l-homme-et-la-nature
    entre l’"humain" et la nature stp #livre #biodiversité

    On peut continuer à parler de « #nature » et même en parler mieux, parce qu’il n’y a plus à choisir entre l’homme et la nature, mais plutôt à se soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie.

    Que l’on s’intéresse à la protection de l’environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu’il y a moyen de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l’équité entre les hommes ; et qu’il existe aussi des manières d’agir avec la nature et pas contre elle.

    L’originalité de cet ouvrage tient à la démarche qui l’a inspiré : il s’agissait de conduire une enquête philosophique alliant l’exigence conceptuelle à des études empiriques et aux acquis scientifiques (en #écologie, #éthologie, #biologie, etc.). Ce faisant, il articule des questions qui, trop souvent, s’ignorent : une réflexion sur la nature et une réflexion sur la technique – qui ne soit pas oublieuse de la nature.

  • Samedi-sciences(161) : les chimpanzés peuvent prendre l’accent écossais
    http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-de-pracontal/070215/samedi-sciences161-les-chimpanzes-peuvent-prendre-laccent-ecossais

    Katie Slocombe et ses collègues de l’université d’York (Royaume-Uni) ont fait cette étonnante découverte en suivant deux groupes de chimpanzés captifs. Le premier était formé de six animaux vivant au zoo d’Édimbourg, en Écosse. En 2010, sept nouveaux chimpanzés, venus d’un parc néerlandais, ont été transférés dans le zoo écossais. Les chercheurs ont enregistrés leurs vocalises. Lorsqu’on leur distribuait des pommes, les sept nouveaux venus émettaient des sons aigus et puissants. Mais leurs congénères déjà installés dans le zoo d’Édimbourg usaient, eux, d’un son plus grave et moins fort. Or, trois ans après, Slocombe et ses collègues ont constaté que les immigrants avaient changé leur grognement de telle manière qu’il ressemblait à celui des « Écossais ».

    http://youtu.be/hp4mENrAnq4

    http://youtu.be/sVbb6pZLfzU

    #biologie #chimpanzés #ethologie #écossais #Monty_Python

  • http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/29/souffrance-animale-specialite-francaise-257354
    La souffrance animale, une spécialité française ?


    Un militant de la cause animale manifeste devant le siège d’Air France à Istanbul, le 4 janvier 2014 (OZAN KOSE/AFP)

    Tribune 29/01/2015 à 12h16
    La souffrance animale, une spécialité française ?
    Pierre Jouventin, ancien directeur de recherche au CNRS en éthologie

    Une crise identitaire est en gestation depuis plusieurs années dans notre pays. Elle touche non à la couleur de peau ou à la religion, mais à la définition de l’humain.
    Ce n’est pas un problème d’espaces comme à Notre-Dame-des-Landes, mais d’espèces ; pas un débat sur l’écologie, mais sur ses compléments, l’éthologie et l’éthique. Cette crise sociale est complétement ignorée ou niée par la plupart des élus. Je veux parler de la cause animale considérée par le gouvernement comme une mode sectaire et minoritaire.
    [...]
    Chasseurs courtisés
    La chasse constitue un bon exemple de ce décalage culturel qui s’amplifie entre la rue et les politiques, entre la ruralité d’antan et les nouvelles aspirations sociales : elle concerne moins de 2% de la population française quand son groupe parlementaire compte trois fois plus de participants que les autres.
    Cette catégorie sociale vieillissante et décroissante est riche, puissante et courtisée par les partis. Alors que les autres usagers de la nature (randonneurs par exemple) sont 30 fois plus nombreux, les chasseurs français ont obtenu plus d’avantages que dans n’importe quel autre pays :

    dates de chasse et liste des espèces chassables constamment élargies ;
    conventions officielles des fédérations de chasse avec l’Education nationale pour enseigner la gestion de la faune et l’écologie dans les établissements scolaires ;
    absence de dimanche sans chasse (tous les jours de la semaine sont chassables en France à la discrétion du maire, ce qui est unique et explique notre record d’accidents de chasse) ;
    suppression du périmètre interdit à la chasse de 200 m autour des maisons ;
    contrôle par les chasseurs du conseil d’administration de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, etc.

    La ferme aux 16 00 singes

    En ce moment, les pétitions pour la cause animale fleurissent sur les réseaux sociaux devenus le refuge de la démocratie bâillonnée. Elles concernent les expérimentations animales (pour les moins invasives, il s’agit de tests pharmaceutiques et cosmétologiques) :

    premier conflit sur le commerce des primates : le transport par Air France des singes a été fermement défendu par le ministère des Transports alors qu’il est interdit dans un nombre croissant de compagnies aériennes (Lufthansa, British Airlines, Air Canada, Air China, United Airlines, etc) ;

    deuxième commerce d’un autre temps : près de Strasbourg, un centre d’élevage demande à passer à la dimension industrielle avec 1 600 singes qui seront enfermés dans un fort. Le préfet a autorisé l’extension, avec en prime l’autorisation d’y enfermer des représentants d’une famille de lémuridés menacée d’extinction ! Une pétition pour s’opposer à ce camp de la mort pour primates a déjà récolté 50 000 signatures

  • L’éthologue qui a vécu avec un loup dans un appartement
    http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/24/nallez-plus-voir-les-loups-les-chiens-les-hommes-comme-avant-257253

    J’ai été directeur de recherche pendant plus de 40 ans au #CNRS, où mes spécialités ont été l’écologie, l’#éthologie et l’évolution. Je n’ai jamais rien publié sur l’homme. Mais ce thème m’a toujours passionné, quand on observe les loups ou les "animaux sauvages on apprend aussi sur l’homme.

    Et quand on se penche sur l’#évolution de l’homme, on ne peut que constater que l’opposition entre l’homme et l’animal est débile, notamment parce que notre évolution a convergé avec celle d’autres espèces.

    On nous dit que l’homme est une #espèce unique, à part, et que l’animal est d’un autre côté, représenté par deux millions d’autres espèces, dont le singe et le ver de terre. Ça n’a pas de sens, c’est l’#orgueil de l’homme qui a fait ce #classement.

    On nous dit que l’homme n’a pas d’instincts comme en ont les animaux. Certes, l’homme est une espèce très peu instinctive, mais on en a tout de même, par exemple le nouveau-né tète alors qu’on ne lui a pas appris.

    On arrive, j’espère, au bout du chemin qui avait mis l’homme à part, sur un piédestal. C’est en suivant ces idées qu’on a exploité la nature à mort et qu’on a écrabouillé les animaux.

  • L’homme est un rat pour l’homme
    http://www.lesmotsontunsens.com/sciences-homme-est-rat-homme-3185

    Le premier jour, trois rongeurs refusaient de se jeter à l’eau, ils ne mangèrent pas. Dès le lendemain, un étonnant schéma se mit en place. Trois rats « profiteurs » poussèrent les trois autres à l’eau pour les attaquer sur le retour. Un seul défendait son trésor, le « nageur autonome ». Les deux autres, « nageurs ravitailleurs », se soumettaient et plongeaient autant de fois que nécessaire pour rassasier les fainéants. Ils se nourrissaient seulement lorsque cette « tâche sociale » était accomplie.

    #éthologie #stress #peur #hiérarchie

  • Load story : la #logistique piétonne à Toulouse | Mondes Sociaux
    http://sms.hypotheses.org/3100

    La plupart d’entre nous considèrent que se déplacer les mains libres est un #comportement universel, qui nous permet de s’adonner instantanément à l’activité marchande. Or la #marche est loin d’être naturelle, puisque la façon de marcher évolue avec le temps. Sur la partie gauche de la figure 2, nous voyons clairement que trois hommes sur quatre se promènent les mains dans le dos. Loin d’être anecdotique, ce comportement peut être mesuré et daté : marcher avec une ou deux mains dans le dos était très courant au début du vingtième siècle, où 9 % des hommes se comportaient ainsi. Mais cette pratique a progressivement disparu dans les décennies suivantes. Cela dit et malgré les apparences, les mains ne sont pas pour autant entièrement disponibles pour d’autres usages comme la logistique de #consommation : au début du siècle, lorsqu’elles n’étaient pas placées dans le dos, les mains libres étaient souvent accaparées par la préhension d’accessoires (cf. la partie droite de la figure 2 où, sur six adultes, deux femmes et un homme portent des ombrelles, tandis qu’un autre homme marche avec une canne). En fait, 17 % des piétons portaient ce type d’accessoires avant la Première guerre mondiale mais ces habitudes ont disparu dans les décennies qui ont suivi. Pourquoi ?

    #déplacement #éthologie #sociologie #mobilités #ville #urbain