• La #police et les #indésirables

    Les #pratiques_policières de contrôles-éviction, visant à évincer certaines populations de l’#espace_public, participent aux processus de #gentrification. M. Boutros met en lumière le rôle central des forces de l’ordre dans les dynamiques de #transformation_urbaine.

    En décembre 2015, dix-huit adolescents et jeunes adultes du 12e arrondissement de Paris déposaient une plainte pénale collective à l’encontre de onze policiers d’une même brigade : le #Groupe_de_Soutien_de_Quartier (#GSQ), surnommé la « #brigade_des_Tigres » du fait de son écusson représentant un tigre fondant sur une proie. Les plaignants reprochaient aux policiers des #violences physiques, des #attouchements sexuels, des #arrestations_arbitraires, des destructions de biens et des #injures_racistes, à l’occasion de #contrôles_d’identité entre 2013 et 2015 [1]. Le 4 avril 2018, trois des policiers mis en cause ont été condamnés en première instance pour violences volontaires aggravées [2].

    La #plainte, parce qu’elle concernait un grand nombre de faits, reprochés aux mêmes policiers sur plusieurs années, a donné lieu à une enquête qui n’a pas seulement porté sur les faits dénoncés mais a également interrogé les pratiques quotidiennes de cette brigade, et les instructions qui lui étaient données. Au delà des preuves des faits de #violence, l’enquête de la police des polices a révélé une pratique policière jusqu’ici peu connue, que les policiers appellent le « #contrôle-éviction ». Il s’agit de #contrôles_d’identité dont l’objectif est de faire quitter les lieux à des personnes considérées comme « indésirables », même en l’absence d’infraction. Bien qu’il n’y ait aucune base légale à cette pratique, l’enquête a montré que la brigade des Tigres était missionnée par sa hiérarchie pour contrôler et « évincer » de l’espace public certaines populations, notamment des « #regroupements_de_jeunes », composés principalement d’adolescents #Noirs et #Maghrébins issus des #classes_populaires.

    Comment expliquer la perpétuation de telles pratiques policières en plein cœur de #Paris ? On le sait, en #France, le contrôle d’identité est un outil central du travail policier, et il cible de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme Noirs ou Arabes et issus de #quartiers_populaires [3]. D’après des enquêtes ethnographiques, les policiers rationalisent ces pratiques discriminatoires sur trois modes : ces #contrôles_au_faciès permettraient de trouver des infractions, de recueillir des informations, et d’affirmer le #pouvoir_policier envers des jeunes en instaurant un rapport de force physique [4]. Si les enquêtes existantes ont examiné les rationalités policières des contrôles discriminatoires, on en sait peu sur les dynamiques locales qui façonnent ces pratiques. L’affaire de la brigade des Tigres permet d’analyser comment ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police participe à l’instauration et au maintien d’un certain #ordre_social urbain.

    À partir d’une analyse de l’affaire de la brigade des Tigres (examen du dossier de l’enquête judiciaire, observation du procès, entretiens avec plaignants, habitants et avocats), cet article propose d’examiner la pratique du contrôle-éviction telle qu’elle s’inscrit dans une dynamique urbaine de gentrification, processus par lequel un quartier anciennement populaire se transforme progressivement avec l’arrivée de nouveaux habitants de classes moyennes ou supérieures [5].

    Des enquêtes étatsuniennes ont montré que, dans les quartiers en voie de gentrification, on observe une augmentation des contrôles policiers proactifs et agressifs ciblant les populations perçues par les nouveaux arrivants comme source de désordres et d’incivilités, notamment les SDF et les jeunes Noirs et Latinos [6]. Le procès des policiers du 12e arrondissement indique qu’une dynamique similaire existe à Paris. L’analyse montre que les plaignants étaient la cible de contrôles répétés et violents, souvent sans motif légal, parce qu’ils étaient considérés comme « indésirables » dans l’espace public, du fait de leur origine sociale et ethnique. Dans ce quartier où persistent des zones d’habitat social au sein d’un quartier largement gentrifié, des tensions grandissantes ont émergé sur la question de l’occupation de l’espace public. Certains habitants des classes moyennes et supérieures, majoritairement Blancs, ne toléraient pas la présence de jeunes hommes Noirs et Maghrébins des classes populaires dans l’espace public, surtout en groupes, car cette présence était perçue comme source d’incivilités et de désordres. Ces habitants réclamaient régulièrement des autorités des actions pour assurer la « tranquillité publique ». Pour répondre à ces demandes, le GSQ était envoyé pour procéder à des « contrôles-éviction » sur certains secteurs. Mais loin de cibler uniquement ceux les auteurs d’infractions, ces contrôles ciblaient les groupes d’adolescents issus de l’immigration et des classes populaires, quel que soit leur comportement.

    Ainsi, par les contrôles-éviction, la police accompagne le processus de gentrification et se met au service des acteurs qu’elle perçoit comme légitimes dans le quartier en leur garantissant un espace public libéré des « indésirables ».
    Contrôles violents, détentions illégales, injures racistes

    En décembre 2015, 17 garçons et une fille, âgés de 15 à 24 ans, tous issus de l’immigration et de familles populaires, déposaient collectivement plainte pour dénoncer 44 faits de violence commis entre 2013 et 2015 par les policiers du Groupe de Soutien de Quartier (GSQ) du 12e arrondissement de Paris. Les plaignants dénonçaient des agressions physiques lors des contrôles d’identité, tel que des coups de poing, coups de matraque, claques, clés de bras, et usage excessif de gaz lacrymogène. Plusieurs plaignants faisaient également état d’agressions sexuelles, notamment des attouchements des parties génitales lors des palpations de sécurité, accompagnés de coups et railleries si le contrôlé se débattait. Plusieurs plaignants dénonçaient également des injures racistes de la part de certains policiers (« sale noir », « espèces de singes », « je pisse sur le Ramadan »). Enfin, la plainte évoquait de nombreuses conduites au poste sans motif et hors du cadre légal, que les avocats qualifiaient d’« arrestations arbitraires et séquestrations ». L’enquête a en effet révélé que le GSQ emmenait régulièrement des adolescents au commissariat, sans se conformer aux procédures d’interpellation ou de vérifications d’identité. Dans leurs auditions, les plaignants racontent qu’on leur demandait le plus souvent de s’asseoir sur le « banc de vérif’ », et au bout de quelques heures, sans avoir vu d’Officier de Police Judiciaire ou fait l’objet de procédure de vérification d’identité, on appelait leurs parents pour venir les chercher.

    Suite à l’enquête de la police des polices, quatre policiers ont été renvoyés au tribunal correctionnel pour trois faits de violences physiques, pour lesquels il existait des preuves matérielles (certificats médicaux, photos, témoignages concordants). Les autres faits ont été classés sans suite pour insuffisance de preuves. Si les conduites au poste abusives n’ont pas été poursuivies pénalement, elles ont fait l’objet d’un avertissement ferme de la part du Procureur de la République. Dans un courrier au Directeur de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne, le Procureur s’alarmait d’un « grave dysfonctionnement sur le cadre des conduites au poste et des procédures de vérification d’identité au sein du commissariat du 12e arrondissement », et prévenait que l’absence systématisée de respect des procédures de vérification d’identité pouvait donner lieu à des poursuites pénales pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par dépositaire de l’autorité publique.

    Il ressort du dossier de l’enquête que les humiliations, les violences, et les conduites au poste hors cadre légal, avaient pour objectif de faire partir les personnes contrôlées de l’espace public. En effet, le GSQ était explicitement missionné par la hiérarchie du commissariat pour procéder à des « contrôle-éviction » sur certains secteurs ; et les éléments du dossier montrent que les contrôles se terminaient systématiquement soit par une injonction à quitter les lieux, soit par une conduite au poste. « La phrase qui revenait le plus souvent », raconte un plaignant, « c’était : ‘si on vous revoit ici, c’est commissariat direct !’ » (Entretien avec l’auteure, 24 mai 2018). Au procès, un des policiers confirmera : « On passe notre temps à expliquer aux jeunes qu’ils sont dans un lieu où ils n’ont pas à être ».

    Pour les avocats des plaignants, ces pratiques policières représentent un dévoiement des outils juridiques donnés aux policiers, et ont pour objectif non pas la lutte contre la délinquance mais le « nettoyage » des espaces publics. Comme l’explique Maître Felix de Belloy :

    Les policiers, pendant le procès, ont quasiment fait l’aveu qu’ils utilisent les catégories du code de procédure pénale pour faire un travail de nettoyage ou de gardiennage... Ils ont pris des bouts de code de procédure pénale, par exemple le contrôle, et ils ajoutent « contrôle-éviction ». On fait un contrôle pas pour contrôler leur identité mais pour qu’ils déguerpissent. Ou on les emmène au poste et on utilise la procédure de verif’ uniquement pour les mettre au frais quelques heures. C’est de la séquestration mais on appelle ça de la vérif’. Entretien avec l’auteure, 18 avril 2018

    Le dossier de l’enquête révèle que ces contrôles ciblaient toujours les mêmes personnes, que les policiers désignaient par le terme « indésirables ».
    Les jeunes Noirs et Maghrébins, des « indésirables » à évincer

    Dans le dossier de l’enquête figurent toutes les mains courantes d’intervention des brigades de l’unité d’appui de proximité, dans lesquelles les policiers résument leurs interventions. Sur environ 300 mains courantes d’intervention, aux côtés des interventions pour tapage ou vol, un tiers concernent des interventions pour des « indésirables ». Au procès, les avocats des plaignants ont interrogé les policiers mis en cause sur ce terme :

    Avocat : Dans la main courante que vous avez rédigée, vous avez écrit à « nature de l’affaire », en majuscules, « INDESIRABLES », et pour « type d’événement », « Perturbateurs - Indésirables ». Qu’est-ce que ça veut dire, « indésirables » ? (...) C’est qui les indésirables ?
    Policier : C’est un trouble à la tranquillité publique.
    Avocat : Donc les indésirables c’est les jeunes ?
    Policier : Ça peut être n’importe qui, ça peut être des jeunes, ça peut être des SDF. C’est des indésirables pour les gens qui habitent le quartier.

    En effet, les mains courantes pour « indésirables » indiquaient toutes que l’intervention ciblait soit des jeunes soit des SDF. Au procès, le chef de brigade a affirmé que le terme « indésirables » figure dans le logiciel de main courante, une information qui nous a été confirmée par plusieurs policiers dans d’autres commissariats [7].

    Le terme « indésirables » est apparu en France à la fin du XIXe siècle dans le cadre des débats sur l’immigration [8]. Il a désigné, au fil du temps, diverses populations considérées comme étrangères au corps national (les nomades, les juifs, et les Français Musulmans d’Algérie), et a justifié des politiques d’expulsion et d’internement. Dans les années 1930, le terme a été explicitement mobilisé dans les textes gouvernementaux et les lois sur l’immigration illégale, qui faisaient de « l’élimination des indésirables » une nécessité pour protéger le corps national. L’historien E. Blanchard note la disparition du terme des textes officiels et du langage bureaucratique après la deuxième guerre mondiale. Cependant, des enquêtes récentes montrent que le terme continue d’être employé de manière informelle par des agents publics pour désigner des populations perçues comme problématiques et dont il faut gérer la présence dans les espaces publics. Par exemple, pour les agents des transports publics, le terme indésirables peut désigner les SDF, les pickpockets, ou les vendeurs à la sauvette, et dans les politiques de logement, les indésirables sont les personnes étrangères ou d’origine immigrée dont il faut éviter la concentration dans les mêmes immeubles [9].

    Le procès des policiers du 12e arrondissement a révélé que le terme est également employé par l’administration policière pour désigner des catégories de personnes dont la présence dans les lieux publics est considérée comme problématique. Au procès, les policiers mis en cause ont affirmé que les « indésirables » sont des personnes commettant des incivilités ou causant un trouble à la tranquillité publique. Cependant, les éléments de l’enquête montrent qu’en réalité, ce ne sont pas uniquement les adolescents perpétrant des infractions qui sont ciblés, mais bien tous les jeunes hommes Noirs et Maghrébins issues de familles populaires présents dans l’espace public.

    Dans certaines mains courantes, les policiers justifient ces interventions par le fait que les jeunes « traînent toute la journée » et « causent diverses nuisances (tapage, incivilités en tout genre) ». Cependant, lors des interventions policières, aucune distinction n’est faite entre ceux commettant des infractions et ceux qui sont simplement là pour se retrouver entre amis. Dans une grande partie des résumés des mains courantes, il n’est fait mention d’aucune infraction qui aurait justifié le contrôle et il est noté que le contrôle s’est fait dans le calme et sans incident. Et pourtant, systématiquement, les jeunes « indésirables » sont contrôlés et évincés. Certaines mains courantes mentionnent simplement « Contrôle et éviction d’une dizaine d’indésirables. Pas d’incidents. RAS ». Ou encore : « Sur place nous avons constaté la présence de quatre individus discutant calmement. Nous leur avons demandé de quitter les lieux, ce qu’ils ont fait sans incident » [10].

    Ainsi, pour les policiers du GSQ, la simple présence d’adolescents Noirs et Maghrébins dans l’espace public est considérée comme « indésirable » et justifie un « contrôle-éviction », même si les adolescents sont calmes et ne commettent aucune infraction. Ce n’est donc pas l’infraction ou la suspicion d’une infraction qui justifie le contrôle, mais bien l’identité des personnes contrôlées, leur origine raciale et sociale. Cette stratégie policière assumée s’inscrit dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police est mandatée pour garantir à certains habitants un espace public libéré des « regroupements de jeunes ». Si les policiers contrôlent ces adolescents à répétition, les humilient, les frappent, les agressent sexuellement, et les conduisent au poste sans motif, c’est pour les chasser des espaces publics, pour leur signifier qu’ils n’y ont pas leur place.
    Le harcèlement policier et le processus de gentrification

    Au tribunal, les policiers et leur avocat ont expliqué que les contrôles répétés envers les mêmes adolescents répondaient à une demande des habitants du quartier, qui s’en plaignaient régulièrement. L’enquête a en effet montré que certains habitants appelaient la police et envoyaient des courriers de plainte à propos des nuisances causées par des regroupements de jeunes. Sur trois ans, vingt-six courriers ont été envoyés réclamant des autorités davantage de fermeté envers des « bandes » qui occupent certains espaces. La majorité des doléances dénoncent des nuisances sonores tard dans la soirée et réclament des verbalisations systématiques. Certains courriers mentionnent également des rodéos, des trafics, et des vols. En réponse à ces doléances, le commissariat envoyait des effectifs avec l’instruction d’effectuer plus de rondes, plus d’interpellations, et comme le montre le dossier de l’enquête, plus de contrôles-éviction.

    Les courriers de plainte, ainsi que les contrôles répétés, se concentraient sur un petit nombre de rues et places du quartier Reuilly-Montgallet, correspondant aux rues où des bâtiments HLM ont été conservés au sein d’un quartier qui a fait l’objet d’une forte gentrification depuis les années 1980 [11]. Avec l’arrivée d’habitants de classes moyennes ou supérieures dans ce quartier anciennement populaire, des tensions sont apparues entre les habitants, notamment sur la question de l’occupation de l’espace public. Dans mes entretiens avec des habitants du quartier, personne ne nie que les regroupements de jeunes sont parfois bruyants et que certains commettent des délits. Cependant, les tensions ne sont pas uniquement liées au bruit ou à la délinquance. En l’absence de lieux où ils peuvent se rassembler sans consommer, les jeunes des classes populaires se rassemblent en bas de chez eux, sur les places du quartier. Cette présence de « jeunes qui traînent » et qui occupent l’espace public n’est pas tolérée par certains habitants. Comme l’explique un militant du quartier, la transformation du quartier a amené une nouvelle catégorie de personnes « qui sont beaucoup plus dérangés par cette mixité sociale et qui finalement souhaitent faire en sorte que les anciens habitants quittent le quartier parce qu’ils ont l’impression que ça dévalorise, au niveau patrimonial, le quartier » (Entretien avec l’auteure, 31 janvier 2018.). Pour certains habitants, ces groupes de jeunes, majoritairement Noirs et Maghrébins, sont considérés comme potentiellement source d’incivilités et de bruit.

    Les éléments de l’enquête montrent que, pour régler les tensions entre les habitants, les politiques municipales et policières se sont centrées sur la répression et le harcèlement des adolescents en question. La mairie renvoyait systématiquement les courriers de plainte vers le commissariat, considérant que ce « problème » devait être réglé par la police (et non pas, par exemple, par la consultation des jeunes sur leurs besoins en termes d’espaces de socialisation). De plus, la mairie a fait enlever les bancs publics et installer des caméras de surveillance pour dissuader les jeunes de rester dans les rues où les tensions se concentrent.

    De son côté, le commissariat envoyait le GSQ « tenir le terrain » face aux jeunes. Le GSQ est une « police de la tranquillité publique », c’est-à-dire une brigade chargée de gérer les petits désordres urbains et de garantir la coexistence pacifique entre les gens [12]. À la différence des brigades anti-criminalité (les BAC), son objectif premier n’est pas la lutte contre la délinquance ; elle effectue des missions de sécurisation des secteurs sensibles. En particulier, le GSQ est une des brigades crées pour gérer les « jeunes qui traînent en bande » en bas des immeubles avec une approche purement répressive de harcèlement [13]. Bien que les doléances des habitants concernent des délits (tapage nocturne, rodéos), la police considérait que la simple présence de jeunes dans les rues, même en petits groupes calmes, était un problème à régler. Les bilans annuels du commissariat, inclus dans le dossier, mentionnent les « regroupements de jeunes » comme un « problème récurrent » ; les mains courantes d’intervention déplorent régulièrement la présence de jeunes qui « reviennent systématiquement sur ces secteurs malgré nos évictions répétées tout au long de la vacation » ; et les plaignants interrogés confirment que les contrôles se terminaient systématiquement par une injonction à dégager, même lorsque leur présence ne gênait personne et que le contrôle se passait bien. Ainsi, la police se basait sur les plaintes de certains habitants pour des problèmes de tapage et de délits pour justifier des pratiques de harcèlement policier envers les adolescents Noirs et Maghrébins du quartier, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre ceux commettant des infractions et ceux simplement présents dans l’espace public.

    Dès 2013, certains adolescents du 12e et leurs éducateurs ont tenté d’alerter la municipalité, le commissariat, et les services de protection de l’enfance, sur les violences, y compris sexuelles, commises par les policiers du GSQ. Plusieurs réunions ont eu lieu, avec le conseil municipal de la sécurité et de la prévention, l’adjoint au maire chargé de la jeunesse et des sports, et avec la cellule de prévention du commissariat du 12e. Aucune autorité n’a réagi pour protéger ces enfants.

    En somme, les éléments de l’enquête laissent apparaître que, si le terme « indésirables » provient de l’administration policière (puisqu’il figure dans le logiciel informatique des mains courantes), la catégorie des « indésirables » est produite localement par une dynamique qui implique la police, certains habitants, et la municipalité. Indépendamment de la commission d’une infraction, les « indésirables » sont les adolescents et jeunes adultes qui se retrouvent en bas des immeubles, majoritairement des Noirs et des Maghrébins issus des classes populaires, et que la police doit « évincer ». Les contrôles-éviction s’inscrivent donc dans la dynamique urbaine locale où la police se met au service du processus de gentrification, en légitimant la présence de certains, et l’éviction d’autres, des espaces publics.
    Conclusion

    Les violences policières racistes sont de plus en plus visibles en France, notamment grâce à de fortes mobilisations autour d’affaires telles que la mort par asphyxie d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité en 2016, ou le viol de Théo Luhaka lors d’un contrôle d’identité en 2017. Pour comprendre ces violences policières discriminatoires, des chercheurs se sont penchés sur l’héritage colonial de la police française, et sur les politiques policières contemporaines qui mettent l’accent sur l’anti-criminalité et le « chiffre » plutôt que sur la prévention [14]. Cet article met en lumière la contribution d’un facteur supplémentaire, le processus de gentrification. La transformation de quartiers anciennement populaires en quartiers bourgeois crée un terrain propice à des pratiques de #harcèlement_policier envers des jeunes issus des classes populaires et de l’immigration, qui sont catalogués « indésirables », et que la police tente d’ « évincer » des espaces publics, à force de contrôles, de coups, d’humiliations, et de conduites au poste abusives.

    http://www.laviedesidees.fr/La-police-et-les-indesirables.html

    #éviction #discrimination #urban_matter #géographie_urbaine #villes #xénophobie #racisme #éviction

    • VIDEO. « J’ai déjà vu des gamins de 8 ans se faire palper, contrôler, insulter » : un policier dénonce les abus de ses collègues

      Capuche sur la tête, plongé dans le noir, il parle sous couvert d’anonymat. Dans le documentaire réalisé par le journaliste Marc Ball Police, illégitime violence, diffusé sur France 3 Ile-de-France lundi 12 novembre, Frank*, un policier, dénonce les abus de certains de ses collègues dans les quartiers populaires. "La confiance est rompue entre les jeunes et la police. Les contrôles d’identité risquent à tout moment de déraper", explique le documentaire. C’est ce qu’a constaté Frank. D’après ce gardien de la paix, certains policiers "rabaissent" les personnes contrôlées. "J’ai déjà vu des gamins de 8 ans se faire palper, contrôler, mépriser, insulter. Des gamins d’origine africaine qui, à 8 ans, sont traités de ’#petits_négros', de ’#Maltesers”, de ’#Kit_Kat', de ’#Kirikou' quand ils courent dans la rue", raconte-t-il.

      https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/police/video-jai-deja-vu-des-gamins-de-8-ans-se-faire-palper-controler-insulte


  • Qualifier les aires urbaines en forte expansion dans les Suds | Cairn.info

    https://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2015-4-page-307.htm

    Les métropoles des pays du Sud marquées par une croissance économique forte, celles des émergents en particulier, sont gagnées par l’étalement urbain, indéniable, puissant (Seto et al., 2011). Il implique des mutations foncières d’une ampleur sans précédent (Denis, 2014), le plus souvent incontrôlées et parfois brutales – caractérisées par des expropriations trop faiblement compensées (Kennedy, 2014) et des « évictions par le marché » (Durand-Lasserve, 2006). Massivement, le foncier agricole, des forêts, des pacages communautaires ou des franges désertiques sont convertis en foncier urbain et industriel, que ce soit aux portes des métropoles, des villes secondaires, des petites villes ou des villages. Cette expansion est partagée sous toutes les latitudes tropicales et étroitement associée au rythme de croissance et à l’ouverture économique, tout en étant localement multiformes par les configurations que tant par les modalités et les causes.

    #urban_matter #extension_urbaine


  • Losing the Serengeti: The Maasai Land that was to Run Forever | The Oakland Institute
    https://www.oaklandinstitute.org/tanzania-safari-businesses-maasai-losing-serengeti

    Losing the Serengeti: The Maasai Land that was to Run Forever is based on field research, never publicly-seen-before documents, and an in-depth investigation into Tanzania’s land laws. This report is the first to reveal the complicity between Tanzanian government officials and foreign companies as they use conservation laws to dispossess the Maasai, driving them into smaller and smaller areas and creating a stifling map of confinement.

    The report specifically exposes the devastating impact of two foreign companies on the lives and livelihoods of the Maasai villagers in the Loliondo area of the Ngorongoro District—Tanzania Conservation Ltd (TCL), a safari business operated by the owners of Boston-based high-end safari outfitter Thomson Safaris; and the United Arab Emirates (UAE)-based Ortello Business Corporation (OBC), which runs hunting excursions for the country’s royal family and their guests.

    According to local villagers, TCL has made their lives impossible by denying them access to water and land and cooperating with local police who have beaten and arrested the Maasai. Meanwhile, for 25 years, the OBC had an exclusive hunting license, during which time there were several violent evictions of the Maasai, many homes were burnt, and thousands of rare animals were killed. Although Tanzania’s Ministry of Natural Resources cancelled OBC’s license last year, the OBC remains active in the area, while the local villagers live in fear.

    #Serengeti #Maasaï #Tanzanie #évictions_forcées #terres #plaisirs_du_prince #safari #chasse


  • Driven from home, Philippine indigenous people long for their land | PLACE
    http://www.thisisplace.org/i/?id=09b0b6cd-b48a-4024-bb44-d28d9f91ca66

    This time feels different; we have been forced to leave our homes, and we are being told we need to give up our lands for our own good. But we cannot live like this - we belong in our ancestral lands, and we want to go back," he said.

    The Lumad in Mindanao in southern Philippines are part of nearly 17 million indigenous people in the country. They are among the poorest of minority groups, with little access to social services including education and healthcare, experts say.

    They have been caught in the middle of a five-decade old insurgency, as well as a push by logging and mining companies to tap Mindanao’s rich resources including gold, copper and nickel, after President Rodrigo Duterte said he would welcome investors.

    Their vulnerability has been exacerbated by the extension of martial law imposed in Mindanao last May by Duterte, who has called the island a “flashpoint for trouble” and atrocities by Islamist and communist rebels.

    “Duterte is waging war against defenceless indigenous people in Mindanao,” said Duphing Ogan, secretary general of indigenous peoples’ alliance Kalumaran.

    #Philippines #terres #peuples_autochtones #discriminations #évictions_forcées


  • Numéro de la #revue EchoGéo dédié au #Brésil :

    Jean-Louis Chaléard
    Brésil : un écho géographique sur l’émergence [Texte intégral]

    Sur le Champ

    Un état des lieux du Brésil en 2017
    Hervé Théry
    Un état des lieux du Brésil en 2017 [Texte intégral]
    Cathy Chatel, François Moriconi-Ebrard et Maria Encarnação Beltrão Sposito
    La #croissance_urbaine au Brésil : concentration dans les métropoles ou rééquilibrage du #système_urbain ? [Texte intégral]
    Cláudio Zanotelli
    L’espace du politique ou la politique de l’espace : l’#éviction des quartiers populaires et les #Jeux_olympiques de Rio de Janeiro [Texte intégral]
    Cássio Arruda Boechat, Ana Carolina Gonçalves Leite et Carlos de Almeida Toledo
    Archéologie de la question agraire au Brésil : du labor grabbing au #land_grabbing [Texte intégral]
    Neli Aparecida de Mello-Théry
    Politiques environnementales brésiliennes : intentions et réalités [Texte intégral]
    Vincent Dubreuil, Karime Pechutti Fante, Olivier Planchon et João Lima Sant’anna Neto
    Les types de #climats annuels au Brésil : une application de la classification de Köppen de 1961 à 2015 [Texte intégral]
    François-Michel Le Tourneau
    Le Brésil et ses Indiens : une réconciliation impossible ? [Texte intégral]
    Céline Broggio et Martine Droulers
    Les effets des équipements hydroélectriques en Amazonie [Texte intégral]
    Un exemple de #résilience_territoriale
    François Laurent, Damien Arvor, Marion Daugeard, Reinis Osis, Isabelle Tritsch, Emilie Coudel, Marie-Gabrielle Piketty, Marc Piraux, Cecilia Viana, Vincent Dubreuil, Ali F. Hasan et François Messner
    Le tournant environnemental en Amazonie : ampleur et limites du découplage entre production et #déforestation [Texte intégral]
    Tatiana Schor et Gustavo S. Azenha
    Ribeirinho Food Regimes, Socioeconomic Inclusion and Unsustainable Development of the Amazonian Floodplain [Texte intégral]
    Simone Affonso da Silva
    Regional Inequalities in Brazil : Divergent Readings on Their Origin and Public Policy Design [Texte intégral]
    Renata Callaça Gadioli dos Santos, Luiz Fernando de Macedo Bessa et Magda de Lima Lúcio
    The Brazilian National Policy for Regional Development and the RIDE-DF Management opposite the Governance vs Brasília’s Metropolitan Area [Texte intégral]

    https://echogeo.revues.org/14998
    #villes #urban_matter #géographie_urbaine #JO #terres #accaparement_de_terres #peuples_autochtones #Amazonie #barrages_hydroélectriques #inégalités

    Pour toi, @odilon :
    Archéologie de la question agraire au Brésil : du labor grabbing au land grabbing
    https://echogeo.revues.org/15112


  • #Philippine palm oil plan ‘equals corruption and land-grabbing,’ critics say : Conservation news
    https://news.mongabay.com/2017/08/philippine-palm-oil-plan-equals-corruption-and-land-grabbing-critics-

    If the street Pedro Arnado was looking down was on the Philippine government’s roadmap for future palm oil development, critics say it would be one highly dangerous to navigate, lined with the hazards of unfair labor practices, land poverty, militarization and environmental degradation.

    Arnado is the Secretary General of Kilusang Magbubukid ng Pilipinas (Peasant Movement of the Philippines) in Southern Mindanao, or KMP, and a spokesperson for the Farmer’s Association in Davao City. On January 26, 2017, he stood on the edge of a crowded rally of peasants, trade union members and indigenous people at Rizal Park in Davao City, Mindanao, describing how the palm oil industry has affected the farmers and communities in other provinces of Mindanao where plantations have already been operating. He says that the business-oriented development of palm oil “equals corruption and land-grabbing.”

    #industrie_palmiste #terres #peuples_autochtones #militarisation #évictions_forcées va falloir que je m’attèle à ce gros !


  • La rage : une étude dénombre plus de 200 000 logements vides dans Paris via @paris

    https://paris-luttes.info/plus-de-200-000-logements-vides-a-8559

    Un chiffre à lire les poings serrés. Il n’y a pas de crise du logement à Paris, seulement des apparts gardés de côté par leurs riches propriétaires. C’est le bilan qu’on peut tirer de la dernière étude parue en juillet de l’Atelier parisien d’urbanisme, signalée par France info.

    L’association a dénombré 205 000 logements inoccupés ou occupés exceptionnellement dans un rapport de 50 pages qui donne plein d’infos sur la ville. La proportion de logements vacants atteint 25 % dans les arrondissements du centre, mais elle dépasse aussi les 15 % sur l’ensemble de la ville.

    Y s’énervent, y s’énervent mais je suis sûr certain que c’est dû au « blocage » des loyers dans le bled que les proprios y louent pas.

    Le doc source de l’#APUR, 50p., vue d’ensemble des arrondissements, plus détaillée surf les 1er, 2ème, 3éme, 4éme (plus que le besoin de logement, c’est avant l’inégalité des profits entre propriétaires - Airbnb and so on - qui ont permis l’existence d’une telle étude... )
    http://www.apur.org/sites/default/files/documents/recueil_thematique_1234_arr_paris_0.pdf

    #rente_foncière #Paris #logements_vides #propriété #gabegie #éviction


  • #Buenos_Aires veut transformer un célèbre #bidonville en quartier

    La #Villa_31 est le bidonville le plus célèbre d’Argentine. Situé en plein centre-ville, collé au très chic quartier de Recoleta, il devrait subir un profond lifting dans les prochains mois : la mairie de Buenos Aires veut le transformer en quartier.


    http://www.courrierinternational.com/depeche/buenos-aires-veut-transformer-un-celebre-bidonville-en-quarti
    #urban_matter #quartier #gentrification #expulsion #éviction #rénovation


  • MARSEILLE SOCIAL CLUB
    Expulsion des pauvres pour la saison touristique

    http://jefklak.org/?p=4112

    "Derrière l’action d’occupation menée ce vendredi 7 juillet, il y a de nombreuses associations regroupées sous la houlette d’un collectif : Délinquants Solidaires. Parmi elles : Médecins du monde, la Fondation Abbé Pierre, la Cimade, Emmaüs, etc. De grosses structures, qui pèsent dans ce petit monde. Constatant la situation d’urgence sociale à Marseille (entre 12 000 et 15 000 personnes à la rue, système d’hébergement et 115 complètement dépassés, hausse du nombre de migrants mineurs isolés, familles séparées dès lors qu’elles sont prises en charge, etc.), elles ont décidé de passer à l’offensive, ciblant des bâtiments inoccupés pour y loger des familles et mettre les pouvoirs publics devant le fait accompli. Le terme utilisé : « réquisition citoyenne ». Une façon de ne pas se réclamer du « squat », qui se rattache à un univers politique plus radical. Il faut dire que si la méthode d’ouverture est la même, la suite est différente : le but est de négocier un loyer avec la mairie pour entrer dans la légalité.

    « Face à l’urgence et à l’inertie de l’état, on a décidé d’expérimenter de nouvelles formes d’action, fondées sur l’idée de réquisitions négociées », résume Jean-Régis Rooijackers, de Médecins du Monde, très impliqué dans la démarche. « On a écrit un manifeste en ce sens qui a été signé par des fondations, associations et fédérations engagées. C’est une grande avancée : des gens pas forcément radicaux politiquement se positionnent sur de nouveaux types d’actions, se montrent prêts à avancer différemment. Avec cette conviction : c’est l’État qui est délinquant, pas nous. »"



  • Le tourisme, problème n°1 de Barcelone selon ses habitants

    Le tourisme est devenu pour les habitants de Barcelone le problème numéro un de leur ville, la plus visitée d’Espagne, selon un #sondage commandé par la mairie publié vendredi.

    Le tourisme dans la cité méditerranéenne de 1,6 million d’habitants est considéré comme un problème par 19% des 800 sondés, devançant le chômage et les conditions de travail (12,4%) qui constituaient depuis 2009 la première préoccupation.


    http://www.courrierinternational.com/depeche/le-tourisme-probleme-ndeg1-de-barcelone-selon-ses-habitants.a

    #tourisme #Barcelone #invasion


  • Security of tenure in the urban context

    Refugees and internally displaced persons (#IDPs) living in informal settlements or in rented housing are among those most at risk of eviction.[1] Traditional humanitarian shelter responses in urban areas have tended to favour ownership or collective centres, often lacking means and solutions for informal settlers and tenants. The recognition of a variety of forms of tenure continues to be a work-in-progress in the shelter sector, signifying a shift from a focus on freehold ownership as the main guarantee of security of tenure. One of the main challenges emerging when departing from past solutions is assessing what constitutes ‘secure enough’ for shelter purposes.

    http://www.fmreview.org/shelter/brighton-farmer-nordlie.html
    #urban_refugees #réfugiés_urbains #réfugiés #logement #hébergement #asile #migrations #déplacés_internes #sécurité #éviction #expulsion


  • Vertueuses, les multinationales ? - Le business de l’aide au développement
    http://www.arte.tv/fr/videos/059525-000-A/vertueuses-les-multinationales

    Une part croissante de l’aide publique au développement serait-elle détournée au profit de grandes multinationales du secteur #agroalimentaire ? Une enquête stupéfiante menée dans trois pays africains.

    Lutter contre la malnutrition au #Kenya en investissant des fonds publics pour l’aide au développement dans une société important à Nairobi des pizzas surgelées fabriquées en Allemagne ? Le projet peut paraître absurde, c’est pourtant l’un des nombreux exemples d’une dérive dans laquelle est impliquée aujourd’hui l’aide publique européenne au développement. Pour lutter contre l’insécurité alimentaire et la grande pauvreté, les pays donateurs misent sur les mécanismes du partenariat public-privé et, ce faisant, investissent une part croissante de leur aide au développement dans le soutien au secteur privé plutôt que dans les structures étatiques. C’est encore plus vrai depuis qu’en 2012 le G8 a lancé l’Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, associant 230 entreprises privées et dix pays africains pour le #développement de projets agroalimentaires d’envergure sur les territoires de ces derniers.

    #nasan #ppp #Afrique


  • Peasants’ houses in Mekar Jaya - the ‘‘hometown of agrarian reform’’ in Indonesia - razed down by a plantation firm
    https://viacampesina.org/en/index.php/main-issues-mainmenu-27/human-rights-mainmenu-40/peasants-right-resources/2267-peasants-houses-in-mekar-jaya-the-hometown-of-agrarian-reform-in-

    It is cruelly ironical.

    Less than 72 hours after President Joko Widodo’s orders to implement the agrarian reform through land redistribution as a step to address economic disparity and inequality, peasant families of Mekar Jaya Village in Langkat District of North Sumatera Province in Indonesia were in for a rude shock.

    Langkat Nusantara Kepong Ltd (LNK) a Malaysian firm with interests in palm oil plantations, did exactly the opposite by evicting these families from their own lands and razing their houses to the ground. 554 hectares of land have been forcefully grabbed from peasants by this Corporation, in a series of attempts made since the 18th of November 2016.

    In the latest of those actions, carried out on Monday the 27th of March, seventy houses have been razed down to the ground.

    The affected peasant families, who are members of the Indonesian Peasants’ Union (SPI), have so far been putting up a brave fight. But with nowhere to stay and their houses gone, the distress and despair is strikingly evident.

    #Indonésie #industrie_palmiste #évictions_forcées #terres #foncier


  • L’Ethiopie inaugure un barrage controversé - Magazine GoodPlanet Info
    https://www.goodplanet.info/actualite/2016/12/19/lethiopie-inaugure-barrage-controverse

    L’#Ethiopie a inauguré samedi le barrage le plus haut d’Afrique, un projet qui doit lui permettre de presque doubler sa capacité énergétique mais qui menace, selon ses détracteurs, le mode de vie des populations locales ainsi qu’un lac kényan classé au patrimoine mondial de l’Humanité.

    « Cette centrale hydroélectrique, au même titre que d’autres projets en cours, répond à notre besoin en électricité et va également fournir des marchés étrangers », s’est réjoui le Premier ministre Hailemariam Desalegn, lors d’un discours sur le site du barrage, à environ 350 kilomètres au sud-ouest de la capitale Addis Abeba.

    Haut de 24 mètres, « #Gibe_III » est le plus important d’une série de barrages hydroélectriques que l’Ethiopie construit le long de l’Omo, qui s’écoule du nord vers le sud.

    ...

    Les autorités démentent par ailleurs que le barrage servira uniquement à irriguer les énormes plantations de canne à sucre et de coton détenues à proximité du site par des capitaux étrangers.

    #énergie #électricité #irrigation #eau #développement #évictions_forcées #peuples_autochtones


  • Thomas Aguillera on slums in Madrid and Paris
    http://www.sciencespo.fr/en/news/news/alternative-ways-living-city-are-needed-bring-cities-life-1/2542
    http%3A%2F%2Fwww.sciencespo.fr%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2FSciences-Po-Urban-School_0.jpg

    So why are there still so many squats and slums? Are public authorities incapable of managing these spaces or populations?
    Un-governability is constructed by public authorities who want to justify their inaction in order to justify states of emergency. One of my main findings was that public authorities spend much more time seeking to avoid issues and blaming other levels of government than on solving problems. I call this agenda of collective and strategic denial “public inaction”. It explains, for example, why the French state has ignored slums since the 1990s, and why Madrid’s biggest slum (Cañada Real Galiana) has been tolerated and left in the shadows in order to facilitate the eviction of other slums in the city centre.
    [...]
    What are the outputs and the outcomes of these policies?
    I showed that policies are always selective: they create beneficiaries who are integrated into projects, and losers who are evicted to the margins of metropolises and public services. Policy instruments always impose major constraints on beneficiaries, but the beneficiaries are able to resist and deviate the instruments. That is why policies never produce the expected effects.

    My study yielded two additional findings. First, policies create as many forms of illegality and precariousness as they seek to resolve. Second, targeted groups are able to resist and to change policies under certain conditions, and most effectively when they combine disruptive modes of collective action (illegal squatting, protests, etc.) with conventional modes of action (alliance with bureaucrats and the media). Finally, I also drew a more general conclusion about the effects of social movements on public policies: the more social movements are fragmented, the greater their power to change policies.

    #bidonvilles #squatt #résistance #évictions


  • Ethiopians who fled over land rights now face eviction from Calais “Jungle” ...
    http://news.trust.org/item/20161024114219-am5fi/?source=gep

    Deep in the Calais “Jungle” migrant camp in northern France, hundreds of Oromo Ethiopians set up their own school.

    An Irish volunteer came to teach classes during the day, but at other times groups of Oromo men, and a few women, gathered to discuss the news from Ethiopia: this month’s announcement of a state of emergency, or the rising death toll in protests.

    On the sides of makeshift wooden shelters they painted the crossed arms protest symbol of the Oromo struggle, publicised by Ethiopian marathon runner Feyisa Lilesa at the summer Olympics.

    “Feyisa never give up,” was written on one wall, and “Stop killing Oromo students” was scrawled on another.

    People from Oromiya, a region at the heart of Ethiopia’s industrialisation efforts, accuse the state of seizing their land and offering tiny compensation, before selling it on to companies, often foreign investors, at inflated prices.

    “When we went to demonstrations they killed many people, they arrested many people, they put in jail many people. So we had to escape from the country,” said Solan, a 26-year-old from Addis Ababa.

    #terres #Éthiopie #migrations #migrants #asile #évictions_forcées #Calais


  • Kenya’s Ogiek people forced from homes amid ’colonial approach to conservation’ | Rachel Savage | Global development | The Guardian
    https://www.theguardian.com/global-development/2016/aug/18/kenyas-ogiek-people-are-seeing-their-land-rights-brutalised?CMP=share_b

    They came without warning, forcing people from their homes with no time to collect their possessions. A deaf old man was attacked when he didn’t hear the orders to leave. Then the houses were burned to the ground.

    More than 200 families, all from the indigenous #Ogiek minority, were evicted from their homes on the slopes of Mount Elgon in western Kenya by a force of about 50 police and Kenya Forest Service (KFS) rangers in June. “They were armed,” says Peter Kitelo, an Ogiek activist.

    While some people found refuge with friends and family, or have been able to build shelters, many still have only trees for cover. “We are really cold. There is no food, there [are] no blankets, there is no shelter,” says Cosmas Murunga, 68, who fled his home with 10 family members as it was set on fire.

    About 80,000 Ogiek live close to the border with Uganda and in the Mau forest, roughly 140 miles to the south-east, according to Kenya’s 2009 census (pdf). Both communities of hunter-gatherers have experienced multiple evictions since the British colonial authorities expelled them in the 1930s to make way for forest reserves and white settlers.

    c’est beau un paysage sans clôture

    #Kenya #chasseurs_cueilleurs #forêt #évictions_forcées #peuples_autochtones


  • Two killed in clashes over evictions near wildlife park in eastern India | PLACE
    http://place.trust.org/i/?id=29b8f4d6-887f-46da-b71e-fcec249da07c

    “We have been residing in this area for decades, and all of a sudden the government told us to vacate,” said Rafiq Ali, a community leader in Banderdubi village, one of the three villages that was ordered to be cleared.

    “The security forces fired at us,” he said.

    Assam police chief Mukesh Sahay said two protesters, including a woman, were killed. About 20 policemen and villagers were injured in the clash, he said.

    Scarcity of land has brought the competing needs of wildlife and humans into conflict across India, where land is increasingly sought for development and industrial projects.

    #Inde #meurtres #évictions_forcés #développement


  • The mine that displaced India’s indigenous people - Al Jazeera English
    http://www.aljazeera.com/blogs/asia/2016/07/displaced-india-indigenous-people-160707062855721.html

    It was hard to believe looking at the layers of black pits that sink deep into the earth that this land used to be rice fields where cows roamed before the trucks transporting coal arrived.

    Lath village also used to be home to 400 Adivasi families. Adivasis are India’s indigenous people, of which there are many different tribes. People in Lath are from the Kawar tribe. We could see signs of Adivasi culture. The older women wear the traditional Indian sarees without a blouse, using only the shawl of the saree to cover their chest. Their arms and faces are often covered in tattoos of tribal patterns, depicting trees, nature, animals - all things they consider sacred.

    Families face displacement in India’s coal mining belt

    #inde #extraction_minière #évictions #peuples_autochtones #charbon


  • The sugar industry has been catastrophic for Cambodia’s poor...
    http://news.trust.org/item/20160622152147-nz9qj

    In 2008, the Cambodian government granted Mitr Phol subsidiaries a 200-square-kilometer parcel of land to develop massive cane plantations in the country’s northwest. Yet more than 2,000 families already lived there, eking out a living farming rice and gathering food and medicine from the forest. They made it clear they didn’t want to leave.

    No matter: police and private security forces descended on the area in stages, slashing the forests, forcibly evicting residents, bulldozing houses, torching rice fields, and beating and arresting villagers. Landless and unable to make a living, the evicted families have descended deeper into poverty.

    Following an investigation conducted last year, the Thai National Human Rights Commission found Mitr Phol directly responsible for the forced evictions and associated human rights violations. The land grabs led to the “collapse of the community,” commissioner Niran Phitakwatchara said at a press conference. Rarely, if ever, has a national human rights commission issued such a strong condemnation of a private company. In its final report, the Commission called upon Mitr Phol to “correct and remedy the impacts.”

    Sugar is big business in Cambodia. Under the Everything But Arms initiative, product grown in the country can be shipped duty-free to the EU, where it ends up in soft drinks, sweets and other goods. Tate & Lyle and Coca-Cola are just some of the brands that have benefited from cheap sugar sourced from Cambodia.

    Yet the growth of the industry has been catastrophic for the country’s poor. More than 15,000 people have been forcibly evicted to make way for plantations. These evictees have no hope of pursuing justice in the Cambodian courts, which are corrupt and beholden to the elite, or by appealing to government leaders, many of whom enrich themselves through such land deals.

    #cambodge #sucre #canne_à_sucre #terres #évictions_forcées #plantations


  • Jungle Book: Tribes threatened with eviction as Disney movie opens - Survival International
    http://www.survivalinternational.org/news/11199

    As the new Jungle Book movie is released, tribes across India are being illegally evicted from their lands because they’ve been turned into tiger reserves – while fee-paying tourists are welcomed in.

    One of these places is the iconic Kanha Tiger Reserve, the inspiration for Rudyard Kipling’s original novel, from where hundreds of Baiga and Gond tribespeople were illegally evicted in 2014. And forced evictions are once again being threatened in the nearby Achanakmar reserve, despite fierce opposition, and in Amrabad, among others.

    Kanha markets itself as the “inspiration” for The Jungle Book, and encourages large-scale tourism on the grounds that “nowhere can you see [tigers] as often.” But few visitors or viewers of the Disney film will be aware of the violence and intimidation inflicted on tribal peoples in the home of The Jungle Book in the name of tiger conservation.

    The Forest Department claims that tribes accept “voluntary relocation”, but in reality they are coerced into “accepting” eviction with bribes and the threat of violence. Some are moved to government resettlement camps, but others are simply pushed out and forced to live in abject poverty on the edges of their territory.

    Following the Kanha forced evictions in 2014, one Baiga man said: “We were one of the last families to resist. But the people from the reserve forced us to leave. They told us they’d take care of us for three years, but they didn’t do a thing. Even when my brother was killed, no one came to help us.”

    Another Baiga tribesperson said: “We are lost – wandering in search of land. Here there is only sadness. We need the jungle.”

    Sympa #Disney #évictions_forcées #Inde #peuples_autochtones


  • Calais ’Jungle’ eviction gets go-ahead - BBC News
    http://www.bbc.co.uk/news/world-europe-35663225?SThisFB

    The French government’s plan to clear part of the #Calais migrant camp known as the “#Jungle” has been approved by a court in Lille.
    A deadline for around 1,000 migrants to leave the southern part of the camp expired on Tuesday.
    The court ruled that the eviction plan for the camp was legal.
    The local authority said public areas such as places of worship or schools would not be cleared and said it would be a “humanitarian operation”.
    Activists had asked the court to halt the #evictions. Those living in the camp, mainly from the Middle East, Afghanistan and Africa, hope to cross the Channel to reach Britain.


  • How a project with good aims delivered bitter outcomes in Sierra Leone
    https://theconversation.com/how-a-project-with-good-aims-delivered-bitter-outcomes-in-sierra-le

    This project leased 40,000 hectares of land and relocated the farms of thousands of people to grow sugar cane and export ethanol to Europe. The project is primarily owned and managed by a private corporation, but is funded by a consortium of development banks and bilateral development organisations in Europe. The funding exceeds €250 million.

    My findings indicate that the project has had a number of negative effects on local communities. These include restructuring of local power dynamics, the marginalisation of women and increased economic inequality.

    #canne_à_sucre #agrocarburant #terres #évictions_forcées #Sierra_Leone


  • Au #Mozambique, de grands groupes agricoles ne font qu’une bouchée des petits fermiers
    http://farmlandgrab.org/post/view/25577-au-mozambique-de-grands-groupes-agricoles-ne-font-quune-bouchee-

    Pour le rachat de sa maison et de ses champs de deux hectares, Régina Macomba, une paysanne quinquagénaire de Mutuali (nord), a touché 6.500 meticals, soit l’équivalent de 130 euros ou deux mois de salaire minimum.

    Elle n’a pas eu le choix face à Agromoz, une co-entreprise du groupe Amorim, qui appartient à l’homme le plus riche du Portugal, et d’Intelec, l’une des sociétés de l’ancien président mozambicain Armando Guebuza (2005-2015).

    En 2012, cette société a obtenu du gouvernement une concession de 10.000 hectares pour cultiver du #soja dans cet endroit reculé proche de la frontière avec le Malawi. Le soja est destiné à nourrir des poulets au Mozambique, selon Agromoz.

    Comme la centaine d’autres familles délogées en novembre 2013 pour laisser place à cette installation, Régina Macomba reste traumatisée par son éviction brutale.

    « Trois jours après nous avoir indemnisés, les bulldozers étaient là pour détruire nos maisons et nous avons dû emmener nos biens et notre nourriture à l’aube en portant tout sur nos têtes », se rappelle-t-elle.

    #terres #évictions_forcées