• Evakuiert die griechischen Inseln - jetzt !

    Es ist nur eine Frage der Zeit, bis das Coronavirus die Flüchtlingslager in der Ägäis erreicht. Die Politikberater Gerald Knaus und John Dalhuisen erklären, wie sich die Katastrophe jetzt noch verhindern lässt.

    Krisen lösen Krisen aus. Nicht alle sind vorhersehbar. Einige sind es. Dazu zählt die Krise auf den griechischen Inseln, wo derzeit mehr als 40.000 Flüchtlinge und Migranten in überfüllten Aufnahmeeinrichtungen dicht gedrängt ausharren. Es fehlt an Wasser, Ärzten, Versorgung.

    Es ist nur eine Frage der Zeit, bis das Coronavirus auch diese Inseln erreicht. Es wird unter diesen Bedingungen unmöglich einzudämmen sein und auf den Inseln Panik und Tod verbreiten. Bereits vor Wochen gab es gewalttätige Ausschreitungen auf den Inseln.
    Die griechische Regierung muss den ersten Schritt machen

    Das alles ist vorhersehbar. Unvermeidlich ist es nicht. Die griechische Regierung muss den ersten Schritt machen und das Ziel ausgeben, die Inseln zu evakuieren, um eine Katastrophe abwenden. Doch andere Europäer, auch Deutschland, sollten dabei helfen.

    Drei Dinge müssen geschehen.

    Erstens muss die Zahl der Asylsuchenden auf den Inseln sofort reduziert werden. Offiziell können Aufnahmeeinrichtungen dort 9.000 Migranten beherbergen. Tatsächlich sind es noch weniger, die im Moment dort untergebracht werden können.

    Da das griechische Asylsystem bereits aufgehört hat zu funktionieren, da eine Rückführung in die Türkei aufgrund von Grenzschließungen auf absehbare Zeit unmöglich ist, gibt es nur zwei Orte, wohin diese Menschen gebracht werden könnten: das griechische Festland und andere europäische Länder.

    Vor Kurzem veröffentlichte die Europäische Stabilitätsinitiative einen konkreten Plan dazu. 35.000 Migranten müssten jetzt von den Inseln auf das Festland gebracht werden. Die Internationale Organisation für Migration (IOM) baut dort derzeit drei Lager für einige Tausend Migranten. Fünf weitere provisorische Lager könnten weitere 10.000 Migranten beherbergen. Laut IOM wären diese innerhalb von weniger als zwei Wochen fertigstellbar.

    Weiter 10.000 Menschen könnten in leeren Hotels auf dem Festland untergebracht werden. Auch das ist angesichts des Zusammenbruchs des Tourismus eine praktikable Übergangslösung. Europäische Gelder dafür gibt es. Bereits jetzt sind etwa 7.000 Menschen in Griechenland in Hotels untergebracht.

    Zweitens sollten einige EU-Staaten sofort anbieten, 10.000 bereits anerkannte Flüchtlinge vom griechischen Festland aufzunehmen. 4.000 anerkannte Flüchtlinge leben derzeit in Lagern auf dem Festland, weitere 6.000 in UNHCR-Mietwohnungen. Diese Plätze könnten so innerhalb weniger Tage frei werden und Platz schaffen für Familien von den Inseln.

    https://www.spiegel.de/politik/ausland/kampf-gegen-corona-evakuiert-die-griechischen-inseln-jetzt-kommentar-a-2cc46

    #îles #Grèce #asile #migrations #réfugiés #évacuation #coronavirus

    –-> commentaire de Vicky Skoumi via la mailing-list Migreurop : Dans un article du Spiegel, même celui qui a conçu la déclaration commune UE-Turquie du mars 2016, #Gerald_Knaus, appelle à l’évacuation immédiate des îles grecques.

    ping @luciebacon

    • Traduction (deepl avec correction de coquilles de Vicky Skoumbi) :

      Ce n’est qu’une question de temps avant que le coronavirus n’atteigne les camps de réfugiés en mer Égée. Les conseillers politiques Gerald Knaus et John Dalhuisen expliquent comment prévenir la catastrophe dès maintenant.

      26.03.2020, Les crises déclenchent des crises Tous ne sont pas prévisibles. Certains le sont. Il s’agit notamment de la crise dans les îles grecques, où plus de 40 000 réfugiés et migrants sont actuellement entassés dans des infrastructures d’accueil surpeuplées. Il y a un manque d’eau, de médecins et de fournitures.

      Ce n’est qu’une question de temps avant que le coronavirus n’atteigne également ces îles. Il sera impossible de l contenir l’épidémie dans ces conditions et elle répandra la panique et la mort sur les îles. Il y a quelques semaines déjà, de violentes émeutes ont éclaté sur les îles.

      Le gouvernement grec doit faire le premier pas

      Tout est prévisible. Ce n’est pas inévitable. Le gouvernement grec doit faire le premier pas et se donner pour objectif d’évacuer les îles pour éviter la catastrophe. Mais d’autres pays européens, dont l’Allemagne, devraient apporter leur aide.

      Trois choses doivent se produire.

      Premièrement, le nombre de demandeurs d’asile sur les îles doit être réduit immédiatement. Officiellement, les structures d’accueil peuvent y accueillir 9 000 migrants. En réalité, c’est encore moins de personnes qui peuvent y être hébergées pour le moment.

      Le système d’asile grec ayant déjà cessé de fonctionner, le rapatriement vers la Turquie étant impossible dans un avenir prévisible en raison de la fermeture des frontières, il n’y a que deux endroits où ces personnes pourraient être emmenées : la Grèce continentale et d’autres pays européens.

      Récemment, l’Initiative européenne pour la stabilité a publié un plan concret à cet effet. 35 000 migrants devraient maintenant être amenés des îles vers le continent. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) y construit actuellement trois camps pour plusieurs milliers de migrants. Cinq autres camps temporaires pourraient accueillir 10 000 migrants supplémentaires. Selon l’OIM, ces travaux pourraient être achevés en moins de deux semaines.

      10 000 autres personnes pourraient être hébergées dans des #hôtels vides sur le continent. Il s’agit également d’une solution provisoire viable compte tenu de l’effondrement du tourisme. Des fonds européens sont disponibles pour cela. En Grèce, quelque 7 000 personnes sont déjà hébergées dans des hôtels.

      Deuxièmement, certains pays de l’UE devraient immédiatement proposer d’accueillir 10 000 réfugiés déjà reconnus comme tels, en provenance de Grèce continentale. 4 000 réfugiés reconnus vivent actuellement dans des camps sur le continent et 6 000 autres dans des logements loués par le HCR. Ces places pourraient ainsi se libérer en quelques jours et faire place aux familles des îles.

      Il s’agit de personnes dont le besoin de protection a déjà été reconnu. Leur identité est connue. L’OIM pourrait aider l’Allemagne à aller de l’avant. Si trois États allemands se montraient disposés à accueillir chacun 1 000 réfugiés reconnus dans les installations existantes, il serait possible d’en faire venir 5 000 en Allemagne.

      Sur le plan logistique, c’est possible : ces derniers jours, le gouvernement allemand a rapatrié 140 000 Allemands du monde entier. Et si d’autres pays étaient prêts à participer, la Grèce serait encouragée. Les virus ne sont pas les seuls à être contagieux, la solidarité peut aussi l’être.

      A propos des auteurs

      John Dalhuisen a été directeur européen d’Amnesty International. Aujourd’hui, il est Senior Fellow au sein du groupe de réflexion sur l’Initiative européenne de stabilité.

      #Gerald_Knaus, né en 1970 à Bramberg, en Autriche, est le président de l’Initiative européenne pour la stabilité. Il est considéré comme l’instigateur de l’accord sur les réfugiés entre l’UE et la Turquie.

      Troisièmement, un nouvel accord avec la Turquie est nécessaire de toute urgence. L’UE n’a pas réussi à fournir à la Turquie une aide financière supplémentaire en temps voulu, en plus des 6 milliards d’euros prévus pour les réfugiés syriens jusqu’à la fin de 2019. Elle devrait le faire maintenant et offrir à la Turquie une nouvelle enveloppe de six milliards d’euros pour les prochaines années.

      L’UE et la Grèce ne peuvent réduire l’immigration clandestine à travers la mer Égée qu’en coopération avec la Turquie. Le soutien européen aux millions de réfugiés dans le pays est également dans l’intérêt de l’UE. Il s’agit de l’éducation, de l’accès aux soins de santé et de l’aide sociale. Et le soutien aux régions où ils sont logés.

      « Non seulement les virus sont contagieux, mais la solidarité peut l’être »

      L’UE pourrait également ouvrir ces programmes à d’autres personnes vulnérables, dont les Turcs, dans ces communautés. L’intégration réussie des réfugiés syriens, dont 99,5 % sont restés en Turquie l’année dernière, est également dans l’intérêt de l’Europe.

      En même temps, il ne doit plus jamais y avoir de scènes dans les îles comme ces derniers mois, ni de conditions comme celles qui prévalent à Lesbos depuis des années.

      Après la fin de la crise de Corona, les États membres devraient enfin aider la Grèce à mettre en place des procédures d’asile rapides et équitables sur les îles, ce qui permettra de faire en sorte que celles-ci arrivent à leur terme en quelques semaines.

      La Grèce devrait rapidement reconduire ceux qui viennent de Turquie après la conclusion d’une nouvelle déclaration et qui n’ont pas besoin de protection dans l’UE. À cette fin, le droit fondamental de demander l’asile doit être rétabli.

      En même temps, dès que la crise actuelle sera terminée, l’UE devrait remplir l’obligation qui lui incombe en vertu de la déclaration UE-Turquie de 2016 d’accepter chaque année un plus grand nombre de réfugiés en provenance de Turquie dans le cadre d’une procédure régulière.

      Ces mesures visent à éviter une catastrophe imminente en matière de santé et d’ordre publics. Il s’agit également d’une question d’humanité, ainsi que de protection des citoyens européens, de solidarité concrète avec la Grèce et de préservation de la Convention sur les réfugiés en période de pression énorme.

      Trop d’Européens ont échoué dans les deux décennies précédant 1951 à protéger ceux qui avaient besoin de protection - ceux qui ont fui le Troisième Reich ou plus tard l’Union soviétique. C’est pourquoi ils ont adopté une convention après la guerre. Il ne faut pas que celle-ci se noie dans les eaux de la mer Égée en 2020.

      Les crises déclenchent des crises. Mais ils font aussi naître des Justes et des histoires qui sont transmises.

      En 1943, les Danois et les Suédois ont mis 7 000 Juifs danois en sécurité dans des bateaux qui traversaient la mer Baltique. Ils ont agi juste à temps face à une catastrophe imminente. Cette fois, l’ennemi n’est pas une armée d’occupation, mais un virus invisible. Mais la façon dont les Européens, les Grecs et les Allemands réagissent aujourd’hui face au danger de la mer Égée en dira long aux générations futures : Non seulement qui nous voulons être. Mais qui nous sommes vraiment.

  • Berlin ready to airlift Greek island refugees

    German activists have collected funds to start airlifting refugees and asylum seekers from the Greek islands to Berlin.

    “If the governments say yes, we can start immediately. It is a matter of organisation with a flight broker, which means it could take two days,” Axel Steier of the German NGO #Mission_Lifeline, told EUobserver on Tuesday (31 March).

    Steier, who co-founded the NGO, says they collected €55,000 in donations following plans by city of Berlin state politicians to relocate 1,500 people or possibly more stuck on the Greek islands to the German capital.

    He says German church affiliated charity organisations like #Diakonie and #Stadtmission_Berlin have agreed to help when it comes to housing the new arrivals.

    The money collected covers two flights but the NGO is seeking more donations to continue future airlifts.

    “We try to finance more now so we can make an airlift between #Lesbos and Berlin and if there is more money and more willing local governments we can bring more,” said Steier.

    Some 42,000 refugees, asylum seekers and migrants are spread out across five Greek Aegean islands. Of those, around 20,000 are crammed into Moria, a camp on the island of Lesbos, and whose facilities are designed to accommodate 3,000.

    Faced with deplorable conditions described as among the worst in the world when it comes to refugee camps, fears are mounting of a looming Covid-19 outbreak amid reports by Human Rights Watch that Greece is also arbitrarily detaining nearly 2,000 people on the mainland.

    The urgency of the efforts to decongest the islands has since led to a new proposal by the Berlin state government to bring in the most vulnerable.

    In an interview with German media outlet Der Tagesspiegel, Berlin’s justice minister Dirk Behrendt said the idea had received cross party support at the state level and that the city is ready to take in people.

    “The red-red-green state government is completely on the same page,” he said, in reference to party coalition colours spanning the Social Democratic Party, Left Party, and the Greens.

    “If something doesn’t happen very quickly at the federal level - and for me this is more a question of hours than days - then Berlin is also prepared to take its own steps together with civil society organisations and fly people out of Lesbos,” he said.

    He noted while Germany was able to repatriate 170,000 holiday-makers around the world in a matter of days due to the pandemic, the federal government is still dithering about on earlier pledges to relocate unaccompanied minors from Greece.

    “There is apparently a reluctance in Germany because there are fears of playing into the hands of the AfD [Alternative for German, a far-right political party] with a large-scale evacuation operation,” he told Tagesspiegel.

    The EU had earlier this year cobbled together a plan to evacuate 1,600 unaccompanied minors in the aftermath of Turkey’s failed efforts to force political concessions after opening its borders for migrants to cross into Greece.

    Croatia, France, Germany, Ireland, Italy, Luxembourg and Portugal were among the first to agree to take in the minors but the proposal stalled following the outbreak of Covid-19. Some states, such as the Netherlands, have flat out refused.

    “We are not willing to take over children,” said Dutch migration minister Ankie Broekers-Knol earlier this month.

    https://euobserver.com/coronavirus/147944
    #Allemagne #asile #migrations #réfugiés #pont_aérien #Grèce #îles #évacuation #relocalisation #société_civile #Berlin #solidarité #accueil #hébergement #coronavirus #vulnérabilité

    ping @thomas_lacroix @isskein

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    @karine4 en lien avec la question des #villes-refuges, quelques citations :

    Berlin’s justice minister Dirk Behrendt said the idea had received cross party support at the state level and that the city is ready to take in people.

    “If something doesn’t happen very quickly at the federal level - and for me this is more a question of hours than days - then Berlin is also prepared to take its own steps together with civil society organisations and fly people out of Lesbos,” he said.

    Ajouté à la métaliste sur les villes-refuge

  • #Transferts de migrants des #îles à la #Grèce continentale...

    20 mars

    Samedi dernier, 500 personnes qui sont arrivées après le 1 mars et ont été détenues sur Lesbos, refusé leur droit de demander asile, ont été transportées au centre de détention fermée à #Malakasa, en attente d’être déportés. Aujourd’hui, le #transfert des personnes restantes en détention des autres îles a commencé.

    Les gens de #Samos et #Chios sont déjà sur le « #Aqua_Blue », direction #Lesbos, #SuperJet a déjà ramassé des gens sur #Kastelorizo et #Rhodes en direction #Symi. Combien de temps ils resteront dans ces centres fermés est inconnu.

    Aujourd’hui et demain le transfert de 1513 personnes aura lieu, 794 personnes seront emmenées sur le site de #Klidi à #Sintiki_Sères, et 719 seront emmenées à Malakasa, au nord d’#Athènes. Au total, plus de 2000 personnes, beaucoup d’entre eux, seront enfermés derrière des fils barbelés jusqu’à ce qu’ils soient déportés, pour une durée indéterminée.

    Les arrivées en détention de Lesbos (192 personnes), Chios (283 personnes), Samos (129 personnes) et Kea (190 personnes), seront emmenées au #centre_de_déportation de #Sères.

    Arrivées en détention de #Leros (252 personnes), #Kos (237 personnes), #Kastelorizo (106 personnes), #Symi (21 personnes), #Kalymnos (60 personnes) et #Rhodes (43 personnes) , sera emmené au centre d’expulsion de Malakasa.

    Aqua Blue et Superjet ont été chartés par le Ministère de l’Immigration et de l’asile pour transporter des réfugiés des îles de la mer Égée vers la Grèce continentale. Les 2 navires SEAJETS exploiteront 4 itinéraires, qui sont les suivants :

    1. Samos - Chios - Lesbos - Kavala (Aqua Bleu)
    2. Castelorizo - Rhodes - Symi - Kos - Rafina (SuperJet)
    3. Leros - Kalymnos - Kos - Rafina (SuperJet)
    4. Kea - Kavala.

    –-> Pour plus de statistiques et d’informations détaillées, rendez-vous sur aegeanboatreport.com (https://aegeanboatreport.com) / Statistiques ABR.

    Reçu via mail, le 21.03.2020 via la mailing-list Migreurop

    #centres_fermées #détention #migrations #asile #réfugiés #statistiques #chiffres #Grèce_continentale #déplacements_de_masse

  • Bruxelles crée un #programme pour le retour volontaire de 5000 migrants

    Ylva Johansson, la commissaire aux affaires intérieures, a annoncé l’instauration d’un dispositif permettant le retour volontaire de 5000 migrants de Grèce vers leur pays d’origine. Avec 2000 euros par personne en guise de #mesure_incitative. Un article d’Euroefe.

    Lors d’une déclaration conjointe avec le ministre grec des Migrations, Notis Mitarakis, Ylva Johansson a précisé que la Commission européenne financerait ce programme afin d’aider à décongestionner les #îles surpeuplées de la mer Égée.

    Le dispositif, destiné aux personnes arrivées avant le premier janvier, ne donnera qu’un mois aux candidats pour se porter volontaires. Il sera géré en coopération avec l’Organisation internationale pour les migrations (#OIM) et #Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

    Notis Mitarakis a souligné que cette initiative venait s’ajouter aux 10000 transferts que le gouvernement grec s’était engagé à effectuer vers la Grèce continentale durant le premier trimestre 2020.

    https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/bruxelles-cree-un-programme-pour-le-retour-volontaire-de-5000-migrants
    #UE #EU #retour_volontaire #migrations #asile #réfugiés #Europe #IOM #Grèce #hotspots

  • Une coalition contre les violences aux frontières

    Nous déposerons plainte contre la Grèce et l’UE pour les violations des droits des personnes migrantes et réfugiées fuyant la Turquie

    Ces derniers jours, les #violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s qui cherchent à accéder au territoire européen via la Grèce ont pris une tournure dramatique. Si les #violences contre les exilé·e·s atteignent aujourd’hui un niveau inouï, les conditions de cette #escalade ont été posées par les dirigeants européens depuis plusieurs années. En 2015, l’Union européenne (UE) a introduit son « #approche_hotspot », obligeant l’Italie et la Grèce à trier les migrant·e·s et réfugié·e·s arrivant sur leurs côtes. En mars 2016, l’UE a signé un arrangement avec la Turquie qui, pour un temps, a permis de contenir de nouvelles arrivées. Sans surprise, ces dispositifs ont transformé les îles grecques en prisons à ciel ouvert et exacerbé la catastrophe humanitaire aux frontières grecques. La coopération avec la Turquie – largement dénoncée par la société civile –, s’effondre aujourd’hui, alors que les autorités turques, cherchant à faire pression sur l’UE, poussent les personnes migrantes et réfugiées en sa direction.

    Pour empêcher l’arrivée d’un plus grand nombre d’exilé·e·s – principalement Syrien⋅ne·s – fuyant la guerre et maintenant les menaces turques, les agents grecs ont déployé un niveau de #violence inédit, rejoints par une partie de la population. En mer, les garde-côtes coupent la route aux bateaux des migrant·e·s et réfugié·e·s, tirant en l’air et blessant certain·e·s passager·e·s. [1] Un enfant s’est noyé durant la traversée [2] Sur terre, les refoulements à la rivière #Evros ont continué. Une vidéo - qualifiée de « fake news » par les autorités grecques [3] mais vérifiée par #Forensic_Architecture - montre un réfugié syrien tué par balle alors qu’il tentait de traverser la rivière. [4] Par ailleurs, les militant⋅e·s, agissant en solidarité avec les personnes migrantes et réfugiées sont criminalisé⋅e·s et attaqué⋅e·s par des groupes d’extrême droite. [5] Des violations graves sont en cours et les principes de base du droit d’asile sont foulés au pied.

    Cette violence vise à envoyer un message simple aux migrant·e·s et réfugié·e·s potentiel·le·s, celui que le ministère des Affaires Étrangères a exprimé via Twitter : « Personne ne peut traverser les frontières grecques ». [6] Cette politique grecque de fermeture des frontières [7] est soutenue par l’UE. Charles Michel, président du Conseil européen, a ainsi encensé les efforts des Grecs pour « protéger les frontières de l’Europe » [8]. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié la Grèce de « bouclier européen » - suggérant ainsi que les personnes migrantes et réfugiées constituent une menace physique pour l’Europe. [9] Enfin, l’agence européenne Frontex va déployer une intervention rapide dans la zone. [10] La Grèce et l’UE sont ainsi prêtes à recourir à tous les moyens pour tenter de dissuader les migrant·e·s et réfugié·e·s et empêcher la répétition des arrivées en grand nombre de 2015 – et la crise politique qu’elles ont générée à travers l’Europe.

    Nous condamnons fermement l’instrumentalisation des migrant·e·s et réfugié·e·s par la Turquie et par l’UE. Aucun objectif politique ne peut justifier de telles exactions. Il est révoltant que des personnes fuyant la violence se trouvent exposées à de nouvelles violences commises par les États européens dont le cynisme et l’hypocrisie culminent. Nos organisations s’engagent à joindre leurs efforts pour forcer les États à rendre compte de leurs crimes. Nous documenterons ainsi les violations des droits des migrant·e·s et réfugié·e·s et déposerons plainte contre ceux qui en sont responsables. Nous soutenons également celles et ceux qui sont de plus en plus criminalisé·e·s pour leur solidarité.

    Nos efforts visent à utiliser tous les outils d’#investigation et du #droit pour faire cesser la #violence_d’État, en finir avec la multiplication et la #banalisation des pratiques de #refoulement en Grèce, et ailleurs aux frontières de l’Europe. Les migrant·e·s et réfugié·e·s ne sont pas une menace face à laquelle l’Europe doit ériger un bouclier, mais sont eux même menacés par la violence des États tout au long de leurs trajectoires précaires. Nous utiliserons les outils du droit pour tenter de les protéger contre cette #brutalité.


    https://www.gisti.org/spip.php?article6320
    #plainte #justice #frontières #migrations #asile #réfugiés #Grèce #Turquie #mourir_aux_frontières #morts #décès #îles #mer_Egée #push-back #push-backs #refoulements

  • Grèce : hausse du nombre de demandeurs d’asile en provenance de Turquie

    La Grèce connaît, depuis l’été dernier, un regain du nombre de demandeurs d’asile en provenance de la Turquie voisine. En particulier sur cinq îles de la mer Égée qui servent de centres d’accueil et d’enregistrement de ces demandeurs d’asile. L’an dernier, plus de 55 000 personnes ont ainsi débarqué sur ces îles comme à #Lesbos ou à #Samos.

    C’est sur l’île de Lesbos que se concentre la majorité des demandeurs d’asile présents sur les îles de la #mer_Égée. Ils sont actuellement plus de 20 000 à être regroupés dans et autour de #Moria, le plus grand camp d’Europe où les structures ne sont prévues que pour 3 000 personnes.

    À Samos, les demandeurs d’asile sont, eux, amassés sur les hauteurs qui dominent #Vathy, la capitale, qui est une petite ville portuaire avec une population d’environ 9 000 habitants. À l’heure actuelle, les demandeurs d’asile sont presque aussi nombreux, c’est-à-dire près de 7 000, alors que le camp de départ ne compte qu’un peu plus de 600 places. Les capacités de réception initiales sont donc dépassées plus de onze fois.

    Résultat : si vous quittez le front de mer où se trouvent des cafés, des restaurants et des petits commerces pour remonter vers la vieille ville de Vathy, vous apercevez, au bout d’environ dix minutes de marche, des centaines de tentes de fortune agglutinées sur le sol incliné de la colline qui domine la cité. Ironie de la topographie, c’est juste au-dessus du cimetière de la ville que se déploie cette sorte de bidonville géant. Un bidonville que l’on aperçoit de loin sur la route qui mène à Vathy, en raison de nombreuses bâches bleues qui tranchent sur la verdure des oliviers et des pins, au milieu desquels elles sont plantées de manière anarchique.

    Comment se passe la cohabitation entre ces deux mondes ?

    Lorsque l’on se promène dans les rues et les ruelles de Vathy, on croise autant de Grecs que de ressortissants de pays en proie à des violences, comme l’Afghanistan, la Syrie ou encore la République démocratique du Congo. Au sein de l’espace public, demandeurs d’asile et population locale sont donc contraints à la cohabitation.

    Face à une situation qui s’enlise et s’inscrit dans la durée, en raison notamment de la lenteur des procédures en cours, cette cohabitation s’avère de plus en plus difficile, comme l’a illustré une grève accompagnée de manifestations sur les îles, dont celle de Samos, il y a tout juste un mois.

    Les autorités grecques ont récemment annoncé la fermeture de ce camp de Samos et l’ouverture, d’ici peu, d’un autre centre.
    L’ouverture du nouveau centre est prévue au plus tôt pour le mois de mars. Et il ne devrait pouvoir accueillir que 1 200 personnes alors que le camp actuel en compte 7 000. Si des mesures d’urgence ne sont pas mises en place par les autorités, il paraît difficile de concevoir que le camp actuel, où les demandeurs d’asile continuent à s’entasser dans des conditions misérables, ne ferme rapidement. Et que, donc, la situation ne s’améliore durablement sur l’île de Samos.

    http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200220-gr%C3%A8-regain-demandeurs-dasile-provenance-turquie
    #statistiques #chiffres #arrivées #Grèce #îles #île #asile #migrations #réfugiés #2019 #Turquie #mer_Egée

  • Madagascar : la France augmente son aide mais ne cède rien sur les #Îles_Éparses
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/02/21/madagascar-la-france-augmente-son-aide-mais-ne-cede-rien-sur-les-iles-eparse


    L’île de Grande Glorieuse, en avril 2014.
    SOPHIE LAUTIER / AFP

    Lors de sa visite officielle, Jean-Yves Le Drian a annoncé une enveloppe de 240 millions d’euros sur quatre ans, sous forme de dons et de prêts.

    Après trois mois de silence, la visite de Jean-Yves Le Drian à Madagascar, jeudi 20 février, avait laissé espérer une avancée ou, à défaut, des clarifications sur l’épineux dossier des îles Eparses, dont le président Andry Rajoelina a officiellement demandé la restitution à la France. Il n’en a rien été.

    Interpellé lors d’un bref échange avec la presse, le chef de la diplomatie française s’est contenté de répondre : « C’est un sujet qui mérite une discussion approfondie. Comme vous le savez, les deux présidents se sont parlé au mois de mai, ils ont décidé de mettre en place une commission mixte pour à la fois échanger des arguments juridiques et des propositions de développement sur les zones concernées. […] Il va y avoir maintenant une deuxième réunion et le travail va se poursuivre en amitié et en confiance. »

    Depuis la première réunion de cette commission mixte, le 18 novembre à Antananarivo, la balle est dans le camp de Paris pour organiser le deuxième round des négociations. Le temps presse. Les deux chefs d’Etat se sont fixé comme échéance le 26 juin 2020, date du 60e anniversaire de l’indépendance de l’ancienne colonie française, pour parvenir à une « solution commune ». Paris invoque le récent remaniement ministériel à Madagascar et le changement d’interlocuteur, avec la nomination d’un nouveau ministre des affaires étrangères, pour expliquer cette longue pause et promet que la date d’une prochaine rencontre sera rapidement connue.

    « Ici c’est la France »
    Face à ce discours rassurant, personne ne voit pourtant quelle pourrait être l’issue des discussions tant que les deux parties continuent de poser en préalable la reconnaissance de leur souveraineté sur les quatre îlots situés dans le canal du Mozambique (le cinquième, Tromelin, dans l’océan Indien, étant quant à lui revendiqué par l’île Maurice). Par une série de déclarations jugées brutales et provocatrices par les Malgaches, Emmanuel Macron a coupé court à tout compromis. « Ici c’est la France », avait-il notamment proféré, le 23 octobre, en foulant le sable des îles Glorieuses, promises à devenir une réserve naturelle nationale d’ici au mois de juin.
    […]
    A ceux qui suspectaient la France de vouloir conserver ces territoires inhabités pour les hydrocarbures présents dans le sous-sol océanique, le ministère de l’écologie a opportunément annoncé, jeudi, que le gouvernement mettait « définitivement un terme aux forages en mer de France » et avait « refusé de prolonger le permis exclusif de recherches en mer de “Juan de Nova maritime profond” ». Ce que la société Marex, détentrice du permis, savait déjà depuis plusieurs semaines.

    Côté malgache, Andry Rajoelina a également fait monter la pression en faisant de la restitution des Eparses un enjeu de justice et de fierté nationale, alors que la grande majorité de la population, jeune et rurale, n’a jamais entendu parler de ce différend territorial qui ne mobilise qu’une partie des élites de la capitale. Mi-décembre, en présence de représentants venus de toutes les régions, une concertation nationale a été organisée pendant trois jours à Antananarivo afin de sensibiliser l’opinion publique. « Nous ne sommes pas de ceux qui reculent. Si nous n’obtenons pas la restitution de ces îles maintenant, nous les perdrons à jamais », avait alors déclaré le chef de l’Etat.

    Pour faire valoir ses droits, Madagascar s’appuie sur la résolution adoptée en 1979 par les Nations unies, reconnaissant sa souveraineté sur l’archipel.

  • Interior expulsa a otros 36 malienses a Mauritania desde Canarias

    Un nuevo vuelo de #Frontex partió desde Tenerife Norte el pasado 17 de febrero con 51 personas a bordo, de las cuales ninguna era mauritana.

    El Ministerio del Interior continúa expulsando a migrantes desde Canarias hacia un país que no es el suyo. El pasado lunes 17 de febrero febrero, un nuevo vuelo de la Agencia Europea de Fronteras (Frontex), el tercero en lo que va de año, partió desde el aeropuerto de Tenerife Norte hacia Mauritania con 51 personas a bordo. Tal y como ha reconocido el Mecanismo Nacional de Prevención de la Tortura, ninguna de ellas tenía nacionalidad mauritana. En concreto, la mayoría de ellas procedía de Malí (36), 13 eran senegalesas, una de Gabón y otra de Costa de Marfil.

    Durante el operativo de deportación los técnicos examinaron las condiciones del embarque, la documentación relativa a las devoluciones y, además, se realizaron tres entrevistas durante el vuelo. No ha sido hasta este miércoles 19 cuando se han notificado en el Defensor del Pueblo los detalles de la deportación, a pesar de que Televisión Española ya había adelantado este martes que un vuelo de Frontex con medio centenar de migrantes había salido desde Tenerife.

    A pesar de las denuncias sociales que han recibido estas expulsiones ejecutadas por el Gobierno de España, ya son 139 los migrantes deportados por el Ejecutivo, aprovechando el acuerdo bilateral que firmó en 2003 con Mauritania. De esta cifra, 106 son malienses, de los cuales al menos 14 expresaron su voluntad de solicitar protección internacional por la situación de conflicto que atraviesa su país de origen, donde, según Acnur, a diario se detectan secuestros, ataques a escuelas y hospitales, asesinatos, vulnerabilidad infantil y agresiones sexuales. Aún así, este grupo fue internado en el CIE de Hoya Fría y enviado a Mauritania el 20 de enero.

    Interior justifica estas devoluciones asegurando que el acuerdo con Mauritania se aplica también a quienes, a pesar de no tener nacionalidad mauritana, hayan pisado el país durante su itinerario. Sin embargo, de acuerdo con los autos de internamiento a los que tuvo acceso Canarias Ahora, estas 14 personas coincidieron en que habían partido desde Senegal hacia el Archipiélago de forma directa.

    Distintas ONG como la Comisión Española de Ayuda al Refugiado (CEAR) o el Servicio Jesuíta a Migrantes así como la Unión Progresista de Fiscales han denunciado estas expulsiones exprés. Además, CEAR ha asegurado que, una vez en manos de las autoridades mauritanas, los malienses son trasladados hasta la frontera con Malí, quedando de nuevo expuestos ante la guerra.

    https://www.eldiario.es/canariasahora/365diasmigraciones/Interior-expulsa-malienses-Mauritania-Canarias_6_997460253.html

    #expulsions_sud-sud #asile #migrations #réfugiés #expulsions #renvois #déportation #réfugiés_maliens #Mauritanie #Espagne #Canaries #îles_canaries

    ping @karine

  • Expropriations in the works for creation of closed migrant centers

    The long-awaited creation of closed centers for asylum seekers on five northeastern Aegean islands was announced on Monday by government spokesman Stelios Petsas, who stressed that a legislative act will be issued to allow for the acquisition of properties, land and sites by expropriation.

    Petsas said the legislative act will “authorize” the Migration and Asylum Ministry to proceed “with the expropriation...of the necessary property and land for crisis management in order to address the urgent need to avoid endangering public health and order.”

    The closed centers will be created on Lesvos, Chios, Samos, Kos and Leros.

    Given the objections and concerns of local communities, Petsas said that the site selection was made following an “exhaustive dialogue” with the competent regional and local authorities and after an appeal was made by the regional governor of the north Aegean islands, Costas Moutzouris, for a state of emergency to be declared on the islands.

    However, Petsas’ announcement sparked a backlash on the islands, given that the capacity of some of these structures will be 20,000 people. Emergency meetings were held by municipal councils on Lesvos, Samos and Chios, while a scheduled meeting with government officials in Athens on Thursday has been cast in doubt.

    According to Petsas, the structures will shelter new arrivals in order to facilitate the identification and asylum processes. He added that they will also be used to detain migrants who exhibit abusive behavior and those who are not entitled to asylum and are slated for return to their country of origin.

    In addition, the operation of these new structures foresees internal regulations, such as allowing residents to leave the centers for a limited period of time. Residents will be given special cards for this purpose. The structures will be closed at night. The government has declared that “the violation of any internal rules will adversely affect asylum claims and speed up the process of the offender’s return [to their country of origin].”

    The closed centers are part of a broader four-pronged government plan to resolve the migration problem. This also entails tightening border security, speeding up asylum procedures and increasing returns.

    The government hopes that the creation of the closed structures will eventually dampen the of local communities’ opposition, once conditions on the islands improve. Petsas stressed Monday that the aim is to support local communities.

    http://www.ekathimerini.com/249392/article/ekathimerini/news/expropriations-in-the-works-for-creation-of-closed-migrant-centers
    #centres_fermés #Grèce #îles #migrations #réfugiés #Samos #Lesbos #Chios #asile #Kos #Leros

    ping @karine4

    • En Grèce, des réfugiés enfermés de force dans un camp « coupé du monde »

      L’épidémie de coronavirus peut-elle étouffer des injustices flagrantes et des atteintes aux droits de l’homme, au sein même de l’Europe ? C’est la question qu’on peut se poser alors que depuis le 21 mars, 189 réfugiés et migrants ont été transportés, depuis l’île grecque de #Lesbos, dans un camp récemment improvisé au nord de la Grèce. Dans un endroit totalement isolé, dénommé « #Klidi » (qui signifie aussi « la clef », en grec) où quelques dizaines de tentes ont été installées, entourées d’impressionnants grillages et fils barbelés sous la garde d’une présence policière massive.

      Parmi ces migrants, contraints à un #confinement_forcé, on trouve de nombreuses femmes, au moins un bébé de trois mois, et aussi six mineurs non accompagnés. Tous dorment sur des nattes posées sur le sol de tentes prévues pour cinq. Mais qui accueillent dix personnes chacune, sans que rien n’ait été organisé pour séparer les hommes des femmes. Et encore moins pour les prémunir, dans cette #promiscuité imposée, contre l’éventuelle apparition du coronavirus. D’après les images qui sont parvenues à Libération, des toilettes chimiques et des cabines de douches extérieures ont également été plantées au milieu du décor désolé de ce camp installé sur le lit d’une rivière desséchée. En cas de pluie, il sera rapidement inondé. Il y fait froid la nuit, il y fera bientôt trop chaud la journée sous les tentes en plastique qui ne disposent d’aucun coin d’ombre. « On est loin ! C’est la brousse, ici…Nous sommes totalement coupés du monde ! Depuis hier, il n’y a même plus d’électricité », s’alarme Joshua (1) dans un message reçu mardi soir.

      Procédures pour le droit d’asile gelées

      « De quel crime se sont rendus coupables, ces gens pour être confinés dans cette situation inhumaine ? », s’est ému cette semaine le quotidien Efimerida Ton Syntakton (« Le journal des rédacteurs »), l’un des rares médias grecs à avoir dénoncé cet #enfermement qui ne respecte ni la convention de Genève, ni la Convention européenne des droits de l’homme. Qui s’en soucie ? Bruxelles se tait. Et le gouvernement grec du Premier ministre, Kyriákos Mitsotákis, a de toute façon gelé toutes les procédures de droit d’asile depuis le 1er mars, réagissant alors à la décision du président turc, Recep Tayyip Erdogan, d’ouvrir les frontières aux réfugiés et migrants qui se trouvaient en Turquie. La menace d’un afflux massif depuis la Turquie a permis à la Grèce de faire jouer une clause d’urgence, bloquant provisoirement le droit d’asile, tout en négligeant de consulter ses partenaires européens, comme le veut pourtant la règle.

      Et dans l’immédiat, la mise entre parenthèses du droit d’asile permet désormais de considérer de facto comme des migrants illégaux promis à la déportation, tous ceux qui ont accosté depuis mars sur les îles grecques. Avant même de quitter Lesbos, les 189 réfugiés transportés à Klidi avaient d’ailleurs été sommés de signer un document en grec. Sans savoir qu’ils acceptaient ainsi leur future déportation. Le coronavirus (et les mauvaises relations actuelles entre la Grèce et la Turquie) retarde dans l’immédiat ces rapatriements forcés. Mais le confinement dans un camp quasi militaire au nord de la Grèce risque de générer de nouvelles souffrances pour ces réfugiés jugés indésirables.

      Ils avaient pourtant déjà connu bien des épreuves au cours de leur long périple vers l’Europe. Certains avaient même été la cible d’un push back, un refoulement forcé, alors que leur fragile embarcation se dirigeait vers les côtes grecques. Il y a une dizaine de jours, installés sous le vent et la pluie, sur la plage de Skala Sikamia dans le nord de Lesbos, des réfugiés racontaient ainsi avec moult détails comment leur zodiac, avec 43 personnes à bord, avait été violemment attaqué le 5 mars par deux frégates des garde-côtes grecs qui ont pris le risque de les faire tous basculer dans la mer. Sans prêter aucune attention à la douzaine d’enfants présents. Au regard du droit international, les push back sont évidemment totalement illégaux. Mais malgré, de nombreux témoignages, celui du 5 mars n’a suscité aucune réaction officielle de la part des partenaires européens de la Grèce.

      Après avoir passé près de deux semaines sur une plage de l’île, les naufragés qui avaient miraculeusement survécu à cette attaque policière en pleine mer, se retrouvent donc enfermés à Klidi pour une durée indéterminée. Sans recours possible à un avocat ou même, dans l’immédiat, à un médecin.

      Stratégie cruelle

      Une stratégie cruelle semble refléter la nouvelle politique migratoire du gouvernement grec. Déjà le 14 mars, un bateau militaire avait conduit dans un autre camp fermé proche d’Athènes, 436 migrants et réfugiés arrivés eux aussi en mars à Lesbos. « Il fait très froid la nuit, et les journées se passent à attendre sans rien faire ni savoir ce qu’on va devenir », avait expliqué la semaine dernière par SMS Mohamed (1) enfermé dans ce camp de Malakassa, proche d’Athènes qui accueillerait déjà plus de 2 000 de personnes. « On a pris nos noms et on nous a attribué chacun un numéro. Pour le reste, on ne nous dit rien », souligne de son côté une femme enfermée à Klidi.

      Sur ce nouveau site où les bétonneuses étaient encore en action quand les 189 réfugiés sont arrivés, même les policiers présents se sont émus des conditions de vie imposée aux nouveaux reclus. Dans la lettre qu’ils ont adressée à leur hiérarchie cette semaine, selon le site local Anexartitos.gr, ils signalent que le premier jour ils ont dû distribuer des sandwichs pris sur leurs propres rations à des femmes et des enfants dont « certains au bord de l’évanouissement », qui n’avaient pas été nourris pendant toute la durée de leur transport jusqu’à ce camp. Lequel est qualifié dans cette lettre d’« endroit totalement inapproprié », pour des réfugiés qui ne tarderont pas à ressentir un sentiment d’« asphyxie », préviennent encore les policiers, en raison à la fois de l’#isolement du lieu et de la promiscuité imposée à ceux qui y résident.

      Dans un article récent, intitulé « La clef perdue de l’humanité » (jouant sur le nom du lieu : « klidi »), Efimerida Ton Syntakton s’interroge : « Combien de jours et combien de nuits, un être humain peut-il supporter de vivre dans un tel lieu d’enfermement ? » Tout en s’adressant aux lecteurs : « Pensez-y, sachant combien nous-mêmes, nous avons du mal à supporter la quarantaine dans nos propres maisons. » Mais dans l’immédiat, « la clef » de l’indifférence s’est refermée sur ces destins rendus encore plus invisibles par le confinement de la planète au temps du coronavirus.

      (1) Les prénoms ont été changés.

      https://www.liberation.fr/planete/2020/03/25/en-grece-des-refugies-enfermes-de-force-dans-un-camp-coupe-du-monde_17830

      #coronavirus

      ping @thomas_lacroix

  • Un total de 655 personas han muerto o desaparecido en rutas migratorias de acceso a España en 2019, según una ONG

    El Colectivo Caminando Fronteras ha contabilizado 655 personas muertas y desaparecidas en su monitoreo anual del derecho a la vida en las rutas migratorias de acceso a España —Estrecho, #Mar_de_Alborán, Islas Canarias y ruta argelina—. Sin embargo, Caminando Fronteras ha alertado de que las cifras reales de muertes y desapariciones de personas migrantes que intentaron acceder a España en 2019 son «bastante superiores» a las recogidas por organismos oficiales.

    https://www.europapress.es/epsocial/migracion/noticia-total-655-personas-muerto-desaparecido-rutas-migratorias-acceso-
    #mourir_aux_frontières #Espagne #frontières #asile #migrations #réfugiés #Méditerranée #Mer_Méditerranée #Canaries #îles_Canaries #Etroit_de_Gibraltar #décès #morts

  • Tourists in #Gran_Canaria are left stunned as 24 migrants including three children and a pregnant woman in a rickety boat land on popular beach on the holiday isle

    Tourists in Gran Canaria were left stunned today when 24 migrants including three children and a pregnant woman landed in a rickety boat on a popular beach.

    Sunbathers in the Canary Islands joined forces with emergency workers to give water, food and clothes to migrants who arrived unexpectedly on the rocky shores of Aguila beach, in San Bartolome de Tirajana.

    Exhausted, cold and some seemingly in a state of shock after weathering the Atlantic, the two dozen migrants were given thermal blankets and towels by rescue workers as they were finally able to rest on the beach.

    Red Cross officials said the migrants, who were from northern and sub-Saharan Africa, told them of six days spent navigating at times rough waters. ’It was a really tough journey,’ Jose Antonio Rodriguez of the Red Cross said.

    The group included 12 men, eight women and three children - six of whom were treated at a local hospital. None were reported to be in serious condition.

    Sunseekers, who ranged from tourists visiting the island to locals, sprang into action after the boat arrived, he said.

    ’They were the first ones to help out, giving them food, water and milk for the babies after they saw how hungry they were,’ he said. ’They also gave clothing as the migrants were soaking wet.’

    In the extraordinary incident, one woman cradled a weary migrant in her lap as another swimsuit-clad woman gave her water. Another used his beach towel to keep her feet warm.

    Photographs show the migrants wrapped in gold emergency blankets and laying on the rocky beach as rescue service members work to provide them with bottles of water and sandwiches.

    British holidaymakers Gavin and Bernadette Rodgers witnessed the landing while on a dolphin watching trip during their pre-Christmas break to the island, which is located off the northwest coast of Africa.

    The pair had paid 30 euros for the trip, which set off from Puerto Rica on Gran Canaria with a small group of German and British tourists. An hour and a half into the two hour trip, the tour hadn’t seen a single dolphin.

    ’We were all scanning the sea, almost giving up hope. Suddenly a crew member came up on deck and said we had drifted very close to the coast of Africa,’ Mrs Rodgers said. ’They had been alerted by the coast guard that we needed to be vigilant in case we encountered a boat from there.

    ’Strangely my first thought was we might be about to be kidnapped by armed pirates. But the crewman said no, it was a boatful of immigrants heading for Europe who may have been drifting for days. I was relieved and gratified. We can rescue help these people and bring them to safety.’

    Some 27,594 migrants had arrived in Spain this year by mid-November, according to data from the Interior Ministry, a decrease of more than 50 per cent from the same period last year.

    The popular tourist destination of the Canary Islands, however, has seen an increase of 22 per cent in arrivals, with 1,493 migrants arriving so far this year by mid-November.

    https://www.dailymail.co.uk/news/article-7739717/Tourists-Gran-Canaria-left-stunned-24-migrants-rickety-boat-land-popula
    #tourisme #migrations #photographie #route_atlantique

    J’ajoute du coup à cette métaliste sur le lien entre migrations et tourisme:
    https://seenthis.net/messages/770799

    ping @reka @isskein

    • Bañistas de una playa de Gran Canaria auxilian a 24 inmigrantes que desembarcaron en patera

      Las llegadas de inmigrantes a las Islas Canarias han aumentado un 22% en 2019 y ya rozan las 1.500.

      Las imágenes de inmigrantes en pateras son habituales en la costa española, aunque a veces la tragedia deja un hueco para la esperanza. Este viernes desembarcaron 24 personas en la playa del Águila, en el sur de Gran Canaria, y los bañistas que disfrutaban del sol de la isla se lanzaron a socorrerlas. Entre los viajeros, que llegaron todos con vida, había seis menores de edad y dos mujeres embarazadas. Las llegadas a las costas canarias han aumentado más de un 20% en 2019.

      El otoño no existe en las playas de Maspalomas. Mientras los bañistas disfrutaban de unos agradables 27 grados, una embarcación con inmigrantes magrebíes y subsaharianos alcanzó la pedregosa costa. Los integrantes de la patera, un grupo de tres bebés, tres niños, 10 varones y ocho mujeres, desembarcaron por sus propios medios en la orilla. Los bañistas, que observaban la escena estupefactos, ayudaron de inmediato, incluso antes de que los servicios de emergencia llegasen para entregar agua, alimentos y ropa de abrigo a los inmigrantes. Algunos de los usuarios de la playa se pusieron de acuerdo para ir a un supermercado cercano y comprar leche y biberones para los más pequeños, y embutidos, pan y yogures para los demás.

      Aunque no se produjeron víctimas, 13 inmigrantes fueron derivados a distintos centros sanitarios porque presentaban síntomas de deshidratación, mareos o cuadros de vómitos, según informó Efe. Los viajeros pasaron cinco días en el mar y algunos de ellos trataron de huir al alcanzar la playa, con escaso éxito. Uno de los bebés tuvo que ser evacuado al Hospital Materno-infantil de Las Palmas de Gran Canaria.

      Más de 27.000 inmigrantes han llegado a España en lo que va de 2019, menos de la mitad que el año pasado, según el Ministerio del Interior. Sin embargo, Canarias ha experimentado un aumento del 22%. A principios de noviembre, nueve inmigrantes murieron tras volcar una patera en Lanzarote. El archipiélago, que durante el otoño y el invierno supone una opción muy atractiva para muchos turistas españoles y extranjeros que escapan del frío continental, se ha convertido en una ruta al alza entre quienes se echan al mar con la ilusión de alcanzar suelo europeo. No todos lo consiguen.

      https://elpais.com/politica/2019/11/29/actualidad/1575040711_248908.html
      #Canaries #îles_canaries

  • Asile, #relocalisation et #retour des migrants : il est temps de renforcer la lutte contre les disparités entre les objectifs et les résultats

    Dans le cadre de l’audit objet du présent rapport, nous avons cherché à déterminer si le soutien en faveur de la Grèce et de l’Italie financé par l’UE a permis à cette dernière d’atteindre ses objectifs et si les procédures d’asile et de retour étaient efficaces et rapides. Nous avons également vérifié si les valeurs cibles et les objectifs des programmes temporaires de #relocalisation d’urgence avaient été atteints. Nous concluons qu’il existe des disparités entre les objectifs du soutien de l’UE et les résultats obtenus. Les valeurs cibles des programmes de #relocalisation_d'urgence n’ont pas été atteintes. Bien que les capacités des autorités grecques et italiennes aient augmenté, la mise en oeuvre des procédures d’asile continue à pâtir de longs délais de traitement et à présenter des goulets d’étranglement. Comme pour le reste de l’UE, les retours de migrants effectués depuis la Grèce et l’Italie sont peu nombreux pour les raisons que nous exposons dans le présent rapport.

    https://www.eca.europa.eu/fr/Pages/DocItem.aspx?did=51988
    #audit #cour_des_comptes #asile #migrations #réfugiés #EU #UE #Grèce #Italie #aide_financière #procédure_d'asile #expulsions #renvois ##cour_des_comptes_européenne #argent #budget

    Dans le rapport il y a plein de graphiques intéressants...

    Grèce :

    Italie :

    ping @isskein

    • La Cour des comptes de l’UE critique les disparités en matière de gestion des migrations en Grèce et en Italie

      Le 13 novembre 2019, la Cour des comptes de l’Union européenne (UE) publiait son rapport d’audit « Asile, relocalisation et retour des migrants : il est temps de renforcer la lutte contre les disparités entre les objectifs et les résultats ». Ce #rapport examine le soutien financier et opérationnel de l’UE en faveur de la Grèce et de l’Italie. Il évalue dans quelles mesures les objectifs ont été atteints et si les procédures d’asile et de retour étaient efficaces et rapides. Le rapport couvre la période 2015-2018. La Cour des comptes s’est intéressée à l’#accueil des requérants d’asile, à la procédure d’asile, au système #EURODAC et au fonctionnement du système #Dublin, aux #relocalisations des requérants d’asile vers d’autres pays de l’UE et enfin à l’efficacité des renvois vers les pays d’origine. Le rapport est truffé de recommandations qui vont inévitablement influencer les décisions des autorités suisses.

      Diminuer la pression sur la Grèce et l’Italie

      Selon les auditeurs, les mesures de l’UE visant à diminuer la pression migratoire sur la Grèce et l’Italie doivent être améliorées et intensifiées. Ils déplorent la lenteur excessive des procédures d’asile. En Italie, les demandes d’asile déposées en 2015 ont pris en moyenne quatre ans pour parvenir au stade du recours final, tandis que les demandeurs d’asile arrivant sur les îles grecques fin 2018 se voyaient attribuer une date limite pour les entretiens jusqu’en 2023.

      Parallèlement à l’accélération des procédures d’asile, les auditeurs recommandent d’améliorer les logements sur les #îles grecques, en particulier pour les nombreux requérants mineurs non accompagnés qui logent dans des conditions abominables. A ce sujet la Cour des comptes précisent ce qui suit :

      “À #Samos, nous avons visité la section du centre (#hotspot) réservée aux mineurs, qui consiste en sept conteneurs, abritant chacun une salle de bain et deux salles de séjour. Certains conteneurs n’avaient ni portes, ni fenêtres et n’étaient équipés ni de lits ni d’appareils de conditionnement de l’air. Chaque conteneur pouvait officiellement accueillir huit à dix mineurs, mais en hébergeait environ 16 non accompagnés, dont certains étaient même obligés de dormir par terre. Seuls des garçons séjournaient dans la section pour mineurs. Soixante-dix-huit mineurs non accompagnés étaient hébergés sous tente ou dans des maisons abandonnées situées à l’extérieur du point d’accès et devenues des annexes officieuses de celui-ci. Neuf filles non accompagnées dormaient au sol dans un conteneur de 10 m2 situé à côté du bureau de police, sans toilette ni douche.“

      Au moment de la publication du rapport, le maire de l’île de Samos Georgios Stantzos mentionnait l’audit et mettait en garde les autorités grecques contre les conséquences des conditions de vie « primitives » imposées aux réfugiés sur l’île.

      Trop de mouvements secondaires dans l’UE

      Concernant l’enregistrement des empreintes digitales dans le système EURODAC, la situation s’est beaucoup améliorée dans les centres hotspots en Italie et en Grèce. Cependant, entre 2015 et 2018, la Cour a remarqué un volume élevé de mouvements secondaires dans l’UE ce qui a rendu l’application du mécanisme de Dublin difficile. Les données EUROSTAT traduisent aussi de faibles taux de transferts Dublin qui s’expliquent selon les auditeurs, par la fuite ou la disparition des personnes concernées, des raisons humanitaires, des décisions de justice en suspens et des cas de regroupement familial (1).
      Les réinstallations très insatisfaisantes

      Les États membres de l’UE se sont juridiquement engagés à réinstaller 98 256 migrants, sur un objectif initial fixé à 160 000. Or seuls 34 705 ont été effectivement réinstallés (21 999 depuis la Grèce et 12 706 depuis l’Italie). Selon les auditeurs, la performance insuffisante de ces programmes s’explique surtout par le faible nombre de requérants potentiellement éligibles enregistrés en vue d’une relocalisation, surtout parce que les autorités grecques et italiennes ont eu de la peine à ‘identifier les candidats. Une fois les migrants enregistrés en vue d’une relocalisation, la solidarité à leur égard a mieux fonctionné. Les auditeurs ont cependant relevé un certain nombre de faiblesses opérationnelles dans le processus de relocalisation (2).

      Augmentation des renvois vers les pays d’origines

      Pour la Cour des comptes, le fossé entre le nombre de décisions négatives et le nombre de renvois exécutés depuis la Grèce, l’Italie ou le reste de l’UE, est trop important. Le taux de renvois des ressortissants de pays tiers ayant reçu l’ordre de quitter l’UE était d’environ 40 % en 2018 et de 20 % en Grèce et en Italie. En s’inspirant de certains centres de renvois destinés aux personnes qui acceptent volontairement de rentrer vers leurs pays d’origine, la Cour des comptes recommande différentes mesures qui permettront de faciliter les renvois dont l’ouverture de nouveaux centres de détention et l’offre plus systématique de programmes de réintégration dans les pays d’origine.

      Conclusion

      Le rapport de la Cour des comptes de l’UE est une mine d’information pour comprendre le fonctionnement des centres hotspots en Grèce et en Italie. Globalement, sa lecture donne le sentiment que l’UE se dirige à grands pas vers une prolifération de centre hotspots, un raccourcissement des procédures d’asile et une armada de mesures facilitant l’exécution des renvois vers les pays d’origine.

      https://blogs.letemps.ch/jasmine-caye/2019/11/19/la-cour-des-comptes-de-lue-critique-les-disparites-en-matiere-de-gesti
      #mineurs_non_accompagnés #MNA #hotspots #empreintes_digitales #mouvements_secondaires

    • Migrants relocation: EU states fail on sharing refugees

      A mandatory 2015 scheme to dispatch people seeking international protection from Greece and Italy across the European Union did not deliver promised results, say EU auditors.

      Although member states took in some 35,000 people from both countries, the EU auditors say at least 445,000 Eritreans, Iraqis and Syrians may have been potentially eligible in Greece alone.

      The lead author of the report, Leo Brincat, told reporters in Brussels on Wednesday (13 November) that another 36,000 could have also been possibly relocated from Italy.

      “But when it boils down to the total migrants relocated, you will find 21,999 in the case of Greece and 12,706 in the case of Italy,” he said.

      The EU auditors say the migrants relocated at the time represented only around four percent of all the asylum seekers in Italy and around 22 percent in Greece.

      Despite being repeatedly billed as a success by the European Commission, the two-year scheme had also caused massive rifts with some member states – leading to EU court battles in Luxembourg.

      When it was first launched among interior ministers in late 2015, the mandatory nature of the proposal was forced through by a vote, overturning objections from the Czech Republic, Hungary, Romania and Slovakia.

      Only last month, the advocate-general at the EU court in Luxembourg had declared the Czech Republic, Hungary and Poland likely broke EU law for refusing to take in refugees from the 2015 scheme. While the Czech Republic took 12 people, both Hungary and Poland refused to host anyone at all.

      Similar battles have for years played out behind closed doors as legislators grapple with deadlocked internal EU asylum reforms.

      The concepts of sharing out asylum seekers, also known as relocation, are at the core of that deadlock.

      Politics aside, Brincat’s report honed in on the so-called “temporary emergency relocation scheme” whereby EU states had agreed to take in some 160,000 people from Greece and Italy over a period spanning from September 2015 to September 2017.

      Large numbers of people at the time were coming up through the Western Balkans into Hungary and onto Germany, while others were crossing from Turkey onto the Greek islands.

      After the EU cut a deal with Turkey early 2016, the set legal target of 160,000 had been reduced to just over 98,000.

      When the scheme finally ended in September 2017, only around 35,000 people had been relocated to member states along with Liechtenstein, Norway and Switzerland.

      “In our view, relocation was really a demonstration of European solidarity and with almost a 100 percent of eligible candidates in Greece and in Italy having been successfully relocated,” a European Commission spokeswoman said on Wednesday.
      Bottlenecks and other problems

      The EU auditors present a different view. They point out Greek and Italian authorities lacked the staff to properly identify people who could have been relocated, resulting in low registrations.

      They also say EU states only took in people from Greece who arrived before the deal was cut with Turkey in March 2016.

      Another issue was member states had vastly different asylum-recognition rates. For instance, asylum-recognition rates for Afghanis varied from six percent to 98 percent, depending on the member state. Iraqis had similarly variable rates.

      Some migrants also simply didn’t trust relocation concept. Others likely baulked at the idea being sent to a country where they had no cultural, language or family ties.

      Almost all of the 332 people sent to Lithuania, for example, packed up and left.

      EU Commission president Jean-Claude Juncker had even poked fun of it in late 2016. He had said asylum seekers from Greece and Italy were hard pressed to relocate to his home country of Luxembourg.

      “We found 53 after explaining to them that it was close to Germany. They are no longer there [Luxembourg],” he said.

      https://voxeurop.eu/en/2019/migration-5124053

  • #Iles_Eparses : « La France ne respecte ni la géographie, ni l’histoire, ni le droit international »

    Pour l’avocat Philippe Disaine Rakotondramboahova, #Madagascar est parfaitement légitime à « exiger de pouvoir exercer sa #souveraineté » sur l’archipel, dont il réclame la restitution depuis plus de quarante-cinq ans.

    Après des décennies de domination française, Madagascar a accédé à l’indépendance le 26 juin 1960 : on fêtera bientôt ses 60 ans. Pourtant, mercredi 23 octobre, le président Emmanuel #Macron a fait escale sur l’île de Grande Glorieuse, au large de Madagascar, et a cru bon de rappeler : « Ici, c’est la #France, c’est notre fierté, notre richesse », ajoutant ces mots sibyllins : « Ce n’est pas une idée creuse. » Pourtant, si dire « ceci est à moi », en dépit de la géographie, de l’histoire et du droit international est bel et bien une « #idée_creuse », voire une #provocation, comme cela est perçu par les Malgaches.

    En effet, lors de sa première visite d’Etat en France, du 28 mai au 3 juin, le président, Andry Rajoelina, avait solennellement demandé à son homologue français de mettre en place une commission mixte afin de trouver une solution pour la #restitution des îles Eparses [revendiquée par Antananarivo depuis 1973], dont #Grande_Glorieuse fait partie, à Madagascar. Emmanuel Macron avait répondu positivement à cette demande et avait semblé ouvert à une restitution ou à une #cogestion en bonne et due forme, car, comme il l’avait lui-même souligné, cette question « mérite mieux que les cours de justice internationale ».

    Les îles Eparses constituent un #archipel, qui entoure la grande île de Madagascar. Si la France continue de déclarer qu’elles lui appartiennent, c’est parce qu’elle a pris soin, trois mois avant la déclaration d’indépendance de Madagascar, de préserver ses intérêts par un décret opportun plaçant ces îles sous l’autorité du ministre chargé des départements et territoires d’outre-mer. A l’époque, le général #de_Gaulle avait voulu conserver une #zone_économique_exclusive de 640 000 km2 riche en #pétrole, en #gaz et en richesses halieutiques.

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/11/15/iles-eparses-la-france-ne-respecte-ni-la-geographie-ni-l-histoire-ni-le-droi
    #colonialisme #ressources_naturelles

  • Sur les #îles grecques... un nouvel #hiver...

    Winter warnings for Europe’s largest refugee camp

    ‘This year it’s worse than ever because so many people came.’

    With winter approaching, aid workers and refugee advocates on Lesvos are worried: there doesn’t appear to be a plan in place to prepare Moria – Europe’s largest refugee camp – for the rain, cold weather, and potential snow that winter will bring.

    The road leading to Moria runs along the shoreline on the Greek island of Lesvos, passing fish restaurants and a rocky beach. On sunny days, the water sparkles and dances in the 20-kilometer stretch of the Aegean Sea separating the island from the Turkish coast. But in the winter, the weather is often grey, a strong wind blows off the water, and the temperature in bitingly cold.

    Moria was built to house around 3,000 people and was already over capacity in May this year, holding around 4,500. Then, starting in July, the number of people crossing the Aegean from Turkey to Greece spiked, compared to the past three years, and the population of asylum seekers and migrants on the Greek islands exploded. Following a recent visit, the Council of Europe’s Commissioner for Human Rights, Dunja Mijatovic, called the situation on the islands “explosive”.

    By the beginning of October, when TNH visited, around 13,500 people were living in Moria – the highest number ever, up to that point – and conditions were like “hell on Earth”, according to Salam Aldeen, an aid worker who has been on Lesvos since 2015 and runs an NGO called Team Humanity.

    Every year, when summer comes, the weather gets better and the number of people crossing the Aegean increases. But this year, more people have crossed than at any time since the EU and Turkey signed an agreement, known as the EU-Turkey deal, in March 2016 to curb migration from Turkey to Greece.

    So far this year, more than 47,000 people have landed on the Greek islands compared to around 32,500 all of last year – led by Afghans, accounting for nearly 40 percent of arrivals, and Syrians, around 25 percent. Even though numbers are up, they are still a far cry from the more than one million people who crossed the Aegean between the beginning of 2015 and early 2016.

    “People are going to die. It’s going to happen. You have 10,000 people in tents.”

    In Moria, the first home in Europe for many of the people who arrive to Greece, there’s a chronic shortage of toilets and showers; the quality of the food is terrible; people sleep rough outside or in cramped, flimsy tents; bed bugs, lice, scabies, and other vermin thrive in the unsanitary environment; raw sewage flows into tents; people’s mental health suffers; fights break out; there are suicide attempts, including among children; domestic violence increases; small sparks lead to fires; people have died.

    “Every year it’s like this,” Aldeen said. “[But] this year it’s worse than ever because so many people came.”

    The lack of preparation for winter is unfortunately nothing new, according to Sophie McCann an advocacy manager for medical charity Médecins Sans Frontières. “It is incredible how the Greek authorities have... completely failed to put in place any kind of system [to] manage it properly,” McCann said. “Winter is not a surprise to anyone.”

    The severe overcrowding this year will likely only make the situation in Moria even more miserable and dangerous than it has been in the past. “People are going to die,” Aldeen said. “It’s going to happen. You have 10,000 people in tents.”
    ‘A policy-made humanitarian crisis’

    Moria has been overcrowded and plagued by problems since the signing of the EU-Turkey, which requires Greece to hold people on the islands until their asylum claims can be processed – something that can take as long as two years.

    Read more → Briefing: How will Greece new asylum law affect refugees?

    “It’s very predictable what is happening,” said Efi Latsoudi, from the NGO Refugee Support Aegean, referring to the overcrowding and terrible conditions this year.

    RSA released a report in June calling the situation on the islands “a policy-made humanitarian crisis” stemming from “the status quo put in place by the EU-Turkey [deal]”. The report predicted that Greece’s migration reception system “would not manage to absorb a sudden and significant increase in refugee arrivals”, which is exactly what happened this summer.

    “It’s very predictable what is happening.”

    According to the report, Greek authorities have failed to adopt a comprehensive and proactive strategy for dealing with the reality of ongoing migration across the Aegean. Bureaucratic deficiencies, political expediency, a lack of financial transparency and the broader EU priority of reducing migration have also contributed to the “structural failure” of Greece’s migration reception system, it says.

    As a result, Moria today looks more like a chaotic settlement on the edge of a war zone than an organised reception centre in a European country that has received almost $2.5 billion in funding from the EU since 2015 to support its response to migration.
    Tents a luxury for new arrivals

    Inside the barbed wire fences of the official camp, people are housed in trailer-like containers, each one holding four or five families. Outside, there is a sea of tents filling up the olive groves surrounding the camp. The more permanent tents are basic wooden structures covered in tarps bearing the logos of various organisations – the UN’s refugee agency, European Humanitarian Aid, the Greek Red Cross.

    Newer arrivals have been given small, brightly coloured camping tents as temporary shelters that aren’t waterproof or winterised. These are scattered, seemingly at random, between the olive trees, and even these appear to be a luxury for the newly arrived.

    Most of the asylum seekers TNH spoke to said they spent days or weeks sleeping outside before they were given a tent.

    Large mounds of blue and black garbage bags are piled up along the main arteries of Moria. The air stinks of the garbage and is thickened by cooking smoke laced with plastic. Portable toilets with thin streams of liquid trickling out from under them line the edge of one road.

    Hundreds of children wander around in small clusters. A mother hunches over her small daughter, picking lice from her hair. Other women squat on their heels and plunge their arms into basins of soapy water, washing clothes. Hundreds of clothes lines criss-cross between trees and blankets, and clothing is draped over fences and tree branches to dry. A tangle of electrical wires from a makeshift grid runs haywire between the tents. A faulty connection or errant spark could lead to a blaze.

    Drainage ditches and small berms have been dug in preparation for rain.

    There are people everywhere: carrying fishing poles that they take to the sea to catch extra food; bending to pray between the trees; resting in their tents; collecting dry tree branches to build cooking fires; baking bread in homemade clay ovens dug into the dirt; jostling and whittling away time in the hours-long food line; wandering off on their own for a moment’s respite.
    ‘Little by little, I’ll die’

    “Staying in this place is making us crazy,” said Hussain, a 15-year-old Afghan asylum seeker. An amateur guitarist in Afghanistan, he was threatened by the Taliban for his music playing and fled with his family, but was separated from them while crossing the border from Iran to Turkey. “The situation [in Moria] is not good,” he said. “Every[body has] stress here. They want to leave… because it is not a good place for a child, for anyone.”

    “The situation here is hard,” said Mohammad, an Iraqi asylum seeker who has been in the camp with his pregnant wife since the end of July. “It’s harder than it is in Iraq.”

    “[My wife] is going to have a baby. Is she going to have it here?” Mohammad continued. “Where will [the baby] live? When they child comes, it’s one day old and we’re going to keep it in a tent? This isn’t possible. But if you return to Iraq, what will happen?”

    “If I go back to Iraq, I’ll die.” Mohammad said, answering his own question. “[But] if I stay here I’ll die… Right now, I won’t die. But little by little, I’ll die.”
    More arrivals than relocations

    People have been dying in Moria almost since the camp began operating. In November 2016, a 66-year-old woman and her six-year-old granddaughter were killed when a cooking gas container exploded, setting a section of the camp ablaze. In January 2017, three people died in one week due to cold weather. And in January this year, another man died during a cold snap.

    At the end of September, shortly before TNH’s visit, a toddler playing in a cardboard box was run over by a garbage truck outside of Moria. A few days later a fire broke out killing a woman and sparking angry protests over the dismal living conditions.

    Greece’s centre-right government, which took office in July, responded to the deaths and protests in Moria by overhauling the country’s asylum system to accelerate the processing of applications, cutting out a number of protections along the way, promising to return more people to Turkey under the terms of the EU-Turkey deal and pledging to rapidly decongest the islands by moving 20,000 people to the mainland by the end of the year.

    As of 12 November, just over 8,000 people have been transported from the islands to the mainland by the Greek government since the fire. Over the same period of time, nearly 11,000 people arrived by sea, and the population of Moria has continued to grow, reaching around 15,000.

    With winter rapidly approaching, the situation on the islands is only growing more desperate, and there’s no end in sight.

    Transfers to the mainland won’t be able to solve the problem, according to Latsoudi from RSA. There simply aren’t enough reception spaces to accommodate all of the people who need to be moved, and the ones that do exist are often in remote areas, lack facilities, and will also be hit by harsh winter weather.

    “[The] mainland is totally unprepared to receive people,” Latsoudi said. “It’s not a real solution… The problems are still there [in Moria] and other problems are created all over Greece.”

    https://www.thenewhumanitarian.org/news-feature/2019/11/14/Greece-Moria-winter-refugees
    #migrations #camps_de_réfugiés #réfugiés #asile #Grèce #île #Lesbos #Moria #froid

  • Réfugiés en #Turquie : évaluation de l’utilisation des #fonds de l’#UE et de la coopération avec Ankara

    Les députés évalueront mercredi la situation des #réfugiés_syriens en Turquie et les résultats du #soutien_financier fourni par l’UE au gouvernement turc.

    Des représentants de la Commission européenne informeront les députés des commissions des libertés civiles, des affaires étrangères et du développement avant de participer à un débat. Ils se concentreront sur la facilité de l’UE en faveur des réfugiés en Turquie, mise en place en 2015 pour aider les autorités turques à venir en aide aux réfugiés sur leur territoire. Elle dispose d’un #budget total de six milliards d’euros à distribuer au plus tard en 2025.

    Sur les 5,6 millions de réfugiés syriens dans le monde, près de 3,7 millions seraient en Turquie, selon les données du HCR.

    #Accord_UE-Turquie et situation en Grèce

    Les députés de la commission des libertés civiles débattront également de la mise en œuvre de la déclaration UE-Turquie, l’accord conclu par les dirigeants européens avec le gouvernement turc en mars 2016 pour mettre un terme au flux de réfugiés en direction des îles grecques.

    Ils échangeront dans un premier temps avec #Michalis_Chrisochoidis, le ministre grec en charge de la protection des citoyens. Les conséquences de l’accord ainsi que la situation dans les #îles grecques feront ensuite l’objet d’une discussion avec des représentants de la Commission européenne, de l’Agence des droits fondamentaux de l’UE, du Bureau européen d’appui en matière d’asile et de Médecins sans frontières.

    DATE : mercredi 6 novembre, de 9h à 12h30

    LIEU : Parlement européen, Bruxelles, bâtiment Paul-Henri Spaak, salle 3C50

    https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20191104IPR65732/refugies-en-turquie-evaluation-de-l-utilisation-des-fonds-de-l-ue
    #réfugiés #asile #migrations #EU #accord_UE-Turquie #aide_financière #financement #catastrophe_humanitaire #crise_humanitaire #externalisation #hotspot

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    Ici le lien vers la vidéo de la deuxième partie de la séance : https://www.europarl.europa.eu/ep-live/fr/committees/video?event=20191106-1000-COMMITTEE-LIBE

    Vous pouvez y voir l’intervention d’MSF sur le deal avec la Turquie et la situation en Grèce à la min 11:55.
    #suicide #santé_mentale #violences_sexuelles #santé #enfants #mineurs #enfance #surpopulation #toilettes #vulnérabilité #accès_aux_soins

    • Pour la #Cour_européenne_des_droits_de_l’Homme, tout va bien dans les hotspots grecs

      La Cour européenne des droits de l’Homme vient de rejeter pour l’essentiel la requête dont l’avaient saisie, le 16 juin 2016, 51 personnes de nationalités afghane, syrienne et palestinienne - parmi lesquelles de nombreux mineurs -, maintenues de force dans une situation de détresse extrême dans le hotspot de #Chios, en Grèce [1].

      Les 51 requérant.es, soutenu.es par nos associations*, avaient été identifié.es lors d’une mission d’observation du Gisti dans les hotspots grecs au mois de mai 2016 [2]. Privées de liberté et retenues dans l’île de Chios devenue, comme celles de #Lesbos, #Leros, #Samos et #Kos, une prison à ciel ouvert depuis la mise en œuvre de la #Déclaration_UE-Turquie du 20 mars 2016, les personnes concernées invoquaient la violation de plusieurs dispositions de la Convention européenne des droits de l’Homme [3].

      Dans leur requête étaient abondamment et précisément documentés l’insuffisance et le caractère inadapté de la nourriture, les conditions matérielles parfois très dangereuses (tentes mal fixées, serpents, chaleur, promiscuité, etc.), les grandes difficultés d’accès aux soins, l’absence de prise en charge des personnes les plus vulnérables - femmes enceintes, enfants en bas âge, mineurs isolés -, aggravées par le contexte de privation de liberté qui caractérise la situation dans les hotspots, mais aussi l’arbitraire administratif, particulièrement anxiogène du fait de la menace permanente d’un renvoi vers la Turquie.

      La seule violation retenue par la Cour concerne l’impossibilité pour les requérant.es de former des recours effectifs contre les décisions ordonnant leur expulsion ou leur maintien en détention, du fait du manque d’informations accessibles sur le droit au recours et de l’absence, dans l’île de Chios, de tribunal susceptible de recevoir un tel recours.

      Pour le reste, il aura fallu plus de trois ans à la Cour européenne des droits de l’Homme pour juger que la plainte des 51 de Chios n’est pas fondée. Son argumentation se décline en plusieurs volets :

      s’agissant du traitement des personnes mineures, elle reprend à son compte les dénégations du gouvernement grec pour conclure qu’elle n’est « pas convaincue que les autorités n’ont pas fait tout ce que l’on pouvait raisonnablement attendre d’elles pour répondre à l’obligation de prise en charge et de protection » ;

      elle reconnaît qu’il a pu y avoir des problèmes liés à l’accès aux soins médicaux, à la mauvaise qualité de la nourriture et de l’eau et au manque d’informations sur les droits et d’assistance juridique, mais les relativise en rappelant que « l’arrivée massive de migrants avait créé pour les autorités grecques des difficultés de caractère organisationnel, logistique et structurel » et relève qu’en l’absence de détails individualisés (pour chaque requérant.e), elle « ne saurait conclure que les conditions de détention des requérants [y ayant séjourné] constituaient un traitement inhumain et dégradant » ;

      s’agissant de la surpopulation et de la promiscuité, elle n’en écarte pas la réalité – tout en relevant que les requérant.es n’ont « pas indiqué le nombre de mètres carrés dans les conteneurs » – mais pondère son appréciation des risques que cette situation entraîne en précisant que la durée de détention « stricte » n’a pas dépassé trente jours, délai dans lequel « le seuil de gravité requis pour que [cette détention] soit qualifiée de traitement inhumain ou dégradant n’avait pas été atteint ».

      *

      L’appréciation faite par la Cour de la situation de privation de liberté invoquée par les requérant.es est en effet au cœur de sa décision, puisqu’elle s’en sert pour relativiser toutes les violations des droits qu’elles et ils ont subies. C’est ainsi que, sans contester les très mauvaises conditions matérielles qui prévalaient au camp de Vial, elle (se) rassure en précisant qu’il s’agit d’« une structure semi-ouverte, ce qui permettait aux occupants de quitter le centre toute la journée et d’y revenir le soir ». De même, « à supposer qu’il y eut à un moment ou à un autre un problème de surpopulation » au camp de Souda, elle estime « ce camp a toujours été une structure ouverte, fait de nature à atténuer beaucoup les nuisances éventuelles liées à la surpopulation » [4].

      Autrement dit, peu importe, pour la Cour EDH, que des personnes soient contraintes de subir les conditions de vie infrahumaines des camps insalubres du hotspot de Chios, dès lors qu’elles peuvent en sortir. Et peu importe qu’une fois hors de ces camps, elles n’aient d’autre solution que d’y revenir, puisqu’elles n’y sont pas officiellement « détenues ». Qu’importe, en effet, puisque comme dans le reste de « l’archipel des camps » de la mer Égée [5], c’est toute l’île de Chios qu’elles n’ont pas le droit de quitter et qui est donc leur prison.

      En relayant, dans sa décision, l’habillage formel donné par les autorités grecques et l’Union européenne au mécanisme des hotspots, la Cour EDH prend la responsabilité d’abandonner les victimes et conforte l’hypocrisie d’une politique inhumaine qui enferme les exilé.es quand elle devrait les accueillir.

      Contexte

      Depuis trois ans, des dizaines de milliers de personnes sont confinées dans les cinq hotspots de la mer Égée par l’Union européenne, qui finance la Grèce afin qu’elle joue le rôle de garde-frontière de l’Europe.

      Dès leur création, des associations grecques et des ONG, mais aussi des instances européennes et internationales comme, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), le rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’Homme des migrants, le Comité de prévention de la torture du Conseil de l’Europe, l’Agence de l’UE pour les droits fondamentaux, n’ont cessé d’alerter sur les nombreuses violations de droits qui sont commises dans les hotspots grecs : des conditions d’accueil marquées par la surpopulation, l’insécurité, l’insalubrité et le manque d’hygiène, des violences sexuelles, des atteintes répétées aux droits de l’enfant, le défaut de prise en compte des situations de vulnérabilité, un accès à l’information et aux droits entravé ou inexistant, le déni du droit d’asile. On ne compte plus les témoignages, rapports et enquêtes qui confirment la réalité et l’actualité des situations dramatiques engendrées par ces violations, dont la presse se fait périodiquement l’écho.

      http://www.migreurop.org/article2939.html?lang=fr
      #CEDH

  • Letters to the world from Moria hotspot

    The first letter :

    “Put yourself in our shoes! We are not safe in Moria. We didn’t escape from our homelands to stay hidden and trapped. We didn’t pass the borders and played with our lifes to live in fear and danger.

    Put yourself in our shoes! Can you live in a place , that you can not walk alone even when you just want to go the toilette. Can you live in a place, where there are hundreds of unaccompanied minors that no one can stop attempting suicides. That no one stops them from drinking.

    No one can go out after 9:00 pm because the thieves will steal anything you have and if you don’t give them what they want, they will hurt you. We should go to the police? We went alot and they just tell that we should find the thief by ourselves. They say: ‘We can not do anything for you.’ In a camp of 14.000 refugees you won’t see anyone to protect us anywhere even at midnight. Two days ago there was a big fight, but util it finished no one came for help. Many tents burned. When the people went to complain, no one cared and and even the police told us: ‘This is your own problem.’

    In this situation the first thing that comes to my mind to tell you is, we didn’t come here to Europe for money, and not for becoming a European citizen. It was just to breathe a day in peace.

    Instead, hundreds of minors here became addicted, but no one cares.

    Five human beings burned, but no one cares.

    Thousands of children didn’t undergo vaccination, but no one cares.

    I am writing to you to share and I am hoping for change…”

    http://infomobile.w2eu.net/2019/10/23/letter-to-the-world-1-from-moria-hotspot

    Les 3 autres sur le site infomobile :
    http://infomobile.w2eu.net/2019/10/27/letter-to-the-world-from-moria-no-2
    http://infomobile.w2eu.net/2019/10/27/letter-to-the-world-from-moria-no-3
    http://infomobile.w2eu.net/2019/10/27/letter-to-the-world-from-moria-no-4

    Et la traduction en italien des lettres sur le site Meltingpot :
    https://www.meltingpot.org/Lettera-al-mondo-dal-campo-profughi-di-Moria-sull-isola.html

    #Moria #lettre #lettres #asile #migrations #hotspot #réfugiés #Grèce #îles #témoignage