• Comprendre la Commune de Paris : #03 La Guerre de 1870 – par Henri Guillemin
    https://www.les-crises.fr/comprendre-la-commune-de-paris-03-la-guerre-de-1870-par-henri-guillemin

    Source : RTS En 1971, cent ans après « la semaine sanglante » qui vit l’écrasement de la Commune de Paris, l’historien et écrivain français Henri Guillemin présente en treize conférences télévisées cette page sombre de l’histoire de France. Découvrez ou redécouvrez cette passionnante série en version haute définition restaurée. Voir l’épisode précédent.  La capitulation de Sedan marque le début de la nouvelle république. Le régime de Napoléon III s’écroule avec la guerre contre la Prusse. Deux jour après la capitulation à Sedan, le 2 septembre 1870, la république est proclamée. Devant la veulerie de ce nouveau pouvoir qui préfère collaborer avec l’occupant plutôt que répondre à la fronde populaire, le peuple de Paris va trouver la force de se soulever et de proclamer la Commune.Lire la (...)

  • [Radio PANdemIK] Radio PANdemIK #30
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-pandemik/radio-pandemik-30

    Panik se décuple et se propage en Pandémik infectieuse des oreilles les plus sourdes. Volatile, imprévisible, elle s’attrape à horaires variables, pour une durée brève ou indéterminée et jusqu’à amener des changements irréversibles. Témoignage de Damien, conducteur de trains à la SNCB, nous amène à Arlon - 10’10 Lettre #01 par Les Confins, résistance au quotidien. Témoignage de M., travailleuse domestique sans papiers, membre de la Ligue des travailleuses domestiques. M. a travaillé pour la dernière fois le vendredi 13 mars. - 2 minutes Performance / Séance de divination chantée ’Tirésia’ avec l’artiste sonore Myriam Pruvot - 1ère partie avec le tirage ’Monde & Récits’ et les mots : place + relique + ordre + tour + figure - 11 min « Grève des loyers » par Dylan de la distro Lapinoteque - 7’50 Lettre #03 (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-pandemik/radio-pandemik-30_08802__1.mp3

  • Les escargots : web série antivirale
    http://tv.lapesto.fr/videos/watch/64178646-707f-4606-b770-7611bdab5b00

    Après avoir trouvé dans des feuilles d’épinards deux escargots baptisés Coco et Virus, j’ai décidé de les adopter comme animaux de compagnie, et de réaliser avec eux une web série destinée à devenir…. antivirale !

    À chaque épisode, nous tenterons une sérénade à trois pour exprimer notre confinement subi et réfléchir sur la situation actuelle - des gesticulations angoissantes des gouvernements aux espoirs les plus fous qui naissent de cette expérience internationale d’un bouleversant arrêt du monde. Un éloge de la lenteur fait à toute vitesse pour tenter de trouver une issue cinématographique et politique aux paradoxes de notre temps !

    Dans ce premier épisode - Les présentations -, en guise de prologue, vous découvrirez les trois protagonistes qui, tout confinés chez eux qu’ils sont, entendent bien ouvrir, à leur rythme, quelques fenêtres pour faire respirer nos imaginaires.

    #Les_escargots #journal_de_confinement #confinement #web_serie #films

  • [Radio Marie-Christine] RMC Live #03
    http://www.radiopanik.org/emissions/radio-marie-christine/rmc-live-03

    RMC : Live #03 Enregistré le mercredi 4 mars 2020 chez le Glacier Gosturani, au numéro 180 de la rue Marie-Christine et diffusé en live via les hauts-parleurs de la rue. Rediffusion sur Radio Panik 105.4 FM Lundi 9 mars 2020 à 13h Programme : 01’50 - Chronique « Je suis sous » Les Croquants par Romain 04’45 - Le tour de Laeken épisode 2 avec l’école Fondamentale Tivoli et L’Interstice asbl 12’10 - Micro-trottoir RMC par Emilie et les élèves de l’école Tivoli 18’50 - Live Musique par John et ses N’goma 25’40 - Du Balai ! par Lionel et les balayeurs de rue 39’10 - Fête de la soupe par Lionel 46’50 - Interlude Gnaoua 48’00 - Le Papo Club par Marcellin 1’05’00 - Ballade au jardin par Sanae 1’12’00 - Live Musique La Cousine du Roi par John 1’12’19 - Bruxelles de Jacques Brel par le groupe vocal de (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/radio-marie-christine/rmc-live-03_08329__1.mp3

  • Lettre ouverte Nous appelons à la suppression des chartes de l'article 20 de la LOM | CNNum | Traducteur et éclaireur des transformations numériques
    https://cnnumerique.fr/lettre-ouverte-nous-appelons-la-suppression-des-chartes-de-larticle-20-d

    Les chartes font le pari de responsabiliser, sur la base du volontariat, les plateformes du secteur des transports (VTC, livraison) pour les pousser à agir dans le sens de l’intérêt commun. Avec la LOM, celles-ci pourront inscrire les règles qu’elles jugeront pertinentes de suivre. Ce choix interroge. Est-il vraiment pertinent de laisser à des entreprises dont le développement est basé sur la disruption de décider presque seules des règles qui s’appliqueront ?

    De fait, les chartes peuvent créer d’importantes disparités. Pour les chauffeurs VTC, qui sont souvent actifs sur différentes plateformes, on voit mal comment elles s’appliqueront en pratique. L’Inspection Générale des Affaires Sociales soulevait en 2018 que “La diversité des modalités adoptées présente un risque de rétention des chauffeurs sur une plateforme privilégiée. Plutôt que d’encourager la concurrence, la loi risque de favoriser l’émergence d’un monopole dans ce secteur.”

    Les éléments prévus dans les chartes par le projet de loi devraient faire l’objet d’un réel dialogue social. En l’état, le projet de loi prévoit que les travailleurs soient consultés pour l’élaboration des chartes. Au regard des récentes mobilisations, on peut émettre des doutes sur l’efficacité et la légitimité des dispositifs de consultation actuellement utilisés par les plateformes… Une consultation n’entraîne en effet ni les mêmes contraintes, ni les mêmes garanties que la concertation dans le cadre du dialogue social.

    La négociation entre travailleurs et plateformes est la meilleure réponse au risque de désagrégation de notre organisation collective. Elle a été identifiée comme l’option la plus pertinente sur le long terme dans de nombreux rapports, que ce soit au niveau français, européen ou international. Nous insistons donc sur la nécessité de mettre en place des instances crédibles de dialogue social, incluant tous les partenaires sociaux. La rémunération, les conditions de travail ou la protection sociale ne doivent pas être un élément de communication du service de la responsabilité sociale des plateformes, mais doivent être le fruit d’une négociation collective.

    Pour toutes ces raisons, nous appelons donc à la suppression de toutes les dispositions de l’article 20 de la LOM relatives aux chartes, et en particulier la présomption de non-subordination des travailleurs aux plateformes lorsque ces chartes sont homologuées. En revanche, les dispositions consacrant des droits aux travailleurs (droit au refus d’une course, droit à connaître le prix et la distance à l’avance) vont dans le bon sens. Le partage des données mis en place par le projet de loi pourra être complété à l’avenir par un Observatoire des plateformes, chargé de veiller à la transparence des algorithmes qui régissent ces marchés. Enfin, les mesures que le Gouvernement devra prendre sur la mise en place effective du dialogue social entre les travailleurs et les plateformes seront regardées très attentivement.

    Salwa Toko
    Présidente du Conseil national du numérique

    #Travail #Plateformes

  • Websites have been quietly hacking iPhones for years, says Google - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/614243/websites-have-been-quietly-hacking-iphones-for-years-says-google

    Websites delivered iOS malware to thousands of visitors in the biggest iPhone hack ever. There’s no telling who was infected—or who was behind it.
    by Patrick Howell O'Neill
    Aug 30, 2019
    Malware could steal passwords, encrypted messages and contacts
    It’s not clear who was behind the hacking campaign or who was targeted
    If you have updated your iPhone you are protected
    The largest ever known attack against iPhone users lasted at least two years and hit potentially thousands of people, according to research published by Google. 

    The malware could ransack the entire iPhone to steal passwords, encrypted messages, location, contacts, and other extremely sensitive information. The data was then sent to a command and control server which the hackers used to run the operation. The scope, execution, and persistence of the unprecedented hacking campaign points to a potential nation-backed operation but the identity of both the hackers and their targets is still unknown. 

    “The data taken is the ‘juicy’ data," says Jonathan Levin, a researcher who has written books on Apple’s operating system. “Take all the passwords from the keychain, location data, chats/contacts/etc, and build a shadow network of connections of all your victims. Surely by six degrees of separation you’ll find interesting targets there.”

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    Apple patched the bugs quickly in February 2019 so everyone who has updated their iPhone since then is protected. Rebooting the iPhone wiped the malware but the data had already been taken. Exactly who was infected remains an open question. iPhone users themselves likely wouldn’t know because the malware runs in the background with no visual indicator and no way for an iOS user to view the processes running on the device. 

    In January 2019, Google’s Threat Analysis Group (TAG), the tech giant’s counterespionage specialists, first found hacked websites that were delivering malware to thousands of visitors per week. The tactic is known as a watering-hole attack: attackers lace carefully selected websites with malware and wait for expected visitors to arrive to be infected. Just visiting the site was enough to download the malware.

    Google’s discovery included, over a period of years, five so-called “exploit chains” with 14 vulnerabilities including at least one active zero-day vulnerability, the term used to describe an exploitable bug undiscovered by a company like Apple. When one exploit chain was rendered useless by an Apple patch, the hacker quickly implemented the next one.

    TAG passed the intelligence to Apple, who issued iOS patch 12.1.4 on February 7 with a fix, as well as to others within Google. Google’s Project Zero, the company’s security analysis team, has spent the last seven months dissecting these bugs.

    “There was no target discrimination; simply visiting the hacked site was enough for the exploit server to attack your device, and if it was successful, install a monitoring implant. We estimate that these sites receive thousands of visitors per week,” Google’s Ian Beer wrote.

    It’s not clear who was infected. Google’s Project Zero did not release key information including which websites were infected. It seems likely that neither Apple nor Google would have a full accounting of victims but there could be other clues, including which populations typically visit the infected website. 

    So, who is behind it? There is an entire offensive hacking industry that creates and sells hacking tools to governments and companies around the world. NSO Group is the most famous but their tools have reportedly been tightly targeted. But Levin thinks the signs point to a nation state being behind this attack, as the model used is not something a typical hacker or small company could afford to run. 

    The revelation instantly made waves throughout the cybersecurity industry. "This is the first time evidence has been found of such exploits being used massively, indiscriminately as ‘net fishing’ against whatever unsuspecting individuals end up visiting the infected websites," says Levin.

    One of the most notable victims of iPhone malware ever is Ahmed Mansoor. Mansoor, a world-renowned human rights activist imprisoned for criticizing the United Arab Emirates government, is nicknamed “the million dollar dissident” because of the high cost of the malware used to hack his iPhone and spy on him.

    Until now, the implication of the high prices had been that deploying these weapons is rare and tightly targeted. Exploiting Apple’s iOS operating system, the software that powers both the iPhone and iPad, is a complex and expensive process. “iOS exploitation requires sidestepping and bypassing Apple’s formidable defenses, in multiple layers ,” says Levin. Google’s discovery throws some of those assumptions in the air.

    It will also upend perceptions of the security of iPhones. High-risk individuals including journalists, lawyers, activists, and more use iPhones in the hope that the devices will provide a real defense against hackers who, in some cases, can be a genuine life or death threat.

    “Real users make risk decisions based on the public perception of the security of these devices,” Beer wrote. “The reality remains that security protections will never eliminate the risk of attack if you’re being targeted."

    #Cybersécurité #iPhone

  • Durant 50 ans, 84 % des lobotomies furent réalisées sur des femmes, en France, Belgique et Suisse
    https://information.tv5monde.com/terriennes/durant-50-ans-84-des-lobotomies-furent-realisees-sur-des-femme

    Une étude, menée par trois neurochirurgiens français, révèle que sur 1129 patients lobotomisés entre 1935 et 1985 en Belgique, en France et en Suisse, 84% des sujets étaient des femmes. Un chiffre qui montre combien les discriminations et les préjugés liés au genre influencent les pratiques médicales et comment la psychiatrie s’insère dans les rapports de domination.
    L’étude n’a pas encore été publiée. Juste une dizaine de lignes rédigées dans la revue scientifique britannique Nature, nous replongent au temps de gloire et de controverse, pas si lointain, de la lobotomie. Sans que nul ne sache qu’à cette époque, les femmes furent davantage visées. C’est ce qui ressort de l’enquête, menée par trois neurochirurgiens français Aymeric Amelot, (Hôpital La Pitié-Salepétrière, Paris), Marc Levêque (Hôpital Privé Résidence du Parc, Marseille), et Louis-Marie Terrier (Hôpital Bretonneau, CHRU Tours).

    En fouillant les archives de la bibliothèque de Santé de Paris, ces trois médecins sont parvenus à compiler près de 80 articles et trois thèses portant sur les lobotomies pratiquées entre 1935 et 1985. Objectif ? « Comprendre comment une méthode aussi décriée et « barbare » avait pu s’étendre au monde entier et avait même été récompensée d’un prix Nobel. »

    Au fur et à mesure de leurs recherches, ils tirent des chiffres alarmants : sur les 1340 cas de lobotomie, recensés à partir de publications francophones (Belgique, France et Suisse), et plus précisément sur les 1129 cas renseignés, 84 % des sujets étaient des femmes.

    Des traitements de choc à la lobotomie
    La lobotomie est une intervention chirurgicale qui consiste à sectionner un lobe, ou une portion du cerveau, et certaines fibres reliant le lobe frontal au reste du cerveau. Cette technique a valu à son inventeur Egas Moniz, neurologue et homme politique portugais, le prix Nobel de médecine en 1949. Pourtant, elle est aujourd’hui l’un des traitements les plus critiqués de l’histoire, compte tenu de ses effets graves sur la personnalité.
    Capture d'écran. Photos légendées par Louis-Marie Terrier.
    Capture d’écran. Photos légendées par Louis-Marie Terrier.

    La grande majorité des interventions ont été pratiquées entre 1946 et 1950. « Il est important de restituer le contexte de l’époque, souligne Louis-Marie Terrier. Nous sortions de la guerre, il régnait un chaos psychologique énorme et les psychiatres étaient complètement démunis ». A disposition uniquement : « des traitements de choc », comme « la cure de sakel » qui avait pour but de plonger le patient dans « un coma hypoglycémique », « les bains chauds » ou encore « la malaria thérapie » qui consistait à « inoculer le parasite de la malaria pour entraîner des pics fébriles » dans l’espoir d’améliorer les symptômes psychiatriques.

    C’est dans ce contexte que le père de la psychochirurgie, Egas Moniz, à commencer à présenter ses résultats sur des patients qui étaient lobotomisés. Il y avait au début un certain scepticisme avec des débats extrêmement virulents en France comme ailleurs. En 1950, l’URSS interdit cette méthode qu’elle qualifie « d’anti scientifique et inefficace ». Mais cette technique a rapidement attiré l’attention de deux médecins américains, le neurologue , Walter Freeman et le neurochirurgien, James Watts, qui vont tous deux la développer et la pratiquer en masse aux Etats-Unis dans cette période de l’après-guerre.
    La domination masculine au fondement de ces lobotomies féminines ?
    Comment expliquez cette prépondérance du sexe féminin ? « Nous n’avons trouvé aucune explication dans ces publications, rapporte le neurochirurgien Louis-Marie Terrier. Dans la majorité des cas, lorsque les indications étaient renseignées, il s’agissait de soigner une pathologie psychiatrique : schizophrénie, grande dépression avec tentative de suicide, en général des personnes qui avaient une adaptation sociétale difficile, d’autres des troubles obsessionnels compulsifs, etc. » Autant de pathologies où il n’existe « aucune prévalence chez les femmes », précise-t-il. Les raisons sont donc à chercher ailleurs, dans « le statut de la femme à l’époque régi par le code civil de 1804 ».

    A gauche coupure de presse, Life, 1947. Légende à droite de Louis-Marie Terrier. DR
    A gauche coupure de presse, Life, 1947. Légende à droite de Louis-Marie Terrier. DR
    La psychiatrie avait pour mission de gérer « les insupportables » comme les suicidaires, les imprévisibles, et cela dans un rapport de pouvoir duquel les femmes étaient exclues.

    Carlos Parada, psychiatre
    « Il n’existe pas, en effet, d’explication clinique, avance le psychiatre Carlos Parada. La psychiatrie a pour mission depuis sa création de gérer « les insupportables » pour la société, notamment, les suicidaires, les imprévisibles, les mutiques et évidemment ça crée un rapport de pouvoir dans lequel les femmes étaient exclues puisqu’elles n’étaient pas à la place du pouvoir. »
    Il rappelle que « le grand succès de la lobotomie » est lié à la schizophrénie. Or, cette maladie touchait davantage les hommes que les femmes, comme c’est encore le cas aujourd’hui.
    Première lobotomie sur une femme
    La première à passer sur la table d’opération sera une femme. Egas Moniz pratique, le 12 novembre 1935, sa première lobotomie sur une ancienne prostituée de 63 ans, souffrant de mélancolie et d’idées paranoïaques. Son histoire ou plutôt son triste sort, Carlos Parada le raconte en détail dans Toucher le cerveau, changer l’esprit (Editions PUF) et le neurochirurgien Marc Lévêque dans son ouvrage, La chirurgie de l’âme (JC Lattès), co-écrit avec Sandrine Cabut. On y apprend que la patiente avait été transférée la veille, « de l’asile de Bombarda vers le service de Moniz », qui avait programmé cette intervention dans le plus grand secret. Deux mois après l’opération, le médecin conclut « au succès ». La femme étant devenue plus « docile », « le bilan n’est pas si négatif ».

    L’absence de consentement d’une femme ou d’une jeune fille était moins grave que pour un homme.
    David Niget, historien
    Qui viendra la plaindre ? « C’est l’une des clés de la lobotomie explique David Niget, maître de conférence en Histoire à l’université d’Angers et chercheur au Laboratoire CERHIO. Cette pratique était controversée, mais l’absence de consentement d’une femme ou d’une jeune fille était moins grave que pour un homme, qui par ailleurs pouvait demander plus facilement une intervention chirurgicale sur son épouse que l’inverse. Et socialement, le corps des femmes est davantage considéré comme disponible à l’expérimentation. »
    Un traitement différencié dès l’adolescence
    Loin d’être l’unique facteur, cet universitaire, co-auteur avec Véronique Blanchard de l’ouvrage Mauvaises filles (Editions Textuel), rappelle que le tout début du 20 ème siècle est marqué par « une progressive médicalisation de la déviance juvénile féminine ». La science va se conjuguer avec la morale pour renforcer le contrôle de leurs comportements.

    « A travers les statistiques des institutions dites d’observation de l’époque et qui appartiennent au champ de la justice des mineurs, on va s’apercevoir qu’il existe des prises en charge psychiatriques beaucoup plus fréquentes pour les filles que pour les garçons, souligne David Niget. En effet, quand le comportement des garçons est un peu irrégulier, erratique, ou violent, on considère que le problème est social. Qu’il peut se régler avec de l’encadrement, la réinsertion par le travail et puis une bonne hygiène de vie. » Les garçons pouvaient même être facilement « héroïsés ». Comme on peut le voir aujourd’hui autour de la figure du « bad boy » censé représenter la virilité.

    « Pour les filles, de manière très différenciée, on demeure dans le registre de la moralité, du danger social, d’un problème mental psychiatrique qu’il faut prendre en charge, poursuit-il. Avec l’idée générale que l’objet à traiter c’est le corps. Un corps problématique, dangereux, malsain dévié d’une certaine manière de sa finalité qui est de donner la vie, de procréer. »

    Lire aussi :
    > Qui sont "ces mauvaises filles " ? Des rebelles subversives
    En outre, les filles séjournent bien plus longtemps dans ces institutions et développent par conséquent des comportements anti-institutionnels. « Dans cette logique, poursuit le chercheur, elles vont être étiquetées comme « des incorrigibles » ou encore comme des hystériques - terminologie qui signifiait par étymologie une excitation anormale de l’utérus qui produit des comportements désordonnés - ou bien comme des déprimées et des suicidaires qu’il faut protéger d’elles-mêmes, ce qui va, là encore, justifier et même imposer un mode de traitement lourd. »
    La lobotomie hors contexte psychiatrique
    Aussi n’est-il pas étonnant de voir certains patients subir une lobotomie sans qu’aucune maladie psychiatrique ne soit diagnostiquée. Comme le rapporte Louis-Marie Terrier, « des personnes ont également été lobotomisées pour des problèmes de douleurs secondaires découlant de cancers et qui résistaient aux traitements médicaux ».

    Un cas est d’ailleurs resté célèbre, celui d’Eva Peron, la femme du dirigeant populiste argentin
    Eva Peron, épouse du dictateur argentin, Juan Peron lobotomisée pour soulager des douleurs provoquées par un cancer de l'utérus. (c) DR
    Eva Peron, épouse du dictateur argentin, Juan Peron lobotomisée pour soulager des douleurs provoquées par un cancer de l’utérus. (c) DR
    Juan Peron. En 1952, elle a été lobotomisée pour un cancer de l’utérus qui l’a emportée à l’âge de 33 ans. L’opération avait ici une visée antalgique, autrement dit celle d’atténuer les douleurs.

    Autre célébrité, Rosemary Kennedy, la sœur de John Fitzgerald Kennedy. Elle a également été opérée en 1941 dans le plus grand secret à la demande de son père, Joseph Kennedy. Elle en gardera d’énormes séquelles, restant handicapée à vie.

    D’après l’étude des trois neurochirurgiens, tous les milieux sociaux sont représentés.
    De « la campagnarde des villes », qui était le terme employé à l’époque, à la fille d’une grande famille bourgeoise parisienne. Chez les hommes, « on va de l’ouvrier à l’ingénieur ». « Le patient le plus jeune était un enfant de 2 ans et demi et le plus âgé 85 ans », précise le neurochirurgien Louis-Marie Terrier. Il ajoute « que 20 enfants ont été lobotomisés, sur la base d’une indication psychomotrice, dont le but était de "restaurer la paix dans les foyers". »

    Enfant schizophrénique de huit ans qui avait été mis en cage dans un sous-sol pour comportement violent. Photo A : avant lobotomie Photo B : après lobotomie. (c) DR<br />
    Enfant schizophrénique de huit ans qui avait été mis en cage dans un sous-sol pour comportement violent. Photo A : avant lobotomie Photo B : après lobotomie. (c) DR


    Pour les femmes, comme pour les immigrés, pour les chômeurs, on n’est pas à l’abri de voir la psychiatrie s’insérer dans ces rapports de domination.

    Carlos Parada, psychiatre
    « Il ne faut pas toutefois créer l’illusion, qu’avant, la psychiatrie était faite par des barbares non scientifiques qui faisaient un peu n’importe quoi et que nous, comme on se fonde sur la science, on ne fait plus n’importe quoi, insiste Carlos Parada. A la création de la lobotomie, les gens étaient aussi scientifiques, aussi honnêtes que les gens de bonne foi aujourd’hui ». « L’erreur, c’est d’imaginer que la psychiatrie peut se pratiquer en dehors de son temps, conclut-il. Pour les femmes comme pour les immigrés ou pour les chômeurs, on n’est pas à l’abri de voir la psychiatrie s’insérer dans ces rapports de domination et ce n’est pas au nom de la science qu’on sera à l’abri. »
    Déclin de la lobotomie
    A partir de 1951, la lobotomie va rapidement décliner. « Deux médecins français de l’hôpital Saint-Antoine à Paris découvrent les neuroleptiques, raconte Louis-Marie Terrier. Ils seront commercialisés en 1952 en France et en 1956 aux USA. » Les interventions vont chuter pour devenir vraiment rares, même si les opérations perdureront un peu jusque dans les années 1980.

    « A ce moment-là, la lobotomie perd de son effet de mode et de sa pertinence, parce que la chimie va permettre d’intervenir sur le cerveau des malades, explique l’historien David Niget. « Ce qui est clair, c’est qu’on va beaucoup plus utiliser les neuroleptiques à l’égard des filles qu’à l’égard des garçons et ce, dès la fin des années 1950 et de manière assez massive. »

    #sexisme #gynocide #misogynie #psychiatrie #lobotomie

    • Véronique Fau-Vincenti, « Des femmes difficiles en psychiatrie (1933-1960) », Criminocorpus [En ligne], Varia, mis en ligne le 04 juin 2019.
      https://journals.openedition.org/criminocorpus/6120

      Alors que ceux désignés comme des aliénés difficiles dès 1910 ont fait l’objet d’une étude dédiée, restait à dévoiler des profils au féminin de « malades » désignées comme « difficiles » en psychiatrie des années 1930 à 1960. Le propos consiste ici à exposer le cas de femmes, parfois délinquantes et le plus souvent hors des normes attendues, qui ont été préemptées par les professionnels de la psychiatrie en raison de leurs attitudes ou de leurs actes.

      Mais surtout, en filigrane, se lisent les préjugés sociétaux et les tâtonnements médico-légaux appliqués à des femmes plus souvent dérangeantes que « dérangées » : filles-mère, rebelles, insoumises, délinquantes ou en rupture de ban ; celles internées à la section Henri-Colin de Villejuif se sont avérées être avant tout des cas sociaux embarrassants et par la même difficiles.

  • Das Bundesarbeitsministerium arbeitet an einem Gesetzentwurf, der e...
    https://diasp.eu/p/9136721

    Das Bundesarbeitsministerium arbeitet an einem Gesetzentwurf, der ein Recht auf Home Office in Deutschland festlegen soll. Wenn das private Büro allerdings funktionieren soll, müssen Arbeitgeber und Arbeitnehmer sich an feste Regeln halten. Home Office - Wo wollen wir arbeiten? #WDR5 #Neugiergenügt #Feature #03062019 #HomeOffice #Heimarbeit #Büro

  • #035 Strange Fruits reçoit Geoffrey Fiorese
    http://www.radiopanik.org/emissions/strange-fruits/-035-strange-fruits-recoit-geoffrey-fiorese

    Après 12 ans d’études de piano classique, Geoffrey Fiorese rencontre le jazz en intégrant le conservatoire d’Annecy en 2006. Au gré des rencontres et des découvertes, l’apprentissage de cette musique se transforme en véritable passion qu’il explore en parallèle de ses études supérieures de physique. Décidé à se consacrer pleinement à son art, Geoffrey intègre le conservatoire royal de Bruxelles en 2012, puis le Koninklijk Conservatorium Van Brussel en 2015. Il en ressort en Juin 2017 titulaire d’un Master avec grande distinction ainsi que le premier prix du conservatoire : Toots Thielemans Jazz Award, suite au brillant concert donné à l’occasion de son examen final avec son big band. Leader né, Geoffrey est à la tête de plusieurs formations, notamment le Geoffrey Fiorese Tentet réunissant 10 musiciens (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/strange-fruits/-035-strange-fruits-recoit-geoffrey-fiorese_06651__1.mp3

  • #034 Strange Fruits 100% musique
    http://www.radiopanik.org/emissions/strange-fruits/-034-strange-fruits-100-musique

    Playlist :

    Elder Ones : Dance Of The Subaltern (From Untruth - Northern Spy Records - 2019)

    Jessica Jones Quartet : Moxie (Moxie - - 2014)

    Ronin Arkestra : Redeye Reprisal (First Meeting - Albert’s Favourites - 2019)

    Joachim Caffonette Trio : A Mawda ( Vers L’Azur Noir - Neu Klang - 2019)

    Afro Blue Persuasion : Cuban Fantasy (Live at Haight Levels Vol. 2, 1967 - Tramp Records - 2019)

    Nubya Garcia : Lost Kingdoms (Nubya’s 5ive - Jazz Re:freshed - 2017)

    Goran Kajfes Tropiques : Traces Left Behind (INto The Wild - Headspin - 2019)

    MDC III : Sandman (Dreamhatcher - De Werf Records - 2019)

    DKV Trio & Joe Mc Phee : Impressions Of Knox : Variations on a theme by Joe Mc Phee (Disk 4, The Sugar Malpe, Milwuakee The Fire Each Time - 2019 - Not Two Records)

    Jonathan Finalayson : (...)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/strange-fruits/-034-strange-fruits-100-musique_06576__1.mp3

  • #032 Strange Fruits 100% musique - les maîtres du piano
    http://www.radiopanik.org/emissions/strange-fruits/-032-strange-fruits-100-musique-les-maitres-du-piano

    Playlist :

    Sun Ra : New Dawn

    Thelonius Monk : Don’t Blame Me

    McCoy Tyner : Three Flowers

    Sergey Kuryokhin : The Other Way (The Ways Of Freedom)

    Bill Charlap - New York Trio : How High The Moon

    Chick Corea : Straight Up and Down 1967 (Tones For Joan’s Bones)

    Aki Takase & Alex von Schlippenbach : The Morlocks

    Oscar Peterson : C Jam Blues

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/strange-fruits/-032-strange-fruits-100-musique-les-maitres-du-piano_06461__1.mp3

  • #031 Strange Fruits reçoit #Nathan_Daems
    http://www.radiopanik.org/emissions/strange-fruits/-031-strange-fruits-recoit-nathan-daems

    Nathan Daems a commencé à jouer du violon à 3 ans, du saxophone à 10 ans, de la guitare à 12 ans, de la percussion à 19 ans, etc. Avec ces premiers pas, il est devenu un voyage permanent de découverte musicale, apprenant et jouant partout dans le monde avec des tonnes de projets, en tant que leader. Il a partagé la scène ou le studio avec Bojan Z, David Shire, Brussels Philharmonic, le contrebassiste de Paco de Lucia, Alain Perez, Marko Markovic et Kocani Orkestar. En plus de cela, Daems est actuellement actif dans #Black_Flower, #Ragini_Trio et #Karsilama_Quintet et joue avec #Myrddin_De_Cauter (flamenco contemporain), #Dijf_Sanders (Transe indo jazz), #Tcha_Limberger (Balkan et swing gipsy) et le #Quatuor_Soolmaan (jazz turc). Il compose également de la musique pour des documentaires et des longs (...)

    #Black_Flower,Quatuor_Soolmaan,Tcha_Limberger,Ragini_Trio,Karsilama_Quintet,Myrddin_De_Cauter,Nathan_Daems,Dijf_Sanders
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/strange-fruits/-031-strange-fruits-recoit-nathan-daems_06385__1.mp3

  • Beauté des femmes, normes, sacrifices
    Femmes à travers l’Histoire : « sois laide et tais-toi ! »

    https://information.tv5monde.com/terriennes/femmes-travers-l-histoire-sois-laide-et-tais-toi-278816

    Dès le début, cela commence mal, très mal, pour les femmes.

    Dans Hippolyte, la pièce d’Euripide, ce contemporain de Socrate écrit sans ciller : "La femme est un mal. Le père qui l’a engendrée et nourrie lui adjoint une dot. L’époux qui prend dans sa maison ce parasite s’amuse à parer la méchante idole et se ruine aux belles toilettes, le malheureux détruisant peu à peu le bien de sa famille (...) Soyez maudites. Jamais je ne pourrai rassasier ma haine contre les femmes (...) Elles ne cessent de faire le mal".

    Claudine Sagaert, sociologue et professeur de philosophie explique : "Dès la Grèce antique, ce n’est pas telle ou telle femme qui est jugée laide, c’est LA femme. On voit se mettre en place une conception de la femme laide qui va partir d’une dimension physiologique. De cette dimension physiologique, on va en déduire une dimension négative du point de vue intellectuel et du point de vue moral".

    Dans son ouvrage Histoire de la laideur féminine (Imago édition) l’auteure passe en revue, explique et décortique les anathèmes qui touchent les femmes laides. Claudine Sagaert s’est appuyée sur des textes philosophiques, médicaux et littéraires.
    Pour un résultat assez stupéfiant.
    Femmes, "Vomissures de la terre"
    Les siècles qui passent ne calment pas les choses. Bien au contraire.
    la sorcière est souvent assimilée à une femme hideuse, résultat d&#039;un commerce avec le diable
    la sorcière est souvent assimilée à une femme hideuse, résultat d’un commerce avec le diable

    Jean Baptiste Louis de Thesacq, médecin français du XVIIIe siècle, affirme : "dire du mal des femmes a été, pour le Moyen Âge, comme pour l’Antiquité, un des lieux communs de la littérature".

    La toute puissante Eglise catholique fait mieux que cela : elle les condamne. Si Marie, mère de Jésus, représente pour les chrétiens la pureté absolue (la voici enceinte bien que n’ayant jamais eu de rapport sexuel avec Joseph, son mari), Eve, mère de l’humanité, incarne à jamais la tentation (elle a mordu, la fourbe, dans le fruit défendu au jardin d’Eden).

    Et surtout, gare aux femmes laides ! Bernardin de Sienne, franciscain prédicateur du XVème siècle, va jusqu’à les traiter de "vomissures de la terre" !
    La laideur au couvent
    Dans son ouvrage, Claudine Sagaert nous rappelle qu’au Moyen-Âge la jeune femme qui souffre d’une disgrâce est envoyée illico dans un couvent tant sa présence au sein
    Nonnes dînant en silence, tout en écoutant la lecture de la Bible (<em>Humilité</em>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pietro_Lorenzetti&quot ; title="Pietro Lorenzetti">Pietro Lorenzetti</a>, 1341
    Nonnes dînant en silence, tout en écoutant la lecture de la Bible (Humilité, Pietro Lorenzetti, 1341
    Wikipedia
    de la famille est perçue comme une insulte. Une femme laide "n’a pas sa place dans le monde, elle y est comme déplacée". Et même au couvent, à l’abri du monde, elle continue de déranger : "Les ecclésiastiques se plaignaient amèrement que les pères marient leurs filles les plus gâtées et abandonnent au Seigneur les plus laides". Pas très catholique pour des hommes d’Eglise...

    La femme laide suscite un rejet, parfois de la haine, jamais de l’indifférence. Elle est une tâche, un rebut, une erreur de casting dans la grande mise en scène de la société, le long métrage de l’existence.
    Forcément encombrante puisque non désirée, non charnelle, non "fécondable", elle doit vivre avec une honte originelle et, surtout, ne pas se faire remarquer, s’effacer autant que possible.

    L’intelligence lui est refusée, la sexualité défendue. Elle est une ennemie désagréable pour tous les hommes mais aussi, pour les femmes, la projection pénible d’un cauchemar vivant.

    Pourquoi ne t’achètes-tu donc pas une paire de lunettes, espèce de laide et vieille salope ?

    Des voyous insultant la chanteuse Susan Boyle
    "La vieille fille laide à sa fenêtre"

    Parmi ces bannies, citons encore "les vieilles filles", un terme qui, selon l’auteure, "indique déjà qu’elle n’est pas une femme. Genre hybride, elle est une fille déjà vieille. Elle n’a donc pas de réel statut". Et de citer plusieurs auteurs, et non des moindres, qui trempèrent leur plume dans la plus acide des encres pour évoquer leur existence.
    Alexandre Dumas : "A l’annonce de la vieille fille, il eût fallu voir les hochements de tête, les grimaces, les sourires de commisération ou de raillerie (..) tous enfin bâtissaient sur ce seul mot de vieille fille un échafaudage de conjectures fâcheuses".
    <em>"Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles : il ne s&#039;y passe pas le moindre événement qu&#039;elle ne le voie, ne le commente et n&#039;en tire toutes les conséquences" </em>écrit Balzac.
    "Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles : il ne s’y passe pas le moindre événement qu’elle ne le voie, ne le commente et n’en tire toutes les conséquences" écrit Balzac.
    Pixabay

    Octave Mirbeau :" Elle était fort laide, si laide que personne jamais ne l’avait demandée en mariage, malgré ses six mille livres de rente. (...) Elle avait, en m’embrassant furieusement, des gestes si durs, des mouvements si brusques, que je préférais encore qu’elle me pinçât le bras". Balzac : "Il n’y a rien de plus horrible à voir que la matinale apparition d’une vieille fille laide à sa fenêtre
    Zola et "les repoussoirs"
    Il y a aussi la redécouverte de cette étonnante nouvelle signée Zola, Les repoussoirs.
    Un industriel à l’idée un tantinet cruelle d’inventer un nouvel "article de toilette". Il charge plusieurs courtiers de "recruter" des femmes particulièrement laides dans Paris.
    L&#039;écrivain Emile Zola
    L’écrivain Emile Zola
    (Domaine public)

    L’industriel ne retient que "les faces décourageantes, celles qui glacent par leur épaisseur et leur bêtise". Il va louer leur laideur. Les bourgeoises se précipitent.

    Accompagnées de ces laiderons, elles voient leur beauté aussitôt rehaussée et cet étrange attelage dans les rues est censé séduire les hommes. L’affaire rencontre un grand succès.
    L’écrivain précise : "Le bureau était entouré de clientes qui choisissaient chacune son repoussoir et l’emportaient avec une joie féroce".

    Emile Zola, loin de jubiler sur le sort de ces "repoussoirs" dénonce là l’immense solitude de ces femmes laides. Il condamne cet argent qui peut tout acheter, jusqu’à la dignité des êtres. Lucide, l’écrivain conclut : "Qu’importe au progrès une femme qui souffre ! L’humanité marche en avant."

    Visionnaire Zola...

    Le combat des laides a été celui de toutes celles qui, par leur engagement, se sont autorisées à être fécondes autrement que par leur ventre.

    Claudine Sagaert
    "Le féminisme dénature la femme"
    La féministe occupe une place de choix dans cette farandole de l’exclusion. Ses activités, la défense de la femme et la légitime revendication de ses droits, ne peuvent que la rendre laide. L’auteure note : "Elle s’intéresse à autre chose qu’aux hommes et à leurs désirs. Ainsi, le féminisme dénature la femme, la précipite dans la laideur".

    Dès lors, il
    Le journal satirique <em>L&#039;assiette au beurre</em> du 18 septembre 1909, intitulée "Féminisme et féministes".
    Le journal satirique L’assiette au beurre du 18 septembre 1909, intitulée "Féminisme et féministes".
    s’agit de caricaturer les féministes avec une outrance souvent délirante.
    L’enjeu est de rire mais, surtout, ne pas leur permettre d’accéder au pouvoir politique. Lui seul autoriserait une amélioration du droit des femmes.
    Inadmissible.

    Les féministes sont donc osseuses, odieuses, grimaçantes, non désirables, mais aussi sans scrupule. Ces suffragettes obéissent, pour reprendre l’expression d’un propagandiste franquiste, à une "compensation de frustration hormonale".

    Délicat.

    On ne leur reconnaît à ces féministes (forcément hystériques) aucune intelligence particulière. Elles s’acharnent à vouloir braconner sur des terres interdites.
    Pour les femmes, de toutes les façons, il n’y a guère d’échappatoire. "Belle, la femme est idiote, intelligente, elle est laide", écrit Claudine Sagaert. En somme, le combat des laides a été celui de toutes celles qui, par leur engagement, se sont autorisées, au sens fort du terme, à être fécondes autrement que par leur ventre".


    Le cas Susan Boyle
    L’ouvrage balaie aussi notre époque. Il évoque brièvement le cas emblématique de Susan Boyle. Souvenons-nous. Cette artiste au physique hors norme participe en 2009 au télé-crochet anglais "Britain’s got talent". Lorsqu’elle se présente sur scène, quelques sifflets
    L&#039;actrice et chanteuse Rossy de Palma à Cannes en 2015. Elle est l&#039;une des artistes favorites du réalisateur Pédro Almodovar.
    L’actrice et chanteuse Rossy de Palma à Cannes en 2015. Elle est l’une des artistes favorites du réalisateur Pédro Almodovar.
    Georges Biard, CC BY-SA 3.0 (commons.wikimedia.org)
    fusent et la caméra capte les regards dégoûtés parmi le public. Une cascade de rires accompagne l’aveu de son âge (47 ans). Tout cela s’éteint quelques minutes plus tard quand s’élève sa voix, pure, puissante, indiscutable. A la stupéfaction générale, Susan Boyle semble révéler au monde tout entier qu’on peut être laide et talentueuse.

    Elle accède au rang de star et ses albums, du jour au lendemain, se vendent par millions.
    Mais la célébrité planétaire n’immunise pas contre la bêtise.

    En juin 2017, des voyous s’en prennent à la chanteuse quand, un jour, elle est assise tranquillement dans un bus. Un témoin raconte au quotidien The Telegraph : “Une dizaine ou une quinzaine d’entre eux l’ont cernée et ont commencé à lui lancer des objets. Ils ont mis le feu à un morceau de papier et lui ont jeté au visage. Susan Boyle gagne la sortie sous les insultes qui continuent de pleuvoir : "Pourquoi ne t’achètes-tu donc pas une paire de lunettes, espèce de laide et vieille salope ?"

    Rossy de Palma, l’actrice révélée par le cinéaste espagnol Pedro Amodovar a eu, elle aussi, à souffrir des quolibets durant son enfance. Mais de son physique à nul autre pareil, elle a fait une force. Lors d’un entretien au magazine Paris-Match, elle confiait : "J’avais hâte de quitter l’école, je croyais ainsi pouvoir échapper à la bêtise. Malheureusement, ça ne s’est pas passé comme je le pensais. Je me suis rendu compte que la vie est une grande cour de récréation qu’on ne quitte jamais."

    <em>"La laideur physique n&#039;est pas signe de laideur morale" </em>rappelle Claudine Sagaert
    "La laideur physique n’est pas signe de laideur morale" rappelle Claudine Sagaert
    (Pixabay)
    Un narcissisme industriel
    Notre époque, avec cette mode hystérique des selfies, cette mise à disposition volontaire et à volonté de son image, ce narcissisme quasi industriel exclut, de facto, celles et ceux qui ne répondront jamais aux critères de beauté en vigueur (grands yeux, petit nez, petit menton, bouche charnue, pommettes larges et hautes etc.).
    Sans parler des personnes obèses, anorexiques. "Chacun dans la société contemporaine est ainsi reconnu responsable de son corps et de son visage", appuie Claudine Sagaert "La femme est restée femme grâce à son apparence. On l’appréhende toujours de ce point de vue". Bien entendu, aujourd’hui, personne n’impose à la femme d’être belle, il n’y a pas de dictateur mais disons que c’est un "dictateur intériorisé". La femme ne doit pas avoir de ride, être en surpoids, elle doit soigner son apparence, au risque d’être coupable. On va lui attribuer un certain nombre de défauts : elle manque de volonté, elle est irrespectueuse envers elle-même et envers les autres, etc. Il y a, à notre époque, une normalisation de l’apparence, qui est extrême, et cela dans le monde."
    (Pixabay)

    Dans le monde, vraiment ? " Ecoutez, j’ai vécu six ans au Brésil et ce qui m’a vraiment questionnée dans les pays d’Amérique Latine, c’est que toute la représentation dans la publicité, ce sont des femmes blanches, blondes et souvent très minces. Vous imaginez dans un pays comme le Mexique et le Pérou, où les gens sont typés ? Ca ne correspond pas du tout à leur physionomie ! Quelque part, cela provoque un déni d’identité. Il y a aussi les Asiatiques qui se font débrider les yeux, les Africains et Africaines qui se font blanchir la peau. On comprend que les normes sont extrêmement bien ancrées. Ce qui est plus grave, c’est que l’individu lui-même, dès lors, ne se sent pas à la hauteur. Il sait que dans le domaine de l’emploi, des rapports amoureux, si son apparence ne correspond pas à un certain type de diktat, eh bien il ne sera pas recruté, ou il aura moins de chance lors de relations amoureuses ".

    L’apparence obéit à une mécanique infernale. Et si une femme se trouve un jour frappée de disgrâce, il peut lui arriver d’endosser une sombre culpabilité. Parce que la société la juge responsable de son physique. La voici tout à coup honteuse d’elle-même. "Victime, elle considère paradoxalement ces critiques comme justifiées, elle les intègre au point d’oeuvrer à sa propre dévalorisation".
    Infernal.

  • Durant 50 ans, 84 % des lobotomies furent réalisées sur des femmes, en France, Belgique et Suisse | Lynda Zerouk
    http://information.tv5monde.com/terriennes/durant-50-ans-84-des-lobotomies-furent-realisees-sur-des-femme

    Une étude, menée par trois neurochirurgiens français, révèle que sur 1129 patients lobotomisés entre 1935 et 1985 en Belgique, en France et en Suisse, 84% des sujets étaient des femmes. Un chiffre qui montre combien les discriminations et les préjugés liés au genre influencent les pratiques médicales et comment la psychiatrie s’insère dans les rapports de domination. Source : Terriennes

    • #sexisme #femmes #psychiatrie #lobotomie #medecine #violences_medicales #violences_masculines

      La première à passer sur la table d’opération sera une femme. Egas Moniz pratique, le 12 novembre 1935, sa première lobotomie sur une ancienne prostituée de 63 ans, souffrant de mélancolie et d’idées paranoïaques. Son histoire ou plutôt son triste sort, Carlos Parada le raconte en détail dans Toucher le cerveau, changer l’esprit (Editions PUF) et le neurochirurgien Marc Lévêque dans son ouvrage, La chirurgie de l’âme (JC Lattès), co-écrit avec Sandrine Cabut. On y apprend que la patiente avait été transférée la veille, « de l’asile de Bombarda vers le service de Moniz », qui avait programmé cette intervention dans le plus grand secret. Deux mois après l’opération, le médecin conclut « au succès ». La femme étant devenue plus « docile », « le bilan n’est pas si négatif ».

      L’absence de consentement d’une femme ou d’une jeune fille était moins grave que pour un homme.
      David Niget, historien
      Qui viendra la plaindre ? « C’est l’une des clés de la lobotomie explique David Niget, maître de conférence en Histoire à l’université d’Angers et chercheur au Laboratoire CERHIO. Cette pratique était controversée, mais l’absence de consentement d’une femme ou d’une jeune fille était moins grave que pour un homme, qui par ailleurs pouvait demander plus facilement une intervention chirurgicale sur son épouse que l’inverse. Et socialement, le corps des femmes est davantage considéré comme disponible à l’expérimentation. »
      Un traitement différencié dès l’adolescence
      Loin d’être l’unique facteur, cet universitaire, co-auteur avec Véronique Blanchard de l’ouvrage Mauvaises filles (Editions Textuel), rappelle que le tout début du 20 ème siècle est marqué par « une progressive médicalisation de la déviance juvénile féminine ». La science va se conjuguer avec la morale pour renforcer le contrôle de leurs comportements.

      « A travers les statistiques des institutions dites d’observation de l’époque et qui appartiennent au champ de la justice des mineurs, on va s’apercevoir qu’il existe des prises en charge psychiatriques beaucoup plus fréquentes pour les filles que pour les garçons, souligne David Niget. En effet, quand le comportement des garçons est un peu irrégulier, erratique, ou violent, on considère que le problème est social. Qu’il peut se régler avec de l’encadrement, la réinsertion par le travail et puis une bonne hygiène de vie. » Les garçons pouvaient même être facilement « héroïsés ». Comme on peut le voir aujourd’hui autour de la figure du « bad boy » censé représenter la virilité.

      « Pour les filles, de manière très différenciée, on demeure dans le registre de la moralité, du danger social, d’un problème mental psychiatrique qu’il faut prendre en charge, poursuit-il. Avec l’idée générale que l’objet à traiter c’est le corps. Un corps problématique, dangereux, malsain dévié d’une certaine manière de sa finalité qui est de donner la vie, de procréer. »

      Lire aussi :
      > Qui sont "ces mauvaises filles " ? Des rebelles subversives
      En outre, les filles séjournent bien plus longtemps dans ces institutions et développent par conséquent des comportements anti-institutionnels. « Dans cette logique, poursuit le chercheur, elles vont être étiquetées comme « des incorrigibles » ou encore comme des hystériques - terminologie qui signifiait par étymologie une excitation anormale de l’utérus qui produit des comportements désordonnés - ou bien comme des déprimées et des suicidaires qu’il faut protéger d’elles-mêmes, ce qui va, là encore, justifier et même imposer un mode de traitement lourd. »
      La lobotomie hors contexte psychiatrique
      Aussi n’est-il pas étonnant de voir certains patients subir une lobotomie sans qu’aucune maladie psychiatrique ne soit diagnostiquée. Comme le rapporte Louis-Marie Terrier, « des personnes ont également été lobotomisées pour des problèmes de douleurs secondaires découlant de cancers et qui résistaient aux traitements médicaux ».

      Un cas est d’ailleurs resté célèbre, celui d’Eva Peron, la femme du dirigeant populiste argentin
      Eva Peron, épouse du dictateur argentin, Juan Peron lobotomisée pour soulager des douleurs provoquées par un cancer de l&#039;utérus. (c) DR
      Eva Peron, épouse du dictateur argentin, Juan Peron lobotomisée pour soulager des douleurs provoquées par un cancer de l’utérus. (c) DR

    • « A ce moment-là, la lobotomie perd de son effet de mode et de sa pertinence, parce que la chimie va permettre d’intervenir sur le cerveau des malades, explique l’historien David Niget. « Ce qui est clair, c’est qu’on va beaucoup plus utiliser les neuroleptiques à l’égard des filles qu’à l’égard des garçons et ce, dès la fin des années 1950 et de manière assez massive. »

  • MAIS QUI A INVENTE MAI 68..ILS SONT SOUS LE COUVERCLE GAYSSOT _KERDREL MEMOIRE COURTE
    https://www.valeursactuelles.com/politique/me-fontana-lunion-des-medias-et-des-juges-cest-le-tribunal-revolut

    , personne ne peut leur demander des comptes". Photo © Patrick Iafrate" title="Me Philippe Fontana : "dans l&#039;esprit de ces juges, personne ne peut leur demander des comptes". Photo © Patrick Iafrate" typeof="foaf:Image" />

  • Un brouillon de JK Rowling révèle une technique d&#039;écriture - Les univers du livre
    https://www.actualitte.com/article/monde-edition/un-brouillon-de-jk-rowling-revele-une-technique-d-ecriture/53500

    Il s’agit d’un tableau préalable à la rédaction du cinquième tome de la série aux petits sorciers : L’Ordre du Phénix, et plus précisément ses chapitres 13 à 24. A la manière d’un séquencier du 7e Art, le tableau simplifie la trame de l’histoire en une succession de séquences résumées.

    #écriture

  • #Azyle vs. #RATP #graff : le juste prix
    http://blogs.mediapart.fr/blog/hugo-vitrani/061015/azyle-vs-ratp-le-juste-prix

    Hugo Vitrani

    06 octobre 2015 | Par Hugo Vitrani

    Azyle est une légende vivante du graffiti français. La RATP évalue le préjudice de ses peintures à 190.000 euros. Un chiffre qui sera contesté, preuves et procès-verbal d’huissier à l’appui, mercredi 7 octobre 2015 à 13h30 devant la Cour d’Appel de Paris, date d’un procès historique du graffiti qui cible l’opacité des devis constamment produits par la RATP.
    M. 02, 2007M. 02, 2007 © azyle

    Si les arts urbains ont désormais pignon sur rue au musée, dans le marché de l’art et même à l’Assemblée nationale, la première institution qui s’est intéressée à ce mouvement est judiciaire. Article 322-1 du Code Pénal oblige : est puni le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins sans autorisation préalable sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain. Dans sa version pure et dure, le graffiti sur métro n’est pas à vendre et les cotes des artistes frappées par les juges sont négatives… et souvent spéculatives.

    Héritage du graffiti new yorkais, le métro est la cible la plus prestigieuse aux yeux des graffeurs dits « hardcores », ce qui a contraint la RATP a revoir totalement sa sécurité (maîtres-chiens, caméras, détecteurs de mouvement, collaboration avec la brigade anti tag) et son matériel (plastification des rames du métro pour protéger la carrosserie contre la peinture). Selon la RATP, le coût des dégradations atteindrait des dizaines de millions d’euros par an… Il est pourtant impossible d’obtenir des chiffres exacts qui isolent les graffitis du vandalisme quotidien (lacération de fauteuils, impacts de projectiles, traitement des déchets et des chewing gums, etc.). Impossible également d’obtenir des chiffres qui n’intègrent pas les moyens mis en oeuvre pour lutter contre le graffiti de manière préventive et qui relèvent pourtant simplement du bon fonctionnement d’un service public.
    M. 11, 2007M. 11, 2007 © azyle

    Conclusion d’une longue enquête digne d’un mauvais polar, Azyle a été arrêté en 2007 après 17 ans de peinture illégale dans le métro parisien (mais aussi sur quelques chars d’assaut de l’armée ou sur le Concorde). Légende vivante du milieu, Azyle s’est imposé dans l’histoire de l’art en affirmant ne pas être un artiste et en restant dans l’ombre de son anonymat et de ses peintures systématiquement détruites. Sa spécialité ? Le style « punition » : il répétait à l’infini son tag jusqu’à en rendre les lettre abstraites et illisibles grâces à des jeux de recouvrements, de superpositions, de projections, de mélanges des matières, des peintures, des solvants et des encres. Estimation du préjudice : 190.000 euros pour les peintures exécutées entre 2004 et 2007 (les autres plus anciennes sont prescrites).

    Azyle a avoué les faits - ce qui est rare dans le milieu - mais il conteste les méthodes de calcul de la RATP connues pour être opaques. Payer, oui, mais le juste prix (autour de 40.000 euros selon son avocat). Un jeu d’enfant pour cet ingénieur automobile d’une grande entreprise française et très réputé dans sa discipline (la soudure des tôles). Il décide alors de reproduire devant un huissier (et les journalistes de Clique.tv et de Mediapart) le processus de nettoyage de la RATP et obtient une moyenne qui contredit complètement les estimations de la partie civile. Là où la RATP revendique une heure de nettoyage pour un mètre carré de peinture, Azyle obtient une moyenne entre 2 et 10 minutes en fonction du temps de séchage de la peinture (48h, 24h, 2h) et le temps d’action des solvants anti graffiti sur la peinture à effacer. Il s’explique dans cette vidéo pour Mediapart, court extrait d’un long entretien inédit qui sera intégralement publié à la suite de son audience du 7 octobre en Cour d’Appel :

    Le procès d’Azyle est emblématique des lacunes flagrantes de la lutte anti-graffiti. Mediapart avait rendu compte en juin 2011 du très symbolique procès de Versailles (lire ici) où la Justice s’était montrée clémente envers les 56 prévenus. Depuis, les peines isolées se durcissent, allant parfois même jusqu’à de la prison ferme (lire ici notre portrait de Boris, passé par la prison de Fleury-Mérogis pendant 4 mois l’été dernier). Son complice présumé, Cokney, également mis en examen, avait déjà été condamné lors d’un autre procès en 2014 à 228.000 euros d’amende. Son dossier judiciaire révélait lui aussi de très nombreuses incohérences dans les devis fournis par la RATP et la SNCF. Autant de documents que nous avions publiés dans un ouvrage « Chiaroscuro » (ed. Classic Paris, 2015) et qui faisait de sa procédure judiciaire une oeuvre d’art.
    Nettoyage d&#039;une peinture de azyleNettoyage d’une peinture de azyle © azyle

    Débat sur la gravité du dommage - lourd ou léger - provoqué par la peinture. Devis en double ou en triple. Facturations multiples pour des mêmes dégradations, mais avec des devis différents (dates de plaintes différentes, estimations de la surface dégradée différentes, estimation du préjudice différent). Devis pour des peintures qui n’ont pas été nettoyées et qui sont sur des rames réformées. Estimation litigieuse du temps de nettoyage des rames et du coût en fonction du jour ou de la nuit. Evaluation du préjudice moral… Demain Azyle soulèvera de nouveau devant un juge toutes ces zones d’ombres presque toujours écartées par les juges qui ne rentrent pas assez dans le détail des dossiers liés au graffiti.

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    Nouveau 06/10/2015, 23:04 | Par Lucidity

    Qu’il paye...

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    Alerter

    Nouveau 07/10/2015, 00:02 | Par Ouilya en réponse au commentaire de Lucidity le 06/10/2015 à 23:04

    Payer, mais combien ? C’est là que le bât blesse !

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    Alerter

    Nouveau 07/10/2015, 01:16 | Par alexandre senequier en réponse au commentaire de Ouilya le 07/10/2015 à 00:02

    Une condamnation pour dégradation doit-elle être égale à la somme des réparations ? Vous pensez vraiment ça ?

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    Alerter

    Nouveau 07/10/2015, 13:09 | Par t.cousin en réponse au commentaire de alexandre senequier le 07/10/2015 à 01:16

    C’est une question de juridiction. Au pénal, il n’y a pas de proportionnalité requises, c’est le fait d’enfreindre ou d’essayer enfreindre la loi qui est puni. Mais visiblement ici on débat sur un jugment au civil, non au pénal. Il s’agit donc d’estimer le préjudice subi et la réparation à payer qui en découle. Les deux jugements, en civil et en pénal, ne s’opposent pas l’un à l’autre. Mais il convient de ne pas faire de confusion entre les deux. Ce graffeur conteste ici l’estimation du préjudice subi, c’est tout.

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    Nouveau 07/10/2015, 13:27 | Par Charles-Hubert de Girondiac en réponse au commentaire de alexandre senequier le 07/10/2015 à 01:16

    Deux choses : le dédommagement du préjudice, l’amende au pénal. L’enjeu est très fort : protéger le bien commun contre tous ses prédateurs, à savoir Areva, bouygues, Peugeot, Monsanto, bolloré, vw, leclerc qui vont bientôt, eux aussi, se revendiquer « artistes »...

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    Nouveau 07/10/2015, 00:01 | Par victorutopie@yahoo.fr

    la ratp-sncefe ferait mieux de s’occuper des lignes qui ferment,des retards de plus en plus fréquent et de la crise de marketing-qui-pue,nous faire des rames de plus en plus tartignoles.

    Lucidity en veilleuse,je vous rappelle que tout le monde paiera à la fin.

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    Nouveau 07/10/2015, 01:31 | Par ww en réponse au commentaire de victorutopie@yahoo.fr le 07/10/2015 à 00:01

    En quoi le fait de recouvrir les vitres, de lacérer et de saloper les sièges, de jeter ses détritus n ’importe où et d’IMPOSER aux autres ses gribouillages et son égo pathologique améliore-t-il les choses ? En quoi les retards de la SNCF et le reste justifient-ils ces comportements débiles de prédation ? Cet ingénieur automobile d’une grande industrie française prend-il souvent les transports en commun ?

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    Nouveau 07/10/2015, 14:14 | Par kahwajia en réponse au commentaire de ww le 07/10/2015 à 01:31

    graffiti = gribouillage = chewing-gum = détritus n’importe où = égo pathologique = prédation

    quand c’est pas des hiérarchie vertigineusement impiffrables, c’est des lignes d’égalités horizontales à perte de vue et de logique. consolider la base de l’échelle koa, l’archibase paquerettes de tout ce qui peut pas grimper l’échaffaud-age, ce qui monte pas sauf en impingle pour faire mousser le légitime sommet. attention prédation.

    ah la géométrie v.

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    Nouveau 07/10/2015, 00:22 | Par JayRay

    Ha le mec qui ne pense qu´à sa gueule ! S´il avait épargné les fenêtres de wagons, ca aurait pu avoir un intérêt, mais là c´est de la dégradation pure et simple. Asyle tu coutes cher à l´usager, juste pour ton ego-trip.

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    Nouveau 07/10/2015, 00:28 | Par wtf

    bakazyle !

     ;)

    Te souhaite d’arriver à faire la nique à la RATP en justice, ce serait beau.

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    Nouveau 07/10/2015, 01:12 | Par alexandre senequier

    Le mec pourrit des wagons entiers, pourrit la vie des usagers (c’est sympa de rien voir dehors quand les vitres sont complètement repeintes ?), coûte du pognon à la collectivité, et EN PLUS, il mégote sur l’étendue des dégâts ??

    Mais en taule, mon pote !

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    Nouveau 07/10/2015, 10:44 | Par habitus en réponse au commentaire de alexandre senequier le 07/10/2015 à 01:12

    En taule... Vous voulez faire d’un graf’eur un vrai bandit ?

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    Nouveau 07/10/2015, 02:07 | Par InternetDev

    La RTAP devrait lui faire néttoyer les Wagons puisqu’ils sait aller plus vite qu’eux.

    Et même le payer pour son éfficacité....

    Celà dit, ces tags dont vraiment pourris, mais ça ne vaut pas une peine aussi géante.

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    Nouveau 07/10/2015, 02:16 | Par Gaspard Patoureau

    Franchement, la teneur des commentaires que j’ai pu observer me désolent ...

    Comme si le graf n’était qu’un « ego-trip » ou le fait de saloper des wagons ... et oh, c’est avant tout un moyen d’expression, non ? Et les « en taule mon pote » j’en parle même pas tellement c’est accablant.

    Au moins quand l’on voit un graf sur le métro ben ça nous fait un tant soit peu réfléchir, ça nous fait mijoter, plutôt que de se zombifier et de voir ces rames identiques dépourvues d’identités alors que chacune est essentiellement différentes.

    Et pour finir c’est quoi cette logique punitive de merde ? Si on vous écoute la marginalité n’a pas sa place dans notre société alors que c’est bien elle qui fait avancez les choses ...

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    Nouveau 07/10/2015, 02:34 | Par Georges Râleur en réponse au commentaire de Gaspard Patoureau le 07/10/2015 à 02:16

    la marginalité a sa place dans la société, mais celle ci serait donc = dégradations de biens publics ?

    J’aime l’art et j’admire les artistes, mais pas quand celui ci est imposé de cette manière. Il n’y a aucune raison que ce soit la collectivité qui paie les oeuvres d’un artiste, que celui ci a imposées

    Faire des grafittis non autorisés, pour moi, est une sorte de vente forcée. Mais ici, les payeurs sont forcément les usagers, in fine

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    Nouveau 07/10/2015, 12:04 | Par jean-philippe vaz en réponse au commentaire de Georges Râleur le 07/10/2015 à 02:34

    Que dire des monceaux de publicités qui nous sont imposées et qui n’apportent rien à l’usager (si ce n’est nous enfoncer encore plus dans une société uniquement de consommation) ?

    Le terme « vente forcée » est beaucoup plus adapté à la pub qu’au cas de cet artiste, qui lui ne tire aucun profit de son acte...C’est un acte artistique engagé dans le sens où il nous fait débattre sur la notion d’espace public et de liberté des uns et des autres. Qui plus est, Azyle ne cherche pas à se dégager de ses responsabilités, mais ne souhaite visiblement pas être le dindon de la farce...Donc le « payeur » ne sera pas l’usager (si c’est cela qui vous « inquiète »)...

  • En célébrant le « Jour de la victoire », Moscou dessine une nouvelle carte géopolitique - Page 1 | Mediapart

    http://www.mediapart.fr/journal/international/080515/en-celebrant-le-jour-de-la-victoire-moscou-dessine-une-nouvelle-carte-geop

    En célébrant le « Jour de la victoire », Moscou dessine une nouvelle carte géopolitique

    08 mai 2015 | Par Amélie Poinssot

    Ce sera la commémoration la plus spectaculaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a annoncé le Kremlin. Vladimir Poutine n’a de cesse, depuis l’an dernier, d’utiliser la « Grande Guerre patriotique » pour asseoir sa politique étrangère. Après quelques tergiversations, les chefs d’État européens ont quasi unanimement décliné l’invitation du président russe à ce 70e anniversaire.

    #russie #poutine #géopolitique #visualisation #cartographie_potentielle

    • En célébrant le « Jour de la victoire », Moscou dessine une nouvelle carte géopolitique

      08 mai 2015 | Par Amélie Poinssot

      Ce sera la commémoration la plus spectaculaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a annoncé le Kremlin. Vladimir Poutine n’a de cesse, depuis l’an dernier, d’utiliser la « Grande Guerre patriotique » pour asseoir sa politique étrangère. Après quelques tergiversations, les chefs d’État européens ont quasi unanimement décliné l’invitation du président russe à ce 70e anniversaire.

      Ici c’est la fin de la « Seconde Guerre mondiale », là-bas c’est le « Jour de la Victoire » qui a mis fin à la « Grande Guerre patriotique »… Ici, les commémorations ont lieu le 8 mai ; à Moscou, les commémorations se tiennent le 9 mai – l’acte définitif de capitulation de l’Allemagne nazie ayant été signé le 8 mai à Berlin à 23 heures passées, soit un jour plus tard pour le fuseau horaire moscovite.

      Les divergences d’interprétation entre Moscou et les pays européens ne sont pas que symboliques. Pour ce 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre, elles semblent même poussées à leur paroxysme. À une exception près, aucun chef d’État européen ne se rendra à Moscou, alors que Vladimir Poutine s’était rendu, lui, aux 70 ans du débarquement en Normandie, en juin de l’année dernière.

      Assister ou non aux commémorations organisées sur la place Rouge : la question en a embarrassé plus d’un sur le continent. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, où est intervenue directement l’armée russe, de la politique européenne de sanctions et de l’embargo russe sur l’agroalimentaire européen, le dialogue semble aujourd’hui rompu entre Moscou et les membres de l’UE. Dans l’est de l’Ukraine, les combats continuent malgré l’accord de Minsk signé en février. Preuve de cet embarras : les annonces contradictoires sur les représentants qui feront le déplacement, les indécisions et les échanges entre les chancelleries jusqu’à trois jours avant la cérémonie – tout cela sur fond d’intox du côté du Kremlin. Ainsi d’après l’agence russe Tass, Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, assurait le 17 mars dernier : « Nous attendons le président tchèque, le chef du gouvernement slovaque, le premier ministre grec, le président chypriote. »
      70e anniversaire de la Victoire !70e anniversaire de la Victoire ! © CB

      Des quatre cités, seul le dernier assistera à l’ensemble des cérémonies. « C’est une commémoration qui a toujours existé et qui n’a aucun rapport avec le conflit en Ukraine », nous assure un de ses conseillers pour justifier la position chypriote. « Nous rendons hommage à tous ceux qui se sont sacrifiés pour lutter contre le nazisme, et nous serons présents également aux commémorations du 8 mai organisées à Gdansk, en Pologne. » Mais la décision du président Nikos Anastasiadis de défiler aux côtés de Poutine, à rebours de ses homologues européens, ne doit rien au hasard. Nicosie, où se nichent de gros intérêts économiques russes, a joué ces derniers mois le rapprochement avec Moscou. Le chef d’État chypriote s’y est rendu début mars pour signer un certain nombre d’accords, autorisant notamment aux navires de guerre russes l’accès aux ports chypriotes de Limassol et de Larnaca.

      Deux autres pays envoient leur ministre des affaires étrangères : la Slovénie et la France, qui doit encore trouver une issue après la suspension de la vente des porte-hélicoptères Mistral à la Russie. Mais ni l’un ni l’autre n’assisteront au défilé militaire. La République tchèque envoie son président Milos Zeman, lequel n’assistera pas non plus au défilé comme il l’avait annoncé initialement, en raison de la levée de boucliers que cette perspective a suscitée à Prague. Angela Merkel de son côté évite soigneusement le protocole : la chancelière allemande se rend à Moscou au lendemain des célébrations, le 10 mai, pour rencontrer Vladimir Poutine. Elle déposera à cette occasion une gerbe de fleurs devant le mémorial dédié à la guerre… ce qui n’a pas empêché le service de presse de la présidence russe d’annoncer, hier, la présence au plus haut niveau de l’Allemagne pour les cérémonies du 9 mai, alors que Berlin n’y envoie en réalité que son ambassadeur.

      Au bout du compte, la plupart des Vingt-Huit seront représentés dans le défilé militaire par l’échelon minimal : leur ambassadeur à Moscou. Idem pour l’Union européenne : c’est son délégué permanent dans la Fédération de Russie, Vygaudas Ušackas, qui participera au défilé, un Lituanien qui jouera là son rôle de représentation tandis que son pays est plutôt partisan, avec les deux autres pays baltes et la Pologne, de la ligne dure face à Moscou.

      Pour expliquer cette absence d’officiels de haut rang de la cérémonie russe, la plupart des chancelleries européennes, les plus hostiles comme les plus favorables au Kremlin, évoquent des agendas chargés et la volonté de suivre une approche commune. À Athènes, l’entourage d’Alexis Tsipras rappelle que le premier ministre grec était déjà à Moscou il y a un mois, et que le gouvernement grec a « des dossiers urgents à traiter ». À Varsovie, on précise au ministère des affaires étrangères que l’on suit « la position de la majorité des pays européens ».
      23 chefs d’État au défilé militaire

      À Riga, un proche du chef de la diplomatie lettone ne mâche pas ses mots : « Même s’il n’y avait pas de position commune européenne à ce sujet, la Lettonie n’aurait pas envoyé d’officiel de haut rang. Il est inconcevable pour nous de prendre part à des commémorations où défileront des troupes qui ont participé à l’occupation de la Crimée ou à la guerre dans l’est de l’Ukraine. D’autre part, nous ne voulons pas participer à ce genre de défilé, c’est une démonstration de militarisme qui date d’un autre siècle. »

      Il y a dix ans pourtant, la présidente lettone avait pris part à ces commémorations. Tout comme la plupart des dirigeants européens : Moscou avait alors accueilli Gerhard Schröder pour l’Allemagne, Jacques Chirac pour la France, Alexandr Kwaśniewski pour la Pologne… sans compter George Bush pour les États-Unis. La photo de famille du 70e anniversaire aura une tout autre allure que celle du 60e, confirmant une nouvelle carte géopolitique et la stratégie du Kremlin de recherche de nouvelles alliances, hors continent européen.
      Défilé de 2005 : le premier ministre japonais, Gerhard Schröder et George Bush avaient répondu à l&#039;invitation de PoutineDéfilé de 2005 : le premier ministre japonais, Gerhard Schröder et George Bush avaient répondu à l’invitation de Poutine © Reuters

      Défileront ainsi aux côtés de Vladimir Poutine le président chinois, son homologue indien, Raul Castro pour Cuba, quelques autocrates d’Asie centrale comme le président ouzbek et le chef d’État turkmène... La liste complète a été diffusée par le service de presse de la présidence mercredi 6 mai. On y retrouve également les chefs d’État de pays non reconnus par la scène internationale, comme l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.

      Au total, 68 chefs d’État ou de gouvernement ont été officiellement invités, mais seulement 23 assisteront au défilé militaire. « Jusqu’à présent il y avait un consensus international a minima au sujet de la victoire sur le nazisme, explique Anne Le Huérou, sociologue spécialiste de la Russie contemporaine. Le fait que, cette fois-ci, les dirigeants européens ne soient pas là est une vraie rupture géopolitique et fait apparaître cette commémoration comme une opération géopolitique où chacun va compter ses amis et ses ennemis. »

      Le défilé, a promis le pouvoir russe, sera le plus grand jamais organisé depuis la fin de la guerre. D’après le ministre de la défense Sergueï Shoigu cité par l’agence Tass, 78 500 militaires et près de 2 000 pièces d’artillerie vont défiler à Moscou et dans 27 autres villes du pays. Sur la place Rouge, 150 000 personnes sont attendues, a précisé le directeur de l’administration présidentielle, Sergueï Ivanov. Ce dernier a en outre annoncé lors de la présentation de l’événement que 1 500 médailles commémoratives seraient remises par le « Comité d’organisation de la Victoire russe » à des figures de la société qui contribuent d’une manière ou d’une autre à « l’éducation patriotique des citoyens » ou au soutien des vétérans.

      Comptant plus de 2,5 millions de personnes dans le pays, ces vétérans des différentes guerres menées par l’Union soviétique puis la Fédération de Russie (Seconde Guerre mondiale, Afghanistan, Tchétchénie...) sont revenus au centre de l’attention politique depuis le début du conflit en Ukraine. Ainsi l’an dernier, ils étaient déjà à l’honneur des commémorations du 69e anniversaire qui s’étaient tenues à Sebastopol, dans la Crimée fraîchement annexée. « Vétérans, vous nous avez montré l’exemple à nous tous, et vous avez apporté une contribution morale énorme au retour de la Crimée et de Sebastopol dans leur patrie. Vous nous avez ramené les superbes valeurs d’unité, de justice, de vivre-ensemble, et vous nous avez appris à agir suivant notre conscience », avait alors déclaré le président russe dans le port de la mer Noire.

      Depuis le début de l’intervention russe en Ukraine, au lendemain de la chute de Viktor Ianoukovitch, en février 2014, accents militaristes et parallèles entre la Seconde Guerre mondiale et le conflit actuel n’ont cessé en réalité d’alimenter le discours russe. Le nouveau pouvoir à Kiev est systématiquement taxé de « nazi » et de « fasciste » dans les médias russes. Les Ukrainiens sont assimilés à des partisans de Bandera, figure du nationalisme ukrainien, personnage controversé pour avoir pactisé avec les nazis afin d’échapper aux Soviétiques. Quant aux séparatistes pro-russes, ils se sont attribué le ruban de Saint-Georges, une distinction autrefois accordée aux officiers ayant combattu pendant la guerre.
      Instrumentalisation du passé

      Pourtant, l’importance pour les Russes de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale n’est pas nouvelle. « La réalité de cette commémoration a toujours été un élément important de l’année soviétique, puis russe, précise Anne Le Huérou. Cela commence en réalité sous Brejnev. C’est à partir de là que la mémoire des vétérans est mise en avant, que le 9 mai s’inscrit dans les programmes scolaires, que les écoles se mettent à préparer cette célébration… Et c’est aussi, encore aujourd’hui, quelque chose qui est vécu individuellement par des millions de gens. Il y a une connaissance intime de cette guerre, des choses qui se sont transmises de génération en génération, des gens qui publient des photos sur Facebook par exemple, tout en étant opposés au militarisme. Le patriotisme de Poutine n’a par ailleurs rien de nouveau : ce discours apparaît dès son arrivée au pouvoir, en 2000. Le 60e anniversaire, en 2005, était déjà quelque chose d’extrêmement martial, d’extrêmement patriotique, voire quelque peu menaçant… Ce qui change aujourd’hui avec la guerre en Ukraine, c’est que le passé de la Seconde Guerre resurgit à travers la lutte contre le soi-disant fascisme ukrainien. »
      La commémoration de la fin de la "Grande Guerre patriotique" le 9 mai 2014, à Sebastopol, en CriméeLa commémoration de la fin de la "Grande Guerre patriotique" le 9 mai 2014, à Sebastopol, en Crimée © Reuters

      Pour cette chercheuse de Paris X-Nanterre, ce rapprochement relève d’une construction : « Poser l’Ukrainien comme un ennemi n’avait rien d’évident pour les Russes, les deux pays sont culturellement très proches et comptent d’innombrables mariages mixtes… ! C’était différent dans le cas des guerres de Tchétchénie : les Tchétchènes apparaissaient déjà, dans la littérature russe, comme des ennemis. Pour les Ukrainiens, il fallait donc construire une fable. Raconter que les Ukrainiens sont des fascistes, c’est l’argument d’autorité : on ne peut rien dire face à cela. »

      Pourquoi, cette année plus que les autres, ce 70e anniversaire est-il important pour les autorités russes ? Joint par Mediapart, le ministère russe des affaires étrangères feint de s’étonner de l’intérêt d’une journaliste française pour cette question. « Si vous ne comprenez pas l’importance de cette commémoration, c’est que vous ne connaissez pas votre histoire. Comptez le nombre de morts par pays, et vous comprendrez. » Déclaration sèche et sans appel de la directrice adjointe du département d’information du ministère, argument macabre du nombre de morts, ton autoritaire du donneur de leçons : la réponse illustre bien l’incapacité pour les autorités russes aujourd’hui d’avoir une discussion ouverte sur un passé jamais questionné, glorifié à l’époque soviétique, instrumentalisé aujourd’hui.
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      Ce qui était alors l’URSS a certes payé le plus lourd tribut au cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle a perdu près de 27 millions d’hommes. Mais la Russie n’est pas l’Union soviétique : l’armée rouge comptait notamment 6 millions d’Ukrainiens, et la moitié d’entre eux ont été tués. « La Russie a le monopole sur la mémoire et la commémoration de cette guerre, explique Anne Le Huérou. Or tous les morts n’étaient pas russes. Beaucoup étaient des civils, beaucoup sont morts à cause de Staline lui-même, beaucoup ont été victimes de l’impréparation de l’armée russe entre 1939 et 1941... »

      Au-delà de la nouvelle carte géopolitique dessinée par ce 9 mai 2015, ce sont donc bien deux lectures de l’Histoire qui s’affrontent aujourd’hui entre l’Atlantique et l’Oural. Le 27 janvier dernier, pour le 70e anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, pourtant libéré par les troupes soviétiques, les autorités polonaises n’avaient pas invité le président russe. En avril, Kiev a suscité l’inquiétude des historiens en votant une série de lois mémorielles qui interdisent la négation du « caractère criminel » des régimes nazi et soviétique et l’utilisation publique de leurs symboles, mais obligent également à rebaptiser tous les noms de rue du pays qui font référence à la défunte URSS. Le conflit en Ukraine n’a pas seulement redéfini la géopolitique du continent, il a aussi complètement rebattu les cartes mémorielles.

    • Le chef d’État chypriote s’y est rendu début mars pour signer un certain nombre d’accords, autorisant notamment aux navires de guerre russes l’accès aux ports chypriotes de Limassol et de Larnaca.

      Tiens, j’avais loupé les facilités navales à Chypre. Ça va compléter le mouillage forain traditionnel de la baie de la Sude en Crète. Pallier un éventuel problème à Tartous, en Syrie.

      Et faire moyennement plaisir aux britanniques d’Akrotiri et Dhekelia (autrefois connues bases de Limassol et de Larnaca…)
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Akrotiri_et_Dhekelia